Idées et Réflexions (314)

Une contribution publiée dans la presse par l’ancien ministre du Budget, Abdoulaye Sow, a attiré mon attention. Il y a une dizaine de jours, alors que j’étais absent de Dakar, pour les besoins de la dernière campagne électorale, l’ancien ministre invitait le Gouvernement à se montrer plus dynamique dans la production des normes législatives et réglementaires, en améliorant la qualité des textes qui, selon lui, présenteraient, par endroits, de nombreuses lacunes. Si je me dois de saluer son goût de la bonne qualité linguistique et typographique et son souci de voir s’améliorer la communication d’Etat, il n’en demeure pas moins qu’il convient, dans cet article, dans la moindre velléité de polémique, d’apporter quelques clarifications utiles pour l’intérêt du débat engagé. Dans le cadre de cette tribune libre, nous comptons apporter un éclairage objectif sur la problématique soulevée en précisant, chaque fois que de besoin, la nouvelle dynamique engagée dans la rédaction des textes législatifs et réglementaires et l’approche actuelle qui organise la production normative au Sénégal.

Centre névralgique de la mise en œuvre de la gouvernance normative, le Secrétariat général du Gouvernement est sans conteste un lieu de prise de contact privilégié avec l’Etat, en particulier avec sa fonction de préparation, d’élaboration et d’adoption des textes législatifs et réglementaires. C’est riche d’une présence de plus de deux ans dans la haute fonction de Secrétaire général du Gouvernement, que je me propose de clarifier une part du débat qui a été soulevé par un ancien ministre du Budget, en l’occurrence Monsieur Abdoulaye Sow qui a produit une heureuse contribution sur la gouvernance normative du pays, en invitant, à l’occasion, le Gouvernement à en faire davantage, pour apporter des améliorations dans le processus d’élaboration et d’adoption des textes législatifs et réglementaires au Sénégal. Tout en saluant son initiative, je voudrais, pour le bénéfice de son information et pour celui de l’opinion nationale, expliquer ce que le Gouvernement a fait dans ce sens, sous la conduite du président Macky Sall, depuis son installation au pouvoir en 2012. Curieusement, ces efforts constants ne sont nulle part pris en compte dans le texte de Monsieur Sow. Or, sur les instructions du Chef de l’Etat et sous la direction du Premier ministre, de grands et nouveaux axes d’une gouvernance normative sont mis en œuvre par les services du Secrétariat Général du Gouvernement. Cette nouvelle gouvernance trouve son origine dans le constat suivant : malgré l’existence d’une vieille tradition normative, la procédure d’adoption gouvernementale des textes législatifs et réglementaires fait l’objet d’un encadrement juridique parcellaire et épars largement perfectible, compte tenu des exigences imposées par l’évolution de la légistique moderne. Le nouveau dispositif a notamment, pour siège la Constitution, la loi n° 70-14 du 6 février 1970, fixant les règles d’applicabilité des lois, des actes administratifs à caractère réglementaire et des actes administratifs à caractère individuel, modifiée par la loi n° 71-07 du 21 janvier 1971 ainsi que plusieurs instructions générales et circulaires.

En outre, des règles spécifiques de légistique ont fait l’objet d’une codification dans les textes édictés à l’époque par le Président SENGHOR. Il s’agit notamment du décret (n° 75-1027 du 10 octobre 1975) relatif à l’emploi des majuscules dans les textes administratifs, modifié par le décret n° 80-770 du 24 juillet 1980 et de la circulaire présidentielle n° 1596 PR/SG/JUR du 17 juillet 1980, relative à l’emploi des majuscules et des virgules. Aussi, le rapport public de l’Inspection générale d’Etat sur l’état de la gouvernance et de la réédition des comptes, publié en juillet 2014, a-t-il insisté sur « la dégradation progressive du travail normatif au Sénégal ». La production normative, quelquefois précipitée, comporte bien souvent des défaillances qui rendent nécessaires de nouvelles interventions législatives, ce qui contribue à aggraver l’empilement des textes. Il n’est pas rare de relever dans les textes publiés au Journal officiel des malfaçons, des maladresses rédactionnelles, des renvois erronés et des incertitudes législatives, au point qu’un auteur, parlant des techniques de rédaction des textes législatifs au Sénégal, a pu évoquer « l’art de mal légiférer ». En outre, le processus d’élaboration des textes, qui est encore confronté à des lenteurs et à des goulots d’étranglement, comporte beaucoup de dysfonctionnements. L’Etat du Sénégal ressent un fort besoin de conception et de mise en œuvre d’une véritable politique normative fondée sur une vision claire, dans un contexte marqué par le paradigme du « mieux légiférer » et par le renouveau de la réforme de l’administration publique articulé autour de la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) que le Président de la République a impulsés.

Une nouvelle politique législative et réglementaire appelée la « nouvelle gouvernance normative » fondée sur la qualité, l’intelligibilité et l’accessibilité de la norme juridique a été retenue, pour une mise en œuvre dévolue aux services de la Primature. Cette nouvelle politique orientée vers l’efficacité de l’action gouvernementale et la consolidation des droits et libertés individuelles, s’appuie sur une modernisation du processus d’adoption des textes et se décline autour d’axes stratégiques. Comme on peut le constater à travers les développements ci-dessus exposés, on ne peut pas laisser croire que le Gouvernement n’a pas consacré du temps et de la réflexion à la problématique de la gouvernance normative. Après la diffusion des projets d’actes normatifs auprès des acteurs du processus normatif et la réception des avis et observations des ministères et autres structures de l’Etat, les textes font l’objet d’études par des Comités mis en place par arrêtés du Premier ministre.

Les règles d’organisation et de fonctionnement de ces instances du Secrétariat général du Gouvernement impliquées dans le processus d’élaboration des textes ont été refondues en vue de garantir leur efficacité. Le circuit d’adoption des textes était juste-là marqué par le Comité technique de Validation des Textes législatifs et réglementaires (CTVTLR) désormais organisé par l’arrêté primatoral n° 01525 du 4 février 2015. Ce Comité est chargé de préparer le travail du Comité technique de Validation des textes législatifs et réglementaires et d’assurer le suivi de ses recommandations. Il est essentiellement compétent pour statuer sur le respect des règles de forme et de procédure (avis préalables, consultations nécessaires), la chronologie, l’actualisation et la pertinence des visas, la cohérence du plan, des subdivisions, de l’exposé des motifs du projet, du rapport de présentation, la syntaxe, le vocabulaire et la ponctuation etc. L’instauration de ce Comité constitue une grande innovation du processus normatif, qui devrait contribuer à alléger le travail du Comité technique de Validation des Textes législatifs et réglementaires et à faciliter l’adoption gouvernementale des textes. Après l’adoption du projet de texte par le Comité technique, le Gouvernement peut saisir la Cour suprême aux fins de solliciter l’avis motivé de l’Assemblée générale consultative sur le projet soumis à son examen (art. 29 de la loi organique n° 2008-35 du 07 août 2008 sur la Cour suprême). La Cour suprême donne un avis motivé sur la légalité des dispositions sur lesquelles elle est consultée, mais aussi, s’il y a lieu, sur la pertinence des moyens juridiques retenus pour atteindre les objectifs poursuivis, en tenant compte des contraintes inhérentes à l’action administrative. En principe, l’avis donné par la Cour suprême n’est pas obligatoire. Mais, dans le cadre de la nouvelle gouvernance normative, l’option a été prise de soumettre les projets de lois et décrets à l’avis de l’Assemblée générale consultative de la Cour suprême et d’intégrer les observations émises par la haute juridiction.

Dans la même dynamique un processus de dématérialisation du circuit d’adoption des textes législatifs et réglementaires a été engagé. Ce processus est assuré à travers la mise en place d’une plate-forme Web de gestion des données normatives. Il s’agit d’un outil technique permettant de remédier aux lenteurs et aux lourdeurs liées à l’omniprésence du support papier. Ce mécanisme permettra au ministère maître-d’œuvre de transmettre en ligne son projet normatif au Secrétariat général du Gouvernement, qui se charge d’en assurer une diffusion électronique aux ministères et autres structures. Le recueil des avis et observations des ministères, leur transmission au ministère maître-d’œuvre ainsi que la programmation des textes en Conseil de Ministres, sont ainsi réalisés via la plate-forme Web. Cet outil technique qui s’inscrit dans le cadre de l’intranet gouvernemental, s’adosse sur une interconnexion d’une part entre les ministères techniques et le Secrétariat général du Gouvernement et d’autre part entre ce service, l’Assemblée générale consultative de la Cour suprême, le Conseil des Ministres et l’Assemblée nationale. Par ailleurs, on note qu’en droit sénégalais, la publication des actes législatifs et réglementaires au Journal officiel est la procédure employée pour porter les textes à la connaissance du public. Cette formalité indispensable à l’entrée en vigueur des textes, participe également de l’accessibilité du droit et comporte de nos jours des enjeux de bonne gouvernance économique, portés par l’intérêt de l’investisseur étranger envers l’information stratégique que constitue le droit en vigueur. Actuellement, le Gouvernement du Sénégal, mettant à contribution l’Imprimerie nationale du Sénégal et l’Agence de l’Informatique de l’Etat, a procédé à la mise en ligne du Journal officiel de l’année 2000 à 2014.

Cette numérisation partielle a été positionnée dans le site du Gouvernement du Sénégal, à l’aide d’un système d’extraction électronique des textes publiés dans le Journal officiel sur support papier. Dans le compte de la nouvelle gouvernance normative, le Gouvernement a aussi travaillé à asseoir une nouvelle lecture du système d’entrée en vigueur des textes législatifs et réglementaires. Pour rappel, au Sénégal, le régime de l’entrée en vigueur des textes, fixé par la loi n° 70-14 du 6 février 1970 modifiée fixant les règles d’applicabilité des lois, des actes administratifs à caractère réglementaire et des actes administratifs à caractère individuel est resté inchangé, depuis sa mise en place au début de l’indépendance du pays. Ce vieux système avait besoin d’une modernisation par l’élargissement de son régime et par son adaptation au nouveau contexte. Au lendemain de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale, la loi n° 70-14 du 6 février 1970 fixant les règles d’applicabilité des lois, des actes administratifs à caractère réglementaire et des actes administratifs à caractère individuel a mis en place un système d’entrée en vigueur des lois et des actes administratifs réglementaires tributaire de leur publication au Journal officiel. La loi de 1970 n’a fait l’objet que d’une seule modification sans grande incidence sur le régime de l’entrée en vigueur modifiée. Par ailleurs, la mise en ligne à compter de 2000 des publications électroniques du Journal officiel est effective sur www.gouv.sn, sans que la dématérialisation du support de la publication, ni la valeur juridique qui lui est attachée ne soit prise en charge par la législation. Il s’agit dans le cadre de la réforme du système d’entrée en vigueur des textes, de prendre en considération la dématérialisation du support du Journal officiel et de lui reconnaître la même valeur que le journal sur support papier, sous réserve de présenter des garanties de fiabilité.

Ce système d’entrée en vigueur des textes induit la mise en place d’un dispositif d’applicabilité des textes normatifs, différent de celui qui jusqu’ici différait de l’application des lois et règlements publiés, selon qu’il s’agissait de la Région du Cap-Vert, des communes de Diourbel, Kaolack, Saint-Louis et Thiès ou des autres parties du territoire national. En effet, en vertu de l’article 2 de la loi du 6 février 1970, sauf dispositions expresses reportant leur entrée en vigueur à une date ultérieure, les lois et les actes administratifs à caractère réglementaire deviennent exécutoires dans la Région du Cap-Vert (elle n’existe plus, elle est désormais appelée région de Dakar) et dans les communes de Diourbel, Kaolack, Saint-Louis et Thiès, « le troisième jour suivant la date du dépôt au Secrétariat général de la Présidence de la République du Journal officiel dans lequel ils sont insérés ». Dans le reste du territoire, ces textes entrent en vigueur, le cinquième jour suivant la même date. Le double support de publication du Journal officiel confère, du moins en principe, aux citoyens un accès non discriminatoire à la production normative. En tout état de cause, la fixation légale de la date d’entrée en vigueur des lois et règlements aux dates qu’ils déterminent ou, à défaut, le lendemain de leur publication au Journal officiel, présenterait le mérite de simplifier le système d’entrée en vigueur des textes. Pour prendre en charge les enjeux liés à la réforme des règles d’entrée en vigueur des textes au Sénégal, le Premier Ministre a, par arrêté n° 13089 du 1e juillet 2015, mis en place un Comité pour la réforme des règles relatives à l’entrée en vigueur des textes législatifs et réglementaires au Sénégal (COREV).

La rédaction d’un texte normatif reposant sur un art et une technique très complexes, la réforme normative dans l’élaboration des textes législatifs et réglementaires s’est aujourd’hui engagée dans la standardisation des règles relatives à leur conception. Au Sénégal en dehors du décret n° 75-1027 du 10 octobre 1975 relatif à l’emploi des majuscules dans les textes administratifs, modifié et de la circulaire présidentielle n° 1596 PR/SG/JUR du 17 juillet 1980 relative à l’emploi des majuscules et des virgules, l’art législatif est caractérisé par l’absence d’un cadre unique de référence. L’Inspection générale d’Etat (IGE) a publié un Manuel pratique de Secrétariat destiné aux agents de l’Etat. Ce document rappelle les règles relatives aux abréviations, aux accents, aux symboles, à la ponctuation etc. Cependant, en ce qui concerne la rédaction et la présentation des textes législatifs et réglementaires, le manuel de l’IGE renvoie, pour l’essentiel, à la circulaire présidentielle n°1596 PR/SG/JUR du 17 juillet 1980 relative à l’emploi des majuscules et des virgules. Ainsi, les règles de légistique matérielle et les autres normes de légistique formelle (emploi du point-virgule, des parenthèses, guillemets etc.) ne sont fixées par aucun texte de droit positif ou par un guide à la disposition des agents de l’administration. Il faut un Guide de légistique, à l’image du Guide de légistique du Conseil d’Etat français du 20 octobre 2007, répertoriant toutes les normes présidant à la conception, à l’élaboration et à la rédaction des textes normatifs. Ce document pourrait être homologué ou approuvé par décret et ainsi il pourrait être entrepris une « juridisation » des règles légistiques, par l’adoption d’un décret fixant les règles de conception et d’adoption des textes législatifs et réglementaires. C’est dans ce cadre que par arrêté n° 013384 du 03 juillet 2015, le Premier Ministre a mis en place un Comité pour l’harmonisation et la standardisation des règles relatives à l’élaboration et l’adoption des textes législatifs et réglementaires (CHART).

Par Abdou Latif COULIBALY
Secrétaire général du Gouvernement

Rude année pour la presse sénégalaise, pour la presse africaine. Apres Senen de jeune Afrique, le caricaturiste du Cafard libère, Marx Magamou Mbaye directeur de la communication, c’est au tour de Mame Less Dia de partir. Less comme on l’appelait est décédé en France. Il a été inhume le mercredi 22 octobre à Touba.

Less et moi, nous nous connaissions. Je sais que Mame Less était un ami du président Abdou Diouf. Ce dernier était passé le mercredi 22 à la morgue de l’hôpital principal pour prier pour que le tout Puissant accueille Less dans son paradis.

Sur beaucoup de points, Less et moi n’étions d’accord. Less et moi avions même eu à croiser le fer. Tout cela appartient maintenant à l’histoire ainsi. Mame Less avait son style et ses convictions. Il avait surtout son parcours, sa biographie, son histoire personnelle qu’il pouvait brandir à tout instant, en tout lieu.

Des milliers de personne ont fait le deuil après la mort du fondateur du politicien. Au Sénégal et en Afrique, Manuel Saturnino ancien premier ministre de Guinée Bissau a beaucoup pleuré à Liberté 6 à la maison mortuaire de feu Mame Less Dia. Les enfants de Less sont reconnaissants lorsqu’ils remercient les amis, tous les amis de leur père.

Less Courra aura joué un rôle de premier plan pour la presse sénégalaise, pour la presse Sud du Sahara. Des échos du Sénégal qu’il avait fondé aux côtés de Boubacar Diop au politicien paraissent régulièrement à l’improviste Less aura beaucoup fait.

Ancien marxiste ayant flirté avec le bouddhisme, Mame Less Dia, repose désormais à Touba, tout près de Cheikh Ibrahim Fall, du plus grand disciple de Cheikh Ahmadou Bamba, Khadim Rassoul. Que la terre de Touba soit légère à mon ami et confrère Mame Less.

L’auteur renouvelle ici 

l’hommage qu’il avait rendu
au disparu à l’époque
Par Mamadou Amadou Tamimou WANE
Carrefour republicain

Tu t'en es allée sur la pointe des pieds à l'âge de 91 ans, en refermant tranquillement la dernière page du  livre de ta vie qui fut si remplie!  A la fin des années 80, alors jeune militante du Mouvement pour le Socialisme et l'Unité-Msu, parti du président Mamadou Dia, je faisais ta connaissance. Très rapidement, tu nous acceptas, ma petite fille et moi, dans ton cercle privé et celui du Premier président du Conseil du Sénégal. Tu fus une grande humaniste qui savait  transcender les différences de toutes sortes pour retenir ce qu'il y avait de meilleur en chacun. Tu n'as jamais vraiment eu d'âge et fut de toutes les générations et de tous les combats.

Tes enfants et petits enfants l'avaient bien compris qui t'avaient  donné l'affectueux  surnom de Wouly Bou Mag. Ancienne fonctionnaire internationale de l'Onu, tu fus une intellectuelle accomplie. Tu fus très tôt engagée dans la lutte pour la promotion des femmes et l'émancipation du peuple sénégalais tout entier.  Je me rappelle encore  tes conseils d'endurance et de persévérance pour arriver aux transformations sociales souhaitées. Compagne admirable du Premier Maodo, tu fus pendant de longues années sa plus proche collaboratrice et sa complice intellectuelle. Tu supervisais, avec un professionnalisme impressionnant, la production de ses nombreuses publications.

A la disparition du président Dia, malgré ton grand âge, tu continuas à perpétuer sa mémoire par  la promotion de ses idées patriotiques. 

Tu fus un modèle de fidélité, de générosité et de grande simplicité. Tu manqueras beaucoup à ta famille que tu as tant aimée et à tes "jeunes" amis, nous qui avons eu le privilège de t'avoir connue.

Les souvenirs de ta personnalité exceptionnelle resteront  gravés  dans nos cœurs et ton esprit avant-gardiste continuera à nous inspirer pour longtemps.

