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Soleil Grand Air (256)

Les vagues d’émigrants ghanéens continuent de déferler sur Elinkine, la pointe de la terre la plus proche des îles de Carabane, de Diogué, Windaye, Kassouam, Sifoka, Eyidje, Djissor... Au fil des années, d’autres ont fait un regroupement familial dans ce havre de paix balayé en permanence par un vent fluviomaritime adoucissant les températures. Mais ce sont les eaux poissonneuses qui sont à l’origine de la ruée des pêcheurs et des mareyeurs venus de la Côte-de-l’Or, l’ancien nom du Ghana vers Elinkine après des détours dans d’autres localités pour la plupart d’entre eux.

Ses cheveux sont défrisés. Son mince visage et le fond blanc de ses yeux ne trahit pas sa jeunesse. Le jeune Abdoul Kalile est au milieu de sa bande, dans le salon de coiffure d’un de ses Elinkine 2amis sénégalais, Aliou Diallo. Pantalon jean, T-shirt blanc orné de motifs noirs et blancs, Abdoul Kalile ne laisse guère deviner qu’il est le dernier Ghanéen à débarquer à Elinkine. Sur cette rue, très fréquentée, le jeune se sent bien chez-lui. « Live is normal. Elinkine is a beautiful place », glisse Abdoul Kalile. Il n’a fait que 3 mois dans ce village. C’est grâce à sa grand-mère qu’il a découvert ce grand quai de débarquement. L’étudiant ne tarit pas d’éloges sur la beauté du site, l’ouverture des autochtones. Il est sous le charme du site fondé par la commerçante venue de la Sierre-Léone, Elène King, qui est devenu par déformation Elinkine, selon une des versions de la toponymie donnée par le chef de village Frédéric Sambou. « Je suis séduit par tout, l’ouverture d’esprit des communautés, l’ambiance dans des dancings. Ce village fait partie déjà de ma vie. Elinkine n’est pas inconnu au Ghana  », s’exclame Abdoul Kalile. Une ruelle sépare le salon de la maison louée par les femmes ghanéennes. Elles sont deux sur la véranda. L’une fait rôtir l’oignon dans une poêle. La doyenne, Adjouva Fothi, 55 ans, vient de fêter ses 25 ans de présence à Elinkine. Sa famille compte 5 membres. Sa fille, Obi Yebouh, est venue pour les fêtes de Noël. L’étudiante de teint clair, au sourire accrocheur, n’est pas à sa première visite. Elle s’y rend régulièrement pour ses vacances. « Je suis étudiante dans une université en Gambie. Je passe de façon régulière mes vacances à Elinkine. Ce n’est pas parce que ma mère y réside. Mais je sens quelque chose ici, que je ne retrouve pas ailleurs », confesse l’étudiante. Si les deux femmes sont un peu méfiantes, la doyenne, Adjouva Fothi, partage sa vie, dans sa terre d’accueil, de façon laconique en wolof. « Fi Diam rek, la gni am. Gnou ngui am sunu soutoureux », s’exprime la cinquantenaire qui veut dire en français « Nous avons la paix et nous parvenons à subvenir à nos besoins ».

De l’autre côté de la ville, sur les aires de séchage, des jeunes à la tête couverte, ou enroulée dans des foulards sont en pleine labeur. Certains soulèvent des sacs de poissons fumés qu’ils déposent sur la tête des autres. Ces derniers déploient leur force pour le projeter dans un camion immatriculé au Ghana. Un autre groupe se charge d’arranger des sacs. C’est un travail à la chaine. On se raille. L’aire de séchage est plongée dans l’effervescence. Plus d’une centaine de Ghanéens, hommes, femmes, jeunes filles et garçons est au quai. Toute la communauté s’est donnée rendez-vous au quai de débarquement pour le chargement de leurs poissons fumés. Le sage Essein Essein a bouclé ses 40 ans de présence en Casamance, entre la terre et les îles aux larges de la Casamance. « Elinkine, c’est notre terre de paix et de bonheur. Nous vivons en parfaite harmonie avec des Sénégalais. C’est l’essentiel. Chaque année, d’autres Ghanéens nous rejoignent. C’est la preuve que nous sommes bien intégrés », témoigne Essein Essein.

