Contraception : La révolte des grandes multipares

04 Déc 2017
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Contraception : La révolte des grandes multipares Photo d'archives

La pratique contraceptive est un autre problème dans le département de Bambey où est enregistré un taux de prévalence de 9 %. En attestent les témoignages d’Amy Diouf (35 ans), Aby Sow (33 ans) et Maguette Ngom (20 ans). Ces grandes multipares, rencontrées au poste de santé de Léona Sud de Bambey, n’ont songé à la contraception que tardivement.

Malgré les gris-gris sur lesquels elle avait jeté son dévolu pour espacer la naissance de ses enfants, Amy Diouf (35 ans) n’a pas pu éviter les grossesses rapprochées. « J’ai 9 enfants, et c’est seulement depuis 2 ans que j’ai commencé à faire la contraception », raconte cette dame rencontrée au poste de santé de Léona Sud (un quartier de la commune de Bambey). Selon elle, son premier mari, décédé, n’a jamais voulu de l’espacement des naissances. « Je me suis remariée et j’ai opté pour une ligature des trompes, car je ne souhaite plus avoir d’enfants, parce que je veux que toute ma progéniture porte le même de nom de famille », explique-t-elle.

De 2 ans la cadette d’Amy Diouf, Aby Sow, 33 ans, a 5 bouts de bois de Dieu. Mariée à l’âge de 12 ans, elle n’a commencé à recourir à la planification familiale que depuis 4 mois. « Je me suis mariée très jeune, maintenant je veux me reposer, surtout que mes dernières grossesses étaient très difficiles. C’est pourquoi quand une de mes amies m’a informée de l’offre de services de planification familiale au niveau du poste de santé, je n’ai pas hésité à venir », confie Aby dont la belle-mère, qui était foncièrement contre le planning, est revenue, aujourd’hui, à de meilleurs sentiments. Il en est de même pour son mari qui lui a manifesté son adhésion pour espacer la naissance de leurs enfants.

Pour l’heure, elle confie qu’elle compte veiller sur sa fille aînée qui poursuit ses études à Thiès, afin qu’elle ne subisse pas le même sort qu’elle, à savoir un mariage et des grossesses précoces et rapprochées. « Je lui conseille toujours de poursuivre ses études et de ne pas se marier tôt », insiste Aby Sow.

Maguette Ngom, malgré son jeune âge (20 ans), avec déjà 5 enfants, est dans le lot des grandes multipares. « Confrontée à des grossesses très rapprochées, je suis venue dans ce poste de santé pour qu’on m’offre des produits contraceptifs. D’autant que je rencontre d’énormes difficultés pendant la grossesse. C’est pourquoi mon mari et ma belle-mère estiment, aujourd’hui, que je dois me reposer avant d’avoir d’autres enfants », explique Maguette qui était très réticente à l’idée d’adopter une méthode contraceptive. Cela, eu égard aux rumeurs. « J’avais peur des effets secondaires dont font part certaines femmes. C’est pourquoi, même si on me parle depuis longtemps de la planification familiale, j’ai toujours refusé. Mais maintenant, je suis consciente des difficultés que je rencontre et qui me poussent à vouloir espacer mes grossesses », avance-t-elle.

Combattre les rumeurs
A juste titre, Sassi Diop Diouf, point focal (Pf) du district sanitaire de Bambey, estime que les rumeurs font partie des obstacles majeurs à la pratique contraceptive dans le département de Bambey. « Si on rencontre d’énormes difficultés par rapport à la planification familiale, c’est notamment à cause des rumeurs », croit-elle. Elle appelle ainsi à mieux prendre en charge la gestion des rumeurs sur la pratique contraceptive. Dans ce cadre, Sassi invite les « Badianou Gokh » (marraines de quartier) à s’impliquer davantage dans la sensibilisation en les aidant à mieux communiquer avec les populations.

Dans le même sillage, souligne Salimata Cissé, directrice marketing de Marie Stopes international (Msi), parmi les défis à relever pour améliorer la qualité de l’offre figurent le manque d’informations et les fausses rumeurs. D’où l’intérêt, selon elle, de « recycler les « Badianou Gokh » et les pairs éducateurs ». Aussi plaide-t-elle pour que les données soient collectées de façon régulière et qu’il y ait une meilleure planification et supervision des activités au niveau du district sanitaire de Bambey que Msi appuie, avec son équipe mobile, afin de permettre aux femmes un meilleur accès aux services de planification familiale. Cela, en proposant toute la gamme des produits contraceptifs, même au niveau communautaire.

Par Maïmouna GUEYE

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