D'Ici et d'ailleurs (5)

Près de 120 Sénégalais résident actuellement à Djibouti. Nos compatriotes sont la plupart dans l’artisanat, notamment la bijouterie, l’enseignement et la vente de médicaments dans les pharmacies, selon le consul honoraire, rencontré récemment à Addis-Abeba où il était venu prendre part, comme à chaque année, au Sommet de l’Union africaine et participer à la rencontre du chef de l’Etat avec la communauté sénégalaise vivant en Ethiopie. D’après Alioune Seck, nommé, depuis 2002, consul honoraire du Sénégal à Djibouti, un poste bénévole, les Sénégalais ont une bonne image dans ce pays où ils travaillent dans la bijouterie, l’enseignement et dans la vente des médicaments. « Nous avons, jusqu’ici, recensé 120 Sénégalais inscrits régulièrement au consulat honoraire », a-t-il précisé. M. Seck a constaté que « les propriétaires de pharmacie préfèrent travailler avec nos compatriotes qu’on retrouve souvent devant les comptoirs pour la vente ». Il a ajouté que lors des contrôles de police, les Sénégalais ne sont jamais inquiétés. Sur les difficultés de nos compatriotes, le consul révèle que le renouvellement des passeports et des cartes nationales d’identité est l’un des problèmes souvent posés aux autorités. « Nous souhaiterions le passage annuel de la commission du ministère de l’Intérieur pour permettre aux Sénégalais de renouveler leurs passeports et ne plus faire le déplacement jusqu’à Dakar », a-t-il souligné. A en croire Alioune Seck, cela fait deux ans que les services du ministère de l’Intérieur ne sont pas venus à Djibouti. « Le service consulaire est obligé d’établir des sauf-conduits pour les compatriotes  dont les passeports ont expiré afin de leur permettre de voyager au Sénégal », a-t-il indiqué. Sur la coopération entre nos deux pays dont les deux chefs d’Etat se retrouvent en tête-à-tête à chaque grand Sommet de l’Ua, le consul honoraire se félicite des facilités offertes par le Sénégal aux Djiboutiens qui envoient leurs étudiants dans nos universités et instituts privés d’enseignement supérieur à Dakar.

Quid de l’intégration de nos compatriotes ? Alioune Seck souligne que, grâce au dahira formé sur place, les Sénégalais se retrouvent lors des Magal et nuit du Prophète régulièrement organisés à Djibouti. « Nous avons également un crédit revolving qui permet de s’entraider », a-t-il dit. Et M. Seck de se féliciter du travail remarquable de feu Badara Mbow qui avait ouvert les portes aux Sénégalais en 1977.

Grâce à ce dernier, une maison des Sénégalais de Djibouti a été créée. Nos ressortissants à Djibouti, ceux en Ethiopie et au Kenya ont grandement participé, en 2000, lors de la première alternance, à la délégation des Sénégalais de l’extérieur en étant représentés à une réunion fondatrice tenue à Dakar.

« Il y a des problèmes importants que nos compatriotes rencontrent au quotidien », regrette Abdou Karim Basse, consul du Sénégal en Côte d’Ivoire. « On peut citer, par exemple, les problèmes liés au transfert des corps en cas de décès, au financement des études de nos enfants après le bac et la prise en charges de nos ressortissants en cas de maladie. Et pour les résoudre de façon immédiate et efficace, il faut fédérer nos forces. C’est pourquoi nous nous engageons dans cette dynamique », souligne-t-il. Autant de griefs qui font que les Sénégalais résidents en Côte d’Ivoire ont désormais décidé de se définir une nouvelle orientation politique et socio-économique plus adaptée, en mettant en place une structure dénommée la Grande fédération des Sénégalais de Côte d’Ivoire (Gfsci). Il s’agit, à en croire les « pères fondateurs de cette nouvelle organisation » dont l’ambassadeur Abdou Lahad Sourang, le consul général, et le vice-consul Yacoub Negri, d’un système communautaire intégré, harmonisé et efficace pour la promotion et la protection de tous les ressortissants sénégalais. Après plusieurs semaines de travaux pour la mise en place des éléments constitutifs de cette nouvelle organisation, les membres du comité ad hoc ont récemment donné le signal des grandes actions à travers la signature d’une convention d’assurance avec la compagnie « La Sénégalaise de l’Assurance ».

Outre cette signature de convention, la rencontre a été meublée par une séance d’explication du processus de mise en place de cette fédération, la remise des statuts et du règlement intérieur aux responsables de 42 associations et groupements qui y ont déjà adhéré, les conditions d’éligibilité des instances dirigeantes de la Gfsci et l’annonce de la date de l’assemblée générale élective (Age), prévue le 11 mars 2018. Selon le vice-consul Yacoub Negri, c’est un nouveau jour qui se lève sur le quotidien des communautés sénégalaises vivant en Côte d’Ivoire. « Il s’agit, soutient-il, d’un grand ensemble d’associations, d’amicales et de groupements qui va permettre de travailler à améliorer davantage les conditions de vie des Sénégalais vivant en Côte d’Ivoire. Ce, à travers des actions concrètes et des projets viables ». Lui emboîtant le pas, le consul Abdou Karim Basse a indiqué que « la création de cette faitière va fédérer les énergies de toutes les associations, mutuelles et autres organisations des communautés sénégalaises ».

