Grands Dossiers (66)

La croisade contre la mortalité maternelle et néonatale est loin d’être gagnée dans les zones reculées des régions de Louga, Saint-Louis et Matam. Les femmes enceintes continuent de perdre la vie lors des évacuations ou durant l’accouchement. Certaines localités trainent un déficit en ressources humaines et en logistique roulante. Pourtant, le tableau n’est pas noir comparé à la moyenne nationale. Le taux d’accouchement assisté par un personnel qualifié est de 59,6 % dans ces 3 régions contre 53 % au niveau national.

Les accouchements à domicile sont en net recul dans au moins 300 villages sans case de santé.

Dossier réalisé par Idrissa SANE

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L’engagement communautaire a fait tomber les barrières socioculturelles et économiques dans 300 villages sans poste de santé dans les régions de Louga, Matam et Saint-Louis. Les accouchements à domicile reculent. Par conséquent, la mortalité maternelle et infantile baisse.

Pour se rendre à Wandé, en venant de Dahra, c’est à partir de la commune de Déaly qu’il faut emprunter une piste sableuse et sinueuse sur une dizaine de kilomètres de la route nationale. Les véhicules roulent à vive allure. Elles bondissent au niveau des dénivellations. La plaine est austère. Une chaleur d’étuve l’enveloppe. La localité n’est pas facile d’accès. Au bout d’une trentaine de minutes, voici Wandé. Le village n’a pas de case de santé. « La distance moyenne qui sépare les villages dans cette zone est d’au moins 40 km. Il faut entre 2 et 3 heures pour évacuer un malade. Si ce sont des cas graves comme des femmes enceintes, c’est compliqué », s’alarme le médecin-chef de Dahra, Mamadou Thioro Mbaye.

Isolé dans une vaste plaine, Wandé n’est pas ouvert à l’évolution de la prise médicale, notamment la gestion des grossesses. L’accouchement à domicile a une charge sociale positive dans ce milieu où les Sérères et les Peulhs cohabitent harmonieusement.

« L’accouchement à domicile était perçu comme une réussite de la gestion d’une grossesse au sein d’une famille. Lorsqu’une femme s’apprête à accoucher, les hommes étaient obligés de quitter la concession », rapporte la porte-parole des femmes. Cette pratique n’a pas résisté aux causeries, aux séances de sensibilisation des relais et des comités de femmes. Le temps et la sensibilisation ont fait tomber les barrières socioculturelles. Elles ne donnent plus naissance à domicile. « Aucune femme n’a accouché à domicile en 2015. Les relais et les comités de femmes ont contribué à amener les femmes enceintes à faire des consultations prénatales, à se rendre au poste de santé en cas de saignements ou d’autres complications liées à la grossesse. Dans cette zone, les accouchements à domicile sont passés de 10,5 % à 8,9 % », se réjouit Ibra Pouye, l’infirmier chef de poste de Déaly.

La barrière financière surmontée
La barrière financière à l’accès aux soins s’est écroulée. Une caisse de solidarité a été créée. Elle est alimentée par les cotisations de la communauté. C’est une sorte de couverture maladie à l’échelle communautaire. « Actuellement, les femmes ne diffèrent plus les visites prénatales. En cas d’urgence, elles font des prêts pour leur évacuation ou leur accouchement. Il en est de même des hommes qui sont malades. Après, ces personnes remboursent. Nous avons actuellement 107.500 FCfa en caisse », confie le gestionnaire de la caisse de solidarité, Demba Faye.

Le non-respect de l’échéance de remboursement est négocié. Un moratoire est accordé au requérant. Tout le monde y trouve son compte. Toutes les couches de la population sont couvertes par cette mutuelle villageoise. Les visites prénatales et post-natales ne sont plus un luxe pour les femmes de Wandé. « Auparavant, lorsque vous dites que vous allez faire des consultations prénatales ou une échographie, d’autres femmes vous disent que vous avez de l’argent. Nous ne le faisions pas. Nous n’y pensions pas. Aujourd’hui, nous faisons des analyses et des échographies grâce à la sensibilisation et aussi à notre caisse », compare Ndèye Diaw, la présidente du Comité des mamans.

L’effet d’entrainement est systémique. Les accouchements assistés et le respect du calendrier des vaccinations sont observés dans le poste de Santé de Déaly. « Les populations des 13 villages où se déroule le projet fréquentent de plus en plus le poste de santé. Nous n’avions pas dénombré un seul cas d’accouchement à domicile dans ces 13 villages. La commune compte 70 villages. Donc, le travail reste à faire », évoque l’infirmier chef de poste de Déaly.

Wandé n’est qu’un village parmi les 300 répartis entre les régions de Louga, Matam et Saint-Louis où l’initiative communautaire a été au cœur du recul des accouchements à domicile. Le taux d’accouchement assisté par un personnel qualifié est de 59,6 % ; ce qui est supérieur à la moyenne nationale (53 %). Les retombées pèsent sur la survie des nourrissons et l’amélioration de la santé de la mère. Dans ces villages, les relais effectuent des visites à domicile, ils jettent un regard sur le calendrier de vaccination et rappellent au besoin les rendez-vous. Ils montrent comment tenir un nouveau-né qui tète. « Nous avons constaté une baisse des accouchements à domicile dans 300 villages où intervient le projet grâce à la coopération luxembourgeoise. Actuellement, les femmes vaccinent leurs enfants. Elles rejettent de moins en moins la planification familiale », se félicite M. Sow de Wepsha. Les acteurs réfléchissent sur les stratégies de capitalisation de cette initiative communautaire dans d’autres villages sans case de santé.

Idrissa SANE

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La région médicale de Louga est sur le pied de guerre contre la mortalité maternelle et la malnutrition. Le colonel Mame Demba Sy, médecin-chef de la région médicale de Louga, a indiqué que des actions concertées sont en cours de préparation. Il a donné les assurances à la mission conjointe de suivi de trois agences du Système des Nations unies (Unfpa/Oms/Unicef) qui a sillonné les régions de Louga, Saint-Louis et Matam au mois de mai dernier.

La maîtresse sage-femme, enveloppée dans une blouse rose, apparaît très détendue. Avec une certaine aise, elle se livre aux jeux de questions-réponses des membres de la mission conjointe de trois agences du Système des Nations unies (Unfpa/Oms/Unicef).

Combien coûte un accouchement ? demande un membre de la délégation. « 5.000 FCfa, mais nous allons passer à 7.500 FCfa », répond la maîtresse sage-femme. Les membres de la mission se regardent dans les yeux. La sage-femme est impassible, précisant que « les femmes ne sont pas confrontées aux problèmes de paiement pour s’acquitter de ce montant, parce qu’elles sont membres des mutuelles de santé ».

Le colonel Mame Demba Sy, médecin-chef de la région médicale de Louga, prend la parole pour nuancer et rassurer les hôtes.

L’orientation, précise-t-il, c’est d’aller vers une baisse des tarifs. L’équipement des centres a fait chuter la mortalité maternelle et néonatale. Cette baisse ne reflète pas le tableau de la lutte contre la mortalité maternelle et infanto-juvénile dans la région. Dans d’autres structures sanitaires, en dépit de la baisse, des spécialistes estiment qu’elle est encore très élevée. « La mortalité maternelle et infantile est encore supérieure à la moyenne nationale », décline M. Sadio, chef de service des soins infirmiers de Louga, qui faisait une présentation. Le taux d’accouchement assisté y est de 59 %. Le mot d’ordre des agents, c’est d’inverser la tendance. Dans les couloirs des centres de santé et des hôpitaux, la planification des actions est à un stade avancé. Le refus de la fatalité est un sentiment partagé. « Il ne sert à rien de faire les audits des décès maternels et néonataux et de s’en limiter là. Il faut aller au-delà. Je pense que des actions ciblées et spécifiques sont nécessaires pour chaque décès », préconise le responsable de la région médicale, le colonel Mame Demba Sy.

La mortalité n’est pas le seul sujet de préoccupation. L’enquête smart avait révélé que la malnutrition affectait beaucoup d’enfants dans la zone de Linguère en dépit des bonnes récoltes. Le taux de malnutrition aiguë global était de 9,9 %, alors que la proportion de la malnutrition aiguë sévère grave était de 1,4 %. « Le taux de malnutrition a atteint un seuil critique selon la dernière enquête », rapporte Gustave Manel de la Direction de la santé de la reproduction et de la Survie de l’enfant (Dsr/Se). C’est un peu paradoxal. Les intervenants ne se bornent pas de mettre la pauvreté au banc des accusés. Le gouverneur de Louga indexe l’abandon des solutions qui sont à la portée de toutes les bourses. « Nous ne pouvons pas expliquer cette malnutrition par la pauvreté des populations. Nous sommes dans une zone de production de niébé et d’arachide par excellence. Nous abandonnons de plus en plus nos habitudes alimentaires et nos recettes culinaires », tente de comprendre le gouverneur de la région de Louga.

omme pour la mortalité maternelle et néonatale, la région médicale planifie des interventions. Des partenaires s’engagent dans la croisade. Ce n’était qu’une question de temps pour lancer une offensive contre la malnutrition. « Il y a une riposte qui se prépare contre la malnutrition. Nous avons organisé un atelier inter-région pour peaufiner la riposte. Il y a des acteurs qui ont pris des engagements, à l’image d’Action contre la faim. Nous avons déroulé des interventions spécifiques à Linguère. Il y a également le ministère de la Santé, à travers la Division de l’alimentation et de la nutrition et celle de la santé de la reproduction et du suivi de l’enfant, qui va renforcer son intervention », dévoile le colonel Sy.

Aussi, il a été recommandé de réaliser des enquêtes par département pour identifier, de manière profonde, les causes et affiner les stratégies. La région médicale de Louga se trouve, à nouveau, sur le pied de guerre contre la mortalité maternelle et infantile et la malnutrition.

Idrissa SANE

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La chargée des questions de santé à l’Unicef, Dr Marième Sylla Diène, insiste sur le recours des pratiques simples pour récupérer des nouveau-nés. Pour cette spécialiste en santé, la pratique de la réanimation peut contribuer à sauver la vie de nombreux nouveau-nés juste après l’accouchement. Le sous-équipement n’est pas un frein à l’usage des gestes simples qui sauvent des vies. « Il y a des techniques simples pour réanimer les nouveau-nés. Dans 99 % des cas, il suffit de sécher l’enfant pour maintenir la température en l’essuyant et en le maintenant dans un linge sec et propre, le stimuler et au besoin aspirer les sécrétions dans la bouche et dans le nez pour libérer les voies ariennes. Ces gestes arrivent à ressusciter la plupart des bébés qui naissent et qui n’ont pas crié », conseille le Dr Diène.

Au cas où le nouveau-né n’a pas crié après la stimulation, le praticien passe à l’étape suivante, c’est-à-dire la ventilation. Cet acte, affirme la spécialiste, a non seulement l’avantage de récupérer plus de bébés, mais aussi d’offrir les conditions d’un éventuel transfert vers un centre plus équipé. « Après la ventilation, il y a une faible marge qui a besoin de soins spécifiques nécessitant un transfert vers un centre beaucoup plus équipé », renseigne-t-elle.

Idrissa SANE

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Le district sanitaire de Dahra a son avocat. C’est le Dr Mamadou Thioro Mbaye. Ce praticien est un serviteur dévoué du système sanitaire, ont témoigné les autorités administratives et les élus locaux. Il ne rate jamais l’occasion de poser sur la table le relèvement du plateau technique et l’augmentation des ressources humaines pour Dahra. Son district a obtenu de bons résultats en matière de lutte contre la mortalité maternelle et infantile.

Le médecin-chef du district sanitaire de Dahra, Mamadou Thioro Mbaye, n’est pas un partisan du service minimum. Ce n’est pas non plus le sous-équipement qui freinera son élan. Il ne se contente pas seulement de consulter et de soigner des malades. Ce praticien regorge d’énergie pour être à la fois dans des salles de consultation et sur le terrain de la sensibilisation. La bataille contre les pathologies se gagne sur ces deux fronts. La réduction de la mortalité et de la morbidité liées aux différentes maladies empêchent ce natif de Dahra de dormir. « C’est un médecin qui abat un excellent travail. Il est disponible et joignable à n’importe quel moment », témoigne le sous-préfet de Sagatta, Moussa Yatt, lors de l’échange avec les populations de Wandé.

Le maire de Déaly confirme les propos du sous-préfet. Le médecin-chef est plus qu’un serviteur du système de santé. L’obligation de résultats sous-tend son dévouement. « Il faut sortir, sinon les indicateurs seront au rouge », conseille le Dr Mamadou Thioro Mbaye. Lui et ses collaborateurs sont dans une course sans fin pour la préservation des acquis. Il reconnaît les contributions de chacun à l’obtention des bons résultats. « Nous avons une réduction des accouchements à domicile dans la zone de Déaly. Cela s’explique, en partie, par le dévouement de l’infirmier chef de poste », reconnait le médecin-chef qui enfile, par moment, la robe d’avocat pour défendre son district.

Parfois aussi, il se fait le porte-parole de sa communauté. L’amélioration des conditions de travail des agents le pousse à faire des plaidoyers pour le renforcement de la logistique roulante. Le département de Dahra est une collectivité particulière. « Nous avons des problèmes de maillage du district. Vous pouvez faire 200 km tout en restant dans le district. Vous pouvez passer 2 à 3 heures pour évacuer un malade, une femme enceinte. Avec l’état des pistes, celle-ci a le temps de mourir. Nous avons besoin de la logistique roulante », plaide le Dr Mbaye.

Au bloc opératoire de la maternité et à la salle de réveil, son équipe fait bloc autour de lui. Les autres spécialistes échangent de façon cordiale. Il a laissé le soin au chef du service de fournir les informations lors du passage des membres de la mission des agences onusiennes. Dr Mbaye est courtois, il écoute ses interlocuteurs. Mais c’est aussi une personne qui sait défendre ses arguments. Il ne cède pas s’il sait qu’il a une part de vérité. La méthode de calcul sur les données avait soulevé une discussion entre Dr Mbaye et l’une des dames de la Direction des statistiques du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Sous sa direction, les indicateurs de la lutte contre la mortalité maternelle ont évolué. En 2015, seuls 8 cas de décès sont enregistrés à Dahra qui fait plus de 3 fois la région de Dakar. C’est une performance. Le praticien ne perd pas de vue que les défis sont énormes. « Beaucoup d’efforts sont réalisés en matière de lutte contre la malnutrition. Il reste beaucoup à faire en matière de lutte contre la malnutrition des enfants », admet le Dr Mamadou Thioro Mbaye. Tous les jours, lui et son équipe s’attèlent à réduire au minimum les évacuations des femmes enceintes. C’est une question de crédibilité pour l’établissement. On comprend alors pourquoi il ne cesse de réclamer la modernisation du plateau technique dans un district très vaste. Les évacuations des femmes enceintes peuvent ne pas se terminer dans les meilleures conditions. « Toutes les complications obstétricales enregistrées sont prises en charge à moins que le médecin anesthésiste ne soit absent. Le temps perdu ne joue pas en faveur du malade », rappelle-t-il.

Idrissa SANE

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L’ancien centre de santé de Ourossogui a été construit dans une zone reculée et peu dotée en structures sanitaires. Au-delà de ses missions classiques, l’établissement est le réceptacle des malades des postes et cases de santé. Elle assure leurs évacuations en cas de besoin. Mais le système n’est pas encore huilé.

