L’Enquête  Démographique et Santé Continue fournit au Sénégal des données pour suivre et évaluer sa politique en santé. C’est ce qui est ressorti de la cérémonie officielle de présentation des résultats de l’enquête. Le Sénégal est ainsi sur la bonne voie pour renseigner les indicateurs des Objectifs de Développement Durable (ODD).

Les résultats de la quatrième phase de l’Enquête Démographique et de Santé Continue de 2016 menée par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) ont été rendus publics, il y a quelques jours à Dakar. L’étude fournit des informations actualisées sur la fécondité, la mortalité, la planification familiale et la santé reproductive, le paludisme, le comportement sexuel et sur les structures et l’accès aux services de santé, entre autres.

Les résultats de l’enquête sont d’une grande importance pour l’élaboration des politiques et programmes de développement notamment pour les secteurs sociaux. « Lorsque les données sont collectées, analysées et diffusées à temps utile, désagrégées et ventilées par sexe, elles aident à la prise de décisions solides », a indiqué la représentante résidente de l’UNFPA au Sénégal, Andréa Wojnar Diagne. L’importance de la disponibilité des données actualisées pour un secteur comme la santé n’est plus à démontrer. « Les données statistiques apparaissent en ce sens comme des outils précieux dans le suivi du respect de nos engagements internationaux, mais aussi pour la promotion du dialogue et des orientations politiques fondées sur des bases factuelles », a fait savoir Dr Youssoupha Ndiaye qui avait représenté le ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Dès lors, il reste à faire bon usage des résultats. C’est dans cette optique que la directrice du Bureau Santé de l’Usaid, Alissa Cameron, a invité le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan et celui de la Santé et de l’Action Sociale, et les autres institutions gouvernementales à s’approprier davantage les résultats. L’enquête l’ANSD a touché  4.437 ménages, 8.865 femmes âgées de 15-49 ans et 3.527 hommes âgés de 15-59 ans. « Au sortir de l’édition de 2010-2011, notre pays s’est engagé dans la mise en œuvre d’un programme d’enquêtes continues dont la périodicité de collecte de données est ramenée à un an. C’est ainsi que la première phase a été réalisée en 2012-2013 et celle-ci est la quatrième », a expliqué Aboubacar Sédikh Bèye, l’ancien directeur général de l’ANSD qui avait présidé la cérémonie de présentation au nom du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan. L’ancien directeur général de l’ANSD a salué la collaboration entre le Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan et le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale. Le Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, à travers l’ANSD et avec la collaboration du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale, à la suite de la présente phase pilote d’enquête Continue (2012-2017) initiée par l’USAID, compte pérenniser cette enquête en assurant la poursuite de sa réalisation à partir de 2018.

Oumar NDIAYE

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La quête de la performance ne peut pas se passer des données fiables et actualisées. Elles sont la base de l’élaboration de tout projet ou programme de développement. Ces données sont également le support pour la réorientation des politiques sociales et sanitaires. Dans un contexte de rareté des ressources financières, il est nécessaire pour tout pays de réaliser des enquêtes pour éclairer les choix des décideurs. Le Sénégal est le premier pays en Afrique à réaliser une Enquête Démographique de Santé (EDS) continue. Le choix du Sénégal par l’USAID est fondé sur son expérience en matière de réalisation des EDS.

L’Enquête Continue génère des données indispensables à la planification, au suivi, à l’évaluation des programmes et de santé et de population. Surtout qu’avec le nouvel agenda des Objectifs de Développement Durable (ODD), chaque pays est tenu de renseigner ces indicateurs. « Cette enquête permet au Sénégal de disposer, chaque année, d’indicateurs pour le suivi et l’évaluation de ses projets et programmes sociaux et de santé. Ces indicateurs contribueront au suivi de l’Axe 2 du PSE, des programmes nationaux, et à la réalisation des Objectifs du Développement Durable (ODD) », avait commenté le Directeur des Statistiques Démographiques et Sociales. Le Sénégal est sur la bonne voie pour renseigner les indicateurs des ODD.

La disponibilité des données fiables est l’un des objectifs de l’Enquête continue. Mais le bon usage des résultats en est la finalité. C’est pour cela que les bailleurs et les partenaires techniques ont vivement recommandé la vulgarisation des résultats pour relever des défis. La valorisation de la base de données de l’Enquête Continue, en procédant à des analyses approfondies pour expliquer, les résultats a été une recommandation forte.

