1960-2017 - Le Sénégal de Senghor à Macky Sall : La longue marche vers le développement

03 Avr 2017
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Le Sénégal célèbre, ce mardi, le 57ème anniversaire de son accession à l’indépendance. 

Depuis 1960, la marche du pays vers le développement n’a pas été facile. Les différents chefs d’Etat ont tous contribué, chacun avec sa vision, mais toujours dans le souci d’asseoir un Etat paisible, démocratique et émergent. Ils se sont appuyés sur toutes les franges du pays, particulièrement les Forces de défense et de sécurité (Fds) qui n’ont de cesse œuvré pour la stabilité du pays et surtout son développement à travers son concept « Armée-Nation ». D’où leur forte implication, aujourd’hui, dans la préservation de l’Environnement. Pour cette édition, près de 6.000 personnes participeront au défilé dont 3.824 éléments des Forces de défense et de sécurité.

Léopold Sédar Senghor, le fondateur
LSSEmanciper un pays, c’est bien, le développer, c’est mieux. Du combat culturel de Senghor à l’Etat « social et solidaire » de Macky Sall, en passant par le combat pour le rétablissement des équilibres macroéconomiques et la politique infrastructurelle de Me Wade, la marche vers le développement est résolument engagée. Avec ses grandes réussites et ses gros échecs. L’histoire du Sénégal indépendant n’est pas un long fleuve tranquille. Jeune Etat, comme tous les pays africains décolonisés, il s’est construit brique après brique, idée après idée, sous la conduite de chefs aux visées parfois complémentaires, souvent divergentes dans l’approche, mais avec, toujours, la même finalité : asseoir un Etat stable, démocratique et développé.

Premier président du Sénégal après son indépendance en 1960, Léopold Sédar Senghor est le premier chef d’État du continent noir à avoir ouvert son pays au multipartisme, en 1978. Homme de lettres, il est le premier agrégé africain de grammaire française et le premier Noir à être entré en 1983 à l’Académie française. Né le 9 octobre 1906 à Joal, il est attiré par la pensée humaniste de Léon Blum et s’engage auprès des Étudiants socialistes. Penseur de la « négritude », député sous la IVe République puis ministre dans le cabinet d’Edgar Faure, il préside la République du Sénégal jusqu’au 31 décembre 1980, date à laquelle il quitte volontairement le pouvoir.

Le souvenir qu’on a de Senghor est celui d’un leader modéré ayant coopéré avec la France. Mais c’est une image biaisée. En 1948 déjà, Senghor et ses collègues étaient pourtant vus comme des « rebelles » du fait de leur démission de la Section française de l’internationale ouvrière (Sfio) pour créer le Bloc démocratique sénégalais (Bds), dont le but est de représenter et de lutter pour la cause africaine. La tâche de Senghor, premier président de la République du Sénégal était, cependant, ardue. Après avoir été, des années durant, un réformateur agité, perturbateur et urticant pour la France, il lui fallait se poser en réformateur rassurant et protecteur pour son pays. C’est pourquoi, même s’il a été accueilli avec dévotion au début de son magistère, les critiques ne tardent pas à se faire entendre. Il est notamment reproché au président-poète de mener un combat culturel au détriment de l’économie. Senghor avait, pourtant, une claire vision des impératifs qui attendaient les jeunes Etats indépendants. En janvier 1955, il fixe les objectifs dans « La condition humaine » : « Si le Sénégal aspire à une autonomie interne, de gros efforts sont à faire dans le domaine économique ; en particulier, la modernisation de l’agriculture et la diversification des secteurs économiques sont urgents. » Senghor est, en effet, convaincu que, sans développement industriel, l’économie sénégalaise stagnera et n’atteindra jamais « le niveau de vie des métropolitains »  (La condition humaine, 27 janvier 1955). Mais il sera rattrapé par le contexte de la décolonisation.

Pour les Noirs africains, en effet, l’aspect culturel a joué un rôle important dans la lutte pour l’émancipation. Sur le plan international, l’Afrique était perçue comme « rétrograde » et avait besoin de « rattraper son retard ». Il était extrêmement important, pour l’élite africaine, de savoir que l’art noir, la poésie et la musique noires jouissaient d’une certaine reconnaissance internationale. C’est ce qui a fait dire à Senghor qu’à la rencontre mondiale des cultures, « au rendez-vous du donner et du recevoir », l’Afrique ne se présenterait pas les mains vides.

Education et formation des ressources humaines
La lutte pour la dignité, d’un côté et le souci de relever le défi de la reconnaissance culturelle, de l’autre, sont les priorités, conscients que sont les intellectuels et artistes africains que le combat dans les autres domaines tels que le développement ou le standard de vie est perdu d’avance. Dans le combat culturel, l’objectif des intellectuels, artistes et politiciens africains est d’être dans la même catégorie que les pays développés et de lancer la compétitivité culturelle avec eux d’égal à égal. Ils veulent apporter leur contribution spécifique au monde moderne, et celle-ci doit être perçue comme un enrichissement de la culture universelle.

Nombre d’intellectuels autour de Senghor voient la contribution africaine dans ce qu’elle a de plus émotif, chaleureux, rythmique, mystique et solidaire de ses valeurs culturelles. Une approche que ne partage pas une nouvelle génération de penseurs comme Cheikh Anta Diop qui estime que la compétition est globale puisqu’elle opère tant aux niveaux culturel, artistique qu’économique et scientifique. Au moment du bilan, on ne peut manquer de faire crédit à Senghor, dans un contexte de manque absolu où presque tout était à faire, d’avoir entrepris de créer un véritable Etat avec des procédures, des normes, des règles et des institutions fortes. Il avait ainsi mis sur pied le fameux Bureau organisation et méthode (Bom) destiné justement à pallier les insuffisances d’organisation. Pour rattraper le gap avec l’Occident, Senghor avait misé sur l’éducation et la formation de ressources humaines de qualité, et laissé en héritage à son successeur, le technocrate Abdou Diouf, sorti du moule de l’Ecole nationale de la France d’Outre-mer (Enfom), un Etat solide et une élite intellectuelle qui avait su prendre en charge les destinées du jeune Sénégal indépendant.


