Système éducatif cubain : L’un des meilleurs au monde

02 Déc 2016
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« Il n’y a de richesse que d’homme ». Cette assertion, l’île de Cuba en a fait sienne. Comme le Japon, la Corée du Sud, le pays de Fidel Castro a beaucoup investi dans ce domaine afin de disposer de ressources humaines de qualité et faire face aux défis du développement, d’autant plus que le pays vivait sous embargo imposé par les Usa.

Depuis sa nationalisation à la suite de la révolution cubaine de 1959, l’éducation a toujours constitué un axe essentiel du projet de développement et un moyen d’atteindre l’objectif d’égalité, avec en toile de fond, la remise en cause de la division capitaliste du travail et la division sociale qui en découle. Les principes fondamentaux de la politique éducative sont l’universalisme, la gratuité et le caractère public de l’éducation. Ce qui a permis d’édifier l’un des meilleurs systèmes éducatifs au monde, en termes d’accès comme de qualité. En effet, plusieurs évaluations (Pnud : 2000, Investigación sobre desarrollo humano y equidad en Cuba 1999, Caguayo, La Havane ; Unesco : 1998, Primer estudio internacional comparativo en la educación básica, Santiago du Chili) ont montré que les résultats obtenus par le système éducatif cubain le placent largement en tête des pays d’Amérique latine. Dans certains domaines, l’école cubaine dépasse celle des pays développés. Cuba a toujours su préserver les piliers de son système éducatif.

Selon Philippe Bayart (Bayart P. (2008) : « Éducation et valorisation à Cuba », Thèse, Université de Paris 1), en 2004, le pays comptait plus de 700.000 diplômés de l’université, parmi lesquels près de 80.000 dans des disciplines scientifiques ou technologiques (dont 7.000 docteurs ès sciences), et 300.000 professeurs de haut niveau, au nombre desquels 69.000 enseignent la médecine. En 2005, la part de la dépense intérieure d’éducation/Pib, était de 10,10 % contre 6,9 % pour la France. Dans la période 2009-2013, cette part a atteint presque les « 13 % du budget national », selon la Banque mondiale. « Avec près de 13% (12,8%) du Pib investi dans ce secteur, aucun autre pays au monde, y compris les plus développés, n’égale l’île de la Caraïbe. Le Timor oriental et le Danemark complètent le podium mondial, avec respectivement 11,3% et 8,7% du Pib dédiés à l’éducation. En guise de comparaison, les Etats-Unis investissent à peine 5,4%, soit deux fois moins que Cuba, et le Canada 5,5%. En Europe, la France consacre 5,9% de son budget national à l’éducation, l’Allemagne - 5,1%, le Royaume-Uni- 6,2%, l’Italie - 4,5% et l’Espagne - 5%. Pour ce qui est du continent latino-américain, la Bolivie occupe le second rang derrière Cuba avec 7,6%. Le Brésil attribue 5,8% de son Pib à ce secteur alors que le Mexique et l’Argentine lui destinent respectivement 5,2% et 5,8% », fait remarquer la Banque mondiale dans son rapport 2014.

D’importantes innovations
Tous ces résultats sont le fruit d’importantes innovations intervenues dans les années 1990, : augmentation du nombre d’heures consacrées à l’apprentissage des matières fondamentales (Espagnol, Histoire, Mathématiques) ; promotion des formations culturelles et artistiques ; promotion des nouvelles technologies (presque toutes les classes, du préscolaire au secondaire, disposent d’ordinateurs et d’équipement audiovisuel) ; une chaîne de télévision est consacrée à l’enseignement (Canal Educativo) en plus de la télévision nationale qui diffuse des programmes « Universidad para Todos » sous forme de « salles de classe ».

La qualité du système éducatif cubain a été soulignée, en 2014, par la Banque mondiale dans un rapport sur l’état des lieux de l’éducation en Amérique latine et dans la Caraïbe, Cuba est retenu comme le pays de cette sous-région ayant le meilleur système éducatif. Il se hisse en tête du classement pour la qualité de formation des enseignants, les méthodes d’enseignement. « Cuba est internationalement reconnue pour ses succès dans le domaine de l’éducation et de la santé, avec un service social qui dépasse celui de la plupart des pays en voie de développement et dans certains secteurs, il est comparable à celui des pays développés. Depuis la Révolution cubaine en 1959, et l’établissement d’un gouvernement communiste à parti unique, le pays a créé un système de services sociaux qui garantit l’accès universel à l’éducation et à la santé. Ce modèle a permis à Cuba d’atteindre un alphabétisme universel, d’éradiquer certaines maladies, de fournir un accès général à l’eau potable et à une salubrité publique de base, de disposer de l’un des taux de mortalité infantile les plus bas de la région et de l’une des plus longues espérances de vie ».

Au même moment, la Banque mondiale relève la faible qualité des enseignants en Amérique latine et de la Caraïbe souvent pas assez ou mal formés et consacrent à peine 65 % du temps de classe à l’instruction, les contenus académiques inadaptés et les pratiques inefficaces. Autant dire qu’il suffit d’une volonté politique et d’une vision pour surmonter maints obstacles. Cuba l’a démontré.

Daouda MANE

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Last modified on vendredi, 02 décembre 2016 15:14
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