Une forte présence des femmes
Sous l’ombre portée d’un des hangars, une vingtaine de femmes prennent l’haleine. Elles veillent sur l’embarquement de leurs sacs. Depuis qu’elles ont débarqué à Elikine, leur agenda est dominé par la transformation des produits halieutiques. Dans cette foule, certaines ne cachent pas leur rapport avec leur terre d’accueil. « Nous sommes ici parce que nous avons notre business », dit Efou sans gêne. Comme le niveau de la mer, leurs activités sont sujettes à des fluctuations. A une période de l’année, ces dames sont dans le creux de la vague. Dans d’autres, elles s’en tirent à bon compte. Tout compte fait, l’exportation du poisson séché nourrit bien les Ghanéens. « Parfois, les recettes sont maigres. Mais il arrive qu’une personne empoche plus de 300.000 FCfa après la vente de ses poissons au pays. Plus vous exportez, plus vous gagnez de l’argent », reconnaît Badou Koffi, âgé de 35 ans dont 18 passés à Elinkine. Ce créneau porteur de richesse a entrainé la ruée vers Elinkine. La rareté des ressources halieutiques ne dégonfle pas les flux migratoires. C’est l’Eldorado pour certains. « Au Ghana, c’est connu qu’il y a une forte communauté de Ghanéens à Elinkine, à Kafountine et qui fournissent le poisson séché au marché du Ghana. C’est cela qui a déclenché la ruée vers Elinkine et Kafountine », analyse Badou Koffi.

Itinéraire non linéaire
Les flux ne sont pas linéaires au fil des années. Il y a plus de 20 ans, les premières colonies s’étaient installées d’abord en Gambie. Au gré de leur campagne de pêche, d’autres ont jeté l’ancre dans l’île de Diogué, aux larges de Carabane à quelques nœuds d’Elinkine. Ils quitteront cette île après une attaque perpétrée par des combattants du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc). « De nos jours, certains font venir directement leurs proches. Les premiers Ghanéens qui se sont établis à Elinkine ou Kafountine sont passés par la Gambie. Actuellement, ce n’est plus le cas. Ceux qui sont là, font venir directement leurs proches. D’autres sont à l’aventure, à la découverte de ces sites qui approvisionnent leurs marchés », témoigne un doyen. Les flux migratoires ne cessent de s’amplifier, augmentant la pression sur les ressources halieutiques qui se raréfient. Sur la route principale, une école ghanéenne prend en charge la scolarisation des enfants nés au Sénégal d’origine ghanéenne.

Dans ce village fondé par une émigrée, certains émigrés se posent la question légitime : leurs enfants qui ont vu le jour au Sénégal sont-ils des Sénégalais ou des Ghanéens ? « Tous mes 5 enfants sont nés à Elinkine. Moi, je suis Ghanéen, mais je ne sais pas dans quel pays ils accepteront de vivre ? », s’interroge Koffi Abam ? Les descendants de ces émigrants connaissent mieux les réalités sénégalaises que celles du pays d’origine de leurs parents. Mais les Ghanéens ne sont pas la seule communauté étrangère à Elinkine. A l’entrée, de belles villas, des campements s’intègrent harmonieusement entre les vases, et les berges de mangroves. L’excursion s’est transformée en résidence pour ces Français qui chantent et vantent la beauté du village peu connu des Sénégalais. « J’ai fini par m’installer, à Samatite parce que j’aime la vie au village. J’y pratique l’apiculture et je gère un campement qui est plein jusqu’au mois de mars. Les touristes viennent pour la pêche, les excursions dans les nombreuses îles », raconte le Français Dominique Pracherstorfer. Son compatriote, Jacques Pavageot est tombé sous le charme de la splendeur de la nature. C’est vrai, Elinkin est un écrin de beauté posé sur la pointe la plus avancée en direction de la perle d’îles sur l’embouchure du Fleuve Casamance.

Par nos Envoyés spéciaux Maguette NDONG et Idrissa SANE (textes)
et Assane Sow (photos)

Rigueur perdue

16 Jan 2017
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Imaginons un jeune élève d'aujourd'hui en adulte. On lui a tellement ressassé son appartenance musulmane, confrérique et ethnique qu'il y a non seulement cru, mais s'est évertué à la défendre aux yeux de tous ceux qui ne partagent pas ces valeurs avec lui. Il réagit exactement comme ses profs, eux aussi formatés comme lui. Et n'allez surtout pas lui dire qu'il a été aliéné par leur vision du monde. Son père l'a toujours encouragé à être respectueux de ses aînés et à éviter de mettre en doute leur parole. L'école lui a également appris que ses libertés personnelles sont si superflues qu'elles ne peuvent être que clandestines. Chômeur par intermittence, il essaie de s'en sortir. Faire du deal de hasch par-ci, de la vente de CD piratés par là…

