Robert Sagna, leader du Rsd/Tds : « Le Sénégal peut bel et bien atteindre l’autosuffisance en riz »

11 Jan 2017
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Ancien ministre d’Etat et leader du rassemblement pour le socialisme et la démocratie  « Takku Defaraat Sénégal » Rsd/Tds, Robert Sagna a déclaré, dans cet entretien, que le chef de l’Etat, le président Macky Sall, poursuit l’œuvre de ses prédécesseurs pour le renforcement de la démocratie et de la décentralisation. Il annonce également la tenue du congrès du parti pour le mois de mars prochain. Ce spécialiste de l’agriculture qui fut ministre du monde rural  a reconnu que le gouvernement peut bel et bien atteindre l’autosuffisance en riz.

Monsieur le ministre d’Etat, votre parti vient de vivre une décennie après sa création en 2006. Quel bilan tirez-vous de son histoire ?
Le premier résultat du parti et de son implantation est celui de sa participation aux élections présidentielles 2007 le parti n’avait pas encore un an et son candidat en ma personne est sorti 5ème sur 15 candidats. Aujourd’hui, nous sommes présents dans tout le pays ; nos instances, notamment le Bureau politique se réunissent régulièrement, à notre siège au quartier de Bopp. Un congrès du parti est prévu le 4 mars 2017. Le rassemblement pour le socialisme et la démocratie Takku Defaraat Sénégal  Rsd/Tds s’inspire de la Sociale démocratie senghorienne et est membre de la coalition « Bennoo Bokk Yaakaar ».

Le chef de l’Etat a initié, le 28 mai dernier, un dialogue national auquel vous avez participé. Il y a une dizaine de jours, l’opposition a été reçue longuement par le chef de l’Etat pour discuter du processus électoral. Qu’avez-vous retenu de ces deux événements de l’année ?
Cette date est très importante et les Sénégalais n’ont pas tous mesuré sa grande portée. Elle marque la concrétisation d’une volonté et d’un désir toujours exprimés du président Macky Sall, de voir s’instaurer au Sénégal un dialogue permanent entre les partis politiques la société civile et tous les fils de ce pays ; il ne s’agit pas de rechercher l’unanimisme dans tout ; il s’agit d’un échange d’un débat ouvert à tout le monde sur les questions essentielles ; il s’agit d’arriver, par ce dialogue, à un consensus large sur des questions majeures concernant notre pays et même le monde .

La concertation entre le pouvoir et l’opposition concernant le processus électoral obéit au même principe : s’accorder sur des règles du jeu démocratique comme vous le voyez, ce sont des moments importants de la vie d’une Nation qui se veut de paix et de démocratie. J’ai salué cette initiative du chef de l’Etat qui dirige ce pays de manière apaisée en associant toutes les bonnes volontés.

A la suite du référendum du 20 mars, des changements majeurs sont intervenus. Peut-on dire qu’il y aura de nouvelles perspectives pour notre démocratie?
Oui on peut le dire sans hésiter, ces orientations longtemps formulées par le président Macky Sall, prennent forme de manière résolue. Il poursuit l’œuvre entamée par ses prédécesseurs dans le renforcement de la démocratie et la politique de décentralisation. Ceux qui sont en dehors du pouvoir qu’ils soient dans des partis ou simples citoyens, ont les mêmes droits les mêmes devoirs même s’ils n’ont pas les mêmes responsabilités. Mais chacun, là où il est, doit jouer sa partition. Cet exercice nécessite un cadre institutionnel formalisé pour rendre légal les actes qu’on pose. Un pouvoir et des responsabilités largement partagés permettent aux citoyens de s’assumer, de mettre la main à la pâte dans la construction  de l’édifice de manière solidaire et patriotique. Ce faisant, personne n’est laissé en rade, au bord de la route qui mène vers le progrès de tous.

