Les « Lionceaux » U20 s’envolent cet après-midi pour la Zambie où ils disputeront la phase finale de la coupe d’Afrique des nations de leur catégorie. Hier, ils ont été reçus par le ministre des Sports, Matar Bâ, qui leur a remis le drapeau national au nom du chef de l’Etat, avec des conseils pour les guider sur le chemin de la recherche du premier titre majeur continental de leur jeune génération.

« Au sortir de la Can "Gabon 2017" et au regard du parcours prometteur et encourageant des "Lions" d’Aliou Cissé, les juniors de la sélection U20 de Joseph Koto ont l’impérieux devoir de faire plus. C’est un devoir incontournable. C’est aussi un viatique que le peuple sénégalais a confié à cette équipe engagée dans la phase finale de la coupe d’Afrique des nations de la catégorie qui va débuter en Zambie ». Le ministre des Sports, Matar Bâ, en remettant le drapeau national au capitaine des U20, Mamadou Diarra, a été on ne peut plus explicite. Les sacrifices consentis par cette équipe doivent être récompensés. « La finale de la Can à Dakar, la demi-finale de la coupe du monde, la victoire finale au tournoi de l’Uemoa et celle du tournoi du Qatar sont des motifs de fierté qui doivent vous pousser à aller plus loin. Vous avez fait face à de grandes nations de football dans votre cursus et tout le peuple sénégalais sera à vos côtés dans cette compétition. Vous êtes des ambassadeurs du Sénégal, défendez avec humilité et sportivité le drapeau national », a dit le ministre des Sports qui s’est félicité du travail remarquable de la fédération et de l’engagement et du professionnalisme de Joseph Koto auprès de la petite catégorie. A son avis, il n’y a pas de recette-miracle, seul le travail paie et les U20 ont l’obligation d’aller vers une conquête encore plus grande. Le président El hadj Malick Sy Souris a, lui, surtout conseillé les juniors d’être toujours solidaires tout en sachant qu’une compétition se gagne avec un collectif. « Dans cette compétition que vous allez engager, tout le peuple sénégalais sera derrière vous car nous savons que vous êtes sur la bonne voie avec un coach qui a appris à bonne école », a-t-il dit. Le président de la Ligue professionnelle, Saër Seck, s’est quant à lui réjoui des excellentes conditions dans lesquelles l’Etat du Sénégal a mis toutes les sélections nationales engagées dans les compétitions internationales. C’est pourquoi il a demandé à Joseph Koto et ses boys d’être de dignes ambassadeurs du Sénégal en restant humbles, modestes et sportifs. « Mais il faut viser plus haut car la présence de Souris, Koto et Séga Sakho est un symbole pour la jeune génération que vous incarnez », leur a-t-il lancé.

Ils ont dit… Ils ont dit…Joseph koto, coach des U20 : « Nous sommes conscients de ce qui nous attend »
« La remise du drapeau, c’est quelque chose d’extraordinaire. On ressent une grande émotion, une grande fierté. C’est une grande responsabilité devant la nation sénégalaise. Le ministre nous a bien parlé, nous a motivés. En plus de cela, il y a le président El hadj Malick Sy Souris, qui est une figure emblématique du football sénégalais pour avoir occupé plusieurs fois la présidence de la fédération avec son passé d’ancienne gloire du football. Donc quand il parle aux joueurs, il sait ce qu’il dit. Le président Saër Seck également nous a beaucoup motivés dans son discours. En somme, on ne peut que se réjouir de cette cérémonie et je pense que les jeunes prendront conscience de tout cela au moment où ils vont entrer dans le terrain. Ils penseront également au peuple sénégalais qui a besoin de les voir aller de l’avant. Ils sont capables de le faire, parce qu’ils nous l’ont prouvé plusieurs fois dans des compétitions majeures. Nous sommes donc conscients de ce qui nous attend, mais nous ne dormirons pas sur ce que nous avons réalisé jusqu’ici. Toutes les équipes qui participent à une compétition veulent la gagner. Il faut savoir cela quand on est footballeur. Nos joueurs ont besoin d’être motivés davantage pour avoir enfin un titre. Et on souhaite que cette Can en Zambie soit la bonne ».

Mamadou Diarra, capitaine des U20 : « nous savons que le peuple compte sur nous »
« Nous sommes prêts à débuter cette compétition et les joueurs savent ce qui les attend. Comme l’a dit le ministre, nous ne devons pas faire moins que ce que nous avons fait jusqu’ici. Nous sommes une famille et nous écoutons les conseils de notre coach. Maintenant, le travail va reprendre et nous voulons réussir quelque chose dans cette Can. En recevant le drapeau national des mains du ministre des Sports, nous avons ressenti un sentiment de fierté, mais également nous avons compris que le peuple sénégalais compte sur nous. Notre objectif sera de faire mieux que ceux qui nous ont précédés dans cette compétition. Nous avons un bon groupe qui a envie d’aller loin et pourquoi pas de remporter le trophée continental ».

C. F. KEITA

On les disait en danger à Conakry pour la manche retour du tour préliminaire de la Ligue africaine des champions. Cela s’est confirmé. Incapables de s’imposer à l’aller à Dakar, une semaine plus tôt (nul vierge), les Insulaires ont été battus hier par le Horoya Ac de Guinée (2 – 1).

Avec l’élimination, la veille, de Niary Tally par Apejes de Mfou du Cameroun à ce même stade de la coupe de la Confédération, c’est le Sénégal qui disparaît des compétitions continentales des clubs dès le premier tour. Comme d’habitude, est-on tenté de dire.

En match comptant pour le tour préliminaire de la Coupe de la Confédération africaine de Football (CAF) disputé samedi au stade Demba Diop, le Ngb Niari Tally a battu l’Apejes Fa de Mfou du Cameroun par 2 à 1. Mi-temps : 0-0. Buts : 0-0. Avertissements : Janvier Ciny et Vitalio Yuninsi pour Apejes. Arbitre : Abderrahmane Kelly assisté par El Hassane Dia et Cheikh Mamadou Pène, tous de la Mauritanie.

Les équipes : Niary Tally : Pape Seydou Ndiaye (Cap), Abdou Chafy Sow, Alioune Badara Gueye, Alfred Bienvenu Ba, Sidath Ndiaye puis El Hadj Abdoulaye Diop (46ème mn), Pape Fara Gaye, Wellé I. Ndiaye puis Assane Touré (72ème mn), Amadou Erasme Badiane, Talla Mbaye puis Abdoulaye Aïdara Mankabo (46ème mn), Oumar Goudiaby, Madi Fatty. Entraîneur : Demba Mbaye.

Apejes Fa de Mfou : Janvier Cyni, Franck Fomeyem Sob, Simon Tjeck Migne puis Francis Tombi Alemi (46ème mn) puis Silo Meyboumbou (90ème mn), Franck Kouamejo, Cyrille Ngando Eheck, Léonard Acha Acha, Armel Sime, Vitalio Yuninsi, Jacques Olih (Cap), Emmanuel Kofana, Nelson Moukeu puis Tamukong Nkwahkong (67ème mn). Entraîneur : Hugues Biloa.

Niari Tally a appris à ses dépens qu’un match de football se perd ou se gagne sur des détails et qu’il faut faire preuve de réalisme pour s’en sortir. Alors qu’elle avait en face d’elle une équipe largement à sa portée samedi, le club vainqueur de la Coupe du Sénégal a raté une occasion de replacer le pays parmi les pays qui comptent dans les compétitions africaines de clubs. Un pénalty raté à la 62ème minute par Abdou Chafy Sow alors qu’il avait le but pour faire douter l’adversaire a eu le don de doper ce dernier. Car la formation camerounaise a laissé passer l’orage pour inscrire le but qui le qualifie, quatre minutes plus tard. A la conclusion d’une contre-attaque de sa formation, Léonard Acha Acha bat Pape Seydou Ndiaye qui était jusque-là tranquille dans sa cage (0-1, 66ème mn). Un but qui a fait réagir les locaux qui se retrouvent ainsi dans une situation inconfortable, obligés de marquer trois buts sans en prendre à nouveau. Une tâche à laquelle les protégés de Demba Mbaye se sont évertués mais avec quelques maladresses. Car ils pêchent dans la plupart du temps, dans le dernier geste avant l’ouverture du score camerounaise. Avec une action vendangée dès la 4ème minute. Il a fallu attendre la 40ème minute pour voir l’autre occasion des locaux : un centre en mouvement de Talla Mbaye repris de la tête par Amadou Erasme Badiane atterrit sur le poteau de Janvier Cyni, le portier camerounais.

