Regards d'Ailleurs (3)

Les prières
Chaque samedi soir, une partie de la communauté sénégalaise de Johannesburg se réunie pour célébrer le guide religieux Serigne Touba. Cette coupure permet à tous de se retrouver avant d’entamer une nouvelle semaine de travail. Telle une soirée, une fête, ou une cérémonie, ce rendez-vous spécial tombe un samedi ; ce qui permet à nombreux d’être présents. C’est dans le quartier de Bez Valley que ces réunions religieuses se tiennent. Les croyants ont, eux-mêmes, investi dans une maison afin de pouvoir se retrouver. Les prières commencent à partir de 20h30. Les femmes et les enfants peuvent assister aux prières, mais pas y participer. Certains hommes prient assis, d’autres, au centre de la pièce principale, récitent leurs prières debout tout en marchant en cercle. Après une heure de récitation, la mélodie et le volume sonore ne font qu’augmenter.
La réception
Aux alentours de 23h, les participants qui restent peuvent se restaurer. Dans une maison voisine, située à 5 minutes à pied du lieu de prières, des femmes ont préparé un copieux repas à partager. C’est dans la cour intérieure, peu éclairée, que se tient la réception. Une fois encore, les femmes et les hommes sont séparés. Chacun mange de son côté. Au menu, ce soir, ce sont des pâtes au bœuf, accompagnées d’une sauce qui s’apparente à celle du «yassa». L’atmosphère est légère et chaleureuse, comme si une petite part du Sénégal avait voyagé jusqu’en Afrique du Sud.
 
Texte et photographies par Cora Portais

Le Japon est un pays qui a fait face à de nombreuses tragédies allant des catastrophes naturelles comme les tremblements de terre et tsunamis à celles humaines avec la seconde guerre mondiale. Son potentiel à se remettre sur pied peut faire cas d’école.

Le pays du Soleil levant force le respect par son aptitude à toujours surmonter les défis géographique et physique qui se posent à lui. Pourtant, c’est l’un des rares pays au sein duquel toutes les formes de calamités naturelles existent.

Catastrophes
Le Japon est secoué régulièrement par des tremblements de terre.
Un mémorial est dédié à celui qui a dévasté la région du Kanto en 1923. Pour rappel, le Kanto est l'entité géographique qui se trouve dans la partie principale de l’archipel japonais. Il réunit les préfectures de Gunma, Tochigi, Ibaraki, Saitama, Tokyo, Chiba et  Kanagawa. Ces secousses avaient occasionné des incendies au lourd bilan avec près de 130.000 victimes, en plus d’importants dégâts matériels, selon une étude de Mai Denawa menée sous l'autorité du département d’Histoire de Brown University aux Etats-Unis. En août 1945, le monde assiste, avec effroi, aux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Le 11 mars 2011, il y a eu un tremblement de terre à Fukushima, suivi d’un raz-de-marée sans précédent qui a provoqué un désastre humanitaire avec son lot de victimes (près de  18.000 morts et disparus), en plus des dégâts écologiques majeurs au niveau des centrales nucléaires de la ville.

Source de résilience
Pour chacune de ces catastrophes, les commémorations ont été des moments très importants pour les Japonais. Au delà du côté symbolique, le secteur de l’éducation a un rôle important dans la gestion de la mémoire des événements. Des institutions universitaires et de recherche ont alloué une partie de leurs ressources à des travaux sur ces événements. Des ingénieurs et techniciens ont présenté des expositions sur des solutions technologiques.

Les institutions scolaires font des sorties pédagogiques sur les lieux de drame. Les survivants sont des témoins qui donnent vie aux faits par les mots. Des activités de mobilisation communautaire ont lieu un peu partout pour contribuer à l’effort de reconstruction. Le volontariat a connu une véritable progression lors des événements de mars 2011. Mieux, des slogans et des messages de soutien sont distillés un peu partout pour montrer que la tragédie a été une opportunité d’union et de force pour la société nipponne. En réalité, la force d’un peuple va de pair avec sa capacité à s’enraciner dans sa culture pour bien comprendre le passé afin d’interroger le présent pour mieux aborder son avenir. La capacité de résilience d’un peuple ne peut se mesurer que via ces types de jalons qui sont à la base du ciment social d’une nation.

Au Japon, chaque tragédie est un moyen de montrer l’unité et le sens patriotique de la Nation.

Le Mois du Sénégal au Canada est organisé chaque année, en avril, par le Regroupement général des Sénégalais du Canada (Rgsc).

