Feuilles d'hivernage 2016

Feuilles d'hivernage 2016 (134)

La guerre des étoffes

17 Aoû 2016
807 times

Burkini et bikini : des maillots de bain pour femmes. Le premier, aux allures de combinaison de natation, est couvrant. Le deuxième, en deux pièces séparées et laissant le ventre découvert, couvre au minimum le pubis et les fesses. Ces accessoires de plage, qui ont beaucoup fait travailler de grandes maisons de couture, font aujourd’hui se déchirer des créateurs de mode, des hommes et femmes politiques, des religieux, des libertins, etc. Cet été, c’est la guerre des étoffes dans certains pays, quoi !

Ces tuniques, conçues pour la femme afin qu’elle soit bien dans sa peau, font se déchirer des acteurs qui, sans porter un œil énamouré sur les beautés féminines, continuent de donner des coups de ciseaux à l’un ou l’autre de leur vêtement. Moi, un opposant aux critiques de l’art vestimentaire ? Non, je n’en ai pas l’étoffe. Plutôt, un libre d’esprit qui sait qu’il y a, quelque part, des femmes fatales qui ne se gêneraient pas de se présenter en public dans le plus simple appareil. Devant elles, certaines dévergondées feraient même pâle figure en s’affichant en bikini. D’autres préféreraient mourir que d’apparaître, à la plage ou à la piscine d’un hôtel, dans un autre maillot de bain autre que le burkini.

Des amies, de toutes obédiences religieuses, ne veulent du bikini car quelque chose, qui tient à un simple fil, pourrait déboutonner, rompre, décrocher au moment où l’on s’y attend le moins. D’autres, masquant des « taches » sur leur silhouette, penchent pour le burkini. De fil en aiguille, j’ai fini par savoir que le vêtement, sous toutes ses coutures, comme du reste le nudisme, a ses adeptes. Il y a une catégorie capable de montrer toute son anatomie, une classe apte à en cacher certaines parties et un rang déterminé à ne rien dévoiler de son corps. Laissons chaque catégorie faire selon ce qu’elle veut.

Par Cheikh Aliou AMATH

Last modified on mercredi, 17 août 2016 15:10

Des rues étroites, souvent sinueuses et sans issue, bordées par des maisons allant du rustique au moderne, Cité Senghor est un quartier populaire de la capitale du rail, précisément établi dans commune de Thiès-Est. Dans ce patelin qui porte pompeusement le nom de cité, l’environnement est loin de refléter les contours de l’appellation.

A la fin des  années 1950, ce quartier populaire et populeux, qui faisait  partie d’un grand ensemble allant de Keur Ablaye Yakhine ou « Mouride Ga » à la lisière du quartier Silmang, s’étendait dans les vastes champs des Sérères nones limités par des euphorbes utilisées comme brise-vent. Les premiers occupants de ce nouveau quartier l’ont baptisé « Cité Senghor » par reconnaissance au premier maire  de la commune de Thiès, Léopold Sédar Senghor, qui leur a donné en 1959 un avis favorable suite à une demande des populations d’avoir un délégué de quartier. Les premiers signes d’urbanisation de Cité Senghor sont perçus dans les années 70.

Feu Saliou Ndiaye en fut le premier délégué de quartier. Depuis 2000, le quartier traditionnel de Cité Senghor est divisé en deux  entités administratives dirigées respectivement par Mbaye Sall et Moussa Kandji. Faute d’un système d’assainissement aux normes, d’un réseau d’éclairage public suffisant et d’un mode efficace de ramassage des ordures, l’insalubrité, l’insécurité et la délinquance  polluent la vie des honnêtes citoyens y demeurant. Pour ceux-ci, le marché « Occas », situé au cœur du quartier, est certes utile, mais reste aussi le nid de voleurs qui hantent la quiétude des populations. Car, aux côtés d’une partie de la jeunesse consciencieuse des enjeux du développement économique et social de leur quartier, on constate celle attirée par les sirènes de la délinquance à travers l’alcoolisme ou la drogue.

Au plan des infrastructures, Cité Senghor n’est pas du tout mal loti. Il dispose d’une école élémentaire dénommée Demba Diakhaté qui fut l’un des premiers résidents, d’un collège privé, d’un complexe sociocommunautaire accueillant la case des tout-petits, d’une infirmerie construite par une Ong et qui soigne les « talibés » comme du reste les habitants de Cité Senghor. Aujourd’hui, un monument érigé par les populations en souvenir des « Jambars » tombés durant la guerre du Golfe constitue un repère important pour  pouvoir se situer dans le quartier Cité Senghor sans courir le risque de  s’y perdre.

Le pouvoir d’achat d’une bonne partie des habitants de Cité Senghor qui s’activent dans l’artisanat, le petit commerce et les petits métiers, n’est pas élevé. Un niveau de vie reflété par le type d’habitat qui est loin de renvoyer au pompeux nom de Cité ajouté de celui du premier président de la République du Sénégal.

Par Mbaye BA

Last modified on mercredi, 17 août 2016 15:16

Elle est l’actuelle présidente de l’Association des juristes sénégalaises (Ajs). Juriste de formation, elle fait toute sa carrière dans l’administration, notamment dans les collectivités locales.

