Présidence de la Commission de l’Union africaine : Cinq candidats pour un fauteuil

30 Jan 2017
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Qui va remplacer la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma à la présidence de la Commission de l’Union africaine ? Cinq candidats sont partants pour l’élection devant se dérouler, le 31 janvier 2017, à Addis-Abeba, en Ethiopie, en marge du 28ème Sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine : l’universitaire sénégalais Abdoulaye Bathily, la ministre kenyane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, le ministre des Affaires étrangères de la Guinée équatoriale, Agapito Mba Mokuy, celui du Tchad, Moussa Faki Mahamat, et la Botswanaise Pelonomi Venson Moitoi, chef de la diplomatie de son pays. Présentation des candidats en lice.

Pr Abdoulaye Bathily, 69 ans, Sénégal
Sur son site, créé pour défendre sa candidature, une première phrase forte marque le panafricanisme du Pr Abdoulaye Bathily : « Toute ma vie durant et tout au long de ma carrière professionnelle, je me suis engagé à promouvoir le panafricanisme, selon des modalités diverses ».

La vie du Pr Abdoulaye Bathily, 69 ans, a été très tôt marquée par le panafricanisme. D’abord, sa scolarité à l’Ecole militaire préparatoire, devenue le Prytanée militaire de Saint-Louis. C’est une Afrique en miniature, avec des élèves venus de divers horizons africains. Ensuite, par sa participation à la guerre de libération de la Guinée-Bissau, même si c’était dans le cadre d’un service militaire forcé. Le panafricanisme du Pr Bathily s’est aussi poursuivi dans sa carrière académique d’enseignant à l’université de Dakar, avec plusieurs publications sur l’histoire de l’Afrique, ses problématiques de développement. Abdoulaye Bathily, c’est également une riche carrière politique durant presque 50 ans. Leader politique, il a été député, vice-président de l’Assemblée nationale du Sénégal, ministre et ministre d’Etat. Il a ensuite intégré le système des Nations unies comme représentant spécial du secrétaire général pour l’Afrique centrale, puis représentant spécial adjoint au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma). Une riche carrière dont la présidence de la Commission de l’Union africaine serait, sans doute, un aboutissement. Son programme est axé sur la paix et la sécurité, les deux problématiques qui interpellent le plus souvent l’Union africaine. L’Agenda 2063 fait aussi partie de son programme avec une feuille de route axée sur la mobilisation des ressources pour mettre fin aux « blessures » de l’Afrique.

Amina Mohamed, 55 ans, Kenya
Comme le Pr Abdoulaye Bathily, le Dr Amina Mohamed a profité de la réouverture des candidatures suite au vote de Kigali, en juillet dernier, qui n’a vu aucun des trois candidats recueillir le nombre de voix requis. Âgée de 55 ans, elle est la première femme à gérer la diplomatie de son pays. Poste qu’elle occupe depuis 2013. Diplômée en Droit de l’Université de Kiev, en Ukraine, Amina Mohamed a ensuite poursuivi des études en relations internationales à Oxford, en Grande-Bretagne. Elle a fait une carrière dans l’administration de son pays avant d’intégrer le système des Nations unies et devenir directrice exécutive adjointe du Programme des Nations unies pour l’environnement. Décrite comme une négociatrice, elle est aussi présentée comme une réformatrice ayant conduit plusieurs réformes dans son pays dont la nouvelle Constitution du Kenya, promulguée après les tensions électorales de 2008.

Dans son programme de candidature figure en bonne place la jeunesse africaine. « Je veux diriger l’Union africaine parce que nous avons une dette envers la jeunesse. Celle de lui fournir un emploi », disait-elle lors de son passage à Dakar, devant les étudiants du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) de l’Université de Dakar. La paix et la sécurité figurent en bonne place dans son programme, ainsi que l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Elle demande aussi une harmonisation de cet Agenda de développement, mis en place par l’Union africaine, avec les Objectifs de développement durable déclinés par les Nations unies.

