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Soleil Grand Air (572)

Les exploitations familiales n’ont pas de beaux jours devant elles. Des villas poussent comme des champignons dans les champs. Les dernières réserves foncières du département de Mbour sont au centre de toutes les spéculations. La commune éponyme s’est agrandie sur l’espace de l’ancienne communauté rurale de Malicounda. L’urbanisation de cette zone va aussi empiéter sur une bonne partie des terres agricoles.

Bien avant le croisement Saly en venant de Dakar, sur le côté gauche, des maisons poussent comme des champignons au milieu des arbustes à dominante de combretun glutinosum (nguer).

Des chantiers sont édifiés sur des champs. Au bord de la route de Mbour, avant le rond-point Saly, il est inscrit sur une plaque : « Bienvenue à Malicounda ». Cette partie de Mbour a accueilli des milliers de personnes. Comme l’annonce de la découverte d’une mine d’or, les réserves foncières de Malicounda aiguisent tous les appétits. « Il n’y a plus de terre dans le département de Mbour. Nous avons les dernières réserves foncières. Les gens viennent de partout, y compris de Dakar, de Kaolack, de la Casamance pour acheter des parcelles à usage d’habitation », témoigne Thiéoulé Cissokho, ancien Président du conseil rural. La construction de l’Aéroport international Blaise Diagne a déclenché la ruée vers Malicounda. « Auparavant, c’étaient les inondations. Aujourd’hui, c’est la construction de l’Aéroport international Blaise Diagne qui fait de Malicounda une zone plus que stratégique », fait savoir M. Cissokho.

A l’entrée de Malicounda Bambara, au centre, comme à la sortie, des ouvriers s’affairent autour des maisons en construction qui sortent de terre à côté de celles déjà habitées. Tout près de la mosquée, une dizaine de maçons posent des structures de coulage. « Les étrangers sont plus nombreux que les autochtones. Les inondations à Dakar, à Kaloack, l’épuisement des réserves foncières ont entraîné une course vers l’acquisition de terrains », indique Thiaoulé Cissokho.

L’agriculture familiale en sursis
MalicoundaMalicounda, fondée en 1902 par Baba Houma, Samba Ba et Barka Traoré, avait une vocation agricole. Cette activité est en sursis. L’agriculture familiale n’a pas de beaux jours dans cette localité. Le jardin d’Alioune Sankaré, avec ses pieds de manioc, des citronniers, des bananiers éparpillés tout autour des puits et des bassins, est l’une des rares parcelles réservées où se pratique encore l’agriculture. Son jardin est quadrillé par des grilles. Cette exploitation apparaît comme un rempart contre le bradage des terres. « J’ai résisté à toutes les propositions de morcellement de mes terres. Je vis de l’agriculture depuis des années. Cette zone est connue pour ses productions agricoles. L’agriculture familiale est en train de mourir », regrette A. Sankaré.

Ces zones d’exploitations agricoles seront de nouveaux quartiers. Assis à même le sol, Mbaye Camara résiste aux enveloppes financières proposées par des acquéreurs et des intermédiaires.

L’agriculture est, pour lui, l’activité génératrice de revenus. « A ce rythme, nos descendants risqueront de ne pas avoir de terres chez eux. Je ne peux pas vous dire combien de personnes sont venues me proposer de morceler mes champs en contrepartie de millions de FCfa. J’ai refusé. Mais, je ne sais pas jusqu’à quand je vais résister », s’interroge M. Camara.

Spéculation
Le morcellement des champs résulte de la baisse de la production agricole. L’agriculture ne nourrit pas son homme, d’après un jeune croisé dans le jardin d’Alioune Sankaré. « Ici, nous vendons nos terres parce que nous ne parvenons pas à avoir une bonne production. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous vendons nos terres », explique-t-il.

Cet avis est loin d’être partagé par A. Sankaré. Ce dernier fait porter le chapeau aux autorités qui n’ont pas soutenu l’agriculture depuis l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. « Il n’y a pas une vraie politique pour soutenir les paysans. Des indépendances à nos jours, il n’y a jamais eu une volonté affirmée d’aider les paysans. Or, nous ne pouvons pas nous développer sans l’agriculture », souligne-t-il. Les terres cultivables s’amenuisent comme une peau de chagrin.

