Idées et Réflexions (644)

Ainsi, la mort, cette fatalité inexorable, vient de ravir à l’affection des siens et de tous ceux qui l’ont connu et apprécié l’un des plus prestigieux fils du Sénégal et même de l’Afrique. Monsieur Babacar Ndiaye, ancien président de la Banque africaine de développement (Bad) de 1985 à 1995, nous a quittés le jeudi 13 juillet 2017 à Dakar, à l’âge de 82 ans. Avec sa disparition, l’Afrique vient de perdre un homme entièrement dévoué au développement de son continent, un panafricaniste convaincu.  

En effet, le président Babacar Ndiaye s’est entièrement consacré au développement de l’Afrique jusqu’à son dernier souffle. Il a, en tant que président de la Bad, hissé la plus prestigieuse institution africaine à un niveau très apprécié.

Lors du 50ème anniversaire de la Bad, le président Babacar Ndiaye racontait comment il est entré à la banque, quelques années juste après sa création, en 1964, lui, jeune diplômé des écoles françaises, qui avait déjà commencé à travailler en France. Il nous disait, avec beaucoup d’humour : « Vous, vous êtes passés par des interviews pour rentrer à la banque, mais nous, en notre temps, les autorités d’alors nous avaient juste dit ceci : « venez, l’Afrique a  besoin de vous ; si le travail vous intéresse, vous restez, sinon vous repartez ». Le président Babacar Ndiaye, depuis 1965, n’a plus quitté la Bad et a gravi tous les échelons jusqu’à en devenir le 6ème président en 1985. Il n’a pas quitté l’institution parce que l’Afrique avait toujours besoin de lui.

Économiste chevronné, le président Babacar Ndiaye a donné à l’économie africaine un certain élan pour aider ainsi à l’émergence de jeunes entrepreneurs devenus des bâtisseurs de l’Afrique. Un rôle qui explique probablement sa présence constante dans les allées et événements de la Bad, même après son mandat.

Même après l’avoir quitté, il continuait à apporter sa pierre à la bonne marche de l’institution. Il n’a, en effet, cessé de donner des conseils à ses successeurs dont Omar Kabbaj, Donald Kaberuka et même au tout nouveau président, Akinwumi Adesina.

Le président Babacar Ndiaye n’a jamais manqué au rendez-vous des Assemblées annuelles de la banque, jusqu’aux dernières qui ont eu lieu tout récemment, en mai 2017 à Ahmedabad, en Inde. En effet, malgré le poids de l’âge, il a tenu à être là, à participer à des panels, preuves de son amour pour le continent.

Pour nous, Sénégalais de la Bad, c’est toujours une grande fierté quand nos collègues nous parlent du président Babacar Ndiaye. Les appréciations sont toujours les mêmes : « un homme travailleur, respectueux, gentil, jovial, courtois, sociable, qui montrait toujours aux autres, quel que soit leur rang, leur importance pour l’institution… ».

Comme disait le chanteur africain, il y a des hommes qui, bien que physiquement absents, continuent et continueront à vivre éternellement dans le cœur de leurs semblables. Le président Babacar Ndiaye est bien de ceux-là. Son œuvre gigantesque sera à jamais gravée dans nos mémoires.

Monsieur le président, vous laissez un grand vide derrière vous, mais sachez que vous serez toujours avec nous, merci encore pour tout…
La communauté sénégalaise de la Banque africaine de développement profite de cette occasion pour présenter ses condoléances à sa famille, à toute la nation sénégalaise et à tout le continent africain. Nous espérons que le président Babacar Ndiaye servira à jamais de modèle à la jeunesse africaine et que ses qualités humaines, tant appréciées par tous, inspireront les Africains.

Par l’Association des Sénégalais de la Bad (SenBad) – Abidjan, juillet 2017

« Le fatalisme a des limites. Nous devons nous en remettre au sort uniquement lorsque nous avons épuisé tous les remèdes. » - De Gandhi / Lettres à l’Ashram

De culture renforcée dans une forte croyance, l’homo senegalensis a tendance à renvoyer tout ce qu’il pose comme acte positivo-négatif et/ou qui lui arrive vers le Bon Dieu, en se référant, à chaque fois et littéralement, à ces expressions en wolof :  “Yalla bakhna et/ou Yalla ko dogaal”. Ainsi, notre destin, certes déterminé inconditionnellement par la volonté divine, repose maintenant sur un fatalisme notoire. De ce fait, pour se justifier dans un pays composé de plus de 95 % de musulmans, nous nous focalisons uniquement, et surtout lorsque cela nous arrange le plus, sur la IIIe sourate du Coran où il y est mentionné qu’à la suite du revers militaire subi à Uhud, durant la guerre sainte en 625 apr. J.-C., et à la démoralisation de certains partisans défaitistes affirmant urbi orbi que « les nôtres n’auraient pas été tués ici s’ils nous avaient écoutés », Mahomet (Psl) rappelait souvent : “L’heure de notre mort est inconditionnellement fixée par Dieu de sorte que nous mourons à l’heure dite, quoique nous ayons fait, que nous soyons restés chez nous ou que nous avons livré bataille. Notre sort est fixé indépendamment de nos efforts et de notre activité”. Or, il nous est également indiqué dans les sourates 67/2 : «Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous mettre à l’épreuve : lequel d’entre vous est meilleurs en actes» et 18/7 «Nous avons fait de ce qui est sur la terre une parure pour elle afin de les mettre à l’épreuve : lequel d’entre eux est meilleur en actes», que la vie est aussi une occasion d’épreuves pour l’homme.

En partant de là, nous sommes dorénavant amenés à choisir, par notre volonté, entre les différentes possibilités qui s’offrent à nous. Autrement dit, nous devons agir, en tant que gérants, sur tout ce qui nous entoure, notamment la nature, la société et même nos propres cœurs. Et pourtant, au regard de certains comportements, on pourrait nettement en déduire que la plupart de nos actes s’appuie véritablement sur un fatalisme à outrance, défini comme tel : (mot formé à partir du latin fatum) : le « destin ». Lequel est une doctrine selon laquelle le monde, dans son ensemble, et l’existence humaine, en particulier, suivent une marche inéluctable (fatalité) où le cours des événements échappe à la volonté humaine.

En illustration par ordre d’ampleur, ces différentes catastrophes humaines survenues depuis 1992 et quelques comportements notés par-ci par là, en raison d’un manquement criant du sens de la “notion de gérance”   :

-    Naufrage du bateau le Joola survenu le 26 septembre 2002 vers 23h : catastrophe maritime sans précédent, devant même le fameux Titanic (1513 morts) avec 1863 victimes officiellement déclarées  (plus de 2000, selon les experts, car il était surchargé de plus de trois fois le nombre normal de passagers). Causes avancées parmi tant d’autres :  surcharge, insuffisance de canots pneumatiques (2 seulement trouvés en place sur un paquebot de 76,50 m (hors-tout) et incompétence professionnelle et des encadrants et des intervenants au moment des secours. Pour couronner le tout, de simples sanctions de principe en lieu et place de pénales, requises en de pareilles circonstances avec une complicité sournoise du régime d’alors ;

-    Explosion d’une  citerne d’ammoniac à la Sonacos un jour de Ramadan du 24 mars 1992, en plein jour. Ce jour-là, par négligence humaine, en quelques secondes, une quarantaine de personnes, dont une vingtaine d’ouvriers de la Sonacos, périssent sur le coup sous les flammes avant que le nombre des victimes, accentué par un nuage toxique, n’atteigne les 129 morts, compte non tenu des milliers de rescapés répertoriés après et vivant, s’ils n’ont pas encore rejoint les morts, avec un handicap respiratoire à vie... Pour causes, en plus de la négligence humaine notée, les spécialistes considèrent que le risque demeurera plus que certain (80 %) dû fait à la cohabitation entre les populations et les unités industrielles. Et cela, malgré les feuilles de route existantes en matière de prévention.  Le constat est amer au vu de la situation toujours d’actualité ;

-    Les routes transformées en mouroir : En 2016, pas moins de 600 morts ont été enregistrés sur les routes. Ainsi, l’insouciance, l’indiscipline et le laxisme des usagers de la route (conducteur, passager, piéton…), en toute complicité avec des agents de la circulation, sans aucune probité, sont les principales causes de ces “suicides volontaires”. Malheureusement, la “tolérance zéro”, principal axe de communication des autorités de tutelle, est devenue un simple slogan plus qu’un objectif réaliste ;

-    Incendie de Médina Gounass 2017 : Daaka passe de l’herbe à l’humain malgré les tentes ignifuges mises à la disposition des pèlerins. L’incendie, survenu le mercredi 12 avril 2017, au «Daaka» (retraite spirituelle), occasionne près d’une trentaine de décès et plus de 70 brûlés. D’aucuns pensent que les forces de sécurité et sapeurs-pompiers n’étaient pas à la hauteur pour faire face aux flammes  (nombre insuffisant pour les premiers et faute d’eau pour les seconds), d’autres parlent d’un court circuit électrique où de l’explosion d’une  bonbonne de gaz ou encore du mégot de cigarette d’un jeune fumeur. L’un dans l’autre, l’inconscience et l’insouciance citées précédemment reviennent à nouveau ;

-    Chavirement de la pirogue de Bettenty (Toubacouta) : lundi noir dramatique du 24 avril 2017 avec 21 morts, 1 disparu et plus de 50 personnes en état grave. Drame dû à une surcharge de 42 personnes au moins, du nombre requis de 30 ; compte non tenu du poids des marchandises transportées  (huîtres). Là également,  l’insouciance et l’inconscience y interviennent à fond ;

-    Effondrement d’un mur de la tribune découverte suite à une bousculade au stade Demba Diop : la finale du 15 juillet courant de la coupe de la Ligue de football, opposant les clubs de l’Us Ouakam et de Mbour, tourne en drame avec au moins 8 morts par asphyxie et une centaine de blessés. Pour le moment, l’indiscipline caractérisée de certains supporters serait à l’origine de cette “intifada” ;

-    État de vétusté des routes, des véhicules et le fatalisme humain, notamment l’acceptation de surcharges systématiques occasionnant les occupations des marches pieds, dans les moyens de transport, constituent un véritable casse-tête pour les autorités africaines, car d’ici à 2030, si cela continue comme tel, les accidents de la route représenteront, selon les prévisions, la septième cause de mortalité.

Au regard de tous ces éléments d’appréciation, nous voyons clairement que l’insouciance, l’inconscience et l’indiscipline, ponctuées d’une dose consistante de fatalisme, sont les facteurs principaux de ces différents drames.

Par ailleurs, si nous revenons, par exemple, sur le récent événement du stade Demba Diop, nous constatons, avec tristesse, que notre article publié le 24 novembre 2016 et intitulé “Recrudescence de la violence : et si on était tous responsables ?” est plus que d’actualité. Il y était indiqué que “notre société s’est souvent aventurée dans la violence sans s’en rendre compte ! Cette violence se manifeste par nos paroles, nos actes, nos révoltes ou encore nos pensées. Dès que l’on cherche à la contenir ou à la canaliser, elle resurgit ailleurs, sous une autre forme. Aujourd’hui, elle est omniprésente : il suffit d’ouvrir le journal, l’Internet, la radio ou la télévision pour le constater. Dans la rue, au travail, au sein de la famille, nous pouvons tous subir l’agressivité des autres, quand elle ne vient pas de nous-mêmes”. Nous y rappelâmes  également que “pour n’avoir pas su sérieusement insister sur les notions de respect des règles de vie sociale, de discipline, de participation, de solidarité et de responsabilité à travers une bonne éducation inclusive sur les lois et les règles qui fondent une société”, nous préférons toujours procéder au “médecin après la mort” où croire, comme souligné dans les Mémoires sur les sciences occultes, parus en 1912, du grand philosophe allemand Arthur Schopenhauer, “à la  croyance à une providence spéciale ou encore à une conduite surnaturelle des événements qui font la trame de notre vie individuelle. Cela a été de tout temps une croyance populaire et que même parfois on trouve solidement enracinée dans les cerveaux pensants, éloignés de toute superstition, et même sans aucun rapport avec n’importe quels dogmes donnés”

Alors qu’il nous disait aussi que “s’il est vrai que le hasard domine le monde, l’erreur partage sa royauté”. Et dans beaucoup de cas, osons le dire, en l’espèce, par exemple, la faute prend le dessus sur l’erreur ; d’où cet intérêt capital, pour une meilleure vie en parfaite harmonie de la communauté, de rétablir, avec rigueur, les lois et règlements et de surtout prévenir, par la dissuasion, en réprimandant sévèrement au besoin, au lieu de passer derrière à corriger afin de redorer le blason de notre cher pays  à travers un “Ndeup national” sous forme d’introspection qui, nous pensons,  permettra enfin de codifier les bonnes mœurs de notre société connues d’antan.

Qu’Allah Swt veille sur notre cher Sénégal… Amen

Par Elhadji Daniel SO
Président d’En Mouvement ! Défar Sénégal
Ensemble, Construisonsle Sénégal !
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Les contrats de partenariat public-privé, appelés « Ppp », constituent ,de nos jours, une nouvelle forme de gouvernance destinée au développement des infrastructures en Afrique. Ils sont un mode de contractualisation et de gestion très puissant pour optimiser la commande publique, mais qui reste très complexe par rapport aux techniques financières classiques.

 En janvier 2004, à la Boad, la  Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uemoa a mis en place une unité régionale de développement des partenariats public-privé. Une convention d’assistance technique a été signée avec l’Agence de coopération française pour promouvoir ces types de contrats. La justification du recours à un contrat de partenariat repose sur l’idée selon laquelle un partage optimal des risques entre partenaire public et privé engendre un bilan coût/avantage.

Il est très important d’approfondir la réflexion dans ce domaine pour ne pas commettre des erreurs d’option qui peuvent aboutir à de lourdes conséquences négatives. Par exemple, faut-il choisir un mode de financement où la capacité d’endettement du projet sera limitée à celle de la société initiatrice ou bien un montage financier où le remboursement contracté se base sur les cash-flow générés par le projet ? C’est ce qui fait la complexité de ces types de contrats.

1. De quoi s’agit-il ?
Au Sénégal, les partenariats public-privé peuvent être définis comme l’ensemble des relations possibles entre le public et le privé dans le but de permettre la délivrance de services qui sont traditionnellement assurés par l’Etat. L’autorité contractante confie à un opérateur économique de droit privé, pour une période déterminée, en fonction de la durée d’amortissement des investissements ou des modalités de financements retenues, une mission globale ayant pour objet la construction, l’entretien et l’exploitation nécessaires au service public dont l’autorité contractante a la charge, ainsi que tout ou une partie de leur financement.
Ces types de contrats sont caractérisés par l’évolution de leur cadre juridique et réglementaire. C’est ainsi que nous avons :
•    La loi n°2004/13 du 01 mars 2004 relative aux contrats de construction- exploitation-transfert d’infrastructures ;
•    Le décret n°2007/169 du 13 février 2007 fixant le contenu d’un contrat de construction, transfert d’infrastructures – Cet- ;
•    La loi n°2009/21 du 4 mai 2009 modifiant certaines dispositions de la loi n°2004/13 du 01 mars 2004 ;
•    Le décret n°2010/489 du 13 avril 2010 fixant les modalités particulières de passation des contrats Cet par les collectivités locales ;
•    La loi n°2014/09 du 20 février 2014 relative aux contrats de partenariat ;
•    Le décret n°2015/386 du 20 mars 2015 portant l’application de la loi n°2014/09 du 20 février 2014.

Il s’agit de bien connaitre les droits et responsabilité de chaque partie et maitriser parfaitement l’équation coût /avantages.
En France, nous avons aussi quelques repères sur les contrats de partenariat :
• L’ordonnance n°2004/559 du 17 juin 2004 sur le contrat de partenariat ;
• Le décret n°2004/1119 de la 19/10/2004 portante création de la mission d’appui à la réalisation des contrats de partenariat public-privé ;
• Les décrets n°2004/1145, n°2005/953, n°2005/1750 du 30/12/2005.

2. Quelles sont les dispositions préalables à prendre dans ces contrats de partenariat ou d’investissement ?
Les différentes parties partagent les droits et responsabilités pendant la durée du contrat. Dans les études de faisabilité, il faut bien analyser le modèle de contrat de partenariat à choisir. Nous pouvons en retenir deux qui sont :

-Le modèle basé sur le paiement des usagers : le contrat est conclu  sur une période de 25 à 30 ans à l’issue de laquelle la responsabilité de l’exploitation revient à l’autorité publique. Par exemple, les péages.

-Le modèle basé sur la disponibilité des services : c’est l’autorité publique, non pas les usagers, qui effectue des paiements au partenaire privé. Les paiements sont effectués à partir du moment et dans la mesure où un service public et non une infrastructure est disponible.
Ces études préalables doivent nous permettre de bien évaluer la rentabilité économique et financière du projet en prenant en compte la gestion du risque dans toutes ces dimensions.

2.1- Savoir bien choisir le type de partenariat dans ces contrats d’investissement
Le type de partenariat est la forme du montage financier. Nous pouvons citer quelques exemples :
A. Le Dbfo (Design-Build-Finance-Operate) : ce contrat permet au promoteur du projet de recouvrer ses dépenses d’exploitation et de maintenance. Cependant, il n’y pas de transfert effectif de la propriété réelle. L’entrepreneur assume les risques de financements jusqu’à la fin du contrat et le propriétaire assume la responsabilité de la maintenance et de l’exploitation.

B. Le Bot (Built-Operate-Transfert) : les installations restent la propriété. Le secteur privé construit et garde la propriété d’un actif pour une période donnée. A l’expiration du contrat, la propriété de l’actif revient au secteur public.
Il faut distinguer deux cas de figure à ce niveau :
• Le Bot avec subventions publiques : l’autorité publique subventionne en partie l’exploitation en fonction du volume du trafic.
• Le Bot avec apport de fonds publics : l’autorité publique contribue à l’investissement initial.

C. Le Bott (Built-Operate-Transfert-Train) : l’opérateur privé s’engage à former les agents du public pour rendre possible un transfert efficace des actifs au secteur public à la fin du contrat.
Nous pouvons choisir d’autres types comme le Buy-Build- Operate ou le Build-Transfert-Operate.

3. Quel est le rôle de l’Etat dans l’élaboration d’un contrat de partenariat ou d’investissement ?
Quelque soit le modèle financier, l’Etat doit veiller sur la rentabilité économique et financière des investissements. Il doit bien étudier les clauses particulières du contrat, les délais et la qualité des ouvrages. L’Etat doit accorder une attention particulière à la rédaction du contrat surtout les critères relatifs à la performance et à la répartition des responsabilités. L’étude de faisabilité doit tenir compte de l’évaluation des risques et de la bancabilité du projet et de la soutenabilité budgétaire et financière. Il y a des mesures et des dispositions importantes à prendre pour une bonne exécution des projets surtout dans la phase de pilotage.

Au Sénégal, il faut mettre en place un cadre unique qui réglemente les contrats de partenariat. La longueur des procédures de passation des contrats compliquent souvent le financement. Ce cadre doit prévoir une régulation économique, un plan d’investissement et un manuel de procédures. Il faut une analyse approfondie du degré d’intérêt potentiel des bailleurs de fonds et des entreprises.

Par exemple, sur les autoroutes, si l’option est portée sur les péages directs basés sur le principe « usager payeur », c’est probable d’avoir assez de moyens pour le financement de l’infrastructure. Si l’option est « péage virtuel », l’argent peut provenir du budget public et la société d’exploitation reçoit un montant fixe par véhicule.

C’est pour cela qu’il faut impérativement changer de méthode de travailler et penser ne pas perdre trop de temps dans la réalisation des contrats de partenariat. Avoir une Administration publique à haute performance(Aphp) est une nécessité pour réussir ces types d’opérations. Patrick Choset, directeur des Etudes intégrées chez Bouygues, a utilisé ce qu’il appelle « Ingénierie concurrente ». Avec cette méthode, toutes les études nécessaires au projet sont menées en même temps et de front pour éviter les pertes de temps et la corruption.

Par Alpha YOUM
Spécialiste de Gestion
publique et Droit social
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Cela fait maintenant près de quarante ans que l’épidémie du Sida est un sérieux problème de santé publique dans le monde. Au cours de la même période, l’Afrique a dû faire face à d’énormes problèmes de santé et de développement qui mettaient en péril la vie des personnes les plus vulnérables.

Bien qu’en Afrique de l’Ouest et du Centre les gouvernements et leurs partenaires aient réussi à mettre 1,8 millions de personnes vivant avec le Vih sous traitement antirétroviral pour leur permettre de rester en vie, nous ne sommes pourtant pas encore au bout de nos peines. Comme l’a déclaré le directeur Exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, « même si nous voyons des signes positifs qui démontrent qu’une nouvelle trajectoire dans l’accélération de la mise sous traitement est en cours, il nous reste encore un long chemin à parcourir »

Dans les vingt-cinq pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, on estimait, en 2015, que 6,5 millions de personnes vivaient avec le Vih et 500.000 d’entre elles étaient des enfants.
L’épidémie touche particulièrement les femmes qui comptent pour près de 54 % des adultes vivant avec le Vih. Les enfants sont aussi au cœur de la crise ; 3,7 millions d’entre eux sont orphelins du Sida. Seulement 36 % des personnes vivant avec le Vih dans notre région d’Afrique de l’Ouest et du Centre connaissent leur statut sérologique, comparativement aux 62 % qui sont dans la même situation en Afrique de l’Est et du Sud.

