Fatou Diouck, la symphonie inachevée

05 Déc 2017
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Ni rire ni pleurer, mais comprendre », écrivait Spinoza. Il est évident que dans le cas de Fatou Diouck, la Sénégalaise qui a porté le plus grand nombre de fois le maillot national tout sport confondus, il faut essayer de comprendre rationnellement les tenants d’une retraite internationale marquée par un mutisme général. Au moment où les Lions du football sont légitimement rétribués à la hauteur de la qualification à la Coupe du monde Russie 2018, Fatou Diouck trouve presque normal qu’elle n’attire ni lumière, encore moins de récompense de la Fédération de Volley-ball au soir d’une carrière internationale pourtant remplie de sacrifices pour le drapeau sénégalais.

Si la paix de l’âme n’est « pas la récompense de la vertu, mais la vertu elle-même », Fatou Diouck en est une incarnation aboutie.

En 17 ans de carrière internationale, elle est devenue l’emblématique capitaine de l’équipe nationale de Volley-ball du Sénégal. « J’ai arrêté de compter à 150 », répond-elle quand on lui demande le nombre de sélections obtenues depuis 2001. En guise de comparaison, Henri Camara, le plus capé en équipe nationale de football, n’a pas dépassé les 99 sélections avec le maillot frappé de la tête de lion.Fatou Diouk, c’est une carrière de distinction. En 2001, elle est Mvp (meilleure joueuse) à la Coupe d’Afrique des clubs champions, Lionne d’or du Sénégal et élue sportive de l’année.

Championne du Sénégal avec la Sococim, Mvp aux Jeux africains d’Alger (2007), Mvp à la Coupe d’Afrique de Nairobi en 2011, meilleure attaquante dans la même compétition en 2015. Après la France, puis la Finlande, direction l’Azerbaïdjan, la Thaïlande, où son club remporte le titre de champion d’Asie des clubs, champions en 2016-2017. Avec le Sénégal, c’est vrai que Fatou Diouck n’a pas gagné de titre collectif. Mais, finir cinq fois dans le dernier carré continental ne doit pas être une avanie. Avec elle, le Sénégal est l’équipe la plus régulière en Afrique, après le Kenya, depuis 2009.

Cependant, le sport, ce n’est pas seulement la gagne pour capitaine Diouck, c’est aussi « un vecteur d’insertion, d’épanouissement et d’émancipation », notamment pour les 300 jeunes de son association « Demoiselles de keur, Sénégalaises de demain ». Pour sa dernière « compétition », Fatou Diouck est arrivée troisième pour le titre de Meilleur sportif sénégalais de 2017, remporté par la basketteuse Astou Traoré. Au soir d’une carrière internationale riche en étoiles, il serait de mauvais goût de lui chanter une palinodie incompréhensive.

• Par Moussa DIOP

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