Focus de la Quinzaine

Focus de la Quinzaine (11)

Du 25 au 27 novembre, Gorée va fêter la « diaspora noire et africaine » sous le thème de la résilience et de la mémoire. Mais les noms de ses rues font l’objet d’une incompréhension généralement partagée par la diaspora sénégalaise.

Du 25 au 27 novembre, Gorée va fêter la « diaspora noire et africaine » sous le thème de la résilience et de la mémoire. Mais les noms de ses rues font l’objet d’une incompréhension généralement partagée par la diaspora sénégalaise.

Les noms de rues de Gorée en question
Il y a des exceptions comme la rue des Bambaras, celle de Castel… Mais l’essentiel des noms de rues de Gorée renvoie à la colonisation et à des personnages y ayant joué un « rôle positif » pour la France. Ce que les visiteurs, notamment ceux de la diaspora, ne comprennent toujours pas. Cet été, la remarque d’un étudiant sénégalais en Lettres Modernes à Paris, visitant Gorée, symbolisait cette incompréhension : « C’est dommage ! Quand on arrive sur une île chargée d’histoire douloureuse et de mémoire, il y a mieux que d’être « accueilli » par un bâtiment qui porte le nom du chevalier de Boufflers (Ndlr, ancien gouverneur du Sénégal et de la colonie de Gorée au 18ème siècle) ». Un hôtel aux couleurs rouges vives portant ce nom se dresse en face du lieu de départs et des arrivées de bateaux faisant la navette avec l’embarcadère de Dakar.

Ne pas cacher les stigmates
« Il y a quelques années, nous avions eu ce débat, reconnaît Augustin Senghor, le maire de Gorée. Les noms de rues sont ceux de militaires français ou des répliques de noms de rues parisiennes ».

Ce « débat » avait abouti à la conclusion que « la traite négrière et la colonisation font partie de l’histoire de l’île. Enlever ces noms de rues, c’est enlever cette histoire même si elle a été violente et répréhensible ». L’édile de Gorée pense que c’est une manière de lutter contre ce qu’il s’est passé sur l’île. « Nous ne devons pas cacher les stigmates de la traite négrière ou du colonialisme. Chaque fois que les gens verront ces noms, ils comprendront que c’est l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire ». Donc, de la résilience, puis de la mémoire. Ce sont les thèmes centraux du Gorée diaspora festival, 8ème édition. « C’est un retour vers le passé pour lancer un appel à la diaspora noire (Usa, l’Amérique du Sud, les Caraïbes, mais c’est aussi l’Europe) issue de la traite négrière », confie Augustin Senghor, également président du Gorée diaspora festival. L’île de Gorée constitue le symbole de la traite négrière.

« Nous avons voulu, par le truchement de la mémoire, utiliser ce passé trouble et triste pour appeler la communion des frères de la diaspora qui doivent revenir aux sources. A travers ce retour dans le passé, nous souhaitons nous retrouver et chanter un nouvel hymne d’espoir et de paix ».

Plus attentif à la diaspora
Classé patrimoine mondial de l’humanité, symbole de la traite des Noirs, mais aussi patrimoine culturel, Gorée est le réceptacle d’une mémoire à partir de laquelle se développe un tourisme culturel et durable. « Il y a une baisse des visites ces dernières années qui tourne autour de 200 à 300.000 par an, alors qu’on en avait le double », renseigne M. Senghor, selon qui Gorée se tourne également « vers les autres qui ne font pas partie de la diaspora. La traite négrière est l’histoire du monde entier ».
Lors du festival, trois plaques symbolisant des pèlerins de la mémoire pour la paix seront dévoilées : Obama, Mandela et Jean Paul 2.

Il est également prévu un hommage à Houphouët-Boigny qui a étudié sur l’île. « A Gorée, on ne vient pas seulement en villégiature, on vient pour communier avec les ancêtres esclaves mais aussi transmettre un message de paix au monde entier ».

CONSERVATEUR DE LA MAISON DES ESCLAVES DE GORÉE : ELOI COLY, LA VOIE DU MAÎTRE
Il porte l’héritage de feu Joseph Ndiaye, notamment la Maison des esclaves. Actuel conservateur du site, Eloi Coly suit la voie tracée par le « père » auprès de qui il a passé vingt quatre bonnes années. Une voie qui consisterait à replacer Gorée dans son véritable contexte, malgré les vérités aléatoires sur le rôle que cette dernière a joué dans la traite transatlantique.
Presque la même intonation vocale, la même conviction, le même idéal. Ce qui les différencie, l’âge et le cursus. S’il n’est pas le fils biologique, il n’en est pas moins l’héritier. Joseph Ndiaye, Eloi Coly, un conservateur en engendre un autre.

D’ailleurs, on peut définir le second comme le continuateur du premier.
Dans son bureau, patrimoine matériel d’un passé esclavagiste, rien ne se perd. Tout ce qui a trait à la honteuse traite se conserve. Souci d’une authenticité ? Ou nostalgie d’un passé ? Comme son prédécesseur, Eloi Coly fait de la préservation de la mémoire un idéal, un devoir.
Gestionnaire du site de Gorée, patrimoine mondial, il est venu à une époque où l’autorité anticipait le départ du doyen. Le jeune Eloi est envoyé au près du « grand homme », comme il le nomme.

