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Soleil Grand Air (475)

Modou Fall est un jeune tailleur qui a terminé sa formation il y a juste un an. Son quotidien se résume à courir d’atelier en atelier pour travailler comme journalier. Il fait du « khar matte » (travail supplémentaire) et en cette période de préparation pour la Tabaski, il n’a plus le temps de se reposer.

Calme, le visage serein, malgré son jeune âge (20ans), Modou Fall inspire responsabilité. Vêtu d’un pantalon noir, tee-shirt bleu, un long collier blanc autour du cou, il est derrière sa machine à coudre, entouré des coupons de tissus de toutes sortes. Depuis son arrivée à 10h, il a les pieds sur les pédales de sa machine sans arrêt. Sur la table, un ensemble wax, une paire de ciseaux à côté, sa main droite sur la machine et sa gauche tient le tissu. Il coud une tenue « taille-basse » wax garnie à la dentelle pour une cliente. Toute la journée, il se met la pression pour travailler très vite et avec efficacité. La raison : terminer très vite dans cet atelier pour aller guetter ailleurs. Il veut aussi gagner la confiance de ses différents employeurs pour trouver facilement du travail après les fêtes.

Dans ce petit atelier qu’il partage avec un autre tailleur, le désordre est total. Les morceaux de tissus jonchent le sol. La chaleur est étouffante. Malgré tout cela, la concentration est au bon point. En cette période de préparation pour la Tabaski, Modou ne dort plus. Il saisit toutes les occasions pour gagner davantage d’argent et mieux prouver qu’il est talentueux. « Je suis jeune et ambitieux. Je suis nouveau dans ce métier. Avant, j’étais simple apprenti, mais maintenant que je travaille, je dois prouver que je suis talentueux », explique-t-il, les yeux rivés sur sa machine.

N’ayant pas les moyens pour ouvrir son propre atelier de couture, le jeune Fall fait des va et vient chez les couturières pour travailler comme journalier. Dans cet atelier à Dieuppeul, il est payé 3.500 FCfa la journée. Après sa descente à 19h, il continue chez d’autres couturiers du quartier pour travailler jusque tard dans la nuit avant de rentrer chez lui à Yoff aéroport. « Je n’ai pas d’heures de repos, je fais du « khar matte ». Je saisis toutes les occasions. C’est maintenant que je dois préparer mon avenir », affirme-t-il, l’air sérieux.

Ils sont nombreux à l’image de Modou à terminer leur formation sans avoir les moyens d’ouvrir leur propre atelier. Pour ne pas rester au chômage, ces jeunes tailleurs font ce qu’ils appellent le « khar matte ». C’est-à-dire il court d’atelier en atelier pour travailler soit comme journalier soit comme employé. Ils font ainsi l’affaire des dames et autres promoteurs de mode qui investissent dans ce secteur sans maîtriser le métier.

En le regardant faire son travail, on remarque aussitôt sa passion pour la couture. Avec une énergie débordante, le jeune Modou travaille avec vivacité. Il ne participe point à la discussion qui s’anime autour de lui. Malgré la chaleur étouffante à l’intérieur de leur étroit atelier, il reste bien concentré. « Je ne veux pas me tromper. Quand on me confie un travail, je le fais bien. En plus, je ne veux pas faire des erreurs. Cela peut occasionner des problèmes avec la patronne », avance-t-il.

N’ayant pas eu l’occasion de faire des études, le natif de Gade Ndiaye (un village du département de Tivaouane) a choisi Touba pour apprendre la couture. Après avoir bien maîtrisé les techniques, il décide de venir à Dakar pour chercher du travail. Avant d’atterrir à Dieuppeul, il était au marché Hlm où il exerçait le même métier pour les couturières. Mais, ne trouvant pas assez rentables leurs rémunérations, il décide de faire l’expérience dans d’autres quartiers où le salaire est plus conséquent et les patronnes plus sérieuses. Modou veut profiter de la rentabilité de son métier en cette période de fête pour gagner le maximum d’argent et célébrer la cérémonie traditionnelle de son mariage. En effet, ce-dernier a déjà été scellé à la mosquée. Il ne reste que cette étape pour que son épouse le rejoigne dans son domicile. C’est pourquoi il court d’atelier en atelier et consacre toutes ses heures libres au travail.

Cependant, les ambitions de Modou vont au-delà de trouver un emploi garanti à Dakar. Son objectif est d’y ouvrir son propre atelier. Faute d’électrification, il ne peut pas exercer son métier dans son village, Gade Ndiaye.

Par Abba BA (stagiaire)

À Lalane, village situé à quelques encablures de Thiès, la vannerie occupe une bonne partie de la population. Elle contribue fortement à l’essor de la localité. Cette technique artisanale, une tradition transmise de génération en génération, constitue un passage obligé pour de nombreux jeunes. Philippe Wade s’est très tôt frayé un chemin dans la vannerie. Depuis 1986, il exerce cet art et vit grâce à l’agilité de ses doigts. Aujourd’hui, il s’emploie à perpétuer le riche legs artisanal et à le vulgariser.

Difficile de rencontrer à Lalane un adulte qui n’est pas passé par la vannerie. Dans ce village où le rônier constitue une richesse pour les riverains, cet art ancestral qui demande savoir-faire, patience et imagination constitue un repère identitaire. Beaucoup de familles tirent leurs revenus de cette activité qui mobilise femmes, hommes et jeunes de tout âge.

Depuis des années, Lalane est devenu un centre important de production de vannerie. Un tour sur les lieux donne un aperçu de la richesse de ce secteur. Les produits de ce terroir ont gagné une réputation qui a traversé les frontières de la région de Thiès. Et malgré l’absence de politique de promotion, Lalane reçoit parfois des touristes qui viennent admirer le savoir-faire des artisans locaux et achètent quelques produits.

La vannerie, Philippe Wade l’exerce depuis plus de trente ans. L’école ne lui ayant pas trop réussi, il a trouvé une alternative dans cet art traditionnel. « Je suis là-dedans depuis 1986 et je n’ai fait que ça dans ma vie », se rappelle-t-il. Le virus, il l’a attrapé en travaillant avec son père et divers artisans qui perpétuaient ce savoir-faire avec la même passion. Puis, il s’est amélioré au contact d’autres artisans très doués qui lui ont, petit à petit, transmis beaucoup de connaissances.

Pour Philippe Wade, la vannerie est une tradition bien gardée et savamment entretenue dans cette localité. « Lalane est célèbre pour ses paniers. La qualité est aussi à Lalane », précise-t-il.

Les longues années d’apprentissage lui ont permis d’acquérir une solide expérience lui permettant de s’adapter à chaque demande. Le tissage demande des heures de travail assidu. Mais Philippe est maintenant bien rodé. « Je me suis spécialisé dans le tissage de paniers et de corbeilles de fruits. Chaque jour, je travaille de 9 à 17 heures et mes activités se déroulent toujours de la même façon », explique Philippe qui s’épanouit dans son métier et s’active quotidiennement dans son atelier sis dans sa maison.