Par Aminata TOURE

Afin de réussir et de consolider la transition fiscale, les administrations fiscales des pays en développement doivent relever plusieurs défis essentiels : elles doivent particulièrement promouvoir le civisme fiscal, mettre en œuvre une organisation administrative et des systèmes d'administration efficaces et maîtriser leur environnement en termes opérationnels et stratégiques.

La stratégie se conçoit comme l'identification des domaines dans lesquels l'organisation souhaite être présente à l'avenir et l'allocation des moyens nécessaires pour y parvenir, s'y maintenir et s'y développer. L'instrument opératoire d'une telle demande est le plan d'actions ou plan stratégique.
Le besoin de mieux prendre en compte cette dimension de gestion s'est fait ressentir, face aux  multiples interpellations d'un environnement économique et social de plus en plus mouvant et exigeant, ainsi que des nécessités publiques croissantes en termes de ressources. Le problème de l'animation des structures : des faiblesses dans les fonctions de gestion et de pilotage. Ces faiblesses se manifestent souvent par une absence de stratégie. Un groupe d'experts du Fmi, en 2000, a fait la remarque suivante : « Une autre faiblesse sérieuse dans la gestion de plusieurs administrations fiscales de pays en développement et d'économies en transition est leur incapacité à mettre en place un plan d'actions pour, en particulier, développer une stratégie visant à améliorer l'adhésion des contribuables au système fiscal en leur fournissant de meilleurs services ou en développant des procédures de recouvrement forcé plus efficaces et des programmes de vérification adaptés à cet objectif. Dans de nombreux cas, les services centraux des administrations fiscales qui sont surchargés par les travaux quotidiens (y compris les négociations avec les contribuables) consacrent peu de temps à l'étude des réformes nécessaires à moyen et long termes pour renforcer leur administration ».
Le principal reproche gestionnaire qui peut être fait à ces administrations est qu'elles n'ont pas une visibilité suffisante pour faire face aux multiples et pressantes interpellations. La principale conséquence est qu'elles sont toujours abonnées aux urgences. En effet, la préparation d'importants dossiers, tels que les revues périodiques des programme s économiques, se déroule dans des  conditions difficiles : maîtrise statistique insuffisante, retards dans la mise en place de réformes, absence d'une structure chargé des études, etc. Ainsi, en l'absence d'un recul suffisant pour maîtriser les échéances et les évolutions de l'économie et des comportements sociaux, les administrations concernées restent forcément absorbées par des tâches quotidiennes l'empêchant finalement d'avoir une direction cohérente.
vL'informatisation peut modifier le savoir-faire, les possibilités d'accès, les responsabilités, les opportunités et les systèmes de management. Mais elle ne peut pas être en mesure de modifier les tendances individuelles ou collectives cachées derrière un phénomène tel que la corruption (même s'il est probable que l'informatisation ait des impacts sur la culture des organisations).
En termes simples, l'informatisation affecte les symptômes d'un système corrompu bien plus que les causes. La corruption est un phénomène qui a ses racines dans les circonstances culturelles politiques et économiques dans lesquelles vivent les individus impliqués. L'informatisation ne concernant que peu ces racines, ne peut éliminer automatiquement la corruption.
2. L'amélioration de la fonction de pilotage et de contrôle de gestion
Le développement de la fonction de pilotage s'explique par la transformation progressive du cadre de gestion, à la fois entre les administrations fiscales et leur tutelle et entre l'état-major des administrations et les unités locales : la réelle contrainte budgétaire qui s'impose à toutes les administrations s'est accompagnée de la reconnaissance d'une véritable autonomie de gestion.
Dans cette configuration, les objectifs de gestion sont définis ex ante et contrôlés ex post par les différents outils d'un système de pilotage complet et de plus en plus sophistiqué.
Le premier grand outil de pilotage est constitué presque partout par le recours à la planification stratégique, dont la nature correspond bien à l'environnement globalement stable des administrations fiscales. La quasi-totalité des administrations modernes disposent donc d'un plan stratégique le plus souvent pluriannuel, incluant la définition de la mission de l'administration, l'analyse de son environnement et la description des principaux programmes grammes d'actions. Le plan pluriannuel global est ensuite décliné au niveau tant temporel (plans annuels) qu’organisationnel (formation de plans locaux cohérents avec le plan global).
Le plan stratégique inclut également les principaux indicateurs de gestion, qui constituent le second outil de pilotage. Les administrations les plus performantes (pays nordiques et anglo-saxons) ont progressivement perfectionné et sophistiqué leur système d'indicateurs, passant de simples indicateurs d'activité à des indicateurs de productivité puis à des indicateurs d'impact (par exemple, les contribuables eux-mêmes de la qualité service) intégrés dans un système cohérent tableaux de bord.
Les systèmes budgétaires des administrations fiscales ont connu eux aussi des adaptations importantes : mise en place d'un cadrage pluriannuel, fongibilisation totale des dotations budgétaires (y compris pour les frais de personnel), possibilité pour les administrations fiscales de conserver les excédents dégagés par rapport à la dotation initiale.
Les administrations fiscales les plus performantes disposent enfin d'informations très précises sur les coûts selon deux axes distincts : la publication des coûts totaux, en principe certifiés par l'institution suprême d'audit et le développement plus ou moins avancé des comptabilités analytiques (avance particulière de l'administration fiscale suédoise, du fait de l'utilisation de feuilles de temps remplies mensuellement par l'ensemble des agents).
Ces différentes informations de gestion sont plus souvent relatées dans le rapport annuel de l'administration, qui constitue le document de base pour la compréhension de l'information (principales activités de l'exercice, états financiers, principaux résultats des indicateurs de gestion). Cet effort de transparence est devenu un élément essentiel de la gestion. Il reste à être développé en Afrique. Le Sénégal s’y attèle depuis 2008 avec son plan de développement de l’Administration fiscale (PDSAF)…

Par  Dr Hamid FALL, Ph.D
Inspecteur principal des Impôts de Classe exceptionnelle
Docteur en Droit
Centre d’Etudes financières, économiques et bancaires (CEFEB)/Marseille

Yoro fut une des autorités de l’école d'histoire médiévale à Dakar, un maître à penser ou plutôt à faire penser, un solitaire institutionnel, un érudit

Son ouvrage majeur, L'Afrique à la naissance de la cartographie moderne. Les cartes majorquines, XIVe-XVe siècles, réédité à Paris, par Karthala en 2000, et tiré de sa thèse confirme sa réputation et son influence. Yoro avait un point de vue sur la place de l’Afrique dans l’histoire-monde et sur la manière de l’expliquer. Malheureusement, les jeunes générations n'ont pas beaucoup profité de son savoir encyclopédique.
Parti à l'Unesco puis engagé en politique (Yoro se singularisait par sa fibre de révolté face à l'injustice), il aimait à confronter ses idées tout autant avec le milieu académique qu’avec les acteurs politiques, économiques, associatifs, les gens ordinaires. Yoro était un observateur tranquille d’un monde qui se déchire et qui éclate. Il a démontré dans ses travaux qu’il avait, comme à la mer, le pied stable du marin qui voit au loin, garde le cap malgré les changements de bord, et surmonte roulis et tangages.
Il se caractérisa par son engagement sans faille  dans l’écriture de l'Histoire Générale du Sénégal (en cours), faisant peu de cas des titres et des hiérarchies universitaires. Ses interventions, synthèses et recommandations forçaient l'admiration. Il laisse le souvenir d’un chercheur infatigable, doté d’une grande rigueur intellectuelle et d’une non moins grande disponibilité. Yoro était un ciseleur de la parole, perfectionniste jusqu’au moindre détail ;  cette grande qualité lui venait surtout d’un profond respect pour toute langue. Il était amoureux des langues et du langage, du bon mot, maîtrisant le latin, l’arabe, l’hébreu, le portugais, l’espagnol, l’anglais sans parler de son wolof élégant, dans le dit et l’écrit.
C'est cet intellectuel commun, cet homme courtois, simple, généreux, à la cigarette en coin qui est passé au pays des Ancêtres.
Merci Grand, pour tout ce que tu as été pour moi, pour chacun-e de nous, pour le pays, pour l’Afrique et pour la discipline historique.
Nous nous souviendrons encore longtemps de ce gentleman.
C’est un ami très cher, un maître (tu abhorrais ce mot, excuse-moi si j’insiste) que nous perdons tous. Puisse-t-il être pour nous une source d'inspiration dans le temps qui vient.
Tu auras traversé ce monde comme un Juste. Repose du doux sommeil; je suis convaincu que tu bénéficies de la meilleure des places au Paradis.
Que Dieu couvre de sa protection, de ses grâces, sa famille et ses proches, en ces moments douloureux.

Nit dem na !

Par  Ndiouga BENGA

Département d’Histoire, UCAD
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Il est temps de revenir sur une idée reçue selon laquelle l'Islam serait la religion des Arabes. Faux! Les Arabes en 2016 sont autour de 20% de la population musulmane du monde qui tourne autour de 2,3 milliards de personnes! Il y a également des millions d'arabes non musulmans.  Les pays qui comptent,  démographiquement, le plus grand nombre de musulmans sont l'Indonésie, le Pakistan, l'Inde et le Bangladesh.

Dans le top 10 des pays qui comptent le plus de musulmans, les premiers pays arabes sont...africains! Égypte Algérie et Maroc. Le Nigeria se classe légèrement après l'Egypte et juste avant l'Iran. Dans les Amériques comme en Europe et en Océanie, l'Islam est en progression constante. On le voit, il faut définitivement se convaincre que l'arabisme de l'Islam n'est plus d'actualité. L'Islam a conquis son Universalité!  Même si certains polémistes vous diront que le Prophète Mouhammad (PSL) est arabe. Une évidence. C'est d'ailleurs pour cette raison que le Saint Coran lui a été révélé en arabe! Outre qu'il est le seul, de cette souche, dans une chaîne de 124.000 Prophètes reconnus comme tels par l'Islam, cela ne change en rien la réalité humaine d'un monde musulman qui est sans commune mesure avec le monde arabe stricto sensu. Cette lecture devrait permettre, d'une part, de relativiser les tentations d'hégémonie politiques de certains pays arabes qui se parent du manteau de l'Islam pour s'assurer des zones d'influence sans frais. D'autre part, de contenir, sans faiblesse coupable ni complaisance de mauvais aloi,  la propagation d'idéologies énonçant la suprématie du monde arabe sur le monde musulman. Ce qui est loin d'être le projet originel de l'Islam.

La levée de ces malentendus va, en outre, permettre de dépasser des amalgames du genre Islam =arabe= terroriste en vigueur à travers les médias qui font autorité.  Eh oui ! Parfois un "terroriste" arrêté peut s'appeler Samir à l'état-civil et être juif, chrétien ou même athée, et voyager avec un passeport syrien! Tous les médias du monde parleront quand même de terrorisme "islamiste" sic. Allez faire comprendre cela à Zemmour... Mais aussi à tous ceux qui poursuivent les croisades sans relever la tête et distinguer, dans le brouillage,  le véritable ennemi... Ceux qui parlent de "guerre de religions" ou de "choc de civilisations... "  A y regarder de près, bien des fois les attentats prétendument " islamistes" sont la suite de contentieux coloniaux non encore apurés... Plusieurs jeunes "terroristes" européens, d'origine maghrébine notamment,  et ayant rejoint des filières jihadistes, sont en guerre contre les sociétés qui les ont vu naître et grandir sans leur faire de la place. Pour ces jeunes gens, "l'Islamisme", une construction sémantique commode pour assouvir toutes les ignorances, est un étendard de légitimation de leur colère.
Pour la société qui les rejette, cet " islamisme" constitue un bouc émissaire  commode pour se disculper et, dans le même temps, donner au Peuple un exutoire dans certaines circonstances. Au cœur de ces antagonismes, des racismes tenaces et des haines séculaires. Mais aussi des volontés de puissances qui se jouent du nombre de vies humaines sacrifiées à l'autel d'un amour démesuré pour les biens de ce monde.
Cela étant dit, nous croyons quant à nous, tout simplement mais fermement, que Le Prophète Mouhammad (PSL) est bien le Prophète de La Miséricorde Envoyé à l'Humanité entière ainsi qu'à l'Univers dans sa globalité. Le Dernier Messager d'Allah qui a confirmé toutes les Révélations antérieures, notamment celles de Moise ( Moussa) et de Jésus fils de Marie (Issa ibn Mariam) Que la Paix et les Grâces divines soient sur eux pour l'Eternité. On peut d'ailleurs véritablement se demander d'où on tire " l'intolérance" reprochée à l'Islam qui confirme TOUTES les Prophéties antérieures et contient des cultes et des rites hérités de ces Prophéties? Ce qui témoigne de l'Unicité de la Source, soit dit en passant.
De plus la Prophétie "Mouhammedienne" est adressée à l'ensemble des créatures divines sans distinction de races, de pays où de classes sociales. La Force, la portée, le sens et l'impact de Son Message,  si loin de son lieu d'émission, en attestent. Des peuples si différents, à tous points de vue, ont reçu et intériorisé Le Message au point de faire corps avec les préceptes qu'il a transmis. Sans conflit irréductible avec les cultures locales ni avec les traditions ancestrales les meilleures. Bien au contraire.
Sous ce rapport, à chaque fois que les médias occidentaux amalgament Islam et terrorisme, ont-ils conscience des millions de personnes qui se sentent visées, et vexées, par tant de désinvolture? La Ummah est sans frontières, ni coutures. Dans le sens voulu et prêché par l'Envoyé d'Allah, chaque croyant devrait-être imbriqué dans l'autre à l'image "des briques du plus solide des édifices." Stigmatiser 24/24h
et 7/7j un "solide édifice" est pour le moins une douce folie ...! En vérité, les intellectuels musulmans ont un rôle décisif à jouer pour tailler en pièces les arguments fallacieux qui cherchent à réduire une si belle religion à des clichés insensés. Ils doivent engager la bataille intellectuelle pour La défense et l'illustration des valeurs humanistes qui fondent l'Islam.  Ils doivent exorciser les peurs entretenues pour culpabiliser les musulmans mais également s'insurger contre les déviances de soi-disant musulmans qui entachent la pureté du Message d'Allah à des fins claniques ou mercantiles. Le Coran et la Sunnah sont et restent Les Sources inaltérables de l'Islam. Ne s'égare que celui qui se laisse emporter par le courant...
En conséquence, et pour en revenir à nos vécus plus proches, l'autre réflexion que m'inspirent ces réalités socioreligieuses c'est qu'il nous faut ouvrir les yeux et nos cœurs à la réalité de l'Islam qui dépasse les frontières administratives et politiques par pays et épouse les contours d'une Humanité plus large, plus diverse, si complexe et si riche.
Avec nos 14 millions de Sénégalais , dont 95% dit-on de musulmans, nous ne sommes pas si nombreux... Même si, en la matière ce n'est pas la quantité qui fait la différence. Tout de même, lorsque nous parlons de l'Islam, restons humbles et attentifs aux aires culturelles et spirituelles dont nous avons certainement beaucoup à apprendre. Tout en restant nous- mêmes bien évidemment : notamment en méritant la Grâce dont la Providence nous a doté qui est ce Savoir-vivre ensemble ancestral dont nous sommes si fiers. Il s'y ajoute des mécanismes sociaux de gestion des conflits et de pacification sociale comme la parenté à plaisanterie. Dans ce monde si troublé, ces acquis sont plus précieux que le...pétrole! Veillons-y comme sur la prunelle de nos yeux!
Dewenetti à tous et à toutes.

Par  Amadou Tidiane WONE

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Au départ, nous affirmions qu’EL hadji Guiby Diouf appartient à une espèce en voie de disparition. Dans ce Sénégal ou inconstance et trafic d’influence sont devenues la norme. Feu Guiby Diouf ne s’est jamais prévalue de son statut de frère du président Abdou pour obtenir quoi que ce soit, quoi que ce fût. Maintenant qu’il est mort, au titre de l’honnêteté intellectuelle et de la vérité historique, nous témoignons.

Guiby Diouf portait un nom lourdement chargé d’islam et d’histoire. Dans une longue filiation, on doit rappeler que Djibril est un homme de l’Archange Gabriel, le plus des anges arbitrairement choisis par Allah Le Tout Puissant.
Affectueusement appelé Guiby, le frère ainé du chef de l’Etat était ami de tous. Humble, généreux et disponible, Guiby  Diouf  le fut.
Dans les colonnes de Sud Quotidien Babacar Touré a rendu un vibrant et sincère hommage à El Hadji Guiby Diouf qui vient de prendre sa retraite existentielle, de décéder.
Le geste, les propos de Babacar Touré doivent être salués, appréciés à leur juste valeur. Ils sont au moins, la preuve que le Sénégal est un pays, un gros village où tout le monde est parent, où il ne devrait pas y avoir d’ennemis.
Modeste, humble et humain surtout, Guiby Diouf le fut. Un philosophe français du nom de Blaise Pascal faisait la distinction entre les grandeurs naturelles et les gradeurs établissement. Assurément, feu Guiby Diouf appartenait à la première catégorie. Au moment où Guiby Diouf galérait à la société de Prévoyance, à la Smdr, à l’Oncad, à la Sonar, son frère cadet était ou ministre, ou Premier ministre. Abdou Diouf président de la République du Sénégal ne nous démentira pas. Guibril Diouf a terminé sa carrière professionnelle comme anonyme administrateur à Africamer. Ce n’est pas donné à tout le monde, à tout un chacun.
Seul le physique et le phénotype permettaient à certains de dire que Guibril Diouf était le frère de Abdou. Tout à l’honneur du doyen Guibril Diouf qui vient de quitter ce monde avec grande sérénité.  Le président de la République a appris le décès de son frère et maître à un moment où il se trouvait à l’étranger, pour une visite privée. Cela n’a pas désarçonné le Premier magistrat du Sénégal. Avec toute la dignité qui sied en de telles circonstances, Abdou Diouf, est revenu d’Europe, s’est rendu à Louga. Cela n’a pas échappé à l’attention des sénégalais.
En l’absence du Chef de l’Etat, des amis fidèles comme Habib Thiam comme Ousmane Tanor Dieng s’étaient rendu à Louga dans le Ndiambour authentique.  Même des ennemies politiques déclarées du chef de l’Etat avaient fait le déplacement. Dans le plus grand anonymat. C’est cela le Sénégal. C’est ainsi que devrait être notre pays. A la mort de Philipe Senghor, Mamadou Dia qui respecte au plus haut point l’ancien gouverneur du Sine Saloum avait envoyé une lettre sincère de condoléances à celui-là qui l’avait embastillé douze ans à Kédougou.
Dans des villes comme Linguère, Diourbel, Saint-Louis, Ziguinchor, Thiès, Louga et Dakar, feu Guiby aura laissé une bonne et belle image d’homme de Dieu d’abord, d’homme du peuple ensuite.
Que la terre natale lui soit légère, que le tout puissant l’accueille dans son paradis.
 Al Fatiha. ’

Par Mamadou Amadou Tamimou WANE

Mbaye Jacques Diop fut un géant, au sens propre comme au sens figuré. Par son physique d’abord il ne passait pas inaperçu. Elancé et racé il était toujours très bien habillé avec finesse et raffinement. Ce côté dandy, paraît- il, il le partageait avec beaucoup de jeunes de sa génération, pour qui, l’habillement, par delà son aspect purement vestimentaire, pouvait révéler les caractéristiques intrinsèques qui se cachaient derrière la personnalité de l’individu. Jusqu’à sa disparition à un âge très avancé, Mbaye Jacques Diop a su conserver sa chevelure des années de jeunesse. Il ne portait pas son âge.