A la reprise, les offensives locales se poursuivent avec à la 51ème minute une tête de Madi Fatty qui passe au dessus. Erasme Badiane a également eu une occasion de scorer mais sa frappe mal ajustée a échoué au ras du poteau ; ce, avant le pénalty provoqué par El Hadj Abdoulaye Diop. La révolte a été sonnée cinq minutes après l’ouverture du score du l’Apejes par Wellé Ndiaye bien servi par Oumar Goudiaby (1-1, 71ème mn). Les Galactiques mettent un 2ème but à la 84ème minute par ce même Oumar Goudiaby qui a été l’un des hommes forts de la partie. Il serait entré dans l’histoire si son centre-tir avait trouvé le cadre dans les arrêts de jeu de la partie ; ce qui serait le but de la qualification. Mais ni lui, ni ses coéquipiers n’ont pas pu trouver la faille. Au grand regret du public mais aussi du coach qui voulaient bien voir Niari Tally vaincre le signe indien en se qualifiant enfin au tour suivant, en Coupe africaine.

Le mot des coaches - Demba Mbaye (Niari Tally) : « On n’a pas su chercher les ressources pour avoir la qualification »
« On a attendu d’être menés au score pour jouer. Dès la 1ère mi-temps, il fallait empêcher notre adversaire de sortir. On a un peu modifié notre système pour jouer extrêmement haut. Malheureusement, ce changement ne nous a pas permis d’être performants dans l’animation puis dans la remontée de balles. A la mi-temps, on s’en est aperçu et on a changé et immédiatement, on a commencé à se créer des occasions plus nettes. Et derrière, on n’a pas su gérer. On s’est créé beaucoup d’occasions et on pouvait gagner ce match de façon beaucoup plus conséquente mais on n’a pas su terminer nos actions. Et puis, on a eu de petits moments de déconcentration, des moments où notre repli est un peu moins performant et du coup, on encaisse des buts. L’adversaire a su profiter de cette situation et tant mieux pour eux. Je ne regrette rien même si je pense que c’est une rencontre où il y avait quelque chose à aller chercher. On n’a pas eu les ressources pour aller les chercher afin d’avoir la qualification. J’en prends acte et il faut qu’on revoie les images de ce match pour y voir les justifications de notre performance durant la première mi-temps ».

Hugues Biloa (Apejes) : « une qualification acquise au mental »
« On a axé notre match sur le plan mental. A l’aller déjà à Yaoundé, ce n’était pas facile face à une très bonne équipe de Niari Tally. C’est vrai que nous manquons des compétitions parce que notre championnat n’a pas encore démarré. En première mi-temps, on a joué pratiquement dans notre moitié de terrain et en seconde période, on s’est rendu compte qu’ils avaient baissé physiquement. Et on a essayé de réagir pour procéder par contres. Et n’eût été la maladresse de mes joueurs, nous aurions pu mener par 2 à 0 avant qu’ils ne marquent. C’est un match anecdotique parce qu’ils pouvaient marquer un troisième but mais un beau match à la fin. Et je crois que c’est mentalement que nous l’avons gagné.

Nous avons vu que l’adversaire a laissé des plumes dans les efforts fournis dans les 25 premières minutes. Et nous avons dit dans les vestiaires qu’il fallait jouer un peu comme l’adversaire n’y arrivait plus.

On s’est donc créé beaucoup d’occasions parce qu’on s’est rendu compte qu’ils ont baissé. Ils nous donnaient des largesses, du temps, de l’espace et on gagnait des duels.
Cela nous a permis de mettre le but qu’il fallait ».

Ousseynou POUYE

En match comptant pour la 11ème journée de Ligue 1 disputé dimanche à Demba Diop, l’As Douanes et Teungueth Fc ont fait match nul 1-1. Mi-temps : 1-0. Buts : Daouda Ndiaye Gueye (4ème mn) pour la Douane et Aboubakrine Sall (83ème mn) pour Tfc. Avertissements : Abdou Karim Sané pour l’As Douanes ; Auguste Malo, Salim Mamadou Ndao pour Teungueth Fc ; Expulsion : Ousmane Kane (71ème mn) pour l’As Douanes. Arbitre : Bassirou Ndiaye assisté par Ibra Wone et Samba Mbaye, tous de la Cra de Dakar.

Les équipes As Douanes : Yacoub Ndiaye, El Hadj Youssoupha Konaté (Cap), El Hadj Moutarou Baldé, Nuha Barro, Khalifa Ababacar Sy Mbengue, Ousmane Kane, Mame Cheikh Samb puis Abdou Karim Sané (62ème mn), Moustapha Name puis Cheikh A. B. Sarr (74ème mn), Adama Tamba, Daouda Ndiaye Gueye, Ismaïla Fall puis Abdou D. Souaré (57ème mn). Entraîneur : Patrice M. Bodian.

Teungueth Fc : Mamadou Kane Diouf, Aboubakrine Sall (Cap), Boubacar Traoré, Pape Malick Kandji, Malikou Ndoye, Mamadou El Fadel Barry, Salim Mamadou Ndao, El Hadj Oumar Kame puis Théophile D. Preira (73ème mn), Clément M. Sène puis Auguste Malo (59ème mn), Alphousseyni Dramé puis Papy Babacar Thiandoum (42ème mn), Adeleye S. Gbenga. Entraîneur : Lamine Dieng.

Pour son retour en Ligue 1 après son limogeage de Niari Tally en cours de saison dernière, Lamine Dieng a arraché le point du match nul. En déplacement à Dakar avec le Teungueth Fc face à l’As Douanes, il a dû attendre les dix dernières minutes pour recoller au score, malgré la supériorité numérique de son équipe après l’expulsion à la 71ème minute d’Ousmane Kane. Les Gabelous avaient ouvert le score assez tôt (4ème mn) par Daouda Ndiaye Gueye. Ils auraient même pu corser l’addition si leurs attaquants s’étaient montrés plus réalistes devant les buts. Lamine Dieng a d’ailleurs reconnu que son équipe pouvait « prendre deux ou trois buts avant la pause ». Son vis-à-vis, Patrice Bodian, lui a souligné que la partie était « un match piège où nous avons marqué tôt » mais a regretté les « problèmes dans la finition ».

Pour cause, l’équipe visiteuse a profité de la pause pour se refaire. Et prendre le jeu à son compte avec plus ou moins de réussite. Le salut est venu à la 83ème minute avec l’égalisation signée le buteur et capitaine, Aboubakrine Sall. Bien servi par Théophile Preira entré en jeu dix minutes plus tôt, le meilleur buteur de Ligue 2 de la saison écoulée bat le portier des Gabelous, Yacoub Ndiaye. Une réalisation permet aux Rufisquois d’éviter une 5ème défaite en déplacement même si pour Lamine Dieng, « nous aurions pu gagner si les joueurs avaient fait preuve de lucidité pour mettre le deuxième but ».

En face, l’As Douanes n’a pas su soigner ses statistiques à domicile où elle compte désormais deux victoires, deux nuls et deux défaites.

