Le Japon apporte une contribution à la couverture des besoins en eau de Dakar. Il finance, à travers l’Agence de coopération japonaise (Jica), l’usine de dessalement d’eau de mer pour un coût de 135 milliards de FCfa.

L’usine de dessalement d’eau de mer figure parmi les projets de sécurisation des besoins en eau de Dakar et des centres urbains de Thiès, Mbour et la Petite côte. Cet ouvrage hydraulique est financé par l’Agence de coopération japonaise (Jica) pour un coût global de 135 milliards de FCfa. L’importance de l’ouvrage et des investissements ont motivé la visite du président de la Jica, Shinichi Kitaoka, au Sénégal. Il avait fait un tour aux Mamelles et apprécié l’emplacement de l’ouvrage qui vient consolider les relations exemplaires qu’entretiennent les deux pays. « C’est un projet merveilleux qui s’inscrit en droite ligne de la qualité des relations entre les deux nations. D’autant plus que, pour nous, le Sénégal est un pays clé en Afrique », avait souligné M. Kitaoka.

Plusieurs autres étapes ont marqué le processus. A titre d’exemple, la signature de l’accord pour le financement de l’usine entre le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, et l’ambassadeur du Japon au Sénégal, Takashi Kitahara.

Les enjeux stratégiques
L’usine de dessalement est inscrite sur le registre des ouvrages de sécurisation. Sa contribution à l’effort de la satisfaction de la demande sera de 50 000 m3/j et extensible à 100 000 m3/j. Cet apport additionnel met en relief toute la pertinence d’explorer cette source qui est à proximité de Dakar. Car si rien n’est fait, le déficit atteindrait 202 017 m3/j en 2025 et 390 888 m3/j en 2035. « Nous mettons en œuvre un plan stratégique cohérent qui devrait nous permettre non seulement de sécuriser l’alimentation de Dakar en eau mais aussi de conforter cette sécurisation à travers la diversification des sources. C’est ce qui explique l’ambition du gouvernement de construire une nouvelle usine, voire la première usine de dessalement d’eau de mer en Afrique de l’Ouest », a fait remarquer le directeur général de la Sones, Charles Fall.

L’usine revêt des enjeux stratégiques. Les principales sources d’approvisionnement en eau de la capitale sont à plus de 250 km. La panne de l’usine de Keur Momar Sarr, en septembre 2013, avait plongé Dakar dans une longue pénurie d’eau. « Il nous fallait alors trouver une source alternative. De ce fait, nous devons regarder le dessalement sous l’angle d’une réserve stratégique. C’est comme si nous avions un réservoir de 50 000 m3. En plus de cela, si nous réduisons les pertes d’eau, les économies pourront tourner aux environs d’une capacité de production équivalente à celle de l’usine de Ngnith qui est de l’ordre de 40 000 à 42 000 m3/j », avait expliqué Charles Fall. Poursuivant, il avait informé : « Cette production, cumulée aux économies d’eau d’un volume de 50 000 m3, équivaudrait à une usine d’une capacité qui oscille entre 90 000 et 100 000 m3/j ».

La réalisation de ce projet placera le Sénégal parmi les premiers pays de l’Afrique de l’Ouest qui mobilise l’eau de mer pour la consommation humaine. Mais, c’est la nouvelle tendance dans le monde. Et les pays africains, avec le croît démographique le plus important à travers le monde ainsi que les multiples usages de cette ressource, n’avaient pas d’autres options que d’emprunter la voie de la diversification de leurs sources d’alimentation. « Le dessalement, nous pouvons dire que c’est une première en Afrique de l’Ouest francophone. C’est historique pour le Sénégal. Il fallait oser, aller vers le dessalement. Et l’Etat a porté le projet ! Oui, d’aucuns soutiennent que le dessalement est coûteux. En vérité, il faudra considérer cette technologie sous un angle beaucoup plus global. Nous ne pouvons pas la résumer en termes de coût. Nous avons opté pour un système d’approvisionnement mix : le transfert d’eau sur 250 kilomètres et le dessalement d’eau de mer.

Certains pays ne font que du transfert et d’autres ne font que du dessalement », avait affirmé le directeur de la Sones dans un entretien accordé au « Soleil ».