Ça s'appelle le système D. Son initiation à ce monde parallèle qui l'aide à braver l'inégalité des chances et à gagner une petite place au soleil, il l'a reçue sur les bancs du collège. Tricheur impénitent, son voisin de table est aujourd'hui un grand fortuné. Il ne l'envie pas. Chacun son sort, se dit-il. Est-il fataliste, résigné ou tout juste fatigué ? Il n'y pense même pas. Il vaut mieux ne pas trop réfléchir, lui dit toujours cet ami qui fonctionne avec le même logiciel. Tous deux ont perdu le sens de la rigueur très tôt, à l'école. Et ils ne le savent même pas.

Par Sidy DIOP

Dakar serait dénué de charme, en l’absence de cars rapides, note un touriste aguerri qui connait bien la capitale sénégalaise. Cela fait déjà une bonne cinquantaine d’années que ces cars dits rapides desservent la banlieue dakaroise. Mais, qu’en est-il du traitement de ceux qui arpentent journellement ses marche-pieds, communément appelés « apprentis » ?

Vendredi 8h, nous sommes à bord d’un « car rapide ». Ces véhicules de transport parés de leurs couleurs emblématiques faites de jaune et bleue, symbole incontournable du transport urbain à Dakar. Ce florilège du véhicule utilitaire de la marque française, dont le stock est épuisé depuis belle lurette, continue de desservir la banlieue dakaroise.

L’intérieur de notre « rapide » est un espace d’exposition de photos de stars du moment et de plusieurs autres centres d’intérêt du Sénégalais. Inscriptions coraniques et amulettes constituent également l’ornement des rapides où l’on découvre des photos de footballeurs, de chanteurs, de lutteurs, de chefs religieux. Bien entendu, des avertissements vains mettent en garde les passagers : « Défense de cracher », « Défense de fumer » ou « Défense de parler au chauffeur ». Sur les flancs du véhicule des messages issus du Coran, sont perceptibles «Alhamdoulilah» (Dieu merci), «Beugue Fallou» ou « Bonne Mère ». Les incantations pour se préserver contre les mauvais sorts ou le mauvais œil (« Nélen car ») ne sont pas en reste. A bord du car rapide, se dégage un syncrétisme religieux qui intègre des croyances différentes. Le car rapide propose le plus souvent une vingtaine de places assises, dont trois à côté du conducteur, dix dans la cabine intermédiaire appelée parfois « le salon » et dix autres des deux côtés de la longueur du véhicule en arrière. Au-delà des croyances religieuses, les décorations sur les «cars rapides» mettent en avant des événements historiques. On y célèbre les résistances locales Lat Dior, le roi du Cayor, Aline Sitoé, Alboury Ndiaye…

L’apprenti, chef du fil conducteur
L’apprenti, debout sur le marchepied, incarne le panneau de direction et déroule l’itinéraire souvent avec une multitude de petites étapes dans le but volontaire de faire payer le client plusieurs fois. « Passe », dit-il, à chaque étape, en claquant des doigts, exhibant sa trousse garnie de pièces. Il renferme précieusement entre ses doigts, des billets de banque soigneusement pliés. Non content de se tenir sur le marche-pied, l’apprenti fait en réalité office de maître séant. C’est lui qui, au grand dam du chauffeur, décide des différents points de déversement et d’arrêt. N’en déplaise à l’usager, il n’en a souvent cure. Une situation qui entraîne souvent d’ailleurs des spectacles d’accrochages entre usagers et apprentis. « Ce sont les aléas du métier », note Ibra Fall. Le jeune homme, tout juste âgé de 15 ans, fait office d’apprenti depuis bientôt trois ans. Les multiples tentatives de ses parents tendant à le dissuader à embrasser l’activité d’apprenti chauffeur se sont avérées toutes vaines. Son père lui-même chauffeur de rapide voulant un autre destin à son rejeton. «Papa a tout fait pour que je reste à l’école, d’autant plus que je n’étais pas un mauvais élève », relève le jeune longiligne, habillé d’un jean déchiré et d’un tee shirt rouge. Le jeune homme qui assurait se rendre à l’école se plaisait en réalité à faire le tour des gares routières des rapides, afin d’accompagner les apprentis reconnus. C’est lorsque son pater a fini par comprendre que rien n’y faisait qu’il s’est résolu à laisser son fils pleinement s’adonner à cette activité. Ibra travaille maintenant avec un des amis de son père, chauffeur de rapide. Il est tenu, à la fin de la journée, de lui verser 15.000 FCfa. Lui, l’apprenti se contente de 3.000 FCfa au quotidien. Cette somme semble suffisamment convenir au jeune homme à peine sorti de l’adolescence. « J’arrive, avec ses trois mille, à largement subvenir à mes besoins », note-t-il. Il fait vite d’énumérer le mécanisme de partage « les 1.500 FCfa reviennent à ma mère, avec les autres 1.500 FCfa, je fais ce que je veux », note-t-il. Ibra a de la chance, son patron, en reconnaissance des relations qui le lient à son père, prend entièrement en charge son alimentation journalière.