L’entrée du Centre hospitalier de Ourossogui n’est pas noire de monde en ce 25 mai 2016. Quelques patients sont au hall du nouveau bâtiment aéré et éclairé. Ce n’est pas le seul constat. L’ancien bâtiment se distingue par l’épaisseur de ses murs. Les fenêtres et les portes sont surmontées par des demi-cercles. Les lignes architecturales dessinent une sorte de voûte nubienne. Construit depuis 1976, le centre de santé, devenu hôpital de niveau 1, avait la vocation de recevoir les malades des rares postes et cases de santé à l’époque. Les années passent. La vocation ne change pas.

Par sa position géographique, l’hôpital de Ourossogui de niveau 1 est le plus équipé pour recevoir les cas compliqués et assurer leurs évacuations sanitaires vers Saint-Louis ou Louga qui sont à plusieurs centaines de kilomètres. Lors du passage de la mission des agences du Système des Nations unies (Unicef, Oms et Unfpa), cette vocation saute à l’œil. Les couloirs des compartiments d’hospitalisation et de la maternité bruissent de malades. « C’est une structure de référence. Nous recevons des malades des autres districts et des pays limitrophes comme la Mauritanie et la Guinée. Elle a aussi une mission d’évacuation des malades vers Saint-Louis ou Louga », explique le chef du service des soins infirmiers, Lamine Sall. En 2015, beaucoup de cas d’urgence d’enfants de 0 à 5 ans ont été pris en charge. Sauf que pour les observateurs avertis, ces cas ne sont pas suffisamment renseignés pour apprécier la qualité des références. « Il y a un challenge pour les références et les contre-références. Les cas de référence de 0 à 5 ans ne sont pas présents. J’attendais l’analyse de la qualité des références. C’est un chantier », objecte Dr Bocar Lô de la Fondation LuxDev.

Il n’est pas le seul à émettre cette réserve. Dr Lodi Evariste, assistant technique principal de la composante santé du 3ème programme de la coopération sénégalo-luxembourgeoise, abonde dans le même sens. « Il y a un problème de référence et de contre-référence dans la région. Je propose la création d’un centre d’accueil de référence », suggère-t-il. Pourtant, l’équipement de la maternité, dans le cadre du projet, a eu des incidences positives dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale dans la région. Les membres de la mission des Nations unies (Oms, Unfpa et Unicef) qui ont visité l’hôpital dans le cadre du Pic II (Sn/027) ont demandé aux responsables de l’établissement de travailler en étroite collaboration avec l’hôpital de Matam.

Idrissa SANE

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La bataille contre la mortalité maternelle et néonatale ne peut pas être gagnée en laissant les zones reculées trainer un déficit structurel de ressources humaines qualifiées. C’est la conviction de Dr Cheikh Tidiane Bâ, coordonnateur national du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa).

Nous venons de boucler une visite dans les régions de Louga, Matam et Saint-Louis. Est-ce que vous êtes satisfait des mesures qui sont mises en œuvre ?
C’est une mission conjointe du Système des Nations unies. Ce n’est pas toujours évident que les agences du Système des Nations unies (Unfpa, Oms et Unicef) l’organisent. Cette mission est organisée avec la coopération luxembourgeoise. Il faut aussi noter que c’est la deuxième fois que nous faisions une pareille mission. La première fois, c’était avec l’Usaid. A l’issue de la présente mission, qui nous a conduits à Matam, Louga et Saint-Louis, nous avons noté qu’il y a des avancées par rapport à la santé maternelle, à la planification familiale, au Programme élargi de vaccination (Pev) et aux accouchements assistés. Néanmoins, il reste des défis à relever.

Quels sont les défis à relever ?
Il y a une absence de spécialités dans les trois régions. Si nous prenons Matam, elle n’a pas de pédiatre pour le volet de la santé néonatale et infanto-juvénile. C’est préoccupant. Nous avons constaté que des centres de santé et des blocs (Sonu : Soins obstétricaux et néonataux d’urgence) construits, mais qui sont non fonctionnels. Cela ne date pas d’aujourd’hui. En conséquence, il y a un effort à faire en termes de plaidoyer auprès du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

En outre, nous avons aussi constaté l’importance des initiatives communautaires. Mais la couverture n’est pas importante. Beaucoup de villages ne sont pas encore touchés. Aussi est-il apparu que les cadres de concertation fonctionnent plus ou moins dans des zones où interviennent l’Unicef et l’Unfpa. Les indicateurs de la bonne gouvernance sont bons dans ces zones. C’est le cas au poste de santé de Fanaye. Il y a un besoin que ces initiatives communautaires soient élargies à d’autres villes. Nous ne devons pas aussi perdre de vue que nous sommes dans une zone sylvo-pastorale. Il faut des stratégies avancées et novatrices pour toucher les populations. Maintenant il est nécessaire de passer à l’échelle. Il y a une nécessité de couvrir d’autres villages.

Globalement, nous sortons satisfaits de cette mission. Nous sortons de cette mission avec beaucoup de thématiques et de plaidoyer. Il n’y a aucune région où les cadres de concertation fonctionnent correctement. Nous allons porter le plaidoyer. Nous allons essayer, dans la limite de nos possibilités, d’appuyer ces cadres. En somme, il y a trois choses à faire. Il s’agit de poursuivre le plaidoyer, afin que des zones éloignées puissent être dotées de spécialités et de ressources humaines de qualité. La deuxième chose, c’est de faire la cartographie des initiatives communautaires pour couvrir d’autres villages avec des financements additionnels. Le troisième défi à relever, c’est la logistique roulante. Nous avons fait le district de Dahra qui est trois fois plus important que la région de Dakar en termes de superficie. Le médecin-chef l’a dit. Vous pouvez faire 200 km en restant dans le district. Il va falloir plus d’ambulances et de voitures. Nous allons voir ce qu’il faut faire.

Des blocs ne fonctionnent pas faute de spécialistes. Qu’est-ce qu’il faut faire ?
Nous devons faire en sorte que les blocs fonctionnent. L’année dernière, il n’y avait pas un gynécologue à Matam. Aujourd’hui, nous avons deux gynécologues dans cette région. Nous allons continuer le plaidoyer auprès de l’Etat, des communautés et des partenaires.

Est-ce que les initiatives communautaires sont une réponse au déficit en ressources humaines ?
L’initiative communautaire ne peut pas être une réponse au déficit en termes de ressources humaines. Ces initiatives ne sont pas déroulées dans des communes dotées de cases et de postes de santé. Elles sont développées dans les villages où il n’y a pas de case de santé. C’est surtout le volet prévention. Ces initiatives ont contribué à réduire les retards de consultation. Les accouchements à domicile diminuent à Déaly. Si dans tous les villages ces initiatives sont étendues, nous aurons réglé beaucoup de problèmes. Les accouchements à domicile diminuent dans les zones où il y a des initiatives communautaires. L’Information, l’éducation, et la communication (Iec) et les caisses de solidarité ont aidé à la prise en charge sanitaire des populations. Ces initiatives communautaires créent la demande. Elles sont une réponse au déficit en ressources humaines, surtout dans les zones reculées.

Idrissa SANE

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36,7% et 49,62%. Tels sont respectivement les taux de réussite enregistrés, cette année, à l’issue des épreuves du baccalauréat et du Bfem. Des résultats en-deçà des attentes au regard des moyens que l’Etat injecte dans le secteur de l’éducation. Rien que pour l’année 2016, 376 milliards de FCfa ont été mobilisés, sans compter l’appui des différents partenaires. Les grèves récurrentes qui ont pour corollaire la difficulté d’atteindre le quantum horaire nécessaire, la formation des enseignants, l’environnement scolaire d’une manière générale, sont autant de griefs soulevés pour expliquer les contreperformances relevées dans le secteur de l’éducation.

Baccalauréat 2016 : Le taux de réussite s’élève à 36,7%
Sur un total d’inscrits de 152.575, seuls 147.932 candidats ont pu se présenter au baccalauréat de cette année, toutes séries confondues, soit 4.643 absences dénombrées. De l’avis des autorités éducatives, ce nombre élevé d’absents s’expliquent par le fait que la plupart d’entre eux sont des candidats libres, souvent opérationnels, et par conséquent, le jour de l’examen, ils sont appelés par leurs services.

De 31,3% en 2014 et 2015, le taux de réussite au baccalauréat a connu une légère hausse cette année. Il est passé à 36,7%. De la même manière, les mentions aussi ont augmenté. De 2.204, on est passé à 3.055 mentions, dont 12 « Très Bien » et 310 « Bien ». Cette évolution des résultats du baccalauréat est certes remarquable, mais reste encore insuffisante, car cela fait maintenant plus de cinq ans que le Sénégal peine à atteindre les 50% de taux de réussite à cet examen. Une situation que d’aucuns imputent aux nombreuses grèves des enseignants. Par contre, d’autres estiment que les contreperformances se justifient  par  la baisse du niveau des élèves.

Quoi qu’il en soit, les acteurs du système éducatif et leurs partenaires ont pris bonnes notes. Certainement que des mesures adéquates vont suivre afin de relever le taux de réussite au baccalauréat, toutes séries confondues.

Pape Coly NGOME

Région de Saint-Louis : Les inspecteurs plaident pour le respect du quantum horaire
Bfem 201611,57% et 18,9%, tels sont les taux de réussite enregistrés respectivement au baccalauréat et au Bfem dans la région de Saint-Louis, à l’issue des épreuves du premier tour. Ces résultats sont d’ailleurs jugés catastrophiques par des inspecteurs de l’enseignement qui plaident pour le respect du quantum horaire.

Les résultats du baccalauréat sont catastrophiques dans la région de Saint-Louis. Sur 10.498 candidats, seuls 1.215 élèves (garçons et filles) ont réussi à l’issue du premier tour, soit 11,57%. Ceux qui sont admis à subir les épreuves du deuxième tour ne font pas plus de 2.753. Pour le Brevet de fin d’études moyennes (Bfem), sur 13.658 candidats, seuls 2.584 élèves (garçons et filles) ont été déclarés admis à l’issue du premier tour, soit 18,9 %. Plus de 5.024 candidats subissent actuellement les épreuves du deuxième groupe.

Abdoulaye Sall, inspecteur de l’enseignement, en poste à l’Inspection d’académie (Ia) de Saint-Louis et chargé du cycle fondamental (du préscolaire à la fin du cycle moyen), ne passe pas par quatre chemins pour dire que ces résultats sont catastrophiques.

Dans son analyse, il précise que cette situation est due d’abord au déficit du quantum horaire, « qui s’explique par les perturbations relatives aux grèves répétitives décrétées par les enseignants et les élèves durant l’année scolaire 2016 ». Ce déficit du quantum horaire, poursuit-il, a engendré des conséquences désastreuses, car « les élèves n’ont pas eu le temps de terminer leur programme et de réviser leurs leçons. Les enseignants aussi n’ont pas eu le temps d’organiser des examens blancs, des séances de simulation, de rattrapage de certains cours, en vue de corriger les lacunes de certains élèves qui ont un niveau intellectuel très faible ».

De l’avis de l’inspecteur Sall, tout a été question de temps nécessaire aux préparatifs des examens. Selon lui, « le quantum horaire est un intrant de qualité ». Plus explicite, il se pose la question de savoir si réellement certains enseignants chargés d’encadrer les élèves ont les dispositions intellectuelles et pédagogiques requises pour dispenser correctement et régulièrement les cours, tout en évaluant le niveau des élèves. Sur ce plan, il souligne que l’Etat doit agir dans les plus brefs délais pour offrir à certains enseignants la possibilité de renforcer leurs capacités. « L’Etat doit aussi mettre en œuvre des stratégies qui permettent de maîtriser et de bien gérer les classes pléthoriques. Ceci pose aussi un autre problème », dit-il.

Toujours selon Abdoulaye Sall, les pouvoirs publics, les responsables syndicaux du mouvement enseignant, les parents d’élèves et autres acteurs de l’éducation nationale doivent pouvoir mettre à profit ces vacances pour s’asseoir autour d’une table, en vue de trouver les solutions les plus adéquates aux différends notés dans le système éducatif sénégalais. Il laisse entendre qu’il est temps de mettre définitivement un terme au bras de fer récurrent entre l’Etat et les syndicats, si on tient vraiment à développer l’école.

D’autres inspecteurs de l’éducation et de la formation, notamment Samba Diallo et Al Ousseynou Bâ, soutiennent que la conscience professionnelle doit toujours prévaloir. Les enseignants, quelles que soient les difficultés auxquelles ils sont régulièrement confrontés pour exercer leur métier, doivent tout mettre en œuvre pour aider les élèves à préparer, dans de bonnes conditions, leurs examens.

Al Ousseynou de Bâ souligne que, contrairement à ce qu’on raconte, le département de Saint-Louis va, à coup sûr, enregistrer, cette année, un pourcentage de réussite de 55% au Bfem à l’issue des épreuves du premier et du deuxième groupe.

Mb. K. DIAGNE et A. M. NDAW

Le quantum horaire est fortement érodé, selon l’inspecteu d’académie de Fatick
Bac Bfem 2016La région de Fatick a enregistré, cette année, un taux de 38 % d’admis au baccalauréat. Pour le Bfem, les résultats vont tourner autour de 30%. L’inspecteur d’académie de Fatick, Bandiougou Sarr, a expliqué que la faiblesse des résultats est due aux perturbations qui ont un impact négatif sur le quantum horaire, à la qualité du personnel et à l’environnement d’une manière générale.

Les résultats enregistrés aux examens du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem) et du baccalauréat sont jugés faibles dans la région de Fatick. L’inspecteur d’académie s’attendait d’ailleurs à cette issue du fait des perturbations qui ont jalonné l’année scolaire. Bandiougou Sarr a signalé que, pour le Bac, la région de Fatick a enregistré un taux de 38% d’admis. Comparé à l’année dernière (36%), elle a obtenu 2 points de plus. Mais, « nous ne pouvons pas nous satisfaire de ces résultats, en attendant de connaître les résultats sur le plan national », a-t-il déclaré.

Concernant le Bfem, les résultats disponibles pour le moment et les projections faites pour le second tour les orientent vers 30 % d’admis pour toute la région de Fatick. « C’est très faible. On ne peut pas comprendre dans une région comme Fatick, depuis 2005, alors qu’il y a une intervention des bailleurs de fonds pour améliorer les résultats, qu’on soit encore à 30% d’admis pour le Bfem », s’est-il étonné.

Sur les causes de ces contreperformances, l’inspecteur d’académie a relevé d’abord les perturbations scolaires. Selon lui,  le quantum horaire ou temps de travail qui permet à l’élève d’assimiler et de réussir est fortement érodé à cause de ces perturbations. Pour M. Sarr, les élèves qui devaient avoir 15 heures se retrouvent avec beaucoup moins. Ainsi, il leur sera difficile d’arriver  à assimiler les matières, a-t-il expliqué. Le deuxième élément, a signalé l’Ia, c’est la qualité du personnel. « Nous avons un personnel qui a encore besoin de formation complémentaire pour être en mesure d’installer les compétences au niveau des élèves », a-t-il rappelé. En plus, Bandiougou Sarr a évoqué l’environnement d’une manière générale.

Aussi a-t-il indiqué que le problème de l’accès ne se pose pas dans la région de Fatick. « Les grands défis qu’on se devait de relever, c’était les résultats. Jusqu’à présent, l’instabilité ne nous permet pas d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés », a-t-il regretté.

Pour remédier à la faiblesse des résultats, l’inspecteur d’académie est d’avis qu’il faut renforcer les capacités des enseignants. Selon lui, il est clair que le défi majeur du système, c’est la stabilité « pour qu’on puisse avoir un quantum horaire normal, pour que tout puisse se dérouler d’une manière correcte du mois d’octobre jusqu’au mois de juillet ». M. Sarr a également mis l’accent sur l’importance de l’encadrement des élèves dans les maisons.