L’horizon de l’épuisement des réserves foncières n’est pas loin. Le jour de notre passage, en plus des citoyens à la recherche de pièces d’état-civil, d’autres sont venus tirer au clair les dossiers d’attribution des parcelles.

Le premier adjoint au maire, Bakary Faye, a constaté une prise de conscience de la marche irréversible vers la réduction des parcelles à usage d’habitation. « Je suis l’un des premiers à avoir construit un bâtiment moderne et cela a fait tache d’huile.

D’autres fils de Malicounda ont construit ou sont en train de construire », affirme le premier secrétaire administratif de la mairie. Ce sera la fin de la culture de ces terres par les autochtones au grand dam des conservateurs comme le premier président du conseil rural, mais non comme Bakary Faye pour qui, s’opposer au progrès, c’est vouloir arrêter la mer avec ses bras. « De nos jours, on ne danse plus le kotéba durant l’hivernage. Nous savons danser le kotéba mais pas nos enfants. Ce qui nous reste, ce sont les rites des mariages qui sont respectés », se désole Thiéoulé Cissokho.

Contrairement aux années passées, la pratique de l’excision n’est plus de saison à Malicounda Bambara après des années de sensibilisation et de persuasion.

Par Oumar Ba et Idrissa SANE (Textes)
et Assane SOW ( Photos)

Le sabre de l’argent

09 Avr 2018
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Une histoire. Dans un village du Sénégal, un père de famille jaloux et ronchon comme pas deux, misait beaucoup sur sa fille pour lisser les rugosités de son époque. Une fille d’une beauté rare qui nourrit les fantasmes les plus fous dans son entourage. Surveillée comme du lait sur le feu, elle finit cependant par tomber dans les filets d’un richissime commerçant. Et ce qui devait arriver… arriva. La belle tomba enceinte des œuvres subreptices d’un grand négociant du village. Le père en rogne jura d’avoir la peau de ce malotru qui a osé lui voler ses rêves. Sabre tranchant bien en évidence, le père passa au peigne fin le village pour débusquer le bourreau de sa fille.

Informé des intentions du papa de sa belle, le commerçant usa de tout son tact pour remettre la goupille dans la grenade. Il alla le trouver pour lui tenir ce langage :
Mon père, je sais que j’ai fauté en engrossant ta fille. Ce n’était guère mon intention, mais Dieu l’a voulu ainsi. Je prends l’engagement ici, devant tout le village, de l’épouser dès qu’elle aura accouché. Je t’enverrai à La Mecque, je t’offrirai une maison, une voiture et beaucoup d’argent. La seule condition que je pose, c’est que tu prennes bien soin d’elle pour qu’elle n’avorte pas. Si elle perd l’enfant qu’elle porte, ma proposition ne tient plus.

Le père écarquilla les yeux et visionna la belle vie qui s’annonçait pour lui. Il se racla la gorge et, d’une voix décidée lança au commerçant :
Mon fils, rassure toi, même si elle avorte, tu l’engrosseras à nouveau.

Par Sidy DIOP

Pour arbitrer le match entre Déesse Major et Guigui, il faut avoir le cœur bien accroché et les sens complètement anesthésiés. Sinon, gare aux palpitations !

De son vrai nom Ramatoulaye Diallo, Déesse Major évolue dans la musique, plus particulièrement dans le hip-hop. Etant l’une des rares filles à avoir opté pour le rap, elle entretient de bonnes relations avec ses paires. Son style, très osé, lui a facilité une place dans le milieu des sonorités. C’est d’ailleurs sa marque de reconnaissance. A travers ses vidéos clips et apparitions sur scène, on croirait avoir à faire à une jeune fille sadique et mal éduquée et la côtoyer peut faire basculer cette idée car cet artiste est une femme très pieuse. Elle a vécu une enfance bien mouvementée.

De femme de ménage à chanteuse en passant par commerçante, son parcours renferme des souvenirs pas très roses. En septembre 2014, Déesse Major participe à un concert avec d'autres artistes. Sur scène, elle se produit dans une tenue sexy, jugée « indécente » par le Comité pour la défense des valeurs morales au Sénégal. Celui-ci, composé d'une dizaine d'associations religieuses et de la société civile, décide alors de porter plainte pour attentat à la pudeur et atteinte aux bonnes mœurs. La chanteuse présente ses excuses et le dossier est finalement enterré.