Magal, le record des affluences
Avec l’état de délabrement avancé des minibus dakarois dont certains ont plus de trente ans, la décoration soignée des « cars rapides » est devenu un « cache-misère ». Les « cars rapides » arborent une décoration soignée marquée par un esthétisme «Original», fait de couleurs vives. Par une approche de créativité dont eux seuls détiennent le secret, les mécaniciens locaux ont su en faire un pur produit de l’expertise locale. Rafistolé puis décoré, le véhicule s’estampille de nouveaux atours et prend les couleurs jaune et bleue qu’il arbore fièrement. La voiture de Samba Niang fait partie de ce lot de véhicules. L’homme âgé de 50 ans a horreur des « défaillances ». Malgré l’âge avancé de sa voiture (ces véhicules servent le trafic urbain depuis une cinquantaine d’année déjà), il tient à sauver les apparences. L’approche du « Magal » jouant, sa voiture est retournée au garage. « Le Magal est une occasion privilégiée pour faire d’énormes gains », note-t-il. Le Magal passé, par exemple, Samba avait battu le record de ses gains. « Avec un autre collègue chauffeur, nous avons gagné 100.000 FCfa chacun, et nos deux apprentis se sont retrouvés avec 30.000 FCfa chacun », se rappelle-t-il le visage radieux. Cette année, il ne se fera certainement pas prier pour, à nouveau, emprunter la route de Touba. « Costaud et endurant », il est persuadé que son véhicule, malgré l’âge avancé, fera l’affaire.

Il est très rare de voir un apprenti chauffeur âgé. Ils sont le plus souvent de simples adolescents. Cela s’explique, selon Mansour Gaye, chauffeur au garage à Fass Mbao. « L’apprentissage du métier de chauffeur passe par l’étape des marche-pieds », souligne-t-il. En réalité, tout rêve d’un apprenti ambitieux, c’est de devenir lui-même un jour chauffeur. Or, pour disposer d’un permis, la majorité d’âge est requise. A l’en croire, le marche-pied n’est qu’une étape de parcours. Il se souvient encore avec nostalgie cette étape déterminante d’apprenti qui a fait de lui un chauffeur. « Je gagnais 2.000 FCfa par jour, mais cela me suffisait largement », souligne-t-il. Et aujourd’hui, combien gagne le chauffeur ? Sourire aux lèvres, il refuse d’avancer l’exactitude de la somme. « Je gagne nettement plus, mais bien nettement, toutefois, chose curieuse, j’étais mieux organisé avec les 2.000 FCfa que maintenant ». Un paradoxe qui ne s’explique point. Symbolisant pourtant les ombres et tares de la société sénégalaise, la place des « cars rapides » risque hélas d’être de plus en plus à la fourrière, amenant avec lui son flot « d’apprentis ».

Par Oumar BA

Expert de l’éducation, il a capitalisé plus deux décennies d’expériences dans le secteur aussi bien formel que non formel. Focus sur le parcours d’un infatigable militant de l’éducation pour tous et de la promotion des langues locales.

