Après Thiès et Ziguinchor, les entrepreneurs de Saint-Louis ont accueilli les responsables du Centre de gestion agréé (Cga), structure issue de la Chambre de commerce et d’industrie de Dakar.

Cette session, tenue avec l’appui de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) et étalée sur trois jours, a permis de former une quarantaine de chefs de Pme dans les domaines de la fiscalité, du droit du travail, de la comptabilité, entre autres.

La maîtrise de la comptabilité, du droit du travail et de diverses autres législations en vigueur est capitale pour les entrepreneurs. C’est donc là tout le sens de ce séminaire de formation tenue grâce au soutien de l’Oif. Ainsi, M. Abdou Aziz Dieng, directeur général du Centre de gestion agréé, est revenu sur cette structure qui aide et encadre le secteur informel dans son projet de formalisation. De plus, M. Dieng a rappelé que « le Cga a déjà outillé plus d’une centaine d’entrepreneurs, entre Thiès, Ziguinchor et aujourd’hui Saint-Louis ». Il a, en outre, rappelé les modules de formation qui ont tourné autour du renforcement de capacité en comptabilité, fiscalité et droit du travail, avec un focus sur la pratique du contrat de travail.

Parmi la quarantaine d’entrepreneurs, on retrouve des pharmaciens, des femmes transformatrices, des couturiers, des artisans et ceux qui s’activent dans le domaine de la pêche, entre autres. A priori, a fait savoir M. Dieng, ces personnes ne sont pas bien outillées dans certains domaines. Egalement, au-delà de la formation, l’opérationnalité des Cga des régions sera un plus pour les entrepreneurs formés, a souligné M. Dieng. Pour assurer le suivi, les inspecteurs locaux du travail, du trésor, de l’Ipres ont été mis à profit pour animer les différents ateliers. En effet, « ces différents professionnels qui sont dans la région vont aider ces entrepreneurs pour la mise en pratique des nouvelles compétences acquises », a avoué le Dg de la Cga.

C’est dans ce même ordre d’idées que Boubacar Mbodji, inspecteur régional du travail et de la sécurité sociale de Saint-Louis, est revenu sur le bien-fondé de la relation entre employeurs et travailleurs tributaire de la création d’emplois. L’importance de cette rencontre réside dans le fait, selon l’inspecteur Mbodji, qu’elle va permettre plus de compétitivité, surtout avec les compétences glanées par les entrepreneurs. C’est pourquoi, le Dr Abdou Ndiaye, pharmacien et bénéficiaire, tout en remerciant la Chambre de commerce par le biais de la Cga et Oif, a salué les modules importants animés par des spécialistes.

Amadou Maquette NDAW

Faire converger tous les ruisseaux de solidarité vers un grand fleuve de soutien au profit des personnes vulnérables et particulièrement des enfants, telle est la raison d’exister du Mouvement Thiès avance (Mta) que dirige Masseck Birane Seck. Ledit mouvement a offert un important lot de produits divers à la pouponnière « Sourire bébé » se trouvant au quartier Fahu au Sud de la ville de Thiès.

« En venant appuyer la dame Binta Fatim Dieng, responsable de la pouponnière « Sourire bébé » qui accueille des enfants de mères déficientes mentales ou des bébés abandonnés, nous voulons inciter toutes les bonnes volontés demeurant à Thiès à regarder du côté de cette noble initiative, d’une dame de cœur sans grands moyens et qui se bat pour l’avenir de sa communauté », a souligné Masseck Birane Seck, président du Mouvement Thiès avance (Mta). Selon lui, il s’agit de réveiller cette fibre de la solidarité sénégalaise envers son prochain qui sommeille en tous.

« Il ne s’agit pas de voir trop grand. Il suffit juste que chacun, en fonction de ses moyens, sache qu’il a le devoir de participer au sourire de ces bébés vulnérables pris en charge dans  ce centre d’action et d’intégration des déficients intellectuels », a-t-il affirmé. Alors, pour faciliter ce soutien, le Mta se propose d’être aussi  un point de centralisation des appuis et une courroie de transmission de toutes les bonnes volontés soucieuses du devenir de ces chérubins vulnérables. « Car, nous savons tous que ce travail demande beaucoup de temps et de moyens », a-t-il ajouté.