Il était très exigeant et rigoureux sur le choix de ses costumes et cravates, mais aussi des tenues traditionnelles bien amidonnées et bien repassées, qui contribuaient à mettre en relief et avec éclat son élégance et sa forte personnalité. « Oui, disait il, j’ai toujours été amoureux de ma personne, de ce que je porte. Je suis de ces gens amoureux de leur mise. » C’est cette dimension d’homme de contact et de convivialité, bref, de citoyen du monde, qui faisait que ce monument multidimensionnel qui se distinguait par sa générosité de cœur et d’esprit, a su cheminer avec plusieurs générations d’hommes politiques.

En parcourant d’un long regard l’itinéraire politique de cet homme exceptionnel, l’on est d’abord frappé par la longévité de son parcours militant. Entré très jeune en politique à l’âge de 20 ans, comme membre fondateur du mouvement des jeunesses du Bloc Démocratique Sénégalais de Léopold Senghor (MJ-BDS), au congrès de juin 1954 à Louga, puis secrétaire général à l'organisation et à la propagande de l'union des jeunes du Bloc Populaire Sénégalais (UJ-BPS), en 1957, et du mouvement des jeunes de l'Union Progressiste Sénégalaise (MJ-UPS) en 1957-1964, il démissionna du Parti Socialiste le 02 mars 2000, pour fonder le Parti pour le Progrès et la Citoyenneté (PPC), le 30 mai 2000. Réélu député à l'Assemblée Nationale aux élections législatives de 2001 sur la liste du PPC, il fut nommé Président du Conseil de la République pour les Affaires Economiques et Sociales (CRAES), (août 2004 à septembre 2007).

Il reprend la Direction du PPC, le 10 Avril 2012, comme Secrétaire général national et prend la tête d’une coalition de 11 partis dénommée « Défar sa Réew ». Ce parti a traversé momentanément quelques zones de turbulences, suite à l’annonce du départ de son fondateur, de la tête de cette formation, pour laisser la place aux plus jeunes pour assurer la relève. Finalement, quelques mois avant le référendum de mars 2016, le choix du successeur de Maître a été porté sur un de ses plus fidèles compagnons, Seydou Diouf, qui a été pendant une dizaine d'années environ, son directeur de cabinet à la mairie de Rufisque, ensuite secrétaire général adjoint du CRAES sous son magistère.

Le parcours politique de Mbaye Jacques Diop est atypique, car, il s’étale sur plus de six décennies de vie militante et d’engagement au service de la République. Il a assumé de nombreuses fonctions au Parlement, d’abord, comme député sans interruption de 1981 aux législatives de 2007, puis Président de la Commission des Lois, de la Défense et de la Sécurité de l’Assemblée nationale de 2000 à 2004. Mais, c’est au niveau des collectivités locales que Maître Mbaye Jacques Diop a marqué d’une empreinte indélébile l’histoire de la décentralisation et de la gouvernance locale, non seulement au Sénégal, mais en Afrique et dans le monde.

Conseiller municipal de la Ville de Rufisque depuis 1964, il a été réélu jusqu’aux élections locales de 2009. C’est dire que sa vie toute entière se confondait avec celle de la Ville de Rufisque. Il semble que dans cette cité à laquelle il était très attaché, il avait plus de 300 homonymes. L’actuel secrétaire général du PPC, Seydou Diouf, a confessé que maître connaissait la majeure partie des populations de Rufisque, et il pouvait prononcer le nom et prénom de chaque personne. C’est par l’attachement à cette valeur essentielle que les wolofs appellent « Koleuré », que l’auteur de «Une vie de combats» (2013), a su trente années durant, contribué largement à façonner la Ville de Rufisque et à la faire rayonner au plan international, dans le cadre de la coopération décentralisée.

Mbaye Jacques Diop, à l’instar des présidents Daby Diagne, Alé Lô, pour ne citer que ceux-là, a su hisser très haut le drapeau des associations des élus locaux du Sénégal, sur la scène mondiale des gouvernements locaux. De toutes les distinctions importantes, et fonctions prestigieuses qui ont jalonné son parcours combattant, c’est celle d’élu local qu’il affectionnait le plus, et il disait toujours, que « l’élu prime sur le nommé », et que la fonction la plus éminente et la plus majestueuse, pour un homme politique, est celle d’être Maire. C’est cet homme particulièrement attachant et d’une grande lucidité politique, témoin de l’évolution démocratique du continent et qui a joué à plusieurs reprises des rôles très importants pour la stabilité du Sénégal, que notre pays vient de perdre. Notre première rencontre a eu lieu en 1996, dans le cadre de la Commission Cellulaire chargée d’organiser la Concertation entre les Partis politiques.

Créé par décret n°97-146 du 13 Février 1997 par le président Abdou Diouf, cette commission était présidée par le Professeur Ibou Diaité, au lendemain des élections locales du 24 novembre 1996 qui avaient connu de graves dysfonctionnements dans l’organisation. La délégation de l’opposition qui était conduite par le Professeur Iba Der Thiam, coordonnateur du Collectif des 13, devenu par la suite Collectif des 19, avait en face d’elle la délégation du Parti Socialiste représentée par les maires Mamadou Diop et maître Mbaye Jacques Diop. L’opposition proposait la création d’une CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) tandis que le Parti Socialiste était absolument contre. Les deux délégations ont croisé le fer dans des duels épiques et mémorables. La création de l’ONEL (Observatoire National des Elections) fruit d’un compromis entre les deux positions date de cette période.

Notre deuxième rencontre, date de la période de la CAP 21 (Convergence des Actions autour du Président de la République pour le IIIe millénaire), créée sous le magistère du Président Abdoulaye Wade, juste au lendemain de la première alternance politique intervenue en 2000. La plupart des documents de cette coalition, à cette époque-là, étaient saisis et reprographiés à la mairie de Rufisque, au secrétariat du directeur de cabinet. En tant que Secrétaire Permanent de la CAP 21, c’est moi qui assurais le transfert des documents. C’est à cette période que mes relations avec Maître se sont renforcées.

Chaque fois que je venais déposer ou récupérer des documents, j’en profitais pour échanger avec lui sur la situation du pays, recueillir ses conseils et m’enrichir de son expérience prodigieuse. C’est pourquoi, je me suis toujours étonné du contraste qui émanait de sa personnalité dotée, d’une part, du dehors, d’un caractère dur et parfois inflexible, et d’autre part, du dedans, un homme foncièrement bon et généreux, disponible, taquin parfois, détendu et qui savait raconter sur un ton teinté parfois de beaucoup d’humour ou d’ironie, des d’anecdotes croustillantes et savoureuses, concernant certains événements importants qui ont rythmé la marche du pays vers l’accession à la souveraineté internationale.

Par la suite nos liens d’amitié se sont consolidés, et chaque fois qu’on se rencontrait, il manifestait à mon égard une grande estime et affection. Ce grand combattant de la liberté a apporté une contribution non négligeable à la survenance de la première alternance au Sénégal. Membre de BBY, il a fait bénéficier à cette coalition autour du Président Macky Sall, de toute son expertise politique puisée dans son riche réservoir d’expériences de plus d’un demi-siècle de combats héroïques au service du peuple.

Maître Mbaye Jacques Diop appartient à une race d’hommes politiques d’une autre génération dont le profil tend aujourd’hui à disparaître. Grand humaniste, tribun hors pair, charismatique, il était un symbole d’engagement qui a formé et formaté un très grand nombre d’hommes politiques. C’était un homme généreux qui savait encadrer les jeunes en leur inculquant les principes d’éthique dont il était profondément pétri, à savoir les valeurs d’homme d’honneur, de conviction et de vision.

Notre pays vient de perdre un de ses dignes fils qui s’est toujours battu pour sa ville, pour la nation sénégalaise, mais aussi pour l’Afrique dont il a contribué à accélérer fortement le processus de désaliénation et de décolonisation. C’est grâce à son courage, sa clairvoyance, son engagement et sa détermination qu’est née l’Association nationale ‘’Les Porteurs de Pancartes’’, dont  il fut le président et à laquelle, il lui consacrait et ses forces, et son intelligence et ses moyens.

L’hommage magnifique que la nation toute entière à rendu à ce républicain authentique, en présence du Chef de l’Etat, des institutions de la République, de la classe politique toutes sensibilités confondues, du monde de la communication et des arts, des milieux d’affaires et du sport, des autorités religieuses et coutumières, la société civile, en ce jour béni de Tabaski 2016, à l’Hôpital principal de Dakar, est à la mesure de l’envergure politique, sociale, intellectuelle de ce militant des droits humains qui s’est battu toute sa vie durant pour les valeurs de la démocratie, du progrès et de la justice. Puisse son héritage costaud et épais, constituer de puissants phares qui illuminent le chemin de l’action de notre jeunesse en quête de valeurs et de repères.

Par Ousmane BADIANE
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Monsieur le Président,
Nous, leaders politiques et membres de la société civile à Rufisque, avons suivi avec fierté et plaisir votre séjour dans notre ville. Nous vous félicitons pour cette marque de considération et de reconnaissance.
Monsieur le Président,
Voilà cinq ans que notre ville est dépourvue de stade. Voilà cinq ans que notre jeunesse est coupée du monde du sport. Voilà cinq ans que cette jeunesse réclame un stade. Et voilà cinq ans que nous entendons des promesses en vain. Et voilà trois semaines que la jeunesse rufisquoise a décidé de faire un sit-in tous les dimanches devant le stade. C'est pourquoi, par la présente, nous vous demandons de vous autosaisir du dossier du stade Ngalandou Diouf de Rufisque.

Monsieur le President,
Comme vous le savez autant que nous, chaque ville a ses poumons qui lui permettent de souffler. La nôtre, Rufisque, en a trois. Trois pompes, à pression insuffisante, qui la font haleter :

1- La mer
2- Ses industries
3- Son stade

Ce dernier est le lieu de jonction du monde du sport et au-delà̀, il est un pôle essentiel et transversal qui accueille en son sein, non seulement des activités sportives, mais également celles culturelles, politiques et même sanitaires... Sans oublier ces élèves qui y pratiquaient cette discipline non moins importante, l’éducation physique et sportive (EPS), et qui se retrouvent brutalement sevrés.

Monsieur le Président,
Ce stade ne doit être vu comme simple lieu « d’épanouissement » de la jeunesse (et quoique...), mais bien plus. Ce lieu, c’est un tout :
• C’est un moyen de production de lien social : le numérique a pris le pas sur les rencontres réelles et physiques dans une société est totalement déshumanisée et individualiste. Ce stade aidait ainsi la famille rufisquoise à réussir le défi de rassembler tout un monde pour se détendre, vivre d’intenses émotions, se rencontrer, échanger etc.

•Ce stade, c’est aussi le développement du leadership des jeunes : En apprenant à̀ gérer de petites équipes et à encadrer des centaines de personnes (de tranche d’âge et de tempérament différents), ces responsables d’ASC s’auto-forment au leadership. Sans avoir fréquenté́ les hautes écoles de management, ils se forment "dans le tas" et acquièrent une expérience solide.

• C’est également un espace de jouissance et d’expression pour ces jeunes rufisquois passionnés de football : C’est ici qu’ils font leurs balbutiements et leurs rêves les plus fous, jusqu'à devenir un de ces internationaux dont nous nous glorifierons demain. Quel Rufisquois ne se sent pas fier de voir Diagne Faye investir à Rufisque ? Quel Sénégalais, Rufisquois de surcroît, ne se sent pas fier de Pape Bouba Diop ? Ils porteront notre drapeau dans tous les coins du monde et – cerise sur le gâteau – reviendront investir dans leur ville/leur pays.

• Et justement, ce dernier aspect, le côté́ économique du stade : Rufisque est actuellement coupée d'un de ses principaux leviers économiques. Nous ne parlons même pas des recettes fiscales (taxes, impôts) que génère le stade pour l’Etat du Sénégal et les collectivités locales, mais d'une véritable politique d'emploi qui tournait autour de l'organisation des ‘Navétanes’ (dans l'entretien, la sécurité, l'arbitrage des matchs...). Sans oublier un véritable business qui permettait à des familles entières d'avoir des revenus pendant trois mois, voire quatre dans l'année. Et tout ceci était possible grâce à ce stade dont Rufisque est privée depuis cinq ans. Rufisque étant une plateforme incontournable dans ce pays – nous nous garderons de vous rappeler son magnifique passé, pour ne pas créer plus de frustrations – il est juste inconcevable que la seule infrastructure vivante dont dispose notre ville soit fermée depuis 5 ans.

Monsieur le Président,
Il est juste incompréhensible que des villes avoisinantes puissent disposer de plusieurs stades, et qu'ils soient réfectionnés plusieurs fois au moment où Rufisque peine à en avoir un qui réponde aux besoins des Rufisquois. Il est désolant de voir nos équipes professionnelles remuer ciel et terre pour avoir un stade où accueillir leurs matchs de championnat. Il est regrettable de constater que Rufisque soit la seule ville au Sénégal, ne disposant pas de stade fonctionnel. Nous ressentons cela comme une injustice qu'il faut corriger .
Dans l’attente d’une suite favorable, nous vous prions, monsieur le président de la République, de recevoir nos sentiments patriotiques.
Fait à Rufisque, le 01 Septembre 2016.

Les signataires
Premièrement,
les Leaders politiques :

Alioune Mar, maire de la commune de rufisque Ouest
Alioune Souare, ancien député du Sénégal
Mbaye Thiaba Mbaye, leader du mouvement Tëngéej Renouveau, Co-fondateur/CEO de Pettaaw
Abdou Karim Mbengue, responsable politique du Parti socialiste à Rufisque, Directeur de la communication et des relations extérieures de la Sonatel
Doudou Meissa Wade, responsable politique de l'Apr à rufisque, Pca Société de gestion des infrastructures dans les pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (Sogip S.a)

Deuxièmement,  les personnalités publiques :

Babacar Ndiaye, president de Tenguedj Fc, PDG de oryx Nigeria

Me Abdoulaye Faye, huissier de justice

Dr Mouhamadou el Hady BA Fastef UCAD

Mame Fatou Sy , médecin , chroniqueuse TV/Web

Ndeye Coumba Mbengue, journaliste à Jokko Fm

Oumou Diop, chercheuse en science politique au CNRS-France

Mamadou Kasse Ann, athlète international

Moundiaye Cissé, membre de la société civile et Directeur Exécutif de l'ONG 3D

Mambaye Ndiaye, journaliste à la Sen Tv

Mamadou Sow, Collectif des sportifs de Rufisque

Alexandre Gubert Lette, Journaliste, Cyber Activiste.

Ousseynou Samba, professeur de droit à l'UCAD

Moussa Sy , ingénieur télécom Orange- France

Il y a quelques mois, à la veille de la Korité, j’avais fortement dénoncé la tendance des télévisions de notre pays a toujours programmer des évènements festifs et autres soirées de musique païenne, de chants sorciers, de mballax frénétique, de salsa et autres soirées folkloriques les jours de Korité et de Tabaski. Ces soirées musicales sont souvent animées par des danseurs dont l’habillement, les paroles et les chorégraphies sont fréquemment d’une obscénité révoltante. 

Je pensais que mes propos d’écrivain « éveilleurs de consciences » et « lanceur d’alerte » avaient été retenus par les patrons de nos chaines de télévision et qu’ils allaient corriger cette regrettable tendance. Malheureusement, les Sénégalais ont encore une fois constaté, avec déception qu’à l’occasion de la Tabaski 2016, la plupart de nos télévisions se sont bousculées pour proposer à leurs téléspectateurs des spots publicitaires avec comme dénominateurs communs l’appel suivant : « Attention ! Attention ! Ne ratez surtout pas notre programme au soir de la Tabaski ! ».

Ainsi, presque toutes nos télévisions se sont abstenues de nous proposer des programmes nous permettant de méditer et de tirer les leçons du sacrifice d’Abraham, au soir de la Tabaski. Au lieu de nous inciter au repentir et de nous proposer les enseignements tirés du Coran et les livres sacrés, au lieu de nous transmettre les recommandations données par nos vénérables guides religieux, la plupart de nos chaines de télévision ont préféré fêter la Tabaski en nous proposant des musiques païennes et des danses obscènes. S’agissant de la Tabaski 2016, je voudrais me réjouir de l’exception qu’a constituée la Radio Télévision Sénégalaise (RTS) qui, le jour de la Tabaski, nous proposé, avec bonheur, un programme religieux de très haute facture sous la direction du talentueux Thièrno Amadou Sy ! Bravo donc à la RTS qui nous a proposé un Spécial Tabaski de rêve, conforme à la grandeur du jour de la commémoration du sacrifice d’Abraham et à la foi des musulmans.

Des messages très utiles provenant des différentes cités religieuses ont été délivrés avec un accompagnement de chants religieux d’une qualité remarquable! Pour cette heureuse initiative innovante et pertinente, la RTS mérite véritablement les hommages et les félicitations du peuple sénégalais! En effet, la RTS, « la télévision des grands moments », a bien compris que la mission d’une télévision dans un pays comme le nôtre, consiste essentiellement à éveiller les consciences et à éduquer le peuple, non à le distraire la plupart du temps!

