Seydou Gueye, porte-parole du gouvernement : « Qui lira les contrats publiés se rendra compte que tout est clair »

22 Sep 2016
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Seydou Guèye, Porte-parole du gouvernement estime que c’est un souci de transparence qui guide la décision de l’Etat de rendre public les contrats pétroliers. Selon lui, ceux qui liront ces contrats se rendront compte que « tout est clair ».

Monsieur le ministre, sur instruction du Premier ministre, les contrats pétroliers ont été publiés dans le site du gouvernement. Qu’est-ce qui explique cette démarche ?
Rien de plus que la transparence. Le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne a demandé la publication de tous les contrats pétroliers dans le site du gouvernement accessible à tout le monde pour montrer qu’il n’y a rien à cacher et que tout a été fait dans le respect des lois et règlements en vigueur et dans l’intérêt supérieur de la Nation. Telle est d’ailleurs la volonté du Chef de l’Etat, Macky Sall, qui a érigé la bonne gouvernance et la transparence, en règle de gestion des ressources publiques, au point d’en faire un axe du Plan Sénégal émergent. Cette démarche de transparence, de bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques et du droit à l’information du citoyen est bien une réalité, reconnue par les mécanismes internationaux chargés de suivre et de classer les pays en fonction de leurs avancées dans ce domaine. En effet, depuis l’avènement du président Macky Sall, le classement du Sénégal s’est nettement amélioré dans le Doing business, l’indice Mo Ibrahim, et l’indice de perception de la corruption de Transparency international. Cela est incontestable.

Est-ce que la publication peut aider à clore le débat sur les contrats ?
A mon avis Oui, si la quête d’informations procède d’une préoccupation saine, sans arrière-pensée politicienne ou loin d’une vaine stratégie de harcèlement du pouvoir. Les contrats sont maintenant à la portée de tout le monde et quiconque les lira se rendra compte que tout est clair et tout a été fait suivant les règles de l’art. En plus, le rapport de l’Itie est attendu vers la mi-octobre 2016. Cependant, ceux qui sont animés par d’autres soucis que la recherche de la vérité et de l’information, trouveront toujours le moyen de retourner la question vers d’autres considérations, d’entretenir ce débat dans le seul but de détourner le gouvernement de l’essentiel, c’est-à-dire la prise en charge correcte des préoccupations et attentes des sénégalais. Mais c’est peine perdue et nos compatriotes ont maintenant bien flairé ce jeu enfantin d’opposants à court d’arguments, incapables de proposer un projet de société plus pertinent et plus puissant que le Pse dont les premiers résultats ont fini par semer le désarroi et l’inquiétude en son sein.

Jusqu’où ira le gouvernement dans cette volonté de transparence ?
En matière de bonne gouvernance et de transparence dans les affaires publiques, le gouvernement ne se fixe aucune limite. Je dirais même que nous sommes très en avance sur ces questions par rapport à cette opposition qui n’a aucune leçon à nous donner en matière de transparence et de bonne gouvernance. N’oublions pas que c’est le président Macky Sall qui a créé l’Ofnac, institué le Code de transparence dans la gestion des finances publiques, la déclaration de patrimoine, fait adhérer le Sénégal à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, réactivé la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), et constitutionnalisé le droit des citoyens sur les ressources naturelles. Il s’agit-là d’un ensemble de dispositifs qui démontrent, à suffisance, sa détermination et sa volonté inébranlables de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance dans l’action publique.

Pourquoi les mises en garde du Premier ministre contre la diffusion de fausses nouvelles ?
Ce ne sont pas des menaces mais plutôt un rappel utile et opportun des dispositions légales qui régissent notre Etat de droit. Notre loi fondamentale, la Constitution, garantit le droit à l’information, la liberté d’opinion et d’expression. Le charme de la démocratie, c’est le débat contradictoire. Le gouvernement veille rigoureusement à ce que les libertés fondamentales s’exercent librement et pleinement, mais dans le respect strict des dispositions législatives et réglementaires qui les encadrent telles que celles du Code pénal par exemple. Le Premier ministre parle de diffusion de fausses nouvelles et dans aucun pays au monde, il n’est permis de véhiculer des informations fausses qui non seulement peuvent saper la stabilité du pays mais constituer un frein au développement économique. Pour le cas d’espèce, la diffusion de fausses nouvelles sur un secteur aussi névralgique et sensible que le pétrole, pourrait décourager les investisseurs tant courus par les gouvernements.

Est-ce que une volonté d’installer la peur ?
Nullement ! Mais c’est juste mettre tout un chacun devant ses responsabilités. Et c’est tant mieux si cela peut arrêter ceux qui jusqu’ici s’amusaient à vouloir déstabiliser le régime par des stratégies malveillantes.

D’aucuns y voient une tentative de museler l’opposition...
Le régime du président Sall, élu le 25 mars 2012, est issu du processus démocratique qui ne se conçoit, après l’expression de la volonté populaire, que dans la perspective d’une majorité qui gouverne, le temps des mandats et d’une opposition dont la mission est de s’opposer dans le respect des lois et de porter une alternative aux politiques mises en œuvre par le pouvoir. Rappelez-vous que dans la réforme constitutionnelle adoptée par le peuple souverain le 20 mars 2016, le président de la République, Macky Sall a intégré des dispositions qui renforcent l’opposition en lui conférant un statut.

Sa volonté est d’instaurer un dialogue franc et permanent avec l’opposition dont il reconnaît le rôle important qu’elle joue dans une démocratie. Il est donc inconcevable qu’il veuille, par quelque moyen ou prétexte que ce soit, chercher à la museler. Sa préoccupation, c’est de consolider l’Etat de droit, le redressement du pays, les bonnes performances de notre économie et l’inclusion sociale de tous les citoyens afin de construire, dans un élan collectif, le Sénégal émergent.

Ousmane Sonko et l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye invoquent des questions d’éthique et de patriotisme pour justifier leur engagement dans ce dossier. Comment vous appréciez leur démarche ?
Personne ne peut leur contester, après bien d’autres acteurs, le rôle qu’ils veulent jouer en cherchant à amener le gouvernement à donner l’information ou à rendre compte, mais encore faudrait-il mener ce combat avec une préoccupation éthique dans la démarche. On est tous d’accord sur l’impératif de l’éthique en politique et de la transparence dans la gestion de la chose publique. On doit également, être d’accord sur le fait que l’opposition n’a le monopole de l’éthique et du patriotisme. Ces questions constituent les nouveaux défis de la démocratie sénégalaise, après ses diverses conquêtes depuis notre accession à la souveraineté internationale, et le régime du Président Sall, les a inscrites au cœur des politiques publiques.

Pour revenir à la substance de votre question, je trouve qu’on les considère à tort comme des lanceurs d’alerte ou des néo-opposants. En tout cas, leur démarche m’amène à les comprendre comme des néo-politiciens, animateurs du pôle protestataire de notre espace public, qui ont considéré que l’opposition était inexistante. Ils profitent de la situation en tentant de « faire buzz », de se faire un nom, et se positionner comme les leaders de l’opposition, mettant ainsi aux oubliettes des ténors en perte de vitesse. D’ailleurs, il me semble que dans la nouvelle plateforme de l’opposition, ils passent plus de temps à chercher à se neutraliser les uns les autres, que de s’accorder sur les bases d’une proposition alternative au projet d’émergence de notre pays.

Propos recueillis par Babacar DIONE

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