C’est une femme aux ambitions controversées. Sa vie professionnelle est faite de contrastes pour ne pas dire de contradictions. Vouée à une carrière de secrétariat de direction après l’obtention d’un baccalauréat G1 au lycée Maurice Delafosse, elle commença des études de droit du fait de sa fibre de militante. Quelques années à la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, elle fait partie de la première promotion bénéficiaire des financements accordés aux maîtrisards. Un essai sans succès au concours de la magistrature, enfin une carrière en développement local.

Juriste spécialisé des collectivités locales, elle commence, par accident ou par hasard, une carrière dans l’administration. Une aventure qui, dans sa tête, n’allait pas durer face à sa vocation première qui est la pratique du droit. Chef de la division administrative et juridique du marché central au poisson qui venait tout juste d’ouvrir ses portes en 1993 et avait besoin d’une ossature administrative composée des cadres de haut niveau pour relever le défi. En tant qu’une femme de terrain et ayant travaillé avec des Japonais dans un projet pareil, elle fut recrutée par décision administrative. « Je croyais qu’il s’agissait d’un contrat avec deux signatures. Mais, on m’avait expliqué que l’administration est ainsi faite », renseigne cette amoureuse du droit qui a voulu décliner l’offre. Avec quelques interventions, sa carrière est déterminée.

L’éternel combat pour l’autonomisation des femmes
Du néant, il fallait mettre toutes les procédures administratives en place. Des quittances au paiement en passant par le mode de gestion, il fallait tout imaginer, en travaillant de 05h à 18h. Enfin quelque chose de fonctionnel. En contact avec les femmes qui évoluaient dans l’informel, se levaient à l’aube pour avoir un ou deux paniers de poisson qu’elles revendaient pour se retrouver avec de maigres bénéfices, le marché avait aiguisé à nouveau son militantisme. Etonnée de voir ce mouvement matinal de femmes qui venaient au marché acheter du poisson débarqué des véhicules, elle avait pris contact avec elles.

Constatant qu’elles sont « vulnérables financièrement », elle jugea nécessaire de les regrouper et de les organiser, avec le soutien de directeur du marché, alors Sadibou Diop. Un grand registre est ainsi créé. 100 FCfa chaque jour pour chaque femme. Elle décide de porter sa « robe d’avocat » pour faire un plaidoyer auprès du directeur. Une subvention pour accompagner ces dernières, les douze mois de stage au barreau ont porté leur fruit bien qu’en dehors des instances dédiées. De simples acheteuses de paniers de poisson, elles sont devenues de grandes mareyeuses.

Militante de l’émancipation des femmes
Combattante de la première heure pour l’émancipation de la femme après les Maimouna Kane Touré et Mame Madior Boye, Fatoumata Guèye Ndiaye est aujourd’hui à la tête de l’Ajs. Ancienne présidente de la commission chargée des relations extérieures et ancienne secrétaire générale de cette association, elle y milite depuis 1984. En contact depuis le lycée avec Dior Fall Sow, l’une des premières femmes magistrates, elle a eu très tôt connaissance de l’Ajs. Son adhésion coïncide avec la fin de certains combats relatifs à l’accès des femmes à des instances de décision et à certains corps de métiers jusque-là réservés aux seuls hommes : police, gendarmerie.

Dans sa fonction de gestion des ressources humaines, elle a toujours fait avancer la cause des femmes dans l’exercice professionnel. C’est le cas avec l’enregistrement du mariage à l’état civil qui allait permettre aux femmes, une fois divorcées, de faire valoir leurs droits. « J’ai incité l’ensemble des mes collègues de la communauté urbaine à enregistrer leur mariage. Mon premier reflexe, c’était de leur demander si elles avaient un certificat de mariage ». Plus ou moins un chantage pour la militante. « Quand une femme venait pour une domiciliation de salaire au service des ressources humaines, je lui demandais si elle avait une pièce d’identité, si elle avait régularisé son mariage, si ses enfant étaient déclarés à l’état civil. A défaut, je les poussais à régulariser leur situation. Des préalables pour bénéficier de certains privilège », exigeait-elle dans le souci de promouvoir le droit des femmes et des enfants.

Née d’un père très ouvert qui n’a pas subi l’influence de ceux qui n’ont pas voulu scolariser leurs filles, elle n’a jamais eu de problèmes pour aller jusqu’au bout de ces principes et de ses idéologies, c’est-à-dire une société où les hommes et les femmes ont les mêmes droits et les mêmes chances. Jeune cadre juriste, elle s’était engagée dans la promotion des droits des femmes et des filles. En croisade contre les violences faites aux femmes, les mariages précoces, les mutilations génitales, entre autres, elle se heurte à réticences socioculturelles. « Pour certains, nous voulons dominer les hommes, alors qu’il ne s’agit pas d’une relation de dominants à dominés mais plutôt d’acquisition de plus de droits pour atteindre le développement », rassure cette combattante.  Une société, soutient-elle, marche sur ses deux pieds car elle ne peut se tenir sur l’un seulement.

Une lutte, dans le cadre de l’évolution de la société, s’avère difficile : l’accès à l’avortement médicalisé. A cause des réticences culturelles et religieuses le plus souvent, la réaction des autorités compétentes tarde. Les textes juridiques relevant des conventions nationales qui leur donnent la possibilité de porter ce combat pour l’accès des femmes à l’avortement médicalisé sont ratifiés, mais leur application tarde du fait que certains jugent que c’est des textes importés qui posent un problème d’adaptation.

