Sentiments en péril

21 Sep 2016
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Beaucoup d’entre-nous l’ont connue, cette émotion vaporeuse qui nous transporte dans un état de liquéfaction spirituelle proche du nirvâna promise par la religion hindoue : l’amour. Maine de Biran, dans son Journal, en donnait cette description : « Le cœur humain n'a que deux ressorts, l'ambition et l'amour. (...). Sous le nom d'amour, on peut comprendre toutes les passions expansives qui portent l'homme hors de lui-même, lui créent un but, des objets supérieurs à sa vie propre, le font comme exister dans autrui, ou pour autrui. L'éducation qui développe les premières passions personnelles au détriment des expansives est à contre-sens ».

On connaissait la théorie de Lucy Vincent, neurobiologiste, selon laquelle l'amour est dû à l'ocytocine, une neuro-hormone. Une petite vicieuse qui change le comportement de l'homme et de la femme : « L'amour est une illusion, elle modifie le cerveau, on ne voit plus les défauts de l'autre », explique l'auteur. Pour ceux qui n’ont pas encore rencontré l’homme ou la femme de leur vie, il faut vite, très vite, avant d’être à court de neurones amoureux. Car voici que l’auteur récidive dans un essai qui fait froid au cœur.

Dans « Où est passé l'amour ? » (« Où est passé l'amour ? », Odile Jacob, 208 pages), Lucy Vincent va plus loin. « Il est incontestable que les hommes et les femmes sont en train de se rapprocher, physiologiquement, les femmes devenant moins féminines et les hommes moins masculins », écrit-elle. L'illusion devient donc moins nécessaire à l'entente entre ces deux êtres qui étaient radicalement différents. Résultat, l'amour devient inutile, c'est aussi simple que cela. « Nous allons traverser une période de grande nostalgie pour l'amour fort qu'une femme et un homme pouvaient naguère se porter ; les plus jeunes s'étonneront de ne pas connaître les sensations dont ils peuvent lire la description dans de vieux livres ».
Voilà un programme bien réjouissant en cet été où la guimauve risque de prendre racines dans nombre de cœurs en peine.

Sidy DIOP

Last modified on mercredi, 21 septembre 2016 21:11
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