Rama Yade, de pionnière à débutante

21 Fév 2017
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Rama Yade s’est révélée sur la scène politique française en prononçant un discours lors de la cérémonie d’investiture de Nicolas Sarkozy, en 2007. Dix ans plus tard, elle se lance à la candidature de la présidentielle française.

Quand « Le Soleil » lui demandait, en avril 2012, si la petite fille qui est arrivée en France à l’âge de 10 ans se retournait sur son parcours, Rama Yade, pleine d’aplomb, répondait : « Non pas encore. J’avance ».

Sept ans plus tard, le rythme est moins rapide à cause de différents échecs. Battue aux Municipales de 2008 à Colombes, sa ville d’accueil quand elle venait d’arriver en France, aux Législatives de 2012, elle refuse de conduire la liste du parti de Sarkozy dans le Val d’Oise pour ne pas être enfermée dans ses origines. Car on l’avait choisie « parce qu’il y avait beaucoup d’Africains » dans ce département de la région parisienne.

Avec un caractère trempé, elle lâche les amarres avec Nicolas Sarkozy pour le parti radical de Jean-Louis Borloo. Là aussi, la romance tourne court.

Lassée de ne pas être investie lors des différentes échéances électorales, la native de Dakar finit par lorgner sur la présidence du parti. « La provocation de trop », estime ses amis politiques. Rama Yade est exclue du parti radical mais pas de l’espace politique. Elle est persuadée que « la France a changé mais que la classe politique (française) n’a pas changé ».

Ses déclarations d’il y a cinq ans ont une résonance particulière aujourd’hui. « Il faut que les politiques changent, il faut ouvrir un nouveau cycle et je veux prendre toute ma part dans cette reconstruction. Il faut avoir la légitimité des urnes d’abord et ensuite participer à l’entreprise de reconstruction ».

Ce n’est plus pour siéger au Palais Bourbon comme députée mais à celui de l’Elysée afin de devenir présidente de la République française. Quand on parle de sa jeunesse (41 ans) comme un handicap, elle rétorque : « A 47 ans, Barack Obama était président des Etats-Unis ». L’ancienne ambassadeur de la France à l’Unesco (février à juin 2011) pense qu’il y a une rupture consommée entre les Français et la classe politique. « Face aux problèmes de la crise économique, le chômage est très préoccupant, il y a eu des solutions qui n’ont pas été expérimentées parce qu’il y a un essoufflement au niveau des idées, un assèchement du débat publique. Beaucoup sont en marge de la politique parce que le système est fermé à cause du cumul et de la longévité des mandats ». Ce qui fait le lit du Front national de Marine Le Pen car il y a une volonté chez les Français de renverser la table.

En 2012, le Front national était à 18% au premier tour de la Présidentielle. « Je pense que le score de Marine Le Pen (de 2012) est plus grave que l’arrivée de Le Pen-père au second tour en 2002. Le monde a changé. La classe politique française n’a pas changé. Elle vient d’un autre monde », répète-t-elle. Face à cette sclérose de la classe politique française dominée par des hommes blancs ayant plus de la cinquantaine, elle se positionne différemment en tant que jeune quadra, femme, musulmane et noire. Rama Yade va essayer de conquérir le Palais de l’Elysée sans le soutien d’un parti politique.

Elle est appuyée par le mouvement « La France qui ose » pour suivre son modèle, Barack Obama. Avant d’aller au suffrage universel, il lui reste un obstacle de taille : réunir les 500 parrainages de maires nécessaires pour se présenter à la Présidentielle en France.

La native du Sénégal déclare en avoir obtenu les deux tiers.

Après dix ans de vie politique, elle se repositionne comme vierge de tout mentor et maîtresse de son destin.

Par Moussa DIOP

Last modified on mardi, 21 février 2017 12:29
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