On en parle (86)

Dès après le tirage au sort des poules et des rencontres de cette 31ème Can de football, bien des spécialistes avaient coché la date du 23 janvier et ce match Sénégal – Algérie de la poule B. Pour tous, ce serait LE match du premier tour. Il est vrai qu’entre l’équipe classée n°1 au ranking de la Fifa et celle positionnée 5ème, deux favoris parmi les favoris, ça promettait des étincelles. Ce choc était annoncé comme devant déterminer l’ordre d’arrivée … en tête de poule des deux équipes. Or, par la faute des Fennecs qui n’ont pas été à la hauteur des attentes, l’intérêt de ce match très attendu s’est quelque peu dégonflé. Il promet toujours certes, mais pour d’autres raisons. Pour les Algériens, ce sera une question de survie, loin de la lutte pour l’hégémonie attendue. Leur défenseur Mesbah l’a reconnu hier : leur avenir dans cette Can ne dépend plus d’eux. Ils peuvent même battre le Sénégal et ne pas passer au second tour.

Aujourd’hui, ils supporteront donc le Zimbabwe qui, au même moment, affrontera la Tunisie à Libreville. Mais pas trop tout de même, puisque les Warriors peuvent bien leur souffler la deuxième place qualificative aux quarts de finale (Cf. l’article intitulé « Tout est encore possible »).

Et pour le Sénégal, ce « clasico africain », pour reprendre l’expression de Cissé le coach des Lions, il faudra le gagner parce que c’est important pour le capital confiance. Bien que qualifié avant cette troisième sortie, le Sénégal visera le sans-faute en matches de groupe face à « une bête blessée » et une équipe qui a de l’orgueil et qui a toujours su se battre lorsqu’elle était dos au mur. Huitième de finaliste du dernier Mondial au Brésil après avoir fait nul (0 – 0) avec l’Allemagne future vainqueur de l’épreuve et quart de finaliste de la dernière Can en Guinée équatoriale (après avoir sorti le Sénégal), éliminée par la Côte d’Ivoire qui avait été finalement couronnée, l’Algérie se consolerait au moins cette fois en se payant la crinière des Lions.

Seulement, ces derniers n’ont nullement l’intention de « rigoler », selon Gana Guèye. Et ils se feront un immense plaisir de renvoyer à la maison des Algériens qui, il y a deux ans, à ce même stade de la Can en Guinée équatoriale, les avaient définitivement boutés hors de la course à la succession du Nigeria. Rien que pour cela, ce match vaudra le déplacement.

D’un de nos envoyés spéciaux au Gabon, B. Khalifa NDIAYE

On craignait particulièrement ces Warriors à la lumière de leur superbe prestation d’entrée face à l’Algérie. Hier, on ne les a pas vus. Ce sont plutôt des Lions déterminés et engagés qui étaient de sortie. On craignait surtout Mahachi et Billiat, les n°10 et 20 zimbabwéens. On a plutôt vu Sadio Mané et Diao B. Keïta, leurs pendants sénégalais. Les garçons de Cissé savaient qu’il leur fallait mettre de l’impact, de l’agressivité. Et comme ils ont eu une relative réussite d’entrée (en tenant compte des deux occasions matinales gaspillées par Mame Birame), l’affiche a vite été bouclée. Les Guerriers portaient mal leur surnom. Les Lions, eux, ajoutaient un deuxième succès sur le même score de 2 buts à 0 à leur carte de visite et s’invitent d’ores et déjà en quarts de finale. Les premiers, toutes poules confondues. Comme ils avaient été les seuls à remporter tous leurs matches des éliminatoires à cette Can.

Onze ans que le Sénégal n’avait pas passé le premier tour, depuis qu’à la Can 2006 en Egypte, ils avaient même été jusqu’en demi-finale ! Quinze ans qu’il n’avait pas remporté ses deux premiers matches et cette qualification avant terme au Mali en 2002 où ils avaient disputé leur seule et unique finale continentale. Ce qui est rassurant, c’est que cette équipe peut encore progresser. Puisque face à la Tunisie, sa défense avait quelque peu inquiété. Et hier contre le Zimbabwe, son attaque a quelque peu prêté le flanc. Comme « le plus dur est à venir », ainsi que l’a reconnu le capitaine Cheikhou Kouyaté, il ne faut pas tomber dans l’autosatisfaction qui grise. L’objectif intermédiaire (passer en quarts) désormais atteint, avec, cerise sur le gâteau, la certitude de finir premiers du Groupe B, les Lions peuvent regarder devant.

  Cette « génération est talentueuse » n’a cessé de répéter le coach. Ses joueurs l’ont prouvé en étant les seuls à s’être imposés deux fois par deux buts d’écart et les premiers à s’inviter en quarts de finale. Finalement, la tradition a été respectée : à chaque fois que le Sénégal a battu le Zimbabwe, il a franchi une étape (Cf. notre édition d’hier). Cette fois, il ne faut pas qu’il s’en contente. Il y a le talent et la place pour aller au bout. Ce serait dommage de s’en priver et de ne pas saisir cette occasion.

D’un de nos envoyés spéciaux, B. Khalifa NDIAYE

Un forum très animé sur un site de rencontres. Le thème : où est passée la galanterie ? Courbettes, baisemains, mots doux, cadeaux, bref, l’attention masculine est traitée d’idiotie par des jeunes qui, décidément, bousculent toutes les convenances. La galanterie, une sincérité douteuse ? Allons ! Le dictionnaire nous renseigne que celle-ci est « l’art de plaire en société par une allure élégante, une politesse raffinée, des procédés obligeants, etc. ». Mais, il faut croire que les temps ont bien changé.

Il faut cependant concéder que face à des femmes libérées, modernes et qui réclament l’égalité à outrance, cette belle urbanité peut faire désordre. « Une survivance de l’esprit supérieur des hommes qui distribuent des gentillesses au sexe dit faible », commente une jeune fille qui ne doit avoir besoin d’un mâle compagnon que pour lui servir des grossièretés.

A une époque où le moindre sourire peut être interprété comme du harcèlement, il vaut mieux faire comme ce jeune homme à qui une demoiselle reprochait de ne pas être du tout galant. La faute du garçon : avoir trouvé une place assise dans un bus alors que nombre de filles étaient obligées de se tenir debout. La réprimande faisait plutôt rigoler le jeune homme : « Ma génération connaît l’égalité, pas la galanterie ». Une réponse bien de son époque.

Par Sidy DIOP

La Cedeao est sur le point d’exercer un droit d’ingérence en Gambie pour le respect du choix souverain exprimé par la majorité des électeurs lors d’un scrutin libre et démocratique. La diplomatie sous-régionale et internationale a épuisé toutes ses capacités de négociation avec, entre autres mesures, le Parlement nigérian qui a voté une motion encourageant le gouvernement Buhari à offrir à Jammeh l’asile et le royaume du Maroc qui continue à lui proposer un exil royal, au moment où tout l’édifice institutionnel gambien s’effondre par pans entiers. Il a été abandonné successivement par le président de la Commission électorale, des ministres, des ambassadeurs, des juges et, le clou, le président de la Cour suprême qui se rétracte, refusant de bloquer l’investiture d’Adama Barrow  à la veille de la fin de mandat de Yahya Jammeh.

