[Grand dossier] Sénégal-France : Un partenariat multiforme et dynamique

15 Déc 2016
2849 times

En prélude à la visite d’Etat que le président de la République, Macky Sall, va entamer dès lundi, « Le Soleil » revisite la coopération multiforme et dynamique entre le Sénégal et la France.

Lutte contre le terrorisme en Afrique : La France, partenaire majeur du Sénégal
Stabilité, situation géographique et démocratie. Avec un peu moins de 15 millions d’habitants, le Sénégal est un petit marché, mais il a la chance d’être l’un des pays les plus stables de la région. De l’autre côté de l’Atlantique, plus au nord, la France, une histoire partagée, une amitié exceptionnelle et plus de trois siècles de relations ininterrompues.

Après l’indépendance, la France et le Sénégal sont restés des nations très proches. Un lien très fort, entretenu dans les deux sens par une coopération multiforme et constante, ainsi que des échanges humains et culturels ont conforté cette proximité jusqu’à la veille de cette seconde visite d’Etat d’un président sénégalais en France.
Pour le sujet qui nous intéresse, à savoir la coopération sécuritaire en matière de lutte contre le terrorisme, le Sénégal est le premier pays bénéficiaire de l’aide française en Afrique subsaharienne avec 26 assistants militaires techniques et une coopération d’un montant de 5,8M€ en 2009. La France contribue également à la sécurité du Sénégal et au maintien de la paix dans la sous-région par la présence, à Dakar, des Eléments français du Sénégal (Efs) qui ont remplacé l’ancienne base militaire de Ouakam, quartier de Dakar où est née Ségolène Royal alors que son père, colonel, y servait.

Plan d’action contre le terrorisme
Gign SenegalLa France entend ainsi rester aux côtés du Sénégal qui est le premier récipiendaire de l’aide française en Afrique subsaharienne. Ainsi, le Pact (Plan d’action contre le terrorisme), financé par le Fonds de solidarité prioritaire du ministère français des Affaires étrangères, vise le renforcement des capacités des services de police et de gendarmerie du Sénégal, ainsi que des magistrats impliqués dans la lutte contre les menaces liés au terrorisme. Il est doté d’un financement de 460 millions de FCfa.

Le Pact a trois composantes. D’abord, la prévention et la détection de la menace : ce volet vise à renforcer les capacités des services de renseignement et de sécurité. C’est dans ce cadre qu’une formation a été organisée, mi-juin 2015, au profit de policiers de la Direction de la police de l’air et des frontières du Sénégal. Ensuite, l’intervention et la mise en œuvre d’obstacles à l’action terroriste : cette composante consiste à améliorer les capacités opérationnelles d’intervention et la protection des personnalités exposées. Enfin, l’enquête judiciaire : ce volet comprend la formation des enquêteurs de la police, de la gendarmerie et les magistrats du parquet du Tribunal de grande instance de Dakar à des techniques d’investigation modernes et à l’élaboration de procédures judiciaires adéquates.

En matière de lutte contre le terrorisme, Dakar et Paris misent sur le partage du renseignement. A l’issue d’une rencontre, en mars 2016, à Dakar, avec le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Mankeur Ndiaye, le secrétaire d’Etat français au Développement et à la Francophonie, André Vallini, avait informé que les deux pays vont devoir « aller vers de plus en plus de coopération entre les Etats dans le domaine de la sécurité internationale, du partage des informations, du partage des renseignements ». M. Vallini, en visite de travail au Sénégal, avait estimé qu’il était temps de décloisonner les renseignements pour plus d’efficacité et une meilleure coopération dans la lutte contre le fléau des temps modernes : le terrorisme.

La question sécuritaire occupe une place importante dans les échanges franco-sénégalais. La sécurité et la lutte contre le terrorisme sont donc des dossiers prioritaires dans le contexte actuel.

Forum paix et sécurité en Afrique
En atteste l’organisation de la troisième édition du Forum paix et sécurité en Afrique qui s’est tenu à Dakar, du 5 au 6 décembre derniers, au Centre international de conférences Abdou Diouf, sous le leadership du président Macky Sall et avec la participation du Centre sénégalais des hautes études de défense et de sécurité. Il a réuni, deux jours durant, près de 500 experts, chercheurs, militaires et responsables politiques ou membres de la société civile autour des thèmes de l'extrémisme violent et de la gestion des espaces africains. Le Forum est cofinancé par une vingtaine d'entreprises de défense et de sécurité françaises et européennes.

Le Forum de Dakar de décembre 2015 s'était terminé sur ce constat simple : « nos sécurités sont liées », répété par les représentants africains et occidentaux. Quatre jours plus tard, Paris était frappée par des attentats, puis ce fut le tour de Bamako, Ouagadougou, Grand-Bassam. Sur le continent, la menace jihadiste persiste en Afrique de l'Ouest, au Sahel, au Maghreb et dans la Corne de l’Afrique. En décembre 2016, le Forum de Dakar avait eu pour thème : « L’Afrique face à ses défis sécuritaires : regards croisés pour des solutions efficientes ». A sa clôture, le Forum 2016 a proposé « une réponse doctrinale de l’Islam à l’extrémisme violent ». L’importance du défi sécuritaire a justifié la présence, en grand nombre, des partenaires étrangers à un haut niveau. L’Union européenne a dépêché, à Dakar, son haut représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et annoncé que l’Europe envisageait d’ajouter à la formation des armées africaines un volet équipement. Pour leur part, les Nations unies ont envoyé au forum le secrétaire général adjoint chargé des Opérations de maintien de la paix, le Français Hervé Ladsous, qui a annoncé la prochaine montée en puissance du partenariat entre l’Onu et l’Ua sur la paix et la sécurité en Afrique ainsi que l’utilisation de drones de surveillance dans le maintien de la paix. Le ministre français de la Défense a, lui, annoncé la mise en place d’une stratégie de cession par son pays des équipements militaires aux armées africaines. La bonne qualité et l’étroitesse des relations de coopération qui existent entre le Sénégal et la France ne peuvent qu’en être renforcées.

