Idées et Réflexions (576)

L’Afrique traverse un changement immense. Cette transformation positive est alimentée par le travail acharné, la résilience et la persévérance des jeunes et vieux africains qui sont déterminés à tourner la page de la pauvreté. Nous avons toutes les raisons de croire que l’avenir de l’Afrique est prometteur. En fait, nous pouvons voir l’élan positif reflété par la réduction des risques géopolitiques, la stabilité soutenue, la croissance économique, l’expansion du commerce, l’amélioration du bien-être et de meilleures conditions de vie dans tout le continent. Les défis de paix et de sécurité existent encore, mais ceux-ci peuvent certainement être surmontés.

En ce qui concerne l’avenir, la Turquie est déterminée, plus que jamais, à développer sa coopération avec l’Afrique dans de nouveaux domaines. Nous cherchons à promouvoir des partenariats mutuellement bénéfiques qui aideront à créer des bases solides pour des relations durables et productives. Contrairement aux puissances coloniales passées, l’histoire est de notre côté. D’une part, il y a l’élément humain. La Turquie a des liens historiques et culturels profondément enracinés avec le continent datant de l’Empire ottoman. Nous cherchons également à renforcer l’élément humain en encourageant les relations entre les peuples. Notre transporteur national Turkish Airlines a récemment ajouté Conakry, sa 51ème destination sur le continent. En facilitant le transport vers et depuis les 32 pays du continent, nous encourageons également l’interaction des Africains avec la Turquie ainsi qu’avec le monde.

Détermination politique forte pour une relation durable
Je tiens également à souligner la détermination de notre volonté politique de travailler avec l’Afrique. Notre détermination se traduit par le fort intérêt du président Erdoğan qui attache une importance majeure à l’Afrique. Il visite non seulement les pays africains et reçoit leurs leaders en Turquie, mais encourage également les entreprises, les universités, les Ong, les centres de recherche et les citoyens ordinaires à s’engager au renforcement des relations mutuelles. Il établit la confiance, l’assurance et les avantages mutuelles pour tous, afin que toutes les questions soient abordées de manière ouverte et franche.

Au cours de la dernière décennie, en tant que Premier ministre et ensuite président, le président Erdoğan a effectué plus de 30 visites dans 23 pays africains au total - un nombre record de visites pour un leader non africain. Nous avons également accueilli de nombreux chefs d’État des pays africains en 2016, et les visites des chefs d’État de l’Éthiopie, de la Guinée, de la Sierra Leone et de la Somalie en Turquie au cours de la première moitié de l’année en cours ont continué à fournir une visibilité dans le pays et à l’étranger à notre politique africaine.

Je dois également souligner que notre présence diplomatique sur le continent augmente rapidement. Aujourd’hui, 39 ambassades turques opèrent dans différents pays du continent. Il y a également une augmentation considérable du nombre d’ambassades africaines à Ankara. Plus récemment, avec l’ouverture de l’ambassade de Tanzanie, leur nombre total a atteint 33.

Tout en travaillant pour faire progresser nos relations bilatérales avec les pays africains, nous créons également un solide mécanisme de coopération avec l’Union africaine. L’année 2008 a eu une importance particulière dans le développement de nos relations avec l’Afrique. Cette année, l’Union africaine a déclaré la Turquie comme « partenaire stratégique », et le tout premier « Sommet de coopération Turquie-Afrique a eu lieu à Istanbul. Le Sommet a lancé un processus de collaboration stable et durable conduisant au deuxième « Sommet de coopération Turquie-Afrique » tenu en Guinée équatoriale en 2014 avec le Troisième Sommet prévu à Istanbul en 2019. Avec le renforcement et la diversification de nos relations bilatérales avec les pays africains ainsi que nos liens institutionnels avec l’Union africaine, nous avons récemment décidé de renommer notre « Politique d’ouverture vers l’Afrique » par un concept plus approprié, à savoir la « Politique de partenariat de la Turquie avec l’Afrique ».

Des solutions africaines aux problèmes africains : la devise de notre politique de partenariat
Ce n’est pas seulement un mot accrocheur pour attirer l’attention sur un instrument de la politique étrangère. Ceci a un contenu et une direction claire. Cela implique une forte détermination de notre part et englobe également notre compréhension de la mise en place d’un processus d’interaction bidirectionnelle. En fait, la devise de notre « Politique de partenariat avec l’Afrique » est « des solutions africaines aux problèmes africains ». Nous déployons tous les efforts pour promouvoir l’appropriation, par l’Afrique, de notre engagement avec nos partenaires africains.

Ce que je considère comme absolument pertinent pour l’avenir de l’Afrique, c’est son développement économique durable. Dans ce moment critique de changement, nous estimons que la Turquie est le pays le mieux adapté pour partager ses expériences avec le continent et pour avancer sur un modèle de coopération économique reposant sur un scénario « gagnant-gagnant » plutôt qu’un jeu à somme nulle qui produit des gagnants et des perdants. Je dois souligner que les investissements globaux de la Turquie en Afrique ont récemment dépassé 6 milliards de dollars américains. Ces investissements fournissent des emplois, des infrastructures nécessaires, contribuant aux économies locales et augmentant les exportations de produits finis de l’Afrique vers des pays tiers. Nous connaissons également une croissance rapide de notre commerce avec le continent qui a atteint 16,8 milliards de dollars américains en 2016 ; ce qui représente une augmentation de notre commerce avec l’Afrique de quatre fois en comparaison à 2003. Nous cherchons également à contribuer à la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine pour le développement économique en organisant des réunions ministérielles thématiques sur des domaines tels que l’entreprenariat et l’agriculture, conjointement avec des forums qui rassemblent des hommes d’affaires turcs et africains.

Au premier plan pour fournir de l’aide humanitaire et au développement à l’Afrique
La Turquie participe également activement à la lutte contre les crises humanitaires en Afrique. Notre engagement à long terme en Somalie depuis 2011 est un excellent exemple. Nous croyons que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’attendre et de voir que des catastrophes naturelles ou celles causées par l’homme se déroulent devant nos yeux, dévastant des centaines de milliers de personnes et mettant en danger la vie des générations futures. Prenons pour exemple les récentes sécheresses affectant l’Afrique de l’Est. Au début du mois de mars, le Croissant-Rouge turc a lancé une campagne nationale de donation intitulée « Être l’espoir de l’humanité ». En tant que première étape de cette campagne, le Croissant-Rouge turc et l’Agence turque de coopération et de coordination internationale ont déjà commencé à apporter l’aide nécessaire à la Somalie. Néanmoins, il est essentiel de trouver des solutions durables pour briser le cercle vicieux des sécheresses et de la famine. Par conséquent, assurant la présidence du Sommet de l’Organisation des pays islamiques (Oci), nous avons récemment lancé une initiative visant à soutenir les pays de l’Afrique de l’Est touchés par la sécheresse avec des projets durables à être mis en œuvre par l’Oci.

Le 15 juillet 2016, la Turquie a été victime d’une tentative de coup d’État odieuse perpétrée par l’organisation terroriste Fetullah Gülen (Feto), où 249 de nos citoyens ont été brutalement assassinés et plus de 2.000 civils innocents blessés. Je tiens à souligner le soutien et la solidarité manifestés par nos amis africains après cette tentative contre notre démocratie et nos libertés fondamentales. Feto a de nombreux réseaux en Afrique et constitue une menace imminente non seulement pour la Turquie, mais aussi pour les pays africains et leur leadership actuel. Plusieurs pays africains ont rapidement et judicieusement pris des mesures contre Feto en fermant ou en transférant les écoles affiliées à cette organisation à la Fondation turque Maarif (Éducation) ou en interdisant les organisations affiliées. Nous appelons tous nos amis africains en à faire de même.

En conclusion, je voudrais souligner que notre vision de la coopération avec l’Afrique repose sur une politique de bénéfice réciproque fondée sur l’égalité, la transparence et la durabilité. Grâce à notre politique entreprenante et humanitaire, nous tendons la main à l’Afrique. Nous sommes heureux de constater que notre motivation est partagée par nos frères et sœurs africains qui possèdent une vision d’une meilleure Afrique.

Par S.E.M. Mevlüt Çavusoglu
Ministre des Affaires étrangères
de la République de Turquie

La communication est la base de notre vie et conditionne ce que nous vivons à tous points de vue : professionnellement, affectivement, sentimentalement, politiquement… Dès notre naissance, nous sommes entrés en communication. La communication est dans notre Adn.
Il est tout bonnement impossible d’être un grand leader sans être un grand communicateur. J’espère, chers lecteurs, que vous avez remarqué que la phrase précédente ne se réfère pas au fait d’être un grand parleur, car il y a là une grande différence.

Nous trouvons rarement dans ce qui a été enseigné dans le monde académique la clé pour devenir un communicateur habile. Depuis nos plus petites classes, nous sommes formés à nous concentrer sur l’énonciation, le vocabulaire, la présence, l’élocution, la grammaire, la syntaxe et autres. En d’autres termes, on nous apprend à nous concentrer sur nous-mêmes.
C’est la capacité à développer un enthousiasme externe qui sépare les vrais grands communicateurs des « autres ».  Observez les grands leaders du monde et vous leur trouverez tous des qualités de  communicateurs exceptionnels. Certes, ils défendent leurs idées, mais ils le font de manière à toucher vos émotions et vos aspirations. Ils savent que si leur message n’émeut pas le public, il ne sera probablement pas entendu, encore moins défendu.

Michelle Obama (l’ex Première dame des Etats-Unis) en est l’illustration. Lorsqu’elle prend la parole en faveur d’Hillary Clinton, à la convention démocrate en juillet dernier, elle conquiert la foule, y compris Bill Clinton.  On découvre une oratrice née, sincère et naturelle, qui envoie coup sur coup à Donald Trump sans jamais le nommer. « Je veux un président qui enseignera à nos enfants que chacun compte dans ce pays », a-t-elle dit, avant de poursuivre : « Un président qui croit véritablement en la vision exprimée par nos fondateurs il y a toutes ces années, à savoir que nous avons été créés égaux, que chacun d’entre nous est un membre bien-aimé de la grande histoire américaine. Et quand une crise frappe, nous ne nous tournons pas les uns contre les autres. Non, nous nous écoutons les uns les autres, nous nous appuyons les uns sur les autres parce que nous sommes toujours plus fort ensemble ». Ses qualités de communicatrice lui ont valu un plagiat de son discours à la convention démocrate en 2008 par Melania Trump (actuelle Première dame des Etats-Unis). Cette dernière avait d’ailleurs, déclaré à NBC avoir écrit son discours « avec un peu d’aide ».

Je ne crois pas que cela soit une surprise si la plupart des dirigeants passent la majorité de leur temps dans des situations interpersonnelles. Je ne crois pas non plus que cela soit un choc qu’un bon nombre de problèmes organisationnels surviennent à la suite d’une communication pauvre. C’est justement ce paradoxe qui met en évidence la nécessité pour les dirigeants de se concentrer sur les moyens de devenir de grands communicateurs. Une communication efficace est une composante essentielle de la réussite professionnelle, que ce soit au niveau interpersonnel, intergroupe, intra-groupe, organisationnel ou externe.

Si développer des compétences de compréhension est bien plus facile que l’on pourrait penser, être capable de mettre convenablement en pratique ces compétences au moment opportun ne l’est pas.

Les compétences et/ou connaissances acquises sont uniquement précieuses lorsqu’elles sont appliquées au moment propice. La première qualité que les grands communicateurs ont en commun est le fait qu’ils possèdent un sens aigu de la conscience situationnelle et contextuelle. Les meilleurs communicateurs sont les plus grands auditeurs et astucieux dans leurs observations.

Les grands communicateurs ont cette habilité qui est de lire en une personne, un groupe, en percevant leurs humeurs, leurs énergies, leurs attitudes, leurs valeurs et intérêts.

Ils lisent non seulement bien leur environnement, mais ils possèdent l’étrange capacité à s’adapter au message dudit environnement sans en perdre une miette. Le message n’est pas à propos du  messager. Il n’a rien à voir avec le messager. Le message est totalement axé sur la manière de rejoindre les besoins et les attentes de vos auditeurs.

Alors, à quel moment pouvez-vous savoir que vos compétences ont mûri au point que vous êtes devenu un excellent communicateur ? La réponse est que vous franchirez ce cap quand, dans vos interactions avec d’autres personnes, vous utiliserez régulièrement ces dix principes suivants :

-N’ayez pas une langue bifide : en d’autres termes, soyez honnêtes dans vos propos. Dans la plupart des cas, les gens ne s’ouvrent jamais à ceux en qui ils n’ont pas confiance. Une fois qu’ils ont le sentiment que leur leader est digne de confiance, ils investissent leur temps et prennent des risques qu’ils n’auraient jamais pris si ce dernier avait une réputation d’un leader fourbe. Gardez à l’esprit que les gens pardonneront toujours là où la confiance existe, mais pardonneront rarement là où la confiance n’existe pas.
-Soyez sociable : il y a une grande vérité dans l’axiome suivant : « les gens ne s’intéressent à ce vous dites qu’à partir du moment où vous leur portez de l’intérêt ». Si vous ne développez pas des relations significatives avec les gens, vous ne saurez jamais ce qu’ils ont vraiment en tête.

-Soyez précis : la clarté est dix fois meilleure que l’ambiguïté. Apprenez à communiquer avec clarté. Simplicité et concision sont toujours mieux que complexité et confusion. Le temps n’a jamais été une denrée précieuse qu’il ne l’est aujourd’hui. Il est essentiel au communicateur de couper court et d’aller à l’essentiel. Votre but est, à cet effet, d’éliminer le superflu et de faire de sorte que chaque mot compte.

-Concentrez-vous sur ce que vous laisserez à vos auditeurs et pas ce que vous gagnerez : les meilleurs communicateurs ne sont pas seulement compétents dans l’étude et la collecte d’informations lors de la communication, ils sont également aptes à transmettre des idées, en organisant les attentes, en inspirant des actions et en répandant leur vision. Lorsque vous vous concentrerez plutôt sur le « donner » que le « recevoir », là vous aurez accompli l’objectif. Même si cela peut sembler contraire à la logique, vous apprendrez bien plus en vous concentrant sur les souhaits, besoins et désirs de l’autre partie que vous ne le feriez en vous concentrant sur votre programme.

-Soyez ouvert d’esprit : je dis souvent à mon entourage que la rigidité de l’esprit fermé est la seule limite aux nouvelles opportunités. Un leader tire son épingle du jeu quand il porte de l’intérêt à ceux qui détiennent des opinions dissidentes et des positions contradictoires dans le but de ne pas les convaincre de changer d’avis, mais  de comprendre leurs positions. Nouez le dialogue avec les gens qui vous affrontent, vous défient. Rappelez-vous que ce n’est pas l’opinion qui compte, mais plutôt la volonté de discuter avec un esprit ouvert et d’apprendre.
-Gardez le silence et écoutez : les grands leaders savent quand il faut parler et quand il faut écouter. La plus belle forme de discours se déroule dans une conversation et pas à une conférence ou à un monologue. Lorsque vous atteindrez ce point de votre vie où vous commencerez à comprendre que le savoir est acquis, pas en parlant mais en  écoutant, vous arriverez, alors, à la première étape pour devenir un communicateur habile.

-Remplacez l’ego avec l’empathie : un dirigeant ne doit pas laisser son ego écrire des chèques que son talent ne peut pas payer. Lorsque la candeur est communiquée avec empathie et bienveillance et pas avec arrogance et orgueil gonflé d’égo, de bonnes choses en résultent. Les communicateurs empathiques affichent un niveau d’authenticité et de transparence qui n’est pas présent chez ceux qui choisissent de communiquer avec ego.

Comprendre ce principe de communication est ce qui aide à transformer la colère en respect et le doute en confiance.
-Lisez entre les lignes : prenez un instant et pensez à n’importe quel leader du monde qui vous vienne à l’esprit... vous trouverez qu’il est très habile à lire entre les lignes. Ces leaders ont l’étrange capacité de comprendre ce qui n’est pas dit, vu ou entendu. En cette ère de communication instantanée, les gens sont tellement pressés de dire ce qu’ils pensent, qu’ils ne réalisent pas tout ce qu’ils peuvent gagner en écoutant les autres. Gardez vos yeux et oreilles ouverts et votre bouche fermée, et vous serez étonné de voir comment votre degré de conscience est élevé.
-Quand vous parlez, sachez ce dont vous parlez : développez une technique de maîtrise sur votre sujet. Si vous ne possédez aucune expertise sur votre sujet, peu de personnes vous accorderons leur temps.
-Parlez au public comme à une seule personne : les dirigeants n’ont pas toujours le luxe de parler aux personnes dans un cadre intime. Les grands communicateurs peuvent adapter un message tel qu’ils peuvent parler à dix personnes dans une salle de conférence ou 10.000 personnes dans un auditorium tout en leur donnant le sentiment qu’ils leur parlaient directement, à chacune d’entre elles individuellement. Savoir comment gérer une salle et établir un climat de crédibilité, de confiance et de liens sont les clés de succès des échanges.

Chers lecteurs, j’espère que ces « secrets » vous permettront de challenger vos pratiques en communication pour cheminer vers plus de réussites et d’harmonie.
Car en communication, il n’y a pas que les paroles. Il y a vous, bien sûr. Il y a votre objectif également. Il y a évidemment l’art et la manière ; et il y a aussi l’ « autre » et le souci de la relation.