Le 3 juillet dernier, sous le leadership du président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’Etat guinéen Alpha Condé, les chefs d’Etat membres de la conférence Aids Watch Africa ont endossé le plan de rattrapage pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, pour accélérer la mise sous traitement antirétroviral des malades du VIH d’ici à  2018.
Tous ont accepté de redoubler d’efforts pour atteindre l’objectif de la Déclaration de politique des Nations unies qui prévoit de mettre fin au Sida, d’ici à 2030, dans le but d’atteindre les objectifs de développement durable.

Ce choix représente une nouvelle dynamique dans la riposte au Vih en Afrique de l’Ouest et du Centre. Il nous offre, en effet, toutes les opportunités nécessaires pour accélérer la mise en œuvre de l’engagement pris pour s’assurer que, d’ici à 2020, 90 % de toutes les personnes vivant avec le Vih connaissent leur statut sérologique ; 90 % des personnes séropositives reçoivent un traitement antirétroviral et 90 % des personnes sous traitement antirétroviral voient leur charge virale baisser.

L’Afrique de l’Ouest et du Centre se dote ainsi des moyens nécessaires pour rattraper les autres régions dans la course pour mettre fin au Sida d’ici à 2030 et l’Onusida soutient pleinement cette initiative. Plus que jamais, un mouvement d’accélération de la part des gouvernements est nécessaire. Le soutien des Nations unies et des partenaires importants comme Pepfar, le Fonds mondial et Médecins sans frontières, ainsi que des organisations religieuses qui travaillent avec les communautés dans la sous-région, est essentiel à notre succès.
Ensemble, nous pouvons assurer le succès de ce plan de rattrapage. Ensemble, nous pouvons mettre fin au Sida d’ici à 2030.

Par Dr Djibril DIALLO
Directeur du Bureau régional de l’Onusida 
pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre

L’éthique ou simplement le bon sens veut que l’on ne dise des morts, s’il y a lieu de dire, que le bien que l’on connaît d’eux, en s’abstenant de tout témoignage déplacé ou mal à propos. A défaut, il est recommandé de se taire.

De Cheikh Mbengue, directeur général de l’ACmu, qui vient de nous quitter, je ne connais, à vrai dire, que les qualités ; l’exercice est donc plutôt facile pour moi.
D’abord, j’évoquerai ce souvenir d’il y a plus d’une quarantaine d’années quand un garçonnet à la fière allure, arborant sa tenue d’enfant de troupe, béret soigneusement posé sur la tête, est venu faire une visite à son école, notre école, après sa brillante réussite au concours d’entrée au prestigieux Prytanée militaire de Saint-Louis. Avec déjà un caractère fort marqué, résolu et droit dans ses bottes, souriant comme toujours, Cheikh, sous la conduite de son ancien maître, faisait la tournée des classes, suscitant l’admiration des impétrants que nous étions. Nos maîtres ne se privaient pas, bien entendu, de profiter de cette aubaine pour appeler à l’émulation, « si nous voulions devenir comme lui ». Elève exemplaire et brillant, Cheikh le fut.

Nos chemins se sont ensuite séparés, pour se croiser de nouveau à l’université, dans les amicales et associations qui étaient si nombreuses au campus. Cheikh représentait l’Amicale de la Faculté des lettres à la Coordination des étudiants de Dakar (Ced). Talla Sylla et El Hadj Kassé se souviendront, sans doute, de cet épisode exaltant de notre jeunesse ! Cheikh brillait par son engagement, son courage et son éloquence. Il parlait si bien, loin des diatribes et du verbalisme creux, si habituels dans ce milieu ! Cheikh maniait la langue de Molière et Descartes avec autant d’aisance que de brio, depuis le lycée où il avait été sélectionné une fois pour une émission (Clés littéraires, animée par Sada Kane, si mes souvenirs sont exacts) pour parler de L’aventure ambiguë en présence de l’auteur. Il l’avait fait sans complexe, « sans états d’âme et sans désemparer » (les quelques initiés qui avaient suivi l’émission comprendront !), avec une aisance inhabituelle à cet âge. Il s’exprimait de façon limpide, précise et percutante.

Plus tard, en 1999, j’ai effectué, avec Cheikh, devenu socio-anthropologue déjà réputé, une mission passionnante au cœur du pays bassari. Nous nous sommes retrouvés à escalader les collines d’Ethiolo, village hors du temps, juché au sommet d’une colline aux flancs fort abrupts, pour constater de visu les conditions de vie des populations isolées, sans accès véritable aux services de santé de base. Qu’elle était pénible cette ascension d’Éthiolo ! A bout de souffle, je souffrais et suais alors que Cheikh, alerte, gravissait les rochers. De temps en temps, malicieux, il se retournait pour me lancer « boy, ça va, tu es encore en vie ? » Taquin !

Brillant comme toujours, Cheikh n’a pas traîné quand, après ayant servi loyalement son pays, il a été contraint de quitter un poste pour lequel il s’était pourtant donné corps et âme… Il avait alors été rapidement recruté comme consultant sénior par plusieurs organisations internationales agissant dans le domaine de la santé et du développement, avec un séjour remarquable à New York.
Mais, Cheikh était aussi un homme…indépendant dans l’âme. Piété, générosité, indépendance et engagement étaient, pour ce que j’en sais, certaines qualités de ce garçon si attachant.
Cheikh était proche du regretté Serigne Mansour Sy borom Daradji avec qui il avait des échanges presque amicaux, malgré l’admiration et le profond respect qu’il vouait au marabout.

Généreux, Cheikh l’était dans ses relations avec les autres, pas seulement avec ses amis. A notre avant dernière rencontre, dans un restaurant de Ziguinchor où il était venu en mission, il n’a pas hésité à quitter la table où il était avec ses collaborateurs pour me rejoindre, prendre une bonne heure pour discuter de sujets aussi essentiels que la Couverture sanitaire universelle (Csu) et les défis qu’elle pose au Sénégal. Cette Csu a été, en effet, son dernier combat. Il était ouvert à la critique et acceptait volontiers de discuter des quelques réserves que j’avais sur la conception et la mise en œuvre de la Csu dans beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest. De ce point de vue, on ignore peut-être que Cheikh a été l’un des artisans du succès rwandais dont on parle tant comme consultant international venu appuyer ce pays dans la mise en œuvre de sa réforme.

Poursuivant son engagement sur le champ politique, Cheikh était l’une des personnes qui avaient prédit une victoire sans bavure du candidat Macky Sall, alors que peu de Sénégalais y croyaient. On se souvient de ses brillantes interventions télévisées de l’entre-deux tours en 2012, écrasant ses adversaires, tout en restant dans les limites de la courtoisie et de la correction, et toujours avec une bonne humeur communicative !

Devenu directeur général de l’une des agences nationales les plus en vue au Sénégal, l’ACmu, Cheikh n’avait pas changé d’un iota. Loin de prendre la grosse tête, il était resté chaleureux, accessible, affable, humble, toujours un tantinet taquin.

Je revendique une longue amitié avec celui qui se plaisait à m’appeler « homme de gauche » (bien que je ne mérite pas vraiment ce titre enviable, réservé aux combattants !), et je lui devais ce témoignage venu du cœur.

Il est parti, laissant la Csu orpheline et des collaborateurs éplorés, unanimes à reconnaître ses qualités de rassembleur et de meneur d’hommes.
Au décours d’une vie si courte, mais si bien remplie, repose en paix, Seydi Cheikh ! Qu’Allah te réserve le meilleur dans l’au-delà ; nos prières t’accompagnent.

Par Dr Issa WONE
Agrégé de Santé publique
Ufrss/Uasz - Consultant en Santé
publique Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Après avoir connu deux alternances très paisibles, le Sénégal est cité parmi les pays les plus stables et sécurisés de l’Afrique de l’Ouest. Depuis 2012, le président de la République, Monsieur Macky Sall, a engagé le pays dans la voie du développement par la promotion de la bonne gouvernance et la réalisation du Plan Sénégal émergent (Pse).

Très conscient des enjeux du développement, l’Etat sénégalais, à travers le premier forum national de l’administration, a pris d’importantes mesures pour moderniser son appareil administratif. Parmi ces dernières, on peut citer l’adoption du Schéma directeur de modernisation de l’administration publique, le Code de déontologie du personnel public administratif et le Plan d’action prioritaires de modernisation des procédures et formalités administratives. Il s’y ajoute la grande réforme de la décentralisation, dénommée Acte 3, pour bâtir des territoires viables et cohérents, l’adoption du Code de transparence dans la gestion des finances publiques et d’importantes réformes constitutionnelles pour approfondir et renforcer la gestion économique et démocratique du pays.

Il est temps de mener une réflexion profonde pour concrétiser la volonté du chef de l’Etat d’améliorer la gouvernance publique et finaliser toutes les réformes envisagées. Il s’agit de repenser le fondement de l’action administrative dans une approche systémique dans laquelle l’administration se focalise entièrement sur la satisfaction effective des usagers. L’Administration publique à haute performance (Aphp) est une administration nouvelle destinée uniquement à l’atteinte de résultats et à la satisfaction des besoins des usagers. Un véritable changement de paradigme, car l’administration va devenir un grand centre de création de valeurs ; elle sera dans un cercle vertueux de la satisfaction totale. C’est ainsi que nous abordons quelques conditions de mise en œuvre d’une politique de haute performance de l’administration sénégalaise.

1. Acquérir des ressources humaines de qualité nous permettant de nous hisser sur le plan mondial :
Elles doivent être capables de comprendre les évolutions de l’environnement économique et social du pays et avoir la capacité d’application pratique des connaissances. Des hommes et des femmes de grande expérience dans des domaines précis et une connaissance de base dans des disciplines connexes. Le nouveau fonctionnaire doit être obligatoirement un techno généraliste.

Le recrutement de ce type de fonctionnaire se fera sur contrat en fonction des besoins en compétences et qualifications. La promotion et l’avancement des fonctionnaires ne se feront plus en fonction de l’ancienneté, mais au mérite, c’est-à-dire sur la base des résultats obtenus. Ils cessent d’être statutaires.

2. Une grande capacité d’évaluer et de faire des choix entre plusieurs options pour atteindre un objectif précis dans un délai fixé :
Comprendre les politiques publiques et savoir évaluer la pertinence sont des facteurs déterminants pour faire de la haute performance. Ces deux facteurs sont soutenus par une forte intelligence sociale, c’est-à-dire la capacité de comprendre autrui et d’agir efficacement sur lui. De nouveaux acteurs apparaissent dans l’appareil administratif : des responsables de programme, des évaluateurs et des responsables d’unité opérationnelle. Avec le référendum de mai 2016, il y a un renforcement du pouvoir de l’Assemblée nationale par la possibilité donnée aux députés de procéder à des évaluations. Un contrôle qui ne se limite plus aux ministres, mais aux directeurs généraux.

Il faudra aussi adapter les outils et les méthodes de gestion privée dans l’administration publique pour surtout mesurer l’efficacité du gouvernement, c’est-à-dire sa capacité à répondre aux besoins des citoyens. A ce niveau, il n’est plus question de reconduire automatiquement des crédits ou de mettre uniquement l’accent sur les moyens des ministères ; il s’agit de considérer effectivement les performances visées et d’avoir une bonne articulation des politiques retenues.

3. Une compétence de gestion des processus complexes et une aptitude à la résolution des problèmes difficiles :
C’est la capacité des fonctionnaires d’organiser des séries d’activités complexes et distingues en mettent en jeu leur leadership et le niveau fonctionnel. C’est à ce niveau que se créent des « noyaux de compétences », d’après les professeurs C. K. Prahahad et Gary Hamel. Cela suppose une organisation décentralisée, autonome, dans laquelle l’atteinte des résultats devient une préoccupation collective.

4. Un dialogue de gestion à la place d’une logique bureaucratique :
Compréhension d’ensemble des procédures et valeurs du système, maitrise des outils et identification claire des responsables.

Ce dialogue de gestion nous permet de mettre la logique de résultat au premier plan. C’est à ce niveau qu’il faut considérer la responsabilisation des acteurs et la primauté du droit qui sont deux facteurs dépolitisant tout le centre opérationnel administratif.

5. Une gouvernance intégrée :
C’est une condition fondamentale dans le système de haute performance. Il s’agit de toute action de coordination des politiques publiques qui est initiée et développée par une autorité publique et qui est actualisée par des acteurs publics ou privés d’échelles différentes. C’est le jeu des missions et programmes.

Une mission est un ensemble de programmes concourant à une politique publique définie tandis qu’un programme regroupe les crédits destinés à mettre en œuvre une action ou un ensemble cohérent d’actions relevant d’un même ministère et auquel sont associés des objectifs précis ainsi que des résultats attendus et faisant l’objet d’une évaluation.

Il nous faut impérativement adopter des ruptures majeures et s’inscrire dans une dynamique de haute performance pour réussir le Plan Sénégal émergent (Pse) et maintenir la ligne du succès. C’est un chantier difficile, car il demande un changement de comportement et de méthode. L’administration actuelle est à reconstruire rapidement parce qu’elle semble être incapable de conduire les véritables changements dans un environnement mondial en pleine mutation. Un changement urgent de perception et de méthode s’impose, vu que le Sénégal a fini de transposer les six directives majeures du cadre harmonisé des finances publiques de l’Uemoa et devrait commencer la mise en œuvre en janvier 2017, surtout avec la responsabilité décentralisée de l’ordonnancement de la dépense publique au niveau des autres ministres et des présidents d’nstitutions constitutionnelles.

L’Administration publique à haute performance va résoudre deux problèmes au sein de l’appareil administratif : d’abord, sur le plan organique, elle va rationaliser les rapports des autorités publiques. Ensuite, sur le plan fonctionnel, c’est la maitrise des activités et la gestion optimale des moyens. La particularité de l’Aphp est d’innover et non de se limiter à la doctrine juridique qui est d’exécuter des lois et règlements. L’Aphp est un nouveau savoir faire. Elle ressemble plus ou moins à une administration de mission, c’est-à-dire très légère en procédure et ayant pour tâche d’imaginer et contribuer à mettre en place les solutions destinées à répondre à des problèmes inédits.

L’Aphp est un modèle capable de porter des processus complexes, des dynamiques et des questionnements stratégiques. Autrement dit, c’est la prospective et les définitions des formes d’intervention au niveau local et global. La spécificité de ce modèle est sa capacité et sa teneur de pouvoir porter ce qu’on appelle « l’Economie du savoir qui est la reconnaissance et la gestion des connaissances et la technologie au service de la croissance économique et sociale. C’est le repérage des meilleurs pratiques. En somme, les médiocres n’ont pas leur place dans cette administration. C’est bien le savoir et la connaissance qui éliminent la politisation et délimitent clairement le niveau stratégique et celui de l’opérationnel.

Jean Philippe Deschamps, professeur en Gestion stratégique de la technologie et de l’innovation à l’international Institude for management development à Lausane, pensait ainsi : « Mobiliser les ressources nécessaires à un changement en profondeur peut sembler aussi difficile que de nettoyer les écuries d’Augias ; et de convaincre une organisation hostile au changement s’apparente souvent au combat contre l’hydre à neuf têtes ».

Par Alpha YOUM
Spécialiste de Gestion publique
et Droit social
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Le quotidien britannique, Daily Telegraph a récemment publié un article affirmant (sans preuve) qu’au moins six millions d’Africains sont actuellement en route vers l’Europe. Même si de nombreuses études ont parfaitement démontré que la plupart de la migration africaine se passe à l’intérieur du continent africain, les médias continuent à perdre leurs têtes à cause du mythe de la vague africaine imminente. Alors, comme tous les étés, l’Europe est averti de la « bombe » africaine qui va bientôt exploser.
Bien que l’on puisse dire que la situation avec les réfugiés syriens rend encore insurmontable le « problème » de migrants, l’histoire démontre que la peur de l’invasion du migrant africain existe depuis longtemps. Par exemple, dans une interview télévisée de M. Jacques Chirac, le 14 juillet 2006, il a dit, « Si l’on ne développe pas cette Afrique et donc si l’on ne met pas en œuvre les moyens nécessaires à son développement, ces gens inonderont le monde ». Aujourd’hui, c’est Angela Merkel qui tient ce discours en poussant son « Plan Marshall » pour l’Afrique.
 En 1991, bien avant l’interview de Chirac susmentionné, M. Valéry Giscard d’Estaing a écrit une tribune intitulée « Immigration ou invasion ? » dans Le Figaro, en faveur de la fermeture des frontières et une stricte application du « droit du sang ».

 Si l’on recule encore plus loin, en 1974, M. André Postel-Vinay, un secrétaire d’État durant la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, avait avancé un argument en faveur de la fermeture des frontières :
« Les flux migratoires en provenance du Tiers-Monde vont avoir tendance à grandir dans des proportions considérables : ils risquent de s’amplifier à la mesure des déséquilibres démographiques et des écarts de niveaux de vie qui s’aggravent entre les pays pauvres et les pays riches ».  Mais ce qui est plus inquiétant concerne la manière déshumanisante dont on parle de la migration africaine : on parle de la «bombe africaine», « l’afflux africain », « l’inondation africaine » et on précise qu’on ne veut pas accueillir la misère africaine.
 Imaginez un monde dans lequel on parlait de migrants européens de cette façon.

On pourrait dire qu’à notre époque, les européens ne se trouveront jamais dans une situation où ils devraient être clandestins. Mais pensez à la réalité qu’il y a plus d’européens que d’africains en situation irrégulière aux États-Unis.
 Les États-Unis comptent plus d’immigrés en situation irrégulière issus du continent européen que de celui africain, selon le Pew Research Center, un centre de recherche américain qui fournit des statistiques et des informations sociales. Il y a (au moins) 500,000 européens dans la clandestinité aux États-Unis, par rapport au 275,000 africains du Sud Sahara. Mais étonnamment, les médias n’en parlent pas beaucoup. La clandestinité mondiale porte souvent un visage de couleur. Alors, les chefs d’État européens, réunis à Bruxelles, ont décidé, vendredi, de restreindre la délivrance de visas dans les pays (du tiers monde) qui s’opposent au retour de leurs citoyens dont les demandes d’asile ont été rejetées. Selon un reportage de l’agence de presse Reuters, un diplomate a dit qu’ils veulent surtout limiter la mobilité des leaders africains pour les convaincre d’accepter les rapatriements.
 Imaginez encore si le président Trump disait que les européens seront restreints d’entrer aux États-Unis à cause des citoyens européens en situation irrégulière. Il est inconcevable parce qu’il y a une inégalité fondamentale entre le mouvement des puissants, (c’est-à-dire ceux qui viennent des pays de « bons passeports ») et celui des faibles - même si le droit de circulation est inscrit dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme à l’article 13.
 Les dirigeants et les médias européens sont apparemment prédisposés à crier au loup en ce qui concerne l’immigration africaine. Il va sans dire que les craintes d’une invasion africaine n’ont jamais été fondées sur la réalité. Il faut donc se demander s’il y a vraiment une crise de l’immigration en Europe ou simplement une crise de la politisation de l’immigration.

Par
Stacy Ndlovu

Journaliste
zimbabwéenne
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Un an s’est écoulé depuis que nous avons déjoué la plus sanglante attaque terroriste de l’histoire de la République de Turquie. La Turquie a prouvé, au cours de cette année, sa résistance, sa capacité de récupération et sa puissance. Il est important d’examiner cette année passée, et de regarder vers l’avenir.
 Il est nécessaire, avant tout, de rappeler ce à quoi nous avons fait face. Ce que nous avons vécu cette nuit-là était une attaque contre l’État turc par des traîtres infiltrés dans l’armée turque et affiliés à un déséquilibré qui se considère comme « l’imam de l’univers ». Nous avons fait face à des meurtriers qui ont bombardé leur propre parlement national, ravagé le siège des opérations spéciales de la police qui lutte en première ligne contre les organisations terroristes, qui ont conduit des chars sur des civils sans armes et qui ont tiré depuis des avions de chasse et des hélicoptères de combat.  Nous n’avons jamais vécu une telle atrocité dans notre histoire. Ce réseau terroriste a tué 250 de nos citoyens et en a blessé plus de 2000.
Lorsque nous regardons en arrière, deux raisons de fierté ont émergé de cette très douloureuse expérience. La première est le courage et la détermination du peuple turc. Nos citoyens de chaque composante de la société et de chaque courant politique sont descendus dans la rue contre les putschistes. Nos chaînes de télévision ont poursuivi leurs émissions malgré les menaces et les raids des putschistes. La nation turque est devenue un ensemble.
La deuxième est que la nation turque a montré au monde entier qu’elle protège et protégera la démocratie. Mon peuple a montré que seuls les gouvernements parvenant au pouvoir par la voie démocratique et la volonté nationale peuvent prédominer et non des groupes armés. La légitimité la plus puissante est la légitimité démocratique. En tant que pays, nous avons réussi fièrement cette épreuve de démocratie.  