Dié Maty FALL

Coopération décentralisée : Les villes françaises se taillent la part du lion
Cooperation Zig Saint Maur Des FossesLa France a toujours été un miroir pour le Sénégal dans le cadre de la politique de décentralisation. Les relations entre les collectivités locales sénégalaises et françaises ont été nouées soit par le truchement d’une tierce personne, ou d’une association ou encore à travers les structures étatiques comme la Délégation pour l’action extérieure des collectivités territoriales de France.

La coopération décentralisée est, aujourd’hui, vivement vécue par les collectivités locales de la France et du Sénégal. Saint-Maur-Des Fosses pour la ville de Ziguinchor est une localité qui entretient avec la capitale de la région méridionale du pays un jumelage qui s’est traduit par plusieurs actions et réalisations ressenties des deux parts. La ville de Lille partage les mêmes relations avec celle de Saint-Louis du Sénégal. Les Ulis pour la ville de Sédhiou, Mantes-la-Jolie pour les localités du Nord, pour ne citer que ces exemples, montrent la vitalité des partenariats entretenus dans le cadre de la coopération décentralisée. Laquelle a permis à plusieurs localités du pays à bénéficier de l’appui et de l’expertise du partenaire français dans tous les domaines, particulièrement les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’hydraulique…

La réforme en cours au Sénégal, notamment l’Acte 3 de la décentralisation, incite de plus en plus les élus locaux à nouer des partenariats avec les villes du monde. Et dans cette mouvance, les villes françaises constituent plus de 80 % des ententes scellées. La disparité des jumelages et les autres accords de partenariats scellés dans les territoires ont poussé la Délégation pour l’action extérieure des collectivités territoriales de France, en accord avec la partie sénégalaise, à mettre en place, il y a de cela deux années, un dispositif conjoint de soutien pour booster la coopération décentralisée franco-sénégalaise. Ainsi, ce nouveau dispositif voulu par les deux parties, une première du genre en Afrique sub-saharienne, a alloué un montant de 200 millions de FCfa réparti pour mieux assurer la cohérence entre les actions de la coopération et les politiques de développement local. Le dispositif créé va permettre à l’Etat du Sénégal de contribuer, à titre expérimental, au cofinancement des projets avec le ministère français des Affaires étrangères. Le ministre de la Gouvernance locale de l’époque avait précisé que l’enveloppe destinée au dispositif pourrait être revue à la hausse.

Babacar Bachir SANE

Coopération judiciaire franco-sénégalaise : La révolution du dispositif judiciaire
La coopération judiciaire sera aussi du sujet du voyage du président de la République dans l’hexagone. Depuis de nombreuses années, le Sénégal et la France entretiennent une relation étroite dans le domaine de la justice.

Me Sidiki KabaL’avènement du président Macky Sall en 2012 va remettre le système judiciaire sénégalais dans un chantier révolutionnaire. Le Plan décennal de justice avait été mis en place avec pour objectifs d’instaurer une bonne gouvernance judiciaire par le renforcement du processus démocratique et de la paix sociale, la consolidation des lois et des personnels et l’amélioration de l’environnement des affaires. Le Sénégal s’engageait ainsi dans une politique gouvernementale de renforcement de l’Etat de droit grâce à une justice moderne et accessible à tous. Cela avait commencé depuis plus de vingt ans, à travers plusieurs réformes. Mais, cette fois-ci, les réformes du 4ème président de la République ont permis d’améliorer le fonctionnement des juridictions et la formation des personnels judiciaires, de promouvoir l’accès des citoyens au droit. Celles-ci ont été rendues possibles grâce à la France qui a ainsi accompagné les grandes réformes entreprises par le Sénégal, surtout avec des projets successifs d’appui à l’institution judiciaire, par le biais du Fonds de solidarité prioritaire (Fsp). Ces projets sont mis en œuvre et suivis par des experts techniques internationaux français (magistrats) détachés auprès du ministre de la Justice du Sénégal en qualité de conseillers techniques. Lorsque le Sénégal a adopté le Plan sectoriel justice (Psj) d’une durée de 10 ans (2004-2013), la France a, en 2006, appuyé ce programme en mettant en œuvre un nouveau projet Fsp, le Pasej, qui s’est achevé en janvier 2012. Ce projet de la coopération française a permis de contribuer à améliorer l’accessibilité des citoyens à une justice plus moderne, par les actions menées au bénéfice du dispositif de justice de proximité ainsi que du Centre de formation judiciaire et des juridictions. Ce projet a permis de renforcer les capacités de l’administration centrale et du Centre de formation judiciaire (Cfj), d’implanter, d’équiper et d’animer 7 maisons de justice, 4 bureaux d’information du justiciable, 14 bureaux d’accueil et d’orientation du justiciable, de contribuer à la réorganisation des juridictions et à la mise en place d’une politique de communication.

Le projet « Modernisation de la justice sénégalaise » (Mojusen) s’inscrit dans cette même dynamique politique pour 36 mois. D’un coût d’un peu plus de 524 millions, il entend poursuivre les efforts de coopération entre le Sénégal et la France et il a été lancé le 15 janvier 2015, en trois axes forts : le développement de la justice de proximité, en équipant de nouvelles maisons de justice ; la formation des acteurs judiciaires en matière de criminalité organisée et de terrorisme, de droits humains et de déontologie ; et l’appui à l’administration pénitentiaire par la formation de l’équipe pédagogique de la nouvelle Ecole de l’administration pénitentiaire (Enap) du Sénégal et par des actions contribuant à améliorer les conditions de vie des détenus.

Entraide judiciaire entre les deux pays
Formation judiciaireAu-delà des projets de coopération, la France, chef de file du groupe justice des partenaires techniques et financiers au Sénégal, donne, en outre, un appui dans le domaine de la justice. Ainsi, le service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France mène diverses actions : missions d’experts français au Sénégal, invitations de personnels judiciaires en France, appuis ponctuels directement ou par l’intermédiaire d’associations, dans les lieux privatifs de liberté, dans le domaine des droits humains, organisation de séminaires, notamment sur la justice de proximité. 