Après avoir chaleureusement remercié les membres du Mouvement Thiès avance pour leur altruisme, Binta Fatim Dieng, responsable de la pouponnière « Sourie bébé », a indiqué que depuis 2011, son association s’attèle à aider les déficients mentaux, tout comme leurs enfants qui sont en situation de vulnérabilité. « C’est pourquoi, nous lançons un appel aux autorités locales pour qu’elles pensent à ces enfants qui sont là et dont la prise en charge pèse encore sur les frêles épaules d’une association sans grands moyens. Or, tout le monde sait que gérer des bébés n’est pas une chose simple, surtout quand les charges locatives et le personnel s’y greffent », a-t-elle soutenu.

Pour elle, le leitmotiv demeure tout juste : « procurer de la fierté à ces enfants pour qu’à l’avenir, ils puissent devenir des personnes  aptes à participer au développement de leur communauté ».

Mbaye BA

Bonne nouvelle pour les femmes productrices du Fouladou. Elles seront, désormais, récompensées pour les performances obtenues dans leurs domaines d’activités respectifs.

Le directeur général de l’Office national de formation professionnelle (Onfp), Sanoussi Diakité, par ailleurs initiateur du programme 2ip (Initiative pour l’insertion des femmes et des jeunes du département de Kolda), veut encourager l’émulation et l’esprit d’initiative des femmes du Fouladou. C’est ainsi qu’il a procédé, ce week-end, au lancement officiel du prix « Kalama » 2018 pour récompenser les performances enregistrées par ces braves dames dans leurs domaines d’activités respectifs. Contrairement à la première édition qui avait récompensé les femmes bénéficiaires de financement, celle de 2018 est ouverte à toutes les Koldoises, quel que soit leur domaine d’activité. Les intéressées peuvent déposer leurs dossiers de candidature au bureau de 2ip à Kolda.

Sur les 40 femmes qui seront choisies à l’issue d’une première sélection, 10 d’entre elles seront retenues pour la seconde phase, avant d’être départagées par un jury qui en choisira trois lauréates qui monteront sur le podium. « Le prix "Kalama" est institué pour célébrer la performance productive de la femme au Fouladou. La cérémonie de remise des cadeaux est prévue au mois de novembre 2018 à Kolda. L’objectif est de montrer à la face du monde le travail abattu par les femmes au Fouladou, les performances qu’elles arrivent à réaliser dans leurs activités professionnelles, la diversité de ces dernières», a fait savoir Sanoussi Diakité. 

Cette initiative, vivement saluée par les principales concernées, vise à créer une émulation entre les femmes du Fouladou. Elle permettra également d’attirer une plus grande attention sur les lauréates aux plans national et international. L’association « Kalama effort », qui est essentiellement constituée de dames, va entreprendre une vaste campagne de sensibilisation et d’information sur toute l’étendue du territoire régional pour expliquer le bien-fondé de cette démarche aux femmes qui sont en activité pour les inciter à déposer leurs dossiers de candidature afin de participer et d’espérer remporter le prix « Kalama ».

Mamadou Aliou DIALLO

Soixante-dix (70) jeunes filles et garçons, venus des trois départements de la région de Thiès,  ont fini d’être renforcés aux techniques de l’entrepreneuriat, au sortir d’un atelier animé par  l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej), avec le soutien  financier  de l’Agence allemande de  coopération internationale (Giz). 

Le directeur général de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej), Mamadou Lamine Dieng, a rappelé, lors de son intervention,  la politique initiée par le gouvernement du Sénégal pour l’emploi des jeunes. C’est ainsi qu’il a évoqué le programme « Took Teeki Sama Gox » qui vise à mieux outiller les jeunes et à les accompagner dans l’identification des créneaux porteurs à Thiès et le suivi dans le déroulement des activités au niveau opérationnel. Au Sénégal, selon lui, le nombre de jeunes âgés de 15 à 30 ans est estimé à 62,5% de la population, avec un taux de chômage de 15% dans cette catégorie. Et chaque année, plus de 200 000 demandeurs d’emploi arrivent sur le marché.

