Noyade du jeune Sénégalais à Nice : Les zones d’ombres de la mort de Tamsir

19 Juil 2016
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Noyade du jeune Sénégalais à Nice : Les zones d’ombres de la mort de Tamsir Noyade du jeune Sénégalais à Nice : Les zones d’ombres de la mort de Tamsir

Le conditionnel était de rigueur dans les circonstances de l’annonce de la mort d’un sénégalais de 17 ans à Nice. Il n’était pas de trop. Le décès de Tamsir apparaît, de plus en plus évident, ne rien à voir avec la tuerie qui a causé 84 morts et 202 blessés à Nice au soir du 14 juillet. Cependant les circonstances de la mort de Tamsir soulèvent beaucoup d’interrogations.

Les premiers éléments de l’enquête des policiers du Groupe d’appui judiciaire (GAJ) de Nice sont formels. La mort par noyade de Tamsir est survenue dans l’après-midi du 14 juillet à la plage de Nice. C’est-à-dire plus de 5 heures avant la tuerie sur la Promenade des Anglais. Le hasard a fait que l’endroit où le suspect de l’attentat et son camion ont été immobilisés se trouve, « sur près d’une dizaine de mètres », du lieu où le corps de Tamsir a été repêché de la mer. Quand la petite histoire se lie à la grande fauchant sur son passage le destin d’un jeune homme de 17 ans.

Les questions de la famille

L’enquête de la police française va se poursuivre et l’autopsie du corps devait éclaircir l’heure exacte et les circonstances du décès. En attendant que la policière chargée du dossier poursuive ses investigations, la famille de Tamsir s’interroge sur les premiers éléments de l’enquête dont elle dispose. Pour Omar, cousin et tuteur de Tamsir à Nice, « les zones d’ombre sont nombreuses. Comment peut-on m’expliquer que Tamsir se soit noyé en plein après-midi sur une plage remplie de personnes et de sauveteurs ». Pendant l’été, la plage niçoise reçoit des milliers de personnes au quotidien surtout un 14 juillet, jour férié où on célèbre la fête nationale en France. « Et puis, les premières informations recueillies sur son Facebook révèlent que Tamsir est partie à la plage en compagnie d’une autre personne. Contactée, cette personne nous indique l’avoir quitté vivant dans l’après-midi. Je me pose des questions sur ce qu’elle nous raconte. » Omar a décidé de s’attacher les services d’une amie détective privé qui va fournir les premiers résultats de son enquête à la police française débordée par son travail sur l’attentat.

Connaissant parfaitement Nice pour y vivre et y travailler depuis 16 ans, Omar compte trouver des réponses aux questions qu’il se pose sur la mort de son cousin qu’il avait fait venir à Nice en février 2016. « Tamsir n’était pas un étudiant mais il finissait une formation professionnelle dans l’informatique et l’hôtellerie.
C’était un jeune homme brillant, travailleur, respectueux des gens et de sa religion. Je l’ai couvé, montré le chemin à Nice. Je lui ai trouvé la formation. C’était une personne exemplaire », poursuit Omar dans l’établissement du portrait de son cousin disparu. Inlassablement, il revient sur ce fameux et dramatique 14 juillet 2016. Le jeune Tamsir sort de l’appartement qu’il partage avec son cousin qui dort profondément pour « récupérer de la fatigue d’un récent voyage au Sénégal ».

Rendez-vous avec la mort
Leur logement se trouve à moins de 10 minutes à pied de la Promenade des Anglais mitoyenne de la mer. Tamsir ne le sait pas encore mais il ne remettra pas les pieds dans l’appartement car il a rendez-vous avec la mort. Au réveil, le cousin ne le revoit pas rentrer. « Ce qui ne fait pas partie de ses habitudes ». Pris de panique après avoir entendu les premières informations sur l’attentat de Nice, Omar part à la recherche du jeune Tamsir. Il passe trois heures à le chercher dans ce qu’il appelle « une scène de guerre où il y avait des morts partout. Il y avait des corps déchiquetés, écrasés et du sang partout sur la chaussée ». La situation était tellement chaotique qu’Omar en oublie même mon sort et la panique liée à l’absence de Tamsir. En fin de soirée, il décide, la mort dans l’âme, de rentrer pour reprendre les recherches le lendemain. Pas la peine. Au petit matin du 15 juillet, la police frappe à la porte de l’appartement que se partage les deux cousins. Omar comprend rapidement ce qui se passe. « Je lui avais toujours conseillé de sortir avec ses papiers d’identité.

C’est ce qu’il avait fait et c’est grâce à cela que les policiers ont pu arriver jusqu’à moi ». Interrogé par les policiers français, Omar reconnaît Tamsir sur la photo du corps présentée par les agents dépositaire de l’ordre. « Je n’ai pas encore vu le corps mais je suis sûr à 100% que c’est lui sur la photo que les policiers m’ont montrée », jure-t-il. De ce mauvais cauchemar qui s’éternise, Omar espère une issue rapide pour faire le deuil de son cousin. Mais son vœu ne va certainement pas se réaliser dans les jours à venir. En effet, la police locale renforcée par des éléments nationaux est occupée par les enquêtes liées à la tuerie de Nice. Pour le moment, même le jour de l’autopsie du corps de Tamsir n’est pas encore connu. Des délais qui s’allongent et qui étirent la souffrance d’une famille qui ne demande qu’à faire le deuil.

Par Moussa DIOP

Last modified on mardi, 19 juillet 2016 12:54
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