L’élaboration de ce projet fut conduite, avec l’assistance technique du magistrat de liaison régional, par l’attaché de sécurité intérieure de l’ambassade de France, en poste à Dakar, qui a pour mission essentielle de faciliter la transmission et l’exécution des commissions rogatoires internationales, demandes d’extradition, dénonciations officielles et d’améliorer la rapidité et l’efficacité de l’entraide judiciaire internationale. Le service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France est également régulièrement consulté par les magistrats français, et sénégalais surtout, pour la rédaction de toutes demandes d’entraide judiciaire. Il est ainsi en contact permanent avec les juridictions sénégalaises et, à la faveur des procédures d’extradition, avec les différents établissements pénitentiaires du territoire. Celui-là contribue également, par l’organisation et l’animation de formations et de séminaires, à l’échange d’informations sur les systèmes juridiques et judiciaires et sur leur fonctionnement, ainsi qu’au renforcement des capacités des praticiens concernés en matière de lutte contre la criminalité organisée et de recours à l’entraide pénale internationale. 

Le Projet de coopération franco-sénégalaise d’appui au Projet sectoriel justice a permis, durant la période 2006-2012, d’améliorer les capacités de l’administration centrale de la justice ainsi que, pour le Centre de formation judiciaire, d’aider à développer le dispositif de justice de proximité qui rencontre, aujourd’hui, un grand succès. Lors de l’adoption, en novembre 2011, du nouveau document de politique économique et social qui se termine cette année, le Sénégal a considéré que l’accès à la justice constituait une action essentielle à mettre en œuvre. Et depuis 2012, notre pays a entrepris de grandes réformes pour la pleine réussite de cet objectif : réforme de la carte judiciaire et du statut de la magistrature, du Conseil supérieur de la magistrature, du Code pénal, du Code de procédure pénale des juridictionnels, de l’amélioration des projets des tribunaux, etc. C’est dans ce contexte que la France et le Sénégal ont mis l’accent jouant pleinement leur partition coopérative.

Cheikh Malick COLY

Agence française de developpement : Près de 283 milliards de FCfa déjà engagés dans le Pse
Afd MefpLe montant des engagements nets totaux de l’Agence française de développement (Afd) de 1,2 milliard d’euro fait du Sénégal un pays prioritaire de la politique de coopération de la France qui reste l’un des principaux bailleurs de notre pays et le premier bailleur bilatéral.

Malgré la crise économique à laquelle elle fait face, les efforts de la France en matière d’aide publique au développement en faveur du Sénégal ne faiblissent pas. Ainsi, lors de la première visite, au Sénégal, de Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement, au mois de juin dernier, il avait été établi que, depuis l’année 2000, l’Afd a engagé plus de 790 milliards de FCfa (1,2 milliard d’euros) au Sénégal et enregistré une forte croissance de ses financements au cours des 5 dernières années avec 846,5 millions d’euros engagés sur la période. Soit, en moyenne, 141 millions d’euros d’engagements par an depuis 2010.

En 2015, le montant total des engagements de l’Afd au Sénégal a atteint 228 milliards de FCfa (149,8 millions d’euros). Ce qui fait du Sénégal un pays prioritaire de la politique de coopération de la France qui reste l’un de ses principaux bailleurs et son premier bailleur bilatéral.

Dans le cadre du Pse, l’appui de la France au Sénégal se chiffre à 432 millions d’euros pour la période 2013-2015. Les interventions de la France au Sénégal touchent de nombreux domaines. Ainsi, l’Afd est engagée dans des projets contribuant au développement durable et à l’amélioration des conditions de vie de la population, en phase avec les objectifs prioritaires du gouvernement, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, des infrastructures urbaines, de l’électricité, de l’agriculture et du soutien aux entreprises. La France est présente dans les investissements majeurs concernant surtout le volet agricole du Plan Sénégal émergent. Avec le plus gros portefeuille agricole par pays de l’Afd, le Sénégal bénéficie d’un appui de plus de 100 millions d’euros (65 milliards de FCfa) sur ce secteur, auxquels s’ajouteront, d’ici fin 2016, plus de 50 millions d’euros en cours d’instruction.

Le Sénégal s’est lancé un défi important avec son objectif d’autosuffisance alimentaire, particulièrement celle en riz. La France est aux côtés du pays sur le secteur rizicole depuis plusieurs décennies en appuyant les investissements d’irrigation, d’aménagement et de limitation de la salinisation des terres agricoles (barrage) dans la vallée du fleuve Sénégal.

En plus de la vallée du fleuve Sénégal, avec des appuis aux communes rurales et à la production locale de riz, l’Afd sera bientôt présente dans le grand Tiers sud (les régions de Kolda et Tambacounda) et appuiera le financement de projet d’investissements agricole pour petits porteurs avec la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas).

L’Agence appuie également la formation professionnelle agricole à différents niveaux afin d’améliorer la compétitivité des entreprises du secteur. Par ailleurs, la France accompagne le Sénégal dans la mise en œuvre du volet agricole du Plan Sénégal émergent (Pse), au travers de son secteur privé, en s’appuyant sur son tissu d’entreprises, de centres techniques et organismes professionnels. Les entreprises françaises jouent donc un rôle significatif dans la vitalité économique du pays.

13 milliards de FCfa pour l’appui des exploitations familiales à Matam
ExploitationsAu mois d’avril 2015, l’Agence française de développement (Afd) avait accordé une enveloppe de 20 millions d’euros, soit 13 milliards de FCfa, pour le financement du Projet d’appui à la promotion des exploitations familiales dans la région de Matam (Apefam). Ce programme, intégralement financé par l’Agence française de développement par un prêt concessionnel de 18 millions d’euros, prendra en charge la réalisation des aménagements hydro-agricoles et une subvention de 2 millions d’euros dédiée au financement de l’appui institutionnel aux acteurs.