Au regard de ces statistiques, il y a une forte attente d’insertion professionnelle dans notre pays. Ce qu’a reconnu Mamadou Lamine Dieng : «  Seule la promotion de l’auto-emploi, qui sous-entend la création d’emplois autour de l’entreprenariat, peut aider le pays ». Alors a-t-il exhorté les jeunes à s’engager pleinement dans le programme « Took Tekki Sama Gox », un des leviers importants de lutte contre l’émigration clandestine par la promotion de l’auto-emploi local. Selon M. Dieng, après Thiès, le programme « Took Tekki Sama Gox » sera lancé à Saint-Louis et à Tambacounda dans les deux prochains mois.

Après avoir mis l’accent sur les risques et les drames familiaux, comme le nombre élevé de morts dans la Méditerranée à cause de l’émigration clandestine, Ndianko Cissé, a, au nom de l’Agence allemande de  coopération internationale (Giz), dit « sa ferme conviction de travailler à trouver et à promouvoir une dynamique locale à forte création d’emplois à même de fixer les jeunes dans des activités économiques durables ». Pour gagner ce pari à l’échelle  de la région, l’adjoint du gouverneur  de Thiès chargé du développement, Ngoné Cissé, a réitéré toute la disponibilité des autorités administratives dans l’accompagnement des initiatives de lutte contre le chômage des jeunes.

Mbaye BA

La 30ième édition de la semaine nationale de l'enfant est célébrée, hier, à Guédiawaye, où un plaidoyer fort a été mené pour une meilleure prise en charge de la question liée à la protection des enfants. Le représentant du ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfant a révélé que le Sénégal est en train d’élaborer le plan national pour la lutte contre le mariage des enfants.

Sur une photo, un enfant porte un sac à riz rempli d'ordures au beau milieu d'un dépotoir sauvage d'ordures. Sur une autre, un gamin roupille à même le sol, après avoir flâné dans les rues à la recherche d’aumônes à remettre à son maître coranique. Le prétexte de cette exposition est la célébration de la 30ième édition de la semaine de l'enfant organisée à Guédiawaye. "Les voix du regard: quand les enfants participent à travers la photo" est le titre de l'exposition à laquelle ont pris part des autorités politiques ou administratives du département.

En effet, à travers différentes photos exposées sur des tableaux mobiles, les enfants ont listé les différentes formes d'exploitation qu’ils subissent, en grande partie. Mais aussi, des cas de violence et de maltraitance photographiés et exposés à l'attention de la délégation venue du ministère de la bonne gouvernance et de la protection de l'enfant conduite par Abdoulaye Dieng, conseiller technique du ministre. Ce dernier a ainsi fait le point de la lutte que le Sénégal est en train de mener pour la protection de l'enfant. Il a surtout insisté sur les avancées accomplies par le Sénégal pour mieux protéger les enfants.

M. Dieng considère qu’à travers cette exposition, les enfants interpellent tout le monde (autorités publiques, société civile, communauté etc.) sur les maltraitances qui leur sont faites en demandant une prise en charge totale. Sur les avancées réalisées par notre pays, il a rappelé que le Sénégal est l’un des rares Etats africains à avoir exprimé clairement leur volonté en mettant en place une politique spécifique de protection de l’enfant. «Récemment, a été lancée l’initiative nationale de retrait des enfants de la rue.

Il y a également des avancées dans la prise en charge des pires formes de travail des enfants avec une réforme du cadre légal qui encadre cette en charge. Il a révélé que la campagne nationale de lutte contre le travail des enfants a été lancée». Il a révélé que notre pays est en train d’élaborer le plan national pour la lutte contre le mariage des enfants. Autant d’avancées qui, trouve-t-il, montrent que le Sénégal est déterminé à prendre en charge ces questions de protection de l’enfant.

