Shigeru Omori, ambassadeur du Japon au Sénégal : « La visite du président Macky Sall renforcera notre coopération déjà dynamique »

11 Déc 2017
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L’ambassadeur du Japon au Sénégal, Son Excellence Shigeru Omori, s’est prononcé sur la coopération entre les deux parties à la veille de la visite du chef de l’Etat sénégalais dans son pays. Une coopération qu’il trouve déjà « très dynamique » et qui devrait être renforcée au terme de cette visite. Il revient en chiffres et en détails sur d’importants aspects de cette coopération dans l’entretien qu’il nous a accordé.

Excellence, nous sommes à la veille d’une visite du président de la République du Sénégal, Macky Sall, au Japon. Pouvez-vous revenir sur l’importance de cette visite dans les relations entre les deux pays ?
Son Excellence Monsieur le président Macky Sall a déjà effectué une première visite au Japon, en 2013, pour participer à la 5ème Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad V). La visite de cette année est encore plus importante, puisqu’elle est la première visite bilatérale du président au Japon et devra marquer sa participation au Forum sur la Couverture sanitaire universelle (Csu). La visite bilatérale du chef de l’Etat est le témoignage de la plus haute distinction dans le protocole diplomatique. Le Japon souhaite renforcer ses relations bilatérales, qui sont déjà excellentes, avec le Sénégal. Le président Macky Sall et le Premier ministre du Japon, M. Shinzo Abe, auront un entretien. Le Premier ministre offrira également un dîner en l’honneur de son hôte.

La coopération entre les deux pays est diversifiée. Pensez-vous que cette visite puisse la booster davantage ?
Nous sommes persuadés que cette visite renforcera davantage cette coopération qui est non seulement variée, mais très dynamique. Nous sommes présents dans divers domaines, en parfaite réponse aux attentes des autorités sénégalaises. Des infrastructures à la santé, en passant par l’éducation et le renforcement des capacités des ressources humaines, nous poursuivons effectivement une bonne coopération avec le Sénégal.

Pourriez-vous être plus explicite sur cette coopération ?
Pour citer quelques projets de coopération japonaise au Sénégal, nous pouvons noter le Projet de réhabilitation du Môle 3 du port de Dakar d’un montant de 3 milliards 971 millions de yen, soit environ 19 milliards 855 millions de FCfa, le Projet de dessalement de l’eau de mer aux Mamelles d’un montant de 27 milliards 463 millions de yen, soit environ 137 milliards 315 millions de FCfa. En plus, le Japon fournit diverses aides dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche, de la santé, du développement urbain et sanitaire... Dans le volet de la coopération technique, le Japon envoie des experts et conseillers de divers secteurs pour accompagner les efforts du Sénégal dans la réalisation de sa politique de développement. Certains sont déjà sur place et nous prévoyons l’arrivée d’autres dans les années à venir.

Notre pays accueille également des stagiaires et des fonctionnaires sénégalais dans le cadre des programmes de formation. Nous avons aussi un programme spécifique appelé « Initiative Abe - African business education » - dans le cadre duquel le Japon reçoit des jeunes africains pour des études de 2 ans en vue d’obtenir un Master’s degree et d’effectuer un stage dans des entreprises japonaises. Nous voulons bien que cette visite booste davantage la coopération entre nos deux pays qui est déjà très dynamique.

Il faut aussi rappeler que la coopération japonaise en faveur de l’Afrique se base sur deux principes fondamentaux que sont l’appropriation par les pays africains de leur développement (Ownership) et le partenariat du Japon pour accompagner leurs efforts dans ce sens (Partnership). Ce partenariat se traduit par des réponses aux demandes faites par chaque pays africain dans des dossiers de requête spécifiques aux besoins de chacun.