Rien n’est parvenu à dissuader le soldat, marabout-charlatan de Banjul.  Jammeh cherche plutôt à se poser en martyr. C’est, sans doute, ne pas trop avoir le sens des réalités, car il ne saurait y avoir d’ héroisme dans le jusqu’au-boutisme pour un chef d’Etat parmi tant d’autres à travers le monde trainant  un actif et un passif à assumer devant les hommes et surtout devant l’Histoire. Pour le cas Jammeh, beaucoup est à mettre à son actif dans ce petit pays qui ne dispose d’aucune ressource minière, énergétique ou agricole. Bilan obtenu avec un passif lourd en matière de respect des droits de l’Homme.  Avoir félicité, dans un premier temps, son vainqueur l’a grandi et aurait, sans doute, contribué à atténuer le jugement sur le non-respect des droits humains de son régime. Par ailleurs, il est resté dans la légalité constitutionnelle en déposant un recours pour un nouveau décompte du scrutin. Mais, ce qui a trahi ses intentions, c’est d’avoir empiété sur les prérogatives de la Cour suprême en demandant de nouvelles élections, puis  des négociations qui auraient comme effet immédiat de lui permettre de garder le pouvoir et lâcher un peu de lest, le temps de se réajuster pour consolider son pouvoir.

L’alibi de l’attente d’un complément d’effectif de la Cour suprême pour statuer sur son recours ne saurait prospérer, parce que tout aurait du être mis en œuvre pour qu’un maillon aussi essentiel dans la marche normal d’un pays soit au complet avant des élections aussi cruciales. La prolongation de son mandat, par l’Assemblée nationale, ne saurait tromper non plus, la question étant de savoir de quelle marge de manœuvre les députés disposent face au refus du chef de l’Etat, chef des Armées, de céder le pouvoir et le risque d’un enlisement institutionnel encore plus profond.

Le patriotisme de mauvais aloi dans lequel il se drape aurait dû lui dicter d’épargner à son pays et son peuple une épreuve de force dans laquelle il n’a rien à gagner.

John Dramani Mahama a perdu le pouvoir au Ghana il y a quelques semaines par une courte défaite. Il ne manque pas au Ghana de jeunes désœuvrés ou nihilistes qu’il aurait pu manipuler pour semer des troubles et obtenir des négociations au nom de l’impératif de maintenir la paix et la stabilité nécessaires au pays. Il est parti héroïquement et, ironie du sort, il fait encore partie du quatuor qui négocie une transition pacifique conforme à la volonté exprimée librement par la majorité des Gambiens.  C’est justement à partir du Ghana, l’un des porte-drapeaux de la démocratie en Afrique, que le président Barack Obama rappelait aux chefs d’Etat africains qu’en démocratie les institutions doivent transcender et les hommes et les partis politiques. Dans ce sillage, viennent à l’esprit les élections présidentielles américaines de 2000 entre le président sortant George Bush et Al Gore et le fameux litige sur le décompte des voix en Floride, Etat dirigé par Jeb Bush, le jeune frère, même père et même mère du président comme on dirait chez nous.

La reprise du comptage des voix a démontré qu’il y avait eu fraude, et chaque nouveau décompte permettait à Al Gore de réduire le faible écart qui le séparait de George Bush. Lorsque les constitutionnalistes ont attiré l’attention sur le fait que la poursuite des décomptes risque d’empiéter sur l’investiture du futur président prévu à la date immuable du 20 janvier, Al Gore a demandé, au nom du respect du calendrier républicain, un arrêt des opérations, mettant du coup un arrêt à sa course vers la Maison Blanche et à sa carrière politique. Il a fini par s’investir avec brio dans la lutte pour la préservation du climat. Une leçon qui aurait dû inspirer beaucoup de dirigeants africains, particulièrement Yahya Jammeh. Mais, c’est à croire qu’il veut partir comme un anti-héros.

Par Alassane DIAWARA

S’il y a un domaine où l’Afrique est en train de gagner du terrain, c’est celui de la formation de ses élites et talents de demain. Aujourd’hui, avoir une formation pointue et qualifiante, peut se faire sans sortir du continent. La dynamique d’implantation des Business School et autres grandes écoles fait que l’Afrique n'a plus besoin de sous-traiter à l'extérieur une grande partie de la formation de ses élites et talents. Le sport africain suit aussi cette même tendance. Depuis quelques années, en même temps que la présence des Business School et des grandes écoles, des centres de formation, surtout dans le domaine du football, ont essaimé dans le continent africain devenant ainsi de grands pourvoyeurs de talents pour les équipes nationales. L'Académie Asec Mimosas d'Abidjan est, sans doute, la plus connue. Créé par le légendaire Jean Marc Guilllou, ce centre a donné à la Côte d'Ivoire un énorme potentiel en termes de talents footballistiques qui lui a permis de remporter finalement la Can en 1992 à Dakar et 2015 en Guinée Equatoriale. C'est de ce centre que sont sortis Yaya Touré, quadruple Ballon d'Or africain (2011, 2012, 2013 et 2014), son frère Kolo, les Gervinho, Siaka Tiéné, Arthur Boka, Copa Barry. Surnommés les « Académiciens », cette génération a écrit de belles pages de l'histoire du football africain à l'étranger. Plus près de chez-nous, les centres de formation au Sénégal sont en train de monter en puissance pour être des grands fournisseurs de joueurs à l'équipe nationale du Sénégal. Ceux qui ont marqué les deux buts du Sénégal lors de son premier match de cette Can, sont tous « diplômés » des centres de formation les plus en vue au Sénégal.

Sadio Mané vient de « Génération Foot » de Deni Biram Ndao et Kara Mbodj de « Diambars » de Saly. Ce qui démontre la qualité des produits made in Africa sur le domaine du football. La même tendance de « co-diplomation » notée dans le domaine de l'Enseignement supérieur est en train de se faire dans la formation des sportifs. Avec des installations qui n'ont rien à envier aux autres centres de formation européennes, ces « Football School » africaines commencent à nouer des partenariats avec des équipes et centres de formation européens. « Génération Foot », avec l'équipe de Metz en France, Ajax Cap Town d’Afrique Sud avec l’Ajax d'Amsterdam. Cette reconnaissance internationale de la formation des footballeurs qui se fait en Afrique démontre la place du capital humain dans tous les secteurs de la vie. Ainsi, dans le sport comme dans d’autres domaines, pour avoir des champions à l’arrivée, il faut les suivre au départ.

Par Oumar NDIAYE

C’est à croire que le coach sénégalais Aliou Cissé et son joueur Kalidou Koulibaly écoutaient aux portes lorsque, une demi-heure avant eux, le technicien zimbabwéen Pasuwa et son attaquant Malajila faisaient face, hier matin, aux journalistes dans la salle de presse du stade de la Rénovation de Franceville. « Nous sommes le Sénégal », ont dit et répété les premiers comme s’ils répliquaient aux seconds qui ne cessaient de clamer « We are Zimbabwe » (Ndlr : Nous sommes le Zimbabwe). Nationalisme exacerbé ? Peut-être pas, mais bien une forte identification à « une nation » et à un « peuple », autres mots souvent revenus dans le discours des uns et des autres.

Normal donc puisque juste dans la continuité de la remise de drapeau national à ses joueurs, à la veille de grandes compétitions internationales, par un chef d’Etat qui, dans tous les pays du monde, se proclame premier supporter. Avec comme viatique l’exaltation du patriotisme, du sens du devoir voire du sacrifice. Normal également puisque dans la continuité de l’exécution des hymnes nationaux d’avant-match que les joueurs chantent à tue-tête (pour ceux qui en sont capables, en tout cas), parfois les larmes aux yeux. En réalité, les terrains de football, et plus généralement toutes les aires de compétition sportive, sont devenus les nouveaux champs de bataille où les Nations s’affrontent et se battent pour des questions de suprématie. Il y est question de stratégie, d’offensives, d’attaques, de répliques et autres expressions empruntées au langage militaire et guerrier.

