Les industries créatives africaines au forum de Saint-Louis

17 Jan 2018
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Du 25 au 27 novembre 2017, s’est tenu, pour la première fois, le forum de Saint-Louis au Sénégal. Organisé par Amadou Diaw autour du thème « Repenser l’Afrique », ce forum était l’occasion, pour la diaspora et les locaux, de célébrer la mode « made in Sénégal » et d’engager un réel débat autour des industries créatives africaines.

Un parterre de spectateurs s’agglutine autour de la scène pour assister au défilé d’ouverture du forum de Saint-Louis. La crème de la mode « made in Sénégal » à Saint-Louis. 

C’est sur les quais de la ville historique qu’un tapis rouge est installé en guise de catwalk sous le regard d’invités venus des quatre coins du monde pour observer la fine fleur de la mode « made in Sénégal ». Dans une ambiance festive, la speakrine donne le ton et les mannequins le tempo, entre élégance, audace et parfois sobriété. Sophie Zinga impressionne avec une collection de robes mêlant organza et pagne tissé. Selly Raby Kane étonne toujours par son originalité. Bull Doff, de Laure et Souley Baay, clôt en beauté le bal des défilés avec leur collection « Imigongo» en faisant la part belle aux motifs géométriques, à damier noirs, rouges et blancs. Le tout s’inspire de la culture rwandaise. Leur mise en scène, à la fois sexy et rebelle, a littéralement électrifié la foule totalement en liesse. A n’en pas douter, la crème de la mode « made in Sénégal » s’était donné rendez-vous.

Une industrie créative à soutenir
Pourtant, il ne faut pas s’y tromper, l’ère des défilés-spectacles dans un simple cadre de divertissement et d’amusement n’est plus la panacée. Les créateurs veulent des débouchées, des opportunités et de la visibilité. Mais, comment cette création africaine peut-elle déployer ses ailes si elle n’est ni reconnue et ni consommée à un niveau local ? Pourquoi doit-elle se faire connaître à l’étranger pour espérer une reconnaissance tardive dans son propre pays ? C’était tout l’enjeu du débat porté lors du forum sur le thème « L’innovation pour le changement social ». Les mécanismes de légitimation actuels doivent évoluer. Cela pose toute la question de la mise en place d’un éco-système africain de valorisation de la création africaine via la mise en place d’une chaîne de valeur complète (du sourcing de la matière première au produit fini), à la promotion de cette création africaine à travers des médias africains, des stars, vedettes et influenceurs locaux, à la mise en place de canaux de distribution (e-commerce, boutiques, concept store), le tout pour viser une consommation locale. Alors, cela demande une amélioration des infrastructures, des transports et donc d’une réelle volonté politique des gouvernements africains. Un sursaut réel semble se dessiner avec le forum de Saint-Louis qui a placé au cœur même de ses débats l’importance de ces industries créatives. A notre échelle, plus petite mais non pas moindre, nous devons devenir des consomm-acteurs, afin de créer un nouveau paradigme tant en termes de légitimation sociale que de développement économique grâce à ces industries créatives.

Par Chayet Chiénin, fondatrice de www.nothingbutthewax et experte des modes africaines basée à Paris

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