Cependant, la question que mon petit-fils m’a posée cette nuit avec toute son innocence ne sera pas effacée de ma mémoire ni de notre mémoire: « Grand-père, est-ce qu’ils ne sont pas nos soldats? ». En effet, quel état d’esprit pourrait permettre à une personne d’attaquer, avec tant de barbarie, son propre peuple, ses institutions, ses symboles et ses leaders ?
 La réponse se trouve dans la nature du réseau traître auquel nous faisons face. Nous étions face à un réseau criminel qui exécutait aveuglément les ordres de leur chef Fetullah Gülen transmises par un professeur de théologie. Nous parlons d’un réseau de traîtres qui salue militairement le dirigeant d’une société appartenant à FETÖ ainsi que le propriétaire présumé d’une école dirigée par cette organisation et ce dans une caserne qu’ils utilisaient comme siège et qui n’a rien appris de l’histoire glorieuse et millénaire du soldat turc.

Notre gouvernement avait effectivement vu, avant le 15 juillet, le vrai visage de Fetullah Gülen et était passé à l’action. Nous nous efforcions de dévoiler les intrusions de cette structure dans l’état. Nous avions atteint une étape importante. Cependant, la tentative de coup d’État du 15 juillet a déplorablement démontré que la menace à laquelle nous étions confrontée était beaucoup plus profonde et mortelle au-delà de nos estimations. La gravité du complot mené par Fetullah Gülen pendant 40 ans afin de s’approprier l’État turc a été démasquée. Conformément aux directives de Fetullah Gülen, les membres de FETÖ « ont exercé dans les vaisseaux capillaires du système sans se faire remarquer par personne » et ont accédé à presque « tous les centres du pouvoir » tout comme une infection provoquée par un virus s’accaparant progressivement les organes vitaux d’un corps. Des enquêtes administratives, pénales et juridiques exhaustives ont été menées au cours de l’année suivant le 15 juillet. De très nombreuses preuves ont été trouvées concernant cette organisation qui a organisé et mené la tentative de coup d’État.

Les conclusions entre nos mains démontrent que: nous sommes face à une structure qui a créé un système de croyances perverti et ésotérique dirigée par Fetullah Gülen. Les écoles et les foyers de l’organisation ont servi de centres de lavage de cerveau et de recrutement de militants. Les membres de l’organisation formés dans ces écoles et fidèles à leur leader qu’ils considèrent comme un « Messie » ont été infiltrés dans les institutions de l’État. Ainsi, les personnes qui étaient en mesure d’effectuer tout acte illégal et immoral conformément aux objectifs de l’organisation avaient été placées aux positions stratégiques. Ces individus ont organisé des complots tels que des infractions aux examens de fonctionnaire, des écoutes illégales, du chantage et des faux procès. Des sources financières ont été fournies à l’organisation par le biais d’organismes créés sous le titre d’institutions et d’associations caritatives. Des transactions monétaires de milliards de dollars ont été blanchies à travers de grands holdings et des banques. La section média de l’organisation a entrepris la fonction d’outil de propagande. Est-ce qu’il peut y avoir « un mouvement éducatif » qui fonctionne comme une cellule, qui connaît ses membres avec leurs noms de code, qui invente des applications cryptées afin de communiquer entre eux, qui apprend à ses membres des techniques pour échapper au service de renseignements et des tactiques pour dissimuler leur appartenance? Cette organisation terroriste de nouvelle génération a utilisé toutes les méthodes sans aucune exception pour éliminer ceux qui ne sont pas d’eux et ainsi a tenté de prendre non seulement le pouvoir mais aussi l’État de la République de Turquie en ligne avec leurs objectifs pervers. Ce que la Nation turque a pulvérisé le 15 juillet est cet objectif dangereux et pervers.
Je peux dire que nous avons brisé en Turquie la colonne vertébrale de cette organisation grâce aux mesures que nous avons prises. Cependant, la menace n’est pas limitée à la Turquie. L’organisation a, dans plusieurs pays, des structures similaires à celles de Turquie. Elles continuent actuellement de semer les grains de la trahison au sein d’autres États. Elles sont en recherche active d’influence économique et politique à l’échelle globale afin de survivre. À cette occasion, je tiens à prévenir de nouveau tous nos amis.  

La nation turque a montré au monde entier que la démocratie, qui n’est pas acquis facilement, est un bien si précieux qui mérite même le sacrifice de sa vie. Notre tâche principale est de prendre les mesures nécessaires de sorte que nous n’ayons plus jamais à faire face à une telle menace. Nous faisons un effort maximal afin de mener cette période difficile dans l’ordre constitutionnel. En dernière analyse, la démocratie turque a été visée et notre démocratie a triomphé. Par conséquent, notre objectif et effort est de prendre, avec le temps, les mesures nécessaires afin d’élever la démocratie aux sommets les plus sécurisés, aux niveaux les plus exemplaires.

Par  
Binali Yıldırım

Premier Ministre
de la République
de Turquie

Et si l’on parlait de la clandestinité européenne aux Etats-Unis ?
Le quotidien britannique, Daily Telegraph a récemment publié un article affirmant (sans preuve) qu’au moins six millions d’Africains sont actuellement en route vers l’Europe. Même si de nombreuses études ont parfaitement démontré que la plupart de la migration africaine se passe à l’intérieur du continent africain, les médias continuent à perdre leurs têtes à cause du mythe de la vague africaine imminente. Alors, comme tous les étés, l’Europe est averti de la « bombe » africaine qui va bientôt exploser.
Bien que l’on puisse dire que la situation avec les réfugiés syriens rend encore insurmontable le « problème » de migrants, l’histoire démontre que la peur de l’invasion du migrant africain existe depuis longtemps. Par exemple, dans une interview télévisée de M. Jacques Chirac, le 14 juillet 2006, il a dit, « Si l’on ne développe pas cette Afrique et donc si l’on ne met pas en œuvre les moyens nécessaires à son développement, ces gens inonderont le monde ». Aujourd’hui, c’est Angela Merkel qui tient ce discours en poussant son « Plan Marshall » pour l’Afrique.
 En 1991, bien avant l’interview de Chirac susmentionné, M. Valéry Giscard d’Estaing a écrit une tribune intitulée « Immigration ou invasion ? » dans Le Figaro, en faveur de la fermeture des frontières et une stricte application du « droit du sang ».

Si l’on recule encore plus loin, en 1974, M. André Postel-Vinay, un secrétaire d’État durant la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, avait avancé un argument en faveur de la fermeture des frontières :
« Les flux migratoires en provenance du Tiers-Monde vont avoir tendance à grandir dans des proportions considérables : ils risquent de s’amplifier à la mesure des déséquilibres démographiques et des écarts de niveaux de vie qui s’aggravent entre les pays pauvres et les pays riches ».  Mais ce qui est plus inquiétant concerne la manière déshumanisante dont on parle de la migration africaine : on parle de la «bombe africaine», « l’afflux africain », « l’inondation africaine » et on précise qu’on ne veut pas accueillir la misère africaine.
 Imaginez un monde dans lequel on parlait de migrants européens de cette façon.

 On pourrait dire qu’à notre époque, les européens ne se trouveront jamais dans une situation où ils devraient être clandestins. Mais pensez à la réalité qu’il y a plus d’européens que d’africains en situation irrégulière aux États-Unis.
 Les États-Unis comptent plus d’immigrés en situation irrégulière issus du continent européen que de celui africain, selon le Pew Research Center, un centre de recherche américain qui fournit des statistiques et des informations sociales. Il y a (au moins) 500,000 européens dans la clandestinité aux États-Unis, par rapport au 275,000 africains du Sud Sahara. Mais étonnamment, les médias n’en parlent pas beaucoup. La clandestinité mondiale porte souvent un visage de couleur. Alors, les chefs d’État européens, réunis à Bruxelles, ont décidé, vendredi, de restreindre la délivrance de visas dans les pays (du tiers monde) qui s’opposent au retour de leurs citoyens dont les demandes d’asile ont été rejetées. Selon un reportage de l’agence de presse Reuters, un diplomate a dit qu’ils veulent surtout limiter la mobilité des leaders africains pour les convaincre d’accepter les rapatriements.
 Imaginez encore si le président Trump disait que les européens seront restreints d’entrer aux États-Unis à cause des citoyens européens en situation irrégulière. Il est inconcevable parce qu’il y a une inégalité fondamentale entre le mouvement des puissants, (c’est-à-dire ceux qui viennent des pays de « bons passeports ») et celui des faibles - même si le droit de circulation est inscrit dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme à l’article 13.
 Les dirigeants et les médias européens sont apparemment prédisposés à crier au loup en ce qui concerne l’immigration africaine. Il va sans dire que les craintes d’une invasion africaine n’ont jamais été fondées sur la réalité. Il faut donc se demander s’il y a vraiment une crise de l’immigration en Europe ou simplement une crise de la politisation de l’immigration.

Par
Stacy Ndlovu

Journaliste
zimbabwéenne
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Cette année-ci, il a été malheureux de constater que ce que nous avons de plus cher et de plus que rentable en termes d’investissement dans le long terme, à savoir notre système éducatif, est en train d’être bafoué par un encadrement si bien professionnellement connu. Alors, qu’en est-il véritablement de tout cela ?

Au fait, le mercredi 5 juillet dernier, à la grande surprise, les élèves candidats au baccalauréat général, au nombre de 147.607 répartis dans 475 jurys et environ 350 centres, devant composer pour l’épreuve du français et celle d’histoire-géographie, ont été subitement interrompus dans la matinée, sous prétexte qu’il y aurait fuites des sujets à l’échelle nationale. Or que le signal avait été déjà donné, plus d’un mois avant,  durant les épreuves des anticipées de philosophie de juin passé, sans qu’apparemment aucun dispositif réparateur et préventif pour ces épreuves concernées ne soient pris. Chose rarissime et à la fois «bizarrissime» au regard du processus assez complexe de réalisation des sujets, partant de la confection à la distribution ; d’où cette intéressante question qui taraude, en ce moment, l’esprit de pas mal de nos concitoyens, c’est-à-dire qui en est réellement fautif ?
C’est pourquoi nous essayons modestement d’apporter notre point de vue dans ce système d’équation à plusieurs inconnus !

En effet, ce qu’il faut d’ores et déjà retenir, c’est que contrairement aux idées reçues et appréhensions de certains, la préparation et l’organisation de tels examens, sous l’égide du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, par le biais de l’Office du baccalauréat, basé au sein de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, sont normalement soumises à un mode d’emploi très procédural, voire pointilleux. Surtout que ces dits examens et concours restent les seuls moyens permettant d’évaluer les élèves afin de valider leurs diplômes. Donc, la valeur nationale et même internationale de ces derniers doit impérativement dépendre d’une certaine crédibilité à laquelle nous devons tous fortement être attachés en tant qu’usagers d’abord. Ainsi, il revient au service public (l’Etat, par l’intermédiaire du ministère concerné, avec l’Office du bac comme organe central) d’assurer cette garantie, sous la responsabilité, bien sûr, des acteurs légitimes de l’Éducation nationale. Nous voulons nommer les enseignants, seuls compétents dans l’évaluation des élèves et la validation de diplômes pour les examens et les concours du même genre.
En outre, le respect d’un certain nombre d’étapes s’avère plus que nécessaire pour tout pays qui souhaite voir son diplôme reconnu sur le plan international. C’est dans cet ordre d’idées qu’un processus standard assez contraignant est établi comme suit :

Nomination des présidents de commission d’élaboration de sujets
• Désignation des concepteurs de sujets et des membres de la commission
• Appels de sujets
• Réception des sujets
• Commission d’élaboration de sujets
• Évaluation par des professeurs d’essai
• Relecture
• Validation des sujets (par le recteur pour le baccalauréat)
• Envoi des maquettes aux académies
• Reproduction des sujets
• Mise sous scellés des sujets
• Organisation de l’acheminement des sujets sous scellés
• Distribution des sujets
• Permanence durant les épreuves

Maintenant, eu égard à tout ce qui précède, on voit naturellement que tout tourne autour de l’équipe technique de l’Office et des enseignants proprement dit. Ce qui doit obliger à avoir des personnes respectueuses des principes de neutralité, de probité, de confidentialité ainsi que celui de l’égalité de traitement des candidats. Et cela, de la conception des sujets à l’organisation des examens en passant par les membres des jurys, les enseignants ou professeurs d’essai. Malheureusement, chez nous, ayons le courage de le dire, le fatalisme est  le véritable “parent riche” de notre société ; d’où cette attitude récurrente à la médecine après la mort. En illustration, plutôt que de soigner pour de bon les racines du mal dès les premiers signaux, les actions sont actuellement focalisées d’abord sur les 28 personnes suspectes à ce jour (élèves, étudiants, proviseurs et enseignants-professeurs) et mises aux arrêts ensuite sur le fait que les candidats étaient, ce lundi 10 juillet, de nouveau appelés à composer sur les deux principales matières à problèmes (français et histoire-géographie). Avec, nous supposons, des sujets élaborés et validés en un temps record et de surcroît en moins d’une semaine, en flagrante violation du processus édicté. Raison plus que valable pour douter de la qualité de telles épreuves. Alors qu’à notre avis il serait à la fois beaucoup plus digne de foi et judicieux de les renvoyer à une date ultérieure, le temps de mieux préparer les sujets et d’orienter la réflexion sur un autre niveau aussi bien avant-gardiste que précautionniste, car rien ne justifie que ces mêmes sujets présentés étaient à l’abri de probables fuites ; d’autant plus qu’il paraîtrait que d’autres comme les mathématiques seraient même touchés. Autrement dit, en repensant tout bonnement à un autre système répondant, tout au plus, aux normes internationales de sécurisation, car “la valeur d’un trésor réside dans son secret” dixit la journaliste québécoise de renom Suzanne Martel dans “Premières armes”. Secret d’ailleurs imposé à tout professionnel. En l’espèce, à y voir de près, nous savons que les membres de la commission d’élaboration, les enseignants d’essai ainsi que les membres des jurys sont tous soumis à un devoir de réserve en ce qui concerne la confidentialité des sujets et des délibérations. De ce fait, ils ne doivent, en aucun cas, divulguer leur contenu à qui que ce soit. Par ailleurs, aucun candidat ne doit avoir connaissance, à priori, des sujets et de ses notes ou de son résultat avant d’en recevoir la notification officielle. Tout cela, conformément aux dispositions du décret n°95-947 du 18 octobre 1995 modifié par le décret n°2000-586 du 20 juillet 2000 et complété par le décret n°2002 - 330 du 3 Avril 2002 portant organisation du baccalauréat et, d’autre part, du Concours général institué par le décret 61-213 du 30 mai 1961 modifié par le décret 61-454 du 4 décembre 1961.


Étant donné qu’il est manifestement démontré que les fuites ne peuvent provenir que de l’encadrement, en l’occurrence des enseignants et/ou des techniciens de l’Office du bac, de sévères sanctions doivent être infligées aux coupables désignés pour que nul n’en n’ignore désormais les conséquences de tels actes, afin que la confiance soit rétablie aussi bien entre parents et enseignants qu’élèves et enseignants, parce qur  “le secret de l’éducation réside dans le respect de l’élève” dixit l’essayiste-philosophe américain Ralph Waldo Emerson. Et pour obtenir ce dit respect, l’enseignant doit être irréprochable, car étant, dès fois même sans le savoir, une référence pour l’élève.
Concernant les élèves, purs produits de la société sénégalaise, cette recommandation de Serigne Touba Cheikhoul Khadim : «Vous, les jeunes, pour ne pas être déshonorés demain, il faut mettre le savoir avant toute chose ». Il doit être  leur credo, en lieu et place d’une recherche effrénée de “l’avoir sans le savoir”, en toute connivence avec des encadreurs éhontés pouvant hypothéquer leur avenir pour de bon.

Qu’Allah Swt veille sur notre cher Sénégal… Amen

Par
Elhadji Daniel SO

Président
d’En Mouvement !
Défar Sénégal
Ensemble, Construisons
le Sénégal !
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Cet après-midi 11 juillet 2017, j’ai quitté le plateau en direct de Dtv. Je voudrais m’excuser, pas auprès de ces barbus qui veulent nous imposer leurs lois, mais auprès du public amoureux de l’art et de la culture qui suivait l’émission. Je pensais que Dago et moi étions les seuls invités. C’est sur place que j’ai découvert que je partage le plateau avec des gens qui ne méritaient pas le déplacement. Si je savais que j’allais partager le plateau avec eux, je n’allais pas venir. Mais, cela m’a beaucoup appris. Je me renseignerai désormais sur qui je partage un plateau avant d’aller répondre à une invitation de télévision sur les questions de l’art.

« Lorsque des censeurs décident de juger, valider ou rejeter des œuvres de propriété artistique ou littéraire dans l’espace public sénégalais, la cohésion sociale est en danger ».

« L’article 8 de notre Constitution consacre le droit des citoyens à un « accès aux biens culturels ». Cette loi fondamentale garantit également nos libertés culturelles, philosophiques et religieuses, dans le respect d’un État laïc. Le législateur doit veiller à une application de ces dispositions, au profit du droit et des libertés. C’est donc la République du Sénégal qui garantit à tous les citoyens la liberté d’expression, qui comprend la liberté de créer ». «Le trône de la terreur aspire à faire régner les ténèbres. Or l’œil ne voit pas ; c’est la lumière qui fait voir. L’art est la lumière qui aveugle ceux dont l’esprit est atrophié», écrit mon ami Aziz Fall sur ma page Facebook.

Dago expose les « Femmes terres » depuis 1995. Où étaient ces gens depuis tout ce temps-là ? Ils ont juste une volonté de nuire. Je suis le commissaire de l’exposition « Reflets d’expressions et d’expériences ». Et si c’était à refaire, j’exposerai encore les mêmes œuvres. Ceux qui sont venus voir l’exposition savent que ce n’est pas « pornographique », savent qu’elle ne porte pas « atteinte à nos valeurs, us et coutumes », savent que ce n’est, en aucun cas, « un attentat intolérable à la pudeur ». Ceux qui sont venus au vernissage et qui ont vu la performance, savent bien que la fille n’est pas une mineure. L’artiste a réalisé cette performance plusieurs fois, même en face des autorités de ce pays, lors du colloque sur l’ouverture du Musée des civilisations noires. Si c’était pornographique, elles seraient les premières à la dénoncer. Elles ne l’ont pas fait parce qu’elles savent ce qu’est la création artistique.

Tout donc dans leurs propos est mensonge. Il n’y a que le vicieux qui puisse voir le vice partout. Nous, nous avons une simple expression artistique. Les œuvres de Dago sont très esthétiques, superbes. Nous sommes dans une République, un pays de droit, avec une justice et des lois. Nous avons une police des mœurs. Qui sont ces intégristes qui veulent se constituer en « police des mœurs » ? Savent-ils que la prostitution n’est pas interdite au Sénégal ? À cette période des grandes vacances, ils n’ont qu’à aller sur les plages du pays ; là, ils auront des choses à dire. Ils ne sont pas plus musulmans que nous, ils ne sont pas plus croyants que nous, ils ne connaissent pas Dieu mieux que nous. Qu’ils restent donc dans leur domaine et laissent le domaine de l’art et de la création artistique aux artistes et aux experts !

Par Babacar Mbaye DIOP
Université Cheikh
Anta Diop de Dakar-Flhs
Département de Philosophie
Président de l’Aica-Sénégal
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J’emprunte cette formule pour interpeler tous les chrétiens et plus particulièrement les fidèles laïcs face à la situation sociopolitique de notre pays et à la veille des élections prochaines. Déjà en 2005/2006, l’Association Présence Chrétienne, Groupe de Réflexion et d’Action, tenait un atelier de rencontres publiques lors de ses « Mardis de Brottier » portant sur la question : « Où va le Sénégal : Espoirs, lueurs, ombres, craintes ! ».

Si tout citoyen et fidèle laïc chrétien s’engageait en politique ?
Cet atelier comportait quatre rencontres publiques. Nous relevions les chances de notre pays et de notre démocratie, un des rares pays d’Afrique, stable, avec une alternance prometteuse ; nous attirions aussi l’attention sur des nuages d’ombres et de craintes. Le constat que nous faisions alors était qu’il y avait des menaces et des points sombres qu’il fallait prévenir.

Aujourd’hui, face à la situation sociopolitique de notre pays, nous fidèles Laïcs sommes interpellés. Ecoutons : « Dans tous les domaines de la société, amis laïcs, vous restez des baptisés à qui est confiée la mission de rayonner l’amour sauveur. Par vous l’Eglise « est force dynamique sur le chemin de l’humanité vers le règne de Dieu ; elle est signe et promotrice des valeurs évangéliques parmi les hommes ». Vous avez l’ambition de transformer le monde, parce que l’Evangile est une force qui remplit, purifie et transforme. Vous avez la passion de la paix et l’entente fraternelle parce que l’Evangile est un message de paix pour tous les hommes que Dieu veut sauver. Dans cet esprit, prenez vos responsabilités, agissez pour le bien commun de votre pays, luttez pour faire triompher l’honnêteté et la vérité, soutenez les plus faibles. Et quand on vous demandera pourquoi vous êtes si ardents à vouloir le bonheur de tous dans la justice généreuse, vous saurez faire comprendre que votre dynamisme est celui de l’espérance mis dans vos cœurs par l’esprit du Christ… » (Jean Paul II au Sénégal, 1992).