Au début, Joseph Ndiaye voyait en lui celui qui allait le pousser vers la sortie. « Ce n’est pas parce qu’il ne voulait pas partir, mais c’était une marque de son attachement à la Maison des esclaves, nuance-t-il. Aujourd’hui, je sais ce qu’il avait ressenti à cette époque ». Devenu également très amoureux de ce lieu qui, pour certains, notamment ceux de la diaspora, devraient être un sanctuaire de repentances, il s’y attache de plus en plus. En effet, il ne voit plus les années ni les heures passées. Son seul objectif, replacer Gorée dans son véritable contexte, malgré les polémiques, voire les vérités aléatoires, sur sa place dans la traite négrière.

Il est 20 heures passées en une douce soirée de vendredi, Eloi Coly est encore au travail. Il est seul dans ce lieu rempli d’histoire où les fantômes des âmes malmenées du fait de leur identité noire y demeurent peut-être encore en entendant recueillements et prières. L’homme est conscient de la grande mission qui lui est assignée, notamment préserver la mémoire. Ce qui suppose une bonne compréhension des mécanismes qui ont conduit à cet état de fait afin de faire une lecture contemporaine de l’histoire.

Un parcours particulier
Au début, il était destiné au théâtre. Ceux qui l’ont vu sur les planches du Théâtre national Sorano, lui traçaient un destin d’artiste-comédien. Dans cet univers, il a eu à participer à beaucoup de productions à l’instar de Café littéraire, une émission de la Rts qui faisait la promotion de la lecture. Par un heureux concours de circonstance, le ministère de la Culture l’avait engagé pour le mettre à la disposition de l’Education nationale. Onze ans au lycée Blaise Diagne, il est rappelé plus tard dans celui de la Culture pour un poste à la Maison des esclaves. Entre temps, un renforcement de capacités pour avoir une spécialisation en Arts du spectacle et Techniques de diffusion. De passage à l’Ecole nationale d’architecture et des arts visuels et à l’Institut des arts de diffusion (Iad) de Bruxelles, il en sort outillé. Une formation pluridisciplinaire qui a facilité son intégration au site historique.

Dans un contexte d’éparpillement des fils d’Afrique qui ont perdu l’estime d’eux, en s’offrant à une nouvelle forme d’esclavage avec les bateaux de migrants sur les côtes occidentales, Eloi Coly se veut gardien de la mémoire. En effet, il veut reconstruire le discours de plus en plus tronqué pour réconcilier l’Afrique avec ses fils établis dans la diaspora. Trente deux années passées à la Maison des esclaves, ce combat commence à porter ses fruits. La traite négrière est depuis inscrite au programme national. En effet, il est fait obligation aux enseignants de conduire leurs élèves à la Maison des esclaves, en complément de l’enseignement dispensé dans les classes. Car, selon lui, tout passera par l’éducation. Aujourd’hui, le site doit être réhabilité tout en gardant son authenticité. Enfin, le couronnement de vingt quatre années de compagnonnage avec Joseph Ndiaye, mu par une seule ambition : rétablir la vérité pour situer les responsabilités dans le but d’aller vers la réconciliation et le pardon.

Marame Coumba SECK

LA MAISON DES ESCLAVES : LA MÉMOIRE RÉHABILITÉE
C’est un site qui offre un point de vue différent des récits traditionnels sur la traite négrière. Autrefois une maison privée qui servait de cellule de détentions avant un départ vers les Amériques, la Maison des esclaves est, aujourd’hui, un patrimoine matériel mondial. Membre fondateur de la Coalition internationale des sites de conscience, elle a bénéficié d’un financement de la Fondation Ford et du ministère de la Culture pour être réhabilitée.

En tant que destination internationale, la Maison des esclaves est un passage obligé des trois quart de touristes du monde entier qui se rendent au Sénégal.

Des milliers d’élèves et étudiants y effectuent des visites pédagogiques, en complément des enseignements dispensés dans les classes. Désormais, le site peine de plus en plus à satisfaire les besoins de ce public international, national et local. Ainsi, en mars 2015, une mission de consultation a été financée par la Fondation Ford à travers la Coalisation internationale des sites de conscience.

Ce projet, qui a consisté à faire une évaluation de l’état physique et de l’architecture historique de la Maison des esclaves, avait débouché sur un programme de revitalisation du site. Lequel est étendu sur trois ans et vise à faire du site un centre international de recherche dans divers sujets liés à la liberté, à la migration et à l’esclavage. Dans ce projet d’élargissement, le ministère de la Culture a doté le site d’un bâtiment adjacent, notamment la maison d’Albis. Cet espace supplémentaire, selon le conservateur de la Maison des esclaves, Eloi Coly, va permettre d’optimiser le flux de visiteurs.

Estimé à un milliard trois cents millions de FCfa, ce projet de réhabilitation coûtera à l’Etat du Sénégal huit cents millions de FCfa. Le reste du financement sera pris en charge par la Fondation Ford.

Dossier réalisé par Moussa DIOP et Marame Coumba SECK

Selon les sources étrangères, il y aurait entre 9 à 11.000 inscriptions sénégalaises par année en France. Il y a 37 associations estudiantines sénégalaises dans l’Hexagone. Des chiffres qui montrent l’importante présence sénégalaise dans les écoles, universités et instituts en France. Autant d’étudiants qui ambitionnent la réussite dans les études pour embrasser des carrières professionnelles épanouies. Pour arriver au bout de leurs projets d’études, les étudiants sénégalais profitent généralement des jobs d’été pour se remplir les poches et disposer d’une expérience souvent inoubliable.

Un précieux sésame pour les Sénégalais en France
Trouver un job d'été est un exercice auquel se plient, chaque année, des milliers de jeunes sénégalais de la diaspora. Des nouveaux arrivants aux plus anciens, nombreux sont ceux qui ont besoin de ce ticket d’entrée au monde professionnel et à la stabilité financière.

