Kaay Findiw : Un quartier-village dans le Plateau

23 Sep 2016
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Kaay Findiw est ce qu’on pourrait appeler un vestige de la civilisation léboue dans la presqu’île du Cap-Vert. Comme un nid d’aigle au milieu des immeubles du Plateau, vitrine de la modernité de la capitale, le village garde son aspect traditionnel. L’un des 12 « Peñc » de Ndakaru, plus d’un siècle après, conserve son côté original.

A partir de l’avenue Faidherbe, limite sud du quartier, on bifurque sur la rue du Liban. Une bonne centaine de mètres avant d’atteindre l’entrée. Le quartier traditionnel, aujourd’hui centenaire, s’ouvre par une ruelle d’à peine un mètre de largeur. Les habitations sont petites. Les murs en dur remplacent les baraquements de jadis. Leurs couleurs (blanc, beige) rajoutent du charme au pittoresque village lébou. Au fil des ruelles dallées, des scènes de les tous les jours. Par ici, une dame lave le linge, par-là, une autre s’affaire à la cuisine. On risque de se perdre dans ce labyrinthe. Certaines ruelles se terminent en cul-de-sac.

Assy est une native du quartier. Tatouages de henné sur les mains et coiffure protégée sous son foulard, elle est toujours en mode Tabaski. « Le quartier est désert en ce moment. La plupart des locataires ont passé la fête dans leurs villages d’origine », informe la jeune fille. Kaay Findiw accueillait essentiellement des Lébous, mais au fur du temps, sa population s’est diversifiée.
A l’origine, Kaay Findiw fait partie des 12 « Peñc » lébous de la presqu’île du Cap-Vert. Son histoire est notamment marquée par deux dates. D’abord, en 1905, le village, alors installé vers l’emplacement du palais présidentiel (du building administratif à la cathédrale), est délocalisé vers son emplacement actuel. Plus tard, en 1914, au début de la Seconde guerre mondiale, le village, créé par les Diène, échappe à une nouvelle délocalisation. La cause, une épidémie de peste. Cet épisode de l’histoire suscita alors un lever de boucliers au « Peñc » de Kaay Findiw. Ainsi, plus de 5.000 personnes armées, avec à leur tête, entre autres, le Ndeyi Jàmbur Youssou Bamar Guèye, se sont dressées face aux bruleurs de cases ainsi que leurs mandants. Suite à ces événements, ils ne sont plus que six « Peñc » à loger dans le Plateau. Les six autres sont transférés à la Médina, créée la même année.

L’entrée est du quartier fait face à la Direction de l'intendance des armées sur l’avenue Lamine Guèye. A droite de cette porte se trouve une mosquée. Sur les bancs, à l’abri d’un grand arbre, des jeunes discutent en cette matinée. Quelques pas plus loin, on tombe sur les toilettes publiques. Les petites maisons n’ont pas de toilettes. C’est là aussi où se trouve le robinet public du quartier. Un menuisier dépièce des palettes de bois sous l’œil intrigué de bambins. Certains se saisissent de quelques bouts de bois. Les petits « apprentis » sont plus concentrés sur leur jeu qu’autre chose. Devant son atelier, un réparateur de télé s’applique sur un circuit électronique. Kaay Findiw est un atelier à ciel ouvert.

Par Ibrahima NDIAYE (stagiaire)

Last modified on vendredi, 23 septembre 2016 13:25
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