Femme de ménage, technicien commercial,…Elèves et travailleurs durant l’été

31 Aoû 2017
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Grâce à leur abnégation et leur détermination à gagner «dignement leur vie», certains jeunes ne rechignent pas devant les tâches qui se présentent à eux. Elèves en temps normal, travailleurs durant les vacances, voici les histoires d’Aminata et de Théophile.

Intitule de tortiller : si l’on évoque son histoire, c’est parce qu’Aminata se démarque de la plupart des jeunes filles de son âge qui jouissent de leur statut d’élève. Du haut de son 1,74m, dans sa mise un peu défigurée, pour qui l’a vu en temps normal, Aminata s’active comme elle peut. La jeune fille est habillée d’un tee-shirt, elle porte un pagne marron, un foulard bien nouée sur la tête vient compléter sa mise. Teint clair, elle frôle les 60 kilos. En cette matinée de samedi, elle s’est levée comme à son habitude, de très bonne heure. 6h tapantes du matin, elle était déjà debout. C’est parce que d’innombrables travaux domestiques attendent la jeune fille âgée tout juste de 18 ans. Elle est tenue par les clauses d’un contrat et se donne dès lors tous les moyens adéquats pour « fondamentalement respecter » ses engagements. Elève en temps normal, la jeune fille travaille comme femme de ménage, durant les grandes vacances. Ce rituel est devenu, au fil des années, une habitude chez elle. Depuis 3 ans déjà, Aminata passe le plus clair de ses vacances à s’activer dans les maisons, pour se « faire un peu d’argent et ainsi honorer les charges de sa scolarité ». Issue d’une famille modeste, Aminata dit avoir très tôt intégré cette donne. Avec un père ancien technicien de surface à la retraite et une mère, femme au foyer, sa famille peine à joindre les deux bouts. Elle ne veut toutefois pas baisser les bras et est résolue « à réussir dignement dans la vie ». Pour cela, la jeune fille compte essentiellement se concentrer sur ses études. « La vie m’a lancé un défi, je me donnerai les moyens d’atteindre mes objectifs et de venir à bout de ce défi », souligne-t-elle. L’élève de Terminale dit tirer en moyenne 120. 000 F de ses trois mois ponctués de travaux. Une somme qui peut sembler dérisoire aux yeux de certains, mais qui, dit-elle, lui permet de « maintenir sa dignité en subvenant à ses besoins ». Pour cette année, Aminata travaille dans une maison située à Scat Urbam. Elle dit avoir été très claire avec son employeur. « Je lui ai formellement indiqué que j’étais élève. Je travaille juste le temps des vacances. Une fois celles-ci terminées, je retourne à l’école », explique-t-elle. Par cette approche, la jeune fille veut clairement montrer à son employeur qu’au-delà des trois mois, elle doit chercher une autre travailleuse. Avant Scat Urbam, la jeune fille dit avoir travaillé aux Parcelles assainies, puis à Nord Foire.

Ambitions
Ses parents sont bien au courant de son travail et l’y encouragent fortement. Elle est « indifférente quant à ce que pensent d’elle ses camarades de classe ». Bonne élève, elle souligne s’être retrouvée avec la moyenne de 14 l’année passée. C’est donc avec brio qu’elle va, dès l’ouverture des classes, passer en « Terminale L2 », informe-t-elle. Une fois le baccalauréat en poche, Aminata compte donner des cours « particuliers » aux élèves qui en feraient la demande. Très subtile, elle dit en avoir déjà discuté avec son actuel patron. « La famille où je travaille présentement dispose de trois enfants, d’ailleurs en plus de mon travail, je donne des cours non rémunérés aux enfants de ma patronne. Une fois le bac en poche, leur père s’est engagé à me prendre comme professeur particulier », confie-t-elle. En plus de sa bourse qu’elle compte bien obtenir, l’argent gagné à travers les cours particuliers devrait l’aider à affronter les dépenses estudiantines. Plus tard, la jeune fille rêve de faire carrière dans l’administration judiciaire. Théophile Ndiaye est élève en temps normal. Mais, durant les vacances, une autre activité vient rythmer ses journées. Il travaille comme vendeur, appelé « technicien commercial » dans leur jargon. Son activité consiste à sillonner les maisons et les quartiers. Il propose diverses marchandises aux potentiels acheteurs. Tout y passe : savons, parfums, crème de beauté, ustensiles de cuisine… Il est même tenu parfois de pousser ceux qui n’avaient guère envie d’acheter à se voir convaincre. Cette forme de commerce appelée « promotion » dans le jargon populaire permet au jeune homme de se faire « quelques sous, le temps des vacances », avance-t-il. Le commerçant de circonstance gagne en fonction de ses ventes. « Dans chaque article, un pourcentage lui revient », dit-il. C’est pour cela qu’il travaille d’arrachepied, afin de conquérir tout potentiel client. Théophile est âgé de 19 ans. Il est titulaire d’un baccalauréat depuis l’année passée. Avec la rentrée des classes de cette année, le jeune homme va rejoindre l’université. En attendant d’être orienté, il s’active comme il peut. Il s’adonne à son commerce pour d’une part « aider ses parents en se prenant en charge sur certains aspects » mais d’autre part aussi « ne pas passer son temps à se perdre dans des futilités ». Théophile compte faire carrière dans le monde « des multimédias ». Il veut devenir ingénieur en informatique. Vocation logique d’un pur produit de la génération Internet.

Par Oumar BA

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