De l’Oua à l’Ua, la longue marche

30 Jan 2017
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Face à un monde changeant, l’Oua/Ua n’a cessé d’ajuster sa vision pour mieux répondre aux défis qui interpellent le continent. Si l’Oua avait pour cri de guerre la solidarité entre les États membres, la libération de l’Afrique et la fin de l’Apartheid, l’Ua, lancée en 2002, au Sommet de Durban, a mis l’accélération du processus de développement et de l’intégration au cœur de son action.

L’Oua, rebaptisée Ua en 2002, lors du Sommet de Durban, en Afrique du Sud, a vu sa vision constamment évoluer de 1963 à nos jours. Face à un monde en perpétuelle mutation, l’organisation continentale a dû faire preuve de grande capacité d’adaptation pour mieux affronter les défis qui interpellent le continent.

En 1963, les principaux objectifs de l’Oua étaient la promotion de l’unité et de la solidarité entre les États africains, la coordination et l’intensification de leur coopération, la sauvegarde de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États membres, et la promotion de la coopération internationale dans le cadre des Nations-Unies . Dans ce cadre, l’une des priorités de cette organisation était de libérer le continent noir de la colonisation et de l’Apartheid, conformément à l’engagement des 32 chefs d’État réunis à Addis-Abeba le 22 mai 1963 ; un objectif largement atteint. L’Oua a, en effet, joué un rôle essentiel dans la fin du régime de l’Apartheid en Afrique du Sud et activement contribué à l’indépendance des États qui étaient encore sous le joug de la colonisation portugaise (Mozambique, Angola, Rhodésie, Guinée-Bissau, Cap-Vert).

Enfin, l’Organisation devait aider à harmoniser les politiques des États membres relatives à la défense, la diplomatie, l’économie, la culture, l’éducation, la santé, le bien-être et les sciences et techniques.

En 1991, l’organisation continentale met en place le Traité d’Abuja, établissant la Communauté économique africaine (Cea). Ce traité, en vigueur depuis 1994, vise à créer un marché africain commun par le biais des Communautés économiques régionales (Cer) qui sont au nombre de 8 : L’Union du Maghreb arabe (Uma), le Marché commun de l’Afrique australe et orientale (Comesa), la Communauté économique des États sahélo-sahariens (Cen-Sad), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Autorité intergouvernementale sur le développement (Igad) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (Sadc).

À partir des années 1990, les États membres débattent sur la nécessité de modifier les structures de l’Oua pour l’adapter aux défis d’un monde changeant. Après la libération de l’Afrique du joug colonial et la fin du régime de l’Apartheid, l’accélération du processus de développement et de l’intégration est devenue la plus grande priorité des États membres. Ainsi, l’idée de la création de l’Ua commence à prendre forme. Quatre sommets ont ainsi été tenus en prélude à son lancement officiel : le Sommet de Syrte (1999), qui a adopté la Déclaration de Syrte appelant à l’établissement de l’Ua, le Sommet de Lomé (2001), lequel a adopté l’Acte constitutif de l’Ua, le Sommet de Lusaka (2001), qui a élaboré la feuille de route pour la mise en œuvre de l’Ua, et enfin le Sommet de Durban (2002) ayant lancé l’Ua et convoqué sa première Conférence des chefs d’État et de gouvernement. En adéquation avec sa vision « d’une Afrique prospère, pacifique et bien intégrée », l’Ua soutient la consolidation des États africains dans l’économie mondiale, intervient dans le règlement des problèmes politiques et socio-économiques auxquels fait face le continent. Elle vise aussi à promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité, la bonne gouvernance et les droits de l’Homme. Les organes politiques de l’Ua sont la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, l’organe suprême, le Conseil exécutif, le Comité des représentants permanents, les comités techniques spécialisés, le Conseil de paix et de sécurité et la Commission de l’Union africaine qui fait office de secrétariat de l’Ua.

Diégane SARR

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