Rebelote en juin 2016. La même organisation décide de réactiver sa plainte, suite à la publication, par Déesse Major, sur l'application Snapchat, d'une vidéo où elle apparaît en minishort et décolleté plongeant. La vidéo est ensuite diffusée sur les réseaux sociaux et médias en ligne. Elle est alors arrêtée pour « attentat à la pudeur et atteinte aux bonnes mœurs » et placée en garde à vue. Après le tumulte, l’artiste aux tenues plus courtes que courtes répond à ses détracteurs en lançant un single du tonnerre : JPLT (J’ai pas le temps pour les bla-bla. Une manière de dire à ses détracteurs : « plus vous critiquez, plus je vous en mets plein les yeux ».

L’autre Ramatoulaye se fait appeler Guigui. Ramatoulaye Clémentine Sarr qui s’est frayé un chemin dans le landerneau de la musique sénégalaise, fait partie des artistes qui font couler beaucoup d’encre et de salive. Avec un physique qui détonne, elle ne passe pas inaperçue et attire dans sa cour des hommes de statuts divers. Quand la presse people se veut catégorique à son sujet en laissant entendre que « c’est une croqueuse de ministres », elle répond avec un art consommé de la répartie : « je suis belle, attachante et attirante ; je possède tout ce que les hommes recherchent chez une femme ». Avant d’avouer être très courtisée par les hommes.

On aura remarqué que pour parler de Guigui et de Déesse Major, on se réfère très peu à leurs carrières musicales respectives. Peut-être parce que la belle plastique n’est pas forcément synonyme de talent artistique.

Qui sait ?

S. D.

Pape Mouhamed Camara est l’incarnation d’un dandy moderne qui cultive le bien-être. Economiste mathématicien de formation, c’est pourtant dans l’interprétation qu’il se fait le plus remarqué auprès de l’ancien Président de la République du Sénégal, Me Abdoulaye Wade.

Qui disait l’âge c’est dans la tête ? Pape Mouhamed Camara tient bien dans ses 70 piges. Il affiche une forme peu commune pour son âge. On lui donne nettement moins. Lui attribue, sa bonne mine «à des années de pratique assidue de différents arts martiaux». Un look bien entretenu, une démarche certes lente, mais méticuleuse. Une voix pondérée, pleine de sagesse reçoit, pour immédiatement mettre à l’aise le visiteur. Un étrange mélange de rigueur zen et de tchatche espiègle se dégage du comportement de ce monsieur qui susurrait dans l’oreille du Président de la République, Abdoulaye Wade. Il faisait alors à la fois office de ministre conseiller et interprète. C’est dans un bureau décoré avec retenue qu’il nous reçoit en cette fin de matinée. L’homme maîtrise plusieurs langues : français, anglais, espagnol, chinois, russe, arabe, portugais, japonais, amharique, bulgare… Aujourd’hui, il est le coordonnateur d’un programme de PhD au centre diplomatique situé sur la route de Ouakam, une antenne du centre diplomatique de Paris.

Ce neveu d’Ousmane Diagne, (un ancien magistrat), issu d’une famille d’enseignants, a très tôt pris goût à la quête des connaissances. Il aimait à pousser les limites en allant au-delà des cours qui sont restitués à l’école. Cette curiosité l’amène à flirter d’avec toutes les langues, à sa portée. Cette donne lui confère aujourd’hui la capacité d’en manier plusieurs à la fois. Il effectue son cursus élémentaire et secondaire au Sénégal. Puis, se rend en Guinée ; accompagné de sa maman et y boucle le cycle secondaire. Baccalauréat en poche, il revient à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), pour les études supérieures. Il est orienté à la Faculté des Sciences Economiques et Juridiques. Il se spécialise en économie privée et en management option mathématiques. Dans le corps professoral, en quatrième année, se trouve un enseignant spécialement venu des Usa, de l’université Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ce dernier ne maniait guère la langue de Molière. Il était évidemment plus à l’aise dans celle de Shakespeare. Cette donne constituait un énorme frein dans sa détermination à transmettre du savoir à ses étudiants, qui, pour l’essentiel, ne comprennent pas l’anglais. Sur recommandation de ses collègues de classe, Mouhamed Camara, accepte de jouer les interprètes. Parmi ses condisciples figurent feu Djibo Leity Kâ, Abdoulaye Diop Mactar, Fadel Dramé, Sadikh Diop, Fatah Diagne… tous devenus d’imminentes personnalités.

