Rachat de 50% des parts de « Musik bi » : Akon décline ses projets pour la musique africaine

17 Juil 2017
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L’artiste américano-sénégalais Alioune Badara Thiam dit Akon a acheté 50% des parts de « Musik bi », une plateforme de téléchargement de musiques développée par le groupe Solid. Il en devient ainsi l’actionnaire majoritaire. En conférence de presse à Dakar, samedi, il a décliné ses ambitions à travers cette plateforme. Il en a profité pour évoquer ses relatons avec les autres artistes sénégalais notamment Youssou Ndour, le Pbs, etc., mais aussi les goulots qui étranglent la musique sénégalaise.

J’ai connu «Musik Bi» à travers les artistes. J’étais curieux de savoir comment se faisait la distribution de leurs titres. C’est là qu’on m’a dit qu’il y a une plateforme. J’étais aussi curieux de savoir comment se faisait le paiement. Ainsi, il m’a été expliqué qu’il se faisait via le crédit téléphonique. C’est comme cela qu’est parti mon intérêt pour cette plateforme. A New-York, j’ai eu à échanger avec le frère de Moustapha Diop (Ndlr : directeur du groupe Solid qui a développé la plateforme « Musik Bi ») sans savoir que c’était son frère en lui disant que j’ai identifié une plateforme dans laquelle je vais pouvoir investir. Il m’a expliqué que la plateforme en question était développée par son frère. Avec cette information, j’étais encore plus motivé à m’appliquer. Mais c’est Mbacké Dioum, mon contact au Sénégal depuis de longues années, qui m’a aidé à mettre en place la structure qui a scellé ce partenariat.

A cette étape de ma carrière, j’ai accompli tout ce que j’avais à accomplir dans la musique. Je considère « Musik Bi » comme une plateforme du futur. Le siège sera construit au Sénégal pour promouvoir les artistes africains, mais il y aura aussi un bureau à Los Angeles. Nous sommes aujourd’hui à sept plateformes de téléchargement de hits. Mais l’objectif dans un futur proche, c’est de lancer un Festival musique pour promouvoir les artistes qui sont sur la plateforme. Ce festival sera, dans une seconde étape, délocalisé dans les autres pays. Le lien sera aussi fait entre « Musik Bi » et « Ticket Bi » qui permet d’acheter toutes sortes de tickets. Nous allons également lancer une télévision « Musik Bi » pour faire connaître les artistes qui sont sur la plateforme. Un streaming sera, par la suite, lancé sur la plateforme pour permettre l’écoute en ligne.

Duo avec Youssou Ndour
La collaboration avec Youssou Ndour devrait être faite depuis très longtemps. Ma carrière musicale et sa carrière politique ont pendant longtemps constitué des entraves. Mais c’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. Youssou Ndour est une légende. Il m’a ouvert des portes ainsi que ceux de beaucoup d’autres artistes sénégalais. Avant moi, dès qu’on mentionnait le Sénégal, le premier nom qui revenait c’est souvent celui de Youssou Ndour. Ce que j’ai fait avec lui, c’est vraiment combiner la culture Pop et la musique sénégalaise. Ce qui a donné le titre « Khaliss ». Mais le message dans ce titre, au-delà de l’argent, c’est de conscientiser sur la nécessité de travailler pour arriver à la réussite. Souvent, quand les gens voient les artistes, ils les considèrent comme des gens chanceux, mais il y a un grand travail derrière pour arriver au succès. Si j’ai souvent sommeil, c’est parce que je ne dors pas suffisamment.

Musique nigériane
Le succès de la musique nigériane par rapport à celle sénégalaise est dû à la langue anglaise. Avec le « Mbalax », les gens entendent plus la mélodie que les paroles. Ce qui a fait le succès de Youssou Ndour, c’est qu’il a d’excellentes mélodies avec de grandes maisons de production derrière qui ont aidé à l’internationalisation. C’est exactement cela l’ambition de « Musik Bi ». Pour ceux qui chantent en français, ça passe encore, parce qu’il y a beaucoup des pays africains francophones et des pays comme le Canada. Toutefois, ça reste limité. Je n’aurais pas le succès que j’ai eu aujourd’hui si j’avais chanté en wolof.

Pbs, la référence
Ma relation avec Duggy-Tee date bien avant le Pbs. Lorsque je venais en vacances au Sénégal, au moment où je me cherchais encore, eux étaient déjà convaincus de ce qu’ils voulaient faire de leur vie, c’est-à-dire être des artistes. Si ce n’étaient pas eux, je ne serais pas aujourd’hui là où je suis. Je serais probablement un criminel aux Etats-Unis. Mais ils m’ont inspiré et encouragé à me concentrer à 100% sur ma carrière musicale. Ils sont donc à 1000% à l’origine du succès que j’ai aujourd’hui. Mais pour moi, le succès ne se mesure pas en termes de popularité, mais plutôt en termes d’impact que l’on va avoir sur la vie des gens. Autrement dit, combien de vies on a réussi à changer. Le Pbs m’a influencé. C’est aujourd’hui, à mon tour, de changer beaucoup de vies et d’inspirer beaucoup d’artistes. Nous ne serons pas évalués en termes d’accumulation de richesses. Aujourd’hui, il y a des artistes qui sont riches, très populaires, mais quand ils sont seuls, ils sont très malheureux. Je veux faire de « Musik Bi » une plateforme qui va ouvrir beaucoup plus de portes aux artistes.

Ndiol Maka SECK

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