Au juste, l’Enquête a révélé que le Sénégal est loin d’éradiquer l’excision, l’anémie et la malnutrition. Ces défis n’occultent pas des progrès.  Le Sénégal a accompli des bonds en matière de planification familiale. A titre illustratif, 86% des structures sanitaires offrent une méthode moderne de planification. Mieux, des Sénégalais ont plus de chance de nos jours de bénéficier des services de base dans 96 % des structures sanitaires.

Par Idrissa SANE

Les résultats de l’enquête démographique et de santé continue (EDS-Continue) et sur la prestation de services de soins de santé fournissent des données actualisées, fiables et inédites sur la santé,  l’éducation et sur les conditions de vie des ménages. Le directeur général de l’ANSD les juge satisfaisants même si des efforts restent à faire.Les résultats de l’enquête démographique et de santé continue (EDS-Continue) et sur la prestation de services de soins de santé fournissent des données actualisées, fiables et inédites sur la santé,  l’éducation et sur les conditions de vie des ménages. Le directeur général de l’ANSD les juge satisfaisants même si des efforts restent à faire.

« Des résultats satisfaisants », c’est l’appréciation générale que fait l’ex-directeur général de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), Aboubacar Sédikh Bèye, de l’enquête  démographique et de santé continue qui a été publiée le 6 septembre dernier. Cette opération statistique met à la disposition de l’Etat du Sénégal, de ses partenaires et des usagers, des données « actualisées » et « fiables » sur les domaines de la santé (offre et demande), de l’éducation et sur les conditions de vie des ménages, etc. « Nous parlons beaucoup de croissance économique, d’agriculture, d’industrie, de pêche, etc., mais, in fine, le résultat qu’on veut c’est que les populations ressentent les progrès dans tous ces domaines. Et à travers les chiffres que nous avons restitués, nous nous rendons compte qu’il y a beaucoup d’avancées et des domaines où il y a encore des choses à faire », a-t-il souligné. Il en veut pour preuve le fait qu’après les 4,9 enfants par femme enregistrés en 2015, en 2016 au Sénégal cet indice est plus significativement descendu sous la barre de la moyenne de 5 enfants par femme de 15 à 49 ans en âge de procréer. « En 1986, nous étions à 6,4 enfants par femme. Il y a eu donc beaucoup de progrès surtout à partir de 2010. L’enquête de cette année montre que nous sommes à 4,7 enfants par femme en âge de procréer », a-t-il insisté. Dans le domaine de la mortalité infanto-juvénile, c’est la même tendance qui est observée. Des progrès énormes y ont été notés, selon M. Bèye.

« On est aujourd’hui à 51 pour 1000 naissances vivantes alors qu’en 1997 on était à 139 pour 1000 naissances vivantes, donc en l’espace de 20 ans nous nous avons gagné plus de 80 points », a-t-il dit.

Néanmoins, l’ex-Dg de l’ANSD ne manque pas de soulever quelques inquiétudes liées notamment au phénomène de l’excision qui, malgré les campagnes de sensibilisations, continue de perdurer. L’enquête de l’ANSD révèle en effet que 23 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont connu l’excision. « C’est quand même beaucoup », s’est alarmé M. Bèye. Pis encore, la plupart de ces femmes ont subi la « forme la plus atroce de l’excision ». « Ce sont des choses sur lesquelles il faut travailler », a-t-il plaidé. Le rapport de l’ANSD permet de renseigner 30 indicateurs dans le cadre des ODD lesquels placent le Sénégal dans une bonne position pour l’atteinte et le suivi des conditions de vie des populations. En un mot, ces résultats permettent de planifier le développement. La particularité de ces résultats, c’est qu’ils révèlent des tendances lourdes, fait remarquer M. Bèye. « Sur le terrain, pour faire bouger les lignes, il y a toutes les questions de culture qu’il faut prendre en compte sinon cela rend difficile notre travail. Il faut remercier les autorités et les partenaires techniques et financiers qui ont mis à notre disposition les ressources. Ce qui a permis à notre personnel de faire le travail correctement », a-t-il ajouté. En ce qui concerne les perspectives, il invite à pérenniser l’enquête. « Nous avions l’appui principalement de l’USAID mais aussi de la Banque Mondiale, de l’UNICEF, de l’UNFPA, aujourd’hui il revient à l’Etat de prendre en charge le financement de cette enquête. C’est déjà inclus en partie dans le budget de 2018 de l’ANSD, mais nous allons continuer à travailler avec le Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan et tous les acteurs impliqués sur le terrain afin de pérenniser cet outil extrêmement important de pilotage de l’économie nationale », a-t-il ajouté.