Paris : L’inscription, le loyer de la rentrée prochaine, l’achat d’un billet d’avion pour rendre visite à la famille au Sénégal et le désir d’avoir une année scolaire financièrement stable constituent souvent les raisons qui obligent les étudiants sénégalais à chercher un travail saisonnier. Si la recherche est moins stressante pour les boursiers qui disposent d’une stabilité financière, elle est plus préoccupante pour les non boursiers. C’est le cas de Mariama, 18 ans, étudiante en 1ère année d’Informatique à Paris. « Je n’ai pas eu la bourse et il faut absolument que je trouve un job d’été afin d’assurer au moins l’inscription de ma 2ème année de Licence Informatique », avance-t-elle.

En effet, Mariama est actuellement hébergée chez des proches de sa famille. Son objectif est de décrocher un petit boulot pour payer les 800 euros (environ 530.000 FCfa) de frais pour son inscription de l’année prochaine. Un travail qui lui permettra d’avoir un logement étudiant au sein des Crous (opérateur de l’Etat français pour la gestion de la vie étudiante, Ndlr). « Cela soulagerait mes parents qui ont payé tous mes frais universitaires de ma première année en France », poursuit-elle.

Parcours du combattant
Trouver un job d’été est une nécessité mais c’est un véritable parcours de combattant, malgré la diversité des postes à pourvoir.

L’une des règles pour réussir à obtenir un job d’été en France est de s’y prendre très tôt ; ce qui permet d’augmenter les chances d’en trouver. «  Nous obtenons des jobs de serveur, caissier, gardien, professeur, vendeur, etc. », informe Kéba, 20 ans, étudiant en 3ème année d’Economie et Gestion à l’Université de Grenoble. S’y étant pris très tard l’année dernière, Kéba a, cette fois-ci, commencé ses recherches de job d’été dès le mois de mars 2016. « Je travaille actuellement comme caissier dans un supermarché, non loin de ma résidence universitaire », se félicite-t-il. Même s’il a trouvé son processus de recrutement long et fastidieux, Kéba est au moins en mesure de régler toutes ses factures en attente de paiement. « J’ai dû déposer une centaine de Cv, passer 15 entretiens au total, avant d’obtenir ce job », précise-t-il. De plus, lorsqu’ils vivent dans de petites villes, où il y a peu d’offres saisonnières, les étudiants sénégalais sont parfois obligés de quitter leurs lieux de résidence pour aller chercher ce fameux sésame dans des régions où l’offre est plus importante. C’est le cas d’Ousseynou, 20 ans, étudiant en Télécoms en Normandie, au Havre. « J’ai quitté le Havre afin de trouver un job d’agent de sécurité à La Baule, en Loire atlantique. Le trajet le Havre-La Baule (Nord-ouest et ouest de la France) est très long, mais je n’ai pas le choix si je veux m’inscrire en septembre, confit-il.

En outre, ces étudiants « forcés » de travailler loin de leur ville d’études sont souvent confrontés aux contraintes de logement et de transport. « Comme je ne suis pas véhiculé et que je n’ai pas un job où je suis logé et nourri par l’employeur, je dors à la plage, à la belle étoile », conclut-il, impuissant. Se battre pour trouver un travail pendant les grandes vacances d’été n’est pas une particularité de la nouvelle génération des étudiants sénégalais en France. Ce fut le cas de leurs ainés.

L’histoire se répète
Pape Diop, 30 ans, ingénieur informatique vivant aujourd’hui à Paris, se rappelle encore de son parcours du combattant pour trouver un job d’été. « Je faisais de la cueillette de fraise dans un petit village du sud de la France, de 7h à 18h. Ce, après avoir cherché en vain un travail de caissier dans un Mc Donald’s à Valenciennes (dans le nord de la France où il faisait ses études, ndlr).

J’étais obligé d’aller loin si je voulais acheter ce billet pour Dakar et rendre visite à ma mère malade », se souvient-il, sourire aux lèvres. Entre la génération de Mariama, Ousseynou et celle de Pape, rien n’a changé. Le besoin de trouver ce gagne-pain est toujours présent et les conditions de son obtention sont restées tout autant difficiles. Cependant, il y a de plus en plus de structures qui les aident à rédiger des Cv et lettres de motivation, en plus de les orienter vers les secteurs qui recherchent le plus de travailleurs saisonniers. Parallèlement, on note une forte solidarité de la communauté sénégalaise dans la recherche de jobs d’été.Ceux qui ont déjà trouvé un travail recommandent leurs compatriotes auprès de leur patron ou leur transmettent de bons contacts.

Trouver un boulot d’été est presque un passage obligé pour les étudiants sénégalais vivant en Occident. Si l’obtenir reste souvent un parcours du combattant, tous sont unanimes sur les bienfaits de ces expériences. Ils y gagnent de l’indépendance financière vis-à-vis des parents, de la maturité et un premier pas dans le monde professionnel.

Par Aminata Thior

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Last modified on mardi, 19 juillet 2016 14:34

De plus en plus nombreux au Canada, en dépit des frais de scolarité assez élevés en Amérique du Nord, les étudiants sénégalais ne dérogent pas à la règle d’occuper ce qu’on appelle couramment des « jobs d’étudiants ».

