Au rythme des vacances

Au rythme des vacances (8)

Adama et Mbaye ont un point en commun : ce sont des étudiants. L’autre aspect qui les lie, c’est qu’en plus d’apprendre, ils travaillent. Découverte de deux individus que la quête de connaissance n’empêche guère de « battre le fer ».

Elle a le sourire jovial, l’approche facile. Son charme laisse difficilement indifférent. Sa démarche est nette avec un déhanchement qui capte l’attention. Dans son mètre 70, Adama Sy, teint clair, poids plume affiche un beau sourire en cette matinée de mardi. Elle s’active chez elle à Dieuppeul 4 et procède aux derniers réglages. Adama doit d’une minute à l’autre se rendre au travail. L’étudiante ne se contente pas simplement de ses études. Elle travaille également dans un centre d’appels téléphoniques. Une activité qui lui permet, en plus de sa bourse, de venir à bout de ses besoins. La jeune fille a plusieurs atouts à son avantage. Elle a une belle voix qui accroche facilement. Elle manie avec aisance autant la langue française que l’anglais. Un avantage qu’elle a vite fait de mettre au profit du centre d’appels qui l’a engagé, il y a tout juste de cela un an. «Mon travail consiste à prendre des appels et surtout à donner des informations précises et des orientations aux personnes qui sont au bout du fil », souligne t-elle. Un travail qui lui prend tout juste sa matinée. Le reste de sa journée, la jeune fille étudiante le passe à prendre des cours. « En plus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar où je me suis inscrite au département d’Anglais, je suis en Licence dans une école de formation. Je suis inscrite dans la filière Journalisme et Communication », informe-t-elle. La jeune fille envisage, dit-elle, une fois la licence en main, d’aller boucler ses études en France. « Je voudrais faire une carrière internationale dans le journalisme », souligne-t-elle. En attendant de mettre à profit ses talents vocaux au service du journalisme, c’est dans les centres d’appels que la jeune gratifie de sa belle voix au bout du fil. Ce boulot à mi-temps permet à la jeune fille de « satisfaire certains de ses besoins mais surtout de poser ses marques dans l’art de la communication », souligne-t-elle.

L’hameçon en attendant la toge
En cette matinée de mercredi, la mer de Thiaroye offre une belle vue. L’agitation habituelle semble avoir laissé place à un calme plat. Dans un rythme adouci, les vagues font des va et vient sous le regard innocent d’enfants installés sur la plage. A l’aide du sable de la plage, ils font et défont des châteaux, fruits de leur imagination fertile. Certains ne manquent pas, malgré leur jeune âge, de plonger de temps à autre dans l’eau de mer. Nous sommes à Thiaroye sur-mer. Une bourgade située non loin du centre ville de la capitale sénégalaise. Ici, l’activé principale demeure la pêche. C’est là que nous a donné rendez-vous un jeune étudiant pas tout à fait comme les autres. Mbaye Dabo a fier allure. Le jeune garçon, âgé de 20 ans, est étudiant. Mais, dès que l’occasion se présente, il n’hésite point à suivre les siens, aux larges de la mer. Oui ! Mbaye, en plus d’être étudiant, est également pêcheur. Une activité dont il se targue et se réjouit à la fois. « Au sein de notre famille, l’activité de la pêche est un legs qui s’est transmis de génération en génération », souligne-t-il. Très jeune déjà, il se rappelle avoir été très souvent initié aux rudiments de cette activité qui demande « patience, persévérance, détermination et courage », souligne le jeune étudiant. Loin d’être un jeu d’enfant, l’activité de la pêche est, en effet, souligne-t-il, un domaine qui requiert beaucoup d’aptitude et d’exigence à la fois.

Déjà élève, Mbaye passait les grandes vacances aux larges des côtes dakaroises à la recherche de poissons. Des sorties en mer qui lui permettaient d’une part, d’acquérir de l’expérience et d’autre part, de se « faire un peu d’argent ». Ce «peu d’argent », c’était au tout début. Aujourd’hui, cette activité bien que remplie à mi-temps, permet au jeune homme d’« honorer toutes les charges qui vont dans l’investissement de ses études », souligne-t-il. Plutôt bon élève, le jeune garçon qui a décroché son baccalauréat avec Mention est en deuxième année de Droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il rêve de devenir un jour avocat pour « exclusivement défendre la cause des plus démunis », relève-t-il. En attendant d’arborer sa toge, le jeune étudiant combine, à merveille, ses activités de pécheur à celles d’étudiant.

Par Oumar BA

Grâce à leur abnégation et leur détermination à gagner «dignement leur vie», certains jeunes ne rechignent pas devant les tâches qui se présentent à eux. Elèves en temps normal, travailleurs durant les vacances, voici les histoires d’Aminata et de Théophile.