Oumar  Ngatty BA

La région de Thiès dans une tendance favorable
Bfem 2016 2En attendant que l’ensemble des résultats du baccalauréat remontent au niveau de l’Inspection d’académie de Thiès pour pouvoir être analysés, tout comme ceux du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem), les tendances recueillies dans les deux plus grands lycées de la cité du rail montrent, pour l’instant, qu’il n’y a pas péril en la demeure.

Dans la ville de Thiès, les résultats de l’examen du baccalauréat pour l’année 2016 se présentent plutôt satisfaisants après le second tour. Au centre du lycée El hadji Malick Sy, où quatre jurys ont composé, le taux de réussite est à 44 %. Le total des résultats dudit lycée ont atteint 56,32% d’admis, toutes séries confondues.

Au lycée Amary Ndack Seck, qui a accueilli trois jurys, le centre affiche 42,22% de candidats reçus, là où ledit établissement s’en sort avec un taux de réussite de 43,47 % cette année. Soit un bond de quatre points par rapport aux résultats de l’année précédente. Une tendance qui, au fur et à mesure des remontées des résultats définitifs vers l’inspection d’académie, place la ville de Thiès dans une tendance favorable.

Selon Alioune Ndiaye, professeur de français, le faible taux de réussite de ces quinze dernières années est à rechercher dans l’architecture même du système éducatif sénégalais qui a eu du mal à s’adapter aux rapides mutations pédagogiques enregistrées. En guise d’exemple, il indique que, depuis une décennie, les élèves sont encouragés à s’engager dans l’étude des sciences, parce que le Sénégal en a réellement besoin. « Mais, dans cette option, on oublie royalement que la langue de travail, c’est le français ; alors que pour être un très bon élève en science, il faut au moins être bon en français, sinon l’élève va être rattrapé par les insuffisances accumulées dans l’apprentissage de la langue de travail », note-t-il.

Pour régler cette question, M. Ndiaye indique qu’il faut revoir profondément l’apprentissage de la langue de travail au Sénégal. Ce, du préscolaire au moyen secondaire, en assignant aux enseignants et aux élèves des programmes digestes. « Il ne sert à rien de présenter une table des matières démentielles dont les apprentissages ne sont jamais déroulés sur une année scolaire bien remplie, à fortiori s’il y a des grèves », martèle-t-il.

Sur la même lancée, son collègue Omar Diaw, professeur de sciences de la vie et de la terre, d’enfoncer le clou. « Nous, la matière que nous enseignons doit aller avec des travaux pratiques au laboratoire et sur un jardin scolaire. Faites le tour de nos établissements scolaires pour voir si le minimum de ces conditions pédagogiques est réuni. Ajoutez à cela le niveau bas des élèves en français, la langue d’enseignement, vous comprenez le niveau de performance des élèves et de leurs professeurs qui réussissent, malgré tous ces obstacles avérés, à faire des résultats ».

C’est pourquoi il suggère que les effectifs soient mieux maîtrisés dans les classes, des programmes bien ficelés dans le contenu, mais aussi dans le temps, pour que le taux d’assimilation soit porté à un niveau tel que le maximum d’élèves puissent être à la hauteur des espoirs placés en eux par leurs familles et la nation. « Autrement dit, il s’agit de revoir le contenu de notre système éducatif de fond en comble afin de le réajuster en fonction de nos choix en tant que Sénégalais et nous mobiliser tous pour atteindre nos objectifs », assène-t-il. D’après ces enseignants, malgré leur bras de fer avec le gouvernement, ils se sont toujours aménagés des espaces pour conduire les enseignements au niveau des classes d’examen.

Mbaye BA

Légère progression dans les académies de Kaolack et de Kaffrine
Academie KaolackCette année, les résultats enregistrés dans les régions de Kaolack et Kaffrine sont en légère hausse par rapport à l’année scolaire 2015. Des performances moyennes en dépit des grèves cycliques qui ont perturbé les lycées publics, notamment en zone urbaine. A noter une nette progression du bac franco-arabe, tout le contraire des séries G, en retrait cette année.

L’Académie de Kaolack n’a pas fini de collecter les résultats définitifs du baccalauréat général session 2016. Le centre d’examen qui regroupe à lui seul plus de 1.300 candidats a fini les examens oraux. Cependant, une dizaine de jurys a livré les résultats, selon Cheikh Tidiane Diallo, chargé de l’enseignement secondaire à l’Inspection d’académie de Kaolack. Le baccalauréat scientifique qui a démarré le premier enregistre des résultats plutôt décevants avec 86 admis sur les 280 candidats pour la seule filière technique existant au niveau du lycée El Hadj Abdoulaye Niasse.

Pour le baccalauréat général, un taux de réussite moyen de 45,82 % est obtenu contre 36,6 % l’année dernière, soit une progression de 9,22%. Avec tous les candidats reçus, la série S1 se distingue brillamment, suivi de celles L’ et S2, avec respectivement des taux de 53,38 % et 49,31 %. « Cette légère progression pourrait s’expliquer par un respect du quantum horaire en zone urbaine où certains collèges privés n’ont pas été trop perturbés par les grèves, contrairement aux lycées situés en zone rurale où les élèves n’ont pas accès à ce type d’enseignement », soutient M. Diallo. Il relève également les bonnes performances des candidats du bac franco-arabe avec un taux moyen de 80 %. Une nouvelle filière dans laquelle la série S1A se distingue avec un taux de 100%. Par contre, pour le baccalauréat arabe où il y avait une seule série littéraire, sur les 567 candidats, seuls 203 ont obtenu leur parchemin, soit un taux de 35%.

Des résultats contrastés à Kaffrine
L’Inspection d’académie de Kaffrine offre des résultats contrastés, selon que le centre d’examen se situe en zone urbaine ou rurale. A l’instar des résultats probants du lycée de Gniby, dans le département de Birkilane, 68% d’admis sont notés contre un taux plutôt en deçà de la moyenne régionale de Koungheul avec seulement 37,64%. Même écart observé entre le lycée de Boulel et celui de Babacar Kobar Ndao, dans la capitale du Ndoucoumane, avec des taux moyens respectifs de 65,38% et 37,76%.

Dans l’ensemble, le bac général dans cette région a connu une relative progression (9%) par rapport à la cuvée 2015. En effet, sur un effectif global de 1.338 candidats, 551 d’entre eux ont décroché leur premier diplôme de l’enseignement supérieur, soit un taux moyen de 41,18%, contre moins de 35% en 2015.

Elimane FALL

Tambacounda : La région fait un bond de trois points, malgré les perturbations
Academie TambaAvec un taux de réussite de 30,13% au baccalauréat, la région de Tambacounda a fait mieux que l’an dernier où le taux était de 27%. Le lycée de Kidira, qui est parvenu à faire zéro grève cette année, a obtenu six mentions « Assez Bien » au Bac. Le lycée Mame Cheikh Mbaye a aussi tiré son épingle du jeu en raflant les 4 mentions « Bien » enregistrées dans la région.

Le gouverneur de la région de Tambacounda, Bouya Amar, a tenu, après la sortie des résultats, à féliciter la communauté éducative de Kidira pour les premiers résultats obtenus au baccalauréat par le lycée de cette commune et qui font « la fierté » de la région orientale. Il a relevé que le lycée de Kidira a comme particularité le fait de n’avoir « pratiquement pas connu de grèves » ; ce qui a produit les résultats enregistrés. « Les cours se sont déroulés normalement, il n’y a pas eu beaucoup de difficultés », a souligné le gouverneur. L’inspecteur d’académie de la région de Tambacounda, Alassane Niane, a souligné que, pour cette première édition, 42% des candidats au baccalauréat technique ont réussi à l’examen. Ce qui constitue, selon lui, une grande satisfaction. « Au regard des difficultés auxquelles ces élèves étaient confrontées, je trouve que le résultat est satisfaisant. Les élèves ont étudié dans des abris provisoires et sur plusieurs sites. Sur 19 candidats au bac technique, 2 sont admis d’office et 6 au deuxième tour », a-t-il déclaré.

Pour le baccalauréat général, malgré les perturbations notées durant l’année scolaire, aucun dysfonctionnement n’a été noté dans la région, s’est-il réjoui, soulignant que, cette année, les résultats sont meilleurs comparés à ceux de l’année dernière (27%). De même, 36 mentions ont été décernées contre 32 en 2015.

Pape Demba SIDIBE

La région Kolda enregistre un taux de réussite de 19,71%
Les résultats du baccalauréat sont en baisse par rapport à l’année dernière dans la région de Kolda. Les résultats sont meilleurs au niveau des séries scientifiques comparées à celles dites littéraires.

Le taux de réussite au baccalauréat général, session 2016, est de 19,71%, cette année, au niveau de l’Inspection d’académie de Kolda. Les séries scientifiques enregistrent de meilleurs résultats par rapport aux disciplines littéraires. Pour la série L1, le taux de réussite est de 25,23%, contre 24,25% pour la L2. Au niveau des séries S1 et S2, les taux sont respectivement de 87,7% et 38,35%.

Au lycée Alpha Molo Baldé, qui abrite le plus grand centre d’examen de la région de Kolda, sur les 1.497 candidats inscrits, 118 ont réussi au premier groupe et 277 au second, avec 8 mentions « Assez Bien ». Au jury 837, la série L1 a obtenu une mention « Assez Bien ». Dans ce jury, qui avait 163 inscrits, dont 155 présents, il y a eu seulement 10 admis au premier tour et 49 pour le second.

Pour la série L2, sur 223 inscrits et 214 présents, il y a eu 21 admis pour le premier groupe contre 56 au second groupe et 2 mentions « Assez Bien ».  Au jury 840, sur 5 inscrits en série S1, 4 ont composé avec un seul admis au premier groupe et 3 au second groupe. Pour la série S2, sur 300 candidats et 298 présents, 25 sont passés au premier groupe avec une mention « Assez Bien » contre 55 pour le second groupe. Au jury 838, la série L2 a enregistré 22 admis au premier groupe et 49 au second groupe, sur un total de 382 inscrits pour 367 présents. Pour le jury 839, la série L2 a obtenu 14 admis au premier groupe et 15 au second groupe, sur un total de 203 inscrits, dont 194 présents.

En série S2, sur 121 candidats, il y a eu 22 admis au premier groupe, 37 au second groupe et 4 mentions « Assez Bien ». Le constat est quasiment le même au centre du lycée de Médina Yoro Foulah où il y a eu un seul  jury (830). Dans la série L1, sur les 92 candidats inscrits, dont 84 qui ont composé, il y a eu 5 admis au premier groupe et 16 au second groupe. En série L2, sur les 113 élèves inscrits, 107 ont composé, 13 sont admis au premier groupe, 22 au second groupe et une mention « Assez Bien » a été décernée. Pour la série S2, il y a eu 25 candidats, dont 24 présents à l’examen, un seul est passé au premier groupe et 8 au second tour. La situation est quasiment la même au jury 826 du centre de l’école élémentaire Thierno M. Barry de Vélingara. Sur les 268 candidats inscrits, 260 ont composé, 31 sont passés au premier groupe, 69 au second groupe et 4 mentions « Assez Bien », dont 2 en L2 et 2 en S2, ont été décernées.

« Les causes de cette baisse des résultats au baccalauréat s’expliquent par les grèves décrétées au niveau national et les nombreuses perturbations prises au niveau local. Il s’y ajoute l’inexpérience des professeurs, l’inefficacité ou l’absence d’un pilotage pédagogique par les chefs d’établissement et le défaut de formation continue des chefs d’établissement et des professeurs, entre autres », déclare Mamadou Wélé, secrétaire général de l’Inspection d’académie de Kolda.  Pour éviter la baisse constante des résultats aux examens, il estime que des solutions doivent être apportées aux problèmes soulevés par le personnel enseignant.

Mamadou Aliou DIALLO

Académie de Pikine/Guédiawaye : Des résultats largement au-dessus du niveau national
Resultat bac BfemLa grève des enseignants a occasionné, cette année, des difficultés liées à la maîtrise du quantum horaire. Malgré tout, élèves, professeurs et chefs d'établissement de l'Inspection d’académie (Ia) de Pikine Guédiawaye ont consenti beaucoup d'efforts pour l’examen du baccalauréat. Ainsi, ils ont pu obtenir des résultats nettement au-dessus de la moyenne nationale, avec un taux de réussite de 44,75%, contre 36% au niveau national.

Malgré les résultats peu encourageants du baccalauréat de cette année au niveau national (36,7%), l'académie de Pikine Guédiawaye a enregistré un score de 44,75%. Un taux largement au-dessus de la moyenne nationale et des performances que l'Inspecteur d'académie (Ia) Seyni Wade a expliqué par l’humanisme dont les élèves ont fait preuve, de même que l'engagement des professeurs et le bon management des chefs d'établissement. Il a révélé que l'Ia de Pikine Guédiawaye a réalisé, cette année, un bond de près de dix points par rapport aux résultats de l'année dernière.

A ce titre, il a souligné la détermination des professeurs qui, malgré les perturbations notées le long de l'année scolaire, ont su faire preuve d'engagement, en acceptant non seulement de travailler les jours de grève, mais aussi pendant des jours fériés.  Mais aussi en donnant des cours de renforcement à l’intention des potaches. Au finish, les résultats ont suivi, car les candidats se sont bien comportés aux examens.

Cependant, l'Ia de Pikine Guédiawaye est conscient que, même si ces résultats sont globalement satisfaisants, il y a encore un énorme travail à faire, car c'est plus de la moitié des candidats qui ont échoué. Une situation qui n'a pas laissé indifférente l'Inspection d'académie où l’on pense déjà à des initiatives efficaces pour faire en sorte que cette tendance puisse être renversée les années à venir. A ce propos, l'Ia a envisagé de poser des actes en rapport avec les chefs d'établissement. De la même manière, elle va contractualiser avec des collectivités locales, à l'image de son partenariat avec la ville de Guédiawaye et qui a abouti à l'élaboration de fascicules à remettre aux élèves pour leur permettre de disposer d'une bonne documentation. Cela, ajouté à la volonté des enseignants de donner des cours de renforcement, permettra d’arriver, selon l’Ia, à maximiser les chances des élèves de réussir aux examens.

Par ailleurs, même s'il est d'accord que la banlieue doit faire l'objet d'une attention particulière auprès des autorités, Seyni Wade n'en demeure pas moins convaincu qu'avec la mise en œuvre du Projet d'appui au développement de l'enseignement moyen évoqué par le chef de l'Etat, à l'occasion du Conseil des ministres délocalisé à Dakar, le gouvernement aidera à booster l'enseignement dans la banlieue. « La banlieue va se tailler la part du lion, et des infrastructures de dernière génération lui reviendront ».

Aussi, M. Wade n'a pas caché son admiration pour les résultats encourageants enregistrés par des établissements comme la zone de recasement de Keur Massar et le lycée de Thiaroye où, malgré les difficiles conditions de travail, les professeurs ont donné le maximum d'eux-mêmes et sont finalement arrivés à réaliser des performances tangibles.

Abdou DIOP

Amadou Moctar Ndiaye, directeur des examens et concours : « Les résultats sont en deçà de nos attentes par rapport aux moyens que l’Etat injecte dans l’éducation  »
Amadou M Ndiaye examsDirecteur des examens et concours au niveau du ministère de l’Education nationale, Amadou Moctar Ndiaye revient, dans cet entretien, sur le bilan ainsi que les résultats enregistrés à l’issue des examens du Bfem et du Cfee.