Heureusement que le football, le sport en général, peut être un extraordinaire élément fédérateur et une équipe nationale, toutes disciplines confondues et de foot plus spécialement, un fabuleux dénominateur commun. Combien de trêves n’ont pas été observées par des belligérants, le temps d’un match ou d’une compétition de foot ? Dommage qu’aujourd’hui encore, les armes tonnent ou menacent de tonner et que des guerres au sens militaire et … belliqueux du terme, le monde moderne puisse encore en connaître à tout moment. Vu que certains pays bombent le torse, blindent leur arsenal militaire, voire nucléaire. Ils auraient simplement mieux fait de transférer leur quête d’hégémonie sur les aires de compétition. Puisqu’au bout du compte, tout finit par des poignées de mains, des échanges de maillot en vertu du slogan de la Fifa « My game is fairplay ».

Par B. Khalifa NDIAYE

L’annonce, par la Cour suprême de Gambie, que le recours du président déchu Jammeh en vue de l’annulation des résultats de l’élection présidentielle de décembre 2016 ne pourra être examiné qu’en mai prochain canalise la voie vers un règlement négocié de son départ. Faute de juges disponibles pour siéger, la Cour est dans l’impossibilité de statuer sur le recours de Jammeh contre sa défaite électorale face à Barrow. 

Mais, dans le même temps, Adama Barrow est censé être investi dans ses nouvelles fonctions le 19 janvier, avec le soutien de la Cedeao, quelle qu’ait été la décision de la Cour suprême, la Commission électorale ayant affirmé que rien de légal ne s’opposait à cette investiture.

Cette nouvelle situation réduit la marge de manœuvre du président déchu dans sa tentative de faire invalider l’élection de l’ancien opposant Barrow et met le militaire brouillé avec les libertés, depuis 22 ans qu’il dirige cette ancienne colonie britannique d’une main de fer, face à ses responsabilités. Aujourd’hui, les médiateurs de la Cedeao, investis d’une nouvelle mission de paix à Banjul, devront privilégier le dialogue, afin que Yahya Jammeh respecte la Constitution et quitte le pouvoir avant l'investiture du président élu, Adama Barrow.

Le renvoi de l’audience de la Cour au 16 janvier est un ajournement salutaire qui devrait permettre, selon le juge nigérian qui la préside, aux parties en litige de le résoudre pacifiquement avant la date butoir de la fin de la transition.

Les réunions consacrées à la crise gambienne se succèdent à la Cedeao depuis la volte-face de Jammeh. Lundi dernier, une réunion extraordinaire, convoquée par le médiateur désigné de l’organisation ouest-africaine à Abuja, avait réuni les présidents du Nigéria, du Libéria, du Sénégal et l’ex-président du Ghana John Mahama, ainsi que le président de la Commission de la Cedeao et le représentant du secrétaire général des Nations unies en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Ce mini-sommet a décidé d’envoyer, aujourd’hui, une autre mission de paix à Banjul.

A partir de la déclaration de la Cour suprême, les jours du président déchu à la tête de la transition sont comptés, même si ses déclarations guerrières lors de son discours du Nouvel An semblent laisser peu de place à la discussion. Des observateurs comme l'analyste politique Sean Smith, responsable Afrique de l'Ouest au cabinet Verisk Mapelcroft, voient dans cette rhétorique martiale que le président gambien cherche, en fait, à faire monter la pression avant des échéances importantes. En effet, le président Jammeh y préconise « une solution juste » face à l’alternative d’ « une escalade vers une confrontation militaire ». Mais, selon le chercheur Niklas Hutlin de l'Université Georges-Mason aux Etats-Unis, le président gambien n'est pas en mesure de s'entêter et de faire face à une intervention ouest-africaine, n’ayant pas le soutien de sa population, ni probablement celui de la majorité des forces de l’ordre et de sécurité.

La Cedeao s’est, en tout cas, déclarée prête à une éventuelle intervention en Gambie. Ses forces d'attente sont en alerte, dépendants de la décision de Yahya Jammeh le 19 janvier. Entre coup de bluff et jusqu’au-boutisme, "Son excellence Cheikh Professeur El Hadj Docteur Yahya AJJ Jammeh", comme il exige qu’on l’appelle, traîne sa solitude sur la scène internationale comme un boulet.

Par Dié Maty FALL

Vendredi dernier j'ai vu sur Facebook l'horreur à l'état pur : les photos d'un jeune garçon nigérian de 7 ans lynché puis brûlé vif par la foule pour avoir tenté de voler dans une boutique un peu de farine de manioc . J'étais saisi d'une rage impuissante et en même temps se bousculaient dans ma tête des questions qui peut-être ne trouveront pas de réponses. Comment peut-on laisser dans un pays commettre un crime aussi révoltant et odieux? Ceux qui l'ont perpétré avaient-ils une once d'âme ? Qui est le monstre qui a pris les photos de l'enfant martyrisé pour les mettre en ligne? Ce pauvre garçon sans doute tenaillé par la faim a voulu commettre ce menu larcin pour survivre dans un Nigeria frappé de plein fouet par la baisse des prix du pétrole et le désordre économique et social consécutif aux actions de Boko Haram. Une simple admonestation ou de petites claques auraient suffi pour lui faire comprendre que ce qu'il voulait faire est interdit. Mais au lieu de cela, la foule s'est acharnée sur lui avec une violence inouïe. En me remémorant le sacrifice du jeune Ikemefuma dans "Le monde s'effondre" le roman éponyme de Chinua Achebe, j'ai cru trouver une explication partielle à un acte qui avait peut-être de profondes racines sociologiques. On dit que la foule est bête car au moment où elle brûlait le corps du petit garçon à cause de quelques grammes de farine de manioc sait-elle combien de dizaines de milliards de dollars ont été volés au Nigeria par des politiciens, des officiers et des hommes d'affaires véreux ? De l'argent qui aurait pu assurer le ravitaillement du pays en farine de manioc pendant des décennies ou faire construire écoles, hôpitaux et routes à foison.

Enfin je ne peux m'empêcher de me poser une dernière question : quel est l'avenir d'une société où pour une pincée de farine on brûle vif un petit garçon dans la rue ?

Il faut également ajouter que la série de meurtres commis à Dakar et à l'intérieur du pays ces derniers jours peut être rangée dans un rayon voisin de ce qui est dénoncé plus haut.

Par Ibrahima MBODJ

On attendait mieux ou plus de la Caf, après le comportement de Joseph Lamptey. Car pour un arbitre qui traine beaucoup de casseroles dans un passé récent (Es Tunis-Al Ahly, Es Sétif-Raja, Rdc-Gabon, Cameroun-Gambie) dans le cadre des coupes africaines (ligue des champions, éliminatoires Can entre autres), la Confédération africaine de football aurait du avoir la main un peu plus lourde. Mais après un énième comportement désastreux de son arbitre, l’instance continentale s’est à son tour distinguée à sa manière.

Osons le dire, la Caf a été légère dans sa décision à l’encontre d’un arbitre récidiviste. Décrié partout sur le continent, Joseph Lamptey revenait récemment d’une suspension de six mois ; même dans son pays cet arbitre est taxé de « risée du monde ». En tout cas c’est l’arbitrage africain qui en prend un sérieux coup après le comportement d’un de ses pairs qui lui donne une mauvaise image. On s’attendait donc à une sanction plus lourde de la Caf eu égard au récidivisme de l’homme en noir. C’est vrai qu’avec la suspension de trois (3) mois qui lui a été infligée, Joseph Lamptey ne pourra pas officier lors de la prochaine Can qui aura lieu dans deux mois au Gabon. Peut-être que la Fifa réagira elle aussi de son côté, vu que la sanction découle d’un match des éliminatoires de la coupe du monde.

Sinon laisser Joseph Lamptey avec seulement ses trois mois de suspension, équivaudrait à une « clémence » qui ne dit pas son nom. Un joueur qui aurait tapé sur un arbitre serait beaucoup plus sanctionné sur son acte, parce que tout le monde connait la sévérité des arbitres en de pareille situation. Mais le geste de Joseph Lamptey a lourdement pénalisé le Sénégal qui perd du coup sa place de leader du Groupe B de ces éliminatoires de la coupe du monde, pour se retrouver 3e. A mon humble avis, un récidiviste doit être lourdement sanctionné pour servir d’exemple, car sur certaines actions on ne peut pas se contenter de dire qu’il s’est trompé de bonne foi.