Intitule de tortiller : si l’on évoque son histoire, c’est parce qu’Aminata se démarque de la plupart des jeunes filles de son âge qui jouissent de leur statut d’élève. Du haut de son 1,74m, dans sa mise un peu défigurée, pour qui l’a vu en temps normal, Aminata s’active comme elle peut. La jeune fille est habillée d’un tee-shirt, elle porte un pagne marron, un foulard bien nouée sur la tête vient compléter sa mise. Teint clair, elle frôle les 60 kilos. En cette matinée de samedi, elle s’est levée comme à son habitude, de très bonne heure. 6h tapantes du matin, elle était déjà debout. C’est parce que d’innombrables travaux domestiques attendent la jeune fille âgée tout juste de 18 ans. Elle est tenue par les clauses d’un contrat et se donne dès lors tous les moyens adéquats pour « fondamentalement respecter » ses engagements. Elève en temps normal, la jeune fille travaille comme femme de ménage, durant les grandes vacances. Ce rituel est devenu, au fil des années, une habitude chez elle. Depuis 3 ans déjà, Aminata passe le plus clair de ses vacances à s’activer dans les maisons, pour se « faire un peu d’argent et ainsi honorer les charges de sa scolarité ». Issue d’une famille modeste, Aminata dit avoir très tôt intégré cette donne. Avec un père ancien technicien de surface à la retraite et une mère, femme au foyer, sa famille peine à joindre les deux bouts. Elle ne veut toutefois pas baisser les bras et est résolue « à réussir dignement dans la vie ». Pour cela, la jeune fille compte essentiellement se concentrer sur ses études. « La vie m’a lancé un défi, je me donnerai les moyens d’atteindre mes objectifs et de venir à bout de ce défi », souligne-t-elle. L’élève de Terminale dit tirer en moyenne 120. 000 F de ses trois mois ponctués de travaux. Une somme qui peut sembler dérisoire aux yeux de certains, mais qui, dit-elle, lui permet de « maintenir sa dignité en subvenant à ses besoins ». Pour cette année, Aminata travaille dans une maison située à Scat Urbam. Elle dit avoir été très claire avec son employeur. « Je lui ai formellement indiqué que j’étais élève. Je travaille juste le temps des vacances. Une fois celles-ci terminées, je retourne à l’école », explique-t-elle. Par cette approche, la jeune fille veut clairement montrer à son employeur qu’au-delà des trois mois, elle doit chercher une autre travailleuse. Avant Scat Urbam, la jeune fille dit avoir travaillé aux Parcelles assainies, puis à Nord Foire.

Ambitions
Ses parents sont bien au courant de son travail et l’y encouragent fortement. Elle est « indifférente quant à ce que pensent d’elle ses camarades de classe ». Bonne élève, elle souligne s’être retrouvée avec la moyenne de 14 l’année passée. C’est donc avec brio qu’elle va, dès l’ouverture des classes, passer en « Terminale L2 », informe-t-elle. Une fois le baccalauréat en poche, Aminata compte donner des cours « particuliers » aux élèves qui en feraient la demande. Très subtile, elle dit en avoir déjà discuté avec son actuel patron. « La famille où je travaille présentement dispose de trois enfants, d’ailleurs en plus de mon travail, je donne des cours non rémunérés aux enfants de ma patronne. Une fois le bac en poche, leur père s’est engagé à me prendre comme professeur particulier », confie-t-elle. En plus de sa bourse qu’elle compte bien obtenir, l’argent gagné à travers les cours particuliers devrait l’aider à affronter les dépenses estudiantines. Plus tard, la jeune fille rêve de faire carrière dans l’administration judiciaire. Théophile Ndiaye est élève en temps normal. Mais, durant les vacances, une autre activité vient rythmer ses journées. Il travaille comme vendeur, appelé « technicien commercial » dans leur jargon. Son activité consiste à sillonner les maisons et les quartiers. Il propose diverses marchandises aux potentiels acheteurs. Tout y passe : savons, parfums, crème de beauté, ustensiles de cuisine… Il est même tenu parfois de pousser ceux qui n’avaient guère envie d’acheter à se voir convaincre. Cette forme de commerce appelée « promotion » dans le jargon populaire permet au jeune homme de se faire « quelques sous, le temps des vacances », avance-t-il. Le commerçant de circonstance gagne en fonction de ses ventes. « Dans chaque article, un pourcentage lui revient », dit-il. C’est pour cela qu’il travaille d’arrachepied, afin de conquérir tout potentiel client. Théophile est âgé de 19 ans. Il est titulaire d’un baccalauréat depuis l’année passée. Avec la rentrée des classes de cette année, le jeune homme va rejoindre l’université. En attendant d’être orienté, il s’active comme il peut. Il s’adonne à son commerce pour d’une part « aider ses parents en se prenant en charge sur certains aspects » mais d’autre part aussi « ne pas passer son temps à se perdre dans des futilités ». Théophile compte faire carrière dans le monde « des multimédias ». Il veut devenir ingénieur en informatique. Vocation logique d’un pur produit de la génération Internet.

