Actu de la Quinzaine (5)

« En politique, une absurdité n’est pas un obstacle ». Et si Napoléon Bonaparte avait raison. Autant il m’est certain que l’on ne puisse classer Bonaparte parmi les brillants esprits ayant révolutionné l’histoire de la pensée, autant il m’est sûr que sa réflexion politique mérite de figurer au panthéon du réalisme politique. La victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, en dépit de toute « bien-pensance », me conforte dans cette conviction. Après s’être frotté les yeux, frottons nous à la réalité et faisons preuve de réalisme. La lucidité nous impose de reconnaître que la radicalité identitaire et le protectionnisme économique progressent dans les sociétés occidentales. Le système sera-t-il assez résilient pour faire face ? Rien n’est moins sûr. Cette incertitude appelle de la part de notre élite politique à un changement total de paradigme dans l’élaboration de nos rapports avec les autres parties du monde. Le dilemme est simple en réalité : notre classe dirigeante continuera-t-elle dans le lyrisme creux et ignorant qu'elle propose face aux mutations dans les autres parties du monde ? Ou fera-t-elle preuve d'anticipations adaptatrices en comprenant qu'on ne résout pas des problèmes du 21ème siècle avec des solutions du 20ème siècle ?

Comprendre que les rapports de force à l’échelle planétaire changent et que le centre de gravité du monde se déplace vers l’Océan pacifique. Comprendre que sous-traiter la défense de ses institutions et de ses territoires à des dispositifs étrangers (au continent), dans un monde où les nationalismes hors du continent sont exacerbés, est une preuve de légèreté. Légèreté qui est source de faiblesse. Faiblesse qui, selon Aleksander Wat, est un appel aux barbares. Comprendre, enfin, que le modèle économique dominant du 21ème siècle sera celui de la préférence nationale et que l’achèvement politique des processus d’intégration économique, notamment sous-régionale, est un préalable nécessaire afin de bénéficier d’une taille économique optimale permettant de relever les défis commerciaux et économiques imposés par les mastodontes économiques. Comprendre les défis géostratégiques, sécuritaires et économiques que la marche du monde nous impose à réagir en conséquence, c’est offrir, pour une fois, à nos populations les moyens d’être prêtes à réussir dans un monde où tout est fait pour qu’elles échouent.

*Docteur en Economie
Enseignant/chercheur à l’Université du Havre (France)

Le conditionnel était de rigueur dans les circonstances de l’annonce de la mort d’un sénégalais de 17 ans à Nice. Il n’était pas de trop. Le décès de Tamsir apparaît, de plus en plus évident, ne rien à voir avec la tuerie qui a causé 84 morts et 202 blessés à Nice au soir du 14 juillet. Cependant les circonstances de la mort de Tamsir soulèvent beaucoup d’interrogations.

Les premiers éléments de l’enquête des policiers du Groupe d’appui judiciaire (GAJ) de Nice sont formels. La mort par noyade de Tamsir est survenue dans l’après-midi du 14 juillet à la plage de Nice. C’est-à-dire plus de 5 heures avant la tuerie sur la Promenade des Anglais. Le hasard a fait que l’endroit où le suspect de l’attentat et son camion ont été immobilisés se trouve, « sur près d’une dizaine de mètres », du lieu où le corps de Tamsir a été repêché de la mer. Quand la petite histoire se lie à la grande fauchant sur son passage le destin d’un jeune homme de 17 ans.

Les questions de la famille

L’enquête de la police française va se poursuivre et l’autopsie du corps devait éclaircir l’heure exacte et les circonstances du décès. En attendant que la policière chargée du dossier poursuive ses investigations, la famille de Tamsir s’interroge sur les premiers éléments de l’enquête dont elle dispose. Pour Omar, cousin et tuteur de Tamsir à Nice, « les zones d’ombre sont nombreuses. Comment peut-on m’expliquer que Tamsir se soit noyé en plein après-midi sur une plage remplie de personnes et de sauveteurs ». Pendant l’été, la plage niçoise reçoit des milliers de personnes au quotidien surtout un 14 juillet, jour férié où on célèbre la fête nationale en France. « Et puis, les premières informations recueillies sur son Facebook révèlent que Tamsir est partie à la plage en compagnie d’une autre personne. Contactée, cette personne nous indique l’avoir quitté vivant dans l’après-midi. Je me pose des questions sur ce qu’elle nous raconte. » Omar a décidé de s’attacher les services d’une amie détective privé qui va fournir les premiers résultats de son enquête à la police française débordée par son travail sur l’attentat.