Combien de fois cet arbitre ghanéen a été au centre des polémiques d’un match qu’il a dirigé ? Mais c’est toujours « une main molle dans un gant de velours » qui sanctionne. Pendant ce temps, le Sénégal doit se refaire pour retrouver sa place de leader dans un groupe où seul le premier sera qualifié pour « Russie 2018». Mais le mal était déjà fait. Joseph Lamptey lui se « reposera pendant trois mois », se fera oublier un peu pour reprendre le sifflet et sanctionner d’autres victimes. Ainsi va la Caf !

Par C. F. KEITA

Cette partie de la ville de Leuk Daour Mbaye scotche de plus en plus de personnes qui semblent s’y être attachées à vie. Quand le crépuscule étend son manteau sur cette zone, quand les plaintes des « gorgoorlu » (débrouillards), des automobilistes et autres piétons se fait moins entendre, il y a, ici, une offre d’activités correspondant à une combinaison parfaite entre le formidable enthousiasme des fêtards et les rythmes frénétiques d'une nuit vibrante et sans fin. Ainsi, se déroule la vie nocturne en ce lieu que l’on ne va pas indiquer.

Ici, l’on est capable de satisfaire les hommes et les femmes qui aiment s’amuser et faire la vie. En vérité, ils y ont la belle vie. En y allant, pour la première fois de sa vie, on s’en sort ravi d’avoir vécu une soirée estivale des plus agréables qu’on ne pourra l’oublier de sa vie. Car dans ce coin-là, il y a de la vie. A l’intérieur des bars, des discothèques et des casinos, les gens sont pleins de vie. Pour ces adeptes d’une vie mondaine, c’est une destination parfaite pour croquer la vie à belle dent. Aussi, les gens qui gagnent leur vie ici, sont-ils unanimes à dire que tout est possible dans cette partie de la ville mélancolique et bruyante le jour, mais joyeuse et vibrante comme peu d'autres, la nuit.

On y rencontre très rarement, nous dit-on, quelqu’un qui vous raconte toute sa vie. La plupart des adeptes de ces milieux sont des dandys –nationaux et étrangers- qui ne se plaignent pas de la vie chère. Le prix élevé de la boisson dans les bars, du ticket à l’entrée des dancings et des mises à l’intérieur des salles de jeux renseignent à suffisance que ceux qui descendent dans ces établissements-là ne connaissent pas les difficultés de la vie quotidienne. Ici, ils mettent la main à la poche, dépensant sans compter. Ils savent donner vie au milieu, s’adonnant au libertinage et se laissant aller à certaines légèretés. Après tout, c’est leur vie privée. Ils vivent leur vie.

Par Cheikh Aliou AMATH

Entre la Chine et le Japon, la bataille de l’Afrique semble engagée. En décembre 2015, lors du sommet sino-africain de Johannesburg, l’Empire du milieu avait mis sur la table 60 milliards de dollars sur cinq ans pour soutenir les pays africains. Le 27 août dernier, lors de l’ouverture de la Ticad VI à Nairobi, l’Empire du Soleil levant a répliqué avec 30 milliards de dollars d’investissements en Afrique, d’ici à 2018. Tout porte donc à croire que le Japon qui vient de se rendre compte du retard qu’il a sur la Chine dans la course vers l’Afrique, veut se poser, dorénavant, en sérieux concurrent de son voisin de l’Ouest. En effet, les données actuelles donnent un large avantage à la Chine. Depuis 2014, elle est devenue le premier partenaire commercial du continent avec un volume d’échanges de plus de 210 milliards de dollars. Et le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a dit, en mai 2014, vouloir atteindre 400 milliards de dollars d’ici à 2020. Ce qui constituerait un doublement du volume de ces échanges. Quant au Japon, il exporte 11 fois moins que la Chine en Afrique et son commerce avec le continent ne représente que 1,5% de son commerce total. Autre avantage de la Chine, ce sont ses immenses capacités financières (malgré la crise) qui lui permettent de financer à tour de bras toutes sortes de projets d’infrastructures à travers l’Afrique, le plus souvent réalisés par ses ingénieurs et ouvriers. Entre 2000 et 2011, le montant des financements publics chinois en Afrique s’est élevé à 75 milliards de dollars. Les entreprises chinoises s’implantent de plus en plus sur le continent et les produits chinois ont évincé une bonne partie de la concurrence grâce à leurs prix plus accessibles pour la majorité des Africains.

Au moment où la Chine mise sur une stratégie globale qui ne laisse à l’écart aucune partie de notre continent, le Japon avait privilégié une approche par zones de croissance avec un accent particulier sur l’Afrique australe, orientale et le Maghreb. Et les entreprises japonaises étaient plus enclines à s’implanter sur les autres continents qu’en Afrique perçue comme éloignée et pas encore comme un marché important.

A partir de cette Ticad VI, on pense que les choses vont changer. D’ores et déjà le grand nombre d’entreprises nipponnes présentes à Nairobi (on parle de 600) renseigne sur la volonté du Japon de développer davantage ses relations économiques avec l’Afrique. Même s’il n’a pas les capacités financières de la Chine, il peut miser sur sa haute technicité et la qualité de ses produits manufacturés.

Entre la Chine et le Japon, notre continent n’est pas obligé de choisir l’un contre l’autre, car tout le monde à sa place sur cette terre de croissance où tout est en train de se construire. Le plus important, c’est l’établissement d’un partenariat gagnant-gagnant.

Par Ibrahima MBODJ

Le Conseil d'Etat français, haute cour administrative, a mis un coup d'arrêt aux interdictions du burkini, à l'origine d'un débat fiévreux en France, en rappelant les maires au « respect des libertés garanties par les lois ». La France, qui se targue d’être le pays de la Liberté au point de l’inscrire dans sa devise, perd trop souvent la tête sur les sujets liés à l’islam. A gauche, à droite, au centre comme aux extrêmes, la manière de vivre des femmes musulmanes provoquent des éruptions colériques aux antipodes des traditions héritées de la philosophie des « Lumières ». Un ancien ministre de droite s’est même permis de dire stoïquement à la télé que « le burkini est un coup de canif porté aux valeurs de la République ».

Diantre, de quelle République parle-t-on ? De cette République qui tolère le nudisme sur certaines de ses plages, qui fait la queue dans les boites hot pour se rincer les yeux devant des strip-teaseuses… ? Quand on a la liberté de tout dévoiler, de se montrer nu(e) à la une de magazines grand public, bref de s’effeuiller comme un arbre en automne, on doit admettre le droit des autres à tout cacher. A moins que cette liberté clamée soit à géométrie variable. La philosophie des Lumières nous a appris que « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Une idée piquée au philosophe écossais John Stuart Mill et mal appliquée au pays de la « raison pensante ». Ici, au pays de Voltaire et de la guillotine, la part des uns n'est pas forcément la même que celle des autres. Cela dépend des rapports de pouvoir. Et c'est ce que l'on constate souvent lorsqu’il s’agit de traiter la question de l’Islam. Si on y respectait vraiment les libertés, la France serait à l’abri de beaucoup de fureurs.

Par Sidy Diop

Ce matin, je ne suis pas d’humeur olympique. Mais pas du tout alors ! Car, figurez-vous que je ne vous reviendrai que dans quatre ans, et tout là-bas à Tokyo, à l’Empire du Soleil levant. Oui, moi Ngagne Demba, « JO-logue » le plus célèbre au monde, j’ai fini de vivre ma quinzaine olympique. Pleinement. Et y aurais ajouté une autre si c’était possible. Mais non, il va me falloir retourner en hibernation pour la prochaine olympiade. Alors, c’est tout triste que je vous adresse cette dernière chronique avant « Tokyo 2020 ». Cependant, j’ai tellement emmagasiné d’images fortes et de beaux souvenirs que cet intervalle pourrait ne pas me paraître beaucoup trop long.