Abdou Diouf, le commis de l’Etat
Abdou DioufFormé dans l’esprit de commandement cher aux administrateurs coloniaux, on garde toujours de M. Diouf l’image d’un grand commis de l’Etat. Rodé aux techniques de la gestion administrative, le deuxième président sénégalais a géré le pays comme un technocrate. C’est à lui qu’est revenue la charge, après le combat de l’identité incarné par son prédécesseur, de la restauration des grands équilibres macro-économiques.
Il sera, malheureusement, un témoin impuissant d’une dégradation de l’environnement économique avec la « détérioration des termes de l’échange », la chute brutale des recettes d’exportation de l’arachide et des phosphates, principaux produits sénégalais, le choc pétrolier de 1973 suivi de la grande sécheresse de la fin de la décennie 70. Les finances publiques sont durement éprouvées et le Sénégal dut se plier à une sévère cure d’austérité imposée par le Fmi et la Banque mondiale.
Le Sénégal doit alors se soumettre à une politique hardie d’ajustement structurel dont les conséquences seront durement ressenties par les populations. Cette politique d’austérité tous azimuts s’est traduite par la privatisation de plusieurs entreprises publiques, entraînant des conséquences incalculables : suppressions massives d’emplois, réduction du volume de financement des investissements, désengagement de l’Etat du secteur agricole, réduction des subventions au secteur de l’éducation, mise à mort de la caisse de péréquation… Pour ne rien arranger, le franc Cfa subit une dévaluation en 1994. Abdou Diouf n’avait pas vraiment les bonnes cartes en main. Ses possibilités étaient considérablement réduites face à l’intransigeance des bailleurs de fonds. Il élabore alors et met en place, en 1993, un plan d’urgence conduit par le duo Sakho - Loum (respectivement ministre de l’Economie et des Finances et ministre du Budget) pour restaurer les capacités financières de l’Etat. Mais, usé par ses vingt années de pouvoir, Diouf avait perdu l’estime de ses compatriotes éprouvés par tant d’austérité. Son régime n’a pas pu résister à l’alternance démocratique de mars 2000.

Me Abdoulaye Wade, la passion des grands travaux
Abdoulaye WadeOpposant historique à Senghor puis à Diouf, Abdoulaye Wade s’emploie à convaincre les Sénégalais qu’une alternative libérale est possible. Plusieurs fois arrêté, il entre néanmoins à deux reprises, en 1991 et 1995 dans un gouvernement élargi. Après quatre échecs à la présidentielle, il est élu à 73 ans sur le thème du « changement » en 2000. Il aura marqué le Sénégal par sa passion des « grands travaux » et son hyperactivité politique et médiatique. Avec Wade, le Sénégal est passé à une ère de gros chantiers, grands projets ambitieux, qui ont soulevé l’enthousiasme et l’espoir. Le troisième président sénégalais est convaincu que le développement de l’Afrique passe par la création d’infrastructure de dernière génération. « Le moment est venu d’envisager concrètement, la réalisation des infrastructures fondamentales en Afrique », déclare-t-il à l’ouverture de la rencontre des ministres africains chargés des infrastructures et de l’énergie le 24 janvier 2008 sur le thème du financement des infrastructures en Afrique, tenue à Saly Portudal. Il notait, avec satisfaction, d’être enfin compris par les autres, à savoir que « le vrai décollage de l’Afrique passe par le développement des infrastructures et de l’énergie ».

Wade promeut un libéralisme social qui place l’Etat au centre de l’action publique et s’inspire des théories keynésiennes sur la relance de l’économie. Ainsi, pour soutenir l'économie, l'Etat doit effectuer des dépenses d'investissement. Une politique de grands travaux d'infrastructures, par exemple. Ces dépenses d'investissement entraînent une augmentation de l'activité économique, des embauches, et donc une augmentation des revenus distribués aux salariés grâce à un effet multiplicateur.

Autoroute à péage, nouvel aéroport, ponts et routes sortiront de terre sous Wade. En douze ans, il a considérablement modifié le visage du Sénégal. Les chiffres parlent pour lui : entre 2000 et 2010, le taux de croissance (+ 4 %) a été supérieur à celui de la décennie précédente, l’inflation a été maîtrisée, les recettes budgétaires ont augmenté… Des centaines d’écoles ont été construites. De nombreux dispensaires ont également été ouverts, le taux de mortalité infantile a baissé, l’accès à l’eau potable augmenté. Le pays a diversifié ses partenaires financiers. En précurseur, Wade s’est tourné vers les nouveaux riches arabes et asiatiques. Il a également fait de l’agriculture une priorité, via la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana).

Mais le manque de rigueur dans les rapports avec la gestion du bien commun, une totale opacité dans le financement de certains projets, des malversations financières et l’intention qui lui est prêtée de se faire remplacer par son fils ternissent son magistère.

Macky Sall, le président libéral social
Macky SallElu en mars 2012 à la tête de l’Etat du Sénégal, Macky Sall ferme l’ère senghorienne. Il incarne une nouvelle génération née après l’indépendance, ouvert aux souffles du monde après avoir goûté à la « science » de ses prédécesseurs. Il est, en outre, un pur produit de l’école publique sénégalaise, celle-là même qui fonctionna comme un formidable ascenseur social du temps du président Senghor et aussi, un peu, sous Abdou Diouf. C’est dire que l’œuvre des précurseurs a porté ses fruits.

Le président Macky Sall est venu au pouvoir avec l’idée que le meilleur des développements est celui qui impacte positivement la vie de ses compatriotes. C’était l’Adn de son programme « Yoonou Yokkouté » avec ses bourses de sécurité sociale, sa carte d’égalité des chances, sa couverture maladie universelle, etc. Des programmes qui visent à alléger la précarité de larges franges de la population condamnées à se contenter de slogans sur le développement à la place du mieux être promis.

Le « Yoonou Yokkouté » sera, par la suite, consolidé pour donner naissance au Plan Sénégal émergent (Pse). Un plan qu’il explique dans une interview accordée à « L’Observateur », à « Libération » et à « L’Aps » au début du mois de novembre 2015 : « A mes yeux, le Sénégal émergent, c’est lorsque, dans une dizaine ou une quinzaine d’années, les enfants qui seront nés en 2030 soient des citoyens d’un pays où chacun pourra réaliser sa « légende personnelle », pour reprendre Paolo Coelho que je lis souvent. Un Sénégal émergent, c’est aussi quand le pays aura les moyens nécessaires de satisfaire ses citoyens sans distinction, un pays qui compte dans le concert des Nations pour son économie et sa diplomatie. Et par la grâce de Dieu, nous avons des indices très probants, surtout avec nos ressources naturelles, notamment le pétrole et le gaz. J’ai dit aux investisseurs indiens « kou yekh niakk » (qui traine perdra), parce que l’Afrique est la prochaine frontière du développement, ça, c’est indéniable. Nous avons un marché puissant. C’est maintenant qu’il faut se positionner et non pas attendre que l’Afrique soit une puissance pour venir se bousculer ».