Idrissa SANE

Le Japon est présent dans le secteur de l’hydraulique rurale depuis les premières années des indépendances du Sénégal. Il a construit des centaines de forages dans des villages. Aujourd’hui, le pays du « Soleil levant » a maintenu le volume de ses investissements pour ce secteur si vital pour plusieurs raisons.

Le Japon n’est pas seulement présent dans l’hydraulique urbaine. Il a construit plusieurs forages dans des contrées du Sénégal. Des centaines de villages ont étanché leur soif grâce à la coopération japonaise. Le 7 mai dernier, ce pays a réaffirmé sa volonté d’aider d’autres Sénégalais des profondeurs à avoir accès à ce liquide précieux. Cette volonté s’est traduite par la signature d’un accord de don estimé à 3,900 milliards de FCfa entre le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, et l’ambassadeur du Japon à Dakar, Takashi Kitahara. Cette enveloppe est réservée à la mise en œuvre du Projet d’approvisionnement en eau potable et d’amélioration des conditions d’hygiène en milieu rural.

Lors de cette cérémonie, le représentant-résident de l’Agence japonaise de coopération internationale au Sénégal, Ryuichi Kato, a énuméré la liste des ouvrages à construire et des équipements à acquérir. Il s’agit de forages, l’installation d’équipements, la construction de cabines, des réservoirs d’eau, des réseaux de distribution, des édicules publics et l’aménagement de dispositifs de lave-mains dans les régions de Tambacounda, de Matam et de Kédougou. Au total, 34 villages seront impactés pour une population estimée à 28 900 personnes. Parmi les autres programmes soutenus par le Japon, il y a le Projet eau potable pour tous et appui aux activités communautaires (Peptac), avec des objectifs de mise en service de 109 systèmes d’alimentation en eau potable en milieu rural. La présence du Japon dans ce secteur est ancienne. Déjà, en 1979, il a mis une enveloppe de 71 milliards de FCfa sous forme de subventions. Ces ressources ont permis la mise en œuvre de plus de 13 projets de construction de 120 forages couplés aux châteaux d’eau, l’acquisition d’équipements, la mise en place de deux subdivisions de maintenance (Sm) et deux brigades de puits et forages (Bpf). De même, dans le cadre du Programme d’urgence pour l’approvisionnement en eau afin de faire face aux changements climatiques, une enveloppe de 5 milliards de FCfa a été dégagée, pour la période 2008-2010, dans le but de servir à la réhabilitation des forages ruraux motorisés et l’achat d’équipements d’exhaure et de pièces pour les camions et les pick-up, de pompes, de kits d’outillage. En somme, l’apport du japon a été précieux dans l’amélioration des indicateurs à travers le Programme d’eau potable et d’assainissement du millénaire (Pepam).

I. SANE

Formation des formateurs, appui au Centre de formation professionnelle (Cfpt), définition des filières de formation, etc. La coopération sénégalo-nipponne dans le domaine de la formation technique et professionnelle repose en grande partie sur ces principaux axes.

Le Centre de formation professionnelle et technique (Cfpt), à lui seul, symbolise la place de la formation professionnelle et technique dans la coopération bilatérale entre le Sénégal et le Japon. Par le nom générique qui lui est collé et connu - Centre Sénégal-Japon - il est à la pointe de la formation des ressources humaines dans le secteur très primordial de la formation professionnelle et technique. Un secteur auquel l’Etat, à travers l’Axe 2 du Plan Sénégal émergent (Pse), veut donner une nouvelle orientation.

L’Etat, depuis quelques années, s’est doté d’une nouvelle loi d’orientation concernant la formation professionnelle collée à l’apprentissage. A côté de la loi d’orientation, un organe a été mis en place pour mettre en œuvre cette vision. C’est la Commission nationale de concertation sur la formation professionnelle qui regroupe l’Etat, les entreprises et les partenaires sociaux. Il y a aussi la mise en place de dispositifs de financement comme le Fonds de financement de la formation professionnelle et technique qui, entre autres missions, est chargé de mobiliser les ressources nécessaires au financement de la formation professionnelle et technique et de financer les actions de formation initiale ainsi que les actions de formation continue des personnels d’entreprise, des demandeurs d’emploi et des porteurs de projet d’insertion.