A entendre notre Saint Père,-dont les saintes reliques sont aujourd’hui, à la Cathédrale de Dakar-  j’ai envie de revenir sur la formule et l‘interrogation évoquées ci-dessus : « Et si tout fidèle laïc s’engageait en politique ? » Entendons-nous bien sur la conception noble que nous avons de la politique, à savoir « action multiforme, économique, sociale, culturelle, administrative qui a pour but de promouvoir le bien commun, le bien de tous et chacun organiquement et par les institutions ». Cette conception nous fait croire que la politique est une action très noble, action noble qui faisait dire à Pie XI et que nous rappelle le Synode africain : « La plénitude de la charité qui est la sainteté doit être recherchée  même dans la politique, définie comme la plus haute forme de charité ». Et le Synode priait « pour qu’il y ait en Afrique des responsables politiques et chefs d’Etat qui soient des hommes et des femmes qui aiment leur pays et leur peuple, qui leur servent au lieu de se servir ! ».

Oui ! « Si tout fidèle laïc s’engageait en politique ? » et comprenait ainsi que faire de la politique c’est faire de l’apostolat ! Que la fonction politique est un sacerdoce ? A ce niveau de notre réflexion, j’ai envie de m’interroger et d’interroger : qui donc, dans le domaine de l’engagement sont Politiciens Chrétiens ou Chrétiens politiciens ? La question mérite réflexion, car il doit avoir dans le champ politique des chrétiens que la « débrouillardise » politique hisse à des postes de responsabilité politique selon la dynamique de fait constituée, quitte à se rappeler ou à savoir que l’on est chrétien, d’une part ou alors, ce sont les valeurs évangéliques qui dictent la conduite à suivre, une fois maîtrisée de façon technique et scientifique la situation, en présence de ceux-là qu’on pourrait appeler les chrétiens politiciens.

Cette question mérite d’être posée car elle peut donner sens et orientation à sa vie : faire du Christ et de la religion le centre de sa vie ou recourir par opportunisme à eux, les instrumentaliser ! Cette dernière hypothèse est aujourd’hui  très fréquente sous nos cieux : instrumentaliser la religion et Dieu ! En oubliant que « Dieu est Dieu, non de dieu ! »

Face à la situation et à la crise que traverse notre pays, ce champ vaste où nous appelle notre Maître, personne ne doit regarder et attendre pour aller cultiver ! Muni, qui de sa hache, qui de son daba, tel autre de son hilaire ou de sa charrue, voire de son tracteur, personne ne peut attendre. En tant que fidèle laïc, à la suite de notre Eglise et de ses pasteurs, jouons notre rôle : oui ! « Face aux réalités sociales, il est d’une importance capitale que l’Eglise à tous les niveaux joue son rôle de veilleurs de conscience morale en vue de la guérison des maux qui affectent la société. Et là-dessus, l’Eglise en Afrique a des responsabilités auxquelles elle ne peut renoncer sans faillir à sa mission, « elle ne peut manquer à son rôle prophétique de dénoncer, voire condamner, en termes clairs les vices sociaux de la nation et particulièrement de ses responsables, en cas de besoin. »(Cardinal Hyacinthe THIANDOU).

Ces paroles ont été prononcées au début du Synode Africain et dans le contexte de l’engagement ferme de l’Eglise sur la question sociale. Oui, jouons notre rôle comme le demande notre Eglise, notre mère qui doit aller parfois trouver les personnes là où elles sont, au  risque d’attraper un peu « de boue », de « menaces de marteau et de cercle de feu ». Oui ! Si tous les fidèles laïcs s’engageaient avec leurs concitoyens pour les valeurs évangéliques et universelles de vérité, de justice, de solidarité, de paix et de liberté ! Oui s’ils choisissaient des hommes ayant pour « armure et bouclier» ces valeurs, notre pays voguerait vers le bonheur ! Comme l’écrit Christi Fideles : « Les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à leur participation à la politique, à savoir l’action multiforme économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir organiquement et par les institutions, le bien commun ».

Cette mission politique des laïcs chrétiens doit répondre à des critères objectifs et à une finalité bien précise :
- Elle respecte l’Autonomie des réalités terrestres, elle distingue le spirituel du temporel, le politique du religieux,
- Elle poursuit le Bien commun. Une politique au service de la personne et de la société a pour critère fondamental la poursuite du bien commun,
- Elle vise la Justice. Une politique au service de la personne et de la société est constamment orientée vers la défense et la promotion de la justice,
- Elle est animée par l’Esprit de service. L’exercice du pouvoir politique doit s’appuyer sur l’esprit de service. Joint à la compétence et à l’efficacité nécessaire, celui-ci est indispensable pour rendre « transparente » et « propre » l’activité des hommes politiques.

La finalité de cette action politique c’est le service de la personne et de la société. Elle nécessite le respect d’un certain nombre de principes fondamentaux dont l’ensemble constitue la doctrine sociale de l’Eglise. Le Pape nous a rappelé ces principes :
- Le premier, c’est l’unicité de la personne, l’inviolabilité de la vie humaine, le courage d’accepter les nouveaux problèmes de la bioéthique,
- Le deuxième principe, c’est la dimension religieuse de l’homme, la liberté religieuse,
- Le troisième principe, c’est la famille, premier espace de l’engagement social des laïcs chrétiens,
- Le quatrième principe, c’est le travail, la destination universelle des biens, la propriété privée, la lutte contre le chômage, les systèmes de commerce, de finance et d’échanges technologiques,

- Le cinquième principe, la culture, la rupture entre l’Evangile et la culture. Evangéliser la culture et les cultures de l’homme, accorder une attention particulière au rôle spécifique de la femme, notamment pour les deux grandes tâches qui lui appartiennent en propre : donner toute sa dignité à la vie d’épouse et de mère, assurer la dimension morale de la culture. Pour que les laïcs puissent remplir correctement leur rôle, le Saint Père les encourage à se former intégralement et en permanence. Cette formation revêt, selon lui, deux aspects complémentaires :

• Une formation doctrinale qui aidera les fidèles engagés sur le terrain social et politique a « rendre raison de l’espérance qui est en eux », face au monde et à ses problèmes graves et complexes.
• Une formation chrétienne de la culture est aussi indispensable. Car « une foi qui ne devient pas culture, est une foi qui n’est pas pleinement reçue, pas entièrement pensée, pas fidèlement vécue ».

Cette formation conduit le Chrétien vers la Démocratie et le Civisme dont il doit s’armer et se revêtir. Oui construire aussi avec les autres citoyens portant les mêmes armes et outils  pour une Afrique nouvelle renouvelée à partir de ses racines et cendres : armes et outils : la démocratie et le civisme…. »

Extrait de « Quel Sénégal pour demain… »…Harmattan 2012

Par Théodore NDIAYE
Président Honoraire
Présence Chrétienne Apc – Gra

26 vers poétiques pour 26 ans prophétiques
Il était une fois Seydina Limamou Lahi Al Mahdi (Psl)

Ta mission s’annonçant, la foi grelotte
La barbarie dominante, la douceur sanglote
La justice vaincue, la corruption régnante
L’allégeance trahie, l’idolâtrie galopante
L’appel retenti, vint la pieuse guidée
Les shabbas se noyant dans leur Ipséité
Dans l’oubli, tu nous rappelles
Dans l’insouciance, tu nous aides
La parole de la félicité se proclamant
A l’image des fauves, Satan s’extirpant
Des cœurs des mécréants, il trouva refuge
Des bras des incrédules, il corrompt le juge
L’Imam tout debout, resta fort
L’héritage encore frêle, prit forme
La voix arborescente étala son ombre
La justice debout, bannit l’opprobre
Des terres mottes, jaillit l’abondance
Les vagues se retirèrent devant la sentence
Le cadavre devenant la risée des vautours
La guidée annoncée, hypnotisant la peur
La foi habite le cœur des aspirants en pleure
L’imam, le soleil couchant, baissa ses lueurs
Les mélodies embaument les sévices de l’heure
L’héritier se pointe, ajustant sa mise de pasteur
Les troupeaux délaissés, aperçurent les lagunes
Un soleil se couche, un autre s’annonce de pleine lune

Par Assane NIANG
Shaaba de Seydina Limamou
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I. Des avancées considérables
Depuis 2012, le Sénégal a fourni des efforts considérables pour assainir la gestion publique et poser les bases d’un développement durable. En quatre ans, il y a eu plus de 269 conventions de financement signées pour un montant global de 5130 milliards de FCfa. Le Sénégal n’est donc pas du tout surendetté comme le pensent certains hommes politiques. Notre ratio de l’encours de la dette rapporté au produit intérieur brut nominal est de 57 %, loin de la norme du pacte de convergence de l’Uemoa fixée à 70 %. Le pays bénéficie de la confiance des partenaires techniques et financiers.

L’année 2017 est le temps des grands travaux : infrastructures, élargissement de la Bourse de sécurité familiale, le Train express régional (Ter), les hôpitaux, la sécurité publique, l’eau et l’assainissement, l’agriculture et l’élevage, etc. C’est ce qui justifie, cette année, la hausse du budget d’investissement de 17 % dans la loi des finances. Un excellent recouvrement des impôts et taxes douanières nous ont permis de pouvoir financer nos projets prioritaires à hauteur de plus de 50 % de nos ressources internes.

Il est possible, aujourd’hui, d’atteindre le cap de 10 % en 2019, mais il y a des conditions préalables à remplir en urgence. L’émergence, c’est un ensemble de résultats positifs dans le temps et sur toute l’étendue du territoire. Elle ne devient une réalité que lorsque le pays s’autofinance régulièrement pour satisfaire la demande sociale.

C’est en ce sens qu’il est pressant de repenser toujours la voie de l’émergence pour pouvoir prendre des mesures nécessaires afin de renforcer la souveraineté économique et financière du pays.

II. Quelles sont les urgences pour renforcer cette souveraineté ?

A. La réforme de l’administration publique et la rationalisation de la masse salariale
Le chef de l’Etat exprime régulièrement cette volonté de refaire l’administration publique. Nous devons tous travailler pour mettre en place une Administration publique à haute performance (Aphp). Une administration publique basée sur le savoir, la connaissance scientifique, les compétences et les aptitudes. Il s’agit d’innover et non de se limiter à la doctrine juridique qui est d’exécuter aveuglément des lois et règlements. L’Aphp ressemble plus ou moins à une administration de mission, capable de porter des processus complexes, des dynamiques et des questionnements stratégiques. C’est le repérage des meilleures pratiques dans le monde et un changement total de comportement professionnel. Bien sûr, cela nécessite de nouvelles formations et de mise à niveau de tout le personnel administratif.

En ce qui concerne la rationalisation de la masse salariale, il faut arrêter sa progression et ne plus créer d’agences, de structures budgétivores et de directions générales d’ici à 2019. En 2015, 0,77 % de la population totale a consommé presque 526 milliards de FCfa de salaires ; en d’autres termes, 108.000 personnes ont consommé 526 milliards. Il est temps de repenser les indemnités attribuées et les intégrations automatiques. Aujourd’hui, nous sommes à presque 800 milliards de FCfa pour la masse salariale. Il faut, à ce niveau, un audit intégral des dépenses de personnel et des dépenses en biens et services des administrations publiques par des experts privés indépendants, pour une bonne connaissance des situations. Nous pensons qu’il faut redimensionner l’administration publique pour éviter le gaspillage et les détournements des crédits à des fins personnelles. Les budgets de fonctionnement ne sont pas utilisés normalement et suivant des principes de bonne gestion. C’est pourquoi il est important d’auditer les structures administratives par des cabinets privés indépendants.

B. La réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale
Au Sénégal, le droit du travail a évolué en fonction des exigences politiques et économiques. D’abord, nous avons connu la loi n°52-1322 du 15 décembre 1952 instituant un Code du travail dans les territoires associés relevant des ministères de la France d’Outre-mer. Ensuite, le Sénégal a adopté la loi 61-34 du 15 juin 1961 portant Code du travail avec des similitudes profondes avec les dispositions de 1952.

Enfin, il y a eu la loi 97-17 du 01décembre 1997 portant Code du travail dans un contexte d’ajustement structurel de l’économie sénégalaise. Vous remarquez que chaque réforme est conditionnée par une situation socio-économique particulière. Ce qui était recherché en 1997, c’est la modernisation des relations sociales par la promotion du dialogue social entre les partenaires, pour l’épanouissement de l’entreprise, en protégeant le travailleur.

Avec l’émergence, il faut nécessairement repenser le Code du travail, particulièrement le chapitre III relatif au contrat de travail à durée déterminée et la section deux concernant le licenciement pour motif économique. Supprimer, à ce niveau, toutes les contraintes pour une flexibilité effective, cela nous permettra de favoriser l’investissement et la création d’emplois par les Pme dans le monde rural. Il est important aussi que le patronat sénégalais change de paradigme et prend des risques dans ce monde rural en investissant plus dans des secteurs porteurs de croissance. Il faut aussi innover en créant une couverture chômage pour ceux qui, par exemple, ont perdu leur emploi. A ce stade, nous pouvons toujours approfondir la réflexion.

C. La réforme des finances publiques avant 2019
Le Conseil des ministres de l’Uemoa a adopté, en 2009, 2011 et 2012, des directives pour rénover le cadre général des finances publiques.
Ce sont :
1. La directive n°01/2009/Cm/Uemoa portant Code de transparence ;
2. la directive n°06/2009/Cm/Uemoa portant loi des finances qui fixe les règles relatives au contenu, la présentation, l’exécution et le contrôle des lois de finances ;
3. la directive n°07/2009/Cm/Uemoa portant règlement général de la comptabilité publique qui fixe les règles de l’exécution des budgets publics, le contrôle des opérations financières, la gestion des deniers, valeurs et biens ;
4. la directive n°08/2009/Cm/Uemoa portant nomenclature budgétaire de l’Etat qui fixe les principes de la présentation du budget et les comptes spéciaux du trésor ;
5. la directive n°09/2009/Cm/Uemoa portant Plan comptable de l’Etat
6. la directive n°10/2009/Cm/Uemoa portant tableaux des opérations financières de l’Etat ;
7. la directive n°01/2011/Uemoa portant régime financier des collectivités territoriales ;
8. la directive n°03/2012/Uemoa portant comptabilité des matières.

C’est une grande révolution dans la manière de gérer les fonds publics. Il s’agit d’une gouvernance financière basée sur une nouvelle conception du budget de l’Etat, une culture de la performance et la transparence des comptes publics. Le Sénégal est obligé de travailler sur les chantiers suivants :
• le passage de la logique de moyens à la logique de résultats ;
• la pluriannualité budgétaire pour tenir compte des anticipations ;
• le budget est présenté par politiques publiques, c’est-à-dire par programmes ;
• la déconcentration du pouvoir d’ordonnateur principal ;
• le contrôle à priori des opérations budgétaires et performances des programmes ;
• le pouvoir de régulation budgétaire du ministre chargé des Finances ;
• le passage d’une comptabilité de caisse à une comptabilité d’exercice ;
• l’instauration d’une comptabilité d’analyse des coûts…

Ces réformes des finances publiques vont permettre aux politiques économiques, c’est-à-dire à l’ensemble des interventions des pouvoirs publics, de corriger les déséquilibres tout en apportant des satisfactions aux différentes attentes des populations. Il s’agit de stabiliser le rythme de l’activité économique par une bonne politique budgétaire. Il est temps d’innover sur le plan fiscal en créant un Fonds spécial (Fs) qui sera alimenté par un impôt complémentaire sur l’alcool et le vin, par exemple, ou sur certains produits de luxe. Ces produits ne sont pas bien imposés au Sénégal. Il sera un fonds de soutien aux programmes sociaux prioritaires.

En somme, le renforcement de la souveraineté budgétaire dépend aussi de la pertinence de recouvrement des recettes fiscales et douanières. C’est à ce niveau qu’il faut combattre la corruption et exiger le paiement intégrale des impôts et taxes douanières. En plus, il est utile de faire des audits au niveau de toute la chaine de dépenses des administrations publiques pour détecter les pratiques frauduleuses et identifier les fossoyeurs.

L’émergence est une nouvelle gouvernance qui associe des objectifs, des instruments et des politiques économiques pour lever des contraintes liées à la composition de l’économie ou à la mondialisation. C’est pour cela qu’il faut des décideurs éclairés et patriotes, avec une administration publique moderne, à haute performance, pour conduire les changements nécessaires. A tous les niveaux de l’Etat, le président de la République est très conscient qu’il faut des hommes et des femmes qualifiés pour assurer un avenir radieux aux générations futures. Le temps de la politique électorale, le temps de la construction nationale. Chaque moment, ses acteurs et son public.

Par Alpha YOUM
Spécialiste de Gestion
publique et Droit social
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Fils de Serigne Ahmadou Cissé et de Sokhna Mariama Diaw, Moustapha Cissé est né en 1933 à Pire. C’est El-Hadji Mansour Sy Malick qui lui donna son nom de baptême et en fit l’homonyme de Serigne Moustapha Sy Diamil, fils aîné de Serigne Babacar Sy. Il commença l’apprentissage du Coran et les rudiments des sciences islamiques sous la direction de son oncle El-Hadji Malick Cissé. Son père le mit ensuite à l’école primaire française à Pire. Son grand-père s’y était opposé, disant : « Mes fils et mes descendants ne vont pas à l’école française ».

Son père dit à Tafsir Abdou Cissé qu’il fut formé par El-Hadji Malick Sy. Il se souvenait, en effet, d’une lettre que le marabout avait reçue du gouverneur général. Trouver un lecteur de cette correspondance était difficile. Le premier qu’il connaissait pouvant lire le français et l’arabe et qui bénéficiait de la confiance d’El-Hadji Malick Sy, s’appelait Madia Thiané. Il venait de Saint-Louis pour séjourner à Tivaouane.

El-Hadji Malick Sy lui dit : « Ahmadou, il vaut mieux savoir une chose que de l’ignorer. En conséquence, si je redevenais jeune, j’apprendrais le français afin d’en savoir quelque chose. Toi aussi, si tu n’avais pas encore dépassé l’âge d’aller à l’école, je t’y aurais envoyé ». Il lui a dit aussi : « Les Français sont là. On ne sait pas quand ils vont partir. Et qui comprend la langue d’un peuple échappe à son complot ». Serigne Ahmadou Cissé leur a dit que c’est pour toutes ces raisons qu’il voulait inscrire Moustapha à l’école française. Il s’y ajoute que leur famille recevait des lettres écrites en français. Ils étaient obligés d’appeler des personnes étrangères pour les lire. S’il fait entrer Moustapha à l’école, il pourra garder leurs secrets. C’est ainsi qu’il a été inscrit à l’école française, faisant deux apprentissages à la fois : le français et le Coran.

Son père atteint son objectif à la fin de son cycle primaire, car Moustapha lui servait d’interprète avec les autorités coloniales. Il lisait aussi les journaux et les correspondances adressées à son père. Selon El-Hadji Moustapha Cissé, dès l’âge de14 ans environ, son père le fit appeler un jour d’Achoura pour lui donner une feuille où il avait écrit la prière rituelle de la Tamkharite. Assis, le chapelet à la main, il termina ses prières, lui remit la feuille. Que penses-tu de cette écriture ? dit le père. Elle est belle, rétorqua le fils. Ahmadou Cissé lui dit : « Tu penses qu’elle est seulement belle ; tu as une charge très lourde : j’écris mieux que toi, tes oncles aussi. Chacun de nous a écrit un exemplaire du Coran et l’a montré à El-Hadji Malick Sy et à El-Hadji Abdoulaye Cissé. Si tu allais au Saloum, tu trouverais que tes grands-pères étaient des serigne daara ou imâms ».

II est de la tradition éducative de nos parents de faire connaître à leurs enfants ce qu’ils son, ainsi que leurs origines. El-Hadji Mansour Sy Malick qui venait souvent à Pire, accompagné de son frère El-Hadji Abdoul Aziz Sy, dit à Ahmadou Cissé que Moustapha Cissé devait impérativement aller étudier, mais sans que son lieu d’apprentissage fût Pire ou Tivaouane. Il devait aller plus loin, à Mbour par exemple, chez El-Hadji Amadou Wade. « J’y possède une maison et la zawiya s’y trouve. Il peut y élire domicile ». Il trouva ainsi chez ce marabout plusieurs talibés saloum saloum, des Dramé et Sakho ». Le jeune Moustapha alla à Mbour et apprit «fiqh», «nahw», entre autres disciplines.