Par Oumar BA

Certains élèves profitent de la période des vacances pour changer d’environnement en se rendant notamment chez leurs parents ou amis proches. Des déplacements qui constituent parfois des moments de découvertes et de consolidation des liens mais qui ne manquent pas d’engendrer, dans certains cas, des dépenses supplémentaires pour les familles d’accueil.

Après trois mois d’efforts scolaires, la plupart des élèves profitent des grandes vacances pour se reposer. Dans cet esprit, certains choisissent de rester chez eux auprès de leurs parents tandis que d’autres préfèrent plutôt se rendre chez des proches qui habitent un peu plus loin, histoire d’y passer leurs vacances. C’est même devenu un rituel parmi ces apprenants qui ne manquent jamais l’occasion de partir sur de nouvelles bases. Ce repli leur permet d’abord de changer d’environnement et surtout d’établir des liens proches et plus poussés envers certains de leurs parents parfois méconnus. C’est le cas de Ndeye Fatou Gueye. Elle est âgée de 17 ans et élève en seconde. Elle habite à Kaolack où son père, fonctionnaire, est affecté. Depuis cinq ans déjà, Ndeye vient passer ses vacances auprès de ses parents établis à Comico Yeumbeul. Elle y est fréquemment venue au point même de se faire des amies dans ce quartier. La jeune fille se rappelle s’être pourtant montrée « sceptique » durant la première année. C’est sur insistance de sa maman qu’elle s’est vue obliger de venir passer ses premières vacances auprès de son oncle, petit frère de sa mère. « Au-delà de changer d’environnement, ce contact m’a permis d’être beaucoup plus familière avec mes cousins et cousines. En effet, malgré nos proches liens de parenté, nous n’étions pas très liés auparavant. Maintenant, tout cela est fini, nous sommes devenus très attachés à force de mes va et vient », souligne-t-elle. Ndeye dit s’être suffisamment intégrée au sein de la famille de son oncle. D’ailleurs, une fois le baccalauréat en poche, à défaut de se rendre dans un pays étranger, la jeune fille envisage sérieusement de venir habiter chez son tonton car, dit-elle, dans son plan B, elle compte poursuivre ses études supérieures dans une école de formation à Dakar. Une éventualité qui ne l’aurait jamais traversé l’esprit si tant est qu’elle ne venait pas fréquemment chez ses cousins à Comico. Ndeye Fatou qui est la seule à venir passer ses vacances auprès de son oncle ne semble guère lui poser de soucis. Tout au contraire, il se réjouit de « voir sa nièce entretenir d’excellentes relations avec ses enfants ». A ses yeux, ceci constitue plutôt une source de réjouissance. « Avec la maman de ma nièce, nous sommes trois au sein de notre famille. En plus de ma sœur, nous avons un petit frère. Il est nécessaire que nos enfants nouent de fortes relations. Depuis que Ndeye Fatou vient durant ses vacances, les liens n’ont fait que davantage se raffermir », souligne Sadibou Seck, fonctionnaire.

L’hospitalité pour consolider les liens
Un peu plus loin, à Keur Massar, le décor est tout autre. Nous sommes au sein d’une vaste maison familiale à la Cité Sotrac. Ici, vivent en parfaite harmonie un chef de famille nommé Amadou Thiam, âgé de 77 ans, son épouse, ses enfants et ses petits-enfants. Amadou Thiam a fait le pari de maintenir tous ses enfants dans la maison familiale tant qu’il sera en vie. Tous ses rejetons sont mariés et ont des enfants, mais peu importe à ses yeux, il est primordial que soient maintenues les relations privilégiées de famille qui doivent « prévaloir » entre frères, relève-t-il. De ce fait, la maison de vieux Thiam constitue un véritable « creuset de retrouvailles ». En plus des membres de la famille, d’autres invités sont venus se rajouter. Il s’agit de vacanciers qui « ne manquent jamais de se présenter » en de pareilles périodes, souligne le vieux. Hospitalier de nature, le vieux Thiam ne daigne jamais rejeter qui que ce soit. Bien que cette fréquentation de trop ait un « coût », lui tient quand même à l’assumer. « C’est vrai que durant les vacances la dépense quotidienne augmente légèrement, mais cela est devenu dans l’ordre normal des choses », souligne-t-il. Pour cette année, la famille a accueilli cinq vacanciers venus de localités différentes. Il s’agit de les entretenir durant toute la période qu’ils seront là. En plus, à leur retour, il faudra acheter à chacun d’entre eux de nouveaux habits, leurs fournitures scolaires, leur billet pour le transport, confie le vieux Thiam. Ce qu’il assimile à « de petites dépenses supplémentaires » ne semble guère le déranger. A force de recevoir, Amadou Thiam s’est trouvé une astuce. « Je répartis la prise en charge des vacanciers à mes enfants. Il revient à chacun de veiller à la totale prise en charge d’un des vacanciers. Ce sont eux qui achètent les habits tout en assurant les frais supplémentaires », informe-t-il. Cette habitude devenue un rituel, tout le monde a fini par s’y faire au sein de la famille Thiam.