Pour la majorité des étudiants sénégalais au Canada, travailler ne rime pas forcément avec nécessité. Les frais universitaires sont réglés généralement par les parents. Cependant, travailler permet de combler d’autres besoins accessoires comme le transport, le logement, les abonnements téléphoniques, la voiture, les loisirs, etc. C’est une situation qui découle de la spécificité des étudiants au Canada : ils proviennent généralement de familles dites « aisées ».

Réglementation du temps de travail
Avec la loi de juin 2014 portant sur des changements au programme des étudiants étrangers, les Sénégalais inscrits dans les universités canadiennes ou les établissements du supérieur peuvent travailler en temps partiel jusqu’à 20 heures par semaine durant l’année universitaire (sessions automne et hiver). C’est une restriction qui n’a plus lieu d’être pendant les congés, notamment l’été. En effet, les étudiants sénégalais ont la possibilité de travailler à temps plein sous condition d’une demande de permis de travail. Généralement, le permis d’études qui fait office de carte de résident temporaire suffit. À l'instar de leurs homologues étudiants dans d’autres pays, les jeunes occupent des emplois dans des centres d’appels, usines, restaurants ou fast-food, dans les dépanneurs (au Québec, c’est une expression pour désigner une petite épicerie de quartier ou supérette, Ndlr), entreprises de nettoyage, dans des hôtels, des entrepôts, etc. Les étudiantes se singularisent généralement à travers des postes de vendeuse ou caissière, coiffeuse dans les salons ou à domicile dans la communauté sénégalaise.

Selon le témoignage de Bassirou Sèye, étudiant en Génie électrique de l’Université du Québec, à Trois-Rivières (Uqtr), « la priorité reste la présence non négociable aux cours ». Le jeune étudiant reconnaît qu’il lui « arrive de travailler en dehors de la période estivale pendant laquelle les engagements universitaires sont moindres » ; ce qui lui « donne la possibilité de travailler en entreprise à plein temps ».

S’adapter au monde du travail
Ce job lui permet non seulement de subvenir à certains de ses besoins, mais encore de « s’adapter au monde du travail et à la société d’accueil ». En effet, une fois leur diplôme en poche, les étudiants ont généralement le choix de rentrer dans leurs pays d’origine ou de demander la résidence permanente.

On compte environ une quarantaine d’étudiants sénégalais à Trois-Rivières, ville située à environ 200 km de Montréal. Il peut cependant arriver que certains d’entres eux ne puissent plus assumer le coût financier des études. Cela implique un inversement des priorités : le job d’étudiant prend le dessus sur les études. Lors du boom économique dans l’Ouest canadien, avec le pétrole en Alberta, Calagary, il y a eu un afflux massif d’étudiants provenant du Québec. Ils étaient venus à la recherche d’un emploi et ainsi des fonds pour faire face aux responsabilités liées à leurs études universitaires. Les jobs d’étudiants ont un autre effet. Ils peuvent être un tremplin pour décrocher un emploi en rapport avec les études, mais malheureusement, ce sont souvent des boulots plus alimentaires qu’autre chose.

Un étudiant a besoin d’être dans de bonnes conditions de travail pour réussir. Il arrive que des parents sénégalais envoient leurs enfants sans prendre les dispositions qui leur permettront d’assumer les frais universitaires. Pour rappel, le Canada a toujours été une destination de choix pour les Sénégalais, grâce à la réputation de son enseignement, mais aussi par l’entremise de l’énorme possibilité de rester sur place une fois les études terminées.

Aminata Sow, correspondante à Montréal

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Last modified on mardi, 19 juillet 2016 14:29

 

Tokyo : A travers le rayonnement de ses universités et de ses avancées technologiques, le Japon attire depuis longtemps les étudiants sénégalais. Une formation très prisée. Malgré la barrière de la langue, de jeunes sénégalais n'hésitent plus à tenter l'aventure pour étudier au Pays du Soleil levant. La voie privilégiée reste l'obtention d'une bourse d'excellence offerte par le gouvernement nippon. Mais d'autres étudiants empruntent le chemin sinueux du financement sur fonds propres. Un choix qui mène aux petits boulots et jobs d’été. 

Ils sont, chaque année, une centaine d’étudiants sénégalais à se présenter au concours. Les places sont chères : moins de cinq sont sélectionnés pour réaliser leur projet d'études au Japon.

Spécificités japonaises
Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes sénégalais sont tentés de réaliser leur projet de formation sur financement privé. Une voie de contournement qui n’est pas dénuée de difficultés. Alors que les bénéficiaires de la bourse du Japon disposent d’un accompagnement pédagogique et social, ceux qui financent leur voyage sur fonds propres doivent faire face à des difficultés financières dans un pays où le coût de la vie est parmi les plus élevés au monde. Aussi, pour financer des études onéreuses, les étudiants alternent bien souvent petits boulots et études.

Solidarité
Mais les Sénégalais au Pays du Soleil levant se sont organisés en communauté dynamique afin de s’apporter une assistance mutuelle reposant sur la mise en place d’un réseau de solidarité. Cela passe par l’intégration de nouveaux venus et le partage d’informations utiles. Il est évident que réaliser un projet d'études au Japon nécessite des moyens financiers importants. Etudier au Japon sans assise financière relève d’un véritable défi. Allier job et études peut s'avérer un pari risqué.

Parmi eux, nombreux sont ceux qui échouent. En somme, détermination, abnégation et persévérance sont la recette de la réussite pour ceux qui ne disposent pas d’une bourse.