Quel bilan tirez-vous, cette année, des examens et concours organisés par le ministère de l’Education nationale ?
Par rapport au bilan, sur le plan immatériel, nous avons très tôt pensé à la construction des épreuves pour les différents examens et concours organisés par le ministère de l’Education nationale. Il y a un dispositif et un processus qu’il faut respecter et qui nous aide à construire les épreuves, les sécuriser et les valider ; veiller à leur levée et à ce qu’elles puissent arriver dans les régions les plus reculées du Sénégal. Nous avons réussi à bien maitriser le processus conformément au calendrier établi en début d’année. Le cahier de charges a été bien rempli. Nous n’avons pas entendu, dans le pays, quelques anicroches liées à l’organisation matérielle et immatérielle des examens et concours.
 
Le chevauchement des dates des épreuves du Bfem et du baccalauréat est souvent évoqué comme source de quelques soucis d’organisation… Que répondez-vous ?
A chaque fois, on nous parle des chevauchements entre le Bfem et le baccalauréat. Le principe fondamental qui sous-tend l’organisation d’un examen ou d’un concours, c’est la planification. Avec une planification ascendante, opérationnelle, stabilisée, fiable et qui tient compte des différents impératifs liés aux fêtes religieuses, à d’autres facteurs, il n’y a pas de raison que les chevauchements puissent être sources de problème. Ce sont les inspecteurs d’académie qui gèrent le ministère de l’Education nationale à la base. Ce sont eux aussi qui gèrent les différents personnels. Dès l’instant qu’ils ont les dates indiquées pour passer les épreuves des concours et examens, ils font une planification en tenant compte des personnels qu’ils ont à leur disposition. Il n’y a donc pas de raison qu’on ne puisse pas respecter la planification. Le chevauchement n’a jamais été un problème. Il a, au contraire, permis de rationaliser les ressources humaines mises à la disposition des académies.
 
Qu’en est-il maintenant des taux de réussite pour les examens de cette année ?
Les indicateurs qu’on convoque souvent pour parler de la réussite dans les examens et les apprécier, ce sont les statistiques. Pour le Bfem, en 2014, nous étions à 42,52% et en 2015 à 43,20%. Pour cette année, nous avons taquiné les 50% avec 49,62%. Le constat est qu’il y a un bond constant sur les trois années. Cela se traduit par une meilleure maitrise des programmes par les enseignants. La question est que si nous mettons cela sur une balance en interrogeant les moyens injectés par l’Etat, compte tenu de la participation des parents, il va s’en dire que nous sommes en-deçà des attentes. Si nous voulons un système performant, il faut que cela se ressente sur la qualité, avec la réussite aux examens.

Pour le Cfee, nous étions, en 2014, à 34,40% et, en 2015, à 37,94%. Pour 2016, nous sommes sûrs d’avoir fait un grand bond, parce qu’il y a une meilleure maitrise de la réforme par les enseignants. Au début, ils avaient quelques problèmes de maitrise de la réforme, parce que les enseignants avaient l’habitude d’enseigner et d’évaluer autrement. Entre temps, il y a eu une refondation du système éducatif. Nous avons voulu re-profiler l’homo senegalensis que l’école devait former. Il y avait, pour cela, le curriculum  de  l’éducation et de la formation. Nous avons déroulé des plans de formation sur l’ensemble du pays avec l’accompagnement des partenaires classiques du Sénégal dont le Canada.

En 2013, dans la première année de généralisation de ce circula, les résultats n’ont pas donné l’objectif escompté. Aujourd’hui, avec l’accompagnement de l’Etat dans la mise à disposition des manuels et autres et une bonne maitrise de la réforme, les résultats suivent. Avec le baccalauréat, c’est aussi la même tendance. En 2014, nous étions à 31%. En 2015, il y a eu une petite stagnation. En 2016, le taux est à 36,7%. Là aussi, il y a un bond. Si nous comparons les résultats que nous avons avec ceux de la sous-région, nous avons de meilleurs résultats.

Comment appréciez-vous ces résultats ?
Est-ce que ces résultats que nous avons obtenus sont satisfaisants ? Je ne le pense pas, parce que simplement nous avons des problèmes liés à la formation. Prenons, par exemple, ce que l’Etat injecte comme budget dans l’éducation. En 2015, il a donné 370 milliards de FCfa. En 2016, il y a eu une augmentation de 6 milliards de FCfa, parce que nous sommes à 376 milliards de FCfa. Tout cela compte non tenu de l’appui extérieur.

A côté de cela, il y a le coût supporté par les ménages. Si nous mettons tout cela sur une balance et de l’autre côté les résultats, nous pouvons dire que c’est en-deçà de nos attentes. L’Etat est conscient, aujourd’hui, que le premier intrant de qualité est l’enseignant. C’est pourquoi des réformes ont été entreprises. Depuis trois ans, personne ne peut plus être instituteur sans avoir le baccalauréat au Sénégal. Dans la formation diplômante des enseignants, on les positionne dès le départ, selon le test de positionnement. Ces résultats sont arrimés au bloc de compétence désiré et attendu de l’enseignant. C’est la différence qui constitue un référentiel dans le plan de formation des enseignants. C’est une nouveauté dans la construction de la qualité. Toujours dans cette construction de la qualité, l’Etat, avec ses partenaires comme la Banque mondiale, est en train de construire 200 écoles comprenant blocs sanitaire et administratif, salles de classe, murs de clôture, points d’eau.

Le non-respect du quantum horaire n’a-t-il pas d’incidence sur les résultats ?
Nous sommes dans un système où nous voulons construire et aller vers la qualité. C’est pour cela que les Assises de l’éducation et de la formation ont été organisées avec 11 mesures.

Certaines sont en train d’être mises à œuvre. Maintenant, ce sont les syndicats qui doivent appréhender leurs responsabilités. Aujourd’hui, tout le monde est conscient que là où nous devons faire 1300 heures, nous sommes rarement à 700 heures. C’est la première remarque. A côté, le privé fait le plein. Il faut aussi qu’on s’interroge sur ceux qui enseignent dans le privé. Il y a une introspection à faire à ce niveau. Nous ne pouvons pas, là où on s’attend à faire 1.300 heures, en faire 700 et prétendre avoir la qualité au même titre que ceux qui respectent les horaires attendus. C’est un fait réel. Nous ne pouvons pas sentir cela au niveau des examens. Le ministre de l’Education nationale a toujours dit que la grève n’a pas entamé suffisamment le quantum horaire pour nécessiter un réaménagement du calendrier des examens. Il disait cela suivant des données scientifiques transmises par les inspections d’académie. Ce qui est constaté, c’est que les professeurs qui enseignent dans les classes d’examen reviennent souvent après les mouvements de grèves pour encadrer les élèves. Il y a aussi que les parents, conscients et victimes du déficit de quantum horaire, s’attachent les services de répétiteurs pour accompagner les élèves. C’est pourquoi, du point de vue des résultats, cela ne se ressent pas. Mais dans les classes intermédiaires, c’est là où il y a problème, parce qu’il n’y a pas d’examen. Ce sont ces élèves-là qui vont arriver en classe d’examen. A ce niveau, l’Etat est en train de faire des efforts de nivellement.

Dans la répartition des ressources humaines mises à disposition, le ministère de l’Education nationale veille à ce que l’équité soit présente dans le ratio entre professeurs de lycée titulaire du Certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire (Caes)  et le nombre d’élèves. Auparavant, ce ratio n’était pas fait. Ce qui fait que dans des zones comme Matam ou Ziguinchor, on pouvait avoir des cas où il y avait un professeur titulaire de Caes pour 252 élèves, alors que le ratio à Dakar était d’un pour 53 élèves. Est-ce que les élèves de Matam, Kédougou et Ziguinchor n’ont pas les mêmes attentes que ceux de Dakar ? Dans notre loi fondamentale et d’orientation, il est affirmé que l’école est libre et gratuite au Sénégal. Tous les enfants du pays doivent être mis dans les mêmes conditions de réussite, qu’ils soient à Fongolimbi ou à Dakar. Ces résultats devraient nous pousser à faire une introspection, chacun dans les responsabilités où il se trouve.

Propos recueillis par Oumar NDIAYE

Sur un total d’inscrits de 152.575, seuls 147.932 candidats ont pu se présenter au baccalauréat de cette année, toutes séries confondues, soit 4.643 absences dénombrées. De l’avis des autorités éducatives, ce nombre élevé d’absents s’expliquent par le fait que la plupart d’entre eux sont des candidats libres, souvent opérationnels, et par conséquent, le jour de l’examen, ils sont appelés par leurs services.

De 31,3% en 2014 et 2015, le taux de réussite au baccalauréat a connu une légère hausse cette année. Il est passé à 36,7%. De la même manière, les mentions aussi ont augmenté. De 2.204, on est passé à 3.055 mentions, dont 12 « Très Bien » et 310 « Bien ». Cette évolution des résultats du baccalauréat est certes remarquable, mais reste encore insuffisante, car cela fait maintenant plus de cinq ans que le Sénégal peine à atteindre les 50% de taux de réussite à cet examen. Une situation que d’aucuns imputent aux nombreuses grèves des enseignants. Par contre, d’autres estiment que les contreperformances se justifient  par  la baisse du niveau des élèves.

Quoi qu’il en soit, les acteurs du système éducatif et leurs partenaires ont pris bonnes notes. Certainement que des mesures adéquates vont suivre afin de relever le taux de réussite au baccalauréat, toutes séries confondues.

Pape Coly NGOME

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11,57% et 18,9%, tels sont les taux de réussite enregistrés respectivement au baccalauréat et au Bfem dans la région de Saint-Louis, à l’issue des épreuves du premier tour. Ces résultats sont d’ailleurs jugés catastrophiques par des inspecteurs de l’enseignement qui plaident pour le respect du quantum horaire.

Les résultats du baccalauréat sont catastrophiques dans la région de Saint-Louis. Sur 10.498 candidats, seuls 1.215 élèves (garçons et filles) ont réussi à l’issue du premier tour, soit 11,57%. Ceux qui sont admis à subir les épreuves du deuxième tour ne font pas plus de 2.753. Pour le Brevet de fin d’études moyennes (Bfem), sur 13.658 candidats, seuls 2.584 élèves (garçons et filles) ont été déclarés admis à l’issue du premier tour, soit 18,9 %. Plus de 5.024 candidats subissent actuellement les épreuves du deuxième groupe.

Abdoulaye Sall, inspecteur de l’enseignement, en poste à l’Inspection d’académie (Ia) de Saint-Louis et chargé du cycle fondamental (du préscolaire à la fin du cycle moyen), ne passe pas par quatre chemins pour dire que ces résultats sont catastrophiques.

Dans son analyse, il précise que cette situation est due d’abord au déficit du quantum horaire, « qui s’explique par les perturbations relatives aux grèves répétitives décrétées par les enseignants et les élèves durant l’année scolaire 2016 ». Ce déficit du quantum horaire, poursuit-il, a engendré des conséquences désastreuses, car « les élèves n’ont pas eu le temps de terminer leur programme et de réviser leurs leçons. Les enseignants aussi n’ont pas eu le temps d’organiser des examens blancs, des séances de simulation, de rattrapage de certains cours, en vue de corriger les lacunes de certains élèves qui ont un niveau intellectuel très faible ».

De l’avis de l’inspecteur Sall, tout a été question de temps nécessaire aux préparatifs des examens. Selon lui, « le quantum horaire est un intrant de qualité ». Plus explicite, il se pose la question de savoir si réellement certains enseignants chargés d’encadrer les élèves ont les dispositions intellectuelles et pédagogiques requises pour dispenser correctement et régulièrement les cours, tout en évaluant le niveau des élèves. Sur ce plan, il souligne que l’Etat doit agir dans les plus brefs délais pour offrir à certains enseignants la possibilité de renforcer leurs capacités. « L’Etat doit aussi mettre en œuvre des stratégies qui permettent de maîtriser et de bien gérer les classes pléthoriques. Ceci pose aussi un autre problème », dit-il.

Toujours selon Abdoulaye Sall, les pouvoirs publics, les responsables syndicaux du mouvement enseignant, les parents d’élèves et autres acteurs de l’éducation nationale doivent pouvoir mettre à profit ces vacances pour s’asseoir autour d’une table, en vue de trouver les solutions les plus adéquates aux différends notés dans le système éducatif sénégalais. Il laisse entendre qu’il est temps de mettre définitivement un terme au bras de fer récurrent entre l’Etat et les syndicats, si on tient vraiment à développer l’école.

D’autres inspecteurs de l’éducation et de la formation, notamment Samba Diallo et Al Ousseynou Bâ, soutiennent que la conscience professionnelle doit toujours prévaloir. Les enseignants, quelles que soient les difficultés auxquelles ils sont régulièrement confrontés pour exercer leur métier, doivent tout mettre en œuvre pour aider les élèves à préparer, dans de bonnes conditions, leurs examens.

Al Ousseynou de Bâ souligne que, contrairement à ce qu’on raconte, le département de Saint-Louis va, à coup sûr, enregistrer, cette année, un pourcentage de réussite de 55% au Bfem à l’issue des épreuves du premier et du deuxième groupe.

Mb. K. DIAGNE et A. M. NDAW

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La région de Fatick a enregistré, cette année, un taux de 38% d’admis au baccalauréat. Pour le Bfem, les résultats vont tourner autour de 30%. L’inspecteur d’académie de Fatick, Bandiougou Sarr, a expliqué que la faiblesse des résultats est due aux perturbations qui ont un impact négatif sur le quantum horaire, à la qualité du personnel et à l’environnement d’une manière générale.

Les résultats enregistrés aux examens du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem) et du baccalauréat sont jugés faibles dans la région de Fatick. L’inspecteur d’académie s’attendait d’ailleurs à cette issue du fait des perturbations qui ont jalonné l’année scolaire. Bandiougou Sarr a signalé que, pour le Bac, la région de Fatick a enregistré un taux de 38% d’admis. Comparé à l’année dernière (36%), elle a obtenu 2 points de plus. Mais, « nous ne pouvons pas nous satisfaire de ces résultats, en attendant de connaître les résultats sur le plan national », a-t-il déclaré.

Concernant le Bfem, les résultats disponibles pour le moment et les projections faites pour le second tour les orientent vers 30% d’admis pour toute la région de Fatick. « C’est très faible. On ne peut pas comprendre dans une région comme Fatick, depuis 2005, alors qu’il y a une intervention des bailleurs de fonds pour améliorer les résultats, qu’on soit encore à 30% d’admis pour le Bfem », s’est-il étonné.

Sur les causes de ces contreperformances, l’inspecteur d’académie a relevé d’abord les perturbations scolaires. Selon lui,  le quantum horaire ou temps de travail qui permet à l’élève d’assimiler et de réussir est fortement érodé à cause de ces perturbations. Pour M. Sarr, les élèves qui devaient avoir 15 heures se retrouvent avec beaucoup moins. Ainsi, il leur sera difficile d’arriver  à assimiler les matières, a-t-il expliqué. Le deuxième élément, a signalé l’Ia, c’est la qualité du personnel. « Nous avons un personnel qui a encore besoin de formation complémentaire pour être en mesure d’installer les compétences au niveau des élèves », a-t-il rappelé. En plus, Bandiougou Sarr a évoqué l’environnement d’une manière générale.

Aussi a-t-il indiqué que le problème de l’accès ne se pose pas dans la région de Fatick. « Les grands défis qu’on se devait de relever, c’était les résultats. Jusqu’à présent, l’instabilité ne nous permet pas d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés », a-t-il regretté.

Pour remédier à la faiblesse des résultats, l’inspecteur d’académie est d’avis qu’il faut renforcer les capacités des enseignants. Selon lui, il est clair que le défi majeur du système, c’est la stabilité « pour qu’on puisse avoir un quantum horaire normal, pour que tout puisse se dérouler d’une manière correcte du mois d’octobre jusqu’au mois de juillet ». M. Sarr a également mis l’accent sur l’importance de l’encadrement des élèves dans les maisons.