Connaissant parfaitement Nice pour y vivre et y travailler depuis 16 ans, Omar compte trouver des réponses aux questions qu’il se pose sur la mort de son cousin qu’il avait fait venir à Nice en février 2016. « Tamsir n’était pas un étudiant mais il finissait une formation professionnelle dans l’informatique et l’hôtellerie.
C’était un jeune homme brillant, travailleur, respectueux des gens et de sa religion. Je l’ai couvé, montré le chemin à Nice. Je lui ai trouvé la formation. C’était une personne exemplaire », poursuit Omar dans l’établissement du portrait de son cousin disparu. Inlassablement, il revient sur ce fameux et dramatique 14 juillet 2016. Le jeune Tamsir sort de l’appartement qu’il partage avec son cousin qui dort profondément pour « récupérer de la fatigue d’un récent voyage au Sénégal ».

Rendez-vous avec la mort
Leur logement se trouve à moins de 10 minutes à pied de la Promenade des Anglais mitoyenne de la mer. Tamsir ne le sait pas encore mais il ne remettra pas les pieds dans l’appartement car il a rendez-vous avec la mort. Au réveil, le cousin ne le revoit pas rentrer. « Ce qui ne fait pas partie de ses habitudes ». Pris de panique après avoir entendu les premières informations sur l’attentat de Nice, Omar part à la recherche du jeune Tamsir. Il passe trois heures à le chercher dans ce qu’il appelle « une scène de guerre où il y avait des morts partout. Il y avait des corps déchiquetés, écrasés et du sang partout sur la chaussée ». La situation était tellement chaotique qu’Omar en oublie même mon sort et la panique liée à l’absence de Tamsir. En fin de soirée, il décide, la mort dans l’âme, de rentrer pour reprendre les recherches le lendemain. Pas la peine. Au petit matin du 15 juillet, la police frappe à la porte de l’appartement que se partage les deux cousins. Omar comprend rapidement ce qui se passe. « Je lui avais toujours conseillé de sortir avec ses papiers d’identité.

C’est ce qu’il avait fait et c’est grâce à cela que les policiers ont pu arriver jusqu’à moi ». Interrogé par les policiers français, Omar reconnaît Tamsir sur la photo du corps présentée par les agents dépositaire de l’ordre. « Je n’ai pas encore vu le corps mais je suis sûr à 100% que c’est lui sur la photo que les policiers m’ont montrée », jure-t-il. De ce mauvais cauchemar qui s’éternise, Omar espère une issue rapide pour faire le deuil de son cousin. Mais son vœu ne va certainement pas se réaliser dans les jours à venir. En effet, la police locale renforcée par des éléments nationaux est occupée par les enquêtes liées à la tuerie de Nice. Pour le moment, même le jour de l’autopsie du corps de Tamsir n’est pas encore connu. Des délais qui s’allongent et qui étirent la souffrance d’une famille qui ne demande qu’à faire le deuil.

Par Moussa DIOP

Last modified on mardi, 19 juillet 2016 12:54

La promenade des anglais est devenue celle du deuil pour les Français mais aussi les nombreux Sénégalais qui vivent dans cette partie ensoleillée de France. Terrorisée et choquée, la famille Diène l’est en apprenant que Mohamed Lahouaiej Bouhlel, l’auteur présumée de la tuerie est leur voisin d’immeuble. Le deuil et les questionnements hantent Omar. Tamsir, son cousin est mort par noyade dans l’après-midi à l’endroit du drame de Nice. Un malheureux hasard. Ces destins de Sénégalais sont au cœur de l’horreur à des géométries variables.

Voisine du suspect
Awa Diène : « Il était venu m’acheter des cigarettes du Sénégal »
Le choc et la stupeur. Ce sont les sentiments de la famille Diène. Ce sont les voisins de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, le principal suspect de l’attentat de Nice ayant fait 84 morts et plus de 200 blessés dont certains dans une urgence absolue. La famille Diène décrit une personne discrète dont elle a été au contact récemment.