Depuis 2012, vous êtes un allié du président Macky Sall à travers « Bennoo Bokk Yaakaar ». Quel est le bilan que vous tirez de ce compagnonnage ?
La coalition « Bennoo Bokk Yaakaar » est forte et aussi faible de sa diversité : forte parce qu’il y a un apport fécondant des différents partis qui la composent,  faible parce qu’une harmonie et une coordination assurée font défaut. Les autres partis membres reprochent au parti au pouvoir son arrogance et sa tendance à gouverner et agir souvent sans partage et sans suffisamment de concertation. Vous comprendrez que rassemblez 20 billes et plus difficile que rassembler 5 billes. Souvent, les alliés oublient que nous sommes dans un régime présidentiel et non parlementaire. « Bennoo Bokk Yaakaar » qui est un regroupement de partis politiques ne peut pas s’inventer des structures de décisions propres, d’administrations et de gestion des affaires de l’Etat. Les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ont leurs structures propres. Les partis politiques ne peuvent pas se substituer à ces structures. Ces partis politiques sont pour l’essentiel à l’Assemblée nationale où ils exercent le pouvoir législatif. La confusion des rôles rend parfois difficile le bon fonctionnement de Bby. Ses membres donnent des avis consultatifs non impératifs. Encore une fois, cela est compréhensible pour un cadre aussi large que Bby. Les frictions internes sont inévitables dans un mouvement dynamique.

Pour revenir à votre parti, lors de la dernière réunion du Bureau politique, il a été annoncé la tenue d’un congrès prochainement. Va-t-on s’attendre à de nouveaux développements ou allez-vous vous prononcer sur les élections à venir (présidentielle de 2019 et législatives de juillet prochain ?
Comme je vous l’annonçais tout au début, le parti va en congrès  le 4 mars 2017. Ce sera l’occasion de réviser ses statuts, son programme, sa stratégie. Le parti, bien entendu, débattra des prochaines élections législatives et présidentielle.

Les retrouvailles libérales sont annoncées depuis quelques mois. Ne craignez-vous pas un éclatement de la coalition « Bennoo Bokk Yaakaar » si l’Apr  met à ses côtés les libéraux tels que le Pds ?
Les retrouvailles libérales ? Nous en avons entendu parler et lu dans la presse. Il y a longtemps de cela. Ces rumeurs se sont tues personne n’en parle aujourd’hui. Bby se trouverait élargi, agrandi ! renforcé ? Je ne sais pas ; nous au Rsd/Tds, cela ne nous gênerait pas parce que nous sommes un parti de rassemblement, surtout à une période où les idéologies sont rangées dans les tiroirs ! On ne sait plus qui est vert, rouge ou bleu !

Justement, à propos de retrouvailles, ne pensez-vous pas que les socialistes ont intérêt à se regrouper pour reformer une grand famille ?
Comme je vous le disais plus haut, le Rsd/Tds est un parti de rassemblement, une grande famille de socio – démocrates,  c’est l’idéal de se retrouver. Mais comme vous le constatez, la « Roche mère », le Ps est en train de se fissurer, cet idéal de retrouvaille de la famille n’a pas beaucoup de chance de se réaliser. La coalition entre une grande famille libérale et une grande famille socio – démocrate dans Bby  réduirait les frictions dont je parlais tout à l’heure et participerait à une stabilité politique plus forte du pays.

Vous êtes connu comme un Médiateur de la crise casamançaise. Est-ce que vous êtes toujours sur le terrain pour travailler à un retour à la paix dans le Sud du pays ?
Je ne cesse de consacrer l’essentiel de mes activités à la recherche de la paix en Casamance, ce qui explique mes déplacements fréquents dans cette région.

La Gambie, un des voisins du Sénégal,  vient de connaître un changement de régime avec l’arrivée de Adama Barrow qui compte réserver sa première visite au Sénégal. Quel commentaire faites-vous sur cette nouvelle donne ?
En effet, la Gambie vient de se choisir un nouveau président en la personne de Adama Barrow, Mais le président Yaya Jammeh  conteste les résultats. Nous assistons à un contentieux électoral par la saisine de la Cour suprême par Yaya Jammeh,  après avoir reconnu sa défaite. La suite vous la connaissez. Mon point de vue est qu’il faut privilégier le dialogue.

En votre qualité d'ancien ministre d'Etat, ministre de l'Agriculture, et ingénieur de formation, pensez-vous que le Sénégal pourrait atteindre l'autosuffisance en riz comme annoncé par l'actuel ministre de l'Agriculture et de l’Equipement rural ?
Le Sénégal, bien sûr, peut atteindre l’autosuffisance en riz. Le gouvernement a une forte ambition et a fixé la barre très haut pour booster les efforts des producteurs. Les résultats sont très encourageants mais nous sommes encore très dépendants de la pluie. Il faut accroître la maîtrise de l’eau en multipliant les aménagements hydro – agricoles et poursuivre l’amélioration de la qualité des intrants et des unités de transformation.

Propos recueillis par El Hadji Abdoulaye THIAM

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