Oumar  Ngatty BA

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En attendant que l’ensemble des résultats du baccalauréat remontent au niveau de l’Inspection d’académie de Thiès pour pouvoir être analysés, tout comme ceux du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem), les tendances recueillies dans les deux plus grands lycées de la cité du rail montrent, pour l’instant, qu’il n’y a pas péril en la demeure.

Dans la ville de Thiès, les résultats de l’examen du baccalauréat pour l’année 2016 se présentent plutôt satisfaisants après le second tour. Au centre du lycée El hadji Malick Sy, où quatre jurys ont composé, le taux de réussite est à 44 %. Le total des résultats dudit lycée ont atteint 56,32% d’admis, toutes séries confondues.

Au lycée Amary Ndack Seck, qui a accueilli trois jurys, le centre affiche 42,22% de candidats reçus, là où ledit établissement s’en sort avec un taux de réussite de 43,47 % cette année. Soit un bond de quatre points par rapport aux résultats de l’année précédente. Une tendance qui, au fur et à mesure des remontées des résultats définitifs vers l’inspection d’académie, place la ville de Thiès dans une tendance favorable.

Selon Alioune Ndiaye, professeur de français, le faible taux de réussite de ces quinze dernières années est à rechercher dans l’architecture même du système éducatif sénégalais qui a eu du mal à s’adapter aux rapides mutations pédagogiques enregistrées. En guise d’exemple, il indique que, depuis une décennie, les élèves sont encouragés à s’engager dans l’étude des sciences, parce que le Sénégal en a réellement besoin. « Mais, dans cette option, on oublie royalement que la langue de travail, c’est le français ; alors que pour être un très bon élève en science, il faut au moins être bon en français, sinon l’élève va être rattrapé par les insuffisances accumulées dans l’apprentissage de la langue de travail », note-t-il.

Pour régler cette question, M. Ndiaye indique qu’il faut revoir profondément l’apprentissage de la langue de travail au Sénégal. Ce, du préscolaire au moyen secondaire, en assignant aux enseignants et aux élèves des programmes digestes. « Il ne sert à rien de présenter une table des matières démentielles dont les apprentissages ne sont jamais déroulés sur une année scolaire bien remplie, à fortiori s’il y a des grèves », martèle-t-il.

Sur la même lancée, son collègue Omar Diaw, professeur de sciences de la vie et de la terre, d’enfoncer le clou. « Nous, la matière que nous enseignons doit aller avec des travaux pratiques au laboratoire et sur un jardin scolaire. Faites le tour de nos établissements scolaires pour voir si le minimum de ces conditions pédagogiques est réuni. Ajoutez à cela le niveau bas des élèves en français, la langue d’enseignement, vous comprenez le niveau de performance des élèves et de leurs professeurs qui réussissent, malgré tous ces obstacles avérés, à faire des résultats ».

C’est pourquoi il suggère que les effectifs soient mieux maîtrisés dans les classes, des programmes bien ficelés dans le contenu, mais aussi dans le temps, pour que le taux d’assimilation soit porté à un niveau tel que le maximum d’élèves puissent être à la hauteur des espoirs placés en eux par leurs familles et la nation. « Autrement dit, il s’agit de revoir le contenu de notre système éducatif de fond en comble afin de le réajuster en fonction de nos choix en tant que Sénégalais et nous mobiliser tous pour atteindre nos objectifs », assène-t-il. D’après ces enseignants, malgré leur bras de fer avec le gouvernement, ils se sont toujours aménagés des espaces pour conduire les enseignements au niveau des classes d’examen.

Mbaye BA

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Cette année, les résultats enregistrés dans les régions de Kaolack et Kaffrine sont en légère hausse par rapport à l’année scolaire 2015. Des performances moyennes en dépit des grèves cycliques qui ont perturbé les lycées publics, notamment en zone urbaine. A noter une nette progression du bac franco-arabe, tout le contraire des séries G, en retrait cette année.

L’Académie de Kaolack n’a pas fini de collecter les résultats définitifs du baccalauréat général session 2016. Le centre d’examen qui regroupe à lui seul plus de 1.300 candidats a fini les examens oraux. Cependant, une dizaine de jurys a livré les résultats, selon Cheikh Tidiane Diallo, chargé de l’enseignement secondaire à l’Inspection d’académie de Kaolack. Le baccalauréat scientifique qui a démarré le premier enregistre des résultats plutôt décevants avec 86 admis sur les 280 candidats pour la seule filière technique existant au niveau du lycée El Hadj Abdoulaye Niasse.

Pour le baccalauréat général, un taux de réussite moyen de 45,82 % est obtenu contre 36,6 % l’année dernière, soit une progression de 9,22%. Avec tous les candidats reçus, la série S1 se distingue brillamment, suivi de celles L’ et S2, avec respectivement des taux de 53,38 % et 49,31 %. « Cette légère progression pourrait s’expliquer par un respect du quantum horaire en zone urbaine où certains collèges privés n’ont pas été trop perturbés par les grèves, contrairement aux lycées situés en zone rurale où les élèves n’ont pas accès à ce type d’enseignement », soutient M. Diallo. Il relève également les bonnes performances des candidats du bac franco-arabe avec un taux moyen de 80 %. Une nouvelle filière dans laquelle la série S1A se distingue avec un taux de 100%. Par contre, pour le baccalauréat arabe où il y avait une seule série littéraire, sur les 567 candidats, seuls 203 ont obtenu leur parchemin, soit un taux de 35%.

Des résultats contrastés à Kaffrine
L’Inspection d’académie de Kaffrine offre des résultats contrastés, selon que le centre d’examen se situe en zone urbaine ou rurale. A l’instar des résultats probants du lycée de Gniby, dans le département de Birkilane, 68% d’admis sont notés contre un taux plutôt en deçà de la moyenne régionale de Koungheul avec seulement 37,64%. Même écart observé entre le lycée de Boulel et celui de Babacar Kobar Ndao, dans la capitale du Ndoucoumane, avec des taux moyens respectifs de 65,38% et 37,76%.

Dans l’ensemble, le bac général dans cette région a connu une relative progression (9%) par rapport à la cuvée 2015. En effet, sur un effectif global de 1.338 candidats, 551 d’entre eux ont décroché leur premier diplôme de l’enseignement supérieur, soit un taux moyen de 41,18%, contre moins de 35% en 2015.

Elimane FALL

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Avec un taux de réussite de 30,13% au baccalauréat, la région de Tambacounda a fait mieux que l’an dernier où le taux était de 27%. Le lycée de Kidira, qui est parvenu à faire zéro grève cette année, a obtenu six mentions « Assez Bien » au Bac. Le lycée Mame Cheikh Mbaye a aussi tiré son épingle du jeu en raflant les 4 mentions « Bien » enregistrées dans la région.

Le gouverneur de la région de Tambacounda, Bouya Amar, a tenu, après la sortie des résultats, à féliciter la communauté éducative de Kidira pour les premiers résultats obtenus au baccalauréat par le lycée de cette commune et qui font « la fierté » de la région orientale. Il a relevé que le lycée de Kidira a comme particularité le fait de n’avoir « pratiquement pas connu de grèves » ; ce qui a produit les résultats enregistrés. « Les cours se sont déroulés normalement, il n’y a pas eu beaucoup de difficultés », a souligné le gouverneur. L’inspecteur d’académie de la région de Tambacounda, Alassane Niane, a souligné que, pour cette première édition, 42% des candidats au baccalauréat technique ont réussi à l’examen. Ce qui constitue, selon lui, une grande satisfaction. « Au regard des difficultés auxquelles ces élèves étaient confrontées, je trouve que le résultat est satisfaisant. Les élèves ont étudié dans des abris provisoires et sur plusieurs sites. Sur 19 candidats au bac technique, 2 sont admis d’office et 6 au deuxième tour », a-t-il déclaré.

Pour le baccalauréat général, malgré les perturbations notées durant l’année scolaire, aucun dysfonctionnement n’a été noté dans la région, s’est-il réjoui, soulignant que, cette année, les résultats sont meilleurs comparés à ceux de l’année dernière (27%). De même, 36 mentions ont été décernées contre 32 en 2015.

Pape Demba SIDIBE

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Les résultats du baccalauréat sont en baisse par rapport à l’année dernière dans la région de Kolda. Les résultats sont meilleurs au niveau des séries scientifiques comparées à celles dites littéraires.

Le taux de réussite au baccalauréat général, session 2016, est de 19,71%, cette année, au niveau de l’Inspection d’académie de Kolda. Les séries scientifiques enregistrent de meilleurs résultats par rapport aux disciplines littéraires. Pour la série L1, le taux de réussite est de 25,23%, contre 24,25% pour la L2. Au niveau des séries S1 et S2, les taux sont respectivement de 87,7% et 38,35%.

Au lycée Alpha Molo Baldé, qui abrite le plus grand centre d’examen de la région de Kolda, sur les 1.497 candidats inscrits, 118 ont réussi au premier groupe et 277 au second, avec 8 mentions « Assez Bien ». Au jury 837, la série L1 a obtenu une mention « Assez Bien ». Dans ce jury, qui avait 163 inscrits, dont 155 présents, il y a eu seulement 10 admis au premier tour et 49 pour le second.

Pour la série L2, sur 223 inscrits et 214 présents, il y a eu 21 admis pour le premier groupe contre 56 au second groupe et 2 mentions « Assez Bien ».  Au jury 840, sur 5 inscrits en série S1, 4 ont composé avec un seul admis au premier groupe et 3 au second groupe. Pour la série S2, sur 300 candidats et 298 présents, 25 sont passés au premier groupe avec une mention « Assez Bien » contre 55 pour le second groupe. Au jury 838, la série L2 a enregistré 22 admis au premier groupe et 49 au second groupe, sur un total de 382 inscrits pour 367 présents. Pour le jury 839, la série L2 a obtenu 14 admis au premier groupe et 15 au second groupe, sur un total de 203 inscrits, dont 194 présents.

En série S2, sur 121 candidats, il y a eu 22 admis au premier groupe, 37 au second groupe et 4 mentions « Assez Bien ». Le constat est quasiment le même au centre du lycée de Médina Yoro Foulah où il y a eu un seul  jury (830). Dans la série L1, sur les 92 candidats inscrits, dont 84 qui ont composé, il y a eu 5 admis au premier groupe et 16 au second groupe. En série L2, sur les 113 élèves inscrits, 107 ont composé, 13 sont admis au premier groupe, 22 au second groupe et une mention « Assez Bien » a été décernée. Pour la série S2, il y a eu 25 candidats, dont 24 présents à l’examen, un seul est passé au premier groupe et 8 au second tour. La situation est quasiment la même au jury 826 du centre de l’école élémentaire Thierno M. Barry de Vélingara. Sur les 268 candidats inscrits, 260 ont composé, 31 sont passés au premier groupe, 69 au second groupe et 4 mentions « Assez Bien », dont 2 en L2 et 2 en S2, ont été décernées.

« Les causes de cette baisse des résultats au baccalauréat s’expliquent par les grèves décrétées au niveau national et les nombreuses perturbations prises au niveau local. Il s’y ajoute l’inexpérience des professeurs, l’inefficacité ou l’absence d’un pilotage pédagogique par les chefs d’établissement et le défaut de formation continue des chefs d’établissement et des professeurs, entre autres », déclare Mamadou Wélé, secrétaire général de l’Inspection d’académie de Kolda.  Pour éviter la baisse constante des résultats aux examens, il estime que des solutions doivent être apportées aux problèmes soulevés par le personnel enseignant.

Mamadou Aliou DIALLO

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La grève des enseignants a occasionné, cette année, des difficultés liées à la maîtrise du quantum horaire. Malgré tout, élèves, professeurs et chefs d'établissement de l'Inspection d’académie (Ia) de Pikine Guédiawaye ont consenti beaucoup d'efforts pour l’examen du baccalauréat. Ainsi, ils ont pu obtenir des résultats nettement au-dessus de la moyenne nationale, avec un taux de réussite de 44,75%, contre 36% au niveau national.

Malgré les résultats peu encourageants du baccalauréat de cette année au niveau national (36,7%), l'académie de Pikine Guédiawaye a enregistré un score de 44,75%. Un taux largement au-dessus de la moyenne nationale et des performances que l'Inspecteur d'académie (Ia) Seyni Wade a expliqué par l’humanisme dont les élèves ont fait preuve, de même que l'engagement des professeurs et le bon management des chefs d'établissement. Il a révélé que l'Ia de Pikine Guédiawaye a réalisé, cette année, un bond de près de dix points par rapport aux résultats de l'année dernière.

A ce titre, il a souligné la détermination des professeurs qui, malgré les perturbations notées le long de l'année scolaire, ont su faire preuve d'engagement, en acceptant non seulement de travailler les jours de grève, mais aussi pendant des jours fériés.  Mais aussi en donnant des cours de renforcement à l’intention des potaches. Au finish, les résultats ont suivi, car les candidats se sont bien comportés aux examens.

Cependant, l'Ia de Pikine Guédiawaye est conscient que, même si ces résultats sont globalement satisfaisants, il y a encore un énorme travail à faire, car c'est plus de la moitié des candidats qui ont échoué. Une situation qui n'a pas laissé indifférente l'Inspection d'académie où l’on pense déjà à des initiatives efficaces pour faire en sorte que cette tendance puisse être renversée les années à venir. A ce propos, l'Ia a envisagé de poser des actes en rapport avec les chefs d'établissement. De la même manière, elle va contractualiser avec des collectivités locales, à l'image de son partenariat avec la ville de Guédiawaye et qui a abouti à l'élaboration de fascicules à remettre aux élèves pour leur permettre de disposer d'une bonne documentation. Cela, ajouté à la volonté des enseignants de donner des cours de renforcement, permettra d’arriver, selon l’Ia, à maximiser les chances des élèves de réussir aux examens.

Par ailleurs, même s'il est d'accord que la banlieue doit faire l'objet d'une attention particulière auprès des autorités, Seyni Wade n'en demeure pas moins convaincu qu'avec la mise en œuvre du Projet d'appui au développement de l'enseignement moyen évoqué par le chef de l'Etat, à l'occasion du Conseil des ministres délocalisé à Dakar, le gouvernement aidera à booster l'enseignement dans la banlieue. « La banlieue va se tailler la part du lion, et des infrastructures de dernière génération lui reviendront ».

Aussi, M. Wade n'a pas caché son admiration pour les résultats encourageants enregistrés par des établissements comme la zone de recasement de Keur Massar et le lycée de Thiaroye où, malgré les difficiles conditions de travail, les professeurs ont donné le maximum d'eux-mêmes et sont finalement arrivés à réaliser des performances tangibles.

Abdou DIOP

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Directeur des examens et concours au niveau du ministère de l’Education nationale, Amadou Moctar Ndiaye revient, dans cet entretien, sur le bilan ainsi que les résultats enregistrés à l’issue des examens du Bfem et du Cfee 2016.

Quel bilan tirez-vous, cette année, des examens et concours organisés par le ministère de l’Education nationale ?
Par rapport au bilan, sur le plan immatériel, nous avons très tôt pensé à la construction des épreuves pour les différents examens et concours organisés par le ministère de l’Education nationale. Il y a un dispositif et un processus qu’il faut respecter et qui nous aide à construire les épreuves, les sécuriser et les valider ; veiller à leur levée et à ce qu’elles puissent arriver dans les régions les plus reculées du Sénégal. Nous avons réussi à bien maitriser le processus conformément au calendrier établi en début d’année. Le cahier de charges a été bien rempli. Nous n’avons pas entendu, dans le pays, quelques anicroches liées à l’organisation matérielle et immatérielle des examens et concours.
 