Ousseynou POUYE

Le leader, Génération Foot, était bien averti. Son déplacement au stade Caroline Faye était annoncé périlleux. Et cela s’est bien vérifié hier, face à une équipe du Stade de Mbour en quête d’un déclic. Boostés par leur nouvel entraîneur, Youssouf Dabo, les Stadistes ont freiné, hier, les Académiciens de Deny Biram Ndao, au stade Caroline Faye. Un deuxième revers du leader qui pourrait être exploité par le Diaraf, à l’affût, mais aussi Diambars qui a réussi son déplacement à Amadou Barry. Les Académiciens de Saly ont brisé la dynamique de victoires des « Crabes » à domicile. En fait, le Gfc semble orphelin de son ex-coach, Youssouf Dabo, viré après la Can 2017, et qui est en train de relancer le Stade de Mbour. En dominant l’Uso à Ziguinchor, le Casa Sports est, par contre, resté fidèle à son réalisme à domicile. La Linguère s’est aussi relancée à domicile. Et c’est Mbour PC qui en a fait les frais. A noter que pour cause de compétitions africaines, les matches Us Gorée – Diaraf et Niary Tally – Ndiambour sont reportés à une date ultérieure.

Les résultats :
Gfc – Diambars : 0-1 ; Stade de Mbour – Génération Foot : 2-0 ; Casa Sports – Us Ouakam : 1-0, Douanes – Teungueth Fc : 1-1, Linguère – Mbour PC : 3-1

L'Argentin Marcelo Bielsa sera l'entraîneur de Lille à partir du "1er juillet prochain", a annoncé le club de Ligue 1 hier dans un communiqué publié sur son site officiel, une prise de choix pour le nouveau propriétaire Gérard Lopez. "Le club lillois et l'entraîneur argentin ont paraphé un accord portant sur une collaboration de deux ans et qui prendra effet le 1er juillet prochain", a écrit le Losc, qui venait de nommer mardi au poste d'entraîneur pour la saison en cours Franck Passi, l'ancien adjoint de Bielsa à Marseille. Joint au téléphone par l'Afp, Gérard Lopez a estimé que l'arrivée de Bielsa permettrait au Losc de "changer de dimension".

 

C’est sur un air de « Non, je ne regrette rien » qu’Aliou Cissé, le sélectionneur national des « Lions » du football, est revenu, dans une interview exclusive avec « Le Soleil », sur la Can « Gabon 2017 » où son équipe s’était arrêtée en quart de finale face au Cameroun (nul vierge et 4 – 5 aux tirs au but). Il a estimé avoir fait tout ce qu’il fallait et s’est surtout félicité du nouvel état d’esprit qui règne dans la Tanière. Si, pour lui, certains entraîneurs viennent pour durer, lui est là pour « faire un job ». Désormais, il a dans sa ligne de mire le Mondial 2018 en Russie et la Can 2019 au Cameroun où il faudra aller chercher le trophée. Entretien.

« Trois semaines après l’élimination du Sénégal en quart de finale de la Can 2017, quelle analyse en faites-vous avec le recul ?
Tout d’abord, je me sens plutôt bien et d’attaque. Après cette élimination donc, il fallait se projeter rapidement parce qu’il y a des échéances importantes qui nous attendent. Bien sûr qu’on est frustrés après cette élimination contre le Cameroun parce qu’on a beaucoup travaillé durant deux ans à mettre en place un groupe compétitif et une équipe compétitive en direction de cette Can. Si l’on avait plus de réussite, on aurait pu passer le cap des quarts de finale. Après ça a été la série des tirs au but qui, comme on le sait, est aléatoire. C’est de la loterie, on a manqué de chance à ce jeu et ce sont souvent les grands joueurs qui ratent les balles et ça a été le cas de Sadio Mané.

Donc vous mettez cela sur le compte du manque de chance ?
Non pas du tout. Ça ne peut pas être que le manque de chance. Je pense que sur ce match contre le Cameroun, on a eu plusieurs situations, plusieurs opportunités de marquer des buts. Je pense que si les joueurs étaient un peu plus adroits, s’ils avaient fait le bon choix, à mon avis, on aurait pu marquer au moins un but. Parce que le contenu n’a pas été mal, on est tombé face à une équipe du Cameroun qui n’a pas voulu du ballon, qui n’a pas voulu jouer et qui nous a laissé le ballon. Mais je pense que dans l’ensemble du match, on a quand même su bien utiliser ce ballon. On a pu les contourner plus de quinze fois sur le côté droit et plus de dix-sept fois sur le côté gauche et entrer pratiquement dix-neuf fois dans leur bloc. Cela veut dire que même si le bloc était très compact, on a su y entrer. On a manqué un peu plus de clairvoyance dans le jeu collectif et c’est ce qui a fait que le match est allé jusqu’aux prolongations. Puisque les Camerounais ne voulaient qu’une chose : c’est de nous amener dans la série des tirs au but. Et je les félicite car ils ont réussi à le faire.

Mais estimez-vous avoir utilisé toutes les armes pour ne pas aller à cette série de tirs au but ?
Tout à fait. Si je voulais vraiment jouer le nul pour aller aux tirs au but, quand Cheikhou Kouyaté est sorti, j’aurais pu mettre Cheikh Ndoye pour l’impact et garder un peu plus ce match nul-là. Mais j’ai fait entrer un joueur offensif, Pape Alioune Ndiaye. Cela veut dire qu’effectivement, on voulait vraiment gagner ce match-là et ne pas aller aux tirs au but. En réalité, je n’ai pas de regret sur la façon dont on a pu jouer ce match-là. Et je vous garantis que si c’était à refaire, je referai la même chose. Parce que c’est un match qu’on a joué comme on devait le jouer et la seule chose qui nous a manqué dans ce match-là, c’est ce but qui aurait pu, peut-être, décanter les choses et ouvrir un peu plus d’espaces qui allaient nous servir. L’entraîneur Hugo Broos l’a bien expliqué.

Il sait que sur ce match-là, on était meilleur qu’eux. Et si vous voyez la manière avec laquelle ils ont joué, ça veut dire que c’est une équipe qui avait amené la seule stratégie qui consistait à rester derrière et d’essayer de nous contrer.

Est-ce qu’à la place de Pape Alioune Ndiaye il n’aurait pas fallu mettre un attaquant de métier, comme Ismaïla Sarr, pour davantage peser sur la défense du Cameroun ?
Coach CisséLe jeune Ismaïla Sarr ou bien un autre, je crois que ce n’est pas le nombre d’attaquants ou de joueurs offensifs qu’on met qui vous donnera le résultat escompté dans un match. Les gens se trompent souvent sur le nombre d’attaquants. Ce n’est pas parce que vous avez mis cinq ou six attaquants que forcément vous allez gagner un match.

Un match de football, c’est un ensemble et surtout fait d’équilibre et de stabilité dans une équipe. Et si vous regardez bien ce match contre le Cameroun, on a quand même eu beaucoup joueurs à vocation offensive comme Mame Biram Diouf, Sadio Mané, Henri Saivet, Diao Keita Baldé. Vous voyez qu’il y avait trois ou quatre joueurs capables de régler le problème.

Je pense que dans un match de football, c’est quand même assez suffisant. Tant que des garçons comme Sadio Mané, Diao Baldé Keïta, faisaient leur travail, pour moi il n’y avait pas de péril en la demeure. Il fallait justement les laisser continuer leur match. Quand j’ai compris qu’il fallait changer Mame Biram, je l’ai fait en amenant Moussa Sow qui s’est, à son tour, créé des occasions. Comme je l’ai dit, sur certains coups, on aurait pu jouer un peu plus collectivement.

A propos du jeu, pendant toute la Can, on vous a entendu dire qu’il y avait des joueurs qui jouaient individuellement. En avez-vous parlé avec les joueurs en question ? Car c’est à vous de régler ce problème, non ?
Oui, ça a été fait. Vous savez, j’ai été dans l’anticipation. Pratiquement dans cette Can-là, tous les secteurs ont bien fonctionné. Les statistiques parlent d’elles-mêmes. Maintenant, il y a des garçons qui, à un moment donné, doivent comprendre qu’au-delà de leurs qualités intrinsèques, il leur faut être capables de jouer en équipe. Tous les jours, je m’attelle à le leur expliquer. C’est un travail à faire inlassablement, car c’est un secteur dans lequel nous devons progresser. Vous savez, depuis deux ans que j’ai pris cette équipe nationale, on a eu, à un moment donné, à mettre en place un groupe de joueurs capables de vivre ensemble ; des joueurs capables d’adhérer au discours que je leur tiens, d’accepter mes choix. On a mis pratiquement un an pour mettre en place ce groupe. Parce que j’estime que pour aller à une Can, il faut un groupe capable de vivre ensemble. C’est ce qu’on a essayé de faire. Maintenant, il y a, effectivement, cet aspect que vous avez soulevé et qui consiste à jouer ensemble, à comprendre que la seule chose qui doit compter c’est le collectif, l’équipe. La preuve, quand vous prenez les quatre demi-finalistes de cette Can, il n’y a dans aucune des équipes autant d’individualités que le Sénégal. Et pourtant, elles étaient en demi-finales. C’est donc collectivement que le Sénégal arrivera à faire quelque chose. Les qualités individuelles doivent être mises au service du collectif. Mais, comme je vous dis, c’est un processus et cela fait partie de mes chantiers. Mais je pense que ce ne sera pas le chantier le plus difficile d’Aliou Cissé. Je crois que ce sont des frustrations comme ça qui peuvent permettre à l’équipe de progresser.