Comme beaucoup d’artisans vanniers de la contrée, Philippe vit de ses mains. Agiles, précises et adroites, elles constituent sa principale richesse et lui permettent de réaliser de jolis paniers de divers formats, façonnés avec passion et l’amour du travail bien fait. Avec beaucoup de créativité, il fait naître entre ses doigts agiles de sublimes gammes de paniers et corbeilles que s’arrachent les femmes qui se font un plaisir de les revendre. Et au gré des tendances, cet homme ne rechigne jamais à s’adapter aux goûts de sa clientèle locale ou de passage.

« Des fois, il m’arrive d’innover et de proposer de nouveaux produits parce que les choses évoluent et les gens ont besoin de nouveautés. Dans le tissage, les possibilités de création sont illimitées, donc il faut toujours créer pour espérer avoir des clients. Ce métier exige beaucoup de créativité. On est donc obligé de suivre la tendance », note-t-il. Le nombre de paniers qu’il fabrique quotidiennement varie d’un jour à l’autre. « Ici, on travaille de manière très informelle. On ne se fixe pas d’objectif, mais ce métier est très exigeant et pour que ce soit rentable, il faut produire beaucoup et vite », assure-t-il.

Ses produits, Philippe les vend aux femmes de la localité. Mais de temps en temps, il reçoit beaucoup de commandes venues d’ailleurs. « Il arrive des périodes où on est très sollicité. Donc, j’essaie tant bien que mal de répondre à la demande et aux goûts de mes clients qui sont à Dakar, Mbour, Kaolack et aussi à Thiès. Et ils sont toujours satisfaits de mon travail », fait savoir Philippe.

Maître dans l’art du tissage
Cette activité, Philippe la juge très rentable puisque, dit-il, il parvient à tirer son épingle du jeu. Pendant les périodes fastes du tourisme, se rappelle-t-il, il lui arrivait d’aller à la station balnéaire de Saly et quelques zones touristiques de la Petite Côte pour monter des cases, ou faire de la décoration dans certains hôtels et restaurants. Mais avec la crise qui plombe le secteur depuis plus d’une décennie, Philippe n’a plus gagné de marché. Il s’est confiné dans son village où il se consacre exclusivement au tissage de paniers.

Pendant le mois béni du Ramadan, nous dit-il, la vannerie a connu une période très faste. « On a confectionné beaucoup de corbeilles qui se sont vendues comme de petits pains. Il y avait un rush ici. Les gens venaient de partout pour en acheter. C’était extraordinaire », se rappelle-t-il.

Devenu maître dans l’art du tissage de paniers et corbeilles, Philippe n’hésite pas à ouvrir les portes de son atelier aux novices qui s’intéressent à ce métier pour leur livrer les secrets de son savoir-faire. « J’ai un enfant qui est en classe de sixième, mais pendant les vacances scolaires, il vient m’aider. La vannerie, c’est un métier qui s’acquiert avec de la patience, de l’observation et de la volonté. J’essaie de lui inculquer tout cela ». Ainsi, Philippe qui pense déjà à la relève transmet à son fils les notions indispensables pour avoir le doigté et le coup de main nécessaires qui pourraient lui servir plus tard. Toujours dans la transmission de son savoir, Philippe a aussi participé à la formation d’artisans venus de la région de Tambacounda. Tout comme à celle de l’École américaine de Dakar, dont les élèves étaient venus à Lalane pour un apprentissage.

Par S. O. F.

Historien, écrivain, chanteur, batteur et spécialiste en contes et légendes, El Hadji Alé Niang est une vraie bibliothèque ambulante, une mémoire vivante. Ce descendant d’une famille de griots à Gossas, qui a fait 37 ans de carrière dans l’administration sénégalaise, est bien connu des générations du Baol. À 75 ans révolus, ce communicateur traditionnel émérite désigné comme trésor humain de la région de Diourbel suscite respect et admiration à Bambey.

L’homme a des particularités. C’est un serviteur doué, un communicateur hors pair. Un acteur culturel et fonctionnaire à la retraite. Rien ne présageait pourtant une destinée aussi limpide. L’enseignement, l’ingénierie ou une autre corporation pouvait recevoir l’homme. Mais El Hadji Alé Niang a choisi une autre trajectoire. Commis de l’État au sens transversal du terme, Alé Niang a fait 37 ans de carrière dans l’administration sénégalaise avec plusieurs postes de chefs de bureaux, dont celui de gestionnaire à la préfecture de Bambey. Les gouverneurs et préfets qui ont sillonné les régions de Diourbel, de Bambey et arrondissements de l’époque le connaissent bien. 

Descendant d’une famille de griots à Gossas, cet homme de teint noir est né à Sokone, dans les années 1942. Il obtient son premier diplôme de certificat d’études élémentaire à l’école coloniale en 1956. Bien que résident de Bambey, Alé Niang est bien connu des générations du Baol.

Alé Niang, « Pa Alé Niang » pour certains et « Doyen Alé Niang » pour d’autres, a un viatique : celui de servir et de donner le meilleur de lui-même en toute humilité. Alé Niang est un homme multidimensionnel qui suscite respect et admiration. Un historien qui sait lire et écrire. Il surfe aussi bien à l’aise sur les annales orales et monographiques de nos contrées et héros. Cet homme a plusieurs cordes à son arc et reste une bibliothèque ambulante, mieux, un patrimoine humain.

De son verbe, Alé Niang incarne l’intellectuel décomplexé qui manie correctement la langue de Molière. Généreux et courtois, le « sage » se rappelle les épopées historiques où la première brigade de gendarmerie de Bambey était une simple et unique case transportée par sept gaillards de Ngoye (localité située à 11 km) à Bambey. Ou encore des périodes où le Cnra (Centre national de recherches agronomiques) de Bambey était un camp de redressement d’enfants délinquants dans les années 1910, avant de devenir un aérodrome puis une ferme pilote.
L’homme écrit beaucoup. Il est d’un commerce facile, témoin de plusieurs cérémonies et de faits qu’il transmet avec intérêt, tact, et une gestuelle dont lui seul maîtrise les contours.

Toujours en boubou traditionnel, Alé Niang est auteur-compositeur, puisqu’il est l’auteur de « Yéri Niamane », protégé au Bureau sénégalais des droits d’auteur (Bsda), et savamment reprise par Youssou Ndour « Massamba Dièye guedj mamboulane ». « C’est en chantant « Massamba Dièye » à travers les ondes de la Rts, que Youssou Ndour a récupéré la bande et en a fait un arrangement musical. Il a eu l’honnêteté de dire que le chant était composé par Alé Niang de Bambey. Il savait que mes œuvres étaient protégées par le Bsda. J’ai connu la gloire grâce à cette chanson, mais aussi à Nder. J’ai perçu des droits. Par la suite, j’ai rencontré Youssou Ndour qui m’a amené chez lui. J’étais trop fier », raconte-t-il.

« Massamba Dièye » était un conte narré par sa mère. Et cette légende, il l’a adaptée à un contexte bien particulier. « En tant que créateur, je l’ai refait pour galvaniser les gens. J’ai même fait de cette histoire un livre », note-t-il.

