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Soleil Grand Air (356)

Darou Hidjiratou est un village chérifien créé en 1950 par un descendant du prophète Mohamed (Psl). Ce qui fait de la localité une cité religieuse où les valeurs de l’islam sont enseignées et appliquées. Mais Darou souffre de son enclavement. Isolé dans le département de Vélingara, il faut faire des heures de route pour s’y rendre.

Darou Hidjiratou. Un village chérifien situé au bout de la forêt du département de Vélingara. Pour s’y rendre, il faut faire plus de 150 kilomètres en venant de la commune de Vélingara. L’accès est difficile. La seule piste de production qui mène à ce village en passant par Bonconto, chef-lieu d’arrondissement, est impraticable pendant la saison des pluies. L’eau de pluie prend le pouvoir pendant les mois de juillet, août et septembre. Par conséquent les villages de cet arrondissement deviennent inaccessibles. Il est difficile pour un chauffeur étranger de rouler sous ces eaux puisqu’il faut bien connaître la vraie piste au risque de perdre son véhicule. Pour ne pas perdre le nôtre, nous sommes obligés de louer les services d’un transporteur originaire d’un village situé à trois kilomètres de Bonconton. Le trajet nous coûta 20.000 FCfa. Pourtant, une fois en pleine forêt, le chauffeur nommé Amadou Diao s’arrête pour demander une augmentation de 5.000 FCfa à cause de la difficulté du trajet. Un montant accordé tout de suite puisque nous sommes tous conscients que les manœuvres ne sont pas faciles. Alors le jeune chauffeur reprend son volant en roulant dans l’eau mais en choisissant bien les endroits où mettre les pneus de son véhicule. Malgré les secousses, nous avons eu le temps d’admirer la belle faune de la campagne en profitant de la fraicheur matinale et de la verdure. Car, pour aller dans ce village chérifien, il faut traverser une plaine herbacée et peuplée d’arbustes. Une beauté qui pousse les touristes à tenter le voyage en affrontant cette piste sans mesurer les conséquences. Pourtant les risques sont réels. Deux véhicules 4x4 appartenant à des touristes sont pris dans le piège des eaux glauques qui cachent la piste. Et le nôtre, un ancien modèle de la marque française Renault, résiste dans bien que mal en dépassant les deux véhicules sous les regards impuissants des propriétaires. Le chauffeur en pleine manœuvre nous demande de prendre notre mal en patience parce qu’il reste encore quelques kilomètres à parcourir. Le paysage est captivant. On ne se lasse pas d’admirer la beauté de la forêt de la région de Kolda. Deux heures plus tard, Bonconto se pointe à l’horizon, au bonheur de toute l’équipe. Mais, il reste encore quelques cinq longs kilomètres à parcourir toujours dans la forêt dense de la Casamance avant d’arriver à destination. Ces derniers kilomètres nous prendront encore deux heures. Il était 11 heures quand nous entrons enfin à Darou Hidjiratou.

Mosquée en construction
Mosquée Darou HijratouAu milieu de ce village d’émigrés, une grande mosquée est en construction. « Notre ancienne mosquée ne peut plus contenir les fidèles. Un ami du village a décidé de nous construire celle-ci », lâche Abdoul Aziz Aïdara, un fils du village. Ce dernier est notre premier interlocuteur. Il décida alors de nous conduire chez son aîné qui est aujourd’hui chef et khalife du village. Il se nomme Cherif Mamadou Seydou Aïdara. En bon paysan, ce vieux marabout est absent de chez lui. Il est dans les champs. Alors, notre jeune chauffeur, après quelques minutes de repos, reprend son volant en direction du champ. Heureusement celui-ci n’est pas loin. Entouré de ses talibés, le marabout est en train de défricher son champ de coton. Celui qui se décrit comme paysan et enseignant de la littérature arabe va au champ dès les premières lueurs de la matinée, vers 6 heures, avant d’être rejoint par ses talibés. Trouvé en pleine activité, cet homme de taille moyenne et au teint clair prend son temps pour nous faire l’histoire du village de son défunt père Khalife Alassane Aïdara, né en 1917 et décédé le 24 décembre 2011 à l’âge de 94 ans. Père de 20 enfants dont 12 garçons, le fondateur de Darou Hidjiratou a laissé derrière lui 94 petits-fils. « Au moment de son décès, il avait 15 arrières petits-fils », raconte le marabout les yeux fixés au ciel. Après ce petit récit, Cherif Mamadou Seydou Aïdara essaie de retracer l’histoire de la création du village son papa. Il raconte que son père, avant de créer le village, est passé par le Mali avant rejoindre Médina Gounass après des séjours à Nioro De Rip et à Kounkané. « C’était vers les années 1942 », se souvient-il. C’est à Médina Gounass, après sa rencontre avec le marabout des lieux, qu’il a décidé, sur ses conseils, de fonder en 1950 le village chérifien en lui donnant le nom de Darou Hidjiratou. « C’était en 1948, un an après ma naissance », raconte Chérif Mamadou Seydou Aïdara, l’homonyme du marabout de Médina de Gounass.

Village religieux
A sa création, le village ne comptait que trois maisons. « Aujourd’hui nous sommes à 140 maisons avec plus de 2.000 habitants composés essentiellement de chérifiens car nous sommes tous des frères et sœurs, avec nos enfants dont certains sont en Europe », informe notre interlocuteur qui ajoute que ses ancêtres étaient des descendants du prophète Mohamed (Psl). Ces liens de parenté avec le fondateur de l’islam fait de la localité un village religieux où l’on enseigne aux enfants, dès le bas âge, les valeurs de la religion musulmane et la littérature arabe. « Nous sommes un village religieux où il est interdit de fumer ou de danser », nous signifie Mamadou Seydou Aïdara. Dans le village de son papa, toutes les femmes portent un voile et sont soumises aux règles et lois de la religion musulmane, c’est-à-dire de « la charia ». C’est grâce à cette charia que tous les conflits entre les habitants sont tranchés au village. « La justice ne juge que des rares cas de crimes. Sinon, la charia est appliquée ici à la lettre », précise-t-il. Mamadou Seydou Aïdara est titulaire d’un doctorat en arabe. Il a étudié dans les pays arabes avant de rejoindre la France en 1975 pour poursuivre les études sur l’Astronomie.