Ayant capitalisé plusieurs années d’expérience dans l’alphabétisation depuis son Nguidjilone natal, notamment dans l’Association culturelle Fedde Pinal, au cabinet de l’alphabétisation et des langues nationales avec le projet ‘’Papa’’ d’Enda Graf, il est aujourd’hui à la tête de la coordination nationale des opérateurs en alphabétisation tout comme à la Coalition africaine pour l’alphabétisation. Fervent militant de l’éducation pour tous, il plaide pour la réintégration des exclus du système mais aussi pour la promotion des langues nationales. Un combat qu’il défend si bien dans les institutions nationales comme internationales avec un coup de pouce d’artistes comme El Hadji Baaba Maal. « C’est avec un plaidoyer fort qu’on peut influencer les décideurs pour une meilleure prise en compte des questions éducatives dans la définition et la mise en œuvre des politiques », défend Silèye Gorbal Sy. Si le sous-secteur de l’alphabétisation, en effet, est un champ ouvert à des initiatives diverses, on le doit bien à l’homme de la stratégie du « faire-faire » qui, depuis la rencontre africaine sur l’alphabétisation tenue à Bamako en 2007, tient à ce qu’on attribue 3 % du budget de l’éducation à l’alphabétisation et à l’éducation non formelle.

S’adapter aux technologies nouvelles
Au-delà de l’enseignement traditionnel consistant à acquérir des connaissances de base, ce Halpoular né d’une famille d’instituteurs prône une alphabétisation qui épouse l’évolution technique des sociétés, notamment celles de l’information et de la Communication.

Très au fait des innovations dans l’alphabétisation sur le plan sous-régional, régional et international, à la suite d’une mission au Canada, il a mis en place en partenariat avec un Canadien, une structure dénommée ‘’Boîte à innovations’’ pour mieux alphabétiser et à moindre coût, à travers les technologies de l’information et de la communication. Des moyens grâce auxquels il compte construire un monde instruit. Pour faire bien passer son message de plaidoyer, Silèye Gorbal Sy développe des partenariats avec des Institutions nationales comme l’Assemblée nationale et le Conseil économique, social et environnemental mais aussi dans les institutions internationales comme le Parlement européen où il défend farouchement l’envoi et le maintien des filles à l’école.

Par Marame Coumba Seck

Certes, la chef de la Commission de l’Union africaine (Ua) n’est pas épargnée par les critiques. Mais ce qui lui est reproché souligne, en creux, son influence. Ainsi, Nkosazana Dlamini-Zuma, 65 ans, ne s’impliquerait pas assez dans la résolution des crises (notamment en Afrique de l’Ouest et en particulier dans la lutte contre le virus Ebola) car son véritable objectif serait de succéder à son ex-mari, Jacob Zuma, à la présidence sud-africaine en 2019. La petite phrase lâchée par ce dernier en avril dernier – l’Afrique du Sud pourrait être dirigée par une femme "plus tôt qu’on le pense" – a d’ailleurs donné corps à cette hypothèse. D’autant que son mandat à l’Ua prend fin en 2016, soit juste à temps pour se lancer dans la bataille pour l’investiture du Congrès national africain (Anc), où son poids est très important (elle a été ministre sans interruption de 1994 à 2012).

À supposer que telle soit son intention, son poste actuel lui permettrait de parfaire sa stature internationale pendant de précieux mois. Au cours de cette période, les chefs d’État du continent, dont certains sont tentés de modifier la Constitution de leur pays pour se maintenir au pouvoir, pourront sans doute compter sur son soutien. En octobre, n’a-t-elle pas déclaré sur Radio France internationale (Rfi) ne voir aucun inconvénient aux changements constitutionnels consensuels ?

Par Oumar BA

La mauvaise haleine, autrement appelée halitose, n'a rien d'un phénomène mystérieux. On connaît précisément sa cause immédiate : elle est due à la présence de composés soufrés, notamment d'hydrogène sulfuré et de méthylmercaptan, qui donnent à l'haleine une odeur d'œuf pourri.

Premières responsables : des bactéries
Neuf fois sur dix, l'origine de la mauvaise haleine est buccale. On pense que des bactéries s'accumulent dans les sillons creusés par les papilles, sur la partie postérieure de la langue. Ce sont ces bactéries qui produisent des composés soufrés extrêmement volatils, qui s'échappent dans l'air expiré. La présence de ces bactéries explique également la mauvaise odeur matinale. La salive étant moins abondante durant la nuit, elles ont tendance à s'accumuler. Le simple fait de se lever, de boire ou de prendre son petit-déjeuner suffit généralement à les éliminer ainsi que l'odeur dont elles sont responsables.

