Eclairage (7)

C’est une lapalissade que d’évoquer la cherté des billets d’avion vers le Sénégal. C’est un sujet qui déclenche le courroux de tous les usagers du transport aérien, en premier les Sénégalais de l’extérieur. Les nombreuses taxes aéroportuaires sont pointées du doigt.

INDIGNATION COLLECTIVE DE LA DIASPORA
Ses yeux de Chimène sont d’un coup voilés par la désillusion. Amorphe, Goumba s’enfonce un peu plus dans sa chaise. Il faut qu’il débourse 954 euros pour disposer d’un billet d’avion Paris-Dakar en juin. Le jeune père risque de rater le baptême de son nouveau-né au Sénégal, trois jours plus tard.

Devant son désespoir, Goumba, jeune quadra sénégalais, installé à Paris depuis 2003, voit l’horizon se refermer sur l’image de couleurs bariolées des tenues neuves pour le baptême de son fils, dans les rues sablonneux de Diacksao où vit sa famille. Quand soudain l’éclaircie arrive. « Vous savez que c’est possible de payer en trois ou quatre fois », glisse, d’un ton réconfortant, le chef de cette agence du 11ème arrondissement de Paris. « Ce système a été mis en place pour des personnes qui sont dans l’urgence d’un départ vers le pays d’origine, par exemple, et qui n’ont pas forcément les moyens de payer un billet d’avion au prix souvent cher ». Pour en bénéficier, il faut des garanties solides et un léger pourcentage supplémentaire qui s’ajoute au prix du billet. Comparés aux Maghrébins, Ivoiriens ou Maliens, les prix des billets d’avion vers le Sénégal sont très élevés. Cependant, le système D et les prévisions de longue date semblent être les solutions.

Terminal Sud de l’aéroport d’Orly de Paris, en plein mois d’août. Si l’incompréhension du moment porte sur le déplacement de la zone d’embarcation à cinq minutes à pied, le courroux des Sénégalais porte également sur le prix des billets d’avion. « J’ai payé le mien un peu moins de 600 euros, mais il y a près de deux mois », informe un passager sénégalais « pressé » de rejoindre sa famille à Dakar. « Nous avons payé près de 3.000 euros », affirme un couple franco-sénégalais, accompagné de leurs deux enfants », en route pour les vacances au Sénégal. Il y en a qui s’en sorte mieux que les autres. « Mon billet m’a couté moins de 500 euros, mais je l’ai pris il y a plus de cinq mois. C’est ce qu’il faut faire », conseille une jeune retraitée de la fonction publique française. Le discours est identique à la zone 13 du Terminal 2E de l’aéroport Charles de Gaulle de Roissy à Paris.

File aeroportA quelques jours de la Tabaski (début septembre), la sociologie des passagers sénégalais n’est plus la même. Contrairement à juillet et août, on voit moins de grandes familles (avec enfants) en partance pour Dakar. Rentrée scolaire oblige. Mais cela n’a pas d’incidence sur le prix du billet d’avion. « Expliquez-moi comment un billet Paris-Dakar peut être cinq fois plus cher qu’un Paris-Casablanca ? Il faut m’expliquer », s’emporte presque Bintou, la trentaine, qui n’a « pas passé la Tabaski au Sénégal depuis ses 18 ans ». Sa colère se déverse sans retenue y compris sur la mise en place d’une haie de bambous au lieu d’enregistrement des passagers vers Dakar. « C’est un manque de respect supplémentaire. Pour les vols vers les pays arabes, l’Asie ou les Amériques, il y a des standards modernes avec des bornes d’enregistrements et des aller et retours libres de passagers et de leurs accompagnateurs. Pour aller en Afrique, ils nous ont mis une « haie de bambous ». Un constat partagé par beaucoup de passagers qui n’avaient pas forcément fait attention à la délicate décoration intérieure spécifique à la zone. Ce qui chauffe un peu plus les esprits.

Sous le soleil bleu lombard, on n’en est pas encore à cet état d’agitation. L’aéroport Malpensa de Milan (Italie) n’est pas à la hauteur de la réputation de cette cité de la mode. Mais malgré son caractère austère et un peu vieillot, on peut s’y émouvoir. Notamment quand une Jaguar vintage est transformée en taxi.

Son chauffeur ressuscite le stéréotype du play-boy italien : cheveux gominés, chemise ouverte, chainette en or autour du cou, et si prompt à en découdre quand on croise de trop près son regard. Au beau milieu de ce duel globuleux entre quatre yeux, un ange passe. Il prend la forme d’un véhicule du Consulat du Sénégal à Milan. Le chauffeur sénégalais est confronté au prix « cher » des billets d’avion. « Et en plus, il est très rare d’avoir un vol direct. Pour partir au Sénégal, beaucoup font escale en France ou en Belgique ». A la mythique place Loreto, au cœur de Milan, Omar ne dit pas autre chose. Le jeune homme a déjà acheté son billet d’avion pour ses vacances au Sénégal en décembre. Amary en est encore loin. Il fulmine de colère comme le volcan Vésuve le fait au dessus de sa tête depuis bientôt deux décennies. « Je suis arrivé à Naples en 1997, informe le vieux immigré qui a dépassé la cinquantaine. Cela fait trois ans que je ne suis pas reparti au Sénégal. A cause de la crise et du chômage, c’est difficile d’épargner pour un billet d’avion tout en continuant à assurer ses besoins et celles de la famille au pays ».

Les rares Sénégalais rencontrés à l’aéroport Capodichino, placé sur les hauteurs de Naples, en partance pour Dakar, savourent le prix de leur sacrifice pour retrouver leur famille.

DESTINATION SÉNÉGAL : POURQUOI LES BILLETS D’AVION SONT SI CHERS
Destination SnQuand les taxes aéroportuaires sont de 86.800 FCfa d’Abidjan vers Paris Orly, elles sont de 94.700 FCfa de Dakar vers le même aéroport parisien.

Selon ces chiffres fournis par Corsair, il y aurait une différence de près de 8.000 FCfa entre les deux capitales ouest africaines les plus fréquentées.

Sur un trajet Paris-Dakar, une compagnie aérienne fixe le prix du billet d’avion à 180 euros, alors que toutes taxes comprises, il s’élève finalement à 630 euros. A ces taxes aéroportuaires s’ajoutent d’autres taxes et éléments qui composent un billet d’avion.

Parce qu’il y a de la complexité
Le calcul du prix d’un billet d’avion est très complexe. Le sésame qui permet de prendre l’air est composé de deux principaux éléments qui sont, d’une part, le tarif aérien et, d’autre part, les taxes et redevances. C’est la somme de ces deux éléments que le « Yield Management » (voir par page 4) utilise à travers un savant dosage d’algorithmes pour fixer le prix des billets d’avion pour chaque compagnie aérienne.
 
Parce qu’il y a des dépenses
Le tarif aérien est composé du tarif hors taxes et de ce qu’on appelle la « surcharge carburant » qui représente près de 40 % des dépenses des compagnies aériennes sur un vol. Les passagers sont souvent plus soumis aux répercussions des hausses du baril de pétrole qu’à ces baisses. En effet, il est rare de voir le prix du billet d’avion suivre la courbe de baisse des producteurs de pétrole.
 