Élégant dans sa mise, accrocheur de public et bel orateur, l’acteur culturel est aussi bien à l’aise en chants, théâtre, contes et récits historiques. Les histoires des périodes fastes des provinces de Lambaye, de Thiakar, de Ngoye, des marigots de Sass, du Thiappy, des premiers maires de Bambey nommés par les colonialistes (Dr Babacar Diop, Mahanta Birima Fall, président du tribunal coutumier et deuxième maire de Bambey, Pierre Senghor, etc.) sont racontées par celui qui a failli devenir enseignant.

Les festivals nationaux et régionaux connaissent cet illustre défenseur des arts. Les planches ont feutré ses empreintes d’homme de culture. D’ailleurs, se souvient-il, en 1967, il a conduit la troupe de Bambey pour représenter la région de Diourbel aux phases nationales. Alé Niang est décoré au grade de Chevalier de l’Ordre national du mérite, Chevalier de l’Ordre national des Arts et Lettres, mémoire du trésor humain de la région de Diourbel, spécialiste en contes et légendes, comédien dans le film « Guélewar » de Ousmane Sembène avec comme rôle principal, Ndofféne Ciss. Ses principes : la loyauté, la magnanimité, le courage et l’abnégation. Et il suffit de l’approcher pour constater que ce polygame a le sens des relations humaines.

Un artiste complet
Percussionniste, ce batteur de tam-tam est aussi à l’aise dans son manteau de metteur en scène. « Pa Alé Niang » vient de publier un « Si Yeli Ndiamane était encore là » sous la supervision de l’écrivain Fama Diagne Sène, et un autre sur « la bataille de Diarndem » est en chantier.

Alé Niang est aussi un homme de médias. Il est animateur de radio, relais d’information et producteur à la Radio nationale sénégalaise (Rts) de Diourbel. Parmi les émissions qu’il anime en collaboration avec Samba Awa Ndiaye et Bara Ngom, ses amis et intimes, nous notons « Guew bi », « Kham sa diwan » et « Contes et légendes ». Ces productions sont bien suivies sur la bande FM de Rts Diourbel et dans les profondeurs des régions de Diourbel et Fatick.

Grand paradoxe, Alé Niang est un griot qui galvanise, qui chante des louanges, mais qui ne demande pas et ne quémande pas non plus. Il est trop fier de sa personne pour se rabaisser en tendant la main. À la sueur de son front, il compte sur lui-même, sur son talent et son mérite pour répondre à l’appel de l’honneur.

Son génie de touche-à-tout fait de lui un communicateur émérite. Il rappelle, avec beaucoup d’émotion, le jour où il a distribué son salaire aux artistes après des prestations, acteurs qui lui donnaient tant de soumission et d’écoute, pour rentrer les mains vides chez lui. Il prétexte alors à son épouse avec des pièces de monnaie qu’on lui aurait volé son argent, un geste de solidarité et de générosité qui le caractérise.

Aujourd’hui, soutient Alé Niang, les communicateurs traditionnels sont en train de dénaturer leur fonction. « Un communicateur doit être un acteur de développement, il doit accompagner la communauté autour de l’essentiel, mais aussi être un bon vecteur de développement et vulgariser toutes les bonnes actions des autorités de ce pays », estime-t-il en invitant ses collègues à plus de retenue. « Parler, c’est facile, mais bien parler n’est pas donné à tout le monde », indique-t-il

Un monument parmi les grands mohicans de la culture sénégalaise. Humble et serviable, Alé Niang aime son pays et continue de le servir sans tambour ni trompette.

Par Mamadou Aicha NDIAYE

Quand Michel Sarr prenait les rênes de Pointe Sarène, Ponto selon le nom sérère, en 1984, le village ne comptait que 800 âmes. Plus de trente ans après, ce chiffre est passé à 10.000 âmes. Ce boom démographique est notamment lié aux potentialités halieutiques, agricoles et touristiques de cette localité où vivent en parfaite harmonie, Sérères, Peuls, Mandingues et Wolofs. Ici, les habitants attendent, avec espoir, la construction annoncée de stations balnéaires par la Société d’aménagement de le Petite Côte (Sapco).

Pointe Sarène, à 20 mn de véhicule de Mbour. En ce début de la journée, le village semble encore plongé dans la torpeur matinale. On dirait que les habitants se réveillent à peine. C’est un calme plat qui contraste avec le tohubohu ambiant à Mbour dès les premières lueurs de l’aube. De loin, on entend les vagues paisibles de la mer ; tandis que la brise marine enveloppe le corps. Quelques gazouillements d’oiseaux impertinents viennent perturber, de manière sporadique, le silence qui prévaut à la vaste place du village. Pourtant, les activités vont bon train. C’est qu’ici, l’essentiel du travail est exécuté à l’extérieur et les habitants se lèvent de très bonne heure pour se rendre sur le terrain. Si certains sont partis en mer en quête de poissons, d’autres sont dans les bassins de rétention d’eau, trois au total, qui ont été aménagés pour les besoins de l’agriculture et du maraîchage. A Pointe Sarène, l’agriculture et la pêche sont les principales activités des populations.

Le chef du village, Michel Sarr, indique la voie à suivre ; lui qui se lève chaque jour à 5 h du matin pour aller s’occuper de ses barrages agricoles. C’est un homme qui croit aux vertus de l’agriculture. Il est encore bien sur ses jambes, malgré la soixantaine. Il a une mine de quadragénaire et un physique toujours athlétique. C’est en 1984, à 28 ans seulement, que le fils de Ngor Sarr a pris les rênes de la localité en tant que chef du village. Au vu de sa jeunesse et de son inexpérience d’alors, Michel Sarr a logiquement hésité avant de se résoudre à occuper le poste aux termes de conciliabules avec ses proches. Et puis, il s’est dit qu’avec la formation en pêche qu’il venait d’acquérir, il pouvait mettre ses connaissances au profit des habitants. Et quoi de plus noble que de se mettre au service de ses proches !

Boom démographique
Michel Sarr chef village Pointe SarèneDepuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. A commencer par la taille démographique du village passée de 800 habitants en 1984 à 10.000 âmes actuellement. Pointe Sarène a grandi très vite. Ses nombreuses potentialités agricoles et halieutiques semblent expliquer ce boom démographique qui fait qu’aujourd’hui le village a la taille d’une commune. Aussi incongru que cela puisse paraître, Pointe Sarène, située derrière Mbour, Warang et Nianing fait partie de la commune de Malicounda. Pour l’heure, la communalisation de Pointe n’est pas une préoccupation majeure des habitants. Michel Sarr reste toutefois convaincu que l’érection de ce gros village en mairie est irréversible.