Pape fera office d’interprète un an durant, entre le professeur américain qui parle à peine français et des étudiants francophones. Après avoir bouclé sa Maîtrise, le jeune homme très ambitieux, veut se rendre à Columbia University (New York), une des plus prestigieuses au monde, afin d’y affiner davantage ses connaissances. Il lui fallait une recommandation. Il l’obtient de son professeur américain, ce qui lui ouvre les portes de Columbia University. Nous sommes en 1974. Il se propose «d’apprendre une filière pouvant aider les pays d’Afrique à se développer». Il se spécialise en «Buisness Inchanging Economy», une forme de macroéconomie, se rappelle-t-il. Il restera en tout, vingt six ans, à travailler pour des structures établies aux Usa. Il était toutefois courant qu’il revienne au Sénégal, dans le cadre de son travail. «Je ne restais pas plus de deux ans sans revenir au Sénégal». La majeure partie des projets, pour lesquels il travaillait, servaient en Afrique. C’est ce qui l’amène à visiter plusieurs pays du continent. Là, il accumule une grande expérience qui «complète son éducation académique», relève-t-il. Il a travaillé dans la structure qui a construit l’immeuble Trump Tower.

Au début, se souvient-il, j’étais «un monsieur quelconque». En fin d’année, une fête est organisée chez le président de la structure. Au jeu de ping pong, il aligne tout le monde. La fille du boss la remarque soulignant avoir déjà vu son visage quelque part. C’était en fait, dans le catalogue de l’Université Columbia. Le patron mis au courant, le change automatiquement de position. Son salaire passe du simple à huit fois plus. Quelques temps après, le Fonds monétaire donne suite favorable, à sa demande d’emploi. Son salaire passe de 11.000 à 61.0000 dollars. Le retour de Pape Mouhamed Camara dans son pays natal passe par la Senelec en 1996. Il a étroitement travaillé dans la confection du schéma directeur informatique de cette structure publique. Mais, Pape Mouhamed est plus connu par le grand public, pour son rôle d’interprète auprès d’Abdoulaye Wade. Leur première rencontre a lieu à l’Ucad.

L’homme qui murmurait dans l’oreille du président
Me Wade, alors jeune professeur et lui étudiant. Il est alors charmé par ce professeur qui déjà à l’époque dispensait «les cours en rétro-projecteur ». Il venait toujours bien habillé, à bord de sa Mustang, évoquait ses amis tels que Samuel Chang. La fascination est déjà au rendez-vous. Quelques années plus tard, élu Chef d’Etat, le Président Wade cherchait un profil pour diriger l’Université du Futur. C’est là qu’il est contacté pour le rencontrer. En plus de ce travail, il est nommé chargé de mission à la Présidence de la République. Plus tard, il est nommé conseiller spécial, avant d’être promu ministre conseiller, «très actif» relève-t-il, auprès du Chef de l’Etat. Ce dernier, dit-il, lui propose de faire désormais partie, de sa délégation, dans tous ses voyages. La première traduction a lieu lors d’une rencontre avec une délégation américaine. Camara faisant office d’interprète montre toute l’étendue de sa maitrise des langues.

Le Président Wade découvre émerveillé une des facettes cachées de son conseiller. C’est ainsi qu’à chaque fois qu’une délégation venait au Palais de la République, il faisait appel aux services de Camara. De fil en aiguille, il devenait un des interprètes attitrés du Chef de l’Etat. Il retient un «homme aux connaissances étendues et au génie rare». L’homme qui a fait le tour du monde avec Me Abdoulaye Wade dit prier «pour la paix des cœurs».

Il incombe aux hommes de faire de la réalité ce qu’ils désirent. La première perspective du développement réside dans la paix, souligne t-il. On peut le croire, lui qui a côtoyé pas mal de cultures et fait le tour du monde.

Oumar BA

Le fondateur du label Off-White vient d’être nommé à la tête des collections homme de Louis Vuitton. Le début d’une nouvelle aventure pour ce génie de la mode.

Un parcours atypique
Virgil Abloh, un nom déjà bien connu dans la fashion sphère. A 38 ans, le designer africain-américain marié et père de famille, succède à Kim Jones et devient le premier créateur artistique noir au sein de la maison Louis Vuitton. Aux côtés d’Olivier Rousteing chez Balmain, Virgil Abloh est l’un des seuls à occuper une telle fonction au niveau d’une marque de luxe française.