Le vieux regrette toutefois constater de plus en plus disparaître les valeurs « d’ouverture et d’accueil fraternels qui ont longtemps caractérisé la société sénégalaise ». Selon lui, il est regrettable de voir de plus en plus de familles rejeter des vacanciers. Bien entendu, les temps ont changé et les moyens font parfois défaut, dit-il, mais tout de même, nous devons garder ces valeurs de partage et d’intégration, suggère-t-il.

Par Oumar BA

Les écoles coraniques enregistrent, durant les grandes vacances scolaires, des « élèves de circonstance » venus à l’occasion acquérir des connaissances. Un rituel devenu une habitude incontournable au sein de certaines familles.

Thierno Abobacary Ndiathie s’adonne à cœur joie à son activité favorite. Elle consiste à transmettre du savoir. Un savoir acquis pourtant au gré de plusieurs années d’apprentissage et de persévérance, auprès de différents maîtres. Cette connaissance, il la transmet, aujourd’hui, avec beaucoup de « générosité ». La rançon des sciences acquises a été particulièrement élevée pour lui. En effet, c’est très tôt à l’âge de sept ans qu’il quitte la demeure familiale à la recherche du savoir. « Je suis issu d’une famille de grands érudits, c’est un legs qu’il faut perpétuer de génération en génération. Très tôt, on m’a fait comprendre et accepter cette donne », souligne-t-il. Aujourd’hui, les rôles sont inversés. La connaissance, c’est à lui qu’il revient de la transmettre. Là-dessus, le maître se montre particulièrement disponible, toute l’année durant. En cette période de vacances, comme toutes les autres années du reste, l’encadreur voit les rangs de ses élèves légèrement grossir dans son école coranique située à Cité Aliou Sow de Mbao. Son effectif d’élèves passe du simple au double. Les apprenants de « circonstance » viennent ainsi renforcer le dispositif au gré des vacances. Certains sont devenus des habitués. « Parmi les élèves qui viennent en vacances il y’a des habitués. Il y’en a même qui fréquentent mon école depuis qu’ils sont entrés à l’école française », relève-t-il. Le maître n’a pas d’appréhensions particulières face à cette situation. « L’éducation des enfants incombent aux parents. Il leur revient donc de leur tracer la voie à suivre. Nous sommes dans les dispositions d’encadrer les enfants, quelque soit, par ailleurs, la période où on les présente à nous » relève-t-il.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces trois mois d’apprentissage, suivis assidument, permettent à l’élève d’enregistrer de véritables progrès, informe le maître. D’autant plus que certains parmi les apprenants de vacances continuent de venir tous les week-ends en période scolaire. « Il est vrai que la marge de progrès des élèves qui ne présentent que durant les grandes vacances diffèrent globalement avec celle qui sont là en plein temps et toute l’année durant. Mais, il demeure vrai à leur manière, eux aussi font des progrès lents certes, mais efficaces », concède M.Ndiathie. Dans ce lot d’élèves de circonstance, se démarquent parfois de «véritables surdoués», concède l’encadreur. Il assure que certains élèves qui ne fréquentent son école que durant les vacances parviennent à assimiler des connaissances qui peuvent parfois requérir plusieurs mois d’apprentissage. Là-dessus, il n’est guère surpris, « les degrés d’intelligence et les capacités d’accumulation ne sont pas tous similaires. Cela se répercute forcement sur la capacité de perception des uns et des autres», relève-t-il.

Du fardeau au plaisir
Chez les élèves, certains ont pris un « réel plaisir » à consacrer leurs vacances à apprendre auprès de leur Oustaz (maître coranique). C’est le cas de Sanou Diagne. La jeune adolescente est âgée de quatorze ans. Cela fait déjà sept ans d’affilé qu’elle se présente aux cours à pareille période de l’année. « Plus les années passent, plus je m’aperçois de l’utilité de ces cours », souligne-t-elle, toute timide. La jeune fille assure avoir, au fil des années, suffisamment accumulé de connaissances. « Je n’ai pas grand-chose à envier, à ceux qui fréquentent l’école de Thierno toute l’année durant », assure-t-elle. Toutefois, elle souligne continuer à s’améliorer chez elle, même durant l’année scolaire.

Des élèves un peu réticents, il y’en a également. C’est le cas du petit Amadou âgé de neuf ans. C’est sous un air sanglotant, larmes aux yeux, qu’il s’adonne tant bien que mal au récital. Ces arrêts furtifs sans aucune raison valable viennent témoigner de son manque de concentration. Une situation qui n’impressionne guère son maître, habitué qu’il est à ce genre de scène. « Des élèves se montrent parfois sceptiques au tout de début. C’est normal, parmi eux figurent des enfants qui ne connaissant pas ce genre d’environnement. Mais, curieusement au bout de quelques jours, la joie d’apprendre fait place au scepticisme de début », informe-t-il.