« Un peu choquée ! Ce n’est pas tous les jours que le RAID vous réveille », s’exclame Awa Diène quand on lui demande comment va-t-elle. L’unité d’élite de la police est venue à 9 heures ce vendredi 15 juillet dans le petit immeuble de trois étages où vit la famille Diène pour faire exploser la porte de leur voisin. « C’est à ce moment que nous avons appris que c’est Mohamed le principal suspect de la tuerie », précise Awa. La jeune sénégalaise de 29 ans habite au troisième étage l’immeuble qui abrite une dizaine d’appartements dont celui de l’auteur présumé de la tuerie situé au premier. Arrivée en France en 2008 pour y poursuivre des études en information et communication, Awa Diène, avec son mari et son fils de 15 mois, habite depuis un an l’immeuble situé au quartier des abattoirs, dans l’est de Nice. C’est un quartier populaire mais calme avec des bâtiments administratifs. Il est à 20 minutes à pied du centre ville et à moins de 10 minutes en voiture. La jeune mère de famille a croisé dans l’immeuble plusieurs fois Mohamed Lahouaiej Bouhlel.

Une famille au contact du suspect
« C’est un grand homme, mince et un peu baraqué mais il n’est pas un bloc de muscles, décrit Awa Diène. Il est de peau mate comme certains Maghrébins du sud. Il me disait toujours bonjour mais de manière timide et effacé. On dirait qu’il n’arrivait pas à ouvrir la bouche quand il parlait. C’était un solitaire. Nous n’avons jamais eu d’histoires avec lui, contrairement à certains voisins.

». Décrit comme réservé mais cela n’empêchait pas le suspect pas à aller vers les autres quand il en avait besoin. « En rentrant de mon dernier séjour au Sénégal, j’avais rapporté des cartouches de cigarettes. Par l’intermédiaire d’une voisine gabonaise en commun, il était venu chez moi pour m’acheter deux cartouches. C’était au mois de février dernier ». Soit six mois avant la terrible tuerie de la Promenade des Anglais.

Coup du destin
En ce matin du 14 juillet, Awa scrute le ciel en priant qu’il pleuve pour ne pas assister au traditionnel feu d’artifice. Mais son vœu ne sera pas exaucé. Il fait beau à Nice. « J’ai décidé d’y aller finalement puisqu’en réfléchissant, j’ai pensé à mon fils qui a 15 mois et que le spectacle pouvait faire partie de ses premiers souvenirs ». La petite famille n’arrive pas à trouver une bonne place vu le nombre de personnes. « Nous étions installés juste à l’entrée de la « Prom’ » (diminutif de la Promenade des Anglais chez les Niçois, ndlr) », regrette Awa Diène. Cet inconfort va s’avérer un mal pour un bien. « Juste après la fin du feu d’artifice, nous avons décidé de rentrer chez nous. Sur le chemin, nous croisons les premiers camions de pompiers qui roulaient à vive allure. Ils partaient secourir les victimes du carnage ». Plusieurs jours après les événements, la jeune mère de famille reste choquée. « Nous pouvions y passer, constate-t-elle avec le recul. Même si nous échappions au camion, le mouvement de foule pouvait nous être fatal surtout avec un enfant dans les bras. » Après avoir appris qu’elle était voisine du suspect, la famille Diène est doublement bouleversée.

Le traumatisme risque de laisser des traces dans la vie de tous les jours de Awa Diène. « A la suite des attentats de Charlie Hebdo (7 janvier 2015) puis ceux du Bataclan (13 novembre 2015), j’avais décidé de ne plus sortir, de ne plus aller dans des rassemblements de personnes. J’évite les centres commerciaux, les transports en commun. Mes proches disent que je suis parano.

Ce qui est arrivé me donne raison. ». Si sur son jeune garçon, Awa ne décèle pas de terreur particulière liée à l’attentat, sa belle-fille, de passage, est véritablement terrorisée. Après une étape de « déni de jour d’après » attentat avec par la conviction d’une erreur sur l’identité du suspect, l’époux d’Awa Diène s’est rendu à l’évidence face aux faits cliniquement déclinés depuis l’attentat.« Avec le vélo découvert dans le camion, nous n’avions plus de doute. Notre voisin faisait ses trajets avec un vélo ». Un jour, c’est en se baladant dans le centre de Nice que la famille avait compris que leur voisin était chauffeur-livreur en l’apercevant au travail.