L’enquête de l’ANSD donne tous les outils pour aller en profondeur et faire l’analyse. Son ancien directeur général affirme qu’ils vont travailler là-dessus en relation avec le Ministère de la Santé et que les données seront mises à la disposition des chercheurs. « Nous en appelons à toute l’expertise nationale et internationale car c’est le concours d’une équipe pluridisciplinaire qui permettra de comprendre en profondeur les déterminants de l’excision, de la prévalence contraceptive, la disparité entre urbain et rural en termes de naissances, les conditions de vie en termes d’accès à l’eau, à l’électricité, etc., et aussi de trouver les solutions », a-t-il conclu.

Elhadji Ibrahima THIAM

L’annualisation des enquêtes-continues permet au Sénégal de disposer de données plus actuelles indispensables au suivi et à l’évaluation des programmes et politiques sociales, sanitaires et nutritionnelles. Ces données sont un support fiable pour la réorientation des politiques. C’est la conviction de Dr Youssoupha Ndiaye, directeur de la Planification de la Recherche et des Statistiques du Ministère de la Santé et de l’Action sociale.

La restitution des résultats d’enquêtes relatives à la santé revêt un cachet exceptionnel. D’abord, c’est pour la première fois, en Afrique, qu’un projet d’enquêtes combine à la fois un volet ménage et un volet établissement de santé. Ensuite, il y a l’annualisation de la périodicité. Auparavant, les enquêtes étaient réalisées tous les cinq ans. L’intérêt de l’annualisation, c’est d’avoir des données plus actuelles pour guider les prises de décisions afin d’assurer un meilleur suivi des programmes et des projets. « Le problème le plus crucial pour agir efficacement est le manque d’informations de base sur les indicateurs de santé. Or, pour nous permettre de suivre les progrès réalisés, il va sans dire qu’il nous faut absolument des informations fiables et régulièrement actualisées », relève le représentant du Ministère de la Santé et de l’Action sociale, Dr Youssoupha Ndiaye. Au-delà, la collecte et la disponibilité de ces données sont déterminantes pour le respect des engagements auxquels le Sénégal a souscrit d’une part et, d’autre part, pour la prise de décisions éclairées. « Les données statistiques apparaissent en ce sens comme des outils précieux dans le suivi du respect de nos engagements internationaux, mais aussi pour la promotion du dialogue et des orientations politiques fondés sur des bases factuelles », a fait savoir Dr Youssoupha Ndiaye, au cours de la cérémonie de restitution. Il a apprécié la particularité de l’enquête-continue et a souligné l’importance de l’usage des résultats dans le processus de recherche de solutions idoines aux problèmes du secteur de la santé. « Cette Enquête-Continue est une vaste opération en ce sens qu’elle combine une enquête auprès des ménages et une autre auprès des prestataires de santé. Elle fournit des indicateurs de qualité pour la planification, le suivi et l'évaluation des programmes et politiques sociales, sanitaires et nutritionnelles retenues par le gouvernement dans sa stratégie pour l’amélioration de la santé de la population, notamment celle des groupes vulnérables : les femmes et les enfants », a noté le directeur de la Planification de la Recherche et des Statistiques du Ministère de la Santé et de l’Action sociale. Il a remercié ICF International, l'Agence Américaine pour le Développement International (USAID), l'Agence des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) pour leur appui multiforme.