Ces deux éléments de base ont dégagé des résultats des différentes éditions de la Ticad, dans le cadre de laquelle le développement des pays africains repose sur trois piliers : la promotion de la transformation économique structurelle par la diversification économique et l’industrialisation, notamment par la création d’infrastructures de qualité et le développement des ressources humaines ; la promotion de systèmes de santé résilients pour la qualité de vie par le renforcement des systèmes de santé, en réponse aux crises de santé publique, et plus spécialement l’adhésion à la Couverture sanitaire universelle (Csu) ; et la promotion de la stabilité sociale pour une prospérité partagée, notamment par la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Que faites-vous spécifiquement dans le cadre de la transformation économique qui est une de vos priorités ?
Dans ce cadre, le Japon apporte une contribution importante pour le développement du Sénégal et a décidé d’envoyer au Sénégal, au mois de janvier 2018, une forte délégation composée de nombreux hauts responsables de diverses entreprises japonaises pour tenir une conférence sur les infrastructures de qualité. Le Japon possède une très grande expertise dans ce secteur. Expertise fondée sur notre expérience grâce à un environnement sous forme d’archipels connaissant beaucoup de désastres naturels. Ce qui nous a menés à développer nos infrastructures résilientes.

La santé sera au centre des questions à aborder lors de la visite du président sénégalais avec l’initiative qu’est la Couverture sanitaire universelle (Csu). Quel est le modèle japonais dans ce domaine ?
Nous essayons, effectivement, de faire la promotion de systèmes de santé résilients pour la qualité de vie par le renforcement des systèmes de santé, en réponse aux crises de santé publique, et plus spécialement l’adhésion à la Couverture sanitaire universelle (Csu). Dans l’exécution de ce pilier au Sénégal, le Japon aide le gouvernement à réaliser la Csu par le biais d’un prêt d’un montant de 8 milliards 440 millions de yen, soit environ 42 milliards 200 millions de FCfa. Le but de ce prêt est d’aider les autorités sénégalaises à réaliser la Csu dans leur pays. Pour la réussite de la Csu au Sénégal, le Japon envoie aussi des experts et des équipements médicaux nécessaires. Le Sénégal figure parmi les pays modèles pour promouvoir la Csu.

Nous développons aussi d’autres axes dans la coopération sanitaire. Et pour citer quelques réalisations japonaises dans le domaine de la santé, nous pouvons rappeler le Projet de renforcement des soins de santé maternelle et néonatale (Pressmn), qui vise à former des infirmiers et sages-femmes pour permettre l’accouchement humanisé, ou encore le Projet d’appui au renforcement du système de santé (Parss) visant à améliorer l’efficacité de l’administration médicale. Une autre réalisation est le projet de lutte contre le virus Ebola à travers la fourniture d’équipements nécessaires comme des lits, des produits antiseptiques au Centre de santé désigné pour le traitement de la maladie, à savoir le Centre hospitalier de Fann. Le Japon a également fourni des équipements destinés à renforcer la surveillance.

Le Forum sur la Couverture sanitaire universelle, auquel prendra part le président sénégalais, est co-organisé par le gouvernement du Japon, l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), la Banque mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (Oms), l’Unicef, et l’Uhc 2030. Le but est de passer en revue les résultats de la Csu au niveau national, régional et mondial, et d’échanger des expériences et leçons concernant le progrès de la Csu dans chaque pays.

La présence japonaise au Forum de Dakar sur la paix et la sécurité se fait remarquer. Qu’est-ce qui l’explique ?
Le Japon participe au Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité de l’Afrique par un concours financier mais aussi par une présence de responsables. Le Japon apporte, et cela depuis la première édition, une contribution financière régulière au Forum. Pour la récente et 4ème édition de ladite rencontre, le Japon a financé à hauteur de 100 millions de yen, soit environ 500 millions de FCfa, la plus grande contribution, et dépêché un ministre délégué du ministère des Affaires étrangères. Donc, malgré la distance géographique, le Japon s’engage pour la paix et la sécurité de l’Afrique.

Propos recueillis par Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

Last modified on lundi, 11 décembre 2017 09:58
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