Fatoumata Guèye Ndiaye a encore du chemin à faire. Pour la présidente de l’Ajs, élue pour un mandat de quatre ans, les conventions internationales sont au dessus des lois internes.

Par Marame Coumba SECK

Last modified on mercredi, 17 août 2016 15:09

Ce vendredi mars 1976, à la « Une » du quotidien que vous lisez, le président Senghor s’adresse aux « cadres » du pays et leur dit en substance : « sachez contrôler, récompenser et punir ». C’est le titre du journal qui met ainsi en exergue une préoccupation de l’époque – et toujours actuelle –, à savoir les performances de l’administration public et la gestion des sociétés d’économie mixte.

Bara Diouf y va de son éditorial, et propose, « pour une administration efficiente », la solution senghorienne de « l’organisation et méthode ». Mais à chacun ses problèmes, comme on dit. Les militants Ups (parti au pouvoir, futur Ps) de Thiès par exemple entendent « honorer » leur responsable et maire de la ville, Jean Collin, en lui offrant un grand boubou, une info que le journal plante au cœur de l’ouverture de l’édition…

Mais c’est dans les pages « Nos Régions » que se trouve la pépite. « Le vieux marabout de Ngath crée une écriture nouvelle » », lit-on comme titre. Une dépêche de l’Aps informe que suite à « une révélation divine », Thierno Aly Bâ, « un vieux à la barbe blanche âgé environ d’une soixantaine d’années, qui mène une vie monacale dans ce village paisible où il dispose (sic) de plusieurs fidèles », a crée une écriture originale appelée « Ibrahima » depuis une dizaine d’années.

Situé non loin de Kahône, au cœur du Saloum, le village de Ngath est connu pour avoir compté de nombreux érudits. Thierno Aly Bâ, lui, est célèbre dans la contrée pour sa piété, sa générosité et son intelligence. Il se confie au chef du bureau de l’Aps du Sine-Saloum : « Un soir, peu après le crépuscule, alors que j’étais entouré de mes talibés (disciples – Ndlr), j’ai senti la présence d’une créature mystérieuse qui, séance tenante, m’a saisi par la main et m’a obligé à écrire des lettres mystérieuses sur le sable.

Ainsi, raconte le reporter, il s’est plié à la volonté de la créature et a commencé à écrire des textes « à la stupéfaction générale des talibés ». Thierno Aly Bâ précise que l’appellation de l’écriture lui a été suggérée en même temps par la créature mystique. « Cette écriture, qui n’est ni de l’arabe, ni du Coran, est composée de plusieurs lettres alphabétiques », révèle la dépêche. L’érudit était –naturellement – le seul à pouvoir les déchiffrer, « mais soucieux d’étendre cette connaissance aux populations, il a initié ses talibés ». Et en recevant le journaliste, le marabout a traduit toutes les questions qu’on lui a posées en « Ibrahima ». Aussi l’utilise-t-il pour ses correspondances avec quelques-uns de ses talibés se trouvant à l’étranger. Le marabout conclut son entretien par le souhait de voir « son » écriture largement diffusée. Vraie écriture ou alphabet original ? Système typographique ? Plus rien ne reste de cette affaire.

Quarante (40) ans après, seules les reliques journalistiques attestent encore de la découverte. Alors, mystérieuse histoire non ? Pour se détendre et intégrer « l’Afrique et ses mystères » dans leurs conclusions, les lecteurs du « Soleil » de ce mois de mars 1976 pouvaient aller se changer les idées – vu que l’Orts arrêtait ses programmes à 22h 30 – au cinéma. Ainsi, ce vendredi, le « El Hilal » de Pikine proposait « Commissaire X contre les 3 serpents d’or : ça va sauter ! »

Par Samboudian KAMARA

Last modified on mercredi, 17 août 2016 15:09

Dans la région de Fatick, en période d’hivernage, qu’il fait bon se balader dans certaines contrées ! Un temps doux et radieux après la pluie à Toubacouta, la plage à deux pas à Foundiougne, des soirées estivales tous les jours à Diakhao : tout est réuni pour des vacances idylliques dans le Niambato et le Sine. Ici, l’on sait combler les envies des adultes, ados et enfants. Quand certains s’essaient à la découverte des bolongs, à la chasse ou à la pêche, d’autres tentent de sauvegarder la nature et/ou d’organiser des visites culturelles. Ici, les infrastructures sont tout à fait adaptées aux familles. Le tourisme de masse peut bien s’y développer. C’est le moment de faire ses valises. Car c’est une destination parfaite pour se déconnecter le temps des vacances !

La région de Fatick est entourée au nord et au nord-est par celles de Thiès, Diourbel et Louga, au sud par la République de Gambie, à l’est par la région de Kaolack et à l’ouest par l’océan Atlantique. Un tiers de sa superficie de 7.930 km2 est composé de tannes, c'est-à-dire de terres salées (0,5 à 3 g/l) riches en fluor (2 mg/l) et situées principalement dans les départements de Fatick et de Foundiougne. Elles sont impropres à la culture et peu propices à l'élevage. Fatick  est captivante par la diversité d’intérêts qu’elle offre : la maison royale de Diakhao, l’énergie débordante des femmes transformatrices de Soucouta, le charbon de… paille comme alternative au charbon de bois, une biosphère riche et diversifiée, dans l’aire marine protégée communautaire du Bamboung, au cœur du delta du Saloum, abritant le Parc national du Sine-Saloum, classé au club des plus belles baies du monde.