Ce que Macky Sall veut, c’est que dans 5 ans, le Sénégal ait sa « souveraineté budgétaire » pour « ne plus dépendre des partenaires financiers étrangers ». C’est aussi que « le Budget consolidé d’investissement soit financé à hauteur de 58 % ». « Cela veut dire que nous voulons, dans cinq ans, nous passer de l’aide extérieure. C’est en ce moment-là seulement qu’on aura atteint l’émergence », confie-t-il dans cet entretien.

Distribution de la richesse
Les moyens de parvenir à cet objectif sont ainsi clairement définis par le nouveau locataire du palais de l’avenue Senghor : « Notre volonté de nous passer de l’aide commence par une autosuffisance alimentaire, une maîtrise de la politique éducative, un budget d’investissement bien pensé, une réduction du train de vie de l’État, etc. Les gains obtenus par la réduction du train de vie de l’État, à travers la suppression de certaines agences, la maîtrise des dépenses du téléphone, de l’eau et des véhicules de l’État, sont affectés à l’investissement, au grand bonheur des populations ». Le cap est fixé. Et les résultats augurent déjà d’un bel avenir. En 2015, le Sénégal a enregistré des résultats macroéconomiques solides, avec un taux de croissance de 6,5 % (le plus haut depuis 2003) qui l’a hissé au deuxième rang des pays les plus dynamiques en Afrique de l’Ouest, derrière la Côte d’Ivoire. Selon les chiffres de la Banque mondiale, « La croissance de l’économie sénégalaise est ressortie à 6,4 % au premier trimestre 2016. Elle est principalement tirée par le secteur primaire et les bonnes performances des industries extractives, de la pêche et de l’agriculture. La bonne performance du secteur agricole, s’explique par des précipitations favorables et les très bons résultats des secteurs bénéficiant de programmes publics ciblés (arachides, riz et horticulture) ». Et l’institution de Bretton Woods poursuit : « L’économie pourrait tirer profit de la baisse des cours du pétrole (malgré leur remontée récente), mais aussi de la poursuite de la mise en œuvre du « Plan Sénégal émergent » (Pse), qui vise à lever les obstacles structurels à la croissance et à faciliter l’initiative privée ». C’est donc une nouvelle vision de l’économie qui s’élabore avec une préoccupation centrale qui consiste à distribuer les fruits de la richesse aux couches les plus vulnérables. Le Sénégal poursuit sa longue marche vers plus de développement. Il est encore très jeune du point de vue de son indépendance, mais il a une vieille histoire, une longue tradition démocratique, une nation soudée et citée en exemple. Une œuvre commune qui continuera de se bâtir encore longtemps grâce à l’intelligence de ses leaders et de son peuple.

Sidy DIOP

HYMNE NATIONAL : Une Nation d’hommes au cœur « vert »
Hymne nationalC’est la production de Senghor la plus visitée. Depuis 1960, l’hymne national accompagne la marche de notre pays vers son destin. Ses paroles accompagnent les Institutions dans leur déroulé, figent les assemblées lors de nos moments solennels, subliment l’idéal du « commun désir de vouloir vivre ensemble » ; une carte d’identité sonore connue à travers le monde, qui a accompagné partout les quatre chefs d’État ayant présidé jusqu’ici aux destinées du Sénégal, motivé nos armées et salué les performances de nos sportifs sur les cinq continents.
L’hymne est, avec le drapeau, au cœur de la symbolique nationale. Le rapport à la nature est déjà figé dans l’imaginaire collectif par les sceaux officiels de la République du Sénégal : le lion et le baobab.

57 ans après l’indépendance, la fête du 04 avril met en exergue la défense de l’environnement. A quelle date et où l’agrégé de grammaire –futur premier président de la République -, a-t-il écrit l’œuvre ? Et pourquoi en est-il l’auteur ? Le fait qu’il soit le premier président de la République n’explique pas tout, car il n’a pas été le seul acteur déterminant dans la marche vers l’indépendance. Le casting de l’époque ? Mamadou Dia était chef du gouvernement depuis la loi-cadre de 1958 alors que Me Lamine Guèye était le patriarche ; aux côtés des historiques du Bloc démocratique sénégalais (Bds) comme Valdiodio Ndiaye, Ibrahima Seydou Ndaw, etc.

Le Parti du regroupement africain (Pra) et le Parti africain de l’indépendance (Pai) communiste représentaient « l’opposition » systématique à l’ordre colonial et avaient été les premiers à exiger la souveraineté. C’est que, de toute la classe politique, voire intellectuelle, Senghor était le mieux dans le rôle, à la fois historiquement et culturellement : nouvelle icône, Professeur de lettres, poète... C’est un même élan senghorien qui a décidé des symboles de la République. L’hymne national suinte des moments d’exaltation de son auteur, de forts instants de construction d’un dessein ; ces minutes et heures propres à l’écrivain où il ne sait peut-être pas que la restitution de ses sentiments traduits par l’écrit seront figés dans l’Histoire.

Paradoxalement, les cinq couplets, entrecoupés par autant de refrains, sont parmi les moins commentés dans l’immense bibliographie de l’auteur. S’il est avéré que ses premiers recueils de poèmes - « Chants d’ombre » et « Hosties noires » -, ont été composés alors qu’il était prisonnier de guerre en Allemagne (Stalag 39), ces durs moments où il pense à sa mère, à son royaume d’enfance, mais aussi au sort de ses camarades d’infortune, l’hymne, par contre, semble avoir été pensé alors qu’il était déjà au cœur de la politique.

La nature, muse de Senghor
Mais quoique puisse être le contexte, du moins de ce qui ressort de la production littéraire de l’académicien, son inspiration est souvent venue du terroir, ces berges du Sine où le jeune berger faisait paître le troupeau familial. Dame nature est bien avec le poète, comme muse, quand il appelle le « Lion » à « rugir » dans la « brousse » avec un « Soleil » qui domine nos « terreurs » pour susciter « l’espoir ». De manière incantatoire, les paroles fouettent l’orgueil et la dignité d’un peuple à qui le chantre de la négritude accorde « un cœur vert » ; un peuple qui doit unir « la mer et les sources », encore unir « la steppe et la forêt ».