Aujourd’hui, en tant que chef du village, l’homme inculque son savoir à plus de 220 talibés répartis dans trois daaras. « Tous mes talibés sont pris en charge. Ici, on ne demande pas l’aumône. Les enfants vivent de ce que nous cultivons », souligne-t-il. En plus de l’agriculture, le vieux marabout dispose de vergers de mangues et d’autres fruits. « Nous avons tout ici », se réjouit-il, avant de reconnaître que leur seul problème reste et demeure la route. Le village est inaccessible. « Nous espérons que le président Macky Sall qui connaît bien ici fera quelque chose pour le village en nous construisant la route. Le marabout peut aussi compter sur l’un de ses jeunes frères qui est membre du parti au pouvoir. Ce dernier est d’ailleurs le maire de la commune rurale de Darou Hidjiratou.

Puits de la fécondité et de la guérison
Puits de Darou HijratouAu fond du village de Darou Hidjiratou est creusé un puits miraculeux. Construit parmi les 120 autres puits du village, il était le seul où l’eau a choisi un vendredi pour jaillir comme l’aurait souhaité un des savants et conseillers du fondateur du village, khalife Alassane Aïdara. « C’est pour cette raison qu’il fait objet de pèlerinage », explique l’actuel khalife Cherif Mamadou Seydou Aïdara. Il raconte que son père avait suivi le conseil d’un certain Thierno Amadou Barro en creusant ce puits 15 ans après son installation au village. L’eau devait jaillir de ce puits un vendredi, lui avait annoncé son conseiller. Ne connaissant l’emplacement exact à choisir, le fondateur du village fait creuser plusieurs puits à divers endroits du village. Dans l’un des puits, l’eau jaillit des entrailles du sil un vendredi, conformément à la prédiction de son conseiller.

Ce puits a été creusé en 1082. Depuis lors, il fait l’objet de pèlerinage parce que, d’après notre interlocuteur, il est source de fécondité, de guérison et de miracles. Et les pèlerins viennent de partout et même des pays de la sous-région pour chercher cette eau. On raconte l’histoire de cette femme originaire de la commune de Kounkané qui était entre la mort et la vie quand on l’a amené au village. Elle a survécu après pris un bain en utilisant l’eau de ce puits. « Non seulement, elle était guérie mais elle a mis au monde des enfants alors qu’elle avait des difficultés à en avoir », se rappelle Chérif Mamadou Seydou Aïdara. Ce dernier est formel, la majeure partie des femmes qui ont utilisé cette eau pour un bain ou en la buvant ont eu des enfants après. « C’est pour cette raison que nous disons souvent que l’eau de notre puits est source de fécondité », soutient Cherif Seydou Mamadou Aïdara. En plus de ces femmes, les hommes viennent de partout pour effectuer le pèlerinage dans ce puits. « Beaucoup boivent cette eau car elle peut guérir certaines maladies. C’est un puits miraculeux », lance-t-il.

Ce puits d’une profondeur de 12 mètres a besoin aujourd’hui d’être réhabilité. « Mon père ne voulait pas d’une construction moderne autour du puis. C’est pour cette raison que nous avons préféré ne rien construire autour de ce puits. Nous comptons cependant réaliser quelques travaux pour le protéger », assure le khalife et chef du village de Darou Hidjiratou qui, avec fierté, explique les bienfaits de ce puits qui, à son avis, mérite d’être connus par les Sénégalais. A l’en croire, grâce à cette eau, les populations de son village tombent rarement malades.

Par Eugene KALY et Ibrahima BA (textes), Assane Sow (photos)

Last modified on lundi, 27 mars 2017 13:22

Le jour du décret

27 Mar 2017
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C’est un jour terrible, le jeudi.  D’ailleurs, les références ne manquent pas pour le « jeudi noir ». Le premier jour du krach de 1929 était un jeudi. Pareil pour la terrible défaite de l’aviation allemande au cours de la bataille d’Angleterre en 1949.  Il y en a d’autres, des jeudis terribles. Chez nous, le quatrième jour de la semaine est celui de la tenue du Conseil des ministres. Le jour du jugement dernier pour ce particulier personnel de la République qui doit sa fortune aux décrets de nomination du président de la République. Le jeudi, les marabouts se frottent les mains. Certains veulent garder le plus longtemps possible leur juteux poste. D’autres font recours à un trésor d’ingéniosité pour entrer dans les grâces du distributeur des privilèges du palais de l’avenue Roume.

On connaissait la « nuit du décret », explicitement raconté par les écrits saints. Il y est dit que tout, dans la vie de l’homme, y a été décidé : sa santé, sa longévité, sa fortune, etc. Voilà, pourtant, que le « jour du décret » bouleverse cette certitude coranique. Ce n’est plus au Bon Dieu qu’il faut plaire, mais au faiseur du bonheur terrestre qui préside le fameux Conseil des ministres. Ce jour-là, la signature présidentielle apposée au bas des décrets de nomination fait et défait des vies. C’est le jour des sourires passe-partout pour les bienheureux nouveaux machins et des rictus navrés pour les malheureux ex-trucs. Quand une vie ne tient qu’à une signature, c’est qu’elle doit être franchement bien courte. 

Par Sidy DIOP

Le marché des fleurs demeure très hermétique au Sénégal. Une activité qui a souvent cours au sein de familles qui se sont passé le mot de père en fils. Aussi improbable que cela puisse paraître l’activité rapporte.

Abdou Sène s’active avec ardeur dans son jardin de 600 m², hérité de son père situé à Camberène. Il s’est levé dès l’aurore. Il s’adonne à des va-et-vient, muni de ses deux arrosoirs, dans le but d’asperger ses plantes. Des sèmes qui méritent « précaution et attention », souligne-t-il. Abdou est un jardinier fleuriste. Il est un amoureux de la nature. Son métier, il l’exerce avec passion et exigence depuis plus de quinze ans déjà. Il décrit ses journées comme étant longues et souvent fatigantes. Abdou travaille debout, dans le froid et l’humidité, conditions essentielles à la conservation des fleurs et végétaux. Il soulève parfois des pots très lourds. Il transporte des seaux d’eau et des sacs de terreau. « Devenir fleuriste réclame d’aimer le travail manuel délicat et avoir un minimum de force physique et d’endurance, pour s’adonner à des corvées parfois très pesantes », souligne-t-il. Le travail à mains nues, dans l’eau et la terre, manipulant souvent des épines, est parfois difficile.