Il reste à savoir pourquoi certaines personnes produisent en abondance des composés soufrés et d'autres non. Le mauvais état des gencives, la présence de grosses caries ou un traitement obturateur défectueux peuvent provoquer l'accumulation des bactéries et débris alimentaires. Ainsi si vous avez l'impression que votre haleine a changé subitement de manière désagréable, la première étape est certainement d'aller rendre visite à votre dentiste, afin de vérifier l'état de vos dents et de vos gencives et de traiter les éventuelles caries. Celui-ci pourra vous donner également des conseils d'hygiène, notamment si vous avez une parodontite, inflammation des gencives entraînant la formation de poches entre les dents et les gencives, où s'accumulent les débris alimentaires.

Se brosser la langue
Mais le plus souvent la mauvaise haleine se développe sans cause précise, même chez des personnes ayant une hygiène dentaire correcte. On ne peut plus guère que conseiller quelques règles d'hygiène. Se laver les dents après chaque repas, utiliser le fil de soie dentaire le soir, pour éliminer les débris alimentaires entre les dents, est le minimum indispensable. Mais il est recommandé également de se brosser la langue, notamment sa partie postérieure, où les papilles sont les plus marquées, pour éliminer les bactéries. Des grattoirs à langue, en vente dans les pharmacies, peuvent aussi être employés, voire une petite cuillère. Gencives, intérieur des joues et palais doivent également être brossés, de manière à chasser les bactéries.

Les bains de bouche rafraîchissants, à base d'huiles essentielles (eucalyptus, menthe..) ne font que masquer quelques minutes la mauvaise odeur. Les bains antibactériens, à base de chlorhexidine, par exemple, ne sont pas conseillés en usage régulier, en raison de leurs effets secondaires. On leur a reproché notamment d'accroître le risque de cancer de la bouche. Ces bains ne peuvent en aucun cas remplacer les soins d'hygiène dentaire.

Eviter la bouche sèche
Le chewing-gum, les pastilles et autres sprays ont également un effet masquant très éphémère. Mais les premiers ont l'intérêt de faire saliver. Or on sait qu'une bouche sèche augmente le risque de mauvaise haleine.

Certaines maladies peuvent diminuer la sécrétion de salive. C'est également le cas du tabac, qui apporte, en outre, son odeur particulière.

Odeur de poisson
D'autres causes de mauvaise haleine sont bien connues. Une particularité génétique peu fréquente, récemment identifiée, la triméthylaminurie, est responsable d'une odeur de poisson. Malheureusement il n'existe pas de remèdes réellement efficaces. Certaines maladies banales, telles que des infections ORL, sont causes de mauvaise haleine. Mais celle-ci est transitoire et disparaît avec la guérison de l'affection. Quant aux affections chroniques responsables d'halitose, telles que l'insuffisance rénale, il s'agit de situations beaucoup plus rares et bien particulières. Enfin, certaines personnes ont la hantise d'avoir une mauvaise haleine, alors que ce n'est pas le cas. L'halimètre peut, dans ces cas, les rassurer.

Dépression post partum

13 Jan 2017
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Etre descendante de Hawa (Eve) vous prédispose à la dépression. C'est en tout cas ce que disent les chiffres : les femmes sont sujettes aux troubles dépressifs deux fois plus que les hommes. Ceci, même pendant leur grossesse, quand elles devraient être aux anges. 12 à 13 % des femmes enceintes souffriraient de dépression pendant leur grossesse. Après l'accouchement, cela ne s'arrange pas. Dans 20 % des cas, les mamans souffrent de dépression post-partum six mois à un an après leur accouchement. Derrière ce mot barbare, une maladie profonde à ne pas confondre avec le baby blues qui survient après l'accouchement et disparaît assez vite. Même les indices de développement humain dépriment les femmes. Selon la Banque mondiale, la dépression est la maladie la plus fréquente chez les femmes dans le monde. La situation est aggravée dans les pays pauvres par les conditions socio-économiques et le statut des femmes. Le profil à risque selon la Banque Mondiale : femme mariée, au foyer, analphabète, de bas niveau socio-économique. Ou le portrait-robot de la majorité des Sénégalaises.

Par Sidy DIOP

Fallou Diop : Penchant mobile

13 Jan 2017
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Le téléphone portable est devenu, aujourd’hui, un véritable phénomène dans notre société. Hier, objet de toutes les convoitises, il était hors de portée du commun du Sénégalais moyen. Seule une élite de nantis, de privilégiés, pouvait posséder ou offrir des portables. Aujourd’hui, comme pour la plupart des Sénégalais, le portable appartient bien au quotidien de Fallou Diop. Ce dernier ne lésine pas sur les moyens en cas de nouvelle offre sur le marché.

