Musée des Civilisations noires : Un prolongement du Fesman de 1966

10 Nov 2016
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L’idée du Musée des civilisations noires, aujourd’hui en voie de concrétisation, devait à l’origine, souligne Pr Hamady Bocoum de l’Ifan, se poser comme une continuation du premier Festival mondial des arts nègres de 1966. Il s’agissait, au départ, d’un outil d’enracinement et d’ouverture qui devait regrouper tout ce que le monde noir a rassemblé comme éléments de civilisation, de culture et d’identité. C’était aussi une façon de reconstituer les différentes séquences de l’histoire des noires et de montrer leur contribution au patrimoine de l’universel. Pour M. Bocoum,  le Musée des civilisations noires est avant tout l’expression d’un besoin propre au contexte historique précis. Ce faisant, poursuit-il, son origine s’ancre dans les racines idéologiques de la Négritude face à une dévalorisation des héritages, historiques, technologiques et culturels des civilisations noires. « A l’époque, devant les constructions théoriques qui définissaient des catégories raciales bientôt obsolètes, les stratégies communes transcontinentales prenaient forme à l’intérieur des grandes rencontres panafricaines parmi lesquelles la Conférence panafricaine de Londres (23-25 juillet 1900), le Congrès panafricain de Manchester (15-21 octobre 1945) et la Conférence d’Accra (15-22 avril 1958) », souligne-t-il. Pour l’historien, « il a été conçu dans l’esprit de défense, d’illustration et de compréhension du sens des valeurs de civilisation du monde noir et pour appliquer concrètement l’option de l’option fondamentale prise par le Sénégal de ne pas considérer le « développement » comme la recherche exclusive de l’accroissement du revenu per capita ». A l’en croire, cette vision holistique du développement explique, pour beaucoup, les précautions prises par les autorités pour donner au projet une solide base, méthodologie, conceptuelle et organique. Toutefois, regrette-t-il, ce projet tel que conçu à l’origine ne va pas survivre aux politiques d’ajustement des années 1980. « La reprise du projet au début des années 2000, dans un contexte où l’afro-pessimisme est en recul, marque la volonté du Sénégal d’inscrire le Musée des civilisations noires au cœur de sa politique culturelle », soutient le directeur du Musée. Même si l’idée de départ a changé, ce musée devra répondre aux risques de lessivage de « nos » civilisations et à la perte d’identité.

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Last modified on jeudi, 10 novembre 2016 17:30
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