Une invite à la symbiose, à l’union des contraires : l’eau salée et douce à la fois, la luxuriance de la verdure et l’aridité de savanes (une tendance croissante avec le désert qui progresse) ; cela donnera plus tard chez lui « le Nègre » et « le Blanc », bases du métissage et son fameux « universel ». La puissance d’évocation, portée par les paroles de l’hymne national, est certes une invite aux valeurs d’une Nation, à l’honneur et au courage, mais il exprime aussi un attachement au terroir, cette géographie où l’homme espéré doit s’épanouir et se construire.

Si dans le deuxième couplet, Senghor, dans un accent martial, décrit ce qui est symbolisé par le « jambar » d’aujourd’hui : un Sénégal « fils de l’écume du lion » et « surgi de la nuit au galop des chevaux », qui a droit à l’honneur de ses ancêtres, « splendides comme ébène et forts comme le muscle », dans les suivants, il prie sa muse de fonder une Nation. Un cadre de vie qui protège ses « frontières » et « rassemble les poussins à l’abri des milans ». Les Sénégalais sont très attachés à cette musique composée par le français Herbert Pepper et qu’ils apprennent aux premières lueurs de l’école primaire. Elle a été un peu chahutée –le temps d’une rose- en 2000, après la première alternance, quand on l’a comparé (musicalement) à « une chanson de foire ». Mais généralement, l’hymne est apprécié et respecté, voire plus. Il sait transcender. Beaucoup d’artiste s’en sont inspirés. D’ailleurs, la propension à la danse s’estompe avec lui, car il s’écoute. Quand il déchire les ondes, les Sénégalais se figent alors et deviennent « citoyens ».

Par Samboudian KAMARA

LE SÉNÉGAL EN MARCHE
Macky travailleurs chantiers nordNotre pays, sous la conduite du président Macky Sall, est en train de dérouler le Plan Sénégal émergent (Pse) visant à assurer aux populations un avenir meilleur, une vie plus digne et un mieux-être, malgré une chronique crise économique mondiale faite d’incertitudes.

La conviction que des milliers de compatriotes partagent avec le chef de l’État, est que le Sénégal a le devoir et l’obligation de s’en sortir, en œuvrant résolument à son avenir et en maîtrisant les clés de base du succès, c’est-à-dire l’efficacité, la compétence et la capacité d’action dans l’autonomie. Ce combat doit toujours nous mobiliser. Faut-il donc le rappeler à tous, à la veille de la célébration du 57ème anniversaire de notre indépendance, une fête principalement dédiée à nos forces de défense et de sécurité, ainsi qu’à notre jeunesse, tous conviés à prendre une part plus active à la protection de notre environnement.

Pour l’Armée, le chef de l’État a, pendant ses cinq ans passés au pouvoir, consenti de considérables efforts financiers pour soulager les invalides et blessés de guerre, ainsi que les familles des militaires morts au combat. Aussi, a-t-il modernisé, ces dernières années, les forces de défense et de sécurité, avec l’acquisition de nouveaux matériels, pour que face aux nouveaux paradigmes sécuritaires, nos « jambaars », gendarmes et policiers restent toujours dans les meilleures dispositions morales et matérielles, afin de remplir efficacement leurs missions. $ A l’endroit de la jeunesse sénégalaise, dynamique et animée du désir ardent de servir son pays, le chef de l’État, Macky Sall, a une ambition : donner à chaque enfant de ce pays la possibilité de s’instruire, de vivre décemment et de réaliser son rêve. Pour ce faire, il est en train de bâtir un État de droit qui va induire l’équité et l’obligation de rendre compte, pour créer un environnement de confiance et de transparence propice à l’investissement, à l’activité économique et à la génération d’emplois.

Le président Macky Sall qui connait le chemin, fait cap vers un monde meilleur pour le plus grand nombre de Sénégalais. N’est-il pas en train d’œuvrer pour la paix en Casamance, pour l’adéquation formation-emploi, pour la bonne gouvernance, pour le dialogue social, pour la construction d’infrastructures, pour la diversification de la production énergétique, pour le décollage du secteur primaire sénégalais, un domaine à forte utilisation de main d’œuvre ? Sous Macky Sall, la gestion sobre et vertueuse poursuit son bonhomme de chemin. En effet, tous les rapports, épinglant des responsables, à tous les niveaux, pour malversations financières, sont sur la table du procureur de la République. Un autre volet dans le domaine judiciaire est la modernisation de la justice. Ici, il s’est engagé à réaménager l’organisation du service public de la Justice pour une meilleure distribution et une plus grande efficacité afin d’accroître ses performances. La problématique de la modernisation du système judiciaire et de ses différents services s’inscrit en bonne place parmi les priorités du Plan Sénégal émergent (Pse).

« Yoonu yokkute », un slogan à diffuser en profondeur
La modestie de notre espace géographique et de nos ressources naturelles n’a pas empêché au chef de l’État de nous hisser à une place de choix dans le concert des nations-leaders. Sa clairvoyance a consolidé, amplifié et ancré définitivement un concept qui est le « Yoonu yokkute » (la voie de l’émergence), un slogan à diffuser en profondeur pour libérer toutes les énergies créatrices à travers tout le pays. La fierté du Sénégal, sous Macky Sall, se mesure donc aux options courageuses du président de la République pour asseoir un développement cohérent et juste à l’échelle nationale.

Le Programme d’urgence pour le développement communautaire (Pudc), visant à sortir les zones rurales de leur isolement et de leur sous-équipement en infrastructures de base, en est une parfaite illustration. L’arrivée au pouvoir de Macky Sall constitue une date-repère pour les populations rurales dont il a pris en compte les justes revendications socioéconomiques.

Certes, il reste beaucoup à faire. Mais, le bilan des réalisations du gouvernement est élogieux : équilibre des comptes publics, bond qualitatif de la croissance économique, lancement de politiques de développement, création d’emplois, formation et orientation des jeunes gens et des femmes vers des activités génératrices de revenus. Faut-il accélérer la cadence dans ces tâches de construction nationale qui n’incombent pas seulement au président de la République, à son gouvernement et à ses partisans. Elles sont l’affaire de tous les Sénégalais qui doivent faire de ce 4 avril 2017 un moment privilégié de réconciliation et de réflexion. Nous devons, tous, nous abandonner au service du Sénégal et, surtout, renouveler notre serment de le développer. Ce serment exclut la haine, la provocation et tout autre geste de nature à ralentir sa marche vers le progrès. Le grand dessein que nous nourrissons tous pour notre cher Sénégal nous commande, en cet instant solennel, de faire l’écologie des cœurs pour savourer, en compatriotes conscients et ambitieux, les délices de l’entente, de la concorde et de la cordialité, toutes choses indispensables au développement.