Le projet permet donc la réhabilitation et l’extension de plus de 1.500 ha de périmètres irrigués villageois (Piv), l’aménagement de cuvettes de décrue pour la production de maïs et de mil, le désenclavement de plusieurs villages et des zones de production par la réalisation de plus de 80 km de pistes principales et plusieurs pistes secondaires, la réalisation d’infrastructures collectives à caractère économique : des aménagements pastoraux, des infrastructures collectives de stockage, de transformation et de commercialisation, et l’appui technique et institutionnel aux différents acteurs impliqués dans le développement des territoires ruraux  pour la mise en valeur et la gestion des investissements. Il permet aussi l’appui à six communes rurales du département de Matam dans la planification et la réalisation de leur programme d’investissement ainsi que la gestion du foncier rural. Il doit, en outre, renforcer la résilience des exploitations familiales et contribuer à l’atteinte des objectifs de l’autosuffisance en riz du Sénégal avec une production supplémentaire attendue d’environ 10.000 tonnes de riz blanc par an à partir de 2017.

10 milliards de FCfa pour le financement de l’investissement agricole
Lors de sa première visite au Sénégal, le directeur général de l’Afd, Rémy Rioux, a signé, avec le ministre Amadou Bâ, une convention relative au Projet de mise en place d’une ligne de crédit dédiée au financement de l’investissement agricole. D’un montant de 10 milliards de FCfa (15 millions d’euros), ce prêt concessionnel a été rétrocédé à la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas) et permettra aux agriculteurs de financer la réhabilitation et l’extension de leurs périmètres irrigués, d’acquérir des matériels agricoles et des équipements de transformation des produits agricoles.

Lors de ce séjour, le fonctionnaire français a eu à faire le parcours de l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, mise en service en août 2013, à laquelle l’Afd a contribué à hauteur de 40 milliards de FCfa (60 millions d’euros). EL. I. Thiam

Par EL. Ibrahima Thiam

Enseignement supérieur : La France, première destination des étudiants sénégalais
PolytechLes relations entre le Sénégal et la France sont étroites et multiformes, embrassant tous les secteurs, notamment celui de l’éducation et de la formation professionnelle, plus particulièrement l’enseignement supérieur. Dans ce secteur, elle reste la première destination des étudiants sénégalais.

D’après le site de l’ambassade de France à Dakar, le Sénégal est l’un des 16 Pays pauvres prioritaires (Ppp) pour l’attribution de l’aide publique au développement française. Le dernier Document cadre de partenariat (Dcp), signé pour la période 2013-2017 et fixant les priorités de la coopération civile bilatérale, s’inscrit, en termes sectoriels et géographiques, dans le cadre de la Stratégie nationale de développement économique et social du Sénégal (Sndes) qui couvre la même période. Trois secteurs prioritaires d’intervention sont ciblés, dont le développement humain (promotion de l’éducation de base, de la formation professionnelle et la santé).

En réalité, les relations académiques entre la France et le Sénégal datent de la période coloniale, le pays de Marianne ayant implanté dans sa colonie d’alors les premières écoles afin de parfaire sa politique « civilisatrice ». Presque toutes les anciennes élites sénégalaises ont été formées en France, pays qui a fondé l’Université de Dakar. En effet, c’est en 1918 que fut créée l’Ecole africaine de médecine, première ébauche d’un enseignement supérieur en Afrique, puis l’Institut français d’Afrique noire (Ifan) voit le jour en 1936. Dakar constituait la 18ème Université française académiquement rattachée aux Universités de Paris et de Bordeaux en 1957.

Cette politique de formation supérieure se poursuit encore. En effet, la France est et reste la première destination des étudiants sénégalais sur les 42 pays gérés par le Service de gestion des étudiants sénégalais à l’étranger (Sgee), basé à Paris.

 

Près de 10.000 étudiants sénégalais en France
D’après ce service, qui se fiait aux statistiques de Campus France à partir duquel s’inscrivent les étudiants sénégalais désireux de poursuivre leurs études supérieurs dans la Métropole, en 2014-2015, on dénombrait 11.000 étudiants sénégalais. Un chiffre qui a dégraissé puisque les dernières statistiques évoquent un chiffre d’environ 10.000 étudiants. Il existe, selon le correspondant du « Soleil » à Paris, 22 associations estudiantines sénégalaises en France.

Quoiqu’il en soit, le contingent sénégalais est, selon Thierry Valentin, directeur général adjoint de Campus France, « la plus grande population d’étudiants d’Afrique subsaharienne en France ». Il a fait cette déclaration lors du lancement du réseau social « France alumni Sénégal », le 24 novembre dernier, exprimant leur souhait de « doubler le nombre d’étudiants sénégalais en France dans 2 à 3 ans ». Toutefois, il faut noter que bien qu’elle soit la première destination depuis toujours et jusqu’à présent des étudiants sénégalais à l’étranger, la France semble avoir de nouveaux concurrents dans ce domaine comme le Canada, des pays asiatiques, même si cela ne semble guère inquiéter Thierry Valentin qui parle plutôt de mobilité sur le plan mondial. La France, à travers l’Agence française de développement (Afd), accompagne l’Etat sénégalais dans le renforcement de la carte universitaire. En fait, l’Afd finance les Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (Isep) de Richard-Toll et de Bignona et la mise en place d’un réseau des Isep. A noter que pendant ce temps, la France a développé un réseau d’écoles au Sénégal. Ledit réseau, selon l’ambassade, compte 11 établissements scolaires à programmes français et un douzième à Banjul, géré depuis Dakar.

D’après le site de l’ambassade de France à Dakar, le Sénégal est l’un des 16 Pays pauvres prioritaires (Ppp) pour l’attribution de l’aide publique au développement française. Le dernier Document cadre de partenariat (Dcp), signé pour la période 2013-2017 et fixant les priorités de la coopération civile bilatérale, s’inscrit, en termes sectoriels et géographiques, dans le cadre de la Stratégie nationale de développement économique et social du Sénégal (Sndes) qui couvre la même période. Trois secteurs prioritaires d’intervention sont ciblés, dont le développement humain (promotion de l’éducation de base, de la formation professionnelle et la santé).