Formation des formateurs
Si, aujourd’hui, l’Etat recommence à donner de la valeur à la formation professionnelle, le Japon, lui, a toujours compris l’importance de ce sous-secteur dans la formation des cadres intermédiaires qui peuvent servir dans l’industrie. En plus d’être un des fleurons de la formation professionnelle et technique au Sénégal, le Cfpt est aussi un pont entre le Sénégal et le Japon dans leur coopération. Un pont sous lequel beaucoup d’eau a coulé et qui a aussi permis à plusieurs générations de traverser le lien reliant l’école à l’entreprise. Le Centre de formation professionnelle et technique Sénégal-Japon fait partie des structures de formation avec un fort taux d’insertion de ses diplômés. L’insertion professionnelle, après la formation, est, aujourd’hui, un axe sur lequel repose la nouvelle orientation du secteur de la formation professionnelle et technique. L’expérience du Cfpt dans ce sens pourrait servir d’exemple.

Au-delà de la vingtaine de milliards de FCfa investis par le Japon au Cfpt, dans le cadre du fonctionnement et de l’équipement, le pays du « Soleil levant » appuie aussi le Sénégal dans la formation des formateurs. Une coopération technique qui englobe par la même occasion l’amélioration des contenus de la formation technique et professionnelle, les nouveaux programmes de coopération publique-privée, etc. Le Japon qui se fonde sur sa propre expérience estime que l’éducation et le développement des ressources humaines sont essentiels pour le développement d'un pays.

Oumar NDIAYE

A côté du Cices, les imposants bâtiments du Centre de formation professionnelle et technique (Cfpt) Sénégal-Japon sont visibles pour marquer la coopération entre les deux pays. Créé en 1984, ce centre traverse les années tout en gardant ses édifices et sa renommée. Une réputation bâtie sur la solidité des relations entre les deux pays et la qualité de la formation qui y est dispensée. Un des premiers établissements de formation spécialisés dans la maintenance industrielle, son action entre dans la politique gouvernementale de développement du secteur industriel qui accorde une grande importance à la formation professionnelle.

La principale vocation du Cfpt est la formation de techniciens intermédiaires d’exécution qui viennent rétablir l’équilibre au niveau de la main d’œuvre industrielle en servant de courroie de transmission entre les cadres et les ouvriers. Dans le cadre de l’offre d’éducation et de formation tout au long de la vie, la formation continue des professionnels est mise également en œuvre depuis 1989 sous forme de modules de perfectionnement. Plus de 2000 participants ont ainsi bénéficié de plus de 200 séminaires de formation à l’échelle nationale et internationale.

Les pensionnaires du Cfpt sortent avec un Diplôme de technicien supérieur et technicien de l’industrie. Les domaines de formation varient, pour le Diplôme de technicien supérieur, entre l’Informatique industrielle et Réseaux, l’Automatique, l’Electromécanique, la Maintenance des installations du bâtiment et la Maintenance des engins lourds. S’agissant du Diplôme de technicien de l’industrie, les filières de formation sont l’Electrotechnique, la Mécanique auto et l’Electromécanique.

O. NDIAYE

S’il y a un secteur qui a le plus bénéficié de la coopération entre le Sénégal et le Japon, c’est bien celui de l’éducation. Dans le domaine de l’accès, l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) a construit 4122 salles de classe et 1011 écoles pour un montant de plus de 30 milliards de FCfa. A cela s’ajoutent des projets phares de formation qui ont contribué à améliorer la qualité des enseignements/apprentissages et des ressources humaines.

Le Japon fait partie des pays-partenaires potentiels du Sénégal dans le domaine de l’éducation. De l’avis de la directrice de l’Enseignement élémentaire, le Sénégal et le Japon entretiennent une coopération « multiforme ». Selon Khady Diop Mbodj, la coopération intervient dans l’éducation à un niveau stratégique et touche les domaines clés du secteur. C’est ainsi que, depuis 1991, l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) intervient dans la construction d’infrastructures scolaires « à travers l’aide financière non remboursable ». Ce qui a permis la construction et l’équipement de 4122 salles de classe et 1011 écoles dans l’élémentaire et dans l’enseignement moyen.

A partir de 2011/2012, le gouvernement du Sénégal a entamé une politique d’extension et de densification de sa carte scolaire jusqu’au collège. Ainsi, en partenariat avec la Jica, l’Etat a mis en œuvre un projet de construction d’ouvrages scolaires dans les régions de Dakar et Thiès. Il s’agit de 285 salles de classe, 186 box d’hygiène et 21 blocs administratifs. Le même projet a été étendu aux régions de Kaolack et Louga pour un coût global de 11 milliards FCfa. De 2013 à 2015, un projet similaire est déroulé dans la banlieue de Dakar. Sa réalisation a permis d’augmenter les capacités d’accueil des Collèges d’enseignement moyen (Cem). Au total, ce sont 189 salles de classe, 166 blocs d’hygiène et 20 blocs administratifs qui sont construits pour un financement d’environ 6,4 milliards de FCfa.

