Fidak (3)

 

Beaucoup d’entreprises de lait sont installées à l’esplanade des pavillons. Toutes ont baissé les prix de leurs produits. Elles offrent des gadgets, des calendriers, des dégustations aux clients et aux visiteurs. Dans l’après-midi, elles recrutent des artistes pour attirer la clientèle et se livrent une concurrence saine au bonheur des clients.

Sur l’esplanade des pavillons marocains et sénégalais, les laitiers, «Satrec», «Bonnet rouge», «Senico» étalent leurs produits. Leurs stands sont côte-à-côte. Des jeunes bouffons, les mèches en paillasse et portant des pagnes se défoulent devant un stand. Ils crient, ils applaudissent, d’autres s’élancent avant de se retirer. Les enfants crient. Le comédien «NDiol Todj Todj», les mèches sur la tête, avec un cuissard, exhibe une tenue extravagante qui suscite des rires. Comme ici, l’ambiance est à son comble au stand de son concurrent. Ce sont les comédiens, Tony et  Amdi Mignon qui sont à l’œuvre.

Le comédien «Tombondé» s’y produit de façon régulière. « Nous avons signé des contrats avec des artistes. Ils viennent se produire à tour de rôle», confie Sokhna qui n’a pas dévoilé le montant du contrat signé avec les artistes. En plus de l’animation, cette société propose des paniers de tous ses produits. Le panier est  à 10.000 francs, alors que le sachet contenant plusieurs articles et deux pots de lait est échangé à 2000 francs, soit une baisse nette des prix. « Un sachet de 400 gr est vendu entre 1300 et 1400 francs. Ici, en plus de ce sachet, vous avez deux pots et une dizaine de petits sachets de 75 francs », compare un client.

Outre les affiches vantant la qualité de leurs différents produits ou les filles à la tenue raffinée qui vous accueillent le sourire aux lèvres, ces entreprises vous proposent des séances de dégustation. « C’est vrai que nous sommes ici pour vendre, mais l’intérêt de la foire pour nous, c’est de montrer au grand public, nos produits », confie Kama, responsable marketing d’une marque bien connue. Les entreprises offrent des gadgets, des gobelets ou des calendriers à leurs clients. «Nous sommes dans une concurrence saine, nous avons bien commencé à vendre. Le pic a été atteint le week-end dernier», a-t-elle laissé entendre. Mais, Sokhna ne veut pas entendre parler de concurrence. Pour cette dame de tient clair, les entreprises ne proposent pas les mêmes produits. « Nous ne craignons pas la concurrence. Nous avons déployé tous les moyens pour vendre », dit-elle.

De l’autre côté du hangar, face aux restaurants, sur cette allée fréquentée dans l’après-midi, on peut voir, entre autres artistes, Ngoné Ndiaye ou Secka se produire au stand du troisième laitier. Cette entreprise a confectionné des emballages en sachets et paniers avec, cerise sur le cadeau, des prix rabaissés. « Ce ne sont pas les mêmes prix qui sont appliqués. Nous avons des tarifs spéciaux pour la foire. », rapporte Babacar. Dans l’après-midi, tous mettent la musique à fond. Des belles notes s’élèvent.

L’effervescence s’empare de l’esplanade. Le visiteur trouve la paix de l’âme avec ses filles qui dansent dans les stands ou d’autres accompagnent les chansons des chanteuses sénégalaises. On a l’impression qu’aucune entreprise ne veut laisser du répit à l’autre. Tous veulent faire entendre leur voix. Elles ne se font pas cadeaux. « Fi la Guëne Yombe » « c’est ici que c’est moins cher », entonnent  tous les artistes qui dansent. Plusieurs chefs de famille achètent des paquets et des paniers. Alioune Guèye vient de faire ses achats. Il tient dans sa main deux sachets. Pourtant, il n’était pas venu pour ça. « En réalité, j’étais venu pour acheter du matériel électronique et particulièrement un appareil pour la cuisine. Mais j’ai trouvé que le prix des produits laitiers est intéressant. Dans les boutiques, le lait est très cher », estime  M. Guèye. Tant mieux pour la clientèle.