En réalité, les relations académiques entre la France et le Sénégal datent de la période coloniale, le pays de Marianne ayant implanté dans sa colonie d’alors les premières écoles afin de parfaire sa politique « civilisatrice ». Presque toutes les anciennes élites sénégalaises ont été formées en France, pays qui a fondé l’Université de Dakar. En effet, c’est en 1918 que fut créée l’Ecole africaine de médecine, première ébauche d’un enseignement supérieur en Afrique, puis l’Institut français d’Afrique noire (Ifan) voit le jour en 1936. Dakar constituait la 18ème Université française académiquement rattachée aux Universités de Paris et de Bordeaux en 1957.

Cette politique de formation supérieure se poursuit encore. En effet, la France est et reste la première destination des étudiants sénégalais sur les 42 pays gérés par le Service de gestion des étudiants sénégalais à l’étranger (Sgee), basé à Paris.

Plusieurs conventions signées
EducationLe ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, afin de renforcer le label « Etudier au Sénégal », a signé de multiples conventions avec les grandes écoles et classes préparatoires pour accueillir des bacheliers sénégalais dans le cadre des bourses d’excellence. Dès lors, les meilleurs étudiants (titulaires de mentions « Bien » et « Très Bien ») sont désormais orientés dans des écoles, instituts et universités retenus dans le classement Shanghai. Sur cette base, l’accent est mis sur les Stem. Car aucun pays ne peut se développer sans la maîtrise de la science, de la technologie et de l’innovation, surtout dans un monde, aujourd’hui, dominé par l’économie du savoir.

Les étudiants sont ainsi dans des classes préparatoires et réussissent au très sélectif concours d’admission au cycle d’ingénierie de la filière universitaire international de l’Ecole polytechnique de Paris. En 2014-2015, les 2 Sénégalais retenus ont été les seuls non Européens admis sur les 12 à ce cycle. Des mesures d’accompagnement sont ainsi prises par le Sénégal : octroi de bourses d’excellence (650 euros ou 430.000 FCfa), de mobilité pour les étudiants de Master II et de Doctorat en France (billet aller-retour plus une indemnité mensuelle de 60.000 FCfa quand il est au Sénégal. Montant qui n’a rien à voir avec ce que l’institution qui le reçoit lui remet) et de cotutelle (un nouveau dispositif) pour les doctorants afin de promouvoir le label « Etudier au Sénégal ». Une convention lie le ministère de l’Enseignement supérieur et l’Université d’Evry pour le programme de génétique moléculaire et une autre avec Atos pour la mise en place d’un calculateur parallèle intensif au Centre de mutualisation et de partage à la Cité du Savoir de Diamniadio. On peut ajouter la convention avec le ministère de l’Agriculture et de la Forêt de France pour un programme de formation de formateurs dans le domaine professionnel de l’enseignement supérieur.

D. MANE

La formation professionnelle : Un appui aux secteurs phares du Pse
La France est très active dans le domaine de la formation professionnelle au Sénégal. Nombreux sont les projets déroulés ou en cours d’exécution. L’objectif étant d’aider le pays à disposer d’une main-d’œuvre qualifiée de niveau intermédiaire, maillon faible du système éducatif sénégalais. Après avoir aidé le Sénégal à travers une coopération tripartite (Afd-Etat-Secteur privé) dans la mise en place en place de Centres sectoriels (Btp, agro-alimentaire…), la France poursuit son appui à ce sous-secteur si stratégique pour le développement.
C’est dans ce cadre qu’il faut situer le projet « Formation professionnelle pour l’emploi et la compétitivité » d’un coût global de 36 milliards de FCfa cofinancé par l’Etat du Sénégal, la Banque mondiale et l’Afd. Il vise, entre autres, la mise à niveau des lycées techniques par l’amélioration des équipements et de la gestion ; la révision des curricula et des formations pour 3.000 bacheliers ; le développement de nouvelles offres de formation en partenariat public-privé et notamment la création de nouveaux centres de formation dans les secteurs prioritaires du Pse, tels que l’aviculture, l’horticulture et le tourisme, en plus du Btp et de la mécanique mobile.
 
D. MANE

Education nationale : De nombreux projets en cours d’exécution
Le ministère de l’Education nationale n’est pas en reste. Et l’un des programmes phares ayant donné beaucoup de satisfaction fut, sans nul doute, le Projet éducation dans les banlieues de Dakar (Pebd) lancé en mars 2006 et qui fut piloté, à l’époque, par l’actuel directeur de la Planification et de la Réforme de l’éducation (Dpre), Djibril Ndiaye Diouf. Ce projet a permis la construction de plusieurs écoles en hauteur dans la banlieue qui était confrontée à un problème foncier (construction des 320 salles de classe et 100 autres réhabilitées). Actuellement, l’Afd finance le Projet d’appui à l’enseignement moyen dans la région de Dakar (Adem/Dakar) qui réalise 17 collèges (réhabilitation et construction) et le Projet d’appui à l’éducation de base en Casamance (Paebca) dans le cadre de la résorption des abris provisoires dans la région naturelle de Casamance. La France accompagne également la politique d’édition du ministère de l’Education nationale par l’acquisition de manuels.

D. MANE

Les grandes lignes du séjour du président Sall
Sall HollandeLes grandes lignes de la visite d’Etat de Macky Sall sont organisées par le protocole français en collaboration avec celui du Sénégal. Pour une visite d’Etat, il y a des événements incontournables comme l’entretien entre les deux présidents, prévu le 20, les honneurs militaires aux invalides.

Si le séjour de Macky Sall en France va du 18 au 22 décembre, la visite d’Etat en elle-même se limite aux 20 et 21. Cependant, les autorités françaises prennent en charge la délégation présidentielle durant tout au long du voyage notamment sur les questions  de sécurité, de protocole et d’hébergement. Ainsi après une arrivée sur le territoire français le 18, et un déplacement, le lendemain, à Strasbourg pour la signature de contrats avec Alstom concernant le Ter de Dakar, le président Macky Sall se rendra au Musée du Quai Branly pour la signature d’un accord avec le Musée des civilisations noires de Dakar. Après cette première journée, la visite d’Etat débute le 20 décembre par les honneurs militaires adressés au Sénégal par l’intermédiaire de son président aux Invalides. La cérémonie sera suivie par un entretien entre Macky Sall et François Hollande. L’entretien sera clos par une signature de différents accords entre les deux pays en présence des président Sall et Hollande.