Par Mamadou Amadou Tamimou Wane
Expert en communication,
Pca de la SSPP «Le Soleil»

Les élections législatives du 30 juillet 2017 au Sénégal seront cruciales pour deux raisons au moins : 1- Soit les Sénégalais décident de redonner la majorité au président Sall et le laisse continuer à dérouler son programme de gouvernement : le Pse. 2- Soit les Sénégalais décident de donner la majorité à l’opposition, qui contraindra alors le pouvoir actuel à la cohabitation. L’opposition devant également se résoudre, dans ce cas, à faire face à un président non issu de ses rangs ; ce qui va rendre difficile, voire impossible, la concrétisation de ses propositions de loi. De ces deux scénarios, je choisirais le premier. Non pas que je sois satisfait des acquis de la législature sortante mais par souci de cohérence et de stabilité. Je ne suis pas satisfait puisque je m’attendais à des innovations de taille avec cette législature : création de commission d’enquête sur les questions de bonne gouvernance pour éclairer l’opinion…, meilleure évaluation des politiques publiques pour se conformer à la modernité budgétaire de la gestion axée sur les résultats, etc. Pour autant, la configuration du calendrier républicain (élections législatives précédant la présidentielle) n’autorise pas, par souci de cohérence, à refuser au président actuel une majorité pour continuer à gouverner tranquillement. Autrement, son bilan sera amputé d’une année et demi pour cause d’instabilité gouvernementale, qu’il sera difficile de lui imputer en 2019. C’est pourquoi la majorité présidentielle devra réussir ses investitures en mettant des hommes de qualité (l’homme qu’il faut à la place qu’il faut), convaincre les électeurs que les prochains députés vont être d’honorables et de dignes représentants du peuple et redonner à l’Assemblée nationale toute sa stature de représentation nationale. On a en mémoire le blocage institutionnel au Niger qui a provoqué, en 1996, le coup d’Etat du président Maïnassara, puisque la majorité parlementaire s’opposait systématiquement au président rejetant les projets de loi émanant du gouvernement. On se rappelle aussi du bicéphalisme qui a prévalu, en 1962, entre Senghor et Mamadou Dia. Le Sénégal, devenu hyper attractif pour tous les grands investisseurs du monde (taux de croissance en constante progression, stabilité politique, ressources humaines de qualité enfin et surtout des ressources gazières et pétrolières de classe mondiale), se passerait volontiers de tels scénarios. La vraie bataille politique, à notre avis, reste la présidentielle. Et selon le camp qui va gagner en 2019, l’Assemblée issue des élections du 30 juillet pourra poursuivre sa mission ou sera dissoute. Notre Constitution permet, en effet, au président de la République, après 2 ans de législature, de dissoudre l’Assemblée et d’organiser de nouvelles élections. Quel que soit le cas de figure, l’Assemblée nationale, poumon naturel dans toute démocratie qui se respecte, devra polir son image pour garder sa stature et son rang institutionnel.

Par Mamadou BA
Consultant en ressources humaines Diplômé Ena Sénégal et France
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Chassez la Françafrique, elle revient au galop, soutiennent certains très sceptiques quant à la volonté des autorités françaises de mettre un terme à une pratique dénoncée de part et d’autre de la Méditerranée comme étant le principal frein  au développement de l’Afrique. Les plus optimistes pensent que les nouvelles dispositions régissant les échanges automatiques d’informations marquent un tournant très important dans l’histoire des paradis fiscaux. Fini le temps où il était possible d’ouvrir un compte bancaire dans certains paradis fiscaux pour dissimuler un bien mal acquis ou de l’argent sale. Fini le temps où il était possible d’avoir une société quelque part dans le monde sans la déclarer au fisc français. On peut maintenant parler de transparence totale sur les comptes bancaires offshore ; ce qui évidemment va fortement limiter les fraudes fiscales et réduire l’utilisation des banques offshore.

Le contrôle à priori exercé sur les futurs membres du premier gouvernement d’Emmanuel Macron avant leur nomination à de si hautes responsabilités, prouve que la France a    décidé de franchir le pas pour entrer dans l’ère de la transparence.

Désormais, les citoyens français comme ceux de la plupart des pays occidentaux vont devoir se soumettre à cet exercice qui fait partie intégrante des principes de la bonne gouvernance. Une bonne gouvernance qui s’appuie sur ce qu’il est convenu d’appeler la demande sociale qui associe pression des opinions nationales et surveillance des systèmes de contrôle et de lutte contre la corruption et le recyclage de l’argent sale.

Cette lutte contre les paradis fiscaux, déjà très ancienne, a connu une accélération ces dernières années à la lumière des multiples révélations sur ces pratiques souterraines dont l’Afrique est la principale victime.

La Françafrique est, à cet égard, le cas le plus illustratif des systèmes et des méthodes qui, depuis des décennies, ont plombé le décollage du continent et créé des situations d’instabilité, de luttes de pouvoirs, de conflits larvés et de drames sociaux dans plusieurs pays de l’Afrique francophone.

Objet de toutes les plaintes et lamentations des citoyens français comme africains, sujet de préoccupation des dirigeants de la nouvelle génération, la Françafrique est plus qu’un dinosaure qui dort de sa belle mort, c’est un phénix qui renait toujours de ses cendres. Elle est le socle sur lequel repose toute la stratégie souterraine et occulte de pillage des ressources africaines au profit non pas des citoyens français mais plutôt des banques offshore qualifiées pudiquement de paradis fiscaux. Les citer ici équivaut à en oublier beaucoup tant elles sont nombreuses à travers le monde. Ce qui, au départ, était perçu comme une spécialité des banques suisses est devenu, aujourd’hui, une véritable internationale de détournement et de blanchiment d’argent sale.

Pas moins d’une trentaine de paradis fiscaux ont été répertoriés dans les pays développés : Etats-Unis (Delaware), Luxembourg, France (Monaco), Royaume-Uni (City of London), Irlande, Belgique, Bermudes,  Singapour, Hong Kong, Îles Caïman, mais aussi dans des territoires moins connus comme Andorre, Anguille, Antigua and Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Bermudes, British Virgin Islands (Iles Vierges Britanniques), Brunei, Iles Cayman, Iles Cook, Grenade, Guernsey, Liechtenstein, Maldives, Iles Marshall, Ile Maurice, Montserrat, Nauru, Niue, Panama, Saint Kitts et Nevis, Saint Vincent et les Grenadines, Seychelles, Turks et Caicos, Us Virgin Islands, Vanuatu.

Seul pays africain présent sur cette liste, le Liberia bénéficie-t-il de cette faramineuse manne financière qui, pour l’essentiel, quitte l’Afrique pour emprunter des chemins de traverse ? Rien n’est moins sûr quand on sait que ce pays a encore toutes les difficultés du monde à sortir des affres d’une guerre destructrice pour ses hommes et ses ressources.
 
Le lourd tribut payé par l’Afrique à l’illicite fiscal
Pourtant, si l’on se fie aux dernières statistiques, l’Afrique valse entre évasion et fraude fiscale. Conséquence : le continent a vu s’évaporer plus de 1000 milliards de dollars américains au cours des cinquante dernières années. 1000 milliards de dollars perdus en cinquante ans du fait de pratiques liées à la délinquance économique et financière qui, en fait, ne profite qu’aux paradis fiscaux. L’évasion et la fraude fiscale sont tellement énormes que le Global financial integrity (Gfi), organisme de recherche et de conseil basé à Washington, qui produit des analyses de haut niveau des flux financiers illicites, a dû tirer la sonnette d’alarme. « L’évasion et la fraude fiscale annuelles imputées aux multinationales en Afrique sont plus importantes que l’Aide publique au développement (Apd) reçue, chaque année, par les pays du continent.

En 2015, le Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique a établi que les flux illicites financiers en provenance d’Afrique étaient de l’ordre de 50 milliards de dollars américains par an, soit le double de l’Apd que reçoivent les États africains des membres de l’Ocde.

Pour les observateurs, si l’aide au développement favorise généralement le commerce extérieur des pays donateurs, l’évasion et la fraude fiscale des multinationales issues de ces mêmes pays participent à la fragilisation des États africains dans la mise en œuvre de leurs politiques publiques. Or, la dépendance à l’aide extérieure crée un asservissement sur les concepts du développement.

La bonne gestion des affaires publiques, combinée avec une politique de recouvrement des impôts effective, efficace et efficiente, permettrait aux États africains de renforcer leurs services publics et de parvenir à construire le « bonheur brut national » de leurs citoyens.

Aide au développement contre argent illégal
Paradoxe des relations Nord-Sud, les flux financiers en direction de l’Afrique subsaharienne, l’Aide publique au développement et les investissements étrangers directs sont, certaines années, inférieurs à la somme des flux financiers illicites. Si l’on en croit Global financial integrity, la plus grande part de ces flux quittant l’Afrique sont constitués par les prix de transfert faussés du commerce international (sur- ou sous-facturation des échanges entres filiales de groupes transnationaux).

Un argument qui confirme la thèse de la fameuse détérioration des termes de l’échange vainement dénoncée par le défunt président Léopold Sédar Senghor qui n’a jamais pu trouver une oreille favorable du côté de l’Occident. Il suffit de comparer la quantité des ressources naturelles et autres tirées de l’Afrique et le niveau des investissements et de la croissance du continent pour se rendre compte de l’ampleur du pillage.

Il est vrai que deux cents ans d’esclavage et trois cents ans de colonisation laissent des traces sinon indélébiles, du moins difficiles à effacer. La Françafrique fait partie de ces marques qui semblent inscrites dans les gènes des relations entre la France et ses anciennes colonies. Il faut donc une véritable révolution des mentalités pour mettre un terme à ces pratiques anachroniques et obsolètes. Imposées par une caste de politiciens et d’hommes d’affaires plus soucieux de leurs comptes offshore que du destin de leurs peuples, ces pratiques ne seront bannies que sous la pression conjuguée, voire concertée, des citoyens des deux continents. C’est sans doute par là que passera l’amorce de ce qu’il sera convenu d’appeler l’Internationale citoyenne. Laquelle n’est rien moins que l’expression de la demande sociale portée par les peuples français et africains qui perçoivent la Françafrique comme un frein à leur stabilité et à leur épanouissement.

La spoliation des ressources africaines et l’immigration clandestine sont, en effet, intimement liées. La fin de la Françafrique marquerait alors la fin de la relation de causalité entre cette mainmise sur l’Afrique par des opérateurs véreux et l’envahissement de l’Europe par les migrants africains.

Par Mamadou KASSE
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Face à la récurrence des catastrophes (inondations, sécheresse, séisme, glissements de terrain, cyclones, tempêtes…) et à leurs conséquences (pertes humaines, matérielles…), et sous l’égide du bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (Unisdr), les Etats et gouvernements réunis à Sendai, au Japon (du 14 au 18 mars 2015), ont préconisé un outil qui a pour mission de relever le défi de la résilience des nations et des communautés face aux risques multiformes. Cet outil de référence  s’appelle le Cadre de Sendai (2015-2030).

Le cadre de Sendai est un accord volontaire de 15 ans, non contraignant, qui reconnaît que l’Etat a le rôle  principal de réduire les risques de catastrophes, mais aussi que les responsabilités qui lui incombent doivent être partagées avec d’autres parties prenantes, notamment les autorités locales et le secteur privé. Le Cadre de Sendai vise à parvenir, au cours des 15 prochaines années, au résultat suivant :

la réduction substantielle des pertes et des risques liés aux catastrophes en termes de vies humaines, d’atteintes aux moyens de subsistance et à la santé des personnes, et d’atteintes aux biens économiques, physiques, sociaux, culturels et environnementaux des personnes, des entreprises, des collectivités et des pays.

 Le Cadre de Sendai se décline en 7 objectifs :
1- Réduire considérablement la mortalité due aux catastrophes au niveau mondial d’ici à 2030, de façon à ce que le taux moyen de mortalité mondiale pour 100.000 habitants pendant la décennie 2020-2030 soit inférieur au même taux entre 2005 et 2015.
2- Réduire considérablement le nombre de personnes affectées au niveau mondial d’ici à 2030, de façon à ce que le taux moyen mondial pour 100.000 habitants pendant la décennie 2020-2030 soit inférieur au même taux entre 2005 et 2015.
3- Réduire les pertes économiques résultant directement des catastrophes au regard du produit intérieur brut d’ici à 2030.
4- Réduire considérablement la désorganisation des  services de base et les dommages causés par les catastrophes aux infrastructures essentielles, y compris celles consacrées à l’éducation, notamment en renforçant leur résilience d’ici à 2030.
5- Augmenter considérablement le nombre de pays dotés de stratégies nationales et locales de réduction des risques de catastrophes d’ici à 2020.
6- Renforcer considérablement la coopération internationale avec les pays en voie de développement en leur fournissant un appui approprié et continu afin de compléter leur action nationale visant à appliquer le présent cadre d’ici à 2030.
7- Améliorer sensiblement l’accès des populations aux dispositifs d’alerte rapide multirisque et aux informations et évaluations relatives aux risques de catastrophes d’ici à 2030.
Pour atteindre ces objectifs, 4 actions prioritaires ont été préconisées :
Action 1 : comprendre le risque de catastrophe.

Action 2 : Renforcer la gouvernance des risques de catastrophes pour mieux les gérer.

Action 3 : Investir dans la réduction des risques de catastrophes aux fins de la résilience.
 
Action 4 : Renforcer l’état de préparation aux catastrophes pour intervenir de manière efficace et pour reconstruire en mieux durant la phase de relèvement.

En définitive, Le Cadre de Sendai est un accord non contraignant d’ordre général pour toutes les nations du monde. C’est pourquoi, dans sa mise en œuvre, chaque région (Afrique, Europe, Asie, Océanie et Amérique), compte tenu de sa spécificité, a essayé de donner un contenu qui lui est propre. La plateforme mondiale de Cancun (qui va réunir des chefs d’Etat, chefs de gouvernement, ministres, parlementaires, élus locaux, société civile, Ong, Partenaires techniques et financiers…) aura pour objectif principal d’évaluer à mi-parcours les différentes régions du monde sur les progrès accomplis, les difficultés rencontrées ainsi que les mesures à préconiser pour atteindre les différents objectifs à même de promouvoir un monde plus résilient face aux différents risques de catastrophes.


Par Abdou SANE
Géographe- environnementaliste
Expert en réduction des risques de catastrophes
Président de l’Association africaine pour
la promotion de la réduction des risques de catastrophes
Unisdr champion for disaster risk reduction
Email : abdousanegnanthio@gmail.com

Le Sénégal est l’un des rares pays démocratiques où le repliement identitaire des idéologies politiques empêche toute forme de participation ou toute ouverture citoyenne de progrès à des travaux regroupant des compétences issues de divers courants de pensées politiques sous peine d’être considéré comme un traitre, un godillot ou un déloyal par sa formation politique ou sensibilité politique. Je crois qu’il est temps de dénoncer et déplorer ces agissements très dangereux pour notre société et la construction de l’avenir immédiat de nos enfants et surtout pour mieux servir le Sénégal que nous aimons tous.

C’est dommage que les « doorkates », issus de l’opposition non constructive, ne comprennent pas que, dans toutes les démocraties parlementaires de la planète, il existe partout et tout le temps des entreprises dirigées par des hommes et des femmes de gauche comme de droite, parfois même par des hommes et des femmes apolitiques, travaillant main dans la main sur beaucoup de domaines, avec diverses options, sans que leurs convictions personnelles ne soient remises en cause et ne soient en contradiction.

Il est urgent que tous les Sénégalais de tout bord sachent que les réflexions transversales qui feront bouger les lignes doivent être appliquées pour sauver le Sénégal. Actuellement, personne ne peut affirmer sur quelles certitudes s’appuyer pour impulser une nette croissance, sinon les gouvernements successifs de notre pays les auraient tentées. D’expériences, tous les pays émergents qui ont appliqué la politique de l’offre accompagnée de mesures de changements structurels ont eu des taux de croissance plus ou moins acceptables. Alors, pourquoi condamner cette tentative amorcée par le gouvernement actuel sous l’ère Macky, sachant que ce nouvel élan pourrait conduire le Sénégal vers une bonne croissance économique, donc une possibilité de plein emploi.

Le lancement des projets phares du Pse devrait aller dans le sens d’intégrer le capital humain (la jeunesse sénégalaise), pour préparer le cap du 22ème siècle. Il est illusoire de dire que le gouvernement applique une politique d’austérité. C’est plutôt une vraie politique de redressement des dépenses publiques excessives.
Ce constat nous rappelle la phrase de l’ex-Premier ministre socialiste Michel Rocard : «Servir son pays sans trahir ses idées».

Par Pr Serigne Khadimou Rassoul THIAM
Ingénieur en Calculs statistiques et financiers
Président de l’Alliance sénégalaise pour une République
émergente et citoyenne (Asrec)

Aujourd’hui, le Sénégal a besoin d’écrire une nouvelle page de sa longue et riche évolution politique. Le pays a soif d’un regard nouveau, particulièrement celui de sa jeunesse. Une jeunesse qui brule de se faire entendre, de s’exprimer et d’être comprise. Il est des moments, dans l’histoire des peuples, où la parole des jeunes doit résonner, car cette parole est porteuse de changement et de promesses d’un présent et d’un futur meilleurs. Qui est mieux placé que la jeunesse pour apporter cette sorte de folie libératrice de l’immobilisme dans lequel les ainés ont plongé ce pays. Il est des moments où les peuples ont besoin de cette respiration juvénile, mélange d’utopie et de réalisme, de cette audace d’un regard nouveau, destructeur mais fécondant, sur le monde ancien trop pollué par les laxismes, les compromissions, les dérives, les querelles inutiles et épuisantes.

Abdou Diouf, à 25 ans, fut gouverneur, à 35 ans, Premier ministre et à 45 ans, président de la République. Parmi nos contemporains, Justin Trudeau, Premier ministre du Canada, et Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, ont accédé à la plus haute fonction de leur pays à 44 ou 45 ans. Emmanuel Macron, à 39 ans, est le plus jeune chef d’Etat français et même, dirons-nous, le plus jeune président de la République élu démocratiquement. Au Sénégal, nous pouvons nous estimer heureux d’avoir un homme né après les indépendances comme président de la République. C’est dire que la jeunesse n’est pas un handicap pour présider aux destinées d’une nation, d’un pays, des institutions et de représentation du peuple. Comprenons-nous bien. Il n’est pas question d’évincer les ainés ou les adultes. Un pays se construit avec la sagesse des vieux, l’intelligence des adultes et le courage et le soutien de la jeunesse.