Commerçant, le fleuriste doit mettre en avant son savoir-faire et se montrer polyvalent pour réussir. À la fois artiste, botaniste et gestionnaire, il propose des compostions florales adaptées à chaque événement, gère l’organisation de son jardin et conseille sa clientèle. Cette approche permet de fidéliser les acheteurs. «Les prix des plantes varient selon leur taille et leur résistance. Un cocotier de deux mètres peut coûter 60.000 FCfa et ceux qui sont dans les pots sont plus en sécurité et coûtent donc plus chers». Le prix des fleurs varie entre 50 et 200 FCfa pour les saisonnières, les arbustes coûtent entre 500 à 2500 FCfa et les palmiers entre 60.000 à 250.000 FCfa », révèle-t-il.

Le fleuriste est avant tout un technicien possédant de solides connaissances en horticulture et en botanique. Son savoir-faire lui permet d’apporter les soins spécifiques adaptés à chaque variété de plantes et de d’apporter des conseils personnalisés à sa clientèle. « La créativité du fleuriste est primordiale car ses compositions florales doivent être originales et adaptées à chaque occasion, tout en restant dans la tendance du moment. Il doit mettre en avant son style personnel pour attirer la clientèle », note-t-il. En plus de son travail champêtre, Abdou fait preuve d’une aptitude à la gestion et d’un véritable sens de l’organisation, notamment pour tenir les comptes, gérer les stocks et suivre les commandes. De la patience et un bon relationnel forment les qualités essentielles de ce commerçant. L’accueil et le contact avec les clients doivent dès lors être un plaisir partagé, un moment agréable et convivial, souligne-t-il, tout sourire, après avoir fini de vendre à une de ses clientes. « Le contact humain est primordial et gratifiant, les gens apprécient toujours de recevoir des fleurs en cadeau et associent les fleurs au plaisir et à la fête », témoigne Nadine, une ressortissante française âgée de 70 ans trouvée sur les lieux en train de s’approvisionner en fleurs.

Fleuriste, un métier exigeant
Un fleuriste se lève généralement à l’aube afin de s’approvisionner chez les jardiniers. Les premiers arrivés profiteront d’un plus grand choix de végétaux de meilleure fraîcheur et pourront faire de bonnes affaires. Après la réception des livraisons, il faut rempoter, tailler, arroser, lutter contre les parasites et veiller à la bonne conservation des fleurs et plantes. «Une fois arrivé sur les lieux, nous sortons toutes les plantes à l’extérieur du jardin pour montrer que l’on est ouvert. Ensuite nous vérifions chaque composition, pour voir si il n’y a rien de fané. On jette aussi un coup d’œil aux plantes pour vérifier qu’elles ne manquent pas d’eau. Après on regarde s’il y a des commandes à faire, si oui nous les effectuons. Il arrive que nous créons des compositions pour la vente », informe Géraldine, vendeuse de fleurs et objets de décoration en centre-ville, sur l’avenue Jean Jaurès.

« Quand nous avons des acheteurs, nous coupons toutes les tiges et mettons chaque variété de fleurs en vases préalablement nettoyées. Nous fixons les prix, puis nous les disposons sur les vases et les pots », note-t-elle. Quid des prix ? Ils varient selon la plante.

La fourchette est comprise entre 50.000 FCfa jusqu’à 300.000 FCfa voire plus. «Les ventes ne sont pas régulières. On peut rester des jours sans voir un client. Et parfois, il nous arrive de gagner plus de 600.000 FCfa à l’occasion des fêtes notamment», fait-elle savoir. Une clientèle essentiellement composée de ressortissants occidentaux, souligne-t-elle.

Plus qu’un commerçant, un fleuriste est un artiste. Grâce à une excellente connaissance de la botanique, il crée des bouquets et des présentations florales pour décorer un intérieur, pour offrir ou pour célébrer un événement. Il maîtrise la botanique et l’horticulture, il peut informer, conseiller et surtout vendre.

«Le fleuriste a plusieurs cordes à son arc. Ses compétences sont multiples et ses rôles aussi riches que variés. Parce bien souvent il travaille seul, le fleuriste va sélectionner les fleurs et les plantes qu’il commercialisera ou qu’il utilisera pour réaliser ses présentations florales et ses bouquets. Cette sélection dépend de la demande des clients », informe Sébastien qui tient boutique sur l’avenue William Pontty. Le fait de réaliser des présentations florales et des bouquets tout en s’adaptant aux exigences du client est important. «En effet, les demandes sont différentes à la Toussaint, au moment de la fête des Mères, à Noël; d’où la nécessité d’avoir de très bonnes connaissances en botanique ou en horticulture », souligne-t-il. Ces dernières vont permettre au fleuriste de mieux choisir les fleurs et les plantes qui entreront dans la composition d’une présentation florale ou d’un bouquet. «Ces connaissances aideront aussi le professionnel à mieux entretenir les végétaux et à conseiller les clients. Faire preuve de créativité permet de se distinguer de ses concurrents », relève-t-il.

Devenir Fleuriste, qualités requises
Cette activité a commencé à Dakar vers les années 1960 avec des expatriés. Le marché des fleuristes est souvent autofinancé par les gens qui y travaillent. Selon Sébastien, pour devenir fleuriste, il faut impérativement faire une formation. Une passion pour les fleurs et les plantes est un réel atout mais c’est insuffisant pour pouvoir exercer ce métier.

Le fleuriste doit à la fois être vendeur, gestionnaire et conseiller. Il doit avoir les connaissances nécessaires pour gérer son commerce. Ce qui inclut la gestion des stocks la comptabilité mais aussi le suivi des commandes. Le fleuriste doit aussi avoir un esprit créatif et une touche d’authenticité. Il doit faire face aux besoins des clients et savoir vendre le traditionnel bouquet de roses. Enfin les fleuristes doivent avoir des qualités humaines. Ils sont au cœur des évènements heureux comme malheureux. « On fait appel à eux pour envoyer un bouquet à l’être aimé, fleurir un mariage, mais aussi pour réaliser une couronne pour un enterrement ou pour fleurir une tombe », rappelle Géraldine.