Le discours ne peine-t-il pas à passer ?
Il va bien sûr falloir passer du discours à l’acte. Car pour constituer un groupe, il faut un état d’esprit et je l’ai mis en place pendant un an. Maintenant, nous allons nous pencher sur le secteur du jeu. Faire comprendre aux garçons que ce que nous voulons dans le jeu c’est ça : peu importe les qualités que vous avez si vous n’arrivez pas à jouer pour le collectif.

Durant cette Can, n’avez-vous pas été un peu trop prévisible ? C’est-à-dire on savait que le Sénégal allait jouer d’une certaine manière et il a toujours joué de cette manière-là. Est-ce que vous n’avez pas joué avec le même système quel que soit l’adversaire ?
Non, non l’équipe n’a pas toujours joué avec le même système. Contre la Tunisie on a joué en 4-3-3, contre le Zimbabwe on est passé à deux devant la défense centrale car l’adversaire jouait beaucoup dans la profondeur ; contre l’Algérie on est revenu encore au 4-3-3. Contre le Cameroun on est passé au 4-2-3-1. Donc ce sont ces deux systèmes-là qu’on a essayé d’utiliser. Aujourd’hui, on essaie de travailler sur une identité de jeu ; on ne peut pas se permettre de s’adapter toujours à ce que l’adversaire est en train de faire.

Ne fallait-il pas, à la sortie de Cheikh Mbengue, mettre une défense à trois et renforcer le milieu de terrain ou l’attaque ?
Si, ça aussi, ce sont des suppositions. Je suis en train de vous dire que tant que mon système marche, je ne change pas. Je ne vois pas l’intérêt de le changer. On a gagné des matches lors de cette Can, notamment contre la Tunisie et le Zimbabwe avec ce système.

Mais face au Cameroun, il y avait un bloc bas qui vous posait problème. Pourquoi n’avoir pas effectué des changements offensifs pour mettre plus de pression sur la défense adverse ?
Si vous regardez encore le match, vous verrez que la pression était bien là.
On a bien pressé l’équipe camerounaise. Durant toute la Can, on a joué un football dominant, un football de pression, un football de harcèlement, un football de possession pour aller de l’avant. Je pense que tout le monde l’a vu. Bien sûr que je peux changer un système, mais je n’y suis pas obligé. Je veux rester dans ce que je suis en train de faire. Ce n’est pas parce que Cheikh Mbengue s’est blessé que, forcément, je dois changer mon système. J’ai voulu faire du poste pour poste et j’ai mis tout simplement un arrière de métier pour continuer à rester sur ce qu’on était en train de faire. Bien sûr qu’un autre entraîneur aurait fait autre chose. Moi, le feeling que j’avais par rapport au match, c’est que nous tenions le bon bout. On a eu des opportunités, la seule chose qui nous a manqué, c’est le but. Si on avait ce but, les Camerounais allaient forcément sortir pour faire le jeu. Tant qu’on n’avait pas réussi à marquer ce but, ça devenait effectivement un peu plus compliqué. Ce n’est pas un problème de système. Je pense qu’on a un très bon système qui a fonctionné jusqu’ici, avec beaucoup de buts marqués et peu de buts encaissés. Les statistiques sont là, les résultats parlent d’eux-mêmes.
 
On a beaucoup épilogué sur l’absence d’Ismaïla Sarr qui aurait pu apporter plus de percussion sur le front de l’attaque lors de ce quart de finale…
Aliou Cissé SélectionneurMoi, j’entends beaucoup de débats sur Ismaïla Sarr. Je pense qu’il faut qu’on arrête un peu. C’est un jeune joueur qui va arriver, il n’y a pas de souci à ce niveau-là. Au moment où Cheikh Mbengue se blesse, il y a beaucoup de choses qui changent forcément. S’il n’était pas blessé, la solution était de sortir un milieu de terrain pour faire entrer Ismaïla Sarr. Mais c’est la blessure de Cheikh Mbengue qui a tout faussé. Cela fait partie du jeu. Il n’est pas dit que si Ismaïla Sarr était entré, on aurait gagné le match. 
 
On a eu à gagner des matches compliqués sans lui, donc le débat ne doit pas être axé simplement sur un seul joueur. Je l’ai toujours dit et je le répète, je ne suis pas là pour gérer des individualités. Je suis là pour gérer un collectif et c’est ce qui m’intéresse. Et je reste persuadé que pour que le Sénégal progresse, il faut qu’à un moment donné, on arrive à jouer plus collectivement. J’ai constitué un groupe où il y a beaucoup de possibilités. Donc on ne gère pas des cas personnels.
 
A propos de collectif, on vous sent attaché à certains joueurs, simplement peut-être que vous avez été avec eux aux JO de Londres 2012 et qu’ils ont brillé avec vous et que vous avez tenu à mettre dans le groupe. Est-ce qu’à l’avenir il y aura plus de mouvements dans le groupe de base ?
Ça aussi, je pense que c’est un débat qui revient un peu plus et que j’entends à gauche et à droite. Mais la seule chose que je veux vous dire, c’est que je suis droit dans mes choix. Aujourd’hui, effectivement, il y a eu un groupe qui a eu un passé avec moi depuis les JO de Londres. Vous savez, dans une équipe de football, c’est comme dans une famille. Parfois, vous pouvez mettre au monde des enfants, mais il y a toujours un d’entre eux pour lequel vous avez plus d’affinité, beaucoup plus d’affection. Quand je constitue un groupe, je sélectionne les 23 meilleurs Sénégalais du moment. C’est vrai que parmi ces 23 joueurs il y a des garçons avec qui j’aurais été dans la même chambre si j’étais footballeur.
 
Comme qui par exemple ?
Un garçon comme Koulibaly ou Kara, on a presque les mêmes similitudes. Mais au moment de mes choix, toutes ces considérations ne sont plus là. Mon rôle, c’est de convoquer 23 joueurs, les entraîner, les mettre dans de bonnes conditions pour qu’ils soient prêts. La seule chose qui va m’intéresser, c’est de mettre les meilleurs joueurs sur le terrain pour gagner un match. Et jusqu’à présent, j’estime que j’ai eu à mettre les meilleurs joueurs pour gagner nos matches. Maintenant, une équipe c’est un processus ; on a pu jouer pendant deux ans avec le même groupe. Bien sûr qu’à l’avenir, il y aura une évolution dans le groupe et dans l’équipe. Parce que l’équipe est en train de progresser de sortie en sortie. Et la concurrence va continuer avec. Mais je ne fais pas du tout de favoritisme. Les garçons le savent très bien.
 
Si c’était à refaire, vous referiez donc la même chose ?
Effectivement. Je ne changerais rien du tout dans ma façon de faire. J’emmènerais la même sélection, je mettrais la même composition d’équipe. Parce que quoique l’on puisse dire, le groupe, je le connais mieux que quiconque. Ce que je peux dire de ce groupe-là, c’est que j’en suis fier. Je suis fier de leur implication, de leur engagement, du travail qu’ils ont eu à faire pendant pratiquement un mois au Gabon. Et je peux même dire que je suis fier de ce qu’ils ont fait depuis deux ans.
 