Il urge donc d’investir les jeunes pour la députation, parce qu’ils ont beaucoup à apporter à notre pays par la créativité, l’innovation et par une nouvelle manière d’appréhender et de penser les choses. Le rôle de la jeunesse à ces élections est primordial. Leur participation à l’Etat de droit et à la démocratie renforce la responsabilité sociale, favorise une citoyenneté active et consolide les processus et les institutions républicaines et démocratiques. En perspective des élections législatives, nous attirons l’attention des partis politiques sur la nécessité de faire participer les jeunes au jeu démocratique, seul gage d’un avenir de liberté, d’égalité et de développement. Nous voulons des dirigeants estimés et respectables. Pour ce faire, il faut qu’ils soient d’abord estimables et respectables. Si nous avons une dynamique d’ensemble au niveau de nos bases respectives et que cessent les querelles de chapelle, si nos responsables oublient leur égoïsme outrager, si nous consolidons nos acquis et, enfin, si tout le monde adopte une démarche inclusive, alors, nous pourrons construire un Sénégal où il fera bon vivre. Heureusement que la jeunesse reste déterminée à relever le défi.

Le Sénégal est dans une bonne posture en vue d’atteindre les objectifs fixés par le Plan Sénégal émergent à l’horizon 2035 grâce à la vision éclairée du président Macky Sall. Notre pays traverse une période de mutation profonde pour son avenir. Le bilan d’étape est très largement satisfaisant avec les autoroutes, le Ter, les pôles urbains, la Cmu, les bourses familiales, le financement des femmes, le Pudc…

Par Mamadou Haby Ly
Coordonnateur And Liggeyaal Podor
ak Racine Sy/Cellule Dakar
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Il s’appelle Emmanuel (Dieu est avec nous en hébreu), il a les dents du bonheur…il veut transformer la France en profondeur.
De l’audace, il en aura fallu à Emmanuel Macron pour arriver en tête du second tour de l’élection présidentielle française avec un score de 66.1 %, soit près de 4 points de plus que la moyenne des estimations des différents instituts de sondage.

En effet, le pari a été audacieux pour cet énarque dont le parcours ressemble à celui d’un météore.

Rapporteur de la Commission Attali (commandée par Nicolas Sarkozy pour la libération de la croissance française) en 2007, associé gérant à la banque Rothschild en 2008, secrétaire général adjoint à l’Elysée en 2012 après l’élection de François Hollande. Il devient ministre de l’Economie en 2014. L’histoire est en marche pour Emmanuel Macron qui lance...En Marche ! en avril 2016. Il démissionne du gouvernement en août 2016. Sans avoir jamais exercé de mandat électif, le voilà officiellement candidat en novembre 2016.

Il s’engage à bras-le-corps dans une présidentielle 2017 atypique à tous points de vue, avec un caractère inédit de l’offre politique, un électorat qui n’a jamais été aussi volatile, des clivages comme il n’y en a jamais eu.

Auréolé de son ample victoire, il déjoue les pronostics des cassandres et autres oiseaux de mauvais augure qui voyaient ses ailes se briser face aux ténors et autres caciques de la politique, lui prédisant, dans le meilleur des cas, une victoire à la Pyrrhus.

Trop jeune, de l’avis de certains, inexpérimenté pour d’autres, ni à droite ni à gauche, sans parti politique…
Avec un cursus différent du cursus politique traditionnel, il bouscule tous les codes et réalise un véritable exploit : celui d’être le plus jeune chef d’Etat français depuis Napoléon Bonaparte.
Le renouveau, il l’incarne naturellement. Par son âge, sans aucun doute, mais sans jamais tomber dans le jeunisme. Emmanuel Macron sait qu’ « aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années ». Toutefois, ce qu’il met en avant, c’est moins la jeunesse de son âge que l’originalité et la fraîcheur de ses idées.

Adaptation de la durée du travail en fonction de l’âge, droit au chômage en cas de démission, plus d’enseignants dans les zones difficiles, élargissement des horaires d’ouverture des bibliothèques aux soirs et aux dimanches, etc.

Mû par un désir de changer la manière dont on fait de la politique, il a su faire de son manque d’expérience en politique et de sa jeunesse des atouts.

Emmanuel Macron a eu la bonne lecture de la société française : 66% des Français pensent, en effet, que le clivage gauche-droite est dépassé.
Il a compris la lassitude des Français vis-à-vis de la classe politique. Aussi a-t-il eu pour projet de rassembler les progressistes de tout bord. Il s’est ainsi attiré un public divers, venant aussi bien de la gauche que de la droite. Cela relève d’une véritable stratégie, d’une démarche construite depuis longtemps et d’une formidable capacité d’anticipation.

Certes, il aura bénéficié d’un extraordinaire alignement de planètes avec une conjonction de facteurs favorables. Il y a eu notamment les primaires à droite et à gauche qui se sont soldées par la victoire de candidats peu susceptibles de rassembler dans leur camp et surtout au-delà. François Fillon, qui a été plombé par ses « affaires » faisant vaciller Les Républicains, Benoît Hamon, avec son revenu universel qui a été jugé trop proche de Mélenchon.

Autant de circonstances qui ont créé un véritable boulevard pour Emmanuel Macron, lui permettant de ratisser large.
Emmanuel Macron a fini d’être crédibilisé par des ralliements massifs provenant essentiellement de la gauche, mais pas uniquement. Sa victoire, il la doit à son opiniâtreté mais aussi à une maturité certaine.

Ainsi, il n’hésite pas à arborer une solennité qui institutionnalise son profil. « Une joie grave m’habite », a-t-il déclaré lors de sa victoire au soir du premier tour. C’est avec une grande crédibilité qu’il endosse la posture présidentielle lors du débat de l’entre-deux tours face à Marine Le Pen. Pugnacité mais aussi hauteur.

Ses discours et sa démarche sont fortement empreints d’émotion. Emmanuel Macron a à cœur de toucher son auditoire au cœur. Il cultive l’art de la bienveillance, de l’écoute, de la proximité. Son « Je sais », lors du discours au soir du 7 mai, n’est pas sans rappeler le « Je vous ai compris » du général De Gaulle le 4 Juin 1958 à Alger.

Il se souvient régulièrement de sa grand-mère qui a joué un rôle prépondérant dans sa formation, pas plus qu’il ne se prive d’hommages appuyés à Brigitte, son épouse, sa muse.
Epris de lettres et de philosophie, son ton est teinté de romantisme touten étant résolument moderne.

La politique n’appartient pas qu’à ceux qui en font une profession.
Emmanuel Macron vient d’administrer au monde la preuve que la politique n’est pas qu’une affaire d’expérience ou de parti. Il a mis du cœur à l’ouvrage et promet : « Je vous servirai avec amour ».

Et si la politique était avant tout du cœur et des idées ?

Par Yacine Bâ SALL
Directrice générale de l’Institut Bda
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Le Sénégal se veut le champion africain de la démocratie ; ce qui, par bien des aspects, est justifié. Par ailleurs, cela suppose une justice indépendante, c’est-à-dire dont tous les acteurs et le public respectent les droits des uns et des autres. Parmi ces droits figure en bonne place la présomption d’innocence.
Or, l’actualité politico-judiciaire nous amène à nous questionner sur la perception des politiques ou plutôt des politiciens principalement, de ce principe général de droit qu’est la présomption d’innocence.  
Ce, à telle enseigne que l’idée de poser cette question me taraude les méninges : chers politiques, savez-vous ce que veut dire la présomption d’innocence et sa valeur dans le respect des droits du justiciable ?

Dans sa définition commune, la présomption d’innocence signifie « qu’un individu, même suspecté de la commission d’une infraction, ne peut être considéré comme coupable avant d’en avoir été jugé tel par un tribunal.
Juridiquement, la présomption d’innocence est un principe fondamental qui fait reposer sur l’accusation, donc le procureur de la République, la charge de rapporter la preuve de la culpabilité d’un prévenu.

En des termes plus simples, tant qu’une personne (morale ou physique) n’a pas été définitivement condamnée (c’est-à-dire épuisement de toutes les voies de recours), elle est présumée innocente.
L’adversité politique ne devrait, en aucun cas, nous aveugler au point d’adopter des postures qui sont en contradiction avec les principes généraux de droit tels que consacrés par nos textes de lois et la jurisprudence.

Pour preuve, sous tous les régimes qui se sont succédé au pouvoir depuis notre accession à la souveraineté internationale, les cas de citoyens inculpés dans le cadre de responsabilités exercées et pour beaucoup placés en détention provisoire, par la suite innocentés par la justice de notre pays, sont légion.
Dans tous les pays du monde, les différents codes sur lesquels s’appuient le juge pour dire le droit, le principe de la présomption d’innocence figure en très bonne forme. A cet effet, il me plait de saluer les pas de géant franchis par la justice sénégalaise avec les différentes réformes récemment effectuées dont la possibilité pour un prévenu d’être assisté par un avocat dès la garde à vue.  
Si nous prenons l’exemple de la France, placé en tête du code de procédure pénale depuis une loi de 2000, le principe de la présomption d’innocence est aussi garanti par de multiples textes, notamment dans la Déclaration de droits de l’Homme de 1789 et la Convention européenne des droits de l’Homme.

La présomption d’innocence possède de nombreuses implications concrètes : il s’agit tout d’abord d’un principe qui vient limiter la liberté d’expression et autorise toute personne non encore condamnée, mais présentée dans la presse comme coupable, à obtenir une rectification publique. La loi interdit, en outre, de diffuser, sans son accord, les images d’un individu menotté. Surtout que la présomption d’innocence vient garantir au prévenu qu’en l’absence de démonstration probante, par l’accusation, de sa culpabilité, le doute devra nécessairement lui profiter.
A cet égard, il convient de rappeler que l’ossature des lois et règlements des Etats africains ou d’autres cieux qui ont subi la colonisation a pour ancêtre les codes du pays colonisateurs. C’est le cas du Sénégal où pratiquement on retrouve dans les textes juridiques les même dispositions que celles contenues dans la législation française. 

Cependant, on relève que le respect de la présomption d’innocence connaît certaines exceptions qui concernent la caractérisation de quelques rares infractions. En effet, l’individu, par exemple, qui ne peut justifier les ressources correspondant à son train de vie tout en vivant avec une personne se livrant habituellement à la prostitution, est réputé commettre le délit de proxénétisme.
 Face à la clarté de la règle, notre incompréhension quant à l’attitude inqualifiable de certains responsables politiques (qui, en réalité, ne sont que des faucons dont la radicalité est un réel danger pour le pouvoir et l’opposition) est totale. Toutes les postures dans lesquelles ils semblent trouver une certaine jouissance ne sont qu’une illustration de leur mépris pour nos institutions.
 Dans un pays qui se prévaut d’une indépendance de sa justice, comment des hommes et  des femmes politiques peuvent se permettre, à longueur de plateaux télé et radio, de bafouer, sans une seule once de prudence langagière, cette règle.

Les prises de position des uns et des autres se posant en juge et condamnant, par le tribunal médiatique, leurs homologues politiciens, en foulant au pied les règles élémentaires du droit, ne les honorent pas. En ce sens, je citerai les sorties purement politiciennes et dénuées de toute honnêteté intellectuelle de responsables politiques de tous bords.  
La prudence républicaine, que dis-je la règle de droit, impose à tout citoyen, surtout ceux investis de responsabilités publiques serai-je tenté de dire, de ne pas se poser en commentateurs des dossiers pendants devant la justice et d’appeler au respect de son indépendance et de la présomption d’innocence des inculpés.

Par
Serigne Babacar
TALL

 Juriste
Militant socialiste
Membre
de « Vision socialiste » France
Paris

Le réveil a été brutal dans la nuit du vendredi 12 mai 2017 pour tous les Directeurs de systèmes d’information (Dsi). La cyberattaque redoutée s’est enfin produite. Cette vague d’attaques est le fait d’un acte cybercriminel consistant à diffuser un virus pour infecter des milliers d’ordinateurs. Ce logiciel malveillant verrouille les fichiers des utilisateurs et les force à payer une rançon.

Cette attaque informatique internationale est une « bénédiction » pour une prise de conscience collective et définitive sur les risques liés à la cybercriminalité. En effet, certains décideurs n’ont jamais voulu croire aux alertes des initiés sur ce phénomène. Et c’est déplorable.

A l’heure du bilan, certes provisoire, l’échelle de cette attaque est sans précédent. Elle touche plus de 150 pays à travers le monde et a affecté des hôpitaux, des universités, le secteur bancaire, d’autres entreprises, notamment un constructeur automobile, un groupe postal, un opérateur de télécommunications, etc. L’Afrique, pour l’instant épargnée, en apparence seulement, doit toutefois profiter de cette occasion pour prendre des mesures préventives. L’obligation de communication sur ce type d’incident n’est pas encore une contrainte légale.
Au Sénégal, l’urgence est donc de mettre en place une Agence nationale de cybersécurité. Dans cette perspective, un projet de décret est déjà dans le circuit d’adoption depuis plusieurs années sans aucune suite.

Pour éviter un futur « cyberchaos » en cas d’attaque de nos systèmes d’information critiques, il est impératif de trouver un cadre d’actions des acteurs (informaticiens, experts du droit du numérique, magistrats, militaires, policiers, gendarmes, opérateurs de télécommunications, Adie, Artp, universitaires, etc.). Le gouvernement doit rapidement prendre des mesures pour regrouper les experts nationaux en cybersécurité au sein d’une instance de veille, de renseignement et de riposte. L’objectif est de former, sous l’égide du Premier ministre, une « task force » chargée d’assurer la protection des infrastructures de l’administration et des entreprises privées ainsi que les équipements des particuliers. Une attaque de cybercriminels de grande envergure sur les installations stratégiques d’un pays est plus destructrice qu’une invasion militaire terrestre. La cyberattaque que nous venons de subir montre que la cybercriminalité ne se résume plus à des colloques ou des séminaires. Parlons moins et agissons ensemble pour faire face à ce fléau.

Par Dr Mouhamadou LO
Juriste du droit du numérique
Premier président de la Commission
des données personnelles (Cdp)
Président du mouvement Boolo Liggey Baol
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En cette période de choix des candidats à la députation, les chefs de partis politiques ou de coalitions sont constamment sous pression difficilement tenable. La quasi-totalité des responsables à la base, quel que soit leur niveau de responsabilité dans leurs partis, leurs parcours politiques, leur niveau intellectuel ou leurs professions, sont candidats à la députation. Cela est vérifiable in situ dans les différents départements à travers le pays. Tous les moyens sont bons pour les candidats déclarés ou non pour se faire entendre par le chef : violence physique, verbale ou morale, intimidation, chantage, menaces, etc. Ce phénomène regrettable existe aussi bien dans la mouvance présidentielle que dans celle de l’opposition, mais dans une moindre mesure. Si l’opposition rencontre actuellement autant de difficultés pour confectionner ses listes départementales et nationale, c’est parce que tout le monde est, en réalité, candidat à la candidature. La mission d’un député à l’Assemblée nationale est rarement prise en compte par les responsables qui déclarent leur candidature à la députation.

Au niveau des coalitions, il est aussi rarement tenu compte de l’aptitude du prétendant à assumer la fonction de député à l’Assemblée nationale. Ainsi, les futurs députés ne sont pas toujours investis parce que capables de faire correctement le travail parlementaire. Cela est regrettable et a des conséquences sur la crédibilité du Parlement. De même, il est à l’origine de l’impopularité des députés du Sénégal qui, pour l’écrasante majorité d’entre eux, ne connaissent pas leur mission de parlementaire. La 12ème législature a été, de l’avis des spécialistes et des députés eux même, la plus nulle depuis l’indépendance du Sénégal. La complexité du travail parlementaire et le niveau nécessaire pour maitriser les textes législatifs devrait nécessiter l’adoption d’un profil consensuel exigible pour être parlementaire.

Traditionnellement, au Sénégal, la violence lors de la confection des listes de candidats députés est l’apanage de la mouvance présidentielle. C’est sans doute pour cette raison que le président de Bby multiplie, depuis quelques temps, les appels à la raison et à la retenue pour bannir toutes formes de violence et d’indiscipline lors des investitures. On a encore en mémoire les violences verbales et injures grossières à Guédiawaye et les bagarres à Kaffrine et ailleurs. Le président Macky Sall, président de l’Apr et de Bby, a condamné fermement la violence sous toutes ses formes et l’indiscipline dans nos activités politiques en cette période de confection des listes de candidats à l’élection législative du 30 juillet 2017. Très attaché à la non-violence et à la discipline dans la coalition Bby, le président Sall semble prêt à sévir contre les contrevenants à ses directives.

Concernant l’opposition, elle a réussi la prouesse de former une coalition de dimension nationale, mais le plus dur reste à faire. Ses leaders affirment urbi et orbi que la coalition n’est pas mise en place pour le partage de postes de députés, mais tout le monde sait que chaque parti membre de Manko va chercher à avoir le maximum d’élus le 30 juillet 2017. Les négociations seront donc rudes et l’éclatement de Manko n’est pas à exclure. Même si cette coalition de l’opposition arrive à confectionner ses listes sans dommages, il est probable qu’il y ait, le 30 juillet 2017, un vote sanction en faveur de Bby. Pour les mêmes raisons, d’éventuels frustrés de Bby pourraient aussi voter pour Manko. Il y a donc un vrai casse-tête des chefs de partis ou de coalitions pour éviter les votes-sanctions et les violences à l’occasion de la confection des listes de candidats à la députation. Chaque mouvance a ainsi intérêt à gérer au mieux ses responsables et militants à l’occasion de la confection des listes de candidats pour engendrer un minimum de frustrés et de violences. La concertation, la prévention, l’équité et la fermeté doivent être privilégiées par les coalitions pour arriver à un consensus surtout au niveau des départements.