Aly Diab DIOP, correspondant au Japon

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Last modified on mardi, 19 juillet 2016 14:28

Ramadan au Japon : Le Halal pour lutter contre les clichés

Le nombre de musulmans n’est pas statistiquement connu au Japon. Le mois de Ramadan est une opportunité de mieux faire tomber les clichés largement partagés sur la religion musulmane.

Tokyo - Un des endroits fréquentés par les musulmans et surtout par la communauté sénégalaise dans la capitale japonaise est la Grande Mosquée. Dotée d’un centre culturel, elle offre l'opportunité aux non musulmans (Japonais ou étrangers) de partager le repas de la rupture du jeûne pendant toute la durée du mois de Ramadan. En juin, les jours sont plus longs au Japon. Ce qui fait une durée totale de 16 heures de jeûne. Aux yeux des Japonais, la pratique du Ramadan soulève beaucoup de questions. Ces interrogations portent sur le sens du jeûne, ses défis autant physiologique et psychologique. Ce qui laisse place, très souvent, a une discussion intéressante sur le fait religieux et sa place au cœur des enjeux du moment. Ainsi, le Ramadan reste un moment de communion entre une communauté musulmane et une population aux croyances assez diversifiées, partant du bouddhisme, du shintoisme au christianisme, en passant même par une version syncrétiste.

Mais l’Islam, ses préceptes et principes, sont en train de sortir de la forme de marginalité dans laquelle il était confiné jusqu’à récemment dans l’Empire du Soleil levant. Cette sortie de l’ornière est due à l’intérêt relatif mais grandissant autour de la marque Halal et du business qui y est associé. S’appuyant et s’entourant de l’expertise de ses « voisins » comme l’Indonésie, le plus grand pays musulmans au monde, et de la Malaisie entre autres, il y a tout un « branding » qui est construit autour du label « Halal ». La particularité du « Halal » au Japon réside dans une utilisation qui va au-delà de la cuisine pour investir le cosmétique. Il y a plusieurs fora comme la Japan Halal expo. Au-delà du « Halal », le Japon veut capter la clientèle musulmane. Le développement d’un circuit touristique, Muslim friendly, est en projet.

Dans ce contexte de développement relatif de l’Islam au Japon, le Ramadan est un moment qui permet de promouvoir le vivre ensemble, le partage mais aussi et surtout un dialogue culturel et pas que religieux.

Aly Diab Diop

Ramadan en France : Quand la nostalgie s’invite à la table du « Ndogou »
ramadan japonPendant le mois de Ramadan au pays de la Téranga, ils avaient l’appel du muezzin le matin ou le réveil du chef de famille pour bien débuter la journée de jeûne. Les courtes journées, les ruptures de jeûne en famille et les rappels des bonnes pratiques religieuses durant la journée rythmaient leur quotidien sénégalais. A Paris, le décor et les conditions du jeûne sont totalement différents.

Mariama, Papis et Seydou, des Sénégalais établis en France, racontent ce changement radical.

Papis, 23 ans, est en dernière année d’études d’ingénieur en Mécanique à Paris. Il a passé seul, son premier mois de Ramadan en France, avec sa grande sœur dans une résidence universitaire à Grenoble. Le calme et le sentiment d’être seul au monde en train de jeuner l’ont particulièrement marqué. « A Dakar, je passais mes journées pendant le Ramadan avec mes amis dans des conférences religieuses ou dans des activités caritatives. En France, je ne me rends compte de mon jeûne que lorsque mes collègues vont déjeuner ou évitent de manger devant moi », confie-t-il avec le sourire. Avec le temps, Papis s’est habitué à l’ambiance des mois de Ramadan en France. Les repas moins copieux et le vide autour de la table à manger les soirs de rupture de jeûne viennent s’ajouter à sa routine durant le mois béni.

Contrairement à Papis qui s’est finalement adapté à son rituel solitaire, Mariama, 18 ans, étudiante en Informatique, est en train de vivre son premier Ramadan parisien dans une grande famille sénégalaise. « Mis à part la longueur des journées de jeûnes (Plus de 18 heures cumulées), je ne sens aucune différence entre mon Ramadan de Dakar et celui de Paris », constate-t-elle.

En effet, à l’université, Mariama est en compagnie de ses camarades de cours d’origine maghrébine qui observe tout autant qu’elle le Ramadan. Le soir, elle retrouve sa famille d’accueil. Un oncle établi à Paris depuis plus 10 ans avec femme et enfants. « Comme à Dakar, les cris des enfants à l’approche de la rupture me font toujours rire. L’odeur des mets me rappelle les préparations de maman et mes joies de pouvoir enfin manger le soir en famille sont aussi intenses que les ruptures à Dakar », ajoute-t-elle. Cette ambiance de rupture du jeûne familial que décrit Mariama est aujourd’hui le vécu de Seydou, ce cadre en Informatique vivant à Paris depuis 9 ans. « Mes premières années de Ramadan en France furent un choc pour moi. Je manquais de me réveiller tous les petits matins pour le « kheud ». Mes cours se terminaient à 19h et, très souvent, je me retrouvais à faire ma rupture en plein cours ou en examen avec uniquement 3 dattes ».

Aujourd’hui, Seydou est marié et père d’une fille de 2 ans. Une petite famille certes, mais il ressent ce bonheur de réveiller sa femme pour manger et faire la prière du matin. Le soir, au milieu de plusieurs plats succulents, il se rappelle des mois de Ramadan heureux de son enfance à Dakar, mais aussi ces difficiles journées de jeûne pendant ses premières années en France.

