Une nouvelle géopolitique mondiale source de transformations

02 Fév 2018
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Docteur Momar Mbaye,  Historien en France Docteur Momar Mbaye, Historien en France

Malgré la politique de « sénégalisation » initiée par Senghor dans les années 70, le Sénégal, avec la persistance de la guerre froide et le sous-développement du pays aidant, ne dispose pas encore de suffisamment de force et de ressources pour se passer sérieusement d’un partenaire si longtemps installé. Raison pour laquelle la patrie des droits de l’homme occupe encore, à travers ses entreprises, ses banques ou encore ses coopérants, une place de choix au pays de la Téranga.

Mais ce cadre va être bousculé à la faveur de trois facteurs essentiels. C’est la fin de la guerre froide, l’essor de la mondialisation et l’avènement de l’alternance à la tête de l’État sénégalais. Le premier mit fin au « mandat » que les États-Unis, tête de pont du bloc occidental, avaient quelque peu confié à la France en terre africaine. Le deuxième qui, à bien des égards, découle du précédent ouvrit le marché sénégalais à des nations qui s’y étaient jusqu’alors fort peu aventurées.

Et enfin le dernier point à savoir le changement de majorité, en consacrant la victoire de l’opposant historique, est évidemment de nature à questionner la place de « l’éternel protecteur ». Ces trois points réunis expliquent-ils la décision d’Abdoulaye Wade en 2003 d’expulser les ressortissants français irréguliers au Sénégal. Pour spectaculaire qu’elle soit, cette décision n’en avait pas moins une portée symbolique.

Mais celle prise en 2007, qui attribua la gestion du port de Dakar à Dubaï au détriment du groupe Bolloré constitue pour le coup une vraie rupture au vu de l’importance historique de cette entreprise en Afrique francophone.

D’ailleurs, ce souci du pouvoir sénégalais de s’ouvrir à de nouveaux partenaires illustre également la volonté du pays d’embrasser, au même titre que d’autres, le vent de la mondialisation.

L’arrivée massive des Chinois, des Turcs, des Indiens, des Américains sans oublier les Marocains oblige donc Paris à s’activer pour ne pas perdre davantage de terrain en terre africaine en général et au pays de la Téranga en particulier.

La visite du chef de l’État français en terre sénégalaise a également pour entre autres objets de retrouver le lustre d’antan ou au moins de disposer d’une influence majeure. Car même si avec le président Macky Sall, des signes positifs sont entrevus à l’égard de Paris, il n’a pas retiré la gestion totale du port de Dakar à l’entreprise moyen-orientale en dépit des tentatives de Vincent Bolloré de retrouver son privilège perdu.

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