Pour dire vrai, j’avais quelques appréhensions avant ces premiers JO en Amérique du Sud. On avait tellement agité la question sécuritaire en rapport avec les attentats qui se déroulaient en … Europe ! Et puis, il y avait cette histoire de Zika, une « maladie » pouvant être transmise par un moustique ou après des relations sexuelles avec une personne infectée !

En plus, on nous avait annoncé sans cesse que Rio n’était pas prête et que ci et que ça… Au point qu’à chaque fois que je me branchais JO (c’est-à-dire tout le temps, puisqu’il n’était pas question pour moi de rater quoi que ce soit de ce qui constitue ma raison de vivre), je m’attendais à vivre en direct une explosion (du fait d’un kamikaze).

Ou à assister à un ballet d’ambulances, giro-phares actionnées et roulant à tombeau ouvert vers des hôpitaux avec à bord des victimes de tous les maux dont on affublait la « Ville merveilleuse ». Au lieu de quoi, j’ai eu droit à des joutes d’assez bon niveau, à un joli spectacle et parfois à des performances dignes de ce grand rendez-vous. J’ai également pu admirer, depuis mon salon, de jolis sites exotiques caractéristiques de Rio, comme la célèbre plage de Copacabana, le Pain de Sucre ou la statue du Christ rédempteur.

Oui, comme une fois tous les quatre ans, je me suis encore régalé durant cette quinzaine olympique. Et en éphémère chroniqueur, je me retire en même temps que se terminent l’édition carioca des JO. Quatre ans, cela me donne le temps de me mettre au japonais et vous promets que lorsque la flamme olympique embrasera le ciel de Tokyo, je serai en mesure de soutenir une conversation dans cette langue qui pour moi est actuellement du … chinois. En attendant, les images fortes se bousculent dans ma tête. Et c’est ce qui me consolera de devoir rester quatre ans avant de vous retrouver. Inch Allah…

B. Khalifa NDIAYE (Envoyé spécial)

Je vous avais bien dit que ça finirait par arriver, non ? Mon petit doigt ne m’a jamais dribblé et mon intuition de « Jo-logue » universellement reconnu, ne m’a lâché au cours de ma très longue carrière. Une (autre) victoire de mes compatriotes à Rio, moi Ngagne Demba, je la sentais venir. Oui, sans être un cousin de Selbé Ndom, à moins qu’on ait une lointaine parenté qui remonterait à des siècles, j’avais prédit qu’un de nos spécialistes des sports de combat nous ravirait en ces derniers jours. Le nageur Niane avait signé une victoire (ben oui, c’en est bien une) lors de sa série du 50 m Nage libre réservée aux « petits-fils de Coubertin », les invités pour qui l’essentiel est de participer. Et, accessoirement pour le Sénégal, d’ajouter une ligne à son palmarès.

Là, c’est d’une victoire d’une toute autre saveur qu’il s’agit. Celle, hier en lutte, d’Isabelle Sambou, celle que j’avais vue à la télé, lors de la cérémonie d’ouverture des Jo, il y a juste deux semaines, ouvrir fièrement le défilé du Sénégal, le pas ferme, le drapeau national flottant dans la belle nuit carioca. Eh bien, hier, elle a surclassé sa première adversaire (une Vietnamienne de surcroit, puisque les Asiatiques sont bien cotés dans les sports de combat). Un 5 – 0 bien senti qui laissait présager un parcours du même tonneau que celui d’il y a 4 ans à Londres, où elle avait terminé à la 5ème place. Mais la suite fut bien moins reluisante. Une montagne japonaise s’est dressée devant elle. Et ce fut la fin d’une belle histoire.

Une autre pourrait être écrite aujourd’hui par Adama Diatta, autre lutteur et dernier concurrent sénégalais à se produire à ces premiers JO en Amérique du Sud. Alors que la fin de cette 31ème édition approche – et du coup, la mienne, puisque je meurs (ou plutôt, j’entre en hibernation et pour quatre ans) dès que les rideaux tomberont sur ces Jeux de Rio – je me permets un ultime vœu : qu’Adama Diatta fasse mieux qu’Isabelle. J’ai toujours fait confiance à ma science. Mais cette fois, elle pourrait ne pas suffire ; alors je sollicite volontiers le concours des Saltigués et faiseurs de miracles de tous bords. En plus que tous les marabouts de tous les lutteurs du Sénégal unissent leurs forces, pour qu’ « épaule contre épaule », comme dans notre bel hymne national, le Sénégal soit debout…

Le Prix « Acte citoyen de l’année » institué depuis le 16 juillet 2015 sera attribué au président de la République, Macky Sall, annonce un communiqué. Il récompense l’acte le plus citoyen de l’année et sans doute le plus apprécié des Sénégalais. Les initiateurs de ce prix ont jeté leur dévolu sur la volonté du chef de l’Etat de procéder au retrait des enfants de la rue.

A. S. NDIAYE

Je vous disais non que des larmes, on en verrait couler des torrents lors de ces JO Rio 2016 ? Eh bien, ça n’a pas manqué. Et, je puis vous garantir que l’on en recueillera encore des hectolitres, lors de ces derniers jours si l’on pouvait présenter des récipients sur tous les lieux de compétitions. Cependant, même sur le podium, ces larmes avaient des goûts différents.

Juste deux exemples : celles de l’heptathlonienne belge d’origine sénégalaise Nafissatou Thiam (qui ne réclame cependant pas ne serait-ce qu’une once de sénégalité) et celles du perchiste français Renaud Lavillenie. La première, couronnée championne olympique, a pleuré de joie et d’émotion. Le second, dépossédé de son titre, a pleuré de dépit sur la deuxième marche du podium, parce que hué pendant son concours et son ultime affrontement à plus de 6 mètres d’altitude avec Thiago da Silva, l’enfant du pays, et jusqu’au moment de la remise des médailles.

Et depuis ce dernier épisode, des questions fusent de partout : le public brésilien est-il trop chauvin ou irrespectueux ? Ne connaît-il pas ou simplement se fout-il totalement des règles de « bonne conduite olympique »? En tout cas, moi, Ngagne Demba, « JO-logue » à l’expérience avérée et à l’expertise éprouvée au fil des olympiades, je ne me souviens pas avoir jamais vu des spectateurs à l’enthousiasme aussi débordant. Mais, peut-on objectivement le leur reprocher aujourd’hui que les bons vieux principes édictés à l’origine par les pères des JO sont devenus caducs depuis longtemps ? L’essentiel, en effet, n’est plus de participer ; mais de gagner. Et alors que le Sport de manière générale est devenu le nouveau champ de bataille des Nations, vibrer (même à l’extrême) pour ses « sportifs -combattants » doit-il être considéré comme un délit ? Le débat se pose d’autant que tout est mis en œuvre pour exacerber le patriotisme de tous les participants : défilé d’ouverture derrière le drapeau national, des équipements aux couleurs de son pays, remise des médailles avec hymne national du vainqueur et décompte au jour le jour et surtout en fin de compétitions des breloques ! Tout cela pour déterminer le meilleur parmi les meilleurs.