Pour Fallou Diop, le téléphone portable est avant tout un phénomène de mode, il évolue continuellement en fonction des besoins du consommateur. « Les portables font appel à des technologies récentes qui évoluent très vite. Il en est de même pour les ordinateurs. Ainsi, au bout de deux ans, un téléphone va paraître complètement dépassé par ses fonctionnalités », explique ce fou du mobile scotché au volant de sa voiture. A côté de sa chaise, deux appareils de marque Samsung S5 et d’un IPhone 6. Tantôt le téléphone collé à l’oreille, en conduisant d’une main, ignorant les exigences de la prudence la plus élémentaire.

Le rendez-vous est pris en ce jour de lendemain de Noël, direction une boutique Tecno mobile de la place pour s’offrir l’un des produits phares de Tecno Telecom en mode sur le marché. Derrière les baies vitrées, des objets de tous genres installés. Face à l’embarras du choix, Fallou n’a pas mis du temps à porter son choix sur la Tecno Phantom 6 qui est le produit phare de Tecno Telecom pour l'an 2016. Un smartphone qui tourne sous Android 5.1.1 Lollipop, une caméra principale de 13 Mégapixels, une caméra secondaire de 8 Mégapixels, une Ram de 3 Go, 32 Go d'espace de stockage et une batterie en parfaite autonomie, lit-on sur la boite qui couvre l’appareil.

« C’est exactement le profil que je cherchais », dit-il. En effet, pour posséder cet appareil mobile « tant convoité », il faudra débourser une somme d’environ 140.000 FCfa. Fallou n’a pas hésité à mettre la main à la poche. Pour lui, la somme déboursée n’est pas importante, l’essentiel, c’est de posséder l’un des produits phares de Tecno mobile. La passion de ce professeur de mathématiques pour le mobile ne se limite pas là. Il fait tout pour s’offrir un appareil haut de gamme, profitant ainsi de ses avantages, notamment ses applications. « Plus sérieusement, les possibilités technologiques des téléphones portables croissent de manière exponentielle, d'où la nécessité, si l'on veut profiter des dernières avancées de téléphonie mobile, de changer régulièrement de terminal », explique Fallou, pressé de découvrir son nouveau joyau.

Au total, dix cellulaires utilisées en l’espace de cinq ans, soit un ratio d’un portable tous les six mois. Ces statistiques montrent ô combien Fallou est un véritable consommateur de téléphones portables, pour reprendre ses propres termes.

Une dizaine de marques en l’espace de cinq ans
A l’époque du Motorola au Tecno mobile actuel en passant par Nokia, Samsung entre autres, il a connu tous genres de cellulaires qui ont fait la une du marchémobile. « Je ne peux pas utiliser un téléphone portable pendant une certaine durée, maximum deux ans, puis je m’en débarrasse », affirme Fallou, la trentaine révolue. Ces téléphones, une fois utilisés en une courte durée, sont souvent revendus ou offerts. « La plupart des téléphones que j’ai eu, je les offre à un membre de ma famille. Il m’arrive, parfois, de les revendre. Et avec une petite somme ajoutée à la transaction, j’obtiens un appareil neuf », poursuit Fallou Diop. Entre lui et le mobile, c’est une histoire d’amour fondé dans l’éternité. Les avancées technologiques comme l'intégration de nouvelles fonctionnalités ou de meilleures qualités (appareil photo intégré, lecteur mp3, vidéos possibles, etc.) poussent ce professeur de mathématiques à adhérer davantage au mobile. Mais pas question de se laisser emporter par les folies du mobile au point de perdre la concentration sur les cours.

Par Aliou FAYE (stagiaire)

Cette fois, c’est la fin. Pour Yahoo ! et pour sa PDG Marissa Mayer. Lorsque la vente du cœur de métier de l’ancien géant d’Internet à l’opérateur de télécoms Verizon sera finalisée, à hauteur de 4,8 milliards de dollars, une nouvelle entreprise naîtra, Altaba, son conseil d’administration passera de onze à cinq membres, et Marissa Mayer partira.

Le dernier chapitre d’un feuilleton, débutée comme une success story pour se terminer en mission impossible. Lorsqu’en juilllet 2012, Marissa Mayer, 37 ans dont 13 chez Google, devient la numéro 1, elle est présentée comme une surdouée, une workaholic,la femme la plus puissante de la Silicon Valley. S’il existe une personne dans le world wide (web) pour sauver Yahoo !, c’est elle. Car le groupe pionnier des Internets va mal, la faute aux Google et Facebook.

