Grands Dossiers (142)

Les grandes lignes de la visite d’Etat de Macky Sall sont organisées par le protocole français en collaboration avec celui du Sénégal. Pour une visite d’Etat, il y a des événements incontournables comme l’entretien entre les deux présidents, prévu le 20, les honneurs militaires aux invalides.

Si le séjour de Macky Sall en France va du 18 au 22 décembre, la visite d’Etat en elle-même se limite aux 20 et 21. Cependant, les autorités françaises prennent en charge la délégation présidentielle durant tout au long du voyage notamment sur les questions  de sécurité, de protocole et d’hébergement. Ainsi après une arrivée sur le territoire français le 18, et un déplacement, le lendemain, à Strasbourg pour la signature de contrats avec Alstom concernant le Ter de Dakar, le président Macky Sall se rendra au Musée du Quai Branly pour la signature d’un accord avec le Musée des civilisations noires de Dakar. Après cette première journée, la visite d’Etat débute le 20 décembre par les honneurs militaires adressés au Sénégal par l’intermédiaire de son président aux Invalides. La cérémonie sera suivie par un entretien entre Macky Sall et François Hollande. L’entretien sera clos par une signature de différents accords entre les deux pays en présence des président Sall et Hollande.

Youssou Ndour en concert à l’honneur du chef de l’Etat
Champs ElyséesYoussou Ndour fait partie des personnalités présentes durant le séjour parisien du président Sall. L’artiste sénégalais va animer un concert en l’honneur de Macky Sall prévu lundi, à la salle Wagram. Le leader du Super Etoile a dépêché deux personnes à Paris pour les besoins de l’organisation du concert. M. DIOP
 
Les Champs-Elysées aux couleurs du Sénégal
La plus belle avenue du monde, comme aime la surnommer le chauvinisme français, s’est parée des couleurs sénégalaises. En effet, les drapeaux du Sénégal et de la France sont présents tous les vingt mètres sur les 1,9 kilomètre de longueur de l’artère très fréquentée par les touristes du monde entier. En moyenne, 300. 000 personnes fréquentent les Champs-Elysées chaque jour. Ce qui attire la curiosité des touristes notamment issus de pays asiatiques et d’Amérique. Beaucoup d’entre eux s’interrogeait sur le pays qui était représenté par les couleurs vertes jaune et rouge.

Signature d’accords
Il est prévu un accord entre les ministres sénégalais et français de l’Economie, des Finances et du Plan, à propos du financement du Ter ;  le ministre de l’Enseignement supérieur sénégalais doit sceller un partenariat avec le Conservatoire national français des arts et métiers (Cnam). Il est également prévu la signature d’un accord entre la France et l’Apix pour la construction de ponts régionaux. Toujours dans la même matinée, il devrait y avoir des déclarations d’engagement entre le ministère français chargé de l’Environnement et celui sénégalais des Affaires étrangères. En fin de matinée, Macky Sall sera l’hôte de Gérard Larcher, président du Sénat français pour un déjeuner qui sera suivi d’une grande réception à la mairie de Paris. C’est un événement obligatoire qui entre dans le cadre d’une visite d’Etat. Après le Sénat, place à l’Assemblée nationale française où Macky Sall est invité par Claude Bartolone, président de l’institution. La première journée de la visite d’Etat se terminera par le dîner à l’honneur de Macky Sall à l’Elysée. Le 21, le président se rendra au Cnam, avant d’être l’hôte de Matignon et de Bernard Cazeneuve, le premier ministre français.

Dans l’après-midi, il recevra le titre de Docteur Honoris Causa à l’Académie des Sciences d’Outre-Mer comme le fut ses prédécesseurs Senghor, Diouf et Wade. Le dernier jour de son séjour parisien sera consacré à un retour à l’Institut français du pétrole où le président sénégalais a été pensionnaire pour des accords avec Petrosen.

Composition de la délégation sénégalaise
La délégation officielle sénégalaise est composée d’une cinquantaine de personnes. Il y a des membres du gouvernement, des Parlementaires, des membres du Hcct, des patrons d’entreprises et de personnalités. Il y a 7 ministres et un secrétaire d’Etat : celui de l’Economie et des Finances ; des Affaires étrangères ; de l’Assainissement ; des Infrastructures ; de l’Enseignement supérieur ; de la Culture ; du Tourisme et des Transports aériens et enfin le Secrétaire d’Etat au réseau ferroviaire national.

M. DIOP

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Sénégal-France : Un partenariat multiforme et dynamique 

La France et le Sénégal ont des relations vieilles et solides de plus de 350 ans. Dans ce cadre, la contribution de l’Agence française de développement (Afd) a été remarquable. Cette institution est présente au Sénégal depuis 1946 et intervient dans des domaines comme l’éducation, la santé, les infrastructures. Depuis dix ans, elle investit presque 100 millions d’euros par an, soit 65 milliards de FCfa.

Dans le cadre des relations entre le Sénégal et la France, l’action de l’Agence française de développement (Afd) est déterminante. L’institution est présente au Sénégal depuis 1946. Une coopération qui a permis à la France d’appuyer le Sénégal dans des domaines divers. Ses secteurs d’intervention dans ce pays sont : la promotion de l’éducation de base et de la formation professionnelle ; les infrastructures ; le développement urbain ; les appuis au secteur privé ; le monde rural et la protection de l’environnement. Le secteur de l’agriculture n’est pas en reste. L’Agence privilégie des interventions qui contribuent à l’émergence d’une croissance durable, favorisant la réduction de la pauvreté et des inégalités. Ses appuis visent à améliorer la compétitivité de l’économie ; l’employabilité des jeunes, l’accès à des services publics durables et le renforcement de la résilience du Sénégal face aux chocs exogènes et aux défis environnementaux.

Ambassadeur France Amadou BaDans le cadre de l’exécution de sa mission, l'Afd dispose d'une large gamme d'outils financiers comme les subventions, les prêts aux entreprises publiques ou privées, les garanties d'emprunts bancaires, des prises de participation dans des entreprises privées. Dans un entretien accordé au quotidien « Le Soleil », Christophe Bigot, le nouvel ambassadeur de France au Sénégal, avait salué la qualité des relations entre les deux pays. Il avait révélé que l’Afd consacre chaque année, depuis près de 10 ans, environ 100 millions d’euros au Sénégal, soit près de 65 milliards de FCfa. « Ici, pour lutter contre la mortalité infantile, là, pour permettre l’électrification du sud, ailleurs, pour répondre à la crise de l’eau à Dakar ; sur le fleuve pour développer l’autosuffisance en riz ; ou, enfin, pour construire des infrastructures modernes qui feront du Sénégal un pays émergent », précisait le diplomate.

Dans son portail Internet, il est précisé que l’Afd finance des projets ou programmes qui s’insèrent dans les priorités retenues par les gouvernements sénégalais et français. « Les domaines d’intervention de l’Afd au Sénégal s’inscrivent en conformité avec les orientations du Document cadre de partenariat, signé en 2006, négocié entre les États sénégalais et français (…) », précise-t-on.

De 2000 à 2012, ce sont 55 millions d’euro qui ont été engagés par l’Afd pour accompagner le Programme de développement de l’éducation et de la formation. Parmi les réalisations figurent la construction de plus de 700 salles de classe ; la réhabilitation de près d’une centaine ; ce qui a permis d’accueillir plus de 40.000 élèves. Dans ce cadre, plus de 500 projets d’écoles et d’établissements ont été mis en œuvre ; 700 jeunes apprentis encadrés par 150 maîtres d’apprentissage, alternant l’apprentissage pratique dans des ateliers artisanaux et la théorie dans des établissements de formation professionnelle, dans les métiers de la mécanique auto, de la couture et du Btp.

 

Aliou KANDE

Remise à neuf du pont Faidherbe 
Partenariat Sénégal FranceLa ville de Saint-Louis n’a pas été en reste dans le cadre de l’intervention de l’Afd au Sénégal. Le pont Faidherbe, qui était en état de dégradation avancé, a été réhabilité grâce au soutien de l’Agence française de développement. Les travaux, initiés en 2008, ont consisté à remplacer à l’identique les travées métalliques du pont sur une longueur de 515 mètres, à renforcer les fondations et à créer une seconde voie piétonne sur le pont. Le montant des travaux s’est élevé à 30 millions d’euros, financés par l’Etat du Sénégal et une subvention de 12 millions d’euros de l’Afd. Dans le même sillage, en octobre 2012, l’État du Sénégal et l’Afd ont signé un accord de financement de 24,5 millions d’euros pour accompagner le développement territorial et touristique de Saint-Louis. La réhabilitation des centrales de la Senelec, dans le cadre du plan de redressement du secteur de l’énergie, et la concession d’électrification rurale de « Kaffrine, Tambacounda et Kédougou » figurent également dans les interventions de l’Afd.

A. KANDE

317 milliards de FCfa pour le Pse

Le Sénégal a reçu un soutien important de la France via l’Afd dans le cadre de la réalisation des projets et programmes du Pse. En septembre dernier, à l’occasion de la visite du Premier ministre d’alors, Manuel Valls, elle s’était engagée à hauteur de 317 milliards de FCfa d’investissement dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) avec la signature de deux conventions dans le domaine de l’hydraulique et du renforcement du capital humain. « La République française avait pris l’engagement, il y a deux ans, d’assister la mise en œuvre du Pse autour d’un volume de 282 milliards de FCfa (…) aujourd’hui, nous en sommes à 317 milliards de FCfa avec les deux conventions signées entre l’Afd et l’Etat du Sénégal », déclarait, en septembre, le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne lors du deuxième séminaire intergouvernemental entre le Sénégal et la France. A. K.

Soutien aux programmes régionaux impliquant le Sénégal
L’Afd soutient des programmes régionaux impliquant le Sénégal. C’est dans ce cadre qu’elle appuie la Commission sous-régionale des pêches, l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs), l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (Omvg), etc. Récemment, elle s’est illustrée dans le projet de réalisation d’une ligne d’interconnexion électrique haute tension de 1677 km entre la Guinée, la Guinée-Bissau, le Sénégal et la Gambie, et d’une capacité de transit de 800 MW. Ce projet est cofinancé à hauteur de 40 millions d’euros (26 milliards de FCfa) par l’Afd, aux côtés de sept autres bailleurs de fonds et des quatre Etats membres de l’Omvg (Gambie, Guinée, Guinée-Bissau et Sénégal). A. K.

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Sénégal-France : Un partenariat multiforme et dynamique 

Il fut un temps, la France contribua à la formation des administratifs et techniciens du sport sénégalais via des Conseillers pédagogiques itinérants (Cpi) et des Conseillers techniques. Mais, pour des raisons de restriction budgétaire, cette coopération a cessé depuis les années 2002. Au ministère des Sports, on plaide pour la réactivation de ces accords qui avaient été d’un très grand apport.

France Senegal 2002« Entre la France et le Sénégal, il n’y a plus de coopération formelle d’Etat à Etat en matière de sports depuis les années 2002 – 2003 ». Le constat est du directeur de la Haute compétition au ministère des Sports, Souleymane Boun Daouda Diop. Et c’est pour s’en désoler, car, à son avis, « cette coopération était très bénéfique à notre pays ». Le Dhc en veut pour preuve les Conseillers pédagogiques itinérants (Cpi) que la France envoyait et qui étaient basés à Dakar mais sillonnaient l’Afrique francophone pour distiller leur savoir. Certains d’entre eux faisaient même partie du corps professoral de l’Inseps. Après l’ère des Cpi, ce fut, rappelle-t-il, celle des Conseillers techniques qui étaient plutôt rattachés au projet Fonds d’aide et de coopération (Fac). C’est ainsi que des techniciens comme Me Picard (judo et karaté), Grave (handball), J. M. Rochez (lutte) ou Dugrand (football) ont eu à faire profiter de leur savoir à de nombreux Sénégalais. « Ils ont beaucoup eu à s’investir dans le sport à la base ; plusieurs initiateurs et entraineurs de 1er degré ont ainsi pu être formés », selon le Dhc. Mais, le sport de haut niveau n’était point occulté, puisque certains de ces spécialistes de la chose sportive ont même eu à occuper des fonctions de directeur technique national (Dtn), à l’instar de Picard au judo et de Rochez à la lutte, voire d’entraineur tel Dugrand à la Ja. D’autres, en techniciens polyvalents, formaient ou perfectionnaient leurs protégés dans diverses disciplines sportives (gymnastique, volleyball, etc.) et dans certains métiers du sport comme la fabrication de ballons ou de filets de compétition. « Et tout cela, à la charge de la France », tient à préciser M. Diop. Sans oublier les dons de matériels à certaines structures, telles que le Centre Talibou Dabo.

Mais, depuis que la France a adopté une drastique politique de rationalisation budgétaire en matière de coopération sportive, ces « coopérants » ont disparu des aires d’entrainements et de compétitions. Si bien que le Sénégal est obligé de mettre la main à la poche à chaque fois qu’il sollicite l’expertise d’un technicien français. A l’image du handball qui a dû payer pour s’attacher les services de Frédéric Bougeant qui a conduit les « Lionnes » à la Can qui s’est tenue dernièrement en Angola, avec le résultat et les développements que l’on sait. « Du temps de la coopération, on n’aurait certainement pas à débourser de l’argent pour faire venir ce technicien », regrette Souleymane Boun Daouda Diop.

Pour le directeur de la Haute compétition au ministère des Sports, « il faut autant que possible s’employer à relancer cette coopération ». « Nous en avons besoin surtout dans la formation des formateurs », insiste-il. Pour cause, aujourd’hui, la France est une vraie grande puissante sportive sur la scène mondiale. Or, le Sénégal cherche encore à se faire une bonne place au soleil du sport international.

B. K. N.

Mouvements des sportifs : Le temps des… vases communicants

Pendant longtemps, le mouvement des sportifs de haut niveau entre le Sénégal et la France s’est presque exclusivement fait du sud vers le nord. Depuis le début des années 2000, c’est le principe des vases communicants qui fonctionne. La preuve, peut-être que le sport sénégalais est devenu attractif à défaut d’être très compétitif.

Lionnes HandballRetour de bâton ou preuve de la nouvelle attractivité du sport sénégalais en général ? Dans tous les cas, les mouvements de sportifs de haut niveau ne se font plus depuis une quinzaine d’années dans le seul sens Sénégal – France. Il est loin le temps où les footballeurs Ibrahima Bâ, Samba Ndiaye ou les frères Mendy, Etienne et Bernard, se faisaient enrôler presque naturellement sous le maillot frappé du coq au détriment de celui portant une tête de lion. Des basketteurs de haut niveau comme Apollo Faye, Bengaly Kaba, voire Fatou Kiné Ndiaye, après une belle carrière sous les couleurs du Sénégal, avaient fini leur carrière internationale avec les « Bleus » de France. Même en athlétisme, l’ancien militaire sénégalais Ibrahima Wade, spécialiste du tour de piste, avait, sur le tard, rejoint le relais 4 X 400 m français. Certains avaient été « arnaqués », d’autres avaient fait un choix de carrière et d’autres encore étaient animés par des préoccupations financières. Qu’importe les motivations des uns et des autres, la conséquence était que les rangs sénégalais se dépeuplaient pendant qu’en face on s’enrichissait de l’apport des arrivants dont certains n’étaient utilisés que juste le temps de les empêcher de pouvoir jouer un jour avec l’équipe de leur pays d’origine. Soit quelques petites minutes pour les footballeurs comme Samba Ndiaye et les frères Mendy.

Ces derniers qui ont voulu éviter à leurs cadets de tomber dans le même piège ont certainement été pour quelque chose dans le retournement de situation opéré depuis le début des années 2000. En plus, depuis que les « Lions » ont terrassé les « Bleus », alors champions du monde et d’Europe en titre (1 – 0), en ouverture du Mondial 2002 de foot, à Séoul (Corée du Sud), la « Destination Sénégal » est devenue plus attrayante. Désormais, c’est le Sénégal qui « pille » la France de ses pépites jeunes, essentiellement au moment où celles-ci atteignent l’âge limite pour changer de nationalité sportive, en football surtout. Ainsi, les Moussa Sow, Jacques Doudou Faty, Issiar Dia, qui ont brillé avec les catégories de jeunes en France, ont choisi de jouer pour le Sénégal. Ce qui, un moment, avait réellement agacé les dirigeants du football français qui se plaignaient de « former pour d’autres ». Une tendance 
également favorisée par la génération de Habib Bèye, présélectionné en équipe de France, et Khalilou Fadiga à qui les « Bleus faisaient les yeux doux, mais qui avaient tous opté pour le Sénégal. C’est l’ère des binationaux qui reviennent à la source. Tel Kalidou Koulibaly, dernière grosse prise dans les filets sénégalais au nez et à la barbe de Deschamps, le sélectionneur des « Bleus ».

Le mérite des dirigeants 

C’est, par ailleurs, tout à l’honneur des dirigeants techniques et administratifs sénégalais qui n’hésitent pas, depuis quelques années, à aller « vendre » leur sport à tous les sélectionnables sous tous les cieux. Surtout en France. Ainsi, le handball, par exemple, avec son dynamique président, Seydou Diouf, a pu décrocher, entre autres binationales de haut niveau, Doungou Camara, ancienne internationale juniors française, même si l’affaire s’est mal conclue à la dernière Can. Mais, ce n’est que partie remise. Au basket également, cette piste est explorée, et même si Antoine Mendy en garçons et surtout Binetou Diémé chez les féminines n’étaient pas dans le viseur de la France, c’est bien que le Sénégal les ait récupérés.

Ce n’est pas pour autant qu’il faille en conclure que le mouvement est irrémédiablement inversé. Il fonctionne plutôt suivant le système des vases communicants. Car malgré la nouvelle attractivité ou relative compétitivité du sport sénégalais, certains de ses représentants n’hésitent pas à tourner casaque pour devenir français. A l’image du hurdler Mamadou Kassé Hanne qui a couru pour la France lors des derniers Jo à Rio (Brésil) après avoir fait briller les couleurs sénégalaises au plus haut niveau. D’autres comme les footballeurs Mbaye Niang (Milan Ac, Serie A italienne) et Youssouf Sabaly (Bordeaux, L1 française) font la sourde oreille aux appels du Sénégal en espérant une prochaine convocation chez les « Bleus ». Jusqu’à quand ? Tout pourrait dépendre de la future compétitivité du sport et plus particulièrement du foot sénégalais.

B. K. N.

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Sénégal-France : Un partenariat multiforme et dynamique 

 

 

Les relations entre le Sénégal et la France sont étroites et multiformes, embrassant tous les secteurs, notamment celui de l’éducation et de la formation professionnelle, plus particulièrement l’enseignement supérieur. Dans ce secteur, elle reste la première destination des étudiants sénégalais.

D’après le site de l’ambassade de France à Dakar, le Sénégal est l’un des 16 Pays pauvres prioritaires (Ppp) pour l’attribution de l’aide publique au développement française. Le dernier Document cadre de partenariat (Dcp), signé pour la période 2013-2017 et fixant les priorités de la coopération civile bilatérale, s’inscrit, en termes sectoriels et géographiques, dans le cadre de la Stratégie nationale de développement économique et social du Sénégal (Sndes) qui couvre la même période. Trois secteurs prioritaires d’intervention sont ciblés, dont le développement humain (promotion de l’éducation de base, de la formation professionnelle et la santé).

En réalité, les relations académiques entre la France et le Sénégal datent de la période coloniale, le pays de Marianne ayant implanté dans sa colonie d’alors les premières écoles afin de parfaire sa politique « civilisatrice ». Presque toutes les anciennes élites sénégalaises ont été formées en France, pays qui a fondé l’Université de Dakar. En effet, c’est en 1918 que fut créée l’Ecole africaine de médecine, première ébauche d’un enseignement supérieur en Afrique, puis l’Institut français d’Afrique noire (Ifan) voit le jour en 1936. Dakar constituait la 18ème Université française académiquement rattachée aux Universités de Paris et de Bordeaux en 1957.

Cette politique de formation supérieure se poursuit encore. En effet, la France est et reste la première destination des étudiants sénégalais sur les 42 pays gérés par le Service de gestion des étudiants sénégalais à l’étranger (Sgee), basé à Paris.

Près de 10.000 étudiants sénégalais en France
PolytechD’après ce service, qui se fiait aux statistiques de Campus France à partir duquel s’inscrivent les étudiants sénégalais désireux de poursuivre leurs études supérieurs dans la Métropole, en 2014-2015, on dénombrait 11.000 étudiants sénégalais. Un chiffre qui a dégraissé puisque les dernières statistiques évoquent un chiffre d’environ 10.000 étudiants. Il existe, selon le correspondant du « Soleil » à Paris, 22 associations estudiantines sénégalaises en France.

Quoiqu’il en soit, le contingent sénégalais est, selon Thierry Valentin, directeur général adjoint de Campus France, « la plus grande population d’étudiants d’Afrique subsaharienne en France ». Il a fait cette déclaration lors du lancement du réseau social « France alumni Sénégal », le 24 novembre dernier, exprimant leur souhait de « doubler le nombre d’étudiants sénégalais en France dans 2 à 3 ans ». Toutefois, il faut noter que bien qu’elle soit la première destination depuis toujours et jusqu’à présent des étudiants sénégalais à l’étranger, la France semble avoir de nouveaux concurrents dans ce domaine comme le Canada, des pays asiatiques, même si cela ne semble guère inquiéter Thierry Valentin qui parle plutôt de mobilité sur le plan mondial. La France, à travers l’Agence française de développement (Afd), accompagne l’Etat sénégalais dans le renforcement de la carte universitaire. En fait, l’Afd finance les Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (Isep) de Richard-Toll et de Bignona et la mise en place d’un réseau des Isep. A noter que pendant ce temps, la France a développé un réseau d’écoles au Sénégal. Ledit réseau, selon l’ambassade, compte 11 établissements scolaires à programmes français et un douzième à Banjul, géré depuis Dakar.

D’après le site de l’ambassade de France à Dakar, le Sénégal est l’un des 16 Pays pauvres prioritaires (Ppp) pour l’attribution de l’aide publique au développement française. Le dernier Document cadre de partenariat (Dcp), signé pour la période 2013-2017 et fixant les priorités de la coopération civile bilatérale, s’inscrit, en termes sectoriels et géographiques, dans le cadre de la Stratégie nationale de développement économique et social du Sénégal (Sndes) qui couvre la même période. Trois secteurs prioritaires d’intervention sont ciblés, dont le développement humain (promotion de l’éducation de base, de la formation professionnelle et la santé).

En réalité, les relations académiques entre la France et le Sénégal datent de la période coloniale, le pays de Marianne ayant implanté dans sa colonie d’alors les premières écoles afin de parfaire sa politique « civilisatrice ». Presque toutes les anciennes élites sénégalaises ont été formées en France, pays qui a fondé l’Université de Dakar. En effet, c’est en 1918 que fut créée l’Ecole africaine de médecine, première ébauche d’un enseignement supérieur en Afrique, puis l’Institut français d’Afrique noire (Ifan) voit le jour en 1936. Dakar constituait la 18ème Université française académiquement rattachée aux Universités de Paris et de Bordeaux en 1957.

Cette politique de formation supérieure se poursuit encore. En effet, la France est et reste la première destination des étudiants sénégalais sur les 42 pays gérés par le Service de gestion des étudiants sénégalais à l’étranger (Sgee), basé à Paris.

Plusieurs conventions signées
EducationLe ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, afin de renforcer le label « Etudier au Sénégal », a signé de multiples conventions avec les grandes écoles et classes préparatoires pour accueillir des bacheliers sénégalais dans le cadre des bourses d’excellence. Dès lors, les meilleurs étudiants (titulaires de mentions « Bien » et « Très Bien ») sont désormais orientés dans des écoles, instituts et universités retenus dans le classement Shanghai. Sur cette base, l’accent est mis sur les Stem. Car aucun pays ne peut se développer sans la maîtrise de la science, de la technologie et de l’innovation, surtout dans un monde, aujourd’hui, dominé par l’économie du savoir.

Les étudiants sont ainsi dans des classes préparatoires et réussissent au très sélectif concours d’admission au cycle d’ingénierie de la filière universitaire international de l’Ecole polytechnique de Paris. En 2014-2015, les 2 Sénégalais retenus ont été les seuls non Européens admis sur les 12 à ce cycle. Des mesures d’accompagnement sont ainsi prises par le Sénégal : octroi de bourses d’excellence (650 euros ou 430.000 FCfa), de mobilité pour les étudiants de Master II et de Doctorat en France (billet aller-retour plus une indemnité mensuelle de 60.000 FCfa quand il est au Sénégal. Montant qui n’a rien à voir avec ce que l’institution qui le reçoit lui remet) et de cotutelle (un nouveau dispositif) pour les doctorants afin de promouvoir le label « Etudier au Sénégal ». Une convention lie le ministère de l’Enseignement supérieur et l’Université d’Evry pour le programme de génétique moléculaire et une autre avec Atos pour la mise en place d’un calculateur parallèle intensif au Centre de mutualisation et de partage à la Cité du Savoir de Diamniadio. On peut ajouter la convention avec le ministère de l’Agriculture et de la Forêt de France pour un programme de formation de formateurs dans le domaine professionnel de l’enseignement supérieur.

D. MANE

La formation professionnelle : Un appui aux secteurs phares du Pse
La France est très active dans le domaine de la formation professionnelle au Sénégal. Nombreux sont les projets déroulés ou en cours d’exécution. L’objectif étant d’aider le pays à disposer d’une main-d’œuvre qualifiée de niveau intermédiaire, maillon faible du système éducatif sénégalais. Après avoir aidé le Sénégal à travers une coopération tripartite (Afd-Etat-Secteur privé) dans la mise en place en place de Centres sectoriels (Btp, agro-alimentaire…), la France poursuit son appui à ce sous-secteur si stratégique pour le développement.
C’est dans ce cadre qu’il faut situer le projet « Formation professionnelle pour l’emploi et la compétitivité » d’un coût global de 36 milliards de FCfa cofinancé par l’Etat du Sénégal, la Banque mondiale et l’Afd. Il vise, entre autres, la mise à niveau des lycées techniques par l’amélioration des équipements et de la gestion ; la révision des curricula et des formations pour 3.000 bacheliers ; le développement de nouvelles offres de formation en partenariat public-privé et notamment la création de nouveaux centres de formation dans les secteurs prioritaires du Pse, tels que l’aviculture, l’horticulture et le tourisme, en plus du Btp et de la mécanique mobile.
 
D. MANE

Education nationale : De nombreux projets en cours d’exécution
Le ministère de l’Education nationale n’est pas en reste. Et l’un des programmes phares ayant donné beaucoup de satisfaction fut, sans nul doute, le Projet éducation dans les banlieues de Dakar (Pebd) lancé en mars 2006 et qui fut piloté, à l’époque, par l’actuel directeur de la Planification et de la Réforme de l’éducation (Dpre), Djibril Ndiaye Diouf. Ce projet a permis la construction de plusieurs écoles en hauteur dans la banlieue qui était confrontée à un problème foncier (construction des 320 salles de classe et 100 autres réhabilitées). Actuellement, l’Afd finance le Projet d’appui à l’enseignement moyen dans la région de Dakar (Adem/Dakar) qui réalise 17 collèges (réhabilitation et construction) et le Projet d’appui à l’éducation de base en Casamance (Paebca) dans le cadre de la résorption des abris provisoires dans la région naturelle de Casamance. La France accompagne également la politique d’édition du ministère de l’Education nationale par l’acquisition de manuels.