Or le Brésil, après avoir investi des milliards de dollars dans l’organisation de ces JO, tarde encore à en récolter les dividendes sportifs. Seulement 3 médailles d’or (judo, saut à la perche et boxe) après 10 jours de compétitions, ce n’est absolument pas folichon. Deux ans après avoir perdu « son » Mondial de foot avec à la clé une humiliante défaite (1–7) en demi-finale face à l’Allemagne future vainqueur, le Brésil croyait se rattraper avec ces Jeux de prestige, les premiers en Amérique du Sud. Mais, c’est mal parti. Alors, moi d’habitude si sévère dans mes jugements, je suis tenté de trouver des circonstances atténuantes à ces Brésiliens en réalité désemparés. D’autant que leur quotidien n’est pas très rose avec une crise politico-judiciaire qui n’en finit pas et une situation économique pas très florissante.

La chronique de Ngagne Demba

Ce qui est bien avec le sport, c’est qu’au-delà des muscles qu’il sollicite et qui lui donnent son sens et sa substance (un peu comme moi Ngagne Demba, les JO sont ma raison de vivre), c’est aussi une affaire de mental. Se surpasser face à l’adversité, se transcender devant la difficulté, se sublimer face au défi, dépasser les limites pour entrer dans l’histoire !

C’est cela aussi qui fait les grands sportifs ou plutôt les grands champions. Car, un grand sportif, c’est celui qui arrive à battre ses pairs. Un grand champion, c’est celui qui parvient à vaincre à la régulière meilleur que soi ou celui qui répond présent lors des rendez-vous capitaux.

Je vous parlais seulement hier de ce « Phelpsnoménal » nageur américain aux 23 médailles d’or. Croyez-vous que ce gars-là recule devant les défis fous qu’il s’impose ? Quid alors du Sud-Africain Van Niekerk, positionné au couloir 8 (et courant donc en aveugle) lors de la finale du 400 mètres, et qui a détalé comme s’il avait le diable à ses trousses, pour finalement effacer des tablettes le vieux record de la « Loco de Wacko » ? Et puis, pensez-vous un seul instant que ce n’était qu’un coup de bluff lorsque dans la nuit pluvieuse de Rio, le perchiste local Thiago Braz Da Silva a fait l’impasse sur une barre à 5,98 m (record olympique), alors que le champion français en titre Lavillenie alignait les sauts parfaits ? Ben non !

Le jeune homme de 22 ans qui n’était jamais auparavant monté plus haut 5,93 mètres, a en fait flanqué une belle baffe au moral de celui qui allait bientôt devenir son prédécesseur au palmarès olympique du saut à la perche. Et lui pouvait s’envoler dans le ciel de Rio, comme propulsé par le souffle de près de 100 millions de Brésiliens qui attendaient désespérément une deuxième médaille d’or.

Moi Ngagne Demba, c’est pour des exploits de ce genre que je suis branché télé presque 24 heures sur 24 pendant les JO, à zapper sur toutes les chaines du monde pour vivre en direct et à revivre en rediffusion et même en boucle certaines performances. Et je puis même vous dire qu’à force de papillonner d’un canal à un autre, je suis tombé sur un commentateur brésilien de SporTV, tellement ému par le titre et le record olympique de son compatriote da Silva, qu’il a pleuré en direct.

Oh, ce n’est pas pour lui jeter la pierre ! Je m’imagine à sa place, le jour où un de mes compatriotes m’offrira (vous avec) un sacre aux JO. J’en verserai tant de larmes de joie que je ne sais même pas si j’honorerai notre rendez-vous olympique quotidien dans cette chronique.

Burkini et bikini : des maillots de bain pour femmes. Le premier, aux allures de combinaison de natation, est couvrant. Le deuxième, en deux pièces séparées et laissant le ventre découvert, couvre au minimum le pubis et les fesses. Ces accessoires de plage, qui ont beaucoup fait travailler de grandes maisons de couture, font aujourd’hui se déchirer des créateurs de mode, des hommes et femmes politiques, des religieux, des libertins, etc. Cet été, c’est la guerre des étoffes dans certains pays, quoi !

Ces tuniques, conçues pour la femme afin qu’elle soit bien dans sa peau, font se déchirer des acteurs qui, sans porter un œil énamouré sur les beautés féminines, continuent de donner des coups de ciseaux à l’un ou l’autre de leur vêtement. Moi, un opposant aux critiques de l’art vestimentaire ? Non, je n’en ai pas l’étoffe. Plutôt, un libre d’esprit qui sait qu’il y a, quelque part, des femmes fatales qui ne se gêneraient pas de se présenter en public dans le plus simple appareil. Devant elles, certaines dévergondées feraient même pâle figure en s’affichant en bikini. D’autres préféreraient mourir que d’apparaître, à la plage ou à la piscine d’un hôtel, dans un autre maillot de bain autre que le burkini.

Des amies, de toutes obédiences religieuses, ne veulent du bikini car quelque chose, qui tient à un simple fil, pourrait déboutonner, rompre, décrocher au moment où l’on s’y attend le moins. D’autres, masquant des « taches » sur leur silhouette, penchent pour le burkini. De fil en aiguille, j’ai fini par savoir que le vêtement, sous toutes ses coutures, comme du reste le nudisme, a ses adeptes. Il y a une catégorie capable de montrer toute son anatomie, une classe apte à en cacher certaines parties et un rang déterminé à ne rien dévoiler de son corps. Laissons chaque catégorie faire selon ce qu’elle veut.

Par Cheikh Aliou AMATH

« Dura lex, sed lex » (La loi est dure, mais c’est la loi). Un nouvel acte vient d’être promulgué pour tenter de sauver, avec l’application de la loi anti-tabac, ceux d’entre nous qui, depuis un certain temps, ont opté pour mourir… à petit feu. Comme le tabac tue, on nous impose de ne plus en user dans les espaces publics au Sénégal pour ne pas envoyer des signaux de fumée aux plus jeunes.

En même temps qu’elle fait un tabac auprès des non-fumeurs, l’application de la nouvelle fait rire jaune les consommateurs du tabac blond et du tabac à rouler. Les fumeurs cachent difficilement leur contrariété. Même si c’est leur droit de tirer sur une clope, maintenant ils ne peuvent plus le faire n’importe où. Leur liberté de « s’empoisonner » ne leur donnant pas le droit de « polluer » un cadre qu’ils partagent avec des non consommateurs de tabac. A tous ceux-là qui ne veulent pas du sevrage tabagique et continuent d’être encore des addictifs au tabac, il leur sera aménagé, dans les aéroports et restaurants, des espaces où ils pourront, à leur aise, prendre leur dose de nicotine. Donc, le problème est résolu pour les fumeurs privilégiés qui prennent souvent les airs ou mangent au restau.

Mais, une loi étant faite pour être enfreinte, il y a du souci à se faire pour les contrevenants moins nantis, surtout dans les cités religieuses où les clopes, comme on le sait, se vendent sous le manteau. Là, une bavure ou une dérive à l’actif de fanatiques « auto-défenseurs » de la loi anti-tabac est à craindre comme l’est toujours un coup de tabac pour des pêcheurs. Alors, laissons les seuls services compétents agir. Eux, ils ne vont pas user du passage à tabac pour faire payer un contrevenant. Passer à tabac quelqu’un peut l’amener à ce qu’il casse la pipe.

Par Cheikh Aliou AMATH

Il n’en revient toujours pas, ce « JO-phile » assis à mes côtés, devant la télé, à dévorer les épreuves qui se déroulent tout là-bas, à Rio de Janeiro. Comme il venait de voir Michael Phelps remporter son 23ème titre olympique avec le relais américain du 4 X 100 mètres 4 Nages, il ne put s’empêcher de s’en remettre à ma science de « JO-logue » au long cours.
- « C’est phénoménal ! Quelqu’un battra-t-il un jour le record de ce montre des bassins ? », me demanda-t-il.

- « Phelps-noménal, tu veux dire ! », le rectifiai-je, moi Ngagne Demba qui croyais que plus rien ne pouvait m’étonner dans ce rendez-vous quadriennal, sa seule raison d’être.
En fait, pour ne pas perdre la face, je me suis surpris à jouer, franchement cette fois, au cousin de Selbé Ndome qui sait si bien prévoir l’issue des combats de lutte chez nous ; mais à qui il arrive parfois de se planter dangereusement.