Toujours dans le souci d’améliorer l’accès et le maintien des enfants dans les structures éducatives du moyen, les Inspections de l’éducation et de la formation (Ief) de Kaolack, Nioro, Fatick, Mbour2 et Dioffior ont été renforcées en infrastructures scolaires. vCes circonscriptions se sont partagé 176 salles de classe, 45 blocs d’hygiène et 16 blocs administratifs. Plus de 3,8 milliards de FCfa ont été investis pour la réalisation de ces ouvrages. A ces réalisations s’ajoute la construction et l’équipement du Centre régional de formation des personnels de l’éducation et de la (Crfpe) de Fatick pour un montant de 1,2 milliard de FCfa. En clair, les interventions du Japon, à travers la Jica, en termes de réalisations d’infrastructures scolaires ont beaucoup contribué à l’amélioration des capacités d’accueil. Elles ont également grandement participé à la résorption des abris provisoires, un des casse-tête des autorités éducatives du Sénégal.

Pape Coly NGOME

En réalité, la Jica n’intervient pas que dans les constructions et les équipements scolaires. L’amélioration de la qualité des enseignements/apprentissages fait aussi partie de son champ d’intervention. C’est pourquoi plusieurs projets-programmes relatifs à la formation des ressources humaines sont initiés. C’est le cas du Projet de renforcement de l’enseignement des mathématiques, des sciences et de la technologie (Premst). Il est d’abord expérimenté dans les régions de Louga, Thiès et Fatick de 2007 à 2010 pour un montant de 605,8 millions de FCfa.

L’objectif visé est d’améliorer la qualité des enseignements/ apprentissages en mathématiques, sciences et technologie. Dans sa phase 1, le projet a pu former 13 500 enseignants et 1 700 directeurs, avec un taux de participation de 77,9%. Ces résultats encourageants ont permis son extension aux autres régions, pour la période 2011-2015, pour un financement de 964,4 millions de FCfa, dont 767,5 millions de FCfa de la contrepartie sénégalaise. Durant cette deuxième phase, 54 800 enseignants, 5300 directeurs et 1800 représentants de cellules ont été formés. Toutes les sessions de formation ont eu lieu à distance, puis en regroupement par zone, et sont assurées par les membres de l’équipe technique nationale et ceux de l’équipe technique régionale ou encore l’équipe technique locale. A en croire le comité de pilotage dont la coordination est assurée par la Direction de l’enseignement élémentaire, le Premst a participé avec succès au renforcement des capacités pédagogiques des enseignants de l’élémentaire à travers la formation continue avec l’approche « Etude de leçon ».

P. C. NGOME

Toujours soucieux du développement de l’enseignement des mathématiques, le ministère de l’Education nationale et la Jica ont lancé un troisième programme dénommé Projet d’amélioration des apprentissages en mathématiques à l’élémentaire (Paame). Il est financé à hauteur de 3,42 milliards de FCfa, dont 1,66 milliard de FCfa de la contrepartie sénégalaise. Il est mis en œuvre depuis 2015 et va jusqu’en août 2019. Le projet vise 20 écoles situées dans les deux zones pilotes, à savoir les académies de Kaolack et Kaffrine. Il s’agit, dans ce projet, de mettre en œuvre les pratiques qui contribuent à améliorer les apprentissages des élèves en mathématiques. Une activité qui sera étroitement liée au renforcement des capacités pédagogiques des enseignants en mathématiques et à la capacitation des comités de gestion de l’école pour permettre la pérennité des activités.

L’inspecteur Aliou Badara Diop, coordonnateur du projet, précise que les produits du Paame peuvent aussi servir d’intrants dans la mise en œuvre des Contrats d’amélioration de la qualité (Caq) des écoles mais aussi des Plans d’amélioration de la qualité (Paq) des Ief en aidant la mobilisation de toutes les parties prenantes autour du Comité de gestion de l’école (Cge). Selon l’inspecteur Diop, les premiers résultats obtenus sur le terrain par le Paame sont « satisfaisants ». Pour lui, des progrès sont notés aussi bien dans le fonctionnement des cellules d’animation pédagogique que dans celui des Cge et Ucge. Toutefois, il reconnaît que des efforts restent à faire dans la mobilisation des communautés et des collectivités locales pour atteindre les objectifs.