Youssou Ndour en concert à l’honneur du chef de l’Etat
Youssou Ndour fait partie des personnalités présentes durant le séjour parisien du président Sall. L’artiste sénégalais va animer un concert en l’honneur de Macky Sall prévu lundi, à la salle Wagram. Le leader du Super Etoile a dépêché deux personnes à Paris pour les besoins de l’organisation du concert. M. DIOP
 
Les Champs-Elysées aux couleurs du Sénégal
Champs ElyséesLa plus belle avenue du monde, comme aime la surnommer le chauvinisme français, s’est parée des couleurs sénégalaises. En effet, les drapeaux du Sénégal et de la France sont présents tous les vingt mètres sur les 1,9 kilomètre de longueur de l’artère très fréquentée par les touristes du monde entier. En moyenne, 300. 000 personnes fréquentent les Champs-Elysées chaque jour. Ce qui attire la curiosité des touristes notamment issus de pays asiatiques et d’Amérique. Beaucoup d’entre eux s’interrogeait sur le pays qui était représenté par les couleurs vertes jaune et rouge.

M. DIOP

Signature d’accords
Il est prévu un accord entre les ministres sénégalais et français de l’Economie, des Finances et du Plan, à propos du financement du Ter ;  le ministre de l’Enseignement supérieur sénégalais doit sceller un partenariat avec le Conservatoire national français des arts et métiers (Cnam). Il est également prévu la signature d’un accord entre la France et l’Apix pour la construction de ponts régionaux. Toujours dans la même matinée, il devrait y avoir des déclarations d’engagement entre le ministère français chargé de l’Environnement et celui sénégalais des Affaires étrangères. En fin de matinée, Macky Sall sera l’hôte de Gérard Larcher, président du Sénat français pour un déjeuner qui sera suivi d’une grande réception à la mairie de Paris. C’est un événement obligatoire qui entre dans le cadre d’une visite d’Etat. Après le Sénat, place à l’Assemblée nationale française où Macky Sall est invité par Claude Bartolone, président de l’institution. La première journée de la visite d’Etat se terminera par le dîner à l’honneur de Macky Sall à l’Elysée. Le 21, le président se rendra au Cnam, avant d’être l’hôte de Matignon et de Bernard Cazeneuve, le premier ministre français.

Dans l’après-midi, il recevra le titre de Docteur Honoris Causa à l’Académie des Sciences d’Outre-Mer comme le fut ses prédécesseurs Senghor, Diouf et Wade. Le dernier jour de son séjour parisien sera consacré à un retour à l’Institut français du pétrole où le président sénégalais a été pensionnaire pour des accords avec Petrosen.

Composition de la délégation sénégalaise
La délégation officielle sénégalaise est composée d’une cinquantaine de personnes. Il y a des membres du gouvernement, des Parlementaires, des membres du Hcct, des patrons d’entreprises et de personnalités. Il y a 7 ministres et un secrétaire d’Etat : celui de l’Economie et des Finances ; des Affaires étrangères ; de l’Assainissement ; des Infrastructures ; de l’Enseignement supérieur ; de la Culture ; du Tourisme et des Transports aériens et enfin le Secrétaire d’Etat au réseau ferroviaire national.

M. DIOP

Economie : Un partenariat fécond pour une croissance durable
Partenariat Sénégal FranceLa France et le Sénégal ont des relations vieilles et solides de plus de 350 ans. Dans ce cadre, la contribution de l’Agence française de développement (Afd) a été remarquable. Cette institution est présente au Sénégal depuis 1946 et intervient dans des domaines comme l’éducation, la santé, les infrastructures. Depuis dix ans, elle investit presque 100 millions d’euros par an, soit 65 milliards de FCfa.

Dans le cadre des relations entre le Sénégal et la France, l’action de l’Agence française de développement (Afd) est déterminante. L’institution est présente au Sénégal depuis 1946. Une coopération qui a permis à la France d’appuyer le Sénégal dans des domaines divers. Ses secteurs d’intervention dans ce pays sont : la promotion de l’éducation de base et de la formation professionnelle ; les infrastructures ; le développement urbain ; les appuis au secteur privé ; le monde rural et la protection de l’environnement. Le secteur de l’agriculture n’est pas en reste. L’Agence privilégie des interventions qui contribuent à l’émergence d’une croissance durable, favorisant la réduction de la pauvreté et des inégalités. Ses appuis visent à améliorer la compétitivité de l’économie ; l’employabilité des jeunes, l’accès à des services publics durables et le renforcement de la résilience du Sénégal face aux chocs exogènes et aux défis environnementaux.

Dans le cadre de l’exécution de sa mission, l'Afd dispose d'une large gamme d'outils financiers comme les subventions, les prêts aux entreprises publiques ou privées, les garanties d'emprunts bancaires, des prises de participation dans des entreprises privées. Dans un entretien accordé au quotidien « Le Soleil », Christophe Bigot, le nouvel ambassadeur de France au Sénégal, avait salué la qualité des relations entre les deux pays. Il avait révélé que l’Afd consacre chaque année, depuis près de 10 ans, environ 100 millions d’euros au Sénégal, soit près de 65 milliards de FCfa. « Ici, pour lutter contre la mortalité infantile, là, pour permettre l’électrification du sud, ailleurs, pour répondre à la crise de l’eau à Dakar ; sur le fleuve pour développer l’autosuffisance en riz ; ou, enfin, pour construire des infrastructures modernes qui feront du Sénégal un pays émergent », précisait le diplomate.