Représentant des enfants, Mamadou Diouf a formulé un certain nombre d’interrogations liées aux imperfections notées dans la protection de l’enfant. Il a interpelé les autorités qu’il a invitées à poursuivre et à booster les efforts consentis dans la protection de l’enfant. Il a également appelé au relèvement de l’âge de la gratuité de la prise en charge au titre de la couverture maladie universelle (Cmu). Mais aussi, à appliquer la loi contre la traite des enfants et à les retirer définitivement de la rue. Il a plaidé pour une meilleure contribution à la promotion des droits de l’enfant à travers des campagnes médiatisées.

Abdou DIOP

Malgré les campagnes de sensibilisation menées en direction des conducteurs, passagers et piétons, la direction de la Nouvelle prévention routière du Sénégal (Nprs) révèle que les accidents de la route causent, en moyenne, 500 décès par an.

Selon les chiffres de la direction de la Nouvelle prévention routière du Sénégal (Nprs), les accidents de la route sont à l’origine de 500 décès par an. De 2014 à 2017, les accidents de la circulation ont, au total, provoqué 2 130 cas de décès. Une situation alarmante qui appelle à une mobilisation d’envergure. C’est ce qu’April Africa, courtier grossiste en assurance, et la direction de la Nprs ont compris avant de décider de combiner leurs forces et de mener ensemble une campagne qui, les 10 et 11 juillet 2018, a été l’occasion de prévenir les usagers de la route et de les inciter à avoir un comportement responsable de tous dans la région de Dakar.

Selon Mme Julie Bally, directrice générale d’April Africa, durant ces deux jours, une équipe, constituée d’une vingtaine de personnes, a sillonné la ville de Dakar pour sensibiliser les populations et leur offrir des gilets fluorescents. Au Sénégal, poursuit Mme Bally, les accidents de la circulation causent des centaines de décès par année sans oublier le nombre de blessés encore plus élevé. Les accidents de la circulation constituent une véritable hécatombe qui pèse lourd sur l’économie du pays. Ils coûtent des dizaines de milliards de FCfa par an au Sénégal. Avec cette activité, April Africa montre son engagement pour arriver à un comportement plus responsable des conducteurs.

« Et nous sommes accompagnés par des acteurs incontournables comme la direction de la Nprs et la plateforme « Luttons contre l’indiscipline au Sénégal » qui font un travail remarquable sur ce plan », dit-elle, non sans préciser que sa structure met en avant des valeurs fortes comme l’accompagnement, l’information et la prévention. «Un sinistre a nécessairement un impact sur votre vie et celle d’autrui. C’est pourquoi, nous intervenons en amont avec des conseils et expertises pour maîtriser le risque et éviter qu’il ne se produise », a expliqué Julie Bally.

Oumar FEDIOR

Compte tenu de la bonne santé de la filière avicole sénégalaise et de ses performances, Momar Ndao, président de l’Association des consommateurs du Sénégal, souhaite une plus grande protection de cette industrie. Il visitait, hier, avec une importante délégation de l’association consumériste, les unités de production de la Sedima.

Le président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), Momar Ndao, a réitéré son soutien total à l’industrie avicole sénégalaise. En visite à la Sedima, un fleuron de l’industrie avicole sénégalaise, il a souhaité que les mesures de protection prises par l’Etat soient maintenues. « C’est l’occasion de demander que les mesures de protection qui ont été initiées puissent être résolument maintenues pour la protection de l’industrie avicole », a déclaré M. Ndao. Il indique que cette politique de l’Etat a permis à la filière, encore fragile, d’engranger des performances, ces dernières années, et de générer de milliers d’emplois.