Les Sénégalais réclament plus d’accès aux documents administratifs

Pour Ibrahima Sakho, président de Rgsc, et son équipe, « c’est un clin d’œil à la fête d’indépendance du Sénégal ». L’édition de 2016, la 4ème du genre, a été rythmée par les débats sur l’économie, avec la présence de Pierre Goudiaby Atépa qui a animé une conférence au cours de la laquelle il a décliné ses douze propositions pour un Sénégal émergent. Les journées économiques ont été axées sur la diplomatie économique avec la recherche d’investisseurs canadiens au Sénégal. Les sciences, la diplomatie et la culture ont eu des manifestations dédiées, avec notamment le groupe éponyme Pape et Cheikh venus de Dakar mais aussi des artistes sénégalais établis au Canada, comme Omar Ndiaye Xosluman, Elage Diouf, Seydina Ndiaye, Assane Seck (fils de Zal Seck) et Diouncouda Ndiaye, ancienne pensionnaire du Théâtre Daniel Sorano.

Sory KabaSory Kaba : « Il y aura un bureau au Canada pour appuyer les investissements vers le Sénégal »
Le directeur des Sénégalais de l’extérieur avait également fait le déplacement avec une délégation d’agents venus du consulat sénégalais de New York pour confection de documents administratifs aux Sénégalais du Canada. Cependant, de nombreuses personnes venues de Montréal, Trois Rivières et même de Québec n’ont pas pu déposer leur demande de passeport où carte nationale d’identité, malgré les deux jours de présence de ces agents. L’épineux problème des documents administratifs, la spécificité des Sénégalais du Canada et leur apport dans le développement du Sénégal ont été au cœur de l’entretien que Sory Kaba nous a accordé.

M. Sory Kaba, quelles sont les principales préoccupations des Sénégalais du Canada ? Les problèmes, si on les priorise, c’est d’abord l’accès aux documents administratifs, notamment les cartes nationales d’identité et les passeports. Ce sont les premières préoccupations de nos compatriotes qui vivent au Canada. J’ai encore souvenance, en 2014, quand j’ai reçu les étudiants à travers leur association, cela était une forte demande. Nous leur avons, par la suite, envoyé systématiquement une équipe pour régler ce problème. Aujourd’hui encore (entretien réalisé le 29 avril, Ndlr), je suis arrivé avec une équipe pour faire les passeports et les renouvellements ; ce qui veut dire que nous partageons avec eux cette préoccupation, en l’identifiant comme priorité. Nous recevons les instructions du président de la République pour que cette sollicitation récurrente soit une vieille histoire et, à terme, il nous faut avoir une valise mobile et à défaut d’un centre de production à Ottawa, qu’on puisse faire l’enrôlement et que la production puisse se faire à New York. C’est une équipe de New York qui est dépêchée au Canada pour faire les documents ; l’option de la valise, nous y travaillons et l’avons expérimenté dans certains pays comme l’Italie. L’ambassade du Sénégal à Rome dispose d’une valise mobile mais la production se fait à Milan, au niveau du Consulat.

Va-t-on vers l’amélioration, avec une convention bipartite, de la prise en charge des droits sociaux des Sénégalais de Canada ? Nous avons revisité l’accord qui nous lie à la France. Nous avons également un accord avec l’Italie et l’Espagne où il y a au moins 3 générations (d’immigrés sénégalais, Ndlr). Ce qui n’est pas le cas encore, je crois, au Canada, mais c’est une question qui figure dans l’agenda du gouvernement du Sénégal pour que nous puissions faire prévaloir une vraie dynamique de protection sociale du migrant sénégalais et de sa famille. Au-delà de cette dimension sociale, il y a également celle économique qui est importante. La question du retour et de l’investissement est importante parce que l’image qu’on retient du Sénégalais qui vit au Canada, c’est un diplômé, un technocrate. C’est quelqu’un sur qui le gouvernement peut compter en termes d’Intelligentsia et d’expertise. On se rend compte qu’il y a des problèmes aussi à prendre en considération. Même s’ils ne comptent pas rentrer tout de suite ou n’ont pas encore d’offres d’emploi, les Sénégalais au Canada n’excluent pas le retour au pays. Pour ceux qui envisagent de rentrer au Sénégal, ils veulent se lancer, pour la majorité, dans le secteur privé et ils auront besoin d’accompagnement, parce que cela fait longtemps qu’ils se sont absentés du pays. Ils ont besoin d’être accompagnés pour identifier les niches ou les secteurs porteurs de croissance sur lesquels ils peuvent investir.