D. MANE

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Sénégal-France : Un partenariat multiforme et dynamique

Au mois d’avril 2015, l’Agence française de développement (Afd) avait accordé une enveloppe de 20 millions d’euros, soit 13 milliards de FCfa, pour le financement du Projet d’appui à la promotion des exploitations familiales dans la région de Matam (Apefam). Ce programme, intégralement financé par l’Agence française de développement par un prêt concessionnel de 18 millions d’euros, prendra en charge la réalisation des aménagements hydro-agricoles et une subvention de 2 millions d’euros dédiée au financement de l’appui institutionnel aux acteurs.

Le projet permet donc la réhabilitation et l’extension de plus de 1.500 ha de périmètres irrigués villageois (Piv), l’aménagement de cuvettes de décrue pour la production de maïs et de mil, le désenclavement de plusieurs villages et des zones de production par la réalisation de plus de 80 km de pistes principales et plusieurs pistes secondaires, la réalisation d’infrastructures collectives à caractère économique : des aménagements pastoraux, des infrastructures collectives de stockage, de transformation et de commercialisation, et l’appui technique et institutionnel aux différents acteurs impliqués dans le développement des territoires ruraux  pour la mise en valeur et la gestion des investissements. Il permet aussi l’appui à six communes rurales du département de Matam dans la planification et la réalisation de leur programme d’investissement ainsi que la gestion du foncier rural. Il doit, en outre, renforcer la résilience des exploitations familiales et contribuer à l’atteinte des objectifs de l’autosuffisance en riz du Sénégal avec une production supplémentaire attendue d’environ 10.000 tonnes de riz blanc par an à partir de 2017.

10 milliards de FCfa pour le financement de l’investissement agricole
Lors de sa première visite au Sénégal, le directeur général de l’Afd, Rémy Rioux, a signé, avec le ministre Amadou Bâ, une convention relative au Projet de mise en place d’une ligne de crédit dédiée au financement de l’investissement agricole. D’un montant de 10 milliards de FCfa (15 millions d’euros), ce prêt concessionnel a été rétrocédé à la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas) et permettra aux agriculteurs de financer la réhabilitation et l’extension de leurs périmètres irrigués, d’acquérir des matériels agricoles et des équipements de transformation des produits agricoles.

Lors de ce séjour, le fonctionnaire français a eu à faire le parcours de l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, mise en service en août 2013, à laquelle l’Afd a contribué à hauteur de 40 milliards de FCfa (60 millions d’euros). EL. I. Thiam

Par EL. Ibrahima Thiam

Le montant des engagements nets totaux de l’Agence française de développement (Afd) de 1,2 milliard d’euro fait du Sénégal un pays prioritaire de la politique de coopération de la France qui reste l’un des principaux bailleurs de notre pays et le premier bailleur bilatéral.

Malgré la crise économique à laquelle elle fait face, les efforts de la France en matière d’aide publique au développement en faveur du Sénégal ne faiblissent pas. Ainsi, lors de la première visite, au Sénégal, de Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement, au mois de juin dernier, il avait été établi que, depuis l’année 2000, l’Afd a engagé plus de 790 milliards de FCfa (1,2 milliard d’euros) au Sénégal et enregistré une forte croissance de ses financements au cours des 5 dernières années avec 846,5 millions d’euros engagés sur la période. Soit, en moyenne, 141 millions d’euros d’engagements par an depuis 2010.

En 2015, le montant total des engagements de l’Afd au Sénégal a atteint 228 milliards de FCfa (149,8 millions d’euros). Ce qui fait du Sénégal un pays prioritaire de la politique de coopération de la France qui reste l’un de ses principaux bailleurs et son premier bailleur bilatéral.

Dans le cadre du Pse, l’appui de la France au Sénégal se chiffre à 432 millions d’euros pour la période 2013-2015. Les interventions de la France au Sénégal touchent de nombreux domaines. Ainsi, l’Afd est engagée dans des projets contribuant au développement durable et à l’amélioration des conditions de vie de la population, en phase avec les objectifs prioritaires du gouvernement, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, des infrastructures urbaines, de l’électricité, de l’agriculture et du soutien aux entreprises. La France est présente dans les investissements majeurs concernant surtout le volet agricole du Plan Sénégal émergent. Avec le plus gros portefeuille agricole par pays de l’Afd, le Sénégal bénéficie d’un appui de plus de 100 millions d’euros (65 milliards de FCfa) sur ce secteur, auxquels s’ajouteront, d’ici fin 2016, plus de 50 millions d’euros en cours d’instruction.

Le Sénégal s’est lancé un défi important avec son objectif d’autosuffisance alimentaire, particulièrement celle en riz. La France est aux côtés du pays sur le secteur rizicole depuis plusieurs décennies en appuyant les investissements d’irrigation, d’aménagement et de limitation de la salinisation des terres agricoles (barrage) dans la vallée du fleuve Sénégal.

En plus de la vallée du fleuve Sénégal, avec des appuis aux communes rurales et à la production locale de riz, l’Afd sera bientôt présente dans le grand Tiers sud (les régions de Kolda et Tambacounda) et appuiera le financement de projet d’investissements agricole pour petits porteurs avec la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas).

L’Agence appuie également la formation professionnelle agricole à différents niveaux afin d’améliorer la compétitivité des entreprises du secteur. Par ailleurs, la France accompagne le Sénégal dans la mise en œuvre du volet agricole du Plan Sénégal émergent (Pse), au travers de son secteur privé, en s’appuyant sur son tissu d’entreprises, de centres techniques et organismes professionnels. Les entreprises françaises jouent donc un rôle significatif dans la vitalité économique du pays.

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Sénégal-France : Un partenariat multiforme et dynamique 

En prélude à la visite d’Etat que le président de la République, Macky Sall, va entamer dès lundi, « Le Soleil » revisite la coopération multiforme et dynamique entre le Sénégal et la France.

Lutte contre le terrorisme en Afrique : La France, partenaire majeur du Sénégal
Stabilité, situation géographique et démocratie. Avec un peu moins de 15 millions d’habitants, le Sénégal est un petit marché, mais il a la chance d’être l’un des pays les plus stables de la région. De l’autre côté de l’Atlantique, plus au nord, la France, une histoire partagée, une amitié exceptionnelle et plus de trois siècles de relations ininterrompues.

Après l’indépendance, la France et le Sénégal sont restés des nations très proches. Un lien très fort, entretenu dans les deux sens par une coopération multiforme et constante, ainsi que des échanges humains et culturels ont conforté cette proximité jusqu’à la veille de cette seconde visite d’Etat d’un président sénégalais en France.
Pour le sujet qui nous intéresse, à savoir la coopération sécuritaire en matière de lutte contre le terrorisme, le Sénégal est le premier pays bénéficiaire de l’aide française en Afrique subsaharienne avec 26 assistants militaires techniques et une coopération d’un montant de 5,8M€ en 2009. La France contribue également à la sécurité du Sénégal et au maintien de la paix dans la sous-région par la présence, à Dakar, des Eléments français du Sénégal (Efs) qui ont remplacé l’ancienne base militaire de Ouakam, quartier de Dakar où est née Ségolène Royal alors que son père, colonel, y servait.

Plan d’action contre le terrorisme
Gign SenegalLa France entend ainsi rester aux côtés du Sénégal qui est le premier récipiendaire de l’aide française en Afrique subsaharienne. Ainsi, le Pact (Plan d’action contre le terrorisme), financé par le Fonds de solidarité prioritaire du ministère français des Affaires étrangères, vise le renforcement des capacités des services de police et de gendarmerie du Sénégal, ainsi que des magistrats impliqués dans la lutte contre les menaces liés au terrorisme. Il est doté d’un financement de 460 millions de FCfa.

Le Pact a trois composantes. D’abord, la prévention et la détection de la menace : ce volet vise à renforcer les capacités des services de renseignement et de sécurité. C’est dans ce cadre qu’une formation a été organisée, mi-juin 2015, au profit de policiers de la Direction de la police de l’air et des frontières du Sénégal. Ensuite, l’intervention et la mise en œuvre d’obstacles à l’action terroriste : cette composante consiste à améliorer les capacités opérationnelles d’intervention et la protection des personnalités exposées. Enfin, l’enquête judiciaire : ce volet comprend la formation des enquêteurs de la police, de la gendarmerie et les magistrats du parquet du Tribunal de grande instance de Dakar à des techniques d’investigation modernes et à l’élaboration de procédures judiciaires adéquates.

En matière de lutte contre le terrorisme, Dakar et Paris misent sur le partage du renseignement. A l’issue d’une rencontre, en mars 2016, à Dakar, avec le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Mankeur Ndiaye, le secrétaire d’Etat français au Développement et à la Francophonie, André Vallini, avait informé que les deux pays vont devoir « aller vers de plus en plus de coopération entre les Etats dans le domaine de la sécurité internationale, du partage des informations, du partage des renseignements ». M. Vallini, en visite de travail au Sénégal, avait estimé qu’il était temps de décloisonner les renseignements pour plus d’efficacité et une meilleure coopération dans la lutte contre le fléau des temps modernes : le terrorisme.

La question sécuritaire occupe une place importante dans les échanges franco-sénégalais. La sécurité et la lutte contre le terrorisme sont donc des dossiers prioritaires dans le contexte actuel.

Forum paix et sécurité en Afrique
En atteste l’organisation de la troisième édition du Forum paix et sécurité en Afrique qui s’est tenu à Dakar, du 5 au 6 décembre derniers, au Centre international de conférences Abdou Diouf, sous le leadership du président Macky Sall et avec la participation du Centre sénégalais des hautes études de défense et de sécurité. Il a réuni, deux jours durant, près de 500 experts, chercheurs, militaires et responsables politiques ou membres de la société civile autour des thèmes de l'extrémisme violent et de la gestion des espaces africains. Le Forum est cofinancé par une vingtaine d'entreprises de défense et de sécurité françaises et européennes.

Le Forum de Dakar de décembre 2015 s'était terminé sur ce constat simple : « nos sécurités sont liées », répété par les représentants africains et occidentaux. Quatre jours plus tard, Paris était frappée par des attentats, puis ce fut le tour de Bamako, Ouagadougou, Grand-Bassam. Sur le continent, la menace jihadiste persiste en Afrique de l'Ouest, au Sahel, au Maghreb et dans la Corne de l’Afrique. En décembre 2016, le Forum de Dakar avait eu pour thème : « L’Afrique face à ses défis sécuritaires : regards croisés pour des solutions efficientes ». A sa clôture, le Forum 2016 a proposé « une réponse doctrinale de l’Islam à l’extrémisme violent ». L’importance du défi sécuritaire a justifié la présence, en grand nombre, des partenaires étrangers à un haut niveau. L’Union européenne a dépêché, à Dakar, son haut représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et annoncé que l’Europe envisageait d’ajouter à la formation des armées africaines un volet équipement. Pour leur part, les Nations unies ont envoyé au forum le secrétaire général adjoint chargé des Opérations de maintien de la paix, le Français Hervé Ladsous, qui a annoncé la prochaine montée en puissance du partenariat entre l’Onu et l’Ua sur la paix et la sécurité en Afrique ainsi que l’utilisation de drones de surveillance dans le maintien de la paix. Le ministre français de la Défense a, lui, annoncé la mise en place d’une stratégie de cession par son pays des équipements militaires aux armées africaines. La bonne qualité et l’étroitesse des relations de coopération qui existent entre le Sénégal et la France ne peuvent qu’en être renforcées.

Dié Maty FALL

Coopération décentralisée : Les villes françaises se taillent la part du lion
Cooperation Zig Saint Maur Des FossesLa France a toujours été un miroir pour le Sénégal dans le cadre de la politique de décentralisation. Les relations entre les collectivités locales sénégalaises et françaises ont été nouées soit par le truchement d’une tierce personne, ou d’une association ou encore à travers les structures étatiques comme la Délégation pour l’action extérieure des collectivités territoriales de France.

La coopération décentralisée est, aujourd’hui, vivement vécue par les collectivités locales de la France et du Sénégal. Saint-Maur-Des Fosses pour la ville de Ziguinchor est une localité qui entretient avec la capitale de la région méridionale du pays un jumelage qui s’est traduit par plusieurs actions et réalisations ressenties des deux parts. La ville de Lille partage les mêmes relations avec celle de Saint-Louis du Sénégal. Les Ulis pour la ville de Sédhiou, Mantes-la-Jolie pour les localités du Nord, pour ne citer que ces exemples, montrent la vitalité des partenariats entretenus dans le cadre de la coopération décentralisée. Laquelle a permis à plusieurs localités du pays à bénéficier de l’appui et de l’expertise du partenaire français dans tous les domaines, particulièrement les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’hydraulique…

La réforme en cours au Sénégal, notamment l’Acte 3 de la décentralisation, incite de plus en plus les élus locaux à nouer des partenariats avec les villes du monde. Et dans cette mouvance, les villes françaises constituent plus de 80 % des ententes scellées. La disparité des jumelages et les autres accords de partenariats scellés dans les territoires ont poussé la Délégation pour l’action extérieure des collectivités territoriales de France, en accord avec la partie sénégalaise, à mettre en place, il y a de cela deux années, un dispositif conjoint de soutien pour booster la coopération décentralisée franco-sénégalaise. Ainsi, ce nouveau dispositif voulu par les deux parties, une première du genre en Afrique sub-saharienne, a alloué un montant de 200 millions de FCfa réparti pour mieux assurer la cohérence entre les actions de la coopération et les politiques de développement local. Le dispositif créé va permettre à l’Etat du Sénégal de contribuer, à titre expérimental, au cofinancement des projets avec le ministère français des Affaires étrangères. Le ministre de la Gouvernance locale de l’époque avait précisé que l’enveloppe destinée au dispositif pourrait être revue à la hausse.

Babacar Bachir SANE

Coopération judiciaire franco-sénégalaise : La révolution du dispositif judiciaire
La coopération judiciaire sera aussi du sujet du voyage du président de la République dans l’hexagone. Depuis de nombreuses années, le Sénégal et la France entretiennent une relation étroite dans le domaine de la justice.

Me Sidiki KabaL’avènement du président Macky Sall en 2012 va remettre le système judiciaire sénégalais dans un chantier révolutionnaire. Le Plan décennal de justice avait été mis en place avec pour objectifs d’instaurer une bonne gouvernance judiciaire par le renforcement du processus démocratique et de la paix sociale, la consolidation des lois et des personnels et l’amélioration de l’environnement des affaires. Le Sénégal s’engageait ainsi dans une politique gouvernementale de renforcement de l’Etat de droit grâce à une justice moderne et accessible à tous. Cela avait commencé depuis plus de vingt ans, à travers plusieurs réformes. Mais, cette fois-ci, les réformes du 4ème président de la République ont permis d’améliorer le fonctionnement des juridictions et la formation des personnels judiciaires, de promouvoir l’accès des citoyens au droit. Celles-ci ont été rendues possibles grâce à la France qui a ainsi accompagné les grandes réformes entreprises par le Sénégal, surtout avec des projets successifs d’appui à l’institution judiciaire, par le biais du Fonds de solidarité prioritaire (Fsp). Ces projets sont mis en œuvre et suivis par des experts techniques internationaux français (magistrats) détachés auprès du ministre de la Justice du Sénégal en qualité de conseillers techniques. Lorsque le Sénégal a adopté le Plan sectoriel justice (Psj) d’une durée de 10 ans (2004-2013), la France a, en 2006, appuyé ce programme en mettant en œuvre un nouveau projet Fsp, le Pasej, qui s’est achevé en janvier 2012. Ce projet de la coopération française a permis de contribuer à améliorer l’accessibilité des citoyens à une justice plus moderne, par les actions menées au bénéfice du dispositif de justice de proximité ainsi que du Centre de formation judiciaire et des juridictions. Ce projet a permis de renforcer les capacités de l’administration centrale et du Centre de formation judiciaire (Cfj), d’implanter, d’équiper et d’animer 7 maisons de justice, 4 bureaux d’information du justiciable, 14 bureaux d’accueil et d’orientation du justiciable, de contribuer à la réorganisation des juridictions et à la mise en place d’une politique de communication.

Le projet « Modernisation de la justice sénégalaise » (Mojusen) s’inscrit dans cette même dynamique politique pour 36 mois. D’un coût d’un peu plus de 524 millions, il entend poursuivre les efforts de coopération entre le Sénégal et la France et il a été lancé le 15 janvier 2015, en trois axes forts : le développement de la justice de proximité, en équipant de nouvelles maisons de justice ; la formation des acteurs judiciaires en matière de criminalité organisée et de terrorisme, de droits humains et de déontologie ; et l’appui à l’administration pénitentiaire par la formation de l’équipe pédagogique de la nouvelle Ecole de l’administration pénitentiaire (Enap) du Sénégal et par des actions contribuant à améliorer les conditions de vie des détenus.

Entraide judiciaire entre les deux pays
Formation judiciaireAu-delà des projets de coopération, la France, chef de file du groupe justice des partenaires techniques et financiers au Sénégal, donne, en outre, un appui dans le domaine de la justice. Ainsi, le service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France mène diverses actions : missions d’experts français au Sénégal, invitations de personnels judiciaires en France, appuis ponctuels directement ou par l’intermédiaire d’associations, dans les lieux privatifs de liberté, dans le domaine des droits humains, organisation de séminaires, notamment sur la justice de proximité. 

L’élaboration de ce projet fut conduite, avec l’assistance technique du magistrat de liaison régional, par l’attaché de sécurité intérieure de l’ambassade de France, en poste à Dakar, qui a pour mission essentielle de faciliter la transmission et l’exécution des commissions rogatoires internationales, demandes d’extradition, dénonciations officielles et d’améliorer la rapidité et l’efficacité de l’entraide judiciaire internationale. Le service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France est également régulièrement consulté par les magistrats français, et sénégalais surtout, pour la rédaction de toutes demandes d’entraide judiciaire. Il est ainsi en contact permanent avec les juridictions sénégalaises et, à la faveur des procédures d’extradition, avec les différents établissements pénitentiaires du territoire. Celui-là contribue également, par l’organisation et l’animation de formations et de séminaires, à l’échange d’informations sur les systèmes juridiques et judiciaires et sur leur fonctionnement, ainsi qu’au renforcement des capacités des praticiens concernés en matière de lutte contre la criminalité organisée et de recours à l’entraide pénale internationale. 

Le Projet de coopération franco-sénégalaise d’appui au Projet sectoriel justice a permis, durant la période 2006-2012, d’améliorer les capacités de l’administration centrale de la justice ainsi que, pour le Centre de formation judiciaire, d’aider à développer le dispositif de justice de proximité qui rencontre, aujourd’hui, un grand succès. Lors de l’adoption, en novembre 2011, du nouveau document de politique économique et social qui se termine cette année, le Sénégal a considéré que l’accès à la justice constituait une action essentielle à mettre en œuvre. Et depuis 2012, notre pays a entrepris de grandes réformes pour la pleine réussite de cet objectif : réforme de la carte judiciaire et du statut de la magistrature, du Conseil supérieur de la magistrature, du Code pénal, du Code de procédure pénale des juridictionnels, de l’amélioration des projets des tribunaux, etc. C’est dans ce contexte que la France et le Sénégal ont mis l’accent jouant pleinement leur partition coopérative.

Cheikh Malick COLY

Agence française de developpement : Près de 283 milliards de FCfa déjà engagés dans le Pse
Afd MefpLe montant des engagements nets totaux de l’Agence française de développement (Afd) de 1,2 milliard d’euro fait du Sénégal un pays prioritaire de la politique de coopération de la France qui reste l’un des principaux bailleurs de notre pays et le premier bailleur bilatéral.

Malgré la crise économique à laquelle elle fait face, les efforts de la France en matière d’aide publique au développement en faveur du Sénégal ne faiblissent pas. Ainsi, lors de la première visite, au Sénégal, de Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement, au mois de juin dernier, il avait été établi que, depuis l’année 2000, l’Afd a engagé plus de 790 milliards de FCfa (1,2 milliard d’euros) au Sénégal et enregistré une forte croissance de ses financements au cours des 5 dernières années avec 846,5 millions d’euros engagés sur la période. Soit, en moyenne, 141 millions d’euros d’engagements par an depuis 2010.

En 2015, le montant total des engagements de l’Afd au Sénégal a atteint 228 milliards de FCfa (149,8 millions d’euros). Ce qui fait du Sénégal un pays prioritaire de la politique de coopération de la France qui reste l’un de ses principaux bailleurs et son premier bailleur bilatéral.

Dans le cadre du Pse, l’appui de la France au Sénégal se chiffre à 432 millions d’euros pour la période 2013-2015. Les interventions de la France au Sénégal touchent de nombreux domaines. Ainsi, l’Afd est engagée dans des projets contribuant au développement durable et à l’amélioration des conditions de vie de la population, en phase avec les objectifs prioritaires du gouvernement, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, des infrastructures urbaines, de l’électricité, de l’agriculture et du soutien aux entreprises. La France est présente dans les investissements majeurs concernant surtout le volet agricole du Plan Sénégal émergent. Avec le plus gros portefeuille agricole par pays de l’Afd, le Sénégal bénéficie d’un appui de plus de 100 millions d’euros (65 milliards de FCfa) sur ce secteur, auxquels s’ajouteront, d’ici fin 2016, plus de 50 millions d’euros en cours d’instruction.

Le Sénégal s’est lancé un défi important avec son objectif d’autosuffisance alimentaire, particulièrement celle en riz. La France est aux côtés du pays sur le secteur rizicole depuis plusieurs décennies en appuyant les investissements d’irrigation, d’aménagement et de limitation de la salinisation des terres agricoles (barrage) dans la vallée du fleuve Sénégal.

En plus de la vallée du fleuve Sénégal, avec des appuis aux communes rurales et à la production locale de riz, l’Afd sera bientôt présente dans le grand Tiers sud (les régions de Kolda et Tambacounda) et appuiera le financement de projet d’investissements agricole pour petits porteurs avec la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas).

L’Agence appuie également la formation professionnelle agricole à différents niveaux afin d’améliorer la compétitivité des entreprises du secteur. Par ailleurs, la France accompagne le Sénégal dans la mise en œuvre du volet agricole du Plan Sénégal émergent (Pse), au travers de son secteur privé, en s’appuyant sur son tissu d’entreprises, de centres techniques et organismes professionnels. Les entreprises françaises jouent donc un rôle significatif dans la vitalité économique du pays.

13 milliards de FCfa pour l’appui des exploitations familiales à Matam
ExploitationsAu mois d’avril 2015, l’Agence française de développement (Afd) avait accordé une enveloppe de 20 millions d’euros, soit 13 milliards de FCfa, pour le financement du Projet d’appui à la promotion des exploitations familiales dans la région de Matam (Apefam). Ce programme, intégralement financé par l’Agence française de développement par un prêt concessionnel de 18 millions d’euros, prendra en charge la réalisation des aménagements hydro-agricoles et une subvention de 2 millions d’euros dédiée au financement de l’appui institutionnel aux acteurs.

Le projet permet donc la réhabilitation et l’extension de plus de 1.500 ha de périmètres irrigués villageois (Piv), l’aménagement de cuvettes de décrue pour la production de maïs et de mil, le désenclavement de plusieurs villages et des zones de production par la réalisation de plus de 80 km de pistes principales et plusieurs pistes secondaires, la réalisation d’infrastructures collectives à caractère économique : des aménagements pastoraux, des infrastructures collectives de stockage, de transformation et de commercialisation, et l’appui technique et institutionnel aux différents acteurs impliqués dans le développement des territoires ruraux  pour la mise en valeur et la gestion des investissements. Il permet aussi l’appui à six communes rurales du département de Matam dans la planification et la réalisation de leur programme d’investissement ainsi que la gestion du foncier rural. Il doit, en outre, renforcer la résilience des exploitations familiales et contribuer à l’atteinte des objectifs de l’autosuffisance en riz du Sénégal avec une production supplémentaire attendue d’environ 10.000 tonnes de riz blanc par an à partir de 2017.

10 milliards de FCfa pour le financement de l’investissement agricole
Lors de sa première visite au Sénégal, le directeur général de l’Afd, Rémy Rioux, a signé, avec le ministre Amadou Bâ, une convention relative au Projet de mise en place d’une ligne de crédit dédiée au financement de l’investissement agricole. D’un montant de 10 milliards de FCfa (15 millions d’euros), ce prêt concessionnel a été rétrocédé à la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas) et permettra aux agriculteurs de financer la réhabilitation et l’extension de leurs périmètres irrigués, d’acquérir des matériels agricoles et des équipements de transformation des produits agricoles.

Lors de ce séjour, le fonctionnaire français a eu à faire le parcours de l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, mise en service en août 2013, à laquelle l’Afd a contribué à hauteur de 40 milliards de FCfa (60 millions d’euros). EL. I. Thiam

Par EL. Ibrahima Thiam

Enseignement supérieur : La France, première destination des étudiants sénégalais
PolytechLes relations entre le Sénégal et la France sont étroites et multiformes, embrassant tous les secteurs, notamment celui de l’éducation et de la formation professionnelle, plus particulièrement l’enseignement supérieur. Dans ce secteur, elle reste la première destination des étudiants sénégalais.

D’après le site de l’ambassade de France à Dakar, le Sénégal est l’un des 16 Pays pauvres prioritaires (Ppp) pour l’attribution de l’aide publique au développement française. Le dernier Document cadre de partenariat (Dcp), signé pour la période 2013-2017 et fixant les priorités de la coopération civile bilatérale, s’inscrit, en termes sectoriels et géographiques, dans le cadre de la Stratégie nationale de développement économique et social du Sénégal (Sndes) qui couvre la même période. Trois secteurs prioritaires d’intervention sont ciblés, dont le développement humain (promotion de l’éducation de base, de la formation professionnelle et la santé).

En réalité, les relations académiques entre la France et le Sénégal datent de la période coloniale, le pays de Marianne ayant implanté dans sa colonie d’alors les premières écoles afin de parfaire sa politique « civilisatrice ». Presque toutes les anciennes élites sénégalaises ont été formées en France, pays qui a fondé l’Université de Dakar. En effet, c’est en 1918 que fut créée l’Ecole africaine de médecine, première ébauche d’un enseignement supérieur en Afrique, puis l’Institut français d’Afrique noire (Ifan) voit le jour en 1936. Dakar constituait la 18ème Université française académiquement rattachée aux Universités de Paris et de Bordeaux en 1957.

Cette politique de formation supérieure se poursuit encore. En effet, la France est et reste la première destination des étudiants sénégalais sur les 42 pays gérés par le Service de gestion des étudiants sénégalais à l’étranger (Sgee), basé à Paris.

 

Près de 10.000 étudiants sénégalais en France
D’après ce service, qui se fiait aux statistiques de Campus France à partir duquel s’inscrivent les étudiants sénégalais désireux de poursuivre leurs études supérieurs dans la Métropole, en 2014-2015, on dénombrait 11.000 étudiants sénégalais. Un chiffre qui a dégraissé puisque les dernières statistiques évoquent un chiffre d’environ 10.000 étudiants. Il existe, selon le correspondant du « Soleil » à Paris, 22 associations estudiantines sénégalaises en France.