Dans son portail Internet, il est précisé que l’Afd finance des projets ou programmes qui s’insèrent dans les priorités retenues par les gouvernements sénégalais et français. « Les domaines d’intervention de l’Afd au Sénégal s’inscrivent en conformité avec les orientations du Document cadre de partenariat, signé en 2006, négocié entre les États sénégalais et français (…) », précise-t-on.

De 2000 à 2012, ce sont 55 millions d’euro qui ont été engagés par l’Afd pour accompagner le Programme de développement de l’éducation et de la formation. Parmi les réalisations figurent la construction de plus de 700 salles de classe ; la réhabilitation de près d’une centaine ; ce qui a permis d’accueillir plus de 40.000 élèves. Dans ce cadre, plus de 500 projets d’écoles et d’établissements ont été mis en œuvre ; 700 jeunes apprentis encadrés par 150 maîtres d’apprentissage, alternant l’apprentissage pratique dans des ateliers artisanaux et la théorie dans des établissements de formation professionnelle, dans les métiers de la mécanique auto, de la couture et du Btp.

Aliou KANDE

Remise à neuf du pont Faidherbe
La ville de Saint-Louis n’a pas été en reste dans le cadre de l’intervention de l’Afd au Sénégal. Le pont Faidherbe, qui était en état de dégradation avancé, a été réhabilité grâce au soutien de l’Agence française de développement. Les travaux, initiés en 2008, ont consisté à remplacer à l’identique les travées métalliques du pont sur une longueur de 515 mètres, à renforcer les fondations et à créer une seconde voie piétonne sur le pont. Le montant des travaux s’est élevé à 30 millions d’euros, financés par l’Etat du Sénégal et une subvention de 12 millions d’euros de l’Afd. Dans le même sillage, en octobre 2012, l’État du Sénégal et l’Afd ont signé un accord de financement de 24,5 millions d’euros pour accompagner le développement territorial et touristique de Saint-Louis. La réhabilitation des centrales de la Senelec, dans le cadre du plan de redressement du secteur de l’énergie, et la concession d’électrification rurale de « Kaffrine, Tambacounda et Kédougou » figurent également dans les interventions de l’Afd.

A. KANDE

317 milliards de FCfa pour le Pse
Ambassadeur France Amadou BaLe Sénégal a reçu un soutien important de la France via l’Afd dans le cadre de la réalisation des projets et programmes du Pse. En septembre dernier, à l’occasion de la visite du Premier ministre d’alors, Manuel Valls, elle s’était engagée à hauteur de 317 milliards de FCfa d’investissement dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) avec la signature de deux conventions dans le domaine de l’hydraulique et du renforcement du capital humain. « La République française avait pris l’engagement, il y a deux ans, d’assister la mise en œuvre du Pse autour d’un volume de 282 milliards de FCfa (…) aujourd’hui, nous en sommes à 317 milliards de FCfa avec les deux conventions signées entre l’Afd et l’Etat du Sénégal », déclarait, en septembre, le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne lors du deuxième séminaire intergouvernemental entre le Sénégal et la France. A. K.

Soutien aux programmes régionaux impliquant le Sénégal
L’Afd soutient des programmes régionaux impliquant le Sénégal. C’est dans ce cadre qu’elle appuie la Commission sous-régionale des pêches, l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs), l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (Omvg), etc. Récemment, elle s’est illustrée dans le projet de réalisation d’une ligne d’interconnexion électrique haute tension de 1677 km entre la Guinée, la Guinée-Bissau, le Sénégal et la Gambie, et d’une capacité de transit de 800 MW. Ce projet est cofinancé à hauteur de 40 millions d’euros (26 milliards de FCfa) par l’Afd, aux côtés de sept autres bailleurs de fonds et des quatre Etats membres de l’Omvg (Gambie, Guinée, Guinée-Bissau et Sénégal). A. K.

Sports Une coopération à relancer
Il fut un temps, la France contribua à la formation des administratifs et techniciens du sport sénégalais via des Conseillers pédagogiques itinérants (Cpi) et des Conseillers techniques. Mais, pour des raisons de restriction budgétaire, cette coopération a cessé depuis les années 2002. Au ministère des Sports, on plaide pour la réactivation de ces accords qui avaient été d’un très grand apport.

Souleymane Boun Daouda Diop« Entre la France et le Sénégal, il n’y a plus de coopération formelle d’Etat à Etat en matière de sports depuis les années 2002 – 2003 ». Le constat est du directeur de la Haute compétition au ministère des Sports, Souleymane Boun Daouda Diop. Et c’est pour s’en désoler, car, à son avis, « cette coopération était très bénéfique à notre pays ». Le Dhc en veut pour preuve les Conseillers pédagogiques itinérants (Cpi) que la France envoyait et qui étaient basés à Dakar mais sillonnaient l’Afrique francophone pour distiller leur savoir. Certains d’entre eux faisaient même partie du corps professoral de l’Inseps. Après l’ère des Cpi, ce fut, rappelle-t-il, celle des Conseillers techniques qui étaient plutôt rattachés au projet Fonds d’aide et de coopération (Fac). C’est ainsi que des techniciens comme Me Picard (judo et karaté), Grave (handball), J. M. Rochez (lutte) ou Dugrand (football) ont eu à faire profiter de leur savoir à de nombreux Sénégalais. « Ils ont beaucoup eu à s’investir dans le sport à la base ; plusieurs initiateurs et entraineurs de 1er degré ont ainsi pu être formés », selon le Dhc. Mais, le sport de haut niveau n’était point occulté, puisque certains de ces spécialistes de la chose sportive ont même eu à occuper des fonctions de directeur technique national (Dtn), à l’instar de Picard au judo et de Rochez à la lutte, voire d’entraineur tel Dugrand à la Ja. D’autres, en techniciens polyvalents, formaient ou perfectionnaient leurs protégés dans diverses disciplines sportives (gymnastique, volleyball, etc.) et dans certains métiers du sport comme la fabrication de ballons ou de filets de compétition. « Et tout cela, à la charge de la France », tient à préciser M. Diop. Sans oublier les dons de matériels à certaines structures, telles que le Centre Talibou Dabo.