Parallèlement au boom démographique, la qualité de vie des populations s’est beaucoup améliorée. Grâce à l’entregent du chef du village, Pointe Sarène dispose, d’une école, d’un poste de santé et d’une maternité. Michel Sarr se veut un visionnaire, qui anticipe et prend les devants. « J’ai été le premier à aménager, grâce à des partenaires, un barrage pour investir dans l’agriculture et le maraîchage. Aujourd’hui, nous en avons trois et tout le village y travaille actuellement », dit-il avec fierté. Il pense que l’agriculture, vu les nombreux emplois qu’elle peut générer, est fondamentale dans la prise en charge correcte des besoins alimentaires des populations et le développement de la localité de manière générale.

Surenchère dans l’acquisition du foncier
S’agissant des perspectives, il scrute, avec beaucoup d’espoir, l’avenir de Pointe Sarène. En attendant la mise en œuvre, dans le village, des projets de la Société d’aménagement de la Petite Côte (Sapco) relatifs aux stations balnéaires, Michel Sarr dit avoir déjà anticipé en se lançant dans des projets touristiques. Avec ses belles plages, son sable fin et mouvant et ses eaux poissonneuses, Pointe Sarène regorge incontestablement de nombreuses potentialités touristiques. D’après lui, les populations attendent avec impatience et espoir la construction annoncée des sites balnéaires par la Sapco.

Sous un autre rapport, l’annonce de la promotion de stations balnéaires dans la localité a créé une surenchère dans l’acquisition des titres fonciers. « Ici, les terrains coûtent de plus en plus cher. Certains achètent des terrains non pas pour habiter mais juste pour les revendre à des prix record », nous dit le fils du chef du village. Et cette tendance à la hausse devrait aller crescendo !
Comme toutes les localités côtières, Pointe Sarène n’est pas épargnée par le phénomène de l’érosion. Ici aussi, la montée du niveau de la mer est une réalité. Autre inquiétude qui gagne les habitants, les poissons se raréfient. « Vers les années 80, il y avait toutes les espèces de poissons dans nos eaux. Il suffisait d’attendre que la mer se retire de son lit pour ramasser les poissons. Avec peu d’efforts, on pouvait avoir une marmite de poissons », se rappelle, un brin nostalgique, le chef du village. Il ajoute qu’après la décrue, les langoustes étaient un peu partout sur la plage. Aujourd’hui, cela n’est plus qu’un vieux souvenir. A Pointe Sarène, à l’origine un village de pêcheurs, les ressources halieutiques deviennent de plus en plus rares et les pêcheurs sont obligés de parcourir plusieurs kilomètres en haute mer pour réaliser des prises. « A notre époque, la pêche était saisonnière, il y avait beaucoup de poissons. Pendant l’hivernage, personne n’allait en mer pour pêcher. Toute cette période était consacrée à l’agriculture seulement », se souvient le vieux Raymond Dione.

Pointe Sarène SénégalMichel Sarr estime que le déficit de poissons ainsi que la disparition de certaines espèces sont liés, en grande partie, à la pêche illicite et à la surpêche. Il plaide pour l’effectivité des mesures relatives au repos biologique. Cela devrait, à son avis, permettre aux espèces de se reposer, se démultiplier et à terme de développer, à nouveau, la pêche. Entre autres préoccupations des habitants, le bitumage de la route latéritique jusqu’au goudron qui mène vers Nianing et Mbour.

Fondé par Mbode Sarr, l’ancêtre de l’actuel chef de village, Pointe Sarène ou Ponto, selon le nom sérère, accueille actuellement plusieurs ethnies. Outre les Sérères, le peuple autochtone, des Mandingues, des Peuls et des Wolofs y vivent dans une belle harmonie. Selon Michel Sarr, le nom du village serait lié à une déformation en forme de pointe causée par l’avancée de la mer. La défiguration est visible depuis sa vaste villa en bordure de mer. Village traditionnel à l’origine, Pointe Sarène a vu, aujourd’hui, ses us et coutumes profondément remises en cause par la modernisation, l’urbanisation mais aussi la religion musulmane qui y est pratiquée par 95% des habitants. Le vieux Raymond Dione se rappelle avoir passé un mois dans la case des hommes pour les besoins de son éducation de base, son apprentissage de la vie, à travers devinettes et autres supplices corporels. De même, il souligne que jadis, des cérémonies de divination étaient organisées régulièrement dans le village. « Aujourd’hui, tout cela a disparu », constate-t-il. Avec Somone, Mbour, Saly, Nianing etc ; Ponto fait partie des localités où le mariage mixte est devenu un véritable phénomène social.

A l’image de beaucoup de villages sérères, Pointe Sarène est une localité de lutteurs. L’un des plus célèbres parmi la jeune génération reste Moussa Ponto qui fut un grand ambassadeur de cette bourgade.

Par Babacar DIONE et Djegane SARR (textes) et Abib DIOUM (photos)

Last modified on vendredi, 07 juillet 2017 16:23

La glycémie, le contrôle du niveau de sucre dans le sang est une tâche pénible et répétitive pour les personnes souffrant de diabète. E-Mosquito, un wearable actuellement en développement vise à leur simplifier le quotidien.

e-Mosquito vous pompe le sang
Le moustique électronique (E-Mosquito) en français. Tel est le nom choisi par l’université de Calgary au Canada pour un nouveau wearable qui envisage de révolutionner la façon dont les diabétiques contrôleront leur glycémie (le taux de sucre dans le sang). Pour eux, il s’agit d’une obligation. Hypoglycémie (pas assez de sucre) ou hyperglycémie (trop de sucre) peuvent avoir de sérieuses conséquences sur leur santé à court terme mais aussi à long terme.

Ils doivent donc se piquer avec de petites aiguilles plusieurs fois par jour. E-Mosquito prend la forme d’un wearable, comme une montre connectée permettant de contrôler, à n’importe quel moment, le taux de sucre de façon moins invasive.

On peut regretter le choix du nom, après tout on associe rarement le moustique à quelque chose de positif. Mais il semble pourtant terriblement bien adapté. Son concept est simple. L’appareil peut prendre sur simple demande un échantillon de sang et l’analyser. Le résultat est ensuite envoyé sur un smartphone. E-Mosquito peut aussi être programmé pour faire des tests à des heures précises. L’aiguille du test se change avec une petite recharge. Pour l’instant, ce projet est encore loin d’être commercialisable mais alors qu’ils travaillent dessus depuis plus de 10 ans, les progrès réalisés sont significatifs. L’objectif est aussi d’avoir un usage au-delà du diabète, pour la détection du cancer ou de problèmes génétiques. Une ambition qui s’inscrit clairement dans la tendance actuelle de détection de maladies grâce aux objets connectés.

Le diabète, un marché potentiellement très lucratif
En apparence, on pourrait penser qu’il s’agit d’une véritable niche commerciale. Mais dans les faits, le marché est immense et les projets se multiplient ces derniers mois. Avec 415 millions de personnes victimes de diabète à travers le monde, les entreprises ont conscience du potentiel. Comme nous vous l’expliquions il y a quelques semaines, les objets connectés peuvent leur venir en aide de multiples manières. Faciliter les piqûres, éviter les risques d’amputations ou encore anticiper son apparition sont autant de solutions sur lesquelles travaillent actuellement les entreprises et scientifiques. Ils sont, en cela, appuyés par des malades très impliqués et surtout très connectés. Selon les projections, le nombre de diabétiques devrait exploser dans les prochaines années donc le phénomène devrait aller en s’amplifiant.