Parce qu’il y a trop de taxes
Le deuxième élément qui compose le billet d’avion est l’addition des taxes et redevances. Il y a, par exemple, « la taxe de solidarité » communément appelé « Chirac », qui est un prélèvement de 40 euros à chaque passager de la classe affaire au départ de France pour alimenter un fonds d’aide aux pays en développement. Pour spécifiquement Dakar, le Sénégal avait mis en place, depuis 2007, la Rdia, une taxe pour financer l’aéroport international Blaise Diagne. Un passager voyageant en classe économique débourse « 72.800 FCfa de taxes qui dépendent de l’Etat sénégalais et seulement 33.700 FCfa pour la France », informait Ibra Birane Wane, un expert en transport aérien, dans une interview de nos confrères de L’As en mars 2015. L’abandon de la taxe dite Rdia permettrait au Sénégal de se situer au niveau de la France et des autres pays de l’Uemoa en matière de taxes aéroportuaires.

FACE-À-FACE CORSAIR - AIR FRANCE : LA BATAILLE DE DAKAR
En 2016, Air France fête ses 80 ans de présence au Sénégal. Dakar fait partie des tout premiers marchés africains pour la compagnie française. La capitale sénégalaise est reliée à Paris, de manière quotidienne, par Boeing 777 – 200 équipé de 270 sièges. Elle met en avant son expérience et la qualité de son service. Quant à Corsair, avec plus de 35 ans d’existence, elle dessert en vol régulier l’axe Paris-Dakar depuis novembre 2012 alors qu’elle est présente au Sénégal depuis 1993. Pour faire face à la concurrence, Corsair mise sur « un meilleur rapport qualité/prix » en combattant « le monopole et la vie chère ». Les deux compagnies assurent une grande partie des vols réguliers vers le Sénégal. Elles s’expliquent sur les prix élevés des billets d’avion.

Antoine Huet, Directeur adjoint de Corsair : « Il faut une politique plus incitative pour réduire les taxes aéroportuaires »
A Huet corsairLe Soleil Diaspora : Comment expliquez-vous les prix des billets d’avion vers la destination Sénégal jugés très chers par la diaspora ?
Antoine Huet : Je suis un peu surpris par votre expression « très chers », car depuis que Corsair a ouvert la destination Sénégal, nous avons constaté que les tarifs ont baissé en moyenne de 30 %. Ce qui a permis d’augmenter sur cette ligne l’ensemble du trafic de 50%. Ce sont les résultats d’une étude sur l’ensemble des tarifs émis au Bfp, les systèmes communs des agents de voyage sur le marché français. L’étude est constatée pour un organisme officiel sur le prix moyen de vente du (billet d’avion, Ndlr) Paris-Dakar entre novembre 2012 et 2015. La moyenne de tous ces tarifs a baissé de 30%.

Le Soleil Diaspora : Pourquoi ne faites-vous pas d’offres pour les familles nombreuses ou pour les étudiants ?
Nous n’avons pas d’offres pour les familles nombreuses en tant que tel. En revanche, nous avons des tarifs pour jeune et sénior. Par exemple, en dehors des tarifs promotionnels, toute l’année, nous leur proposons des prix abordables avec possibilités de modifier les dates. Pour les étudiants au départ du Sénégal, nous avons un tarif de 408.300 FCfa Ttc avec modification, en plus de deux bagages gratuits et des modifications sans frais.

Le Soleil Diaspora : Pourquoi ne pas réduire les prix en favorisant les « low cost » ?
Cela dépend de ce vous appelez un vol « low cost ». Il faut savoir que le Sénégal est une destination long courrier. Actuellement, Corsair a une offre extrêmement compétitive qui nous permet de dire que nous avons le meilleur rapport qualité/prix. Les avions utilisés par les compagnies « low cost » (737 ou A320) ne permettent pas de desservir le Sénégal dans une manière optimum. Par exemple, pour aller au Maroc, il faut des avions mono couloir ; ce qui n’est pas le cas (pour le Sénégal, Ndlr). Il y a également le prix du carburant kérosène qui entre en compte.

Le Soleil Diaspora : Quelle stratégie et politique mettez-vous en place pour fidéliser la clientèle des Sénégalais de l’étranger ?
Notre stratégie est de faire un meilleur rapport qualité/prix mais aussi d’offrir notre service de fidélisation : Le Club. Il permet à toutes les personnes qui s’y inscrivent d’obtenir 10% du prix hors taxe en remise. Chez nous, ce n’est pas en « Miles » mais en euros. Il est utilisable immédiatement pour acheter de l’excédent de bagages ou un « surclassement ». Au bout de quatre allers-retours, vous obtenez le statut « Club gold » qui vous donne un certain nombre de services dont un bagage supplémentaire à chaque voyage.

Le Soleil Diaspora : Les taxes aéroportuaires au Sénégal sont extrêmement chères. Qu’est-ce que vous allez faire pour qu’elles baissent ?
Je ne vous cache pas que nous avons régulièrement des contacts avec le gouvernement sénégalais pour le sensibiliser sur l’attractivité d’une plateforme aéroportuaire qui est non seulement le nombre de compagnies qui la desservent, la qualité du service rendue mais aussi les taxes prélevées sur les passagers.

De ce point de vue, nous avons interpelle le gouvernement sénégalais pour qu’il ait une politique plus incitative afin de réduire les taxes aéroportuaires.

Le Soleil Diaspora : Sur un billet d’avion de 500 euros, à combien s’élèvent les taxes aéroportuaires ?
Sur le tarif le plus bas, c’est-à-dire en classe économique, elles sont de 143,94 euros (Dakar). Pour la classe affaires, elles passent à 184 euros. Dans l’ensemble des taxes, il y a celles aéroportuaires sénégalaises et françaises.

Le Soleil Diaspora : Le nouvel aéroport Aibd va ouvrir dans quelques mois (avant fin 2017). Une solution pour la baisse des billets d’avion ?
C’est une possibilité. J’aurais tendance à dire que tout dépend de la politique qui sera mise en place par le gestionnaire de l’aéroport.

Avec mon expérience dans le domaine du transport aérien, je remarque que quand on construit un nouvel aéroport, il faut le rentabiliser. Par le passé, des nouveaux aéroports dans certains pays impliquaient des taxes aéroportuaires en hausse.

J’espère que ce ne sera pas le cas (au Sénégal, Ndlr) et que les concessionnaires ont bien en tête que le meilleur moyen de développer et de faire baisser les prix des billets d’avion est d’aider les compagnies aériennes qui desservent ces destinations en faisant des coût d’aéroport plus bas.

Il n’y a pas que les coût de taxes, il y a aussi les frais de grande ligne, ceux de décollage et d’atterrissage. Ils sont déterminés par l’aéroport. Il faut qu’ils soient raisonnables.

Eric Louveau, Directeur commercial du marché France : « La concurrence va dans le sens du consommateur »
Eric Louveau AFLe Soleil Diaspora : Comment expliquez-vous les prix des billets d’avion vers la destination Sénégal jugés très chers par la diaspora ?
Eric Louveau : « Il faut rappeler d’abord que nous sommes dans un marché extrêmement concurrentiel avec des prix très « challengés ». Il y a un autre aspect important : notre concurrent, Corsair, a une politique très agressive. Ainsi, nos prix sont faits pour être compétitifs dans le marché. La liberté tarifaire et la concurrence vont dans le sens du consommateur.

Ces deux aspects nous amènent à être compétitifs toute l’année. Au-delà du prix, nous avons une attention particulière pour les communautés africaines. Air France a une politique de bagages plus généreuse, notamment sur Dakar. Le prix du billet d’avion inclut deux bagages de 23 kilos en cabine économique. Pour le reste du monde, nous sommes à une politique de bagages d’une pièce. Le deuxième élément important dans l’offre tarifaire globale est la souplesse que nous proposons sur Dakar en termes de modification avant ou après le départ. Elle n’existe pas sur d’autres destinations.

