Soleil Diaspora (68)

Ramadan au Japon : Le Halal pour lutter contre les clichés

Le nombre de musulmans n’est pas statistiquement connu au Japon. Le mois de Ramadan est une opportunité de mieux faire tomber les clichés largement partagés sur la religion musulmane.

Tokyo - Un des endroits fréquentés par les musulmans et surtout par la communauté sénégalaise dans la capitale japonaise est la Grande Mosquée. Dotée d’un centre culturel, elle offre l'opportunité aux non musulmans (Japonais ou étrangers) de partager le repas de la rupture du jeûne pendant toute la durée du mois de Ramadan. En juin, les jours sont plus longs au Japon. Ce qui fait une durée totale de 16 heures de jeûne. Aux yeux des Japonais, la pratique du Ramadan soulève beaucoup de questions. Ces interrogations portent sur le sens du jeûne, ses défis autant physiologique et psychologique. Ce qui laisse place, très souvent, a une discussion intéressante sur le fait religieux et sa place au cœur des enjeux du moment. Ainsi, le Ramadan reste un moment de communion entre une communauté musulmane et une population aux croyances assez diversifiées, partant du bouddhisme, du shintoisme au christianisme, en passant même par une version syncrétiste.

Mais l’Islam, ses préceptes et principes, sont en train de sortir de la forme de marginalité dans laquelle il était confiné jusqu’à récemment dans l’Empire du Soleil levant. Cette sortie de l’ornière est due à l’intérêt relatif mais grandissant autour de la marque Halal et du business qui y est associé. S’appuyant et s’entourant de l’expertise de ses « voisins » comme l’Indonésie, le plus grand pays musulmans au monde, et de la Malaisie entre autres, il y a tout un « branding » qui est construit autour du label « Halal ». La particularité du « Halal » au Japon réside dans une utilisation qui va au-delà de la cuisine pour investir le cosmétique. Il y a plusieurs fora comme la Japan Halal expo. Au-delà du « Halal », le Japon veut capter la clientèle musulmane. Le développement d’un circuit touristique, Muslim friendly, est en projet.

Dans ce contexte de développement relatif de l’Islam au Japon, le Ramadan est un moment qui permet de promouvoir le vivre ensemble, le partage mais aussi et surtout un dialogue culturel et pas que religieux.

Aly Diab Diop

Ramadan en France : Quand la nostalgie s’invite à la table du « Ndogou »
ramadan japonPendant le mois de Ramadan au pays de la Téranga, ils avaient l’appel du muezzin le matin ou le réveil du chef de famille pour bien débuter la journée de jeûne. Les courtes journées, les ruptures de jeûne en famille et les rappels des bonnes pratiques religieuses durant la journée rythmaient leur quotidien sénégalais. A Paris, le décor et les conditions du jeûne sont totalement différents.

Mariama, Papis et Seydou, des Sénégalais établis en France, racontent ce changement radical.

Papis, 23 ans, est en dernière année d’études d’ingénieur en Mécanique à Paris. Il a passé seul, son premier mois de Ramadan en France, avec sa grande sœur dans une résidence universitaire à Grenoble. Le calme et le sentiment d’être seul au monde en train de jeuner l’ont particulièrement marqué. « A Dakar, je passais mes journées pendant le Ramadan avec mes amis dans des conférences religieuses ou dans des activités caritatives. En France, je ne me rends compte de mon jeûne que lorsque mes collègues vont déjeuner ou évitent de manger devant moi », confie-t-il avec le sourire. Avec le temps, Papis s’est habitué à l’ambiance des mois de Ramadan en France. Les repas moins copieux et le vide autour de la table à manger les soirs de rupture de jeûne viennent s’ajouter à sa routine durant le mois béni.

Contrairement à Papis qui s’est finalement adapté à son rituel solitaire, Mariama, 18 ans, étudiante en Informatique, est en train de vivre son premier Ramadan parisien dans une grande famille sénégalaise. « Mis à part la longueur des journées de jeûnes (Plus de 18 heures cumulées), je ne sens aucune différence entre mon Ramadan de Dakar et celui de Paris », constate-t-elle.

En effet, à l’université, Mariama est en compagnie de ses camarades de cours d’origine maghrébine qui observe tout autant qu’elle le Ramadan. Le soir, elle retrouve sa famille d’accueil. Un oncle établi à Paris depuis plus 10 ans avec femme et enfants. « Comme à Dakar, les cris des enfants à l’approche de la rupture me font toujours rire. L’odeur des mets me rappelle les préparations de maman et mes joies de pouvoir enfin manger le soir en famille sont aussi intenses que les ruptures à Dakar », ajoute-t-elle. Cette ambiance de rupture du jeûne familial que décrit Mariama est aujourd’hui le vécu de Seydou, ce cadre en Informatique vivant à Paris depuis 9 ans. « Mes premières années de Ramadan en France furent un choc pour moi. Je manquais de me réveiller tous les petits matins pour le « kheud ». Mes cours se terminaient à 19h et, très souvent, je me retrouvais à faire ma rupture en plein cours ou en examen avec uniquement 3 dattes ».

Aujourd’hui, Seydou est marié et père d’une fille de 2 ans. Une petite famille certes, mais il ressent ce bonheur de réveiller sa femme pour manger et faire la prière du matin. Le soir, au milieu de plusieurs plats succulents, il se rappelle des mois de Ramadan heureux de son enfance à Dakar, mais aussi ces difficiles journées de jeûne pendant ses premières années en France.

Aminata THIOR

Last modified on jeudi, 30 juin 2016 14:38

Plus de 250 experts et hommes d’affaires se sont rencontrés les 6 et 7 juin à Dakar
Cette réunion présidée par le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne a été axée sur la contribution de ces deux catégories au Plan Sénégal émergent (Pse) et au Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc).

Lors du Conseil des ministres du 10 février 2016, le président Macky Sall avait instruit le gouvernement d’associer la diaspora dans la mise en œuvre des chantiers de l’Etat, notamment du Pse.

C’est pourquoi plusieurs ateliers liés à l’hydraulique, à l’électrification rurale, aux pistes rurales, aux équipements agricoles, à l’entrepreneuriat rural, etc., ont jalonné la rencontre. Chaque année, plus de 1.000 milliards de FCfa sont envoyés par la diaspora. Les Sénégalais de l’extérieur se sont toujours impliqués dans la mise en place d’infrastructures socio-économiques de base dans les localités les plus reculées du pays, contribuant à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Le nombre de musulmans n’est pas statistiquement connu au Japon. Le mois de Ramadan est une opportunité de mieux faire tomber les clichés largement partagés sur la religion musulmane.

Tokyo - Un des endroits fréquentés par les musulmans et surtout par la communauté sénégalaise dans la capitale japonaise est la Grande Mosquée. Dotée d’un centre culturel, elle offre l'opportunité aux non musulmans (Japonais ou étrangers) de partager le repas de la rupture du jeûne pendant toute la durée du mois de Ramadan.

En juin, les jours sont plus longs au Japon. Ce qui fait une durée totale de 16 heures de jeûne. Aux yeux des Japonais, la pratique du Ramadan soulève beaucoup de questions. Ces interrogations portent sur le sens du jeûne, ses défis autant physiologique et psychologique. Ce qui laisse place, très souvent, a une discussion intéressante sur le fait religieux et sa place au cœur des enjeux du moment. Ainsi, le Ramadan reste un moment de communion entre une communauté musulmane et une population aux croyances assez diversifiées, partant du bouddhisme, du shintoisme au christianisme, en passant même par une version syncrétiste.

Mais l’Islam, ses préceptes et principes, sont en train de sortir de la forme de marginalité dans laquelle il était confiné jusqu’à récemment dans l’Empire du Soleil levant. Cette sortie de l’ornière est due à l’intérêt relatif mais grandissant autour de la marque Halal et du business qui y est associé. S’appuyant et s’entourant de l’expertise de ses « voisins » comme l’Indonésie, le plus grand pays musulmans au monde, et de la Malaisie entre autres, il y a tout un « branding » qui est construit autour du label « Halal ». La particularité du « Halal » au Japon réside dans une utilisation qui va au-delà de la cuisine pour investir le cosmétique. Il y a plusieurs fora comme la Japan Halal expo. Au-delà du « Halal », le Japon veut capter la clientèle musulmane. Le développement d’un circuit touristique, Muslim friendly, est en projet.

Dans ce contexte de développement relatif de l’Islam au Japon, le Ramadan est un moment qui permet de promouvoir le vivre ensemble, le partage mais aussi et surtout un dialogue culturel et pas que religieux.

Aly Diab Diop

Le mois de Ramadan est le prétexte pour aller à la rencontre de l’association Le Dental Fulbé Kanada « DFK » qui œuvre pour promouvoir la culture peule et la langue pulaar au Canada. Le Dfk met l’accent sur le volet social par la solidarité et l’entraide entre ses membres, tout en s’intégrant à la société canadienne – québécoise et en nouant des liens avec les autres groupes communautaires.

L’association, principalement présente au Québec, surtout à Montréal, a organisé, ce samedi 25 juin, son Ndogou annuel ou « Koumtari partagé ». C’est une cérémonie qui réunit ses membres et sympathisants originaires du Sénégal, de la Mauritanie et de la Guinée. « C’est une occasion de joindre l’utile à l’agréable », dit Amadou Tidiane Bâ, le président de Dfk. Ce dernier précise que l’association a une vocation sociale et culturelle. Diverses activités sont organisées : cabane à sucre, visite du zoo de Granby, barbecue annuel, soirées culturelles, tournoi de football en lien avec les autres associations et un fonds social. Pour Amadou Tidiane Bâ, c’est un devoir pour l’association d’organiser le "Ndogou" annuel « puisque la grande majorité de ses membres sont des musulmans ». Cependant, il est à préciser que les musulmans ne représentent que 3% de la population au Québec.

Dans un contexte mondial marqué par la menace terroriste et la possible radicalisation des jeunes sur Internet, les enfants de Sénégalais qui naviguent entre la culture canadienne et africaine sont confrontés à la problématique de l’apprentissage de leur religion.

Pour cela, des initiatives locales sont menées et différentes méthodes sont employées. Elles vont de l’enseignement culturel et religieux dans les centres communautaires comme celui de e-Darra, en passant par des cours via Skype (professeur au Sénégal qui dispense l’enseignement à distance) et aussi des enseignements à domicile regroupant plusieurs enfants. Selon Amadou Tidiane Bâ, la grande différence entre la pratique du jeûne au Sénégal et au Canada réside dans la durée de la diète religieuse. Cette année, le jeûne dure environ 17 heures par jour. A Montréal, l’été peut ressembler à la chaleur caniculaire au Sénégal en juin-juillet. Le Ramadan est l’occasion de promouvoir les valeurs de solidarité et de partage qui caractérisent les Africains et particulièrement les Sénégalais.

A cet effet, toutes les associations religieuses ou « dahiras » mourides, tidianes, layennes (Fondation Nourou  Darayni, Fondation Cheikh Ahmed Tidiane Chérif, Dahira Tidiane Rive-Sud) organisent leur Leylatoul Khadr (la Nuit du destin) respectifs. « C’est un devoir pour tout musulman de participer à la promotion et à la valorisation de l’Islam », soutient Mamadou Dieng de Dfk et membre aussi de la mosquée Tawuba, très actif dans l’enseignement et la promotion de la religion. Il est également d’avis que les grands défis demeurent l’éducation religieuse des enfants et trouver un compromis pour les adultes de la grande Métropole de Montréal, entre le travail et le respect de la prière obligatoire du vendredi. « Il faut se battre, poursuit Mamadou Dieng, car nous ne sommes pas dans  un pays  musulman ou bien à majorité musulmane ».

