Cpn tardives, forte démographie, enclavement… : L’équation de la commune de Ngoye

04 Déc 2017
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C’est souvent à terme que les femmes de la commune de Ngoye se présentent au poste de santé. Ne voulant pas que la communauté soit au courant de leur nouvel état, elles font tout pour cacher leur grossesse, même au personnel de santé.

La commune de Ngoye regroupe 54 villages, mais ne dispose que de 2 postes de santé et d’une seule sage-femme pour 11.559 Femmes en âge de reproduction (Far). Elle se singularise également par un recours tardif des femmes aux Consultations prénatales. En atteste le constat fait par Françoise Awa Guèye Kama, l’actuelle maitresse sage-femme du centre de santé de Bambey, qui a officié de 2010 à juin 2017 au poste de santé de Ngoye. « Lors du premier contact, toutes les femmes venues en Cpn étaient à 9 mois de grossesse », confie-t-elle. Cette situation est notamment liée aux tabous, estime la sage-femme Astou Coundoul, précisant que « les femmes de ces localités ne veulent pas qu’on sache tôt qu’elles sont enceintes ».


Pour Mbaye Dieng, l’Infirmier chef de poste (Icp), le fait que cette structure sanitaire soit enclavée rend aussi difficile l’accès. Selon lui, il est nécessaire d’en avoir d’autres pour permettre aux populations d’accéder plus facilement aux soins. Ce faisant, Awa Fall Camara, la coordonnatrice de la Santé de la reproduction (Sr) du district sanitaire de Bambey, n’hésite pas à déclarer : « Le problème du département de Bambey, c’est Ngoye ». Aminata Sy Ndiaye Cissé, du Réseau Siggil Jiggèn, ajoute : « Le plus grand mal de la commune de Ngoye, c’est le recours tardif aux Consultations prénatales (Cpn) ». Les accouchements assistés ne sont alors que de 31 %. Les 69 % restants ont donné naissance à domicile avec l’aide d’accoucheuses traditionnelles. D’où la nécessité de mieux informer les populations sur les dangers à donner naissance sans l’assistance d’un personnel qualifié.

Dans les stratégies de sensibilisation, les « Badianou Gokh » (marraines de quartier) jouent un rôle crucial, selon Astou Coundoul, la sage-femme du poste de santé de Ngoye. « Nous faisons des causeries pour expliquer aux femmes l’intérêt des Cpn et les dangers à accoucher à domicile », explique-t-elle, précisant que les femmes qui viennent en consultation n’achètent pratiquement que le ticket. « Les moustiquaires et carnets de santé sont cédés gratuitement », informe-t-elle. Seulement, estime la « Badianou Gokh » Amy Faye, même si dans les séances de sensibilisation elles utilisent des images pour convaincre, « les femmes demeurent têtues ». Malgré tout, elle soutient que « des changements commencent à être notés dans la commune de Ngoye ».

Dans le cadre du programme Neema (Bien-être) de l’Usaid, réunissant un consortium de 7 Ong, Aminata Sy Ndiaye Cissé du Réseau Siggil Jiggèn soutient qu’un plaidoyer est en train d’être fait auprès des élus locaux pour des actions de prévention et de promotion de la santé maternelle, néonatale et infantile. C’est ainsi que « sur un objectif d’un million de FCfa, nous avons reçu du maire de la commune de Ngoye 3 millions de FCfa », rappelle-t-elle, insistant sur l’émotion de ce dernier quand on lui a expliqué la situation des femmes dans cette commune. Ely Fall, maire de la commune de Ngoye, précise : « Nous sommes en milieu rural avec énormément de facteurs bloquants. Mais, on est en train de parler aux hommes pour qu’ils libèrent les femmes, afin que ces derrières arrêtent les accouchements à domicile ».

M. GUEYE

NGOYE RÉCLAME UN CENTRE DE SANTÉ
Pour le maire de la commune de Ngoye, leur combat est qu’on érige leur poste de santé en centre de santé. « Nous sommes en négociation avec des partenaires décidés à nous appuyer », informe Ely Fall qui fait savoir que la commune de Ngoye est dotée de 2 lycées, 26 écoles élémentaires et des établissements franco-arabes.

Le même argumentaire est défendu par Awa Fall Camara, la coordonnatrice Sr du district sanitaire de Bambey, qui lance un appel solennel pour l’érection d’un centre de santé à Ngoye.

Un plaidoyer est également fait pour que d’autres sages-femmes soient affectées dans cette vaste commune. « Durant les stratégies avancées pour lesquelles on se déplaçait jusque dans les villages les plus reculés, on recevait beaucoup de femmes, de sorte que même quand on rentrait le soir, on laissait beaucoup de femmes qui ne pouvaient pas accéder aux services offerts », affirme la sage-femme Françoise Awa Guèye. Selon elle, la commune de Ngoye a besoin d’au minimum 4 à 5 sages-femmes supplémentaires pour prendre en charge les préoccupations des Femmes en âge de procréation.

M. GUEYE

Last modified on lundi, 04 décembre 2017 10:01
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