À mon humble avis, nos chaines de télévision devraient s’engager résolument à contribuer au changement de comportement des populations et à les aider à suivre « le chemin de ceux que Dieu à comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Sa colère » (Coran : Sourate 1- verset 7 ; Al faatiha). Les jours de fête religieuse devraient donc être exclusivement consacrés à cette haute mission d’information et d’éducation religieuses. Pendant ces jours de fêtes sacrées, nos télévisions devraient éviter de promouvoir et de nous proposer des rassemblements mondains où jamais le nom de Dieu ne sera évoqué. Elles devraient éviter de programmer des manifestations où jamais les enseignements du Prophète Mouhamad (PSL) ne seront évoqués avec sincérité. Elles devraient éviter de retransmettre des festivités où jamais les recommandations de Cheikna Cheikh Sadbou, de Cheikh Seydi Elhadj Malick Sy, de Cheikh Ahmadou Bamba, de Seydina Limamou Laye, de Cheikh Ibrahima Niass et tant d’autres, ne seront ni citées, ni évoquées, ni suivies.

Un grand bravo à la RTS qui, le jour de la Tabaski, a eu la lumineuse idée de proposer au peuple sénégalais une superbe soirée religieuse démontrant ainsi que même si la musique, la danse, le folklore et les autres distractions constituent une composante naturelle de notre patrimoine culturel, il faut se garder de leur consacrer la plupart de notre temps, de nos forces et de nos richesses, les jours de fête religieuse. Il faudrait donc se garder de les organiser ou de les programmer les jours saints et les jours sacrés comme la Korité, la Tabaski, Noël, Pâques et l’Ascension qui sont des jours de prières, de recueillements et de repentir, mais pas des jours de chants païens, de danses obscènes et de beuveries.

C’est pour les raisons que voilà, que j’ai tenu à renouveler mes vives félicitations aux autorités de la RTS. Je voudrais également inviter les dirigeants de notre pays, le CNRA et les patrons de chaines de télévision à tout faire pour perpétuer et amplifier cette heureuse initiative de la RTS, conforme à la foi et à la religion de la majorité des Sénégalais.

Qu’Allah (SWT) garde le Sénégal, ce pays que nous aimons avec fureur, et qu’Il guide notre peuple sur le chemin de la foi, de l’amour et de la paix.

Par Moumar GUEYE
Écrivain
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L’homme de combat et de défi perd la der, stoïquement

Tel qu’en atteste le titre du dernier ouvrage qu’il a produit, « Une vie de combats », Me Mbaye-Jacques Diop s’est battu et a fait face à des défis, toute sa vie durant. Du moins si je me réfère aux différentes révélations qu’il a eu à me faire, pendant la vingtaine d’années que je l’ai côtoyé.

Néanmoins, il vient de perdre le dernier « combat », qu’il a mené depuis près de deux ans, contre la maladie. Car, « si la maladie contractée par un être est la voie définie par le Créateur, qui doit le conduire à l’autre monde, les médecins se trompent sur le diagnostic ou le traitement prescrit ; ou bien Dieu ne bénit pas les médicaments qui ne sont ainsi d’aucune utilité », nous enseignait le très  regretté El hadj Abdoul Aziz Sy Dabaax (Rta).

En tout état de cause, s’il est rare de voir Mbaye-Jacques perdre un combat ou n’arrive pas à relever un défi, l’on constate qu’il vient de soumettre calmement au Décret de Dieu qui l’a rappelé à Lui. Lui (qu’Il soit loué et exalté) qui dit dans le Saint Coran, à toute la Créature :

« Je vous soumettrais à des catastrophes de toute sorte (dont la mort, les incendies, les mauvaises récoltes, etc.) ; dites, en ce moment-là que C’est d’Allah que nous venons, c’est à Allah que nous retournons ». Donc, comme tous ceux qui ont été créés, Me Diop s’est plié à la Volonté divine. En m’expliquant l’origine de ses relations avec l’ancien député-maire de Pikine, El hadj Mamadou Kabirou Mbodj (que Dieu lui prête encore vie et santé), Mbaye-Jacques m’édifiait sur la nature du premier combat qu’il a eu à mener. Il avait à peine 16 ou 17 ans, car, c’était lorsqu’il était en classe de 6e au Lycée Maurice de Lafosse de Dakar. « Pour apprendre mes leçons, le soir, j’étais obligé de me mettre sous un poteau, dans la rue », me fit-il noter. Avant d’ajouter : « ce combat » prit fin quand un jeune instituteur de l’époque me trouve sur place et me demande pourquoi j’apprenais mes leçons dans ces conditions. Après mes explications il me dit que désormais, je pouvais venir à son appartement tous les soirs, faire mes devoirs et réviser, du fait pendant ce temps, il est au cinéma avec son épouse ».

Plus tard, au cours d’une conversation avec El hadj Kabirou Mbodj, très sage qu’il est, me dit : « Mbaye-Jacques Diop est un homme de bien et exceptionnellement bien. Il a eu à me faire la surprise de ma vie en offrant un billet pour le Pèlerinage à La Mecque de mon épouse ». Ma réplique n’a pas tardé, en ces termes : « mais doyen, Mbaye-Jacques m’a dit qu’il t’est éternellement redevable, c’est grâce à toi que ses études ont pu être sauvées », tout en lui indiquant les raisons (voir plus haut). Et le très sage Kabirou de dire : « qu’il est reconnaissant, Mbaye-Jacques » ! Ce combat pour le savoir, il l’a poursuivi ailleurs. D’abord à l’école des agents techniques de l’élevage de Saint-Louis. J’avais choisi d’yaller pour avoir rapidement un emploi et subvenir aux besoins de ma chère mère dont je suis le fils unique », m’a-t-il confié un jour.

Mais il en a été renvoyé pour raisons d’activités liées à la politique, via des conférences, etc., et affecté à Tambacounda, si je ne m’abuse, pour servir en tant qu’auxiliaire des services vétérinaires. Il est bon à signaler qu’étant en apprentissage au Lycée, il se faisait engager, pendant les vacances, à la Sococim, comme agent temporaire. Cela, « pour pouvoir préparer la rentrée scolaire et ne pas soumettre ma mère à des difficultés », justifie Me Diop. Toujours sa mère !! Il ne ratait jamais une occasion de parler d’elle ! Il avait compris ces propos du Prophète Muhammad (Saws) : « Votre Paradis est aux genoux de votre mère ».

Indéniablement il a bénéficié de la bénédiction de cette dernière et aussi de son père, un Grand Chef de la Confrérie Mouridiyah, dont il évoquait toujours la bravoure, le courage, l’esprit travailleur et l’engagement religieux résolu auprès de Khadimou Rassoul.

C’est la raison pour laquelle, en plus de la détermination, de l’abnégation, de la persévérance et de l’opiniâtreté avec lesquelles il se battait, Jacques est parvenu, successivement, à être admis au Baccalauréat, sans être en classe, à l’examen des inspecteurs de la Jeunesse et des sports. Il subit la formation dans ce domaine, en France en même temps que ses amis Amadou Atoumane Ndiaye, Mohamed Gaye, entre autres. Ils sont d’ailleurs les pionniers dans cette fonction, tout au début de l’indépendance du Sénégal.

Le défi du savoir, il a voulu faire face. En atteste : «Lorsque je réussissais l’examen d’entrée en Faculté de Droit et des Sciences économiques de l’époque, j’avais déjà deux épouses et des enfants. Mes condisciples, dont Mamadou Lamine Loum, Babacar Carlos Mbaye, etc., étaient de plus de 10 ans mes cadets ».

Car, renchérit-il, « il me fallait des moyens et les suffrages de mescompatriotes de Rufisque, d’abord, pour pouvoir les servir ». Sa conviction était qu’une fonction élective est plus importante qu’un poste acquis par nomination. C’est pourquoi il n’a jamais cherché et n’a jamais accepté un poste de ministre. Pourtant il a eu à avoir des offres dans ce sens.

Au plan politique et dans la gestion municipale, Jacques a relevé d’énormes défis et gagné beaucoup de combats.

Pendant les renouvellements des instances de base du Parti socialiste (Ps), il a eu à faire face à des sensibilités (Tendances) solides. Une fois, il précisait à la presse que « je suis l’un des rares responsables de coordination à avoir affronté quatre tendances, très fortes, bien organisées ; et grâce à Dieu, je m’en bien suis sorti ».

Tout comme, au cours de son magistère à la Commune et à la Ville, il dit avoir été le seul maire à recevoir cinq inspections (Ige, Inspection de l’administration territoriale), au cours d’un mandat (1990-1996). A son avis, il était victime d’une guerre par des adversaires qui se servaient des moyens de l’Etat.

« Encore, grâce à Dieu », souligne-t-il, « ils n’ont rien trouvé d’anormal. Au contraire ils m’ont donné des conseils et orientations qui m’ont permis de porter, pour la première fois de l’histoire, le budget de la Commune à plus d’un milliard de francs ». Sa longévité  à la tête de la Ville (Commune) et de la direction politique départementale, il le doit certainement à son patriotisme local (comme Alioune Dramé, alors PDG, qui nous incitait à avoir un Patriotisme d’entreprise, au « Soleil »). Cet amour du terroir a conduit à la réalisation d’énormes projets, en partenariat avec des organismes d’appui au développement local : L’hôpital Youssou Mbargane Diop, la caserne des Sapeurs-pompiers, la voie de contournement nord, l’extension de l’éclairage public, l’important lotissement du site de recasement des victimes de l’avancée de la mer. Sans compter les milliers d’emplois dont ont bénéficié beaucoup de jeunes, surtout la gente féminine. Ce qui faisait dire à la grande diva de renommée internationale, Hadja Khar Mbaye Madiaga : « Ici, à Rufisque, le Sida ne fera aucune victime à Rufisque, grâce à Mbaye-Jacques Diop qui privilégié les jeunes dames dans l’octroi d’emplois. De sorte qu’elles ne sont pas dans le besoin qui les poussent à des actes qui transmettent le virus Vih ». Cette même artiste, dans ses chansons dédiées à Mbaye-Jacques n’arrêtait jamais de lui dire :

« Tu as toujours tenu à toutes les promesses faites aux populations, oh, toi le noble » (Loo digué dèfko, Gorsi). Dans ce sens mon grand frère et ami (c’est comme ça que me traitait Mbaye-Jacques) me dit un jour : « Khaly c’est très dangereux et très grave, quand une personnalité promet fermement à quelqu’un d’accéder à sa sollicitation, alors qu’elle a l’intention, non exprimée, de ne pas le faire ».

Il me parlait sur un ton si grave, avec les traits du visage très tirés, que je sentais le mal qui le tenaillait. A son actif, il y a aussi les nombreuses bourses, de tous les enseignements qu’il eut à faire bénéficier d’innombrables jeunes de Rufisque et d’ailleurs et qui sont devenus de hauts cadres de l’Etat ou du secteur privé. C’était lorsqu’il était président de la Commission « Education » de la Commune du Grand Dakar, entre 1964 et 1984.
Aussi en tant maire de la vieille ville, il a distribué bourses et aides scolaires et universitaires à foison.

En plus des nombreux billets pour le pèlerinage à La Mecque octroyés chaque année à ses compatriotes, la dépense quotidienne, les factures de tous ordres, etc., qu’il réglait pour grand nombre de citoyens. Voilà comment la conception que ce grand homme avait du soutien qu’il fallait aux démunis et autres nécessiteux, voire à tous ses compatriotes tout court.

En amitié, il était d’une fidélité rare chez les hommes politiques. En la matière, je revendique une amitié fraternelle que mon Grand (comme je l’appelais intimement) a personnellement entretenue.

En atteste le dernier SMS qu’il m’a envoyé, il y a moins d’un mois, parce qu’il ne dérochait plus la plupart des appels. On y lisait : « Mon cher ami et frère Khaly, je te réaffirme ma sincère amitié fraternelle, sans limites. Et je sais que tu me le rends bien ». Tout comme, en me dédicaçant l’ouvrage que mon jeune ami et frère Sidy Diop a réalisé sur sa vie, Me Mbaye-Jacques Diop mentionnait : « A mon ami et frère Khaly Tall, frère de toujours et pour toujours, toutes mes amitiés et ma profonde affection ». Comme s’il y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Même ses anciens camarades, avec qui il ne partageait plus les mêmes convictions, les relations sont restées intactes. Surtout  avec ses amis de toujours : El hadj Mansour Mbaye, Sam Wagne (Que Dieu lui accorde Miséricorde), Nguirane Ndoye, Mohamed Gaye, Baro Diène, Amadou Ndéné Ndaw, Moussé Daby Diagne, le défunt Mansour Bouna Ndiaye, Mamadou Bèye, Hadja Rose Basse, entre autres.

Avec certains d’eux, Jacques a partagé la fréquentation quasi-assidue des Lieux Saints de l’Islam.

« J’ai à mon actif 47 pèlerinages (Omrah et Hajj confondus) ». N’est-ce pas, mon frère Yatma Fall, lke Conseiller de celui que tu considères comme un père, par le sang, un maître dans la pensée, les idées et les actions ? N’est-ce pas Monsieur le Ministre Seydou Diouf, l’héritier politique de celui que tu appelles toujours avec affection et honneur mon Maître Mbaye-Jacques Diop ». C’est sûr qu’avec vous, et d’autres comme Abdoul Aziz Faye, l’assistant engagé, Birane Ngoné Seck, etc., aux côtés du Pr Papa Madické et Coumba Diop, et d’autres parents amis et alliés, l’œuvre du grand Jacques sera perpétuée à jamais. Les générations actuelles et futures en ont besoin, comme j’ai entendu Ousmane Tanor Dieng dire à Radio Sénégal. Le SG du PS a salué le courage de Mbaye, son opiniâtreté dans le combat, le courage de ses idées, sa capacité à recevoir des coups ; mais son habileté à en rendre de façon efficace, etc.

Repose en Paix, mon cher Grand, auprès de ta maman Thiaba Diop que tu as tant chérie, au cimetière de Thiawlène.

Que le Tout et Très-Miséricordieux t’assure le Pardon et te couvre de Sa Miséricorde incommensurable. Amiin !

« C’est d’Allah que nous venons, c’est çà Allah que nous retournons » !


Par Khaly Tall

La littérature appartient à notre héritage historique et possède une aura précieuse, celle de construire un imaginaire créateur puissant pour dessiner les contours de notre récit culturel. À l’intérieur de ce patrimoine littéraire, il existe des voix singulières qui viennent rythmer nos existences, qui bouleversent notre pensée, qui vont puiser en profondeur dans la complexité de nos images, dans l’expression de nos émotions, pour nous rendre différents et nous faire renaître. 

Assurément, Habib Demba Fall fait partie de ces auteurs qui imposent une couleur esthétique personnelle et qui, dans le même temps, explorent l’horizon de notre imaginaire. Poète majeur de la nouvelle génération, Habib Demba Fall nous transporte, cette fois-ci, par ses capacités créatrices qui embellissent le genre romanesque. Même si la poésie n’est jamais loin - elle est même centrale dans l’écriture d’Habib Demba Fall-, un style polymorphe, entre récit poétique et réalisme, est en train de naître. Les images, créées par la langue et par une atmosphère étonnante, sont ancrées dans notre mémoire, comme une litanie sacrée et cadencée. Elles doivent leur virtuosité au talent d’Habib Demba Fall. Car celui-ci connaît la voie céleste des magiciens du verbe, de la fiction et de l’authenticité.

Dès le début, on est emporté par un univers, à la fois sombre et lumineux, qui raconte au-delà de la réalité, entre songe et naturalisme, une histoire augmentée par la créativité d’Habib Demba Fall. On pense très sincèrement à la naissance d’un réalisme magique africain, pluralité d’un univers littéraire ancestral et moderne.

Ainsi, on est immédiatement captivé, encerclé par le tourbillon de la langue et par l’habilité de l’auteur à nous emmener loin, très loin.
Pris dans la poussière de cette terre inconnue, par ces paysages de beauté et de secrets, ces rites spectaculaires des métamorphoses de l’épopée séculaire, on plonge amplement dans une sorte d’addiction pour vivre une traversée épique où l’on se sent soi-même participer. Phénomène rarissime en littérature !

L’écriture d’Habib Demba Fall dégage tellement de mystère, de contrastes étranges, des coins éclatants, des recoins assombris par les ravages de l’histoire réinventée, que l’on est saisi par tant d’inventivité majestueuse, audacieuse et nouvelle.

Chaque mot posé et chaque phrase déclamée sont des joyaux littéraires qui, comme une œuvre qui raconte les soleils essentiels, constituent un tableau dont la signification nous est personnelle.

Ce premier essai romanesque est un coup de maître qui assure à Habib Demba Fall d’entrer au panthéon de la littérature sénégalaise contemporaine. Avec une écriture écorchée mais belle, il parvient à nous convaincre de bout en bout, sans jamais nous perdre, sans jamais nous abandonner.

Cette fougue littéraire est la preuve d’un véritable travail d’orfèvre qui ne laisse rien au hasard, tout en nous faisant croire à l’éblouissement d’un talent quasi surnaturel.

Il faut lire Habib Demba Fall qui inscrit sa voix dans notre champ littéraire et culturel.

Par l’intensité du récit et par la transcendance qui traverse l’esthétique de sa plume, Habib Demba Fall contribue à la constitution de notre patrimoine littéraire renouvelé. Il entre, de manière ardente, sonore et poignante, dans le cercle culturel du récit africain pluriel.

Par Amadou Elimane Kane
écrivain poète et fondateur de l’Institut 
Culturel Panafricain et de Recherche de Yene

Témoin de notre temps, une émission mensuelle de la RTS fait partie des meilleurs parce que très instructives. Le dimanche 02 septembre, le doyen Aboubakry Kane, ancien vice-président de l’assemblée nationale et président du conseil d’administration de la banque sénégalo-tunisienne, a été l’invité. Refusant d’être un « baron », le dernier fils de la grande royale par ailleurs cousin et oncle de Cheikh Hamidou Kane a fait un témoignage qui mérite rediffusion. Ce, en vue d’éclairer les jeunes générations, remettre les pendules à l’heure.

…homme de conviction et de principe, l’instituteur Aboubakry a fait la classe à des célébrités actuelles comme Abdoul Khadre Cissokho, Amadou Tidiane Wane, ingénieur agronome et maire de Kanel, Birane Wane et Moussa Touré ancien ministre et président de la commission de l’Uemoa.
Ancien compagnon de Mamadou Dia, Aboubakry Kane avait fait la prison pour cause de Diasme. Il a eu le courage de dire que Mamadou Dia n’est pas le genre à faire un coup d’Etat. Pour avoir été révoqué, mis en résidence surveillée, incarcéré de longues années, ce natif de Saldé qui ne reniera jamais ses origines ou son terroir sait de quoi il parle. Dans tous les domaines : sociologiques, historiques, politiques et même écologiques. A l’émission de Joseph Sané, l’ancien condisciple de Thierno Ba et du docteur Ibra Mamadou Wane, ancien ministre disait ceci : « on était venu à la politique pour que ça change… Senghor était porteur de changement ».