AIRES MARINES COMMUNAUTAIRES PROTEGEES : Une stratégie de régulation de la ressource
Corail poissonsFace à la dégradation des zones de pêche et à l’accentuation de la raréfaction des ressources halieutiques, il a été recommandé aux États de créer des Aires marines protégées (Amp) lors du Congrès mondial des parcs nationaux tenu en 2003 à Durban. A la suite de ces assises, le Sénégal a créé, en 2004, par un décret présidentiel, 5 Amp. Selon le commandant Youba Sonko, conservateur de l’Amp de Gandoul, ce système permet une utilisation rationnelle de la ressource ou une régulation de la ressource.

Lors du Congrès mondial des parcs nationaux, tenu à Durban, en 2003, le monde scientifique international s’est rendu compte que la conservation était beaucoup plus concentrée sur le continent que sur le niveau côtier et marin. C’est pourquoi les scientifiques ont demandé à tous les pays du monde de concentrer leurs efforts sur cette zone. Selon le conservateur de l’Amp de Gandoul, le commandant Youba Sonko, le Sénégal, au sortir de ces assises, a créé, par décret, 5 Amp à Saint-Louis, Kayar, Joal-Fadiouth, Abéné et Bamboung. Aussi, il a rappelé que notre pays était déjà en avance par rapport à cette interpellation mondiale avec la création du Parc national de la basse Casamance, le Parc national des îles de la Madeleine et le Parc national de Djoudj.

Selon le conservateur, l’objectif de ces Amp est de protéger les ressources marines et côtières qui sont exploitées de manière abusive, entraînant ainsi la raréfaction des ressources. « Les Amp sont beaucoup plus communautaires qu’étatiques. C’est une volonté des communautés, et l’État est garant en proposant des mesures de gestion qui consistent à organiser et à orienter l’utilisation de la ressource », a-t-il fait noter. L’État participe au respect des règles établies par les communautés locales. D’après le conservateur, l’idée d’implantation d’une Amp doit venir de la base pour que les aspirations des populations soient prises en compte. En mettant en place une Amp, a-t-il dit, il faut nécessairement mettre en place des organes de gestion, notamment le Comité de gestion composé essentiellement d’éléments communautaires. La région de Fatick compte, aujourd’hui, 3 Amp : Gandoul (nouvelle création), Sangomar et Bamboung. L’Amp de Gandoul, située dans la commune de Djirnda, département de Foundiougne, couvre une superficie de 15.732 ha.

A en croire le conservateur Sonko, les avantages sont « multiples ». Entre autres, la reconstitution de la ressource, le développement de l’activité de recherche et l’appui des partenaires aux communautés locales. En somme, a-t-il dit, l’Amp favorise un développement social, économique et culturel. En effet, outre le repos biologique, les populations s’adonnent à des activités comme l’ostréiculture, la pêche crevettière, le maraîchage et l’exploitation du miel.

De plus, le commandant Youba Sonko a fait savoir que si quelqu’un enfreint les règles établies, on lui applique le code de la pêche, le code forestier ou le code de l’environnement dans leurs différents articles concernés. Par ailleurs, le Comité de gestion dispose d’un règlement intérieur proposé par les communautés elles-mêmes.

TRAFIC DE BOIS VERS LA GAMBIE : Les bons points de l’action des forces de défense et de sécurité
Trafic boisL’option prise par le président de la République d’engager les Forces armées dans la lutte contre le trafic de bois a donné les résultats escomptés. Les opérations menées par l’armée, la gendarmerie, la police, les agents des eaux et forêts ont fait reculer le pillage des ressources forestières au Sud et au centre du Sénégal. Mais la guerre est loin d’être gagnée.

Le président de la République, Macky Sall, avait pris la décision d’engager les Forces armées sur le front de la lutte contre le trafic de bois dans les régions méridionales et du centre du Sénégal. L’ampleur de la dégradation des écosystèmes forestiers exigeait l’intervention de l’armée pour enrayer le fléau. Leur implication n’a pas tardé à produire des résultats après quelques mois d’opérations dans les zones frontalières avec la Gambie. « Des millions de tonnes de bois, une vingtaine de camions et de matériel de coupe-tronçonneuses, plusieurs centaines de charrettes, une trentaine de pirogues ont été saisies », avait rapporté le président de la République, lors de la journée des Forces armées.

Au juste, l’édition de 2016 de la journée des Forces armées avait porté sur le thème : « la contribution des forces armées sénégalaises à la protection de l’environnement ». « Avec l’implication de l’armée nationale et des forces paramilitaires, depuis le conseil des ministres de Sédhiou en 2015, des résultats remarquables sont notés dans la lutte contre le trafic de bois », avait noté le chef de l’État. En réalité, l’Armée, la Gendarmerie, la Police et les agents des Eaux et forêts ont fait front commun contre les trafiquants dans des zones frontalières. Le 08 juillet 2016, à Dabo, à une quarantaine de kilomètres de Kolda, les ministres des Forces armées, Augustin Tine, ceux de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo et de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye Baldé, avaient procédé à l’incinération symbolique du matériel saisi par les Forces de défense et de sécurité. Au total, plus de 3.000 charrettes des trafiquants ont été immobilisées dans la région de Kolda durant les premiers mois des opérations contre 122 charrettes, un camion, des motos et des vélos dans le département de Bignona pour la même période. « Nous voulons montrer à tous les Sénégalais et particulièrement aux trafiquants que ce trafic doit cesser de manière définitive. Ce sont des pratiques qui menacent notre économie et notre environnement », avait lancé le ministre des Forcées armées lors de la visite qu’ils ont effectuée en juillet 2016 dans des zones de coupe au sud du Sénégal. Ces résultats obtenus ont été salués par plusieurs militants écologiques y compris par Aly Haïdar qui avait tiré la sonnette d’alarme sur « crime écologique ». Rappelons que lors d’un point de presse, le directeur d’Océanium, une association engagée dans la protection des écosystèmes avait révélé le trafic de bois vers la Gambie avait fait perdre au Sénégal plus d’un million d’arbres entre 2010 et 2016. Le Sénégal a remporté la bataille contre les trafiquants. Il reste à gagner la guerre.