Abou ADAMS

Le prix du loyer continue  de grimper presque partout aux Etats-Unis d’Amérique. Selon une étude de Trulia, une plateforme de location d’appartements et de maisons, la hausse moyenne du prix du loyer était déjà  de 3,1 % en 2017. Mais, il a triplé dans certaines localités du pays.

De 2012 à 2017, le prix de la location a connu une hausse considérable de 19,6 %  aux Etats-Unis. Même si aucun Etat n’est épargné, la Côte enregistre l’une des plus grosses augmentations surtout dans l’Etat de la Californie. San Jose, San Francisco et Sacramento sont, en effet, dans le classement des 10 villes les plus chères en termes de loyer. Alors qu’il faut débourser plus d’argent pour se loger dans les grandes métropoles des Etats-Unis, les petites villes connaissent une hausse plus ou moins négligeable selon leur attraction.

« J’ai quitté New-York, il y a presque 10 ans, pour venir m’installer à Charlotte. Mes trois boulots ne me suffisaient plus pour vivre décemment et loger ma famille dans un bon environnement où elle pourrait s’épanouir pleinement »,  confie Abdoul Khadre Samb, un Sénégalais vivant au pays de l’Oncle Sam depuis plus de deux décennies. Selon notre interlocuteur, « la grande ville attirent les nouveaux immigrants parce qu’ils offrent plus d’opportunités et ont de meilleures propositions salariales. Toutefois, une bonne partie de ces revenus sont dépensés dans le loyer ».  Et pire encore, dans la plupart des cas, « on ne peut pas s’offrir le luxe d’habiter dans des endroits convenables parce qu’hors de portée à cause des prix du loyer », a martelé le quinquagénaire sénégalais qui a désormais un deuxième travail lui permettant de s’occuper décemment de sa famille.

A l’instar de M. Samb, son compatriote Cheikh Diankha qui vit à plusieurs heures de Charlotte,  précisément à  Dallas, dans l’Etat du Texas, est coutumier dans le jonglage des boulots. Il a quitté  New York il y a environ cinq ans. « C’est une ville avec une communauté sénégalaise et gambienne  grandissante. On s’entraide beaucoup là-bas dans les regroupements et les associations »,  affirme ce Sénégalais qui évolue dans le milieu médical. Il ajoute avoir  « subi et souffert de la hausse continue du loyer ».  Depuis l’année dernière, il a fait un prêt bancaire pour acheter une maison dont l’avantage principal est de ne plus se soucier de la fluctuation du prix de la location. « Les paiements mensuels de ma maison sont désormais fixes et, à terme, je serai propriétaire », se réjouit-il.

Mamadou Lèye, un autre Sénégalais vivant dans la métropole d’Atlanta, a vécu une situation similaire. « Ici, il faut faire un choix. Soit vivre dans un endroit dangereux et exposer sa famille à la criminalité, aux gangs, à la drogue et payer un loyer très bas, soit dépenser plus chaque mois  et vivre dans un quartier sécurisé et propre », fait-il savoir. Mamadou a choisit de vivre épanoui et en sécurité avec ses deux enfants et sa femme loin des quartiers d’Atlanta à fort taux de criminalité.  « A l’image des autres villes des Etats-Unis, Atlanta n’échappe pas à la règle. Chaque année, les propriétaires augmentent les prix du loyer, prétextant qu’ils vont réaménager les appartements sans réellement ajouter beaucoup de luxe », regrette-t-il. Selon le Bureau américain de la statistique, plus de la moitié de la population américaine loue un appartement ou une maison. Une étude annuelle du rapport national sur le logement, piloté par le Centre des études du logement de l’Université de Harvard, rapporte que « 11 millions d’Américains dépensent la moitié de leurs revenus dans la location de logement ».

Moustapha BIAGUI
Correspondant aux Etats-Unis

Le Sénégal et la France ont signé plusieurs accords bilatéraux dont les bénéfices sont partagés par les deux pays. Toutefois, il y a une exception de taille qui concerne les questions sociales.

Dans le langage diplomatique, chaque mot est judicieusement choisi. Bassirou Sène, ambassadeur du Sénégal à Paris, évoque la question avec une prudence de Sioux : « La seule limite à cette embellie (sur les accords bilatéraux signés avec la France, Ndlr) est la négociation laborieuse en cours sur les prestations familiales, les branches vieillesse et maladie, la question de l’unité du foyer fiscal et la carte résident pour retraité ». Pour chacun des cas cités par le diplomate sénégalais, le retard à la signature de nouvelles conventions avec la France conduit à des situations dramatiques.