L'histoire de Fatick se confond avec celle du royaume du Sine dont Diakhao était la capitale. Le peuplement de la contrée, par les Sérères venus du Fouta Toro, remonterait au 12ème et 13ème siècle et serait antérieur à l'envahissement de la zone, au 16ème siècle, par les guerriers mandingues venus du Gabou, dans l'actuelle Guinée-Bissau. Fatick est liée au mythe de Val Pal Ndiaye. Ce dernier, originaire du Djolof, s'installa à Jugamen, sur la rive droite du fleuve Sine. Contemporain de Wagane Amassa, un des 57 Bours (rois) ayant régné au Sine, on lui accorda un droit sur les terres d'une partie de l'actuelle commune de Fatick. Le village d'origine a été brûlé en 1859 par Pinet Laprade après la défaite du Bour Sine. C'est à cette date que l'emprise française sur le royaume est effective.

Mais, c'est à partir de 1888 que le quartier commercial, dénommé Escale, commença à s'organiser comme un véritable centre dont le développement s'appuyait sur la production d'arachide. Il polarisait les zones d’habitation des indigènes de Ndiaye-Ndiaye, Loganème et Ndouck. La ville de Fatick devient un important comptoir pour la traite de l’arachide. Elle s’embellit, s’agrandit et devient le centre de gravité d’une immense toile d’araignée tissée sur tout le Sine. Des magasins sont construits par de grandes maisons de commerce françaises. Dans ce haut lieu d’échanges, habitants, commerçants, paysans et gens de passage se croisaient toujours et conversaient dans plusieurs langues : sérère, wolof, français et mandingue. La signature du traité de protectorat entre le Bour Sine Macké Ndiaye et la France, en 1891, et le transfert du poste du commandant français de Niakhar à Fatick, en 1898, ont été des étapes décisives dans l’évolution de Fatick où une esquisse d'urbanisation et de modernisation a été lancée, avec l'ouverture d'un bureau de poste  en 1903, d'une école élémentaire en 1908 et la création d'un premier lotissement en 1911.

Esquisse d’urbanisation et de modernisation
ile saloumUn arrêté du gouverneur général de l'Aof (Afrique occidentale française) créa, le 31 décembre 1917, la commune mixte de Fatick.

Ce statut sera maintenu jusqu'en 1957. Un décret l’érigea, le 17 août 1957, en commune de moyen exercice avant qu’elle accède au statut de commerce de plein exercice en février 1960 avec l'élection d'un conseil municipal au suffrage universel. Voilà quelques dates-repères dans l’évolution de Fatick, chef-lieu de la région éponyme, bâtie sur les bords du Sine (bras de mer). La ville, desservie par la nationale 1, est à 157 kilomètres de Dakar, à 42 kilomètres de Kaolack et à 60 kilomètres de la Gambie. Fatick est le chef-lieu d’une dynamique région où vivent environ 700.000 âmes tirant leur subsistance de l’agriculture, de l’arboriculture, de la pêche et de l’extraction du sel. C’est intéressant d’aller à la rencontre des femmes transformatrices de Soucouta qui, dans une région où le taux de pauvreté est à plus de 50 %, s’en sortent bien dans l’exploitation des ressources halieutiques, le maraîchage, la chèvrerie, le petit commerce, etc. C’est leurs stratégies d’adaptation à la dégradation de l’environnement.

La remontée de la langue salée
Pendant notre séjour dans le Sine, il a plu en abondance. Cela va changer beaucoup de choses. Car ces dernières années, il y a un retour vers la terre. Les jeunes, las de traîner dans les rues des grandes villes ou de se faire arnaquer par les vendeurs de mirages, ont repris le chemin des villages, abandonnant le rêve de l’immigration. Voilà ce qui explique l’accroissement de l’occupation des terres de culture dans le Sine, une zone de production céréalière et arachidière par excellence. Sur le bord des routes, on aperçoit çà et là, comme à Djilor et Passy, des parcelles où l’arachide connait une bonne levée.

C’est aussi le cas pour le mil, base alimentaire des Sérères, la population majoritaire. Ailleurs, à Toubacouta, en direction de Karang, dans le département de Foundiougne, ça promet pour le sorgho, le « bissap », le niébé et le sésame. Dans cette partie du Niombato, dès 9h du matin et par 30° à l’ombre, les paysans sont déjà dans les champs, espérant, dans deux mois, arracher à la terre nourricière des produits de subsistance. La grosse inquiétude des producteurs de la région de Fatick est la remontée de la langue salée. Ses conséquences sont néfastes sur les terres de culture.

Cap sur Dassilamé, point de départ de notre visite de l’aire marine protégée communautaire (Ampc) du Bamboung, une richesse précieuse à conserver, parce que regorgeant de paysages sublimes, de faune (hyène, serval, chacal, etc.) et de ressources halieutiques (capitaine, barracuda, carpe rouge, raie-guitare...) Ici, des circuits sont tracés et les visites guidées par des membres de la communauté qui tiennent à la reproduction des espèces florales, animales et halieutiques. Ils ont raison d’œuvrer à la sauvegarde de ces massifs fascinants, avec leur charme ensorceleur et leur soleil très beau. Dans ces zones, on est loin de la pollution.