Les parents se disent, de leur côté, satisfaits, pour l’essentiel. C’est le cas de Mareme Ndiaye. Elle habite le quartier Darou Salam 1 et ne manque jamais d’envoyer ses enfants chez Thierno à chaque période de vacances. Cette habitude est même devenue un rituel au sein de la famille, souligne-t-elle. De ce fait, ses enfants ont fini de l’incorporer dans leur agenda annuel. « Je n’ai même plus besoin de le leur rappeler. Mes enfants ont intégré la donne de venir chaque période de vacances assister aux cours de Thierno ». Très superstitieuse, la dame est même persuadée que cela, en plus de permettre à ses enfants d’acquérir de nouvelles connaissances, leur permet aussi d’être meilleurs à l’école. « Je crois profondément que les cours que prennent mes enfants durant les vacances ont des incidences positives dans leurs bons résultats scolaires », souligne-t-elle.

Par Oumar BA

A Dakar, l'été rime aussi avec ballades et sorties à la plage. Sur celle de Terrou-Bi enchâssée entre l'Hôtel et le Magic Land, les visiteurs dégustent, chaque soir, d'excellentes grillades de poisson à la portée de toutes les bourses.

Alors que le ciel baisse progressivement son rideau sur le soleil couchant, la plage grouille encore de monde. Beaucoup sont venus en famille, en couple ou en groupe d'amis, passer un moment de bonheur sur cette petite plage que surplombe la terrasse de l'Atlantic Bar Restaurant. Les silhouettes se mélangent dans ce sombre décor crépusculaire tamisé par la lumière lointaine des lampadaires de la corniche et par la flamme vacillante des fourneaux. « Ici, c'est l'endroit indiqué pour qui veut se délecter de bonnes grillades de poisson. Et pas que. On peut également savourer la brise marine dans un cadre très convivial », précise Babacar en installant des visiteurs. Les propos du jeune serveur à la coiffure « rasta » semblent trouver écho chez Amina, une habituée des lieux, qui vient de s'attabler avec ses amies. « En effet, cet endroit est à la fois le lieu de prédilection des gourmets de grillades de poisson et l'espace idéal pour se changer les idées. Je viens souvent libérer des énergies négatives après une dure journée de travail », confirme-t-elle, toute souriante.

Juste à côté, Babacar arrange quelques tables et chaises mal placées, avant de regagner le coin-cuisine qui tient sur quelques tables en bois robuste où sa patronne et Tata, une autre employée, s'occupent activement à préparer toutes sortes de marinade. Quelques minutes plus tard, il revient pour prendre les commandes. Les copines à Amina ont du mal à se décider face aux multiples suggestions de celle-ci. « Je vous laisse réfléchir », propose-t-il avant de se tourner vers une table occupée par un couple d'étudiants installés à peine à deux mètres des flots. Sous un air de Mbalax qui se mêle au roulement des pierres balayées par les vagues, il leur présente la palette de choix possibles. « Nous avons plusieurs sortes de poisson: sardinelle, hareng, carpes… Il y aura une marinade et de la salade pour accompagner les grillades. Les prix varient entre 500 FCfa et 2.000, 3.000… suivant la commande », explique-t-il.

Après quelques secondes d'hésitation, Tapha rejoint le choix de sa copine Rokhy. « Alors, ce seront deux salades accompagnées de sardinelle et d'une marinade bien piquante », note Babacar en rigolant avec le couple. « Et pour la boisson, ce sera un Ananas et un Sprite », rappelle-t-il, avant de retourner voir si la bande à Amina s'est finalement décidée. Après avoir pris leurs commandes, il se dirige vers sa patronne. Il les lui glisse, puis s'affaire à attiser le feu, pendant qu'un autre employé, Mamadou, lui, écaille les poissons. Ensuite, il revient au fourneau pour attiser le feu. La fumée suffocante le contraint à plisser les yeux. Mais il arrive, après quelques coups d'éventail, à raviver la flamme qui rejaillit brusquement de ce fourneau échafaudé sur un trépied en fer.

Rapidement, il récupère les poissons déjà écaillés, vidés, tracés et prêts à passer sur le grill. Il les allonge sur le grillage. Il les laisse cuire sur un côté. Et quelques instants après, il les retourne d'un geste rapide. Pendant ce temps, la place continue d'accueillir du monde. Les voix se mélangent aux éclats de rire et à l'ambiance musicale ainsi qu'à l'odeur du poisson frais et des grillades. A quelques mètres de là, chez le voisin, certains clients s'impatientent de savourer enfin leurs mets, tandis que d'autres dégustent, à la main comme à la fourchette, leur poisson. « Oh, j'adore ce poisson à la vinaigrette. Avec de la moutarde piquante, du citron, de la salade, quelques tranches d'oignon et de concombre…, c'est dé-li-cieux! », s'exclame Eric qui vient pour la première fois et qui compte revenir.