Quoiqu’il en soit, le contingent sénégalais est, selon Thierry Valentin, directeur général adjoint de Campus France, « la plus grande population d’étudiants d’Afrique subsaharienne en France ». Il a fait cette déclaration lors du lancement du réseau social « France alumni Sénégal », le 24 novembre dernier, exprimant leur souhait de « doubler le nombre d’étudiants sénégalais en France dans 2 à 3 ans ». Toutefois, il faut noter que bien qu’elle soit la première destination depuis toujours et jusqu’à présent des étudiants sénégalais à l’étranger, la France semble avoir de nouveaux concurrents dans ce domaine comme le Canada, des pays asiatiques, même si cela ne semble guère inquiéter Thierry Valentin qui parle plutôt de mobilité sur le plan mondial. La France, à travers l’Agence française de développement (Afd), accompagne l’Etat sénégalais dans le renforcement de la carte universitaire. En fait, l’Afd finance les Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (Isep) de Richard-Toll et de Bignona et la mise en place d’un réseau des Isep. A noter que pendant ce temps, la France a développé un réseau d’écoles au Sénégal. Ledit réseau, selon l’ambassade, compte 11 établissements scolaires à programmes français et un douzième à Banjul, géré depuis Dakar.

D’après le site de l’ambassade de France à Dakar, le Sénégal est l’un des 16 Pays pauvres prioritaires (Ppp) pour l’attribution de l’aide publique au développement française. Le dernier Document cadre de partenariat (Dcp), signé pour la période 2013-2017 et fixant les priorités de la coopération civile bilatérale, s’inscrit, en termes sectoriels et géographiques, dans le cadre de la Stratégie nationale de développement économique et social du Sénégal (Sndes) qui couvre la même période. Trois secteurs prioritaires d’intervention sont ciblés, dont le développement humain (promotion de l’éducation de base, de la formation professionnelle et la santé).

En réalité, les relations académiques entre la France et le Sénégal datent de la période coloniale, le pays de Marianne ayant implanté dans sa colonie d’alors les premières écoles afin de parfaire sa politique « civilisatrice ». Presque toutes les anciennes élites sénégalaises ont été formées en France, pays qui a fondé l’Université de Dakar. En effet, c’est en 1918 que fut créée l’Ecole africaine de médecine, première ébauche d’un enseignement supérieur en Afrique, puis l’Institut français d’Afrique noire (Ifan) voit le jour en 1936. Dakar constituait la 18ème Université française académiquement rattachée aux Universités de Paris et de Bordeaux en 1957.

Cette politique de formation supérieure se poursuit encore. En effet, la France est et reste la première destination des étudiants sénégalais sur les 42 pays gérés par le Service de gestion des étudiants sénégalais à l’étranger (Sgee), basé à Paris.

Plusieurs conventions signées
EducationLe ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, afin de renforcer le label « Etudier au Sénégal », a signé de multiples conventions avec les grandes écoles et classes préparatoires pour accueillir des bacheliers sénégalais dans le cadre des bourses d’excellence. Dès lors, les meilleurs étudiants (titulaires de mentions « Bien » et « Très Bien ») sont désormais orientés dans des écoles, instituts et universités retenus dans le classement Shanghai. Sur cette base, l’accent est mis sur les Stem. Car aucun pays ne peut se développer sans la maîtrise de la science, de la technologie et de l’innovation, surtout dans un monde, aujourd’hui, dominé par l’économie du savoir.

Les étudiants sont ainsi dans des classes préparatoires et réussissent au très sélectif concours d’admission au cycle d’ingénierie de la filière universitaire international de l’Ecole polytechnique de Paris. En 2014-2015, les 2 Sénégalais retenus ont été les seuls non Européens admis sur les 12 à ce cycle. Des mesures d’accompagnement sont ainsi prises par le Sénégal : octroi de bourses d’excellence (650 euros ou 430.000 FCfa), de mobilité pour les étudiants de Master II et de Doctorat en France (billet aller-retour plus une indemnité mensuelle de 60.000 FCfa quand il est au Sénégal. Montant qui n’a rien à voir avec ce que l’institution qui le reçoit lui remet) et de cotutelle (un nouveau dispositif) pour les doctorants afin de promouvoir le label « Etudier au Sénégal ». Une convention lie le ministère de l’Enseignement supérieur et l’Université d’Evry pour le programme de génétique moléculaire et une autre avec Atos pour la mise en place d’un calculateur parallèle intensif au Centre de mutualisation et de partage à la Cité du Savoir de Diamniadio. On peut ajouter la convention avec le ministère de l’Agriculture et de la Forêt de France pour un programme de formation de formateurs dans le domaine professionnel de l’enseignement supérieur.

D. MANE

La formation professionnelle : Un appui aux secteurs phares du Pse
La France est très active dans le domaine de la formation professionnelle au Sénégal. Nombreux sont les projets déroulés ou en cours d’exécution. L’objectif étant d’aider le pays à disposer d’une main-d’œuvre qualifiée de niveau intermédiaire, maillon faible du système éducatif sénégalais. Après avoir aidé le Sénégal à travers une coopération tripartite (Afd-Etat-Secteur privé) dans la mise en place en place de Centres sectoriels (Btp, agro-alimentaire…), la France poursuit son appui à ce sous-secteur si stratégique pour le développement.
C’est dans ce cadre qu’il faut situer le projet « Formation professionnelle pour l’emploi et la compétitivité » d’un coût global de 36 milliards de FCfa cofinancé par l’Etat du Sénégal, la Banque mondiale et l’Afd. Il vise, entre autres, la mise à niveau des lycées techniques par l’amélioration des équipements et de la gestion ; la révision des curricula et des formations pour 3.000 bacheliers ; le développement de nouvelles offres de formation en partenariat public-privé et notamment la création de nouveaux centres de formation dans les secteurs prioritaires du Pse, tels que l’aviculture, l’horticulture et le tourisme, en plus du Btp et de la mécanique mobile.
 
D. MANE

Education nationale : De nombreux projets en cours d’exécution
Le ministère de l’Education nationale n’est pas en reste. Et l’un des programmes phares ayant donné beaucoup de satisfaction fut, sans nul doute, le Projet éducation dans les banlieues de Dakar (Pebd) lancé en mars 2006 et qui fut piloté, à l’époque, par l’actuel directeur de la Planification et de la Réforme de l’éducation (Dpre), Djibril Ndiaye Diouf. Ce projet a permis la construction de plusieurs écoles en hauteur dans la banlieue qui était confrontée à un problème foncier (construction des 320 salles de classe et 100 autres réhabilitées). Actuellement, l’Afd finance le Projet d’appui à l’enseignement moyen dans la région de Dakar (Adem/Dakar) qui réalise 17 collèges (réhabilitation et construction) et le Projet d’appui à l’éducation de base en Casamance (Paebca) dans le cadre de la résorption des abris provisoires dans la région naturelle de Casamance. La France accompagne également la politique d’édition du ministère de l’Education nationale par l’acquisition de manuels.

D. MANE

Les grandes lignes du séjour du président Sall
Sall HollandeLes grandes lignes de la visite d’Etat de Macky Sall sont organisées par le protocole français en collaboration avec celui du Sénégal. Pour une visite d’Etat, il y a des événements incontournables comme l’entretien entre les deux présidents, prévu le 20, les honneurs militaires aux invalides.

Si le séjour de Macky Sall en France va du 18 au 22 décembre, la visite d’Etat en elle-même se limite aux 20 et 21. Cependant, les autorités françaises prennent en charge la délégation présidentielle durant tout au long du voyage notamment sur les questions  de sécurité, de protocole et d’hébergement. Ainsi après une arrivée sur le territoire français le 18, et un déplacement, le lendemain, à Strasbourg pour la signature de contrats avec Alstom concernant le Ter de Dakar, le président Macky Sall se rendra au Musée du Quai Branly pour la signature d’un accord avec le Musée des civilisations noires de Dakar. Après cette première journée, la visite d’Etat débute le 20 décembre par les honneurs militaires adressés au Sénégal par l’intermédiaire de son président aux Invalides. La cérémonie sera suivie par un entretien entre Macky Sall et François Hollande. L’entretien sera clos par une signature de différents accords entre les deux pays en présence des président Sall et Hollande.

Youssou Ndour en concert à l’honneur du chef de l’Etat
Youssou Ndour fait partie des personnalités présentes durant le séjour parisien du président Sall. L’artiste sénégalais va animer un concert en l’honneur de Macky Sall prévu lundi, à la salle Wagram. Le leader du Super Etoile a dépêché deux personnes à Paris pour les besoins de l’organisation du concert. M. DIOP
 
Les Champs-Elysées aux couleurs du Sénégal
Champs ElyséesLa plus belle avenue du monde, comme aime la surnommer le chauvinisme français, s’est parée des couleurs sénégalaises. En effet, les drapeaux du Sénégal et de la France sont présents tous les vingt mètres sur les 1,9 kilomètre de longueur de l’artère très fréquentée par les touristes du monde entier. En moyenne, 300. 000 personnes fréquentent les Champs-Elysées chaque jour. Ce qui attire la curiosité des touristes notamment issus de pays asiatiques et d’Amérique. Beaucoup d’entre eux s’interrogeait sur le pays qui était représenté par les couleurs vertes jaune et rouge.

M. DIOP

Signature d’accords
Il est prévu un accord entre les ministres sénégalais et français de l’Economie, des Finances et du Plan, à propos du financement du Ter ;  le ministre de l’Enseignement supérieur sénégalais doit sceller un partenariat avec le Conservatoire national français des arts et métiers (Cnam). Il est également prévu la signature d’un accord entre la France et l’Apix pour la construction de ponts régionaux. Toujours dans la même matinée, il devrait y avoir des déclarations d’engagement entre le ministère français chargé de l’Environnement et celui sénégalais des Affaires étrangères. En fin de matinée, Macky Sall sera l’hôte de Gérard Larcher, président du Sénat français pour un déjeuner qui sera suivi d’une grande réception à la mairie de Paris. C’est un événement obligatoire qui entre dans le cadre d’une visite d’Etat. Après le Sénat, place à l’Assemblée nationale française où Macky Sall est invité par Claude Bartolone, président de l’institution. La première journée de la visite d’Etat se terminera par le dîner à l’honneur de Macky Sall à l’Elysée. Le 21, le président se rendra au Cnam, avant d’être l’hôte de Matignon et de Bernard Cazeneuve, le premier ministre français.

Dans l’après-midi, il recevra le titre de Docteur Honoris Causa à l’Académie des Sciences d’Outre-Mer comme le fut ses prédécesseurs Senghor, Diouf et Wade. Le dernier jour de son séjour parisien sera consacré à un retour à l’Institut français du pétrole où le président sénégalais a été pensionnaire pour des accords avec Petrosen.

Composition de la délégation sénégalaise
La délégation officielle sénégalaise est composée d’une cinquantaine de personnes. Il y a des membres du gouvernement, des Parlementaires, des membres du Hcct, des patrons d’entreprises et de personnalités. Il y a 7 ministres et un secrétaire d’Etat : celui de l’Economie et des Finances ; des Affaires étrangères ; de l’Assainissement ; des Infrastructures ; de l’Enseignement supérieur ; de la Culture ; du Tourisme et des Transports aériens et enfin le Secrétaire d’Etat au réseau ferroviaire national.

M. DIOP

Economie : Un partenariat fécond pour une croissance durable
Partenariat Sénégal FranceLa France et le Sénégal ont des relations vieilles et solides de plus de 350 ans. Dans ce cadre, la contribution de l’Agence française de développement (Afd) a été remarquable. Cette institution est présente au Sénégal depuis 1946 et intervient dans des domaines comme l’éducation, la santé, les infrastructures. Depuis dix ans, elle investit presque 100 millions d’euros par an, soit 65 milliards de FCfa.

Dans le cadre des relations entre le Sénégal et la France, l’action de l’Agence française de développement (Afd) est déterminante. L’institution est présente au Sénégal depuis 1946. Une coopération qui a permis à la France d’appuyer le Sénégal dans des domaines divers. Ses secteurs d’intervention dans ce pays sont : la promotion de l’éducation de base et de la formation professionnelle ; les infrastructures ; le développement urbain ; les appuis au secteur privé ; le monde rural et la protection de l’environnement. Le secteur de l’agriculture n’est pas en reste. L’Agence privilégie des interventions qui contribuent à l’émergence d’une croissance durable, favorisant la réduction de la pauvreté et des inégalités. Ses appuis visent à améliorer la compétitivité de l’économie ; l’employabilité des jeunes, l’accès à des services publics durables et le renforcement de la résilience du Sénégal face aux chocs exogènes et aux défis environnementaux.

Dans le cadre de l’exécution de sa mission, l'Afd dispose d'une large gamme d'outils financiers comme les subventions, les prêts aux entreprises publiques ou privées, les garanties d'emprunts bancaires, des prises de participation dans des entreprises privées. Dans un entretien accordé au quotidien « Le Soleil », Christophe Bigot, le nouvel ambassadeur de France au Sénégal, avait salué la qualité des relations entre les deux pays. Il avait révélé que l’Afd consacre chaque année, depuis près de 10 ans, environ 100 millions d’euros au Sénégal, soit près de 65 milliards de FCfa. « Ici, pour lutter contre la mortalité infantile, là, pour permettre l’électrification du sud, ailleurs, pour répondre à la crise de l’eau à Dakar ; sur le fleuve pour développer l’autosuffisance en riz ; ou, enfin, pour construire des infrastructures modernes qui feront du Sénégal un pays émergent », précisait le diplomate.

Dans son portail Internet, il est précisé que l’Afd finance des projets ou programmes qui s’insèrent dans les priorités retenues par les gouvernements sénégalais et français. « Les domaines d’intervention de l’Afd au Sénégal s’inscrivent en conformité avec les orientations du Document cadre de partenariat, signé en 2006, négocié entre les États sénégalais et français (…) », précise-t-on.

De 2000 à 2012, ce sont 55 millions d’euro qui ont été engagés par l’Afd pour accompagner le Programme de développement de l’éducation et de la formation. Parmi les réalisations figurent la construction de plus de 700 salles de classe ; la réhabilitation de près d’une centaine ; ce qui a permis d’accueillir plus de 40.000 élèves. Dans ce cadre, plus de 500 projets d’écoles et d’établissements ont été mis en œuvre ; 700 jeunes apprentis encadrés par 150 maîtres d’apprentissage, alternant l’apprentissage pratique dans des ateliers artisanaux et la théorie dans des établissements de formation professionnelle, dans les métiers de la mécanique auto, de la couture et du Btp.

Aliou KANDE

Remise à neuf du pont Faidherbe
La ville de Saint-Louis n’a pas été en reste dans le cadre de l’intervention de l’Afd au Sénégal. Le pont Faidherbe, qui était en état de dégradation avancé, a été réhabilité grâce au soutien de l’Agence française de développement. Les travaux, initiés en 2008, ont consisté à remplacer à l’identique les travées métalliques du pont sur une longueur de 515 mètres, à renforcer les fondations et à créer une seconde voie piétonne sur le pont. Le montant des travaux s’est élevé à 30 millions d’euros, financés par l’Etat du Sénégal et une subvention de 12 millions d’euros de l’Afd. Dans le même sillage, en octobre 2012, l’État du Sénégal et l’Afd ont signé un accord de financement de 24,5 millions d’euros pour accompagner le développement territorial et touristique de Saint-Louis. La réhabilitation des centrales de la Senelec, dans le cadre du plan de redressement du secteur de l’énergie, et la concession d’électrification rurale de « Kaffrine, Tambacounda et Kédougou » figurent également dans les interventions de l’Afd.

A. KANDE

317 milliards de FCfa pour le Pse
Ambassadeur France Amadou BaLe Sénégal a reçu un soutien important de la France via l’Afd dans le cadre de la réalisation des projets et programmes du Pse. En septembre dernier, à l’occasion de la visite du Premier ministre d’alors, Manuel Valls, elle s’était engagée à hauteur de 317 milliards de FCfa d’investissement dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) avec la signature de deux conventions dans le domaine de l’hydraulique et du renforcement du capital humain. « La République française avait pris l’engagement, il y a deux ans, d’assister la mise en œuvre du Pse autour d’un volume de 282 milliards de FCfa (…) aujourd’hui, nous en sommes à 317 milliards de FCfa avec les deux conventions signées entre l’Afd et l’Etat du Sénégal », déclarait, en septembre, le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne lors du deuxième séminaire intergouvernemental entre le Sénégal et la France. A. K.

Soutien aux programmes régionaux impliquant le Sénégal
L’Afd soutient des programmes régionaux impliquant le Sénégal. C’est dans ce cadre qu’elle appuie la Commission sous-régionale des pêches, l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs), l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (Omvg), etc. Récemment, elle s’est illustrée dans le projet de réalisation d’une ligne d’interconnexion électrique haute tension de 1677 km entre la Guinée, la Guinée-Bissau, le Sénégal et la Gambie, et d’une capacité de transit de 800 MW. Ce projet est cofinancé à hauteur de 40 millions d’euros (26 milliards de FCfa) par l’Afd, aux côtés de sept autres bailleurs de fonds et des quatre Etats membres de l’Omvg (Gambie, Guinée, Guinée-Bissau et Sénégal). A. K.

Sports Une coopération à relancer
Il fut un temps, la France contribua à la formation des administratifs et techniciens du sport sénégalais via des Conseillers pédagogiques itinérants (Cpi) et des Conseillers techniques. Mais, pour des raisons de restriction budgétaire, cette coopération a cessé depuis les années 2002. Au ministère des Sports, on plaide pour la réactivation de ces accords qui avaient été d’un très grand apport.

Souleymane Boun Daouda Diop« Entre la France et le Sénégal, il n’y a plus de coopération formelle d’Etat à Etat en matière de sports depuis les années 2002 – 2003 ». Le constat est du directeur de la Haute compétition au ministère des Sports, Souleymane Boun Daouda Diop. Et c’est pour s’en désoler, car, à son avis, « cette coopération était très bénéfique à notre pays ». Le Dhc en veut pour preuve les Conseillers pédagogiques itinérants (Cpi) que la France envoyait et qui étaient basés à Dakar mais sillonnaient l’Afrique francophone pour distiller leur savoir. Certains d’entre eux faisaient même partie du corps professoral de l’Inseps. Après l’ère des Cpi, ce fut, rappelle-t-il, celle des Conseillers techniques qui étaient plutôt rattachés au projet Fonds d’aide et de coopération (Fac). C’est ainsi que des techniciens comme Me Picard (judo et karaté), Grave (handball), J. M. Rochez (lutte) ou Dugrand (football) ont eu à faire profiter de leur savoir à de nombreux Sénégalais. « Ils ont beaucoup eu à s’investir dans le sport à la base ; plusieurs initiateurs et entraineurs de 1er degré ont ainsi pu être formés », selon le Dhc. Mais, le sport de haut niveau n’était point occulté, puisque certains de ces spécialistes de la chose sportive ont même eu à occuper des fonctions de directeur technique national (Dtn), à l’instar de Picard au judo et de Rochez à la lutte, voire d’entraineur tel Dugrand à la Ja. D’autres, en techniciens polyvalents, formaient ou perfectionnaient leurs protégés dans diverses disciplines sportives (gymnastique, volleyball, etc.) et dans certains métiers du sport comme la fabrication de ballons ou de filets de compétition. « Et tout cela, à la charge de la France », tient à préciser M. Diop. Sans oublier les dons de matériels à certaines structures, telles que le Centre Talibou Dabo.

Mais, depuis que la France a adopté une drastique politique de rationalisation budgétaire en matière de coopération sportive, ces « coopérants » ont disparu des aires d’entrainements et de compétitions. Si bien que le Sénégal est obligé de mettre la main à la poche à chaque fois qu’il sollicite l’expertise d’un technicien français. A l’image du handball qui a dû payer pour s’attacher les services de Frédéric Bougeant qui a conduit les « Lionnes » à la Can qui s’est tenue dernièrement en Angola, avec le résultat et les développements que l’on sait. « Du temps de la coopération, on n’aurait certainement pas à débourser de l’argent pour faire venir ce technicien », regrette Souleymane Boun Daouda Diop.

Pour le directeur de la Haute compétition au ministère des Sports, « il faut autant que possible s’employer à relancer cette coopération ». « Nous en avons besoin surtout dans la formation des formateurs », insiste-il. Pour cause, aujourd’hui, la France est une vraie grande puissante sportive sur la scène mondiale. Or, le Sénégal cherche encore à se faire une bonne place au soleil du sport international.

B. K. N.

Mouvements des sportifs : Le temps des… vases communicants
France Senegal 2002Pendant longtemps, le mouvement des sportifs de haut niveau entre le Sénégal et la France s’est presque exclusivement fait du sud vers le nord. Depuis le début des années 2000, c’est le principe des vases communicants qui fonctionne. La preuve, peut-être que le sport sénégalais est devenu attractif à défaut d’être très compétitif.

Retour de bâton ou preuve de la nouvelle attractivité du sport sénégalais en général ? Dans tous les cas, les mouvements de sportifs de haut niveau ne se font plus depuis une quinzaine d’années dans le seul sens Sénégal – France. Il est loin le temps où les footballeurs Ibrahima Bâ, Samba Ndiaye ou les frères Mendy, Etienne et Bernard, se faisaient enrôler presque naturellement sous le maillot frappé du coq au détriment de celui portant une tête de lion. Des basketteurs de haut niveau comme Apollo Faye, Bengaly Kaba, voire Fatou Kiné Ndiaye, après une belle carrière sous les couleurs du Sénégal, avaient fini leur carrière internationale avec les « Bleus » de France. Même en athlétisme, l’ancien militaire sénégalais Ibrahima Wade, spécialiste du tour de piste, avait, sur le tard, rejoint le relais 4 X 400 m français. Certains avaient été « arnaqués », d’autres avaient fait un choix de carrière et d’autres encore étaient animés par des préoccupations financières. Qu’importe les motivations des uns et des autres, la conséquence était que les rangs sénégalais se dépeuplaient pendant qu’en face on s’enrichissait de l’apport des arrivants dont certains n’étaient utilisés que juste le temps de les empêcher de pouvoir jouer un jour avec l’équipe de leur pays d’origine. Soit quelques petites minutes pour les footballeurs comme Samba Ndiaye et les frères Mendy.

Ces derniers qui ont voulu éviter à leurs cadets de tomber dans le même piège ont certainement été pour quelque chose dans le retournement de situation opéré depuis le début des années 2000. En plus, depuis que les « Lions » ont terrassé les « Bleus », alors champions du monde et d’Europe en titre (1 – 0), en ouverture du Mondial 2002 de foot, à Séoul (Corée du Sud), la « Destination Sénégal » est devenue plus attrayante. Désormais, c’est le Sénégal qui « pille » la France de ses pépites jeunes, essentiellement au moment où celles-ci atteignent l’âge limite pour changer de nationalité sportive, en football surtout. Ainsi, les Moussa Sow, Jacques Doudou Faty, Issiar Dia, qui ont brillé avec les catégories de jeunes en France, ont choisi de jouer pour le Sénégal. Ce qui, un moment, avait réellement agacé les dirigeants du football français qui se plaignaient de « former pour d’autres ». Une tendance Lionnes Handballégalement favorisée par la génération de Habib Bèye, présélectionné en équipe de France, et Khalilou Fadiga à qui les « Bleus faisaient les yeux doux, mais qui avaient tous opté pour le Sénégal. C’est l’ère des binationaux qui reviennent à la source. Tel Kalidou Koulibaly, dernière grosse prise dans les filets sénégalais au nez et à la barbe de Deschamps, le sélectionneur des « Bleus ».

Le mérite des dirigeants

C’est, par ailleurs, tout à l’honneur des dirigeants techniques et administratifs sénégalais qui n’hésitent pas, depuis quelques années, à aller « vendre » leur sport à tous les sélectionnables sous tous les cieux. Surtout en France. Ainsi, le handball, par exemple, avec son dynamique président, Seydou Diouf, a pu décrocher, entre autres binationales de haut niveau, Doungou Camara, ancienne internationale juniors française, même si l’affaire s’est mal conclue à la dernière Can. Mais, ce n’est que partie remise. Au basket également, cette piste est explorée, et même si Antoine Mendy en garçons et surtout Binetou Diémé chez les féminines n’étaient pas dans le viseur de la France, c’est bien que le Sénégal les ait récupérés.

Ce n’est pas pour autant qu’il faille en conclure que le mouvement est irrémédiablement inversé. Il fonctionne plutôt suivant le système des vases communicants. Car malgré la nouvelle attractivité ou relative compétitivité du sport sénégalais, certains de ses représentants n’hésitent pas à tourner casaque pour devenir français. A l’image du hurdler Mamadou Kassé Hanne qui a couru pour la France lors des derniers Jo à Rio (Brésil) après avoir fait briller les couleurs sénégalaises au plus haut niveau. D’autres comme les footballeurs Mbaye Niang (Milan Ac, Serie A italienne) et Youssouf Sabaly (Bordeaux, L1 française) font la sourde oreille aux appels du Sénégal en espérant une prochaine convocation chez les « Bleus ». Jusqu’à quand ? Tout pourrait dépendre de la future compétitivité du sport et plus particulièrement du foot sénégalais.

B. K. N.

 

 

L’Histoire m’acquittera (en espagnol : La Historia me absolvera) est un manifeste d’auto-défense écrit par Fidel Castro en octobre 1953, à la veille de son procès (il est jugé pour avoir attaqué la caserne de Moncada le 26 juillet 1953, en réaction au coup d’Etat de Batista). Digne héritier de Bolivar, de Marti, de San Martin et de tant d’autres combattants pour la dignité et l’indépendance latino-américaine, Fidel Castro Ruiz entre dans le Panthéon de l’histoire ! Fidel Castro est diplômé en droit, il manie la plaidoirie, exercice qu’il connaît bien, avec aisance : il y explique ses actes et son implication dans le soulèvement contre Batista mais surtout, il y développe ses différentes thèses politiques et son point de vue sur la situation cubaine de l’époque. Le discours, qui occupe la moitié du volume, est divisé en six grands chapitres : la terre, l’industrialisation, le logement, le chômage, l’éducation et la santé. La seconde partie de l’ouvrage est majoritairement composée de textes juridiques (plaidoiries, dépôts de plaintes…) mais aussi de discours et des lettres de Fidel Castro, écrits entre 1952 et 1975. Ces documents étoffent le portrait de Fidel Castro brossé dans « L’Histoire m’acquittera » : celui d’un révolutionnaire avant tout. Le volume est traduit pour la première fois en français et annoté (500 notes) par Jacques-François Bonaldi, journaliste français vivant à Cuba.