Momar Ndao a rappelé que l’Ascosen mène, depuis 2006, ce combat pour la protection de la filière avicole. Aujourd’hui, il se dit satisfait de constater que ce sous-secteur se porte bien, porté, entre autres, par une plateforme comme la Sedima. «Nous avons maintenant une industrie avicole qui fait travailler des milliers de Sénégalais. De plus, une étude du ministère de l’Elevage dit qu’il y a 42% de résidus dans les viandes bovines, 14 % dans les viandes ovines et caprines et 3 % de résidus d’antibiotiques sur la volaille », a expliqué le président de l’Ascosen.

Interpellé sur l’ouverture des frontières, Momar Ndao a réaffirmé son opposition en avançant plusieurs raisons. La première, selon lui, est d’ordre sanitaire.  Selon lui, il y a des problèmes de traçabilité des produits contaminés par la grippe aviaire. Il y a aussi le fait que l’Union européenne a autorisé l’engraissement de la volaille par la protéine de porc : ce qui pose un problème d’éthique pour la population sénégalaise constituée à plus de 90 % de musulmans. «Si l’on doit protéger le consommateur, on doit le protéger face à tout cela », a déclaré Momar Ndao.

Revenant sur la Sedima, le président de l’Ascosen dit avoir vu une usine qui travaille avec « les normes internationales », notamment à travers les process qu’elle utilise et l’importance qu’elle accorde à l’environnement. « Tout cela démontre qu’on peut faire du bien localement », a soutenu M. Ndao. La Sedima considérée, aujourd’hui, comme un fleuron de l’industrie sénégalaise, a réalisé un chiffre d’affaires de 42 milliards de FCfa, en 2017. La holding est composée de cinq entités.

Maguette NDONG

Une étude commandée par Onu Femmes montre que les femmes entrepreneures ne tirent pas assez profit de l’article 33 de la loi du 28 juillet qui vise à favoriser leur émergence. Elles connaissent très mal ou pas assez les textes régissant les marchés publics.

Une grande majorité des femmes entrepreneures ignore le dispositif mis en place par l’Etat du Sénégal pour leur permettre un meilleur accès à la commande publique, constate un rapport commandé par Onu Femme et réalisé par le cabinet Kpmg. Pourtant, c’est pour assurer une autonomisation économique des femmes, stimuler leur activité entrepreneuriale en éliminant les obstacles sur le chemin de leur accès aux marchés publics que le Sénégal s’est doté de l’article 33 de la loi du 28 juillet sur la promotion et le développement des Pme. Cet article stipule que « des mesures spécifiques destinées à favoriser l’émergence de l’entrepreneuriat féminin sont initiées en accord avec la stratégie du ministère chargé de l’Entrepreneuriat féminin ». Mais dix ans après son adoption, seulement moins de 10 % des femmes entrepreneures, qui ont rempli les questionnaires en ligne, connaissent cette loi, notamment son article 33, indique le rapport intitulé « Evaluation du dispositif de discrimination positive en faveur des entreprises des femmes dans l’accès aux marchés publics au Sénégal ». « Corrélativement, les femmes interrogées ont globalement une faible maîtrise du processus et des modes de passation des marchés publics », note l’étude. Une faible proportion, c’est-à-dire moins de 5 %, dit connaître le processus et les modes de passation des marchés publics.

Kpmg a soumis des questionnaires à 85 femmes entrepreneures et 23 institutions impliquées dans la promotion de l’entrepreneuriat féminine. A l’arrivée, seules 38 cibles ont rempli les questionnaires. Les données recueillies font ressortir quelques constats. Les auteurs du rapport estiment qu’on peut réformer les procédures et possibilités de participation aux contrats publics en éliminant ou en réduisant les obstacles qui découragent les femmes entrepreneures. Cependant, pour l’efficacité de telles mesures, il faut les assortir de sanctions. La mise en application de la loi n°2008-29 souffre d’une grande faiblesse du dispositif de mise en œuvre, de certaines questions restant sans réponses. Par exemple, on se demande qui est en charge de la mise en œuvre de cette disposition ; l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) ou le ministère chargé de l’Entrepreneuriat féminin ? Il faut aussi préciser les critères définissant la notion d’ « entreprises appartenant aux femmes ».