Au regard de tout ce monde qui s'y croise, l'endroit semble faire l'affaire de tous. Vendeurs d'eau, de jus de fruits, de crème en cornet ou en pot…, tous viennent se faufiler entre les tables pour aborder les clients. « Mais, les affaires marchent mieux le week-end, car c'est le moment où la place est plus fréquentée et mieux animée », signale Khady, vendeuse de jus de fruits, au moment où, de l'autre côté, Babacar se dirige vers les tables pour servir ses clients qui commençaient également à s'impatienter. Enfin, eux aussi vont pouvoir calmer leur palais torturé par toutes ces bonnes odeurs.

Par Moussa SONKO (stagiaire)

Last modified on vendredi, 25 août 2017 15:26

Pour certains élèves, vacances riment avec repos. Pour d’autres, cette période constitue un moment de rattrapage à travers des cours de vacances.

Les vacances, moments de repos n’en constituent pas moins une occasion privilégiée pour certains élèves qui suivent des cours. Cet apprentissage hors année scolaire est communément appelé « cours de vacances ». Danfakha Sané est enseignant à Sédhiou. Il sert dans cette région depuis bientôt treize ans. Ce natif de Dakar, des Sicap Liberté plus exactement, ne manque pas de venir chaque année passer les vacances auprès d’une partie de sa famille, restée à Sicap Liberté. En plus de venir voir sa famille, Danfakha profite de cette période, pour donner des « cours de vacances aux élèves de son quartier ». « Cela fait déjà cinq années » qu’il s’adonne à cette activité, renseigne-t-il. Depuis, les rangs des apprenants ne cessent de grossir conférant un intérêt croissant aux « cours de M. Danfakha ». Dans la ligne de mire de l’enseignant, se trouve exclusivement des élèves de l’élémentaire. « Je prends les élèves qui sont entre le CI et le CM2 », explique-t-il. Cette sélection lui permet de se retrouver avec des élèves de différents niveaux. L’enseignant qui dit être habitué à ce genre de régime parvient dès lors à dispenser normalement les cours. Le tri se fait sur la base du niveau des élèves. Je m’arrange à consacrer à chaque groupe le temps requis, permettant aux élèves de bien comprendre, assure-t-il. Cette activité permet aussi à l’enseignant de gagner de l’argent, mais au-delà « de ne pas s’ennuyer trois mois durant », dit-il. Danfakha assure ne s’être pas retrouvé dans l’enseignement par « accident » mais plutôt « par vocation ». Il se démarque de cette race d’enseignants « qui restent dans les classes par contrainte », se défend-t-il. C’est la raison pour laquelle, dit-il, participer aux cours de vacances constitue un immense plaisir.

Mariama Biteye est âgée de 16 ans. La jeune fille était, l’année passée, en classe de troisième. Elle a d’ailleurs réussi à son examen de Bfem avec brio. Elle s’est classée 3ème dans son centre. En classe, Mariama s’est retrouvée en fin d’année avec la moyenne de 14. La jeune fille semble disposer de toutes les aptitudes nécessaires pour pousser le plus loin possible ses études. Elle est en quelque sorte ce qu’il conviendrait d’appeler « une bonne élève ». Pour autant, Mariama ne s’endort guère sur ses lauriers. En effet, après avoir passé et obtenu avec brio son Bfem, elle envisage d’entamer sous peu ses « cours de vacances ».

Des motivations diverses
La jeune fille informe s’être déjà inscrite. Il ne reste plus qu’à attendre le démarrage des cours. Par cette approche, Mariama confie vouloir se « perfectionner davantage en vue d’atteindre son objectif ». La jeune fille nourrit l’ambition de se faire un jour distinguer dans le concours général « creuset de l’excellence », souligne-t-elle. C’est pourquoi, Mariama dit vouloir, pour l’heure, consacrer son temps à ses études. La jeune fille rêve d’embrasser une carrière dans la diplomatie. C’est pourquoi elle essaie de mettre toutes les chances de son côté, sans répit et cela durant même les vacances.

Bassirou Dieng est âgé de treize ans. Il est élève à l’école Massamba situé dans la banlieue de Dakar. Le jeune garçon était l’année passée en classe de 5ème. Il est parvenu à obtenir la moyenne lui permettant de passer en classe supérieure. Mais, c’est à peine. Bassirou s’est retrouvé avec la moyenne de 10. C’est justement pour parer à tout cela et lui permettre d’avoir de meilleures notes que ses parents ont décidé de l’inscrire en cours de vacances. La mère de l’élève a fait le choix d’amener son enfant en cours de vacances dans le but d’améliorer ses notes. C’est d’ailleurs la principale motivation des parents qui inscrivent leurs enfants en cours de vacances, informe M. Diatta, professeur de Français à l’école Massamba.

Il y a également dans le lot, des élèves qui suivent les cours de vacances du fait de mauvaises fréquentations. Mami Thiam est caissière dans une banque de la place. La dame âgée de 43 ans habite, en plus de son mari, avec ses trois enfantse. Son époux est cadre dans une grande entreprise privée. Les deux conjoints sont très pris par leurs obligations professionnelles. « Notre travail nous empêche de pouvoir être constamment présents auprès de nos enfants, durant la journée », souligne-t-elle. Pendant qu’il est au travail, le couple n’est pas en mesure de contrôler la fréquentation de ses enfants. Partant de ce constat, le couple a décidé d’inscrire tous ses enfants en cours de vacances.