L’héritage de Castro
Il a échappé à des centaines de tentatives d’assassinats et survécu à de multiples opérations médicales, mais la nature a fini par prendre le dessus. Fidel Castro est décédé le 25 novembre 2016 à l’âge de 90 ans. Un jour nouveau se lève sur la plus grande île des grandes Antilles et les autres, plus petites, qui forment la République de Cuba. Le révolutionnaire qui a renversé le dictateur Fulgencio Batista, le 1er janvier 1959, avait promis le Graal à son peuple. Mais l’objet précieux ainsi nommé par le Moyen Age n’a jamais revêtu les atours du bien être espéré par les Cubains. La révolution menée par Fidel Castro a, certes, opéré un renversement dans le rapport de force entre pays du Nord et pays du Sud, pays riches et pays dits du Tiers-Monde, mais changer l’ordre établi ne préfigure pas nécessairement la prééminence de l’ordre nouveau. A ce titre, il est reproché à Castro d’avoir combattu une dictature pour lui substituer la sienne.

Il faut le reconnaître, le père du Parti communiste de Cuba a été un inspirateur fécond, en Amérique latine, des mouvements progressistes qui cherchent à s’émanciper de la tutelle étatsunienne et à contrer les élites bourgeoises locales qui accaparent richesses et pouvoir. La révolution cubaine constitue, aujourd’hui encore, une inspiration pour de nombreuses luttes sociales et politiques latino-américaines, car elle incarne la possibilité réelle de prendre le pouvoir et de faire basculer les rapports de force.

L’écho mondial de la révolution cubaine est également lié à ses réussites sociales importantes dans un petit pays insulaire peu pourvu en ressources naturelles. On cite communément l’accès gratuit et universel à des services publics de santé et d’éducation. Mais on oublie souvent le contrôle des loyers et la répartition des logements, l’éradication des bidonvilles et la mise en place de services sociaux ou encore la fin des discriminations raciales. Mais, à côté, le bilan économique et politique de Castro est d’un funeste acabit. Alors qu’Ernesto Guevara, ministre de l’Industrie dans les années 1960, recommandait une diversification de l’économie afin de parvenir à l’autosuffisance alimentaire et de diminuer la dépendance extérieure, Fidel Castro fit le choix de revenir à la monoculture exportatrice du sucre en acceptant d’entrer dans la division du travail soviétique. La politique du « sucre contre pétrole » trop dépendant de l’Urss a été un désastre amplifié par la chute de l’empire soviétique.

Il faut ajouter à ce tableau les violations systématiques des droits civils et politiques justifiées publiquement par l’hostilité américaine. La personnalisation de l’administration publique autour de sa figure a créé des générations de citoyens cubains analphabètes sur le plan politique. Raul Castro, son frère et successeur, sera-t-il en mesure de s’affranchir de l’actuel régime politique de gérontocrates qui refusent d’entrer dans le XXIème siècle et d’ouvrir son pays au souffle du monde ? C’est tout le mystère de l’après-Castro.

Par Sidy DIOP

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Depuis le triomphe de la Révolution, former les jeunes cubains a été une sur-priorité pour le régime castriste et étudier la médecine à Cuba, une option pour les jeunes du monde. Les étudiants africains tombent sous le charme de l’expertise, la modestie des professeurs et la conscience humanitaire qui leur sont inculquées durant leur formation. Il y a aussi la philosophie de Cuba de prévenir les maladies, d’apporter une couverture médicale afin de donner une meilleure qualité de vie aux personnes et une longévité à la population. 30.000 professionnels de la médecine prêtent bénévolement leur concours dans plus de 60 pays pauvres, dont ceux d’Afrique touchés récemment par l’épidémie d’Ebola.

A Cuba, les formations aux professions dans les sciences médicales sont un choix d’études des jeunes étrangers, à partir des premier et troisième cycles. Assurés par un réseau de treize universités sur le territoire national, les étudiants qui les fréquentent viennent du monde entier, notamment d’Afrique. Charmés par la grande renommée de la médecine cubaine, les jeunes étudiants africains mais aussi des médecins praticiens ont fait de la grande île leur destination préférée pour se performer. Deux principales universités sont le réceptacle des Africains : celle de La Havane et celle de l’Ecole latino-américaine de médecine (Elam) inaugurée par le leader de la Révolution, Fidel Castro, en 1988, où plus de 24.000 professionnels de la santé de 84 pays ont été diplômés. Rien que l’Université de La Havane et ses 12 facultés préparent plus de 2.500 étudiants provenant d’Afrique, d’Amérique latine et du Moyen orient, inscrits grâce au financement de leurs gouvernements respectifs ou d’études financées par leurs familles. Ainsi, à titre illustratif, l’Elam a à son actif 720 étudiant congolais et quelque 700 autres médecins étrangers suivant des cours de spécialisation dans les 43 branches proposées par le ministère de la Santé publique (Minsap). La formation est répartie entre stages pratiques et masters, doctorats en sciences de la santé, éducation médicale et stomatologie. La volonté d’étudier dans ces structures, exprimée par les bénéficiaires, renseignent sur la bonne réputation d’excellence en matière de sciences médicales de Cuba. Conformément à l’objectif assigné aux universités de « former un bon professionnel, mais aussi un professionnel sensible à l’aspect humain et social de la médecine, avec un engagement plus important envers son environnement ».

Des offres de formations médicales diversifiées
En arrivant, les étudiants africains sont d’abord soumis à un contrôle des connaissances et à une remise à niveau avant de pouvoir entrer à l’université. Durant tout leur séjour estudiantin, il leur est enseigné à approfondir l’examen clinique comme méthode exploratoire pour arriver à un diagnostic. L’enseignement de la médecine à Cuba est basé sur le lien entre la théorie et la pratique, et les étudiants sont en contact direct avec la société cubaine dans la prise en charge des patients. A côté d’un corps professoral rigoureux qui exige des étudiants ni plus ni moins qu’une connaissance solide en matière bibliographique et de longues heures pour comprendre correctement les termes scientifiques, des activités récréatives et autres galas culturels (festivals et concerts) sont organisés par les étudiants qui proviennent de pays divers. Ce qui favorise un véritable brassage et constitue un enrichissement mutuel. Jusqu’en 2015, 20.000 médecins du tiers-monde ont terminé leurs études dans les écoles de médecine cubaines.

Accéder aux soins et vaincre les maladies en Afrique
L'envoi d'une aide médicale massive est une spécialité cubaine depuis 1963, théorisée sous le nom de "l'internationalisme médical". Selon les statistiques disponibles, « 50.000 professionnels de la médecine cubaine prêtent bénévolement leur concours dans plus de 60 pays pauvres ». Et le programme international de santé mis au point par Cuba à grande échelle favorise des millions de personnes nécessiteuses pour lesquelles la prévention, une petite intervention chirurgicale ou un vaccin peut signifier la vie ou la mort. Dans ce cadre, l’assistance médico-sanitaire cubaine à l’égard de l’Afrique n’a jamais fait défaut. Les médecins de l’Ile ont toujours répondu présent pour voler au secours des millions de personnes qui n’ont même pas accès aux soins de santé primaires.

Du fait de la détérioration voire de l’inexistence de systèmes de santé adéquats et fonctionnels selon les normes de l’Oms, le manque ou l’indisponibilité de personnels qualifiés pour dispenser des soins primaires de santé dans nombre de cas (Sida, Ebola, Dingue, Chicungunia…). L’irruption de Cuba sur la scène internationale dans le domaine de la médecine avec un travail herculéen abattu dans la discrétion donne à réfléchir sur cette île isolée par un embargo économico-financier plus que cinquantenaire. Cette percée face aux occidentaux, détenteurs de la science et des firmes pharmaceutiques pour se faire un nom sur la santé mondiale, considérée toujours comme une chasse gardée, est la résultante d’une vision éclairée d’un leader charismatique et respecté par un peuple à l’esprit inventif et courageux. Cuba est l’un des rares pays au monde où la santé et l’éducation sont gratuites.

Cuba, Ebola et l’Afrique
Le 19 décembre 2014, le député Europe Ecologie Les Verts (Eelv), François-Michel Lambert, affirmait sur les ondes de radio France qu’ « il y a plus de médecins cubains en Afrique de l’ouest pour combattre Ebola que la somme de tous les médecins occidentaux ». A sa suite, Margaret Chan, la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé confirmait ces propos de M. Lambert estimant que « les Cubains représentent effectivement le plus important contingent de santé mobilisé par un Etat depuis le début de l'épidémie qui touche l'Afrique de l'Ouest ».

En effet, durant cette pandémie, Cuba a envoyé 165 médecins et infirmiers en Sierra Leone pour lutter contre le virus. En outre, 283 professionnels de santé cubains sont également arrivés au Libéria et en Guinée. Au total, le pays a donc mobilisé plus de 400 experts médicaux pour voler au secours de pays africains durement éprouvé par Ebola. Aussi, à titre de comparaison, la Chine a annoncé l'envoi de 170 professionnels de santé tandis que les Etats-Unis ont envoyé 65 et la France une vingtaine. Cette promptitude et cet engagement bénévole de Cuba entrent en droite ligne avec la politique d’aide humanitaire à destination des pays en développement.

Mamadou Lamine DIEYE

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Fidel Castro : Le guerillero qui n’est pas mort au front

« Il n’y a de richesse que d’homme ». Cette assertion, l’île de Cuba en a fait sienne. Comme le Japon, la Corée du Sud, le pays de Fidel Castro a beaucoup investi dans ce domaine afin de disposer de ressources humaines de qualité et faire face aux défis du développement, d’autant plus que le pays vivait sous embargo imposé par les Usa.

Depuis sa nationalisation à la suite de la révolution cubaine de 1959, l’éducation a toujours constitué un axe essentiel du projet de développement et un moyen d’atteindre l’objectif d’égalité, avec en toile de fond, la remise en cause de la division capitaliste du travail et la division sociale qui en découle. Les principes fondamentaux de la politique éducative sont l’universalisme, la gratuité et le caractère public de l’éducation. Ce qui a permis d’édifier l’un des meilleurs systèmes éducatifs au monde, en termes d’accès comme de qualité. En effet, plusieurs évaluations (Pnud : 2000, Investigación sobre desarrollo humano y equidad en Cuba 1999, Caguayo, La Havane ; Unesco : 1998, Primer estudio internacional comparativo en la educación básica, Santiago du Chili) ont montré que les résultats obtenus par le système éducatif cubain le placent largement en tête des pays d’Amérique latine. Dans certains domaines, l’école cubaine dépasse celle des pays développés. Cuba a toujours su préserver les piliers de son système éducatif.

Selon Philippe Bayart (Bayart P. (2008) : « Éducation et valorisation à Cuba », Thèse, Université de Paris 1), en 2004, le pays comptait plus de 700.000 diplômés de l’université, parmi lesquels près de 80.000 dans des disciplines scientifiques ou technologiques (dont 7.000 docteurs ès sciences), et 300.000 professeurs de haut niveau, au nombre desquels 69.000 enseignent la médecine. En 2005, la part de la dépense intérieure d’éducation/Pib, était de 10,10 % contre 6,9 % pour la France. Dans la période 2009-2013, cette part a atteint presque les « 13 % du budget national », selon la Banque mondiale. « Avec près de 13% (12,8%) du Pib investi dans ce secteur, aucun autre pays au monde, y compris les plus développés, n’égale l’île de la Caraïbe. Le Timor oriental et le Danemark complètent le podium mondial, avec respectivement 11,3% et 8,7% du Pib dédiés à l’éducation. En guise de comparaison, les Etats-Unis investissent à peine 5,4%, soit deux fois moins que Cuba, et le Canada 5,5%. En Europe, la France consacre 5,9% de son budget national à l’éducation, l’Allemagne - 5,1%, le Royaume-Uni- 6,2%, l’Italie - 4,5% et l’Espagne - 5%. Pour ce qui est du continent latino-américain, la Bolivie occupe le second rang derrière Cuba avec 7,6%. Le Brésil attribue 5,8% de son Pib à ce secteur alors que le Mexique et l’Argentine lui destinent respectivement 5,2% et 5,8% », fait remarquer la Banque mondiale dans son rapport 2014.

D’importantes innovations
Tous ces résultats sont le fruit d’importantes innovations intervenues dans les années 1990, : augmentation du nombre d’heures consacrées à l’apprentissage des matières fondamentales (Espagnol, Histoire, Mathématiques) ; promotion des formations culturelles et artistiques ; promotion des nouvelles technologies (presque toutes les classes, du préscolaire au secondaire, disposent d’ordinateurs et d’équipement audiovisuel) ; une chaîne de télévision est consacrée à l’enseignement (Canal Educativo) en plus de la télévision nationale qui diffuse des programmes « Universidad para Todos » sous forme de « salles de classe ».

La qualité du système éducatif cubain a été soulignée, en 2014, par la Banque mondiale dans un rapport sur l’état des lieux de l’éducation en Amérique latine et dans la Caraïbe, Cuba est retenu comme le pays de cette sous-région ayant le meilleur système éducatif. Il se hisse en tête du classement pour la qualité de formation des enseignants, les méthodes d’enseignement. « Cuba est internationalement reconnue pour ses succès dans le domaine de l’éducation et de la santé, avec un service social qui dépasse celui de la plupart des pays en voie de développement et dans certains secteurs, il est comparable à celui des pays développés. Depuis la Révolution cubaine en 1959, et l’établissement d’un gouvernement communiste à parti unique, le pays a créé un système de services sociaux qui garantit l’accès universel à l’éducation et à la santé. Ce modèle a permis à Cuba d’atteindre un alphabétisme universel, d’éradiquer certaines maladies, de fournir un accès général à l’eau potable et à une salubrité publique de base, de disposer de l’un des taux de mortalité infantile les plus bas de la région et de l’une des plus longues espérances de vie ».

Au même moment, la Banque mondiale relève la faible qualité des enseignants en Amérique latine et de la Caraïbe souvent pas assez ou mal formés et consacrent à peine 65 % du temps de classe à l’instruction, les contenus académiques inadaptés et les pratiques inefficaces. Autant dire qu’il suffit d’une volonté politique et d’une vision pour surmonter maints obstacles. Cuba l’a démontré.

Daouda MANE

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Fidel Castro : Le guerillero qui n’est pas mort au front

Le « Lider maximo » Fidel Castro est mort laissant non tranché le cruel débat sémantique sur l’asphyxie économique de Cuba qualifiée d’ « embargo » par les Etats-Unis et de « blocus », selon Cuba. Quelque soit l’issue de cette querelle, la réalité est que l’ile subit un boycott économique, financier et commercial depuis 1962 suite à une nationalisation des compagnies américaines par le gouvernement révolutionnaire qui a chassé du pouvoir le dictateur Fulgence Batsista soutenu et aidé sans conditions par Washington.

Colonie espagnole pendant près de quatre siècles, l’île avait été rétrocédé aux Etats-Unis après une défaite militaire espagnole. Quelques années plus tard, les Etats-Unis leur octroient leur indépendance, prenant toutefois soin de garder des relations économiques privilégiées avec les milieux économiques notamment dans le domaine de la production de sucre, de tabac et du tourisme.

Après la révolution castriste ayant entrainé la chute de Batista, les Etats-Unis reconnaissent et soutiennent le nouveau gouvernement, le temps que le nouvel homme fort de la Havane annonce la couleur en réclamant des banques américaines des fonds évalués à plus de 500 millions de dollars qui auraient été détournés par de hauts dignitaires du gouvernement Batista qui se sont réfugiés aux Etats-Unis. Face au refus de restituer les sommes, le gouvernement cubain nationalise les sociétés américaines et procède à des réformes agraires qui exproprient plusieurs sociétés et citoyens américains qui tenaient l’économie et profitaient largement de la main d’œuvre bon marché. Les Etats-Unis ne tardent pas à exercer des représailles et usent de pressions pour que l’Organisation des Etats américains en fasse autant. Après plusieurs autres tentatives de déstabilisation, des mercenaires payés et armés par les patrons américains dont les biens ont été nationalisés, échouent en 1962 à débarquer sur la Baie de Cochons pour renverser le nouveau gouvernement.

A partir de cet échec cuisant, les américains rompent toutes les relations commerciales, diplomatiques et aériennes entre l'île et les autres pays du continent et poussent les alliés occidentaux à participer au boycott. Presque totalement isolé, Cuba s’approche davantage de l'Union soviétique qui augmente alors son aide financière à un allié stratégique aux portes des Etats-Unis. Le conflit bascule dans la tension Est-Ouest, et les Etats-Unis prennent très au sérieux la situation à Cuba à 150 kilomètres de leur territoire surtout après la crise des missiles soviétiques installées sur l’ile et pointées vers l’Amérique. Même s’ils ont pris l’engagement de ne pas envahir l’ile, les américains, pour des questions de sécurité intérieure, mettront en branle toutes leurs forces et intelligence pour précipiter la chute du régime révolutionnaire cubain.

Ils étendent les sanctions en élargissant le champ des restrictions commerciales et le département du Trésor interdit l’entrée sur le territoire américain de tout produit élaboré, totalement ou partiellement, avec des produits d’origine cubaine, même dans un pays tiers. Un contrôle des actifs cubains est mis en place interdisant toutes transactions avec Cuba et ordonnant le gel de ses avoirs aux Etats-Unis, de même que l’interdiction totale de transport d’aliments à destination de Cuba. Des restrictions aux voyages vers l'île ont été imposées aux citoyens américains.

Toutes ses sanctions se sont avérées inefficaces et ont plutôt poussé Fidel Castro à se rapprocher davantage des pays de l’Est et de bénéficier de leur soutien.
Par ailleurs, le blocus a été du pain béni pour lui car lui ayant permis de mieux renforcer son pouvoir en focalisant l’attention de tous les cubains sur cette volonté extérieur de détruire le pays pour réveiller leur fibre patriotique. Le renforcement des sanctions en 1992 puis en 1996 n’y fit rien et contribue même à renforcer sa main mise sur le pays en lui permettant de mettre toute opposition sur le compte des contre révolutionnaires apatrides soutenus par les Etats-Unis.

Malgré l’important lobbying des Cubains exilés aux États-Unis pour un maintien et une extension des sanctions en vue de faire tomber le régime, les gouvernements américains surtout démocrates, ont fini par faire preuve de réalisme et assouplirent progressivement les sanctions sous l’influence des groupes économiques.

Le président américain Bill Clinton déclara le premier en 1998 que Cuba n’était plus une menace pour les États-Unis et assouplit l’embargo. D’assouplissement en assouplissement, les Etats-Unis finissent par devenir les premiers fournisseurs de produits alimentaires à Cuba. L'embargo a été une nouvelle fois assoupli sous la présidence de Barack Obama avec la fin des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-cubains.

Le fait que l’embargo ne peut être annulé que par le Congrès contrôlé par les républicains qui manifestent encore une forte opposition au processus de normalisation est un écueil à franchir, mais l’essentiel a été fait par l’Administration Obama qui a réussi le 20 juillet 2015 à faire franchir aux relations une étape cruciale avec les bâtiments qui abritaient jusqu'à présent les sections d’intérêts dans chaque capitale qui ont retrouvé automatiquement leur statut d’ambassade.

Alassane DIAWARA

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Fidel Castro : Le guerillero qui n’est pas mort au front

Les dirigeants de la gauche latino-américaine ont uni leurs voix mardi soir pour appeler à perpétuer le legs de Fidel Castro, devant de centaines de milliers de Cubains mobilisés lors d'une grande cérémonie posthume en l'honneur du "Comandante" à La Havane.

Face au mémorial du héros de l'indépendance, José Marti, situé à la place de la Révolution, la foule a fait ses adieux au "Comandante" avant que ses cendres quittent la capitale pour traverser l'île jusqu'à Santiago de Cuba (est).

"Où est Fidel? Où est Fidel?", s'est exclamé à la tribune le président nicaraguayen Daniel Ortega. "Ici!", a répondu la foule d'une seule voix, résumant la tonalité de la soirée, vouée à souligner que la mort du "Comandante" n'est qu'une "mort physique", comme l'ont beaucoup répété les médias d'Etat cubains ces derniers jours. "Il ne part pas, il reste là, invaincu parmi nous, absous, totalement absous par l'histoire", s'est exclamé le président vénézuélien Nicolas Maduro, proche allié de Cuba, en référence au fameux "L'histoire m'absoudra" lancé par Fidel Castro à son procès après l'assaut en 1953 de la caserne de la Moncada, qui forgea le début de sa légende. "Aujourd'hui plus unis que jamais, peuple de l'Amérique latine (...) Nous continuerons à lutter pour ces idées, nous en faisons le serment!", s'est engagé de son côté le président équatorien Rafael Correa. "Ils ont tenté de le tuer de 1.000 manières, mais plus de 10 présidents américains n'y sont pas parvenus (...) Fidel et Cuba ont changé le monde" au XXe siècle, a ensuite relevé un autre inconditionnel, le Bolivien Evo Morales.

Après quatre heures de longs discours emprunts de ferveur socialiste, le président Raul Castro, qui a succédé à son frère Fidel en 2006, a énuméré les discours les plus marquants de son aîné prononcés sur cette emblématique esplanade. Puis de conclure: "Cher Fidel (...) ici, où nous commémorons nos victoires, nous te disons, aux côtés de notre peuple dévoué, combatif et héroïque: Jusqu'à la victoire, toujours!" ("Hasta la victoria, siempre!"), reprenant l'antienne bien connue des révolutionnaires cubains.

Un symbole
"Fidel est parvenu à sortir Cuba de la dictature pour la transformer en symbole international de résistance", a déclaré de son côté le Premier ministre grec Alexis Tsipras, seul dirigeant européen à avoir fait le voyage.

"Vive la Révolution!", "Fidel, Fidel!", scandaient entre les discours des milliers de Cubains de tous âges. Lycéens, fonctionnaires, policiers et militaires en uniforme ont été mobilisés pour l'occasion, remplissant les 72.000 m2 de la place mais aussi les avenues alentour, noires de monde.

Dans la journée, des dizaines de milliers de Cubains, souvent en pleurs, avaient défilé face aux portraits de Fidel, exposés sur cette même place depuis lundi. Partout sur l'île, ils ont aussi encore été très nombreux à signer des registres pour "jurer" de poursuivre l'héritage socialiste de celui qui a façonné pendant un demi-siècle le destin du pays - beaucoup ont confié avoir été vivement incités à ne pas manquer à l'appel.

AFP

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Fidel Castro : Le guerillero qui n’est pas mort au front

Spécialiste de Cuba par « attachement et conviction », le Pr d’espagnol à l’Ucad, Ndeye Anna Gaye, estime que Fidel Castro est resté attaché à ses idéaux jusqu’au bout ; malgré les nombreuses agressions venant de l’intérieur comme de l’extérieur. Elle pense que le peuple cubain, conscient de son histoire et de sa culture, est suffisamment armé pour continuer à défendre sa souveraineté nationale et ses intérêts.

Pr vous êtes spécialiste de Cuba. Son ancien dirigeant Fidel Castro est décédé, la semaine dernière, que peut-on retenir de la personnalité du lider maximo ?
La personnalité de Fidel Castro est une personnalité que l’on trouve complexe mais qui, pour moi, ne l’est pas. Castro est quelqu’un qui a eu une vision toujours très claire du futur de son pays. Il a lutté pour enlever une dictature qui sévissait dans son pays sous Batista. Il a lutté pour la souveraineté de son pays en tenant tête aux États-Unis. C’était un choix qu’il a assumé jusqu’au bout. Et je pense que c’est un mérite parce que c’est un homme qui est resté debout jusqu’à sa mort !

Vu de l’Afrique, qui était Fidel Castro ?
Fidel Castro a surtout été, au moment des indépendances, un exemple pour les progressistes d’Afrique qui voyaient en la révolution cubaine de 1959, le reflet de ce que l’Afrique devait être à l’aube des indépendances. Fidel Castro a représenté, pour la jeunesse progressiste, l’espoir d’une possibilité de gouvernement qui mettrait la liberté au service des peuples.

On connait le rôle que Cuba a joué dans la guerre froide. Fidel Castro a également servi de tête de pont à l’Urss dans certains pays en Afrique. Pouvez-vous revenir sur les actions de son régime dans le continent ?
Fidel Castro a beaucoup aidé les mouvements de libération notamment en Angola et dans une moindre mesure en Mozambique, en mettant à leur disposition des armes et des cadres militaires pour la libération de leurs peuples. Il a également soutenu les gouvernements considérés à l’époque comme progressistes notamment le Mali, la Guinée. Il faut dire que les liens entre Cuba et l’Afrique étaient forts parce que Cuba représentait quelque chose pour les Africains. Comme je l’ai dit, il représentait la possibilité de la souveraineté nationale. Naturellement, ces actions de soutien de Fidel Castro ont contribué à consolider les relations entre son pays et notre continent. Dans les relations avec l’Afrique, il y a aussi un aspect très important à ne pas perdre de vue : c’est la musique cubaine qui a traversé les frontières de l’Ile cubaine pour arriver dans le continent.

Avec la mort du "lider maximo", comment entrevoyez-vous l’avenir de Cuba sur la scène internationale ?
De mon point de vue, l’avenir de Cuba n’est pas si incertain qu’il puisse paraître ; parce que le peuple cubain a, sous Castro, eu le temps d’acquérir beaucoup de connaissances. C’est un peuple cultivé sur le plan politique, culturel. C’est donc un peuple armé contre des idéologies qui pourraient mettre à mal leur économie, leur culture, leur souveraineté nationale. De ce point de vue, l’éducation a joué et continue de jouer un rôle très important à Cuba et a permis au peuple cubain d’avoir pris conscience de sa valeur et d’assumer la direction qu’il a choisie.

Comment un petit pays comme Cuba a-t-il pu autant influer, à l’époque, sur la géopolitique mondiale ?
Cette situation est, sans doute, liée à la fois à la personnalité de Fidel Castro et à l’histoire même de Cuba. L’histoire de Cuba a été une histoire de lutte et de combat qui a commencé dès la guerre des 10 ans et la guerre d’indépendance au 19ème siècle. Il y a des personnalités très fortes qui ont lutté contre la souveraineté de l’Espagne à Cuba. Au finish, les gens se sont rendu compte que ce petit pays était capable de beaucoup de choses et cela donnait de l’espoir à beaucoup de pays qui étaient en lutte contre le colonialisme et certaines idéologies qui allaient à l’encontre des intérêts des peuples concernés.

Depuis quelques temps, il y a une normalisation des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis. La mort de Fidel Castro accéléra-t-elle ce processus ?
La donne politique aux États-Unis a changé. Le président Barack Obama qui a entamé cette ouverture vers Cuba pour essayer de faire sauter le verrou de l’embargo économique qui étouffe Cuba depuis plusieurs années a terminé son magistère. Et l’on ne sait pas encore ce que sera la posture du nouveau président Donald Trump envers ce pays. On ne sait pas si ce processus de normalisation va continuer ou s’il va y mettre un frein et essayer d’étouffer véritablement l’Ile cubaine. Il faut dire que pendant longtemps, Cuba a été considéré par les États-Unis comme une offense à sa puissance. Barack Obama a senti qu’il ne s’agissait pas d’une offense parce qu’un peuple avait le droit de choisir son mode de fonctionnement et le gouvernement qu’il voulait avoir.

Obama a eu une vision large et prospective en se disant que ce n’est pas en créant un goulot d’étranglement contre Cuba qu’on va améliorer les choses. Laissons aux Cubains le choix de décider eux-mêmes de la voie qu’ils veulent suivre, du gouvernement qu’ils veulent avoir et des orientations qu’ils veulent prendre. D’ailleurs, le deuil de Fidel Castro, tel qu’il a été vécu, ce silence de plomb, cette absence de manifestations dans les rues, montrent que quand même Fidel Castro représentait quelque chose. Même des tracteurs sur place ont senti que c’était un homme d’histoire qui était en train de passer. Et je crois que ce respect donné à Castro est absolument légitime.