Par Oumar BA

Pour que l’immense bidonville kényan de Kibera ne soit plus une terra incognita, l’Américaine Erica Hagen a décidé de le cartographier grâce à l’aide de ses habitants. Son site Mapkibera permet de savoir où sont les écoles, les points d’eau…

Le projet social kényan MapKibera est né… sur le continent américain. Très précisément sur la côte Est en 2009 alors qu’Erica Hagen est étudiante en développement international à l’université de Columbia. « Dans les cours, le bidonville de Kibera [au Kenya], un des plus connus d’Afrique, était présenté comme un symbole de gigantisme, se souvient l’Américaine. Mais, paradoxalement, aucune carte précise de ce lieu n’existait. »

Erica en parle à son compagnon Mikel Maron, informaticien impliqué dans le projet OpenStreetMap, une alternative à Google Maps pour cartographier la planète à l’aide de contributions citoyennes. Le couple imagine alors un projet un peu fou : impliquer les habitants du lieu pour réaliser une carte numérique de l’ensemble du bidonville afin de « rendre visible les invisibles », tel que l’annonce le site matrice Mapkibera.org, la porte d’entrée numérique du projet.

« Nous pensions que tout cela n’allait durer qu’un ou deux mois », se souvient Erika Hagen. Sept ans et un bébé plus tard, le couple est encore pleinement impliqué dans cette aventure devenue une référence dans de nombreux pays. Tout autant pour sa portée sociale et citoyenne que pour la capacité qu’ont eue les créateurs à organiser le relais vers une équipe locale dynamique et entreprenante.

Les opérations sur le terrain
Ainsi, le Kényan Joshua Ogure, qui a démarré comme stagiaire vidéo en 2010, gère les opérations sur le terrain (@joshculture sur twitter), et vient d’être reconnu, le 7 mars 2015, comme un des 100 innovateurs du pays par Ihub, l’organisation phare qui fédère la communauté tech kényane.

Un petit tour sur Internet permet de mesurer l’étendue de cette réalisation numérique pionnière. Le site Voiceofkibera.org affiche d’emblée la carte du bidonville, réalisée en deux mois à l’aide de ses habitants. « Pour arriver à ce résultat, en 2010, nous nous sommes installés sur place et avons recruté treize jeunes qui n’avaient jamais touché un ordinateur de leur vie », se souvient Erika Hagen. Le projet fonctionne au-delà de leurs espérances et attire l’attention internationale. Des fonds de l’Unicef permettent à l’équipe de rebondir. En utilisant le site Hushahidi et sa cartographie participative, les habitants aident à enrichir la carte pour décrire la vie du bidonville : point d’eau, écoles, actualités… des informations visibles en ligne et identifiées par de gros points rouges sur lesquels il faut cliquer pour obtenir le contenu.

Ce succès en entraîne un autre. Certaines jeunes de Kibera deviennent alors reporters d’images et relatent à coup de petites vidéos la vie quotidienne et les actualités de la communauté. Le tout est mis en ligne sur Kiberanewsnetwork.org et relayé sur les réseaux sociaux Twitter et Facebook.

Méandre de baraques et de cabanes
Actuellement, trois jeunes sont payés par l’organisation pour faire ce travail de « Real Citizen Journalism » (journalisme citoyen) qui permet de pénétrer, de n’importe quel écran de la planète, dans ce méandre de baraques et de cabanes, refuge de 300.000 habitants qui acceptent d’être filmés, de se raconter et de transmettre. Cette aventure numérique vient de s’enrichir, en 2015, d’une nouvelle ramification. A l’aide des fonds de la fondation Bill et Melinda Gates, une nouvelle carte, visible sur Openschoolskenya.org, répertorie les 339 écoles, 2.183 professeurs et 54.588 élèves du lieu. « Une façon de rendre visible ce réseau éducatif massif et informel », note Erika Hagen qui vient de consacrer une année à cette dernière réalisation. Parallèlement, cette entrepreneur et son compagnon ont créé une structure Groundtruth.in et inventé une activité à part entière : le conseil en mapping social. Ils sont depuis sollicités de la bande de Gaza au Caire en passant par Dar es Salaam, capitale de la Tanzanie. Le concept essaime. Dernière demande en date ? « Une intervention en Indonésie et au Bangladesh », répond Erica Hagen.

Lemondeafrique

Il s’est imposé comme l’un des hommes de confiance d’Ibrahim Boubacar Keïta. Ministre des Affaires étrangères depuis avril 2014, Abdoulaye Diop, 50 ans, a été maintenu à son poste stratégique après l’éviction de Moussa Mara de la primature, en janvier 2015. Ce poids lourd du gouvernement malien a été l’un des artisans de la signature de l’accord de paix d’Alger, approuvé en juin 2015 par les groupes rebelles du nord du Mali.

Durant les longs mois qu’ont duré les négociations, cet ancien ambassadeur aux États-Unis (de 2003 à 2009) a multiplié les voyages et les rencontres avec les différents protagonistes de la crise malienne pour faire entendre la voix de Bamako. Après ce premier succès – qui doit désormais être concrétisé sur le terrain –, ce diplomate longiligne au contact facile devrait s’attaquer en 2016 à un autre chantier important : l’organisation du prochain sommet Afrique-France prévu en janvier 2017 à Bamako. Avant sa nomination au Ministère des Affaires Étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération international, Abdoulaye Diop a également occupé plusieurs postes au Mali et à l’international. Il a été successivement coordonnateur de la Cellule d’appui à l’Ordonnateur national du Fonds européen de développement (ACP-EU), à la Direction de la Coopération internationale du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de 1992 à 1998, puis conseiller à l’Ambassade du Mali auprès de la Belgique et de l’Union européenne de 1998 à 1999.

Abdoulaye Diop a également été conseiller du Ministre des Affaires étrangères du Mali et de la Coopération internationale, Chargé des questions politiques et diplomatiques de 1999 à 2000 avant d’être nommé conseiller diplomatique des présidents Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré entre 2001 et 2003. En 2003, Abdoulaye Diop occupe le poste d’ambassadeur du Mali aux États-Unis avec une juridiction qui couvre le Brésil, le Chili, le Mexique, le Pérou et l’Uruguay. Un poste qu’il qui quittera en 2009 pour une carrière de fonctionnaire international. Abdoulaye Diop s’est démarqué par son leadership en diplomatie à travers la mise en œuvre d’un plan stratégique pour l’Ambassade du Mali aux États-Unis et une gestion proactive des relations bilatérales et multilatérales entre le Mali et les États-Unis, l’Amérique latine et les institutions Bretton Woods.