En matière d’investiture au niveau départemental, l’Apr de Birkelane a apporté une innovation qui ne manque pas d’intérêt pour les autres formations politiques ou coalitions de partis, qu’elles soient de l’opposition ou de la mouvance présidentielle.

Pour pouvoir choisir son candidat député départemental à temps, au début du mois d’avril 2017, l’Apr de Birkelane a convoqué une Assemblée générale (Ag) pour recenser, dans la démocratie, les candidats à la candidature. A la question qui est candidat à la députation, 39 personnes se sont manifestées spontanément. Ce nombre de postulants, très élevé, a surpris tout le monde. Dans ce lot de 39 républicains candidats, on trouve tous les corps de métiers : instituteurs, professeurs de lycée, professeur d’université, agriculteurs, éleveurs, maçons, tailleurs, administrateurs civils, ingénieurs, banquiers, chefs d’entreprises, ménagère, restauratrices, aide-soignant, commerçants, opérateurs économique, etc. Cette pléthore de candidats reflète, pour certains, une vitalité de l’Apr dans le département, pour d’autres, une conséquence de la non structuration du parti. Pour gérer cette situation inédite, les responsables du parti ont proposé la création d’une commission départementale de classement des candidats permettant de réduire le nombre de prétendants à 10, puis à un et son suppléant.

Cette idée géniale a été acceptée et validée par l’Ag. Le travail a ainsi été confié à un groupe de sages présidé par le maire de Touba Mbella. Les 39 candidats ont pris l’engagement de s’approprier les décisions de la commission, qu’elle leur soit favorable ou non. Sur cette base, la structure départementale de l’Apr a mis au point 20 critères de sélection qui ont été validés par les candidats après un débat animé mais courtois et serein. Les prétendants ont été auditionnés dans les mêmes conditions par la commission, puis classés par ordre de mérite sur la base des 20 critères. Suite à ce classement des prétendants, les 10 premiers de la liste ont été retenus comme candidats à la candidature de l’Apr. Une réunion de restitution des travaux de la commission a été organisée pour informer les candidats et recueillir leurs observations. Au cours des échanges entre parties prenantes, dans une atmosphère conviviale, empreinte de fraternité et d’empathie, aucune violence ou excès de langage n’a été noté. Ainsi, avec une large majorité, le classement des candidats proposé par la commission a été accepté et validé. Ce classement incontesté des prétendants pourrait alors être utile au président de Bby pour opérer le choix ultime du candidat à la députation du département de Birkelane.

L’innovation de l’Apr de Birkelane est un moyen qui semble efficace pour éviter les violences et les excès de toute nature. Toutefois, le succès de la méthode dépend de la sagesse des membres de la commission et de l’impartialité avec laquelle le classement des candidats est fait.

L’innovation de Birkelane pourrait être utilisée partout où il n’y aurait pas de consensus sur les candidats à investir. Elle peut permettre d’éviter les violences et les frustrations postinvestitures pouvant engendrer des votes sanctions pour lesquels aucune coalition n’est à l’abri.

Par Pr Demba SOW

Les élections législatives du 30 juillet 2017 vont marquer, sans aucun doute, un tournant décisif dans l’évolution politique de notre pays. On peut même affirmer qu’elles constituent, en réalité, le premier tour de la présidentielle de 2019. Si l’opposition est majoritaire à l’Assemblée nationale, au soir du 30 juillet 2017, que le chef du gouvernement soit issu de ses rangs ou pas, la situation qui va se créer ne manquerait absolument pas d’engendrer une instabilité gouvernementale, voire une crise institutionnelle. La Charte fondamentale de notre pays dit très clairement que c’est le chef de l’Etat qui définit la politique de la nation et que c’est le Premier ministre qui conduit cette politique. Si l’opposition est majoritaire à l’Assemblée nationale, vu la nature antirépublicaine et revancharde de celle-ci, non seulement tous les projets de lois que le président de la République soumettrait aux députés seraient systématiquement rejetés, mais il n’est même pas exclu que cette opposition qui caresse l’idée de prendre sa revanche sur le président Macky Sall qui avait chassé du pouvoir Me Abdoulaye Wade, en 2012, fasse feu de tout bois pour mettre des bâtons dans les roues du régime en place pour empêcher au chef de l’Etat de pouvoir gouverner le pays.

Les élections législatives du 30 juillet 2017, par leurs enjeux et défis, revêtent un caractère tout à fait exceptionnel. Un long regard rétrospectif de la trajectoire électorale de notre pays, depuis son accession  à la souveraineté internationale, en 1960, jusqu’à nos jours, montre qu’elles constituent, sinon pour la première fois, du moins l’une des rares fois où des élections législatives précèdent une élection présidentielle.

Comme chacun le sait, notre histoire politique est riche de plus d’un siècle et demi de batailles électorales. Pour rappel, il convient de retenir que notre pays a une tradition électorale particulièrement riche, qui date de la période coloniale et se poursuit jusqu’à nos jours.

En effet, c’est en 1848 que les  premières élections ont étés  organisées sur le territoire colonial au niveau des possessions françaises d’Afrique occidentale. Mais, c’est à partir du 02 avril 1871 que le cycle des élections ne connaîtra  plus d’interruption jusqu’en 1960, année qui marque la fin de la séquence coloniale. Il convient de faire observer que de 1871 à 1959, soit une période de 88 ans, 17 élections législatives ont été organisées, soit en moyenne une élection tous les 5 ans (cinq).

A partir de la période des indépendances (1960), cette tradition électorale s’est poursuivie et s’est renforcée par la tenue d’élections à intervalles régulières, conformément au calendrier républicain. Pour  ce qui concerne les élections présidentielles, on peut noter que 10 scrutins ont étés organisés (1963, 1968, 1973, 1978, 1983, 1988, 1993, 2000, 2007, 2012). Quant aux élections  législatives, 11 scrutins ont étés organisés  (1963,  1968, 1973, 1978, 1983, 1988, 1993, 1998, 2001, 2007 et 2012).

Comme nous pouvons donc le constater, dans l’histoire des élections législatives au Sénégal, c’est une seule fois que les élections ne se sont pas tenues à terme constitutionnel échu, c’est-à-dire les 5 (cinq) ans : c’est en 2006. Les législatives ne se sont pas tenues cette année parce que le président Abdoulaye Wade avait pris prétexte des inondations de 2005 pour proroger le mandat des députés jusqu’en 2007 et organiser les législatives à cette période. En réalité, l’argument des inondations n’était qu’un subterfuge subtil compte tenu de l’émoi que cette catastrophe naturelle avait suscité au niveau de l’opinion nationale et internationale. C’est parce que l’opposition de l’époque, regroupée dans la  Cpa (Coalition populaire pour l’alternative), composée du Cpc (Cadre permanent de concertation), du G.10 et de la Ld/Mpt, était extrêmement forte et puissante, que le président Abdoulaye Wade et son régime étaient conscients du fait que si les législatives étaient organisées en 2006, avant la présidentielle du 25 février 2007, celle-ci serait majoritaire au sein de l’hémicycle. Tous les sondages d’opinion faits à  l’époque, qu’ils soient officiels ou officieux, avaient reconnu que le rapport de force était en faveur de l’opposition, et que celle-ci avait de très fortes chances d’être hégémonique si les élections étaient organisées à terme constitutionnel échu.

C’est pourquoi le pouvoir libéral de Me Wade a bondi sur l’occasion dès que les inondations sont intervenues en 2005, pour reporter les législatives au 3 juin 2007, après la présidentielle du 25 février 2007 et permettre à cette dernière de servir de locomotive, pour tirer à son avantage les législatives,  et inverser la tendance. Les Sénégalais se souviennent encore des péripéties extraordinaires qui ont émaillé les échéances électorales de 2007, avec des rebondissements successifs et interminables, enveloppés d’un épais voile de mystère. Couplage, découplage, recouplage, redécouplage… ont rythmé la marche du processus électoral pendant plus d’un an, à telle enseigne qu’aucun acteur du jeu électoral n’était en mesure de dire à quelle date précise les élections allaient se tenir. Cette situation d’incertitude a été exacerbée et accentuée par le scepticisme né de la décision  du régime de Me Wade de refonte totale du fichier, l’annulation de toutes les listes électorales et l’établissement de nouvelles listes basées sur une pièce unique (qui n’existait pas encore à l’époque), la carte nationale d’identité numérisée et sécurisée, conformément à la loi n°2004 – 32 du 25 août 2004. Celle- ci, en fait, n’était rien d’autre que la préparation savante, minutieuse et méthodique du plus grand « hold-up » électoral que notre pays ait connu dans son histoire, sous le subterfuge de l’introduction de la biométrie dans notre système électoral. La  conséquence : un énorme et extraordinaire coup de massue sur la tête de l’opposition, avec la proclamation, contre toute attente et à la surprise générale, de la victoire du président Abdoulaye Wade dès le premier tour de la présidentielle du 25 février 2007. Sur 4.917.157 inscrits, 3.472.712 votants et 3.424.926 suffrages exprimés (98,62 % des votants), le candidat du Sopi aurait obtenu 1.914.403 voix (55,90 %).  Ces résultats ont constitué un véritable cauchemar pour l’opposition et pour  de nombreux  Sénégalais qui croyaient avoir affaire à des « Djinns » qui auraient voté en faveur du candidat libéral, à la place des humains ! Jusqu’ici, ce scrutin présidentiel de 2007 garde encore sa part de mystère qui n’est pas encore éclairci. Devant le refus systématique du  régime de Me Wade de procéder à l’évaluation exhaustive  et critique  de ce scrutin pour en tirer toutes les leçons,  pour corriger et rectifier tout ce qui pouvait et devait l’être pour les scrutins à venir, et,  craignant la reproduction à l’identique de ce qui s’est passé à la présidentielle, les partis de l’opposition les plus représentatifs de l’époque, regroupés dans le «  Front siggil Senegaal » (Fss), décidèrent de boycotter les législatives du 03 juin  2007. Au sujet du  scrutin présidentiel tumultueux du 25 février 2007, le leader de l’Afp, le président Moustapha Niasse,  avec un brin d’ironie, disait que Me Wade n’a pas remporté les élections, il les a « emportées ! »

Cet épisode de notre vie démocratique doit nous faire prendre conscience que ces élections législatives du 30 juillet 2017 ne sont pas comme les autres législatives. Elles constituent le 1er tour de la présidentielle de 2019. De 1960 à 1992, les élections législatives et l’élection présidentielle étaient couplées. A partir de 1992, avec l’avènement du Code Kéba Mbaye, les deux scrutins étaient séparés. En 1993, on a connu une élection présidentielle et en 1998 des législatives. Aussitôt après, est une intervenue la présidentielle 2000 ayant débouchée sur la première alternance politique intervenue dans notre  pays. Ensuite, une série d’élections a suivi avec le référendum de 2001, les législatives anticipées du 29 avril 2001 et les locales de 2002. Devaient suivre les  élections législatives  de 2006 qui devaient précéder la présidentielle du 25 février 2007. C’est précisément cette situation d’antériorité des législatives sur la présidentielle  que Me Wade a voulu coûte que coûte évité,  en violant la loi électorale par la prolongation du mandat des députés et en foulant aux pieds les règles du jeu électoral et de la charte fondamentale de notre pays, au mépris le plus absolu du peuple sénégalais, rien que pour conserver son pouvoir.

Il est heureux de constater que le président Macky Sall, un patriote authentique ayant un sens élevé de l’esprit  républicain, n’a jamais caressé l’idée, une seule fois, contrairement à son prédécesseur, de tripatouiller la Constitution et de violer la loi électorale. Au contraire, il a tenu à respecter scrupuleusement le calendrier républicain des élections, conformément à la Constitution de la République du Sénégal et au Code électoral. C’est tout à son honneur.

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que les enjeux tout comme les défis des législatives du 30 juillet 2017 sont nombreux, multiformes et décisifs. Pour ma part, je constate que les deux grandes coalitions  politiques en présence en sont parfaitement conscientes. Du côté de l’opposition, le leader de Reew Mi vient de révéler, dans la presse, qu’il leur a fallu plus de deux ans de discussions et d’échanges pour arriver à mettre sur pied la coalition Manko Taxawu Senegaal (Mts). Un autre leader de l’opposition a fait observer que c’est parce qu’ils avaient pris conscience de l’importance des enjeux de ce scrutin, qu’ils ont réussi à faire preuve de dépassement, en « dominant leur ego, à oublier leurs anciennes fonctions, leur rang social, leurs anciens différents partisans ». (La Tribune, n°1659, Samedi 06 et 07 mai 2017).

Du côté de la coalition Benno Bokk Yakaar (Bb), son leader, le président Macky Sall, dans une récente circulaire n°0000002 en date du 10 mai 2017, écrit : « Lors des consultations électorales précédentes, l’esprit d’ouverture, de dépassement, d’équité et le sens de l’unité nous ont assuré des victoires certaines. Dès lors, en direction des législatives à venir, notre coalition doit consolider cette dynamique unitaire gagnante, dans le cadre de la stratégie retenue d’une liste commune de Bby, confectionnée selon une démarche consensuelle reflétant notre riche diversité sur la base des principes de représentativité, de solidarité, d’éthique et de générosité ».

Ainsi, les tâches prioritaires ci-dessous doivent être mises en œuvre par Bby :
-    Aller à la conquête des suffrages en gagnant la bataille de l’opinion
-    Aller en rangs serrés, soudés et solidaires dans la défense du bilan du président Macky Sall en mettant l’accent sur les importantes réalisations sur le plan social : Couverture maladie universelle, Bourses de sécurité familiale, Cartes d’égalité des chances, Pudc, valorisation de la pension des retraites, construction de logements sociaux…
-    Ne jamais sous-estimer l’adversaire, car en politique, un adversaire n’est jamais « petit ». Dans un pays qui compte près de 300 partis légalement constitués et la possibilité aux indépendants de participer à tous les types d’élection, la vigilance s’impose, de façon absolue, pour la consolidation et le renforcement continu du pôle présidentiel, afin qu’aucun segment ne se détache pour aller dans le camp adverse.

-    Mettre fin aux guéguerres, aux querelles intestines incessantes, aux actes d’indiscipline et de défiance, aux attaques intempestives entre responsables, par presse interposée.
-    Défendre vigoureusement les réalisations importantes du Plan Sénégal émergent (Pse) et les instruments efficaces de contrôle mis en place, tels que la Crei et l’Ofnac, pour garantir la bonne gouvernance et la reddition des comptes par une bonne politique de communication qui s’arcboute sur une démarche pédagogique et une stratégie politique intelligente, capable de mener la majorité présidentielle à une victoire éclatante au soir du 30 juillet 2017.


Par Ousmane BADIANE
Secrétaire national aux élections de la Ld
Mail : ousmanebadiane1@gmail.com

La décennie en cours semble avoir été consacrée en grande partie, et par bon nombre de pays africains, à la question du défi sécuritaire majeur que représente le terrorisme.

Très peu d’enjeux et de défis – et ils sont nombreux – en Afrique ont eu à polariser autant d’attention, provoquer autant de sursaut, englober autant de ressources et pousser à la reconfiguration de la question des mécanismes et stratégies sécuritaires tant au niveau national qu’à l’échelon sous-régional et régional.
Et c’est sous ce rapport que le Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique a été institué. Parmi toutes les initiatives et entreprises en cours, la question de la lutte contre la radicalisation, surtout celle des jeunes, semble avoir pris le pas sur les autres aspects de cette lutte qui se doit d’être multiforme, ne serait que pour épouser, et en vue de les contrecarrer, les divers aspects relatifs à l’évolution et aux manifestations du terrorisme.

Les forces de défense et de sécurité semblent ainsi s’être « radicalisées » en termes d’arrestation et d’enfermement pour mieux endiguer le phénomène de la radicalisation.
Le profil physique affiché par ceux qui ont eu à commettre des attentats et ceux présumés avoir fait l’apologie du terrorisme a fini de polariser le regard des forces de défense et de sécurité et de bon nombre de citoyens vers les foyers religieux dont les faits et gestes sont désormais scrutés à la loupe.
Il y a donc à se demander pourquoi et comment certains discours religieux peuvent amener quelqu’un à user de la violence pour « se faire entendre », « être pris en compte » et ou proposer un ordre mondial qui lui apparait plus juste et plus équitable ? Nouvel ordre mondial pouvant lui permettre d’accéder à un mieux-être et à un mieux vivre.
Jusqu’à la période de la chute du mur de Berlin et de l’éclatement du bloc soviétique, le discours politique, axé sur les idéologies, servait de soubassement à des types et formes de violences pour lutter contre les inégalités économiques et sociales.
La configuration géostratégique et sociopolitique qui a suivi cette période a orienté le discours politique vers des axes programmatiques où il est désormais question d’offrir aux populations un futur meilleur en termes de vie et d’existence.

Hélas, force est de reconnaître, pour ce qui est du continent africain, que le doux miel qui enrobe le discours dans la conquête des suffrages et du pouvoir laisse place très rapidement au goût amer de la réalité que les populations vont découvrir à travers une forme de gestion du pouvoir et des ressources naturelles qui n’améliorera en rien leurs conditions de vie et d’existence.
De telles situations constituent un terreau pour l’apparition de soubresauts pouvant déboucher sur diverses formes de conflits et peuvent rendre une bonne frange des populations beaucoup plus perméable à un autre type de discours qui va : (I) pointer du doigt la source de leur malheur, laquelle sera en l’espèce l’équipe au pouvoir (II), leur promettre un changement notable dans leurs conditions de vie et d’existence avec leur arrivée au pouvoir et (III) leur assurer un séjour plus qu’agréable dans l’au-delà, parce qu’elles auront accepté de faire le « djihad ».
Dans son ouvrage sur « Le sexe et la mort », Russel n’a pas tort de décliner la destinée des êtres vivants sous la forme d’un processus irréversible et inéluctable : naître pour vivre, vivre pour ne pas mourir et mourir pour que les autres vivent.
Si l’être humain a très peu d’emprise sur le premier et le dernier aspect de ce processus, il aimerait cependant pouvoir suffisamment influer le deuxième aspect pour pouvoir vivre et bien vivre durablement.