Vers 1951-1952, on lui dit d’aller poursuivre ses études à Diamal. Il s’arrêta à Mbirkilane, chez Sokhna Nafissatou Sy, avant d’aller à Diamal. Les conditions de vie étaient difficiles, la chaleur était torride. Il décida de rebrousser chemin. Il passa un bref séjour chez Serigne Khalifa Niasse à Kaolack, chez qui il apprit le livre « Daliya ». Il retourna à Mbour. De cette ville, El-Hadji Mansour Sy Malick le déplaça à Thiès où il continua ses études sous la direction de Serigne El-Hadji Kébé, Serigne Samba Guèye et Serigne Talla Diène. Ce dernier maîtrisait l’arabe classique et lui apprit l’anthologie «Al-Mu’allaqât». Il alla aussi étudier auprès de Serigne Mansour Sy, khalife général des Tidianes.

Il suivit aussi des cours de français par correspondance avec le Centre international téléguidé de Toulouse jusqu’au baccalauréat. C’était vers 1955-1956. Il se présenta comme candidat libre à l’examen du baccalauréat arabe en Mauritanie. C’est ainsi qu’il réussit, en 1962, la première partie à Nouakchott et la deuxième partie en 1963 à Rosso. Il a toujours été d’une grande curiosité intellectuelle. Ensuite, il fit un stage à l’École normale supérieure d’Algérie en 1963, à l’Institut El-Mourôdj du Liban en 1964, à l’Université arabe du Liban en 1965 grâce à l’appui du premier ambassadeur du Liban à Dakar, avec lequel il était en relation quand celui-ci était venu participer à la fête de l’indépendance du Sénégal en 1961. Le gouvernement avait fait appel aux arabisants pour servir de guides aux étrangers venus participer à l’événement. Il fut désigné pour accompagner la délégation libanaise dont le nouvel ambassadeur qui lui accorda des bourses de stage.

Sa vie active : enseignant, puis diplomate
Moustapha Cissé, enseignant (1961-1968) : après sa formation académique, il commença à enseigner en 1961 avec un salaire d’environ 20.000 FCfa. Il fut affecté à l’école Champs de courses à Dakar et à l’école Paille d’arachide. En 1968, il fut affecté au lycée Blaise Diagne. Après avoir passé huit ans dans l’enseignement, il embrassa la diplomatie.

Moustapha Cissé diplomate : en 1968, il fut nommé conseiller d’ambassade en Arabie saoudite. Il exerça deux ans avant d’être nommé ambassadeur dans ce pays en septembre 1970. Venant passer des congés à Dakar, le président Senghor, en le recevant, lui demanda s’il avait vu le ministre des Affaires étrangères (Amadou Karim Gaye). Il lui dit « oui ». Senghor lui fit savoir qu’il l’a nommé ambassadeur. Le président lui dit avoir constaté qu’il faisait déjà du bon travail là où il était. En fait, étant bilingue, il opéra un changement qualitatif dans les relations entre le Sénégal et les pays arabes.

Des personnes d’expérience lui conseillèrent de rester à Dakar jusqu’à ce que la nomination fut effective. Parce que, selon eux, l’État sénégalais n’avait pas jugé nécessaire de respecter la procédure. Car on devait d’abord le rappeler à Dakar, mettre fin à ses fonctions de conseiller et, ensuite, introduire une demande d’agrément. Nommer un ambassadeur dans un pays où il était conseiller, selon lui, n’avait jamais été vu dans les annales de la diplomatie. Cela était, à son avis, une entorse aux usages diplomatiques, car avant de nommer un ambassadeur, il faut d’abord une demande d’agrément auprès du pays concerné.

C’était une des raisons qui retardèrent la demande d’agrément. Cependant, avant la fin du délai réglementaire de trois mois, il fut officiellement nommé en remplacement à ce poste du magistrat Alioune Badara Dème. Aussitôt installé, il s’attacha à développer les relations. Car, selon lui, jusqu’à cette époque, il n’y avait pas de coopération entre le Sénégal et les pays arabes du Golfe et du Moyen-Orient. Il n’existait entre eux qu’un accord aérien paraphé, mais non signé. Il activa cet accord qui fut signé à moins de trois mois après sa prise de fonction, permettant aux avions d’Air Afrique de pouvoir atterrir à Djeddah et à la Saoudia Airlines d’atterrir à Dakar.

Ensuite, il signa un accord culturel avec l’Arabie saoudite permettant au Sénégal d’envoyer un plus grand nombre d’étudiants sénégalais à l’Université islamique de Médine. Le roi Fayçal était en Afrique en 1966 ; il s’était rendu au Mali, en Guinée, mais avait ignoré le Sénégal pour se rendre au Maroc pour la simple raison que Senghor, un non musulman, gouvernait le pays. Le roi avait toujours vu d’un mauvais œil un président chrétien à la tête du Sénégal. Il disait que les Français l’avaient imposé au peuple sénégalais.

La première visite d’El-Hadji Moustapha Cissé en Arabie date de 1964. Lorsque fut créée la Fédération des Associations islamiques au Sénégal, en 1962, il fut élu secrétaire général. Une délégation fut envoyée dans les pays arabes afin de faire connaître la strucutre et demander une aide financière pour construire un institut islamique. Elle était composée d’Oumar Ane, trésorier général, Badara Seck, secrétaire général adjoint, Mâm Bara Mbacké, secrétaire culturel, Bachir Ly et Moustapha Cissé. Ce dernier était le plus jeune, mais vu son statut de secrétaire général, il dirigeait la délégation.

Arrivé en Arabie, il accorda une interview publiée avec la photo du président Senghor au journal An-Nadwa. Il leur expliqua comment Senghor était arrivé au pouvoir et pourquoi il a été accepté par le peuple sénégalais, et ce qu’il était en train de faire pour l’enseignement de l’arabe. L’ambassadeur accrédité dans ce pays à l’époque, Salmone Fall, lui dit : « Moustapha, on ne sait pas comment te récompenser. C’est la première fois que la presse saoudienne parle positivement de Senghor ». Il y avait, jusqu’en 1966, quand Fayçal venait en Afrique, beaucoup de réserves de la part des Saoudiens. En conséquence, lorsqu’il fut nommé ambassadeur, il s’attela à faire venir le roi d’Arabie au Sénégal en demandant des audiences auprès d’un ami secrétaire d’État au ministère saoudien des Affaires étrangères, Cheikh Mouhamad Ibrahîm Mas’oud. Ousmane Camara, ministre de l’Information, venu dans ce pays en visite officielle, profita de son séjour et prit audience avec le roi. Ce jour-là, Fayçal a demandé les nouvelles de Senghor et dit : « Senghor est un homme bien. On se demande quelquefois même s’il n’est pas musulman intérieurement ».

On tira des propos du roi un ouf de soulagement pour la diplomatie sénégalaise qui considérait du coup que ses efforts venaient de donner ses fruits. Deux mois après, le palais royal fit appeler Moustapha Cissé pour lui annoncer que Fayçal avait l’intention de se rendre à Dakar. Il envoya un message au président Senghor qui, en lisant le télégramme, n’en revenait pas. Le roi arriva à Dakar en novembre 1972. Il reçut, en effet, un accueil populaire extraordinaire qui lui montra la culture sénégalaise sur toutes ses facettes. Après la visite, Moustapha Cissé dit à Senghor qu’il fallait envoyer une délégation en Arabie, au Koweït, etc., pour déclencher la coopération et amener les Arabes à investir davantage au Sénégal. La délégation fut dirigée par Ousmane Seck, ministre de la Coopération. Le Koweït avait décaissé 30 millions de dollars pour l’Omvs et l’Arabie Saoudite accorda 100 millions de dollars.

Moustapha Cissé proposa à Senghor d’aller rendre visite à Fayçal. Il envisageait d’aller en Arabie en 1973. Mais, il n’a pas pu réaliser ce vœu jusqu’à la mort du roi en 1975. Moustapha Cissé suggéra au président de maintenir la visite en allant voir son successeur, Khaled, et d’en profiter pour faire un périple au Moyen-Orient. Ce périple eut lieu en octobre et novembre 1975. Moustapha Cissé le prépara pendant un an, faisant des navettes entre le Sénégal et les capitales des pays arabes à visiter par le président Senghor. Le président Senghor visita successivement l’Arabie saoudite, la Syrie, le Koweït, les Émirats arabes unis, l’Irak, le Soudan, l’Égypte et le Qatar. Les Arabes étaient émerveillés par ses idées concernant la coopération arabo-africaine et son soutien à la cause palestinienne. Par exemple, au Koweït, il dit : « Le Moyen-Orient est le prolongement de l’Afrique et vice-versa. Vous avez de l’argent, du pétrole. Nous avons des terres fertiles, des matières premières, mais nous n’avons pas suffisamment d’argent pour les exploiter et développer notre agriculture. Venez investir chez nous et, en retour, nous vous fournirons des matières premières. Je sais que vous les achetez en Argentine et en Australie dont la distance est deux fois plus longue entre vous et l’Afrique. Sinon, si vous continuez à déposer votre argent dans les Banque euro-américaines, demain, ils l’utiliseront contre vous ».

C’est effectivement ce qui arriva avec la guerre du Golfe où les Américains créèrent une coalition. Moustapha Cissé explique : « Après la guerre, je suis allé en Arabie saoudite, le roi Abdallah, à l’époque prince héritier, me dit : « Nous avons une facture de 100 milliards de dollars à rembourser. Nous allons passer quatre ans à payer. Donc, Senghor avait raison ; il fut un grand visionnaire ». Après la visite, le président sénégalais devint l’ami des Arabes, essentiellement du roi Khaled et de Cheikh Zayid. C’était le déclic, l’ouverture totale entre les Arabes et le Sénégal. Cela a permis à Senghor de participer activement à la coopération arabo-africaine. Il fut même chargé de prendre des contacts avec Israéliens et Palestiniens. Le premier financement d’un pays arabe (Koweït) accordé au Sénégal, par l’entremise de Moustapha Cissé et Ady Niang, avait atteint dix millions de dollars. El-Hadji Moustapha Cissé a beaucoup contribué au renforcement des relations entre le Sénégal et les pays arabes.

Ses différentes nominations en tant qu’ambassadeur de 1970 à 1990
Arabie saoudite : 1970 -1972 ;
Égypte : 1972-1974 ;
Koweït : 1974-1976 ;
Égypte : 1976-1980 ;
Arabie saoudite : 1980-1985 ;
Tunisie : 1985-1990.

Commissaire général au pèlerinage à la Mecque (1972-1984)
El-Hadji Moustapha Cissé fut nommé Commissaire général au pèlerinage à la Mecque de 1972 à 1984, poste qu’il cumulait avec celui d’ambassadeur en Arabie saoudite, au Koweït et en Égypte. Comme le soutient Thierno Kâ, il « s’occupait, dans ces différentes ambassades, outre ses fonctions de représentant du Sénégal, de l’organisation des voyages officiels des responsables sénégalais dans ces divers pays ». Le président Senghor le désigna envoyé spécial auprès de Yasser Arafat. En juillet 1975, pendant la guerre du Liban, il l’y envoya pour une mission secrète. S’adressant à Arafat, Senghor débuta sa lettre ainsi : « Monsieur le président, cette fois, je vous envoie un homme de confiance ». Moustapha Cissé effectua plusieurs fois des missions périlleuses. Il allait souvent, en pleine guerre, voir Arafat entre 1975-1977. Arafat le recevait à des heures tardives de la nuit.

Les démarches ont continué de juillet 1975 à mars 1977, date de la tenue du Sommet arabo-africain au Caire. À cette occasion, Senghor rencontra Yasser Arafat. Celui-ci lui dit que, depuis trois ans, le Conseil national palestinien n’avait pas été tenu en raison des divergences entre les factions. Abu Amar lui fit savoir qu’ils allaient tenir celui-ci au siège de la Ligue arabe, « j’invite Moustapha à assister à ce Conseil et, ensuite, il vous rendra compte ». Il y assista, fit un rapport à Senghor et transmit un message d’invitation à Arafat qu’il trouva à Abu Hamdôn. C’est en juin 1977 que l’ancien dirigeant palestinien arriva à Dakar.
 
Ses rapports personnels avec les anciens chefs d’État arabes et sénégalais
Après la visite du roi Fayçal à Dakar, Moustapha Cissé devait quitter l’Arabie saoudite pour l’Égypte. En le recevant, Fayçal lui demanda en dialecte saoudien la raison de son départ. Le diplomate lui fit comprendre qu’il était un fonctionnaire, sous ce rapport, le gouvernement sénégalais a estimé qu’il devait aussi servir son pays ailleurs. Moustapha Cissé connaissait l’ensemble des dirigeants arabes. Celui avec qui il avait le plus d’affinités, c’était Mu’ammar El Kadhafi. Il totalisa 23 audiences officielles avec le guide libyen, sans compter les rencontres informelles. À chaque fois qu’il y avait des problèmes, Khadafi disait qu’il fallait faire venir Moustapha. En 1988, en pleine campagne électorale, on avait arrêté des Libyens porteurs d’armes à l’aéroport de Dakar. Jean Colin l’appela pendant qu’il était à Pire. Il lui dit que le président lui demandait d’aller d’urgence voir Kadhafi.

Moustapha demanda à Jean Colin la liste des présumés coupables, les photocopies de leurs passeports, leurs photos et se rendit chez Kadhafi. Ce dernier lui fit comprendre qu’il ne connaissait pas ces gens-là, mais c’étaient des Libyens. Il ajoute : « Moustapha, moi, je suis un homme sensé, je considère Abdou Diouf comme un frère et un ami. Ces gens-là, en faisant cette opération, comptaient briser les relations existant entre nos deux pays et éventuellement saboter la campagne électorale d’Abdou Diouf. Dites-lui qu’il peut les emprisonner s’il veut ou me les envoyer ». Contrairement à tout ce que la presse en avait dit à l’époque, faisant état du déplacement du ministre des Affaires étrangères, aucun ministre, selon lui, ne s’était rendu en Libye, c’est lui qui s’était déplacé pour le règlement de ce problème.
 
Ses relations avec le président Léopold Sédar Senghor
Moustapha Cissé avait des relations particulières avec Senghor qui lui faisait totalement confiance et l’estimait beaucoup. Moustapha avait épousé la nièce du président Senghor, Catherine Bineta Guèye, fille de sa sœur Anna Senghor et de l’ancien maire de Dakar Dr Samba Guèye. En 1976, c’est à lui que fit appel Senghor pour aller au Maroc, en Tunisie, en Algérie, en Libye, en Syrie, au Soudan et en Égypte, porteur de messages destinés aux chefs d’État afin de préparer la Conférence arabo-africaine. À la sortie de l’audience, il rencontra Abdou Diouf, alors Premier ministre, et lui dit qu’il était fort embarrassé par la mission. Si le président l’envoyait au Moyen-Orient, l’on pouvait comprendre, parce que les populations de ces zones ne parlaient pas français. Par contre, les Magrébins, eux, nous sont très proches et parlent français. En plus, il y a ses collègues ambassadeurs qui sont sur place. Comment allaient-ils apprécier qu’un ambassadeur comme eux effectue une mission auprès des chefs d’Etat auprès de qui ils étaient accrédités ?

Abdou Diouf lui dit : « Le président sait mieux que vous tout ce que vous venez de me dire. Écoutez, Moustapha, c’est à vous qu’il a fait appel pour cette mission. Et puis, entre vous et Senghor, c’est une question de confiance. Faites tout ce qu’il vous demande. Sinon, ce serait comme si vous vouliez lui apprendre son travail ». La mission fut bien remplie et fut un grand succès. Cela montre la place qu’il occupait dans le dispositif diplomatique de Senghor.
 
Avec le président Abdou Diouf
Avec Abdou Diouf, c’était pareil. « On était presque des complices », dit l’ancien ambassadeur. « Il me disait souvent, quand il y avait une question tellement délicate : « Allez voir le Vieux pour savoir ce qu’il en pense. Il vous aime bien. Si vous lui en parlez, il vous donnera son point de vue. Après, vous reviendrez m’informer ». Sur le problème des Libyens emprisonnés à Dakar, par exemple, l’ambassadeur avait, dès le début, suggéré à Abdou Diouf de le gérer avec beaucoup de précaution, car on pouvait juger et emprisonner des terroristes, mais l’on voyait souvent d’autres terroristes arriver pour les libérer.

Un jour, Abdou Diouf le fit appeler alors qu’il se trouvait en Tunisie. une fois arrivé, il lui fit comprendre qu’il avait choisi de les libérer, mais il tenait toutefois à rappeler à Kadhafi que les droits de l’Homme constituent un principe à respecter. Arrivé en Libye, Kadhafi lui dit : « Mais, c’est curieux ! Pas plus tard que ce matin, je demandais qu’on m’appelle Moustapha pour que je le consulte ». C’était au sujet d’une attaque, par des terroristes, de l’ambassade de le Grande-Bretagne au Pakistan, et un communiqué de la Maison Blanche avait dit que le détonateur utilisé par les assaillants était le même qu’utilisaient les Libyens arrêtés au Sénégal. Kadhafi lui dit : « Malgré tout, tu viens me dire que Abdou Diouf veut les libérer. Il est nationaliste, musulman et vrai Africain ! Je le remercie beaucoup ».

À partir de 1990, El-Hadji Moustapha Cissé fut nommé conseiller spécial du président Abdou Diouf, chargé des affaires arabes et islamiques. Il fut aussi ambassadeur et conseiller du président. C’est Abdou Diouf qui avait demandé au président Senghor de le nommer conseiller diplomatique spécial, raison pour laquelle il était à la fois conseiller et ambassadeur. Après le départ de Senghor, Abdou Diouf le garda à ce poste de 1990 à 2000. « J’effectuais beaucoup de missions, j’étais tout le temps à l’étranger », disait-il.
 
Avec le président Abdoulaye Wade
Lorsque Abdoulaye Wade arriva au pouvoir, il fut congédié. « J’étais ici, chez moi, lorsqu’un jour, je reçus un arrêté signé de Wade me limogeant de mes fonctions de conseiller spécial. J’ai le décret avec moi. Je l’ai gardé sans rien dire ». Cependant, à la demande d’Idrissa Seck, le président Wade le reçut en septembre 2000 et en novembre avec une délégation de Diamal. Quand le président Abdoulaye Wade eut l’idée d’organiser une rencontre sur le dialogue islamo-chrétien, en janvier 2004, il le fit appeler pour lui demander ce qu’il en pensait. Il lui fit comprendre qu’en réalité, cela ne datait pas d’aujourd’hui. C’est le Prophète (Psl) qui l’a commencé à Médine en recevant une délégation des chrétiens de Najran. À la Mecque, il y avait des chrétiens et des juifs ».
 
Ses distinctions honorifiques
El-Hadji Moustapha Cissé a reçu plusieurs médailles dont celle du Commandeur de l’Ordre national du Lion en 1975. Avant son départ, Senghor lui a décerné celle de Grand Officier. Senghor voulait le faire le jour même où il décorait son père, Ahmadou Cissé, en mai 1979. L’ambassadeur s’excusa, arguant qu’il lui serait difficile de recevoir cette distinction en même temps que son père. Une cérémonie spéciale fut organisée et Senghor dit dans son allocution à son endroit : « Je loue aussi votre politesse. Vous incarnez la politesse de vos ancêtres jusqu’à refuser d’être décoré en même temps que votre vénéré père ». Abdou Diouf lui décerna la Grand-Croix de l’Ordre national en juin 1989.

Ses activités politiques et culturelles
Ses activités politiques : il s’intéressa à la politique très jeune, quand il était talibé à Mbour. A l’époque, il mit sur pied un comité des étudiants en langue arabe du Bloc démocratique sénégalais (Bds) pour soutenir Senghor, raison pour laquelle son Serigne l’appelait « le député » en le taquinant. C’était par passion, car Senghor était l’ami de son père et qu’il avait à Tivaouane le soutien de Serigne Babacar Sy. On l’a toujours mis au bureau de la Coordination départementale de Tivaouane, mais, selon lui, il n’a jamais assisté aux réunions. Lorsqu’on a voulu le mettre à la tête de la Coordination de Tivaouane, il refusa. Informé, le président Senghor, appuyant sa position, lui dit : « Non ! Non ! Restez là où vous êtes, ce que vous faites encore est mieux que d’aller dans les comités et sections ». 

Ses activités culturelles : il fut membre fondateur et secrétaire général du Mouvement des enseignants en langue arabe, créé en 1959. Par la suite, ils firent appel à toutes les autres organisations islamiques. Ils se réunirent pour créer la Fédération des Associations islamiques du Sénégal en octobre 1962. Il fut proposé au poste de secrétaire général qu’il remporta après vote. Jusqu’à sa disparition, il assurait cette fonction. Le président Senghor, absent du pays lors de la création de la Fédération des Associations islamiques du Sénégal, à son retour, envoya un télégramme de félicitation au nouveau secrétaire général. Senghor décida de les recevoir. Quelqu’un suggéra à Mamadou Dia de les recevoir avant. Il les reçut le même jour, en novembre 1962, Senghor les reçut aussi et leur dit : « Je compte sur vous, vous êtes des adultes, Abdoul Aziz Sy et Moustapha Cissé, le père de chacun de vous deux est mon ami ».