Qu’est-ce que vous comptez faire pour cet accompagnement ? Je viens de dire au chef du bureau économique à Ottawa (Zaccaria Coulibaly, Ndlr) que nous allons ouvrir en Italie le premier bureau d’Appui à l’investissement des Sénégalais de l’extérieur, et on va travailler pour ouvrir un bureau également au Canada. Suite à la rencontre que j’ai eu avec le Bureau du Rgsc, nous nous sommes entendus pour procéder à l’identification de tous les Sénégalais diplômés qui vivent au Canada. C’est aussi une demande du président de la République. L’ambassade va impulser la dynamique et le Rgsc sera mis à contribution pour que tous les membres puissent être identifiés et répertoriés. In fine diplômés ou pas, travailleurs ou pas, nous en avons besoin dans le cadre d’un répertoire qui sera mis à la disposition du chef de l’État.

Sur la question du retour et de l’investissement, quelle est la porte d’entrée pour les Sénégalais de l’extérieur ? Qui chapeaute tous les nombreux programmes ? Le point d’entrée de tous les Sénégalais vivant à l’étranger est le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur ; donc la direction générale des Sénégalais de l’extérieur.

Nous les orientons en fonction des centres d’intérêt parce qu’il est important que nous respections les questions de forme, car demain, si quelqu’un a des problèmes avec l’Apix, un autre bailleur ou une collectivité sur une question portant, par exemple, sur le foncier, c’est nous qui allons intervenir. L’idéal aurait été que nous soyons informés en amont pour pouvoir anticiper sur ces problèmes. Par ailleurs, l’Apix, le Fongip, la Bnde, le Fonsis ont des initiatives qui concernent les Sénégalais de l’extérieur, mais nous jouons le rôle de coordination pour fédérer l’ensemble de ces actions en faveur des Sénégalais qui vivent à l’étranger. Je pense donc que la  porte d’entrée, c’est nous, la direction des Sénégalais de l’extérieur. Ce qui justifie d’ailleurs notre présence à chaque fois que de besoin.

Pape et CheikhRencontre avec Pape & Cheikh : « Faire de Montréal notre Bercy avec un grand concert annuel »
Présents au Mois du Sénégal au Canada pour répondre, pour la deuxième fois, à l’invitation du Rgsc, le groupe s’est produit lors d’un concert au cours de la cérémonie de clôture devant ses nombreux admirateurs au Canada. Pape & Cheikh comptent perpétuer un concert annuel à Montréal comme les « Bercy » de Youssou Ndour.

Votre présence au Canada est-elle également un début pour une carrière internationale ? Pape : Actuellement, nous ne sommes pas dans une recherche active de contacts au Canada, mais nous le souhaitons, car nous apprécions vraiment le public canadien. Nous commençons à nouer certaines relations, cependant, c’est encore trop récent, environ 4 mois. A terme, cela nous permettra d’aller au-delà du public sénégalo-sénégalais. Il ne faut pas oublier que c’est notre  4ème venue au Canada, les 2 autres fois, c’était dans le cadre de festivals. Même si nous gagnerons à être mieux connus, je précise humblement que nous savons que nous sommes des artistes confirmés et reconnus. Notre premier album fut un album international avec Real One de Peter Gabriel, et à l’époque, nous avions fait une tournée internationale. Je vais vous raconter une anecdote. A l’aéroport, lors de notre arrivée, nous n’avions pas nos invitations sur nous. C’est en tapant notre nom sur internet que le douanier canadien a pu avoir confirmations de nos identités et de nos activités dans la musique. Je pense qu’une certaine notoriété s’installe à l’ère du numérique. Nous allons continuer à maintenir ces contacts et mettre Montréal dans notre agenda, et que cela puisse être un rendez-vous annuel et pourquoi pas devenir l’équivalent d’un Bercy de Youssou Ndour, d’autant plus que le public sénégalais nous témoigne une affection et un intérêt en répondant nombreux par leur présence à notre soirée.

Comment jugez-vous le public montréalais et les Sénégalais du Canada par rapport aux autres Sénégalais de la diaspora ? Cheikh : Je vois une entraide et une solidarité qui caractérisent le Sénégalais partout ou ils se trouvent dans le monde. J’espère que cela va continuer. Je les encourage à s’entraider, et prions qu’ils réussissent et puissent aider leurs familles restées au pays.

Pape : je vois une réelle implication des Sénégalais d’ici, ils viennent uniquement pour nous, et c’est pour cela que c’est toujours avec un grand plaisir que nous répondons à leur invitation, malgré la distance qui sépare les deux pays.

Dossier réalisé par Aminata Sow, Montréal (Canada)

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