Topsanté

Quelle importance accordons-nous au sourire ?
Cette information n’est plus forcément d’actualité, mais les Français ont un temps figuré parmi les plus gros consommateurs mondiaux d’antidépresseurs. Même si ce n’est plus le cas, cela ne signifie pas que la consommation actuelle n’est pas problématique. Le fait est, que le sourire n’est pas forcément la chose la plus courante en France ! Une erreur fondamentale.

De belles dents pour avoir confiance en soi
Ce n’est pas pour rien si de nombreux parents font appel à des professionnels, comme ici, pour corriger le positionnement des dents de leurs enfants. A l’âge adulte, le sourire est une arme de séduction massive. Les stars de cinéma ont ouvert la voie : avec leur bouche parfaite, Brad Pitt et Tom Cruise en ont fait tomber plus d’une.

De manière générale, une bonne présentation pèse considérablement sur l’estime personnelle. Faire de l’effet en souriant est aujourd’hui aussi important qu’être bien habillé, entretenir son corps et soigner sa chevelure. En étant confiant dans leur apparence, les hommes comme les femmes gagnent en assurance, osent agir davantage, et sont au final plus heureux. Ils sont aussi plus convaincants et leurs interlocuteurs ont tendance à les trouver plus charismatiques.

Trop souvent fragilisée par les angoisses et le stress quotidien, la santé psychologique ne peut pas se passer du moindre coup de pouce. Gagner en confiance par ce biais serait donc en partie la solution à de nombreux problèmes personnels.

Le phénomène des bars à sourire
On y pratique tout simplement un blanchiment des dents, sans avoir à passer par un rendez-vous chez le dentiste. Le processus dure une quinzaine de minutes et coûte généralement autour de 80€. Il passe par trois étapes :
• Lavage des dents
• Application d’un gel composé de peroxyde d’hydrogène
• Exposition de la mâchoire à des rayons UV

Une seule séance n’est bien sûr pas suffisante. Il faut répéter la manœuvre à intervalles réguliers, environ une fois par trimestre. Cette prestation semble donc facile d’accès et peu contraignante.

Mais l’Ordre national des chirurgiens dentistes met en garde les clients potentiels contre les risques d’une telle pratique. Des soucis dentaires tels que des caries ou une salive plus acide que la moyenne peuvent provoquer des dommages irréversibles et peu esthétiques.

L’impact positif sur la santé
Le blanchiment est une technique médicale qui réclame un diagnostic professionnel (comme on peut le voir sur ce site). Or, le personnel de ces bars atypiques n’est pas qualifié pour procéder à une telle analyse. Se faire blanchir la dentition pour se sentir mieux est une chose, risquer l’effet inverse et plomber sa confiance en soi en est une autre. Mais l’estime personnelle n’est pas la seule à être influencée lorsque vous souriez. Ce mouvement des lèvres et des zygomatiques si simple à réaliser libérerait des endorphines. Ces neurotransmetteurs procurent une sensation de bien-être et d’optimisme qui contribue à améliorer l’équilibre psychologique. On pourrait donc dire que le sourire n’est pas une conséquence du bonheur, mais en est à l’origine !

Mais ce ne sont pas les seuls bienfaits dont vous profitez lorsque vous souriez. En effet, cela permet également de stimuler votre système immunitaire, tout en améliorant l’oxygénation des cellules. D’autre part, la tension artérielle bénéficie elle aussi de ce simple geste, puisqu’il contribue à la faire diminuer.

En faisant travailler les muscles de votre visage, il aide également à dissiper les rides. De fait, plus vous souriez, plus vous paraissez jeune. Vous n’aurez donc pas besoin de vous faire injecter du botox sous l’épiderme, et ne serez pas concerné par la chirurgie esthétique et ses nombreux travers.

Topsanté

Last modified on vendredi, 07 juillet 2017 16:32

Gestionnaire de fortune, Nicolas Pyrgos veille sur plus de 300 millions d’euros confiés par des clients à 80 % africains.

Nicolas Pyrgos aime le risque. Pas pour ses clients, mais pour lui. Passé par les plus grandes banques helvètes, il pourrait y être encore aujourd’hui, à contempler la progression des chiffres sur les marchés africains dont il avait la charge au sein de ces vénérables institutions. Sauf que ce financier aux trois passeports – français et suisse par sa mère, chypriote par son père – n’a de cesse de vouloir repousser les frontières. En 2012, il part donc du Crédit suisse pour lancer sa propre société de gestion de fortune, une activité financière qui, à de très rares exceptions près, ne se trouve qu’en Suisse. « Notre mandat se limite au conseil et à la gestion des biens de nos clients. Nous ne sommes pas une banque. L’argent de nos clients est déposé en sécurité dans des établissements de premier ordre. Nous agissons en multi-family office », explique Nicolas Pyrgos, qui estime « qu’un quart des actifs privés placés en Suisse est géré par ce système ». La formule rencontre, en effet, un succès certain auprès d’une clientèle internationale avide de faire les meilleurs placements tout en s’émancipant des banques.

Reconnu et redouté
Un peu plus de quatre ans après sa création, Emeraude Suisse Capital gère plus de 300 millions d’euros, à travers les portefeuilles de 115 clients privés, « à 80 % d’origine africaine ». Le continent, Nicolas Pyrgos le découvre à la fin des années 1990, lorsque Sgs, l’ancienne Société générale de surveillance, l’un des leaders mondiaux de la certification, l’envoie en poste en Mauritanie. Il y reste deux ans, avant de rentrer à Genève retrouver le monde financier, qu’il avait déjà côtoyé quelques années après avoir été diplômé par l’Institut des hautes études internationales, « le Sciences-Po suisse ».

Profiter de l’émergence d’une classe moyenne
À 47 ans, le diplomate dans l’âme, devenu un financier reconnu autant que redouté, s’appuie sur son parcours et sur une expertise qu’il a peaufinée tout au long de la dernière décennie pour être aujourd’hui l’un des meilleurs spécialistes de l’Afrique sur la place financière genevoise. Au bon moment. « Il y a encore beaucoup de choses à faire à travers le continent en matière d’organisation des richesses et de gestion des fortunes », assure le patron d’Emeraude Suisse Capital, alléché par les perspectives que laissent présager l’explosion démographique à venir et l’accroissement de la classe moyenne africaine.

Jeune Afrique

Last modified on vendredi, 07 juillet 2017 16:32

Au sobriquet « une ville, deux gares ferroviaires » collé à Thiès, il faut désormais ajouter « la ville du théâtre ». Le succès connu par les troupes Janxène et Soleil levant a entrainé une ruée vers les troupes théâtrales. Des groupes se forment dans les quartiers, surtout dans le nord. La ville totalise une vingtaine de groupes. Tous veulent tirer leur épingle du jeu et bousculer la « hiérarchie », à l’image de Royoukaay.