Le chevauchement des dates des épreuves du Bfem et du baccalauréat est souvent évoqué comme source de quelques soucis d’organisation… Que répondez-vous ?
A chaque fois, on nous parle des chevauchements entre le Bfem et le baccalauréat. Le principe fondamental qui sous-tend l’organisation d’un examen ou d’un concours, c’est la planification. Avec une planification ascendante, opérationnelle, stabilisée, fiable et qui tient compte des différents impératifs liés aux fêtes religieuses, à d’autres facteurs, il n’y a pas de raison que les chevauchements puissent être sources de problème. Ce sont les inspecteurs d’académie qui gèrent le ministère de l’Education nationale à la base. Ce sont eux aussi qui gèrent les différents personnels. Dès l’instant qu’ils ont les dates indiquées pour passer les épreuves des concours et examens, ils font une planification en tenant compte des personnels qu’ils ont à leur disposition. Il n’y a donc pas de raison qu’on ne puisse pas respecter la planification. Le chevauchement n’a jamais été un problème. Il a, au contraire, permis de rationaliser les ressources humaines mises à la disposition des académies.
 
Qu’en est-il maintenant des taux de réussite pour les examens de cette année ?
Les indicateurs qu’on convoque souvent pour parler de la réussite dans les examens et les apprécier, ce sont les statistiques. Pour le Bfem, en 2014, nous étions à 42,52% et en 2015 à 43,20%. Pour cette année, nous avons taquiné les 50% avec 49,62%. Le constat est qu’il y a un bond constant sur les trois années. Cela se traduit par une meilleure maitrise des programmes par les enseignants. La question est que si nous mettons cela sur une balance en interrogeant les moyens injectés par l’Etat, compte tenu de la participation des parents, il va s’en dire que nous sommes en-deçà des attentes. Si nous voulons un système performant, il faut que cela se ressente sur la qualité, avec la réussite aux examens.

Pour le Cfee, nous étions, en 2014, à 34,40% et, en 2015, à 37,94%. Pour 2016, nous sommes sûrs d’avoir fait un grand bond, parce qu’il y a une meilleure maitrise de la réforme par les enseignants. Au début, ils avaient quelques problèmes de maitrise de la réforme, parce que les enseignants avaient l’habitude d’enseigner et d’évaluer autrement. Entre temps, il y a eu une refondation du système éducatif. Nous avons voulu re-profiler l’homo senegalensis que l’école devait former. Il y avait, pour cela, le curriculum  de  l’éducation et de la formation. Nous avons déroulé des plans de formation sur l’ensemble du pays avec l’accompagnement des partenaires classiques du Sénégal dont le Canada.

En 2013, dans la première année de généralisation de ce circula, les résultats n’ont pas donné l’objectif escompté. Aujourd’hui, avec l’accompagnement de l’Etat dans la mise à disposition des manuels et autres et une bonne maitrise de la réforme, les résultats suivent. Avec le baccalauréat, c’est aussi la même tendance. En 2014, nous étions à 31%. En 2015, il y a eu une petite stagnation. En 2016, le taux est à 36,7%. Là aussi, il y a un bond. Si nous comparons les résultats que nous avons avec ceux de la sous-région, nous avons de meilleurs résultats.

Comment appréciez-vous ces résultats ?
Est-ce que ces résultats que nous avons obtenus sont satisfaisants ? Je ne le pense pas, parce que simplement nous avons des problèmes liés à la formation. Prenons, par exemple, ce que l’Etat injecte comme budget dans l’éducation. En 2015, il a donné 370 milliards de FCfa. En 2016, il y a eu une augmentation de 6 milliards de FCfa, parce que nous sommes à 376 milliards de FCfa. Tout cela compte non tenu de l’appui extérieur.

A côté de cela, il y a le coût supporté par les ménages. Si nous mettons tout cela sur une balance et de l’autre côté les résultats, nous pouvons dire que c’est en-deçà de nos attentes. L’Etat est conscient, aujourd’hui, que le premier intrant de qualité est l’enseignant. C’est pourquoi des réformes ont été entreprises. Depuis trois ans, personne ne peut plus être instituteur sans avoir le baccalauréat au Sénégal. Dans la formation diplômante des enseignants, on les positionne dès le départ, selon le test de positionnement. Ces résultats sont arrimés au bloc de compétence désiré et attendu de l’enseignant. C’est la différence qui constitue un référentiel dans le plan de formation des enseignants. C’est une nouveauté dans la construction de la qualité. Toujours dans cette construction de la qualité, l’Etat, avec ses partenaires comme la Banque mondiale, est en train de construire 200 écoles comprenant blocs sanitaire et administratif, salles de classe, murs de clôture, points d’eau.

Le non-respect du quantum horaire n’a-t-il pas d’incidence sur les résultats ?
Nous sommes dans un système où nous voulons construire et aller vers la qualité. C’est pour cela que les Assises de l’éducation et de la formation ont été organisées avec 11 mesures.

Certaines sont en train d’être mises à œuvre. Maintenant, ce sont les syndicats qui doivent appréhender leurs responsabilités. Aujourd’hui, tout le monde est conscient que là où nous devons faire 1300 heures, nous sommes rarement à 700 heures. C’est la première remarque. A côté, le privé fait le plein. Il faut aussi qu’on s’interroge sur ceux qui enseignent dans le privé. Il y a une introspection à faire à ce niveau. Nous ne pouvons pas, là où on s’attend à faire 1.300 heures, en faire 700 et prétendre avoir la qualité au même titre que ceux qui respectent les horaires attendus. C’est un fait réel. Nous ne pouvons pas sentir cela au niveau des examens. Le ministre de l’Education nationale a toujours dit que la grève n’a pas entamé suffisamment le quantum horaire pour nécessiter un réaménagement du calendrier des examens. Il disait cela suivant des données scientifiques transmises par les inspections d’académie. Ce qui est constaté, c’est que les professeurs qui enseignent dans les classes d’examen reviennent souvent après les mouvements de grèves pour encadrer les élèves. Il y a aussi que les parents, conscients et victimes du déficit de quantum horaire, s’attachent les services de répétiteurs pour accompagner les élèves. C’est pourquoi, du point de vue des résultats, cela ne se ressent pas. Mais dans les classes intermédiaires, c’est là où il y a problème, parce qu’il n’y a pas d’examen. Ce sont ces élèves-là qui vont arriver en classe d’examen. A ce niveau, l’Etat est en train de faire des efforts de nivellement.

Dans la répartition des ressources humaines mises à disposition, le ministère de l’Education nationale veille à ce que l’équité soit présente dans le ratio entre professeurs de lycée titulaire du Certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire (Caes)  et le nombre d’élèves. Auparavant, ce ratio n’était pas fait. Ce qui fait que dans des zones comme Matam ou Ziguinchor, on pouvait avoir des cas où il y avait un professeur titulaire de Caes pour 252 élèves, alors que le ratio à Dakar était d’un pour 53 élèves. Est-ce que les élèves de Matam, Kédougou et Ziguinchor n’ont pas les mêmes attentes que ceux de Dakar ? Dans notre loi fondamentale et d’orientation, il est affirmé que l’école est libre et gratuite au Sénégal. Tous les enfants du pays doivent être mis dans les mêmes conditions de réussite, qu’ils soient à Fongolimbi ou à Dakar. Ces résultats devraient nous pousser à faire une introspection, chacun dans les responsabilités où il se trouve.

Propos recueillis par Oumar NDIAYE

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Vision, audace, pragmatisme sont à la base du Plan solaire marocain (qui repose sur du solaire, de l’éolienne…) dont l’un des plus importants symboles est le complexe solaire de Ouarzazate appelée « Noor Ouarzazate ». Quatre centrales (la première de 160 MW est déjà fonctionnelle, les trois autres en construction sur un site de 3.000 ha) devront fournir, d’ici à fin 2017 ou tout au début 2018, un total de 580 MW, faisant du site « le plus grand complexe solaire du monde ».

De Marrakech à Ouarzazate, en plein cœur du désert, il faut près de 5 heures de route en traversant les chaînes de montagnes atteignant parfois 2.200 mètres. Ouarzazate qui tirait son aura du septième art, le cinéma, est désormais entrée dans l’histoire marocaine, voire de l’humanité, pour avoir abrité le plus grand complexe solaire du monde avec ses quatre centrales dont la première (Noor I), d’une capacité de production de 160 MW, est fonctionnelle depuis février dernier.

Ouarzazate est située dans la commune de Ghessate. De la ville au complexe solaire situé à 10 km, il faut environ 15 mn de route. A près d’un kilomètre de l’arrivée, s’offre à la vue, à gauche, un champ à perte de vue de panneaux solaires géants. « C’est royalement impressionnant », dit un de nos confrères ivoiriens, Patrice Yao.

Mais pour pénétrer dans le site, il faut montrer patte blanche. Au poste de police, l’accueil est courtois, mais le contrôle très strict. Dès qu’on y entre, obligation est faite à tous de se rendre au bureau de l’Agence marocaine pour l’énergie solaire (Masen). Là, chaussures de sécurité, gilet, casque et lunettes sont remis aux visiteurs. C’est que la sécurité est la première priorité sur le site.

Caméras de surveillance, base de sapeurs-pompiers, ambulance et infirmerie… sont là pour le rappeler. Le port de lunettes spécialisées est exigé. Egalement, des conseils spécifiques sont donnés à ceux qui souffrent de maladie cardiaque ou portent des lentilles. Mieux, l’école de sécurité conduite par l’ingénieur responsable de l’Hygiène, sécurité et environnement (Hse), Tarik Anbri de la société Nomac – celle qui sera en charge de l’exploitation de la centrale qui emploie 59 techniciens et cadres marocains –, reçoit tout visiteur pour l’informer des mesures de sécurité à respecter. La stratégie est en fait basée sur l’anticipation afin de gérer tout risque.

Concentration de type cylindro-parabolique
Comme l’indique son nom « Noor » (lumière), le Maroc est en train de s’électrifier. A la différence que c’est ne plus l’usage du combustible fossile, mais bien à travers l’utilisation des énergies renouvelables, plus particulièrement le solaire. Après les conseils de Tarik Anbri, l’on a droit à une visite du site avec comme guide principal Rachid Bayed, directeur des réalisations à Masen. D’un coût d’environ 750 millions d’euros, Noor I d’une puissance nominale de 160 MW, et déjà fonctionnelle, impressionne par son immensité. Le grand champ de miroirs est simplement hypnotisant. En ce samedi 16 juillet, la chaleur est suffocante. Il fait près de 45° à Ouarzazate. Le site ne compte aucun arbre. L’on sue à grande eau et l’on cherche comment se protéger des rayons ardents du soleil. Pourtant, l’envie d’immortaliser de tels moments pousse tous les visiteurs à le défier. Comme du moins tous les agents qui sont à pied d’œuvre sur les différents chantiers du site. « Les travaux ont été lancés en 2012, la centrale a été inaugurée en février 2016 par Sa Majesté Mohamed VI », confie Rachid Bayed, qui explique le choix du site de Ouarzazate par, entre autres, « la platitude du terrain, l’ensoleillement ».

Noor I occupe une superficie de 480 ha et produit de l’électricité en continu grâce à ses 1.500.000 mètres carrés de miroirs. « Nous produisons de l’énergie le jour comme la nuit à travers un système de stockage puisque la centrale compte deux réservoirs ; chaud et froid. Nous prévoyons une production annuelle d’environ 500 GWH, soit la consommation de 600.000 habitants. Depuis la mise en œuvre de la centrale, 275 GWH/h ont été produits », dit-il.

La centrale compte des points de traitement d’eau, de stockage thermique, de pompage du Htf, de turbine et évacuation, de vue centrale et de miroirs et collecteurs ; mais aussi un bâtiment de contrôle. Tout cela est réparti sur deux parties importantes : « le champ solaire qui représente 98 % de la surface totale de la centrale permet la captation de l’énergie solaire et l’îlot de puissance (Power bloc) qui permet la transformation de l’énergie thermique en énergie électrique », explique M. Bayed. La technologie est de type « concentration solaire cylindro-parabolique ».

Stockage d’énergie thermique et salle de contrôle
Les miroirs sont motorisés pour « suivre automatiquement le mouvement du soleil ». Les rayons sont concentrés sur un tube situé au niveau de l’axe focal des miroirs qui contient un fluide qui absorbe et conserve la chaleur des rayons solaires. « Ce fluide caloporteur est une huile synthétique. Une fois chauffé par le soleil, il est transporté à travers un réseau de collecteurs vers l’îlot de puissance. A travers des échangeurs, il transfert la chaleur à l’eau pour générer de la vapeur et une pression de 105 Bars et une température de 382°C pour entraîner la turbine et produire de l’électricité », explique Rachid Bayed qui affirme, avec un air de fierté, qu’ « une partie de la structure des miroirs a été fabriquée au Maroc, à Kénitra, notamment l’axe de rotation appelé « torquetubes ».

A gauche des miroirs, se trouvent les tours qui favorisent le refroidissement et la condensation de la vapeur à la sortie de la turbine avant réinjection dans le système. A côté, le réservoir principal d’eau brute de la centrale. « Il a une capacité de 6.800 m3 », avance-t-il. Mais également les stations de traitement de l’eau qui produisent « une eau déminéralisée nécessaire pour la production de la vapeur et le nettoyage des miroirs ».

Non loin, deux grands réservoirs de stockage thermique (40mx14m). Le stockage y est réalisé à base de sels fondus (composé de nitrates de sodium et de potassium) qui conserve la chaleur à environ 390°. « Ce système permet la production de l’électricité après le coucher du soleil, notamment pendant les heures de pointe. La capacité de stockage thermique est de 45.000 tonnes, soit l’équivalent d’une production de 3 heures à la puissance nominale de la centrale. Ce réservoirs ont été réalisés par une entreprise marocaine», avance M. Bayed.

Tout le travail est supervisé au niveau de la salle de contrôle sis au deuxième étage, derrière le transformateur principal. Elle est le nœud central. Tout y est supervisé. « Un système de contrôle commande centralisé appelé Distributed control system (Dcs) reçoit, en temps réel, toutes les données des différents systèmes. Ceci est complété par les données météo qui proviennent de 4 stations météo réparties sur le site », affirme Rachid Bayed.

Noor II et Noor III en chantier
noor 1A quelques encablures de Noor I, les chantiers de Noor II et de Noor III avancent selon un « rythme normal ». A Noor II, l’installation de certains panneaux a même démarré alors qu’à Noor III, on est à l’étape de la pose de pieux. En s’y rendant, on est accueilli par le bruit des engins et le va-et-vient incessant des camions et autres véhicules. L’on a l’impression que ni le chaud soleil, ni la chaleur suffocante ne perturbent les travailleurs, malgré le visage efflanqué de certains ouvriers. « De type cylindro-parabolique (type CSP à miroirs paraboliques)  comme Noor I, Noor II aura une puissance de 200 MW avec une capacité de stockage thermique de 7 heures et s’étale sur une superficie de 680 ha. D’un coût de 810 millions d’euros, la centrale sera mise en œuvre en 2017 », explique l’ingénieur Rachid Bayed. Contrairement à Noor I et II, « Noor III est basée sur une technologie CSP Tour (centrale de type tour solaire) et aura une capacité de 150 MW avec un stockage thermique de 8 heures. D’un coût de 645 millions d’euros, la centrale s’étendra sur une superficie de 750 ha et sera aussi livrée en 2017 ». A travers cette technologie, la tour qui sera d’une « hauteur de 250 m » va capter toute l’énergie produite par les différents panneaux solaires qui vont la cerner. 
Quant à Noor IV, en cours de sélection, elle sera « de type PV pour une capacité de 70 MW sur une superficie de 210 ha. Sa construction démarrera soit cette année, soit en 2017 et elle sera livrée en 2018 au plus tard », ajoute M. Bayed.