Né en Illinois (près de Chicago) en 1980 de parents d’origine ghanéenne, Virgil Abloh a étudié dans une école catholique avant d’obtenir un diplôme en génie civil à l’université du Wisconsin à Madison. Il n’a suivi aucune formation de mode puisqu’il a enchaîné ensuite avec une maîtrise en architecture à l’Institut de technologie de l’Illinois. Au regard de ses créations parfois asymétriques, on comprend d’où lui vient sa vision créative.

Après ses quelques expériences, Virgil Abloh lance en 2012 un premier label appelé Pyrex Vision sur lequel il distribue des streetwears hyper recherchés et des t-shirts/polos signés Champion et Ralph Lauren, avec son propre logo imprimé et visible dessus. Si cette idée a créé la polémique, elle a surtout réussi à le faire connaître dans l’industrie de la mode.

Désireux de faire rimer streetwear et luxe, Virgil Abloh lance un an plus tard Off-White, une marque de prêt-à-porter au succès croissant, et s’impose comme le designer à suivre de très près.

Avec sa griffe reconnaissable par ses grosses bandes noires ou blanches, il joue avec les codes du luxe en transformant le sportwear en couture. Des finitions pointues, des coupes malines, des détails sophistiqués… Virgil Abloh désacralise le luxe. Un moyen de faire changer les choses et de faire évoluer les mentalités. Ses collections séduisent les plus grandes stars du moment ainsi que le public jeune.

Le bras droit de Kanye West
Par un concours de circonstance, Virgil Abloh s’est fait repérer par le rappeur Kanye West. A seulement 22 ans, il devient l’un des plus proches collaborateurs de la star et son conseiller mode.

En 2006, il suivra Kanye West dans les coulisses de Fendi à Rome. On lui doit notamment en 2011 la pochette de l’album Watch the Throne réalisé avec la complicité de Jay Z. Un travail artistique qui lui vaudra une nomination pour le Grammy Award de la meilleure pochette d’album. Aujourd’hui, Virgil Abloh et Kanye West ont encore des projets communs.

Créatif multi casquette
Nike, Jimmy Choo, Levi’s, Moncler, Warby Parker, VLONE, Takashi Murakami…, les collaborations sont nombreuses. Récemment, Virgil Abloh s’est associé avec Ikea pour mettre sur le marché en 2019 une collection capsule.

Depuis ses 20 ans, Virgil Abloh se retrouve souvent derrière les platines. Actuellement, il mixe encore de nombreuses soirées à Miami ou Las Vegas. De temps en temps, le DJ prend le dessus sur le designer !

S. D.

C’est sur sa page facebook qu’il a annoncé sa nomination au Conseil présidentiel pour l’Afrique (Cpa): « Fier et honoré d’être nommé au Conseil présidentiel pour l’Afrique auprès du Président Macron - Pour un nouveau visage de la relation entre l’Afrique et la France ! Je compte sur vous ! »

Entrepreneur d’origine sénégalaise, né en France en 1971, Karim Sy a fondé, en 2010, à Dakar, Jokkolabs qui se veut non seulement un espace de travail partagé mais également le creuset d’une communauté d’entrepreneurs engagés dans les nouvelles technologies. Le Conseil présidentiel pour l’Afrique a été annoncé le mardi 29 août lors de la conférence des ambassadeurs. Il aura pour mission de « nourrir la politique africaine d’Emmanuel Macron, de lui faire remonter des propositions et redescendre la perception de sa politique sur le continent ». Ainsi, onze bénévoles liés à l’Afrique auront un accès direct au président pour lui « remonter des idées » et faire passer ses messages. « Ce ne sera ni un nouveau think tank, ni un fan-club africain du président de la République », promet l’Élysée.

Directement rattaché au chef de l’État Emmanuel Macron, le Cpa a été pensé depuis le mois d’avril pour incarner « le renouvellement du partenariat entre la France et l’Afrique », voulu par M. Macron afin de permettre « une nouvelle approche des enjeux de société ».

S. D.

Huawei, troisième fabricant mondial de smartphones, lance son nouveau produit, le P20, face aux modèles concurrents de son grand rival sud-coréen.