De l’avis unanime, ce groupe aurait pu aller plus loin que les quarts de finale. N’y a-t-il, objectivement, pas un sentiment d’échec quelque part ?
Il y a de la frustration. Je l’ai dit et je le répète. Notre objectif, au-delà des quarts de finale, c’était de gagner la coupe. Qui veut gagner la coupe plus que nous, entraîneurs et joueurs ? Nous avons travaillé pendant deux ans pour justement aller là-bas et gagner le trophée. C’était ça notre objectif ! Mais aujourd’hui, il ne faut pas mettre tout de côté et dire que c’est un échec. Je ne crois pas que c’est un échec. Quand on partait à cette Can qui aurait misé sur nous ? Personne ! Beaucoup de gens pensaient qu’on y allait pour perdre et revenir rapidement. On est sorti quand même de notre poule avec sept points, on n’a pas perdu un seul match lors de cette Can.
 
Donc ça veut dire qu’un travail a été fait ; mais comme je l’ai dit, une équipe de football, c’est un processus. Il y a des joueurs, à un moment donné et pour qu’ils soient grands, ils doivent passer par des étapes. Gagner ne se décrète pas.
 
On veut gagner, nous voulons tous gagner. Mais ce sera avec le temps. Depuis deux ans, j’ai des garçons qui me suivent partout ; ils sacrifient leurs vacances, ils sont là. Quand je prenais cette équipe du Sénégal en mars 2015, il y a beaucoup de choses que les gens ne savent pas ou ne disent pas. A la fin de notre regroupement au Havre en mars 2015, je suis entré dans ma chambre avec mes collaborateurs. Je leur ai dit « comment on va faire pour y arriver » ? Parce que, aujourd’hui, je peux vous le dire, en fait, rien ne se passait. A partir de là, on s’est dit qu’il va falloir mettre en place un autre état d’esprit. C’est ce qui a changé fondamentalement dans cette équipe. La dernière fois, quand j’ai quitté le match contre le Zimbabwe, des journalistes sénégalais m’ont annoncé que des joueurs leur ont dit que ce qui a changé dans l’équipe, c’est l’état d’esprit. C’est ma plus grande réussite. Donc pendant un an, nous nous sommes battus pour mettre en place cet état d’esprit, un groupe façonné à notre méthode et dans notre façon d’entraîner. C’était cela le premier acte. Au-delà du jeu, il fallait mettre en place une équipe consciente, avec des joueurs qui avaient envie de suivre mon discours. Donc on a réussi cette étape. Quand on est arrivé à la Can, tout le monde était prêt et j’avais 23 joueurs potentiellement aptes à jouer. Et le 3e match contre l’Algérie, tout le monde l’a vu. Tous les 23 joueurs étaient prêts à jouer. Donc c’est cela le plus important. Maintenant, depuis la Can, nous sommes en train de nous atteler au jeu. On ne parle plus aujourd’hui d’état d’esprit. Maintenant, on parle football. C’est cela qui est intéressant car on a les joueurs qu’il faut pour cela.
 
Le président de la fédération a parlé d’ « ajustements nécessaires ». Dans l’encadrement technique, vous sentez-vous concernés ?
Cissé rédaction Le SoleilRéajuster, ça veut dire quoi ? Moi je suis désolé quand on me dit qu’Aliou Cissé se sent seul. Mais non ! Je ne me sens pas seul. Je suis entouré par des professionnels ; c’est l’occasion de rendre hommage à mon adjoint qui fait un travail exceptionnel, formidable. De même que tout le staff. Ce travail formidable, c’est tout un ensemble, staff technique, fédération, ministère. Il faut rendre hommage à Augustin Senghor de m’avoir faut confiance parce que, quand même, il fallait oser le faire et il l’a fait. Je pense qu’aujourd’hui, c’est tout un ensemble qui est en place pour réussir. Donc je ne me sens pas du tout seul dans ma mission. Aujourd’hui, je peux même dire qu’il n’y a pas en Afrique un staff technique meilleur que le nôtre au niveau du vécu et de l’expérience. Même sur le plan national, il y a des entraîneurs avec lesquels nous sommes toujours en discussions pour leurs conseils avisés.

Justement, avez-vous tenu compte des suggestions des superviseurs qui étaient à la Can pour superviser nos adversaires ?
Mais bien sûr, s’ils sont là-bas et que ce sont des superviseurs, c’est important donc de les écouter. Leurs conseils avisés nous ont permis de faire des montages. Mais aujourd’hui, il n’y a rien qui se cache. Mais ils sont là avec un autre œil, un recul et une fraîcheur ; donc c’est important de les écouter. Ils nous ont aidés à préparer nos matches. Je le dis et je le répète, sur les 16 équipes présentes à la Can, il n’y a pas un seul staff mieux outillé que le nôtre. Donc que les gens ne s’inquiètent pas, il y a un projet qui est en train de se mettre en place. Que les gens arrêtent de penser que je prends seul les décisions ; on est en concertation avec la fédération, avec nos adjoints et avec aussi certains entraîneurs sur le plan local afin de continuer à faire progresser cette équipe.
 
La prochaine étape ce sont les deux matches amicaux à venir contre le Nigeria et la Côte d’Ivoire. Quelle importance accordez-vous à ces matches-là ?
Pour moi, ce sont des matches qui doivent nous permettre d’évoluer. Nous sommes dans l’évolution pas dans la révolution ! Et ces deux matches-là nous permettront de revoir notre équipe, d’ouvrir le groupe et même peut-être de faire quelques changements. Donc ce sont des matches importants. Contre le Nigeria, ce sera un bon match, idem contre la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, le Sénégal n’est plus une petite équipe. Nous avons assez de qualités aux plans individuel et collectif. Moi je pense qu’aujourd’hui, le Sénégal ne doit avoir peur de personne. Nous sommes le Sénégal. Personne ne me fera croire que le Nigeria ou la Côte d’Ivoire nous sont actuellement supérieurs. Nous devons être capables de jouer tous les matches et partout en Afrique. Ce sont ces genres de matches-là qui nous feront progresser.
 
A propos de futur, on va parler de la prochaine Can. Le Sénégal est dans un groupe plus ou moins abordable. L’objectif, c’est forcément de se qualifier à « Cameroun 2019 » et d’y aller prendre le trophée que les Camerounais nous ont volé…
Nous espérons bien sûr aller au Cameroun et remporter le trophée. Mais avant de penser à 2019, je pense qu’il y a l’échéance importante de la coupe du monde. Ce qu’on a toujours fait, c’est attaquer les matches un à un. Et nous sommes prêts à continuer dans cette philosophie car tous les matches sont importants pour nous. Le Sénégal, aujourd’hui, ne doit plus rater de Can, et il doit être prêt à aller à la coupe du monde. Donc moi j’ai confiance en mes joueurs, en leurs qualités, au travail qu’on est en train d’abattre. Vous savez, sans les joueurs, rien ne peut se faire. Aujourd’hui, nous avons des joueurs qui adhèrent, qui ont envie d’aller de l’avant, qui pensent collectif et qui veulent travailler ensemble. J’ai espoir que l’avenir sera encore meilleur. Maintenant, comme vous dites, en 2019, nous devrons y aller et nous irons avec une grande motivation pour nous qualifier et pour briller au Cameroun.
 
Pour la coupe du monde, le Sénégal est 3e après deux matches. Deux matches importants se profilent à l’horizon contre le Burkina. Comment les appréhendez-vous ?
Il n’y a plus de match facile. Quand on est entraîneur de l’équipe nationale, on te demande de gagner. C’est tout. Gagner contre le Burkina, c’est primordial pour espérer aller à la coupe du monde. Les joueurs ont envie de disputer une coupe du monde comme leurs aînés l’avaient fait. Et pour cela, il faut gagner chez nous.
 