Par Oumar BA

Les vacances constituent une période de sollicitations de jeunes sportifs qui s’activent dans le football. Le championnat populaire, communément appelé « Navétanes », occupe bon nombre d’entre eux. Parmi ceux-ci, des élèves qui deviennent de «véritables stars locales», le temps des vacances.

Les vacances coïncident, au Sénégal, avec les « Navétanes ». Ces championnats de football populaire mettent en compétition des équipes de quartiers qui s’affrontent dans un esprit sportif et de dépassement. Cette période permet, à la base, aux uns et aux autres de nouer des relations particulières et de raffermir ainsi les liens de cohabitation et de savoir-vivre entre jeunes issus de quartiers différents certes, mais vivant dans la même agglomération. Cette période constitue également une vitrine pour certains jeunes élèves qui disposent de talents footballistiques. C’est ainsi qu’ils étalent toute l’étendue de leur savoir-faire sportif au grand bonheur de leurs supporters.

Ces jeunes deviennent ainsi les idoles de leur quartier, le temps des vacances et disposent d’un capital sympathie sans pareil. C’est le cas de Macodou Diouf. Elève en première, le jeune homme âgé de 19 ans, doit passer son baccalauréat l’année prochaine. Pour l’heure, Macodou profite largement de ses vacances. Cela fait des années que le jeune garçon joue dans l’équipe de son quartier (Thialy) en pareille période de l’année. Cadet déjà, il avait plus d’une fois enflammé les stades permettant à son équipe de remporter par deux fois la coupe. A chacune des saisons, le garçon s’est particulièrement montré convaincant. Aujourd’hui, tous les espoirs sont, dès lors, placés en lui. « L’année passée avait coïncidé avec sa première saison comme senior et cela malgré son jeune âge. Il a su faire forte sensation à travers ses petites entrées de remplaçant, mais parvenait quand même à toujours se montrer décisif », témoigne un des supporters invétérés du jeune homme. Normal, selon lui, que tous les espoirs soient placés en lui cette année, poursuit-il.

En plus de constituer un tremplin lui permettant de « passer de bonnes vacances en s’adonnant à son activité préférée, le football », Macodou souligne que cette période lui permet de mesurer combien il est aimé dans son quartier. La période constitue aussi la saison ouverte à toutes sortes de sollicitations. «Durant les vacances, je n’achète pratiquement plus rien. La vendeuse du petit déjeuner m’en offre gracieusement. Après le déjeuner, je suis sollicité de part et d’autres autour d’un thé. La nuit le Fast Food du quartier m’offre le diner, selon mes désirs», confie le footballeur de circonstance. A cela s’ajoutent des filles qui lui courent après, chacune voulant sortir avec la «vedette du moment ».

Des sollicitations un peu partout
Autres faveurs, il n’est pas rare qu’un notable du quartier, un politicien ou une personne influente fasse appel au jeune garçon. « Parfois un dignitaire du quartier m’appelle chez lui pour m’offrir de l’argent par exemple. Certains à travers ce geste veulent me témoigner de leur sympathie car ils entendent mon nom circuler dans le quartier », informe-t-il. Macodou sachant les moments de sa gloire comptés ne se fait pas prier pour accepter toutes sortes de cadeaux. «Toute cette popularité ne dure que le temps des vacances. Après, chacun retourne à ses activités. », explique-t-il. Cette réalité, Semou Diagne, 33 ans, l’a appris à ses dépens. Autrefois, footballeur très talentueux, Semou avait connu la même trajectoire que Macodou. Il faisait le « buzz » durant les «Navétanes ». Le jeune homme attaquant était alors sollicité un peu partout. Aujourd’hui, cette page est tournée. Sémou est devenu enseignant et s’occupe «plutôt à progresser dans sa vie professionnelle », dit-il. Il a fini par se résoudre à la réalité « le football est une passion avant tout. Mais, quand vous avez du talent, vous nourrissez forcément l’espoir de devenir, un jour, footballeur professionnel. C’est quand on se rend compte que cela n’est plus possible du fait de l’âge que l’on se remet à revoir les orientations et les priorités », estime-t-il. Dans son quartier, il faisait la pluie et le beau temps avant Macodou. « C’est un cycle. Chaque génération fera son temps », souligne-t-il. Partant de ce constat, Sémou conseille les « jeunes élèves passionnés des « navétanes » de ne jamais négliger leurs études », souligne-t-il. C’est parce qu’il n’a pas négligé ses études qu’il parvient, aujourd’hui, à entretenir sa famille et surtout à envisager d’autres métiers.

Par Oumar BA

Les grandes vacances ne riment pas forcément avec farniente pour les élèves. Loin de paresser à longueur de journées, certains préfèrent s’adonner à des activités commerciales durant ces trois mois de repos. C’est le cas de Mbaye Ndiack qui est élève en temps normal, mais commerçant durant les grandes vacances.