Moustapha Cissé a écrit aussi des articles dans la presse sénégalaise d’expression arabe comme «Al-Masîra». Il fut le rédacteur en chef du journal An-Nûr, organe du Mouvement des enseignants en langue arabe et rédacteur en chef d’Afrique musulmane, revue de la Fédération des Associations islamiques. Il animait aussi des conférences au Sénégal et en Gambie. En 1976, il fut nommé président du Comité exécutif du Conseil africain de Coordination islamique fondé à la demande de la Ligue islamique mondiale.

L’ambassadeur a su fortifier les relations entre les Cissé de Pire et leurs frères du Saloum. Accompagné d’une forte délégation, composée de personnalités religieuses du Saloum, il s’est rendu dans une trentaine de villages de la Sénégambie. Serigne Moustapha Cissé était, depuis le 30 mars 1990, le 4ème khalife de Tafsir Abdou Cissé et le premier petit-fils assurant cette fonction religieuse. Il laissera un vide à Pire, le Gamou de cette ville le regrettera longtemps, la ziyara de Diamal, qu’il a créée, se souviendra de lui. Cet homme religieux multidimensionnel (enseignant, diplomate, interprète, conférencier, islamologue, khalife, bienfaiteur), après une vie accomplie, est décédé le 24 juin 2017 à Dakar et enterré le même jour à Pire. Comme l’auteur, « les hommes utiles sont des propriétés nationales ». Que la terre de sa ville natale du Cayor lui soit légère.

Par Dr Djim DRAME
Chercheur au Laboratoire d’islamologie de l’Ifan
Ch. A. Diop-Ucad

Le baccalauréat est un diplôme dont la seule évocation suffit pour troubler le rêve de tout élève. Raison de son investissement durant toute la durée de l’année scolaire.
Au Sénégal, tout parent d’un élève candidat à ce sésame  rêve lui aussi de jouer sa partition dans cet exercice en mettant ce dernier dans le meilleur des cadres pour sa réussite.

Les professeurs, ne voulant être en reste, payent de leur vie privée pour honorer soit leur établissement ou leur image.
Pour couronner le tout, l’Etat crée les conditions de déroulement de cet étape cruciale pour les différents acteurs ainsi précités.
La finalité est de former un citoyen à même de participer activement au développement de son pays.
Juillet 2017, malheureusement, marquera à jamais l’histoire des concours et examens dans notre pays, car une histoire de fuites d’épreuves du baccalauréat est venue perturber pour ne pas dire mettre à nu les impairs notés ces derniers temps.

La justice est en train de faire son devoir, l’Etat, à coup sûr, ne manquera pas de suivre pour qui connait combien le président tient au respect des lois et textes qui régissent le fonctionnement d’un Etat.

Beaucoup de questions pour l’instant taraudent l’esprit du commun des Sénégalais. Parmi celles-ci, la suivante : pourquoi une telle récurrence et ce niveau jamais atteint par ces cas ainsi notés ?

Des fraudes, on en a toujours connu. D’ailleurs, c’est la raison d’être de la surveillance des salles et du corps des surveillants, mais maîtrise en avait été toujours faite.

Depuis un an, tous les examens au niveau national ont été émaillés de fuites et, à chaque fois, les enquêtes menées n’ont pas abouti.
Je me demande maintenant est-ce qu’il ne serait pas judicieux de voir dans tous les angles l’origine de ce qui a fini d’assombrir, depuis aujourd’hui, l’avenir de nos enfants ici et ailleurs, car je devine déjà les réticences des universités étrangères à accepter, comme jadis, nos bacheliers. Chez nous, on dira toujours à nos futurs étudiants, pour les égratigner, que leur sésame est altéré.

Nos politiciens, dans un passé récent, ont montré suffisamment de preuves d’irresponsabilité, de manque de patriotisme et d’envie aveugle d’accéder au pouvoir.

Cela fonde ma préoccupation à chercher s’il n’y a pas une main cachée  dans ce qu’il est convenu d’appeler coup mortel dans notre système éducatif. Ceci, dans le seul but d’assommer ou de saper le bilan du régime actuel.

On ne doute guère que la politique est animée, dans sa majorité, par des gens issus du système éducatif
 A force de montrer leur insuffisance en matière de propositions de qualité, le peuple sénégalais s’est, aujourd’hui, démarqué de ses politiciens de métier en mal de programme.

Si et seulement si cette suspicion venait à se confirmer, alors, c’est toute cette catégorie en quête permanente de postes, d’avantages et de prébendes qui serait disqualifiée et convoquée devant le jury du peuple.
Fuites ou fraudes, en tout cas, notre système éducatif naguère envié, copié et adulé et désormais rejeté, ne s’en relèvera pas sans cicatrices.

Par Hamidou NDAO
Membre structure des cadres de l’Apr
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Merci pour tout cela… Ndary

En dépit de son départ abrupt
J’espère que ces quelques mots retentiront en vous et vous aideront à y voir plus clair dans l’homme qu’il fut
Il avait de bons calmants qui souvent l’apaisaient
Il n’avait pas peur de la solitude
Convaincu qu’on finit toujours seul, il a pourtant recherché l’amour, l’amitié, l’affection
Il aimait évoquer Khalil Gibran : « l’autre n’est pas là pour combler votre vide ».
Il avait compris que la solitude est le prix à payer pour ce qu’on saura ou ce qu’on pourra
« Au bout du compte, on est toujours seul même si on a un foyer, une femme et des enfants », disait-il
C’était un fils, un frère, un mari, un père, un ami
Mais un modèle aussi
Il avait toujours le moral alors que son état se dégradait
Il avait comme compagnon des pics de douleurs qu’il essayait de compenser avec des médicaments antidouleurs
Il avait de grosses fatigues qui réduisaient sa mobilité
Il continuait son traitement dans la lecture des livres sur la spiritualité

- Fréderic Lenoir : l’Ame du monde.
- Le Petit traité de l’abandon d’Alexandre Jollien.
- Les Tisserands de Abdennour Bidar : le sous-titre : Réparer ensemble le tissu déchiré du monde

Dans ce livre, le philosophe nous parle du rapport de l’humain à soi,
De son rapport à l’autre et, en dernier, de son rapport à l’environnement.
 Du livre « Les tisserands », Ndary me raconte : « Je l’ai acheté à cause du titre. Dès que je l’ai vu, j’ai pensé à Mame Abdoul Aziz Dabakh qui se définissait comme un tisserand avec son aiguille qui rapiéçait toute relation humaine défectueuse. Le comble fut qu’au fur et à mesure de la lecture, le livre parlait de la même chose, à la différence que, dans ce cas précis, il s’agit d’un philosophe ».
A-t-il tué la mort ?

Ndary a vécu
Il a accompli de nobles et exaltantes tâches à chaque fois que la balle était dans son camp
Il fut lauréat de deux éditions de la biennale sans oublier le grand prix du chef de l’Etat pour les arts
Ce qu’il entreprenait, il le faisait de la plus juste et de la plus belle des manières avec tout le professionnalisme que cela suppose.
Un legs

Une leçon de dignité pour nous tous, cela ne fait aucun doute !
Il était convaincu que les possibilités de l’être humain sont infinies
et avec lui nous ne sommes pas au bout de nos surprises
Il était attentif à la réaction de l’autre
 Devant une diversité de possibilités, il savait faire le choix le plus intéressant
Il pouvait distinguer celui avec lequel il y a plus de fluidité, donc de possibilités de collaborer
Il ne perdait pas son temps
 « La joie de l’âme est dans l’action », disait-il
Très alerte dans sa pensée, sa façon d’analyser, d’écouter, d’entendre, de critiquer…
Il était un homme très prudent, qui ne se prononçait que sur des choses dont il maitrisait les contours
Il a soutenu les prémices du travail sculptural de Cheikhou Bâ, la peinture de Omar Bâ,
Il a encouragé Dout’s, jeune ex pensionnaire des Beaux-arts à l’époque,
Il a appuyé le travail du critique d’art Massamba Mbaye en rendant disponible pour lui de la documentation
Il était convaincu du talent de Ngoor qui lui aussi a été arraché à notre affection
Il a considéré que c’était une grande perte pour le Sénégal
Il priait pour son prochain

Le pays lui manquait, mais il n’avait pas le choix
La maladie le retenait dans cet hôpital lyonnais
Il a connu des printemps de grande réalisation
Voici l’image de l’homme que j’ai connu
Il a recherché un côté interactif de son œuvre avec le visiteur tel qu’en témoigne
La vision qu’il avait de sa participation à l’exposition collective  « Formes et paroles » présentée en  novembre 2014 sur l’île de Gorée, sur l’initiative de la Fondation Dapper :
Il était question, pour lui, de mobiliser l’art du palindrome phonétique pour transcrire graphiquement le mot MATAM sur une sculpture en ronde bosse.

Matam est une des dernières régions nées au Sénégal Oriental.
 Elle fait partie des villes les plus éloignées de Dakar
Cette bourgade aux caractères graphiques réversibles est essentiellement habitée par les Peuls, une des ethnies nomades les plus connues en Afrique noire.
Dans l’ébauche du projet,  il recherchait une manière d’établir un lien entre le déplacement des esclaves partis de Gorée et d’insister sur le caractère nomade des Peuls qui sont dispersés un peu partout en Afrique
Il souhaitait mettre en scène une sculpture sur laquelle le visiteur pourrait monter. Il voulait établir une traçabilité de la géographie humaine de Matam sur l’île de Gorée.

En 2013, il avait à nouveau présenté l’installation Rosa Parks
L’œuvre avait évolué depuis le temps
Et moi, pour me fichtre de lui, je qualifiais son projet comme étant juste :
« Le regain d’intérêt d’un artiste autour de la nouvelle de la mort de Trayvon Martin grandement médiatisée à l’époque pour commémorer à nouveau Rosa Parks

Pourquoi remettre au goût du jour cette ancienne installation jadis présentée à la Dak’art »
Nous étions également dans des discussions rudes autour de la question de savoir qui devait être dans le bus et qui ne devrait pas y être.
 S’intéressait-il à la discrimination raciale, ou à la discrimination sexuelle, ou les deux en même temps ?
Je lui reprochais de se servir juste du chapitre féminin de la lutte pour les droits civiques comme un support de sa création
Ça avait réellement chauffé pour moi, car j’avais eu l’impertinence de m’attaquer à l’engagement de son discours
Encore une fois, j’avais remis en question l’authenticité de sa démarche à la Dak’art 2012 en caractérisant son installation  « Windows » en tant que décor de guirlandes en capsules plastiques. Objets banals dans ce hangar de la Biscuiterie.
Je l’accusais, moi, d’être en train d’essayer de se réinventer pour rester au goût du jour, car la création artistique contemporaine rime avec des exigences d’innovation des dispositions plastiques.

Je lui reprochais d’avoir privilégié le joli et la dimension ludique.
A travers sa généreuse proposition, son souci était également orienté sur la valorisation et le recyclage des déchets plastiques, la maîtrise de notre impact environnemental, la disponibilité de l’eau potable, la gestion de cette ressource naturelle, objet de guerre et de convoitise aujourd’hui.

Il se souciait du bien-être humain, de la qualité de vie sur terre
Cette installation, il la voulait également interactive avec le public, si bien que nous pouvions nous parader dedans.  
Une autre fois, j’ai osé encore m’attaquer à ses socles
Je leurs reprochais d’être juste des points de fixations au sol
Et sa réponse m’avait surpris : « Je partage en partie ton point de vue, peut-être que cela pourrait être autrement et donc meilleur. J’ai un vrai problème avec les socles, souvent je n’ai pas envie d’en mettre. Ce qui fait que quand j’y suis obligé pour des raisons de sécurité, ce n’est pas toujours impeccable…»
 Quand Ndary mélange les pédales, je suis toujours ravie, car ça arrive exceptionnellement
C’était presque impossible pour moi d’avoir raison sur lui en analysant son travail
C’était aussi un homme qui savait reconnaître ses limites
Un homme qui savait s’excuser quand il avait tort
Il était reconnaissant et sincère
Il était respectueux
Il craignait d’aller se cogner dans le mur

C’était un croyant
 Il a cultivé l’espérance et l’espoir, la foi,  la charité, la spiritualité
Dès fois, il oubliait et il s’en désolait
Pour lui, le silence n’est pas un oubli
J’avais une grande admiration pour lui
Son atelier m’était ouvert quand je voulais
Il ne s’est jamais abandonné à la mort
Il a lutté jusqu’à la fin, avec toutes les forces possibles, alors même qu’il se savait mourant
 Il n’était pas désespéré face à la fuite du temps
Il a changé la mort en vie puisque son œuvre est là pour lui survivre
Car « c’est dans la rosée des petites choses que le cœur trouve son matin et sa fraîcheur »
Je prie pour que tu trouves le tien et que cette collection d’anges que tu as créée
Te hisse sur l’Arbre des origines, une autre de tes créations
Pour que s’ouvre pour toi les portes du paradis.

Par Ndèye Rokhaya GUEYE
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Une série noire frappe en ce moment le monde arts et de la culture. Issa Samb « Joe Ouakam », Moussa Diop Samba Laye, le sculpteur Ndary Lô, le peintre Ibou Diouf, des grandes figures de l’Ecole de Dakar. Ibou Diouf ! Cet artiste cher à Léopold Sédar Senghor qui a célébré son œuvre magistrale « Le Jour et la Nuit » à travers ces vers : « Que je sois le berger de ma bergère, dans les tanns de Joal où fleurissent les tombes ». L’œuvre est toujours accrochée à la Cour suprême. Ibou est tombé le mercredi 7 juin à l’âge de 74 ans. Pour lui rendre hommage et témoigner de la vitalité et du génie de ce monstre sacré dont les œuvres ont fait le tour du monde au gré des voyages du président Senghor, et des expositions et des semaines sénégalaises organisées à l’occasion, Maodo Niang avait été désigné par Kalidou Kassé. Apparu très amaigri sur le plateau du Jt de la Rts le jeudi 8 juin. Cet hommage, signé Ass Niang, était annonciateur de sa propre disparition. Il est décédé le jeudi 15 juin, trois mois et demi après son frère ainé Niamagne (Mamadou Mansour Niang) auprès de qui il repose pour l’éternité.

Maodo Niang est né à Tivaouane (en 1949) comme son aîné Pape Ibra Tall,  dans ce Cayor gorgé d’histoire, témoin des hauts faits d’armes de nos héros nationaux. Pur produit de l’Ecole de Dakar, il est sorti de la section Recherches plastiques nègres de l’Ecole des Arts. « Orfèvre dans la nonchalance, le déhanchement et la déambulation des femmes drapées de leur boubou, c’est un excellent peintre et dessinateur », selon Amadou Seck, ancien président de l’Association internationale des arts plastiques et vice-président de l’AiapP (Unesco). Un de ses condisciples avec lequel il a gardé les relations intactes jusqu’au bout. Cette Ecole de Dakar, si chère à Senghor, qui a animé et dominé la vie culturelle et artistique du Sénégal durant les années senghoriennes et qui se prolonge à travers la Biennale et les semaines nationales du Dak’Art, fait véritablement du Sénégal « cette Grèce noire » dont rêvait le poète président.

C’est fort justement que Maodo était inspiré par Senghor dans Chants d’Ombre : « Femme nue, femme noire, vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté ». Pour Kalidou Kassé, le Pinceau du Sahel, les thèmes de Maodo, était à chercher dans son environnement immédiat, dans notre société, à travers la femme, les regroupements de femmes,  les préoccupations des femmes et tous les symboles d’une commune volonté de vie commune. « Les mbottaï, les tontines, le retour des pêcheurs, toutes les scènes de vie de notre société ne le laissaient pas indifférent. Il savait les restituer dans un cadre agréable, avec un choix de couleurs et de teintes qui magnifiait l’élégance, le port altier et les mouchoirs de tête, turbans  ou foulards élégamment noués ou négligemment jetés avec un art consommé de la séduction. Il les peint grandes et élancées, racées et sveltes, drapées dans d’amples robes et vêtements, seules ou en groupes le plus souvent. Leur allure et leur vêture majestueuses expriment leur noblesse ; il y a également les accessoires et la parure… toutes choses qui relèvent de la tradition… symbole de la femme sénégalaise et de son élégance ».

Pour avoir connu Maodo dans les années 80-81 à Colobane, avec Amadou Seck, Diatta Seck et plusieurs artistes de l’Ecole de Dakar, Kalidou se félicite d’avoir entretenu des relations suivies avec un homme avec qui il avait techniquement des similitudes dans le travail, mais qui n’hésitait point à lui prodiguer conseils et recommandations. « Parce que Maodo était d’une très grande générosité, dans le cœur et dans l’esprit. Il n’hésitait pas à offrir ses œuvres à mes enfants ; je lui ai amené beaucoup de monde, et nous n’avons jamais cessé d’échanger, même au plus fort de sa maladie. Aujourd’hui, je peux témoigner sur sa famille et sur son épouse qui l’ont compris, supporté et  accompagné, parce qu’il y avait une grande proximité entre eux. Tout comme l’articulation entre lui et moi pour défendre la corporation en m’expliquant les fondements de l’Ecole de Dakar ».

Kalidou Kassé avait salué la présence de Maodo Niang à l’exposition de la Cour suprême, en même temps que ses condisciples de l’Ecole de Dakar, comme Ibou Diouf, Zoulou Mbaye et tant d’autres qui avaient salué cette initiative de restauration des œuvres (toiles, collages et tapisseries) d’une valeur inestimable. Le témoignage de Maodo à la Rts fait à cette occasion était un hommage rendu à tous les artistes, ces créateurs d’œuvres de beauté dont on dit qu’ils ont toujours été des dieux aimés. « J’ai actuellement deux œuvres de Maodo dont le produit de la vente sera versé à sa famille. Pieux et transversal dans ses relations (il ne saurait en être autrement pour le cousin germain du vénéré Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh Malick), je prie pour que sa terre natale de Tivaouane lui soit légère et qu’Allah (swt) l’accueille au paradis ». « Femme nue, femme noire, 
je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel
 avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie ».

Expositions :
2006 : Rétrospective des peintres de l’Ecole de Dakar, Centenaire Léopold Sédar Senghor à Dakar ;

1992 : Dak’Art Biennale de l’art africain contemporain, Dakar

1975 : Art contemporain sénégalais, Grand palais, Paris, France ;

1974 : Salon des artistes sénégalais, Dakar, Sénégal.

Par Lune TAAL
Journaliste,
ancien directeur de la Rédaction,
ancien directeur de la Communication du «Soleil»

L’une des conditions majeures qui rend possible la genèse et l’essor du tourisme dans une zone donnée est la sécurité. Elle intervient dans toutes les phases de la consommation du produit touristique de façon efficace et indirecte. Elle n’est pas négligeable, car elle est fondamentale dans la cohésion sociale. Sans la sécurité, aucune offre touristique n’est consommable et aucune destination touristique n’est fréquentable. Elle est en amont et en aval du séjour du touriste. La charge de la sécurité est garantie par un ensemble de corps qui jouit d’un pouvoir régalien de l’Etat appelé Forces de sécurité et de défense. Il s’agit des corps militaires, paramilitaires, policiers et douaniers. Ils concourent tous à assurer la sécurité des personnes et la stabilité du Sénégal pour en faire une destination touristique sûre.

Les forces de sécurité constituent le premier front office pour le touriste dès son arrivée à l’aéroport. A travers elles, le touriste donne ses premières impressions sur le peuple d’accueil. Il remplit ses formalités policières et douanières avant d’être en contact avec la population. L’accueil, le contrôle, la disponibilité, l’orientation et l’information réservés au vacancier par ces entités souveraines de l’Etat marquent un point essentiel lors de son séjour.

Cette phase est importante, parce que le touriste ayant effectué plusieurs heures de vol a envie de rejoindre son hôtel pour aller se reposer en attendant d’entamer son programme. C’est pourquoi les longues files d’attente à l’aéroport doivent être évitées et les tapis roulants modernisés et classés par provenance pour éviter les pertes de bagages et de temps.

Heureusement, ces aspects sont pris en compte par l’aéroport international Blaise Diagne pour répondre aux normes standards de sécurité à l’instar des grands aéroports internationaux de l’Occident et de l’Orient. Aujourd’hui, le dispositif des unités spéciales mis sur place pour lutter contre le phénomène du terrorisme doit être plus élargi et présent sur tous les lieux touristiques et de loisirs. Il sécurise l’hôte à passer ses vacances dans la tranquillité et dans le dépaysement total au Sénégal. En dehors des grandes chaînes hôtelières, ce corps d’élite doit étendre aussi ses tentacules dans les structures de la para-hôtellerie (campements, auberges, casinos, etc.), pour mieux consolider la sécurité et la stabilité, devenues une réalité au Sénégal.  Grace aux compétences et au professionnalisme des forces de sécurité, le Sénégal est devenu l’un des États les plus sécurisés au monde. Ce, malgré les insuffisances de leurs moyens humains, budgétaires, financiers et matériels. Mais, ce climat paisible favorise la relance du tourisme durable.