Particulièrement intéressé par les questions économiques, et plus particulièrement le développement agricole, Abdoulaye Diop a joué un rôle actif dans la signature du contrat entre le Mali et le Millenium Challenge Corporation (MCC), d’un montant total d’environ 461 millions de dollars destinées à booster la productivité agricole et développer l’accès aux marchés régionaux et internationaux. Dans le même registre, il a initié un plaidoyer actif pour élever l’agriculture, le développement rural et la sécurité alimentaire en tant que haute priorité sur l’agenda de l’aide au développement à Washington D.C.

Par Marame Coumba SECK

Une Allemande à tout prix !

24 Mar 2017
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Excédée de voir son mari passer son temps à faire le ménage à la maison, une Allemande a demandé le divorce après 15 ans de mariage. Selon les médias, l’épouse a pris sa décision lorsque son mari, obsédé de la propreté et du rangement, a détruit une cloison qui était sale, avant de la remonter. Une nouvelle à coller sur de grosses pancartes pour une manif du tonnerre dont le thème général pourrait tout aussi s’inscrire en lettres rouges sur de larges affiches : « Revenez-nous ! ».

Nombre de maris sénégalais se désolent, après une longue journée de dur labeur, de retrouver à la maison des compagnes en froid avec la douceur légendaire des Sénégalaises, dont le moindre acte est une revendication. Les maisons sont devenues des terrains de manifestations quotidiennes. Griefs scotchés au front, les femmes ont troqué le fameux « mokk potch » contre de bruyantes récriminations. Plus de présence, qu’elles exigent. Plus de générosité (il faut donner plus de sous avec un sourire grand comme un chemin de fer à grand écartement), plus d’engagement dans le ménage, plus de cœur – eh oui ! faut faire le ménage de temps à autre pour aider -, plus de… Avis aux maris ulcérés : cherchez une Allemande.

Par Sidy DIOP

En Afrique, le prix élevé des médicaments décourage souvent les malades qui se tournent vers des produits vendus dans la rue, à leurs risques et périls. Grâce au service M-Pedigree, l’envoi gratuit d’un Sms suffit pour authentifier l’origine d’un remède.

M-Pedigree est une idée toute simple mais qui répond à un problème sanitaire central en Afrique : la consommation massive de faux médicaments. Le prix élevé des produits pharmaceutiques décourage la majorité des Africains qui se tournent vers des vendeurs de rue, à leurs risques et périls. Grâce au service M-Pedigree, toute personne désireuse de vérifier l’authenticité d’un remède peut le faire en quelques secondes avec son seul téléphone portable.

Il lui suffit de saisir la boîte qu’il veut acheter, de gratter une zone de l’emballage afin de révéler un code ad hoc puis de l’envoyer gratuitement par Sms. Cette personne reçoit alors par le même canal une réponse instantanée : « Ok » ou « No », signifiant que le produit identifié est propre ou impropre à la consommation. Derrière cette apparente fluidité, une plate-forme technologique dénommée Goldkeys.org qui relie des acteurs extrêmement divers, des fabricants de médicaments aux organismes de réglementation nationaux en passant par des réseaux de distributeurs officiels.

Testé de façon pilote au Ghana en 2007, ce service a séduit de nombreux services publics et s’est étendu depuis « à une douzaine de pays d’Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient et Afrique du Nord et maintenant en Asie », explique Eugène Boadu, responsable marketing. Le système est particulièrement utilisé au Nigeria, au Kenya et au Rwanda, les trois pays dans lesquels la société a signé des agréments formels avec des instances gouvernementales. L’entreprise s’est déployée jusqu’en Inde où elle a installé son centre logistique.

Près de 100.000 décès par an
Le continent africain est particulièrement gangrené par le fléau de la contrefaçon : la dernière opération d’envergure de l’organisation mondiale des douanes menée dans 14 pays africains a permis l’interception, en juin 2014, de 113 millions de faux antalgiques, anti-inflammatoires, antibiotiques et anticancéreux provenant de Chine et d’Inde.

L’Oms estime que dans certains pays du continent, jusqu’à 30 % des médicaments vendus sont concernés et le chiffre de 100.000 décès par an est avancé. Même s’il est difficile de quantifier avec précision l’impact de ce système numérique, « on peut estimer que sur les deux dernières années, des dizaines de millions de vies ont été en relation avec ce dispositif de vérification », avance Eugène Boadu.

Rien qu’en 2014, les codes de 100 millions de paquets de médicaments ont transité par la plate-forme Goldkeys pour demande d’authentification. « Ce chiffre est déjà important, mais il devrait prendre une tout autre ampleur alors que nous avons récemment signé des contrats avec de très grands groupes pharmaceutiques », précise Eugène Boadu. Parmi les sociétés industrielles parties prenantes se trouvent, entre autres, le britannico-suédois AstraZeneca, le chinois Guilin, le franco-allemand Sanofi-Aventis et l’autrichien Richter.

Gérer au mieux son rythme de croissance afin de pouvoir vérifier « plus de médicaments, pour plus de patients et dans plus de pays » est désormais l’objectif affiché de cette jeune entreprise. « Travailler dans différents pays avec des communautés aussi diverses que des associations de pharmaciens, des organismes de réglementation gouvernementaux, des représentants de l’industrie pharmaceutique et des associations de patients n’est pas si simple, reconnaît Eugène Boadu. Il faudrait mettre en place des plates-formes technologiques synchronisées entre elles. » L’entreprise aimerait ainsi que des organisations sanitaires mondiales, telles que l’Oms, participent à cette initiative. « Mais jusqu’à présent, ces types d’acteurs ont choisi d’observer notre action depuis le banc de touche », déplore-t-il. Profitant de l’efficacité de son savoir-faire, M-Pedigree explore parallèlement de nouveaux territoires et a étendu son système de vérification instantanée à une douzaine d’autres catégories de produits : du textile aux composants automobiles en passant par la boisson et les soins vétérinaires. A chaque fois, ce sont les entreprises partenaires, soucieuses de garder leur réputation intacte, qui financent ce service gratuit pour le consommateur final.

Lemondeafrique

4 façons de mieux digérer

24 Mar 2017
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Ventre gonflé, gaz, inconfort digestif... Ces manifestations bien désagréables peuvent être soulagées par des remèdes naturels. Les solutions de Françoise Couic Marinier, pharmacienne diplômée en phytothérapie et aromathérapie et de Thierry Morfin, naturopathe.