Le Soleil Diaspora : Ces éléments suffisent-ils à expliquer la cherté des billets vers le Sénégal ?
Je vous dis juste que nous avons de la concurrence directe et indirecte. Nous sommes attentifs pour capter le maximum de passagers, pour défendre notre business. Les prix sont très attractifs par rapport à nos concurrents. Nous sommes toujours à la recherche du meilleur prix, de la meilleure offre tarifaire pour le client. Est-ce que Air France est bien placé, concurrentiel et compétitif sur la destination Dakar ? Je pense que c’est le cas. Depuis quelques années, nous sommes en train de gagner des parts de marché. Nous sommes également en croissance de trafic. Si nos prix n’étaient pas assez compétitifs, nous n’aurions pas ces résultats.

Le Soleil Diaspora : Quels sont ces parts de marché que vous êtes en train de grignoter ?
Ce sont des résultats que nous allons garder pour nous puisqu’ils font partie de l’information concurrentielle. Je peux juste vous dire que nous sommes en train de gagner des parts de marché plutôt que d’en perdre.

Le Soleil Diaspora : La diaspora sénégalaise s’étonne des écarts de prix entre le vol Paris-Casablanca et Paris-Dakar. Comment pouvez-vous l’expliquer ?
Il y a une explication logique. Dans l’aérien, chaque destination a un prix entre une origine et une destination. Les prix dépendent de la longueur des vols mais aussi de l’appareil mis en service et de la concurrence. Il y a beaucoup de facteurs qui jouent et qui font qu’il est difficile de comparer une destination comme Paris-Casablanca de Paris-Dakar. Pour le premier cas, nous sommes dans une offre moyen-courrier sans prestation ou avec une prestation assez légère. Pour Paris-Dakar, nous sommes dans un avion long-courrier avec des prestations repas et autres à bord. En plus de cela, il faut rappeler que pour Casablanca, nous sommes dans un des univers les plus concurrencés au monde avec les compagnies européennes, du Moyen-Orient, de la Turquie, des Amériques, de la Chine. Nos prix sont « drivés » par la concurrence.

Le Soleil Diaspora : Pourquoi n’existe-t-il pas d’offres pour les familles nombreuses et les étudiants ?
Pour les familles nombreuses, les enfants ont une réduction de 25 % et les bébés ne paient que 10% du billet chez Air France. Nous avons, tous les 15 jours, des offres promotionnelles spéciales dictées par l’environnement concurrentiel. Concernant, le deuxième élément sur la clientèle jeune, nous avons des prix compétitifs avec la possibilité de modifier des billets d’avion de manière gratuite avant ou après le départ. C’est une souplesse qui est offerte à la clientèle jeune entre 12 et 24 ans.

Le Soleil Diaspora : Et pour les hommes d’affaires qui font la navette entre Dakar et Paris…
Notre vocation est de faire voyager les clients à motif loisir, familial, touristiques ou affaires. Pour ces derniers, nous avons des tarifs attractifs en cabine affaires, premium, économique ou en économique. Ce sont des accords que nous passons entreprise par entreprise. Nous sommes extrêmement actifs sur la France, notre marché principal. Ceux qui voyagent sur l’Afrique nous connaissent et peuvent bénéficier de ces tarifs « corporate ». Pour les Pme et Pmi, il y a également un programme pour bénéficier de billets gratuits.

Le Soleil Diaspora : Les taxes aéroportuaires mises en place au Sénégal sont extrêmement chères. Qu’est-ce que vous allez faire pour qu’elles baissent ?
Je n’ai pas de commentaires. Nous payons les taxes qui sont appliquées dans chaque pays.

Le Soleil Diaspora : Quelles sont vos stratégies et politiques pour fidéliser la clientèle des Sénégalais de l’étranger ?
Nous sommes très attentifs auprès des diasporas sénégalaises et africaines. Nous avons des équipes de vente dédiées. Nous sommes au niveau des agences de voyages de ces diasporas. Nous sommes attentifs pour cibler les publicités afin de passer l’information sur nos offres. Nous sommes à leur écoute pour gagner leur préférence et leur fidélité.

« SONDAGE » LES SÉNÉGALAIS JUGENT LA CHERTÉ DES BILLETS D’AVION
Ils ont entre 17 et 77 ans.

Ils sont au nombre de 17.

Ils ont été interrogés sur plus de quatre mois, de juin à octobre, dans des aéroports en France, en Italie et au Sénégal, dans des rues de Paris, Bordeaux, Milan, Naples et Dakar, par téléphone et sur Internet.

Ce sont des cadres, ouvriers, chômeurs, retraités, étudiants et hommes et femmes d’affaires. Ils sont confrontés à la fameuse problématique du prix des billets d’avion vers le Sénégal.

Ils ont répondu à ces questions :
1 - Partez-vous souvent au Sénégal ? Si oui, à quelle fréquence ?

2 - Comment trouvez-vous le prix des billets d’avion (bas, normal, cher, assez cher, très cher, trop cher) ?

Cher à plus de 80%
Sondage avionPlus de 80% des Sénégalais de l’extérieur interrogés trouvent « assez cher » à « trop cher » le prix des billets d’avion pour rejoindre leur pays d’origine.

Cette catégorie prend l’avion au moins une fois dans l’année.

La normalité toute relative des prix des billets d’avion.

Sur les 17 personnes interrogées, seule trois trouvent le prix des billets d’avion « normal ». Parmi elles, il y a les commerçantes qui font la navette entre Dakar et une grande ville européenne (Paris et Milan, pour cet exercice). Elles sont communément appelées des Gp, parce que bénéficiant d’une gratuité partielle du prix du billet d’avion. Une jeune femme de 24 ans, Franco-Sénégalaise née et grandi en France, trouve également « normal » le prix du billet d’avion. Cependant, elle « avoue partir au Sénégal qu’une fois tous les quatre ans ».

Les solutions de la diaspora
Les Sénégalais ont recours au système D pour guetter la bonne affaire. Quand le billet d’avion Paris-Dakar coûte en moyenne 600 euros, les Sénégalais du Canada dépensent largement plus. « Avec Air France, on peut payer entre 1500 et 2000 dollars canadiens. C’est pourquoi les Sénégalais d’ici ne vont pas souvent au pays », déclare Adama Diouf, avouant ne partir au Sénégal qu’une fois tous les deux ans.

D’autres penchent pour un choix pragmatique : « Ma famille et moi choisissons la basse saison touristique pour aller au Sénégal », confie Ibra Ndiaye, Sénégalais vivant à Milan, selon qui les prix des billets d’avion sont trop chers en comparaison avec d’autres destinations. D’autres solutions émergent. Pour Doudou Sidibé, universitaire sénégalais vivant en France, « il faut diminuer les taxes sur les billets d’avion et créer une compagnie nationale ». Une idée qu’il partage avec Massamba Kane, chef d’entreprise et patron du site Senenews. « Il faut mettre en place une compagnie nationale sénégalaise durable qui roule pour le Sénégal et l’intérêt des Sénégalais avec des tarifs intéressants ».

Parmi les pistes susurrées par les interrogés, il y a celle « d’ouvrir le marché aérien sénégalais et augmenter la fréquence », selon Babacar Ndiaye. Plus de concurrence ? La famille Thior acquiesce. « Il n’y a que trois compagnies respectables/confortables qui desservent Dakar (Air France, Corsair et Brussels Airlines). Les autres, il faut prévoir une escale. Ce qui n’est pas l’idéal pour les familles et les personnes âgées, atteste la mère de famille. Ce n’est pas confortable non plus. Il y a également un risque de retard entrainant une incidence sur le deuxième vol ».