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes sénégalais en savent un peu plus sur notre histoire politique immédiate, sur la naissance du BDS, les victoires du premier président de la République du Sénégal.

Lors des élections dites complémentaires, de 1948, Senghor avait voté au Fouta et dans le Fouta pour Boubou Sall tandis que Lamine Guèye et la SFIO avait jeté leur dévolue sur un certain Salzman, originaire de Saint-Louis, une des légendaires quatre communes. Le résultat est plus que connu : en masse, tous les habitants du Fouta avaient voté pour le BDS noyant, du même coup, la SFIO. Un point d’histoire.

En 1948, après 1948 comme en 1983, 1988 et 1993, le Fouta a toujours été fidèle à une conviction première et originale. Le doyen Aboubakry Kane ne nous démentira pas, lui qui disait « on ne choisit pas à la place des militants ».

Par Mamadou Amadou Tamimou WANE
Carrefour Républicain

Arafat aujourd'hui et je pense à toi Sama yaye Adja Fatou Gueye

Dieu seul sait pourquoi il a envoyé Malakal Mawti venir te chercher à la veille de ce grand jour. Tu es partie un vendredi, le meilleur des jours, au mois du Hajj, au crépuscule, dans la douceur comme tu as vécu.
Yaay boye

Tu as fait 18 fois la Mecque! 18 fois le tour de la Kaaba, 18 fois, Médine la ville sainte, Mouna, Mousdalifa, Jamra…
Tu connaissais toutes les places de prière. Tu y allais juste par amour pour le prophète et pour prier pour nous. Toute ta vie tu t'es sacrifiée pour ta famille.

Yaay boye
La grande amie du prophète, Nabil Moustapha, Mouhamad (SAW) que tu aimais par-dessus tout au point de t'appeler "Sope Nabi". J'espère que les anges interrogateurs dans la tombe Nadir et Mounkir ont été indulgents avec toi et que tu as passé "l'examen" haut la main.
Yaay boye

Tu nous as éduqués, couvés, choyés, tu nous as appris l'humilité, le sens du partage, de la famille unie, de la solidarité... Tu nous as appris à rester dignes en toutes circonstances
Yaay boye

... O mon Dieu, aie pitié de ma mère, pardonne lui comme elle savait pardonner.
Permettez-moi de vous parler de ma mère ADJA FATOU GUEYE.
Cette femme douce et pieuse qui n'avait que trois destinations, la Mecque, Fès et Tivaouane.
Yaay boye

Cette femme généreuse au grand cœur. Cette "ndeye Daara" qui habillait et nourrissait les talibés et les démunis
Oh yaye boye, tes petits talibés devenus grands vont te pleurer, Mouhamed, Ousmane, Doudou, Djiby le tout frêle, et qui encore sentiront ton départ
Yaay boye

Cette femme qui aidait et accueillait tout le monde à bras ouverts, cette femme qui distribuait des sacs de riz pendant le ramadan aux nécessiteux, je sais yaye, tu faisais tout dans la discrétion, mais permets moi de dire au monde entier le peu que je sais de toi.
Tu m'aurais dit : "Sokhna, on doit donner juste pour Dieu le Seigneur et qui ne donne pas ne reçoit pas"
Yaay boye

Ta première activité matinale, c’était de nourrir les oiseaux devant la porte de la maison et qui chaque soir, revenaient se coucher sur l'arbre à sapotille, pleureront ta disparition.

Yaaye je suis triste et j'ai le cœur lourd car tu es partie en mon absence
Que seront nos dimanches à la grande maison sans toi?
Qui me fera les « tagg » le jour de mon mariage?
Qui me parlera de l'histoire du Walo, de Talataay Nder?
Je suis triste yaye car je ne te retrouverai pas à mon retour...
mais en même temps, je suis fière d'être ta fille, fière des valeurs que tu nous as inculquées, fière d'être ta thiaat comme tu m'appelais affectueusement.

Je suis rassurée par tous ces témoignages faits sur toi. Je remplirais toutes les pages du monde que je ne saurais énumérer toutes tes qualités.
Yaay boye

Je peux affirmer aujourd'hui sans me tromper que tu étais une "waliyou " cachée. Tout le Sénégal a convergé vers ta maison, yaako ligueey yaay.
Yaay boye

Dans une autre vie je t'aurais encore choisie comme maman.
Dors yaaye boye, dors ma cousine, dors sama diaam bi. Les sagarou ndjaam, je te les donnerai le jour de notre rencontre au paradis car je sais que tu y es, avec le prophète Mouhamed (SAW), avec Cheikh Ahmada Tidiani Chérif (RTA), avec Seydil Hadji Malick ( RTA) avec Serigne Babacar Sy (RTA) avec Dabakh Malick ( RTA)

Dors yaye boye, fille de Adja Fatou Binetou MBODJ la Linguère.

Dors Gueye Ndioro, Malick Samba Noor, Moulay Samba Noor, seutou yame Fall Massata, kouly mi ci mbégay, kouly mi ci makka, Yatma Demba mi ci Dimar, Reuy mi ci thilé, fara mi ci gaulam, Malikhoury mi ci Békhar. Nous ne t'oublierons jamais.
Dors yaay boye, dors du sommeil des justes.

Ta thiaat Ndeye Sokhna MBODJ

Adieu maître !
L’espoir que nous avions de voir toute la presse sénégalaise se ,rassembler pour rendre un hommage mérité à Bara Diouf l’année prochaine, à l’occasion de son quatre vingt dixième anniversaire, s’est donc envolé.

Mais la  mort peut faire avorter un projet ; elle ne peut tuer le sentiment fort d’amour filial que nous avons pour un homme qui aura tant compter dans notre vie.
Ma rencontre avec Bara Diouf (qui m’a été présenté par mon père) a changé  mon parcours professionnel et m’a fait découvrir le  monde fascinant du journalisme. Plus de trente ans après, je suis resté fidèle à un oncle, un père et un ami. Sa maison est restée toujours ouverte pour moi et je lui serré la main la semaine dernière.

Sa famille m’a toujours considéré comme l’un de ses membres car  ils voyaient tous (sa femme, ses enfants) la joie qui nous animait lorsque nous nous retrouvions pour parler politique et culture, entre autres.

Ce que je retiens de Bara Diouf  c’est d’abord et avant tout son exceptionnelle générosité de cœur et d’esprit, son patriotisme panafricaniste. Le panafricanisme chez Bara Diouf est une réalité vécue, choisie et assumée. Patron du « Soleil » il a recruté des journalistes africains de tous les pays .il était chez lui en Côte d’Ivoire et au Maroc et se sentait à l’aise  partout en Afrique.

Oui il a mené des combats et fait des choix politiques, utilisant sa plume inspirée trempée dans la passion du verbe,  de la conviction  et de  la lucidité.
Le combat politique n’a jamais été chez lui clôture dogmatique. Son ouverture d’esprit et sa vaste culture irriguée par  l’expérience et la fréquentation assidue   de monuments intellectuels comme Senghor lui ont  toujours permis de relativiser. Et de trouver le chemin de réconciliations spectaculaires.

C’est Bara Diouf  qui a réconcilié Senghor et Stanislas Adotévi après la publication, par ce dernier du livre : « Négritude et Négrologues », un brûlot contre les idées    défendues par les tenants de la négritude. C’est Bara Diouf   qui avait ouvert les colonnes du « Soleil » à Babacar Sine, éminent philosophe marxiste, opposant résolu au régime socialiste et qui finira par le rejoindre. Le secret de Bara Diouf c’est la joie de vivre, une joie de vivre contagieuse.

Mélomane et danseur hors pair, il a aimé la vie et a eu la chance de l’avoir célébrée aussi longtemps.
Il laisse le souvenir d’un homme qui aura  marqué son époque et lapresse africaine d’une manière indélébile.

Ses éditoriaux du « Soleil » étaient l’événement médiatique de l’époque. Toute la «classe  intellectuelle » s’y penchait pour les décrypter et prendre position. Il ne laissait personne indifférent.

Dans ses dernières années au « Soleil » comme Président du conseil d’administration, il avait encore démontré que sa plume restait alerte et vigilante.
Le journalisme était pour lui un sacerdoce. Il était devenu maître de plume comme d’autres étaient maîtres de forge.

Sur l’enclume de la pensée il enfilait des pépites d’or d’envolées verbales  dont il avait, seul, le secret. Bara Diouf avait tout simplement du talent, des idées et le courage de les défendre.
L’Afrique vient de perdre l’un de ses plus grands journalistes.

Repose en paix cher ami.

Par Mouhamadou Moustapha DIA

Doyen ! C’est le 07 septembre, en fin de matinée, que j’ai appris, par le biais de Cheikh Thiam, actuel Directeur général du quotidien « Le Soleil » à travers sa page facebook votre disparition.

Je suis resté, des minutes durant, figé devant ma machine, avant de dire, à mon collègue qui fut votre agent au Soleil : « Samb ! Doyen Bara n’est plus ». Sa réponse était simple : « toutes mes condoléances Aïdara. Tu as perdu un ami ».

Sur le coup, j’ai pris mon téléphone pour appeler un autre journaliste qui a eu aussi la chance de vous côtoyer, en l’occurrence Mathieu Bacaly de L’Observateur.

Sans attendre, il me rejoint à mon bureau et ensemble on s’est dirigé vers la Rue Roosevelt qui doit désormais porter le nom de Bara Diouf. Cette doléance de ton jeune ami, je dirais le plus jeune de tes amis, parce que partout où j’étais avec vous, vous me présentiez toujours comme étant votre ami, s’adresse à Monsieur le Maire de Dakar, Khalifa SALL.
Arrivés à la maison qui refusait du monde, une fois le portail franchi, je m’immobilise, votre épouse, la grande Dame, Madame DIOUF, depuis son salon où elle était entourée, me fait signe.

En avançant, je regardais partout, à la recherche d’une personne qui était tout pour vous, à savoir Fatou Bara. Mais, je ne la voyais nulle part.
Au salon, le premier mot qui est sorti de la bouche de cette grande Dame qui a donné toute sa vie pour vous accompagner jusqu’à votre dernier souffle, était : « massa Aidara. Pabi demna ».

Face à l’émotion, les mots ne pouvaient pas sortir. En grande Dame, je la regardais accueillir et orienter les parents et amis qui ont envahi la maison avant de lui demander le jour et l’heure de la levée du corps.

Le lendemain à la morgue de l’hôpital Principal, toutes les couches sociales de la société sénégalaise, s’étaient donné rendez-vous pour vous rendre un dernier hommage.
Devant moi, deux hommes. L’un s’adressait à l’autre en ces termes : « Ki moy vrai intellectuel. Sénégal bamou dadj amoul intellectuel nou mel ni mom ». L’autre lui posa une question : « louy intellectuel ? ». Sa réponse était simple : « moy kou nga khamni, amna khamkham, té yénénako gneup, té nangouna dieul lou gnénem am, amoul khalé, amoul mag ». « Kone ki kou bakh la » réplique l’autre. Monsieur vous avez raison. « Kou bakh la ».

Doyen, avec votre permission, je vais leur expliquer qui est Bara Diouf. Bara Diouf était avant tout petit -fils de Buur Sine Coumba Ndofène Diouf. Vous me taquiniez toujours en disant : « toi, tu es petit-fils du Prophète Mohamed (PSL), moi petit fils de Buur Sine Coumba Ndofène Diouf. N’est-ce pas Saint Mathieu ? Toi qui était apôtre de Jésus».
Bara Diouf était un républicain. Oui ! Un républicain. Il avait donné toute sa vie à la République. Il était témoin et acteur de toutes les grandes décisions du Sénégal indépendant. Pour servir la République, Bara Diouf avait renoncé à tout.

Bara Diouf était l’un des plus grands journalistes du globe terrestre. Il avait très mal de voir les journalistes quitter les rédactions pour des postes d’attaché de presse ou conseiller en communication. Il me disait toujours que « les meilleurs journalistes sont aujourd’hui dans les bureaux. Ce qui ne profite à la presse et au peuple sénégalais».

Bara était un panafricaniste et historien, car il était non seulement témoin et acteur de son époque, mais également témoin de celle de la nouvelle génération.
N’est-ce pas vous qui m’avez expliqué l’histoire du RDA.

N’est-ce pas vous qui m’avez expliqué l’arrivée du Général de Gaulle à Dakar, le jour où Valdiodio Ndiaye et Jean Collin étaient les deux Maîtres du Sénégal.
N’est-ce pas vous qui m’aviez expliqué les tournées nationales de Mamadou DIA.

N’est-ce pas vous qui m’aviez expliqué la dislocation de la Fédération du Mali.
N’est-ce pas qui m’aviez expliqué le différend entre Senghor et Dia en 1963.

N’est-ce pas vous qui m’aviez expliqué le voyage de non-retour de Diallo Telli en Guinée auquel vous vous êtes opposés. N’est-ce pas vous qui m’aviez expliqué les relations tendues entre Ahmed Sékou Touré et Léopold S. Senghor.

N’est-ce pas vous qui m’aviez expliqué les relations entre Senghor, Cissé Dia, Abdou Diouf, Babacar Bâ, votre ami.
N’est-ce pas vous qui m’aviez expliqué les consultations de Senghor pour sa succession durant lesquelles vous avez choisi la République à la place de votre ami, alors que Senghor s’attendait à ce que vous lui proposiez votre ami.

N’est-ce pas vous qui m’aviez expliqué votre rencontre avec le président Wade à l’Académie française, lors de la cérémonie d’intronisation du président Senghor comme immortel.
N’est-ce pas vous qui m’aviez accompagné et présenté au Professeur Assane Seck, à Fass dans ses bureaux, en lui disant : « Assane, je te présente un brillant jeune journaliste. Il a juste besoin de l’aide pour aller très loin. Tu vas lui accorder une interview aujourd’hui devant moi ».

N’est-ce pas vous qui m’aviez présenté à Seydou Badian Kouyaté, l’auteur de « Sous l’orage » et lui a demandé de m’accorder une interview dans le cadre des 50 ans d’indépendance de beaucoup de pays d’Afrique francophone.

N’est-ce pas vous qui m’aviez dit, une fois dans votre bureau de PCA au quotidien national que l’actuel Directeur général Cheikh Thiam est pétri de talent.
N’est-ce pas vous qui…

Doyen, certes vous êtes parti, mais sachez que la République s’est mobilisée pour vous rendre un hommage digne d’un prince du Sine et des grands intellectuels du monde.
Etaient présents à ce dernier rendez-vous, pour votre dernier voyage, journalistes, religieux, politiques, hommes de culture, amis, parents, etc.

Doyen, pour votre information, arrivé à la maison et devant toute l’assistance, votre épouse a dit haut et fort, que Paul Mendy et moi étions vos amis.
Repose en paix Doyen !

Par Talibouya AIDARA
Conseiller Technique en charge de la Communication
Ministère de la Pêche et de l’Economie maritime

La région de Matam s’est incontestablement transformée depuis l’avènement de Son Excellence le Président Macky Sall au pouvoir. Le Conseil des Ministres décentralisé pour la région de Matam du 21 mars 2013, a validé  un programme d’investissements de 126,767 milliards de francs CFA pour la période 2013-2015, à travers le Programme Triennal d’Investissements (PTI). Le taux d’engagement suite à ce conseil des ministres décentralisé est de 141%. A la date du 1er aout 2015, 178.209 Milliards de FCFA ont été engagés pour la région de Matam dans divers secteurs économiques et sociaux. L’engagement étant bien entendu un investissement dont la réalisation et le paiement peuvent être échelonnés sur plusieurs exercices.
Pour être plus concret et faire taire certains contestataires de ces chiffres, il importe de rappeler certaines grandes réalisations dans la région de Matam depuis l’avenant du Président Macky Sall.

INFRASTRUCTURES
Les routes Ourossogui - Matam, les ponts de Ganguel Soulé et de Wendou Bosséabé ont été finalisés. Le financement est entièrement acquis et l’appel d’offres lancé pour la réhabilitation complète de la route de Ndioum - Ourossogui-Bakel et les cinq ponts sur les bras du Fleuve Sénégal. Ce dernier projet d’envergure va permettre notamment la réfection, l’aménagement et le bitumage de 337 km de route dégradées, le désenclavement de l’Ile à Morphil et la construction de 12 km de voies urbaines à Matam et Ourossogui. Les travaux de réfection et d’agrandissement de l’aérodrome d’Ourossogui vont démarrer incessamment. De même grâce au PUDC, 258 km de pistes rurales ont été réalisés permettant le désenclavement d’une centaine de localités et l’accès à plus de 5000 hectares de terres cultivables. La ville de Matam fait partie de la première vague des villes concernées par le programme national PROMOVILLES. A cela, il faudra rajouter le renforcement de l’accès aux télécommunications grâce au PUMA qui va impacter toute la région.

AGRICULTURE
En deux années de mise en œuvre du PSE, le PIB du secteur primaire dans notre pays est passé de 1.8% en 2013 à 18.2% en 2015. Dans cette évolution, il est évident que les investissements réalisés dans l’une des principales régions agricoles du Sénégal ont été essentiels dans ces performances.
Les différents projets en cours pour faire de la région le grenier du Sénégal en se basant sur son énorme potentiel de plus de 55000ha aménageables représentent un engagement de près de 44 Milliards de Francs CFA. Depuis 2013, grâce aux différents programmes et projets inscrits au Plan d’actions Prioritaires (PAP) de nombreuses réalisations ont été notées. Aujourd’hui les projets agricoles de Waoundé sur 700 ha (Waoundé) de Doumga Ouro Alpha sur 1000 ha (Bokidiawé) de Diafane-Sorokoum, de Koundel (Nabadji Civol), de Sylla (Dabia), de Sinthiou Boumack (Agnam Civol) de Garly (Ogo) la réhabilitation de la marre de Tiguéré Yéne, de Honi (Bokidiawé), la consolidation et l’aménagement des SIPA de Diowol (Bokidiawé), de Ogo (Ogo) de Ndouloumadji Dembé (Nabadji Civol), les 7 châteaux d’eau construits rien qu’en 2015 et la construction de trois rizeries sont autant de preuves de la nouvelle offensive agricole dans la région de Matam.