Cette belle terre sénégalaise
bac foundiougnedL’on se rend vite compte que le coin attire et fascine les touristes étrangers. En effet, il a permis à beaucoup d’entre eux de savoir que l’Afrique réelle est bien souvent différente des idées qu’ils pouvaient s’en faire. L’Afrique, ils ne l’entrevoient qu’à travers une certaine lecture, les films ou quelques émissions de télévision qui s’obstinent à n’en parler qu’en tant que continent de « misères » ; ce qui maintient des millions d’hommes et de femmes d’Europe, d’Amérique et d’Asie dans le flou des clichés ne montrant pas la réalité. A partir des îles Saloum, on leur offre mille occasions de découvrir cette belle terre sénégalaise et africaine.

Dans cette partie du pays, l’eau est perpétuellement tiède. Et nous y plonger, avec ravissement, en ayant une pensée émue pour nos amis d’ailleurs qui s’emmitouflent sous la bise exactement au même moment, nous envahit d’un plaisir inattendu, tant il est violent. Autre ravissement, la brousse qui ceinture ces localités. Se retrouver en 4X4 regardant les varans, les singes et autres animaux vous laisse une forte impression. Aussi, le métier de nos conducteurs sur des routes défoncées, où les nids de poules sont de véritables « ralentisseurs », et les paisibles villages traversés dans le salut amical de leurs habitants vous laissent des souvenirs exquis.

On doit à la vérité de dire que dans les îles du Saloum, l’aventure est absolument irrésistible. Et surtout lorsqu’un personnel dévoué, chaleureux et attentionné d’un campement prend bien soin de vous en vous servant ces délicieux mets du Sine : « mbakhalou guerté », « ngourbaan », poissons, crustacés. A déguster sans modération !

Sidy DIOP, Cheikh Aliou AMATH (textes) et Abib DIOUM (photos)

Last modified on mercredi, 17 août 2016 00:17

Signaux de fumée

16 Aoû 2016
869 times

« Dura lex, sed lex » (La loi est dure, mais c’est la loi). Un nouvel acte vient d’être promulgué pour tenter de sauver, avec l’application de la loi anti-tabac, ceux d’entre nous qui, depuis un certain temps, ont opté pour mourir… à petit feu. Comme le tabac tue, on nous impose de ne plus en user dans les espaces publics au Sénégal pour ne pas envoyer des signaux de fumée aux plus jeunes.

En même temps qu’elle fait un tabac auprès des non-fumeurs, l’application de la nouvelle fait rire jaune les consommateurs du tabac blond et du tabac à rouler. Les fumeurs cachent difficilement leur contrariété. Même si c’est leur droit de tirer sur une clope, maintenant ils ne peuvent plus le faire n’importe où. Leur liberté de « s’empoisonner » ne leur donnant pas le droit de « polluer » un cadre qu’ils partagent avec des non consommateurs de tabac. A tous ceux-là qui ne veulent pas du sevrage tabagique et continuent d’être encore des addictifs au tabac, il leur sera aménagé, dans les aéroports et restaurants, des espaces où ils pourront, à leur aise, prendre leur dose de nicotine. Donc, le problème est résolu pour les fumeurs privilégiés qui prennent souvent les airs ou mangent au restau.

Mais, une loi étant faite pour être enfreinte, il y a du souci à se faire pour les contrevenants moins nantis, surtout dans les cités religieuses où les clopes, comme on le sait, se vendent sous le manteau. Là, une bavure ou une dérive à l’actif de fanatiques « auto-défenseurs » de la loi anti-tabac est à craindre comme l’est toujours un coup de tabac pour des pêcheurs. Alors, laissons les seuls services compétents agir. Eux, ils ne vont pas user du passage à tabac pour faire payer un contrevenant. Passer à tabac quelqu’un peut l’amener à ce qu’il casse la pipe.

Par Cheikh Aliou AMATH

Last modified on mercredi, 17 août 2016 00:16

Peulgha est un des quartiers de la commune de Fatick. Loti en 1992, sa partie ancienne constitue l’extension des quartiers Ndouck et Logadème. Un des plus grands secteurs d’habitation de la ville, il abrite le domicile parental de l’actuel président de la République du Sénégal, Macky Sall. Très fier d’être le délégué de quartier, Racine Fall, âgé de 97 ans, nous a fait visiter Peulgha  qui s’est transformé au fil des ans.

Jouxtant la Rn1, Peulgha, un des quartiers de la commune de Fatick, est peuplé de près de 9.000 âmes. Le délégué de quartier s’appelle Racine Fall. Il est âgé de 97 ans. Au cours d’un entretien à son domicile, où flotte au vent le drapeau aux couleurs nationales,  il a  expliqué que « le premier habitant du coin fut un Peulh. Les gens, à force de dire Peulgha, c’est-à-dire le coin où s’était installé cet homme, ont fini de le baptiser ainsi ». Même s’il ne connaît pas le nom du premier habitant, Racine Fall a confié qu’un de ses descendants porte le nom de Diak Diak, une femme dont ses arrières petits enfants sont encore dans ce quartier.