Amener les communautés et les populations à être moins sensibles à un discours qui promet le Paradis sur terre doit donc obliger les autorités à apporter, entre autres, des réponses idoines à la demande sociale, à opérer des ruptures dans l’organisation et le fonctionnement des institutions, à promouvoir une bonne gestion des ressources naturelles et d’être à l’écoute des populations et de leurs besoins.
Et pour en arriver à ce niveau, les dirigeants africains doivent redoubler d’efforts et de vigilance pour faire face à des défis et des enjeux qui peuvent servir de terreau au terrorisme. Ce dernier ne pouvant survivre qu’à travers le renouvellement perpétuel de ses ressources, entre autres humaines, via un mode et un canal de recrutement axés sur l’endoctrinement, la persuasion, la menace et d’autres formes d’offres de services à des populations dans le désarroi.
Ainsi et pour une meilleure maîtrise de la question du terrorisme, les efforts doivent notamment se focaliser sur trois domaines d’intervention :

1 – Mettre fin au cycle des conflits armés
Pour la décennie en cours, l’Afrique compte onze missions onusiennes de maintien de la paix sur les vingt qui sont disséminées à travers le monde. Or, il est admis que les missions de maintien de la paix sont une réponse à une situation d’urgence dite complexe qui se traduit par « un effondrement total ou substantiel de l’autorité et qui demande une réaction internationale dépassant le mandat ou la capacité d’un seul organisme » après que les événements aient « causé aux personnes, aux biens et aux structures des destructions telles que la communauté sinistrée n’a pas les moyens suffisants pour y remédier seule ». Les ressources utilisées par la communauté internationale pour maintenir la paix dans les pays en situation de post-conflits sont assez considérables, et rien que leur aspect financier aurait pu améliorer les conditions de vie et d’existence des populations des pays concernés dans un environnement sociopolitique pacifié.
Au 30 avril 2016, le budget de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) était de 814 millions de dollars pour 13.075 personnes, pour la mission au Mali (Minusma), il était de 923 millions de dollars pour 13.153 personnes, pour la mission au Darfour (Minuad), on pouvait compter un milliard de dollars pour 20.513 personnes, alors que pour la Côte d’Ivoire (Onuci), il s’agissait de 402 millions pour 5824 personnes.
La paix n’a certes pas de prix, mais son coût peut et doit être utilisé dans des programmes socio-économiques pouvant garantir davantage d’équilibre à la société, si toutefois les dirigeants du continent acceptent d’éviter ce qui fait le lit des menaces à la paix : mode anti-démocratique d’accession et de maintien au pouvoir, faillite des processus électoraux, mauvaise gouvernance, mise en place d’un système répressif, absence ou faiblesse de dialogue politique, gestion non transparente des ressources, faiblesse des réponses à la demande sociale, faiblesse de l’accès aux structures socio-éducatives et/ou socio-sanitaires…

2 – Améliorer la lutte contre la criminalité transnationale organisée
Pour bon nombre d’observateurs, l’Afrique semble être la région qui paye le plus lourd tribut à ce « triangle des Bermudes » de la criminalité transnationale organisée (le trafic de drogues, le trafic des armes et la traite des êtres humains) qui génère près de 870 milliards de dollars par an et bouleverse les économies de bon nombre de pays.
Ces trois secteurs de la criminalité transnationale organisée sont interconnectés et constituent de bons leviers pour alimenter les ressources pouvant faire vivre et survivre le terrorisme.
Mais et sans établir une quelconque échelle de valeur entre ces trois secteurs, il semble assez clair que le secteur qui représente le plus grand défi sécuritaire pour l’Afrique est celui de la traite des êtres humains et son pendant, le trafic de migrants clandestins. Ceci est dû au fait que les conditions de vie et d’existence des populations africaines qui frisent la précarité favorisent le développement exponentiel de la traite des êtres humains et du trafic de migrants clandestins.
Bon nombre de personnes empruntent volontairement ou sous la contrainte d’une force à laquelle elles ne peuvent se soustraire le chemin du départ à la recherche d’un horizon meilleur.
Les conditions dans lesquelles les victimes de ces deux formes de criminalité sont exploitées, sous diverses formes et en particulier les femmes, les adolescents et les enfants, permettent de comprendre avec quelle facilité des mouvements et organisations terroristes peuvent en faire des chairs à canon pour commettre des attentats.
La lutte contre cette forme de criminalité doit donc s’intensifier en Afrique d’autant plus que les faits notés dans la seule région de l’Afrique de l’Ouest et concernant les enfants et les adolescents attestent de l’ampleur du phénomène.
Entre 2012 et 2015, près de 400 enfants faisant l’objet de trafic avaient été interceptés par Interpol au Burkina Faso, 70 en Côte d’Ivoire et 150 au Ghana et en Côte d’Ivoire.
Pour la période 2010/2013, la Cedeao a dénombré 6554 cas de personnes victimes de traite. Il est fort probable que les 60 jeunes filles et femmes gambiennes rapatriées du Liban par le Naatip de Gambie en 2015/2016 faisaient parti de ces victimes.

3 – Etablir et renforcer la collaboration entre les populations et les forces de défense et de sécurité
Le renseignement occupe une grande place dans la lutte contre le terrorisme surtout au niveau de la collecte des informations.
Les événements ont amené le renseignement à opérer sa mue pour privilégier davantage le renseignement humain en lieu et place de celui technique ou technologique dont les limites ont été mises à nu, par exemple, aux Etats-Unis, avec l’attaque du World Trade Center.
Il est établi que les organisations terroristes communiquent plus par être humain interposé que par n’importe quel autre procédé technique ou technologique dont les communications peuvent être aisément interceptées.


On retiendra pour la petite histoire que le colonel Mamadou Moustapha Ndala, en République Démocratique du Congo, et Jonas Savimbi, en Angola, ont été perdus par l’utilisation de moyens techniques et technologiques de communication.
Il est impérieux donc pour les pays d’Afrique d’instaurer un climat de confiance durable entre les forces de défense et de sécurité et les populations pouvant déboucher sur des passerelles de collaboration entre les deux entités, afin que les communautés puissent apporter leur contribution dans la lutte contre le terrorisme.
La crainte, la méfiance ou la frayeur que peuvent susciter les forces de défense et de sécurité doivent faire place au respect et à la considération, et amener ainsi les populations à être fières de leurs forces de défense et de sécurité.

Le passage obligé pour arriver à cette étape est de faire en sorte que les populations aient le sentiment profond que les forces de défense et de sécurité ne sont pas là pour la seule protection de l’autorité, mais pour les besoins de la communauté et partant, du pays.
Le fait que de plus en plus des modules d’enseignement sur la médiation, les techniques de communication et la négociation soient introduits dans les curricula des forces de défense et de sécurité démontrent à satiété la nécessité d’établir et de renforcer durablement la collaboration entre les forces de défense et de sécurité et les populations.
Il ne s’agit nullement de former ou de recruter des indicateurs, des informateurs et encore moins des agents de renseignement, mais plutôt d’amener les populations à connaître et comprendre les enjeux de leur contribution à la mise en place d’un environnement sécurisant et sécurisé dans leurs pays.

Ce n’est pas pour rien que la réforme du secteur de la sécurité reste une composante essentielle dans les programmes de reconstruction des pays en situation de conflits armés et que les Commissions vérité et réconciliation, mises en place au lendemain des conflits armés, accordent une grande place aux relations entre les forces de défense et de sécurité et les populations des pays concernés.

Certes, ce n’est pas demain que nous arriverons à juguler la question du terrorisme et à faire face, avec efficience, au défi sécuritaire, mais il existe des passages obligés que nous ne saurions occulter et parmi lesquels figure en bonne place la réflexion que nous venons de proposer et qui vise à promouvoir la mise en place d’un environnement pacifique et pacifié.

Par
Ibrahima DIOUF

Consultant Droits et
Protection des enfants

Depuis un certain temps, des voix s’élèvent par-ci et par-là à propos des élections législatives prévues dans le courant de cette année 2017. D’aucuns déclarent, à travers la presse, que ces élections, si elles sont tenues à date échue, conformément au calendrier électoral, coïncideraient avec le Ramadan. Par conséquent, il faudrait nécessairement, selon eux, les repousser jusqu’après le mois béni ; plus de 95 % des Sénégalais étant des musulmans, affirment-ils. Ce débat semble être l’une des causes du report des élections législatives jusqu’au 30 juillet 2017.

En écoutant ce discours, on peut penser que le Ramadan ne rime ni avec des élections ni avec le moindre effort physique ou intellectuel. La question qu’on peut se poser, dès lors, est celle-ci : l’Islam interdit-il l’organisation d’élections durant le mois de Ramadan ? Y a-t-il des arguments religieux forts, solides et convaincants ?
Un rapide survol de l’histoire de l’Islam et une petite analyse permettraient de comprendre la réalité. Pour répondre à ces questions, essayons de revisiter brièvement l’histoire des conquêtes de l’Islam.

D’emblée, on peut dire que les principales batailles menées par les musulmans, dès la révélation de l’Islam, semblent infirmer l’hypothèse selon laquelle le Ramadan serait incompatible avec des efforts physiques.

Il faut signaler, tout d’abord, qu’en jurisprudence islamique aucun texte n’interdit la tenue d’élection pendant le Ramadan. Ceux qui militent énergiquement pour le report des élections sont motivés, semble-t-il, par les difficultés liées à la fatigue, à la faim, à la soif, aux préparatifs de la rupture de jeûne, etc. Or, si on convoque l’histoire de la troisième religion monothéiste, on se rend compte que les principaux événements ayant laissé des empreintes indélébiles sur les conquêtes gagnées par les musulmans se sont déroulés, depuis le début de l’Appel du Prophète Mouhamed (Psl), il y a 14 siècles, au mois béni.

Cela montre que durant le mois de Ramadan, le musulman doit être armé de plus force. C’est un mois d’abnégation, d’endurance, de travail et d’engagement, et non une période de paresse ou de fuite des responsabilités. Pour illustrer nos propos, citons quelques exemples :

1- La bataille de Badr a eu lieu un vendredi, 17e jour du mois de Ramadan an 2 de l’Hégire, donc dans la deuxième quinzaine de ce mois béni. Cela n’avait aucunement empêché les musulmans d’être plus solides, plus fermes, plus engagés pour faire face à l’ennemi et le vaincre. Mener des batailles en jeûnant est plus dur, plus difficile que d’aller accomplir un acte civique comme le vote et retourner paisiblement chez soi ;
2- La conquête de la Mecque (Fath Makka), au terme de laquelle a eu lieu la destruction des idoles qui entouraient la Kaaba, s’est déroulée le 10 du mois de Ramadan l’an 08 de l’Hégire.
3- La guerre de Tebûk s’est déroulée au mois de Ramadan, en l’an 9 de l’Hégire.
4- La conquête du Yémen, facilitant la propagation de l’Islam dans ces contrées, a eu lieu durant le mois béni en l’an 10 de l’Hégire.
5- La conquête de l’Andalousie s’est déroulée le 28 du mois béni, en l’an 92 de l’Hégire (juillet 711 de l’ère chrétienne), sous la direction de Tarîq ben Ziyaad, suite à la conquête de Qurtuba, de Gharnata et de Tulaytila, la capitale politique de l’époque.
6- La conquête de Zallaqâ eut lieu le 25 Ramadan en l’an 479 de l’Hégire. Se trouvait à la tête de l’armée des musulmans Yusuf Ibn Tâchifîn, le célèbre dirigeant des Almoravides.
7- La bataille d’Aïn-Djalût, entre Bîsân et Naplouse, près de Jénine, en Palestine, avec la victoire éclatante des Mamelouks s’est déroulée le matin du vendredi 15 Ramadan, en l’an 658 de l’Hégire correspondant au 3 septembre 1260 de l’ère chrétienne.

Tout cela pour dire que le mois béni n’a jamais constitué un obstacle. Bien au contraire les musulmans d’alors se montraient, durant le mois de Ramadan, plus dynamiques, plus présents, plus actifs et plus imposants. Car les musulmans du temps du Prophète (Psl) et de ses premiers califes étaient convaincus que le Ramadan est indissociable d’efforts physiques, moraux et intellectuels. Jadis au Sénégal, nos marabouts enseignants, éducateurs et formateurs redoublaient d’efforts durant cette période.
Il est donc étonnant d’entendre des musulmans réclamer le report des élections parce qu’elles coïncideraient avec le mois de Ramadan. On peut certes chercher d’autres raisons politiques, économiques, sociales et culturelles pour suggérer le report des élections législatives. Cependant, on ne peut en aucun cas se réfugier derrière un argument religieux solide pour réclamer ce report.

L’idéal serait donc de chercher à résoudre les questions politiques avec des arguments politiques, objectifs et convaincants et ne pas évoquer des arguments religieux sans fondement. La méconnaissance de l’histoire de l’Islam peut être la cause de ces manœuvres politiques ou alors un problème de fond se pose, à savoir la sincérité, le sérieux et la crédibilité vis-à-vis des populations.

Le mois béni doit être un moment où les musulmans se montrent plus aptes, plus engagés et mieux disposés à fournir des efforts pour non seulement multiplier les recommandations et les pratiques religieuses, mais également se sacrifier pour l’intérêt et le devenir économique, social et culturel de la nation. D’ailleurs, tout cela cadre parfaitement avec l’organisation économique et sociale dans l’Islam.

Sur le plan individuel, familial, social, politique et communautaire, le Coran et les traditions du prophète (Psl) donnent des directives claires en ce sens. Il est vérifié, par des données scientifiques, qu’Allah loue le travail et le préconise plus de 360 fois dans le Livre saint. Si les enseignements de l’Islam étaient appliqués dans ce sens, les pays islamiques se placeraient parmi les nations les plus développées et les plus prospères au monde.

Par Dr Djim DRAME
Chercheur au Laboratoire
d’islamologie de l’Ifan
Ch. A. Diop/Ucad

Cela a été dit, cela est en train d’être fait ! Une ère nouvelle s’annonce dans l’accès à l’eau potable pour les habitants de la Cité Ballabey. En effet, sur instruction de l’Etat du Sénégal, la Sones a lancé, le 3 mai, les travaux de réalisation d’un nouveau forage. Ce n’était pas une promesse ; c’est un engagement pris par les pouvoirs publics aux premières heures de l’arrêt définitif de l’ancien forage du Chemin de fer. Mis au parfum des difficultés liées à l’accès à l’eau potable des populations, le ministre de l’Hydraulique, à travers la Sones, a déployé d’intenses efforts dans la recherche d’une solution heureuse, pour le grand bien des ménages et notamment des établissements d’enseignement.

La portée citoyenne de cet acte réside dans le fait que la Cité Ballabey n’appartient pas au périmètre affermé de la Sones. Le forage hors d’usage depuis près d’un an et demi est un ouvrage privé. A travers un communiqué de presse que j’ai rendu public le 28 novembre 2016, j’apportais un éclairage sur la situation de pénurie d’eau, mais aussi sur les efforts déployés. Ce communiqué peut toujours être consulté sur le lien ci-après :

http://thiesinfo.com/communique-ndeye-awa-mbaye-rassure-les-populations-de-ballabey-et-salue-leffort-gouvernemental/
Je rappelais aussi le caractère particulier de ce forage privé, qui échappe au périmètre de compétence de la Sones et de la Sde, et je disais, entre autres :

« Je tiens à rassurer les populations de la Cité Ballabey, avec qui je partage le quotidien de toutes ces tracasseries, et leur dire que nous continuons d’œuvrer, avec les autorités concernées, en l’occurrence le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement ainsi que le directeur général de la Sones, pour que, dans les meilleurs délais, une solution durable soit trouvée à cette situation douloureuse ».

La solution durable que nous souhaitions est, aujourd’hui, retenue et sa mise en œuvre a concrètement démarré.
En effet, après avoir exploré plusieurs pistes (pompe de secours, commande d’une nouvelle pompe), le ministère de l’Hydraulique a proposé l’intégration de la Cité Ballabey au réseau public de la Sones.

Cependant, cette intégration nécessitait un investissement relativement lourd.
Il s’agit, en résumé :
• de construire immédiatement un nouveau forage équipé pour rendre la ressource eau disponible pour les populations ;
• Mettre en place un nouveau réseau de distribution conforme aux normes techniques et sanitaires ;
• Incorporer ces ouvrages entièrement financés par la Sones au réseau affermé et exploité par la Sde.

L’incorporation dépend de la volonté des bénéficiaires de cet ouvrage. Ainsi donc, après concertation, cette décision a été prise en accord entre l’Association des habitants de la cité, le secrétaire d’Etat en charge du Réseau ferroviaire et les autorités de Dakar-Bamako ferroviaire (Dbf).

Plusieurs réunions techniques et stratégiques ont eu lieu entre les différentes parties pour définir les contours de ce projet. Aujourd’hui, nous constatons que les choses ont bien avancé. Les travaux du nouveau forage ont démarré et les équipes sont à pied d’œuvre 24h/24 sur le site.

C’est l’occasion pour moi, au nom de tous les habitants de la Cité Ballabey, de réitérer mes remerciements à l’endroit du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, M. Mansour Faye, du directeur général de la Sones, M. Charles Fall, du secrétaire d’Etat en charge du Réseau ferroviaire, M. Abdou Ndéné Sall, de l’administrateur de Dakar-Bamako ferroviaire, M. Joseph Gabriel Sambou, et de toutes les personnes impliquées dans la recherche d’une solution à cette crise.