Le magistère de Castro a aussi été marqué par d’intenses échanges entre Cuba et ses voisins de l’Amérique latine…
Tout à fait ! Dans la vision de Fidel Castro, Cuba étant une Ile, ne devait absolument pas être isolé du continent américain, quels que soient par ailleurs les régimes politiques en vigueur. Il fallait absolument construire, avec les peuples, un fédéralisme du continent américain. Telle était sa vision et dans l’action pratique, Cuba a toujours été solidaire de certains pays de l’Amérique latine. L’exemple le plus frappant est celui du Venezuela où chaque année, des légions de médecins sont envoyées pour administrer des soins gratuits aux populations vénézuéliennes dans les villes et dans les campagnes. Cela est un acte de solidarité qui ne peut exister que dans un pays qui a une idée révolutionnaire des rapports entre pays. Maintenant, tout dépend de la volonté des gouvernements de réaliser ce fédéralisme dont l’amorce a porté la signature de Fidel Castro. Le gouvernement de Colombie a-t-il la même vision que celui du Venezuela, ou du Pérou ou de Bolivie ? Je crois que c’est le même problème qui se pose en Afrique. S’il n’y a pas eu une volonté des gouvernements poussés par les peuples qui expriment leur liberté de choix, les fédéralismes ne pourront pas exister.

Fidel était également un chef rebelle avant son accession au pouvoir à la faveur d’un coup d’État. Parlez-nous un peu de cette casquette de chef de guerre qui semble être éclipsée par le dirigeant politique ?
Cette casquette renvoie au rôle qu’il a joué dans le coup d’État contre Batista en 1959. Il était venu du Mexique combattre, à travers la lutte armée, un système dictatorial. A partir de la Sierra Maestra, il est descendu à la Havane en traversant les villages, les campagnes et à chaque fois, les gens s’enrôlaient spontanément dans ses troupes. Et c’est ainsi qu’il est arrivé, le 8 janvier à la Havane. Il n’y a presque pas eu de résistance ; puisque que tout le travail était effectué en amont et Batista s’est enfui.

Il a combattu un régime dictatorial mais a fini lui-même par se muer en dictateur. N’est-ce pas un paradoxe ?
Fidel Castro aurait changé sa casquette de rebelle contre celle de dictateur ! Je pense que Fidel s’est radicalisé au fil du temps. Et s’il s’est radicalisé, c’est parce qu’il a subi de nombreuses agressions venant du même pays, les États-Unis. Il a échappé à pas moins de 600 attentats fomentés de l’extérieur avec des ennemis à l’intérieur. Il y a eu la baie des cochons, l’invasion de Cuba par des mercenaires Cubains et certains Américains en vue de renverser Fidel Castro. Sur le plan économique, les États-Unis ont fait la guerre à Cuba en baissant, de manière arbitraire, le cours du sucre, or, c’était une économie essentiellement centrée sur le sucre. Assailli de toutes parts, il lui a fallu chercher des alliés. Il a été ainsi poussé à se rallier à l’Urss ; étant donné qu’il y avait deux blocs. C’est un changement qui a été provoqué de l’extérieur. La dictature, parlons-en, la liberté parlons-en, tout dépend du point de vue où l’on se trouve. Tout est très relatif.

A l’annonce de la mort de Castro, des Cubains basés à Miami ont jubilé dans les rues. Qu’est-ce qui pourrait justifier une telle haine ?
Ce sont deux systèmes qui s’affrontent, deux systèmes complètement différents. Et ces Cubains qui sont aux États-Unis ont fait leur choix, ils ont préféré le système capitaliste, ce sont peut-être des nostalgiques de Batista. C’est leur choix. Ces gens qui sont d’extrême droite, ont une revanche à prendre contre le système cubain.
Fidel Castro a réellement créé une sorte de révolution dans son pays. A Cuba, il y avait essentiellement la religion catholique qui venait d’Espagne et les religions d’origine africaine avec l’esclavage. Or, sous Batista, ces religions et les dictatures étaient combattues et considérées comme de la sorcellerie. Sous Fidel Castro, ces religions ont acquis droit de cité et sont devenues exactement comme la religion catholique. Et cela a été un fait marquant du temps de Fidel Castro.

Propos recueillis Diégane SARR

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Fidel Castro : Le guerillero qui n’est pas mort au front

Le président de la République a effectué une tournée économique à vocation agricole de 3 jours dans le centre du pays, précisément dans les régions de Kaffrine et de Kaolack. Une démarche plébiscitée par les acteurs économiques de la zone qui y voient une motivation supplémentaire pour atteindre les objectifs d’autosuffisance alimentaire et de développement économique et social des zones rurales.

La vision du président de la République réitérée lors de sa dernière tournée économique à vocation agricole au centre du pays, d’une gestion concertée du secteur de l’agriculture, a trouvé un écho favorable chez les principaux acteurs économiques de Kaolack. Deux jours après son départ, l’empreinte laissée par la démarche présidentielle suscite des commentaires élogieux. Le Directeur régional du développement rural (Drdr) est le premier à annoncer la couleur. « Nous sommes très satisfait. Quand on fait un travail, on voudrait que nos supérieurs viennent voir sur le terrain ce que nous faisons. Et quand il s’agit du président de la République, cela va au-delà du supérieur car il s’agit de l’autorité qui a instruit cette politique d’appui aux producteurs sur les semences, les engrais et le matériel agricole. Si elle (l’autorité) vient voir l’exécution, cela nous encourage. C’est une visite pour encourager ceux qui appliquent cette politique agricole en vue du développement agricole de notre pays», a déclaré Pierre Diouf, le directeur du développement rural de la région de Kaolack. Une appréciation qu’il partage avec son homologue de la région de Kaffrine. « C’est un encouragement aux producteurs pour booster la production dans les différents programmes déroulés dans la région de Kaffrine avec le Pracas et la culture pluviale du riz », a renchéri Omar Mbengue.

Les producteurs expriment, eux aussi, leur satisfaction. La visite de différents périmètres agricoles dans les régions de Kaffrine et de Kaolack, par le chef de l’Etat, semble les enchanter. Présidente de la puissante Fédération des producteurs de maïs du Saloum, Nimna NDIAYE a eu l’honneur d’accueillir le président Macky Sall dans les champs de son organisation à Taïba Niassène. « C’est une première qui nous réjouit parce que le président de la République s’est déplacé, en personne, pour voir, sur le terrain, ce que nous sommes en train de faire. Cela nous procure une grande fierté dans la mesure où c’est une forme de reconnaissance du travail que nous sommes en train de faire depuis plus d’une décennie dans la filière maïs», a-t-elle déclaré, émue au lendemain du passage de la délégation présidentielle sur les périmètres de la Fédération des producteurs de Maïs du Saloum (Fepromas) au premier jour de sa tournée économique à vocation agricole dans les régions centre. Chez les producteurs arachidiers, l’accroissement des surfaces emblavées traduit un attrait confirmé de cette culture de rente dans le bassin arachidier. «Il y a un changement de stratégie du gouvernement en termes d’appui direct à la production à travers l’accès à des semences certifiées et aux intrants ; des aides qui bénéficient directement aux producteurs non aux intermédiaires commerciaux avec des subventions sur le prix d’achat comme dans un passé récent. On ne peut que se féliciter de ce changement dont la mise en œuvre, ces deux dernières années, explique, en partie, les records de productions de la filière», indique Saliou Ndiaye, le président de l’Union nationale des producteurs semenciers du Sénégal (Unpss), lors de l’étape de Nawel, dans le département de Birkilane. Dans cette partie de la région de Kaffrine, les efforts du gouvernement sont matérialisés par le renouvellement du matériel agricole. «Nous avons reçu du matériel agricole motorisé dont 30 tracteurs. C’est un acquis important de la politique de modernisation du matériel agricole du gouvernement», a affirmé le directeur du développement rural de Kaffrine.

Le volet post-récolte, acté à travers la cérémonie de distribution du matériel d’allégement des travaux pour les femmes et la transformation des produits locaux présidée par le président de la République le mercredi 19 octobre 2016, à Kaolack, n’est pas en reste. De nouvelles perspectives pour l’émergence d’unités industrielles en milieu rural qui n’ont pas échappées aux acteurs locaux. «Aujourd’hui, pour ne prendre que l’arachide, la fane est devenue plus attractive que la graine elle-même. Permettre donc aux producteurs de donner une valeur ajoutée à leur récolte à travers des décortiqueuses ou des presse-à-huile est très intéressante sans compter qu’en allégeant la charge de travail, ce matériel permet, avec le gain de temps, d’augmenter substantiellement la productivité », a indiqué Pierre Faye, le Drdr de Kaolack.

La présidente de la Fepromas estime que cette dotation de matériels pour l’allégement des travaux des femmes et la transformation des produits locaux participe, à la valorisation du maïs. «En dépit de la croissance de la production, notre maïs avait du mal à trouver preneur sur le marché national. Les industriels de l’aviculture préférant importer le produit d’Argentine ou du Brésil. Ce matériel nous permettra une transformation sur place et une meilleure valorisation post-production », a assuré Nimna Diayté. De nouvelles opportunités sont soulignées par les élus locaux, enthousiastes de l’idée du développement de petites unités industrielles dans les campagnes. «Il y a une certaine cohérence dans l’approche du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) avec des pistes rurales pour désenclaver les communes, l’accès à l’électricité et enfin du matériel de transformation pour donner une plus value aux produits locaux. Cela va donner un contenu pratique à l’émergence économique prônée par le président Macky Sall  », a affirmé Jean Marie Marone, maire de la commune de Mbadakhoune, dans le département de Guinguinéo. La mise en place de quelque 1500 machines offertes aux Groupements de promotion féminine (Gpf) dans les régions administratives de Kaolack et Kaffrine du volet 3 du Pudc va créer une dynamique de transformation des produits agricoles, sans précédent au Sénégal. Cela fait dire au maire de Guinté Kaye, Momath Ndao, que ce programme a été taillé sur mesure pour accompagner la communalisation universelle, un des axes de l’acte 3 de la décentralisation au Sénégal.

Elimane FALL

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Tournée économique du chef de l’Etat : Satisfecit des acteurs économiques

Premiers hôtes du président de la République lors de sa tournée économique au centre et à l’est du pays, les membres de la Fédération des producteurs de maïs du Saloum (Fepromas) ont été en pleine lumière. A l’image de leur présidente Nimna Diayté qui a multiplié les interventions dans les plateaux de télévision et sur les ondes des radios. Une semaine après avoir été sur les feux de l’actualité, la native de Boubou Dème, dans l’arrondissement de Paos-Koto, revient sur cet accueil du président Macky Sall dans les périmètres agricoles de son organisation.

Le président de la République vous a fait l’honneur de visiter vos périmètres agricoles dans la commune de Taïba Niasssène. Comment avez-vous vécu ce moment ?
On était très contente parce qu’auparavant, on travaillait dans l’ombre, en fournissant beaucoup d’efforts sans avoir le sentiment d’avoir une certaine reconnaissance en retour. Avoir donc l’honneur et le privilège  d’accueillir le président de la République, c’est une grande fierté mais aussi un énorme défi pour notre organisation. Désormais, on ne sera plus regardé comme avant. Il y a une forme de reconnaissance de nos efforts par la plus haute autorité du pays. Cela nous place dans une posture de structure de référence au sein des organisations de producteurs. C’est une visite qui va nous conforter dans nos convictions que nous sommes sur la bonne voie dans notre combat de produire du maïs en qualité et en quantité et de trouver des débouchés à notre production. Il est évident qu’il y aura un avant et un après la visite du chef de l’Etat pour la Fepromas.

Quel impact aura cette visite du président de la République sur les activités de votre organisation ?
C’est sûr que cela aura un impact positif. Le président de la République est attaché à l’agriculture et quand il voit qu’une organisation s’est engagée à appliquer la politique qu’il a définie, il fera tout pour l’accompagner. C’est notre conviction. D’autant que des organisations comme la nôtre servent de support à la mise en œuvre des politiques gouvernementales. Nous sommes des partenaires stratégiques des pouvoirs publics. Au-delà des producteurs de maïs, ce sont tous les acteurs du secteur qui vont tirer profit de cette visite présidentielle. C’est toute l’agriculture régionale qui sera tirée vers l’avant après ce passage du chef de l’Etat dans les différents sites de la région de Kaolack.

Avez-vous exprimé vos préoccupations au président Macky Sall ?
Evidemment. On lui a dit que la culture du maïs avait certaines exigences en termes de semences certifiées et d’intrants de qualité sans oublier le matériel agricole comme les tracteurs et les semoirs. Le volet post-récolte n’est pas à négliger avec les égreneuses et les décortiqueuses. Avec les perspectives de bonnes récoltes, nous avons besoin davantage d’entrepôts pour stocker la production. S’agissant de la transformation, les besoins ne manquent pas avec les difficultés que nous rencontrons pour écouler la production. La transformation constitue une réelle alternative pour donner une valeur ajoutée à nos produits. Heureusement, pour ce dernier aspect, les responsables du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) avaient anticipé sur cette demande avec la distribution de matériels d’allégement des travaux des femmes et de transformation des produits locaux.

On sait que la filière maïs rencontre des difficultés pour l’écoulement sur le marché national. Quelle stratégie comptez-vous mettre en œuvre pour lever cette contrainte ?
La contractualisation est très importante. Si nous parvenons à convaincre les industriels de l’aviculture à faire jouer la préférence nationale, ce sera un pas de franchi. Il y a une question de patriotisme économique à faire prévaloir. Il ne suffit pas de se réfugier derrière le fait que le maïs argentin est moins cher, en occultant que derrière chaque producteur, ce sont des dizaines de personnes qui vivent de cette culture. Nous avons été reçus par le directeur du commerce pour trouver une solution pour préserver les intérêts de tous les producteurs de maïs du Sénégal.

Propos recueillis par Elimane FALL

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Tournée économique du chef de l’Etat : Satisfecit des acteurs économiques

Les félicitations du chef de l’Etat vont droit au cœur au représentant-résident du Programme des Nations unies pour le développement au Sénégal, agence d’exécution du programme d’urgence de développement communautaire. Dans cet entretien, Fatou Bintou Djibo explique le succès du Pudc, le partenariat avec le gouvernement du Sénégal.

En tant qu’agence d’exécution du Pudc, qu’est-ce que cela vous fait d’être félicitée par le chef de l’Etat pour la célérité et la qualité du travail ?
Les félicitations du président de la République nous donnent plus d’énergie pour continuer la tâche. Nous sommes ravis par ces mots d’encouragement et cela ne fait que booster le moral de l’équipe.

Qu’est-ce qui fait le succès du Pudc ?
Le succès du Pudc est lié à plusieurs facteurs. D’abord, il y a la planification. Une bonne planification permet d’organiser l’action à mener. Ensuite, il y a les procédures. Le Pnud travaille avec un certain nombre de procédures qui permettent de faire le travail en peu de temps avec la qualité nécessaire.

Sur le terrain, tout le monde peut voir la qualité des ouvrages. Sur ce point, le Pnud a un avantage comparatif pour faire ce travail avec des procédures rapides. Un autre élément de réussite, c’est le travail d’équipe. Le Pudc a bénéficié du travail d’équipe des techniciens du gouvernement, du Pudc et du Pnud. Ce travail d’équipe a donné des résultats satisfaisants. Ces trois éléments combinés ne pouvaient faire que la réussite du programme.

Comment s’est faite la coordination ?
J’ai supervisé personnellement ce programme, dès le premier jour, c’est-à-dire de la formulation jusqu’à la mise en œuvre. C’est un programme important, un programme présidentiel. C’est pourquoi, je l’ai suivi et m’assurer que le travail est bien fait. Nous avons eu des coordinations à plusieurs niveaux. A mon niveau, avec les équipes du Pnud et au niveau du gouvernement avec des groupes thématiques pilotés par les ministères techniques, la complémentarité a renforcé notre efficacité. Cette manière de travailler a beaucoup facilité la tâche et nous a permis d’atteindre ces résultats.

Quel est votre sentiment personnel en voyant la joie des populations ?
C’est cette joie qui nous anime. Notre engagement s’explique par cette volonté d’aider les populations à avoir de meilleures conditions de vie et de continuer à avoir de l’espoir en l’avenir. C’est tout cela le sens de notre action en tant que programme des Nations Unies pour le développement. Quand on enregistre ces résultats, on ne peut qu’être satisfait.

Comment se porte le partenariat entre le système des nations unies et le gouvernement du Sénégal ?
C’est un excellent partenariat. Aujourd’hui, le système des nations unies et le gouvernement sénégalais entretiennent de très bonnes relations. Nous sommes satisfaits de l’appui du gouvernement et du partenariat technique. Nous allons bénéficier, du gouvernement, d’un site à Diamniadio où tout le système des Nations Unies sera logé. Je remercie le gouvernement sénégalais d’avoir pris cette décision. Cela permet de regrouper tout le système à Diamniadio. Cela démontre l’excellent partenariat avec le gouvernement et la population sénégalaise. Nous sommes plusieurs agences du système des Nations unies au Sénégal, chacune spécialisée dans un domaine et essayant d’apporter son soutien aux populations.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

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Tournée économique du chef de l’Etat : Satisfecit des acteurs économiques

Dans le cadre du volet 3 du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), onze moulins à mil ont été octroyés aux femmes de la commune de Keur Baka dans la région de Kaolack. Du matériel destiné à l’allégement des travaux ménagers réparti entre 11 villages sur les 28 sélectionnés dans le programme précité.

Les femmes de 11 villages de la commune de Keur Baka, une localité située à une vingtaine de kilomètres de Kaolack affichent le sourire. Elles disposent, depuis le mercredi 9 novembre 2016, de onze moulins à mil pour alléger les travaux ménagers. Des équipements offerts par le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC). La cérémonie de réception et de distribution de ces équipements a eu pour cadre l’hôtel communautaire.

Le maire s’est réjoui de l’arrivée de ce matériel dans sa circonscription. «Ces moulins constituent un soulagement pour les femmes dans l’exécution de certaines tâches ménagères », s’est félicité Mamadou Bâ par ailleurs conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de santé. Selon lui, la réception de ce premier lot d’équipements sera suivie d’autres. «L’année prochaine, dix huit autres moulins à mil seront réceptionnés pour compléter la liste des 18 villages restants», a annoncé l’édile. Vingt neuf villages sur la soixantaine que compte la commune ont été sélectionnés par le Programme d’urgence de développement communautaire(PUDC) pour bénéficier des équipements post-récoltes. «C’est le Pudc qui a mis à notre disposition les moulins et la liste des villages retenus dans la commune », a précisé le maire de Keur Baka, pour écarter tout parti pris de sa part dans le choix des localités bénéficiaires. Ces équipements remis aux chefs de village et aux responsables des comités de gestion seront dans un premier temps logés dans des abris construits à cet effet, en attendant la formation par le Pudc des conducteurs de ces machines qui vont alléger le travail des femmes bénéficiaires confrontées au quotidien aux dures tâches domestiques. Le 19 octobre 2016, le chef de l’Etat avait procédé, à Kaolack, en marge de sa tournée économique à vocation agricole au centre et à l’est du pays à la réception de près de 2000 équipements destinés à l’allégement des travaux ménagers et à la transformation des produits locaux. La commune de Keur Baka, dans le département de Kaolack, qui est constituée de 60 villages pour près de 25 000 habitants, a bénéficié de 11 moulins à mil offerts par le Pudc.
ELIMANE FALL


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Tournée économique du chef de l’Etat : Satisfecit des acteurs économiques

Le volet électrification rurale du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) a été lancé, le 19 octobre 2016, à Dialacoro. Dans la première phase, 406 villages seront électrifiés.

Situé dans la commune de Malème Niani, à 5 Km de Tambacounda, le Programme d’urgence de développement communautaire vient de réaliser le raccordement électrique du village de Dialacoro au réseau moyenne tension de la Senelec. Le président Macky Sall, en tournée économique à vocation agricole dans la région, avait allumé la première lampe. Ce village distant de 100 mètres du réseau de la Senelec ne disposait pas courant électrique. Avec ce raccordement, plus de 1.500 habitants peuvent désormais accéder au courant. Le lancement officiel du volet électrification rurale du Programme d’urgence de développement communautaire permettra de raccorder 37 villages dans la région de Tambacounda au réseau de moyenne tension. Il est aussi retenu d’électrifier 57 villages par l’installation de mini-centrales hybrides de 15,30 et 50 KV. Au total, dans la région de Tambacounda, 94 villages seront électrifiés et 3 villages multi-forages seront alimentés par le courant électrique sur un linéaire de 188 kilomètres. Au moins 6.110 abonnés pourront être raccordés au réseau en plus des établissements scolaires et autres infrastructures publiques. Le Programme d’urgence de développement communautaire prévoit, dans sa première phase, 406 villages sur un linéaire de 2 400 km de réseau moyenne tension, 1 400 km de basse tension à installer, 142 centrales solaires photovoltaïques à construire, 251 kits solaires individuels et 57 lampadaires solaires à installer et 28.000 installations intérieures à effectuer. 24.900 poteaux métalliques sont déjà produits. Les contrats pour le contrôle et la certification des travaux de construction de réseaux (moyenne et basse tension) sont signés et en cours d’exécution.

Macky Sall tresse des lauriers au Pudc
Macky Sall ne tarit pas d’éloges sur le Programme d’urgence de développement communautaire. « Le pays n’a jamais travaillé au rythme du Pudc y compris mes précédents gouvernements parce que nous venons de trouver une formule qui nous permet d’accélérer la cadence », a déclaré le chef de l’Etat, lors de l’inauguration du forage de Saré Bamol. A Kaolack, le président Sall a remercié le Pnud, agence chargé de l’exécution de ce programme. « Je voudrais, ici, à Kaolack, remercier le Programme des Nations unis pour le développement (Pnud) qui nous a accompagné dans la mise en œuvre alors que nous étions à la phase de conception. S’il y avait une distinction à accorder en matière de gestion de projet, de bonne exécution, de bonnes pratiques et d’excellent projet, on l’aurait sans conteste décernée au Pudc, qui est un modèle de ce que nous devons faire sur l’ensemble des activités de l’Etat », a déclaré le président Sall. Il a indiqué que le succès enregistré avec le Pudc s’explique par l’expertise du Pnud. Plus d’un an après son lancement officiel par le chef de l’Etat, à Diamniadio, le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) imprime sa marque dans le monde rural grâce à la réalisation de forages, de pistes de production ou à la distribution à un rythme soutenu de matériel post production.

Dans le domaine de l’hydraulique rurale, 68 châteaux d’eau ont été construits, 89 sont en chantier ; 157 forages sont réalisés et 81 sont en cours ; 49 systèmes d’alimentation en eau dont 17 systèmes en Alimentation Eau Multi-Villages et 32 marteaux fond trou équipés au solaire mis en service dans les régions de Matam, Louga, Kaffrine, Kaolack, Tambacounda et Kédougou ; 182 abreuvoirs réalisés sur un total de 346 ; 1.033 bornes fontaines construites sur un total de 1.744. Le succès de ce programme s’explique par le fait que ses responsables sont « intransigeants » sur les délais. En effet, à chaque entreprise attributaire de marché, un délai de réalisation a été fixé et un suivi régulier est assuré pour prévenir ou circonscrire d'éventuels problèmes, au regard du caractère urgent du programme. Le nombre d'abreuvoirs réalisés par système est fonction de l'estimation du cheptel. Le volet hydraulique du Pudc couvre 10 régions du Sénégal et il a été demandé aux entreprises de démarrer les travaux dans les zones difficiles d'accès en hivernage même si les responsables de ce volet ont veillé à une répartition assez homogène des systèmes à travers les régions couvertes.

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Tournée économique du chef de l’Etat : Satisfecit des acteurs économiques

Pour venir en aide aux producteurs de banane, le président Macky Sall a décidé de mettre à leur disposition 1,5 milliard de FCfa dès la prochaine campagne. « Une aubaine que nous tenons à saluer à sa juste valeur », a déclaré Mamadou Omar Sall. Il estime que ce concours financier permettra aux producteurs d’améliorer la production et de moderniser les infrastructures afin d’atteindre l’objectif de 50 000 tonnes de banane à produire par an d’ici 2018 et combler le gap de 20 000 tonnes. « En plus de l’amélioration de la qualité de notre banane, il s’agira de mettre aussi l’accent sur les infrastructures », a déclaré M. Sall. Il s’est réjoui que l’Etat mette en œuvre une série de mesures pour accompagner la filière banane au Sénégal.

Plaidoyer pour un système d’irrigation plus performant
« C’est une joie immense car, depuis les indépendances, on n’a pas reçu un président de la République dans les plantations de banane pour voir ce que font les producteurs », a déclaré Mohamed Mangane, le responsable du projet Soleil international d’Ajaaf. Il estime que le geste du président de la République confirme l’engagement de l’Etat à faire de l’agriculture, notamment le sous-secteur de l’horticulture, le moteur du développement et de l’émergence au Sénégal.
 
M. Mangane a profité de l’occasion pour évoquer le problème de la gestion de l’eau dans les plantations et la modernisation des systèmes d’irrigation. « Cela permettra de rendre plus fonctionnelles les parcelles de production », a-t-il soutenu.
 
Le foncier : source de conflit
La problématique de l’accès à la terre reste aussi une des contraintes de la filière banane. Issa Mbengue, le président de l’Association des producteurs de la vallée de la Gambie, pense que le foncier est très souvent source de conflit dans les zones de production. C’est le cas dans le Gouloumbou et dans le Wassadou où depuis bientôt cinq ans, l’accès à la terre oppose les populations autochtones et certains producteurs de banane. Des dossiers ont atterri au tribunal suite à des altercations entre producteurs et propriétaires terriens. « Nous demandons aux autorités qu’elles règlent définitivement ce conflit qui n’a que trop duré et qui a fini d’hypothéquer tous nos espoirs », a déclaré Issa Mbengue. Il estime qu’il est temps que l’Etat règle le problème de la terre dans le Wassadou.
 
La banane bio : une niche à explorer
Selon les producteurs, la banane biologique fait partie des produits horticoles sur lesquels le Sénégal peut compter pour combler le déficit de production noté dans la filière et atteindre l’autosuffisance. Véritable niche aux côtés de la banane organique, elle génère par an des centaines de millions au profit des producteurs de Tambacounda. La banane biologique introduite au Sénégal depuis une dizaine d’années est en train de révolutionner la filière dans les plantations. « Nous faisons aujourd’hui environ 150 hectares de banane bio dans notre association », confie Michael Diédhiou de l’Association des producteurs de la vallée du fleuve Gambie (Aprovag), lors de la visite du ministre de l’agriculture et de l’Equipement rural, Papa Abdoulaye Seck, à Tambacounda. Il était en suivi de campagne agricole.
 