Au Québec, on parle beaucoup d’accommodements raisonnables envers la communauté musulmane, surtout pendant le Ramadan. L’actualité récente évoque un cas de « questions – accommodements » soumis par des employeurs à la Commission des Droits de la personne : trois vendeurs musulmans dans les télécommunications veulent avoir deux heures le midi pour prier, or la pause du midi est de 30 minutes dans cette entreprise ; l’employeur veut savoir comment gérer la situation. « Avec nos moyens, nous transformons nos foyers en lieux d’apprentissage du Coran et de la religion d’une manière générale, en dehors des heures de cours à l’école canadienne, bien évidemment. Ce qui nous permet de transmettre aux enfants cet héritage », souligne Mamadou Dieng.

S’inspirer de la culture au Québec pour l’enseignement religieux
Au sein de Dfk, nous sommes conscients que les moyens d’un enseignement religieux au Canada sont différents de ceux employés en Afrique. Il faut privilégier l’approche des écoles québécoises. « Au Canada, on fait le nécessaire pour que les enfants aiment l’école, et s’y plaisent. Ce qui est indispensable à la réussite. En revanche, dans nos cultures, on a plus tendance à forcer et contraindre l’enfant, regrette Mamadou Dieng. Un verset du Coran parle de miséricorde pour enseigner la religion. Allah a beaucoup d’attributs. Il a utilisé son caractère le plus doux pour enseigner le Coran. L’approche canadienne de l’enseignement ludique est déjà présente dans le Coran ». Il est important de maîtriser le Coran, de connaître ces recommandations et de les appliquer. « Ainsi, dans notre mosquée, nous mettons des jeux, nous donnons des collations, des prix, des cadeaux, tout cela pour que l’enfant soit à l’aise et qu’il puisse avoir envie de revenir. Nous faisons le maximum pour que nos enfants apprennent tout en s’amusant ».

Mamadou Dieng raconte une anecdote pour illustrer son propos : « Un enfant dont l’un des parents est de confession musulmane et l’autre chrétienne m’a dit être tiraillé entre deux cultures, sa mère l’amène à l’église et son père à la mosquée. Il avait une interrogation sur sa future religion. A l’église, on distribue des bonbons alors qu’il n’y en a pas à la mosquée. En tirant les leçons de ce témoignage, nous avons commencé à acheter des bonbons ».

 Il y a une autre solution pour l’enseignement religieux aux enfants de Sénégalais installés au Canada. Elle réside dans la fréquentation des écoles privées confessionnelles. « Au Canada, nous avons le droit d’ouvrir une école de tendance religieuse. Les écoles musulmanes ne sont pas nombreuses ; on en dénombre deux à Montréal et une à Ottawa. Mais il y a un problème de taille : ces écoles ne sont pas à la portée de tous les parents car elles sont chères. « Les parents qui en ont les moyens peuvent inscrire leurs enfants dans ses établissements de l’élémentaire au secondaire. Pour cela, il faut débourser autour de 6.000 dollars  canadiens  par an, soit environ 2.700.000 FCfa. Les enfants peuvent y porter le voile, faire leurs prières dans des salles aménagées », poursuit Mamadou Dieng. Ce dernier lance un appel pour la mosquée de Tawuba (à Montréal) : « Nous appelons tous les musulmans à participer financièrement à notre effort collectif de nous doter d’un grand espace réunissant un lieu de prières et un centre culturel ».

Aminata Sow

Pendant le mois de Ramadan au pays de la Téranga, ils avaient l’appel du muezzin le matin ou le réveil du chef de famille pour bien débuter la journée de jeûne. Les courtes journées, les ruptures de jeûne en famille et les rappels des bonnes pratiques religieuses durant la journée rythmaient leur quotidien sénégalais. A Paris, le décor et les conditions du jeûne sont totalement différents. Mariama, Papis et Seydou, des Sénégalais établis en France, racontent ce changement radical.

Papis, 23 ans, est en dernière année d’études d’ingénieur en Mécanique à Paris. Il a passé seul, son premier mois de Ramadan en France, avec sa grande sœur dans une résidence universitaire à Grenoble. Le calme et le sentiment d’être seul au monde en train de jeuner l’ont particulièrement marqué. « A Dakar, je passais mes journées pendant le Ramadan avec mes amis dans des conférences religieuses ou dans des activités caritatives. En France, je ne me rends compte de mon jeûne que lorsque mes collègues vont déjeuner ou évitent de manger devant moi », confie-t-il avec le sourire. Avec le temps, Papis s’est habitué à l’ambiance des mois de Ramadan en France.

Les repas moins copieux et le vide autour de la table à manger les soirs de rupture de jeûne viennent s’ajouter à sa routine durant le mois béni. Contrairement à Papis qui s’est finalement adapté à son rituel solitaire, Mariama, 18 ans, étudiante en Informatique, est en train de vivre son premier Ramadan parisien dans une grande famille sénégalaise. « Mis à part la longueur des journées de jeûnes (Plus de 18 heures cumulées), je ne sens aucune différence entre mon Ramadan de Dakar et celui de Paris », constate-t-elle. En effet, à l’université, Mariama est en compagnie de ses camarades de cours d’origine maghrébine qui observe tout autant qu’elle le Ramadan.

Le soir, elle retrouve sa famille d’accueil. Un oncle établi à Paris depuis plus 10 ans avec femme et enfants. « Comme à Dakar, les cris des enfants à l’approche de la rupture me font toujours rire. L’odeur des mets me rappelle les préparations de maman et mes joies de pouvoir enfin manger le soir en famille sont aussi intenses que les ruptures à Dakar », ajoute-t-elle. Cette ambiance de rupture du jeûne familial que décrit Mariama est aujourd’hui le vécu de Seydou, ce cadre en Informatique vivant à Paris depuis 9 ans. « Mes premières années de Ramadan en France furent un choc pour moi. Je manquais de me réveiller tous les petits matins pour le « kheud ».

Mes cours se terminaient à 19h et, très souvent, je me retrouvais à faire ma rupture en plein cours ou en examen avec uniquement 3 dattes ». Aujourd’hui, Seydou est marié et père d’une fille de 2 ans. Une petite famille certes, mais il ressent ce bonheur de réveiller sa femme pour manger et faire la prière du matin. Le soir, au milieu de plusieurs plats succulents, il se rappelle des mois de Ramadan heureux de son enfance à Dakar, mais aussi ces difficiles journées de jeûne pendant ses premières années en France. 

Aminata THIOR

Last modified on jeudi, 30 juin 2016 13:24

Sénégalais vivant aux Etats-Unis depuis 17 ans, Boubou Mbow est aujourd’hui le directeur du département Afrique de l’une des quatre plus importantes sociétés de transfert d’argent des Etats-Unis. Selon lui, si le Sénégal veut profiter de sa diaspora, il doit pouvoir contrôler les flux financiers des émigrés qui injectent, chaque année, près de 1.000 milliards de FCfa dans le pays. Il prenait part à la rencontre des experts et hommes d’affaires nationaux et de la diaspora qui s’est tenue du 6 au 7 juin dernier.

Quels sont les enjeux de ce forum ?
A travers ce forum, nous cherchons, en tant que Sénégalais de l’extérieur, à apporter notre contribution au développement de notre pays. La diaspora contribue vivement au développement du Sénégal. Nous représentons près de 13% du Produit intérieur brut (Pib). L’année dernière, les Sénégalais de la diaspora ont envoyé près 1000 milliards de Fcfa. Mais tout cet argent est investi dans les ménages. Nous cherchons une solution pour que ce flux financier puisse être contrôlé. Nous allons aussi voir comment la diaspora peut autofinancer ses projets.

La possibilité existe. Le Nigeria collecte 22 à 25 millions de dollars de commission sur les transferts entrants chaque année. Au Sénégal, si une commission de 0,5% était retenue des transferts, l’Etat pourrait collecter entre 15 à 20 milliards de Fcfa chaque année. Cet argent pourrait être réinvesti dans le domaine immobilier par exemple si l’on sait que la diaspora a aujourd’hui un énorme problème de logement. C’est fort de tous ces constats que nous sommes venus aujourd’hui présenter un projet. Nous voulons montrer à l’Etat que la diaspora a des idées, qui, si elles sont mises en œuvre, peuvent apporter quelque chose pour le développement du pays en général. Aujourd’hui, l’Etat ne collecte rien de toute cette manne financière que les émigrés envoient. Vu que nous sommes inclus dans le Programme Sénégal émergent (Pse) nous avons l’obligation d’apporter notre expertise pour accompagner ce projet.

Est-ce qu’il y a un début de mis en œuvre de toutes ces idées que vous développer?
Le document technique est déjà disponible. J’ai entendu le Premier ministre dire ce matin (Ndlr : lundi 06 juin) « savoir qui », mais moi je dirai « savoir avec qui ». Au Sénégal, il se pose un problème d’accès aux autorités. En tant qu’expert, quand tu as un projet, tu dois savoir qui contacter pour le présenter. Cela fait quatre ans que nous travaillons sur ce projet mais jusqu’à présent nous n’avons pas réussi à trouver la personne indiquée à qui nous devons nous adresser. Nous n’allons pas présenter le document à n’importe qui de peur de le retrouver à jour dans un autre lieu. C’est pourquoi nous avons gardé le projet par précaution.

Je fais parti de l’équipe technique qui a conçu le projet au Nigeria.

J’ai eu à travailler avec des Nigérians de l’extérieur et le gouvernement du Nigeria. Ils sont aujourd’hui en train d’exploiter ce projet. Pourquoi pas nous au Sénégal ? Parmi les contraintes que rencontrent les Sénégalais de l’extérieur, nous avons aussi l’accès à l’information. Nous avons des ambassades et les consulats, mais ils sont plus concentrés sur autres choses que de donner des informations aux Sénégalais de la diaspora. II y a aussi la lenteur administrative.

Nous demandons que les autorités ouvrent davantage leurs portes et communique un peu plus.

Dans le projet de reformes constitutionnelles qui a été soumis au peuple lors du dernier referendum, le gouvernement veut que la diaspora soit représentée à l’Assemblée nationale. Qu’en pensez-vous ?
C’est une très bonne idée même si techniquement je ne sais pas encore comment ça va se passer avec les 3,5 millions de Sénégalais qui sont à l’extérieur du pays. J’ai toujours dit que ce sont les émigrés qui connaissent les problèmes de l’émigration. Ce sont eux qui peuvent défendre correctement les dossiers des Sénégalais de l’extérieur. Quand on veut défendre quelque chose, il faut d’abord la connaitre. On ne peut pas prendre une personne qui a fait le collège et l’université au Sénégal pour la nommer directeur des Sénégalais de l’extérieur. Si on veut aller plus loin, on doit choisir parmi les Sénégalais de l’extérieur pour ce genre de poste. Malgré que nous soyons des « Modou Modou », nous sommes aussi des intellectuels et pouvons apporter beaucoup de chose à l’Etat. Je pense même que la diaspora peut avoir son propre département ministériel dirigé par un Sénégalais de l’extérieur.

Ndiol Maka SECK

Last modified on samedi, 09 juillet 2016 19:49

Unir les Sénégalais de l’extérieur pour plus d’influence à l’intérieur, c’est désormais le combat quotidien d’Absatou Kane Diop, une Sénégalaise vivant aux Etats-Unis depuis 15 ans. Patron de presse, entrepreneuse agricole et bientôt promotrice immobilière, cette Saint-Louisienne d’origine veut une diaspora autrement.

Lundi 6 juin. 11h et quelques minutes devant la salle des princes de l’hôtel Terrou-bi. Des experts et hommes d’affaires nationaux et de la diaspora en réunion à Dakar sont en pause pour permettre au Premier ministre, venu présider la cérémonie officielle d’ouverture de cette rencontre, de se retirer.