Un réseau d’infrastructures autour du site
Le développement du complexe Noor Ouarzazate a été accompagné par la construction d’infrastructures. En effet, la construction et l’exploitation de la centrale s’accompagnent d’un soutien « actif et engagé » au développement socio-économique de la zone d’implantation. Il s’agit d’un système d’alimentation en eau brute à partir du barrage Mansour Eddahbi, un réseau routier de plus de 60 km autour du site dont une partie dédiée au développement local. « Comme le réseau routier, l’eau potable est acheminée sur le site puis distribuée à une vingtaine de villages environnants », indique l’ingénieur Rachid Bayed. Il existe aussi des infrastructures de drainage des eaux pluviales (canalisations), la sûreté (police), le réseau électrique (villages électrifiés) ainsi que des bâtiments publics et administratifs.

Plusieurs emplois sont aussi créés. « Lors de la construction, il y a eu 2.400 travailleurs dont 1.500 Marocains. Aujourd’hui, une centaine de personnes y travaille », révèle Rachid Bayed.

Plan solaire Noor : Le Maroc vise 2.000 MW d’énergie solaire d’ici à 2020
noor 2Le complexe Noor Ouarzazate est une composante du Plan solaire Noor (lumière) dont le Maroc s’est doté pour une utilisation des énergies renouvelables, se positionnant ainsi à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique. L’objectif dudit plan est de porter à 52% du mix d’ici à 2030. Le Plan solaire Noor, à travers le développement de centrales solaires de 2.000 MW d’ici à 2020, devrait générer, selon le président de l’Agence marocaine pour l’énergie solaire (Masen), Mustapha Bakkoury, des investissements de plus de 9 milliards de dollars et permettre une économie annuelle des émissions de gaz à effet de serre équivalente à 3,7 millions de tonnes de CO2 à cet horizon.

Outre Ouarzazate, quatre autres sites ont été présélectionnés pour accueillir les projets multi-technologiques Noor. Il s’agit de Midelt, Laâyoune, Boujdour et Tata. « De nouveaux sites sont en cours de qualification grâce à l’Atlas solaire développé par Masen, afin d’élargir l’assiette des projets nécessaires à la déclinaison de l’ambition », confie M. Bakkoury.

De nos envoyés spéciaux au Maroc, Daouda MANE
et El Hadji Abdoulaye THIAM

L’ingénieur délégué Mare Ndiaye revient, dans cette interview, sur l’importance de la conservation des sols au Sénégal.

Que pouvez-vous nous dire sur l’Inp et la Délégation de Tambacounda ?
Je vous remercie de m’avoir ouvert vos colonnes pour me permettre de m’exprimer sur l’Inp et l’importance des sols dans le développement agricole. Selon le découpage du territoire national en zones pédoclimatiques basé sur le type de sol, les facteurs climatiques et les types de dégradation des sols, la zone pédoclimatique de Tamba regroupe la région de Tambacounda et une partie des régions de Kaffrine et Louga. Il faut savoir que l’Inp est un établissement public à caractère scientifique et technologique créé par décret 2004-802 du 28 juin 2004. Les principales missions de l’institut, conférées par le décret portant sa création et son fonctionnement, tournent autour de la caractérisation et la cartographie des ressources en sols du pays, de l’orientation de l’occupation et de l’aménagement du terroir. Il doit assister les acteurs et les décideurs dans le choix de l’occupation des terres et contribuer à l’amélioration de la productivité des sols par la diffusion des technologies de sauvegarde et restauration des capacités de production des sols. Il a aussi une mission de sensibilisation et de formation pour l’adoption de bonnes pratiques de gestion durable des terres.

Quelle est l’importance du sol dans une agriculture qui se veut porteuse de croissance ?
Au Sénégal, l’agriculture constitue la principale activité économique. Elle occupe 77 % de la population. Le sol constitue le premier facteur dans le système de production. Il est donc capital de porter une attention particulière à la ressource sol non seulement pour une agriculture porteuse de croissance mais aussi pour un pays dont le développement économique et social passe forcément par le secteur agricole.

De façon concrète, à combien évalue-t-on les pertes ?
A titre illustratif, je peux citer une estimation faite par le gouvernement (fiches techniques pour l’élaboration du Plan d’orientation pour le développement économique et sociale 2002-2007) qui révèle que la valeur de la production perdue (comparée au potentiel du secteur primaire) liée à la perte de fertilité des terres se chiffre, entre 1990 et 2000, à environ 140 milliards de FCfa par an. Cela est énorme pour une économie comme la nôtre.

P. S. Drame

Le directeur régional de développement rural (Drdr) de Kaolack, Pierre Diouf, a indiqué, mardi, que 99 % du stock de 12.000 tonnes de semences d’arachide de la région sont vendus dans les points de cession agréés. « Pour ce qui est de la mise en place de l’arachide, c’est bouclé, nous sommes à 99 % de vente (…) », a-t-il soutenu lors d’un Comité régional de développement (Crd) axé sur l’évaluation de la mise en place des intrants pour la campagne 2016-2017. « Il en est de même pour l’engrais d’arachide, le 6-20-10, qui est à 99 % de cession », a ajouté M. Diouf, estimant que la mise en place des semences d’arachide est satisfaisante.  « Pour l’arachide, a-t-il indiqué, nous étions à plus 12.000 tonnes de semences, dont plus de 10.000 tonnes sont des semences certifiées ».

Le Drdr a précisé que le processus de mise en place des semences d’arachide a, dans le cadre de la présente campagne agricole, mis l’accent sur les semences certifiées. Pour les autres espèces comme le maïs et le niébé, a-t-il renchéri, il y a encore quelques rajouts à apporter puisque seuls 65 % des quotas attendus sont reçus. « Le sorgho est à 85 % de réception tandis que le triple 15 est de l’ordre de 60 % à 65 % ; il nécessite d’être complété puisqu’il y a le département de Guinguinéo qui n’a pas encore reçu son quota », a relevé Pierre Diouf. « Pour le sésame, on n’en a pas encore reçu, de même que l’urée- le grand manquant de l’heure-, pour satisfaire les besoins en engrais du riz et du maïs », a-t-il déploré, invitant les opérateurs à accélérer la mise en place des intrants agricoles.

(APS)

Les paramètres biophysiques des écosystèmes, en interaction avec les activités humaines, déterminent, selon les techniciens, les caractéristiques agro-pédologiques d’un terroir. M. Seydou Cissé, délégué de l’Inp dans le Sine-Saloum, nous apprend que les changements climatiques et les mauvaises occupations et pratiques sur les terres ont accéléré et amplifié la salinisation des sols.

« Dans le Sine-Saloum, depuis des décennies, la qualité des sols qui peut s’apprécier par sa productivité a été durement éprouvée par les changements climatiques, lesquels ont entrainé la salinisation de toutes les voies d’eaux du bassin versant dudit fleuve », a indiqué Seydou Cissé. En plus, a-t-il ajouté, dans un contexte de croissance démographique, avec la pression sur le foncier et les mauvaises pratiques sur les terres, il y a eu une amplification du phénomène que les collectivités subissent de plein fouet. Faisant l’état des lieux sur la salinité des sols du Sine-Saloum, M. Cissé a affirmé que « la qualité des sols a baissé presque partout dans les terroirs de production rizicole et maraichère à cause des aléas climatiques ».

La plupart des sols hydromorphes, autrefois cultivés en riz, sont, aujourd’hui, salés, voire sodiques, et évoluent sous des formations pédologiques marginales (tannes). Selon lui, ces sols ne peuvent même plus supporter le bétail qui jouait un rôle très important dans le maintien de la fertilité des sols dans le Sine où plus de 400.000 hectares des terres sont, à nos jours, hyper-salinisées. « Même les terres hautes, où le mil et l’arachide entrent en rotation, sont menacées par le front de salinité provenant des tannes », a averti le délégué de l’Inp dans le Sin- Saloum, ajoutant que « certains producteurs de Djilaas, Tattaguine-Sine, Ndiaffate, entre autres, ont été obligés, ces dernières années, d’abandonner les variétés locales pour en adopter d’autres plus tolérantes au sel ».

Dans les zones de dépression, avec des sols hydromorphes favorables au maraîchage, l’eau est parfois chargée du fait du mouvement des marées. Ainsi, la production légumière est fortement touchée par ce phénomène de salinisation le long des cours d’eaux traversant le sud-ouest de Foundiougne. Ce faisant, l’amplification anthropique de la salinisation des sols est, pour le moins, une préoccupation dans le Sine-Saloum. Et pour faire face, Seydou Cissé a préconisé une stratégie de lutte dont le succès viendra du « développement d’une alliance entre tous les acteurs de la terre -organisations paysannes, collectivités locales, services techniques et de recherche-développement- pour une exploitation et un partage des savoirs locaux, la formation sur la lutte contre la salinité, la bonne gestion des ouvrages hydro-agricoles, le reboisement avec des espèces halophiles, etc. ».

P. S. Drame

 

Le Japon est un pays fascinant à découvrir. Archipel constitué de quatre îles principales, niché en Extrême-Orient, il a un développement industriel avant-gardiste. Invité par la Jica, avec 13 autres confrères africains, en prélude à la Ticad VI qui se tient les 27 et 28 août prochain à Nairobi, nous avons pu parcourir le pays de Tokyo à Nagasaki, d’Osaka à Kyoto et de Komatsu à Sendaï, visitant écoles, universités, centres de santé, musées et entreprises.

Sous les ailes de l’avion qui se pose dans l’après-midi de ce dimanche 26 juin à l’aéroport international de Narita, on a l’impression qu’on va atterrir au milieu d’une forêt luxuriante, tant la végétation est dense et bien entretenue tout autour. Dans le flot des passagers se dirigeant à toutes jambes vers le service de police des frontières, quelques personnes noires de peau. Une fois les formalités accomplies au bout d’une grosse demi-heure, nous nous dirigeons vers un grand hall où deux dames de petite taille, dont l’une tenait une pancarte sur laquelle on pouvait lire « Journalistes invités par la Jica », nous accueillent assez chaleureusement en nous souhaitant la bienvenue au Japon. Avec sept autres confrères africains, elles nous dirigent vers l’un des bus qui font la navette entre l’aéroport et Tokyo. Très professionnelles, elles s’assurent qu’aucun bagage n’est perdu et que chacun détient son ticket. Elles nous firent ensuite au revoir de la main, car là s’arrêtait leur rôle, et comme nous nous en rendrons compte plus tard, c’était une organisation bien huilée où chacun jouait sa partition. L’aéroport est distant de 60 km et le trajet jusqu’à la station de bus, alors que la nuit tombait sur la ville, fut long. Derrière les vitres de notre bus, nous découvrons goulûment Tokyo, avec ses rues, les innombrables enseignes lumineuses tapissant le fronton des immeubles, ses voies express surélevées, ses tunnels… L’Asie a toujours suscité en nous un étrange sentiment, avec cette impression qu’on est sur une autre planète. Perdu dans nos pensées, nous ne nous apercevons même pas que le bus était arrivé à destination. A la descente, une autre dame à la politesse exquise, accompagnée d’un homme, nous attendait. Quatre taxis étaient garés, dans lesquels nous nous engouffrâmes deux par deux, direction l’hôtel où nous sommes arrivés au-delà de 20 h. Après avoir pris possession de notre chambre, nous redescendons pour explorer un peu le quartier, mais nous remémorant la règle de précaution qui conseille de ne pas sortir seul la nuit dans une ville qu’on ne connaît pas, nous regagnâmes nos pénates, même si, à Tokyo, la sécurité est convenablement garantie.

Le lendemain, c’est une ville d’une très grande modernité qui s’offrait à nos yeux : des gratte-ciel à l’architecture futuriste, des rues larges et propres, des parcs immenses, des avenues soigneusement bordées d’arbres… Toutefois, il n’est pas rare de voir entre deux blocs d’immeubles une maison traditionnelle. Dans cette ville-monde, centre financier de l’Asie, vivent près de 23 millions d’âmes. Pourtant, on n’a pas l’impression qu’il y a autant d’habitants, car dans la rue, les gens ne se bousculent pas. La circulation, embouteillée à certaines heures, est fluide la plupart du temps et les bus et voitures attendent sagement que les piétons traversent. Les Japonais semblent beaucoup aimer les petites voitures compactes qui permettent de circuler plus facilement. Le vélo est également utilisé comme moyen de déplacement, même si le pays possède quelques-uns des plus grands fabricants d’automobiles au monde. Les pistes cyclables sont nombreuses comme d’ailleurs dans le reste du Japon où la petite reine semble encore appréciée.

Vieillissement de la population
En cette période de l’année, il fait très chaud à Tokyo et le thermomètre peut atteindre 36 c°. Mais le temps peut changer rapidement en devenant pluvieux, et on voit les Tokyoïtes sortir leurs parapluies. Même les hôtels en possèdent une gamme complète et en prêtent volontiers à leurs clients.

Les Japonais sont un peuple très policé et dans la rue, ils sont prêts à aider l’étranger à retrouver son chemin, à donner un renseignement ou à se précipiter pour ramasser un objet qui vous tombe des mains. Autre remarque que l’on peut faire, c’est la proportion assez élevée de personnes du 3e âge, et cela est valable dans tout le Japon. Ce vieillissement de la population, consécutive à une dénatalité, est très préoccupant dans le pays, car il provoque des conséquences économiques importantes en termes de soins de santé gériatriques, de manque de main-d’œuvre et de renouvellement de la population. Selon le journal Nikkei, à la date du 11 septembre 2015, il y avait 61.568 personnes âgées de 100 ans ou plus au Japon, dont 87 % de femmes.

Pour les abonnés au shopping, il faut savoir que les prix sont très élevés à Tokyo comme dans tout le reste du Japon, à moins d’être un touriste aux poches pleines d’euros ou de dollars. Dans les magasins, on trouve tous les plats locaux industriellement préparés et emballés. Ce qui fait qu’une famille, si elle le souhaite, n’a besoin que d’un four à micro-ondes pour réchauffer ce qu’elle mange, sans jamais avoir à cuisiner.

Cependant, il n’est pas toujours aisé pour un musulman de faire son choix dans ces magasins à cause de l’omniprésence de la viande de porc dans les mets proposés, d’autant plus que sur les étiquettes tout est écrit en japonais. Cependant, tout est présenté dans une hygiène rigoureuse, les Japonais étant intraitables dans ce domaine.

Tokyo connaît une vie trépidante avec ces millions de personnes se déplaçant chaque jour en voiture, bus ou métro pour aller vaquer à leurs occupations. La nuit, il faut aller au quartier de Shinjuku pour découvrir un autre visage de la mégapole.

Accompagné d’un ami japonais, notre petit groupe de quatre journalistes a pris la ligne Yuracucho du métro avant de faire une correspondance à Ichigaya, pour aller à la découverte de ce quartier chaud de la capitale nippone. Ici, le décor change avec des rues bondées de personnes, divers clubs et bars où viennent décompresser, le soir, patrons comme employés. Les magasins, nombreux, sont bien achalandés et ne désemplissent pas. C’est une société de consommation. Le Japon est un pays qui est en apparence très occidentalisé et dans les rues de Tokyo, seuls les visages nous rappellent qu’on est en Asie.

Les transports sont très développés au Japon et quand on voyage par la route ou le train, le pays offre des paysages magnifiques.