Dans ce sillage, les structures d’hébergement (hôtellerie, para-hôtellerie, voire villas, résidences ou appartements meublés) ont un rôle à jouer dans cette pérennisation de la sécurité. Ces établissements privés à caractère commercial doivent remplir obligatoirement et déposer quotidiennement les fiches de police des clients ayant séjourné chez eux.

L’exploitation de ces renseignements sur ces derniers facilite aux forces de sécurité leur travail et anticipation sur d’éventuelles menaces d’insécurité. C’est ainsi que la mission de la Direction de la réglementation et de la législation touristiques et les Inspections régionales du tourisme doit être plus rigoureuse pour lutter contre la clandestinité dans tous les activités afférentes au tourisme.

En outre, le contrôle des brigades routières sur toutes les routes nationales et dans les villes fortifie la sécurité touristique. Elles veillent sur la régularité administrative et technique des véhicules et conducteurs qui transportent les visiteurs. Cependant, cette vérification doit être flexible s’il ne s’agit pas d’un délit ou crime puni par le code pénal pour éviter des retards de vol, de chaloupe, de bac ou de visite des sites, car tous les déplacements des touristes sont planifiés et calés dans le temps.  De ce fait, les forces de sécurité doivent amoindrir les risques d’immobilisation des véhicules touristiques. Cette souplesse contribue fortement à la satisfaction générale des touristes vis-à-vis de leur séjour au pays de la «Téranga». L’autre aspect de la sécurité où interviennent les forces de sécurité est la protection de l’environnement. sans cela, le tourisme disparaîtrait. La nature, première matière première du tourisme, constitue un fort motif de déplacement du touriste.  Les gardes forestiers ou les agents des Eaux et Forêts surveillent et veillent sur la sauvegarde de la flore et la sécurité de la faune sans lesquelles le tourisme durable ne peut prospérer dans un site éco touristique. En plus, ils réglementent le tourisme cynégétique et le tourisme halieutique en luttant contre les braconniers, les trafiquants de bois et la pêche sportive illicite avec la Direction générale de la surveillance de la pêche.

Un autre corps intervenant dans la sécurité du tourisme est le Service hygiène. Bien qu’il effectue un excellent travail dans la consommation des produits touristiques, son personnel doit être encore plus attentif sur la salubrité des entreprises et hôtelières qui offrent des services touristiques et de loisirs.

Cette attention, prêtée sur le milieu, le matériel, la matière, la méthode et la main d’œuvre améliore la qualité de service fournie au client. Le respect de la propreté et de l’hygiène motive le touriste à aimer et à revenir au pays de la «Téranga». Ce contrôle qualitatif préventif ou correctif aide les entreprises touristiques sénégalaises à remplir les normes de qualification au système Iso. Par ailleurs, la mission de la police touristique est salutaire, car dédiée spécialement au tourisme. Elle a beaucoup contribué à l’assainissement du secteur contre certaines occupations anarchiques et certaines pratiques illicites des métiers du tourisme.

Toutefois, il lui reste beaucoup de choses à parfaire pour lutter contre la clandestinité dans le transport, l’hébergement, la mendicité et le harcèlement des marchands ambulants à l’encontre des touristes.

Avec l’arrivée des nouveaux Agents de sécurité touristiques (Ast), le tourisme sénégalais va se dynamiser.  Les agents affectés au ministère du Tourisme et des Transports aériens vont renforcer le potentiel humain existant en attendant de recevoir les moyens adéquats. Leur travail doit répondre aux attentes des professionnels et des touristes qui se plaignent de certaines irrégularités dans le secteur.

Par conséquent, ces agents doivent privilégier la sécurité des visiteurs et rétablir l’ordre à l’aéroport, dans les marchés artisanaux et les lieux touristiques. Ces Ast doivent veiller contre la délinquance juvénile et la déscolarisation des enfants dans les régions touristiques.

En réalité, les forces de sécurité participent intégralement dans la toute chaine de la consommation touristique. Cette coopération entre les secteurs de la sécurité et du tourisme nécessite une large synergie de leurs forces, à travers des formations, des séminaires et des conférences, pour mieux sécuriser et sauvegarder le patrimoine touristique de la destination Sénégal.

Par Pap TOURE
Manager des entreprises
et projets touristiques
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Assise sous son fromager certainement centenaire,

Les cheveux beaux et blancs, à peine quelques rides, comme sillons de bonheur et voies de sagesse,

Elle semble jeter sur Sokone un calme  et profond regard de tendresse protectrice,

Tout comme cet arbre-symbole (beintegné) qu’elle aime tant et si fort,

Qui aussi participe à sa manière, au grand amour pour Sokone et à sa protection…

C’est le legs de Ker Hypo (son père) à notre charmante cité !!!

Par Elimane Baba NDAO          
Opérateur touristique à Sokone
et
Elhadji Mbara SENE                    
Ex-maire de Sokone

Nous devrions parler du pétrole découvert au Sénégal sous un angle autre que celui dont on nous a  habitués. C’est comme cela qu’on circonscrirait toute sa portée transversale.

L’arrivée du pétrole dans une économie peut être perçue comme une greffe - le pétrole étant le greffon et l’économie, le porte-greffe.

Naturellement, une greffe est toujours entachée de risques d’échec à cause de la concordance  immunobiologique imparfaite entre le greffon et le porte-greffe.

Ceci étant, le défi le plus important est toujours de minimiser les risques d’échec de la greffe - autrement dit, de réunir toutes les conditions opératoires et biologiques  de succès pour que le greffon s’ajuste au porte-greffe, afin que le tout tienne et devienne un organisme vivace durablement sain.

Voilà l’image que renvoie le miroir bioécologique pour illustrer  l’émergence historique du pétrole  dans une économie. Ceci est d’autant plus vrai que l’économie est faible et peu structurée.

Faut- il encore préciser que le pétrole n’arrive pas que dans l’économie sénégalaise. Il arrive aussi  dans l’espace et le milieu sénégalais - une arrivée première et soudaine.

Au Sénégal, lorsqu’on parle de pétrole,  on ne s’intéresse qu’aux contrats qui seraient signés pour certaines sociétés. Or, il y a d’autres aspects à considérer.

Certes, les contrats sont importants, mais le citoyen d’équilibre  devrait avoir  l’honnêteté d’aborder les autres facettes de la problématique du pétrole sans le traitement convenable desquelles l’onde de choc de cette ressource sera tellement violente que ni notre économie ni notre société ne pourraient la contenir sans préjudices.

Le Sénégal célébrera très prochainement l’arrivée du pétrole avec ses premières rentes conférant  à notre Pib une nouvelle structure contributive.  Nous rendons grâce à Allah.
Toutefois, le Sénégal devrait éviter de marcher sur les traces de ses aînés pétroliers  du cercle du sous-développement. Je pense au Nigeria.

Ces pays ont été aveuglés par l’euphorie du pétrole qui ne leur a ouvert les yeux que sur l’argent - les autres déterminants intrinsèques à cette mane passés sous silence au niveau institutionnel le plus élevé.

Comme l’expérience doit servir à quelque chose, le Sénégal a la chance de s’inspirer de ces cas malheureux pour prendre en charge tous les déterminants organisationnels et managériaux afférents à l’exploitation du pétrole.  
Ceux-ci peuvent se décliner en contingences.

Elles sont entre autres : la contingence du statut de sous-développement, la contingence de l’espace et du milieu, la contingence de l’environnement et du développement territorial,  la contingence de la démographie et, enfin, la contingence politico-géostratégique. Sans rentrer dans le fond de leur examen, je pose simplement le débat pour alerter et susciter la réflexion. Voyons cela !

La première contingence, relative au sous-développement de notre système économique, met en jeu principalement la soudaineté de l’arrivée du pétrole dans notre économie faible.

En effet, avec l’énorme énergie mobilisatrice, voire transformatrice du pétrole pour toute économie, comment accompagner le passage, la transition statutaire d’une économie non pétrolière de surcroit populaire et majoritairement informelle à une économie pétrolière consolidée ? Autrement exprimé, la soudaineté de l’émergence du pétrole dans notre économie donnera-t-elle à celle-ci le temps d’opérer les transformations et métamorphoses accommodatives, voire adaptatives nécessaires ? Ici, l’impréparation est la donne à contrôler.

Pour la deuxième contingence, il faut rappeler que le pétrole n’émerge pas que dans l’économie sénégalaise. Il apparait aussi dans l’espace et le milieu sénégalais - l’espace renvoyant au  territoire physique et  le milieu, au bulle culturel, à l’organisation sociale, à la société sénégalaise réceptacle du boom pétrolier.

Désormais, notre territoire doit accueillir, avec l’exploitation du pétrole, une nouvelle génération de  méga-infrastructures (oléo/gazoducs-plateformes géantes-machineries manutentionnaires-véhicules spécialisés, Tankers, etc.) potentiellement inamicales pour le cadre de vie.

En plus, la plupart des puits de pétrole au Sénégal étant « offshore », ainsi séparés de l’arrière-pays par les établissements humains de toutes sortes, un remaniement en profondeur de la texture urbaine serait nécessaire pour l’accueil de ces infrastructures imposantes.

Sur le plan sociologique, quelques préoccupations existent également. En effet, le réflexe identitaire et les dynamiques psychologiques communautaristes étant les catégories réactionnelles les plus répandues contre la mondialisation, que serait l’attitude des populations sénégalaises ou groupes sociologiques  en situation de distorsion (avérée ou supposée) de leurs droits fondamentaux relatifs  à l’exploitation du pétrole par le contractant ?

Pour la troisième contingence, relative à l’environnement et au développement territoriale, on constate qu’avec le « offshore » il n’y a ni de terres ni de rivières à polluer comme en pays Ogoni (Nigeria).

Par contre, la mer, les océans, les pêcheries, les activités balnéaires sont tous menacés.  Comment éviter tout cela ? Comment surveiller et conserver nos ressources biologiques marines pour continuer de bénéficier de pêcheries saines et durables et d’activités récréatives ?

Comment maitriser les risques de tremblements de terre suite à la conjonction de micro-effondrements sous-marins des galeries pétrolifères vidées susceptibles de déclencher des tsunamis depuis le large ? Quel risque tectonique sur les domaines géologiques « off shore » et « on shore » ?

Je n’exagère pas. Méconnaissant l’importance de la réserve pétrolière du Sénégal en termes de volume, tout scénario d’impact est théoriquement envisageable.

L’équipement et l’environnement infrastructurel du pétrole augmente les risques collectifs et l’occurrence de catastrophes de grande ampleur. N’est-il pas urgent d’améliorer, en conséquence, notre système sécuritaire (prévention et secours) ? Quel écart à combler ?  Quel est l’état de notre biodiversité marine actuelle ? Quel système de suivi de la dynamique spatio-temporelle de celle-ci ?

Dans le cadre du Pnud, une simulation des années 90 se projetant à l’horizon 2050 avait dessiné une conurbation géante sur la côte ouest-africaine, correspondant à une forte concentration d’activités humaines avec comme pôles d’attraction majeurs la Côte-D’ivoire et le Sénégal.

Deux hypothèses existent dans ce cas :
•    l’avènement du pétrole au Sénégal irait inévitablement rapprocher cet horizon temporel à une date inférieure à 2050 ; ce qui précipiterait la problématique d’urbanisation du Sénégal ;
•    la bipolarisation  de cette conurbation irait certainement s’effacer progressivement avec une migration significative de son  centre de gravité vers le Sénégal (libre circulation des personnes, des biens et services - Cedeao aidant).

Si ce scénario se réalisait, comment accueillir cette arrivée massive de forces de travail non utilisées, d’offres et de demandes de toutes sortes ? Comment tenir une planification urbaine efficace au rythme des établissements humains correspondants ?

Etant nouveau pays producteur de pétrole, le Sénégal, dans le cadre de la régulation environnementale climatique, va certainement changer de statut en passant au groupe des pays pétroliers, gros pollueurs. Il s’impose ainsi de repenser notre système réglementaire, juridique et normatif.

On parle de formation relative au pétrole. La matière serait vite épuisée, le domaine pétrole étant très restreint. La nécessité de formation pour une société pétrolière va au-delà de la matière pétrole en tant que science et technologie. Elle concerne généralement l’écologie, la diplomatie, le droit de l’environnement, l’éducation environnementale, la psychosociologie, le journalisme et surtout l’analyse économique.

En effet, depuis la naissance des sciences de l’environnement, dans les années 70, l’analyse économique a connu un bouleversement conceptuel qualitatif lui prescrivant la prise en compte  de l’environnement. Ce dernier étant le nouvel argument de la fonction de production par ses fonctions « sources » en tant que vecteur principal de l’énergie, donc base de la production manufacturée et émetteur majeur des gaz à effet de serre et « puits » en tant que réceptacle des pollutions et nuisances.

Ainsi, l’économie de l’environnement s’impose à toute société qui se veut durable et solidaire. C’est en cela que l’analyse économique constitue un élément important de la formation au sujet du pétrole qui représente désormais la plus grande partie de notre patrimoine (capital) naturel.

Pour une meilleure maitrise écologique, un système statistique plus efficace et une meilleure maitrise des agrégats macroéconomiques, nous devrions passer, sans délai, à la pratique de la comptabilité environnementale pour construire un Pib vert, seul susceptible de garantir un développement durable.

Avant, notre capital naturel, contributeur à la formation du Pib, était peu significatif et renouvelable pour l’essentiel (poissons, arachides, phosphates). A l’avenir, le pétrole deviendrait le plus fort contributeur pour notre Pib avec comme force d’être important et comme faiblesse d’être non relevable. D’où la nécessité de bien manager sa mise en valeur pour prévenir les incertitudes qui pèsent sur lui et les irréversibilités des dommages causés par les pollutions et nuisances en perspective.

Nous devrions, dès à présent, nous rendre compte que tout le sens de la notion de durabilité, de soutenabilité de notre économie commence avec le pétrole.

Nous devrions définir le meilleur sentier d’exploitation de la ressource pétrolière sénégalaise pour en  maximiser le bien-être présent mais aussi  préserver le droit aux futures générations d’en jouir. A nous de négocier et d’imposer ce sentier d’exploitation durable.

Pour la contingence démographique, la question majeure est comment assister et accompagner la transition démographique dans une région ouest-africaine où le peuplement humain, attiré par une économie favorable, se densifie de plus en plus autour au Sénégal. De quels moyens matériels et stratégiques dispose-t-on pour cela ? Si l’on sait que déjà nos petits pays peinent à maitriser la transition démographique.

Si nous ne réussissons pas à contrôler la transition démographique, la rente pétrolière serait peu efficiente, vu la forte pression de la demande sociale.

Enfin, pour la contingence géostratégique, on peut retenir qu’avec le pétrole le Sénégal posséderait une plus grande capacité de négociation à travers une économie forte. De nouvelles relations économiques, politiques et diplomatiques avec le reste du monde se développeraient. De nouvelles frontières s’ouvriraient  ou  se fermeraient.

Notre logistique politico-économique devrait prendre en compte et prévenir tout cela pour faciliter l’adaptation prochaine au nouveau contexte géopolitique.

Inévitablement, la configuration géostratégique du monde changerait avec le Sénégal comme pays producteur de pétrole. Cela suppose des considérations en termes de paix et de sécurité sous-régionale.

Au regard de cette grille non-exhaustive de contingences attachée à toute exploitation du pétrole, on perçoit aisément que l’histoire des contrats  de recherche, à vrai dire,  est périphérique.

A quoi bon d’avoir un contrat « dit » bien négocié alors que la problématique globale du pétrole n’est pas prise en compte dans ses composantes les plus déterminantes pour le développement humain et pour l’écologie ?

Le contrat est négociable, réversible et de portée individuelle, tandis que les autres contingences  du pétrole sont irréversibles, non négociables et de portée collective. Donc, limiter le discours du pétrole aux seuls contrats de recherche est une approche réductrice.  C’est en cela que le discours y portant est un discours tire-ailleurs.

Il faut comprendre qu’un pays dispose toujours de parades pour rattraper un manque financier accidentel lors d’une négociation - tout en sachant qu’un partenariat n’est jamais totalement « win/win ».

Deux modalités de rattrapage s’offrent à lui :

• soit rendre le cadre réglementaire d’exercice plus contraignant au sens pécuniaire (solution  immorale lorsqu’elle est excessive et risquée parce que démotivante pour le promoteur) ;
• soit définir un cadre réglementaire fortement conservateur de la ressource en question et réparateur des dommages écologiques (solution qui optimise la justice sociale, prend en charge les victimes et assure la durabilité de la ressource). La pratique de la politique Rse (responsabilité sociétale d’entreprise) et la fiscalité verte en constituent deux outils à fort rendement.

La seconde modalité est préférable parce que plus conforme à l’éthique et au réalisme. Elle est aussi  plus profitable au sens où  l’environnement et les droits humains n’ont pas de prix.

Toutefois, cela suppose une monétarisation approchée du patrimoine naturel et des divers dommages - chose peu aisée en économie environnementale.

L’on voit ainsi que cette notion de manque à gagner, liée à un contrat, n’a pas, en réalité, l’importance qu’on lui prête. Cela ne l’est que pour le profane qui monnaye tout ce qui passe - ignorant complètement les valeurs du patrimoine naturel et humain autre que la valeur d’usage (valeur d’option, valeur d’existence, etc.).

Ces propos ne veulent pas dire qu’il y a un manque à gagner dans tel ou tel contrat de recherche ou d’exploitation. Je ne sais absolument rien des contrats d’ici et d’ailleurs. Je ne fais que susciter la réflexion autour de paradigmes significatifs souvent délaissés, par ignorance ou volontairement.

Le crible de tout ceci montre qu’il y a toute une schistosité de considérations relatives à l’exploitation du pétrole au Sénégal. Considérations qu’il faudrait traiter avec minutie pour ne pas commettre les mêmes erreurs que certains pays.

Il ressort ainsi la nécessité urgente pour le Sénégal de lancer sans délai la prospective de l’exploitation pétrolière. Je ne dis pas la prospective pétrolière dont la connotation est surtout relative à la recherche pétrolière.

La prospective pétrolière est ex-ante par rapport à la découverte du pétrole, tandis que la prospective de l’exploitation pétrolière est, elle, ex-post par rapport à la découverte du pétrole.

Elle est co-évolutive  du développement spatiotemporel de l’exploitation du pétrole et implique l’ensemble des catégories sociétales, environnementales et économiques.

N’attendons pas l’arrivée effective du pétrole sur le marché pour le tenter. Le temps ne le permettrait pas. L’heure est à l’identification, l’analyse et à la caractérisation de tous les enjeux d’ordre stratégique du pétrole, des signaux faibles et forts prémonitoires de catastrophes écologiques ou de dérégulations socioéconomiques.

L’heure est au renforcement de l’aide à la décision et à la rationalisation des politiques publiques orientées vers l’économie, l’environnement et la société.

A mon avis, pour survivre à l’économie du pétrole, il faut absolument un nouveau genre de conscience citoyenne qui n’est rien d’autre que celle écologique prônée par le développement durable.

Par Cheikh NDIAYE
DG Cices
Maire de Lambaye

Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion, disait Hegel. Ce sont les passions qui feraient avancer l’histoire, concluait-il. L’histoire des infrastructures et des grands travaux commence à devenir une passion pour nos chefs d’Etat.

Déjà avec l’ancien président Abdoulaye Wade, que de polémiques nées et entretenues autour de l’autoroute à péage avant sa construction, puis son ouverture. Et d’ailleurs, la polémique continue de plus belle.

Aujourd’hui, c’est avec le président Macky Sall qu’un débat est posé sur l’opportunité de mettre 550 milliards de nos francs, soit près d’1/6ème de notre budget, sur le Train express régional (Ter). Pour les contradicteurs du président, cet argent aurait pu être destiné à d’autres secteurs plus prioritaires. Et sans s’arrêter là, ils indexent le coût prohibitif de l’infrastructure.

Ces mêmes critiques ont été servis et continuent de l’être pour le Centre de conférences Abdou Diouf. Dieu sait que ce bijou n’a rien à envier aux grands centres de conférences du monde.

Diantre ! Il faudra, à un moment donné, que l’on s’arrête un petit moment pour s’interroger sur ce que les Sénégalais veulent vraiment. Ailleurs, en Afrique, les chefs d’Etat sont critiqués pour n’avoir réalisé aucun projet d’envergure pour leur pays. Ici, c’est en réalisant qu’on est le plus soumis aux critiques.

A notre avis, le Ter, malgré les critiques qu’on lui oppose, présente plusieurs avantages :

Allègement des embouteillages :
- Supporter les rigueurs des embouteillages pour 4h de temps chaque jour, finit à la longue par user l’organisme puisque obligés que sont les banlieusards de se priver de toutes les commodités du soir pour cause de fatigue excessive. S’il faut un Ter pour les sortir de cette situation, pourquoi pas ? D’autant que cela va impacter notoirement la qualité de vie des populations.

Meilleure éducation des enfants :
- Eduquer son enfant alors qu’on ne le voit qu’une fois la nuit puisque quittant tôt le matin et ne revenant que tard le soir à cause justement des embouteillages équivaut à un vrai parcours du combattant. Et je reste persuadé que le Ter peut changer la tournure, parce qu’améliorant sensiblement le trajet Dakar-Banlieue.