Les probiotiques
Ces micro-organismes vivants, absorbés en quantité suffisante, ont des effets bénéfiques sur la digestion. On utilise le plus souvent des bactéries produisant de l’acide lactique, comme Lactobacillus rham nosus, Lactobacillus acidophilus ou Bifidobacterium breve. En colonisant l’intestin, les probiotiques absorbent les déchets provoquant des fermentations, ce qui permet aussi de maintenir l’équilibre acido-basique de l’organisme. À prendre en cure sous forme de gélules, en respectant la posologie du fabricant. (Physionorm Daily (combinaison de 8 souches de probiotiques), ImmuBio, 23 € les 30 gélules. À raison de 1 gélule par jour). Ajouter une poignée d’algues (kombu) dans l’eau de cuisson des légumes secs ou des céréales complètes.

L’huile essentielle de basilic exotique
Elle stimule le système digestif et combat les fermentations intestinales. Antispasmodique, cette huile essentielle a également une action carminative, c’est-à-dire qu’elle réduit les gaz, donc les ballonnements.

Après le repas, prendre 1 ou 2 gouttes d’HE (huile essentielle) de basilic exotique avec 1 cuillerée d’huile d’olive, de purée d’amande ou de miel ou un support neutre. Pour aromatiser ses plats, verser 6 gouttes d’HE de basilic avec 100 ml d’huile d’olive.

Ne pas confondre le basilic exotique (tropi cal) avec le basilic sacré ou le basilic français. (Roll’on relaxation, Phytosun arôms, 7,45 € les 5 ml ; Massage maux de ventre aux 15 huiles essentielles, Puressentiel, 13 € les 50 ml ; Capsules Ressource aux huiles essentielles, Le Comptoir Aroma, 9 € les 30 gélules).

• Pour lutter contre le stress, qui empêche de bien digérer : diffuser 15 gouttes d’HE de lavande officinale ou de petit grain bigarade (au choix) 2 fois par jour, dans les pièces à vivre pendant 15 minutes.

• En cas d’anxiété, se délasser dans un bain aromatique, le soir avant de se coucher : diluer 10 gouttes d’HE de lavande officinale dans un bouchon de produit de bain.
La tisane de graines de fenouil

Grâce leur concentration en huile essentielle riche en anéthol, les graines de fenouil calment les spasmes et apaisent les douleurs abdominales . Assainissant, le fenouil limite la formation
Compter 10 à 15 g de graines de fenouil (1 cuillerée à café bien pleine) pour une tasse d’eau bouillante. À boire en fin de repas.

Ou faire préparer par le pharmacien des gélules à base de 150 mg de fenouil (poudre totale) et 150 mg de menthe poivrée (poudre totale). Prendre 1 gélule à midi et au dîner, en cure de 1 mois. À renouveler si nécessaire.

Contre-indications : déconseillé pendant la grossesse et chez les femmes ayant eu un cancer hormonodépendant (sein, ovaires).
• Consommer le fenouil en légume, cru ou cuit, de préférence en début de repas.

• Supprimer les aliments pouvant favoriser la fermentation : sucre, féculents, crudités, légumes secs (haricots), petits pois, oignons, choux... Idem avec ceux qui produisent des gaz : carottes, abricots, bananes...

• Fruits et desserts sucrés se consomment plutôt dans la matinée ou l’après-midi.

• Oublier les chewing-gums, ainsi que les sodas et autres boissons gazeuses.

• Manger dans le calme en mastiquant longuement et lentement : la digestion débute dans la bouche grâce aux enzymes de la salive.

• Éviter les grignotages dans la journée, qui entraînent une déglutition permanente d’air. Et limiter aussi les portions...

Les bourgeons de figuier
Ce sont de grands régulateurs du système digestif. Relaxants, ils réduisent le stress, souvent en cause dans les ballonnements .
Prendre 10 gouttes d’extrait de bourgeons le matin et 10 gouttes le soir pendant 21 jours. On peut refaire une seconde cure si nécessaire avec une semaine d’arrêt. (Extrait de bourgeon figuier bio, Vitaflor, 11,90 € les 15 ml en pharmacie ; Herbalgem figuier, 11,50 € les 15 ml en boutique bio).

Faire une promenade digestive après les repas chaque fois que c’est possible. Et boire de l’eau de source dans la journée.

Source : topsanté

Loza Maléombho est la nouvelle étoile montante du stylisme africain. La jeune femme a vu son nom propulser sur la scène internationale lors de la diffusion du clip « Formation » de la chanteuse américaine Beyoncé. 25 millions. C’est le nombre de vues qu’a totalisé le clip « Formation » de la chanteuse Beyoncé dévoilé le 6 février. C’est là, dans le décor et le cadre très ethniques de ce clip, qu’une des créations de Loza Maléombho, styliste ivoirienne, est venue se glisser alors qu’on ne l’y attendait pas. À 3 minutes 24 secondes de la vidéo, le personnage à gauche de la chanteuse porte une création de la collection « Zaouli » Printemps/été 2016 de Loza. Alors qu’elle ne s’y attendait pas du tout, une des nombreuses stylistes de la chanteuse la contacte et lui demande de fournir deux prototypes pour le prochain clip de Beyoncé. « Beaucoup de créateurs sont sollicités par Beyoncé pour ses vidéos, donc d’expérience je sais que cela ne signifie pas forcément que l’on sera retenu », avance-t-elle. Alors depuis que le clip est diffusé, Loza avoue l’avoir regardé plusieurs fois d’affilée. Pour la modéliste, créer est un engagement, une prise de position claire contre le racisme qui prévaut aux États-Unis notamment. Ayant grandi entre les États-unis et la Côte d’ivoire, son art est influencé par les deux cultures.

Collaboration avec Solange Knowles
Loza semble avoir conquis toute la famille Knowles car déjà en février 2015, la jeune femme de 30 ans avait fait parler d’elle lorsque la sœur de Beyoncé l’a mise en avant dans la série « Black Designer Spotlight » sur Saint Heron, une compilation de 11 artistes indépendants qui se veut un espace d’expression d’art et de musique, produit par le label de Solange Knowles. La styliste est aussi connue pour son répertoire d’auto-portraits sur Instagram appelé « Alien Edits » où elle pose, la tête parée d’objets et d’animaux de tous genres. Cette série à succès lui vaut d’ailleurs d’être suivie par des milliers de fans sur les réseaux sociaux.