La culture de la banane bio est devenue une réalité dans les plantations de la région de Tambacounda. « Notre association a accès son développement sur la banane biologique car il a un potentiel énorme et offre des revenus substantiels aux producteurs », a soutenu Issa Mbengue. Il estime que l’Etat doit miser davantage sur les subventions allouées à la filière banane en termes de fourniture d’engrais biologiques et d’intrants pour améliorer la qualité de la banane sénégalaise. « L’Aprovag a trois stations de conditionnement mais cela ne suffit pas », a-t-il indiqué. Ces producteurs estiment que la banane biologique doit être une option pour doper les exportations horticoles sénégalaises et contribuer à satisfaire les besoins du marché local. En dépit des efforts de production, le Sénégal continue d’importer par an environ 17 000 tonnes de bananes.

Par Pape Demba Sidibé et S.P.SADIO


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Tournée économique du chef de l’Etat : Satisfecit des acteurs économiques

Le défi de l’Ofor aujourd’hui, c’est de servir de l’eau de qualité tout en la rapprochant des populations rurales. Selon son directeur Lansana Gagny Sakho, sur un horizon d’un an, le Sénégal n’aura plus besoin de construire d’infrastructures hydrauliques. Le focus doit plutôt être mis sur la qualité et l’amélioration de l’accès. Il a annoncé d’importants programmes qui vont alléger les souffrances du monde rural.

Parlez-nous des programmes que vous déroulez dans les régions de Kaolack, Fatick, Kaffrine et Tambacounda ?
Dans l’ancienne région du Sine-Saloum, le chlore, le fluor et le sel posent des problèmes de qualité de l’eau. Le 1e juillet 2015, lors du Conseil des ministres, son Excellence le Président Macky Sall nous avait instruit de prendre toutes les dispositions pour que ce problème soit réglé dans les plus brefs délais. Nous sommes en train d’y travailler. C’est pourquoi d’ailleurs, dans le processus de mise en délégation de l’eau dans l’ensemble de la région du Sine Saloum, la priorité pour le délégataire va être de s’atteler à relever des défis précités. L’autre chose important dans les régions de Kaolack et Kaffrine c’est que dans le cadre d’un programme de 50 milliards de Fcfa, financé par Eximbank China exécuté par une entreprise chinoise, plus d’une vingtaine de forages vont être construits. Cela permettrait de régler définitivement le problème d’accès à l’eau potable dans la zone sans compter les forages du Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC). Je pense que sur un horizon d’une année, nous n’aurons plus un problème d’accès à l’eau potable dans l’ancienne région du Sine Saloum. C’est la même chose pour la région de Tambacounda où des efforts importants sont faits par le gouvernement du Sénégal à travers le PEPAM-UE, financé par l’Union Européenne, le PUDC mais aussi le PUDC/I2AE qui est une initiative pour améliorer l’accès à l’eau potable. Si tous ces programmes sont exécutés, nous n’aurons plus un problème d’accès à l’eau dans ces régions.

Maintenant de défi de l’OFOR, c’est d’arriver à régler le problème de l’eau productive. Si nous voulons fixer les populations et créer des activités génératrices de revenus. Des investissements très importants ont été faits dans ces zones. Il faut passer à une seconde phase qui consiste à régler définitivement ce problème de l’eau productive. Nous sommes en train d’y travailler. Mais pour le réussir, il faut aussi trouver une solution à la problématique du prix pour avoir une agriculture et un élevage compétitifs.

Pour la zone spécifique de Tambacounda qui est caractérisée par la rareté de l’eau, l’option prise par le ministre de l’Hydraulique et de l’assainissement, c’est d’aller dans une logique de transfert qui permet à des villages qui n’ont jamais eu l’eau depuis les indépendances de l’avoir. C’est le cas du village d’Aïnou Mady qui est une cité religieuse. C’est un financement de 3 milliards de Fcfa de la Banque Mondiale qui a permis de trouver une solution pour ces populations. Ce qui a été fait ces deux dernières années dans cette région du Sénégal oriental mais aussi dans les régions de Fatick, Kaolack, Kaffrine, est une première au Sénégal. Nous n’avons plus le défi de construction d’ouvrages hydrauliques parce que d’ici à un an, ce problème sera réglé. Il restera à relever le défi de l’exploitation. Nous avons anticipé et continuons de le faire à travers des délégations de service public que nous allons continuer de mettre en place.

Récemment vous avez mobilisé des fonds aux Etats-Unis, est ce qu’une marque de confiance par rapport au travail que vous êtes en train de faire avec le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement ?
Je pense que c’est une marque de confiance pour le ministère de l’Hydraulique. L’OFOR assure la maitrise d’ouvrage délégué. Ce financement est très important. Il permet de régler définitivement les problèmes d’eau dans les Iles de la Casamance y compris Kabrousse et Cap-Skiring où les populations ont un gros problème d’accès à l’eau. C’est vraiment une avancée significative. Ce financement de la BADEA vient en complément d’un financement qui a été fait dans les Iles du Sine-Saloum où il y a un énorme problème d’accès à l’eau potable. Ce problème sera réglé sur un horizon de 12 mois. La démarche est assez globale. Même dans la logique de modernisation des cités religieuses, il y a un programme très important qui consiste à installer une unité de potabilisation à Médina Gounass. C’est une vieille doléance qui a été satisfaite cette année. Les études vont commencer cette semaine. Cette unité permettra de traiter de l’eau prise depuis le fleuve Gambie pour la rendre potable afin de satisfaire les populations. Cela correspond à la vision du Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement d’aller dans une logique de transfert. C’est ce qui permet de régler sur le moyen et le long terme, les problèmes d’accès à l’eau.

Il y a aussi un programme de 250 forages que vous aviez annoncé. Où en êtes-vous ?
C’est un projet très important. Nous allons faire 251 forages sur 20 mois. Ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire du Sénégal. Les contrats vont être signés bientôt et les travaux vont démarrés. Cela devrait en principe commencer le 1e décembre 2016, il y a des réglages que nous sommes en train de faire. C’est un programme d’une envergure que le Sénégal n’a jamais connu. Il traduit le souci du Président de la République de régler les fondamentaux dans le monde rural.

Le besoin primaire des gens c’est d’avoir de l’eau et de l’électricité. Le Président de la République a très bien compris cela. Je pense qu’après ce programme il y aura plus besoin de faire un autre forage au Sénégal. Il faut travailler dans l’exploitation, la qualité, et surtout l’amélioration de l’accès. Selon notre vision, l’accès à l’eau n’a d’autre signification qu’un foyer, un point d’eau potable.

Est-ce qu’aujourd’hui le monde rural a compris l’importance de la délégation du service public de l’eau?
Il y a toujours des doutes chez les populations. Les gens font toujours le parallèle secteur privé-augmentation de prix. Mais ce qu’il faut comprendre c’est que ces délégations de service public de l’eau sont bien encadrées. Le prix n’est pas fixé par le délégataire, mais par l’Etat du Sénégal. La preuve dans la première délégation que nous avons mise en place, nous avons baissé le prix de l’eau. L’autre chose important, c’est la qualité. Nous sommes aujourd’hui dans les Objectifs de Développement Durable(ODD) qui ne souffrent d’aucun doute en termes d’indicateur. L’objectif 6 est très précis sur la qualité de l’eau. Il faut que l’eau soit potable, l’exploitation se fasse dans des normes de sécurité et d’hygiène. Mais il faut aussi que le point de vente soit proche des populations. La personne ne doit pas faire 30mn aller-retour pour trouver de l’eau. Nous sommes donc obligés d’aller vers des délégations de service public. Elles ne sont pas au service de l’Etat, mais au service des populations du monde rural. On ne doit plus laisser les gens prendre de l’eau dont on n’est pas sûr de la potabilité. La délégation de service public va nous régler toutes ces choses. Encore une fois, délégation de service ne signifie pas augmentation de prix.

Est-ce qu’avec tous ces ouvrages que vous avez annoncés, on peut espérer s’approcher du Taux universel de couverture dans le monde rural?
Ce qui est certain, c’est que nous n’allons plus besoin de construire d’ouvrages hydrauliques. Nous devons plutôt travailler dans l’optimisation des outils de production. Mais avoir un point d’eau dans chaque foyer, si c’est ça la couverture universelle, ça va demander beaucoup plus de temps. Par contre, ce dont on est sûr c’est qu’on ne donnera plus aux gens de l’eau qui ne soit pas potable.

Est-ce qu’il y a un programme spécifique pour les foyers religieux ?
Oui dans le cadre de la modernisation des villes religieuses, son Excellence le Président Macky a instruit le Ministère de l’Hydraulique de de l’Assainissement d’accompagner le processus. C’est pourquoi à Médina Gounass, nous avons ce programme important. Nous allons passer après Ndiassane. Nous sommes en ce moment en train de travailler à Taïba Niassène. Mais il faut aussi se dire les choses.

Quels sont vos axes prioritaires au delà des programmes que vous déroulez ?
Nous en avons trois : la qualité, la qualité et la proximité du point d’eau avec les populations. Dans le monde rural, il est courant de voir des femmes faire 10 km par jour pour aller chercher de l’eau en compagnie des enfants. Ces images doivent disparaitre de l’environnement hydraulique du Sénégal pour permettre à ces dernières de faire des activités génératrices de revenus et aux enfants d’aller à l’école. Vous ne voyez presque plus de bornes fontaines à Dakar. Il faut qu’on arrive à cette situation dans le monde rural. A chaque fois que je vois une borne fontaine où une femme qui a son seau sur la tête pour aller chercher de l’eau, je me dis que nous n’avons pas encore atteint notre objectif stratégique.

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Cette année, la mécanisation a sauvé la région de Tambacounda. Du retard accusé dans le démarrage des pluies, se sont ajouté des pauses pluviométriques qui ont imposé des temps courts pour l’emblavement. Les semis sont allés jusqu’à la deuxième décade du mois d’août. La réussite de cette campagne est due à la mécanisation. En sept jours, du 21 au 27 juillet, d’importantes surfaces ont été emblavées. La région de Tambacounda a obtenu 17 tracteurs sur un quota de 30, en plus des engins de la Sodefitex et de la Saed. 13 sont en place. En plus de 4600 unités mises en place par l’Etat, les projets et programmes. La distribution a obéi à un équilibre entre producteurs agrobusiness et les différentes zones. L’accent est mis sur l’entretien car tous les conducteurs sont formés en entretien et réparation. C’est le cas aussi du technicien de la Sodefitex qui s’est rendu au Brésil et qui peut être sollicité comme les techniciens de l’Agripro, le concessionnaire dont la garantie court deux ans.

Barro Watt, le président régional des riziculteurs a reçu deux tracteurs pour les producteurs de la vallée de Gouloumbo. Une dotation destinées à accompagner le Pogramme d’accélération de l’agriculture pour l’atteinte de l’autosuffisance en riz. Depuis que les partenaires taiwanais ont quitté cette zone, les productions ont chuté car l’essentiel du travail se faisait à la force des bras. Après chaque pluie, c’est la course contre la montre. Le travail effectué en 10 jours par les producteurs, est réalisé en une journée par les tracteurs. Cette année 480 hectares de riz sont emblavés. Le tracteur a permis, souligne Barro Watt, aux producteurs de doubler voire multiplier par quatre les superficies emblavées. Il a été acquis grâce au programme de la petite irrigation locale (Papil) et l’autre qui vient de boucler sa première campagne a été subventionné par l’Etat. Avant leur mise en service, les conducteurs ont subi une formation portant sur la conduite et l’entretien. Les engins sont sous garantie pendant deux ans. En cas de panne, le concessionnaire peut-être sollicité, souligne le président régional des riziculteurs après avoir informé le Directeur régional du développement rural.

Samba Ndao Tall, le directeur régional du développement rural dit constater une nette amélioration dans le travail grâce à la mécanisation dans la région. « L’année passée, nous avons travaillé avec un tracteur mis en place par le Papil. Cette année, l’Etat a mis en place un lot de 17 dont 12 ont été livrés aux bénéficiaires du programme maïs et 4 sont passés par la Sodefitex à travers leur offre de services », indique M. Tall. Ces tracteurs ont changé le visage de la campagne agricole. En plus de ces tracteurs, la région a bénéficié de 4600 unités mises en place ces deux dernières années par les projets et programmes de l’Etat. Il s’agit de petits matériels attelés distribués par le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural. Des équipements d’une grande utilité dans le déroulement de la campagne agricole de cette année.

Contrat de performance
« Cette année, nous avons traversé un hivernage difficile. Au début, on a accusé deux semaines de retard. Ceux qui ont profité des premiers semis, du 24 juin, ne sont pas nombreux. Ensuite, il y a eu un deuxième départ pour le 21 juillet, la limite de la période propice pour les semis. Entre le 24 juin et le 21 juillet, il y a eu des pluies faibles mais nécessaires pour entretenir les premiers semis. La deuxième vague est arrivée tardivement le 21 juillet. Après quelques jours de pluie, il y a eu encore une pause. Les agriculteurs n’avaient que sept jours pour faire le deuxième semis. Fort heureusement, les tracteurs sont entrés dans la danse. Cette capacité de mécanisation a permis d’emblaver rapidement des surfaces qui ont dépassé les emblavures de l’année dernière, notamment pour le maïs, le riz et le sésame », explique Samba Ndao Tall, le directeur régional du développement rural. « Si la région de Tambacounda n’avait pas acquis cet important lot de tracteurs, cela allait être une campagne agricole catastrophique », a ajouté M. Tall. Grâce à la mécanisation, beaucoup de producteurs qui entretenaient des champs de 2 hectares, ont pu emblaver de vastes champs de 20 à 40 hectares. « La demande a été forte et même des engagements n’ont pas pu être honorés car les tracteurs qui étaient disséminés dans la région ne pouvaient répondre aux nombreuses sollicitations. Aujourd’hui, ceux qui disposent d’un tracteur, ont vu l’intérêt de formuler une demande pour en avoir d’autres », indique Samba Ndao Tall, le directeur régional du développement rural. Ce qui est impossible, selon M. Tall, expliquant que dans la politique de distribution de ces engins, l’Etat tient compte de l’équité dans la répartition.

Tous les bénéficiaires des tracteurs ont signé un contrat de performance qu’ils sont tenus de respecter. Cet encadrement les empêche de faire ce qu’ils veulent. Pour l’entretien, les bénéficiaires des tracteurs ont suivi une formation en conduite et entretien des tracteurs. « Lors de la formation, précise M.Tall, on a insisté sur la nécessité d’un bon entretien. Les engins doivent avoir une durée de vie normale. Ceux qui ont la charge de ces tracteurs sont conscients de cet état de fait car ils ont été bien sensibilisés ».

En plus de la formation, la sensibilisation continue sur le terrain. Ces engins subventionnés par l’Etat sont rétrocédés à 12 millions de FCfa. Certains ont contracté des prêts pour acheter ces tracteurs. La société qui est chargée de la mise en place de ces tracteurs sous garantie pendant deux ans, la société Agripro, fournira aussi les pièces de rechange. « Chaque fois qu’une difficulté est signalée, le problème sera vite réglé. A la Sodefitex, il y a un technicien qui a séjourné au Brésil où ces engins sont fabriqués. Il s’est spécialisé en entretien et en réparation. Au besoin, il peut être sollicité pour les engins distribués dans les autres région », indique Samba Ndao Tall.

Pape Demba SIDIBE

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La commune de Nguinté Kaye, dans le département de Nioro, a réceptionné, ce weekend, 10 moulins à mil offerts par le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc). 10 villages seront électrifiés et des pistes rurales seront réalisées dans la zone.

Les populations de la commune de Nguinté Kaye, dans le département de Nioro, et leurs élus, doivent une fière chandelle au Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc). Cette initiative gouvernementale a permis à la circonscription de se doter d’un lot d’équipements pour l’allégement des travaux des femmes. Une cérémonie de réception de 10 moulins à mil s’est déroulée, vendredi dernier, à l’hôtel communautaire sous la présidence du maire Momath Ndaw. «Nous avons obtenu, du Pudc, dans son volet consacré à l’allégement des travaux ménagers, 10 moulins à mil pour les femmes de la commune. Nous avons réuni les chefs de villages concernés et les membres des comités de gestion ainsi que les groupements de femmes pour réceptionner le matériel et procéder à sa répartition, en attendant les lots complémentaires pour les localités restantes», a indiqué l’édile de la collectivité territoriale en marge de la cérémonie. Une occasion pour le premier magistrat de Nguinté Kaye de décliner les nombreuses réalisations à l’actif de ce programme dans sa circonscription. « Le Pudc a réalisé l’électrification de 10 villages dans la commune, 2 forages et va construire la piste rurale Ndoffane-Nguinté Kaye en plus du matériel alloué aux Groupements de promotion féminine. Nous pouvons considérer que ce projet du gouvernement du Sénégal est du pain béni », s’est réjoui Momath Ndaw. La cérémonie de réception et de distribution de ces équipements a coïncidé avec la fin de la formation technique en fabrication de savons et d’eau de javel des femmes de la commune, en partenariat avec la Chambre de commerce d’industrie et d’agriculture de Kaolack (Cciak). Une coopération qui a permis de renforcer 75 femmes en entreprenariat. La commune de Nguinté Kaye, située dans le département de Nioro, est constituée de 39 villages pour 23500 habitants. Elle est dirigée, depuis juillet 2014, par Momath Ndaw, un haut cadre du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, par ailleurs responsable local de l’Alliance pour la République (Apr), le parti au pouvoir.

Elimane FALL

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Tournée économique du chef de l’Etat : Satisfecit des acteurs économiques

 

Le président de la République a effectué une tournée économique à vocation agricole de 3 jours dans le centre du pays, précisément dans les régions de Kaffrine et de Kaolack. Une démarche plébiscitée par les acteurs économiques de la zone qui y voient une motivation supplémentaire pour atteindre les objectifs d’autosuffisance alimentaire et de développement économique et social des zones rurales.

La vision du président de la République réitérée lors de sa dernière tournée économique à vocation agricole au centre du pays, d’une gestion concertée du secteur de l’agriculture, a trouvé un écho favorable chez les principaux acteurs économiques de Kaolack. Deux jours après son départ, l’empreinte laissée par la démarche présidentielle suscite des commentaires élogieux. Le Directeur régional du développement rural (Drdr) est le premier à annoncer la couleur. « Nous sommes très satisfait. Quand on fait un travail, on voudrait que nos supérieurs viennent voir sur le terrain ce que nous faisons. Et quand il s’agit du président de la République, cela va au-delà du supérieur car il s’agit de l’autorité qui a instruit cette politique d’appui aux producteurs sur les semences, les engrais et le matériel agricole. Si elle (l’autorité) vient voir l’exécution, cela nous encourage. C’est une visite pour encourager ceux qui appliquent cette politique agricole en vue du développement agricole de notre pays», a déclaré Pierre Diouf, le directeur du développement rural de la région de Kaolack. Une appréciation qu’il partage avec son homologue de la région de Kaffrine. « C’est un encouragement aux producteurs pour booster la production dans les différents programmes déroulés dans la région de Kaffrine avec le Pracas et la culture pluviale du riz », a renchéri Omar Mbengue.

Les producteurs expriment, eux aussi, leur satisfaction. La visite de différents périmètres agricoles dans les régions de Kaffrine et de Kaolack, par le chef de l’Etat, semble les enchanter. Présidente de la puissante Fédération des producteurs de maïs du Saloum, Nimna NDIAYE a eu l’honneur d’accueillir le président Macky Sall dans les champs de son organisation à Taïba Niassène. « C’est une première qui nous réjouit parce que le président de la République s’est déplacé, en personne, pour voir, sur le terrain, ce que nous sommes en train de faire. Cela nous procure une grande fierté dans la mesure où c’est une forme de reconnaissance du travail que nous sommes en train de faire depuis plus d’une décennie dans la filière maïs», a-t-elle déclaré, émue au lendemain du passage de la délégation présidentielle sur les périmètres de la Fédération des producteurs de Maïs du Saloum (Fepromas) au premier jour de sa tournée économique à vocation agricole dans les régions centre. Chez les producteurs arachidiers, l’accroissement des surfaces emblavées traduit un attrait confirmé de cette culture de rente dans le bassin arachidier. «Il y a un changement de stratégie du gouvernement en termes d’appui direct à la production à travers l’accès à des semences certifiées et aux intrants ; des aides qui bénéficient directement aux producteurs non aux intermédiaires commerciaux avec des subventions sur le prix d’achat comme dans un passé récent. On ne peut que se féliciter de ce changement dont la mise en œuvre, ces deux dernières années, explique, en partie, les records de productions de la filière», indique Saliou Ndiaye, le président de l’Union nationale des producteurs semenciers du Sénégal (Unpss), lors de l’étape de Nawel, dans le département de Birkilane. Dans cette partie de la région de Kaffrine, les efforts du gouvernement sont matérialisés par le renouvellement du matériel agricole. «Nous avons reçu du matériel agricole motorisé dont 30 tracteurs. C’est un acquis important de la politique de modernisation du matériel agricole du gouvernement», a affirmé le directeur du développement rural de Kaffrine.

Le volet post-récolte, acté à travers la cérémonie de distribution du matériel d’allégement des travaux pour les femmes et la transformation des produits locaux présidée par le président de la République le mercredi 19 octobre 2016, à Kaolack, n’est pas en reste. De nouvelles perspectives pour l’émergence d’unités industrielles en milieu rural qui n’ont pas échappées aux acteurs locaux. «Aujourd’hui, pour ne prendre que l’arachide, la fane est devenue plus attractive que la graine elle-même. Permettre donc aux producteurs de donner une valeur ajoutée à leur récolte à travers des décortiqueuses ou des presse-à-huile est très intéressante sans compter qu’en allégeant la charge de travail, ce matériel permet, avec le gain de temps, d’augmenter substantiellement la productivité », a indiqué Pierre Faye, le Drdr de Kaolack.

La présidente de la Fepromas estime que cette dotation de matériels pour l’allégement des travaux des femmes et la transformation des produits locaux participe, à la valorisation du maïs. «En dépit de la croissance de la production, notre maïs avait du mal à trouver preneur sur le marché national. Les industriels de l’aviculture préférant importer le produit d’Argentine ou du Brésil. Ce matériel nous permettra une transformation sur place et une meilleure valorisation post-production », a assuré Nimna Diayté. De nouvelles opportunités sont soulignées par les élus locaux, enthousiastes de l’idée du développement de petites unités industrielles dans les campagnes. «Il y a une certaine cohérence dans l’approche du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) avec des pistes rurales pour désenclaver les communes, l’accès à l’électricité et enfin du matériel de transformation pour donner une plus value aux produits locaux. Cela va donner un contenu pratique à l’émergence économique prônée par le président Macky Sall  », a affirmé Jean Marie Marone, maire de la commune de Mbadakhoune, dans le département de Guinguinéo. La mise en place de quelque 1500 machines offertes aux Groupements de promotion féminine (Gpf) dans les régions administratives de Kaolack et Kaffrine du volet 3 du Pudc va créer une dynamique de transformation des produits agricoles, sans précédent au Sénégal. Cela fait dire au maire de Guinté Kaye, Momath Ndao, que ce programme a été taillé sur mesure pour accompagner la communalisation universelle, un des axes de l’acte 3 de la décentralisation au Sénégal.

Elimane FALL

NIMNA DIAYTE, PRESIDENTE DE LA FEPROMAS : « C’est une grande fierté d’accueillir le président Macky Sall »

Nimna NdiayePremiers hôtes du président de la République lors de sa tournée économique au centre et à l’est du pays, les membres de la Fédération des producteurs de maïs du Saloum (Fepromas) ont été en pleine lumière. A l’image de leur présidente Nimna Diayté qui a multiplié les interventions dans les plateaux de télévision et sur les ondes des radios. Une semaine après avoir été sur les feux de l’actualité, la native de Boubou Dème, dans l’arrondissement de Paos-Koto, revient sur cet accueil du président Macky Sall dans les périmètres agricoles de son organisation.

Le président de la République vous a fait l’honneur de visiter vos périmètres agricoles dans la commune de Taïba Niasssène. Comment avez-vous vécu ce moment ?
On était très contente parce qu’auparavant, on travaillait dans l’ombre, en fournissant beaucoup d’efforts sans avoir le sentiment d’avoir une certaine reconnaissance en retour. Avoir donc l’honneur et le privilège  d’accueillir le président de la République, c’est une grande fierté mais aussi un énorme défi pour notre organisation. Désormais, on ne sera plus regardé comme avant. Il y a une forme de reconnaissance de nos efforts par la plus haute autorité du pays. Cela nous place dans une posture de structure de référence au sein des organisations de producteurs. C’est une visite qui va nous conforter dans nos convictions que nous sommes sur la bonne voie dans notre combat de produire du maïs en qualité et en quantité et de trouver des débouchés à notre production. Il est évident qu’il y aura un avant et un après la visite du chef de l’Etat pour la Fepromas.

Quel impact aura cette visite du président de la République sur les activités de votre organisation ?
C’est sûr que cela aura un impact positif. Le président de la République est attaché à l’agriculture et quand il voit qu’une organisation s’est engagée à appliquer la politique qu’il a définie, il fera tout pour l’accompagner. C’est notre conviction. D’autant que des organisations comme la nôtre servent de support à la mise en œuvre des politiques gouvernementales. Nous sommes des partenaires stratégiques des pouvoirs publics. Au-delà des producteurs de maïs, ce sont tous les acteurs du secteur qui vont tirer profit de cette visite présidentielle. C’est toute l’agriculture régionale qui sera tirée vers l’avant après ce passage du chef de l’Etat dans les différents sites de la région de Kaolack.

Avez-vous exprimé vos préoccupations au président Macky Sall ?
Evidemment. On lui a dit que la culture du maïs avait certaines exigences en termes de semences certifiées et d’intrants de qualité sans oublier le matériel agricole comme les tracteurs et les semoirs. Le volet post-récolte n’est pas à négliger avec les égreneuses et les décortiqueuses. Avec les perspectives de bonnes récoltes, nous avons besoin davantage d’entrepôts pour stocker la production. S’agissant de la transformation, les besoins ne manquent pas avec les difficultés que nous rencontrons pour écouler la production. La transformation constitue une réelle alternative pour donner une valeur ajoutée à nos produits. Heureusement, pour ce dernier aspect, les responsables du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) avaient anticipé sur cette demande avec la distribution de matériels d’allégement des travaux des femmes et de transformation des produits locaux.

On sait que la filière maïs rencontre des difficultés pour l’écoulement sur le marché national. Quelle stratégie comptez-vous mettre en œuvre pour lever cette contrainte ?
La contractualisation est très importante. Si nous parvenons à convaincre les industriels de l’aviculture à faire jouer la préférence nationale, ce sera un pas de franchi. Il y a une question de patriotisme économique à faire prévaloir. Il ne suffit pas de se réfugier derrière le fait que le maïs argentin est moins cher, en occultant que derrière chaque producteur, ce sont des dizaines de personnes qui vivent de cette culture. Nous avons été reçus par le directeur du commerce pour trouver une solution pour préserver les intérêts de tous les producteurs de maïs du Sénégal.