Je tiens également à rassurer les populations, leur dire que nous travaillons sans relâche, avec les autorités concernées, en l’occurrence le ministre de l’Hydraulique et la Sones, pour une issue rapide et heureuse.

Prions surtout Allah le Tout-Puissant pour l’aboutissement rapide des travaux.
En attendant, les citernes d’eau continuent à desservir la cité.

Par Mme Ndèye Awa MBAYE
Membre du Mdes
et responsable Apr
de Thiès

Alors que des représentants sportifs des 54 pays africains se réunissent, du 9 au 11 mai 2017, à Djibouti, pour l’Assemblée générale de l’Association des Comités nationaux olympiques d’Afrique, le moment est décisif pour les organisations sportives africaines qui cherchent à élaborer une stratégie gagnante. Une stratégie devant leur permettre de capitaliser sur le record historique des 45 médailles remportées par le continent aux Jeux olympiques de Rio 2016 et de voir leurs athlètes briller à nouveau, dans trois ans, à Tokyo. Les décisions prises à l’Assemblée générale de l’Acnoa, cette semaine, vont non seulement définir l’avenir du sport africain, mais auront également un impact significatif sur le Mouvement olympique au niveau mondial.
Une autre décision clé sera prise le 13 septembre, à quelque 13.000 km de Djibouti, alors que les membres du Comité international olympique se réuniront à Lima pour sélectionner l’hôte des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Ce choix déterminera lui aussi le destin du sport international pour les années à venir.

Pourquoi cette décision clé est-elle importante pour l’Afrique ?

En premier lieu, le vote de septembre dévoilera le partenaire avec lequel les organismes sportifs africains seront étroitement liés pour les sept prochaines années tout en bâtissant leur propre avenir.
Le Comité olympique des États-Unis (Usoc) a récemment célébré les 10 ans de son partenariat novateur avec l’Acnoa, qui vise à développer le sport sur l’ensemble du continent africain. Les activités de l’Usoc démontrent l’engagement de la communauté sportive des États-Unis envers le développement du sport africain, que ce soit par le biais du Programme international de Certificat d’enrichissement des entraîneurs (Icecp), où 49 entraîneurs de 25 pays africains ont déjà obtenu leur diplôme ; à travers des bourses et des opportunités d’entraînement pour les athlètes ; à travers des donations de matériel et d’équipement sportif ; à travers le soutien dans l’organisation et la mise en œuvre d’événements sportifs majeurs, tels que les Jeux africains de la jeunesse de 2014 ; ou encore au travers du développent d’un système de communication dans le Cloud, permettant aux 54 Cno africains de collaborer de manière plus efficace. Cet engagement a été une réelle source d’inspiration pour le Comité de candidature olympique et paralympique de Los Angeles 2024, alors que nous cherchons à  élaborer un plan pour les Jeux qui aurait un impact durable au niveau mondial. Il nous a également fourni des informations précieuses sur les besoins et les priorités des Cno africains.

Nous avons déjà accompli énormément de choses ensemble et nous avons le potentiel d’en réaliser encore beaucoup plus dans les dix prochaines années.
Deuxièmement, le résultat du vote permettra de veiller à ce que les athlètes africains aient accès aux meilleurs installations et services ; ce qui reste la priorité clé pour tout Comité national olympique et tout Comité national paralympique.  

Les États-Unis ont l’un des meilleurs réseaux dans le monde de sites de compétitions de classe mondiale et de centres d’entraînement pour la haute performance. De nombreuses légendes du sport venant de toute l’Afrique ont déjà bénéficié du système universitaire américain, qui intègre quelques-unes des meilleures installations sportives du pays et où les athlètes ont pu poursuivre leurs rêves olympiques tout en obtenant une éducation. Aux Jeux olympiques de Rio 2016, plus de 1000 athlètes de 107 pays, dont beaucoup d’Afrique, étaient des étudiants-athlètes, actuels ou anciens, issus des programmes de la National collegiate athletic association des États-Unis (Ncaa).

Fournir aux Comités nationaux olympiques et paralympiques l’accès aux programmes coordonnés d’entraînement avant les Jo, des stages d’acclimatation et des services tels que la médecine sportive avant les Jeux de Tokyo 2020 et en amont des Jeux de 2024, est une partie importante de l’engagement de Los Angeles 2024. Dans le cadre de cet engagement, des installations comme le Centre d’entraînement pour les athlètes de haut niveau de Chula Vista seront disponibles pour les athlètes africains avant et après les Jeux. Par ce biais, les athlètes africains commenceront les Jeux mieux préparés ; ce qui contribuera à faire encore progresser les pays africains au classement des médailles.

Tous les sites permanents requis pour les Jeux de 2024 existent déjà à Los Angeles, et les Jeux seront financés à 100 % par le secteur privé. Cela signifie que nous pourrons consacrer l’ensemble des sept années de préparation aux Jeux à l’expérience sans précédent des Cno et des Cnp, et à des projets spéciaux tels que le Programme de transition des athlètes de LA 2024, visant à offrir aux athlètes des opportunités professionnelles et éducatives, plutôt qu’à la construction de sites et à la gestion d’imprévus financiers.

Enfin, dans cette période critique pour le Mouvement olympique, le vote pour l’hôte de 2024 déterminera l’avenir des Jeux et la place qu’ils auront dans le monde dans dix ou vingt ans, quand l’ambition de l’Afrique d’accueillir les premier Jeux olympiques et paralympiques sur son continent devient une réalité.  Pour que cela se produise, nous sommes convaincus que nous devons démontrer ensemble qu’il est possible d’organiser des Jeux spectaculaires, économiquement responsables, et avec un réel impact durable. Los Angeles offre une opportunité unique pour l’ensemble du Mouvement olympique et paralympique de s’assurer un avenir durable, en s’engageant avec un marché sportif de 250 milliards de dollars et en accédant à l’intersection des nouveaux médias, des nouvelles technologies et de l’industrie des loisirs et du divertissement, trouvée uniquement en Californie.

Los Angeles est la ville avec la population la plus diverse d’Amérique, où près de 40 % des habitants sont nés en dehors des États-Unis. C’est notre rêve de pouvoir offrir, en 2024, à nos collègues de l’Acnoa un avantage à domicile – même de l’autre côté de la planète, avec l’accueil chaleureux de nos 144 communautés originaires des quatre coins du monde. Mais avant tout, nous serions fiers de contribuer, grâce aux nombreux programmes de LA 2024, au brillant avenir du sport africain – et ce, pas dans quelques années, mais, nous l’espérons bien, d’ici quelques mois.

Par
Casey WASSERMAN

Président du Comité de candidature olympique
et paralympique
de Los Angeles 2024
et Larry PROBST
 président du Comité
olympique des États-Unis

Mes chers amis,

Nous sommes à la veille d’élections cruciales puisqu’il s’agit de donner au président Macky Sall une majorité absolue qui lui permette de continuer d’abattre un travail colossal pour notre pays à travers le Pse. Une majorité relative (ou une « défaite ») serait catastrophique.

Or, le spectacle que nous offrons est désolant et pourrait fortement nous desservir : les tiraillements, les invectives, les petites mesquineries et les vastes haines, les coteries, les dénigrements, l’indiscipline qui va jusqu’à la remise en cause de l’autorité du président de la République ne sont pas acceptables de la part du parti du gouvernement.
L’Apr a vocation à rassembler, à unifier, à conforter sa base politique en l’élargissant au lieu de soustraire et de diviser.

Nos débats doivent servir à convaincre, sur la base d’éléments de langage clairement définis et dans la considération constante du bien commun. Sans mésestimer ni surestimer l’adversaire à qui il faut répondre, mais en a appelant toujours à l’arbitrage du peuple sur notre vision, nos propositions, nos objectifs. Nous n’avons pas les mêmes objectifs que l’opposition –respectable de toutes les façons -, donc la querelle stérile ou simplement véhémentement réactive est à bannir.

Il faut nous faut refuser l’exclusion, le bannissement et les anathèmes ; accueillir tout le monde y compris les éléments du Pds qui se rallieraient à notre vision, à notre programme et à notre démarche inclusive.

Il nous faut refuser des postures d’anciens combattants puisque le combat n’est pas terminé : il vient seulement de commencer avec la vigoureuse bataille du Pse.
Il faut refuser les procès en sorcellerie, les incantations, les imprécations et les exclusions.

Il nous faut déserter le terrain de la petite morale – que Nietzsche appelle la moraline – sur laquelle l’opposition nous ramène sans cesse puisqu’il y a une morale politique distincte de la morale ordinaire qui est l’éthique politique que Montesquieu appelle la Vertu au sens du bien commun, du respect des lois et de l’amour de la patrie. La vertu est donc une exigence qui s’impose quelle que soit la morale dont on se réclame. Etre vertueux en politique, c’est rester imperturbablement patriote avec le bien commun en bandoulière.
Si nous ne faisons pas cela, nous prendrions de graves responsabilités devant l’Histoire et devant notre Peuple que nous nous prétendons tous servir, puisque c’est en son nom que nous parlons.

Chers amis,

Si nous ne voulons pas obérer notre projet et diminuer nos chances, il nous faut alors retrousser nos manches, dans l’unité, derrière notre leader, le président Macky Sall. Cela, en taisant nos dissensions, nos querelles stupides étalées sur la place publique, nos petites ambitions (qui indisposent prodigieusement), nos clans, etc., surtout que nous avons été élus sur la base de la rupture avec les pratiques anciennes honnies et rejetées par notre peuple. Ce ne sont pas des cours que je donne – à quel titre par rapport à vous qui vous battez avec courage chaque jour sur le terrain – mais des estimations que je donne.

Certes, le Pds est miné par ses contradictions internes et part en lambeaux sans réel programme alternatif lisible, il est presque un zombie, mais le zombie, comme le lion blessé, comme la victimisation outrancière, peut faire mal.

La situation de l’opposition est une chance pour nous, à condition de ne pas faire comme elle ! À condition de savoir l’exploiter judicieusement, avec intelligence.
Creusons donc notre sillon avec force et détermination et souvenons-nous de ce proverbe peulh du Cameroun : « l’homme à deux jambes, mais il ne peut suivre qu’un seul chemin ».

Merci camarades.

Par Professeur Hamidou DIA
Conseiller spécial du président de la République

Quand j’étais petite fille, habitant à Thiadiaye, un village à la croisée des chemins, aux confins des régions de Thiès et de Fatick (au Sénégal), je voyais des femmes accomplir bon nombre de tâches lourdes et « pénibles ». Elles passaient une grande partie de leur temps à chercher de l’eau, bien souvent très loin de leurs habitations, car il n’y avait pas de bornes fontaines ou de puits à proximité. Elles revenaient portant sur leur tête des bassines remplies d’eau. Elles faisaient preuve d’une adresse digne des grands acrobates. Il ne fallait pas que ces déesses des cirques d’antan perdent une goutte de ce précieux sésame.

Durant leurs différentes corvées, certaines devaient aller chercher du bois pour la cuisson. A l’époque, il y avait très peu de moulin. Elles pilaient le mil, écrasaient des céréales ou malaxaient des feuilles (aides culinaires) dans un mortier avec un pilon.

Piler avec un mortier et un pilon, quel beau geste, quelle posture tout en grâce !

J’adorais les regarder faire. Elles étaient impressionnantes par leur adresse. Elles n’avaient pas besoin de garder un œil rivé sur leurs accessoires. Elles ne tapaient même pas à côté. Elles concoctaient des repas sous une chaleur ardente, dans une cuisine dénouée de tout confort. Parfois, juste une porte-fenêtre permettait d’évacuer la fumée. Certaines femmes moins nanties étaient obligées de cuisiner au charbon ou au feu de bois, dans un fourneau à l’air libre, sous un soleil au zénith. En plus, il leur fallait faire le ménage, laver le linge à la main, s’occuper de leur famille et élever leurs enfants, tout en tenant un petit commerce pour faire vivre leur maisonnée. En période d’hivernage, elles s’acquittaient de l’usante tâche consistant à cultiver leurs champs.

Elles recommençaient jour après jour et saison après saison, accomplissaient leurs tâches ménagères avec bravoure, dignité, sourire, amour et dévotion. Je ne les entendais jamais se plaindre. S’étaient-elles résignées dans ce rôle ou accomplissaient-elles juste leurs devoirs ? Pendant ce temps, les hommes ne vivaient pas les mêmes contraintes.
Les rares distractions de ces braves femmes restaient leurs séances de tressage, quelques cérémonies familiales ou coutumières.
A quelques variantes près, c’était leur quotidien. C’étaient leurs seuls horizons. C’était leur vie...

Les jeunes filles commençaient cet apprentissage très tôt, vers l’âge de 5 à 6 ans. Sous d’autres cieux, à cet âge, les jeunes filles jouent à la poupée ou à se déguiser en princesse. Elles aidaient leurs mamans et bien souvent, aucune autre alternative ne s’offrait à elles d’ailleurs. A cette époque, les mariages étaient majoritairement « précoces » et survenaient, en moyenne, bien avant l’âge de 18 ans. Et je me posais souvent cette question : de ma génération, combien de filles mariées plus tard et vivant toujours dans les environs accompliraient encore ces tâches ménagères, sous cette forme quand elles seraient mariées et mères de famille ? Aucune, j’espérais ardemment.

Tous les ans, la journée du 8 mars qui leur était dédiée faisait plus que sens. C’était le jour qui pointait davantage l’attention des citoyens sur leurs conditions de vie difficiles. Le but était alors de rendre moins pénibles leurs tâches quotidiennes et de leur donner accès à plus de confort, à plus de modernité et à bien plus d’avancées socio-technologiques.

Plus de 30 années sont passées. Au Sénégal, certes les conditions de vie des femmes ont connu des avancées notables. Mais, force est de constater que certaines questions subsistent toujours !

Comment les défaire totalement du joug des tâches chronophages et sans valeur ajoutée ?
Comment les accompagner dans une meilleure maitrise de leur taux de fécondité et de réduction des naissances ?
Comment les faire accéder massivement à l’école au moins à finir leur cycle primaire ?
Comment leur assurer à toutes des soins de santé nécessaire et éradiquer toutes ces maladies dues à l’extrême pauvreté ?
Comment les aider à tirer un meilleur parti de leur situation, à mieux profiter des formations d’adultes et autres coopératives pour créer de la valeur, générer des revenus et gagner en autonomie ? En d’autres termes, comment réduire les inégalités et favoriser l’équité pour tendre vers l’Afro responsabilité initiée par le Dr Mathias Mondo ?
Malgré les Omd, malgré de nombreux programmes et plans gouvernementaux, malgré les Odd, le problème reste entier.

Certaines femmes du monde rural sont toujours confrontées à l’extrême pauvreté. Elles doivent encore faire face à de nombreuses urgences de survie de manière quotidienne.
Dans un Sénégal en quête d’émergence, l’intégration de l’amélioration des conditions de vie de la femme en milieu rural devra rester au cœur des priorités d’allocation des ressources de l’Etat. Avoir accès à une eau potable en quantité, à l’assainissement et aux installations sanitaires sont juste des pré-requis.
Oui à plus d’équité pour inverser la courbe de l’exode rural.
Oui au renforcement de leur rôle dans la cellule familiale.

Oui à l’idée cruciale de les défaire de ces tâches pénibles et chronophages leur permettant de convertir ce temps dans des activités créatrices de valeur pour la communauté.
En cette quinzaine de la femme, oui pour la conscientisation sur les conditions de vie de ces femmes !
Cette quinzaine de la femme est un appel aux femmes pour que le combat continue pour plus de justice sociale et d’équité.
Ces femmes méritent mieux ou plus dans leur quotidien, elles ont plus que jamais droit à un mieux-être social et durable

Par Cécile THIAKANE, Paris
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C’est un fait pur et simple : étant donné que nous continuons à atteindre des niveaux records d'émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, nous augmentons le risque de catastrophe dans le monde entier, et ce, actuellement, mais aussi pour les générations futures.

Cela va de pair avec la triste réalité du réchauffement, de la montée du niveau de la mer et des changements importants subis par les systèmes terrestres qui influencent tempêtes, vents et précipitations.

Le bilan qui en résulte pour les vies humaines, les économies et les dépenses gouvernementales sera une priorité pour les dirigeants mondiaux qui se réunissent à la fin du mois de mai au Mexique pour la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe.

Les derniers chiffres indiquent que les catastrophes, dont 90% sont catégorisées comme étant liées au climat, coûtent 520 milliards de dollars par an à l'économie mondiale et font aussi basculer 26 millions de personnes dans la pauvreté chaque année.

Au cours des 22 années écoulées depuis la COP1, la première conférence des Nations Unies sur le changement climatique, nous avons témoigné des niveaux critiques atteints par les émissions de gaz à effet de serre, ce qui ne présage rien de bon pour ceux qui vivent déjà sur des terres sèches, des collines instables ou dans des régions du monde qui dépendent de l'eau de provenant de la fonte des glaciers.

Au cours de cette même période, nous avons également assisté au redoublement des catastrophes météorologiques et climatiques, qui peuvent affaiblir encore davantage les pays les moins avancés comme Haïti, où environ un tiers du PIB et plus de plus de 600 vies ont été perdus après avoir été frappé par l'ouragan Matthew en octobre dernier.
Selon des estimations récentes, le projet de loi pour la reconstruction d’Haïti après cet ouragan de catégorie 4 s'élève à 2,8 milliards de dollars, une somme extraordinaire pour un pays où 60% de la population vit dans une extrême pauvreté.

Les Philippines ont perdu des milliers de leurs citoyens, en partie à cause du passage du typhon Haiyan au travers des eaux chaudes et montante de l'Océan Pacifique en 2013. Une fois de plus, les pertes économiques et le coût de la reconstruction se chiffrent en milliards.