Customisation de vêtements
Même si elle n’envisageait pas d’en faire un métier, Loza dessinait ses uniformes scolaires et quelques robes de sa mère dès son plus jeune âge. Titulaire d’un diplôme en infographie et animation à l’université des beaux-arts de Philadelphie, c’est à la fin de son parcours universitaire que l’intérêt pour la mode s’impose, plus fort que jamais. Elle entreprend alors de réaliser des stages qui conforteront ses connaissances et son goût pour le domaine artistique. La jeune femme souhaite, à travers ses créations, exprimer son identité construite entre l’Amérique et l’Afrique, et sa fierté d’être « Black ».

Projets futurs
La jeune styliste ne compte pas s’arrêter là. Loza Maléombho voudrait sortir de sa zone de confort et se frotter à de nouveaux défis. Elle aimerait s’aventurer dans la création de lignes de vêtements pour homme, enfants et dans la décoration, particulièrement dans l’habillage de meubles. « Il me faut aussi miser davantage sur le développement durable et l’autonomie de la femme, deux éléments qui constituent la philosophie même de ma marque », avance-t-elle, bien déterminée à apporter sa touche dans l’univers africain du design et de la mode.
Par Oumar BA

Après plusieurs semaines de morosité liée à la crise postélectorale en Gambie, la ville de Farafenni déborde à nouveau d’activités. Et le marché central, poumon économique de cette ville, est l’un des meilleurs baromètres pour apprécier cette reprise effective. Les commerçants sénégalais qui avaient le moral dans les chaussettes depuis quelques semaines ont repris leur business et affichent le sourire. Ce nouveau climat de paix favorise leurs affaires et ils espèrent que la fin du règne de Jammeh annonce des lendemains enchanteurs.

Une fois la frontière franchie à partir de Keur Ayib, dans le département de Nioro, Keur Ali, un minuscule village complètement dépourvu se découvre. Pour regagner Farafenni, la première grande ville de l’Etat gambien, distante de 5 km et situé à 7 km du fleuve Gambie, il faut impérativement passer par là. Le trajet, selon les moyens, se fait à pied, à moto, en charrette ou en voiture. Le décor est tout autre. Des maisons en dur se succèdent. Avec la complicité du soleil assassin, leurs tôles en zinc luisent et, de leurs éclats, martyrisent les yeux mal protégés. A intervalles réguliers, des stations-services qui ont cessé toute activité sont squattées par des chèvres et autres volailles. Ça et là pullulent des garages de mécaniciens avec de vieilles guimbardes d’une autre époque exposées comme des objets d’art hors de prix. De part et d’autres de la route, des piétons vaquent à leurs occupations. Des vrombissements de véhicules de tout genre et de motos polluent l’atmosphère.

Au bout de cinq kilomètres, Farafenni se dévoile dans toute sa splendeur. Il faut d’abord passer les formalités d’usage au poste à l’Immigration passport control et au Farafenni custom office pour espérer fouler le sol de cette ville carrefour. Sur les lieux, un policier fagoté comme un charmeur de serpent nous demande notre destination, l’objet de notre visite et notre laissez-passer. Ni plus. Puis, il nous autorise à passer. Depuis la chute de Yaya Jammeh nous dit-on, les tracasseries ont diminué au niveau de la frontière gambienne. Même si du côté des transporteurs on affirme le contraire.

Dans cette ville, la circulation est très dense. Normal puisque c’est un passage obligé pour aller en Casamance et d’autres localités de la Gambie. Des bus, camions, taxi brousses qui ont fini de traverser la frontière foncent directement vers le quai de Bamba Tenda où ils devront embarquer dans le ferry pour rejoindre la ville de Soma, sur la rive opposée. Mais avant le village de Bereto, un autre contrôle s’impose à la 2nd Infantry Battalion.

Reprise des activités …
Finie la terreur silencieuse instaurée en Gambie, Farafenni a retrouvé sa quiétude d’antan. Dans cette ville-carrefour gambienne où les Sénégalais sont légion et s’activent dans le commerce et plusieurs autres domaines, la vie a repris son cours normal. Les populations se sont remises au travail. Ce nouveau climat de paix a favorisé la reprise des affaires. Il suffit, pour s’en convaincre, de sillonner la July 22nd Highway ou encore la Seyfo Mama Tamba Jammeh Highway. Banques, magasins, pharmacies, supermarchés, boulangeries, restaurants, stations d’essence, compagnie d’assurance et autres ont repris service.

Au marché central de Farafenni, poumon économique de cette ville frontalière, l’ambiance d’antan est au rendez-vous. Les commerçants qui avaient déserté leurs cantines ont repris leur business qui tourne aujourd’hui à plein régime ; ce qui était inimaginable quelques semaines plus tôt, quand Yaya Jammeh s’agrippait encore au pouvoir. A Farafenni, le commerce est l’activité vedette de la communauté sénégalaise établie dans cette partie de la Gambie. Le marché central est animé par des commerçants sénégalais venus de villes et villages environnants pour gagner dignement leur vie de ce côté de la frontière. Il suffit de poser les pieds au Farafenni market pour s’en rendre compte. On se croirait dans un des plus grands marchés sénégalais. Pas de marchands ambulants ni de meute de talibés qui assaillent les piétons, mais les dialectes utilisés laissent croire qu’on se trouve en terre sénégalaise. « Tout le monde sait que l’anglais est la langue officielle gambienne, mais l’usage du wolof, du peul, du sérère et du mandingue est très courante », explique Mamadou Sakho qui a presque fait ses humanités en Gambie. Selon lui, Farafenni, c’est presque un Sénégal en miniature. « On y retrouve une forte colonie de Sénégalais. C’est aussi le cas des beaucoup de villes gambiennes. Que ce soit à Banjul, Kerewan, Soma, Bansan, Birkama, Basse, Serekunda ou encore à Barra. Cela vient confirmer que les deux pays constituent un même peuple. Nous avons les mêmes ethnies, les mêmes coutumes, avec des pratiques sociales identiques », ajoute-t-il sur un fort accent gambien.

Fraternité
FarafenniTout se concentre dans ce marché : vendeurs de tissus, de vaisselles, de matériels électroniques, de poisson, de viande, de légumes, de fripes, sans compter les parfumeries, cosmétiques, les merceries, les bijouteries et autres tailleurs et vendeurs de prêt à porter. Et plusieurs échoppes sont tenues par des Sénégalais qu’on arrive difficilement à distinguer des Gambiens. Ici, le Dalasi, devise gambienne, et le Franc Cfa circulent sans difficulté et on peut régler ses achats avec les deux monnaies.