Jadis un petit coin, Peulgha est devenu un grand quartier où il y a une forte communauté peulh qui cohabite avec d’autres groupes ethniques. « Aujourd’hui, le quartier est un véritable melting-pot », a indiqué Racine Fall, qui se souvient de la ruée des éleveurs peulh vers ce coin pour écouler leur bétail. Maintenant, a-t-il dit, les populations s’investissent dans presque tous les domaines d’activités. Sur le plan des infrastructures, Peulgha n’envie pas les autres quartiers. Comme infrastructures, il dispose d’un poste de santé très fonctionnel, d’un collège d’enseignement moyen (Cem) nommé Thierno Mamadou Sall, d’une école maternelle, d’une grande mosquée, d’un cimetière clôturé…

Outre cela, Peulgha est traversé, de part et d’autre, par des routes goudronnées. Le délégué de quartier s’est plu à dire que « Peulgha a, aujourd’hui, complètement changé de visage avec ses routes et ses belles bâtisses qui poussent un peu partout ».

« Nous sommes fiers de voir un des fils de la zone présider aux destinées des populations du Sénégal, le président de la République, Macky Sall », s’est-il réjoui. Selon lui, le chef de l’Etat accorde  une attention particulière et une considération aux personnes du 3ème âge.   L’homme de confiance du délégué de quartier, Abou Guèye, a expliqué que Peulgha qui vit aussi les inondations pendant l’hivernage est pris en compte dans le cadre du projet d’assainissement de la ville de Fatick, d’un coût de 12 milliards de FCfa.

Abou Guèye  s’est plu à dire que Peulgha constitue un exemple pour les autres quartiers. « Toutes les initiatives prises ici font tache d’huile dans les autres zones d’habitation de la ville de Fatick », a-t-il laissé entendre. Une des responsables des femmes de Peulgha, Mme Fatou Diouf Yakhara, est très connue grâce à son engagement et sa combativité dans le cadre de la politique et aussi du développement. Trouvée chez elle et très détendue, elle a rappelé que, dans ce quartier, les femmes se sont bien organisées en comité de développement. Selon elle, elles travaillent dans certains domaines comme le commerce pour améliorer leurs conditions de vie.

«  Au départ, on sollicitait les structures de microfinance. Aujourd’hui, nous  finançons, grâce aux bénéfices obtenus, nos propres activités », a-t-elle confié. Elle a confirmé que « Peulgha a changé de visage » avant de souligner que «  notre cadeau, c’est Macky Sall, un fils du quartier ».  Aussi, Fatou Diouf Yakhara a tenu à dire que « (sa) peine a été grande quand Macky Sall a démissionné de la présidence de l’Assemblée nationale et de son poste de maire de  Fatick. Mais, (sa) joie a été débordante lorsque le fils de Peulgha a été élu président de la République du Sénégal ».                            

Par Oumar Ngatty BA

Last modified on mercredi, 17 août 2016 00:16

Il a le souci du mot juste et prend le soin de bien le prononcer. Poète, ce fils du Fouta, amoureux de la France de par ses paysages, y vit depuis longtemps. Né au Sénégal, où il a aussi grandi, le président de la Fondation Georges Arthur Forrest a un bout de son pays natal qu’il emporte partout avec lui : la culture. Comme le président-poète Léopold Sédar Senghor, il soutient que « la culture est au début et à la fin de toute chose ».

Il est « Halpulaar » parce que sa famille est originaire du Fouta. Un Fouta où il n’est pas né et où il n’a pas grandi. Mais, grâce à un père qui a eu le génie de transposer le Fouta partout où il est passé, le fils s’est baigné dans l’ambiance de cette région du Nord bordant la rive gauche du fleuve Sénégal sans le connaître. Une terre rêvée, mais réelle de par ce qu’on lui a permis de vivre partout où il était, notamment en France. Il vit depuis longtemps dans ce pays. La francité, il y a également baigné, mais à partir du substrat de sa culture sénégalaise et africaine. Il est amoureux de la France qui, selon lui, est une partie de son être.

«  J’adore la France de par ses paysages, ses vallées, ses vallons, sa géographie physique et son histoire. Ces paysages qu’il a connus d’abord à travers la lecture, dont « La gloire de mon père » » de Marcel Pagnol. Des ouvrages qui lui ont permis, dans son enfance, de faire une immersion dans cette France sans y être pourtant. « Il suffisait que je ferme les yeux pour entendre le chant suave des grillons de la Provence », se rappelle ce poète. Un amour qui, peut-être, est lié au contraste d’un Sénégal à perte de vue où on ne voit que des épineux.

A l’école des maîtres de la poésie africaine
« Sénégalais, Sénégalaises, le président vous parle ». Ceux qui ont la chance de vivre les premières heures de l’indépendance connaissent bien ces mots. Lui, ce qu’il en retient, c’est la voix mélodieuse d’un président-poète qui l’emballait dans sa manière de parler. Les discours de Léopold Sédar Senghor, un grenier de mots savants pour lui. « Tout petit, je l’entends prononcer maghrébine. A l’école, on nous avait donné une dissertation. Et je l’avais casé dedans. J’étais complètement passé à côté, mais j’étais content d’avoir casé ce mot qui m’avait beaucoup séduit », raconte cet homme qui, en grandissant, s’est ouvert aux pans entiers de l’œuvre du défenseur de la race noire.