Spots à la radio, campagne de publicité à la télévision, lancement mondial au Grand Palais, là où d’habitude Karl Lagerfeld fait défiler les mannequins de Chanel… Rien n’est trop beau ni trop cher pour les P20 de Huawei, la dernière gamme de smartphones lancée ce mardi, à deux pas de la Seine, par le constructeur de Shenzhen. Celui-ci a sorti le grand jeu pour imposer ses nouveaux téléphones : le P20 et le P20 Pro. Si tous les deux misent sur la photo et l’intelligence artificielle, ce dernier modèle est le véritable « coup » technologique. Il s’agit, en effet, du premier smartphone au monde à avoir trois objectifs photo, alors que la norme actuelle du marché est de deux. Il sera disponible dès aujourd’hui en France et en Europe occidentale pour 899 euros. Le P20 est, lui, à 649 euros. Cette dernière famille de smartphones est une arme de poids pour Huawei dans la guerre sans merci que celui-ci mène à Samsung et Apple. A eux deux, le Sud-coréen et l’Américain captent presque 35% du marché, selon les chiffres 2017 du cabinet Gartner. Huawei, lui, arrive à la troisième place, avec presque 10% des parts. « Samsung cherche à maintenir son avance sur Apple, mais Huawei, lui, vise directement Samsung », explique Annette Zimmermann, analyste mobile chez Gartner.

Profil bas à la Mecque du mobile
Le constructeur chinois rêve depuis des années de devenir numéro un. Même s’il est l’un des deux seuls constructeurs au monde (avec son compatriote Xiaomi) à avoir augmenté sa part de marché au dernier trimestre, sur un marché globalement en maturation, Huawei vend toujours deux fois moins d’appareils que Samsung. En 2017, selon Gartner, le Sud-coréen a vendu plus de 320 millions d’unités, contre 153 millions pour le constructeur chinois. « Huawei est le numéro trois mondial mais ils ne veulent pas rester à cette place : ils visent clairement le leadership, on aurait tort de l’oublier », rappelle Thomas Husson, analyste principal au sein du cabinet Forrester à Paris. « Le fait de lancer le téléphone à Paris témoigne d’ailleurs de leur volonté de jouer avec les codes du luxe et du “lifestyle”, tout en confortant leurs parts de marché en Europe, celles qu’ils n’ont pas aux Etats-Unis. »

C’est la deuxième fois que Huawei choisit la capitale française pour un lancement mondial. En 2014, le P7 avait déjà été dévoilé à Paris. Les P10, qui précèdent les P20, avaient été mis sur le marché, de leur côté, à Barcelone, en 2017. Mais cette année, en février, Huawei avait fait profil bas à la Mecque du mobile. Doublé par Samsung, qui en avait profité pour dévoiler sa dernière gamme, les S9, le constructeur chinois s’était contenté d’annoncer une tablette et un nouvel ordinateur portable.

Le patron de la division grand public, Richard Yu, avait reconnu que le P20 devait encore subir quelques petits réglages techniques… Un mois plus tard, Huawei contre-attaque, avec Samsung comme cible. « Avec le P20, on est clairement positionné en face », reconnaît François Hingant, responsable du marketing chez Huawei Consumer France. D’ailleurs, pendant plus de deux heures, Richard Yu n’a cessé, mardi, de comparer les performances du P20 avec celles du S9 de Samsung et de l’iPhone X d’Apple.

Source Les Echos

Ces oiseaux montrent des processus cognitifs que l’on croyait appartenir exclusivement aux humains, la capacité de penser être espionné. En effet, les corbeaux montrent des signes de paranoïa et changent la façon dont ils agissent s’ils pensent être surveillés.

En étudiant le comportement des corbeaux qui cachaient de la nourriture, Thomas Bugnyar et son équipe du département de biologie cognitive de l’Université de Vienne ont découvert que ces corvidés pouvaient comprendre qu’ils pouvaient être observés, même sans voir un autre oiseau, et se comporter sournoisement en conséquence. Cela suggère que les corbeaux sont également capables de penser abstraitement à d’autres esprits, un trait normalement unique aux humains. Connue sous le nom de théorie de l’esprit, cette capacité nous permet de comprendre les choses du point de vue de quelqu’un d’autre.