Idrissa Sané

00Une région est née. L’’une des cadettes du découpage administratif de 2004, Sédhiou, est entrée de plain pied dans la responsabilisation et l’autonomisation. Après une première expérience en 2008, elle revient à la Fidak  avec des atouts  non négligeables, en partant des richesses du terroir, avec l’espoir de voir très vite certaines contraintes levées et les promesses tenues. Ayant réglé dès le départ la question de l’organisation, notamment des femmes qui sont les principales productrices.

Le stand est situé au fond du pavillon vert, à côté de celui Kédougou, plus jeune nouvelle région, et de Matam, un peu leur aîné. Sur le vaste stand carré, la moitié de l’espace est occupée par des meubles taillés dans ce bois de venne si rare. Un élément qui campe déjà la spécificité de la région de Sédhiou dont les richesses naturelles explosent au grand jour avec cette deuxième participation à la Fidak, au lendemain de la Fiara. «Nous avons vendus 316 kg de fonio sur les 640 kg  amenés à la Fiara», lance  Aby Gnabally, présidente de l’Union régionale des productrices de fonio de Sédhiou (Urprofos).

La solide dame vante les bienfaits de cette céréale tant par ses apports nutritifs que par son importance dans une alimentation saine, surtout pour les diabétiques. « Le fonio peut être consommé comme couscous ; il peut remplacer le riz ; mélangé au lait, il est très nourrissant. Si la production et le traitement suivent, nous pouvons assurer notre autosuffisance pour exporter les surplus », dit-elle avec une si forte envie de convaincre que sa voix en vibre de sincérité. Pourtant, juste à proximité, l’Union des coopératrices de Sédhiou a apporté des brisures de riz, de maïs et du mil  transformé et des bananes bio. Ce qui montre la diversité de la production locale et le dynamisme des femmes agricultrices et transformatrices qui sont entrées dans l’ère de l’organisation, en même temps presque que Sédhiou était érigé en région.

Coordonnateur de la commission préparatoire pour cette participation, le commissaire aux enquêtes économiques, André Almamy Fodé Fossa Souané estime que pour relever tous les défis de la nouvelle entité administrative, rien ne vaut l’organisation. « Les choses sont maintenant moins difficiles », dit M Souané, par ailleurs  Chef du service régional du commerce. A côté de son collègue de la chambre de commerce, le secrétaire général de la Chambre des métiers, M. Lang Sao avait auparavant confirmé ce nouvel élan pour «la structuration».

 

HUILES DE PALME,

DE PALMISTE, DE SESAME, SAVON DE BOUDIE

 

Tout comme Mlle Tida Djiba, formatrice en développement et organisation qui encadre l’Union des femmes coopératrices de l’arrondissement de Djirédji (UFAD). Sur la table devant elle, de l’huile de palme et de l‘huile de palmiste reconnaissables à leur couleur respectivement rouge et blanche. « C’est le même fruit qui donne ces deux huiles exploitées traditionnellement. De la cosse, on tire la première, alors que la noix  contient une amande qui produit la seconde. L’huile de palmiste est périmée au bout de six mois et celle de palme au bout d’un an.  Alors on les transforme en savon de Boudié», explique Mlle Djiba.  Et de démontrer les deux variétés de ce savon, spécialité de la localité précitée. « C’est un savon antiseptique et un stimulateur de la pousse des cheveux », explique Tida qui ne tarit pas de remerciements pour  l’Ong suisse « Nouvelle Planète » et le Pcr de Djirédji M. Mamadou Lamine Diawara qui les ont appuyées pour la formation et surtout pour l’organisation formelle des 684 femmes concernées.