Il faudra y rajouter les programmes réalisés par le PRODAM et la SAEF et concernant la construction de 6 km de digues de protection, la création de 9 nouvelles SIPA, l’aménagement de 27 périmètres irrigués villageois et la réhabilitation de 30 autres, l’aménagement de 30 ha de micro périmètres pour les groupement de jeunes et femmes, l’appui aux producteurs pour les semences certifiés sur 10 ha en riz, 10 ha en maïs, 2 ha en mil et 3 ha de sorgho.
Le DAC (Domaine Agricole Communautaire) de Matam est en cours de réalisation pour un coût de 8 Milliards de Francs CFA. Il va permettre la création de 20000 emplois directs et indirects. A côté l’ANIDA réalise dans la région plusieurs fermes Naatangué. Tandis que le PUDC  a construit une vingtaine de forages, réalisé 85 km de pistes permettant le désenclavement de plus de 80 localités et l’accès à des terres agricoles et l’électrification de 87 localités.

HYDRAULIQUE ET ASSAINISSEMENT
En moins de deux ans, le PEPAM et le PUDC ont construit ou réhabilités 69 ouvrages hydrauliques portant le nombre de localités desservis en eau courante à 334 et 42 km de réseaux d’adduction cumulés. Le taux d’assainissement qui était en 2014 de 5% est passé à 17% d’après les chiffres officiels.

ELECTRIFICATION
Grâce aux efforts du gouvernement, la région de Matam est actuellement la quatrième sur les 14 régions du Sénégal en termes de taux de couverture électrique avec ses 37 %. Le taux de couverture électrique est de  44% pour le département de Matam, 34% pour le département de Kanel  et 4% pour le département de Ranérou. La concession Matam-Bakel-Kanel-Ranérou qui fait partie des 10 que notre pays a mis en place pour accélérer l’accès à l’électricité pour tous  est en cours de finalisation. Nous avons dans le cadre des ERILs (Electrification Rurale d'Initiative Locale) le projet OUWENS MATAM_SEDHIOU_ZIGUINCHOR avec l'opérateur Coseer Matam qui a engagé les travaux d’électrification de plusieurs localités dans les communs de Dabia, Ogo et Agnam Civol en mini réseau.  La région de Matam est largement bénéficiaire aussi des programmes d’électrification du PUDC, du Projet Autrichien Phase 2 et du Programme national d’urgence d’électrification rurale (PNUER et Myna). A la fin de ses programmes, au plus tard en 2018, le taux d’électrification de la région de Matam sera porté à 56% avec 57% pour le département de Matam, 55% pour celui de Kanel et 52% pour Ranérou.

SANTE
La région dispose actuellement de deux hôpitaux dont les capacités d’accueil, la qualité des soins ainsi qu’une meilleure disponibilité du personnel soignant ont été améliorées grâce à la spécialisation initiée par le Gouvernement du Président Macky Sall.
La mise en place du Centre de Dialyse de Matam doté de 12 générateurs constitue une révolution de haute portée, fortement appréciée par les populations cat elle permet à des dizaines de ressortissants de la région de se faire soigner sur place et leur évite des parcours de plus de 1200 km par semaine pour se rendre à Dakar. Depuis quelques semaines des ambulances de dernière génération, entièrement équipées, avec l’appui de la Fondation Servir le Sénégal, sont mises à la disposition des structures de santé de la région de Matam pour faciliter l’évacuation des patients dans les hôpitaux de Matam et d’Ourossogui dans de meilleures conditions.

EDUCATION NATIONALE ET FORMATION PROFESSIONNELLE
Au titre de l’éducation nationale, depuis 2013, 7 collèges ont été construits et quatre lycées sont en chantier dans la région de Matam. La construction de l’Institut supérieur de formation professionnelle (ISEP Matam) va bientôt démarrer sur un espace de 59 ha, pour un investissement en constructions de 600 millions  de Francs CFA. L’ISEP va developper des formations innovantes et orienter les centaines de bacheliers de la région dans les filières professionnelles scientifiques et techniques de courtes durées leur permettant d’embrasser les métiers de leurs choix et de trouver un travail. L’ambition est de fixer les étudiants dans le terroir et de leur éviter certaines conditions difficiles à Dakar et Saint-Louis. Cette nouvelle donne va encourager des opérateurs économiques à investir dans la région convaincus de trouver de la main d’œuvre hautement qualifiés sur place. Pour les deux dernières années, la région de Matam a enregistré le meilleur taux de réussite au BAC au niveau national avec 86,30% en 2016 pour un taux national de 49.62%. C’est dire que le potentiel est là.
En définitive, il est incontestable que la région de Matam reflète les effets visibles des projets retenus lors de son conseil des ministres décentralisé. Ces réalisations sont la matérialisation  de la Vision globale à travers le PSE que le Président Macky Sall a pour le Sénégal et de la place que doit y occuper et jouer la région de Matam dans l’optique de la transformation des conditions de vie des populations et le développement des terroirs.

Certes beaucoup d’autres défis restent à être relevés.
Matam a besoin d’un relèvement sensible de son plateau médical avec le renforcement en équipements des deux hôpitaux, l’affectation de médecins spécialisés, l’amélioration des conditions d’accueil ainsi qu’une meilleure couverture spatiale afin de rompre avec les déserts médicaux. L’emploi des jeunes est un défi national mais est plus tenace dans la région. Il est toutefois à espérer que le déploiement rapide du DAC et des fermes de l’ANIDA et le développement de filières industrielles dans l’agribusiness vont favoriser la création de milliers d’emploi et permettront de lutter contre l’exode vers les centres urbains. D’autres défis sont aussi à relever comme le financement des femmes, l’organisation de la pêche artisanale en eaux douces, la navigabilité sur le fleuve Sénégal, l’accélération des programmes dans le sous-secteur de l’élevage, la protection de l’environnement etc…
L’espoir est permis qu’avec le Président Macky Sall nous arriverons au bout de ces nombreux défis tant nous avons confiance à sa vision claire et manifeste, à son leadership affirmé et à son engagement ferme de mener le combat contre les inégalités afin de favoriser un développement inclusif.

Les populations de Matam n’ont jamais douté de l’engagement du président Macky Sall de faire du Sénégal un pays émergent et de la région de Matam l’un des moteurs de cette émergence. Elles l’ont démontré lors du dernier référendum avec une victoire du OUI à près de 90% et l’un des meilleurs taux de participation du pays et lors de l’élection des Hauts Conseillers avec une victoire nette et sans appel à 93%. Elles seront au rendez-vous en 2017 et en 2019 pour respectivement donner une majorité confortable à l’APR à l’Assemblée Nationale et réélire Son Excellence le Président Macky Sall, dès le premier tour, à la magistrature suprême. Ce sera leur manière de le remercier pour les moyens déployés pour faire de la région le pivot de l’émergence du Sénégal.


Par  Par Me El Ousseyni KANE
Directeur de cabinet Ministre auprès du Président de la République chargé du suivi du PSE
Responsable Politique APR –Matam

Ton voeux le plus cher était de voir grandir ta dernière née, Fatou Bara Diouf. Elle a brillamment passé son bac et étudie maintenant en Europe. Elle ne voulait voyager et laisser derrière son "vieux" et si vivant père Bara. Te connaissant, je sais qu'avec ton éloquence, tu as su trouver les beaux  mots pour la rassurer et vaincre ses hésitations. Ce mercredi 7 septembre, tu es parti derrière Fatou Bara, convaincu qu'elle peut maintenant continuer son pèlerinage sur cette terre, armée des valeurs que tu lui as minutieusement  inculquées. Ne confiait-elle pas à sa maman Fatim qu'il y a quelques jours, elle avait vu en rêve son père Bara lui tenir la main et lui demander, avec tendresse :  "maintenant Fatou, laisse moi partir".

Vas en paix Doyen. Vont nous manquer à nous tes jeunes amis : ta joie de vivre, l'amour sincère que tu nous portais, les déjeuners chez toi à Roosevelt autour des copieux mets cuisinés par ta chère épouse Fatim. Mais convaincus que tu fais partie de ceux qui méritent le Paradis, nous ne pouvons céder ni aux pleurs ni à la tristesse. Nous veillerons sur ta chère et bien aimée, la bien nommée Fatou Bara. Seule dans cette ville de France pour les besoins de ses études, elle a du mal à accepter qu'elle n'entendra plus la voix si rassurante de son papa. Et pourtant, quelques heures avant ton départ pour le voyage sans retour, au téléphone, tu lui avais demandé de te laisser te reposer un peu. C'était donc pour un repos éternel ?

Doyen, tu m'avais promis de rester avec nous jusqu'à tes 100 ans. N'est-ce pas Docteur Koumé ? Pour une des rares fois Doyen, tu rates un rendez-vous, mais tu es excusé. Des mois durant, je ne t'ai pas rendu visite. Plusieurs fois, je suis passé devant ta calme demeure, sans m'arrêter. Ta brave épouse Fatim m'a confié, ce mercredi, que tu ne cessais de demander de mes nouvelles. Bara, je voulais garder de toi le souvenir de ce beau vieux à l'esprit alerte, friand de bonne chère, croyant, sans fanatisme, fervent défenseur de la laïcité et du dialogue des religions et des cultures. Te voir malade et affaibli m'aurait profondément attristé. Doyen, tu hésitais à  demander service, mais permets moi juste de formuler un vœux :  puisse le président Macky SALL, décider que la Maison de la presse, porte ton nom. De la Corniche, voir Bara Diouf à la "Une" de la Maison de la presse... Quel bel hommage le chef de l'Etat rendrait ainsi à ce brillant journaliste que tu es resté jusqu'à ton dernier souffle, à  ce grand frère et doyen parti trop tôt à... 89 ans. Repose en paix mon ami, mon doyen, mon père Bara Diouf, le magnifique....

Par Paul MENDY

Ancien Attaché de presse de l'ambassade d’Israël au Sénégal

Le Sénégal, notre pays présente un cheptel relativement important riche et varié avec 3.500.000 bovins, 15.000.000 de petits ruminants (moutons et chèvres) 600.000 chevaux et 25.000.000 de volailles non industriels. A titre de comparaison, le Mali beaucoup plus vaste compte près de 10.000.000 de bovins pour 30.000.000 de petits ruminants. Depuis quelques années, le Sénégalais « goorgoorlou » vit avec hantise l’approche de cette grande fête qu’est la Tabaski (Aïd Al Adah). Cette célébration qui perpétue le sacrifice d’Abraham perd de plus en plus son caractère festif pour devenir progressivement un événement « craint » par beaucoup de familles dont les plus pauvres se ruinent, s’endettent et hypothèquent le reste de l’année alors que se profile une nouvelle année scolaire.

De plus, le marché national ne pouvant guère satisfaire la demande locale, les gouvernements successifs ont fait preuve d’insuffisances et n’ont eu comme solution que l’importation de moutons à partir de pays limitrophes.

• Ainsi, dès l’indépendance, les pouvoirs publics commencèrent à intervenir en facilitant l’approvisionnement des fonctionnaires en mouton de Tabaski ; l’Etat achetait des animaux qu’il revendait à ses agents et récupérait l’argent dû par ses billeteurs ou le Ministère des Finances. De même, les collectivités importantes comme l’armée, la gendarmerie ou d’autres services organisaient des achats groupés en allant acheter les moutons en zone de production.

• A partir de 1970, la SERAS (Société d’exploitation des ressources animales) aujourd’hui disparue, à travers son département « Animaux Vivants » organisait des opérations Tabaski pour un volume variant entre 3.000 et 6.000 têtes achetées dans les pays limitrophes ou aux frontières. Ces opérations ponctuelles initiées par la SERAS avaient comme unique mérite de moraliser un peu les prix.

• Aujourd’hui, alors qu’il est question d’émergence, on nous parle toujours d’importations à partir de pays limitrophes (750.000) têtes pour les besoins nationaux dont 260.000 pour le seul marché dakarois ; si rien n’est fait le plafond de 1.000.000 de têtes sera allègrement franchi d’ici sous peu. Les seules mesures d’accompagnement prises sont un crédit octroyé à des éleveurs et à des opérateurs économiques, une réduction du prix de l’aliment bétail au niveau de certains points de vente et la suspension des droits et taxes sur les moutons 45 jours avant, et 15 jours après la fête. Or, il est bien possible de prétendre à une autosuffisance à moyen terme si et seulement si un programme sérieux est mis en place. Cette modeste contribution interpelle donc éleveurs, vétérinaires, zootechniciens, chercheurs, planificateurs, pastoralistes, décideurs,…

1. Sur le plan juridique
Il faudra simplement revisiter l’histoire… Le Sénégal comme tous les pays sahéliens avait été fortement éprouvé par la sécheresse des années 70 ; les pertes en animaux ont été dans l’ensemble estimées à prés de 40% pour les bovins et 20% pour les petits ruminants (moutons et chèvres). A l’époque, le Gouvernement par arrêté avait tout simplement interdit l’abattage des femelles de l’espèce bovine âgées de moins de 10 ans et les jeunes animaux ceci, bien entendu dans la perspective de reconstruire le cheptel décimé. Pour les mêmes raisons, le Ministère de l’Elevage et des Productions Animales se doit de prendre un arrêté interdisant l’abattage des brebis dans les lieux contrôlés (abattoirs et tueries modernes).

2. Contrôle de la circulation des animaux
Depuis quelques années, l’on a remarqué que des camions gros porteurs à destination de notre voisin du nord, faisait des razzias au niveau de nos principaux marchés hebdomadaires. Les animaux ciblés à l’achat étaient en plus des chèvres, des brebis et de jeunes animaux. Ce voisin du nord pour rappel, a quitté l’espace CEDEAO depuis les années 2000.

3. Sur le plan sanitaire et mesures d’accompagnement
A l’instar des programmes autosuffisance en riz, en banane une stratégie claire et précise doit être déclinée (ressources humaines, matérielles et financières) en lieu et place de crédit accordé par les institutions financières à certains éleveurs, opérateurs économiques et de l’engagement politicien de certains Maires.

- l’importation non contrôlée d’animaux vivants ne doit pas exclure un véritable contrôle sanitaire aux frontières (menace de propagation de certaines maladies animales connues comme la Rift Valley Fever et bien d’autres) ;

- vaccination de masse des petits ruminants contre la peste en insistant sur une carte zonale du pays prenant en compte la transhumance saisonnière. L’Etat se doit de dégager des ressources additionnelles pour suppléer provisoirement la participation des éleveurs vu que les taux de vaccination enregistrés sont toujours faibles. Pour rappel cette pathologie fait payer un lourd tribut aux petits ruminants, un accent particulier devant être accordé à la qualité du vaccin (conditionnement et pouvoir immunogène) ;

- amélioration du potentiel génétique des petits ruminants afin d’améliorer la conformation et surtout le rendement carcasse ;
- au niveau des zones de production, répertorier par l’intermédiaire des services régionaux d’élevage et de production animale les grands éleveurs de petits ruminants qui auront besoin d’un accompagnement zootechnique et sanitaire tous les ans avec des objectifs clairement assignés ;

- recrutement massif de professionnels vétérinaires aux fins de veiller sur la santé animale et de protection de la santé des consommateurs (un agent d’élevage par commune rurale et construction par l’Etat d’une aire d’abattage cimentée et équipée par arrondissement pour le contrôle des abattages) ;

- sensibilisation des populations et surtout des leaders religieux.
En effet, lors de certaines fêtes et commémoration diverses (Gamou, magal, thiante, cérémonies familiales,…) l’on note un taux d’abattage très élevé des petits ruminants et il n’est pas rare le jour de la Tabaski, de voir le sacrifice de 10 à 15 moutons dans la même concession. En revisitant encore l’histoire récente, l’on se rappelle du Roi Hassane II qui avait décrété une année « le sacrifice unique » pour tout le royaume chérifien.

Le Sénégal est un pays à forte majorité musulmane.
Son approvisionnement en mouton de Tabaski ne doit pas être conjoncturel. Contrairement à l’autosuffisance en riz qui relève de la sécurité alimentaire, une production nationale suffisante en petits ruminants quant à elle doit être du domaine de la sécurité nationale dès lors que l’approvisionnement à partir des pays limitrophes devient de plus en plus incertain à cause d’enjeux sécuritaires et économiques.

Par Docteur Ousmane LO Vétérinaire
Vice-président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture
Vice-président de la Section Agricole Louga

Avec 25% de taux de chômage, plus de 100.000 nouveaux diplômés de plus chaque année sur le marché du travail pour  seulement 31% de taux d'insertion, plus de 60% des jeunes Sénégalais  au chômage, une question mérite d’être posée.

Avons-nous vraiment tout essayé dans la lutte contre le chômage ?
Les responsables et l'ensemble des acteurs politiques, économiques et sociaux, doivent enfin s’attaquer à ce mal. Il devient, aujourd’hui, une nécessité de se pencher sérieusement sur une démarche de prévention et de soins intensifs. Oui ! Car ce traumatisme du chômage doit enfin être pris en compte dans les politiques de santé. La jeunesse aussi a un rôle important à  jouer parce qu’étant une  force puissante de changement et d’innovation. Ce fléau touche essentiellement les jeunes générations, c’est pourquoi il est important qu’ils aient une participation active pour sortir de cette situation.

La pauvreté, la perte du lien social, la hausse de la délinquance et de la criminalité,  l’émigration, sont autant de conséquences liées au chômage. En plus, de ses conséquences directes sur la consommation, le chômage  exerce une influence importante sur l’Etat lui-même, qui se doit de rassurer les citoyens et son électorat. D’autre part, il exerce aussi un impact sur  les salariés : Quel que soit son statut professionnel, aucun salarié n’est à l’abri. Et ce contexte professionnel fait état d’un climat d’insécurité dans leur esprit contribuant aussi à la disparition de certains acquis sociaux. Il est important aussi de souligner que les statistiques souvent publiés  ne tiennent pas compte des sous-emplois chroniques et des emplois précaires qui sont des phénomènes très fréquents pour ne pas dire trop répandus dans nos sociétés.

Face à un taux de chômage qui ne décroit pas depuis des décennies maintenant, Comment inverser durablement la courbe au Sénégal ?
Il est donc indispensable de mettre en œuvre un plan capable d’en finir avec cette situation et ces millions d’actifs sans emploi…

Aujourd’hui, nos gouvernants ont compris l'intérêt de favoriser la création d'entreprises, qui est un facteur de progrès, de croissance, mais aussi un outil incontournable pour enrayer le chômage des jeunes. Ils doivent cependant, engager un effort continu pour établir un environnement incitatif à la création d’entreprises. Il est important de souligner qu’en matière d’entrepreneuriat des jeunes, généralement nous identifions des barrières comme la peur de l'échec, le manque de ressources financières, de capital social, de compétences et d'expérience professionnelle préalable, de lourdeurs administratives et de charges fiscales élevées.