Mais, depuis que la France a adopté une drastique politique de rationalisation budgétaire en matière de coopération sportive, ces « coopérants » ont disparu des aires d’entrainements et de compétitions. Si bien que le Sénégal est obligé de mettre la main à la poche à chaque fois qu’il sollicite l’expertise d’un technicien français. A l’image du handball qui a dû payer pour s’attacher les services de Frédéric Bougeant qui a conduit les « Lionnes » à la Can qui s’est tenue dernièrement en Angola, avec le résultat et les développements que l’on sait. « Du temps de la coopération, on n’aurait certainement pas à débourser de l’argent pour faire venir ce technicien », regrette Souleymane Boun Daouda Diop.

Pour le directeur de la Haute compétition au ministère des Sports, « il faut autant que possible s’employer à relancer cette coopération ». « Nous en avons besoin surtout dans la formation des formateurs », insiste-il. Pour cause, aujourd’hui, la France est une vraie grande puissante sportive sur la scène mondiale. Or, le Sénégal cherche encore à se faire une bonne place au soleil du sport international.

B. K. N.

Mouvements des sportifs : Le temps des… vases communicants
France Senegal 2002Pendant longtemps, le mouvement des sportifs de haut niveau entre le Sénégal et la France s’est presque exclusivement fait du sud vers le nord. Depuis le début des années 2000, c’est le principe des vases communicants qui fonctionne. La preuve, peut-être que le sport sénégalais est devenu attractif à défaut d’être très compétitif.

Retour de bâton ou preuve de la nouvelle attractivité du sport sénégalais en général ? Dans tous les cas, les mouvements de sportifs de haut niveau ne se font plus depuis une quinzaine d’années dans le seul sens Sénégal – France. Il est loin le temps où les footballeurs Ibrahima Bâ, Samba Ndiaye ou les frères Mendy, Etienne et Bernard, se faisaient enrôler presque naturellement sous le maillot frappé du coq au détriment de celui portant une tête de lion. Des basketteurs de haut niveau comme Apollo Faye, Bengaly Kaba, voire Fatou Kiné Ndiaye, après une belle carrière sous les couleurs du Sénégal, avaient fini leur carrière internationale avec les « Bleus » de France. Même en athlétisme, l’ancien militaire sénégalais Ibrahima Wade, spécialiste du tour de piste, avait, sur le tard, rejoint le relais 4 X 400 m français. Certains avaient été « arnaqués », d’autres avaient fait un choix de carrière et d’autres encore étaient animés par des préoccupations financières. Qu’importe les motivations des uns et des autres, la conséquence était que les rangs sénégalais se dépeuplaient pendant qu’en face on s’enrichissait de l’apport des arrivants dont certains n’étaient utilisés que juste le temps de les empêcher de pouvoir jouer un jour avec l’équipe de leur pays d’origine. Soit quelques petites minutes pour les footballeurs comme Samba Ndiaye et les frères Mendy.

Ces derniers qui ont voulu éviter à leurs cadets de tomber dans le même piège ont certainement été pour quelque chose dans le retournement de situation opéré depuis le début des années 2000. En plus, depuis que les « Lions » ont terrassé les « Bleus », alors champions du monde et d’Europe en titre (1 – 0), en ouverture du Mondial 2002 de foot, à Séoul (Corée du Sud), la « Destination Sénégal » est devenue plus attrayante. Désormais, c’est le Sénégal qui « pille » la France de ses pépites jeunes, essentiellement au moment où celles-ci atteignent l’âge limite pour changer de nationalité sportive, en football surtout. Ainsi, les Moussa Sow, Jacques Doudou Faty, Issiar Dia, qui ont brillé avec les catégories de jeunes en France, ont choisi de jouer pour le Sénégal. Ce qui, un moment, avait réellement agacé les dirigeants du football français qui se plaignaient de « former pour d’autres ». Une tendance Lionnes Handballégalement favorisée par la génération de Habib Bèye, présélectionné en équipe de France, et Khalilou Fadiga à qui les « Bleus faisaient les yeux doux, mais qui avaient tous opté pour le Sénégal. C’est l’ère des binationaux qui reviennent à la source. Tel Kalidou Koulibaly, dernière grosse prise dans les filets sénégalais au nez et à la barbe de Deschamps, le sélectionneur des « Bleus ».

Le mérite des dirigeants

C’est, par ailleurs, tout à l’honneur des dirigeants techniques et administratifs sénégalais qui n’hésitent pas, depuis quelques années, à aller « vendre » leur sport à tous les sélectionnables sous tous les cieux. Surtout en France. Ainsi, le handball, par exemple, avec son dynamique président, Seydou Diouf, a pu décrocher, entre autres binationales de haut niveau, Doungou Camara, ancienne internationale juniors française, même si l’affaire s’est mal conclue à la dernière Can. Mais, ce n’est que partie remise. Au basket également, cette piste est explorée, et même si Antoine Mendy en garçons et surtout Binetou Diémé chez les féminines n’étaient pas dans le viseur de la France, c’est bien que le Sénégal les ait récupérés.

Ce n’est pas pour autant qu’il faille en conclure que le mouvement est irrémédiablement inversé. Il fonctionne plutôt suivant le système des vases communicants. Car malgré la nouvelle attractivité ou relative compétitivité du sport sénégalais, certains de ses représentants n’hésitent pas à tourner casaque pour devenir français. A l’image du hurdler Mamadou Kassé Hanne qui a couru pour la France lors des derniers Jo à Rio (Brésil) après avoir fait briller les couleurs sénégalaises au plus haut niveau. D’autres comme les footballeurs Mbaye Niang (Milan Ac, Serie A italienne) et Youssouf Sabaly (Bordeaux, L1 française) font la sourde oreille aux appels du Sénégal en espérant une prochaine convocation chez les « Bleus ». Jusqu’à quand ? Tout pourrait dépendre de la future compétitivité du sport et plus particulièrement du foot sénégalais.

B. K. N.

 

 

Last modified on samedi, 17 décembre 2016 13:35
Rate this item
(0 votes)

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.