Et chez l’adversaire aussi ?
Oui, bien sûr. »

Propos recueillis par la rédaction sportive

Dans son roman « 1984 », Georges Orwell décrivait, de manière presque prémonitoire, la société du spectacle dans laquelle la surveillance deviendrait généralisée. Dans cette satire du système soviétique, le personnage de « Big brother », chef du « Parti » et de l’Etat d’Océania, est l’instigateur de cette surveillance. L’expression « Big brother » sera par la suite consacrée pour qualifier toutes les institutions ou pratiques qui, par la surveillance, porte atteinte aux libertés fondamentales et à la vie privée des populations et des individus. À cette surveillance verticale, celle des populations par les élites gouvernantes, marque de fabrique des sociétés liberticides, s’est ajoutée une surveillance horizontale, celle des citoyens entre eux, dont le dispositif semble en apparence beaucoup moins contraignant, moins violent, mais, en réalité, tout aussi dangereux et invasif, et surtout plus sournois. La différence avec « Big brother », c’est qu’aujourd’hui nous sommes tous autant de « Little brothers » qui nous surveillons les uns les autres. Ainsi, notre univers démocratique fonctionne, à bien des égards, comme celui décrit dans « 1984 ».

Le Sénégal, pris dans la vague d’un libéralisme planétaire, comme la plupart des pays, est en train d’expérimenter ces nouvelles formes de surveillance, en particulier dans un contexte où la reconnaissance publique et sociale repose de moins en moins sur la compétence et le talent. Les scandales qui éclatent, de manière récurrente, suffisent à nous le rappeler. C’est le cas notamment de cette danseuse en mal de popularité dont les photos nues ont circulé d’abord sur WhatsApp, puis sur Internet. D’autres cas ont défrayé la chronique, tels que l’histoire de ce lutteur célèbre dont les ébats filmés ont également circulé sur WhatsApp, puis Internet, ou encore celle de ce mannequin de la place qui vient de vivre la même mésaventure que notre sulfureuse danseuse. A n’en point douter, demain, ce sera un homme politique ou encore un chef religieux respecté qui feront les frais des dérives liées à ces dispositifs sociotechniques. C’est la nature même de ces dispositifs, en ce qu’ils annulent les frontières entre le privé et le public et projettent l’intime au-devant de la scène, qui poussent les individus à un voyeurisme dont le trait majeur repose sur la surveillance. Aussi, pour beaucoup, le premier rituel du matin consiste à guetter ce qui a été publié sur leur page Facebook et de surveiller ce qui est dit ou montré sur le profil des autres. En réalité, le mal est profond et l’on serait stupéfait de découvrir le nombre d’anonymes sénégalais dont la vie a été détruite par les dérives liées à l’usage que nous faisons des réseaux sociaux et des applications pour smartphone.

L’histoire effrayante de ce jeune adolescent américain, poussé au suicide parce que des camarades d’école avaient piraté la webcam de son ordinateur, et menaçaient de diffuser sur Internet des images le montrant en train de se masturber, devrait tous nous inquiéter, en particulier quand on est parent. Le puritanisme et la pudibonderie locale mis de côté, concédons qu’aujourd’hui ce drame aurait pu survenir dans la plupart de nos maisons. Nous avons cru que, pour prendre notre place au sein de la démocratie libérale, il fallait que nous soyons connectés, gage de l’idéal de transparence parfois érigé en idole. Or cet idéal de transparence qui devait constituer un gain de liberté est devenu un gain de contraintes et de dérives, en ce qu’il nous place sous le regard d’autrui et, par voie de conséquence, sous son jugement. L’existence de la plupart d’entre nous, notamment des jeunes, ne repose désormais, en partie, que sur la recherche d’une appréciation positive à travers un commentaire, un j’aime, un tag ou un pouce levé. Nous tombons, dès lors, dans la fabrique du consentement ou ce qu’Alexis De Tocqueville appelle la « Tyrannie de la majorité ».

Au-delà des effets pervers d’exposition de soi, d’intrusion dans l’intime, ces pratiques questionnent nos valeurs, car l’essentiel est non d’être, mais de paraître, quitte à s’inventer des indentés factices, cosmétiques. L’ironie est que de la domination que dénonçait Orwell, tous ces nouveaux dispositifs technologiques qui sont censés renforcer notre liberté, nous ont placés dans une nouvelle domination, une situation de servitude volontaire dans laquelle chaque individu est potentiellement victime et bourreau. Nos smartphones sont devenus autant de revolvers avec lesquels nous nous tenons les uns et les autres en joue, nous plaçant dans la situation d’être à la fois écoutants et écoutés à chaque instant. Aussi, à chaque fois qu’un nouveau scandale explose, il se produit un effet d’hypnose qui nous focalise sur les paroles et les images diffusées et non sur les moyens qui ont permis de les enregistrer. La transparence devient réversible, or un espace de liberté est un espace qui doit réfléchir sur sa liberté, sinon la liberté est vaincue par sa propre victoire et s’endort sur elle-même en devenant liberticide en abusant de ses procédures. Ces éléments sont importants pour la compréhension des limites de notre démocratie. Comment décrire le monde en 140 signes, pourtant nous n’y risquons tous les jours sur Twitter, souvent au risque de le caricaturer et d’être des procureurs en puissance.  

Il faut dire qu’au Sénégal certains médias, toujours plus friands de scandales et de faits divers, ont joué un rôle important dans la multiplication des dérives. Cela est d’autant plus dramatique qu’à l’ère de la post vérité et du « fake news », beaucoup de nos journalistes s’affranchissent des règles élémentaires de leur métier. Le « fact checking » n’est plus une préoccupation et la maxime de Trump, « Any wrong news is a fake news » « Toute mauvaise nouvelle (désagréable) est une fausse nouvelle », devient une norme, y compris chez nous.

S’il est vrai que la surveillance verticale de « Big brother » est effrayante, il faut convenir que la possibilité de rendre public, en une seconde, tout acte de l’autre est tout aussi effrayante. En réalité, il n’existe pas de bonnes ou de mauvaises technologies. Ce sont les usages que nous en faisons qui sont bons ou mauvais. Pourtant ces outils peuvent être de formidables leviers pour la connaissance et le développement. Malheureusement, la tendance des usages au Sénégal, comme dans de nombreux autres pays, n’est pas rassurante tant les abus sont fréquents.

La meilleure solution face à ces dérives reste l’éducation. Les programmes scolaires devraient comporter des modules consacrés à la formation aux médias sociaux. Les médias ont également un rôle crucial à jouer dans cette lutte, d’abord dans la mise à niveau des journalistes et une plus grande exigence envers eux, mais également dans la sensibilisation du grand public sur les dangers liés aux médias sociaux. Une autre solution est un retour à nos valeurs traditionnelles et religieuses, car toutes s’opposent à la diffamation, à l’insulte, à la méchanceté gratuite, au quolibet. La justice devrait également se saisir de ces questions en mettant en place un cadre juridique qui protège les citoyens face à ces dérives.

Par  Dr Papa Cheikh Saadbu Sakho
JIMBIRA

Directeur du département Communication du
Consortium pour
la recherche économique
et sociale (Cres)
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Lors de la 16ème édition du Forum du 1er emploi, organisé par le patriote Mbagnick Diop, les 02 et 03 février 2017, nous avons participé à un panel pour livrer une réflexion sur l’emploi des jeunes, réflexion menée depuis 2004. J’étais, à l’époque, le président de la Fédération des étudiants africains de France. Nous sommes allés à la rencontre de patrons français, du Medef, avec Mme Parisot, du ministre Pécresse et de nombreux acteurs de la question de l’emploi, en relation avec les diplômés africains. A mon retour au Sénégal, en 2010, nous avons continué à alimenter la question en tant qu’universitaire engagé pour apporter notre contribution à la construction nationale.

Le succès économique du Sénégal ne fait plus débat. Notre pays est cité en exemple par toutes les organisations internationales engagées dans le développement grâce aux actions incommensurables du Pudc, des projets phares du Pse et de l’efficacité des politiques sectorielles entreprises par le gouvernement du Sénégal depuis  2012. Nous rappelons, à cet effet, que le taux de croissance de 6,5 %  de 2016 est le meilleur que notre pays a obtenu depuis 2003.