Mais tous les interrogés trouvent qu’il serait plus adéquat de diminuer les taxes aéroportuaires. « L’aéroport de Dakar n’est pas adapté pour recevoir des vols fréquents. Il suffit que deux vols arrivent en même temps, et c’est le bordel », ose-t-on du côté de la famille Thior.

CALCUL DES BILLETS D’AVION : L’UTILISATION DU « YIELD MANAGEMENT »
Aeroport ParisSelon qu’il s’agit de la Tabaski, de la Korité, des grandes vacances, des fêtes de fin d’année ou d’un attentat, les prix des billets d’avion augmentent sensiblement qu’en « temps normal ».

Le responsable de cette hausse s’appelle le « Yied Management ».

A travers un permanent et savant arbitrage entre la demande et l’offre restante, le « Yield Management » fait varier les prix des billets d’avion en améliorant et optimisant les recettes des compagnies aériennes. Ces dernières utilisent des algorithmes très sophistiqués pour anticiper au mieux la demande afin de protéger et améliorer leurs recettes.

C’est un outil qui calcule le prix des billets d’avion qu’utilisent les compagnies aériennes pour protéger et améliorer leurs recettes.

Les compagnies étrangères qui desservent Dakar et le Sénégal ont recours à cet outil stratégique et vital pour elles dans un environnement concurrentiel. Apparu dans les années 80 chez les Américains de Delta Airlines après la régularisation du transport au pays de Martin Luther King, le « Yield Management » est également appelé « revenu de management ».

Une cuisine bien maîtrisée
Le système fonctionne suivant un rythme de balancier.

Les prix sont « moyen » à « élevé » quand la demande est forte et que l’avion se remplit rapidement. Sur cette base, en période dite « creuse » ou hors saison touristique, les ventes de billets d’avion se font plus lentement et deviennent moins chers pour les avions qui décollent avec plusieurs sièges vides. Ce qui constitue des pertes. « Le meilleur remplissage d’un avion au prix le plus élevé suppose donc, entre l’ouverture des réservations et la date de départ du vol, un exercice d'ajustement permanent de l'offre restante », détaille un article paru dans la presse française.

Les regards avisés des experts du « Yield Management » ne laissent aucun détail de côté. Ils mettent en place le « Pircing » : il s’agit de répartir la cabine en différentes classes tarifaires. « Ensuite, grâce à des logiciels très sophistiqués, ils vont suivre sur une courbe l’évolution de la recette, élaborée à partir de statistiques moyennes.

Si la courbe est en avance, le vol se remplit plus rapidement que la courbe « type », les classes tarifaires les plus basses seront réduites ou fermées pour favoriser les plus chères. Inversement, si le remplissage de l’avion se fait lentement, les classes tarifaires les plus basses seront gonflées pour accélérer les réservations ».

Dossier réalisé par Moussa DIOP

Last modified on mardi, 08 novembre 2016 05:00

Selon qu’il s’agit de la Tabaski, de la Korité, des grandes vacances, des fêtes de fin d’année ou d’un attentat, les prix des billets d’avion augmentent sensiblement qu’en « temps normal ».

Le responsable de cette hausse s’appelle le « Yied Management ».

A travers un permanent et savant arbitrage entre la demande et l’offre restante, le « Yield Management » fait varier les prix des billets d’avion en améliorant et optimisant les recettes des compagnies aériennes. Ces dernières utilisent des algorithmes très sophistiqués pour anticiper au mieux la demande afin de protéger et améliorer leurs recettes.

C’est un outil qui calcule le prix des billets d’avion qu’utilisent les compagnies aériennes pour protéger et améliorer leurs recettes.

Les compagnies étrangères qui desservent Dakar et le Sénégal ont recours à cet outil stratégique et vital pour elles dans un environnement concurrentiel. Apparu dans les années 80 chez les Américains de Delta Airlines après la régularisation du transport au pays de Martin Luther King, le « Yield Management » est également appelé « revenu de management ».

Une cuisine bien maîtrisée
Le système fonctionne suivant un rythme de balancier.

Les prix sont « moyen » à « élevé » quand la demande est forte et que l’avion se remplit rapidement. Sur cette base, en période dite « creuse » ou hors saison touristique, les ventes de billets d’avion se font plus lentement et deviennent moins chers pour les avions qui décollent avec plusieurs sièges vides. Ce qui constitue des pertes. « Le meilleur remplissage d’un avion au prix le plus élevé suppose donc, entre l’ouverture des réservations et la date de départ du vol, un exercice d'ajustement permanent de l'offre restante », détaille un article paru dans la presse française.

Les regards avisés des experts du « Yield Management » ne laissent aucun détail de côté. Ils mettent en place le « Pircing » : il s’agit de répartir la cabine en différentes classes tarifaires. « Ensuite, grâce à des logiciels très sophistiqués, ils vont suivre sur une courbe l’évolution de la recette, élaborée à partir de statistiques moyennes.

Si la courbe est en avance, le vol se remplit plus rapidement que la courbe « type », les classes tarifaires les plus basses seront réduites ou fermées pour favoriser les plus chères. Inversement, si le remplissage de l’avion se fait lentement, les classes tarifaires les plus basses seront gonflées pour accélérer les réservations ».

Moussa DIOP

Last modified on mardi, 08 novembre 2016 05:03

Ils ont entre 17 et 77 ans.

Ils sont au nombre de 17.

Ils ont été interrogés sur plus de quatre mois, de juin à octobre, dans des aéroports en France, en Italie et au Sénégal, dans des rues de Paris, Bordeaux, Milan, Naples et Dakar, par téléphone et sur Internet.

Ce sont des cadres, ouvriers, chômeurs, retraités, étudiants et hommes et femmes d’affaires. Ils sont confrontés à la fameuse problématique du prix des billets d’avion vers le Sénégal.

Ils ont répondu à ces questions :
1 - Partez-vous souvent au Sénégal ? Si oui, à quelle fréquence ?

2 - Comment trouvez-vous le prix des billets d’avion (bas, normal, cher, assez cher, très cher, trop cher) ?

Cher à plus de 80%
Plus de 80% des Sénégalais de l’extérieur interrogés trouvent « assez cher » à « trop cher » le prix des billets d’avion pour rejoindre leur pays d’origine.

Cette catégorie prend l’avion au moins une fois dans l’année.

La normalité toute relative des prix des billets d’avion.

Sur les 17 personnes interrogées, seule trois trouvent le prix des billets d’avion « normal ». Parmi elles, il y a les commerçantes qui font la navette entre Dakar et une grande ville européenne (Paris et Milan, pour cet exercice). Elles sont communément appelées des Gp, parce que bénéficiant d’une gratuité partielle du prix du billet d’avion. Une jeune femme de 24 ans, Franco-Sénégalaise née et grandi en France, trouve également « normal » le prix du billet d’avion. Cependant, elle « avoue partir au Sénégal qu’une fois tous les quatre ans ».

Les solutions de la diaspora
Les Sénégalais ont recours au système D pour guetter la bonne affaire. Quand le billet d’avion Paris-Dakar coûte en moyenne 600 euros, les Sénégalais du Canada dépensent largement plus. « Avec Air France, on peut payer entre 1500 et 2000 dollars canadiens. C’est pourquoi les Sénégalais d’ici ne vont pas souvent au pays », déclare Adama Diouf, avouant ne partir au Sénégal qu’une fois tous les deux ans.