Ils s’appelaient Idy Diène, Cheikh Tidiane Diol, Mame Mbaye Ndiaye, Ousseynou Mbaye. Ils vivaient respectivement à Florence (Italie), à Caxias do Sul (Brésil) et à Madrid (Espagne) pour les deux derniers cités. Ils ont tous subi le même sort que César, assassiné en mars. On tue les Sénégalais en mars. On les tue également les onze autres mois de l’année. Dans un passé pas si lointain, il y a eu des meurtres de Sénégalais en France, aux Etats-Unis, en Côte d’Ivoire, au Gabon, en Argentine ou encore au Maroc. Est longue la liste des pays où la tête du Sénégalais est une hure pour les chasseurs d’immigrés. Leurs hallalis jouissifs résonnent sauvagement d’ignominie, de barbarie, de manque de tolérance et d’humanité. Alors que – pour poursuivre de filer la métaphore animalière – les immigrés sont comme des pinsons, ces oiseaux migrateurs qui cherchent une meilleure vie en quittant les zones froides de la Scandinavie et de la Sibérie pour rejoindre les climats plus cléments de la mer Méditerranée. La migration est, en partie, la source de leur bonheur. En effet, les pinsons sont des oiseaux qui chantent à tel point qu’ils sont à l’origine d’une expression française : « Joyeux comme un pinson ». Survivre n’est pas un délit. Autant pour les oiseaux que pour les humains.

• Par Moussa DIOP

Peu connu du grand public, ce Sénégalais n’en demeure pas moins méritant. Il est à l’origine de la première télévision école créée au Sénégal. Ici, on combine éducation et transmission du savoir.

Assane Mboup vient de franchir la quarantaine. Malgré cet âge dit de la maturité,  il est encore à se poser des questions existentielles. Il avoue toujours se demander qui il est réellement. Il est décidemment difficile de cerner l’homme. Lui-même peine encore à venir à bout de cet exercice. Retenons donc ce qu’il veut bien partager avec nous.  Assane se définit comme « un citoyen et ami du monde ». « On m'appelle Mister Blue», dit-il. C’est non seulement plus simple mais surtout plus juste car le monde est fait de valeurs d’amitié et d’amour, s’empresse-t-il de préciser. Son parcours qu’il dépeint comme rempli de « folies » est en réalité le vecteur de son cursus.

«Élève, je me proposais de réaliser les cartes géographiques de tous les pays du monde. J’y croyais fermement. Je démarrais avec l’Afrique, j’en ai fait quelques unes, je devais préparer mon Brevet de Fin d’Etudes Moyennes, il me fallait suspendre. En classe de terminale,  je publiais mon premier livre en anglais,  pour me rendre compte plus tard que j’étais dans un pays francophone. Je devais repasser en mode traduction, des folies qui ne se justifiaient pas », souligne-t-il. Parallèlement,  il est très imprégné des sciences spirituelles. Son intérêt pour la spiritualité lui permet d’approfondir ses recherches sur les relations humaines. Une fois le baccalauréat en poche, il est orienté à la Faculté d’Anglais mais la philosophie demeure un domaine phare pour lui.  Il fait ses études universitaires partagées entre l'anglais, la comptabilité et  l'informatique multimédia. Ensuite, le troisième cycle est consacré à la communication et le management. Il était déjà directeur administratif et financier d’une industrie de peinture au Sénégal. Un an après, il est directeur général adjoint. Et trois ans durant, il a couplé services, études et recherches approfondies en communication, spiritualité et management. Sa passion pour  l’écriture l’amène à la production d’une dizaine de livres dont huit déjà publiés. Le dernier en date « Valeurs de paix » est paru aux Editions L’Harmattan à Paris. Mister Blue a initié, sur recommandation de son guide spirituel, l'édition de six volumes illustrés pour enfant retraçant la vie et l'œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba en tant que creuset de valeurs pour la stabilité sociale. Cette collection intitulée Collection Maam Bamba est en six volumes traduits en trois langues.