Il a mis ses pas sur ceux qui ont marqué l’histoire, notamment du monde noir. Il a été à leur écoute. Ce qui lui a permis d’avoir des instruments intellectuels pour creuser, d’avoir le souci de comprendre ce que ces derniers qui se sont enrichis également de la pensée des autres ont fait. « Senghor, en tant qu’intellectuel, producteur de pensées et homme politique, a été lié à tout le monde d’une manière ou d’une autre », soutient M. Sall. Lui, ce qui le lie à cet homme est un lien de fascination et d’admiration. Il lui a donné le goût de beaucoup de choses qui étaient en lui, à savoir la poésie, la culture et sa manière de vivre en étant en cohérence et en harmonie avec sa double culture.

Une connexion qui, selon lui, relève des hasards de la vie, des largesses du destin. « Un Sérère profondément enraciné dans sa culture, mais également dans la culture du devoir sénégalais. Pourtant, il n’y a pas plus Occidental que le premier président de la République du Sénégal dans sa formation, dans sa pensée. Mais, sa manière de faire une merveilleuse synthèse de deux choses qui, au départ, étaient apparemment différentes, m’a beaucoup séduit », essaye-t-il d’expliquer son attachement au fils de Gnilane.

L’autre chose qui le fascine chez Senghor : « ses merveilleux poèmes, majeurs et souverains ». Très jeune, il a eu de l’admiration pour ce poète et prenait beaucoup de plaisir à lire ou à entendre ses complaintes. Ce dernier l’a guidé vers de grandes figures qui étaient devenues familières, à l’instar d’Aimé Césaire. « Aimé Césaire et Senghor m’ont donné une foi ardente en la poésie », disait-il dans son ouvrage « Circonstances du cœur, cette activité supérieure faite de profondeur et d’élégance, d’élévation et de lumière, qui fait de ses adeptes les législateurs non reconnus du monde », selon la formule de William Shelley.

Son rapport avec « L’aventureambigüe »
Tout petit, sa mère lui donne un livre. Il savait lire à peine. Mais, des mots, qui le liaient beaucoup à cet ouvrage, attirent son attention. Kane, c’était sa mère, Hamidou, c’était lui-même. Sur la première page de ce livre, comme tout élève, collégien ou lycien ou bien simple lecteur qui l’a parcouru, il lisait « ce jour-là, Thierno l’avait encore battu ». La différence est que, ce jour-là, où il a lu ce bout de mot, son « Thierno » (maître en pulaar) l’avait encore battu. Des ressemblances qui l’ont marqué et qui l’ont poussé à écrire une œuvre en cours sur ses rapports avec ce livre.

Pour un retour aux langues nationales
Il porte l’un des combats de Senghor, la reconnaissance des langues nationales. Ces langues qui, pour lui, ont toute leur dignité. « Mais pour un retour à ces dernières, leur transcription s’impose. Pour ce faire, il y a un travail scientifique au préalable. Une manière de ne pas tomber dans un africanisme de mauvais aloi.

« L’avenir de la langue française est en Afrique »
Consacrant douze années de sa vie à la Francophonie institutionnelle en tant que collaborateur, il fut d’abord militant et conseiller. Depuis un an et demi sur d’autres combats, il reste attaché à cette langue qui est sa langue d’écriture. Une langue qui, pour le poète, est devenue la nôtre. « On nous a asservis avec cette langue française, on l’a récupérée. D’ailleurs, son avenir ne se trouve plus dans l’Hexagone, car ils ne la parlent plus au profit de l’anglais. Elle vit et elle est tonifiée en Afrique. Avant, c’était une langue d’emprunt », soutient ce « Foutanké » qui pense en « pulaar » et écrit en français. Reprenant ainsi Senghor, c’est dans les décombres de la colonisation que nous avons trouvé un instrument merveilleux, la langue française. « Césaire, lui, parle d’une arme miraculeuse qui va venir s’ajouter à nos langues locales », renforce-t-il.

Espace de solidarité et de coopération véhiculant une culture et une civilisation auxquelles nous sommes liés depuis trois siècles, il considère que la Francophonie a apporté beaucoup aux Africains, et vice-versa. Selon lui, si elle vit, c’est grâce à nos pays. Par ailleurs, cet ancien fonctionnaire de la Francophonie juge qu’elle gagnerait à enficher le combat de l’éducation en travaillant au retour d’un bon système éducatif et œuvrer à mettre plus d’enfants dans ce circuit. Et ce, en combinaison avec les autorités.

« La poésie victime du capitalismede rentabilité »
Poète et auteur d’œuvres comme « Rhapsodies fluviales », « Circonstances du cœur », Hamidou Sall considère que L’Afrique a un souffle poétique très puissant. « Les grands poètes, ceux qui maitrisent l’art et qui restent dans leur africanité, leur poésie est une poésie d’élévation : Chicaya U Tum’si, Léopold Sédar Senghor, Birago Diop, l’homme dont l’écriture est d’un classicisme extraordinaire », illustre-il. En effet, il juge nécessaire la formation de la nouvelle génération de poètes disposant de bonnes techniques afin de sortir ce qu’ils ont dans le cœur. « La poésie est différent du délire. Ses textes doivent être travaillés avec rigueur. Il faut également s’enrichir de ceux que les autres ont fait », se soucie le poète.