Agapito Mba Mokuy, 51 ans, Guinée équatoriale
En juillet dernier, à Kigali, pour le 27ème Sommet des chefs d’Etat, le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, selon beaucoup de médias, avait boudé la fin de la manifestation. Parmi les candidats lors de ce sommet, Agapito Mba Mokuy qui a été éliminé dès le deuxième tour. Ce qui n’avait pas plu à son président, lequel a vaillamment défendu sa candidature. Cette fois-ci encore, il a maintenu sa candidature pour le prochain Sommet d’Addis-Abeba. Agé de 51 ans, le plus jeune des candidats est titulaire d’un Master en Business administration obtenu à l’Université de Bangkok, en Thaïlande. Agapito Mba Mokuy est aussi diplômé de l’Université de San Diego aux Etats-Unis. Ancien fonctionnaire des Nations unies, il est ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la Guinée équatoriale depuis 2012. Mettant la jeunesse au cœur de sa campagne, il s’est beaucoup adressé à cette couche qui représente, selon lui, 70 % de la population africaine. Pour lui, la question de la jeunesse devrait préoccuper au plus haut niveau les chefs d’Etat et de gouvernement qui seront les électeurs à cette élection. Autre position défendue par Agapito Mba Mokuy, l’autofinancement de l’Union africaine. Il déplore le fait qu’une bonne partie des dépenses de l’organisation continentale provienne de l’aide extérieure.

Moussa Faki Mahamat, 56 ans, Tchad
Il fait partie, avec le Pr Abdoulaye Bathily et le Dr Amina Mohamed, de ceux qui ont profité de la réouverture des candidatures pour tenter de briguer la présidence de la Commission de l’Union africaine. Lui aussi ministre des Affaires étrangères de son pays, comme les quatre autres candidats, Moussa Faki Mahamat dirige la diplomatie du Tchad depuis 2008, après avoir été Premier ministre. Il est présenté comme un fidèle parmi les fidèles du président Idriss Deby Itno. Diplômé en Droit, Moussa Faki Mahamat, 56 ans, a servi pendant longtemps dans l’administration de son pays, sous l’aile protectrice du président Itno. Dans son programme de candidature, il parle beaucoup de développement et de sécurité, surtout de lutte contre le terrorisme. Avec l’apparition des groupes armés dans le Sahel comme Boko Haram, le Tchad a été en première ligne de la riposte militaire. Ce qui a valu à la diplomatie tchadienne une grande présence dans les dossiers sécuritaires en Afrique. Moussa Faki Mahamat veut aussi rendre l’Union africaine « moins bureaucratique, moins procédurière », selon ses mots. Dans le domaine du développement, il prône une libre circulation des personnes et des biens et aussi la construction de routes, de chemins de fer qui seront de véritables passerelles entre les pays africains.

Pelonomi Venson Moitoi, 65 ans, Botswana
Pelonomi Venson Moitoi, ministre des Affaires étrangères du Botswana, est l’une des personnes déçues par le vote de Kigali en juillet dernier. Candidate pour la présidence de la Commission de l’Union africaine, elle n’a pas pu obtenir suffisamment de votes pour passer comme deux autres candidats. Cela ne l’empêche pas de retenter encore sa chance pour succéder à la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma. Huitième ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République du Botswana, Dr Pelonomi Venson-Moitoi, 65 ans, a occupé plusieurs portefeuilles ministériels dans son pays avant d’atterrir à la diplomatie. Diplômée en Administration locale de l'Institut de la fonction publique, dans le Connecticut, aux États-Unis, cette ancienne journaliste est aussi titulaire d'un Master en Sciences de l'administration centrale de l'Université du Michigan, toujours aux États-Unis. « En tant que président de la Commission de l’Union africaine, je m'engagerai à promouvoir des pratiques qui visent à renforcer la quête africaine du développement démocratique. Je vais galvaniser le soutien de tous les États membres pour assurer qu’ensemble nous défendons la gouvernance démocratique », dit-elle. Comme programme, elle veut faire du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad) le bras armé du développement de la Commission plus marqué, distinct et mieux défini en fonction des rôles des différentes commissions.

Oumar NDIAYE

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