Propos recueillis par Elimane FALL

FATOU BINTOU DJIBO, REPRESENTANT RESIDENT DU PNUD : « Le succès du Pudc est lié à plusieurs facteurs »

Fatou Bintou Djibo PnudLes félicitations du chef de l’Etat vont droit au cœur au représentant-résident du Programme des Nations unies pour le développement au Sénégal, agence d’exécution du programme d’urgence de développement communautaire. Dans cet entretien, Fatou Bintou Djibo explique le succès du Pudc, le partenariat avec le gouvernement du Sénégal.

En tant qu’agence d’exécution du Pudc, qu’est-ce que cela vous fait d’être félicitée par le chef de l’Etat pour la célérité et la qualité du travail ?
Les félicitations du président de la République nous donnent plus d’énergie pour continuer la tâche. Nous sommes ravis par ces mots d’encouragement et cela ne fait que booster le moral de l’équipe.

Qu’est-ce qui fait le succès du Pudc ?
Le succès du Pudc est lié à plusieurs facteurs. D’abord, il y a la planification. Une bonne planification permet d’organiser l’action à mener. Ensuite, il y a les procédures. Le Pnud travaille avec un certain nombre de procédures qui permettent de faire le travail en peu de temps avec la qualité nécessaire.

Sur le terrain, tout le monde peut voir la qualité des ouvrages. Sur ce point, le Pnud a un avantage comparatif pour faire ce travail avec des procédures rapides. Un autre élément de réussite, c’est le travail d’équipe. Le Pudc a bénéficié du travail d’équipe des techniciens du gouvernement, du Pudc et du Pnud. Ce travail d’équipe a donné des résultats satisfaisants. Ces trois éléments combinés ne pouvaient faire que la réussite du programme.

Comment s’est faite la coordination ?
J’ai supervisé personnellement ce programme, dès le premier jour, c’est-à-dire de la formulation jusqu’à la mise en œuvre. C’est un programme important, un programme présidentiel. C’est pourquoi, je l’ai suivi et m’assurer que le travail est bien fait. Nous avons eu des coordinations à plusieurs niveaux. A mon niveau, avec les équipes du Pnud et au niveau du gouvernement avec des groupes thématiques pilotés par les ministères techniques, la complémentarité a renforcé notre efficacité. Cette manière de travailler a beaucoup facilité la tâche et nous a permis d’atteindre ces résultats.

Quel est votre sentiment personnel en voyant la joie des populations ?
C’est cette joie qui nous anime. Notre engagement s’explique par cette volonté d’aider les populations à avoir de meilleures conditions de vie et de continuer à avoir de l’espoir en l’avenir. C’est tout cela le sens de notre action en tant que programme des Nations Unies pour le développement. Quand on enregistre ces résultats, on ne peut qu’être satisfait.

Comment se porte le partenariat entre le système des nations unies et le gouvernement du Sénégal ?
C’est un excellent partenariat. Aujourd’hui, le système des nations unies et le gouvernement sénégalais entretiennent de très bonnes relations. Nous sommes satisfaits de l’appui du gouvernement et du partenariat technique. Nous allons bénéficier, du gouvernement, d’un site à Diamniadio où tout le système des Nations Unies sera logé. Je remercie le gouvernement sénégalais d’avoir pris cette décision. Cela permet de regrouper tout le système à Diamniadio. Cela démontre l’excellent partenariat avec le gouvernement et la population sénégalaise. Nous sommes plusieurs agences du système des Nations unies au Sénégal, chacune spécialisée dans un domaine et essayant d’apporter son soutien aux populations.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

PUDC : 11 MOULINS À MIL OFFERTS AUX FEMMES DE KEUR BAKA...

Moulins PudcDans le cadre du volet 3 du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), onze moulins à mil ont été octroyés aux femmes de la commune de Keur Baka dans la région de Kaolack. Du matériel destiné à l’allégement des travaux ménagers réparti entre 11 villages sur les 28 sélectionnés dans le programme précité.

Les femmes de 11 villages de la commune de Keur Baka, une localité située à une vingtaine de kilomètres de Kaolack affichent le sourire. Elles disposent, depuis le mercredi 9 novembre 2016, de onze moulins à mil pour alléger les travaux ménagers. Des équipements offerts par le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC). La cérémonie de réception et de distribution de ces équipements a eu pour cadre l’hôtel communautaire.

Le maire s’est réjoui de l’arrivée de ce matériel dans sa circonscription. «Ces moulins constituent un soulagement pour les femmes dans l’exécution de certaines tâches ménagères », s’est félicité Mamadou Bâ par ailleurs conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de santé. Selon lui, la réception de ce premier lot d’équipements sera suivie d’autres. «L’année prochaine, dix huit autres moulins à mil seront réceptionnés pour compléter la liste des 18 villages restants», a annoncé l’édile. Vingt neuf villages sur la soixantaine que compte la commune ont été sélectionnés par le Programme d’urgence de développement communautaire(PUDC) pour bénéficier des équipements post-récoltes. «C’est le Pudc qui a mis à notre disposition les moulins et la liste des villages retenus dans la commune », a précisé le maire de Keur Baka, pour écarter tout parti pris de sa part dans le choix des localités bénéficiaires. Ces équipements remis aux chefs de village et aux responsables des comités de gestion seront dans un premier temps logés dans des abris construits à cet effet, en attendant la formation par le Pudc des conducteurs de ces machines qui vont alléger le travail des femmes bénéficiaires confrontées au quotidien aux dures tâches domestiques. Le 19 octobre 2016, le chef de l’Etat avait procédé, à Kaolack, en marge de sa tournée économique à vocation agricole au centre et à l’est du pays à la réception de près de 2000 équipements destinés à l’allégement des travaux ménagers et à la transformation des produits locaux. La commune de Keur Baka, dans le département de Kaolack, qui est constituée de 60 villages pour près de 25 000 habitants, a bénéficié de 11 moulins à mil offerts par le Pudc.

Elimane FALL

...406 villages à électrifier dans la 1ère phase

Visite village PudcLe volet électrification rurale du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) a été lancé, le 19 octobre 2016, à Dialacoro. Dans la première phase, 406 villages seront électrifiés.

Situé dans la commune de Malème Niani, à 5 Km de Tambacounda, le Programme d’urgence de développement communautaire vient de réaliser le raccordement électrique du village de Dialacoro au réseau moyenne tension de la Senelec. Le président Macky Sall, en tournée économique à vocation agricole dans la région, avait allumé la première lampe. Ce village distant de 100 mètres du réseau de la Senelec ne disposait pas courant électrique. Avec ce raccordement, plus de 1.500 habitants peuvent désormais accéder au courant. Le lancement officiel du volet électrification rurale du Programme d’urgence de développement communautaire permettra de raccorder 37 villages dans la région de Tambacounda au réseau de moyenne tension. Il est aussi retenu d’électrifier 57 villages par l’installation de mini-centrales hybrides de 15,30 et 50 KV. Au total, dans la région de Tambacounda, 94 villages seront électrifiés et 3 villages multi-forages seront alimentés par le courant électrique sur un linéaire de 188 kilomètres. Au moins 6.110 abonnés pourront être raccordés au réseau en plus des établissements scolaires et autres infrastructures publiques. Le Programme d’urgence de développement communautaire prévoit, dans sa première phase, 406 villages sur un linéaire de 2 400 km de réseau moyenne tension, 1 400 km de basse tension à installer, 142 centrales solaires photovoltaïques à construire, 251 kits solaires individuels et 57 lampadaires solaires à installer et 28.000 installations intérieures à effectuer. 24.900 poteaux métalliques sont déjà produits. Les contrats pour le contrôle et la certification des travaux de construction de réseaux (moyenne et basse tension) sont signés et en cours d’exécution.

MACKY SALL TRESSE DES LAURIERS AU PUDC

Macky Sall ne tarit pas d’éloges sur le Programme d’urgence de développement communautaire. « Le pays n’a jamais travaillé au rythme du Pudc y compris mes précédents gouvernements parce que nous venons de trouver une formule qui nous permet d’accélérer la cadence », a déclaré le chef de l’Etat, lors de l’inauguration du forage de Saré Bamol. A Kaolack, le président Sall a remercié le Pnud, agence chargé de l’exécution de ce programme. « Je voudrais, ici, à Kaolack, remercier le Programme des Nations unis pour le développement (Pnud) qui nous a accompagné dans la mise en œuvre alors que nous étions à la phase de conception. S’il y avait une distinction à accorder en matière de gestion de projet, de bonne exécution, de bonnes pratiques et d’excellent projet, on l’aurait sans conteste décernée au Pudc, qui est un modèle de ce que nous devons faire sur l’ensemble des activités de l’Etat », a déclaré le président Sall. Il a indiqué que le succès enregistré avec le Pudc s’explique par l’expertise du Pnud. Plus d’un an après son lancement officiel par le chef de l’Etat, à Diamniadio, le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) imprime sa marque dans le monde rural grâce à la réalisation de forages, de pistes de production ou à la distribution à un rythme soutenu de matériel post production.

Dans le domaine de l’hydraulique rurale, 68 châteaux d’eau ont été construits, 89 sont en chantier ; 157 forages sont réalisés et 81 sont en cours ; 49 systèmes d’alimentation en eau dont 17 systèmes en Alimentation Eau Multi-Villages et 32 marteaux fond trou équipés au solaire mis en service dans les régions de Matam, Louga, Kaffrine, Kaolack, Tambacounda et Kédougou ; 182 abreuvoirs réalisés sur un total de 346 ; 1.033 bornes fontaines construites sur un total de 1.744. Le succès de ce programme s’explique par le fait que ses responsables sont « intransigeants » sur les délais. En effet, à chaque entreprise attributaire de marché, un délai de réalisation a été fixé et un suivi régulier est assuré pour prévenir ou circonscrire d'éventuels problèmes, au regard du caractère urgent du programme. Le nombre d'abreuvoirs réalisés par système est fonction de l'estimation du cheptel. Le volet hydraulique du Pudc couvre 10 régions du Sénégal et il a été demandé aux entreprises de démarrer les travaux dans les zones difficiles d'accès en hivernage même si les responsables de ce volet ont veillé à une répartition assez homogène des systèmes à travers les régions couvertes.

BANANE : CES GOULOTS QUI ÉTRANGLENT LA FILIÈRE

Filière Banane PudcMalgré son potentiel, la filière banane au Sénégal est confrontée à d’énormes difficultés. On peut citer, entre autres, les inondations, les pertes post-récoltes et le déficit de production. Pour inverser cette tendance, des acteurs tirent la sonnette d’alarme et comptent profiter des fonds annoncés par le chef de l’Etat pour mieux positionner la banane sénégalaise sur le marché.

La récente visite que le président Macky Sall a effectuée dans les périmètres bananiers de la région de Tambacounda a été une occasion pour les acteurs de passer au crible les difficultés qui gangrènent cette filière au Sénégal. Avec une production de 24 750 tonnes par an, Mamadou Omar Sall du Collectif régional des producteurs de bananes de Tambacounda (Corprobat) estime que le développement de la filière banane au Sénégal doit passer par une maîtrise de certains facteurs tels que la gestion de l’eau et la modernisation des plantations dans les zones de production. Profitant de la visite du chef de l’Etat dans les plantations de banane, M. Sall a réitéré l’engagement des acteurs à œuvrer pour atteindre l’autosuffisance dans la filière d’ici à 2018. Il a toutefois déploré la récurrence des inondations dans les plantations de la région de Tambacounda, le déficit de matériel de conditionnement et de transport ainsi que la sempiternelle équation du transport. « Notre organisation, la Corprobat, est en train de travailler pour aider l’Etat à résoudre les problèmes qui bloquent l’envol de la banane sénégalaise », a déclaré Mamadou Omar Sall. Il rappelle que le Collectif régional des producteurs de banane de Tambacounda est une organisation faîtière qui a été mise en place depuis 2003 suite aux inondations qui avait endommagé plus de la moitié des plantations de banane à Tambacounda. A l’époque, les producteurs de banane s’étaient regroupés au sein du Collectif des sinistrés des producteurs de la vallée du fleuve Gambie (Cosprovag).

Une filière qui mérite attention
S’il y a une filière qui mérite plus d’attention de la part des autorités, c’est bien celle de la banane. Le potentiel est énorme malgré de réelles contraintes. Pourtant, les acteurs ambitionnent de doubler sa production en quatre ans. En effet, avec plus de 25% de la production annuelle de bananes qui pourrit sur les sites d’exploitation, le manque à gagner est énorme. Mais cet aspect n’est qu’une partie des nombreuses difficultés que traverse la filière au Sénégal. Selon le directeur national de l’Horticulture, le Dr Macoumba Diouf, la production annuelle de 30 000 tonnes qui représente 6,5 milliards de FCfa versés à près de 9000 producteurs cache ces manquements. Macoumba Diouf estime que même si le Sénégal produit près de 30 000 tonnes par an, le potentiel est loin d’être exploité. «Le conditionnement et la logistique constituent l’un des plus gros obstacles auxquels est confrontée la filière banane. Il faut des conteneurs appropriés pour acheminer le produit dans les marchés. Ce qui n’est pas le cas actuellement. En effet, les camions qui assurent le transport de ce produit n’assurent pas une bonne conservation. Conséquences, les pertes sont énormes et les producteurs sont obligés de répercuter les pertes sur les coûts », selon Macoumba Diouf.

A côté de la logistique, la banane fait face à une autre difficulté, celle liée à l’accès à l’eau. En effet, si l’on en croit Valentin Mbengue, président de l’Union des acteurs de la filière banane au Sénégal, la culture de la banane nécessite beaucoup d’eau. «Le système d’irrigation que nous avons ne permet pas une fourniture correcte. C’est pourquoi nous sommes obligés de faire recours à des systèmes rudimentaires et difficiles. Si aujourd’hui le Sénégal veut entrer en compétition avec la Côte d’Ivoire dans la production de banane, il lui faudra relever ce défi. La logistique est indispensable. Dès qu’on coupe la banane, elle a besoin d’être bien conservée, alors que tous ces outils font défaut », a-t-il déploré.

Macky agrobusinessLes vitro plants comme alternative
Outre la problématique des infrastructures de conditionnement et de stockage, la vétusté du matériel végétal reste une des difficultés qui entravent le développement de la filière banane au Sénégal. En effet, comme le soutiennent les techniciens de l’horticulture, le renouvellement du matériel végétal est devenu une surpriorité. Pour y parvenir, la direction de l’Horticulture a annoncé, dans le cadre du Programme national de développement de la filière banane, un projet important de renouvellement des plantations dans les zones de production. Environ 35% des superficies sont visés. Il s’agit, comme l’a souligné le directeur de l’Horticulture, le Dr Macoumba Diouf, d’introduire près d’un million de vitro plants dans les plantations du Sénégal. « L’adoption de nouvelles technologies est devenue une nécessité », selon le Dr Diouf. Il insiste sur l’engagement de la direction de l’Horticulture.

Une facture à l’importation de plus en plus salée
Cette dernière compte jouer sa partition dans l’accompagnement et le plaidoyer dans la mobilisation des ressources financières afin de promouvoir davantage la banane dans la production horticole du Sénégal et de contribuer à l’amélioration du label sénégalais sur le marché international. Le directeur de l’Horticulture est convaincu que le Sénégal dispose d’atouts importants pour doubler sa production de banane et améliorer la qualité de celle-ci telle que déclinée par la vision des autorités étatiques. Si la balance commerciale du Sénégal est toujours déficitaire, elle le doit en grande partie à l’importation de certains produits, notamment la banane. En 2013, selon les chiffres du ministère du Commerce, les importations ont été estimées à 17 066 tonnes pour environ 4 320 500 000 FCfa. La Côte d’Ivoire est le principal fournisseur du Sénégal. Une tendance à inverser, selon les acteurs de la filière. « Et pour rendre le Sénégal plus compétitif, il va falloir aussi relever le défi de la quantité, en augmentant la production qu’on fera des économies d’échelle avec une répercussion sur les prix », a estimé Moukhtar Lakh, secrétaire général du ministère du Commerce. «Il nous faut à tout prix doper cette filière ; ce qui contribuera inéluctablement à équilibrer notre balance commerciale », avait déclaré le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Dogo Seck, au lancement du Programme national de développement de la banane sénégalaise.

1,5 milliard de FCfa pour combler un gap de 20 000 tonnes
Pour venir en aide aux producteurs de banane, le président Macky Sall a décidé de mettre à leur disposition 1,5 milliard de FCfa dès la prochaine campagne. « Une aubaine que nous tenons à saluer à sa juste valeur », a déclaré Mamadou Omar Sall. Il estime que ce concours financier permettra aux producteurs d’améliorer la production et de moderniser les infrastructures afin d’atteindre l’objectif de 50 000 tonnes de banane à produire par an d’ici 2018 et combler le gap de 20 000 tonnes. « En plus de l’amélioration de la qualité de notre banane, il s’agira de mettre aussi l’accent sur les infrastructures », a déclaré M. Sall. Il s’est réjoui que l’Etat mette en œuvre une série de mesures pour accompagner la filière banane au Sénégal.
 
Plaidoyer pour un système d’irrigation plus performant
« C’est une joie immense car, depuis les indépendances, on n’a pas reçu un président de la République dans les plantations de banane pour voir ce que font les producteurs », a déclaré Mohamed Mangane, le responsable du projet Soleil international d’Ajaaf. Il estime que le geste du président de la République confirme l’engagement de l’Etat à faire de l’agriculture, notamment le sous-secteur de l’horticulture, le moteur du développement et de l’émergence au Sénégal.
 
M. Mangane a profité de l’occasion pour évoquer le problème de la gestion de l’eau dans les plantations et la modernisation des systèmes d’irrigation. « Cela permettra de rendre plus fonctionnelles les parcelles de production », a-t-il soutenu.
 
Le foncier : source de conflit
La problématique de l’accès à la terre reste aussi une des contraintes de la filière banane. Issa Mbengue, le président de l’Association des producteurs de la vallée de la Gambie, pense que le foncier est très souvent source de conflit dans les zones de production. C’est le cas dans le Gouloumbou et dans le Wassadou où depuis bientôt cinq ans, l’accès à la terre oppose les populations autochtones et certains producteurs de banane. Des dossiers ont atterri au tribunal suite à des altercations entre producteurs et propriétaires terriens. « Nous demandons aux autorités qu’elles règlent définitivement ce conflit qui n’a que trop duré et qui a fini d’hypothéquer tous nos espoirs », a déclaré Issa Mbengue. Il estime qu’il est temps que l’Etat règle le problème de la terre dans le Wassadou.
 
La banane bio : une niche à explorer
Selon les producteurs, la banane biologique fait partie des produits horticoles sur lesquels le Sénégal peut compter pour combler le déficit de production noté dans la filière et atteindre l’autosuffisance. Véritable niche aux côtés de la banane organique, elle génère par an des centaines de millions au profit des producteurs de Tambacounda. La banane biologique introduite au Sénégal depuis une dizaine d’années est en train de révolutionner la filière dans les plantations. « Nous faisons aujourd’hui environ 150 hectares de banane bio dans notre association », confie Michael Diédhiou de l’Association des producteurs de la vallée du fleuve Gambie (Aprovag), lors de la visite du ministre de l’agriculture et de l’Equipement rural, Papa Abdoulaye Seck, à Tambacounda. Il était en suivi de campagne agricole.
 
La culture de la banane bio est devenue une réalité dans les plantations de la région de Tambacounda. « Notre association a accès son développement sur la banane biologique car il a un potentiel énorme et offre des revenus substantiels aux producteurs », a soutenu Issa Mbengue. Il estime que l’Etat doit miser davantage sur les subventions allouées à la filière banane en termes de fourniture d’engrais biologiques et d’intrants pour améliorer la qualité de la banane sénégalaise. « L’Aprovag a trois stations de conditionnement mais cela ne suffit pas », a-t-il indiqué. Ces producteurs estiment que la banane biologique doit être une option pour doper les exportations horticoles sénégalaises et contribuer à satisfaire les besoins du marché local. En dépit des efforts de production, le Sénégal continue d’importer par an environ 17 000 tonnes de bananes.

Par Pape Demba Sidibé et S.P.SADIO

LANSANA GAGNY SAKHO, DIRECTEUR GENERAL DE L’OFOR : « L’eau de qualité est de plus en plus accessible aux populations du monde rural »

Lansana Gagny Sakho OforLe défi de l’Ofor aujourd’hui, c’est de servir de l’eau de qualité tout en la rapprochant des populations rurales. Selon son directeur Lansana Gagny Sakho, sur un horizon d’un an, le Sénégal n’aura plus besoin de construire d’infrastructures hydrauliques. Le focus doit plutôt être mis sur la qualité et l’amélioration de l’accès. Il a annoncé d’importants programmes qui vont alléger les souffrances du monde rural.

Parlez-nous des programmes que vous déroulez dans les régions de Kaolack, Fatick, Kaffrine et Tambacounda ?
Dans l’ancienne région du Sine-Saloum, le chlore, le fluor et le sel posent des problèmes de qualité de l’eau. Le 1e juillet 2015, lors du Conseil des ministres, son Excellence le Président Macky Sall nous avait instruit de prendre toutes les dispositions pour que ce problème soit réglé dans les plus brefs délais. Nous sommes en train d’y travailler. C’est pourquoi d’ailleurs, dans le processus de mise en délégation de l’eau dans l’ensemble de la région du Sine Saloum, la priorité pour le délégataire va être de s’atteler à relever des défis précités. L’autre chose important dans les régions de Kaolack et Kaffrine c’est que dans le cadre d’un programme de 50 milliards de Fcfa, financé par Eximbank China exécuté par une entreprise chinoise, plus d’une vingtaine de forages vont être construits. Cela permettrait de régler définitivement le problème d’accès à l’eau potable dans la zone sans compter les forages du Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC). Je pense que sur un horizon d’une année, nous n’aurons plus un problème d’accès à l’eau potable dans l’ancienne région du Sine Saloum. C’est la même chose pour la région de Tambacounda où des efforts importants sont faits par le gouvernement du Sénégal à travers le PEPAM-UE, financé par l’Union Européenne, le PUDC mais aussi le PUDC/I2AE qui est une initiative pour améliorer l’accès à l’eau potable. Si tous ces programmes sont exécutés, nous n’aurons plus un problème d’accès à l’eau dans ces régions.

Maintenant de défi de l’OFOR, c’est d’arriver à régler le problème de l’eau productive. Si nous voulons fixer les populations et créer des activités génératrices de revenus. Des investissements très importants ont été faits dans ces zones. Il faut passer à une seconde phase qui consiste à régler définitivement ce problème de l’eau productive. Nous sommes en train d’y travailler. Mais pour le réussir, il faut aussi trouver une solution à la problématique du prix pour avoir une agriculture et un élevage compétitifs.

Pour la zone spécifique de Tambacounda qui est caractérisée par la rareté de l’eau, l’option prise par le ministre de l’Hydraulique et de l’assainissement, c’est d’aller dans une logique de transfert qui permet à des villages qui n’ont jamais eu l’eau depuis les indépendances de l’avoir. C’est le cas du village d’Aïnou Mady qui est une cité religieuse. C’est un financement de 3 milliards de Fcfa de la Banque Mondiale qui a permis de trouver une solution pour ces populations. Ce qui a été fait ces deux dernières années dans cette région du Sénégal oriental mais aussi dans les régions de Fatick, Kaolack, Kaffrine, est une première au Sénégal. Nous n’avons plus le défi de construction d’ouvrages hydrauliques parce que d’ici à un an, ce problème sera réglé. Il restera à relever le défi de l’exploitation. Nous avons anticipé et continuons de le faire à travers des délégations de service public que nous allons continuer de mettre en place.

Récemment vous avez mobilisé des fonds aux Etats-Unis, est ce qu’une marque de confiance par rapport au travail que vous êtes en train de faire avec le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement ?
Je pense que c’est une marque de confiance pour le ministère de l’Hydraulique. L’OFOR assure la maitrise d’ouvrage délégué. Ce financement est très important. Il permet de régler définitivement les problèmes d’eau dans les Iles de la Casamance y compris Kabrousse et Cap-Skiring où les populations ont un gros problème d’accès à l’eau. C’est vraiment une avancée significative. Ce financement de la BADEA vient en complément d’un financement qui a été fait dans les Iles du Sine-Saloum où il y a un énorme problème d’accès à l’eau potable. Ce problème sera réglé sur un horizon de 12 mois. La démarche est assez globale. Même dans la logique de modernisation des cités religieuses, il y a un programme très important qui consiste à installer une unité de potabilisation à Médina Gounass. C’est une vieille doléance qui a été satisfaite cette année. Les études vont commencer cette semaine. Cette unité permettra de traiter de l’eau prise depuis le fleuve Gambie pour la rendre potable afin de satisfaire les populations. Cela correspond à la vision du Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement d’aller dans une logique de transfert. C’est ce qui permet de régler sur le moyen et le long terme, les problèmes d’accès à l’eau.

Il y a aussi un programme de 250 forages que vous aviez annoncé. Où en êtes-vous ?
C’est un projet très important. Nous allons faire 251 forages sur 20 mois. Ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire du Sénégal. Les contrats vont être signés bientôt et les travaux vont démarrés. Cela devrait en principe commencer le 1e décembre 2016, il y a des réglages que nous sommes en train de faire. C’est un programme d’une envergure que le Sénégal n’a jamais connu. Il traduit le souci du Président de la République de régler les fondamentaux dans le monde rural.

Le besoin primaire des gens c’est d’avoir de l’eau et de l’électricité. Le Président de la République a très bien compris cela. Je pense qu’après ce programme il y aura plus besoin de faire un autre forage au Sénégal. Il faut travailler dans l’exploitation, la qualité, et surtout l’amélioration de l’accès. Selon notre vision, l’accès à l’eau n’a d’autre signification qu’un foyer, un point d’eau potable.

Est-ce qu’aujourd’hui le monde rural a compris l’importance de la délégation du service public de l’eau?
Il y a toujours des doutes chez les populations. Les gens font toujours le parallèle secteur privé-augmentation de prix. Mais ce qu’il faut comprendre c’est que ces délégations de service public de l’eau sont bien encadrées. Le prix n’est pas fixé par le délégataire, mais par l’Etat du Sénégal. La preuve dans la première délégation que nous avons mise en place, nous avons baissé le prix de l’eau. L’autre chose important, c’est la qualité. Nous sommes aujourd’hui dans les Objectifs de Développement Durable(ODD) qui ne souffrent d’aucun doute en termes d’indicateur. L’objectif 6 est très précis sur la qualité de l’eau. Il faut que l’eau soit potable, l’exploitation se fasse dans des normes de sécurité et d’hygiène. Mais il faut aussi que le point de vente soit proche des populations. La personne ne doit pas faire 30mn aller-retour pour trouver de l’eau. Nous sommes donc obligés d’aller vers des délégations de service public. Elles ne sont pas au service de l’Etat, mais au service des populations du monde rural. On ne doit plus laisser les gens prendre de l’eau dont on n’est pas sûr de la potabilité. La délégation de service public va nous régler toutes ces choses. Encore une fois, délégation de service ne signifie pas augmentation de prix.

Est-ce qu’avec tous ces ouvrages que vous avez annoncés, on peut espérer s’approcher du Taux universel de couverture dans le monde rural?
Ce qui est certain, c’est que nous n’allons plus besoin de construire d’ouvrages hydrauliques. Nous devons plutôt travailler dans l’optimisation des outils de production. Mais avoir un point d’eau dans chaque foyer, si c’est ça la couverture universelle, ça va demander beaucoup plus de temps. Par contre, ce dont on est sûr c’est qu’on ne donnera plus aux gens de l’eau qui ne soit pas potable.