P. C. NGOME

La coopération sénégalo-japonaise est aussi visible dans le domaine des échanges d’expériences pédagogiques. Depuis plusieurs décennies, les volontaires japonais interviennent dans le secteur de l’éducation au Sénégal. Bon nombre d’entre eux sont soit dans le cycle préscolaire soit dans l’élémentaire. Ils y développent de nouvelles méthodes de gestion et de pratiques de classe et confectionnent aussi des outils pédagogiques et d’apprentissage.

Un ensemble d’instruments qui participent à améliorer la qualité des enseignements/apprentissages. La directrice de l’Enseignement élémentaire affirme que la collaboration entre les volontaires japonais et les enseignants sénégalais a donné lieu à la mise au point d’outils pédagogiques importants. La plupart de ces volontaires s’activent dans la promotion de l’éducation musicale, des travaux manuels, de l’éducation physique et sportive et de l’enseignement des sciences et des mathématiques, fait remarquer Mme Mbodj.

A l’en croire, la Jica est conforme aux principes de Paris et a donné beaucoup de satisfactions. Elle a également permis de transformer positivement le système éducatif.

P. C. NGOME

L’amélioration de la qualité des soins et le renforcement de l’accès aux services sont au centre des interventions du gouvernement japonais dans le domaine de la santé au Sénégal. Le pays du « Soleil levant » œuvre ainsi pour que le Sénégal ait des ressources humaines, des infrastructures et des équipements aux normes. Aussi, le Japon qui fait du couple mère-enfant l’une de ses priorités veut promouvoir une bonne politique de référence-contre référence. L’objectif étant de renforcer la capacité du Sénégal en tant que Centre d’excellence pour les pays de l’Afrique de l’Ouest francophone.

La coopération sanitaire entre le Sénégal et le Japon est multiforme. Elle se matérialise en termes de construction et d’équipement de structures sanitaires, de renforcement des capacités des prestataires à travers des sessions de formation, d’allocation de ressources pour appuyer certains programmes visant directement les populations, etc. Parmi ces derniers, il y a la Couverture maladie universelle (Cmu), une initiative du président Macky Sall, lancée, en 2013, pour faciliter aux populations l’accès à des soins de santé de qualité. C’est justement pour appuyer le Sénégal dans la réduction des inégalités sociales, afin que les 80 % de la population qui n’ont pas d’assurance maladie puissent aussi accéder aux soins sans grandes difficultés, que le Japon a octroyé à notre pays, en 2016, en marge de la 6ème Ticad (Addis-Abeba, Nairobi, 27-28 août 2016), 41 milliards de FCfa. « Nous avons beaucoup de défis à relever pour réussir la Cmu. C’est pourquoi nous avons tendu la main aux partenaires. Le Japon a accepté de nous aider pour 2016-2017 avec la somme de 41 milliards de FCfa. Cet appui nous permettra de régler les questions d’inaccessibilité géographique et financière aux structures sanitaires », s’était réjouie le Pr Awa Marie Coll Seck, à l’époque ministre de la Santé et de l’Action sociale.

Soucieux de faciliter aux populations sénégalaises l’accès aux soins surtout les couches vulnérables, le Japon va aussi doter le Sénégal d’un Centre d’application pour la santé de la mère et de l’enfant. Le protocole d’accord de financement non remboursable dudit centre qui sera implanté à l’Ecole nationale de développement sanitaire et social (Endss) a été paraphé en 2014. Le coût de réalisation de cette infrastructure visant également à renforcer la formation des prestataires, en l’occurrence les sages-femmes et les infirmiers, est estimé à 3,52 milliards de FCfa. Une préoccupation d’autant plus légitime que le Sénégal fait face à une mortalité maternelle (392 décès pour 100.000 naissances vivantes, Eds 2015) et infantile (39 pour 1000, Eds 2015) encore élevée. Cela, malgré les nombreuses initiatives déroulées pour limiter les décès des femmes et des enfants.