Aminata THIOR

Last modified on jeudi, 30 juin 2016 14:38

Plus de 250 experts et hommes d’affaires se sont rencontrés les 6 et 7 juin à Dakar
Cette réunion présidée par le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne a été axée sur la contribution de ces deux catégories au Plan Sénégal émergent (Pse) et au Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc).

Lors du Conseil des ministres du 10 février 2016, le président Macky Sall avait instruit le gouvernement d’associer la diaspora dans la mise en œuvre des chantiers de l’Etat, notamment du Pse.

C’est pourquoi plusieurs ateliers liés à l’hydraulique, à l’électrification rurale, aux pistes rurales, aux équipements agricoles, à l’entrepreneuriat rural, etc., ont jalonné la rencontre. Chaque année, plus de 1.000 milliards de FCfa sont envoyés par la diaspora. Les Sénégalais de l’extérieur se sont toujours impliqués dans la mise en place d’infrastructures socio-économiques de base dans les localités les plus reculées du pays, contribuant à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Le nombre de musulmans n’est pas statistiquement connu au Japon. Le mois de Ramadan est une opportunité de mieux faire tomber les clichés largement partagés sur la religion musulmane.

Tokyo - Un des endroits fréquentés par les musulmans et surtout par la communauté sénégalaise dans la capitale japonaise est la Grande Mosquée. Dotée d’un centre culturel, elle offre l'opportunité aux non musulmans (Japonais ou étrangers) de partager le repas de la rupture du jeûne pendant toute la durée du mois de Ramadan.

En juin, les jours sont plus longs au Japon. Ce qui fait une durée totale de 16 heures de jeûne. Aux yeux des Japonais, la pratique du Ramadan soulève beaucoup de questions. Ces interrogations portent sur le sens du jeûne, ses défis autant physiologique et psychologique. Ce qui laisse place, très souvent, a une discussion intéressante sur le fait religieux et sa place au cœur des enjeux du moment. Ainsi, le Ramadan reste un moment de communion entre une communauté musulmane et une population aux croyances assez diversifiées, partant du bouddhisme, du shintoisme au christianisme, en passant même par une version syncrétiste.

Mais l’Islam, ses préceptes et principes, sont en train de sortir de la forme de marginalité dans laquelle il était confiné jusqu’à récemment dans l’Empire du Soleil levant. Cette sortie de l’ornière est due à l’intérêt relatif mais grandissant autour de la marque Halal et du business qui y est associé. S’appuyant et s’entourant de l’expertise de ses « voisins » comme l’Indonésie, le plus grand pays musulmans au monde, et de la Malaisie entre autres, il y a tout un « branding » qui est construit autour du label « Halal ». La particularité du « Halal » au Japon réside dans une utilisation qui va au-delà de la cuisine pour investir le cosmétique. Il y a plusieurs fora comme la Japan Halal expo. Au-delà du « Halal », le Japon veut capter la clientèle musulmane. Le développement d’un circuit touristique, Muslim friendly, est en projet.

Dans ce contexte de développement relatif de l’Islam au Japon, le Ramadan est un moment qui permet de promouvoir le vivre ensemble, le partage mais aussi et surtout un dialogue culturel et pas que religieux.

Aly Diab Diop

Le mois de Ramadan est le prétexte pour aller à la rencontre de l’association Le Dental Fulbé Kanada « DFK » qui œuvre pour promouvoir la culture peule et la langue pulaar au Canada. Le Dfk met l’accent sur le volet social par la solidarité et l’entraide entre ses membres, tout en s’intégrant à la société canadienne – québécoise et en nouant des liens avec les autres groupes communautaires.

L’association, principalement présente au Québec, surtout à Montréal, a organisé, ce samedi 25 juin, son Ndogou annuel ou « Koumtari partagé ». C’est une cérémonie qui réunit ses membres et sympathisants originaires du Sénégal, de la Mauritanie et de la Guinée. « C’est une occasion de joindre l’utile à l’agréable », dit Amadou Tidiane Bâ, le président de Dfk. Ce dernier précise que l’association a une vocation sociale et culturelle. Diverses activités sont organisées : cabane à sucre, visite du zoo de Granby, barbecue annuel, soirées culturelles, tournoi de football en lien avec les autres associations et un fonds social. Pour Amadou Tidiane Bâ, c’est un devoir pour l’association d’organiser le "Ndogou" annuel « puisque la grande majorité de ses membres sont des musulmans ». Cependant, il est à préciser que les musulmans ne représentent que 3% de la population au Québec.

Dans un contexte mondial marqué par la menace terroriste et la possible radicalisation des jeunes sur Internet, les enfants de Sénégalais qui naviguent entre la culture canadienne et africaine sont confrontés à la problématique de l’apprentissage de leur religion.

Pour cela, des initiatives locales sont menées et différentes méthodes sont employées. Elles vont de l’enseignement culturel et religieux dans les centres communautaires comme celui de e-Darra, en passant par des cours via Skype (professeur au Sénégal qui dispense l’enseignement à distance) et aussi des enseignements à domicile regroupant plusieurs enfants. Selon Amadou Tidiane Bâ, la grande différence entre la pratique du jeûne au Sénégal et au Canada réside dans la durée de la diète religieuse. Cette année, le jeûne dure environ 17 heures par jour. A Montréal, l’été peut ressembler à la chaleur caniculaire au Sénégal en juin-juillet. Le Ramadan est l’occasion de promouvoir les valeurs de solidarité et de partage qui caractérisent les Africains et particulièrement les Sénégalais.