D’autres penchent pour un choix pragmatique : « Ma famille et moi choisissons la basse saison touristique pour aller au Sénégal », confie Ibra Ndiaye, Sénégalais vivant à Milan, selon qui les prix des billets d’avion sont trop chers en comparaison avec d’autres destinations. D’autres solutions émergent. Pour Doudou Sidibé, universitaire sénégalais vivant en France, « il faut diminuer les taxes sur les billets d’avion et créer une compagnie nationale ». Une idée qu’il partage avec Massamba Kane, chef d’entreprise et patron du site Senenews. « Il faut mettre en place une compagnie nationale sénégalaise durable qui roule pour le Sénégal et l’intérêt des Sénégalais avec des tarifs intéressants ».

Parmi les pistes susurrées par les interrogés, il y a celle « d’ouvrir le marché aérien sénégalais et augmenter la fréquence », selon Babacar Ndiaye. Plus de concurrence ? La famille Thior acquiesce. « Il n’y a que trois compagnies respectables/confortables qui desservent Dakar (Air France, Corsair et Brussels Airlines). Les autres, il faut prévoir une escale. Ce qui n’est pas l’idéal pour les familles et les personnes âgées, atteste la mère de famille. Ce n’est pas confortable non plus. Il y a également un risque de retard entrainant une incidence sur le deuxième vol ».

Mais tous les interrogés trouvent qu’il serait plus adéquat de diminuer les taxes aéroportuaires. « L’aéroport de Dakar n’est pas adapté pour recevoir des vols fréquents. Il suffit que deux vols arrivent en même temps, et c’est le bordel », ose-t-on du côté de la famille Thior.

Moussa DIOP

Last modified on mardi, 08 novembre 2016 05:04

En 2016, Air France fête ses 80 ans de présence au Sénégal. Dakar fait partie des tout premiers marchés africains pour la compagnie française. La capitale sénégalaise est reliée à Paris, de manière quotidienne, par Boeing 777 – 200 équipé de 270 sièges. Elle met en avant son expérience et la qualité de son service. Quant à Corsair, avec plus de 35 ans d’existence, elle dessert en vol régulier l’axe Paris-Dakar depuis novembre 2012 alors qu’elle est présente au Sénégal depuis 1993. Pour faire face à la concurrence, Corsair mise sur « un meilleur rapport qualité/prix » en combattant « le monopole et la vie chère ». Les deux compagnies assurent une grande partie des vols réguliers vers le Sénégal. Elles s’expliquent sur les prix élevés des billets d’avion.

Antoine Huet, Directeur adjoint de Corsair : « Il faut une politique plus incitative pour réduire les taxes aéroportuaires »
A Huet corsairLe Soleil Diaspora : Comment expliquez-vous les prix des billets d’avion vers la destination Sénégal jugés très chers par la diaspora ?
Antoine Huet : Je suis un peu surpris par votre expression « très chers », car depuis que Corsair a ouvert la destination Sénégal, nous avons constaté que les tarifs ont baissé en moyenne de 30 %. Ce qui a permis d’augmenter sur cette ligne l’ensemble du trafic de 50%. Ce sont les résultats d’une étude sur l’ensemble des tarifs émis au Bfp, les systèmes communs des agents de voyage sur le marché français. L’étude est constatée pour un organisme officiel sur le prix moyen de vente du (billet d’avion, Ndlr) Paris-Dakar entre novembre 2012 et 2015. La moyenne de tous ces tarifs a baissé de 30%.

Le Soleil Diaspora : Pourquoi ne faites-vous pas d’offres pour les familles nombreuses ou pour les étudiants ?
Nous n’avons pas d’offres pour les familles nombreuses en tant que tel. En revanche, nous avons des tarifs pour jeune et sénior. Par exemple, en dehors des tarifs promotionnels, toute l’année, nous leur proposons des prix abordables avec possibilités de modifier les dates. Pour les étudiants au départ du Sénégal, nous avons un tarif de 408.300 FCfa Ttc avec modification, en plus de deux bagages gratuits et des modifications sans frais.

Le Soleil Diaspora : Pourquoi ne pas réduire les prix en favorisant les « low cost » ?
Cela dépend de ce vous appelez un vol « low cost ». Il faut savoir que le Sénégal est une destination long courrier. Actuellement, Corsair a une offre extrêmement compétitive qui nous permet de dire que nous avons le meilleur rapport qualité/prix. Les avions utilisés par les compagnies « low cost » (737 ou A320) ne permettent pas de desservir le Sénégal dans une manière optimum. Par exemple, pour aller au Maroc, il faut des avions mono couloir ; ce qui n’est pas le cas (pour le Sénégal, Ndlr). Il y a également le prix du carburant kérosène qui entre en compte.

Le Soleil Diaspora : Quelle stratégie et politique mettez-vous en place pour fidéliser la clientèle des Sénégalais de l’étranger ?
Notre stratégie est de faire un meilleur rapport qualité/prix mais aussi d’offrir notre service de fidélisation : Le Club. Il permet à toutes les personnes qui s’y inscrivent d’obtenir 10% du prix hors taxe en remise. Chez nous, ce n’est pas en « Miles » mais en euros. Il est utilisable immédiatement pour acheter de l’excédent de bagages ou un « surclassement ». Au bout de quatre allers-retours, vous obtenez le statut « Club gold » qui vous donne un certain nombre de services dont un bagage supplémentaire à chaque voyage.

Le Soleil Diaspora : Les taxes aéroportuaires au Sénégal sont extrêmement chères. Qu’est-ce que vous allez faire pour qu’elles baissent ?
Je ne vous cache pas que nous avons régulièrement des contacts avec le gouvernement sénégalais pour le sensibiliser sur l’attractivité d’une plateforme aéroportuaire qui est non seulement le nombre de compagnies qui la desservent, la qualité du service rendue mais aussi les taxes prélevées sur les passagers.

De ce point de vue, nous avons interpelle le gouvernement sénégalais pour qu’il ait une politique plus incitative afin de réduire les taxes aéroportuaires.

Le Soleil Diaspora : Sur un billet d’avion de 500 euros, à combien s’élèvent les taxes aéroportuaires ?
Sur le tarif le plus bas, c’est-à-dire en classe économique, elles sont de 143,94 euros (Dakar). Pour la classe affaires, elles passent à 184 euros. Dans l’ensemble des taxes, il y a celles aéroportuaires sénégalaises et françaises.

Le Soleil Diaspora : Le nouvel aéroport Aibd va ouvrir dans quelques mois (avant fin 2017). Une solution pour la baisse des billets d’avion ?
C’est une possibilité. J’aurais tendance à dire que tout dépend de la politique qui sera mise en place par le gestionnaire de l’aéroport.

Avec mon expérience dans le domaine du transport aérien, je remarque que quand on construit un nouvel aéroport, il faut le rentabiliser. Par le passé, des nouveaux aéroports dans certains pays impliquaient des taxes aéroportuaires en hausse.

J’espère que ce ne sera pas le cas (au Sénégal, Ndlr) et que les concessionnaires ont bien en tête que le meilleur moyen de développer et de faire baisser les prix des billets d’avion est d’aider les compagnies aériennes qui desservent ces destinations en faisant des coût d’aéroport plus bas.

Il n’y a pas que les coût de taxes, il y a aussi les frais de grande ligne, ceux de décollage et d’atterrissage. Ils sont déterminés par l’aéroport. Il faut qu’ils soient raisonnables.

Eric Louveau, Directeur commercial du marché France : « La concurrence va dans le sens du consommateur »
Eric Louveau AFLe Soleil Diaspora : Comment expliquez-vous les prix des billets d’avion vers la destination Sénégal jugés très chers par la diaspora ?
Eric Louveau : « Il faut rappeler d’abord que nous sommes dans un marché extrêmement concurrentiel avec des prix très « challengés ». Il y a un autre aspect important : notre concurrent, Corsair, a une politique très agressive. Ainsi, nos prix sont faits pour être compétitifs dans le marché. La liberté tarifaire et la concurrence vont dans le sens du consommateur.