Dans cet espace où cohabitent Gambiens et Sénégalais, la fraternité et la solidarité sont une réalité, même si, de temps à autres, des policiers effectuent des rondes, rappellent à l’ordre certains récalcitrants, réprimandent. Après de longues semaines vécues dans l’inquiétude, Farafenni et son marché ont retrouvé l’ambiance des grands jours. Et pourtant, la crise post-électorale avait poussé beaucoup de commerçants sénégalais à prendre le chemin du retour au bercail en attendant que l’horizon s’éclaircisse. L’ambiance était à cette époque malsaine et la sécurité n’était pas garantie. La meilleure solution était, pour ces Sénégalais, de rentrer au pays en attendant que les choses se normalisent. « Avec cette situation, nos activités ont connu un brusque coup d’arrêt. On a broyé du noir pendant quelques semaines parce qu’il y avait une psychose qui régnait et on a jugé plus sage de fermer boutique, car Yaya Jammeh et son régime étaient capables du pire », informe Mamadou Lam, un commerçant.

Aujourd’hui, cette crise se conjugue au passé. La Gambie a ouvert un nouveau chapitre de son histoire et le discours du Barrow qui a plaidé le renforcement des relations entre les deux pays pour garantir une paix durable a rallumé l’espoir chez ces Sénégalais qui travaillent à la sueur de leur front pour subvenir aux besoins de leurs familles restées au pays. Farafenni a retrouvé son dynamisme économique et affiche le sourire. Un sourire retrouvé aussi par les commerçants sénégalais dont certains sont sur place depuis plus de deux décennies. « Les choses sont revenues à la normale depuis que Jammeh est parti. La reprise est certes timide, mais on espère qu’elle sera totale dans les semaines à venir. On espère aussi que le nouveau président fera tout pour que les relations entre nos deux pays soient beaucoup plus fluides » indique-t-il.

A Farafenni, nombreux sont ces Sénégalais qui se sont installés avec leurs familles. Définitivement pour certains d’entre eux qui considèrent la Gambie comme une seconde patrie. « Quand on travaille dans un pays et qu’on a des enfants qui y sont nés, on peut bien se réclamer de ce pays », argumente Amadou Bâ qui vit à Farafenni depuis plus de deux décennies. Vendeur de tissus, il a vécu avec amertume la crise électorale gambienne qui a menacé leur activité. « Malgré la frontière qui sépare le Sénégal de la Gambie, les populations sont les mêmes puisqu’elles sont unies par les mêmes liens socioculturels et religieux. Nous nous exprimons dans les mêmes dialectes. L’usage du wolof, du peul, du sérère et du mandingue est presque banal. C’est extraordinaire », explique-t-il. « Je suis moitié Sénégalais et moitié Gambien. J’ai des enfants qui sont nés au Sénégal et d’autres ici. J’ai même une épouse gambienne, donc je n’ai pas de problème d’intégration puisque mes voisins gambiens me considèrent comme un des leurs », ajoute-t-il. Ses garçons ont épousé des Gambiennes et une de ses filles a convolé avec un Gambien. Amadou Bâ n’est pas le seul dans cette situation qui est assez fréquente. Mamadou Lam a lui aussi vécu 27 ans dans cette ville. Vendeur de tissus au marché central de Farafenni, il n’est retourné que très rarement dans son Pété natal.

Farafenni, terre d’intégration…
Farafenni town« La majorité de mes enfants sont nés à Farafenni et ne sont jamais allés au Sénégal. Deux d’entre eux sont enseignants. Avec le poids de l’âge, je ne me déplace plus ». Selon lui, les Sénégalais s’intègrent facilement en Gambie, même si des fois ils ne sont pas épargnés des tracasseries. Originaire de Thiès et spécialisée dans la vente de vaisselle, Astou Mané, elle, a préféré loger à Keur Ayib qu’elle quitte tous les matins pour se rendre à son lieu de travail. « Je connais bien Farafenni pour y avoir vécu pendant trois années. Mais comme j’ai un magasin à Keur Ayib, j’ai préféré loger là-bas ». Selon elle, l’intégration des Sénégalais en Gambie est facilitée par liens qui unissent les deux peuples. « Nous ne sommes pas inquiétés ici, nous faisons notre travail en respectant le règlement, en nous acquittant aussi des taxes. C’est plus simple que cela. Je crois que quand on vit dans un pays et qu’on respecte ses lois et règlements, on peut vivre sans crainte », assure-t-elle.

Modou Ndiaye qui tient une parfumerie a connu une lente intégration. Après une tentative d’émigration avortée vers l’Espagne via la mer, le bonhomme a déposé ses baluchons en Gambie en attendant que la chance lui sourie à nouveau. « Quand on n’est pas chez soi, c’est normal que l’intégration soit difficile au début. Il fallait donc se plier aux règles du pays, ce que j’ai fait et à la longue je me suis habitué.

Depuis qu’il est arrivé, le jeune homme n’a pas connu de problème. « Ici, c’est presque le Sénégal, il n’y a pas de barrière linguistique et la fraternité se vit au quotidien avec nos parents gambiens ». Aujourd’hui, il est appuyé par son jeune frère, Moussa, qui était marchand ambulant à Dakar. « A deux, on se sent beaucoup plus en sécurité, même si jusque-là, on n’a connu la moindre embrouille », soutient-il. Comme nombre de ses compatriotes, Moussa avait fermé sa boutique avec la psychose installée par le refus de Jammeh de quitter le pouvoir. « Avec mon frère, on a loué une chambre à Keur Ayib en attendant que les choses se calment ». Mais avec le départ de Jammeh, ils sont revenus. « Depuis que nous sommes revenus, tout va bien. Les tracasseries ont diminué et on espère des lendemains meilleurs avec le nouveau président élu », assure-t-il.

Même les cireurs qui, pour la plupart, viennent du Fouta ne pensent pas à un retour au Sénégal. « A quoi bon rentrer quand on vit dans un pays et y gagne très bien sa vie sans être inquiété », indique Amadou Thiam.

Par Samba Oumar FALL et El Hadji Ibrahima THIAM (textes)
et Habib DIOUM (photos)

Last modified on vendredi, 24 mars 2017 15:41

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