A cet effet, toutes les associations religieuses ou « dahiras » mourides, tidianes, layennes (Fondation Nourou  Darayni, Fondation Cheikh Ahmed Tidiane Chérif, Dahira Tidiane Rive-Sud) organisent leur Leylatoul Khadr (la Nuit du destin) respectifs. « C’est un devoir pour tout musulman de participer à la promotion et à la valorisation de l’Islam », soutient Mamadou Dieng de Dfk et membre aussi de la mosquée Tawuba, très actif dans l’enseignement et la promotion de la religion. Il est également d’avis que les grands défis demeurent l’éducation religieuse des enfants et trouver un compromis pour les adultes de la grande Métropole de Montréal, entre le travail et le respect de la prière obligatoire du vendredi. « Il faut se battre, poursuit Mamadou Dieng, car nous ne sommes pas dans  un pays  musulman ou bien à majorité musulmane ».

Au Québec, on parle beaucoup d’accommodements raisonnables envers la communauté musulmane, surtout pendant le Ramadan. L’actualité récente évoque un cas de « questions – accommodements » soumis par des employeurs à la Commission des Droits de la personne : trois vendeurs musulmans dans les télécommunications veulent avoir deux heures le midi pour prier, or la pause du midi est de 30 minutes dans cette entreprise ; l’employeur veut savoir comment gérer la situation. « Avec nos moyens, nous transformons nos foyers en lieux d’apprentissage du Coran et de la religion d’une manière générale, en dehors des heures de cours à l’école canadienne, bien évidemment. Ce qui nous permet de transmettre aux enfants cet héritage », souligne Mamadou Dieng.

S’inspirer de la culture au Québec pour l’enseignement religieux
Au sein de Dfk, nous sommes conscients que les moyens d’un enseignement religieux au Canada sont différents de ceux employés en Afrique. Il faut privilégier l’approche des écoles québécoises. « Au Canada, on fait le nécessaire pour que les enfants aiment l’école, et s’y plaisent. Ce qui est indispensable à la réussite. En revanche, dans nos cultures, on a plus tendance à forcer et contraindre l’enfant, regrette Mamadou Dieng. Un verset du Coran parle de miséricorde pour enseigner la religion. Allah a beaucoup d’attributs. Il a utilisé son caractère le plus doux pour enseigner le Coran. L’approche canadienne de l’enseignement ludique est déjà présente dans le Coran ». Il est important de maîtriser le Coran, de connaître ces recommandations et de les appliquer. « Ainsi, dans notre mosquée, nous mettons des jeux, nous donnons des collations, des prix, des cadeaux, tout cela pour que l’enfant soit à l’aise et qu’il puisse avoir envie de revenir. Nous faisons le maximum pour que nos enfants apprennent tout en s’amusant ».

Mamadou Dieng raconte une anecdote pour illustrer son propos : « Un enfant dont l’un des parents est de confession musulmane et l’autre chrétienne m’a dit être tiraillé entre deux cultures, sa mère l’amène à l’église et son père à la mosquée. Il avait une interrogation sur sa future religion. A l’église, on distribue des bonbons alors qu’il n’y en a pas à la mosquée. En tirant les leçons de ce témoignage, nous avons commencé à acheter des bonbons ».

 Il y a une autre solution pour l’enseignement religieux aux enfants de Sénégalais installés au Canada. Elle réside dans la fréquentation des écoles privées confessionnelles. « Au Canada, nous avons le droit d’ouvrir une école de tendance religieuse. Les écoles musulmanes ne sont pas nombreuses ; on en dénombre deux à Montréal et une à Ottawa. Mais il y a un problème de taille : ces écoles ne sont pas à la portée de tous les parents car elles sont chères. « Les parents qui en ont les moyens peuvent inscrire leurs enfants dans ses établissements de l’élémentaire au secondaire. Pour cela, il faut débourser autour de 6.000 dollars  canadiens  par an, soit environ 2.700.000 FCfa. Les enfants peuvent y porter le voile, faire leurs prières dans des salles aménagées », poursuit Mamadou Dieng. Ce dernier lance un appel pour la mosquée de Tawuba (à Montréal) : « Nous appelons tous les musulmans à participer financièrement à notre effort collectif de nous doter d’un grand espace réunissant un lieu de prières et un centre culturel ».

Aminata Sow

Pendant le mois de Ramadan au pays de la Téranga, ils avaient l’appel du muezzin le matin ou le réveil du chef de famille pour bien débuter la journée de jeûne. Les courtes journées, les ruptures de jeûne en famille et les rappels des bonnes pratiques religieuses durant la journée rythmaient leur quotidien sénégalais. A Paris, le décor et les conditions du jeûne sont totalement différents. Mariama, Papis et Seydou, des Sénégalais établis en France, racontent ce changement radical.

Papis, 23 ans, est en dernière année d’études d’ingénieur en Mécanique à Paris. Il a passé seul, son premier mois de Ramadan en France, avec sa grande sœur dans une résidence universitaire à Grenoble. Le calme et le sentiment d’être seul au monde en train de jeuner l’ont particulièrement marqué. « A Dakar, je passais mes journées pendant le Ramadan avec mes amis dans des conférences religieuses ou dans des activités caritatives. En France, je ne me rends compte de mon jeûne que lorsque mes collègues vont déjeuner ou évitent de manger devant moi », confie-t-il avec le sourire. Avec le temps, Papis s’est habitué à l’ambiance des mois de Ramadan en France.