Royoukaay, la troupe montante du théâtre national, cartonne en ce moment dans une télévision de la place grâce à son célèbre sketch « Keur gui ak koor gui ». Dans son antre thiessois, le groupe a transformé la vaste demeure du réalisateur Bachir Kane en une salle de spectacle. L’ambition de Diop Fall et sa bande est de suivre les traces de Soleil Levant, voire de porter plus loin le théâtre thiessois.

Le mois de Ramadan rime avec sketchs à la télévision. C’est un moment privilégié pour les groupes de théâtre qui rivalisent de créativité pour mieux vendre leur art mais aussi aider les téléspectateurs qui jeûnent toute la journée à tromper leur faim. Ils peuvent compter sur nos chaines de télévision qui, en cette période, leur offrent la visibilité tant recherchée. Né en 2005, le groupe Royoukaay de Thiès a actuellement le vent en poupe. En cette mi-journée de vendredi, ses membres font une répétition générale, à l’ombre d’un arbre, dans la cour de la maison du jeune réalisateur, Diop Fall et ses camarades jouent deux à trois pièces dans une ambiance empreinte de chaleur. « A Thiès, les infrastructures de théâtre font grand défaut », déplore Ousmane Sy, un des membres du groupe. La première pièce de théâtre démarre avec une causerie familiale somme toute banale, comme c’est le cas souvent dans toutes les familles. Elle implique un couple, un complice du couple et le neveu de la famille, manifestement impertinent et marginalisé. La discussion débute bien avec des plaisanteries jusqu’au moment où la belle Sokhna Ndoumbé fait son apparition subite dans la maison. Si le neveu, Diop Fall et la femme répondent aux salutations d’usage de Sokhna Ndoumbé, le chef de famille, lui, préfère se cacher pour ne pas être vu par l’intruse. Mais, c’était sans compter avec la détermination du neveu décidé à dire toute la vérité. Malgré les mises en garde de l’ami Diop Fall et de l’oncle fornicateur, le paria de la famille finit par cracher le morceau. Il apprend à sa tante que son oncle entretient une liaison amoureuse avec Sokhna Ndoumbé et qu’il l’a envoyé chez celle-ci à plusieurs reprises. Surprise, la tante se lève aussitôt et regagne sa chambre, non sans menacer de représailles son mari. La scène se termine par une bagarre entre Diop Fall et le neveu impertinent, avant que le réalisateur et le caméraman ne demandent à reprendre la pièce pour une nouvelle séquence, au grand bonheur de la petite foule qui a pris d’assaut la maison pour assister au spectacle. La deuxième pièce a eu pour cadre la devanture de la maison et met en scène, cette fois, Diop Fall et son ex-femme, sous le regard d’enfants, pour la plupart, et des passants. Alors qu’il est plongé dans un sommeil profond, le vieux Diop Fall est brusquement réveillé par une dame qui se trouve être son ex-femme. Lui qui n’attendait certainement pas cette visite improbable, n’en revient pas. Et il met du temps à réaliser que celle qui est debout devant lui est belle et bien son ex-conjointe. Celle-ci qui semble avoir assouvi sa vengeance lui tend un talisman. « Tu dois mettre ça dans un seau d’eau et, pendant 7 jours, tu devras te laver avec cette eau bénite », lui dit la dame avec une assurance qui en dit long sur sa certitude. En fait, Diop Fall a été marabouté par sa femme revancharde et cette eau est censée le délivrer de ses maux. D’où le ouf de soulagement que Diop a poussé et qui met un terme au spectacle. Le groupe Royoukaay termine cette journée par une troisième pièce où Diop Fall - encore lui - est l’acteur principal dans son rôle de lutteur à ses heures perdues. Ce dynamisme en dit long sur l’ambition de cette troupe qui ne cesse de monter en puissance. Aujourd’hui, après Soleil Levant de Sanekh et Janxène de Ndiamé Sène, Royoukaay est la troupe la plus célèbre de Thiès. Pour Ousmane Sy, un des cadres du groupe, l’ambition de la troupe est d’aller plus loin que Soleil Levant. « Soleil Levant est notre référence. Ce groupe a hissé très haut le flambeau de Thiès et nous sommes fiers de ce qu’il a accompli. Maintenant, c’est à nous de suivre ses traces et d’amener encore plus loin le théâtre thiessois », se convainc le jeune comédien, par ailleurs transfuge de la troupe Soleil Levant. Selon lui, avec le talent dont dispose le groupe et la passion qui anime ses acteurs, le potentiel est bien là pour espérer devenir, d’ici quelques années, l’une des plus grandes troupes théâtrales de Thiès et du Sénégal.

Absence de salles de spectacle et manque de moyens
Thies Theatre 2Toutefois, Ousmane Sy liste certaines contraintes qui freinent le développement du théâtre dans la capitale du Rail. « L’absence de salles de spectacle est un vrai obstacle pour la promotion du théâtre thiessois. Avec des infrastructures de ce genre, on pourrait produire régulièrement des sketchs et promouvoir », explique le jeune pensionnaire de Royoukaay. Ce dernier déplore également le manque de moyens, ajoutant que « les subventions ne tombent pas régulièrement ».

Face à cette situation guère reluisante, le groupe a eu l’idée d’organiser, au-delà des spots, des sketchs et du soutien de quelques mécènes, son premier anniversaire l’année dernière. Selon Ousmane Sy, l’objectif de « cette initiative, qui fut un grand succès », est de pallier un peu l’absence de moyens à laquelle est confrontée la troupe. Il indique que la troupe compte pérenniser la tenue de cet évènement.

Le réalisateur du groupe estime, lui, que les acteurs du milieu ont besoin d’être soutenus davantage. « La production coûte excessivement cher. Il faut un peu plus de soutiens pour les acteurs du théâtre, d’autant plus que ce qu’ils font n’est qu’un reflet de la vie quotidienne sénégalaise. Par ailleurs, à travers leur œuvre, ils divertissent et éduquent les téléspectateurs », poursuit Bachir Kane. Il explique également que l’ambition de la troupe théâtrale Royoukaay est de produire des téléfilms, voire d’aller à la conquête du marché international. « Notre ambition ne se limite pas au niveau national. Nous voulons produire des téléfilms qui pourront même être repris par les grandes chaines, telles que Canal Plus. L’ambition est là, de même que la capacité et le talent », soutient encore Bachir Kane. Passionné de théâtre, il a rejoint la troupe Royoukaay il y a quatre ans, à l’occasion d’un spectacle que celle-ci avait présenté. Depuis, il est le réalisateur de « Keur gui ak koor gui », un sketch à succès qui passe toujours à la télévision. Royoukaay a aussi à son actif la réalisation des téléfilms Baaye teuf, Meless et Jixi Jaxa. Comme beaucoup, Bachir Kane estime que Thiès regorge de talents dans le milieu théâtral.

« Au Sénégal, quand on parle de théâtre, tous les regards se tournent vers Thiès. Il faut dire qu’en matière de talents dans ce milieu, nous sommes vraiment bien représentés. Nous en rendons grâce à Dieu », constate-t-il avec satisfaction.