Ces deux aspects nous amènent à être compétitifs toute l’année. Au-delà du prix, nous avons une attention particulière pour les communautés africaines. Air France a une politique de bagages plus généreuse, notamment sur Dakar. Le prix du billet d’avion inclut deux bagages de 23 kilos en cabine économique. Pour le reste du monde, nous sommes à une politique de bagages d’une pièce. Le deuxième élément important dans l’offre tarifaire globale est la souplesse que nous proposons sur Dakar en termes de modification avant ou après le départ. Elle n’existe pas sur d’autres destinations.

Le Soleil Diaspora : Ces éléments suffisent-ils à expliquer la cherté des billets vers le Sénégal ?
Je vous dis juste que nous avons de la concurrence directe et indirecte. Nous sommes attentifs pour capter le maximum de passagers, pour défendre notre business. Les prix sont très attractifs par rapport à nos concurrents. Nous sommes toujours à la recherche du meilleur prix, de la meilleure offre tarifaire pour le client. Est-ce que Air France est bien placé, concurrentiel et compétitif sur la destination Dakar ? Je pense que c’est le cas. Depuis quelques années, nous sommes en train de gagner des parts de marché. Nous sommes également en croissance de trafic. Si nos prix n’étaient pas assez compétitifs, nous n’aurions pas ces résultats.

Le Soleil Diaspora : Quels sont ces parts de marché que vous êtes en train de grignoter ?
Ce sont des résultats que nous allons garder pour nous puisqu’ils font partie de l’information concurrentielle. Je peux juste vous dire que nous sommes en train de gagner des parts de marché plutôt que d’en perdre.

Le Soleil Diaspora : La diaspora sénégalaise s’étonne des écarts de prix entre le vol Paris-Casablanca et Paris-Dakar. Comment pouvez-vous l’expliquer ?
Il y a une explication logique. Dans l’aérien, chaque destination a un prix entre une origine et une destination. Les prix dépendent de la longueur des vols mais aussi de l’appareil mis en service et de la concurrence. Il y a beaucoup de facteurs qui jouent et qui font qu’il est difficile de comparer une destination comme Paris-Casablanca de Paris-Dakar. Pour le premier cas, nous sommes dans une offre moyen-courrier sans prestation ou avec une prestation assez légère. Pour Paris-Dakar, nous sommes dans un avion long-courrier avec des prestations repas et autres à bord. En plus de cela, il faut rappeler que pour Casablanca, nous sommes dans un des univers les plus concurrencés au monde avec les compagnies européennes, du Moyen-Orient, de la Turquie, des Amériques, de la Chine. Nos prix sont « drivés » par la concurrence.

Le Soleil Diaspora : Pourquoi n’existe-t-il pas d’offres pour les familles nombreuses et les étudiants ?
Pour les familles nombreuses, les enfants ont une réduction de 25 % et les bébés ne paient que 10% du billet chez Air France. Nous avons, tous les 15 jours, des offres promotionnelles spéciales dictées par l’environnement concurrentiel. Concernant, le deuxième élément sur la clientèle jeune, nous avons des prix compétitifs avec la possibilité de modifier des billets d’avion de manière gratuite avant ou après le départ. C’est une souplesse qui est offerte à la clientèle jeune entre 12 et 24 ans.

Le Soleil Diaspora : Et pour les hommes d’affaires qui font la navette entre Dakar et Paris…
Notre vocation est de faire voyager les clients à motif loisir, familial, touristiques ou affaires. Pour ces derniers, nous avons des tarifs attractifs en cabine affaires, premium, économique ou en économique. Ce sont des accords que nous passons entreprise par entreprise. Nous sommes extrêmement actifs sur la France, notre marché principal. Ceux qui voyagent sur l’Afrique nous connaissent et peuvent bénéficier de ces tarifs « corporate ». Pour les Pme et Pmi, il y a également un programme pour bénéficier de billets gratuits.

Le Soleil Diaspora : Les taxes aéroportuaires mises en place au Sénégal sont extrêmement chères. Qu’est-ce que vous allez faire pour qu’elles baissent ?
Je n’ai pas de commentaires. Nous payons les taxes qui sont appliquées dans chaque pays.

Le Soleil Diaspora : Quelles sont vos stratégies et politiques pour fidéliser la clientèle des Sénégalais de l’étranger ?
Nous sommes très attentifs auprès des diasporas sénégalaises et africaines. Nous avons des équipes de vente dédiées. Nous sommes au niveau des agences de voyages de ces diasporas. Nous sommes attentifs pour cibler les publicités afin de passer l’information sur nos offres. Nous sommes à leur écoute pour gagner leur préférence et leur fidélité.

Propos recueillis par Moussa DIOP

Last modified on mardi, 08 novembre 2016 05:06

Quand les taxes aéroportuaires sont de 86.800 FCfa d’Abidjan vers Paris Orly, elles sont de 94.700 FCfa de Dakar vers le même aéroport parisien.

Selon ces chiffres fournis par Corsair, il y aurait une différence de près de 8.000 FCfa entre les deux capitales ouest africaines les plus fréquentées.

Sur un trajet Paris-Dakar, une compagnie aérienne fixe le prix du billet d’avion à 180 euros, alors que toutes taxes comprises, il s’élève finalement à 630 euros. A ces taxes aéroportuaires s’ajoutent d’autres taxes et éléments qui composent un billet d’avion.

Parce qu’il y a de la complexité
Le calcul du prix d’un billet d’avion est très complexe. Le sésame qui permet de prendre l’air est composé de deux principaux éléments qui sont, d’une part, le tarif aérien et, d’autre part, les taxes et redevances. C’est la somme de ces deux éléments que le « Yield Management » (voir par page 4) utilise à travers un savant dosage d’algorithmes pour fixer le prix des billets d’avion pour chaque compagnie aérienne.
 
Parce qu’il y a des dépenses
Le tarif aérien est composé du tarif hors taxes et de ce qu’on appelle la « surcharge carburant » qui représente près de 40 % des dépenses des compagnies aériennes sur un vol. Les passagers sont souvent plus soumis aux répercussions des hausses du baril de pétrole qu’à ces baisses. En effet, il est rare de voir le prix du billet d’avion suivre la courbe de baisse des producteurs de pétrole.
 
Parce qu’il y a trop de taxes
Le deuxième élément qui compose le billet d’avion est l’addition des taxes et redevances. Il y a, par exemple, « la taxe de solidarité » communément appelé « Chirac », qui est un prélèvement de 40 euros à chaque passager de la classe affaire au départ de France pour alimenter un fonds d’aide aux pays en développement. Pour spécifiquement Dakar, le Sénégal avait mis en place, depuis 2007, la Rdia, une taxe pour financer l’aéroport international Blaise Diagne. Un passager voyageant en classe économique débourse « 72.800 FCfa de taxes qui dépendent de l’Etat sénégalais et seulement 33.700 FCfa pour la France », informait Ibra Birane Wane, un expert en transport aérien, dans une interview de nos confrères de L’As en mars 2015. L’abandon de la taxe dite Rdia permettrait au Sénégal de se situer au niveau de la France et des autres pays de l’Uemoa en matière de taxes aéroportuaires.

 

Dossier réalisé par Moussa DIOP

Last modified on mardi, 08 novembre 2016 05:11

Ses yeux de Chimène sont d’un coup voilés par la désillusion. Amorphe, Goumba s’enfonce un peu plus dans sa chaise. Il faut qu’il débourse 954 euros pour disposer d’un billet d’avion Paris-Dakar en juin. Le jeune père risque de rater le baptême de son nouveau-né au Sénégal, trois jours plus tard.