L’autre constat est que les femmes connaissent mal ou très peu les règles organisant les marchés publics alors que la maîtrise des procédures de soumission, d’évaluation, d’attribution et d’exécution est importante pour prétendre à la commande publique. « L’ignorance de ces règles et de ces procédures réduit donc toute la portée de la discrimination positive voulue en faveur des femmes entrepreneures à travers l’article 33 de la loi 29-2008 », estiment les auteurs du rapport. Ainsi, à cause de cette ignorance, beaucoup de femmes ne postulent pas à des marchés publics pour lesquels elles auraient pu avoir des chances de succès. Ou bien elles soumettent des dossiers de mauvaise qualité. Aussi, méconnaître la loi peut exposer les femmes qui ont gagné un marché à des pénalités et sanctions pour non-conformité avec le cahier des charges. La rédaction des offres pose problème à 45 % des femmes, tout comme 40 % d’entre elles peinent à maîtriser les capacités techniques à exécuter un marché. Les pièces administratives à fournir sont aussi des obstacles, selon 45 % des interrogées. D’où la nécessité de faire bénéficier aux femmes entrepreneures une formation pour une bonne maîtrise des règles de passation et d’exécution des marchés publics, recommande le rapport.

Un autre frein, c’est l’écosystème financier d’appui aux Pme qui « semble incomplet ou inadapté » par rapport aux attentes des entrepreneures, poussant 95 % d’entre elles à financer leurs activités sur fonds propres. Seulement 40 % recourent à des revenus venant d’autres sources dont 6 % qui ont cherché à contracter un crédit-bail, crédit commercial ou autres. Le tiers de ces femmes n’ont « rien essayé sur ces deux dernières années », constate le rapport. Près de la moitié des femmes entrepreneures juge « inutile » de chercher des financements, estimant qu’ils sont difficiles à obtenir et à coûts élevés. Certaines craignent de ne pas pouvoir les rembourser. Alors, le rapport conseille « l’amélioration des conditions d’accès au financement (…), une question centrale pour les femmes entrepreneures.

Les femmes ignorent également le dispositif institutionnel et les programmes publics destinés à les accompagner, 1 % dit avoir une connaissance des programmes et institutions gouvernementaux qui peuvent les appuyer dans les procédures de passation et d’exécution des marchés publics. Le paradoxe, c’est qu’il existe une « pléthore » de ces programmes et structures. Ce qui pose le problème de leur vulgarisation auprès de leur cible. Autre constat : il y a un manque d’informations sur le profil et le nombre de femmes entrepreneures au Sénégal.

Or, de telles informations sont capitales pour une meilleure organisation et un suivi des efforts de l’Etat et des partenaires pour appuyer et dynamiser l’entrepreneuriat féminin au Sénégal.

Malick CISS

LA SOLUTION PAR L’INFORMATION ET DES MESURES D’ACCOMPAGNEMENT
Au vu de toutes ces limites qui handicapent les femmes entrepreneures, dans la compétition aux marchés publics, les auteurs du rapport d’Onu Femmes ont émis quelques suggestions pour inverser la tendance. Ils notent que « l’enseignement majeur à retenir de cette étude, c’est que la seule définition de quotas dans les marchés publics ne semble pas être le moyen le plus approprié et le plus efficace pour stimuler la participation et l’accès des femmes entrepreneures à la commande publique ». Ils préconisent des mesures d’accompagnement telles que la révision du cadre juridique et règlementaire (exemple : rendre obligatoire la publication par l’Armp d’un rapport national sur le genre et l’accès aux marchés publics), améliorer le dispositif institutionnel et les mesures d’accompagnement, créer des programmes spéciaux en partenariat avec les institutions financières pour des prêts bancaires à des conditions décentes. Les auteurs estiment nécessaire aussi de combler les gaps d’information, de renforcer l’intégrité et la transparence.