Les zones arides du Sahel et de l'Afrique australe sont déjà exposées à de hauts risques à cause de la hausse des températures et ont dépassé au cours des douze derniers mois les limites supportables pour la vie humaine. Les pays de la région ont dû déclarer l’état d’urgence national et des millions de personnes subissent les ravages de la faim et de la perte de leurs moyens de subsistance.

Cinq ans seulement après l’éradication de la première famine du XXIème siècle, la Somalie est à nouveau sur le point de basculer, ce qui souligne le fait que 80% des personnes souffrant de faim dans le monde vivent dans des pays fortement touchés par des catastrophes hydrométéorologiques.

Le changement climatique, aggravé par des phénomènes comme El Niño, n'est pas le seul moteur du risque de catastrophe mais il s’agit d’un élément joker au sein d’un ensemble d’éléments. Le monde essaie de comprendre comment il s’associe à d'autres facteurs de risque tels qu’une faible gouvernance des risques, l’urbanisation rapide non planifiée, la pauvreté ou la dégradation de l'environnement.

Une bonne partie de la compréhension de cette situation et d’une bonne planification doit être effectuée maintenant et à un niveau local. En adoptant le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes il y a deux ans, les États membres de l'ONU ont convenu d'augmenter substantiellement le nombre de stratégies de réduction des risques de catastrophe en place, à la fois au niveau local et national, et ce d'ici 2020.

Ces stratégies serviront de socle à la réduction des pertes relatives aux catastrophes d'ici 2030 en réduisant la mortalité, les pertes économiques et les dommages aux infrastructures fondamentales. Il est impératif de faire tomber les obstacles qui empêchent les mesures qui concernent l’action climatique de s’articuler avec celles, plus larges, qui concernent la réduction des risques de catastrophe.

La mise en place de ces plans nationaux et locaux permet d'assurer une action conjointe relative au Programme de développement durable à l’horizon 2030 et à l’Accord de Paris sur les changements climatiques, tout en évitant de dupliquer les efforts.

En dépend la réalisation d'un grand nombre des objectifs de développement durable, dont ceux liés à la pauvreté, à la faim, à l'action contre le changement climatique, à l'assainissement ou à l'eau potable.

Nous reconnaissons tous les deux que la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le maintien de la température mondiale bien en deçà de 2 degrés Celsius constituent la contribution à long terme la plus significative que les gouvernements, nationaux et locaux, et le secteur privé peuvent contribuer à la réduction des risques de catastrophe.

De plus, la planification locale visant à améliorer la gestion des risques de catastrophe participe à créer une demande d'action sociale fondamentale et une ambition pour l'action climatique toujours plus forte à l'échelle nationale et mondiale, qui dépasse les engagements existants.

L’issue de cette cinquième Plate-forme mondiale pourrait bien rapprocher les mondes de la gestion des risques de catastrophe et de la gestion des risques climatiques, ce qui ne peut présenter que des avantages pour la résilience, la stabilité future de notre monde et sa population.

Alors que ce sont les populations pauvres et vulnérables qui sont actuellement en première ligne, aucun pays ou continent ne sera épargné si nous ne prenons pas les responsabilités qui s’imposent et ne saisissons pas l'occasion d'agir dès aujourd’hui.

* Robert Glaser est le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe, et Patricia Espinosa est la Secrétaire exécutive de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

Par Robert Glasser et Patricia Espinosa *

Créé il y a un peu plus de 100 ans, Touba la sainte fut initialement un lieu exclusif de méditation, de recueillement et d’éducation à l’Islam. Au départ, un petit village au cœur des entrailles du Baol, son fondateur, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, y a élu domicile, avec ses disciples, dans un environnement peu propice au développement économique et social. Mais semble-t-il, tel était le choix conscient et volontaire du Cheikh, afin de pouvoir se consacrer à Dieu, bâtir les fondamentaux de sa mission et de son œuvre, loin des attirances et des mondanités des cités urbaines qui distraient, aliènent et déroutent. Ainsi, la vocation intrinsèque de Touba, ville religieuse, a été consacrée, éloignée des préoccupations mercantiles et matérielles de ce bas monde.

Mais, au fil des années, force est de constater qu’il a suffi de peu de temps pour que ce petit village, perdu dans les profondeurs de la ruralité, connaisse un développement fulgurant, à la fois géographique, démographique et économique, jamais égalé dans notre pays, pour devenir la deuxième ville du Sénégal, après la capitale, Dakar.

Aussi faut-il le constater et le relever, en comparant, aujourd’hui, les évolutions fortes sur les plans démographique, géographique, économique, entre autres, de la ville sainte, avec le rythme et le niveau des investissements publics qui y ont été réalisés de l’indépendance du Sénégal à nos jours, on peut affirmer avec certitude qu’il n’y a pas eu de corrélation structurante, susceptible de donner à Touba les moyens de son développement économique, social et culturel. A l’analyse et même à l’observation simplement, Touba souffre d’un déficit chronique d’investissements publics, vu son poids, sa place et son rôle dans l’organisation et la construction économique et sociale de notre pays. Et ceci, malgré les efforts non négligeables qui ont été réalisés à travers les différents plans de développement (triennaux et autres spéciaux), par les régimes successifs depuis Senghor.

Ce déficit d’investissements structurants se manifeste dans la ville sainte dans divers secteurs de la vie quotidienne, à savoir les services sociaux de base (santé, éducation, eau, électricité), la sécurité, les mœurs, l’environnement, l’économie, etc., et parfois de manière surprenante, gênante et paralysante.

L’état des lieux :
D’abord, sur le plan sanitaire, comment expliquer, en ce XXIème siècle, la réapparition brutale et l’expansion subite de maladies telles que la lèpre et la tuberculose qui sont souvent associées à l’extrême pauvreté ou à l’absence de dispositif sanitaire adéquat, entre autres facteurs ?

Sur le plan de l’éducation, il est vrai que le statut spécial de la ville ne facilite pas les choses à l’Etat, mais des solutions peuvent et doivent être trouvées pour la formation des jeunes, par des méthodes et systèmes compatibles avec leur environnement sociologique, afin de développer et de préparer le capital humain local aux enjeux de développement de la localité. Il importe également de poser, aujourd’hui, à Touba, la problématique de l’école publique sénégalaise, dès lors que des écoles privées y sont installées maintenant jusqu’au niveau du secondaire. Autrement, l’avenir de la ville et de sa population s’inscrirait dans la voie de l’obscurantisme, de l’ignorance, de la fatalité, dans un monde en mouvement exponentiel vers les progrès techniques et scientifiques.

Sur le plan des infrastructures hydrauliques et de l’électricité, des efforts notables ont été notés, mais ils demeurent largement insuffisants. La qualité et l’accès régulier à l’eau et à l’électricité restent beaucoup à parfaire pour arriver à des normes minimales de satisfaction du service public.

Sur plan de la sécurité, l’attractivité économique, l’expansion géographique effrénée de la ville et la disparité criarde des revenus et des situations sociales au niveau des populations créent une complexité et une profonde modification dans les relations sociales et des comportements. D’où les phénomènes récurrents d’insécurité et de pratiques aux antipodes de la morale et des bonnes mœurs, qui font de plus en plus jours dans la ville jadis régulée et sécure de Bamba.

Sur le plan de l’environnement, le casse-tête des ordures, des eaux usées, des inondations et de la désertification progressive, entres autres fléaux, agresse gravement l’environnement et pose même des dysfonctionnements redoutables au niveau des écosystèmes locaux. A ce niveau, des problèmes de santé publique se font d’ailleurs jour, tels que la pollution de la nappe phréatique du fait du « tout à la fosse septique » pour l’évacuation des eaux usées, l’encombrement et l’insalubrité insoutenable des marchés, gares routières et autres grandes artères et places publiques.

Tous ces manques, combinés à l’absence de rationalisation et de modernisation du système de transport urbain et de l’activité productive et commerciale, centrée autour des secteurs primaire et tertiaire essentiellement, qui sont malheureusement restés à l’état traditionnel pour ne pas dire archaïque, concourent à un nivellement vers le bas de la population malgré son dynamisme. Ainsi, la ville continue son développement spatial et démographique, sans une gestion anticipative, préventive, planifiée, qui risque indiscutablement de faire place à plus de complexité, de disparités, d’inégalités sociales, en un mot : de pauvreté grandissante, conséquence d’une urbanisation non contrôlée, non maitrisée, condamnée à côtoyer tous les jours une ruralité envahissante. Le propre d’une telle situation, insolite mélange de genres comme on le constate à Touba, c’est, d’une part, d’avoir un milieu social fortement urbanisé, qui ne peut bénéficier pleinement des atouts de l’urbanisation (notamment en terme de niveau de vie et d’infrastructures), tout en étant victime de ses fléaux (notamment insécurité, insalubrité, mœurs, individualisme, pression, demande sociale, etc) et, d’autre part, d’avoir une société fortement rurale qui également ne peut bénéficier des avantages de la ruralité (sécurité, solidarité, familiarité, etc) et subit ses inconvénients ( pauvreté, niveau de formation et d’éducation bas, comportements non adaptés, etc).

Heureusement, l’on constate, avec l’avènement du président Macky Sall, que le pouvoir semble comprendre la situation et ait décidé de modifier l’approche pour changer la donne. La nouvelle approche vise à résorber le gap des investissements afin de doter la ville sainte des moyens d’assurer son développement économique et sociale et surtout de pouvoir valoriser le potentiel naturel, culturel... lié à la forte mobilisation de sa communauté et à sa prestigieuse vocation religieuse.

Cette volonté du régime actuelle réside dans sa vision globale de développer inclusivement et harmonieusement le Sénégal, à travers d’abord la communalisation intégrale et le Pse. Mais aussi à travers le Pudc, le Promovilles, le Puma, etc. Chacun de ces projets prend en charge les préoccupations d’émergence d’une partie ou d’un secteur du territoire national.

Le changement d’approche du développement n’est donc pas exclusif à Touba, il s’inscrit dans une vision globale du chef de l’Etat qui concerne le pays dans son entièreté, visant à casser les disparités et les discriminations territoriales qui ont gravement plombées les différentes stratégies et les efforts consentis pour un développement national, endogène et inclusif de notre pays.

Volonté de résorption du déficit d’investissements :
Pour la ville sainte particulièrement, la résorption du gap des investissements publics depuis 2012 a touché les divers secteurs de la voirie, de l’assainissement, de l’électricité, de l’hydraulique, de la santé, de l’assistance sociale, de l’environnement, sans être exhaustif.

Sur le plan de la grande voirie, Touba était certes désenclavé depuis longtemps, mais Illa Touba est un projet audacieux, révolutionnaire et constitue, sans conteste, pour la ville sainte un atout majeur pour son rayonnement et son développement. Ce projet va, comme j’ai l’habitude de le dire, faire de Touba un quartier de Dakar et vice-versa, avec tout ce que cela implique en terme de perspectives d’expansion de trafic, de flux commerciaux et financiers, de développement touristique et autres opportunités. C’est un projet structurant avec un fort potentiel de valorisation de la ville sainte, à condition que cette infrastructure ne soit pas considérée comme une fin en soi, une œuvre contemplative ou de prestige, mais plutôt comme un dispositif, un moyen de promotion de la ville, à travers le savoir et le savoir-faire de ses populations, et plus d’ouverture au reste du pays et du monde.

Il faut donc, avec la perspective Ila Touba, préparer la ville sainte par la mise en place d’infrastructures appropriées (1) à jouer pleinement sa vocation religieuse (spiritualité, découverte, tourisme) et à devenir un véritable hub du tourisme religieux en Afrique et même dans le monde. Mais aussi et par la force des choses, à assurer sa vocation seconde comme pôle majeur dans les domaines agro-industriel, commercial et artisanal au Sénégal.

Sur le plan de la santé, la pose de la première pierre, par le président, il y a quelques mois, d’un nouvel hôpital de niveau supérieur, pour un coût de plus de 70 milliards de FCfa, va très prochainement changer, de manière substantielle, le dispositif sanitaire de la ville et de toute la région, peut-on dire. Cet investissement est venu à un moment opportun où la prise en charge des besoins sanitaires des résidents avait atteint un seuil critique de non satisfaction, lié à l’absence d’un plateau médical approprié par rapport à la taille et à la configuration de la population locale. Sans compter les efforts fournis par la commune dans ce domaine, par la construction de postes et centres de santé, grâce aux fonds de dotations fournis par l’Etat au profit de la décentralisation. Mais, pour une efficience recherchée, il faut accompagner tout cela par une politique et un dispositif de prévention sanitaire qui, il faut le reconnaitre, fait énormément défaut à l’heure actuelle.

Sur le plan de l’assainissement, dès les premiers mois de l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, la prise en charge, par l’Etat, des inondations récurrentes au niveau de la grande mosquée et ses environs a été effective et définitive. D’autres programmes sont annoncés pour la poursuite de ce combat afin de mettre fin au calvaire des populations lié aux inondations.

Concernant les eaux usées, un financement d’environ 15 milliards de FCfa vient d’être acquis et signé avec la Boad pour une prise en charge, par les pouvoirs publics, de cette lancinante préoccupation de Touba.

Sur le plan de l’environnement, la collecte et le traitement des déchets ont également connu un début de solution très prometteur, avec un projet spécial de gestion des déchets pour un cout d’environ 4 milliards de FCfa qui a démarré depuis plusieurs années maintenant. Et tout dernièrement, la pose de la première pierre, à Ndindy, par le chef de l’Etat, d’un centre d’enfouissement . Aussi faut-il le souligner, il y a plus d’un an, le ministère de l’Environnement, conscient des effets de la désertification, a eu à réaliser une opération « Touba ville verte ». Cette initiative, bien opportune et saluée en son temps, doit cependant être évaluée, aujourd’hui, pour un suivi efficient.

Au titre de l’assistance sociale structurelle, l’impact réel et visible des bourses familiales et de la Cmu sur les conditions de vie des populations les plus démunies traduit la volonté des pouvoirs publics à mettre en places des filets sociaux dans le but de corriger ou d’atténuer les fractures sociales, devenues moralement et socialement insoutenables. Sans compter les multiples initiatives et dispositifs d’assistance conjoncturelle à l’occasion du Grand Magal de Touba et des autres événements religieux dans la ville sainte.

Pour la sécurité, un grand effort a été consenti, il y a plusieurs mois, avec la réalisation d’une brigade spéciale de surveillance de la Gendarmerie nationale et aussi une augmentation des équipements et effectifs des unités de la police locale. A ce niveau, il y a lieu de signaler que des efforts doivent encore être consentis pour une surveillance correcte, par les forces de sécurité, du large territoire de Touba fortement peuplé.

Quant à l’eau et l’électricité, produits vitaux de base, il est vrai que d’importants investissements ont été réalisés par les différents régimes, mais ces efforts restent largement en deçà des besoins, compte tenu de l’évolution rapide et exponentielle de la ville, de ses populations et leurs activités. Il est vrai, concernant l’eau, que la gratuité à Touba est une problématique sérieuse par rapport aux exigences d’une gestion rationnelle et efficiente.

Nous avons essayé, à travers ces lignes, de faire une radioscopie de la ville sainte, cité atypique, pleine d’histoires malgré sa relative jeunesse, en mettant en exergue les acquis et les faiblesses de son évolution, de sa construction et de dégager les perspectives de son développement.

(1) : Le pavage ou dallage et l’éclairage des principales rues, artères et avenues de la ville et particulièrement la grande avenue qui part du rond point de Mbacké » à la grande Mosquée ; l’érection d’un grand centre commercial moderne en hauteur, avec toutes les commodités, pour les besoins de shopping des visiteurs Vip et autres touristes, à l’instar de prestigieuses villes ayant la même vocation religieuse, telles que Médine, La Mecque, Fès, etc ; l’organisation annuelle d’une foire internationale jumelée au Grand Magal de Touba afin de mieux tirer profit économiquement de cet événement religieux à dimension internationale de nos jours ; la création d’un Musée du mouridisme ; la construction de villages artisanaux avec des centres modernes d’exposition et de vente ; la réalisation de l’adressage de la ville ; la mise en place d’un port sec et l’élaboration d’un programme d’industrialisation (agro-industrie) au niveau de la zone industrielle de Touba dont le site existe depuis Wade, sans jamais être lancé, la réorganisation et la modernisation du système de transport urbain ; le renforcement et la densification du réseau de la voirie, etc.

Par Mor SECK

L’inégalité dans le monde professionnel voudrait que des organisations ayant l’intelligence de prendre le genre en compte reconnaissent la valeur que les hommes et les femmes apportent au secteur des entreprises. Ericsson s’est concentrée précisément sur ce défi en augmentant le nombre de femmes occupant des postes de haut niveau, à l’échelle mondiale, à 35 % en 2016. L’organisation a pour objectif de faire en sorte que, d’ici à 2020, 30 % de tous les employés soient des femmes, y compris chez les dirigeants et les cadres.
Lors du panel « Connected women » du CiscoConnect South Africa, qui s’est tenu en mars dernier, des dirigeants des secteurs public et privé ont échangé sur la manière d’accélérer la prise en compte du genre dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (Tic). Il y a eu une perception commune que les hommes doivent être impliqués dans les débats sur la parité et que les organisations doivent prendre des engagements tangibles pour faire évoluer les choses.

Le plus grand obstacle à l’égalité des genres dans le milieu du travail est la non-inclusion des hommes dans le débat. Nous ne pouvons pas continuer à discuter sur l’égalité sans représentation masculine. L’échange sur la parité des genres a besoin de l’homme avec un « grand H », c’est-à-dire aussi bien les hommes que les femmes.
L’inégalité entre les genres est particulièrement criant en Afrique subsaharienne. Un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) indique que l’inégalité de genre coûte, en moyenne, 95 milliards de dollars Us par an ; ce qui met en péril les efforts du continent pour une croissance économique et un développement humain inclusifs. Le rapport indique, en outre, que 61 % des femmes africaines qui travaillent sont toujours confrontées à l’exclusion économique, car leur travail est sous-payé et sous-évalué.

