Laye Diarra Diop Maître es étoffe !

23 Sep 2016
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Laye Diarra Diop est l’un des couturiers les plus célèbres de son époque. Il a marqué son temps à travers des créations qui sortent de l’ordinaire.

Formé sur le tas, celui qui est plus tard devenu un maître couturier dit avoir très tôt quitté les bancs de l’école. « J’ai fais des études pas du tout poussées. Juste après avoir terminé mon cycle primaire, j’ai abandonné l’école. Mes parents n’avaient pas suffisamment de revenus pour me mettre dans une école privée. C’est sur ma demande que j’ai été inscrit dans un atelier de tailleur », fait-il savoir. Là, il s’initie au métier de couturier, apprend à couper et à découper, sous l’œil vigilant de son encadreur. Il est à peine âgé de 25 ans lorsque Abdoulaye Diop dit Laye Diarra commence à observer la clientèle se développait. Elle est de plus en plus pressée et toujours plus avide de luxe. Il comprend qu’il convient de présenter non plus des modèles uniques, mais des collections dont il reproduira les modèles pour ses clientes, en les individualisant. Il comprend surtout que c’est à lui d’imposer son art à la cliente, inversant ainsi définitivement l’ordre des choses.

Il a envie de bâtir en dur, il consolide les fondations abimées, conçoit un business plan, prend des risques et devient chef de sa propre entreprise. Laye Diarra venait nouvellement d’ouvrir son atelier lorsqu’il engage une secrétaire. «Cela avait fait tic dans l’esprit des gens. Ils me reprochaient, moi simple tailleur, d’engager une secrétaire. Je voulais coûte que coûte apporter une touche nouvelle faite d’innovation. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret d’avoir très tôt compris la nécessité de me professionnaliser», laisse t-il entendre. L’isolement n’est que temporaire, vite il redonne aux femmes des envies de féminité. Mais surtout il fait de nouveau converger les acheteurs. Dans son sillage, les maisons de couture vont connaître pendant des années une période faste. Il ne tarde pas à voir affluer une clientèle qu’il accueille à bras ouverts : il présente ses modèles sur des mannequins vivants, dans le reflet des miroirs. Il se comporte en artiste capricieux, griffant ses robes comme un peintre signe ses toiles. Attirant la clientèle cosmopolite, il ne tarde pas à habiller toutes les têtes couronnées du Sénégal.

Détermination et application
La couture était plutôt l’affaire des ratés. Je n’avais pas les moyens de payer des études privées. J’ai donc fait ma formation sur le tas. J’ai suivi des séminaires et effectué des formations ça et là. Je suis par la suite parti en Europe pour suivre une formation, dit-il. Laye explique également qu’à une certaine époque, à ses débuts notamment, les étudiants de l’Ucad passaient leurs commandes chez lui ; ils sont plus tard devenus des décideurs. Certains mêmes des présidents de Républiques, des ministres, des directeurs généraux, des ambassadeurs et autres. Et ceux-là ont pour la plupart maintenu le lien. «Ce que je fais, je le fais avec rigueur et sérieux. Je suis également persuadé que la bouche à oreille demeure la meilleure publicité. C’est parce que je produis de la qualité que les autres sont tentés de venir vers moi. C’est comme cela que ma clientèle s’est petit à petit élargie », fait t-il savoir.

La floraison de stylistes au Sénégal le laisse dubitatif. Il y’en a de très bons et de moins bons, fait-il savoir. Globalement, il dit que cela est positif. La vision d’un vêtement varie. L’œil du spécialiste diffère toujours par rapport à celui du profane, seuls les mieux formés feront carrière, concède-t-il. Loin du tourbillon de la création, il s’assigne une nouvelle mission. Présenter des collections qui permettront au public de saisir toute la richesse artistique et historique d'une œuvre de mode, mais aussi accueillir les couturiers eux-mêmes qui utiliseront leurs fonds comme une immense bibliothèque, un vivier de références et d'inspiration pour nourrir leur propre création. Le point sur ces nouveaux défis qui sont autant de façons de faire rayonner la mode. «Nous sommes, désormais face à un public connaisseur, ultra-informé, au fait de toutes les tendances, de toutes les collections. La mode n'est plus diffusée dans le cercle très restreint de quelques privilégiés qui ont la chance d’assister aux défilés. Tout le monde les voit, les images circulent. Il est impératif de répondre, aujourd'hui, à ce goût pour la créativité », note Laye Diarra Diop. Les grands couturiers peuvent jouer un rôle essentiel. Une jeune marque n'a pas de grande visibilité et seuls les grands peuvent l'aider à se faire connaître. Ils ont d'ailleurs tout à y gagner, car ils peaufineront ainsi leur identité et cultiveront leur différence. «Ceci est d'autant plus vrai que les investisseurs sont timorés. Ils préfèrent miser sur le patrimoine d'une ancienne maison, même endormie, plutôt que de donner sa chance à un jeune créateur. Or, pour garder son rang, la mode se doit d'être audacieuse et, plus que jamais, revendiquer sa créativité », laisse-t-il entendre avec un brin de sourire.

Par Oumar BA

Last modified on vendredi, 23 septembre 2016 13:25
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