Trop de rachats
En l’an 2000, Yahoo ! valait 128 milliards de dollars. Et douze ans plus tard ? A peine 20 milliards. La première mission de Marissa était donc de sortir du rouge et de retrouver la croissance. Ce qui n’arrivera jamais. Pourtant, en 2015 par exemple, le chiffre d’affaires est en hausse de 7,6 %, à presque 5 milliards de dollars, mais une fois déduits les revenus reversés à des partenaires, il se révèle en recul.

Dépenser sans compter. Trois milliards de dollars, c’est la somme que la « golden girl » a lâchée pour s’offrir une trentaine de start-ups, à même d’assurer l’avenir de Yahoo ! Aucune ne donnera le change, surtout pas Tumblr, offert pour 1,1 milliards et évalué aujourd’hui pour à peine 230 millions. En revanche, Yahoo ! n’a pas réussi à réinvestir le champ de la vidéo, une de ses priorités, avec les acquisitions avortées de Dailymotion ou Hulu. Conséquence, le groupe a été obligé de mettre en place un plan de la dernière chance, avec suppression de 15 % de ses effectifs, fermeture de nombreux bureaux à travers le monde, arrêt de certaines activités et focus sur trois de ses plateformes : Yahoo Search, Yahoo Mail et Tumblr. L’idée était d’économiser 400 millions, mais cela ne suffira pas.

Piratages monstres
Coup de grâce, Yahoo ! a vu son image de marque se dégrader au fil des années, des concurrents (Facebook, Google…) et des scandales. En septembre dernier, l’entreprise annonce qu’elle a été victime d’un pirate fin 2014. 500 millions de comptes utilisateurs sont concernés. Trois mois plus tard, rebelotte et pire : « Yahoo pense qu’une tierce partie non autorisée a volé, en août 2013, des données liées à plus d’un milliard de comptes. » Soit le plus gros vol de données utilisateurs de l’histoire.

Le bad buzz intervient en pleines négociations entre Yahoo ! et son acheteur Verizon. Ce dernier aurait demandé alors « une ristourne ». Quant à Marissa Mayer, Nicholas Carlson, auteur de Marissa Mayer and the Fight To Save Yahoo !, tempère son échec : « Sauver Yahoo ? Il n’y avait peut-être personne pour le faire. »

Omar Victor Diop est un afro-optimiste convaincu. Ce photographe sénégalais est sollicité de toutes parts. Il est né en 1980 en France. Son travail est plébiscité de Dakar à Paris, en passant par Arles. Il a 32 ans quand il annonce à sa famille que le seul objectif qui compte désormais pour lui, c’est la photographie. Conçue en 2014, la série Diaspora le place définitivement sur orbite. Pour la première fois, Omar Victor Diop se met en scène en incarnant des personnages célèbres ou oubliés de la diaspora africaine du XVe au XIXe siècle, période où les seules formes d’interaction entre l’Europe et l’Afrique semblaient se résumer à l’esclavage et la colonisation. C’est que son succès a été fulgurant. A peine deux mois après avoir commencé la photographie, il expose aux Rencontres de Bamako en 2011. Tout va très vite après : Biennale de Dakar, Rencontres d’Arles, galerie André Magnin. Depuis, il est devenu la coqueluche des collectionneurs internationaux. Au point que le groupe de spiritueux Pernod Ricard lui a demandé de réaliser les photos de ses employés basés en Afrique pour son rapport annuel 2015-2016. Il s’inspire aussi bien des portraitistes de studio africains que des superpositions d’étoffes et des photographes de mode. Sans oublier un penchant pour la culture hip-hop et le R & B. Il résulte de ses photos un mélange assez pop, empruntant l’imagerie africaine et les codes visuels de la mode. Peu d’improvisation, beaucoup de préparation, tel est d’emblée son mode opératoire.

Ce qui l’occupe en ce moment, c’est l’histoire des mouvements de revendication en Afrique et dans la diaspora, de la révolte des Tirailleurs sénégalais, en 1944, aux marches de Selma à Montgomery (Alabama) en 1965, moment marquant de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains. Sans oublier « les soulèvements actuels d’une génération qui se bat pour préserver la démocratie des ambitions des présidents éternels. » S’il séduit, aujourd’hui, un public plus vaste que les aficionados d’art africain. Il veut faire le portrait d’une génération africaine dynamique.

Par Oumar BA

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