Par ailleurs, Hamidou Sall estime qu’il a un engouement et un envi, mais les maisons d’édition sont en peine. « Avant, il y avait les Editions africaines, un lieu d’extériorisation du moi », se désole-t-il. En plus, s’indigne M. Sall, la poésie est de plus en plus un genre délaissé, même en Europe, parce qu’il n’est pas rentable. « Nous vivons de plus en plus dans un monde capitaliste, de rentabilité. A force de chercher cette rentabilité, on passe à côté de l’essentiel », déduit-il.

La culture pour sortir de l’obscurantisme et l’ignorance
« L’ignorance est le lit de tous les dangers. Dans un monde marqué par l’ignorance, l’intolérance et le repli sur soi, seule la culture nous permet d’éviter ces travers ». Cette dernière, dit-il, est d’éducation. L’éducation pas au sens formelle, mais en valeurs et enseignements traditionnels qui, selon lui, viennent se greffer à ceux qu’ils ont appris à L’école.

A l’école de la vie, il a appris entre ce foyer ardent, comme disait Cheikh Hamidou Kane dans « L’Aventure ambiguë », l’école et la rue qui, à l’époque, était également un lieu d’éducation. Il a grandi dans une société qui vivait en harmonie et en équilibre. « Avant d’aller à l’école primaire, il y avait un préalable qui a été fait dans les familles », témoigne ce Halpulaar. Cette famille qui, en Afrique et au Sénégal en particulier, est un creuset de valeurs consensuelles entre différentes générations.

Par Marame Coumba SECK

Last modified on mercredi, 17 août 2016 00:16

C’était il y a quarante ans. En feuilletant les pages jaunies par le temps, -mais tellement actuelles-, de « l’astre national », on donne forcément raison à la géniale femme de lettres américaine Siri Hustvedt pour qui « ce qui était autrefois l'avenir est maintenant le passé ; mais le passé revient au présent à l'état de souvenir ; il est ici et maintenant, dans le temps de l'écriture ».

Ce lundi 16 août 1976, alors que l’on sort des horribles massacres de Soweto (200 morts), que Voerster règne en raciste sur la Namibie et que Fidel Castro et Kim Il Sung snobent le cinquième sommet des Non-alignés à Colombo (Sri-Lanka), comme le remarque Mame Less Dia, envoyé spécial du journal, ce sont surtout « Les premières vraies averses à Dakar » qui retiennent l’attention. Sous la plume d’Abdallah Faye, on apprend que « quatre heures de pluie » ont certes redonné le sourire aux « paysans de la région du Cap-Vert », mais que les Dakarois souffrent de la vétusté du système de canalisation. Ainsi, « si la pluie a embaumé le cœur de plus d’un paysan, par contre, elle met à jour les lacunes en matière d’infrastructures routières ». Le journal s’étonne que ce soit un « travail artisanal » qui est à la base de l’entretien des égouts et canaux d’évacuation.

Il avait donc beaucoup plus le week-end précédent dans la ville. Mais cela n’avait pas empêché une foule des grands jours de se masser sur les gradins du stade Demba Diop pour les besoins du dernier acte du championnat de football qui voit le Diaraf étriller la Jeanne d’Arc (5-1), conserver son titre et inscrire un troisième sacre au palmarès du championnat. Lune Tall écrit que « la dernière journée aura été finalement une journée de routine tant il est vrai qu’elle n’a pas infirmé les données fondamentales du championnat ; celui-ci fut partagé entre bon et le moins bon, comme dans la bonne vieille bonne tradition du football sénégalais, plus que jamais attaché à sortir du carcan de l’inconstance pour tendre vers l’équilibre parfait ».

A la « Une » de l’édition, une note triste. « Un taxi dans le Canal IV : deux morts, dont Joe, le guitariste du Star-Band ». Revenant d’une soirée au « Relais », sur la route de Ouakam, à hauteur de la Sicap Fann, le taxi qui transportait « Joe », guitariste de l’orchestre en vogue à l’époque, termine sa course au fond du canal.

Et la politique ? Très simple à cette époque. C’est la loi des « Quatre courants » depuis 1974. On ne le sait pas encore, mais dans deux mois, l’Ups deviendra Ps. On en est donc aux balbutiements du multipartisme intégral qui n’interviendra qu’en 1981. Le président Senghor est au pouvoir depuis 16 ans ; son Premier ministre, Abdou Diouf, est en place depuis 06 ans. Le célèbre avocat et universitaire Abdoulaye Wade fait déjà face à des vagues de départs de son parti, le Pds, vieux seulement de 02 ans. La semaine précédente, le chantre du « Sopi » a présidé une rencontre du bureau politique de son parti. « « Action judiciaire contre les démissionnaires débiteurs du parti » : c’est le titre de l’article qui synthétise le communiqué rendu public la veille.

On apprend en page 05 du numéro 1898 que le bureau politique du Pds note avec « satisfaction » que « les masses ont répondu à l’appel du parti », mais déplore « l’insuffisance des moyens » qui ne leur a pas permis d’avoir « une organisation à la dimension » de la formation travailliste à l’époque. Il félicite également les régions de Casamance et du Sine-Saloum « qui ont su trouver des initiatives locales heureuses pour financer les activités du parti ». Toutefois, le bureau politique décide, « pour défendre le patrimoine du parti », d’engager des poursuites judiciaires « contre tous ceux, militants ou démissionnaires, qui sont des débiteurs du parti ».

Par Samboudian KAMARA

Last modified on mercredi, 17 août 2016 00:16

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.