 Sous ce registre, ces obstacles peuvent bien sûr être franchis afin de permettre aux jeunes de créer leur emploi plutôt  que d’en demander. L'idée, ici c’est d'encourager les personnes sans emploi et qui ont un projet professionnel à travailler pour leur compte, mais aussi offrir la possibilité aux étudiants, retraités, femmes au foyer, ou encore salariés de lancer une activité économique professionnelle à titre principal ou complémentaire.

C’est possible grâce au régime de l’auto entrepreneur
Entreprendre signifie se prendre en main. L’idée selon laquelle l’entrepreneuriat est  réservé  à une élite est fausse.

Ce régime est donc une mesure qui visera à faciliter et démocratiser les activités entrepreneuriales grâce à : (ex…) une simplification des formalités administratives comme l’immatriculation gratuite…, Une comptabilité simplifiée et réduite au maintien d’un registre recettes/dépenses (pas d’obligation d’avoir un comptable…). Ainsi que l’allègement des charges sociales et fiscales grâce à l’application de taux spécifiques minorés entre autres, faciliter l’accès au financement sous forme de microcrédit. Dans un contexte de chiffre d’affaire nul, il est préférable de ne pas payer de taxes, Possibilité d’option pour La Contribution Globale Unique (CGU) calculer sur le chiffre d’affaires après abattement des frais professionnels réellement engagés, etc.

Il est clair que le développement de ce régime permettra d’aspirer le secteur informel en encourageant ces travailleurs à entrer  davantage dans la légalité et de bénéficier des avantages sociaux (plus de 80% de jeunes actifs sont dans le secteur informel). Ce régime permet aussi de créer son entreprise sans prendre trop de risques et  d’évoluer vers les entreprises classiques.

L’auto-entrepreneuriat marquera un vrai changement sociétal par la création d’activités et permettra : de déclarer son activité, de tester une activité avec un marché de niche, et de démarrer son activité à moindre frais.

C’est bien sûr une excellente opportunité de se lancer sans risque et de tester une nouvelle activité à son propre compte. Le statut d’auto-entrepreneur est un statut de transition, qui n’a pas vocation à durée dans le temps avec des limites. Au-delà, d'un certain seuil de chiffre d’affaire l’auto-entrepreneur doit basculer dans le régime d'imposition classique sous forme de SARL, SA…

Nous préconisons ce statut pour encourager l’entrepreneuriat et faire de chacun une personne autonome, ambitieuse et indépendante financière.
Pour ceux qui ont envie de créer leur entreprise sans prendre trop de risques, pour ceux qui souhaitent compléter leurs revenus avec une activité complémentaire : ce statut est à vous.
Aujourd’hui, nombreux sont les jeunes qui veulent tenter l’aventure entrepreneuriale (des projets émergent). Certains prennent même le risque de monter leur propre structure et ainsi entrer dans le monde du travail par leurs propres moyens.

J’ai l’intime conviction que l’accompagnement est l’une des réponses les plus efficaces pour promouvoir, préserver et canaliser cette énergie créatrice. L’immobilisme n’est jamais une solution.

Nous voyons dans l'auto entrepreneuriat une porte de sortie salutaire pour l'emploi des jeunes générations. L’attente est bien réelle, il suffit donc  de l’accorder à une volonté politique. Toute initiative qui favorise l’entrepreneuriat,  ne fera qu’avancer le pays.

Ce régime sera objectivement  bon pour notre pays, du point de vue de l’apport à la caisse de l’état, de la diminution du travail illégal mais aussi de la lutte contre le chômage.
Nos gouvernants ne peuvent pas résoudre à eux seuls le problème du chômage. Nous pensons qu’en donnant la parole aux jeunes et en les investissant, ils cesseront d’être que des victimes potentielles du chômage pour devenir des acteurs capables de proposer des solutions, de promouvoir des mesures concrètes et d’initier de réels changements.

Par Alioune I.M. CISSE
Jeune Entrepreneur
Président fondateur du club des autoentrepreneurs
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Depuis plusieurs mois, Monsieur Ousmane Sonko, Inspecteur des Impôts et Domaines de son état, ne cesse de multiplier ses sorties dans la presse tentant vainement, par des dénonciations calomnieuses, de discréditer le régime de son Excellence, Monsieur le président Macky Sall. 

Il s'est tout d'abord fourvoyé sur l'impôt des honorables parlementaires affirmant urbi et orbi que les indemnités des parlementaires n'étaient pas imposables, contrairement aux dispositions du code général des impôts.

Les précisions des députés, du questeur de l'Assemblée nationale, du président de l'Assemblée nationale et du ministre de l'Économie et des Finances ont fini par édifier l'opinion sur le manque de rigueur dans l'argumentaire de notre cher inspecteur qui a été remis dans ses petits souliers.

Après avoir avalé des couleuvres,  il n'a pas voulu jeter l'éponge et a continué ses manœuvres tendant cette fois-ci  à mouiller le frère du président Macky Sall dans une affaire de montage de société pour l'exploitation du pétrole  au Sénégal. Malgré toutes ses tergiversations, il n'a pu étayer sa thèse par aucune source digne de foi.
Le mis en cause, notre frère Aliou Sall, a  apporté la réplique qui sied montrant qu'il n'a aucune forme de relation avec Petrotim.

Voilà donc quelqu'un qui se croit tout permis en foulant aux pieds l'orthodoxie administrative qui contraint tout fonctionnaire digne de ce nom au droit de réserve dans l’exercice de ses fonctions. 

Suspendu de ses fonctions pour faute grave, il continue à défier l'autorité pour non observance de la mesure administrative.

Convoqué devant la commission de discipline, il fait appel à une meute d'avocats alors que tout le monde sait qu'il n'a pas droit à un avocat devant une telle commission. 
Cette défiance et ce manque de respect notoire vis-à-vis de l’autorité lui ont naturellement valu sa radiation de la fonction publique que personne du reste ne lui souhaitait, mais dont personne aussi ne peut nier la légitimité.

Mais il doit savoir raison garder car la République  (res publica= la chose publique) est trop sacrée pour tolérer qu'on puisse se joue d'elle.
Monsieur Sonko, vous avez assez amusé la galerie et trop c'est trop. 

Le temps est venu de cesser vos agitations  puériles et de prendre plus de hauteur pour votre bien personnel et celui de votre famille. 
Sinon la justice républicaine est implacable. 

brahima Baba SALL
Député Maire de Bakel

L'économie numérique va-t-elle accélérer l'appauvrissement des citoyens Africains ?

Cette question va certainement à contre-courant de toutes les projections de tous bénéfices qu'espèrent engranger la plupart des acteurs socioéconomiques en Afrique.

Mais, elle mérite d'être posée car les télécommunications mobiles ont été introduites en Afrique dans les années 2000 et, aujourd’hui, 16 ans plus tard, l'Afrique a atteint un taux de pénétration moyen autour de 100%, notamment au Sénégal qui a atteint un taux de 113,66% en mars 2016 (Source W Projetel/ Sisaroma, basée sur données Artp Sénégal).
Qu'en est-il réellement de la richesse engrangée au bénéfice de la population sénégalaise ?

1. La consultation d’internet est-elle fonction de l’âge ?
2. Qu’est-ce qui est mis comme dispositif par les opérateurs pour s’assurer du respect des droits des usagers des TIC ?
3. Vers qui se tourner pour demander réparation en cas d’abus ou d’erreur ?
4. Les conditions sont-elles véritablement réunies pour une numérisation à grande échelle de l’économie sénégalaise ?
5. Un Sénégal émergent passe-t-il aussi par une économie collaborative basée sur le partage des ressources et des connaissances ?
6. Quels sont les risques et les dangers des TIC sur nos sociétés et nos rapports sociaux, tant dans le domaine éducatif, professionnel que familial ?
7. Quels avantages et bénéfices pouvons-nous de ces domaines ? Sommes-nous prêts pour la numérisation de l’économie ?
8. Les opérateurs sont-ils assez innovants en matière de nouveaux usages ?

Voici un ensemble de questions que devraient certainement se poser un internaute averti au Sénégal.
Le numérique, c'est la consommation des contenus, mais également leur production.
Avec la vulgarisation d'Internet Haut débit 3G et la démocratisation des smartphones, les sénégalais sont devenus de très grands consommateurs du numérique. Mais 99% de cette consommation de contenus est produite hors du Sénégal.

Chaque fois qu'un Sénégalais consomme actuellement du numérique, il s'appauvrit encore plus car la création de valeur s'en va à l'extérieur.
Par conséquent, sans création de valeur contextualisée (contenus locaux), l'économie numérique pourrait accélérer l'appauvrissement des sénégalais.
D'où la nécessité d'inciter et de soutenir la création de contenus africains qui seront consommés par les africains eux-mêmes, c'est ainsi que la création de richesses africaines va s'accroître et surtout créer des emplois locaux et durables.

Tout ceci passe préalablement par l'étude de la demande et du marché sénégalais, puis par la production des contenus sénégalais.
Depuis toujours, le Sénégal a souhaité se positionner comme un leader en Afrique, en TIC. Au cours de la période 2006-2010, le pays a pu réduire progressivement la fracture numérique, grâce à un réseau en numérisation, une bonne pénétration de la téléphonie mobile, une extension de la couverture du territoire par les différents réseaux de télécommunication et une baisse régulière du ticket d’entrée accompagnée de campagnes de promotions régulières des différents opérateurs.

Depuis les annonces faites autour des autoroutes de l’information dans les années 1990, des programmes « intranet gouvernement », de « désenclavement numérique » pour combler le gap numérique entre les localités du pays, de développement du « service universel » avec la mise en place du fonds de développement du service universel des télécommunications, de « e-learning » à l’intention des agents de l’administration publique, de formation des Jeunes aux métiers des TIC (Psfjmtic) des années 2000, ou plus récemment de la Stratégie « Sénégal numérique », le mythe d’une société sénégalaise dorénavant qualifiée de « numérique » est plus fort que jamais.

L’Economie numérique a le vent en poupe. L’Etat, les usagers et les entreprises sont en plein développement. En 2016, tout le monde parle de l’économie numérique mais peu de gens savent de quoi il s’agit.

De quoi souffre l’écosystème des TIC au Sénégal ? Qu’est-ce qu’un bon usage d’internet de nos jours ? Avons-nous assez pris conscience du world wide web, du big data, de la cybercriminalité, de l’IoT,… ? Les politiques s’adaptent-elles aux usagers et répondent-elles aux demandes et besoins de chaque type de public dans son quotidien ? Les risques d’internet chez les jeunes sont-ils bien pris en compte ? Sommes-nous assez formés pour faire face à cette économie numérique ? ...

En effet, nous sommes confrontés à l’accélération de la 3ème révolution industrielle qui n’est pas seulement la révolution du numérique, mais de la convergence entre les nanotechnologies, les biotechnologies, la deuxième vague de l’informatique et de l’utilisation massive des données c’est-à-dire l’internet des objets, le big data, en passant par le Cloud Computing et l’intelligence artificielle …

La convergence de toutes ces technologies et leurs usages bouleverse les conditions de la production, la structure sociale et nous oblige à trouver un autre compromis social. L’économie numérique va littéralement se propager dans l’écosystème sénégalais.

Mais la convergence pour les consommateurs, c’est celle qui lui donne la possibilité de regarder des films ou des programmes télé sur sa télévision mais aussi sur son ordinateur portable, sur son téléphone mobile ; c’est aussi la possibilité de ne pas être contraint par des horaires de diffusion, et de faire en sorte que la diffusion de contenus s’adapte à son propre emploi du temps et non l’inverse comme c’était le cas jusqu’à présent ; c’est enfin la possibilité d’accéder à une très grande variétés de contenus d’origines diverses : consultation très importante par exemple des vidéos réalisées par des internautes : succès de You Tube, Daily Motion.

Les technologies numériques font pleinement partie de la vie quotidienne des citoyens sénégalais qui les utilisent chaque jour pour leurs études (TICE), pour l’administratif (Dématérialisation, eGov) ou pour leurs cultures et loisirs (programmes audiovisuels, réseaux sociaux).

Ils en auront besoin demain pour vivre, étudier, se soigner et travailler dans une société profondément transformée par les usages du numérique, de l’internet et des réseaux sociaux, et dont la plupart des nouveaux métiers, à l’horizon de 2050 (n’existent pas encore aujourd’hui). Les usages de ces technologies fourniront à la très grande majorité de ces jeunes citoyens, les compétences nécessaires pour leur orientation et vie professionnelle future.

Une nouvelle responsabilité pour l’Etat serait de faire acquérir aux élèves et étudiants les savoirs et les compétences « numériques » qui leur permettront de vivre demain en citoyens libres et responsables, autonomes et créatifs, capables de collaborer, de participer et d’échanger, en leur permettant d’acquérir une maîtrise suffisante des nouveaux langages et modes d’expression et de production induits par les outils numériques.

Issue des éléments de réponse de l’étude « African Digital Touch' » réalisée par les cabinets W-projeteL (Sénégal), Sisaroma (France, Cameroun, Côte d’ivoire) et en collaboration avec les associations Solidarité Francophone pour le Numérique (France, Afrique francophone) et l’Association Sénégalaise des Utilisateurs des TIC – Asutic Sénégal), structures spécialisées dans les TIC, la grande tendance à surveiller en matière d’économie numérique se résume en : « des usagers informés et actifs en ce qui concerne les Technologies d’aujourd’hui et de demain ».

En conclusion de l’étude, nous pensons que la maîtrise des TIC nécessite une sensibilisation et une formation généralisée des usagers car cette génération internet, ignore le numérique. En effet, en matière de TIC, il faut d’une part un équilibre entre les territoires, mais aussi un équilibre de compréhension entre les Opérateurs-producteurs, l’Etat-régulateur et les Usagers-consommateurs afin qu’ils comprennent de la même façon l’écosystème des TIC. La solution trouvée est la sensibilisation, la formation et la collaboration participative. Les TIC sont indispensables au bon fonctionnement des gouvernements, aux services citoyens et à l’économie. A l’image de structures comme Gaïndé 2000 qui dispose d’une expertise avérée dans le domaine de la dématérialisation des procédures douanières, l’Etat du Sénégal doit favoriser l’émergence de centaines de « Gaïndés » aptes à faire face à la concurrence extérieure et à créer de la valeur ajoutée pour contribuer à la croissance. En effet le digital est une caractéristique en plein essor, un secteur stratégique de l’économie dont la contribution totale sur la croissance, composée d’un effet direct via l’accumulation de capital numérique et l’effet indirect mesuré par la diffusion du capital numérique dans le système productif, est non négligeable. Dans un contexte de mondialisation et de concurrence des pays développés, la question de former des générations plus actives, plus dynamiques conscientes des enjeux, est plus qu’urgente.

Par Abdoul Aziz WANE

Président Solidarité Francophone pour le Numérique/DG WPS

« La route tue et handicape à vie beaucoup trop de personnes : arrêtons l’hécatombe ! »

Crie de cœur d’un jeune sénégalais à l’émission radiophonique « Wax Sa Xalaat »
« Quand on se brûle au feu que soi-même on attise, ce n'est point un accident, c'est une sottise. »
Mathurin Régnier, poète satirique français du 17e siècle

Les mauvais comportements sont pluriels et récurrents chez nous au Sénégal. Plus besoin de chercher à le démontrer. On peut le constater partout, tous les jours et à tous les niveaux. Il suffit pour s’en convaincre de parcourir la presse ou bien simplement de regarder autour de soi : l’insalubrité ambiante, le surencombrement de nos rues, la dégradation accélérée de nos infrastructures, les guéguerres politiciennes, le népotisme, la fraude, la corruption, la concussion, la persistance des pandémies telles le Sida, le Paludisme, la Tuberculose, liés aussi et surtout, eux aussi, à des questions de comportement, etc. ; et réduisant de beaucoup l’impact de nos efforts de développement, entravant ainsi l’émergence de notre pays qui alors n’arrêtent pas de faire du surplace, de piétiner, voire même, quelquefois, dans certain domaines, de reculer. Mais lorsque, de surcroit, les mauvais comportements, emportent aussi, et de façon aussi massif, des vies humaines, à l’instar du naufrage du bateau le Joola et ses 1863 morts ainsi que de toutes ces catastrophes de la route chaque fois plus meurtrières, il y a de quoi se tenir la tête et crier…

Il est vrai que l’insécurité routière, contrairement à d’autres fléaux, est l’une des préoccupations majeure, mondialement partagée par et entre tous les pays : 1,14 millions de décès, 20 à 50 millions de blessés par an, à travers le monde, nous apprend l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Au Sénégal, la recrudescence des accidents de la circulation, d’année en année, prend des proportions inquiétantes consécutives au mauvais état des vehicules, surtout de transport en commun, et aux mauvais comportements des usagers de la route : excès de vitesse, conduite en état d’épuisement ou d’ébriété, non maîtrise des techniques de conduite, non respect du code de la route, surcharges et autres débordements inacceptables de passagers ou de marchandises, indiscipline et négligence notoire des chauffeurs et des piétons, etc. Sans oublier l’état défectueux des routes (situation qui, il est vrai, est en train de s’améliorer), parfois leur étroitesse, dans certains endroits du pays. Ainsi donc, en dix ans, début 2002 à fin 2011, au Sénégal, la route a coûté la vie à 3177 personnes, dont 1205 piétons. 49747 personnes sont sorties des accidents avec des blessures, dont 21274 avec des blessures graves, selon les statistiques de la Direction des Transports Terrestres. Pour l’année 2015, la route, au Sénégal, a fait 24231 victimes, dont 400 décès. Ce qui est énorme et inadmissible, surtout à mi-chemin de la décennie de la sécurité routière qui a démarré en début 2011. Le coût économique des accidents de la route représente plus de 1% du Produit Intérieur Brut (PIB), soit plus de 77 milliards de francs CFA par an, informe le Ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement. Et Monsieur Mansour Elimane Kane, Secrétaire Général du dit ministère, d’apporter les précisions suivantes : « 43% des accidents de la route concernent le conflit entre la voiture et le piéton. 5% des causes d’accidents procèdent de l’état du véhicule. Plus de 2% sont dus à l’état de la route. 92% de ces accidents sont dus au facteur humain (comportements sur les routes, somnolence au volant, utilisation de substances psychotropes (drogue), défaut de maîtrise, indiscipline et manque de civisme…»

Mais on laisse faire ! Personne pour mettre le holà, semble-t-il !

Et, comme dans un monde à l’envers où l’on ne cherche guère à améliorer l’état des choses, on vole les boulons des rails et des glissières sur les autoroutes qui en disposent. On vole les regards des égouts et les revêtements des barrières des passerelles. On fraude dans la délivrance des pièces techniques et dans les contraventions. On surencombre les trottoirs, obligeants les piétons à marcher sur la chaussée. Par endroit, surtout à Dakar, on étale les marchandises à même la chaussée, où se faufilent piétons et pousse-pousse, ignorants allégrement les règles élémentaires de bonne conduite sur la route.