En attendant la reprise des travaux, certains participants font les cent pas pour profiter de la brise marine et d’autres partagent un instant café et discutent d’affaires. Au milieu de ce désordre, une dame attire notre attention à cause de sa carrure. « Taille américaine », tasse de jus de fruit à la main et mine décontractée, la Junon est en pleine discussion.

Un moment d’hésitation et on passe à l’offensive. Plus de peur que de mal. Elle est d’un abord facile. « Je m’appelle Absatou Kane Diop. Je vis à Washington. Je suis la première femme émigrée à créer un groupe de presse qui a un site internet et un magazine. Il s’appelle « Sunu Diaspora », présente-t-elle. Absatou est donc femme de médias qui a certainement l’habitude de côtoyer des gens.

C’est peut-être pourquoi elle n’est pas de ces émigrés qui marchent sur les nuages. En participant à cette rencontre, elle vient répondre à l’invitation des autorités sénégalaises à la diaspora de contribuer au Pse et au Pudc. Même si elle se dit mauvaise en français, cette femme d’affaires se débrouille bien dans la langue de Molière. Toutefois, elle est plus à l’aise en wolof et en anglais.

C’est en 2002 qu’elle a quitté le Sénégal pour aller rejoindre son mari au pays de l’oncle Sam. Quelques années plus tard, son époux termine sa mission et rentre au bercail. Mais Absatou, elle, reste avec ses enfants pour se battre comme tous les émigrés afin de se faire une place au soleil. Néanmoins, elle garde un œil sur tout ce qui passe au Sénégal. « Nous qui sommes dehors, nous entendons souvent à la radio ou lisons sur le net des choses qui ne nous plaisent pas.

A l’époque, les médias n’étaient encore aussi développés que maintenant. Nous avions besoin d’une tribune pour nous exprimer sur la situation de notre pays. Un jour, j’ai fait une contribution sur Seneweb.com et j’ai vu que beaucoup de personnes se sont intéressées à mon article. Je ne savais pas que j’avais une telle aura.

J’ai réécrit un autre article sur léral.net et il a encore suscité beaucoup d’intérêt chez les internautes. C’est là que m’est venu l’idée de créer un site internet avant de lancer le magazine en 2009 à Washington », explique-t-elle fièrement. Mais comme Absatou n’était pas préparée pour devenir une femme de médias, elle est allée, par la suite, se former aux métiers de la communication pour mieux comprendre les enjeux. Ainsi, après deux ans de formation, elle obtient un diplôme en Communication et un autre en Infographie.

Aujourd’hui, elle emploie des gens pour lui gérer ce business parce qu’elle n’a pas que ça à faire. La plupart des personnes avec qui elle travaille résident au Sénégal. Il y a aussi ceux qui sont basés en Belgique, en France et aux Etats-Unis. Le magazine est bilingue. Il est édité en français et en anglais.

Aujourd’hui, le rêve le plus ardent d’Absatou est d’unir la diaspora. C’est pourquoi elle voyage beaucoup pour rencontrer ses compatriotes qui sont dans les autres continents comme l’Europe et l’Afrique. D’ailleurs, au mois de juillet prochain, elle organise, en Espagne, un forum sur l’habitat. « Je serai la première femme promotrice à lancer une telle initiative », souligne-t-elle.

L’objectif de ce forum est de faciliter aux émigrés l’accès au logement. Selon Absatou, le Sénégalais de l’extérieur ne doit plus être vu comme un « envoyeur d’argent » simplement. Il doit être aidé afin qu’il puisse faire un investissement productif dans le pays. « Le président de la République est en train de faire beaucoup d’efforts. Mais je pense que si nous prenons les choses en main, ça ira mieux. Il faut que les émigrés soient solidaires. Nous voulons la diaspora autrement. Les politiciens nous ont toujours bernés.

Ils viennent souvent prendre nos projets, mais il n’y a jamais eu d’aboutissement », déplore-t-elle. A l’en croire, si les autorités donnent à la diaspora la place qui lui revienne, elle pourra injecter jusqu’à 2.000 milliards de FCfa par an dans le pays. Absatou est une touche-à-tout. En dehors des médias et de l’habitat, elle s’active aussi dans l’agriculture et dans l’aviculture où elle emploie beaucoup des jeunes. Si les moyens sont réunis, elle envisage également de se lancer dans l’élevage en faisant des opérations Tabaski. « Quand tu es formé au Etats-Unis, tu n’a pas l’habitude de rester oisif », précise-t-elle.

Ndiol Maka SECK

Last modified on jeudi, 30 juin 2016 14:03

L'esprit perdu de Bandung
« Tu sais, ils nous appellent les moches », s'indigne, avec une pointe de résignation, une jeune franco-sénégalaise. L’objet de son indignation, dont on peut raisonnable avoir des doutes sur le fond du propos, est une publicité qui a tant fait parler ces dernières semaines où on voit un homme noir poussé dans une machine avant qu’en ressorte un Asiatique à la peau claire. Ne pas se voiler la face est de reconnaître que si une telle publicité arrive dans les écrans chinois, cela veut dire qu’il existe un vrai problème de racisme anti africain dans ce pays continent. Pourtant la diaspora chinoise est la première en Afrique ; elle est estimée à plus d’un million de membres.

Dans l’imaginaire collectif de certains, la beauté est blanche. Ce n’est d’ailleurs pas une idée dont les Asiatiques ont le monopole. Si dans l’Empire du Milieu, le pouvoir central du roi ne doit jamais dépasser la haie de bambou du village, il semble que dans la Chine moderne la beauté n’a pas traversé les frontières africaines pour s’incarner en noir. Une hiérarchie de la beauté qui rappelle, à bien des égards, les préjugés cachés sous le drapeau de la science de Ptolémée, d’Ibn Khaldun, Al Idrissi, le géographe arable du roi Roger II d’Espagne, de Bodin, ou encore Montesquieu qui ont tous, à un moment, eu à évoquer la théorie des climats qui faisait des africains les moins beaux, les moins intelligents mais aussi les plus dépourvus de vertu parmi tous les êtres humains. Les survivances de cet imaginaire collectif a dépassé le Moyen-âge pour devenir contemporain. Juste après les indépendances, les étudiants communistes africains, bénéficiant de bourses afin de poursuivre leurs études supérieures dans le pays de Mao, rentraient avec diplômes mais aussi des récits poignant sur le racisme dans « le pays frère ». Certes, l’ignorance est la mère de tous les vices mais dans la péninsule indienne, un véritable sous continent avec plusieurs pays (Bhoutan, Népal Pakistan, Inde, Bengladesh, Sri Lanka) où vit les Dravidiens, ces populations asiatiques à la peau noire et aux cheveux lisses, l’excuse ne tient pas. « Karopa », pour dire noir en Tamoul, n’est pas toujours teinté du sceau de l’amabilité.

En France, autre lieu de coexistence du fait des multiples vagues d’immigration, les choses ne sont pas simples. Ce substrat de racisme ancré chez certains parents de première génération d’immigrés asiatiques suinte comme une fosse à purin dont les néfastes effluves cassent l’harmonie familiale qui unit les fils d’immigrés venus d’Afrique et d’Asie.

La situation des noirs dans beaucoup de pays asiatique n’est pas des plus reluisant. La récente mort d’un professeur Congolais en Inde est un énième fait divers tragique avec les ratonnades régulières d’un autre âge dont sont victimes les africains (hommes d’affaires, étudiants ou simples migrants).

On est loin de la conférence de Bandung, en Indonésie, de 1955 au cours de laquelle, colonisés africains et asiatiques se tenaient par la main pour construire un destin et un avenir commun face à la colonisation. Pourtant, il y a une collaboration économique dynamique entre pays asiatiques et africains. La Chine est devenue un vrai challenger pour concurrencer Français et Anglais en Afrique de l'ouest et au Maghreb comme en Algérie. Elle est le 1er exportateur de matières premières en Afrique. Ce sont des échanges qu’on aimerait se poursuivre sur d’autres terrains comme celui dans la culture et de la tolérance. De quoi assurer la survie de l'esprit de Bandung.

Par Moussa DIOP

Last modified on mardi, 14 juin 2016 15:18

En visite officielle à Paris (du 31 mai au 2 juin), Macky Sall a axé son déplacement sur la diplomatie économique avec des audiences accordées à des chefs d’entreprises, une rencontre avec le patronat français et une invitation au comité directeur de l’Ocde. « La diaspora sénégalaise envoie 2 milliards de dollars Us par année », déclare-t-il à la tribune de l’Ocde. « Le Soleil Diaspora » a saisi l’occasion pour l’interroger sur les investissements productifs des Sénégalais de l’étranger qui sont estimés à 5% par certains experts de la diaspora. Réponse de Macky Sall.

« Il est difficile de dire que seuls 5% sont des investissements productifs. On le sait, les Sénégalais de l’extérieur investissent beaucoup dans le domaine de l’habitat. L’habitat n’a pas le même facteur, n’a pas le même effet-levier que l’investissement dans l’entreprise, mais c’est également une manière d’investir dans le bâtiment. Ce qui fait travailler du monde. Ce qui génère de l’emploi et de la croissance. Cela dépend de comment les calculs sont faits, mais je ne dirai pas que seuls 5% sont orientés vers le secteur productif. Toutefois, nous pouvons améliorer l’investissement de nos compatriotes de l’extérieur en leur donnant des assurances sur la sécurité des investissements. Mais la première difficulté est que les Sénégalais de l’extérieur travaillent et envoient de l’argent au pays aux frères, aux cousins ; il n’est pas évident que cet argent soit sécurisé. C’est le premier obstacle. Qui pour fructifier ces ressources ? Parce que celui qui n’a pas participer dans la production de la richesse et qui se retrouve être gardien de sommes d’argent, s’il n’est pas très sérieux, je pense qu’il y a peu de chance qu’il fructifie correctement ces ressources. Il y a eu des conflits familiaux. Certains préfèrent gérer eux-mêmes ou investir dans le bâtiment en faisant de la location. C’est moins risqué. On peut réfléchir sur d’autres modes. »


Journée du Sénégal à Rungis (Paris) : Le Port de Dakar à l’école du premier marché européen
cheikh kanteEn cette fraîche matinée, l’horloge de la tour administrative du marché international de Rungis indique 4h20. Après près d’une demi-heure d’attente, la délégation sénégalaise du Port autonome de Dakar entame la journée Sénégal au marché international de Rungis, le premier en Europe. Pour une première, le PAD a réussi son essai.

« Le monde appartient à ce qui se lève tôt ». Cheikh Kanté, Dg du Port autonome de Dakar, rappelle l’adage en ce 10 mai, journée du Sénégal au marché international de Rungis. Situé à 7 kilomètres de Paris, Rungis a accueilli le Pad et ses partenaires pour nouer un axe fort Paris – Dakar afin d’augmenter les exportations sénégalaises en produits halieutiques, horticoles et agricoles.

En effet, il aura fallu un réveil plus tôt qu’à l’accoutumée pour emprunter les allées, hangars et compartiments du premier marché européen et « peut-être même mondial avec ceux de Sao Poulo (Brésil) et de Mexico (Mexique) », pour Francis Lefèvre, la mémoire vivante et secrétaire général de Rungis. A pied et en bus, les pavillons défilent : La Marée, le terminal ferroviaire, les produits carnés (triperie, viande, volaille), laitiers, fruits et légumes, fleurs.