Les repas moins copieux et le vide autour de la table à manger les soirs de rupture de jeûne viennent s’ajouter à sa routine durant le mois béni. Contrairement à Papis qui s’est finalement adapté à son rituel solitaire, Mariama, 18 ans, étudiante en Informatique, est en train de vivre son premier Ramadan parisien dans une grande famille sénégalaise. « Mis à part la longueur des journées de jeûnes (Plus de 18 heures cumulées), je ne sens aucune différence entre mon Ramadan de Dakar et celui de Paris », constate-t-elle. En effet, à l’université, Mariama est en compagnie de ses camarades de cours d’origine maghrébine qui observe tout autant qu’elle le Ramadan.

Le soir, elle retrouve sa famille d’accueil. Un oncle établi à Paris depuis plus 10 ans avec femme et enfants. « Comme à Dakar, les cris des enfants à l’approche de la rupture me font toujours rire. L’odeur des mets me rappelle les préparations de maman et mes joies de pouvoir enfin manger le soir en famille sont aussi intenses que les ruptures à Dakar », ajoute-t-elle. Cette ambiance de rupture du jeûne familial que décrit Mariama est aujourd’hui le vécu de Seydou, ce cadre en Informatique vivant à Paris depuis 9 ans. « Mes premières années de Ramadan en France furent un choc pour moi. Je manquais de me réveiller tous les petits matins pour le « kheud ».

Mes cours se terminaient à 19h et, très souvent, je me retrouvais à faire ma rupture en plein cours ou en examen avec uniquement 3 dattes ». Aujourd’hui, Seydou est marié et père d’une fille de 2 ans. Une petite famille certes, mais il ressent ce bonheur de réveiller sa femme pour manger et faire la prière du matin. Le soir, au milieu de plusieurs plats succulents, il se rappelle des mois de Ramadan heureux de son enfance à Dakar, mais aussi ces difficiles journées de jeûne pendant ses premières années en France. 

Aminata THIOR

Last modified on jeudi, 30 juin 2016 13:24

YouTube, Instagram, Snapchat et les plateformes de blogging personnel sont de plus en plus pris d’assaut par une jeune génération originaire ou native du Sénégal. Branchés et en général animés d’une passion, ces jeunes hommes et femmes manient parfaitement l’outil-réseau social qu’ils utilisent pour partager leur centre d’intérêt. Le pays d’origine, le Sénégal, est un thème souvent mentionné dans leur contenu.

Les passions qu’ils partagent avec leurs followers tournent autour de la mode & beauté et de la littérature. Avec une présence féminine plus marquée, cette blogosphère d’originaires du Sénégal et vivant principalement en France ou aux Etats-Unis partage des astuces et bons plans sur leurs cheveux, leur maquillage, leur garde-robe ou l’estime de soi. Elles puisent très souvent leur inspiration du Sénégal. C’est le cas de Maguette alias Nounette Afrostyle. YouTubeuse depuis 2013, sa chaîne compte aujourd’hui plus de 21.000 abonnés. Française d’origine sénégalaise, elle passait ses vacances d’été au Sénégal. Dans ses vidéos, elle évoque ses souvenirs sur le rituel de beauté de la femme sénégalaise et sur la coquetterie de cette dernière. Ce sont des gestes qui l’inspirent aujourd’hui dans sa vie de YouTubeuse beauté. Et pour Aïcha ou blackhairvelvet, YouTubeuse également depuis 2011, elle aborde souvent ses origines pour rappeler à ses 26.000 abonnées que c’est possible d’avoir de longs cheveux pour une Africaine. « J’ai de longs cheveux et pourtant, je suis d’origine sénégalaise et gambienne. Donc c’est bien possible les filles », répète-t-elle souvent. D’autres vont plus loin, en indiquant à leurs followers où trouver certains produits cosmétiques à Dakar. C’est le cas de la récente YouTubeuse, Make up by Rima. Sénégalaise vivant aux Etats-Unis et arrivée sur YouTube en 2014, elle compte aujourd’hui plus de 6.000 abonnés.

Si le thème du maquillage, des soins de la peau et des cheveux sont principalement abordés, l’estime de soi n’est pas en reste. Fatou Ndiaye, l’une des blogueuses françaises les plus influentes et originaire du Mali, du Sénégal et du Nigeria, et Gaëlle Prudencio, l’une des blogueuses mode pour les rondes les plus connues en France, traitent, très souvent, la question sur l'acceptation et l’estime de soi. A travers leurs plateformes de blogging, ces deux jeunes femmes montrent à leurs milliers de followers à quel point elles sont fières de leur peau noire, leurs cheveux crépus, leur forme, leur pays ou leur continent. Toutes ces blogueuses sont suivies sur les différents réseaux sociaux. Elles sont sur Facebook pour échanger avec leurs abonnées. Sur YouTube pour parler de méthodes et astuces. Sur Instagram pour poster des photos. Sur Twitter pour informer sur une actualité qui les concernent et sur Snapchat pour partager leur quotidien.

Peu nombreux, les passionnés de littérature ou de divers sujets autres que la mode et la beauté ne sont pas en reste. C’est le cas de ces jeunes auteurs Sénégalais vivant à Paris, Mbougar Sarr et Ndèye Fatou Kane. Ces derniers tiennent des blogs hébergés sur Wordpress ou Over blog où ils partagent des coups de cœur et coups de gueule lecture. Des sujets sur l’actualité sénégalaise y sont souvent traités. Contrairement à leurs homologues blogueurs mode, ils ne sont pas encore présents sur YouTube.

Il faut dire que ces natives ou originaires du Sénégal ne sont pas encore fans du BookTube, cette nouvelle forme montrant des YouTubeurs qui parlent de livres sur YouTube.

Aminata THIOR

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