- « Peut-être, le jour où Dakar, notre chère capitale, abritera les JO, bien après l’an 3800. Je serai alors fossile, mais au moins mes arrières – arrières – arrières petits-enfants vivront ça », ai-je prédit.

Et, d’après mes capacités divinatoires, ce sera bien à un nageur de chez nous, Lébou de Ngor, de Ouakam, de Rufisque ou de Bargny, qu’échoira l’honneur d’effacer le « flying fish » américain des tablettes. A 31 ans, Phelps va, cette fois, définitivement se retirer de la haute compétition et, du haut de son incroyable palmarès, regarder les autres s’entre-déchirer pour s’en approcher. Mi-dauphin (par la grâce qu’il déploie dans la piscine, quelle que soit la forme de nage) et mi-requin (tant il cannibalise ses adversaires, les records avec), Phelps vient de démontrer à Rio, qu’avec la volonté on peut déplacer les montagnes.

D’abord retraité des aires de compétitions après les JO de Londres en 2012, le géant d’1 mètre 93 à l’envergure d’albatros, était revenu dans les bassins en 2014, convaincu qu’il pouvait entrer encore un peu plus dans l’histoire de la Natation mondiale et des JO, puisque son record vaut toutes disciplines confondues. Voilà qui est fait. Si l’on y ajoute ses 26 titres décrochés en 11 ans (entre 2001 et 2011) en championnat du monde, on comprend qu’il sera bien difficile de faire mieux que ce monstre. Sauf dans un millénaire et demi avec ce futur homme-poisson sénégalais bardé de gris-gris qui le propulseront en avant, en même temps qu’ils ralentiront la course de ses adversaires…

Un titre olympique, c’est le summum, le top du top. Et l’on comprend les larmes de l’immense « Djoko », empereur du tennis mondial mais dont l’extraordinaire palmarès souffrira pour toujours de l’absence d’une breloque olympique. On comprend également pourquoi le Brésil a préféré prendre la Copa America par-dessus la jambe pour mieux se consacrer à « ses » JO, les premiers à se tenir en Amérique du Sud et se donner les moyens et des chances d’accrocher le seul titre qui manque à son armoire à trophées en football.

Et moi Ngagne Demba, dont la vie est calée sur la période de JO et qui ne sors de mon hibernation que tous les quatre ans, c’est pour ce genre de sensations que je raffole de ce rendez-vous quadriennal des meilleurs sportifs du monde. Il n’y a apparemment que la crème du golf mondial pour bouder un tel plaisir, même si les mauvaises langues soutiennent que c’est parce que ce n’est pas aussi copieusement doté, financièrement, que les compétitions de leur circuit pro. Heureusement qu’il est encore beaucoup de sportifs convaincus que tout ne se mesure pas forcément en termes d’argent. Tenez, par exemple, les rugbymen fidjiens ! Ils ont décroché l’or du rugby à VII qui revenait au programme olympique à Rio, après 92 ans d’absence. Une performance historique qui sera fêtée comme il se doit chez eux, dans cet archipel océanien : le jour de leur retour au pays a simplement été décrété férie, chômé et payé. J’imagine d’ici, le fol accueil qui leur sera réservé.

Et cela me rappelle, moi « JO-logue » au long cours, comment le Royaume chérifien avait fêté la médaille d’or décrochée aux 400 m haies aux JO de Los Angeles en 1984, par Nawal el-Moutawakil. Comme s’ils s’étaient passé le mot, ses compatriotes marocains avaient donné son nom à toutes les filles qui étaient nées ce fameux jour. Et aujourd’hui encore, elle en tire le bénéfice puisque siégeant au comité exécutif du CIO.

Pour parler de nos oignons, à nous Sénégalais, je rappellerai que notre unique médaillé olympique, Dia Bâ, le sauteur de haies sur le tour de piste, avait été, en son temps en 1988 après sa deuxième place à Séoul, honoré comme le héros qu’il est toujours. Je me souviens l’avoir même vu paradant à bord d’une voiture décapotable, comme un président. Depuis, j’attends et j’espère de revivre ça. Je refuse de désespérer de voir ça. Cette année ? Pourquoi pas ? Là, j’ai reporté mes derniers espoirs sur les lutteurs : Adama Diatta et Isabelle Sambou la porte-drapeau de la délégation sénégalaise. J’ai encore une semaine devant moi à croire à la belle surprise…

J’avais bien raison de faire dans le nationalisme étroit avant-hier lorsque je me morfondais de guetter une breloque olympique qui se fait désirer depuis 28 ans et la médaille d’argent de Dia Bâ en 1988 à Séoul, en Corée du Sud. Et lorsque, dans la foulée du hurdler avalant les haies basses du stade olympiques de la capitale du Pays du matin calme, j’appelais mes compatriotes présents à Rio de Janeiro à tenter de nous donner une deuxième bonne raison de bomber le torse. Eh bien, hier, est tombée ma première grosse satisfaction nationale dans ces JO « Rio 2016 » ! Une victoire sénégalaise !

Oh, ce n’était que lors d’une série du 50 m nage libre ! Et pour un temps qui n’a même pas permis à son auteur de se qualifier au tour suivant. Mais, ce n’est pas moi Ngagne Demba, le plus célèbre « JO-logue » encore en activité, qui cracherait sur la performance du nageur Abdou Khadre Mbaye Niane. Car, je sais ce que c’est que de terminer premier, même d’une course à pieds, à vélos et même à dos d’âne entre vieux potes. Alors, remporter une série aux JO, même avec un chrono qui ferait sourire les meilleurs spécialistes mondiaux, c’est bien quelque chose. Et, à mon avis de spécialiste émérite des JO, qui entre en hibernation après chaque édition pour « ressusciter » quatre ans plus tard, il avait bien raison, Abdou Khadre Mbaye Niane, d’exulter hier après avoir fini la seule course qu’il aura à parcourir à Rio. Une longueur de bassin et s’en va donc. Un peu comme tous les autres sportifs sénégalais engagés en individuel.

D’ailleurs, le basket féminin, seule discipline collective où le Sénégal est présent, aurait connu le même sort que les autres si son tournoi s’était disputé en éliminatoires directes. Car, d’entrée, les Lionnes avaient pris une gamelle face aux cinq fois d’affilée championnes olympiques américaines. Mais, elles disputent un tournoi. Ce qui a l’inconvénient de les contraindre à aligner les défaites (puisque, d’après leur coach, elles ne sont pas à Rio pour gagner, mais pour préparer l’Afrobasket de l’année prochaine) ; mais, en même temps, l’avantage de les aider justement à s’aguerrir en direction de ces mêmes joutes continentales.

Moi, Ngagne Demba donc, je suis fier de Mbaye Niane quitte à être taxé de défaitiste ou de minimaliste. Comme je le serai (peut-être un peu d’ailleurs) de la bande à Aya Traoré si, ce soir, elles se paient le scalp de l’Espagne. Car, ce serait une performance d’un autre tonneau.

Une petite colle pour commencer, à l’intention de tous ceux qui, comme moi, Ngagne Demba, prétendent (presque) tout savoir des JO : Jianan Wang, cela vous dit quoi ? « Mais, c’est un Chinois », entends-je de loin. Vrai ! Mais pas tout à fait. Ce bon Wang, comme son nom l’indique vient bien de l’Empire du Milieu, mais dans ces JO de Rio, il défend les couleurs du … Congo en tennis de table. En un mot, il s’agit d’un pongiste « congolisé » pour la circonstance et pour aider la délégation venue de Brazzaville à rentrer au pays avec au moins une breloque. Un peu comme lors des derniers Jeux africains de Brazzaville, en 2015, lorsque ces Asiatiques africanisés avaient largement contribué à la moisson de médailles de leur pays d’adoption.