La visite se termine à l’espace Rungis aménagé aux couleurs du Sénégal avec des expositions de produits sénégalais et une séance plénière ponctuée de prises de paroles d’officiels. « C’est un jour exceptionnel pour Dakar et Paris à travers Rungis. Nous envisageons de faire une connectivité interne pour ne plus voir des mangues qui pourrissent en Casamance, par exemple, mais aussi une connectivité externe sur les produits halieutiques, transportés en temps réel à Rungis et à Dunkerque », poursuit le Dg du Pad. Avec des hausses importantes sur les exportations depuis deux ans (35% sur les produits horticoles), Cheikh Kanté trouve, toutefois, que le Sénégal peut encore faire mieux. « C’est un peu faible ce que nous sommes en train de faire. Nous devons à travers des modèles économiques cohérents conquérir des marchés. Il faut du qualitatif et du quantitatif ». Ces deux adjectifs qualifient le marché de Rungis avec ses 230 hectares aménagés pour réceptionner les exportations du monde entier.
 
« Les produits sénégalais sont des trésors »
« Haricots, mangues et tous les produits tropicaux sénégalais nous intéressent, assure Stéphane Layani, président du marché international de Rungis dont le chiffre d’affaires annuel est de 9 milliards d’euros. Les produits sénégalais sont des trésors pour nous. Nous sommes demandeurs de produits de contre-saison. C’est la logistique qui fait le produit. La valeur, c’est l’ensemble des filières qui part des agriculteurs, des distributeurs, des ports et les infrastructures ». A travers la charte de partenariat, mis en place depuis deux ans, avec le Port de Dunkerque, le Pad envisage de faire du nord de la France son point le plus avancé en Europe pour jouer un rôle important dans les exportations sénégalaises. « Dunkerque est le plus grand port fruitier de France », rappelle François Soulier, le président du conseil de surveillance du Port de Dunkerque. Nos deux ports sont liés par deux lignes maritimes directes. L’objectif est de créer un port dakarois à Dunkerque pour les produits sénégalais. Ce qui permettra aux producteurs sénégalais de distribuer en Europe.

Ils sont en forte augmentation mais Dunkerque pourrait permettre une croissance plus forte de produits sénégalais ». Pour Cheikh Kanté, le Sénégal est encore capable de produire et d’exporter en plus grande quantité. « Il faut que nous revoyions nos ambitions à la hausse ». Pour cela, le Dg du Pad pense trouver la solution en répondant favorablement au souhait de Stéphane Layani qui propose de « faire la même plateforme que celle de Rungis à Dakar ».

« Nous allons nous battre pour que le Sénégal puisse avoir un Rungis en miniature. Les différentes étapes de sa mise en place sont d’abord une invitation de Stéphane Layani et de son équipe à Dakar. Nous allons, ensuite, organiser un séminaire d’évaluation pour analyser et mettre à profit tout ce que nous venons de voir ».

Malick Diop, Dg Asepex : « Le marché d’intérêt commun de Diamniadio peut jouer le rôle de Rungis »
malick diop asepexQuel est l’état des exportations sénégalaises ?
« Le Sénégal est, aujourd’hui, à plus 13% d’augmentation de ses exportations. Ce qui fait 1.370 milliards de FCfa. Le secteur halieutique est en tête des exportations sénégalaises suivi par les produits agricoles transformés puis l’agriculture et l’horticulture. Nous avons des zones majeures pour l’exportation. L’Europe constitue 22% des exportations sénégalaises. Nous travaillons à la promotion des exportations mais aussi à la qualité des l’offre exportable. Pour cela, il faut aller là où les échanges se font, d’où notre présence à Rungis.

 Avez-vous atteint vos objectifs annuels ?
Sur les produits horticoles, il y a eu plus de 35% de croissance sur les deux dernières années. Nous sommes passés de 87.000 tonnes à 92.000 cette année. L’objectif en 2017, c’est d’être à 157.000 tonnes. Pour cela, il faut travailler dans la qualité de l’offre.

ans le Pse, il y a une prévision d’une augmentation de 10% chaque année pour les exportations.

 Est-il possible de faire de Dakar le Rungis africain ?
C’est possible. Le Sénégal exporte 40% dans la zone sous-régionale. Le marché d’intérêt commun qui est en train d’être mis en place à Diamniadio peut jouer ce rôle. On ne peut pas exporter ce qu’on ne produit pas. Le Sénégal est connu pour avoir 700 kilomètres de côtes. Les produits halieutiques seront très importants dans cette stratégie.

Le futur terminal fruitier du Pad devrait aider à la réalisation des objectifs…
La mise en place du terminal fruitier va permettre d’accélérer les échanges avec les pays partenaires. Il y a un partenariat entre l’Agence sénégalaise de promotion des exportations et le Port autonome de Dakar. Au-delà de la France et de l’Europe, nous avons doublé nos exportations vers les Etats-Unis, la Chine ou le Qatar. »

Francis Lefèvre, secrétaire général du marché international de Rungis : « Pour pénétrer le marché européen, il faut valoriser les produits »                                                                                                                                               francis lefevreAffable sur l’histoire, la mise en place, le fonctionnement, les chiffres et objectifs du marché international de Rungis, Francis Lefèvre a guidé la visite de la délégation sénégalaise de 4 heures à 9 heures du matin.

Comment pourriez-vous présenter le marché de Rungis ?
« C’est le premier marché de gros en Europe, le 1er marché frais en Europe. Le marché regroupe 1.200 entreprises et 12.000 salariés. Il a un chiffre d’affaires annuel de près de 9 milliards d’euros. Il fait 230 hectares, c’est plus grand que Monaco avec un budget supérieur à la ville de Paris. Avec la délocalisation des Halles de Paris, Rungis regroupe tous les petits commerces dans un rayon de 50 kilomètres. Les produits, particulièrement les fruits et légumes, viennent de France et des pays du sud, notamment d’Afrique. Les clients proviennent de la région parisienne (65%), du reste de la France (25%) et de l’exportation (10%) principalement vers les pays du nord (Royaume uni, Benelux et Allemagne).

Pour pénétrer le marché européen, les produits sénégalais doivent-ils s’améliorer ?
L’amélioration des produits est souhaitée, mais il faut d’abord valoriser les produits. Il ne suffit plus d’avoir de bons produits. La valorisation passe d’abord par le mode de distribution et le conditionnement.

Que pensez-vous d’un futur partenariat Dakar - Rungis ?
Rungis a un savoir-faire inégalé, la France ayant des liens privilégiés avec le Sénégal, il est normal qu’on puisse travailler ensemble. Il faut bien l’organiser.

Nous développons désormais des contrats de licence, c’est-à-dire nous accompagnons pendant une quinzaine d’années des marchés afin de les mettre en place. On les conçoit, les crée et les gère avec nos partenaires pour leur mise en place. »

Last modified on mardi, 14 juin 2016 13:59

Originaire du Sénégal, Fatou Ndiaye est la créatrice de « BlackBeautyBag », le célèbre blog beauté pour les peaux noires. Elle est également ambassadrice pour l'Oréal Paris et consultante pour des grandes marques de cosmétiques américaines et françaises.

Sublime comme un coucher de soleil, on ne peut s’empêcher de remarquer la magnifique peau et le teint éclatant de ce bout de femme de 38 ans à travers ses photos et vidéos. Fatou Ndiaye est l’une des blogueuses beauté les plus influentes sur le Web avec quelque 32.000 followers sur Instagram, 78.000 sur Facebook et plus de 8.000 abonnés sur Twitter. Partant de sa popularité pour les idées qu’elle défend sur la beauté noire et sur l’estime de soi, les grandes marques de cosmétiques françaises et internationales ont fait appel à ses services. Elle est devenue une des blogueuses ambassadrices de l’Oréal Paris et fait de la consultance et de l’audit pour les entreprises de cosmétiques françaises et internationales. Ce statut lui permet, aujourd’hui, entre autres, d’assister à des événements prestigieux organisés par ces marques en France comme à l’étranger.

A cet effet, son deuxième passage sur le célèbre tapis rouge du Festival de Cannes 2016 en tant qu’ambassadrice de l’Oréal a été fortement apprécié et relayé sur les réseaux sociaux. En outre, entre les ateliers de tests de nouveaux produits de beauté de marques internationales, les séances shooting et les conférences sur la beauté noire, Fatou vit aujourd’hui des journées intenses grâce à son blog. Quotidien qu’elle n’hésite pas à partager d’ailleurs avec ses fans sur Snapchat, cette application qui permet de partager du contenu visualisable quelques heures seulement avant de s’effacer.

Comment la jeune femme d’origine sénégalaise en est arrivée là ? Fatou n’hésite pas à montrer une confiance et une estime en soi, inculquée par sa mère, le phare de sa vie. Si elle a réussi à avoir du succès dans le blogging, elle le doit « à sa franchise : dire ce qu’elle pense sans filtre ».

Le blogging, une passion.
Tout a commencé dans les années 2000. Fatou Ndiaye était arrivée à un âge où l’on s’intéresse beaucoup aux produits de maquillage et aux soins de la peau. La jeune femme avait remarqué l’absence d’informations sur les femmes noires dans les magazines féminins en France. « C’était un parcours du combattant quand on voulait avoir des informations sur des produits cosmétiques pour peaux noires », répète-t-elle souvent lorsqu’elle revient sur ses débuts du blogging. Elle se renseignait donc sur les rares forums qui existaient à l’époque et qui traitaient des sujets sur la peau noire. Elle a ainsi fréquenté le forum « Beauté d’Afrique » où elle animait un topic spécial soin de la peau. Ce fut un succès. En 2007, avec l’encouragement de sa sœur et de sa meilleure amie, elle décida de créer son propre espace, le blog « BlackBeautyBag ». Près de 9 ans plus tard, « BlackBeautyBag » accueille 150.000 visiteurs par mois.

Des origines, une personnalité et des convictions
L’Afrique, la connaissance de la peau noire et l’estime de soi sont des sujets majeurs que la blogueuse affectionnent particulièrement. Dans ses billets de blog ou ses interventions dans des conférences ou ateliers, la jeune femme rappelle toujours ses origines africaines. Et ce, dès les premières phrases de présentation de son profil. L’origine haoussa (du Nigeria) de sa mère et subsaharienne de son père sont souvent des atouts qu’elle met en avant dans son discours. Dans le domaine de la mode où elle évolue, cela se traduit par le port de tenues, coiffures ou accessoires de modes africaines. Par le port et l’acceptation de ses cheveux naturels crépus. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un regard particulier sur le phénomène « Nappy ». « Aujourd’hui, réduire les cheveux crépus au terme ≪Nappy≫, je trouve cela péjoratif », se distingue Fatou Ndiaye. Dans le sens où c’est la nature de nos cheveux. Donc pourquoi dire qu’une fille qui a les cheveux crépus est une « Nappy » ? Ce n’est pas une religion... Ce serait bien qu’un jour, à la vue d’une fille avec ses cheveux naturels, qu’on se dise juste c’est la nature de ses cheveux et pas ≪ahn c’est une « nappy »≫, comme si elle faisait partie d’une secte avec les 10 commandements à suivre ». Fatou a des idées sur la coiffure donc, mais aussi les tenues africaines à travers la reconnaissance et la promotion de talents du continent. De Paris à Kinshasa en passant par Dakar, la jeune femme participe aux événements organisés par les créateurs de mode du continent. C’est ainsi qu’en février 2015, elle participait au Dakar Fasion Week  d’Adama Paris. Evénement qu’elle a relayé sur son blog en partageant les moments forts de cette manifestation ainsi que les créations des jeunes talents sénégalais. On retrouvera également dans ses billets de blog et pendant cette même période, ses rencontres avec les jeunes femmes de la blogosphère mode sénégalaise.

