Aïda et Marc, un couple mixte uni dans la diversité

02 Fév 2018
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Aïda est Sénégalaise alors que Marc est Français. Ils sont ensemble depuis 7 ans, après une rencontre dans un restaurant des Almadies. Leur histoire est loin d’être un conte de fées, mais ce couple mixte atypique avance la tête haute non sans fierté.

« Ça dégouline d’amour, c’est beau », mais cette fois-ci, c’est supportable. Ce n’est certainement pas que pour le plaisir de danser à contretemps des refrains répétitifs de la chanteuse Anaïs.

L’histoire d’amour du couple mixte entre Aïda Diouf Liance, Sénégalaise, et Marc Liance, Français, a quelque chose de saisissant. « Des défauts ? Mais ma femme n’en a pas. Elle est parfaite », sourit Marc. Quand Aïda en trouve un à peine pour son homme : « Marc est un très grand râleur. Il rabâche sur l’insalubrité de Dakar, le manque de civisme des gens dans la rue, les embouteillages de Dakar ». Pourtant, ce chef d’entreprise est installé au Sénégal depuis fin 2004. « La situation chaotique de la Côte d’Ivoire où j’étais installé depuis 1999 ne me permettait plus d’y rester, renseigne-t-il. Cela ne fait pas plaisir quand on est recherché par des personnes armées de coupe-coupe ».

Ne pas s’habituer aux embouteillages dakarois n’est pas symbolique du caractère de Marc Liance. L’homme de 58 ans, qui ne fait pas son âge « grâce à la pratique du tennis », n’est pas du genre compliqué. « Il ne fait pas le difficile en nourriture, par exemple. Il mange tous les plats sénégalais et son fromage qui pue », plaisante Aïda. Leur union est « plus forte que les différences culturelles » entre le Titi parisien et la dakaroise pure souche, fille adoptive de Charles Antoine Ndiaye, musicien de l’Orchestra Baobab, le second époux de sa mère. A 35 ans, Aïda garde en elle le caractère touchant des gens timides mais qu’il ne faut pas trop embêter, alors que Marc a l’exubérance, l’empathie et le sens de l’écoute qu’on retrouve parfois dans une brasserie de la Place de Clichy à la sortie des bureaux. Mais l’enfermer dans un certain parisianisme ne serait pas juste. « Même si je viens de Paris, ma mère est métisse martiniquaise, j’ai beaucoup voyagé. Mon père travaillait dans les chemins de fer », rappelle Marc pour mieux s’inscrire dans l’ouverture à l’autre.

Transcender les différences
Si le couple reconnaît volontiers des aspects similaires dans leurs deux cultures, Marc admet l’existence de problèmes : « Les couples mixtes sont souvent confrontés au racisme. A la longue, cela ne nous atteint plus trop. Heureusement qu’il y a des gens qui nous aiment », se console le Français dans un sourire.

Mais il leur a fallu du temps pour conquérir les cœurs. « Il y a des gens qui ne conçoivent pas bien notre couple, assure Aïda. Quand je disais « bonjour », à notre arrivée au quartier Hann Marinas, ça pouvait mal se passer. Mais maintenant, on y est bien intégré avec de bons rapport avec le voisinage ». Aïda et Marc ont opté de vivre à Dakar qui est « ouvert sur le monde », « stable », avec « des infrastructures de bonne qualité notamment au niveau d’Internet et des communications téléphoniques », énumère Marc qui est également consultant ferroviaire dont certains clients sont établis à l’étranger. « On préfère également le Sénégal pour la qualité de vie. Il y a une notion de services. Par exemple, au supermarché, on est aidé pour faire les courses. Alors qu’en Europe, il y a une solitude absolue sur tout ».

En matière de religion, Aïda est musulmane, Marc « croit en Dieu » mais le couple préconise la tolérance religieuse des deux côtés. « J’espère que le rôle des Mourides, des Tidianes et de l’Eglise va continuer au Sénégal.

Ce sont des garants de la tolérance religieuse sénégalaise ». Les couples mixtes ne sont pas un îlot dans le grand océan de nos sociétés où le taux de divorce augmente. « Dans notre entourage, il y a d’autres couples mixtes, précise Aïda. Cela se passe bien dans l’ensemble mais les problèmes font partie de la vie.

Ma sœur ainée est mariée à un Français. Ce n’était pas du tout mon rêve de jeune fille ». C’était avant de rencontrer Marc qui voit en la visite de Macron une bonne chose car « il doit y avoir des accords de coopération entre le Sénégal et la France dans le domaine ferroviaire et la sécurité ». Ce qui laisse Aïda sans réaction. « Je ne m’intéresse que très peu à la politique », murmure-t-elle en baissant le regard.

M. DIOP

Last modified on vendredi, 02 février 2018 00:08
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