Amélioration de la qualité de l’environnement :
- Il est évident que le nombre de voyageurs que peut transporter un train est sans commune mesure avec les autres moyens de transport existant. Ce qui va réduire considérablement le nombre de voitures en circulation, donc moins de pollution. Et, du coup, une amélioration de la qualité de l’environnement.

Revivification des localités traversées :
- Le Ter va constituer une vraie opportunité de création d’emplois. En effet, la plupart des zones que le Train express va traverser se verront doter de gares modernes qui vont revivifier ces différents quartiers et villages. Les municipalités concernées pourront renflouer leurs caisses avec les différentes activités commerciales qui s’y développeront.

Que représentent les milliards dont parlent ces contradicteurs devant autant d’avantages, et la liste est loin d’être terminée surtout que toutes ces infrastructures vont continuer à changer la face de Dakar pour en faire, peut-être, la plus belle ville d’Afrique. Qui n’en voudrait pas ?

En tout cas, pas mal d’amis des autres pays africains (Camerounais, Ivoirien, Congolais, Ghanéens, etc.) sont subjugués par la qualité des infrastructures qui sont en train de sortir par-ci et par là à Dakar. Pourquoi nous, Sénégalais, devrions rester bouche bée devant ces prouesses ?

Seulement, il y a un point où je serais d’accord avec ces contradicteurs : c’est l’absence de consensus entre les différents segments politiques autour de ce grand projet. Le gouvernement n’y perdrait rien en l’obtenant. Tout au contraire, il y gagnerait beaucoup, bien qu’il n’y soit pas obligé.

Tout compte fait, malgré l’absence de consensus entre politiques, cela ne remet nullement en cause la portée gigantesque de ce projet qui va faire de Dakar la première ville au Sud du Sahara à disposer d’une infrastructure pareille. Et de renforcer son standing de ville moderne et modernisée avec des équipements de dernière génération. L’émergence se conjugue avec de grandes ambitions et des infrastructures à forte valeur ajoutée. Ce n’est point un prestige, mais un réel besoin.

Par Mamadou BA
Consultant
Diplômé Ena Sénégal et France
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Il paraît que le Ghana est en émoi. Et pour cause, Maxwell Adam Mahama a été lynché, puis brûlé partiellement par une foule en furie dans le village de Denkyira-Obuasi. Sorti de bonne heure pour une séance de jogging, le capitaine de l’armée ghanéenne, marié et père de deux enfants, aurait été - à la vue de son arme dissimulée sous sa tenue civile- pris pour un voleur. Et le drame est vite arrivé.

Une situation quasi-similaire s’est produite quelques jours auparavant au Burkina Faso. Confondue à une voleuse de bébé, une diva locale (Adja Divine) a été passée à tabac par une population en colère. Mais, contrairement au capitaine susnommé, elle a eu (in extremis) la vie sauve.

Ces deux cas récents sont loin d’être des exceptions en Afrique subsaharienne.

Face à une telle dérive, le réflexe habituel est d’engager la responsabilité individuelle des personnes impliquées de près ou de loin dans le drame. On rattache immédiatement cette pratique à la déliquescence morale et l’incivisme de la population. Ici et là, les condamnations morales les plus incisives sont immédiatement suivies d’un appel à des sanctions exemplaires.

À l’analyse, nous réagissons presque toujours comme si la justice populaire était un simple accident, une anémie passagère ou conjoncturelle du corps social dont on aura vite fait de l’éliminer en sanctionnant autant que possible les principaux auteurs directement impliqués.

Un problème systémique
Pour ma part, percevoir exclusivement cette (in)justice sous l’angle d’un problème d’éthique et de responsabilité individuelle, c’est assurément s’empêcher d’en déceler les causes profondes et systémiques. C’est occulter la cause racinaire du problème, c’est-à-dire les défaillances/insuffisances du système judiciaire (démission de l’État, corruption, formation inadéquate ou inexistante du corps judiciaire, etc.) et, partant, la crise de confiance populaire qui lui est consécutive. En somme, nous réduisons un problème systémique à n’être qu’un phénomène conjoncturel.

La justice populaire se porte bien parce que le système judiciaire se porte mal. Les carences criardes de l’appareil judiciaire est ce qui, d’un point de vue systémique, rend possible la justice populaire. Elle prend essentiellement naissance sur les chemins tortueux de l’accès à une justice efficiente. Il y a une relation de cause à effet. Combien de fois a-t-on entendu dire, après l’arrestation d’un présumé bandit : « Finissons avec lui ici et maintenant, car si on le laisse entre les mains de la police, il ressortira deux jours après et reviendra se venger ».

La prévalence de la justice populaire dit quelque chose de notre système judiciaire avant d’en dire plus à propos de nos assises morales. Elle dit quelque chose de la perception ou du peu de confiance que les citoyens ont à l’égard de leur système judiciaire. Plus largement, elle reflète, à bien des égards, le sentiment qui habite tous ceux et celles à qui le système judiciaire semble refuser « un droit » et qui parfois finissent par trouver dans la justice populaire l’exutoire idoine des frustrations longtemps endurées.

Soigner le mal plutôt que la douleur
Entendons-nous bien. Il ne faut aucunement interpréter ce qui précède comme si je soustrayais toute responsabilité individuelle aux acteurs immédiats de la justice populaire. Il n’en est rien. Chaque fois qu’un cas de justice populaire se posera, une condamnation morale et pénale de cette pratique abjecte sera toujours appropriée et nécessaire. Toutefois, s’en tenir exclusivement à une telle condamnation, c’est au mieux s’efforcer de soigner la douleur plutôt que le mal. Au pire, faire preuve d’une irresponsabilité coupable. Comme dirait Einstein, « la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ».

L’enjeu de ma démarche est ailleurs. Mieux vaut agir en amont que réagir en aval. « Prévenir vaut mieux que guérir » dit-on souvent. De fait, en appeler uniquement à notre sens moral permet peut-être de donner une consistance, une épaisseur, une prise en charge à notre indignation, mais ne peut résoudre le problème à long terme.

Il faut sortir de la procrastination des solutions ou des pseudos-solutions. En ce sens, redorer le blason du système judiciaire, c’est travailler à la restauration de la confiance du public envers ses institutions. Donnons les moyens à notre système judiciaire (meilleure formation des policiers et magistrats, amélioration de leurs conditions de travail, etc.) de faire son travail et exigeons beaucoup de lui en retour.

Une pensée pour toutes ces personnes (innocentes) victimes de la culpabilité de notre système judiciaire et de l’ignominie humaine.

Par Christian Alain DJOKO
Doctorant Université Laval (Canada)
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Coordonnateur du Ciram (Centre interdisciplinaire de recherche
sur l’Afrique et le Moyen-Orient)

Le Sénégal perd, aujourd’hui, un de ses dirigeants politiques les plus éminents. Je retiens de lui qu’il fut un grand serviteur de l’Etat, un homme passionné pour le Sénégal.
Habib Thiam m’aura marqué par sa constance de toujours agir pour l’intérêt du Sénégal. Son engagement patriotique et son sens élevé de l’Etat ont façonné l’homme d’Etat qu’il fut et inspiré son action dans  les rapports entre l’Etat et nos entreprises.
Habib Thiam fut un homme d’honneur, de devoir et de fidélité. Il  aimait l’entreprise sénégalaise et le monde rural. Il soutenait toutes les initiatives porteuses de développement et de progrès social. Je salue son engagement en faveur du combat que nous menons depuis plusieurs années pour l’industrialisation de notre pays. Il s’y était pleinement investi avec passion, conviction et succès. L’esprit de compétition qui se trouvait en lui a été pour moi une puissante force de motivation et de dépassement pour surmonter les obstacles nombreux et vaincre les fortes résistances qui se dressaient devant nous.

Je perds un grand ami pour qui j’avais un grand respect et une haute considération. Ma fierté est grande pour avoir été honoré de la confiance et de l’estime d’un grand patriote qu’il fut, et en même temps je suis profondément attristé qu’il nous quitte si brutalement. Toutes mes pensées vont à son épouse, Anna, à sa famille et tout naturellement à ses amis le président Abdou Diouf et le ministre Daniel Cabou. A tous, je leur adresse mes très sincères condoléances. Je me souviens, lors de notre première rencontre, le Premier ministre Habib Thiam me disait ceci : « Le président de la République Abdou Diouf m’a instruit de vous suivre et d’accompagner votre projet de sauvetage de l’usine de la Sts de Thiès… » que je venais de racheter. Il rajoute : « Si vous devez m’envoyer un courrier, faites le toujours en deux exemplaires originaux, l’un sera transmis au président Abdou Diouf… » Quelle leçon de loyauté et de fidélité.  
Repose en paix, M. le Premier ministre. Vous avez servi le Sénégal avec élégance et finesse ; vous avez servi la République avec loyauté et dévouement. Qu’Allah Swt vous accueille dans son Paradis.


Par
Ibrahima Macodou FALL

L’avenir des professionnels de la santé se présente ainsi de nos jours : un patient atteint d’asthme se réveille et regarde son smartphone qui lui dit : « Bonjour. Comment est votre respiration ? » Le patient enregistre quelques réponses qui sont envoyées à son médecin et stockées sur un serveur qui analyse les résultats et déclenche une alerte si quelque chose est anormal.
Les médecins peuvent fournir un service plus personnalisé en étant capables d’analyser des informations spécifiques pour trouver des causes et déclencheurs et fournir un diagnostic précis. Ils n’ont pas besoin de parcourir physiquement des tonnes de recherches, des résultats de tests et les dossiers des patients.
Je ne suis certes pas médecin, mais j’imagine que les professionnels de la santé ont choisi ce domaine parce qu’ils veulent aider les gens et s’intéressent à la physiologie et à l’anatomie, et non pas parce qu’ils rêvent de passer en revue des masses de documents. Pourtant, pour de nombreux médecins, c’est une réalité, et se concentrer sur le patient est parfois difficile.
Les infirmières aussi croulent sous les tâches administratives et une myriade de règlementations, plutôt que de s’occuper des soins aux patients. Mais, la transformation numérique est en train de changer tout cela. Depuis des systèmes qui suivent automatiquement l’historique du patient jusqu’aux projections virtuelles, en passant par l’Adn et les dossiers médicaux, il existe de nombreux avantages au-delà de la simple réduction de la paperasse.
L’Internet des objets est en train de rendre les patients plus intelligents
L’essentiel de la transformation numérique dans l’espace médical est porté par l’Internet des objets ; ce qui permet aux patients d’effectuer leurs propres tests à la maison. Par exemple, l’information sur le taux de sucre dans le sang peut être transmise à une base de données via un patch détenu par un diabétique. En fait, le segment du marché des soins de santé via l’Internet des objets devrait atteindre 117 milliards de dollars d’ici à 2020 (rapport MarketResearch.com).

Un autre exemple est CellScope qui se connecte au smartphone d’un utilisateur et permet de réaliser des analyses peu coûteuses de grains de beauté, d’éruptions cutanées ou d’infection de l’oreille. Ces images sont envoyées à un médecin et stockées sur un serveur qui traite le scan, analyse et détecte des résultats anormaux. Bientôt, les patients seront en mesure d’effectuer leurs propres tests électrocardiogrammes chez eux. La plupart des maladies cardiaques ne sont identifiées qu’après avoir subi une crise cardiaque. Les personnes qui effectuent leurs propres tests ne réduisent pas seulement le coût et les obstacles pour un examen coûteux, mais vont permettre d’identifier et de prédire les épisodes avant leur apparition grâce à une technologie d’apprentissage automatique.
Au Cameroun, Cardiopad est capable d’effectuer des cardiogrammes avec une tablette. L’application Gifted Mom, multi-récompensée, rappelle aux femmes les dates essentielles pour elles et leurs enfants pendant et après la grossesse, et des médecins répondent à leurs questions en quelques minutes. Matibabu, en Ouganda, permet aux gens de diagnostiquer le paludisme en utilisant un clip digital connecté à leur smartphone. Le clip utilise la lumière et le magnétisme pour analyser la composition des globules sanguins.
En Côte d’Ivoire, Pharmacy Ci géolocalise les pharmacies, vous guide jusqu’à elles, vous donne le prix des médicaments et des informations sur les assurances santé.
Au Sénégal, JokkoSanté est une plateforme de partage de médicaments qui permet aux plus démunis l’accès aux soins de santé via des récoltes et dons de médicaments. Le système contribue également à lutter contre les contrefaçons. Les donateurs reçoivent des points via leur téléphone mobile et une application gère les données récoltées qui pourront servir à l’Etat pour des études épidémiologiques.

Alors, que vont devenir les professionnels de la santé ?
Avoir toutes ces données est une chose, mais les médecins ne vont pas disparaître pour autant. En effet, on prévoit qu’il y aura un besoin de planificateurs de données médicales ou de gestionnaires de cas dont le travail consiste à comprendre les données et à assurer la liaison avec les patients. Le médecin assumera un rôle de supervision plutôt que de fournir des soins directs. Les médecins pourraient apparaître moins souvent au chevet des patients, avec des infirmières susceptibles de revenir au rôle principal de prestataires de soins. Et maintenant, les appareils intelligents peuvent rendre le travail des infirmières beaucoup plus facile. Par exemple, il y a eu un moment où l’attention constante d’une infirmière était requise pour surveiller le flux régulier d’une intraveineuse (Iv). Maintenant, les Iv sont surveillées électroniquement et les erreurs sont automatiquement envoyées à l’appareil de l’infirmière via une surveillance à distance.

Tel médecin, tel ordinateur
Certains dans le domaine suggèrent qu’une grande partie de ce qu’un médecin peut accomplir puisse être remplacée par des ordinateurs. Un médecin doit penser comme un ordinateur : analyser les informations des tests, des données sur les maladies et l’histoire du patient. Ensuite, après avoir tenu compte de tous ces facteurs, il effectue un diagnostic. Avec des capteurs permettant aux patients d’enregistrer leurs propres résultats de test et des serveurs cloud pour analyser toutes les données, les ordinateurs peuvent effectuer des diagnostics beaucoup plus rapidement.

L’avenir de la santé repose sur la notion d’Intelligence artificielle (Ia) ou la capacité des systèmes informatiques de découvrir le monde, de comprendre, d’agir et d’apprendre. Un ordinateur peut facilement analyser 5000 articles de recherches sur le diabète alors que les limitations cognitives d’un humain les empêchent de se souvenir des plus de 10.000 maladies que les humains peuvent contracter.

Déjà dans l’industrie du transport aérien, les ordinateurs sont en mesure de faire le travail d’un pilote où un jugement humain est nécessaire. Les négociants du marché utilisent des algorithmes pour prédire le marché boursier, et les voitures autonomes commencent à afficher zéro incident. Les ordinateurs peuvent et vont commencer à faire des diagnostics précis. Déjà, une étude de Lifecom a montré que les essais cliniques, avec des assistants médicaux utilisant un moteur de diagnostic, avaient une précision de 91 % sans utiliser de laboratoire, d’imagerie ou d’examens.

Nous entrons dans une nouvelle ère où les expériences numériques reflètent la façon dont les gens interagissent les uns avec les autres et nous passons d’un monde où nous devons comprendre les ordinateurs à un monde où ils nous comprennent, ainsi que notre intention, et peuvent être proactifs. Les systèmes d’intelligence transformeront, de manière endémique, la façon dont nous innovons et nous transformons pour améliorer les résultats et la manière dont nous optimisons les processus cliniques et opérationnels. Les personnes, à travers le continuum de soins de santé, sont en mesure de collaborer et d’utiliser l’apprentissage par des machines pour trouver des moyens d’améliorer les résultats pour les patients.

Cependant, les ordinateurs ne peuvent pas remplacer les nuances émotionnelles, porter un jugement et la nature complexe et intuitive impliquée dans les soins aux patients, qui vont plus loin que le traitement des données. Les médecins devront simplement améliorer leurs compétences numériques et travailler de concert avec la technologie. Déjà, l’outil principal d’un chirurgien n’est plus un couteau. Ils doivent fonctionner aux côtés de consoles informatiques et de poignets robotiques, tout en regardant un écran haute résolution.
C’est une réalité et une chose passionnante. L’avenir des soins de santé semble brillant, avec des soins intelligents, précis et accessibles qui libèrent les professionnels de la santé pour faire ce qu’ils ont prévu en premier lieu.

Par
Simon OUATTARA

Responsable secteur
public, Microsoft
Afrique de l’Ouest,
de l’Est et centrale

La quatrième édition de la Conférence d’Istanbul sur la médiation aura lieu le 30 juin 2017 sous le thème : « Essor dans la diplomatie, action dans la médiation ». Des experts, des diplomates, des praticiens et des universitaires du monde entier exploreront les voies et les moyens de promouvoir la médiation comme une méthode éminente de prévention et de résolution des conflits.

Le profil de la médiation est en hausse à l’échelle mondiale depuis que la Turquie et la Finlande ont ouvert la voie, dans le cadre des Nations unies, en lançant l’initiative de « Médiation pour la paix ». Cette initiative a atteint son point culminant avec la création du Groupe des amis de la médiation. Lequel compte désormais 53 membres, dont 48 États et 5 organisations internationales. On constate également une amélioration substantielle de la capacité internationale de diplomatie préventive et de médiation au sein des Nations unies, des organisations régionales et sous-régionales et de la société civile. Le groupe est devenu la plateforme de premier plan de l’Onu pour promouvoir la médiation. Il a initié l’adoption de quatre résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies, qui créent les conditions de développement du cadre normatif et conceptuel de la médiation. Le groupe a également contribué à la « Directive des Nations unies pour une médiation efficace » en 2012, un document fondamental pour ceux qui pratiquent et étudient la médiation dans le monde entier.

Le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a exprimé sa volonté de développer davantage la capacité de soutien à la médiation de l’Onu. Ses efforts sont les plus louables. Nous appelons tous les États membres de l’Onu à soutenir cette vision d’envergure de M. Guterres et ses efforts pour prévenir et résoudre les conflits actuels. La Turquie, qui se situe à côté d’une vaste région où persistent de graves conflits actifs et gelés, ne manque pas de déployer des efforts à ce propos. La prévention et le règlement pacifique des conflits est un élément central de la politique étrangère entreprenante et humanitaire du pays. La Turquie mène divers efforts dans une large géographie allant de l’Afrique jusqu’au Moyen-Orient, aux Balkans et au Caucase. Elle considère que le rétablissement de la paix est en lien avec le développement humanitaire. Cette année, le pays est devenu, une fois de plus, la nation la plus généreuse du monde en termes d’aide humanitaire par habitant. La Turquie accueille, depuis 2012, les Conférences d’Istanbul sur la médiation. Ces rencontres marquantes sont conçues pour rassembler de nombreux praticiens et chercheurs dans le domaine des activités de prévention et de médiation des conflits. L’objectif de ces conférences est de promouvoir les synergies entre la théorie et la pratique et d’aider à accroître l’étendue, la portée et l’efficacité des efforts de médiation de la communauté internationale. Je dois rendre hommage aux efforts des médiateurs qui s’engagent quotidiennement dans la résolution des conflits à travers du monde.

Cette année, la Conférence évaluera dans quelle mesure la méthodologie et la pratique de la médiation peuvent mieux prendre en compte les besoins quotidiens. À cet égard, deux questions en particulier seront examinées. La première est la capacité de la médiation à toutes les étapes d’un continuum de conflit, à savoir de la prévention à la résolution et jusqu’à la mise en œuvre de l’accord de paix. La deuxième question clé sera de déterminer les modèles pour un emploi plus large de la médiation comme un outil préventif dans des contextes où les préjugés politiques, ethniques et religieux créent un environnement d’hostilité.

Ce dernier est particulièrement pertinent puisque nous avons malheureusement assisté à des tendances extrêmes dans diverses formes d’animosités politiques, sociales et religieuses. L’augmentation des attaques en Europe contre les musulmans et les migrants en est un exemple. Dans cette perspective, même si la prévention a un rôle clé à cet égard, elle ne serait possible que lorsque les sociétés reconnaissent et respectent les différences et s’engagent dans un véritable dialogue et une interaction. Je crois que les médiateurs qui sont entièrement dotés des codes de conduite culturels dans une situation de conflit donnée peuvent atteindre un succès remarquable. Pour cela, nous devons former plus de médiateurs, y compris chez les jeunes, tout en encourageant davantage de femmes médiateurs, et les doter des instruments appropriés.

Nos défis pour faire de la paix une réalité écrasante à l’échelle mondiale sont considérables. Cependant, nous devrions être en mesure de saisir les opportunités dans ces défis. La disponibilité et la volonté de la communauté internationale pour renforcer les capacités en matière de résolution pacifique des conflits, y compris la médiation, doivent être prioritaires.

Alors que nous nous préparons à accueillir les participants à la quatrième Conférence de médiation d’Istanbul, j’appelle la communauté internationale à agir pour la médiation.

Par S.E.M Çavuşoğlu
Ministre des Affaires étrangères de Turquie

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