Si Fatou Ndiaye est fière de ses origines, elle est également fière de sa peau noire. Elle revendique souvent son statut de femme noire et belle dans une société blanche où la beauté noire est invisible. A travers ses billets de blog, elle incite les femmes qui la suivent à s’aimer telles qu’elles sont, c’est-à-dire avec une peau noire et des cheveux crépus ou défrisés. D’ailleurs, son premier article de blog marquant était plus social que beauté. « Pour moi, la beauté n’est pas futile, elle rejoint l’estime de soi. Une femme qui a confiance en elle se sent belle », répète-t-elle souvent à ses followers. Réservée mais pas timide, certains la définissent comme étant une femme hautaine et arriviste. Des attaques auxquelles elle répond avec lucidité en précisant qu’elle sait qui elle est, ses proches savent qui elle est, et les femmes qui la suivent continuent de la suivre car elle leur apporte quelque chose. Le reste lui importe peu.

Projets à venir et bilan de parcours
Très avare sur ses nouveaux challenges, Fatou Ndiage partage très vaguement sur ses futures collaborations qu’elle qualifie de « top secret » et sur ses prochaines interventions sur le continent. Et quand elle fait une rétrospection de son parcours, elle se dit fière et ne regrette pas d’avoir quitté son travail d’assistante de direction dans une grande entreprise pour se consacrer au blogging. « Aujourd’hui, cela s’est professionnalisé et je peux en vivre. C’est génial », se réjouit-elle. En effet, Fatou Ndiaye a fait du blogging sa passion et son business.

A. THIOR

Ancien de Viadeo, Chams Diagne a fondé Talent2Africa, la première plateforme de recrutement par cooptation en Afrique dont le lancement officiel a eu lieu au Forum Expat du 31 mai au 1er juin à Paris. Chams Diagne veut aider les dirigeants et RH africains à réussir dans leurs projets de recrutement au sein de la diaspora. Entretien…

Expliquez-nous le concept de Talent2Africa ?
Talent2Africa a été créé à partir d’un constat : les entreprises africaines ont du mal à trouver des talents au niveau local. Les meilleurs sont courtisés par les entreprises à l’étranger. Il y a un gap dans la formation. Ce qui fait qu’il n’y a pas de personnes bien formées et très expérimentées capables de prendre des postes « middle » ou Top Management. Les entreprises africaines ont déjà cette démarche de participer à des Salons sur l’emploi à Paris, Londres ou dans les villes en Occident pour aller à la rencontre de la diaspora. Ce constat nous permet également de remarquer que les candidats ne savent pas trop comment s’y prendre, en dehors des salons, pour avoir une visibilité sur le marché de l’emploi. Il y a une méconnaissance du marché mais aussi pas mal d’incertitude. L’idée est de faciliter la mise en relation des uns et des autres à travers la plateforme Talent2Africa qui est en ligne. Nous sommes tiers de confiance, c’est-à-dire des intermédiaires. En clair, nous parlons aux entreprises africaines pour qu’elles nous transmettent les opportunités que nous allons publier sous forme d’offres d’emploi. D’un autre côté, nous allons identifier des gens de la diaspora que nous incitons à s’inscrire et à adhérer au réseau. Chaque membre à pour mission d’aider Talent2Africa à identifier des talents directement ou indirectement, en nous faisant une mise en relation ou des recommandations.

Après un travail de présélection, nous contactons les candidats proposés en s’assurant qu’ils correspondent bien au profil recherché. Et ensuite, nous les présentons au client. Ce dernier a la décision finale pour son choix sur la sélection proposée. Si le profil correspond à ce qu’attend l’entreprise, nous nous chargeons de récompenser le membre de Talent2Africa qui nous a recommandé le candidat. C’est une récompense numéraire. C’est une prime qui va entre 500 et 1.000 euros (environ entre 325.000 et 650.000 FCfa) par recrutement selon le profil du candidat.

Quels sont les secteurs visés…
Nous cherchons les profils dans les secteurs des Hi Tech, de la communication et des médias, des Télécoms, de la banque, des assurances et de la finance, du conseil et des services. Nous ne négligeons pas le secteur de l’énergie qui est très porteur en Afrique. Nous avons des profils qui correspondent à ce que recherchent les entreprises. L’idée est de faire un « matching » entre les besoins en Afrique et les talents qui ont une expertise qui les intéressent.

Quels sont les obstacles dans le ciblage des candidats et des entreprises ?
Nous ne pouvons évidemment pas nous permettre de cibler toute l’Afrique, un continent très grand. Notre priorité première est l’Afrique francophone, donc l’Afrique de l’ouest et centrale. On y ajoute le Maghreb. Ce sont nos marchés prioritaires.
Nous allons contacter les entreprises dans ces parties et leur expliquer l’intérêt du concept. Notre deuxième enjeu se situe au niveau des candidats : nous avons un travail pédagogique à faire pour faire comprendre à nos membres que nous ne sommes pas un site de recrutement classique. C’est un réseau de cooptation avant tout. Ce sont les personnes que nous acceptons sur la plateforme qui doivent jouer un rôle d’ambassadeur afin de nous présenter les personnes correspondantes aux offres publiées. Il faut prendre le temps d’expliquer ce concept.
Le troisième enjeu est d’ordre général qui touche les deux premiers : c’est d’avoir une étiquette africaine. Nous avons une démarche panafricaine et non exclusivement sénégalaise. Au sein de la diaspora, il y a une véritable ouverture sur le continent. « Ce n’est pas que je suis Sénégalais, que je ne vais pas aller travailler en Côte d’ivoire ou au Ghana », se disent de plus en plus de membres de la diaspora.

Ne craignez-vous pas que Talent2Africa ne soit vu comme une plateforme élitiste ?

Nous ne cherchons pas à être élitistes parce que ce serait discriminant, mais nous voulons simplement être objectif et permettre à nos clients de toucher leurs cibles. Si nos clients sont élitistes, ce n’est pas notre cas. Nous essayons de tirer l’Afrique vers le haut. Notre valeur ajoutée est de ne pas chercher tous types de profil.

Comment allez-vous procéder pour toucher la diaspora ?
Nous avons l’intention de rencontrer physiquement la diaspora grâce à des démarches dites « terrain », à travers des événements qui nous permettent d’avoir accès à ceux qui composent la diaspora.

C’est le cas du Forum Expat, par exemple. Nous allons aussi organiser nos propres rencontres.

Nous avons des membres en Belgique, en Suisse, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Canada. L’idée est de permettre à la diaspora de s’approprier l’outil et qu’elle puisse adhérer et jouer un rôle d’ambassadeur et ainsi faire adhérer d’autres personnes de la diaspora. Les diasporas africaines ont cette particularité d’échanger entre elles, de se fréquenter et ainsi se coopter entre elles. C’est de l’entraide pour que chacun puisse trouver son bonheur en Afrique. Ensuite, nous avons une démarche digitale ciblée à travers l’identification de nos membres potentiels avec une communication personnalisée pour leur permettre de rejoindre le réseau. Pour les entreprises, nous nous adressons directement à elles. Nous faisons un travail de fourmis en ciblant les très grands groupes qui ont les moyens de rechercher ces talents. Nous n’oublions pas les entreprises locales comme les Pme en croissance à trouver les bons profits.

Et quid de des Etats et des administrations africaines ?
Nous projetons d’aller voir les autorités des différents pays pour leur proposer de nous donner de la visibilité sur les opportunités qu’offrent les différents pays. La plupart des Etats africains sont en train de se restructurer et de s’organiser avec de grands travaux. Pour réaliser ces grands projets, il faut des talents. Les gens de la diaspora sont importants à ce niveau.

Un mouvement citoyen appelé Diaspora plurielle, créé en France (Paris et 15 provinces), a décidé d’entrer en politique. A la suite d’une réunion tenue samedi 28 mai, dans le 18ème arrondissement de la capitale française, Diaspora plurielle a décidé de présenter des candidats pour les législatives de 2017. Le mouvement souhaite avoir le même itinéraire que « Podemos » en Espagne.

Il est passé le temps où le « oui » et le « non » sur le référendum du 20 mars était en concurrence à Paris. Désormais, c’est le moment de tirer profit des nouveaux apports de la nouvelle constitution. En effet, depuis le référendum du 20 mars 2016, les partis politiques n’ont plus « le monopole pour présenter des candidats aux élections ». Les femmes et les hommes issus de la société civile peuvent se présenter à tous les types d’élections, ce qui induit que « les Sénégalais de l’extérieur auront la possibilité d’élire des députés issus de leurs rangs ». Diaspora plurielle souhaite favoriser une représentation effective des Sénégalais de l’extérieur dans la gestion publique notamment, par le biais de la présence de députés issus de la société civile au sein de l’Assemblée nationale. Les Sénégalais de l’étranger qui ne se reconnaissent pas dans la configuration des structures politiques souhaitent battre en brèche ce qu’ils appellent « une politique de cloisonnement, une gestion et un exercice du pouvoir dévolus aux seuls partis politiques au détriment de la majorité silencieuse des citoyens ». Au sein de la diaspora, l’idée qu’elle ne doit pas être seulement « une vache à lait » ou un vivier électoral que l’on utilise à la veille d’élections, fait son chemin. « La diaspora doit s’inscrire dans une démarche d’optimisation de la manne financière, se constituer non seulement en force de proposition mais aussi en acteur, maître de son destin ». Diaspora plurielle se présente comme un « acteur novateur » dans le paysage politique.

« L’originalité est que nous sommes une organisation issue de la société civile qui s’invite dans le débat politique dans le cadre d’une démarche nouvelle en dehors des partis politiques », estime Boubacar Bengelloun, un de ses membres. Elle se différencie par son envie de ne plus laisser l’exclusivité de la gestion des affaires publiques aux partis politiques, mais aussi par sa volonté d’agir et de ne pas subir. Les professionnels de la politique ont démontré leur limite dans l’exercice du pouvoir. C’est un mouvement de veille citoyenne qui se veut être un vivier d’actions et une force de propositions. C’est un mouvement apolitique au sens commun du terme, c’est-à-dire qu’il ne s’inscrit pas systématiquement dans l’objectif ultime de la conquête et de l’exercice du pouvoir ». Dans le 18ème arrondissement de Paris, Diaspora plurielle a rappelé que la société civile et les mouvements associatifs ont toujours endossé le rôle de vecteurs de développement par la mise en place des projets, « par des plaidoyers remarquables souvent soumis aux décideurs politiques, mais sans aucun résultat ».

La principale cause de leur mobilisation se trouve dans « l’échec des différentes politiques publiques de développement mises en place au Sénégal par tous les gouvernements qui se sont succédé ».

YouTube, Instagram, Snapchat et les plateformes de blogging personnel sont de plus en plus pris d’assaut par une jeune génération originaire ou native du Sénégal. Branchés et en général animés d’une passion, ces jeunes hommes et femmes manient parfaitement l’outil-réseau social qu’ils utilisent pour partager leur centre d’intérêt. Le pays d’origine, le Sénégal, est un thème souvent mentionné dans leur contenu.