Une vingtaine de troupes à l’assaut du public
A Thiès, principalement dans le nord, les troupes théâtrales foisonnent. Nombreux sont les jeunes qui conjuguent leur avenir avec le théâtre. Du coup, la ville compte une vingtaine de troupes.

D’autres groupes, composés d’amateurs, sont enregistrés dans les quartiers.

Ce foisonnement est né du succès que les principales troupes de la cité du rail ont connu sur le plan national. « La réussite a influé les autres. Au départ, c’était Janxène. Ensuite, nos frères de Soleil levant sont venus. Maintenant, ce sont les jeunes de Royoukaay qui sont en train de nous bousculer, mais il y a d’autres », souligne Jules Dramé, artiste comédien. « Il y a des troupes un peu partout. Il y a une vingtaine de troupes dans la commune de Thiès. Il y a de jeunes talents qui sont là », ajoute notre interlocuteur qui est membre de la troupe Janxène de Thiès.

Ces jeunes peuvent-ils trouver le salut dans ce métier ? Après les succès de Sanekh, Serigne Ngagne et les autres comédiens célèbres de Thiès, d’autres jeunes de la cité du Rail sont sortis du lot. Il s’agit de Meless, Magnoukh, Combé. Ils ont été formés par la troupe Royoukaay, créée le 5 janvier 2005 par Aliou Aïdara, artiste comédien. « Depuis plus de 12 ans, nous travaillons dans l’ombre », explique M. Aïdara. Les jeunes de cette troupe sont sortis de l’ombre avec succès puisque leurs productions sont diffusées par les chaines de télévision. Pour M. Aïdara, la production théâtrale est une niche pour créer des emplois. « Les gens ne voient les artistes que dans les téléfilms, mais ceux qui travaillent dans le métier sont très nombreux. Beaucoup pensent que le théâtre, c’est ce qu’on voit à la télé, alors que la scène est le pilier du théâtre. Des gens sont formés pour ça », explique-t-il.

Aliou Aïdara pense qu’avec un bon encadrement il est possible d’aider les jeunes qui veulent exceller dans ce métier. « L’avenir est prometteur. Les gens continuent à être formés. Pour pratiquer le métier, il faut toujours être dans la formation. Les gens sont conscients de la cela », a-t-il dit. M. Aïdara insiste aussi sur les messages. « Le message doit être fort. Pour faire du théâtre, il faut avoir un texte. Si tu n’as pas un texte, tu ne peux pas faire du théâtre », dit-il. Le président de Royoukaay estime aussi que les artistes doivent s’organiser pour mieux vivre de leur art. « Les gens doivent s’organiser davantage. Si on se réunit, personne ne peut nous exploiter. Il arrive qu’une agence propose à un artiste un cachet pour une publicité, si ce dernier n’est pas d’accord, il peut se retourner vers un autre qui peut accepter un cachet inférieur », déplore-t-il.

Les artistes doivent également être accompagnés. « Vu comment le théâtre a émergé à Thiès, je pense que notre ville mérite d’avoir un Grand théâtre. Cela permettrait aux artistes comédiens de vivre de leur art. Il faut équiper le centre culturel d’un théâtre de verdure, mais aussi en son et en lumière », plaide Jules Dramé. « Les problèmes sont là, mais les gens continuent à se battre. Les autorités de la mairie de Thiès doivent penser à créer un centre culturel. Cela permettra aux artistes d’exceller », ajoute-t-il.

Par Babacar DIONE et Diégane SARR (textes),
Abib DIOUM (photos)

Artiste comédien, Jules Dramé fait partie des pionniers du théâtre à Thiès. Ayant bénéficié de la formation de ses aînés, il met, aujourd’hui, son expérience au service des jeunes talents qui émergent dans la cité du Rail. Son rêve, voir Thiès étrenner une salle de spectacle moderne pour permettre aux acteurs de mieux bénéficier du boom que le théâtre a connu dans la région.

A Thiès, les troupes théâtrales ont émergé et ont étendu leurs tentacules à Dakar et dans le reste du Sénégal. La plupart des téléfilms diffusés à la télévision sont produits par des troupes thiéssoises dont Soleil Levant, Janxène, Royoukaay... Si les artistes de la cité du Rail ont réussi cette percée, c’est grâce à un travail réalisé à la base pendant des années pour dénicher les talents. Parmi ceux qui ont écrit cette histoire, figure Jules Dramé, artiste comédien, membre de la troupe Janxène de Thiès.

Fringant avec ses 53 ans, Jules Dramé capitalise une trentaine d’années d’expérience dans le domaine du théâtre. « J’ai pratiqué ce métier très jeune. J’ai commencé dans mon quartier avec notre Association sportive et culturelle. Je venais regarder les répétitions parce que mon frère était président de la Commission culturelle de mon Asc. Dans l’après-midi, les gens allaient à l’école de Diakhao pour faire les répétitions, et j’y assistais », confie-t-il. Il ajoute : « Un jour, les encadreurs ont eu des absents, j’ai alors dit au metteur en scène que je pouvais interpréter le rôle. Quand ils m’ont donné ma chance, je l’ai saisie ».

L’apprentissage du métier dans son quartier natal va se poursuivre à l’école. « Quand je suis parti à l’école Coly Diop (ex-camp Faidherbe), j’ai crée une troupe », explique-t-il. Jules Dramé réussit à allier les études à son penchant. Il parvient, après ses études primaires, à décrocher un diplôme d’électricien.

Mais, la passion de la scène l’emporte sur l’envie d’exercer comme technicien. Il est visiblement influencé par son entourage. « J’ai des frères qui sont aussi des artistes », fait-il remarquer. Jules Dramé va gravir les échelons en côtoyant des grands. Il intègre Calome, une troupe créée par feu Sa Daro Mbaye. Il a interprété le rôle de Canasse dans le film « Le pari de l’ancien » de Sada Weïndé Ndiaye. C’était en 2003. Il a également joué dans « Ngol-Ngol », une pièce de Mbaye Gana Kébé diffusée par la Rts en 2003. L’artiste thiessois a également participé à la foire de Caen, en 2000, avec un groupe de sa ville jumelée depuis des décennies à la ville normande, en France. « Canasse le fou m’a beaucoup marqué. C’est une pièce d’actualité qui parle des Saltigués par rapport à la pluie », confie-t-il.

Le comédien révélera ensuite ses talents d’artiste grâce à Janxène. Depuis plus d’une décennie, il est dans les productions de cette troupe qui regroupe de ténors de la comédie au Sénégal, à savoir Ndiamé Sène, Serigne Ngagne, etc.