Et les « Cars-rapide » (cars de transports urbain, de 35 places) et les « Ndiaga-ndiaye » (cars de transports urbain ou interurbain de 45 places), à l’occasion de meetings politique, de combats de luttes et autres événements sportifs, n’hésitent pas à entasser militants et supporters jusque sur leurs porte-bagages. Et en période de « Magal » (événement religieux célébrant l’exil de Serigne Touba) et de « Gamou » (événement religieux célébrant la naissance du Prophète), malgré les appels des Chefs Religieux, les « Foo-tolou » (camions de transport de marchandise complètement couverts) et les « Dieumbeut » (camions de transport de marchandise à découverts) et autres véhicules bringuebalants impropres au transport en commun, peut être même impropres au transport tout court, dictent leurs lois sur toutes les routes du pays.

A Kaolack, plus que partout ailleurs au Sénégal, les Motos Jakarta, dont les conducteurs, pour la plupart, négligent le port de casque, règnent en maîtres absolus de la route où ils mutilent et tuent en cascade, surtout des jeunes gens à la fleur de l’âge.

Et les rues et avenues de plusieurs quartiers de l’intérieur du pays, et même de notre capitale, où divaguent très souvent des animaux domestiques, sont transformées en terrain de football, à certaines heures du jour, au grand dam des conducteurs, etc.

Alors, à cause de toutes ces pratiques hors normes devenues coutumières, les accidents de la route, chaque jour plus rocambolesques, sont la règle. Et chez nous, hélas ! peut être plus que nulle part ailleurs au monde, les routes et les machines roulantes, faites pour faciliter les contacts entre les hommes, faites pour leur servir de moyens de transport, sèment la désolation et le deuil dans les familles, n’épargnant ni les enfants ni les vieillards. Il est temps d’arrêter tout cela!... Et le Président de la République, son Excellence, Monsieur Macky Sall, a eu raison de déplorer « la recrudescence inadmissible des accidents de la route», et d’appeler à « faire de la sécurité routière, l’axe fondamental d’une politique dynamique des transports » ; c’était lors du Conseil des Ministres du mercredi 17 Février dernier, à l’occasion de laquelle il a invité le Gouvernement « à procéder à l’actualisation des plans de circulation de la capitale, à la réorganisation et à la modernisation de l’administration publique des transports et du secteur ; à veiller à un contrôle routier rigoureux, à l’effectivité des visites techniques, à une meilleure implantation des sites dédiés, et à la sensibilisation des professionnels et usagers de la route sur la sécurité routière. » Dispositions fort appréciables, assurément.

Mais, il est temps de prendre le taureau par les cornes…, et de le terrasser… Il est temps d’affronter le Monstre ! Ce ne sera pas facile, il est vrai. Il y aura des résistances, des protestations, des menaces et des attaques ; des lobbies seront levés,… Il y aura risques d’être encorné. Mais le combat mérite d’être mené, pour qui veut sauver son peuple.

Il est vraiment grand temps pour nous de nous remettre en cause et de comprendre enfin, comme l’écrit Monsieur Samba Nor Ndiaye, Chargé du projet sécurité routière de l’EMAD, financé par l’Union Européenne, via le Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, « que les morts et autres victimes de la route sont le fait de l’impact global de nos mauvais comportements individuel et non une fatalité » ; et de travailler à replacer les choses à l’endroit en « faisant de la sécurité routière l’affaire de tous et pas seulement des services techniques de l’Etat et des forces de l’ordre, car, en vérité, tous les citoyens doivent en être des coproducteurs par leur comportement de tous les jours et leur coopération», écrit-il, par ailleurs.

Et le Docteur Mor Adj de la Fédération Sénégalaise des Sociétés d’Assurance, d’ajouter : « Il est donc primordial de favoriser la cohabitation entre les différents usagers de la route afin que la place publique ne soit plus un lieu de compétition, mais un lieu d’harmonie ». Et de conclure avec justesse : « Seule la prise conscience des uns et des autres peut diminuer les accidents ».

Alors, vivement que la prévention routière portent les fruits escomptés en nous assurant une bonne sécurité routière ! 

Par ABDOU KHADRE GAYE
Ecrivain,
Président de l’EMAD
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Au Sénégal, pour celui qui se permet un minimum d’observation sur l’historique de la jeunesse sénégalaise, il est flagrant que celle-ci s’est longtemps située et se situe encore malheureusement dans une position attentiste vis-à-vis des gouvernements successifs pour une réponse à ses « nombreuses » mais non moins légitimes sollicitations.
Une perpétuelle espérance portée à l’endroit des régimes politiques qui débouche toujours sur des désillusions sources de frustrations à leur tour générateur d’un sentiment de mépris vis-à-vis du monde politique comme en atteste le faibles taux de participation enregistré lors du précédent référendum sur les réformes électorales.

Ce dégoût pour la chose politique se justifie en partie par les promesses politiciennes faites aux jeunes pendant les campagnes électorales et qui finissement bien souvent par être non tenues quand par ailleurs « elles n’engageraient que ceux qui y croient ». Qui n’a pas oublié cette fameuse promesse de campagne du candidat Abdoulaye Wade demandant à tous les chômeurs de lever la main. Malgré toutes celles suspendues en l’air comme pour prendre Dieu en témoin, force est de constater malheureusement qu’une minorité l’a rabaissée, reste à savoir si ce ne serait pas d’ailleurs par désespoir…

En conséquence, n’est-on pas arrivé à un moment donné où les jeunes Sénégalais doivent sortir de cette position attentiste et se réveiller de cette longue léthargie ? Ne devraient-ils pas se définir comme des initiateurs de projets de société ? La jeunesse sénégalaise n’a-t-elle pas encore conscience qu’elle constitue une ressource inestimable, pendant qu’en raison d’une « pénurie de jeunes » certains pays européens sont en train de revoir leurs politiques de naissance  en encourageant des politiques de rajeunissement ? Il est donc sûr qu’à l’orée de ce troisième millénaire il faut que la jeunesse sénégalaise ait une autre vision d’elle-même. Elle doit sortir de cette position disgracieuse pour s’inscrire dans une logique d’activisme citoyen et s’impliquer davantage dans la marche vers le développement de son pays. D’où l’importance de s’attaquer à un immobilisme de la jeunesse reflet de la situation économique de son pays si on se permet la comparaison. De premier abord en matière de participation politique, l’immobilisme de la jeunesse est manifeste même si il est important de rappeler qu’on note ces dernières années un peu plus une implication de celle-ci dans les affaires de la cité. C’est sous ce registre qu’on peut enregistrer les évènements de 2011 où on a constaté une active participation des jeunes dans le champ politique, en vue de contrer la tentative d’Abdoulaye Wade de modifier les modalités d’élections avec l’instauration d’un ticket présidentiel très antidémocratique.

Tout le monde se rappelle de l’opposition farouche des jeunes. On constata une mobilisation sans précédent des jeunes qui ont manifesté activement dans presque toute la capitale sénégalaise pour le retrait de ce projet de loi de l’assemblée nationale. C’est pendant ce turbulent épisode de l’histoire politique du Sénégal qu’on a enregistré la naissance de véritables mouvements de jeunesse comme Yen a marre. Ce mouvement a constitué un cauchemar pour le régime de Wade. Composé essentiellement de jeunes, il a joué un rôle fondamental qui a conduit au retrait du projet de loi et à la défaite du président Wade à l’élection présidentielle de 2012. Aujourd’hui il constitue une véritable sentinelle quoi que l’on puisse dire sur la pertinence de son existence voire sur sa crédibilité. Néanmoins, il est important de rappeler qu’il a existé des manifestations de jeunes de par le passé, comme c’était lors des événements de Mai 1968 sous le magistère du président Léopold Sedar Senghor et en 1988 sous celui du président Abdou Diouf.

En dehors ces cas presqu’exceptionnels, l’immobilisme des jeunes est la règle dans d’autres domaines.

Ainsi il se perpétue dans celui de la participation citoyenne, de l’initiation de projets, de l’auto-employabilité. Dans un contexte où la problématique de l’emploi se pose de manière accrue. La situation est plus qu’alarmante puisque dans notre pays, où 60 % de la population a moins de 20 ans et où les jeunes en âge de travailler représentent plus de la moitié de la population active, l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie sénégalaise (A.N.S.D) estime que, chaque année, plus de 100 000 nouveaux demandeurs d’emplois âgés entre 15 et 34 ans y arrivent sur le marché du travail quand le taux de chômage global, lui, est estimé à 49 % et grimpe à 61 % pour les moins de 30 ans.

Beaucoup de paramètres classiques peuvent être utilisés pour l’explication de ce phénomène mais force est d’admettre qu’il résulte essentiellement de cette absence de culture d’entreprenariat des jeunes dans un environnement des affaires extrêmement libéral où le poids de l’Etat dans la création de l’emploi est faible pour ne pas dire minime car se bornant à une facilitation des conditions de création d’entreprises. Ce qui parait dans une certaine mesure compréhensible car très souvent contraint par les institutions financières internationales à se limiter à ses charges régaliennes s’il arrive d’ailleurs à s’en acquitter...

Mais restons dans cette question de l’auto- employabilité avec à titre d’illustration, récemment, la mise à disposition des jeunes désirant bénéficier un financement de projet un budget à hauteur d’un milliard par  l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej) mais paradoxalement parmi le petit nombre de dossiers reçus peu de projets dignes de ce nom ont été admis. En matière d’auto-emploi, la jeunesse sénégalaise reste encore en queue de peloton. La « virginité du casier judiciaire » de la jeunesse en matière de culture d’entreprenariat est manifeste.

Or, ce XXIème siècle aucun pays ne peut se développer avec les seules initiatives des politiques. Il faut une implication profonde des populations et nécessairement des jeunes. Ces derniers doivent se définir en véritables inventeurs et innovateurs au sens Schumpétérien du terme. 

En effet, il est difficile d’expecter le développement d’un pays où bon nombre de jeunes n’envisagent un avenir radieux que dans le cadre de la lutte, le sport ou encore la musique loin de nous, cependant, l’idée de blâmer ces activités.

Dans la première citée qu’est la lutte, force est d’admettre que nous ne pouvons pas nous développer dans un pays où bon nombre de jeunes ne comptent que sur leurs muscles pour gagner leur vie. La lutte constitue un véritable problème aujourd’hui. On note plus de 1000 lutteurs qui ont une licence et peu sont ceux qui parviennent à décrocher un combat. Parmi ceux qui obtiennent des combats, peu sont payés raisonnablement. Certains cachets sont dérisoires. Ce ne sont que les VIP (comme on l’appelle dans le jargon de la lutte) qui profitent des millions mis en jeu par les promoteurs.

La responsabilité de l’Etat est engagée, bien sûr ! Mais nous sommes arrivés à un moment où les politiques de jeunesse doivent être élaborées par ou plutôt avec les jeunes. Il est temps pour nous les jeunes et surtout étudiants de rompre avec la passivité pour être des acteurs de développement. Nous devons être utiles à la société au lieu de demeurer des consommateurs de connaissances sans application. Il faut que nous allions la théorie à la pratique même si sur ce point l’insuffisance en formation professionnelle justificatif du taux élevé de chômeurs sans qualifications incombe en partie à l’Etat.

Il s’avère être obligatoire pour la jeunesse de s’impliquer dans l’élaboration de politiques en proposant des projets authentiques. L’heure est à la prise de conscience que notre développement ne viendra pas de nos gouvernants mais surgira de nous-même, de notre engagement et de notre détermination sans faille. Nous sommes arrivés au moment où ce sont les jeunes qui doivent être au centre des décisions. A l’état actuel où on parle d’Accords de Partenariat Economique(APE), la jeunesse devrait se situer au centre de ce débat. Malheureusement elle semble désintéressée par cette question qui la concerne et qui naturellement aura des effets sur elle. L’heure devrait être à la sensibilisation sur les tenants et les aboutissants de ces APE et à l’animation de débats pour la mise au parfum à toute la population.

Par son mode d’élection qu’est le suffrage universel, la démocratie ne garantit point la mise en place d’hommes éclairés à la tête de l’Etat. Sous cet angle la situation est encore plus dramatique en Afrique, en général, et au Sénégal en particulier. Nombreux sont ceux qui votent en méconnaissant les projets de sociétés proposés par les prétendants au pouvoir, si toutefois de tels projets existent. Ce faisant on retrouve à la tête de nos Etats de présidents élus non pas en fonction d’un concours de programmes mais souvent par des moyens que sont l’argent, la corruption, l’éloquence, le folklore, l’appartenance ethnique entre autres Face à une telle situation, la jeunesse devrait conscientiser les masses populaires à chaque moment où des élections se profilent à l’horizon. En définitive l’idée qui laisserait penser que c’est l’Etat qui doit tout faire doit mourir de sa belle mort et par conséquent entrer en putréfaction. Toutefois il incombe à l’Etat d’assurer les conditions favorables à l’épanouissement de sa population.

Dans « les Damnés de la Terre » (1961), Frantz Fanon disait que : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir »
Sommes-nous inconscients à ces propos désormais célèbre de Fanon ? Ces paroles devraient nous interpeller, nous pousser à l’introspection et nous imposer la méditation, à moins que nous avouions notre incapacité à accomplir cette mission. Sommes-nous prêts à donner raison au Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, le Pr Mary Teuw Niane ? Ce dernier a récemment souligné à Bambey lors d’une conférence qu’il animait : « qu’il y’a une crise de responsabilité de la jeunesse sénégalaise caractérisée par l’irrespect envers les ainés, la violence, l’arrogance, le faible niveau de formation, la préférence des raccourcis dans la carrière professionnelle, etc. « La crise de responsabilité est un réel handicap pour notre société confrontée à des événements insolubles. Un jeune irresponsable était autrefois le signe de l’échec de ses parents » Je termine par ces propos de LAO TSEU qui nous apprend dans le TAO TO KING : « Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait car celui qui ne reconnait pas les problèmes laisse la porte ouverte et les tragédies surviennent. Or le combat n’a rien à voir avec la querelle »

Par Amadou Tidiane THIELLO
Science Politique/Université Gaston Berger de Saint Louis

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En l’état actuel du droit budgétaire, le premier président de la Cour suprême n'exerce pas les fonctions d’ordonnateur du budget de ladite Cour voté par l’Assemblée nationale : il n'est donc pas concerné par la déclaration de patrimoine requise des ordonnateurs

Le premier président de la Cour suprême ne figure pas ès qualités sur la liste des autorités assujetties à la déclaration de patrimoine en vertu de l'article 2 de la loi n° 2014-17 du 2 avril 2014 relative à la déclaration de patrimoine. C’est donc en qualité d’ordonnateur du budget de la Cour suprême que l’Ofnac lui exige le dépôt de sa déclaration de patrimoine.[1] En effet,
-  l’article 7 du décret n° 2009-1323 du 30 novembre 2009 portant régime financier de la Cour suprême stipule que « le Premier président de la Cour suprême est l’ordonnateur des recettes et des dépenses inscrites au budget de la Cour »,
- l’article 17 du décret n° 2011-1880 du 24 novembre 2011 portant Règlement général sur la Comptabilité publique dispose que « les présidents des institutions constitutionnelles sont ordonnateurs principaux …des dotations … de leur institution »,
- et l'article 67 de la loi organique n° 2011-15 du 8 juillet 2011 relative aux lois de finances énonce que « les présidents des institutions constitutionnelles sont ordonnateurs principaux des crédits …de leur institution ».

Sans entrer dans tous les détails nécessaires, arrêtons-nous sur les dispositions des alinéas 3 et 4 de l’article 67 de la loi organique du 8 juillet 2011 qui ont, inconditionnellement, une autorité supérieure à celles des deux décrets cités ci-dessus et posons-nous la question suivante : le premier président de la Cour suprême est-il bien l’ordonnateur principal du budget de la Cour suprême voté par l’Assemblée nationale ?
Le troisième alinéa de l'article 67 de la loi organique de 2011 précitée indique que « pendant une période maximum de cinq (5) ans à compter du 01 janvier 2012, le ministre chargé des finances reste l'ordonnateur principal unique du budget général… ».
Quant au quatrième alinéa du même article 67, il précise que « pendant cette période de cinq (5) ans, le ministre chargé des finances peut proposer la délégation de son pouvoir … d’ordonnancement … aux présidents des institutions constitutionnelles... ». (Cf. à ce sujet, les commentaires à la page 71 du Guide didactique de la directive n° 06/2009/CM/UEMOA du 26 juin 2009 portant lois des finances au sein de l’UEMOA).

À notre connaissance, le ministre chargé des Finances n'a pas, à ce jour, proposé une délégation de pouvoir d'ordonnancement au premier président de la Cour suprême. Pour corroborer ce qui précède, il suffit de constater que le premier président de la Cour suprême ne signe pas les mandats qui permettent le versement de la dotation budgétaire sur le compte de dépôt de fonds de la Cour ouvert dans les écritures du Trésor public.

En l’absence d’une délégation de pouvoir d’ordonnancement, le ministre chargé des Finances reste l’ordonnateur principal du budget général de l’État jusqu’au 1er janvier 2017 ; par conséquent, le premier président de la Cour suprême n’est présentement pas concerné par l’article 2 de la loi du 2 avril 2014 relative à la déclaration de patrimoine exigée des ordonnateurs qui gèrent des dotations budgétaires dont le montant dépasse un milliard de franc CFA.

[1] La catégorie des administrateurs de crédits n’existe plus dans le droit budgétaire en vigueur : la définition donnée à l’article 2 du décret n° 2014-1463 du 12 novembre 2014 portant application de la loi n° 2014-17 du 2 avril 2014 relative à la déclaration de patrimoine est celle du décret du 13 mars 2003 portant Règlement général sur la comptabilité publique, dont les dispositions sont abrogées et remplacées depuis le 1er janvier 2012 par le décret n° 2011-1880 du 24 novembre 2011. C’est dire que le droit existant ne reconnaît plus les administrateurs de crédits comme personnels chargés de l’exécution du budget de l’État. Le législateur n’aurait pas dû mentionner les administrateurs de crédits sur la liste des assujettis à la déclaration de patrimoine.

* Le surtitre et le titre sont de la rédaction


Par  Mamadou Abdoulaye SOW

Inspecteur principal du Trésor à la retraite, Ancien Directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor, Ancien ministre.


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