Les passions qu’ils partagent avec leurs followers tournent autour de la mode & beauté et de la littérature. Avec une présence féminine plus marquée, cette blogosphère d’originaires du Sénégal et vivant principalement en France ou aux Etats-Unis partage des astuces et bons plans sur leurs cheveux, leur maquillage, leur garde-robe ou l’estime de soi. Elles puisent très souvent leur inspiration du Sénégal. C’est le cas de Maguette alias Nounette Afrostyle. YouTubeuse depuis 2013, sa chaîne compte aujourd’hui plus de 21.000 abonnés. Française d’origine sénégalaise, elle passait ses vacances d’été au Sénégal. Dans ses vidéos, elle évoque ses souvenirs sur le rituel de beauté de la femme sénégalaise et sur la coquetterie de cette dernière. Ce sont des gestes qui l’inspirent aujourd’hui dans sa vie de YouTubeuse beauté. Et pour Aïcha ou blackhairvelvet, YouTubeuse également depuis 2011, elle aborde souvent ses origines pour rappeler à ses 26.000 abonnées que c’est possible d’avoir de longs cheveux pour une Africaine. « J’ai de longs cheveux et pourtant, je suis d’origine sénégalaise et gambienne. Donc c’est bien possible les filles », répète-t-elle souvent. D’autres vont plus loin, en indiquant à leurs followers où trouver certains produits cosmétiques à Dakar. C’est le cas de la récente YouTubeuse, Make up by Rima. Sénégalaise vivant aux Etats-Unis et arrivée sur YouTube en 2014, elle compte aujourd’hui plus de 6.000 abonnés.

Si le thème du maquillage, des soins de la peau et des cheveux sont principalement abordés, l’estime de soi n’est pas en reste. Fatou Ndiaye, l’une des blogueuses françaises les plus influentes et originaire du Mali, du Sénégal et du Nigeria, et Gaëlle Prudencio, l’une des blogueuses mode pour les rondes les plus connues en France, traitent, très souvent, la question sur l'acceptation et l’estime de soi. A travers leurs plateformes de blogging, ces deux jeunes femmes montrent à leurs milliers de followers à quel point elles sont fières de leur peau noire, leurs cheveux crépus, leur forme, leur pays ou leur continent. Toutes ces blogueuses sont suivies sur les différents réseaux sociaux. Elles sont sur Facebook pour échanger avec leurs abonnées. Sur YouTube pour parler de méthodes et astuces. Sur Instagram pour poster des photos. Sur Twitter pour informer sur une actualité qui les concernent et sur Snapchat pour partager leur quotidien.

Peu nombreux, les passionnés de littérature ou de divers sujets autres que la mode et la beauté ne sont pas en reste. C’est le cas de ces jeunes auteurs Sénégalais vivant à Paris, Mbougar Sarr et Ndèye Fatou Kane. Ces derniers tiennent des blogs hébergés sur Wordpress ou Over blog où ils partagent des coups de cœur et coups de gueule lecture. Des sujets sur l’actualité sénégalaise y sont souvent traités. Contrairement à leurs homologues blogueurs mode, ils ne sont pas encore présents sur YouTube.

Il faut dire que ces natives ou originaires du Sénégal ne sont pas encore fans du BookTube, cette nouvelle forme montrant des YouTubeurs qui parlent de livres sur YouTube.

Aminata THIOR

Etonnement

18 Mai 2016
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« Le commencement de toutes les sciences, c’est l’étonnement de ce que les choses sont ce qu’elles sont », écrivait Aristote dans La Métaphysique. L’un des pères de la Philosophie y faisait écho au fait que l’étonnement est le point de départ de la marche de toute une vie. En effet, à travers l’étonnement, on observe pour comprendre et, si possible, ordonner par la suite la connaissance. Donc, s’étonner pour comprendre, puis progresser avec le savoir. Si, à travers l’étonnement, Aristote s’est frotté au monde, ce dernier s’en est retrouvé changé à jamais. La France, au contact des étrangers, se retrouve changée à jamais… enfin, sur certains points. Les préjugés ont la vie dure, semble-t-il. En 2010, une étude faite par l’économiste Xavier Chojnicki estimait à 68,4 milliards d’euros les prestations versées aux immigrés et à 72,026 milliards leurs cotisations dans les poches de l’Etat français. Ce qui fait un différentiel positif de plus de 3 milliards d’euros pour l’Etat français. L’année 2005 est bien symbolique de l’apport des étrangers en France. « La contribution nette globale de l'immigration au budget de l'Etat serait ainsi positive et de l'ordre de 12 milliards d'euros pour l'année 2005 ; un immigré aurait effectué en moyenne un paiement net de l'ordre de 2250 euros contre un peu plus de 1500 euros pour un autochtone ». En clair, les étrangers font mieux marcher l’économie française que les Français. Les étudiants étrangers, le cheval de Troie de l’immigration, selon ses détracteurs, ne sont pas en reste. Chaque année, ils coûtent 3 milliards d’euros et en rapportent 4,65 milliards d’euros à l’État français. C’est la conclusion d’une étude menée par l’institut Bva pour Campus France, publiée fin 2014.

Alors l’étonnement de voir que, dans un rapport rendu public le 9 mai 2016, Jacques Toubon, le défenseur des droits, une institution de l’Etat français « complètement indépendante »,  s’insurgeait contre une « logique de suspicion » envers les étrangers. Le rapport met à nu « l’ensemble des obstacles qui entravent l’accès des étrangers aux droits fondamentaux » comme la scolarisation ou la santé. Ces obstacles sont des discriminations, des inégalités, des préjugés et de la méfiance dans un contexte de la crise des réfugiés et de la montée des idées d’extrême droite en Europe.

En France, les étrangers sont confrontés aux « restrictions d’accès à l’emploi », notamment pour les métiers en tension qui font l’objet d’une autorisation.

Peut-on encore s’étonner que, dans une logique de politique restrictive migratoire, les contrôles d’identité prennent les formes d’un ciblage des étrangers ? S’étonner n’est pas toujours permis.

• Par Moussa DIOP

De 2013 à 2015, le Japon est passé de 10 à 20 millions de touristes accueillis par an. C’est le résultat d’une stratégie et d’une politique de développement qui ont porté rapidement leurs fruits. Le Sénégalais Pape Elimane Faye est au cœur des politiques japonaises de tourisme. Après un Master en Sociologie à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il obtient le Monbusho, la prestigieuse bourse du gouvernement japonais. Ce qui lui permet de s’inscrire à la Tokyo Metropolitan university. Il y passe 4 ans et demi. D’abord, pour un recadrage dans le domaine du tourisme et, ensuite, pour des recherches doctorales. Pape Elimane Faye est désormais titulaire d’un Doctorat en Tourisme. Universitaire, il est également consultant-formateur à la Japan international cooperation agency (Jica).

Quels sont les domaines touristiques qui requièrent votre expertise ? Les politiques, la compétitivité, les stratégies et la promotion touristiques sont les domaines qui convoquent le plus mon expertise. Vous savez, le tourisme est public avant d’être privé. Chaque pays, chaque zone géographique a besoin de définir une bonne politique et planification touristique pour mieux attirer les investisseurs et rendre l’environnement accueillant et facile. Les attractions touristiques doivent également être au rendez-vous de même que les infrastructures. Une fois tout cela obtenu, la promotion stratégique du tourisme tant au niveau national qu’international doit suivre. Et cela doit être, de manière générale, l’affaire des politiques touristiques qui peuvent être résumées en 3 mots : la visibilité, l’attractivité et la compétitivité. En résumé, c’est ce qui cristallise toute mon attention et tous mes axes de recherche.

Comment se comporte, aujourd’hui, le tourisme au Sénégal ? Y a-t-il vraiment ces trois éléments dont vous parlez ? Le tourisme sénégalais n’est ni attractif, ni compétitif, encore moins visible quoique le secteur génère un chiffre d’affaires de 300 milliards de FCfa.  Il constitue la deuxième source de devises après la pêche et demeure la première activité dans bien des localités. L’industrie touristique, de nos jours, est à l'agonie alors que le Sénégal dispose d'un fort potentiel. On note, malgré tout, une forte volonté et des efforts depuis que le président Macky Sall est en place. Mais il lui faut encore et davantage plus de compétences. Car malgré ses  efforts, le tourisme reste négligé au Sénégal au moment où il est devenu la première industrie du monde en termes de rentrée de devises et de création d’emplois. Il faut donc reconnaitre que notre tourisme a du mal à prendre son envol. Il est toujours dans un naufrage silencieux mais très profond.

Pourquoi le tourisme peine-t-il toujours à trouver ses marques au Sénégal ? Il y a des choses qui ont été dites et redites et dont tout le monde semble bien informé maintenant : il s’agit de la cherté de la destination Sénégal. Un problème qui, je pense, est en phase d’être résorbé. Le Sénégal est extrêmement cher au moment où nos concurrents allègent aux visiteurs toutes les difficultés qui pourraient les dissuader. Par exemple, entre le Sénégal et le Maroc, le touriste européen, américain ou asiatique choisira plus facilement le royaume chérifien, lequel dispose d’une compagnie aérienne qui fonctionne avec un budget de voyage moins cher, une promotion plus agressive, une offre touristique plus variée, des infrastructures plus au top et des informations plus disponibles. Je dois ajouter aussi le manque de réseaux et de moyens de nos tours opérateurs et agences de voyage ; ce qui fait qu’ils sont invisibles en dehors du pays. La plupart d’entre eux n’ont même pas de présence sur internet. Les offres vers la destination Sénégal sont absentes dans les agences de voyage au Japon par exemple. Ceci rend compte de l’absence de notre pays au niveau du tourisme international ; aucun catalogue de voyage ne propose le Sénégal au moment où le Maroc, le Kenya, l’Afrique du sud, la Tanzanie, le Malawi, la Tunisie, l’Egypte et d’autres pays africains sont recommandés aux touristes grâce à leurs brochures, catalogues et pamphlets.

Un autre problème de notre tourisme est le ciblage. Il faut comprendre que les pays qui envoient plus de touristes dans le monde ne sont pas qu’en Europe encore moins seulement en France.  D'ailleurs, nous y sommes concurrencés par le Cap-Vert et les Caraïbes. Le marché touristique est beaucoup plus large. Il faut donc faire un travail de ciblage précis, et cela ne se fait pas sans la contribution d'agences de voyage et de tours opérateurs mieux encadrés, plus décomplexés, avec une meilleure visibilité sur internet.

Enfin, l’Agence de la promotion touristique devrait avoir une politique plus « agressive », car consciente des enjeux et défis du moment de ce qui est l’essence même de la promotion touristique. Celle-ci se fait autrement aujourd’hui, et la possibilité de toucher des publics jadis inaccessibles devient maintenant plus facile. Les touristes, avant de choisir une destination, ont d’abord, de manière interactive, un dialogue avec elle ; ce qui est très déterminent dans leur choix. Et sur ce terrain, on ne sent vraiment pas l’Agence de promotion touristique.

Que suggérez-vous compte-tenu de votre expérience japonaise ? Je dois dire que le Japon est en train de connaitre un boom touristique depuis qu’il a revu sa promotion avec la marque « Cool Japan ». L’archipel recevait en moyenne 8 millions de touristes par an jusqu’en 2013 où il a passé le cap symbolique des 10 millions de visiteurs. En ce moment, l’exécutif se fixait un objectif de 20 millions de touristes en 2020 en lien avec la tenue des Jeux olympiques. Mais au grand bonheur du secteur touristique, cet objectif a été atteint dès 2015. Il ne leur a fallu, en gros, que 2 ans de campagne et de promotion pour concrètement atteindre 19,74 millions de touristes.

Ils ont d’abord couplé la marque « Cool Japan » avec « Visit Japan », puis réorienté leurs stratégies de promotion auprès des pays voisins. Il y a eu la jonction de quatre organisations touristiques majeures avec le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (Meti) ; ces organisations se sont regroupées dans ce qu’elles appellent une action jointe autour de la campagne des marques « Cool Japan » et « Visit Japan » qui constituent chacune un programme, en plus de « Invest Japan ». Ces projets ont été conduits à la fois par les ambassades, les offices de tourisme à l’étranger et le secteur privé. Ils ont aussi revu la formation des guides dont l’exigence première est le multilinguisme puisqu’au Japon les guides passent un examen national pour obtenir leur licence. Je proposerai pour le Sénégal une démarche similaire avec une formation appuyée à nos guides touristiques. Cela réduirait leur nombre abusif et leur agressivité négative. Au Sénégal, nous avons les moyens de proposer de nouvelles pratiques touristiques et de faire de notre pays un foyer d’innovations touristiques. J’aurais donc souhaité, à la place du ministère du Tourisme, une autorité nationale du tourisme dont les compétences transcenderont tous les ministères qui ont des liens précis avec le tourisme, car celui-ci est multidimensionnel et multisectoriel. Cela pourrait aider à rassembler toutes les agences comme la Sapco, la promotion et tant d’autres autour d’une seule organisation transversale.