Retour au Sénégal
Nice, leur berceau d’adoption touché, la famille Diène pense au retour au Sénégal. « Depuis les premiers attentats, j’avais commencé à m’interroger sur l’opportunité de retourner vivre au Sénégal, reconnaît Awa Diène. D’autant plus qu’aux attentats de 2014 ayant frappé Nice, je travaillais déjà à côté sur la promenade des Anglais ». Pourtant la situation au Sénégal ne la rassure pas non plus. « Lors de ma dernière visite, j’ai vu qu’au niveau de certains quartiers (Almadies, par exemple) ou lieux commerciaux, il y avait des check point. Nous ne sommes nulle part en sécurité. Et notre sous-région n’est plus aussi sûre. Mais au Sénégal, nous avons l’avantage d’être entourés par nos famille alors que nous sommes seuls en France ».

Par Moussa DIOP

Last modified on mardi, 19 juillet 2016 13:01

Un mouvement citoyen appelé Diaspora plurielle, créé en France (Paris et 15 provinces), a décidé d’entrer en politique. A la suite d’une réunion tenue samedi 28 mai, dans le 18ème arrondissement de la capitale française, Diaspora plurielle a décidé de présenter des candidats pour les législatives de 2017. Le mouvement souhaite avoir le même itinéraire que « Podemos » en Espagne.

Il est passé le temps où le « oui » et le « non » sur le référendum du 20 mars était en concurrence à Paris. Désormais, c’est le moment de tirer profit des nouveaux apports de la nouvelle constitution. En effet, depuis le référendum du 20 mars 2016, les partis politiques n’ont plus « le monopole pour présenter des candidats aux élections ». Les femmes et les hommes issus de la société civile peuvent se présenter à tous les types d’élections, ce qui induit que « les Sénégalais de l’extérieur auront la possibilité d’élire des députés issus de leurs rangs ». Diaspora plurielle souhaite favoriser une représentation effective des Sénégalais de l’extérieur dans la gestion publique notamment, par le biais de la présence de députés issus de la société civile au sein de l’Assemblée nationale. Les Sénégalais de l’étranger qui ne se reconnaissent pas dans la configuration des structures politiques souhaitent battre en brèche ce qu’ils appellent « une politique de cloisonnement, une gestion et un exercice du pouvoir dévolus aux seuls partis politiques au détriment de la majorité silencieuse des citoyens ». Au sein de la diaspora, l’idée qu’elle ne doit pas être seulement « une vache à lait » ou un vivier électoral que l’on utilise à la veille d’élections, fait son chemin. « La diaspora doit s’inscrire dans une démarche d’optimisation de la manne financière, se constituer non seulement en force de proposition mais aussi en acteur, maître de son destin ». Diaspora plurielle se présente comme un « acteur novateur » dans le paysage politique.

« L’originalité est que nous sommes une organisation issue de la société civile qui s’invite dans le débat politique dans le cadre d’une démarche nouvelle en dehors des partis politiques », estime Boubacar Bengelloun, un de ses membres. Elle se différencie par son envie de ne plus laisser l’exclusivité de la gestion des affaires publiques aux partis politiques, mais aussi par sa volonté d’agir et de ne pas subir. Les professionnels de la politique ont démontré leur limite dans l’exercice du pouvoir. C’est un mouvement de veille citoyenne qui se veut être un vivier d’actions et une force de propositions. C’est un mouvement apolitique au sens commun du terme, c’est-à-dire qu’il ne s’inscrit pas systématiquement dans l’objectif ultime de la conquête et de l’exercice du pouvoir ». Dans le 18ème arrondissement de Paris, Diaspora plurielle a rappelé que la société civile et les mouvements associatifs ont toujours endossé le rôle de vecteurs de développement par la mise en place des projets, « par des plaidoyers remarquables souvent soumis aux décideurs politiques, mais sans aucun résultat ».