C’est d’ailleurs dans la croisade contre les décès maternels et infantiles au Sénégal que s’inscrit le Projet de renforcement de soins de santé maternelle et néonatale (Pressmn). Déroulé par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, ce programme est également soutenu par la coopération japonaise. Il vise à promouvoir l’accouchement humanisé ; ce dernier étant « un ensemble de conditions qui permettent à la femme d’être à l’aise et de vivre l’accouchement comme un évènement heureux. L’accouchement à style libre fait partie intégrante de l’accouchement humanisé », souligne-t-on, précisant que « l’objectif est d’assurer le bien-être de toute parturiente et de tout nouveau-né afin de répondre aux normes et protocoles de santé de la reproduction au Sénégal ». L’accouchement à style libre permet aux femmes d’adopter la position de leurs choix : debout, assis, accroupi ou couché.

Après une première phase concluante (2009-2011) dans les régions de Tambacounda et Kédougou, la deuxième phase, lancée en 2014, s’est déroulée dans la région de Dakar, précisément au Centre de santé Gaspard Kamara (district sanitaire centre). Et l’objectif ultime est de passer à l’échelle ce modèle de soins de santé maternelle et néonatale, en rendant ces derniers plus humanisés, conformément aux bonnes pratiques recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Et, aujourd’hui, nombreuses sont les structures sanitaires du Sénégal qui souhaitent être dotées des équipements nécessaires à la mise en place de l’accouchement humanisé. Ce, pour une meilleure prise en charge du couple mère-enfant.

Maïmouna GUEYE

Le pays du « Soleil levant » participe à l’élargissement de la carte sanitaire du Sénégal. C’est ainsi que de nombreuses structures de santé ont été construites et/ou équipées pour davantage faciliter aux populations l’accès aux soins.

La construction et l’équipement de structures sanitaires occupent une place de choix dans les interventions du Japon au Sénégal. En attestent les réalisations effectuées dans les régions de Tambacounda et Kédougou, précisément au niveau des centres de santé de Makacolibantang, Dianké Makha et Saraya. Des zones caractérisées par leur éloignement (plus de 700 km de Dakar) et leur enclavement et bénéficiaires du Projet d’aménagement des infrastructures sanitaires signé en 2009. Ce dernier vise à relever le plateau technique et le niveau de développement social de ces régions périphériques (Est du pays) encore fortement touchées par la pauvreté et où l’accès aux soins de santé est encore très faible.

Le Centre régional de formation de Tambacounda, qui a été réhabilité dans le cadre de ce projet financé à hauteur d’environ 8,3 milliards de FCfa, fait aussi partie des bénéficiaires du Projet d’aménagement des infrastructures sanitaires dans les régions de Kédougou et Tambacounda. C’est en avril 2014, lors du Conseil des ministres délocalisé dans la région de Kédougou, qu’a été inauguré le Centre de santé de Saraya en présence du chef de l’Etat, Macky Sall, et de l’ambassadeur du Japon au Sénégal, Takashi Kitahara.

A l’occasion, M. Kitahara avait avancé que la construction et l’équipement de ces infrastructures traduisent la politique de santé du Japon axée sur la santé de la mère et de l’enfant. C’est aussi « la concrétisation de la volonté exprimée par le Premier ministre du Japon, Son Excellence Monsieur Shinzo Abe, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, en 2013, de bâtir « une société où les femmes brillent », avait-il indiqué. A sa suite, le président de la République, Macky Sall, avait réaffirmé la volonté du gouvernement du Sénégal de fournir les efforts nécessaires pour que les populations de ces régions qui ont difficilement accès aux structures de santé soient correctement prises en charge. Il avait aussi exhorté, tout comme M. Kitahara, les personnels de santé, la commune et les populations bénéficiaires à veiller au bon usage et à l’entretien efficace de ces centres.

La réhabilitation de la maternité de l’hôpital Principal de Dakar (Pavillon Saint-Louis), inaugurée en 2013, la réalisation des infrastructures et l’équipement du Projet d’aménagement du service radiographie du Centre de santé Popenguine, avec un financement du Japon d’un montant d’environ 49 millions de FCfa (74,599 euros), entrent aussi, parmi tant d’autres, dans le cadre du programme d’appui du pays ami au Sénégal dans le domaine de la santé. Tout comme les équipements d’une valeur de 46 millions de FCfa offerts par le Japon, en 2013, au Service chirurgie pédiatrique de l’hôpital d’enfants Albert Royer.

M. GUEYE

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