Pikine Rue 10 : L’artère marchande

29 Sep 2016
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Parmi les multiples rues que compte la ville de Pikine, la Rue 10 est l’une des plus célèbres. Tel un boulevard accoté aux échoppes de luxe, elle dégage un air d’avenue marchande perdue au beau milieu de la banlieue dakaroise.

Route barrée, ouvriers à pied d’œuvre, le chantier d’élargissement de la voie de dégagement nord se poursuit. A côté, une rue demeure imperturbable face à ce chamboulement. Au loin, elle semble infinie, de près, elle attire. Fini le temps ou l’allée était sablonneuse et encadrée par des maisons en baraque. Route goudronnée, immeubles aux façades en carreaux… Bref, la rue a reçu un coup de modernité. Quelques maisons gardent tout de même un aspect classique avec leurs murs en béton coiffés de toits en tuile.

De la cité Lobatt Fall au croisement de la route des Niayes, le décor est le même. Boutiques, magasins ou ateliers, la rue abrite tout un microcosme commercial. Plusieurs bretelles donnent accès aux différents quartiers alentours. La zone ne connait pas de problème d’inondation. Mais elle est étroite, parce que ne pouvant supporter le nombre de véhicules qui passent sur cette axe. En témoigne le récent dérapage d’un mini bus qui a fini sa course dans une maison. En cette matinée, l’atmosphère est paisible. Quelques vieilles dames sont assises devant leurs étals, à côté des concessions.

Des sonorités musicales, émanant des magasins, animent la rue. Dans les ruelles sablonneuses, on ne croise pas grand monde. Cette quiétude inhabituelle est, selon Samba Dra, un délégué de quartier, liée aux départs de plusieurs de famille. « Plusieurs maisons familiales ont été vendues. Beaucoup de natifs ont déménagé par la suite », précise-t-il. Assis aux abords d’une cantine multiservices, trois garçons d’à peine 18 ans discutent dans le sérieux le plus total.

A 13 heures, le soleil est au zénith, et l’un d’eux vient de se faire servir un petit déjeuner (café et bout de pain) déjà acheté par le cadet du groupe. Quand on les interroge sur leurs principales activités, la réponse est prompte : « On est des joueurs de navétanes », déclarent-t-ils d’un ton fier. Ils se veulent différents de la majorité des jeunes de Rue 10 qui, d’après lesdits joueurs, ne font que s’amuser soit en boite de nuit ou avec des voitures de luxe louées avec lesquelles ils perturbent le calme de la rue marchande.

« En ce moment, le quartier est calme. A pareille heure, ils sont encore au lit », affirme l’un d’eux. Trouvé juste devant chez lui, accroupi au bas d’un immeuble, Seck ne s’étonne pas que la jeunesse de Rue 10 manque tant d’occupations. « Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas de qualification professionnelle. Aucun parmi eux ne peut se targuer d’un savoir-faire propre », regrette-t-il. Seck est l’exemple de ces fils de Rue 10 qui ont émigré en Europe et qui ont préféré rentrer pour travailler dans leur pays. « Ici, dans chaque maison, il y a au moins un émigré ». Battant en brèche tous les préjugés mis sur le dos des banlieusards, le quinquagénaire considère qu’il s’agit juste d’un problème d’orientation des jeunes.

Mamadou DIAGNE (stagiaire)

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