En effet, nous souhaiterions contribuer à l’élan de croissance et de développement que vous avez suscité, surtout sur la question de l’emploi.
La méconnaissance des débouchés professionnels au Sénégal, faute de planification, l’impréparation préalable des étudiants pour des filières où l’employabilité n’est pas garantie, des qualifications souvent en décalage avec les pratiques et les besoins des structures professionnelles sénégalaises conduisent les étudiants dans des formations génériques et surtout totalement déconnectées des réalités sénégalaises.
Il n’est pas rare de retrouver des maîtrisards confirmés aux caisses de grandes surfaces. Nous avons notamment remarqué que les sociétés de sécurité et de surveillance des grandes surfaces regorgent de Sénégalais fortement diplômés. Il n’est pas rare non plus de retrouver, dans les espaces de socialisation de nos quartiers, des médecins, des ingénieurs et des chercheurs qui, faute d’embauche, boivent le thé à longueur de journée. Bref, de grandes formations pour de petits boulots, dans le meilleur des cas.

Toutes ces contingences débouchent sur un chômage, et c’est autant de compétences en développement perdues pour le Sénégal. Dans notre pays, plus de 100.000 diplômés arrivent, chaque année, sur le marché de l’emploi sénégalais. Selon le ministre de l’Emploi, sur 100 jeunes au Sénégal, environ 42 ne sont pas formés.

Même s’il est important de souligner que le président de la République a consentis des efforts titanesques pour lutter contre le chômage surtout des jeunes, il y a des progrès à accomplir dans ce domaine. Nous saluons la rationalisation des institutions qui traitent de l’emploi ainsi que les innovations institutionnelles réelles apportées par le gouvernement pour résoudre la question de l’emploi.
Dans tous les pays, l’emploi fait débat et attise de nombreuses interrogations légitimes. Parce que la performance d’une économie se mesure à sa capacité de créer des emplois durables.

Pour améliorer la politique de l’emploi au Sénégal, nous proposons, de notre côté, la mise en place d’un Observatoire national de l’emploi, de la formation et des métiers (Onefm), lequel aura comme missions :
1. Poser, en termes précis, les contours de la situation de formation dans notre pays, en relation avec les besoins de l’économie nationale. Par exemple, le Sénégal vient de découvrir du pétrole et du gaz, c’est le lieu de faire une estimation des formations et des métiers qui pourront permettre à l’Etat de tirer un profit réel par rapport a cette découverte.

2. Mobiliser les ressources professionnelles et scientifiques pour une meilleure animation de la question de l’emploi au Sénégal avec la production de rapport annuel de qualité pouvant aider le gouvernement dans la prise de décision (une cellule d’analyse économique).
3. Mettre en synergie les Chambres de commerce et d’industrie et l’Anpej dans un maillage institutionnel national pour accroitre l’efficacité du pilotage de la politique de l’emploi (mise en place d’antenne régionale). Cette étape est extrêmement importante dans la mesure où elle permettra de réduire sensiblement l’asymétrie informationnelle qui, très souvent, caractérise les marchés de l’emploi. Egalement, d’établir une cartographie des métiers par région.
4. Accompagner le remodelage de la carte universitaire et de la formation professionnelle (niveau zéro à niveau bac+8).
5. Accompagner la formalisation des activités du secteur informel, en vue de renforcer les mécanismes incitatifs.
6. Etre l’interface entre la diaspora sénégalaise et le marché de l’emploi national.

Des études ont aussi relevé que l’Afrique, en particulier le Sénégal, assiste à l’exode de sa matière grise tout en entretenant à grands frais des milliers d’experts internationaux ". Le phénomène de la fuite des cerveaux n’est pas nouveau. Dans les années 50, ce terme désignait le départ massif des scientifiques et ingénieurs britanniques vers les Etats-Unis. Depuis, il est réservé aux " migrations scientifiques " du Sud vers le Nord.

Les nouveaux pays industrialisés d’Asie ont mené une politique volontariste de réintégration systématique de leurs nationaux formés à l’étranger en reproduisant, sur place, les conditions de travail antérieures. Mais, cela a nécessité un effort financier considérable, rappelle Jean-Baptiste Meyer, chercheur français à l’Orstom. D’autant plus que le travail scientifique repose sur une étroite collaboration entre les chercheurs, la constitution d’un réseau de collègues, d’instruments et de documents qui souffrent de l’isolement. C’est pourquoi l’expérience conduite en Colombie, en 2004, présente un intérêt. Ce pays développe un réseau de chercheurs à l’extérieur qui a pour objectifs d’associer les intellectuels colombiens expatriés entre eux et avec le pays, pour qu’ils puissent contribuer, là où ils sont, au développement scientifique et technique de leur pays d’origine.

Le retour " physique " n’est pas considéré, dans ce cas, comme indispensable. L’important, souligne Jean-Baptiste Meyer, est " qu’ils soient connectés, qu’ils participent et souscrivent au travail collectif du réseau, même à distance ". Cela maintient le sentiment d’appartenance à un pays et permet d’articuler, moyens modernes de communication aidant, l’activité des chercheurs à l’étranger avec leurs pairs restés sur place. Il s’agit, en fait, de concilier, avec pragmatisme, les intérêts convergents des uns et des autres.
Notre pays doit se lancer dans la planification et la prospective de développement, soutenues par une approche intégrative de ces nouvelles compétences pourtant utiles pour la réussite du Plan Sénégal émergent (Pse).


Par  Souleymane
Astou DIAGNE

Docteur en Sciences
économiques, Université Paris XIII
Maître de conférences,
Université Alioune Diop
de Bambey
Membre du Bureau
politique du Parti
socialiste et du Réseau
des universitaires du Ps
Souleymane.diagne@
uadb.edu.sn

Une exquise recette aux saveurs du Ndiambour : des pigeons bien dodus, capturés dans les environs de Louga, farcis d’oignon, d’ail et de persil, mijotés dans une sauce à la tomate. Ce plat, appelé « soosi pitakh » (sauce aux pigeons), est délicieux. En accompagnement, une purée de pomme de terre. Vous vous lécherez les babines de plaisir lorsque vous aurez terminé de le déguster. Voilà un mets dont on se souviendra. Nous vous proposons le récit d’un vol plané de pigeons à Louga : des airs à nos assiettes.

Nous n’allons pas, ici, à Louga, nous limiter seulement à déguster des pigeons. D’abord, faut-il en savoir sur le mysticisme qui lui est rattaché dans la lutte sénégalaise. Pourquoi les lutteurs libèrent-ils un pigeon lors de leur combat ? En tout cas, c’est une pratique très courante chez nos « gladiateurs ». Nombreux sont les lutteurs qui entrent dans l’arène en tenant un pigeon entre les mains. Le volatile sera libéré avant l’entame du combat. Selon les connaisseurs, un pigeon remis en liberté prie pour son bienfaiteur et s’envole, emportant avec lui le mauvais sort que l’adversaire a jeté à son libérateur.

Après le volet mystique, consacrons-nous au côté loisirs avec le pigeon voyageur. Son introduction, dans notre pays, a commencé avec la colonisation. Les militaires de l’armée française seraient les premiers à l’amener à Dakar. Plus tard, des Sénégalais, intéressés, ont commencé à en importer. Le pigeon voyageur, cette race d'oiseau de l'espèce du pigeon biset (columba livia), est spécialement sélectionné pour effectuer des concours au sein d'associations colombophiles. Aujourd’hui, dans beaucoup de grandes villes de notre pays, l’on compte de nombreux éleveurs de pigeons voyageurs et de race. Mais, ils sont peu à connaitre le sport colombophile. Ils sélectionnent, pour la plupart, les pigeons pour leur beauté, la couleur, la taille, etc. Nous avons cherché, en vain, à rencontrer des membres d’une association colombophile à Dakar. Sans risque de nous tromper, l’on peut dire que les éleveurs sénégalais sont moins actifs que leurs amis européens, notamment belges et français, qui pratiquent fréquemment la colombophilie comme activité de loisirs. A côté de ceux-là qui, au Sénégal, s’intéressent aux pigeons voyageurs et de race pour les raisons déjà invoquées, il y a d’autres qui, à la différence des Sow de Louga dont ledit volatile est un business, s’adonnent à la chasse du pigeon pour améliorer leur quotidien ou, sur des zones amodiées, pour le simple plaisir. Bref, de la famille des colombidés, le pigeon est un oiseau sauvage ou domestique granivore.