Par Cheikh Aliou AMATH

LUTTE CONTRE LA COUPE DU BOIS : Kolda magnifie la contribution des forces de défense et de sécurité
koldaLes forces de défense et de sécurité ont joué un rôle essentiel dans la lutte contre la coupe abusive du bois dans la région de Kolda. Le choix du thème « Rôle des forces de défense et de sécurité dans la protection de l’environnement », pour le 57 è anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, n’est pas fortuit. Il démontre le rôle prépondérant joué par l’Armée nationale, la Gendarmerie, la Police, la Douane et les Eaux et forêts dans la lutte contre le trafic illicite du bois à destination de l’étranger. Il témoigne aussi de la volonté de l’État de venir à bout de ce fléau afin de préserver notre environnement. Pour le Lieutenant Mohamed Dieng, chargé de la communication de la zone militaire numéro 6, le choix de ce thème vient à point nommé.

Les opérations combinées des forces de défense et de sécurité ont permis, en effet, d’arrêter des dizaines de trafiquants de bois dans la région de Kolda. Du matériel de coupe et de transport de bois notamment des charrettes, des motos, des chevaux et des ânes ont également été saisis durant ces opérations. Certains trafiquants ont préféré payer des amendes pour sauver leur peau alors que d’autres ont été jugés et incarcérés à la maison d’arrêt et de correction de Kolda après avoir été reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés. « Depuis quelques années, les forêts sont agressées à la frontière entre le Sénégal et la Gambie sur plus de 300 Km dans le sud du pays. Compte tenu de l’ampleur du phénomène, le chef de l’État avait instruit l’Armée et les autres forces de sécurité à travailler aux côtés agents des Eaux et Forêts pour juguler ce fléau. Depuis lors, nous avons fait diverses opérations ensemble, au moins, 3 à 4 nomadisations qui nous ont permis d’avoir de très bons résultats », déclare le Capitaine Abdoulaye Traoré, chef de secteur des Eaux et forêts de Kolda.

Il réaffirme l’engagement du Service des Eaux et forêts de Kolda à poursuivre les trafiquants de bois et leurs complices jusqu’à leur dernière retranchement dans les activités régaliennes pour mettre un terme à ce trafic. Pour les 3 premiers mois de cette année seulement, 85 procès-verbaux ont été dressés par les agents des Eaux et Forêts dont 66 qui ont fait l’objet de transaction et 19 personnes déférées au parquet du Tribunal de grande instance de Kolda. Au total, 125 bions, 75 charrettes, une moto et 3 scies ont été saisis durant ces opérations. Malgré le succès enregistré dans la croisade contre la coupe abusive du bois, le Service Eaux et Forêts de Kolda ne compte pas baisser les bras. Il mise sur la sensibilisation des populations rurales et des chefs de village pour venir à bout ce phénomène.

Par Mamadou Aliou DIALLO

AIRE MARINE PROTEGEE DU BAMBOUNG : Des démarches respectueuses de la nature et des communautés
La conservation et le respect de l’environnement naturel. C’est autour de cela que travaillent, depuis 2002, les populations de Dassilamé et de 13 autres villages de la commune rurale de Toubacouta. Dans cette aire marine protégée communautaire (Ampc) du Bamboung, ils œuvrent à assurer durablement une régénération des ressources halieutiques locales.
 
Ici, les acteurs lient étroitement protection de l’environnement et lutte contre la pauvreté par le développement économique. C'est pourquoi les populations locales, directement impliquées et intégrées dans cette activité qui génère des revenus et des emplois sur place, s’investissent pleinement, depuis 2002, pour que leur zone soit à la pointe de l'excellence environnementale. Membre du comité de gestion de l’Ampc du Bamboung, Mamadou Bakhoum, et quelques autres associés ont réussi à sensibiliser et à faire adhérer au projet les habitants des villages concernés.
 
Un mirador est planté, des balises posées et la pêche interdite dans la totalité du bras de mer, soit 16 kilomètres, pour permettre la régénération de l’écosystème. C’est ainsi que 7.000 hectares de zone naturelle sont mis en conservation. Le bolong du Bamboung, dans le delta du Saloum, est constitué d’une grande diversité d’habitats (zones sableuses, graveleuse, mangroves, tannes, herbiers, petits bolongs, fosses, hauts fonds, etc.) dont le niveau de salinité varie au fil des saisons. L’eau du bolong est en permanence légèrement sur salée par rapport à la mer. Cette diversité d’habitats et la variabilité au fil des saisons de leurs caractéristiques physico-chimiques et microclimatiques, favorisent la présence d’une grande diversité d’espèces de faune et de flore. Malgré ses énormes potentialités, la zone est restée longtemps vulnérable en raison divers facteurs naturels (sécheresses) et anthropiques (coupe abusive de bois et braconnage). « Une tendance régressive était signalée », rappelle Mamadou Bakhoum qui fait cas de « perte de la diversité floristique, fragmentation des écosystèmes, dégradation des habitats, etc. » Aussi, avaient-ils, avant de passer à la création de cette aire marine protégée communautaire du Bamboung, vu les effets négatifs de la pêche côtière décuplés par le développement de la pêche artisanale motorisée, une réduction des effectifs et de la densité moyenne des populations de poissons, une fragmentation des zones d’abondance, un anéantissement des classes d’individus âgés et de grande taille, la sur salinité et la coupe de la mangrove de palétuviers, etc.

Par Cheikh Aliou AMATH

PATRONS DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE : Une première pour le Cemga Cheikh Guèye...
Cheikh Gueye CemgaLa célébration de l’anniversaire de notre indépendance est une fête des forces de défense et de sécurité (Fds) qui, au nombre de 3824 personnes, vont participer au défilé. A la tête de celles-ci, deux patrons qui vont vivre l’évènement comme une première en leur qualité de chef d’état-major général des armées (Cemga) et de Haut-commandant de la gendarmerie et directeur de la justice militaire (Haut-comgend).

