Porte-parole de Benoit Hamon : Aïssata Seck, les réussites d’une militante de terrain

21 Fév 2017
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Récemment nommée une des sept porte-parole de Benoit Hamon, candidat du Parti socialiste (Ps) à la présidentielle française, Aïssata Seck, 36 ans, « Française d’origine sénégalaise », est engagée dans le milieu associatif depuis plusieurs années, notamment pour la cause des Tirailleurs sénégalais.

« Persévérante, déterminée mais proche des gens et à l’écoute, car quand on est engagé en politique, c’est pour améliorer le quotidien des gens ». Sa réponse à la question portant sur sa personnalité résume Aïssata Seck, la première Française d’origine sénégalaise porte-parole d’un candidat à l’élection présidentielle en France. Maire-adjointe dans la ville de Bondy (région parisienne), chargée des anciens combattants et d’un conseil de quartier, la jeune femme est élue municipale depuis 2014. « C’est mon premier mandat électif mais je suis engagée en politique depuis 2011, renseigne-t-elle. J’avais décidé de militer au Ps en faisant la campagne sur le terrain de François Hollande ».

Ses origines et sa trajectoire personnelle l’ont réconfortée dans le choix de militer à gauche. « Mariée avec un Sénégalais et mère de deux filles », Aïssata Seck est née en France. Ses parents sont originaires de Ndouloumadji Dembé, au Fouta. « Mon père est arrivé en 1972 comme sans-papier à Marseille, en bateau ». Puis, il est parti en région parisienne rejoindre son frère qui était déjà installé en France. Il a commencé comme boulanger puis a travaillé à l’usine Renault d’Aubergenville (à 50 km de Paris). Puis il s’est installé aux Muraux.

« Je sais préparer tous nos plats sénégalais car j’ai été élevée à la sénégalaise ». Pourtant, c’est à 6 ans qu’elle a « découvert le Sénégal pour la première fois », lors d’un voyage. Elle y revenait « régulièrement tous les deux ans » jusqu’à récemment où les obligations professionnelles et familiales l’empêchent de garder ce rythme. « J’ai prévu de revenir très bientôt au Sénégal avec Benoit Hamon pendant la campagne », dit-elle sans préciser la date exacte. La jeune porte-parole a toujours eu un rapport très fort avec le Sénégal.

Pas le symbole de la diversité 
« Mes parents nous disaient que nous étions également Sénégalais, en nous éduquant avec les valeurs de notre pays d’origine. En apprenant à faire la cuisine, ce qui fut mon cas. Alors que j’étais très jeune, ma mère me disait d’en faire toujours plus parce qu’on ne savait pas qui pouvait débarquer au dernier moment, d’autant plus que notre maison était toujours remplie de monde. C’est d’ailleurs un réflexe que j’ai conservé dans ma vie actuelle », souligne-t-elle. Mais Aïssata refuse d’être un symbole en étant « femme, musulmane, noire et porte-parole » d’un candidat à la présidentielle de 2017. « Je ne sais pas si je suis un symbole. En revanche, je sais que Benoit Hamon a été accroché par mon combat et le projet que je porte pour les Tirailleurs sénégalais ». La jeune femme avait lancé une pétition pour demander la naturalisation des Tirailleurs sénégalais. Sa démarche a recueilli 65.000 signatures. On connaît la suite : François Hollande annonce, lors de la visite d’Etat de Macky Sall en France de décembre dernier, l’officialisation du processus de naturalisation des Tirailleurs sénégalais. Cependant, dans le bilan du quinquennat de Hollande, Aïssata Seck ne garde pas tout.

« Je n’ai pas été en adéquation avec lui sur la déchéance de nationalité ou sur le 49.3 (Ndlr : article de la Constitution française qui permet au gouvernement de faire passer en force une loi sans forcément l’accord du parlement). Il a bien géré les attentats, l’opération Serval au Mali. Il a manqué de temps forcément pour tout faire. Il y a de bonnes et de moins bonnes choses », soutient-elle. La possibilité d’avoir Marine Le Pen au second tour de la présidentielle française est à classer dans le rayon des moins bonnes choses pour Aïssata Seck. « Cela me fait mal. En tant que Française et fille d’immigrés, je ne vois pas cette personne diriger le pays. Benoit Hamon est un recours efficace à ce scénario », fait-elle savoir. Mais elle ne fait pas la politique de l’autruche sur la droitisation de la société française. « C’est la faute des médias, s’insurge-t-elle. En étant en boucle sur des sujets comme le voile, le « burkini » alors qu’il y en avait d’autres plus importants, une certaine partie de la population s’est renfermée dans une forme de peur. « S’il n’y a pas de travail, c’est la faute des immigrés », « s’il y a des attentats, c’est la faute de l’Islam ». Les médias n’ont pas toujours eu le bon réflexe », souligne-t-elle. Mais le divorce acté entre les populations d’origine immigrée, qui avaient voté en masse pour Hollande en 2012, avec le Parti socialiste, n’est pas une invention des médias. « Il ne faut pas être défaitiste.

On ne peut pas être toujours dans la plainte et ne pas agir. Il faut s’engager et montrer que nous avons notre place dans le jeu politique. Agissons ». Agir, c’est faire gagner Benoit Hamon à la présidentielle d’avril et de mai prochain. Et pour cela, l’élection va se jouer, d’après Assata Seck, sur un point. « Pour Benoit Hamon, il faut redonner confiance aux citoyens. C’est les impliquer dans les différentes actions menées ». Pendant toute la campagne électorale, Aiïssata Seck va répondre aux « sollicitations des médias » pour donner des éclairages sur le programme mais aussi « accompagner, sur le terrain, le futur président ». Futur président ? Quand on lui demande s’il s’agit d’un lapsus. 
« Non, répond-t-elle. J’y crois ».

Par Moussa DIOP

Last modified on mardi, 21 février 2017 12:33
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