En 2015, le cas de Boubou Konaté avait ému l’opinion publique sénégalaise. A 64 ans à l’époque, le retraité avait été bloqué à Orly, malgré une carte de résidence de 10 ans en France, pour une expulsion vers le Sénégal. La justice française lui reprochait d’avoir passé trois ans de suite au Sénégal. Arrivé en France le 10 février 1971, Boubou Konaté travaillait dans les restaurants en faisant de la plonge, entre autres services, jusqu’au diagnostic d’une infirmité liée à la station debout. Licencié, puis reconnu invalide lors d’un reclassement, il est pris en charge par la sécurité sociale jusqu’à ses 60 ans où il bascule dans le régime de retraite pour invalide.

En dehors des cas similaires où les réformes de la carte résident pour retraité sont attendues, il y a les transfèrements, vers le Sénégal, des prestations familiales, les branches vieillesse et retraite et surtout la sensible question de l’unité du foyer fiscal. La diaspora sénégalaise attend des résultats concrets. « Nous pensons qu’avant la fin de l’année en cours l’accord, qui avance bien, sera signé », s’enthousiaste l’ambassadeur Bassirou Sène.

Moussa DIOP

Le jeune attaquant sénégalais de 22 ans, annoncé comme un véritable joyau, tarde à taire tous les doutes avec son club Monaco (Ligue1, France), au moment où son avenir en sélection du Sénégal s’assombrit pour cause de mauvais comportement.

Avec Keïta Baldé Diao, tout va très vite. Sur le terrain et en dehors. Aujourd’hui, sa carrière semble épouser les mêmes arabesques que ses foulées déconcertantes sur la pelouse. Promis à un bel avenir, le jeune international sénégalais est en train de vivre, une nouvelle fois, une situation délicate dans sa carrière construite sur des fulgurances et des coups d’éclats, mais aussi sur des bras de fer avec ses clubs. Lorsqu’il débarque pour 30 millions d’euros à Monaco à la fin du mois d’août, après avoir fait le forcing pour quitter la Lazio Rome, Keïta Baldé est tout de suite vu comme le remplaçant de Kylian Mbappé, parti au PSG contre la somme de 180 millions d’euros.

Après une moitié de saison à Monaco, le jeune Sénégalais a encore du mal à faire oublier l’international français du Paris Saint-Germain, avec un bilan qui ne reflète pas tout son potentiel (5 buts en 20 matches toutes compétitions confondues). « Je manque encore d’expérience, c’est ma première année ici en France, a expliqué Keïta Baldé en conférence de presse jeudi 30 novembre. J’apprends, j’écoute. Monaco a placé une grande confiance en moi, avec ce gros transfert. Je veux rendre cette confiance au club. Je n’ai pas trop de pression, mais c’est normal que les gens attendent plus de moi ».

Privé de Mondial
En équipe nationale du Sénégal également, « les gens » attendent beaucoup du natif d’Arbúcies (Espagne). Surtout au niveau du comportement. Car Keïta Baldé a montré un autre visage aux supporters des Lions, lors des derniers matches du Sénégal, alors que l’histoire d’amour entre eux avait si bien commencé. La première incartade ? Une bouderie lorsqu’il est remplacé à la 82e minute du match Cap-Vert - Sénégal (0-2) en août dernier. L’attaquant veut regagner directement les vestiaires avant de se raviser, non sans avoir montré à tout le monde qu’il n’était pas content. L’épisode pousse le sélectionneur et le président de la fédération à recadrer le joueur avant la double confrontation décisive contre l’Afrique du Sud au début du mois de novembre. Sans succès. Keïta Baldé est laissé sur le banc lors du premier match face aux Bafana Bafana (2-0), et en tribunes lors du second, quatre jours plus tard. Ce comportement en sélection vient mettre en lumière le caractère du jeune joueur de 22 ans qui n’en est pas à son premier clash. Alors qu’il n’a pas encore 18 ans, il tient tête au Barça, son club formateur, coupable de l’avoir envoyé en prêt à l’Union Esportiva Cornella en guise de punition pour avoir déclencher une bagarre lors d’un stage avec ses jeunes coéquipiers. Le gamin fait le forcing pour être transféré à la Lazio et réussit son coup. Rebelote en août 2017. Il est écarté du groupe professionnel de la Lazio après avoir entamé un bras de fer pour aller à la Juventus Turin. Ce sera finalement Monaco. S’il est toujours sorti plus ou moins gagnant de ses clashes avec ses clubs, la donne risque d’être différente en équipe nationale avec un sélectionneur et une fédération qui ont érigé la discipline et le bon comportement comme indispensables à la vie dans la Tanière. Keïta Baldé a donc six mois pour s’amender et s’adapter au code de discipline de la sélection pour ne pas voir le Mondial lui filer sous le nez. Pour quelqu’un qui a l’habitude d’accélérer sur un terrain, il est peut-être temps de mettre la pédale douce...


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