Riche en fer
Il se nourrit ainsi exclusivement de grains et se distingue des autres oiseaux par son bec grêle, courbé et renflé, ses ailes courtes et son plumage abondant. Il existe plusieurs espèces de pigeon. Toutes se mangent et toutes ont un goût apprécié des connaisseurs. La viande de pigeon est une viande rouge, serrée et maigre. Riche  en fer, elle est conseillée aux convalescents et anémiques. Le peu de gras se trouve sur la peau et autour du croupion. Dans la cuisine lougatoise, voire sénégalaise, le pigeon n'a sans doute pas la place qu'il mérite. Quelques rares restaurants le proposent à leur clientèle. Aussi faut-il en être friand pour l’avoir dans son assiette à la maison. Partout, il gagne à être mieux reconnu pour être mieux apprécié !

Ce n'est certes pas une viande que l'on consomme tous les jours, mais le pigeon présente pourtant une valeur nutritionnelle intéressante qu'il convient de remettre en lumière. Trop rares sont les occasions, au Sénégal, d'avoir du pigeon dans son assiette. Et c'est bien dommage tant cet oiseau parvient à allier harmonieusement qualités gustatives et nutritionnelles. Que ce soit un pigeon sauvage ou bien d'élevage, adulte ou jeune (pigeonneau), le volatile présente, dans tous les cas, une viande maigre avec une chair très fine et pauvre en graisses.

C'est pourquoi il convient tout à fait à un régime hypocalorique, à l'inverse d'autres viandes rouges beaucoup plus "riches". Le principal atout du pigeon réside dans sa teneur en fer, de l'ordre de 20 mg pour 100 g.

Un plat de roi
C'est d'ailleurs une viande conseillée pour les personnes souffrant d'anémie, à savoir un manque de fer dans l'organisme. Riche également en protéines, potassium, phosphore ou vitamines B3 et B6, le pigeon a toutes les qualités pour prendre une place de choix dans notre alimentation. Sa chair moelleuse, en particulier celle du pigeonneau, ne nécessite pas une cuisson très longue. Il est, de fait, assez simple et agréable à cuisiner, et de nombreuses recettes mettent le pigeon en valeur. Plats en sauce, pigeons rôtis à la broche, à l'ail, etc., il se décline au gré des envies, des saisons et des créativités culinaires. Réconcilier l'art de la gastronomie et les bienfaits nutritionnels, voilà qui n'est pas donné à toutes les viandes. Rôti, grillé, farci, le volatile se prête à toutes les cuissons et accompagnements. Ni volaille ni gibier, il est d’une saveur exquise. Quiconque s'est assis à la table d'un connaisseur peut en témoigner : le pigeon est un mets de choix. Il est très recherché par un confrère lougatois pour sa chair unique, tendre et ferme, fine et corsée à la fois. Chez lui, le pigeon est un incontournable. Sa famille raffole de cette viande rouge et subtile qui se marie aussi bien avec les petits pois qu'avec, l'ail, les légumes ou les céréales. Son épouse sait le cuire rôti, grillé, farci, en ragoût, etc. Le pigeon est un symbole de la bonne cuisine de l’épouse de notre confrère lougatois. Selon elle, il y a plusieurs façons de cuisiner le pigeon. En tout cas, des pigeons bien dodus, capturés dans les environs de Louga, farcis d’oignon, d’ail et de persil, mijotés dans une sauce à la tomate, c'est un plat de roi !

Une affaire de famille : Les Sow, ces oiseliers de père en fils
Cheikh Sow, 66 ans, habite un quartier périphérique de la commune de Louga. C’est là, assis au milieu de ses petits-fils, qu’il nous reçoit pour parler de son business : la capture et la vente d’oiseaux, principalement des pigeons.

Un vendredi de début février, dans l’après midi. L’équipe de « Grand air » se rend dans la périphérie de Louga. Là où Cheikh Sow vit paisiblement avec sa famille. Sur place, on le trouve assis sur une chaise pliable et tenant un bébé. Tout autour de lui, une dizaine d’enfants. « Comme vous pouvez le constater, je me plais en compagnie de mes petits-fils », lance Cheikh Sow, en guise de bienvenue. L’homme qui a bâti sa réputation dans la vente d’oiseaux offre de bonnes dispositions pour échanger.

Le sujet le passionne. Cela se voit et se lit sur son visage. Normal. Cheikh Sow ne connait que ça : attraper des oiseaux pour les revendre. Il le fait depuis l’âge de 17 ans, sous l’œil protecteur de son père, Pathé Sow, aujourd’hui disparu. Agé de 66 ans, notre interlocuteur ne compte arrêter ce lucratif commerce. « Je ne suis pas capable de faire autre chose. C’est Dieu qui l’a voulu ainsi. Je l’accepte », convient le chef de famille. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé d’autres secteurs. Cheikh Sow a d’abord été paysan. Ensuite, il s’est lancé dans l’élevage de gallinacées, de moutons et de chèvres. Et, enfin, dans le petit commerce.

Faire fortune en vendant des oiseaux
De multiples centres d’intérêt qui se sont tous soldés par un échec. « Je ne m’y retrouvais pas. Il fallait que je change de métier. C’est ce que j’ai fait », souligne Cheikh qui dit avoir tout abandonné pour se consacrer à la vente d’oiseaux. Ce business, dit-il, a un avantage réel. Moins de travail, plus d’argent. Et comment faisait-il ? C’est simple. Cheikh avait un piège à oiseaux qu’il mettait autour des marigots, des rivières. Et le tour était joué. Il ne rentrait jamais les mains vides. « Il m’arrivait de revenir avec 150, 200 et même 300 oiseaux », se souvient Cheikh Sow. Une fois à la maison, les oiseaux pris sont cédés à un certain Demba Diallo. Et ce dernier, à son tour, prenait le train pour Dakar. Plus précisément à Thiaroye, chez Amadou Diallo, plus connu sous le nom de « Diallo Pithie ». Parfois, Cheikh Sow recevait directement la commande de Diallo Pithie. « Cela est arrivé à plusieurs reprises. J’avais de bonnes relations avec lui ». Cheikh Sow a perdu ses forces avec l’âge. Il ne va plus en brousse, mais continue pourtant son business. Se contentant de racheter « quelques paires » de « pitakh » (pigeons de brousse) sur place. Oui, les « pitakh », c’est sa trouvaille quand Diallo Pithie a cessé de passer commande.

Une reconversion dictée donc par le marché. « Les gens ne venaient plus de Dakar pour acheter les oiseaux. Et pour continuer de vivre, je me suis rabattu sur les « pitakh » prisés par une certaine catégorie de consommateurs ». Il faut dire que Cheikh Sow a bénéficié du soutien indirect des acteurs de la santé recommandant vivement la consommation de « pitakh » pour ses vertus. Aujourd’hui, restauratrices, personnes anodines et malades souffrant d’anémie viennent se ravitailler dans son oisellerie. Et quand Cheikh ne peut plus satisfaire la demande, il fait appel à son fils aîné, Alassane.

Celui-ci bénéficie déjà du riche carnet d’adresses de son père. Rien d’étonnant. Chez les Sow, ce business se transmet de père en fils. « C’est normal. Il l’a hérité de son papa. Aujourd’hui, je suis ses traces. Et demain, mes enfants feront le même business. C’est une affaire de famille », explique Alassane Sow. Son oisellerie, érigée juste derrière sa chambre, est une merveille.

On y voit des oiseaux de tout genre, petits et grands, dont certains viennent du Maghreb. Les nouvelles commandes pleuvent. Alassane s’en félicite. Son rêve : asseoir une renommée nationale et faire fortune en vendant des oiseaux. Exactement comme l’ex patron de son Papa, Amadou Diallo dit « Diallo Pithie ».

Par Cheikh Aliou AMATH, Abdoulaye DIALLO (textes) et Mbacké BA (photos)

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