M. CISS

Momar Ndao ne partage pas le combat du mouvement « Auchan dégage ». Au contraire, il y voit plutôt « une dépravation d’une approche politique » qui a commencé avec Senac Sa dans sa gestion de l’autoroute à péage. Il estime qu’Auchan, avec ses 25 magasins, ne peut pas mettre en péril les 12 000 boutiques de l’agglomération dakaroise. Il souligne que l’enseigne emploie plus de 500 jeunes sénégalais et distribue les produits de 235 fournisseurs locaux. « Avant, les gens pensaient que le supermarché était réservé aux personnes riches. Quand les Sénégalais ont découvert qu’ils peuvent acheter moins cher dans un cadre plus accueillant, ils sont allés acheter à Auchan», argumente le président de l’Ascosen. Momar Ndao voit même d’un bon œil cette présence, soulignant que dans les quartiers, les gérants des boutiques faisaient la pluie et le beau temps en violant les règles édictées par l’autorité. « Le boutiquier ne respecte aucun prix conseillé par l’Etat du Sénégal à plus forte raison les produits qui ne sont pas administrés. Ils sont vendus à des prix inaccessibles aux populations. En plus, il n’y a pas de sécurité sanitaire dans la distribution ; ils éteignent leur congélateur le soir et le produit peut être détruit avant sa date de péremption », confie Momar Ndao. Toutefois, il reconnaît que l’Etat doit adopter un cadre réglementaire adapté pour gérer les grandes surfaces afin de permettre le développement harmonieux des affaires.

M. NDONG

La levée de boucliers des commerçants regroupés autour de l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois/Jappoo) contre l’implantation de la chaine  de distribution agro-alimentaire française « Auchan » au Sénégal qui, selon eux, « tue à petit feu le secteur économique sénégalais », avec la bénédiction de l’Etat, a fait réagir le directeur du commerce intérieur, Ousmane Mbaye. Il soutient que les accusations portées contre l’Etat du Sénégal qui aurait accordé des facilités à Auchan au détriment de ses concurrents sont fausses et dénuées de tout fondement.

 Les allégations et autres problématiques posées par les détracteurs de l’enseigne de distribution agroalimentaire française « Auchan » faisant état de facilités qui lui seraient accordées par l’Etat du Sénégal au détriment de ses concurrents ne sont pas vraies, a déclaré le directeur du commerce intérieur, Ousmane Mbaye. Il est formel : « Je dois tout de suite dire que ce n’est pas vrai.

L’investissement, au Sénégal, est, aujourd’hui, régi par le Code des investissements. Quand vous êtes dans les activités de négoce, vous ne bénéficiez d’aucune facilité venant dudit code », a t-il déclaré, hier, sur les ondes de la Radio télévision sénégalaise. Selon M. Mbaye, « l’autre problématique posée est relative à la concurrence déloyale de Auchan qui ferait du dumping ». Sur cette question, il soutient que la direction du commerce intérieur n’a pas encore d’éléments probants attestant qu’Auchan fait de la vente à perte ; ce qui, souligne-t-il, est prohibée. Il a précisé que le fait de pratiquer des marges faibles n’est pas en soi une pratique répréhensible.

En ce qui concerne les stades de commerce (Gros, Demi-gros et Détail), Ousmane Mbaye note qu’avant 1994, chaque acteur voulant exercer une activité était obligé de choisir parmi ces stades.

« Mais dans le souci de rendre accessibles les produits et les prix aux consommateurs, cela a été libéralisé », a –il indiqué. Faut-il revenir à cette réglementation d’avant 1994 ? Le directeur du commerce intérieur soutient que la question est ouverte. « On peut en discuter. Mais, si tel devrait être le cas, il nous faudrait aussi définir le périmètre du micro-détail », a-t-il fait savoir. L’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois/Jappoo) en tournée nationale s’oppose à la présence de l’enseigne de distribution agroalimentaire française « Auchan », estimant que la survie des commerçants est menacée. L’organisation commerçante a mis en place une coalition pour s’opposer à ce qu’elle qualifie de « retour à l’esclavage par l’économie » et exige des pouvoirs publics qu’ « Auchan dégage ».

Mamadou Lamine DIEYE


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