Les généraux Cheikh Guèye et Meïssa Niang, respectivement de corps d’armée et de division, appréhendent la première avec sérénité. Ils reviennent sur la posture de leurs unités pour rendre effectif le thème de cette année : « Le rôle des forces de défense et de sécurité dans la protection de l’environnement ». « L’organisation de la fête de l’indépendance nous offre l’agréable opportunité de communier avec la nation toute entière. Le thème : « Le rôle des forces de défense et de sécurité dans la protection de l’environnement », choisi pour la présente édition par monsieur le président de la République, chef suprême des armées, offre à celles-ci l’occasion de sensibiliser nos populations sur un aspect important des actions entreprises par notre institution, en vue de protéger des ressources importantes de notre pays », fait remarquer le Cemga Cheikh Guèye au micro de nos confrères de la Rts. Pour lui, l’occasion est aussi belle pour « magnifier la belle synergie d’action entre les forces de défense et de sécurité impulsée par monsieur le président de la République qui nous a indiqué la voie à suivre ». Le thème est mis en corrélation avec « l’organisation des armées », le « maillage du territoire terrestre et maritime ». Ces deux dynamiques devant permettre, selon le général Guèye, de « participer efficacement à la lutte contre toute exploitation illicite de nos ressources forestières, fauniques et surtout halieutiques, notre marine nationale garantissant l’autorité de l’État en mer ». Le Cemga est aussi revenu sur l’implication de ses services pour le développement. Ainsi, « à chaque fois que de besoin, le Génie militaire, au-delà des actions déterminantes qu’il entreprend dans le cadre du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), procède à l’enrochement des plages pour contribuer à la lutte contre l’érosion côtière qui menace certaines localités », explique le Cemga. De même que la « Direction du matériel des armées veille scrupuleusement à la dépollution des champs de tir et au recyclage de certains produits dont les huiles mortes et les pneus ». Et le général de corps d’armée de révéler que « l’armée de l’air a pris l’heureuse initiative de créer des jardins botaniques à la base aérienne militaire de Yoff et à l’École de l’armée de l’air à Thiès ». Ces différentes initiatives n’empêchent en rien la participation des armées à l’érection de la Muraille verte, selon le Cemga pour qui ses services vont « procéder à des campagnes de reboisement partout où sont implantées les armées, en vue de participer à la régénérescence de nos forêts ». Cette dynamique s’inscrivant dans un « engagement de poursuivre les efforts et de mobiliser nos énergies dans le but de participer davantage à la préservation de notre environnement ».

...Et le Haut-Comgend Meïssa Niang
Meïssa Niang HC GendarmerieLa sérénité et l’enthousiasme sont de mise pour ce 4 avril chez le général de division, Haut-comgend. « Le chef de l’État m’a investi de sa confiance tout en mettant à ma disposition les moyens adéquats pour remplir ma mission de sécurisation des populations et de leurs biens. Je me suis naturellement préparé en conséquence pour être à la hauteur des attentes du chef de l’État à qui j’ai soumis, dès ma prise de commandement, un plan stratégique d’actions qui définit les grandes orientations stratégiques de mon action à la tête de la gendarmerie », rappelle le général Meïssa Niang. Ces orientations indiquent « une feuille de route stratégique qui définit les principales lignes d’opérations que je me suis fixées à l’échelle nationale et qui prend en compte tous les aspects du service de la gendarmerie qui conditionnent son efficacité en tant que force publique », ajoute-t-il. Ainsi, y retrouve-t-on le « recrutement et la formation du personnel, les infrastructures et les équipements et les postures opérationnelles de la gendarmerie dans les domaines du maintien de l’ordre, de la police judiciaire, du renseignement et de l’intervention ainsi que la lutte contre les nouvelles formes de criminalité urbaines et rurales ».

« C’est à ce titre que, durant ce défilé du 4 avril, vous assisterez déjà à la concrétisation de certaines décisions majeures dans le domaine de l’équipement des unités de gendarmerie et de l’organisation des forces avec la création du Peloton spécial d’intervention destiné à la primo intervention antiterroriste dans les régions et l’Esid de Dakar qui est une unité de lutte contre la criminalité urbaine, notamment la lutte contre les cambriolages et les agressions dans les quartiers », promet le général Niang.

Pour le patron de la maréchaussée, l’urgence est « d’aller très vite » pour « prendre en compte les préoccupations sécuritaires des Sénégalais qui sont érigées au rang de priorité par Son Excellence, Monsieur le Président de la République. Grâce à lui, « il existera bientôt une très bonne adéquation missions et moyens qui nous permettra d’être encore plus efficace » dit-il. Ainsi, souligne M. Niang, « ce premier 4 avril à la tête de la gendarmerie s’annonce sous de bons auspices ». Mais, au-delà de cette date, assure-t-il, « nous allons nous attaquer de plein fouet aux défis sécuritaires à travers le renforcement du maillage territorial et le renforcement de la surveillance du territorial ».

Pour le thème du 4 avril : « Le rôle des Fds dans la protection de l’environnement », le général de division le place sous le « signe de l’action ». « Une action conjointe avec les différentes forces et les structures de l’État investis des missions régaliennes en matière de protection de l’environnement. « Par conséquent, conformément aux directives du chef de l’État, j’ai donné des instructions fermes au commandant de la gendarmerie territoriale pour qu’une tolérance zéro soit observée à l’égard des fossoyeurs de l’environnement, que ce soit au niveau terrestre comme au niveau maritime », assure le Haut-comgend. Pour lui, le chef de l’État n’a pas seulement donné des directives, il a également renforcé les moyens d’action de la gendarmerie dans ce domaine. « Ce qui nous permettra de réaliser, à très court terme, la montée en puissance de la section spéciale de la gendarmerie chargée de la protection de l’environnement en moyens terrestres et maritimes pour mieux faire appliquer les législations en la matière », fait-il savoir.

Et de rappeler qu’avant cette montée en puissance, la gendarmerie « accomplit déjà quotidiennement partout à travers le territoire des missions de protection de l’environnement à coté de ses missions d’ordre judiciaire, en luttant contre la chasse ou la pêche illicites, l’abattage des arbres sans autorisation, l’exploitation frauduleuse de carrières de sable ou de mines et l’utilisation des produits dangereux et toxiques comme le mercure que l’on observe le plus souvent dans les régions aurifères ». « La gendarmerie a, en somme, toujours accompli des missions de protection de l’environnement dans le cadre de ses actions de police spéciale, et le thème du 4 avril de cette année ne fait que renforcer sa posture dans ce domaine », se réjouit le général Meïssa Niang.

I. Kh. NDIAYE

LUTTE CONTRE LA CRIMINALITE FAUNIQUE : Le combat inlassable des agents à Niokolo Koba
Agents parc NiokoloLes brigades de lutte contre le braconnage continuent de faire le ménage afin de contrecarrer l’action des malfaiteurs et autres fossoyeurs de l’aire protégée qu’est le Parc national du Niokolo Koba (Pnnk). Des opérations qui rentrent dans le cadre de la mise en œuvre des directives de la Direction des parcs nationaux et des recommandations de l’Unesco pour éviter le retrait du site de la liste des biens du patrimoine mondial en péril à l’horizon 2018 . A présent, l’état général de la moyenne et grande faune diurne terrestre est excellent.