Est-ce qu’il y a un programme spécifique pour les foyers religieux ?
Oui dans le cadre de la modernisation des villes religieuses, son Excellence le Président Macky a instruit le Ministère de l’Hydraulique de de l’Assainissement d’accompagner le processus. C’est pourquoi à Médina Gounass, nous avons ce programme important. Nous allons passer après Ndiassane. Nous sommes en ce moment en train de travailler à Taïba Niassène. Mais il faut aussi se dire les choses.

Quels sont vos axes prioritaires au delà des programmes que vous déroulez ?
Nous en avons trois : la qualité, la qualité et la proximité du point d’eau avec les populations. Dans le monde rural, il est courant de voir des femmes faire 10 km par jour pour aller chercher de l’eau en compagnie des enfants. Ces images doivent disparaitre de l’environnement hydraulique du Sénégal pour permettre à ces dernières de faire des activités génératrices de revenus et aux enfants d’aller à l’école. Vous ne voyez presque plus de bornes fontaines à Dakar. Il faut qu’on arrive à cette situation dans le monde rural. A chaque fois que je vois une borne fontaine où une femme qui a son seau sur la tête pour aller chercher de l’eau, je me dis que nous n’avons pas encore atteint notre objectif stratégique.

MECANISATION DE L’AGRICULTURE A TAMBACOUNDA : 17 tracteurs octroyés aux producteurs

Tracteurs PudcCette année, la mécanisation a sauvé la région de Tambacounda. Du retard accusé dans le démarrage des pluies, se sont ajouté des pauses pluviométriques qui ont imposé des temps courts pour l’emblavement. Les semis sont allés jusqu’à la deuxième décade du mois d’août. La réussite de cette campagne est due à la mécanisation. En sept jours, du 21 au 27 juillet, d’importantes surfaces ont été emblavées. La région de Tambacounda a obtenu 17 tracteurs sur un quota de 30, en plus des engins de la Sodefitex et de la Saed. 13 sont en place. En plus de 4600 unités mises en place par l’Etat, les projets et programmes. La distribution a obéi à un équilibre entre producteurs agrobusiness et les différentes zones. L’accent est mis sur l’entretien car tous les conducteurs sont formés en entretien et réparation. C’est le cas aussi du technicien de la Sodefitex qui s’est rendu au Brésil et qui peut être sollicité comme les techniciens de l’Agripro, le concessionnaire dont la garantie court deux ans.

Barro Watt, le président régional des riziculteurs a reçu deux tracteurs pour les producteurs de la vallée de Gouloumbo. Une dotation destinées à accompagner le Pogramme d’accélération de l’agriculture pour l’atteinte de l’autosuffisance en riz. Depuis que les partenaires taiwanais ont quitté cette zone, les productions ont chuté car l’essentiel du travail se faisait à la force des bras. Après chaque pluie, c’est la course contre la montre. Le travail effectué en 10 jours par les producteurs, est réalisé en une journée par les tracteurs. Cette année 480 hectares de riz sont emblavés. Le tracteur a permis, souligne Barro Watt, aux producteurs de doubler voire multiplier par quatre les superficies emblavées. Il a été acquis grâce au programme de la petite irrigation locale (Papil) et l’autre qui vient de boucler sa première campagne a été subventionné par l’Etat. Avant leur mise en service, les conducteurs ont subi une formation portant sur la conduite et l’entretien. Les engins sont sous garantie pendant deux ans. En cas de panne, le concessionnaire peut-être sollicité, souligne le président régional des riziculteurs après avoir informé le Directeur régional du développement rural.

Samba Ndao Tall, le directeur régional du développement rural dit constater une nette amélioration dans le travail grâce à la mécanisation dans la région. « L’année passée, nous avons travaillé avec un tracteur mis en place par le Papil. Cette année, l’Etat a mis en place un lot de 17 dont 12 ont été livrés aux bénéficiaires du programme maïs et 4 sont passés par la Sodefitex à travers leur offre de services », indique M. Tall. Ces tracteurs ont changé le visage de la campagne agricole. En plus de ces tracteurs, la région a bénéficié de 4600 unités mises en place ces deux dernières années par les projets et programmes de l’Etat. Il s’agit de petits matériels attelés distribués par le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural. Des équipements d’une grande utilité dans le déroulement de la campagne agricole de cette année.

Contrat de performance
« Cette année, nous avons traversé un hivernage difficile. Au début, on a accusé deux semaines de retard. Ceux qui ont profité des premiers semis, du 24 juin, ne sont pas nombreux. Ensuite, il y a eu un deuxième départ pour le 21 juillet, la limite de la période propice pour les semis. Entre le 24 juin et le 21 juillet, il y a eu des pluies faibles mais nécessaires pour entretenir les premiers semis. La deuxième vague est arrivée tardivement le 21 juillet. Après quelques jours de pluie, il y a eu encore une pause. Les agriculteurs n’avaient que sept jours pour faire le deuxième semis. Fort heureusement, les tracteurs sont entrés dans la danse. Cette capacité de mécanisation a permis d’emblaver rapidement des surfaces qui ont dépassé les emblavures de l’année dernière, notamment pour le maïs, le riz et le sésame », explique Samba Ndao Tall, le directeur régional du développement rural. « Si la région de Tambacounda n’avait pas acquis cet important lot de tracteurs, cela allait être une campagne agricole catastrophique », a ajouté M. Tall. Grâce à la mécanisation, beaucoup de producteurs qui entretenaient des champs de 2 hectares, ont pu emblaver de vastes champs de 20 à 40 hectares. « La demande a été forte et même des engagements n’ont pas pu être honorés car les tracteurs qui étaient disséminés dans la région ne pouvaient répondre aux nombreuses sollicitations. Aujourd’hui, ceux qui disposent d’un tracteur, ont vu l’intérêt de formuler une demande pour en avoir d’autres », indique Samba Ndao Tall, le directeur régional du développement rural. Ce qui est impossible, selon M. Tall, expliquant que dans la politique de distribution de ces engins, l’Etat tient compte de l’équité dans la répartition.

Tous les bénéficiaires des tracteurs ont signé un contrat de performance qu’ils sont tenus de respecter. Cet encadrement les empêche de faire ce qu’ils veulent. Pour l’entretien, les bénéficiaires des tracteurs ont suivi une formation en conduite et entretien des tracteurs. « Lors de la formation, précise M.Tall, on a insisté sur la nécessité d’un bon entretien. Les engins doivent avoir une durée de vie normale. Ceux qui ont la charge de ces tracteurs sont conscients de cet état de fait car ils ont été bien sensibilisés ».

En plus de la formation, la sensibilisation continue sur le terrain. Ces engins subventionnés par l’Etat sont rétrocédés à 12 millions de FCfa. Certains ont contracté des prêts pour acheter ces tracteurs. La société qui est chargée de la mise en place de ces tracteurs sous garantie pendant deux ans, la société Agripro, fournira aussi les pièces de rechange. « Chaque fois qu’une difficulté est signalée, le problème sera vite réglé. A la Sodefitex, il y a un technicien qui a séjourné au Brésil où ces engins sont fabriqués. Il s’est spécialisé en entretien et en réparation. Au besoin, il peut être sollicité pour les engins distribués dans les autres région », indique Samba Ndao Tall.

Pape Demba SIDIBE

PUDC : LA COMMUNE DE NGUINTÉ KAYE RÉCEPTIONNE 10 MOULINS À MIL

Nguinté moulins PudcLa commune de Nguinté Kaye, dans le département de Nioro, a réceptionné, ce weekend, 10 moulins à mil offerts par le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc). 10 villages seront électrifiés et des pistes rurales seront réalisées dans la zone.

Les populations de la commune de Nguinté Kaye, dans le département de Nioro, et leurs élus, doivent une fière chandelle au Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc). Cette initiative gouvernementale a permis à la circonscription de se doter d’un lot d’équipements pour l’allégement des travaux des femmes. Une cérémonie de réception de 10 moulins à mil s’est déroulée, vendredi dernier, à l’hôtel communautaire sous la présidence du maire Momath Ndaw. «Nous avons obtenu, du Pudc, dans son volet consacré à l’allégement des travaux ménagers, 10 moulins à mil pour les femmes de la commune. Nous avons réuni les chefs de villages concernés et les membres des comités de gestion ainsi que les groupements de femmes pour réceptionner le matériel et procéder à sa répartition, en attendant les lots complémentaires pour les localités restantes», a indiqué l’édile de la collectivité territoriale en marge de la cérémonie. Une occasion pour le premier magistrat de Nguinté Kaye de décliner les nombreuses réalisations à l’actif de ce programme dans sa circonscription. « Le Pudc a réalisé l’électrification de 10 villages dans la commune, 2 forages et va construire la piste rurale Ndoffane-Nguinté Kaye en plus du matériel alloué aux Groupements de promotion féminine. Nous pouvons considérer que ce projet du gouvernement du Sénégal est du pain béni », s’est réjoui Momath Ndaw. La cérémonie de réception et de distribution de ces équipements a coïncidé avec la fin de la formation technique en fabrication de savons et d’eau de javel des femmes de la commune, en partenariat avec la Chambre de commerce d’industrie et d’agriculture de Kaolack (Cciak). Une coopération qui a permis de renforcer 75 femmes en entreprenariat. La commune de Nguinté Kaye, située dans le département de Nioro, est constituée de 39 villages pour 23500 habitants. Elle est dirigée, depuis juillet 2014, par Momath Ndaw, un haut cadre du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, par ailleurs responsable local de l’Alliance pour la République (Apr), le parti au pouvoir.

Elimane FALL

 

Même si l’école publique est gratuite, il est demandé aux élèves et aux parents de débourser de l’argent pour les frais d’inscription. Cette somme sert souvent à assurer les dépenses de fonctionnement des établissements scolaires.

Parent d’élève à l’école primaire de Hann-Yarakh, Pape Alioune Diallo a reçu tout juste après la rentrée une fiche détaillée des dépenses pour l’année scolaire. La fiche dont nous avons eu copie explique la participation des parents pour le fonctionnement de l’école. On y trouve des dépenses liées à l’entretien des toilettes, la réparation des tables-bancs, l’entretien de la plomberie, de l’électricité, entre autres. Des charges supportées par le Comité de gestion (Cg) de l’école qui a décidé ainsi de faire participer les parents d’élèves à raison de 5.000 FCfa pour les élèves du Cours d’initiation (Ci) et du Cours moyen 2ème année (Cm2) et 3.500 FCfa par les élèves des autres classes. « Il y a beaucoup de dépenses pour ces deux classes », justifie Mamadou Diop, président du Comité de gestion de l’école primaire El hadji Mamadou Mbathie de Hann-Yarakh.

Ces cotisations ou frais d’inscription, « même s’ils sont justifiés », selon Pape Alioune Diallo, passent un peu mal pour lui. « Je viens d’acheter difficilement les fournitures de mes élèves, confie-t-il. Si on y ajoute encore des frais, cela va devenir difficile pour certains parents ».

Théoriquement, les inscriptions à l’école au Sénégal sont gratuites, surtout au niveau de l’élémentaire, comme le dit la Directrice de l’enseignement élémentaire au ministère de l’Education nationale, Khady Diop Mbodj. « Il y a bel et bien une gratuité des frais d’inscription qui ne doivent pas constituer un obstacle pour la venue des élèves à l’école. Au primaire, on ne demande rien à l’élève », déclare-t-elle.

Alors, sur quoi repose les frais demandés au parent Pape Alioune Diallo ? « Ce sont des frais demandés aux parents par les écoles », répondent les personnes concernées (directeur d’école, président de Comité de gestion et président de l’Association des parents d’élèves). « Avant le début de chaque année scolaire, un projet de budget est confectionné par le Cg pour assurer le fonctionnement de l’école. Vu que le budget alloué par l’Etat tarde souvent à venir et est même insuffisant, de même que la subvention attendue de la mairie, nous sommes obligés de retourner vers les parents pour combler l’argent nécessaire au fonctionnement de l’école », précise le directeur de l’école primaire El hadji Mamadou Mbathie de Hann-Yarakh.

Mais attention, ces frais demandés ne doivent pas constituer un obstacle pour la venue des élèves à l’école, admet la Directrice de l’enseignement élémentaire. Très conscient que l’argent demandé va revenir aux élèves et au fonctionnement de l’école, le parent Pape Alioune Diallo se dit disposer à cotiser quand la situation va le permettre.

Reportage de Oumar NDIAYE

COLLÈGES ET LYCÉES : LES FRAIS D’INSCRIPTION FIXÉS PAR DÉCRET
Ecole cour 2Au niveau du moyen secondaire, la situation est tout autre. Les frais d’inscription sont obligatoires pour la venue de l’élève à l’établissement, car fixés par un décret présidentiel. « Les frais d’inscription sont fixés par un décret à hauteur de 10.000 FCfa au maximum par élève. Le décret dit bien que ces frais d’inscription doivent couvrir l’achat d’uniformes et de blouses », informe la proviseure du lycée d’application Seydou Nourou Tall, Madeleine Annie Coly.

Mais aujourd’hui, cette somme ne peut pas couvrir l’achat de l’uniforme et de la blouse « qui est de bonne qualité et avec une doublure », selon ses mots. C’est ainsi que ce lycée, de commun accord avec l’Association des parents d’élèves (Ape), a trouvé une solution en déléguant l’achat de blouses et d’uniformes aux parents. Ce qui n’a pas été si facile, comme elle le révèle. « En voyant la qualité des uniformes et blouses avec la doublure, souligne la proviseure Madeleine Annie Coly, le bureau de l’Ape s’est dit que 10.000 FCfa seulement ne suffisaient pas. Les parents ont ainsi décidé de prendre les choses en main. A l’époque, cela avait créé une polémique avec les parents ». Alors, avec l’achat des uniformes et blouses dorénavant géré par les parents, où va l’argent collecté au titre des frais d’inscription ? « A la gestion de l’école », rétorque-t-elle. « Aujourd’hui, la gestion est séparée. Les frais d’inscription sont engrangés par l’intendant de l’école pour l’administration, et l’achat d’uniformes est géré directement par le bureau de l’Ape. Il y a des lignes fixes pour l’argent généré par les frais d’inscription avec ce qui va à l’Inspection médicale des écoles (Ime) qui gère la santé des élèves de la région, les activités sportives financées à hauteur de 100 et 200 FCfa par élève. Les autres frais entrent dans la gestion de l’école ».

Pour plus de traçabilité des fonds et une bonne reddition des comptes, l’argent est géré par un Conseil de gestion (Cg) du lycée comprenant la proviseure, le censeur, des représentants des parents ainsi que ceux des autres acteurs de l’établissement (corps professoral, surveillants et élèves).

Au lycée d’application Seydou Nourou Tall, avec la lourdeur des charges de réhabilitation-rénovation, ainsi que les travaux de plomberie, électricité et autres, les frais d’inscription à eux seuls ne suffissent pas. En plus, il y a la diminution progressive du budget alloué par l’Etat aux établissements scolaires. Pour faire face, la proviseure essaie d’explorer d’autres sources de financement. Peut-être une solution de rechange ou de plus…

ECOLE EL HADJI MAMADOU MBATHIE DE HANN-YARAKH : LES PARENTES D’ÉLÈVES SENSIBILISÉS SUR LES COTISATIONS
Ecole Doudou MbathieA l’école primaire El hadji Mamadou Mbathie de Hann-Yarakh, l’argent généré par les frais d’inscription sert à faire des achats et à assurer la réhabilitation et la rénovation avant la rentrée et même durant l’année scolaire. Argent qui n’est pas souvent suffisant pour couvrir toutes les dépenses. Mamadou Diop, président du Comité de gestion de cette école primaire, n’a récolté que 410.000 FCfa l’année scolaire passée au titre des frais d’inscription ou cotisations. « L’école compte 800 élèves, ajoute-t-il. Imaginez si chaque élève cotisait, nous aurions assez d’argent pour couvrir toutes les dépenses. Mais nous n’avons eu que 410.000 FCfa. Même pas les cotisations de 50% des élèves ! » Ainsi, avec l’Association des parents d’élèves qui est membre du Cg, Mamadou Diop continue la sensibilisation pour avoir le maximum d’élèves qui cotisent.

CONSEIL ET COMITE DE GESTION DES ECOLES : LA COMMUNAUTÉ ÉDUCATIVE IMPLIQUÉE DANS LA SCOLARITÉ DES ÉLÈVES
Mis en place par décret présidentiel 2002-652 du 2 juillet 2002, les Conseils et Comité de gestion, comme leurs noms l’indiquent, sont les nouveaux organes qui gèrent les écoles. Au vu de leur composition, l’Etat a voulu associer tous les acteurs de la communauté éducative pour une gestion participative et inclusive. « Le développement du secteur de l’éducation repose sur une planification de type décentralisé. Celle-ci passe par la conception, la réalisation et l’évaluation de plans régionaux, départementaux et locaux de développement de l’éducation, ainsi que de projets d’école et d’établissement, dans le cadre d’un partenariat regroupant les collectivités locales, les autorités administratives et scolaires déconcentrées, les partenaires au développement et la société civile. Dans le passé, du fait de l’absence d’un cadre institutionnel de pilotage, les initiatives éparses prises çà et là pour la mise en œuvre des politiques d’éducation et de formation ont toujours souffert de certaines lacunes. La multiplicité des centres de décision, en particulier, sans véritable coordination, avait entraîné un manque de cohérence », lit-on dans le rapport de présentation du décret.

Ainsi, des Conseils et des Comités de gestion ont été mis en place sur le plan national, régional, départemental, et communal dans les écoles pour épouser les contours de la décentralisation et de la déconcentration. Au niveau des collèges et lycées, ce sont les Conseils de gestion, et dans les écoles primaires, les Comités de gestion. « Le Comité de gestion (Cg) comprend un délégué de quartier (dans les communes) ou un chef de village, un représentant du conseil municipal ou rural, le responsable de l’établissement considéré (l’école, du centre d’alphabétisation ou de développement de la Petite enfance), le personnel enseignant ou l’équipe des facilitateurs, le personnel de service, les représentants des élèves ou des bénéficiaires, deux représentants de l’Ape, un représentant de chaque Association sportive et culturelle (Asc) du quartier ou village, un représentant de chaque Groupement de promotion féminine (Gpf) du quartier ou village, un représentant de chaque association de développement du village ou du quartier. Le Cg peut s’adjoindre, en qualité d’observateur, toute compétence utile à l’exécution de ses missions », détaille le décret. Ces Comités et Conseils ont des bureaux exécutifs qui en sont les organes de décision et de gestion.

KHADY DIOP MBODJ, DIRECTRICE DE L’ENSEIGNEMENT ELEMENTAIRE : « LES FRAIS D’INSCRIPTION ÉMANENT DE LA COMMUNAUTÉ QUI S’ORGANISE POUR APPUYER L’ÉCOLE »
Khady Diop Mbodj EduDirectrice de l’enseignement élémentaire au ministère de l’Education nationale, Khady Diop Mbodj soutient que l’argent demandé souvent par les établissements scolaires émane de la communauté qui s’organise pour leur venir en appui et ne constitue nullement un obstacle pour la venue des élèves à l’école.

On parle de gratuité des frais d’inscription, surtout dans l’élémentaire, alors que dans les écoles, il est demandé aux parents de l’argent. Qu’est-ce qui justifie cela ?
Il y a bel et bien une gratuité des frais d’inscription qui ne doivent pas constituer un obstacle pour la venue des élèves à l’école. Au primaire, on ne demande rien à l’élève. Maintenant, il peut arriver que l’Association des parents d’élèves qui est privée se retrouve et, face à des besoins de l’école, initie des cotisations. Cela se passe en interne, entre adultes, membres de l’association, voulant contribuer. C’est différent de l’accès des élèves à l’école. Ils y accèdent gratuitement. Si leurs parents n’ont pas honoré leurs engagements par rapport à cette association, cela n’empêche pas aux élèves d’entrer et de suivre les cours. Pour dire qu’à l’école primaire, les inscriptions sont gratuites, elles sont seulement pédagogiques. Le reste appartient aux parents qui se sont regroupés autour d’une association privée pour chercher des moyens pour l’école de leurs enfants. Comme ce ne sont pas des inscriptions qui émanent du ministère de l’Education, c’est en fonction des besoins que les comités de gestion déterminent les montants pour les cotisations. Là, le ministère n’a rien à y voir. C’est la communauté qui s’organise autour de son école pour pouvoir l’appuyer.

Est-ce qu’au niveau du ministère de l’Education nationale vous avez un regard sur ces frais d’inscription collectés ?
Cela relève de la déconcentration et de la décentralisation. L’Association des parents d’élèves est une structure privée qui s’organise avec un trésorier, un comptable matières, même si on demande aux directeurs d’école d’avoir un regard sur ces montants qui sont engrangés par l’Ape. Le directeur de l’école aussi veille sur l’utilisation des fonds. Il ne saurait être question de laisser des parents venir prendre l’argent au niveau de l’école et ne pas le réinvestir dans l’école. C’est là où interviennent vraiment le contrôle et l’encadrement du directeur d’école.

Est-ce que vous savez où va cet argent et quels sont les investissements qui sont faits ?
Pour les investissements, fruit de cet argent, c’est souvent en début d’année ou en fin d’année que les parents se retrouvent pour identifier les besoins. Cela peut être des investissements liés à la rénovation et à la réhabilitation de l’école, à la construction même des classes, des toilettes, à l’adduction d’eau, l’électricité. Tout dépend des besoins au niveau de l’école qui sont divers et variés. C’est pourquoi ce sont les parents qui s’organisent au cas où ils constatent ces manquements et peuvent y faire quelque chose. Ils s’organisent et cotisent pour parer à cela. L’Ape est différente du Comité de gestion. Dans chaque école, il y a un Comité de gestion où l’Ape est représentée. C’est cet organe de la communauté qui gère l’établissement. Dans ce Comité de gestion, le président et le trésorier sont membres de la communauté, et c’est le directeur de l’école qui en assure le secrétariat permanant. Pour dire que chaque école du Sénégal dispose d’un compte bancaire contrôlé par la communauté. L’Ape cherche souvent des fonds et les met à la disposition du Comité de gestion pour lui permettre de jouer son rôle.

L’ÉCOLE POUR TOUS ET PAR TOUS
Ecole couleursL’accès pour tous non compte tenu des origines sociales. Une marque déposée de l’école publique qui garantit ainsi l’équité et la justice à tous les enfants de la République. Ce principe a conduit à une gratuité des frais d’inscription à tous les échelons de l’éducation ou bien à des sommes dérisoires fixées : de 10.000 FCfa au niveau moyen-secondaire à 5000 FCfa à l’université jusqu’à une période récente.

Aujourd’hui, face à la lourdeur, à l’ampleur des charges de fonctionnement des écoles et à la faiblesse des moyens mis à leur disposition, ce verrou de la gratuité ne doit pas certes sauter, mais un peu dévissé pour laisser souffler l’Etat, bailleur principal de l’école. Ce qui permettra de diversifier les sources de financement de l’école. Dans la structure de financement de l’école, l’Etat occupe la première et prépondérante place. S’en suivent les collectivités locales, Partenaires techniques et financiers, entres autres, avant la contribution des ménages. Une part certes modique des ménages pour l’école publique, mais symbolique et qui doit être systématisée pour une implication et appropriation de l’école par les parents.

Si l’école publique, dans ses fondements, est pour tous, son financement doit se faire par tous : Etat, collectivités locales, Partenaires techniques et financiers et surtout par les parents, premiers bénéficiaires de cette école de la République.

Avec la nouvelle réorientation de l’école qui se veut celle de la « communauté », l’implication de tous les acteurs est nécessaire pour accroitre les financements et les consolider. Les fonds générés, surtout par les parents, doivent être gérés de manière concertée et transparente, avec une reddition des comptes et imputabilité permanente. Ce qui occasionnera une adhésion et compréhension des parents cotisants.

L’autre défi de l’école est aussi de chercher d’autres sources de financement nécessaires pour son bon fonctionnement. Plusieurs pistes ont été énoncées par les spécialistes qui permettront à l’école d’être sur la bonne route. L’approche Responsabilité sociétale des entreprises et philanthropique sont préconisées, permettant ainsi à l’Etat de souffler et de se concentrer sur les dépenses d’investissement nécessaires à l’élargissement de la carte scolaire.

La contribution des anciens des écoles demeure aussi une piste de solution. Combien sommes-nous à devoir à l’école publique notre réussite et position sociale ? Nous sommes donc redevables et avons une dette envers cette institution qu’est l’école publique. La meilleure manière de s’en acquitter, c’est de retourner l’ascenseur à cette école qui a été un escalier de la réussite pour nous…

Par Oumar NDIAYE

Le colloque international sur le cinquantenaire du 1er Festival mondial des arts nègres a pris fin hier. Les organisateurs et participants ont affiché leur satisfaction et souligné la nécessité de créer un cadre de dialogue pour revitaliser les héritages culturels.

L’intensité des échanges et la fécondité des réflexions ont fait dire au professeur Saliou Mbaye, président du Comité scientifique, qu’il y a la main de Dieu dans la réussite de cette manifestation qui a réuni une pléthore de personnalités d’Afrique et du monde.

Les enjeux de ce colloque étaient, selon le professeur Jean René Bourrel, chargé de prononcer le mot de remerciement des invités, d’ouvrir l’héritage culturel et spirituel du président-poète Léopold Sédar Senghor qui œuvrait pour la reconnaissance et la revitalisation des cultures africaines. Il a témoigné, au nom de toutes les personnes conviées à ce rendez-vous de commémoration et de réflexion, sa gratitude à l’endroit des organisateurs du colloque et s’est félicité de l’intérêt que lui a accordé le président de la République du Sénégal, Macky Sall.

Le président de la section sénégalaise de la Communauté africaine de culture, Alpha Amadou Sy, en fait un couronnement grâce « aux membres du comité dont l’abnégation et le sens de l’engagement n’ont jamais été pris à défaut ». Il poursuit, pour s’en réjouir davantage : « Les conclusions et recommandations qui ont résulté de nos travaux confirment, si besoin en était, la légitimité de cette commémoration du cinquantenaire du 1er Festival mondial des arts nègres ». C’est, pour lui, un devoir de mémoire dont ils ne pouvaient se dispenser. Il est essentiel de donner à la culture la place qui doit être la sienne dans une société aspirant au développement, à l’équilibre, car « elle ne saurait être confinée au prisme réducteur de composante des industries créatives », indique M. Sy non sans se féliciter de la fécondité des échanges. Les recommandations formulées à l’issue des assises en témoignent largement. Il en ressort la nécessité de créer un cadre d’échanges réguliers sur les questions fondamentales qui se posent en Afrique et dans le monde. La multitude d’intervenants, particulièrement généreux, montre à suffisance que ce n’est point une utopie.

C’est pourquoi l’économiste et enseignant à l’Université Gaston Berger, Felwine Sarr, estime que ce colloque est une réussite en ceci qu’il est arrivé à articuler plusieurs générations, des témoins et des universitaires ayant travaillé sur la question.

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