Par Aly Diab Diop, Tokyo (Japon)

35 morts et 101 blessés. C’est le bilan fourni par les autorités belges après les attentats de Bruxelles du 22 mars dernier. La diplomatie sénégalaise faisait état de zéro victime. Pourtant, quelques semaines plus tard, la chancellerie sénégalaise à Bruxelles a reçu un curieux appel d’une personne se présentant comme sénégalaise et qui était gravement blessée lors des explosions à l’aéroport de Zaventem de Bruxelles.

« Tout juste après les attentats, les communications avec les autorités belges m’ont permis d’apprendre qu’il n’y avait pas de victime sénégalaise », nous confiait Amadou Diop, l’ambassadeur du Sénégal à Bruxelles, le 24 mars 2016, soit deux jours après les attentats ayant fait, au total, plus de 130 victimes (morts et blessés) dans la capitale belge. Près d’un mois plus tard, la situation est tout autre. D’abord recoupées, plusieurs informations mènent vers un nom : Laye Kane Diallo, un Sénégalo-américain blessé dans les attentats à Bruxelles et hospitalisé à Charleroi. Contactés, les services diplomatiques sénégalais à Bruxelles confirment sans mal l’information.

« Nous voudrions porter à votre connaissance qu'un individu se déclarant ressortissant de notre pays, mais identifié comme citoyen américain sur la liste des victimes établie par les autorités belges parce qu'il était porteur d'un passeport américain, a pris contact avec l'ambassade pour signaler qu'il a été blessé au cours desdits attentats ». Du côté de l’avenue Franklin Roosevelt, où se trouve l’ambassade du Sénégal à Bruxelles, on confirme également l’identité du blessé sénégalais. Il s’agit bien de Laye Kane Diallo qui était toujours hospitalisé à Charleroi en fin avril. De sources diplomatiques, Laye Kane Diallo détiendrait « des documents américains au moment des événements ». Des échanges ont existé entre Laye Kane Diallo et les services diplomatiques sénégalais à Bruxelles. « Ce qui nous a permis de constater que les services belges compétents lui ont apporté toute l'assistance requise, confie un diplomate sénégalais. Son état s'est bien amélioré et il espère retourner bientôt aux Etats-Unis d'où il était venu, dans le cadre de ses activités commerciales ».

Retour sur une matinée tragique
En remontant le fil des événements, Laye Kane Diallo est présent à l’aéroport de Zaventem, ce 22 mars à 8 heures, où il s’apprête à embarquer afin de retourner aux Etats-Unis après un séjour en Europe dans le cadre de ses activités professionnelles. L’une des deux explosions ayant lieu dans l’aéroport bruxellois le pulvérise, occasionnant plusieurs blessures sérieuses. Le pronostique vital est engagé. Laye Kane Diallo raconte avoir reçu « huit (8) opérations » et est dans l’attente d’une neuvième « pour extraire une neuvième pointe qui lui aurait percé la gorge ». Blessé et acheminé à l’hôpital de Charleroi, les services diplomatiques sénégalais sont passés à côté de son cas puisqu’il « a voyagé avec son passeport américain ». « Nous ne connaissons pas les détails de son état civil parce qu’il nous a confirmé qu’il n’a voyagé avec aucun document sénégalais », poursuit un représentant de la diplomatie sénégalaise. Contacté, l’ambassadeur Amadou Diop évoque une situation inédite. « C’est une personne qui a été répertoriée comme américaine. Elle fait partie des victimes américaines, car ayant voyagé avec un passeport américain. Les autorités belges nous ont soumis les informations selon la nationalité des victimes ». Si Laye Kane Diallo dispose d’une nationalité américaine, « il parle bien le wolof du pays », précise le diplomate sénégalais. Ce qui induit une probable double nationalité. Les détenteurs de plusieurs nationalités voyagent souvent avec le passeport qui leur permet d’avoir moins de tracasserie administrative. Pour beaucoup d’entre eux, ce n’est pas une manière de renier leurs origines. Après sa neuvième opération pour extraction d’une pointe qui lui aurait percé la gorge, Laye Kane Diallo n’a plus donné signe de vie.

Par Moussa DIOP

Le Mois du Sénégal au Canada est organisé chaque année, en avril, par le Regroupement général des Sénégalais du Canada (Rgsc).

Les Sénégalais réclament plus d’accès aux documents administratifs

Pour Ibrahima Sakho, président de Rgsc, et son équipe, « c’est un clin d’œil à la fête d’indépendance du Sénégal ». L’édition de 2016, la 4ème du genre, a été rythmée par les débats sur l’économie, avec la présence de Pierre Goudiaby Atépa qui a animé une conférence au cours de la laquelle il a décliné ses douze propositions pour un Sénégal émergent. Les journées économiques ont été axées sur la diplomatie économique avec la recherche d’investisseurs canadiens au Sénégal. Les sciences, la diplomatie et la culture ont eu des manifestations dédiées, avec notamment le groupe éponyme Pape et Cheikh venus de Dakar mais aussi des artistes sénégalais établis au Canada, comme Omar Ndiaye Xosluman, Elage Diouf, Seydina Ndiaye, Assane Seck (fils de Zal Seck) et Diouncouda Ndiaye, ancienne pensionnaire du Théâtre Daniel Sorano.

Sory KabaSory Kaba : « Il y aura un bureau au Canada pour appuyer les investissements vers le Sénégal »
Le directeur des Sénégalais de l’extérieur avait également fait le déplacement avec une délégation d’agents venus du consulat sénégalais de New York pour confection de documents administratifs aux Sénégalais du Canada. Cependant, de nombreuses personnes venues de Montréal, Trois Rivières et même de Québec n’ont pas pu déposer leur demande de passeport où carte nationale d’identité, malgré les deux jours de présence de ces agents. L’épineux problème des documents administratifs, la spécificité des Sénégalais du Canada et leur apport dans le développement du Sénégal ont été au cœur de l’entretien que Sory Kaba nous a accordé.

M. Sory Kaba, quelles sont les principales préoccupations des Sénégalais du Canada ? Les problèmes, si on les priorise, c’est d’abord l’accès aux documents administratifs, notamment les cartes nationales d’identité et les passeports. Ce sont les premières préoccupations de nos compatriotes qui vivent au Canada. J’ai encore souvenance, en 2014, quand j’ai reçu les étudiants à travers leur association, cela était une forte demande. Nous leur avons, par la suite, envoyé systématiquement une équipe pour régler ce problème. Aujourd’hui encore (entretien réalisé le 29 avril, Ndlr), je suis arrivé avec une équipe pour faire les passeports et les renouvellements ; ce qui veut dire que nous partageons avec eux cette préoccupation, en l’identifiant comme priorité. Nous recevons les instructions du président de la République pour que cette sollicitation récurrente soit une vieille histoire et, à terme, il nous faut avoir une valise mobile et à défaut d’un centre de production à Ottawa, qu’on puisse faire l’enrôlement et que la production puisse se faire à New York. C’est une équipe de New York qui est dépêchée au Canada pour faire les documents ; l’option de la valise, nous y travaillons et l’avons expérimenté dans certains pays comme l’Italie. L’ambassade du Sénégal à Rome dispose d’une valise mobile mais la production se fait à Milan, au niveau du Consulat.

Va-t-on vers l’amélioration, avec une convention bipartite, de la prise en charge des droits sociaux des Sénégalais de Canada ? Nous avons revisité l’accord qui nous lie à la France. Nous avons également un accord avec l’Italie et l’Espagne où il y a au moins 3 générations (d’immigrés sénégalais, Ndlr). Ce qui n’est pas le cas encore, je crois, au Canada, mais c’est une question qui figure dans l’agenda du gouvernement du Sénégal pour que nous puissions faire prévaloir une vraie dynamique de protection sociale du migrant sénégalais et de sa famille. Au-delà de cette dimension sociale, il y a également celle économique qui est importante. La question du retour et de l’investissement est importante parce que l’image qu’on retient du Sénégalais qui vit au Canada, c’est un diplômé, un technocrate. C’est quelqu’un sur qui le gouvernement peut compter en termes d’Intelligentsia et d’expertise. On se rend compte qu’il y a des problèmes aussi à prendre en considération. Même s’ils ne comptent pas rentrer tout de suite ou n’ont pas encore d’offres d’emploi, les Sénégalais au Canada n’excluent pas le retour au pays. Pour ceux qui envisagent de rentrer au Sénégal, ils veulent se lancer, pour la majorité, dans le secteur privé et ils auront besoin d’accompagnement, parce que cela fait longtemps qu’ils se sont absentés du pays. Ils ont besoin d’être accompagnés pour identifier les niches ou les secteurs porteurs de croissance sur lesquels ils peuvent investir.

Qu’est-ce que vous comptez faire pour cet accompagnement ? Je viens de dire au chef du bureau économique à Ottawa (Zaccaria Coulibaly, Ndlr) que nous allons ouvrir en Italie le premier bureau d’Appui à l’investissement des Sénégalais de l’extérieur, et on va travailler pour ouvrir un bureau également au Canada. Suite à la rencontre que j’ai eu avec le Bureau du Rgsc, nous nous sommes entendus pour procéder à l’identification de tous les Sénégalais diplômés qui vivent au Canada. C’est aussi une demande du président de la République. L’ambassade va impulser la dynamique et le Rgsc sera mis à contribution pour que tous les membres puissent être identifiés et répertoriés. In fine diplômés ou pas, travailleurs ou pas, nous en avons besoin dans le cadre d’un répertoire qui sera mis à la disposition du chef de l’État.

Sur la question du retour et de l’investissement, quelle est la porte d’entrée pour les Sénégalais de l’extérieur ? Qui chapeaute tous les nombreux programmes ? Le point d’entrée de tous les Sénégalais vivant à l’étranger est le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur ; donc la direction générale des Sénégalais de l’extérieur.

Nous les orientons en fonction des centres d’intérêt parce qu’il est important que nous respections les questions de forme, car demain, si quelqu’un a des problèmes avec l’Apix, un autre bailleur ou une collectivité sur une question portant, par exemple, sur le foncier, c’est nous qui allons intervenir. L’idéal aurait été que nous soyons informés en amont pour pouvoir anticiper sur ces problèmes. Par ailleurs, l’Apix, le Fongip, la Bnde, le Fonsis ont des initiatives qui concernent les Sénégalais de l’extérieur, mais nous jouons le rôle de coordination pour fédérer l’ensemble de ces actions en faveur des Sénégalais qui vivent à l’étranger. Je pense donc que la  porte d’entrée, c’est nous, la direction des Sénégalais de l’extérieur. Ce qui justifie d’ailleurs notre présence à chaque fois que de besoin.

Pape et CheikhRencontre avec Pape & Cheikh : « Faire de Montréal notre Bercy avec un grand concert annuel »
Présents au Mois du Sénégal au Canada pour répondre, pour la deuxième fois, à l’invitation du Rgsc, le groupe s’est produit lors d’un concert au cours de la cérémonie de clôture devant ses nombreux admirateurs au Canada. Pape & Cheikh comptent perpétuer un concert annuel à Montréal comme les « Bercy » de Youssou Ndour.