 

DU MATERIEL POUR ALLEGER LES CORVEES DES FEMMES

 

Eparpillées auparavant dans 54 Gies, « elles sont  mobilisées depuis 2009 et font preuve d’un formidable esprit de solidarité, notamment pour la scolarisation des enfants », lance Tida Djiba. « Elles y croient parce qu’elles savent que si les filières locales sont valorisées comme il faut, elles peuvent s’en sortir», ajoute Mme Daffé leur présidente. Cette dernière salue surtout l’entente qui leur a permis de changer beaucoup de choses. Elles exploitent ainsi le miel qui est d’excellente qualité, le Bouy –fruit du baobab- qui autrement remplissait la poche des « banas banas » et le lait.  Grâce à la mutuelle, elles font du micro crédit pour autonomiser les femmes qui exhibent également des bracelets et autres parures.

Comme un leitmotiv cependant, les contraintes de l’éloignement et de l’enclavement sont dénoncées. C’est la complainte chez Mme Niabally de l’Urprofos qui souligne également que les femmes doivent être soutenues pour l’allègement des tâches, notamment  dans la culture céréalière où elles abattent toutes les corvées qui vont des semis au fauchage, pour déboucher sur  le traitement des grains, le moulinage, etc.

« Il faut que l’Etat nous aide, se lamente Mme Aby Niabally qui remercie pêle-mêle leurs partenaires que sont la Chambre de commerce de Sédhiou, l’Usaid/Wula nafa, le  Paderca, mais surtout l’ONG belge Veco. Exhibant des mains calleuses dues au travail à la faucille et au mortier, elle explique qu’en l’absence de matériel de transformation « le  fonio produit est estimé trop cher ; parce que « si vous faites votre compte d’exploitation, vous n’en tirez presque rien ».  Et d’expliquer qu’au vu de leurs faibles moyens, elles espèrent un appui public pour l’achat d’une faucheuse, d’une batteuse et pourquoi pas, de mini-tracteurs.

Déjà qu’avec le matériel acquis grâce à Veco, les 74 femmes ont étendu la surface cultivée en fonio d’un hectare à 15-16 ha pou 6 heures de travail par jour. Des préoccupations similaires sont exprimées par M. Souané qui remercie le Procas, le Cosec et le Paderca pour leur appui aux filières bananes bio et sésame. Le chef du service régional du commerce estime que sa région étant dotée d’une grande diversité de produits identifiés par la commission préparatoire de cette participation,  « elle n'a rien à envier aux autres régions».

Dans l’attente de la concrétisation des promesses, seul le préoccupent l’écoulement et la commercialisation des produits qui vont de l’huile de sésame produite à Faoul (dans le Bounkiling), à celles de palme et de palmiste, en passant par la savonnerie et la fromagerie, sans oublier l’unité de production de Provital, cet aliment riche pour la croissance des  enfants dont l'unité est implantée à Sédhiou même.

Pourtant, Mme Niabally reconnaît qu’après la formation reçue au niveau de l’Ita, la participation aux foires leur a permis de  prendre conscience de ce qui se fait ailleurs et les a encouragées à sortir des sentiers battus. En particulier, dit-elle, ayant vu une presse à huile d’arachide de la Sismar, elle pense convaincre ses censeurs à se cotiser pour essayer de l’acheter. Compter sur ses forces d’abord…. en attendant mieux.

Fara SAMBE

Le Senelec s’engage à introduire 600.000 compteurs prépayés à raison de 200.000 compteurs par an. L’objectif, c’est d’aider les Sénégalais à mieux maîtriser leur consommation d’énergie. « Nous allons nous engager résolument vers l’introduction des compteurs prépayés qui permettent une meilleure maîtrise de la consommation d’énergie. Nous allons introduire 600.000 compteurs prépayés », révèle le directeur général de la Senelec, Seydina Kane. L’importation des lampes à basses consommations (Lbc) se fera par appels d’offres. Le directeur s’est gardé d’avancer une date de la fin des délestages. A l’inverse, Seydina Kane a énuméré les actions qui sont en train d’être prises pour améliorer la fourniture d’électricité.   Toutefois, dit-il, les efforts seront entrepris pour respecter au mieux le calendrier des délestages. « Le non respect du calendriers est lié aux pannes des machines. Mais nous travaillerons à respecter au mieux ces calendriers », a laissé entendre Seydina Kane.

I.SANE


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