Avec les multiples collines couvertes de forêts de conifères (pins et sapins), les rizières, le regard ne se lasse jamais de contempler la nature. On se rend compte également des efforts gigantesques qui ont été faits pour doter le pays d’un réseau dense d’autoroutes, de tunnels, de voies express et d’échangeurs. Fait intéressant, on ne voit pas une seule glissière d’autoroute porter les stigmates d’un choc (à moins d’une maintenance permanente), comme c’est le cas, ici, à Dakar.

Visiter le Japon, sans emprunter le Shinkansen, le fameux Tgv local, c’est un peu comme aller à Paris sans visiter la tour Eiffel.

Aussi avons-nous pris ce train figurant parmi les plus rapides au monde (285 km/h) entre Kyoto et Komatsu, puis entre Sendaï et Tokyo.

Et c’est très beau de voir le dévouement des Japonais à servir leur pays et leur communauté. Dans les environs de la ville de Higashimatsushima, alors qu’il pleuvait des hallebardes, des ouvriers, vêtus de leur imperméable, continuaient à travailler à la construction d’une digue, indifférents aux rafales de la pluie.

De notre envoyé spécial au Japon,
Ibrahima MBODJ

Le Japon est un pays de haute technicité. Ses sociétés dont beaucoup sont de grandes multinationales sont reconnues pour la qualité de leurs produits. Pendant notre séjour, nous avons visité quatre d’entre elles et échangé avec le top management.

Au siège Fujitsu à Tokyo, selon le Dg, sa société est en train de construire le monde du futur qui s’appuie sur le concept de « société humaine intelligente ». Il s’agit de technologies qui permettront dans le domaine médical de prendre totalement en charge le contrôle de la santé humaine pour que les gens vivent plus longtemps. Si la technologie de l’information est utilisée, explique-t-il, elle peut conduire à l’autosuffisance alimentaire. Fujitsu, révèle son Dg, a développé le super ordinateur le plus puissant au monde, et à partir de 2020, il sera mis sur le marché. Il permet de réaliser de la recherche & développement, il peut servir dans l’industrie, la simulation des effets des médicaments, en soufflerie, dans la prévision des séismes, des tsunamis, dans l’analyse et la simulation en temps réel. Bref, le champ d’utilisation du super ordinateur est presque infini.

L’usine de traitement des déchets de Tokyo, située dans l’arrondissement de Nérima, est l’une des 20 unités implantées dans la capitale nippone. Selon le contremaître Imata, l’usine existe depuis 1958, mais a été rénovée en novembre 2015. Elle a une capacité de 500 tonnes/jour (2,78 millions de tonnes par an) qui sont brûlées à une température de 800 degrés. Les cendres sont ensuite utilisées comme matière première dans la production de ciment. Elle produit en même temps de l’électricité pour alimenter 45.500 ménages et cette activité génère, chaque année, 10 milliards de yens en recettes. Chaque jour, c’est un véritable ballet de véhicules de collecte qui amènent les déchets triés au préalable à l’usine. Nous avons pu constater de visu les différentes étapes du traitement des déchets. Le Japon produit relativement une faible quantité de déchets par rapport à d’autres pays développés ou émergents. Et Tokyo a réussi à réduire même le volume des déchets produits par habitant, tout en maintenant la croissance économique.

L’usine de Nerima a exporté sa technologie en Thaïlande, mais pour ce qui est de l’Afrique, ses dirigeants disent attendre d’être sollicités.

A l’usine Komatsu du site d’Awuzu qui fabrique les fameux engins de chantier dans la ville de Komatsu, un responsable interpellé a répondu ceci : « Komatsu n’a pas actuellement de projet d’implantation en Afrique, car ce continent ne représente, pour le moment, que 5 % de nos exportations.

Mais cela peut changer à l’avenir ». La firme qui est présente dans les autres continents, prend comme argument supplémentaire l’éloignement de l’Afrique par rapport au Japon. Selon M. Ito de la division des affaires générales, l’usine exporte 60 % de sa production, soit 400 à 500 engins par an. Il y a 59 usines Komatsu dans le monde, dont 22 font de l’assemblage. Au Japon, Komatsu dispose d’un autre site de production à Kanazawa avec un port pour faciliter les exportations. Ses principaux clients étant les Usa et l’Amérique du Sud. L’usine produit des engins à contrôle automatique et a introduit le concept de la smart construction qui va de l’analyse des sols au calcul du nombre de jours nécessaires pour la construction, les matériaux nécessaires et la présentation de l’œuvre finale en 3D. Le personnel obéit à ce qui est appelé le « Komatsu way of life », un ensemble de 7 principes qui sont maintenant repris un peu partout à travers le monde.

Dans le vaste atelier où les ouvriers s’activent sur la chaîne de fabrication, dans une discipline impressionnante, sans se soucier de notre présence, on peut suivre les différentes étapes d’assemblage (du châssis jusqu’au montage final) de ces gros engins que nous avons l’habitude de voir dans les chantiers. Dans cette usine, 20 engins sont produits par jour, aussi bien sur pneus que sur chenilles. Les ouvriers travaillent de 8h à 16h45, mais il n’y a pas de travail de nuit ainsi que le weekend. A la fin de la visite, nous avons assisté à une démonstration convaincante des capacités de terrassement d’un engin manié adroitement par une femme. La gent féminine représente 10 % des effectifs et s’occupe surtout du contrôle de qualité.

Mayekawa est une autre usine implantée à Tokyo et produit des compresseurs pour les installations frigorifiques. Fondée en 1294 et forte de 4300 agents, c’est l’une des plus importantes sociétés au monde dans son domaine. En Afrique, explique un responsable, Mayekawa est implantée en Afrique du Sud avec un bureau au Caire.

Mais pour l’instant, elle ne compte pas se déployer davantage sur le continent qui ne représente que 2 % de ses exportations. Selon le même responsable, sa société intervient dans 35 projets de pêche en Afrique. A Dakar, révèle-t-il, nous avons installé une machine de fabrication de glace au marché central en 1990. Mais faute de maintenance et de la mauvaise qualité de l’eau (présence de calcium), poursuit-il, la machine s’est rouillée, puis arrêtée. Les financements faisaient défaut, et il y a trois ans, deux condensateurs ont été renouvelés.

Les Cfc ne sont plus utilisés comme gaz réfrigérant dans nos machines, indique-t-on à Mayekawa. Pour assurer l’entretien et la réparation de ses machines vendues en Afrique, la société reçoit des stagiaires africains.

De notre envoyé spécial au Japon,
Ibrahima MBODJ

Seul pays non blanc ayant réalisé sa révolution industrielle au 19e siècle, le Japon estime que son expérience peut servir d’exemple aux autres Etats parmi lesquels ceux d’Afrique.

La révolution du Meiji, en 1868, a permis une modernisation rapide de la société japonaise. De société agricole à 80 % et fermée aux pays étrangers, elle est parvenue à s’inspirer des pays occidentaux pour fonder son propre modèle de développement et préserver sa souveraineté. C’est ce qu’on appelle la « japonisation », un concept qui a permis aux Japonais, depuis les temps anciens, à embrasser différents éléments de l’extérieur dont ils ont, au préalable, évalué la nécessité, puis à les assembler, les recouper, supprimer et ajouter différentes composantes, pour en faire de nouveaux modèles. Le Japon n’a-t-il pas adopté la culture chinoise pour développer la sienne propre ?

Selon M. Kosaku Dairokuno, vice-président pour la Collaboration internationale et professeur à l’école des Sciences politiques et économiques à l’Université de Meiji, le gouvernement a invité des savants, conseillers et consultants étrangers au début de la modernisation afin d’acquérir des connaissances nécessaires pour promouvoir la modernisation au Japon. En même temps, il a envoyé des jeunes en Occident pour y acquérir des compétences. Les Japonais appellent cela « Wakon Yosai » ; ce qui signifie « apprendre de l’Occident avec l’esprit japonais ».

Le gouvernement, explique le Pr Kosaku, a joué un rôle primordial dans l’essor industriel japonais en créant toute une gamme d’industries (construction navale, chemin de fer, textile, cimenterie, sucrerie…) qui seront ultérieurement vendues aux entreprises privées à un prix symbolique ; ce qui a contribué à l’émergence d’entrepreneurs ambitieux et à la consolidation de l’économie capitaliste. C’est donc la qualité et la vision de sa classe dirigeante qui a permis au pays de s’accrocher au train des nations industrialisées dès la fin du 19e siècle.

Au moment où notre système scolaire est en lambeaux au Sénégal, le Japon a développé un modèle qui peut nous inspirer. Quand on visite l’école élémentaire de Kubomachi, à Tokyo, fondée en 1925, on est frappé par l’organisation des rythmes scolaires, les matières enseignées, l’espace dévolu aux élèves et les aires sportives. Selon la directrice, Mme Matsumoto Emiko, huit matières sont enseignées aux enfants parmi lesquelles les mathématiques, l’arithmétique, la langue japonaise, les langues étrangères, les activités manuelles et le sport. Et chaque trimestre, les élèves subissent un examen médical. Eh oui ! L’enfant est un trésor au Japon à cause du faible nombre de naissances. Les salles de classe (35 élèves en moyenne) sont très aérées avec des casiers de rangement et donnent sur un couloir où sont installés des lavabos. On sent, ici, que les enfants s’intéressent aux enseignements. La directrice d’ajouter que « les enseignants, au nombre de 28, sont motivés et font des recherches pour améliorer leurs cours ». Et en tant que fonctionnaires, la loi ne les autorise pas à aller en grève. Cependant, ils ont des syndicats et l’adhésion est libre.

L’éducation est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans.
Toutes les potentialités de l’élève sont développées : nous avons visité des classes où les élèves étaient en train de chanter ou jouer de la flûte, accompagnés par un piano, d’autres où ils faisaient de la lecture, de la couture ou maniaient de la pâte à modeler en laissant libre cours à leur imagination.

Cette école primaire qui n’accueille que les enfants de l’arrondissement de Bunkyo, possède, entre autres équipements, un laboratoire, une piscine installée sur le toit, une cantine scolaire, un terrain de football avec pelouse synthétique et une salle polyvalente (avec terrain de basketball) pouvant accueillir spectacles ou conférences. Pour faciliter les relations entre les enfants, il existe des activités qui rassemblent tous les élèves de l’école.

En matière de santé également, le Japon développe une expérience qui peut intéresser les pays africains. D’ailleurs, c’est de ce pays que nous avons pris le carnet de santé maternelle et infantile. Au centre de santé publique de l’arrondissement d’Ota, à Tokyo (qui en compte quatre), dédié à la mère et à l’enfant, tout est mis en œuvre pour optimiser leur prise en charge. Selon sa directrice, le Dr Watanabé, les femmes, dès leur grossesse, sont suivies avec minutie. Elles bénéficient aussi de conseils sur les différentes étapes de celle-ci et comment se préparer à l’accouchement. Des cercles de discussions sont organisés sous la direction d’un personnel d’encadrement. Les femmes enceintes possèdent même une sorte de petit macaron qu’elles accrochent à leur sac ; de ce fait, les places assises leur sont cédées dans les transports publics. Quant aux femmes qui ont des bébés, elles ont aussi leurs séances de puériculture.

Grâce à ces efforts, le Japon a un taux de mortalité infantile de 2,3 pour mille, le plus bas au monde. Seul tache sombre à ce tableau, la baisse tendancielle du taux de natalité qui s’explique, nous dit-on, par le coût élevé de l’éducation d’un enfant. Le gouvernement japonais qui n’envisage pas de recourir à l’immigration pour augmenter la population, a adopté une politique nataliste qui accorde un soutien financier aux familles ayant de nombreux enfants.

De notre envoyé spécial au Japon,
Ibrahima MBODJ

Malgré la très grande modernité du pays, le Japon a su préserver sa culture. Beaucoup de villes recèlent de riches trésors culturels, particulièrement dans la région du Kansaï, avec Kyoto, l’ancienne capitale impériale jusqu’en 1868. Dans cette ville de 1,4 million d’habitants, le passé marque encore fortement le présent avec plus de 1600 temples bouddhistes et 400 sanctuaires répertoriés.

D’ailleurs, c’est à Kyoto où se trouve le Temple Toji ou Temple de l’Est, la plus haute pagode du Japon construite sur cinq niveaux et classée depuis 1994 patrimoine mondial de l’Unesco (avec 17 autres sites). Chaque année, 55 millions de touristes visitent Kyoto. C’est à cause de sa valeur culturelle que la ville a été épargnée par les bombardements américains au cours de la Seconde guerre mondiale. Après ce conflit, on peut dire que le Japon a été sauvé par sa culture et cela se reflètent dans ces propos de Kobayashi Ichizo, ancien ministre et ex-Pdg du groupe Hankyu : « Le Japon a subi une défaite totale dans la guerre.

Nous avons perdu tous nos biens et nos gens. Ceci dit, nous avons une histoire et une culture dont nous pouvons être fiers. Nous devrions reconstruire notre pays sur la base de cet héritage ».

La culture japonaise se définit par le mot « Kinari » et privilégie l’harmonie sociale, la simplicité, la modestie et un style sans artifice. Si vous perdez de l’argent, vous serez pratiquement sûr de le récupérer. L’an dernier, près de 30 millions de dollars américains (plus de 15 milliards de FCfa) en argent perdu ont été remis à la police de Tokyo. C’est une culture où la ponctualité est une des valeurs cardinales, et quand on a affaire à des Japonais, le simple fait de ne pas être ponctuel constitue déjà un mauvais point. Nos hommes d’affaires africains sont avertis.

Tout le monde connaît le haïku, le bonzaï ou l’ikebana, car assez popularisés. Toutefois, il y a une autre facette moins bien connue et qui est la cérémonie du thé. Il s’agit de tout un rituel de dégustation du thé que le Japon a reçu de la Chine au 13e siècle, grâce à deux moines de l’école bouddhiste Zen. Mais c’est véritablement à partir du 15e siècle que ce rituel a commencé. A Kyoto, nous avons été conviés à une cérémonie de thé. Pour cela, il faut d’abord entrer dans une pièce par une petite porte, en se déchaussant au préalable (ce qui arrivera à plusieurs autres occasions). On s’assoit sur les talons, alors que la serveuse s’active minutieusement à la préparation. Pour boire la tasse de thé, on doit d’abord la recevoir dans la paume de la main droite en prononçant une phrase rituelle, puis une autre, si la tasse doit être donnée au voisin.

Kyoto recèle un autre trésor architectural, véritable écrin doré dans une nature luxuriante, le Kinkakuji ou le Pavillon d’or. C’est un temple magnifique couvert de fines feuilles d’or érigé en 1397 pendant la période Muromachi et qui a servi de villa à son premier propriétaire, Ashikaga Yoshimitsu. Il ne désemplit pas de visiteurs qui s’extasient sur ses lacs et cascades.

Pour ceux qui ont l’esprit aventurier, ils peuvent expérimenter l’auberge traditionnelle japonaise pour trouver gîte et repas. Dans la préfecture de Miyagi, nous avons passé une nuit dans l’une d’elle, et ce fut une expérience inoubliable. Dans les chambres, il n’y a pas de lit. Mais un simple tatami et des matelas posés dessus. Les chaussures, il faut les laisser dehors et enfiler un kimono. Dans la salle à manger, on trouve des tables basses devant lesquelles il faut s’assoir en tailleur pour être à l’aise en mangeant. Bercé par le bruit de la mer toute proche, on se croit vraiment dans l’antichambre du paradis. Le lendemain, nous avons quitté l’auberge par une matinée pluvieuse pour aller à Sendaï d’où un Tgv nous ramènera à Tokyo. Et la tenancière a attendu dehors avec son parapluie que notre bus s’ébranle pour nous saluer de la main. Un trait de caractère nippon que nous avons remarqué partout où nous sommes passés.

De notre envoyé spécial au Japon,
Ibrahima MBODJ


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