District sanitaire de Touba : Le défi de la collecte des données et de la prolifération des officines informelles

16 Jui 2017
3843 times
District sanitaire de Touba : Le défi de la collecte des données et de la prolifération des officines informelles Dr Mamadou Dieng

Même si les croyances et pratiques sont encore tenaces, le district sanitaire de Touba fait notamment face à la collecte des données. Une difficulté imputée à la prolifération des officines privées et informelles qui ne transmettent pas leurs données, alors qu’elles vendent des produits contraceptifs. Les hôpitaux ne livrent également pas leurs données.

Avec 5,5%, le district sanitaire de Touba a le plus faible Taux de prévalence contraceptive (Tpc) de la région de Diourbel. Les femmes sous contraceptif sont au nombre de 11.028 sur 199.820 Femmes en âge de procréation (Far). « Il y a beaucoup de déterminants qui font que la planification familiale ne bouge pas au niveau de ce district », indique le Dr Mamadou Dieng, médecin-chef du district sanitaire de Touba. Il fait notamment allusion aux croyances et pratiques qui ont un impact sur les indicateurs sanitaires dans cette cité religieuse, particulièrement la santé de la reproduction.

Ce faisant, même si les produits contraceptifs et les médicaments essentiels sont disponibles, le Tpc (5,5%), le taux d’achèvement des Consultations prénatales (34%) et le recrutement des femmes pour la Pf demeurent faibles. « Nos indicateurs au niveau des Cpn sont très bas, parce que les femmes ont tendance à cacher leur grossesse durant le 1er trimestre », constate le Dr Dieng qui renseigne que le taux d’achèvement reflète la couverture effective des femmes pour toutes les Cpn.

Cependant, une satisfaction est notée dans les accouchements au niveau des structures sanitaires de plus en plus fréquentées par les parturientes.
Mais le principal défi auquel fait face le district sanitaire de Touba est relatif à la collecte des données. « Pour la planification familiale, si on intègre les données des hôpitaux, on peut avoir 8 à 10% », estime le médecin-chef qui évoque aussi comme frein à la pratique de la contraception la réticence de certaines belles-mères et de ceux qui développent des arguments contre la planification familiale. « L’adversité de ceux qui développent des argumentaires religieux contre la planification familiale nous pose problème. Certains refusent même qu’on parle de planning dans les réunions. N’empêche, nous avons formé des relais pour parler aux femmes. Nous impliquons également de plus en plus les leaders femmes et nous mettons l’accent sur l’espacement des naissances et non la limitation des naissances pour faire accepter la planification familiale », explique le Dr Mamadou Dieng.

Pour faire face à ces résistances, Dr Dieng informe qu’ils ont identifié des religieux pour sensibiliser sur la planification familiale. « Ils sont plus à l’aise pour parler à leurs pairs. On les a outillés dans ce sens », indique-t-il, insistant sur les religieux très réfractaires aux messages sur la planification familiale. « Il y a beaucoup d’efforts à faire dans ce domaine. Car c’est la même chose avec le Vih. On le craignait au départ, mais maintenant tout le monde sait que ça existe », rappelle-t-il, regrettant la vente de produits contraceptifs dans les officines privées et informelles. « La vente de préservatifs et de pilules est élevée dans ces officines, mais les données ne sont pas capitalisées, ce qui biaise le Tpc au niveau du district sanitaire », déplore-t-il, soulignant qu’ils ont des défis à relever dans la communication et le changement des comportements.

Pour Thioro Faye Mbacké, coordinatrice Sr du district sanitaire de Touba, la pléthore des dépôts informels de vente de produits contraceptifs plombe incontestablement les indicateurs sanitaires. Elle regrette aussi que les officines privées ne transmettent pas leurs données.

Dossier réalisé par Maïmouna GUEYE

Rate this item
(0 votes)

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.