Commercialisation : Le riz local continue de grignoter des parts de marché

20 Avr 2017
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La commercialisation du riz local par le système de régulation des importations a fait l’objet, hier, d’un atelier d’évaluation à l’initiative de Veco Afrique de l’ouest et l’Agence de régulation des marchés. Si le riz local ne cesse de gagner des parts de marché, il reste que le céréale importé continue de dicter sa loi.

Depuis 2015, le gouvernement a mis en place un mécanisme de régulation de l’importation du riz avec comme objectif de mieux structurer et d’intégrer le riz local dans les circuits de la grande distribution à l’échelle nationale. Deux ans après et à l’heure du bilan à mi-parcours, les acteurs de cette filière et les autorités semblent apprécier les résultats enregistrés même si des contraintes demeurent encore. C’est le sentiment général qui s’est dégagé lors de l’atelier organisé, hier, par l’Ong Veco Afrique et l’Agence de régulation des marchés (Arm).

Il ressort de cette rencontre que la commercialisation qui apparaissait comme une contrainte majeure pour le développement de la filière, a évolué de façon positive. Le riz local est de plus en plus apprécié des ménages sénégalais particulièrement dans les centres urbains où il ne cesse de gagner des parts de marché importants notamment à Dakar.

Capacité d’aptation
D’ailleurs, de nouveaux opérateurs (agro-industriels, banques commerciales, producteurs privés…) dotés de moyens financiers considérables interviennent, de façon significative, dans la commercialisation et l’usinage du paddy. Ce qui a fait dire au Conseiller technique du ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, des Produits locaux et des Pme, Babacar Diagne, que « la filière riz est entrée dans un cercle vertueux ». Il s’est félicité du fait que les acteurs de la filière du riz local aient pu faire preuve d’une grande capacité d’adaptation à la demande du marché, en développant deux créneaux à forte valeur ajoutée à savoir le riz entier et le riz parfumé.

Selon Amadou Abdoul Sy, Directeur de l’Agence de régulation des marchés, près de 10.000 tonnes de riz ont pu être commercialisées en 2016 grâce à la plateforme mise en place dans le système de régulation des importations au Sénégal qui oblige les commerçants importateurs à intégrer le riz local dans leur dispositif de commercialisation. Cependant, si le riz continue de grignoter des parts de marché, il n’en demeure pas moins qu’il reste encore du chemin à faire pour renverser la tendance entre le riz importé et celui local sur le marché sénégalais. Cela, d’autant que la consommation annuelle du Sénégal se situe autour d’un million de tonnes.

Le Sénégal a tout intérêt à poursuivre sa dynamique actuelle car, selon Babacar Diagne, il y va de la résorption du déficit de sa balance commerciale et du déficit céréalier. « Une production record participe à la résolution de la lancinante problématique liée au déficit de la balance commerciale du pays mais également à la réalisation de l’autosuffisance en riz. L’autosuffisance en riz signifie 200 milliards de FCfa par an de gain, un déficit de la balance commerciale de 16 % résorbé et un gain supplémentaire d’environ deux points de croissance par an », a-t-il noté.

Sur le plan de la production, le gouvernement du Sénégal a mis en place des mécanismes de soutien, en facilitant l’accès aux matériels agricoles et intrants par la subvention, a indiqué Mame Birame Ndiaye de Veco Afrique de l’ouest. Néanmoins, il a estimé qu’en ce qui concerne la mise en marché du riz local, les contraintes doivent être « analysées, des solutions préconisées pour en assurer durablement l’accès ». Dans la même veine, il a soutenu que la décision des autorités du Sénégal de réguler les importations de riz en fonction du riz local répond à une préoccupation majeure du projet que Veco Afrique de l’ouest est en train de dérouler dans le sud du Sénégal en riziculture.

Compte rendu : Elh. I. THIAM

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