Jules Dramé a pu jouer ces différents rôles grâce aux nombreuses sessions de formation auxquelles il a participé. « Nous avons été formés par de grands metteurs en scène du Sénégal dont Seyba Traoré et Mamadou Diop », explique-t-il. Aujourd’hui, il tente d’inculquer l’expérience acquise à la jeune génération. « Pendant plusieurs années, il y a eu un encadrement. Il y a une jeune génération qui a démarré en faisant du théâtre scolaire. Actuellement, ce sont ces gens qui sont venus encadrer les plus jeunes. Nous organisons beaucoup de sessions de formation », dit-il. « La formation porte sur plusieurs volets dont l’écriture et la mise en scène. Plusieurs paramètres sont pris en compte. Cela permet aux comédiens d’engranger de l’expérience pour être compétitifs », souligne-t-il. Jules Dramé estime que la formation est la clé du succès. « Nous avons commencé par nous former au niveau des Asc. Nous avons renforcé nos formations dans les écoles. Nous avons beaucoup travaillé avec les Asc. Nous avons longtemps été dans l’ombre pour travailler sur le théâtre populaire. C’est cette expérience que vous voyez actuellement sur le plan national. Les comédiens de Thiès ont eu à recevoir plusieurs formations tant au niveau de Thiès qu’ailleurs », fait-t-il remarquer.

« Dans les années 80, nous avions les journées du parrain dans les écoles. A cette époque, les gens formaient des troupes théâtrales dans les collèges d’enseignement. Pendant la même période, chaque Asc devait produire une troupe théâtrale. Et chaque nuit, nous nous retrouvionst pour faire des compétitions », ajoute-t-il. Selon M. Dramé, des journées pédagogiques artistiques étaient également organisées. « Chaque dimanche, de 9 heures à 17 h, les comédiens venaient pour participer à la formation durant laquelle des talents étaient dénichés. Pendant les spectacles, nous arrivions à détecter certains talents », souligne-t-il.

Les jeunes artistes comme Meless, Magnoukh et Combé ont été détectés grâce à ces Jpa. « Ce sont des jeunes qui ont fréquenté les Jpa. Ils sont actuellement dans la troupe Royoukaay où ils cartonnent », indique-t-il. C’est pourquoi Jules Dramé est d’avis que si Thiès réussit à jouer les premiers rôles dans le théâtre au Sénégal, c’est parce qu’il y a eu des formations. « Les premières troupes qui ont pu tirer leur épingle du jeu ont été formées. Avec leur succès, il y a eu un foisonnement de troupes théâtrales. C’est le boom du théâtre à Thiès », se réjouit-il.

Après plus d’une trentaine d’années d’expérience, Jules Dramé ne cache pas sa fierté de voir la cité du Rail émerger dans le domaine du théâtre. Cette fierté le pousse à se concentrer uniquement dans le développement de son métier. Depuis trois ans, il a tourné le dos à 30 ans de carrière d’arbitre fédéral de football. Actuellement, son quotidien est rythmé par le théâtre. « Je me suis marié par le biais du théâtre. J’ai fondé une famille par le biais du théâtre, j’entretiens ma famille par le biais du théâtre. Ce n’est pas le grand financement, mais on s’est sort bien », indique-t-il. Vice-président de l’Association des artistes et comédiens du Sénégal (Arcos) et initiateur du Festival de théâtre du rail (Fesrail), il pense que sa satisfaction sera plus grande lorsque Thiès étrennera des infrastructures modernes permettant aux artistes de pratiquer pleinement leur art.

Par Babacar Dione et Diégane Sarr

Du pacte matrimonial

03 Juil 2017
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Nous partageons, ici, cette convention collective sur le mariage conclue entre des habitants de Rufisque, parue dans l’édition du 05 janvier 1957 du premier quotidien sénégalais « Paris-Dakar » (n°6376). Elle est ainsi titrée : « Le pacte matrimonial : nouveaux tarifs à Rufisque ».

« Las de parler sans résultats, les habitants du quartier Santhiaba de Rufisque viennent de prendre des décisions importantes concernant le pacte matrimonial. Sur l’insistance des femmes et jeunes filles, les notables et imams de Santhiaba se sont donc réunis, sous le patronage des chefs de quartiers Ndiobène et Thiarène, pour arrêter un pacte collectif de mariage signé de tous ces notables. Les tarifs appliqués seront les suivants :

Premier don - jeune fille : 3000 frs ; femme : 1500 frs. Droit des parents paternels - jeune fille : 250 frs ; femme : 150 frs. Droit des parents maternels - jeune fille : 250 frs ; femme : 150 frs. Argent dit colas de la maison - jeune fille : 150 frs ; femme : 100 frs. Argent des jeunes filles (mbakhal) - jeune fille : 250 frs ; femme : 150 frs. Argent des compères - jeune fille : 100 frs ; femme : 100 frs. Argent des camarades circoncis (mboke mbar) - jeune fille : 100 frs ; femme : 100 frs. Argent de la mosquée du village - jeune fille : 200 frs ; femme : 200 frs. Dot - jeune fille 2000 frs ; femme : 1000 frs. Chambre et lit –j-Jeune fille : 1500 frs ; femme : 600 frs. Repas de cavalerie (waral) - jeune fille : 600 frs ; femme : 300 frs. Levée nuptiale (m’beuranti) - jeune fille : 500 frs ; femme : 300 frs. Khokhanti - jeune fille : 300 frs ; femme : 200 frs. Suite réception demeure conjugale (la suite que forment les personnes qui accompagnent la fille ou la femme à la demeure conjugale ne dure qu’un seul jour chez le marié) - jeune fille : 300 frs ; femme : 150 frs. Total des taux appliqués - Jeune fille : 10.000 frs ; femme : 5.000 frs.

Pour veiller à l’application de ces décisions, un membre du quartier sera désigné. Il devra assister aux cérémonies. Il est désormais interdit de faire publier par voie de tam-tams ou de griots parcourant les rues le « labane » ou coucher nuptial. Et le mari est autorisé à emmener sa femme à son domicile dès que le mariage a été célébré selon la loi musulmane. Toute personne qui ne se conformerait pas à la convention serait passible d’une amende de 5.000 frs à payer séance tenante. En cas de refus de paiement, il est entendu que solidairement tout le quartier s’abstiendra de porter aide et assistance à ladite personne. C’est dans un accord complet et unanime que les habitants du quartier de Santhiaba ont discuté et rédigé la convention nouvelle. Et maintenant que les parents ont fait l’effort souhaitable, espérons que les jeunes célibataires sauront y répondre ».

Les législations non écrites en Afrique, au Sénégal particulièrement, renseignent sur l’existence d’une vraie organisation sociale. Leurs modalités d’application témoignent également de l’importance accordée aux vertus dont se paraît la société traditionnelle quoique la pertinence de certains codes, comme toute œuvre humaine, peut être soumise à un examen. Ce texte est plus que d’actualité. Seuls les montants ont évolué. Les convenances sociales continuent d’être accablantes pour la plupart d’entre nous. Et la parfaite intelligence observée entre autorités coutumières et religieuses montre que les pratiques endogènes et celles islamiques ne sont pas totalement antagonistes. Le syncrétisme religieux est, ici, davantage un vécu qu’une perspective aérienne de certains esprits « brillants ». Ceux qui se sont offusqués de l’appellation « islam noir » de certains auteurs ont certainement omis de prendre en considération le cheminement collectif qui nous distingue et prône à la fois cette tolérance dans la pratique et cette acceptation de l’autre.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

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