Devant son désespoir, Goumba, jeune quadra sénégalais, installé à Paris depuis 2003, voit l’horizon se refermer sur l’image de couleurs bariolées des tenues neuves pour le baptême de son fils, dans les rues sablonneux de Diacksao où vit sa famille. Quand soudain l’éclaircie arrive. « Vous savez que c’est possible de payer en trois ou quatre fois », glisse, d’un ton réconfortant, le chef de cette agence du 11ème arrondissement de Paris. « Ce système a été mis en place pour des personnes qui sont dans l’urgence d’un départ vers le pays d’origine, par exemple, et qui n’ont pas forcément les moyens de payer un billet d’avion au prix souvent cher ». Pour en bénéficier, il faut des garanties solides et un léger pourcentage supplémentaire qui s’ajoute au prix du billet. Comparés aux Maghrébins, Ivoiriens ou Maliens, les prix des billets d’avion vers le Sénégal sont très élevés. Cependant, le système D et les prévisions de longue date semblent être les solutions.

Terminal Sud de l’aéroport d’Orly de Paris, en plein mois d’août. Si l’incompréhension du moment porte sur le déplacement de la zone d’embarcation à cinq minutes à pied, le courroux des Sénégalais porte également sur le prix des billets d’avion. « J’ai payé le mien un peu moins de 600 euros, mais il y a près de deux mois », informe un passager sénégalais « pressé » de rejoindre sa famille à Dakar. « Nous avons payé près de 3.000 euros », affirme un couple franco-sénégalais, accompagné de leurs deux enfants », en route pour les vacances au Sénégal. Il y en a qui s’en sorte mieux que les autres. « Mon billet m’a couté moins de 500 euros, mais je l’ai pris il y a plus de cinq mois. C’est ce qu’il faut faire », conseille une jeune retraitée de la fonction publique française. Le discours est identique à la zone 13 du Terminal 2E de l’aéroport Charles de Gaulle de Roissy à Paris.

A quelques jours de la Tabaski (début septembre), la sociologie des passagers sénégalais n’est plus la même. Contrairement à juillet et août, on voit moins de grandes familles (avec enfants) en partance pour Dakar. Rentrée scolaire oblige. Mais cela n’a pas d’incidence sur le prix du billet d’avion. « Expliquez-moi comment un billet Paris-Dakar peut être cinq fois plus cher qu’un Paris-Casablanca ? Il faut m’expliquer », s’emporte presque Bintou, la trentaine, qui n’a « pas passé la Tabaski au Sénégal depuis ses 18 ans ». Sa colère se déverse sans retenue y compris sur la mise en place d’une haie de bambous au lieu d’enregistrement des passagers vers Dakar. « C’est un manque de respect supplémentaire. Pour les vols vers les pays arabes, l’Asie ou les Amériques, il y a des standards modernes avec des bornes d’enregistrements et des aller et retours libres de passagers et de leurs accompagnateurs. Pour aller en Afrique, ils nous ont mis une « haie de bambous ». Un constat partagé par beaucoup de passagers qui n’avaient pas forcément fait attention à la délicate décoration intérieure spécifique à la zone. Ce qui chauffe un peu plus les esprits.

Sous le soleil bleu lombard, on n’en est pas encore à cet état d’agitation. L’aéroport Malpensa de Milan (Italie) n’est pas à la hauteur de la réputation de cette cité de la mode. Mais malgré son caractère austère et un peu vieillot, on peut s’y émouvoir. Notamment quand une Jaguar vintage est transformée en taxi.

Son chauffeur ressuscite le stéréotype du play-boy italien : cheveux gominés, chemise ouverte, chainette en or autour du cou, et si prompt à en découdre quand on croise de trop près son regard. Au beau milieu de ce duel globuleux entre quatre yeux, un ange passe. Il prend la forme d’un véhicule du Consulat du Sénégal à Milan. Le chauffeur sénégalais est confronté au prix « cher » des billets d’avion. « Et en plus, il est très rare d’avoir un vol direct. Pour partir au Sénégal, beaucoup font escale en France ou en Belgique ». A la mythique place Loreto, au cœur de Milan, Omar ne dit pas autre chose. Le jeune homme a déjà acheté son billet d’avion pour ses vacances au Sénégal en décembre. Amary en est encore loin. Il fulmine de colère comme le volcan Vésuve le fait au dessus de sa tête depuis bientôt deux décennies. « Je suis arrivé à Naples en 1997, informe le vieux immigré qui a dépassé la cinquantaine. Cela fait trois ans que je ne suis pas reparti au Sénégal. A cause de la crise et du chômage, c’est difficile d’épargner pour un billet d’avion tout en continuant à assurer ses besoins et celles de la famille au pays ».

Les rares Sénégalais rencontrés à l’aéroport Capodichino, placé sur les hauteurs de Naples, en partance pour Dakar, savourent le prix de leur sacrifice pour retrouver leur famille.

Dossier réalisé par Moussa DIOP

Last modified on mardi, 08 novembre 2016 05:10

En visite officielle à Paris (du 31 mai au 2 juin), Macky Sall a axé son déplacement sur la diplomatie économique avec des audiences accordées à des chefs d’entreprises, une rencontre avec le patronat français et une invitation au comité directeur de l’Ocde. « La diaspora sénégalaise envoie 2 milliards de dollars Us par année », déclare-t-il à la tribune de l’Ocde. « Le Soleil Diaspora » a saisi l’occasion pour l’interroger sur les investissements productifs des Sénégalais de l’étranger qui sont estimés à 5% par certains experts de la diaspora. Réponse de Macky Sall.

« Il est difficile de dire que seuls 5% sont des investissements productifs. On le sait, les Sénégalais de l’extérieur investissent beaucoup dans le domaine de l’habitat. L’habitat n’a pas le même facteur, n’a pas le même effet-levier que l’investissement dans l’entreprise, mais c’est également une manière d’investir dans le bâtiment. Ce qui fait travailler du monde. Ce qui génère de l’emploi et de la croissance. Cela dépend de comment les calculs sont faits, mais je ne dirai pas que seuls 5% sont orientés vers le secteur productif. Toutefois, nous pouvons améliorer l’investissement de nos compatriotes de l’extérieur en leur donnant des assurances sur la sécurité des investissements. Mais la première difficulté est que les Sénégalais de l’extérieur travaillent et envoient de l’argent au pays aux frères, aux cousins ; il n’est pas évident que cet argent soit sécurisé. C’est le premier obstacle. Qui pour fructifier ces ressources ? Parce que celui qui n’a pas participer dans la production de la richesse et qui se retrouve être gardien de sommes d’argent, s’il n’est pas très sérieux, je pense qu’il y a peu de chance qu’il fructifie correctement ces ressources. Il y a eu des conflits familiaux. Certains préfèrent gérer eux-mêmes ou investir dans le bâtiment en faisant de la location. C’est moins risqué. On peut réfléchir sur d’autres modes. »


Journée du Sénégal à Rungis (Paris) : Le Port de Dakar à l’école du premier marché européen
cheikh kanteEn cette fraîche matinée, l’horloge de la tour administrative du marché international de Rungis indique 4h20. Après près d’une demi-heure d’attente, la délégation sénégalaise du Port autonome de Dakar entame la journée Sénégal au marché international de Rungis, le premier en Europe. Pour une première, le PAD a réussi son essai.