Idrissa SANE

Le Sénégal a été choisi en Afrique par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) pour conduire l’Enquête continue en Afrique. Ce choix de notre pays, affirme Alisa Cameron, directrice du Bureau de santé de l’USAID, s’explique par la grande capacité et l’expérience « formidable » de l’ANSD et du Ministère de la Santé et de l’Action sociale. « Une enquête exige beaucoup de travaux et de persévérance. Nous bénéficions tous, aujourd’hui, des résultats de ce travail remarquable qui a été conduit de façon méthodique. Depuis 2012, l’Enquête continue fournit annuellement aux décideurs et aux partenaires des informations actualisées sur la fécondité, la mortalité, la planification familiale et la santé reproductive… », soutient-elle. Alisa Cameron invite le Gouvernement du Sénégal, à travers le Ministère de l’Economie et des Finances, le Ministère de la Santé et de l’Action sociale ainsi que les autres institutions à s’approprier davantage l’enquête en vue de faciliter la prise de décisions programmatiques. « En appuyant la réalisation de l’Enquête, l’USAID vise, entre autres, à renforcer les capacités du Sénégal à entreprendre les différentes phases de l’enquête, depuis la collecte des données jusqu’à leur utilisation, avec un minimum d’assistance technique extérieure », souligne-t-elle. Par rapport aux recommandations, Mme Cameron suggère au ministère de l’Economie de renforcer son appui financier et organisationnel afin d’améliorer le fonctionnement du cadre de suivi des activités de collecte au sein de l’ANSD. Pour le ministre de la Santé, la Directrice du bureau de Santé de l’USAID, invite à s’impliquer davantage dans toutes les étapes de l’enquête et à participer au financement des coûts locaux et à la production de données, notamment pour la composante « enquête dans les structures ».

Ibrahima BA

L’enquête démographique de santé continue 2016 permet, selon la représentante résidente du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) au Sénégal, d’avoir une plus grande connaissance des indicateurs socioéconomiques et la répartition géographique sur le territoire national. C’est aussi le lieu, soutient Andréa Wojnar Diagne, de disposer des données démographiques et socioéconomiques de qualité en vue de la formulation, du suivi et de l’évaluation des politiques de développement. Mme Diagne se félicite du travail de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) et le « leadership exemplaire dont elle fait montre dans la conduite de cet important exercice et la qualité du travail accompli depuis 2012 sur le continent ». En effet, note-t-elle, « les données sont collectées, analysées et diffusées en temps utile, lorsqu’elles sont désagrégées et ventilées par sexe, elles aident à la bonne prise de décisions ». C’est pourquoi d’ailleurs, elles doivent être utiles pour les décideurs. « La pérennisation de l’EDS-continue ou un substitut adéquat, du recensement général de l’agriculture, et les mécanismes et les structures de production de données doivent faire partie de tout plan d’émergence », souligne la représentante résidente de l’UNPA au Sénégal. Ainsi, à ses yeux, dans un monde de plus en plus complexe qui demande des décisions cohérentes et basées sur des évidences, la formulation de politiques et stratégies de développement pertinentes et adaptées devrait s’appuyer sur des données fiables, actualisées et accessibles.

I. BA

Au Sénégal, le taux de fécondité a connu une baisse d’un point passant de 5,7 enfants par femme en 1997 à 4,7 en 2016. Les résultats de l’EDS-Continue montre que le nombre moyen d’enfants par femme varie de 3,5 en milieu urbain à 5,9 en milieu rural. En analysant toujours les résultats de cette enquête, l’on voit  que la fécondité varie sensiblement d’une région à une autre. Par exemple, à Dakar, révèle l’EDS-Continue, la fécondité passe d’un minimum de 3,2 enfants par femme à 7,5 enfants dans la région de Kaffrine où 16% des femmes adolescentes de 15-19 ans ont déjà commencé leur vie procréative. Dans cette répartition du taux de fécondité, la région de Kédougou vient en deuxième position avec  6,6. Elle est suivie par les régions de Tambacounda (6,4), de Sédhiou (6,3) et de Kolda (6,2).

La baisse de la fécondité est liée en grande partie à l’amélioration de l’accès et à l’utilisation des méthodes contraceptives en ville comme en campagne. D’après cette étude, une femme sur quatre (25%) utilise une méthode contraceptive quelconque et 23% font recours à une méthode moderne. Elle renseigne également que les femmes utilisent essentiellement trois méthodes.

