Sensibilisation : L’implication des maris et des belles-mères préconisée

04 Déc 2017
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Les «Badianou Gokh» du département de Bambey sont fortement mobilisées dans la sensibilisation pour un changement de comportement. Les «Badianou Gokh» du département de Bambey sont fortement mobilisées dans la sensibilisation pour un changement de comportement.

Même si les produits contraceptifs sont disponibles, les femmes du département de Bambey se font encore désirer au niveau des services de planification familiale. Il est alors préconisé d’impliquer, dans les stratégies de sensibilisation, les maris et les belles-mères identifiés comme étant les principaux obstacles à la pratique contraceptive.

Les témoignages d’Amy Diouf (35 ans), Aby Sow (33 ans) et Maguette Ngom (20 ans) font dire à Awa Fall Camara, la coordinatrice Sr du district sanitaire, que « les progrès en planification familiale sont lents » dans le département de Bambey. Pour améliorer la situation, elle invite à surtout sensibiliser les maris et belles-mères, les principaux obstacles à la contraception. Car, de l’avis de Ndèye Laba Ngom, « Badianou Gokh » au quartier Léona de Bambey, « ce sont les hommes qui refusent souvent. Certains sont même catégoriques à l’idée de discuter de la contraception, alors que leurs épouses sont fatiguées par les grossesses rapprochées ». Pour faire face à cette contrainte, elle déclare qu’elle a besoin d’une sage-femme pour qu’elle participe aux séances de sensibilisation afin de mieux expliciter aux hommes les bienfaits de la planification familiale pour la famille.

Pour la « Badianou Gokh » Maïmouna Diallo, il est important, dans les causeries, de mettre l’accent sur le bien-être de la famille. « Quand on met souvent l’accent sur la santé, l’éducation, l’alimentation, les gens comprennent et adhèrent à la planification familiale », soutient-elle, soulignant que les populations « commencent à changer d’attitudes » par rapport à la conception assimilant la contraception à la limitation des naissances. En effet, les gens ont toujours cru que la planification familiale, c’est la limitation des naissances, commente la « Badianou Gokh » Yaye Diaw Diop Cissé. Mais, « nous sommes en train de sensibiliser pour que les communautés, notamment les maris et les belles-mères, comprennent qu’il est bien question d’espacer les naissances. Malgré les réticences, on arrive à convaincre certains », se réjouit Mme Cissé qui est d’avis qu’il est aussi important de mettre l’accent sur la contraception après avortement. « Il faut que la femme ayant subi un avortement soit bien suivie avant une autre grossesse, sans quoi elle peut récidiver », argumente Yaye Diaw Diop Cissé, insistant sur le recyclage des « Badianou Gokh » et la formation des relais communautaires, pour une meilleure appropriation des messages de sensibilisation.

D’autant plus que, révèle la coordonnatrice Sr du district sanitaire de Bambey, « les produits de la planification familiale sont disponibles grâce au « push model » (visant à rapprocher les produits des bénéficiaires) ». Et ils le sont beaucoup plus avec « la stratégie « Yeksi na » (je suis arrivé) de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna) pour que tous les produits soient disponibles jusqu’aux cases de santé », ajoute Mme Camara pour qui les femmes n’ont plus besoin de prendre des charrettes pour demander des produits contraceptifs.

Toutefois, « face au refus catégorique de leurs époux, certaines femmes font simplement la planification familiale en cachette », informe Amy Faye, « Badianou Gokh » à Ngoye. Ce que confirme Fatou Diouf, une autre marraine de quartier en milieu rural. « C’est quand leurs maris constatent que leurs épouses et leurs enfants sont en bonne santé qu’ils commencent à soupçonner la pratique contraceptive ». Dans ce cas, ils ne disent rien, car n’étant plus confrontés à l’achat de médicaments aussi bien pour leurs épouses que pour leurs enfants.

Maïmouna GUEYE

Last modified on lundi, 04 décembre 2017 10:01
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