« Le monde appartient à ce qui se lève tôt ». Cheikh Kanté, Dg du Port autonome de Dakar, rappelle l’adage en ce 10 mai, journée du Sénégal au marché international de Rungis. Situé à 7 kilomètres de Paris, Rungis a accueilli le Pad et ses partenaires pour nouer un axe fort Paris – Dakar afin d’augmenter les exportations sénégalaises en produits halieutiques, horticoles et agricoles.

En effet, il aura fallu un réveil plus tôt qu’à l’accoutumée pour emprunter les allées, hangars et compartiments du premier marché européen et « peut-être même mondial avec ceux de Sao Poulo (Brésil) et de Mexico (Mexique) », pour Francis Lefèvre, la mémoire vivante et secrétaire général de Rungis. A pied et en bus, les pavillons défilent : La Marée, le terminal ferroviaire, les produits carnés (triperie, viande, volaille), laitiers, fruits et légumes, fleurs.

La visite se termine à l’espace Rungis aménagé aux couleurs du Sénégal avec des expositions de produits sénégalais et une séance plénière ponctuée de prises de paroles d’officiels. « C’est un jour exceptionnel pour Dakar et Paris à travers Rungis. Nous envisageons de faire une connectivité interne pour ne plus voir des mangues qui pourrissent en Casamance, par exemple, mais aussi une connectivité externe sur les produits halieutiques, transportés en temps réel à Rungis et à Dunkerque », poursuit le Dg du Pad. Avec des hausses importantes sur les exportations depuis deux ans (35% sur les produits horticoles), Cheikh Kanté trouve, toutefois, que le Sénégal peut encore faire mieux. « C’est un peu faible ce que nous sommes en train de faire. Nous devons à travers des modèles économiques cohérents conquérir des marchés. Il faut du qualitatif et du quantitatif ». Ces deux adjectifs qualifient le marché de Rungis avec ses 230 hectares aménagés pour réceptionner les exportations du monde entier.
 
« Les produits sénégalais sont des trésors »
« Haricots, mangues et tous les produits tropicaux sénégalais nous intéressent, assure Stéphane Layani, président du marché international de Rungis dont le chiffre d’affaires annuel est de 9 milliards d’euros. Les produits sénégalais sont des trésors pour nous. Nous sommes demandeurs de produits de contre-saison. C’est la logistique qui fait le produit. La valeur, c’est l’ensemble des filières qui part des agriculteurs, des distributeurs, des ports et les infrastructures ». A travers la charte de partenariat, mis en place depuis deux ans, avec le Port de Dunkerque, le Pad envisage de faire du nord de la France son point le plus avancé en Europe pour jouer un rôle important dans les exportations sénégalaises. « Dunkerque est le plus grand port fruitier de France », rappelle François Soulier, le président du conseil de surveillance du Port de Dunkerque. Nos deux ports sont liés par deux lignes maritimes directes. L’objectif est de créer un port dakarois à Dunkerque pour les produits sénégalais. Ce qui permettra aux producteurs sénégalais de distribuer en Europe.

Ils sont en forte augmentation mais Dunkerque pourrait permettre une croissance plus forte de produits sénégalais ». Pour Cheikh Kanté, le Sénégal est encore capable de produire et d’exporter en plus grande quantité. « Il faut que nous revoyions nos ambitions à la hausse ». Pour cela, le Dg du Pad pense trouver la solution en répondant favorablement au souhait de Stéphane Layani qui propose de « faire la même plateforme que celle de Rungis à Dakar ».

« Nous allons nous battre pour que le Sénégal puisse avoir un Rungis en miniature. Les différentes étapes de sa mise en place sont d’abord une invitation de Stéphane Layani et de son équipe à Dakar. Nous allons, ensuite, organiser un séminaire d’évaluation pour analyser et mettre à profit tout ce que nous venons de voir ».

Malick Diop, Dg Asepex : « Le marché d’intérêt commun de Diamniadio peut jouer le rôle de Rungis »
malick diop asepexQuel est l’état des exportations sénégalaises ?
« Le Sénégal est, aujourd’hui, à plus 13% d’augmentation de ses exportations. Ce qui fait 1.370 milliards de FCfa. Le secteur halieutique est en tête des exportations sénégalaises suivi par les produits agricoles transformés puis l’agriculture et l’horticulture. Nous avons des zones majeures pour l’exportation. L’Europe constitue 22% des exportations sénégalaises. Nous travaillons à la promotion des exportations mais aussi à la qualité des l’offre exportable. Pour cela, il faut aller là où les échanges se font, d’où notre présence à Rungis.

 Avez-vous atteint vos objectifs annuels ?
Sur les produits horticoles, il y a eu plus de 35% de croissance sur les deux dernières années. Nous sommes passés de 87.000 tonnes à 92.000 cette année. L’objectif en 2017, c’est d’être à 157.000 tonnes. Pour cela, il faut travailler dans la qualité de l’offre.

ans le Pse, il y a une prévision d’une augmentation de 10% chaque année pour les exportations.

 Est-il possible de faire de Dakar le Rungis africain ?
C’est possible. Le Sénégal exporte 40% dans la zone sous-régionale. Le marché d’intérêt commun qui est en train d’être mis en place à Diamniadio peut jouer ce rôle. On ne peut pas exporter ce qu’on ne produit pas. Le Sénégal est connu pour avoir 700 kilomètres de côtes. Les produits halieutiques seront très importants dans cette stratégie.

Le futur terminal fruitier du Pad devrait aider à la réalisation des objectifs…
La mise en place du terminal fruitier va permettre d’accélérer les échanges avec les pays partenaires. Il y a un partenariat entre l’Agence sénégalaise de promotion des exportations et le Port autonome de Dakar. Au-delà de la France et de l’Europe, nous avons doublé nos exportations vers les Etats-Unis, la Chine ou le Qatar. »

Francis Lefèvre, secrétaire général du marché international de Rungis : « Pour pénétrer le marché européen, il faut valoriser les produits »                                                                                                                                               francis lefevreAffable sur l’histoire, la mise en place, le fonctionnement, les chiffres et objectifs du marché international de Rungis, Francis Lefèvre a guidé la visite de la délégation sénégalaise de 4 heures à 9 heures du matin.

Comment pourriez-vous présenter le marché de Rungis ?
« C’est le premier marché de gros en Europe, le 1er marché frais en Europe. Le marché regroupe 1.200 entreprises et 12.000 salariés. Il a un chiffre d’affaires annuel de près de 9 milliards d’euros. Il fait 230 hectares, c’est plus grand que Monaco avec un budget supérieur à la ville de Paris. Avec la délocalisation des Halles de Paris, Rungis regroupe tous les petits commerces dans un rayon de 50 kilomètres. Les produits, particulièrement les fruits et légumes, viennent de France et des pays du sud, notamment d’Afrique. Les clients proviennent de la région parisienne (65%), du reste de la France (25%) et de l’exportation (10%) principalement vers les pays du nord (Royaume uni, Benelux et Allemagne).

Pour pénétrer le marché européen, les produits sénégalais doivent-ils s’améliorer ?
L’amélioration des produits est souhaitée, mais il faut d’abord valoriser les produits. Il ne suffit plus d’avoir de bons produits. La valorisation passe d’abord par le mode de distribution et le conditionnement.

Que pensez-vous d’un futur partenariat Dakar - Rungis ?
Rungis a un savoir-faire inégalé, la France ayant des liens privilégiés avec le Sénégal, il est normal qu’on puisse travailler ensemble. Il faut bien l’organiser.

Nous développons désormais des contrats de licence, c’est-à-dire nous accompagnons pendant une quinzaine d’années des marchés afin de les mettre en place. On les conçoit, les crée et les gère avec nos partenaires pour leur mise en place. »

Last modified on mardi, 14 juin 2016 13:59

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