Depuis quelques années, une option sérieuse est prise pour lutter contre le braconnage. Mais le casse-tête reste le trafic des espèces végétales surtout les bois d’œuvre comme le venne, le «dimb» et le rônier. Il y a aussi les intrusions délinquantes des orpailleurs le long de la Gambie. Mady Ndiaye, le président régional des Amis de la nature, guide touristique et gérant de campement à l’intérieur du Parc national du Niokolo Koba, atteste que la lutte est très active sur le terrain. « Ces deux dernières années, des changement notoires sont constatés. Beaucoup d’animaux ont fait leur retour surtout au cœur du parc, au niveau de Simenti. Et ce, au grand bonheur des usagers », a-t-il dit. Pour M. Ndiaye, sur les 10 touristes qui sont passés par cette réserve, les 8 ont pu observer et ou vu de près des troupeaux de lions parfois par groupe de 6 à 8, voire 10. « Imaginez les commentaires le soir au dîner. Cela met en exergue les résultats probants de la lutte contre le braconnage dans le Niokolo Koba ou plusieurs postes de gardes sont ouverts », a-t-il commenté.

Selon le commandant Mallé Guèye, conservateur du Pnnk, l’État du Sénégal fait d’importants efforts pour mettre en place une logistique adéquate, recruter des agents afin de renforcer la surveillance et redorer le blason de ce patrimoine en péril depuis 2007. Parmi les recommandations qui sont merveilleusement appliquées, le conservateur a cité le renforcement du dispositif de surveillance et de lutte contre le braconnage. « Actuellement, le dispositif de lutte anti-braconnage a été renforcé par trois brigades zonales. Celles-ci appuient les brigades de lutte anti-braconnage dénommées lycaon et porc-épic dans ce dispositif de surveillance du parc qui fait 913.000 ha. Depuis le démarrage de cette nouvelle traque, près de 253 personnes ont été appréhendées », a informé le conservateur, notant que les opérations se poursuivent sur le terrain. Sur ce, il a lancé un appel aux populations pour plus de collaboration avec les agents des parcs nationaux afin de conserver la biodiversité animale et végétale du Pnnk et de ses environs.

210 km de pistes réhabilités
Chaque année, pour consolider la mobilité dans la plus grande réserve faunique de l’Afrique de l’Ouest qu’est le Parc national du Niokolo Koba, d’importants travaux de réhabilitation des pistes sont menés grâce, entre autres, au Budget consolidé d’investissement (Bci). Pour le conservateur, le commandant Mallé Guèye, cela permet d’être plus efficace dans les interventions au moment ou la lutte contre le braconnage des espèces animales et végétales ont pris un tournant décisif.

Les zones où il y a beaucoup de pistes d’infiltration comme celle de Oubadji et Dalaba, au sud Est du Pnnk, très fréquenté par les braconniers, nécessitent une surveillance accrue et une présence permanente d’agents. « Il est constaté un excellent état général de la moyenne et grande faune diurne terrestre, de l’eau presque pérenne dans les mares, le retour des couples et familles comme les bubales, des buffles avec leurs petits ainsi que les naissances des grands troupeaux d’hippotragus ou Koba, Élan derby et des traces d’une famille d’éléphants avec leurs petits traversant la forêt de bout en bout », a poursuivi le commandant Guèye. Une nouvelle situation de référence sur laquelle pourra s’appuyer un programme de suivi régulier et pertinent, en vue d’assurer une bonne remontée biologique animale à même de motiver le retrait du parc de la liste des sites du patrimoine mondial en péril et rehausser son attraction touristique.

Par Pape Demba SIDIBE


PARC DE DJOUDJ : Un paradis pour 3 millions d’oiseaux migrateurs
Parc DjoudjPour se rendre au parc de Djoudj, il faut emprunter la route nationale 2 qui mène vers Richard-Toll. Après une quinzaine de km, il suffit juste de prendre la route de Diama et d’emprunter un autre raccourci à partir du village de Mboubène pour évoluer vers le Djoudj. Ici, les forces en charge de la protection du site (agents des Eaux et Forêts) travaillent en étroite collaboration avec les populations à la gestion du parc.

Il fait 11 heures 30mn. L’entrée du parc est un peu à l’abandon. Une guérite sur notre gauche pour payer l’entrée au service des Eaux et Forêts. La balade en pirogue est gérée par le groupement inter-villageois. Les plans du parc sont disponibles. Trois agents forestiers nous expliquent que la balade en pirogue est souvent conseillée pour se rendre au nichoir des pélicans et cormorans. Ce parc s’étend à perte de vue sur une vaste superficie. Selon le Commandant Ibrahima Guèye, Conservateur de ce parc, plus de 3 millions d’oiseaux migrateurs fréquentent chaque année le parc national ornithologique du Djoudj. M. Guèye a rappelé que le thème de la fête du 4 avril 2017 : « Rôle des forces de défense et de sécurité dans la protection de l’environnement » est un très bon choix, insistant longuement sur la nécessité de préserver et de sauvegarder nos parcs et réserves. Ce parc, a-t-il précisé, se trouve à 60 km au nord de Saint-Louis, sur un des méandres du fleuve Sénégal. Englobant une partie du fleuve, avec de nombreux canaux, criques, lacs, bassins, marécages et bouquets de roseaux, ainsi que les zones environnantes de savane boisée, le parc s’étend sur 16.000 ha et dispose d’un plan d’eau permanent, ce qui attire de nombreuses espèces d’oiseaux. Chaque année, plus de 3 millions d’oiseaux transitent par le parc où près de 400 espèces ont été dénombrées.

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le parc national du Djoudj regorge de colonies entières de pélicans et de flamants roses. On y retrouve d’autres espèces d’oiseaux comme le héron pourpre, l’aigrette, le jacana, la spatule, le cormoran, le marabout. Entre novembre et mai, des oiseaux migrateurs fuyant le froid européen, des échassiers et plusieurs espèces de canards viennent y nicher. Il y a aussi des mammifères, des reptiles, des chacals, des singes, des hyènes et des gazelles. A en croire le conservateur Ibrahima Guèye, c’est l’un des trois principaux sanctuaires d’Afrique occidentale pour les oiseaux migrateurs paléarctiques : canard pilet (78.000), sarcelle d’été (120.000), canard souchet (6.578). Pour les migrateurs éthiopiens : dendrocygne veuf (8.470), dendrocygne fauve (820), oies de Gambie (640), etc.

Par Mbagnick Kh. DIAGNE

Last modified on lundi, 03 avril 2017 14:13
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