Les grandes vacances constituent une période clé pour Mbaye Ndiack.  L’élève a pris goût depuis quelques années à une activité commerciale qu’il exerce exclusivement en période de repos scolaire. Mbaye est de teint noir d’ébène. De corpulence forte, sa voix est à peine audible quand il s’exprime.

Cela fait bientôt 5 ans que Mbaye passe ses vacances dans les grandes artères de Dakar. Ici, il s’active comme marchand ambulant. «J’ai accumulé cinq années d’affilé exclusivement tournées vers la vente de débardeurs pour hommes, caleçons, shorts et maillots, à travers les grandes avenues de Dakar », informe Mbaye. Ce reflexe, il l’a acquis sur conseils d’un condisciple. « Un de mes amis avec qui je partageais la même classe m’a suggéré de l’accompagner dans ses activités commerciales durant les vacances au lieu de rester dans le quartier à ne rien faire», confie-t-il. Cet ami en question était suffisamment imprégné des bénéfices que peuvent engendrer une activité commerciale en pleine vacance. Ceci est d’autant plus avéré que les vacances coïncident avec la période d’été où les tenues légères sont particulièrement prisées. « L’ami en question est issu d’une grande famille de commerçants au sein de laquelle cette activité s’est transmise de générations en générations. Il savait parfaitement de quoi il était en train de parler », affirme-t-il. Le jeune homme se laisse alors convaincre et décide de suivre son camarade. « Au début, le papa de  mon copain qui dispose de plusieurs magasins nous donnait chacun une douzaine de sous-vêtements, autant de caleçons et quelques shorts assortis de maillots. Il nous exigeait de tout vendre dans les 48 heures », se rappelle-t-il. Mbaye est plutôt timide de nature. Cette situation l’a confronté à pas mal de difficultés à ses débuts notamment. « J’avais du mal à me mettre dans la peau d’un vendeur »,  se souvient-il. C’est un travail comme tout autre, il faut donc des aptitudes ou à défaut apprendre à s’en sortir au fil du temps. Il a choisi de persévérer et de progresser petit à petit. Au final, son abord était devenu pratique, se rappelle-t-il. Les clients venaient plus facilement  ce qui lui permettait d’écouler plus rapidement sa marchandise.

Un commerçant qui a du flair
Au fil des années, Mbaye s’est familiarisé aux « bons coins ». C’est ainsi que les endroits qui permettent d’écouler plus rapidement la marchandise sont appelés dans le jargon des marchands ambulants. Il connaît du bout des doigts là où il faut aller, quand, comment. Et surtout ces endroits qu’il faut à tout prix éviter. Une astuce toute particulière acquise à force de trimbaler sa marchandise un peu partout à travers la capitale sénégalaise. « Quand il y a des embouteillages avec de longs bouchons, là les vannes sont ouvertes et il devient facile de vendre quel que soit par ailleurs l’endroit où les voitures sont immobilisées », explique-t-il. A défaut de se poster non loin des embouteillages, les carrefours à forte affluence constituent également de bons filons, relève l’élève marchand. Dans son viseur, les marchés hebdomadaires deviennent intéressants les après-midi où on note une forte affluence.

Cette activité qui peut sembler anodine à bien des égards permet à Mbaye d’honorer la plupart des dépenses liées à sa scolarité. A partir de ces bénéfices, le jeune homme parvient à s’inscrire, à s’acheter ses fournitures, à s’offrir de nouveaux habits. Il s’est même offert un ordinateur avec ses revenus. « Depuis des années déjà mes parents ne déboursent plus rien pour ma scolarité », se réjouit-t-il.

Fidéliser la clientèle
Autre astuce du commerçant de circonstance, il ne vend que de la qualité. « Autant pour les débardeurs que les caleçons, je ne vends que du coton. Cela m’a permis de fidéliser une certaine clientèle qui en cas de besoin m’appelle au téléphone et je me charge de la livraison », relève-t-il. La marchandise est acquise en gros. « Les débardeurs, je les achète par douzaine ; ce qui me permet d’effectuer un bénéfice de l’ordre de 300 à 400 FCfa sur chaque pièce. Pour les caleçons les bénéfices sont à peu près similaires », informe-t-il. Seulement, en une journée, il lui arrive d’écouler facilement une vingtaine de pièces. Plutôt bon élève, Mbaye était l’année passée en classe de Première S2. Il s’est retrouvé avec la moyenne de 13.

L’année prochaine, il doit passer le baccalauréat et espère le décrocher avec brio. Pour l’heure,  l’élève essaye de mettre toutes les chances de son côté. En effet, son activité commerciale hivernale ne l’empêche guère de s’occuper de ses études. « Le soir, une fois à la maison, je consacre tous les jours 3 h d’horloge à mes révisions. Je me suis déjà procuré tous les livres dont j’aurai besoin l’année prochaine », dit-il. Mbaye se voit bien exercer  le métier de médecin d’ici à quelques années.

Par Oumar BA

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