La principale cause de leur mobilisation se trouve dans « l’échec des différentes politiques publiques de développement mises en place au Sénégal par tous les gouvernements qui se sont succédé ».

35 morts et 101 blessés. C’est le bilan fourni par les autorités belges après les attentats de Bruxelles du 22 mars dernier. La diplomatie sénégalaise faisait état de zéro victime. Pourtant, quelques semaines plus tard, la chancellerie sénégalaise à Bruxelles a reçu un curieux appel d’une personne se présentant comme sénégalaise et qui était gravement blessée lors des explosions à l’aéroport de Zaventem de Bruxelles.

« Tout juste après les attentats, les communications avec les autorités belges m’ont permis d’apprendre qu’il n’y avait pas de victime sénégalaise », nous confiait Amadou Diop, l’ambassadeur du Sénégal à Bruxelles, le 24 mars 2016, soit deux jours après les attentats ayant fait, au total, plus de 130 victimes (morts et blessés) dans la capitale belge. Près d’un mois plus tard, la situation est tout autre. D’abord recoupées, plusieurs informations mènent vers un nom : Laye Kane Diallo, un Sénégalo-américain blessé dans les attentats à Bruxelles et hospitalisé à Charleroi. Contactés, les services diplomatiques sénégalais à Bruxelles confirment sans mal l’information.

« Nous voudrions porter à votre connaissance qu'un individu se déclarant ressortissant de notre pays, mais identifié comme citoyen américain sur la liste des victimes établie par les autorités belges parce qu'il était porteur d'un passeport américain, a pris contact avec l'ambassade pour signaler qu'il a été blessé au cours desdits attentats ». Du côté de l’avenue Franklin Roosevelt, où se trouve l’ambassade du Sénégal à Bruxelles, on confirme également l’identité du blessé sénégalais. Il s’agit bien de Laye Kane Diallo qui était toujours hospitalisé à Charleroi en fin avril. De sources diplomatiques, Laye Kane Diallo détiendrait « des documents américains au moment des événements ». Des échanges ont existé entre Laye Kane Diallo et les services diplomatiques sénégalais à Bruxelles. « Ce qui nous a permis de constater que les services belges compétents lui ont apporté toute l'assistance requise, confie un diplomate sénégalais. Son état s'est bien amélioré et il espère retourner bientôt aux Etats-Unis d'où il était venu, dans le cadre de ses activités commerciales ».

Retour sur une matinée tragique
En remontant le fil des événements, Laye Kane Diallo est présent à l’aéroport de Zaventem, ce 22 mars à 8 heures, où il s’apprête à embarquer afin de retourner aux Etats-Unis après un séjour en Europe dans le cadre de ses activités professionnelles. L’une des deux explosions ayant lieu dans l’aéroport bruxellois le pulvérise, occasionnant plusieurs blessures sérieuses. Le pronostique vital est engagé. Laye Kane Diallo raconte avoir reçu « huit (8) opérations » et est dans l’attente d’une neuvième « pour extraire une neuvième pointe qui lui aurait percé la gorge ». Blessé et acheminé à l’hôpital de Charleroi, les services diplomatiques sénégalais sont passés à côté de son cas puisqu’il « a voyagé avec son passeport américain ». « Nous ne connaissons pas les détails de son état civil parce qu’il nous a confirmé qu’il n’a voyagé avec aucun document sénégalais », poursuit un représentant de la diplomatie sénégalaise. Contacté, l’ambassadeur Amadou Diop évoque une situation inédite. « C’est une personne qui a été répertoriée comme américaine. Elle fait partie des victimes américaines, car ayant voyagé avec un passeport américain. Les autorités belges nous ont soumis les informations selon la nationalité des victimes ». Si Laye Kane Diallo dispose d’une nationalité américaine, « il parle bien le wolof du pays », précise le diplomate sénégalais. Ce qui induit une probable double nationalité. Les détenteurs de plusieurs nationalités voyagent souvent avec le passeport qui leur permet d’avoir moins de tracasserie administrative. Pour beaucoup d’entre eux, ce n’est pas une manière de renier leurs origines. Après sa neuvième opération pour extraction d’une pointe qui lui aurait percé la gorge, Laye Kane Diallo n’a plus donné signe de vie.

Par Moussa DIOP

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