Moi « JO-logue » au long cours, je n’ai pas souvenance d’avoir jamais vu un sportif aussi … jaune défendre les couleurs d’une équipe africaine. Attention, je n’ai rien contre ! C’est que d’ordinaire, ce sont les Africains qui se font débaucher par des pays européens ou asiatiques, contre un gros paquet de fric. Comme lorsque le Kényan Stephan Cherono a troqué jusqu’à son nom pour devenir Saif Saaeed Shaheen contre … un million de dollars et offrir au Qatar son premier titre de champion du monde en athlétisme (3000 mètres steeple).

Ou, pour parler de nos oignons, comme lorsque nos ex-compatriotes Ibrahima Wade, il y a quelques années ou Kassé Hanne plus récemment, ont monnayé leur crinière de Lions contre un bec de Coqs.

Encore une fois, je n’ai rien contre. Et puis, à quoi cela servirait-il que je sois pour ou contre ? Je note simplement que quand les Européens ou les Asiatiques viennent nationaliser un sportif africain, c’est souvent parce que celui-ci fait partie des plus performants dans son secteur.

Alors que ceux qui font le chemin inverse n’ont sportivement plus rien à espérer de leur pays d’origine. Alors, ils vont se chercher une nouvelle possibilité de carrière là où la concurrence est moins rude. Un peu comme ces nombreux binationaux, en football, qui après avoir brillé chez les catégories inférieures en France par exemple, transhument vers le pays de leurs parents. Ils pourront toujours convoquer pour justifier leur choix forcé le proverbe sénégalais selon lequel, « quand on ne sait plus où l’on va, mieux vaut retourner d’où l’on vient ». 

Pour en revenir à ces JO et à ce bon Wang, j’aimerais bien être actuellement à Rio pour essayer de le rencontrer. Pour me faire signer un autographe de ce Congolais bien particulier. Mais surtout pour le tester, histoire de voir s’il parle un peu lingala…

Trêve de généralités, de bla-bla ! Aujourd’hui, je vais faire dans le nationalisme étroit, pour ne pas dire carrément le chauvinisme. Oui, j’ai beau être universaliste, dans la lignée du Baron de Coubertin l’inventeur des JO modernes, je suis avant tout un Sénégalais.

Comme mon nom le prouve largement. Des Ngagne Demba, ça m’étonnerait qu’on en trouve même chez nos « cousins » gambiens, à plus forte raison ailleurs à travers le monde. Alors, oui, aujourd’hui, c’est 100% « Mbarawathie » ! Encore que, honnêtement, jusqu’ici, il n’y a vraiment pas de quoi. Jusqu’ici ? En tout cas, comme presque toujours ! Puisque depuis que Dia Bâ a réussi la course de sa vie à Séoul, il y a 28 ans, avec au bout une médaille d’argent devant l’immense Edwin Moses monstre d’alors et de toujours du 400 m haies, mes compatriotes n’ont pas eu de bonnes raisons de jubiler lors des JO. Et cette fois, c’est encore mal parti.

Oh, je ne m’attendais pas à des merveilles, mais à des « heureuses surprises », oui ! Comme de voir un de mes compatriotes engagés dans les épreuves individuelles passe au moins un tour. Las. Jusqu’ici, c’est une épidémie de « un tour et puis s’en va ». S’en va ? Pas exactement. Plutôt, « un petit tour puis se mue en touriste ». Alors, avant-hier, j’ai transféré mes espoirs sur la seule discipline collective où le Sénégal est présent : le basket féminin. D’autant que mes chères « Lionnes », championnes d’Afrique en titre, faisaient face à la Chine réputée être « l’équipe la plus abordable » de la poule B. Mais, patatras ! 101 points pris et 37 longueurs de différence ! Même leur coach a reconnu qu’il n’y croyait pas. Et ça, moi j’ai du mal à l’admettre. Face aux Etats-Unis, vainqueurs des 5 derniers tournois olympiques de basket féminin, j’aurais compris ! Mais contre la Chine…

Un moment, j’ai même cru que mon rêve allait se réaliser : voir les « Lionnes » remporter leur premier match aux JO ; surtout lorsqu’elles étaient revenues à un point de leurs adversaires. Mais elles ont flanché, comme si ce n’était vraiment pas important de chercher à gagner. Moi Ngagne Demba, j’aime bien les « Lionnes » du basket, n’empêche j’en suis arrivé à regretter les « Lions » olympiques du foot qui m’avaient fait rêver, il y a quatre ans à Londres. Eux au moins savaient conjuguer le verbe gagner et avaient même failli disputer les demi-finales. Il est vrai que les footeux étaient beaucoup mieux préparés que les basketteuses. Ce n’est toutefois pas une raison pour … refuser de chercher à gagner.

La chronique de Ngagne Demba

Qui disait un jour que les larmes pouvaient être … contagieuses ? Non, je ne parle pas d’Ebola, ce virus qui se transmet par différents liquides corporels. Non, c’est trop triste et effrayant ça, avec le cortège de morts et de désolations que ce mal a provoqué jusqu’aux portes de notre cher Sénégal.

Non, moi Ngagne Demba, je ne parle que de JO et de tout ce qui tourne autour. Et les larmes dont il est question ici, ce sont celles de Novak Djokovic. Lorsque j’ai vu à la télé le numéro 1 du tennis mondial depuis des années sortir d’un court de Rio, éliminé dès le premier tour, la tête basse, ployant sous le poids de son sac soudain devenu beaucoup trop lourd et les larmes aux yeux, j’ai aussitôt été contaminé. Ce géant, monstre froid d’apparence qui broie traditionnellement ses adversaires sans état d’âme, chialer comme ça parce que le seul trophée majeur qui manque encore à son colossal palmarès pourrait lui manquer à jamais, cela ça fait quelque chose. En tout cas, moi Ngagne Demba, meilleur spécialiste mondial des JO, cela m’a fait quelque chose.
C’est la preuve qu’un titre olympique, c’est vraiment énorme. 4 trophées de grand chelem, le masters et la coupe Davis à son palmarès et des milliards de FCfa accumulés sur le circuit ; mais pas l’or olympique ! Pour « Djoko », ça restera une tache indélébile. Alors, ses larmes, je les comprends et je les ai partagées. J’ai été solidaire de son « malheur ».

Mais des larmes de joie et surtout de déception, je crains d’avoir encore à en verser beaucoup avant la fin de ces JO. Car, j’en vois déjà pour qui les quatre prochaines années avant la 32ème édition des JO à Tokyo au Japon, ne suffiront pas pour se remettre de leur peine. Je ne veux pas jouer à la … Selbé Ndome, mais je crains de voir le Brésil se faire plus que du mouron dans « ses » Jeux. Je m’explique : comme « Djoko » au tennis, le Brésil a tout gagné au football, sauf l’or olympique. Recalé il y a 4 ans à Londres par le Mexique en finale, il comptait bien sur son tournoi pour rectifier cette « incongruité ». D’autant qu’il est encore traumatisé par le 7 – 1 pris il y a deux ans en demi-finale de son Mondial face à l’Allemagne. Alors, cet or olympique au foot, il y tient plus que tout.

Au point de se passer des services de son joyau Neymar, lors de la Copa America (remportée récemment par le Chili) afin qu’il se consacre uniquement sur le tournoi olympique. Or après deux nuls vierges (face à l’Afrique du Sud et à l’Iran) et surtout des prestations quelconques, le Brésil est au bord de l’élimination dès le premier tour. Ce qui serait une gifle presque aussi retentissante que le 7 – 1 infligé par la Mannschaft. Près de 100 millions de mouchoirs ne suffiraient pas à éponger les larmes des compatriotes de Pelé…

 

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