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Nationalisme

19 Jan 2017
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C’est à croire que le coach sénégalais Aliou Cissé et son joueur Kalidou Koulibaly écoutaient aux portes lorsque, une demi-heure avant eux, le technicien zimbabwéen Pasuwa et son attaquant Malajila faisaient face, hier matin, aux journalistes dans la salle de presse du stade de la Rénovation de Franceville. « Nous sommes le Sénégal », ont dit et répété les premiers comme s’ils répliquaient aux seconds qui ne cessaient de clamer « We are Zimbabwe » (Ndlr : Nous sommes le Zimbabwe). Nationalisme exacerbé ? Peut-être pas, mais bien une forte identification à « une nation » et à un « peuple », autres mots souvent revenus dans le discours des uns et des autres.

Normal donc puisque juste dans la continuité de la remise de drapeau national à ses joueurs, à la veille de grandes compétitions internationales, par un chef d’Etat qui, dans tous les pays du monde, se proclame premier supporter. Avec comme viatique l’exaltation du patriotisme, du sens du devoir voire du sacrifice. Normal également puisque dans la continuité de l’exécution des hymnes nationaux d’avant-match que les joueurs chantent à tue-tête (pour ceux qui en sont capables, en tout cas), parfois les larmes aux yeux. En réalité, les terrains de football, et plus généralement toutes les aires de compétition sportive, sont devenus les nouveaux champs de bataille où les Nations s’affrontent et se battent pour des questions de suprématie. Il y est question de stratégie, d’offensives, d’attaques, de répliques et autres expressions empruntées au langage militaire et guerrier.

Heureusement que le football, le sport en général, peut être un extraordinaire élément fédérateur et une équipe nationale, toutes disciplines confondues et de foot plus spécialement, un fabuleux dénominateur commun. Combien de trêves n’ont pas été observées par des belligérants, le temps d’un match ou d’une compétition de foot ? Dommage qu’aujourd’hui encore, les armes tonnent ou menacent de tonner et que des guerres au sens militaire et … belliqueux du terme, le monde moderne puisse encore en connaître à tout moment. Vu que certains pays bombent le torse, blindent leur arsenal militaire, voire nucléaire. Ils auraient simplement mieux fait de transférer leur quête d’hégémonie sur les aires de compétition. Puisqu’au bout du compte, tout finit par des poignées de mains, des échanges de maillot en vertu du slogan de la Fifa « My game is fairplay ».

Par B. Khalifa NDIAYE

Last modified on jeudi, 19 janvier 2017 11:36
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