Il s’agit des injectables (8%), des implants (7%) et de la pilule (5%). Aussi, faut-il noter que l’utilisation des méthodes contraceptives est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural avec respectivement un taux de 31% contre 17%.  L’utilisation de la contraception moderne dépend du niveau de vie du ménage. Selon l’enquête, 29% des femmes appartenant aux ménages du quintile le plus élevé utilisaient une méthode moderne contre 13% des femmes issues des ménages du quintile le plus bas. Par rapport à la demande en planification, nous apprend l’EDS-Continue, plus d’un tiers (35%) des femmes 15-49 ans en union déclarent qu’elles veulent différer la venue d’un enfant de deux ans ou plus.

I. BA

Au Sénégal, la demande totale en planification familiale est évaluée à 49%. Les résultats de l’EDS-Continue 2016 renseigne que moins de la moitié de la demande est satisfaite par les méthodes modernes avec 47%. Pour ce qui est de la disponibilité, l’étude a montré que 86% de toutes les structures de santé offrent une méthode moderne de Planification familiale. Aussi, quatre structures sur dix offrent-elles la stérilisation masculine ou féminine. Selon l’enquête, l’offre de méthodes modernes de planification familiale est plus élevée dans les postes de santé (87%) que dans des centres de santé et hôpitaux avec respectivement 78% et 77%. Pour la représentante résidente du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) au Sénégal, ces résultats traduisent les efforts réalisés dans la lutte contre la mortalité maternelle, d’aider les filles à rester à l’école et à lutter contre les grossesses non désirées. A en croire Andréa Wojnar Diagne, le défi maintenant est de faire en sorte que les méthodes de contraception soient disponibles à  tout couple qui le désire.

I. BA

L’Enquête Démographique et de Santé Continue de 2016 a produit des résultats encourageants notamment sur la disponibilité des produits contraceptifs. Ce qu’a salué  Laylee Moshiri, représentante de l’UNICEF au Sénégal. Selon elle, cette augmentation de la disponibilité est une bonne chose. « Globalement, 86% de toutes les structures de santé offrent une méthode moderne de Planification Familiale  (pilule, injection, implants, DIU, condom masculin ou féminin, Collier du cycle, diaphragme, ou spermicides). Quatre structures sur dix offrent la stérilisation masculine ou féminine. L’offre des méthodes modernes de PF est plus élevée dans les postes de santé (87%) que dans les centres de santé et hôpitaux (respectivement 78% et 77%) », a fait ressortir l’Enquête Démographique et de Santé Continue de 2016. Cependant, moins de la moitié de la demande est satisfaite par les méthodes modernes (47%). Pour Laylee Moshiri de l’Unicef, il y a donc un gap entre ce que les femmes veulent et leurs pratiques au niveau de l’utilisation. « Une femme en union sur quatre (25%) utilise une méthode contraceptive quelconque et 23% utilisent une méthode moderne. Les femmes utilisent essentiellement trois méthodes : les injectables (8%), les implants (7%), et la pilule (5%). La comparaison avec les résultats des enquêtes précédentes montre que la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union ne cesse d’augmenter, passant de 8 % en 1997 à 25 % en 2016. L’utilisation des méthodes contraceptives modernes chez les femmes en union est plus élevée en milieu urbain (31%) qu’en milieu rural (17%).

O. NDIAYE

Les résultats de l’EDS-continue 2016 montrent qu’il y a encore beaucoup à faire pour endiguer la pratique de l’excision. En effet, renseigne l’enquête, moins d’une femme de 15-49 ans sur quatre, soit 23%, a déclaré avoir été excisée. Ainsi, dans plus de la moitié des cas, les femmes ont subi une simple ablation (54%). Pour 12%, une partie de chair a été enlevée et 7% ont subi une fermeture du vagin. Aussi, apprend-on des résultats de l’enquête que près des trois quarts des femmes de 15-49 ans excisées (72%) ont déclaré l’avoir été avant l’âge de cinq ans. Quant aux filles de moins 15 ans, 14% ont été excisées.

Les résultats par région des excisions des filles de moins de 15 font passer en tête la région de Matam avec 55%. Elle est suivie par les régions de Sédhiou 53%, Tambacounda 48%, Kolda 45% et Kédougou 37%. « On constate  que là où il y avait de plus grande fréquence, on commence avoir des changements d’attitude », s’est réjouie Andréa Wojnar Diagne, représentante résidente de l’UNFPA au Sénégal.

I. BA

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