Assurer l’autonomisation des femmes exige des efforts de leadership dans les secteurs public et privé pour reconnaître l’importance de la lutte pour l’égalité des genres au niveau des postes de responsabilité. Il était intéressant d’entendre le ministre sud-africain aux Affaires présidentielles, Jeff Radebe, partager son point de vue sur l’égalité des genres. « Lorsque nous responsabilisons les femmes, nous rendons autonome une nation. Une nation responsabilisée assure sa prospérité. C’est votre opportunité de montrer que l’Afrique peut être un acteur important dans le secteur des Tic », a-t-il déclaré.

Le rapport d’Ericsson sur la Parité dans les Tic montre qu’une tendance à la parité existe dans les pays développés où des solutions Tic et l’accès à Internet sont largement disponibles et abordables.
Les femmes ont rattrapé les hommes en matière d’éducation et deviennent de plus en plus autonomes dans le monde de l’entreprise. Des études montrent que les entreprises ayant une forte représentation des femmes au Conseil d’administration ont significativement surpassé celles qui n’en n’ont pas. Avec ces résultats, il est évident que des entreprises, avec une plus grande diversité, bénéficient d’un avantage évident.

C’est notre rôle en tant que dirigeants d’entreprise de continuer à encourager les gens à aller au-delà des stéréotypes et de reconnaître les contributions que chaque individu, homme ou femme, peut apporter à son lieu de travail. Une étude récente de PwC indique que 83 % des femmes cherchent des carrières dans des entreprises qui démontrent leur implication pour la diversité et l’égalité. La réputation de l’entreprise est un facteur clé de succès global pour les principales parties prenantes, notamment les employés, les investisseurs et les réserves de futurs talents.
Les femmes ont des qualités et des talents différents et apportent des compétences variées aux secteurs public et privé. Sans diversité au travail, il sera difficile pour les organisations de s’adapter, d’innover et de progresser. Sans représentation féminine au travail, les organisations perdront la moitié du vivier de talents disponibles et les qualités uniques que les professionnelles peuvent apporter, qu’elles soient à des postes de débutantes ou bien dans des Conseils d’administration.

Par
Michelle DAVADOSS

Vice-présidente
 et responsable
de la Stratégie,
du marketing et
de la communication
d’Ericsson
Afrique subsaharienne

Napoléon Ier aurait dit du juge d’instruction qu’il était « l’homme le plus puissant de France ». Le débat sur le pouvoir de ce magistrat n’est pas nouveau.
En effet, c’est un magistrat qui appartient au siège ; il est donc un magistrat totalement indépendant du pouvoir politique et n’a aucun chef. Mais, il travaille sous le contrôle de la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel et ses décisions peuvent en faire l’objet d’un appel devant cette juridiction.
L’instruction (appelée « information judiciaire » dans le code de procédure pénal), est la phase au cours de laquelle un juge spécialisé, appelé juge d’instruction, est saisi afin d’enquêter sur des faits susceptibles d’être constitutifs d’un crime ou d’un délit. L’information judiciaire intervient avant la phase de jugement.

COMMENT SAISIR LE JUGE D’INSTRUCTION ?

Le (la) juge d’instruction est saisi(e) des affaires pénales les plus complexes. Il/Elle intervient lorsqu’une infraction jugée grave ou complexe a été constatée par la police.
L’ouverture d’une information judiciaire est décidée par le procureur de la République qui rédige pour cela un «réquisitoire introductif» ou, plus rarement et sous certaines conditions, par la victime d’une infraction par un acte de procédure appelé « plainte avec constitution de partie civile ».
Une information judiciaire est obligatoire en matière criminelle et les délits jugés graves. Toutefois, elle est exceptionnelle en matière contraventionnelle. Dans le cas des délits, une information judiciaire est ouverte si le ministère public le décide et juge que les faits sont complexes et nécessitent des investigations poussées.

LES MISSSIONS DU JUGE D’INSTRUCTION

La mission du juge d’instruction est d’instruire le dossier à charge et à décharge ; ce qui signifie que le code de procédure pénale lui fait obligation de rechercher à la fois des preuves d’innocence et de culpabilité des personnes soupçonnées d’avoir commis les faits ayant motivé l’ouverture de l’information judiciaire.
Le magistrat instructeur incarne ainsi le « compromis » réalisé par la législation, qui tente de concilier le maintien de la sûreté publique avec la préservation des libertés individuelles.
Le juge d’instruction veille à la bonne conduite des dossiers difficiles, tels que les crimes et autres délits jugés graves. Sa mission est de  rassembler le maximum d’éléments permettant  à une juridiction de trancher. Pendant l’instruction, il rassemble et examine les preuves de l’infraction, il dirige l’action de la police judiciaire (Pj)  et prend toutes les mesures utiles à la manifestation de la vérité. Par exemple, il procède ainsi à l’audition de témoins, aux interrogatoires et aux confrontations.

Enquête, perquisitions, écoutes téléphoniques, etc.

Le juge d’instruction peut exiger qu’une enquête de personnalité ou une enquête sociale (situation matérielle, familiale et sociale) soit menée sur la personne suspecte ; il peut procéder à des perquisitions, mettre sous scellés des objets ou des documents ; il peut ordonner le contrôle judiciaire ou décerner un mandat de dépôt, mandat de comparution, mandat d’amener et mandat d’arrêt. Il peut, en outre, rejeter les demandes de mise en liberté ou remise en liberté. Il a également le droit d’autoriser des écoutes téléphoniques qui sont effectuées sous son autorité et sous son contrôle.
À la fin de l’instruction, ce magistrat du siège donne connaissance à la personne suspecte, en présence de son avocat, des charges qui pèsent contre elle et reçoit ses observations. La personne est alors mise en cause. Dans le cas où les charges ne sont pas suffisantes, le juge rend une ordonnance de non-lieu.

NB : Pendant l’instruction, chaque acte pris par le juge d’instruction doit être transmis au parquet pour avis ou pour ses réquisitions.

LE ROLE DE L’AVOCAT DE LA DEFENSE OU DU SUSPECT

Le rôle de l’avocat pendant la phase d’instruction est de s’assurer que les dispositions du code de procédure pénale sont strictement respectées. A ce titre, il contrôle ainsi minutieusement toutes les décisions prises par le juge d’instruction et veille au respect des droits de la défense.
Il demande également au juge d’instruction, lorsque cela est nécessaire, d’ordonner des actes d’enquête complémentaires (expertises, auditions de témoins etc.). Il saisit la Chambre d’accusation lorsque certaines décisions ou actes du juge d’instruction lui apparaissent contraires aux dispositions du code de procédure pénale afin d’obtenir l’annulation de ceux-ci.

LA FIN DE L’INFORMATION JUDICIAIRE

Lorsque le juge d’instruction a achevé sa mission, il doit prendre une décision sur les suites à donner à l’affaire.
1-    Si le juge estime qu’aucune infraction n’a été commise par la ou les personnes suspectées, il rend «une ordonnance de non-lieu».
L’affaire ne sera alors pas transmise à la juridiction de jugement et sera classée, elle pourra éventuellement reprendre si de nouvelles informations sur les faits parviennent au juge d’instruction.

2- Si au contraire le juge estime qu’une ou plusieurs infractions sont constituées, il rend une «ordonnance de renvoi« devant la juridiction de jugement.
Selon la nature des faits, délictuelle ou criminelle, le dossier sera alors transmis soit au tribunal correctionnel, soit à la cour d’assise qui jugera les personnes renvoyées.
«De  suspect«, appellation devant le juge d’instruction et Chambre d’accusation, la qualité change et devient «prévenue« s’il comparaît devant le Tribunal correctionnel ou «accusée« s’il comparaît devant la Cour d’assise, actuelle Chambres criminelles.

« Nul n’est cense ignorer
la loi »


Par  
Me El hadji Amath THIAM

Consultant en Droit 

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Mes compatriotes, dont ceux qui résident au Sénégal, sont appelés aux urnes, dimanche, pour le deuxième tour de l’élection présidentielle française qui oppose Emmanuel Macron (En Marche !) et Marine Le Pen (Front national). En discutant avec des amis dakarois, je me suis aperçu qu’un nombre significatif d’entre eux comptait suivre le débat opposant les deux candidats finalistes hier soir. Après avoir écouté ce débat, j’ai presque regretté que ces amis aient été probablement si nombreux à le suivre aussi. Pourquoi ? Parce que la candidate arrivée deuxième au premier tour et qui donc représente, aux yeux du monde, une partie de la France, s’est illustrée, une fois de plus, par sa xénophobie, son agressivité et pour le dire avec euphémisme, son manque éclatant d’objectivité. L’avoir portée au deuxième tour n’est pas un titre de gloire.

Une farandole d’ « erreurs »
Tout au long de la soirée, les « fact checkers » ont procédé en temps réel à des vérifications et ont relevé pas moins de 19 « erreurs » de Marine Le Pen, énoncées soit par ignorance soit de façons intentionnelles. Très grave dans les deux cas, surtout de la part d’une candidate qui s’est hissée à ce niveau d’une élection présidentielle. Parmi les informations erronées citées par la candidate de l’extrême droite, citons, par exemple, la référence à la contribution de la France au budget de l’Union européenne : selon elle, cette contribution serait de 9 milliards d’euros, alors qu’elle n’est, en réalité, que de 4,5 milliards. Fidèle à sa stratégie de manipulation des chiffres pour servir son propos, Marine Le Pen se réfère ensuite à la présence de 500.000 travailleurs étrangers détachés en France alors que le chiffre réel est d’un peu moins de 290.000. Puis, vient la question de la retraite dont elle nie avoir promis un retour à 60 ans deux mois après son éventuelle élection. Or, dans une vidéo publiée le 11 avril sur le site de son parti, Marine Le Pen avait bien inscrit cette proposition dans les premières mesures phares de son quinquennat.

Ces quelques exemples, auxquels s’ajoutent 16 autres que nos lecteurs pourront facilement retrouver sur les sites de presse sur internet, devraient suffire à réduire considérablement le score de Marine Le Pen au second tour. Et pourtant.

Un vote sanction
S’il est indéniable qu’une partie des électeurs de Marine Le Pen vote pour elle par conviction, cela ne doit pas faire oublier qu’une autre partie, à mon sens la plus nombreuse, le fait par dépit. C’est ce que l’on appelle communément le vote sanction. Après un mandat du président François Hollande, qui a déçu de nombreux Français, faisant suite à un mandat de Nicolas Sarkozy, lequel avait également déçu beaucoup d’espoirs, après le délabrement du Parti socialiste et après les affaires dans lesquelles le candidat de la droite républicaine, François Fillon, s’est enlisé, certains Français ont l’impression que les politiques sont « tous les mêmes » et que Marine Le Pen, n’ayant jamais exercé de fonction ministérielle, est le seul recours. Une erreur bien évidemment. Plus que par sa capacité à convaincre sur son programme, la candidate de l’extrême droite parvient à catalyser le mécontentement d’une certaine partie des Français. Ceux-là ne vote pas pour Marine Le Pen, mais contre le « système ».

Un réveil nécessaire
De nombreux commentateurs de la vie politique française disent qu’il n’y a pas vraiment d’enjeu lors du deuxième tour dimanche 7 mai, car Emmanuel Macron est certain de l’emporter. La victoire du candidat ne fait certes guère de doute, mais l’enjeu de ce scrutin n’en demeure pas moins important. En réduisant le plus possible le score de l’extrême droite, les Français doivent montrer au monde et à eux-mêmes qu’ils ne se reconnaissent pas dans la xénophobie, l’intolérance et l’ignorance. Plus que jamais, les Français doivent faire preuve de responsabilité à travers leur vote.

*Le titre est de la rédaction

Par Laurent BONARDI
Docteur en Sciences
humaines, Proviseur - Head of School
Cité Scolaire Internationale Dakar – Bamako
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Ces propos n’engagent
que moi.

Le débat télévisé entre les deux candidats finalistes de la présidentielle française a eu l’avantage de repréciser deux conceptions diamétralement opposées du monde, entre le nationalisme et le protectionnisme défaitistes incarnés par Marine Le Pen et les réformes courageuses pour la transformation de la France prônée par Emmanuel Macron, afin de mieux l’insérer dans la mondialisation en cours.

Tandis que Macron a un projet bien ficelé, basé sur des réformes hardies pour apporter les transformations nécessaires susceptibles de relancer la machine économique française qui n’a pas connu un dynamisme vigoureux au cours des dernières décennies et d’accroitre ainsi son influence et sa présence dans le monde, en agissant sur le capital humain pour l’amélioration de la productivité du travail et la lutte contre les précarités, le Pen s’incruste dans une sorte de mythologie dogmatique primaire de repli sur soi, par le culte d’un égoïsme national, sur fond d’exploitation du mécontentement populaire consécutif à la stagnation économique.

A cet égard, le projet de Macron s’inscrit dans la pure tradition de l’histoire de la France et des précurseurs, en gardant tout ce qui s’est fait de bon, mais en apportant les véritables changements nécessaires à l’adaptation d’une mondialisation inéluctable. En effet, son projet traduit un renouveau de cette France humaniste qui cultive la fraternité entre les nations, cette France qui assume son passé par la qualification de l’esclavage et la colonisation de crimes contre l’humanité et par un devoir de prendre en compte les séquelles de ces holocaustes. Macron se positionne ainsi dans le sillage des grands dirigeants français, de De Gaule à Mitterrand, de Georges Pompidou à Jacques Chirac jusqu’à François Hollande , qui ont su incarner la grandeur de la France conformément à ses valeurs fondées sur l’indépendance, l’unité et l’universalité.

La déliquescence des idéologies dans les partis politiques classiques, aussi bien à gauche comme à droite, dans un contexte mondial où les diversités culturelles s’exercent intensément, appelle un renouveau, celui là incarné, aujourd’hui, en France, par Macron et qui fait qu’il capitalise la sympathie de la société civile devant les pesanteurs des appareils politiques. Cette déliquescence des idéologies traduit non pas la fin de l’histoire comme le préconise Francis Fukuyama, mais la fin d’une époque avec la mondialisation en cours qui nécessite un recentrage dans les appareils des partis politiques, car les contradictions naissent sous de nouvelles formes. C’est pourquoi, aussi bien en Chine que dans d’autres pays émergents, l’innovation théorique, dans cette mondialisation en cours, a permis une adaptation au système mondial actuel à l’antipode du repli sur soi et des dogmatismes illusionnistes .

C’est dire que Le Pen est complètement en déphasage des réalités de ce monde et de l’histoire de la France et voudrait surfer sur les questions migratoires pour justifier le chômage et le terrorisme pour en tirer des gains électoraux. Le terrorisme sous sa forme actuelle est partout présent dans le monde et le chômage relève de contreperformances économiques plus qu’à autre chose. Si bien que Macron se bat sur le terrain des réformes courageuses, du réalisme et de l’innovation, en se basant sur la mobilisation des Français et leur savoir faire, afin de repositionner la France dans sa vraie place au monde.

Le président Hollande, en prenant la décision de ne pas se présenter à la présidentielle pour un deuxième mandat, a compris le poids des pesanteurs des appareils des partis politiques classiques avec la déliquescence des idéologies par rapport aux nouveaux paradigmes liés à la mondialisation actuelle et qu’il fallait innover vers un renouveau dans le sens d’un rassemblement des Français de toute obédience et de la société civile, pour le progrès économique et social véritable.

La leçon pour nous, Africains et Sénégalais en particuliers, reste que nous devrons évoluer vers le rassemblement et le consensus, sans lesquels il n’y aura point de panacée dans ce monde en mutation. Aujourd’hui, l’erratisme de Trump qui commande la plus grande armée du monde démontre les dangers du populisme.

Nous espérons que les Français ne se tromperont pas ce dimanche 07 mai 2017 en votant massivement Macron, pour l’efficacité économique et le réalisme, pour la stabilité et l’ouverture de la France dans le monde contre l’égoïsme national et le protectionnisme anhistorique préconisés par Le Pen.

Par Kadialy GASSAMA
Économiste
Rue Faidherbe X Pierre Verger - Rufisque

Ah la France d’alors
A peine sortie des griffes
De l’horreur
Ah la France de l’amitié des militants
La chaleur fraternelle des ouvriers
Les marches les meetings
La main tendue vers l’Oncle Ho
La solidarité offerte au chant
Des Aurès
Sorti du cœur des enfants
De l’honneur
Gloire aux semeurs des graines
De liberté
Honte aux briseurs de rêves
Ah nos vertes années penchées
Sur toutes les sources du savoir
Le pied posé sur le pas
Des précurseurs
Cheikh Anta Diop et ses semblables
Tous ces aînés dignes héritiers
D’Afrique
A l’Espace Sincérité
Surgit Grenoble
La belle ville bleue des Alpes
Des flocons de neige oubliés
Dans les cheveux
Et revoilà
L’atmosphère studieuse des amphis
L’attention soutenue des bibliothèques
Les senteurs de l’herbe tendre sur les prairies
L’odeur du foin dans les granges
La gentillesse naturelle des jouvencelles
Parfois
La rumeur joyeuse des vendanges
Ah cet espoir écorché
Ce continent spolié
A l’Espace Sincérité
Le courage prend racine
Dans chaque battement du cœur
Pour une Afrique libérée

Cheik Aliou NDAO, Dakar Avril 2017

Note : Espace Sincérité, domicile du président Aboubacar Ndiaye dit Bouba

Poème dédié aux membres de l’Association des Anciens étudiants africains à Grenoble (Années 60 et un peu avant).

Par Cheik Aliou NDAO
Ecrivain

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