Votre présence au Canada est-elle également un début pour une carrière internationale ? Pape : Actuellement, nous ne sommes pas dans une recherche active de contacts au Canada, mais nous le souhaitons, car nous apprécions vraiment le public canadien. Nous commençons à nouer certaines relations, cependant, c’est encore trop récent, environ 4 mois. A terme, cela nous permettra d’aller au-delà du public sénégalo-sénégalais. Il ne faut pas oublier que c’est notre  4ème venue au Canada, les 2 autres fois, c’était dans le cadre de festivals. Même si nous gagnerons à être mieux connus, je précise humblement que nous savons que nous sommes des artistes confirmés et reconnus. Notre premier album fut un album international avec Real One de Peter Gabriel, et à l’époque, nous avions fait une tournée internationale. Je vais vous raconter une anecdote. A l’aéroport, lors de notre arrivée, nous n’avions pas nos invitations sur nous. C’est en tapant notre nom sur internet que le douanier canadien a pu avoir confirmations de nos identités et de nos activités dans la musique. Je pense qu’une certaine notoriété s’installe à l’ère du numérique. Nous allons continuer à maintenir ces contacts et mettre Montréal dans notre agenda, et que cela puisse être un rendez-vous annuel et pourquoi pas devenir l’équivalent d’un Bercy de Youssou Ndour, d’autant plus que le public sénégalais nous témoigne une affection et un intérêt en répondant nombreux par leur présence à notre soirée.

Comment jugez-vous le public montréalais et les Sénégalais du Canada par rapport aux autres Sénégalais de la diaspora ? Cheikh : Je vois une entraide et une solidarité qui caractérisent le Sénégalais partout ou ils se trouvent dans le monde. J’espère que cela va continuer. Je les encourage à s’entraider, et prions qu’ils réussissent et puissent aider leurs familles restées au pays.

Pape : je vois une réelle implication des Sénégalais d’ici, ils viennent uniquement pour nous, et c’est pour cela que c’est toujours avec un grand plaisir que nous répondons à leur invitation, malgré la distance qui sépare les deux pays.

Dossier réalisé par Aminata Sow, Montréal (Canada)

Deux personnages, deux parcours et une ambition. Les Sénégalais Lamine Dramé et Adji Kaïré Ndack Cissé évoluent dans le secteur hôtelier marocain. Tous les deux travaillent dans un grand complexe hôtelier à Casablanca. L’homme est un « chasseur d’hôtel », la femme est responsable qualité service d’un complexe hôtelier. Leur ambition : rentrer au bercail pour servir leur pays. Leur employeur est en train de faire des démarches pour ouvrir une filiale au Sénégal. Nous avons rencontré nos deux compatriotes à Casablanca, à l’issue du Forum Crans Montana qui s’est tenu à Dakhla (Maroc), en fin mars 2016. Une rencontre où John Abraham Godson, Nigérian naturalisé Polonais, a été récompensé. Il est le premier député noir du Parlement polonais et l’une des fiertés de la diaspora africaine en Europe.

Lamine Dramé, « chasseur de clients » : Un digne ambassadeur dans le secteur hôtelier marocain
Lamine Dramé est un « chasseur de clients » dans un grand complexe hôtelier à Casablanca. Par son professionnalisme, il force le respect. Son employeur le considère comme son « fils ». Pour lui, Lamine Dramé, par sa loyauté et sa sincérité, fait partie des dignes fils et ambassadeurs du Sénégal à Casablanca.

Habillé d’un costume marron assorti d’un bonnet, Lamine Dramé, la trentaine révolue, est bien dans sa tenue d’hôtel. D’un abord facile, joyeux, « sympa » et serviable, il force le respect par sa disponibilité et son savoir-faire. Depuis quatre ans, il officie comme « chasseur de clients » dans un grand complexe hôtelier à Casablanca. Chasseur de clients, son rôle consiste à réserver un accueil chaleureux et digne de son rang aux clients mais aussi à les installer. Lamine est apprécié par ses collègues et ses supérieurs hiérarchiques. Son patron le considère d’ailleurs comme son fils. Il le comble de présents à l’occasion des fêtes musulmanes (Tabaski, Korité, etc.). S’il part en congé, il lui paie le billet d’avion Casablanca-Dakar. Pour le renouvellement de son séjour au royaume chérifien, le directeur du complexe hôtelier l’aide à s’acquitter de toutes les formalités. « Les Marocains considèrent les Sénégalais comme leurs frères. Ce sont des travailleurs ; ils sont ponctuels, corrects et responsables. Ils ont le savoir-faire pour réussir leur séjour au Maroc », témoigne un des hauts responsables du complexe hôtelier qui a requis l’anonymat.

Le déclic pour Lamine Dramé est la disparition de son père quelques années plus tôt. En tant qu’aîné de la famille, il pense que l’aventure marocaine est une solution pour assumer ses nouvelles responsabilités. Toutefois, dit-il, la traversée clandestine du Maroc vers l’Espagne ne l’a jamais effleuré l’esprit. A son arrivée, il ne voulait pas embrasser le métier d’hôtelier. N’ayant pas trouvé d’autres opportunités, il s’est rabattu sur ce secteur. Pour ce faire, il a d’abord suivi une formation accélérée de six mois dans le domaine de l’hôtellerie, avant d’être recruté par son nouvel employeur. C’est pourquoi il conseille aux jeunes sénégalais qui souhaitent tenter l’aventure marocaine d’avoir une formation qualifiante. « Seuls ceux qui disposent d’une qualification peuvent espérer une insertion professionnelle », assure-t-il. De l’avis de Lamine Dramé, les nombreux cas de chômage des Sénégalais au Maroc sont liés au manque de qualification. « Le Maroc dispose de beaucoup d’opportunités d’emplois pour les jeunes, notamment dans les secteurs de l’hôtellerie et des télécommunications, précise-t-il. Certains considèrent l’Europe comme étant l’Eldorado, alors que ce n’est pas la meilleure aventure ».

Marié il y a de cela cinq ans, il ne se plaint guère de sa situation dans ce complexe hôtelier où il est bien rémunéré. Réservé et occupé du fait de son emploi du temps chargé, il s’informe peu de la situation de nos concitoyens établis au Maroc. A sa descente du travail, à 14 heures, fatigué, Lamine Dramé se préoccupe à aller se reposer puisqu’il se réveille à 5 heures du matin.

Auparavant, il échange par téléphone avec sa famille qui réside à Guédiawaye. « Parfois, il y a des faits qui se déroulent au Maroc sans que je ne sois au courant. C’est ma famille qui est restée au Sénégal qui m’informe », précise-t-il.

Adji Kaïre Ndack Cissé, manager qualité dans un complexe hotelier marocain : Une fierté à Casablanca
Nommée récemment manager qualité de service d’un grand complexe hôtelier à Casablanca, Adji Kaïré Ndack Cissé veut relever le défi lié à cette consécration qu’elle accueille avec beaucoup de modestie.

Adji Kaïré Ndack Cissé ne passe pas inaperçue dans les couloirs d’un grand complexe hôtelier à Casablanca. La Sénégalaise vient d’être recrutée, il y a trois mois, comme manager qualité de service d’un complexe hôtelier, non loin de l’aéroport international Mohammed V de Casablanca. Un poste stratégique. Une nomination que la native des Parcelles Assainies (Dakar) accueille avec beaucoup de modestie. Elle ne s’en enorgueillit point.

D’une noirceur d’ébène et de taille moyenne, Adji Kaïré Ndack Cissé est une ancienne étudiante de l’Université Dakar Bourguiba à la section Ingénierie juridique, banque, assurance (Ijba) où elle a obtenu son Master. Diplômée, elle avait proposé ses services un peu partout, en vain. Alors qu’elle passait ses vacances à Casablanca, en 2014, elle a obtenu une proposition pour travailler dans un Centre d’appel dans cette ville. « Ce secteur marche à merveille au royaume chérifien », estime-t-elle.  Après y avoir passé trois ans, Adji Cissé dépose son curriculum vitae (Cv) à Royal Air Maroc (Ram). Il se trouve que le complexe hôtelier est une filiale de la Ram. Elle a ainsi été recrutée pour la supervision de la prestation des travailleurs du complexe hôtelier. Elle devient ainsi la première sénégalaise à occuper ce poste de manager qualité de service dans cet hôtel casablancais. « Notre préoccupation, c’est de satisfaire les clients. Nous sommes l’œil de la clientèle. Nous supervisons les prestations à l’accueil, à la restauration, à l’hébergement, à la technique, bref, tout ce qui permet à notre hôtel d’être plus attractif », explique-t-elle. Elle a également pour objectif l’augmentation du chiffre d’affaires de l’hôtel.

En dehors des rapports qu’elle transmet à sa hiérarchie, elle surveille l’image de sa structure via les réseaux sociaux, notamment la note décernée par les instruments de mesure de satisfaction de la clientèle. Après trois mois de service, son entreprise a une notation positive avec 8,2 sur 10.

A Casablanca, Adji Cissé travaille pour « se faire respecter, accepter et être aimable », même si, parfois, elle admet que l’intégration est « un peu difficile ». « Dès fois, nous faisons face à des humeurs que nous sommes obligés de gérer. Il faut faire preuve de dépassement et discernement », estime la manager qualité de service qui vient à peine de se marier. Elle vit avec son époux à Mohammedia, quartier situé à 15 minutes de Casablanca par train. A l’image de son collègue Lamine Dramé, elle conseille à ses concitoyens d’avoir une qualification professionnelle avant de tenter l’aventure marocaine pour pouvoir s’insérer professionnellement dans ce pays. Les centres d’appels, selon elle, sont aussi un autre secteur qui offre beaucoup d’opportunités. Adji Cissé note tout de même que c’est un travail trop exigeant. « Vous êtes tenus à des obligations de résultats. Beaucoup de Sénégalais y évoluent et ont la chance de décrocher des contrats juteux », assure-t-elle. A Mohammedia, une dizaine de Sénégalais s’activent dans ce secteur. Seulement, l’hôtellerie est moins stressante que ces centres d’appels.

Du chemin à parcourir
L’hôtellerie est un secteur porteur au Maroc. « C’est une activité en marche, malgré les menaces croissantes dans ce pays. Nous sommes en train de diversifier notre offre. Nous nous tournons vers la Russie, la Chine, le monde arabe, etc. », souligne un haut responsable de ce complexe hôtelier qui a requis l’anonymat. Avant de préciser qu’ils ont un projet de construction d’une succursale au Sénégal. Adji Cissé espère la réalisation du projet afin d’entamer un retour au bercail. « Si je peux avoir le même salaire qu’au Maroc, je préfère rester au Sénégal », assure-t-elle. Comparant le Maroc et le Sénégal, elle soutient que ce dernier a encore du chemin à parcourir dans beaucoup de domaines, notamment dans les infrastructures (la réalisation des tramways, par exemple). « Un pays ne peut se développer sans infrastructures de haute qualité », soutient Adji Cissé. Elle ajoute également que le coût de la vie est moins cher au Maroc qu’au Sénégal. Se débrouillant en arabe, langue la plus parlée au Maroc,  Adji Cissé veut s’y perfectionner, de même qu’en anglais. Pour l’instant, elle veut marquer de son empreinte. En attendant, cette jeune femme énergique, fonceuse, positive et persévérante travaille quotidiennement pour améliorer la qualité de service de sa structure. Elle est une inspiration pour d’autres jeunes sénégalais qui sont dans la diaspora. Son rêve, c’est de retourner au bercail pour servir son pays, pourvu que leur projet de création d’une succursale à Dakar se concrétise.

Souleymane Diam SY

Last modified on vendredi, 20 mai 2016 10:41

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