Un entrepreneur né
C’est en 2003 qu’Assane Mboup crée sa propre société. Un cabinet d’expertise en communication et en management du nom de « Show Me ». En même temps, l’histoire des jeunes savants l’intéresse. Les jeunes surdoués, les hauts potentiels, comme il aime à les appeler. « J’essayais de les comprendre, de comprendre leurs problèmes, les désynchros qui existaient entre eux et les autres et ce que leur réservait la vie comme ignorance, comme incompréhension », souligne-t-il.  Il organise alors un forum national dans l’objectif de dénicher ces incompris, de leur offrir une plateforme d’épanouissement,  pour les accompagner à la réalisation de leur rêve. Le forum des jeunes cracks et créateurs du Sénégal est né. Ce Forum révèle des talents impressionnants. De jeunes génies informaticiens hors pair, des artistes innés jusqu’à ce que l’on tombe sur un jeune créateur de fusées. « Les gens ont peur. Je suis traqué, contrôlé, suivi même alors que mon ambition était de faire comprendre aux Sénégalais que ma patrie était riche de valeurs et de savoir-faire qu’il fallait accompagner. Heureusement que c’est maintenant compris, ou du moins je l’espère », indique-t-il. En 2006, il est  sélectionné par le Département d’Etat américain pour représenter l’Afrique de l’Ouest avec 24 autres jeunes chercheurs et experts pour travailler sur la thématique du Business Développement avec les plus grandes universités des Etats-Unis dont Harvard University. Le travail fut le fruit de profondes réflexions sur les relations entre l’humain et le business avec l’apport des medias. C’est le déclic d’un nouveau rêve. Encore une folie avancée : créer une télévision 100 % éducative au service de l'école, de l'université, de la citoyenneté du partage et de l’échange pour la promotion des valeurs de la République. Une télévision au service de la santé, du civisme, de l’innovation pour le développement durable, de la démocratie, du genre, de l’éthique, du rapprochement des peuples dans la paix et la tolérance. Une télévision « positive », une télévision hors business... Est-ce possible ?  Une première en Afrique. Il s’appuie sur les revenus de ses consultances professionnelles, du fruit des marchés de son cabinet, de l’engagement volontaire de ses amis. Ces efforts combinés permettent de réaliser le projet. « J’installais petit à petit la télé tout en ayant à l’esprit qu’il ne fallait pas que je pense qu’il faut des milliards pour faire une télé, mais qu’il fallait juste rester intelligent et innover tout en s’ouvrant aux autres », souligne-t-il. Des studios en mode récupération, des cabines de montage recyclé ; il fit appel aux jeunes créateurs qui avaient participé aux forums des inventeurs. Ensemble, ils mettent sur pied une plateforme technologique révolutionnaire haute définition menant à la création d’une IPTV désormais disponible à travers le monde en mode mobile et en mode box international.    

Et la télé-école vit le jour…
2012, Télé-école est lancée. Avec les moyens du bord mais assurant une qualité top de diffusion et un programme 100 % éducatif, avec l’engagement de personnes ressources bénévoles et expertes. L’Etat du Sénégal s’intéresse à travers son ministère de l’Education, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le ministère de la Formation professionnelle.  Et en 2014, des acteurs de la télévision éducative se réunissent à Lyon (France) pour créer l’Union internationale des télévisions éducatives francophones. Il est  alors élu président avec comme mission d’élargir les champs des Tv éducatives à travers le monde par la prise en charge des préoccupations éducatives dans leur globalité et leur diversité.  L’objectif  du support est de participer au renforcement des actions d’aide à l’éducation, l’échange inter-écoles, mais aussi et surtout l’appui aux élèves, étudiants et professionnels de l’entreprise de tous niveaux, à travers la création d’une plateforme media gratuite de révisions, d’études, de formation et d’entraide pour le développement. La particularité de Télé-Ecole est que les présentations sont faites par les élèves et étudiants, en collaboration avec les citoyens, encadrés par des professionnels. Par sa grille des programmes, Télé-Ecole invite les élèves et les étudiants à investir les médias, mais dans une approche différente de celle de la distraction. L’intérêt est plutôt orienté vers des émissions de langue, de science, de culture générale, de débats entre élèves et étudiants sur des questions liées à leur cursus scolaire. Des personnes ressources compétentes veillent à l’encadrement. « Par sa grille des programmes, Télé-Ecole participe au développement de l’entreprise, de l’éducation environnementale, de la citoyenneté et du civisme... à travers des contenus élaborés et présentés par les élèves avec l’encadrement des spécialistes », fait remarquer Assane Mboup. C’est aussi une autre façon de faire de la télé en donnant la primeur non pas aux artifices des pratiques mais à la valeur des contenus, tout en impliquant toutes les couches socio- professionnelles. A quand la prochaine folie d’Assane Mboup ?

 


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