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Soleil Grand Air (261)

Autobiographie du chien

18 Jan 2017
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A l’occasion d’une rencontre littéraire qui a regroupé écrivains canadiens et sénégalais, samedi dernier, il m’a été donné d’entendre quelques extraits du dernier roman de Louis Camara, « Au-dessus des dunes ». Je ne pus alors m’empêcher de l’acheter (au grand dam de quelqu’un et à l’honneur de ma galère à venir), tellement que le récit, celui d’un chien se livrant à des épanchements, nous renvoyait à notre propre humanité. Cette autobiographie « canine » interroge notre être pour, en définitive, se présenter comme une psychologie introspective de notre société et par-delà le monde. Voici un extrait de l’effusion de ce « clébard » reconnaissant à son maître et qui nous dépeint.

« […] Je suis un chien sauvage. Je vais avoir sept ans, ce qui, dans la vie d’un être humain, correspond à peu près à l’âge de la maturité. En fait, je n’ai pas toujours vécu à l’état sauvage comme à présent, et l’errance n’a pas non plus toujours été mon mode de vie, bien au contraire. Au cours de mes vies successives, il m’est arrivé de mener une existence confortable, douillette, où je n’ai jamais eu à souffrir des affres de la faim ni des incertitudes du lendemain, comme c’est le cas de la plupart des chiens du monde. Mon quotidien était alors agréablement réglé comme du papier à musique. Aujourd’hui encore, je me souviens de cette époque bénie avec une pointe de nostalgie, et lorsque je suis couché à plat ventre en face des vagues de l’océan, les yeux mi-clos, la langue pendante, le souffle saccadé, dans cette posture qu’affectionne ceux de mon espèce, je me remémore avec tendresse ces visages amis qui m’ont prodigué tant d’amour et m’ont fait connaître ce que l’on appelle, dans le langage humain, le bonheur.

Certes je n’ai pas connu que douceur, chaleur et joie de vivre lorsque j’étais encore parmi les hommes, et ces derniers ne sont pas tous, loin s’en faut, des modèles de bonté ou de compassion. J’ose même affirmer, après ce que j’ai vécu auprès de la plupart d’entre eux, que la méchanceté est la chose la plus partagée par cette même espèce qui se croit pourtant au-dessus de toutes les autres, qui se croit, on ne sait trop pourquoi, élu parmi les élus alors qu’elle est capable des pires atrocités et qu’elle est la plus destructrice. Il n’y a qu’à voir tout ce que les hommes se font entre eux et tout ce qu’ils font subir à la nature et aux animaux, pour se rendre compte qu’il s’agit d’une race malfaisante.

En fouillant dans les tréfonds de ma mémoire, le premier visage qui me revient parmi tous ceux que j’ai aimés, est celui de mon maître, ce parangon de bonté et de générosité…Sa femme et ses enfants étaient à son image, et à eux cinq, ils formaient la plus charmante famille qu’il se fût donné de connaître dans l’île, je dirais même dans toute la ville de Ndar. La maison de mon maître n’avait rien à voir avec ces laides bâtisses tape-à-l’œil, construites par les nouveaux riches et parvenus de Ndar, qui gâchaient le paysage par leur mauvais goût…

La chienne chocolat au lait devint folle de moi. Elle ne put plus se passer de mes étreintes et vint s’ajouter au nombre incalculable des chiennes de mon harem. Je fis d’elle ma favorite car non seulement c’était de loin la plus belle, mais de plus elle était d’une fidélité à toute épreuve, contrairement aux chiennes ordinaires toujours prêtes à se donner au premier cabot venu lorsqu’elles sont en chaleur…

Mon maître avait une sainte horreur des donneurs de leçons et des objecteurs de conscience, si nombreux dans la société où il vivait. Instinctivement, je partageais la répulsion de mon maître à l’endroit de ces gens se croyant investis d’une mission divine, et qui ne sont en réalité que de parfaits hypocrites. Je me souviens comme si c’était hier du jour où mon maître avait éconduit, poliment mais fermement l’un de ces pharisiens, véritable rat de mosquée. L’homme, qui ne manquait pas d’air avait même tenté de le convaincre de se joindre aux fidèles qui fréquentaient assidûment la mosquée du quartier, afin de bénéficier des bienfaits que procure la prière en commun. (Car, pour lui) il est du devoir d’un bon musulman de maintenir sur le droit chemin ceux qui s’en éloignent et que Satan cherche à égarer… ». Monsieur le chien nous fredonne, ici, une rengaine bien connue…

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Observateur passionné de l’homme, de son comportement et son environnement, dans quel autre métier que la photographie Matar Ndour aurait-il pu faire ressortir sa sensibilité artistique et culturelle qui s’est manifestée d’abord dans la sculpture et la confection des calebasses. Photographe à la vocation culturelle, il nous plonge dans un univers rempli d’émotions et de rites culturels.

Les photos de Matar Ndour sont une rencontre heureuse d’un photographe avec son monde aux valeurs et réalités aussi différentes les unes les autres. Dans son objectif, des minorités aux patrimoines de plus en plus menacés, pour les transposer dans la photographie afin que le temps fugitif ne les classe dans les tiroirs de l’oubli.

En dehors d’un contenu humain et mobilier, sa maison se confondrait à une galerie d’exposition de photographie. Au seuil de la porte d’entrée, des photos de personnes en mouvement joliment floutées vous accueillent. Un flou désiré et maîtrisé. Dans le salon, pareil décor. Portraits et photoreportages s’entremêlent et éclipsent tout autre décor qu’il soit en fleurs ou en mobilier. Immersion dans le milieu d’un photographe aux œuvres remplies d’histoires de minorités ethniques.

« Exposition à domicile »
Les quatre coins de son salon portent les empreintes de son obsession culturelle, artistique et esthétique envers les minorités ethniques du pays. Dans son « exposition à domicile », il a décidé de transposer la cérémonie de « Nianetioural » en pays Bédik, notamment à Batantata. Une festivité de femmes mariées qui a lieu tous les quatre ans et au cours de laquelle elles chantent, dansent et pleurent, s’interrogeant sur leur devenir d’ici la prochaine fête. Seraient-elles divorcées entre-temps ? Seraient-elles mortes ? Autant de questions auxquelles seul le Dieu de l’univers pourra répondre. Le grand portraitiste, lui, ce qu’il peut faire, c’est arrêter ses moments de sensualité et d’émotion dans le temps et dans l’espace en mettant le focus sur une dame dont la coiffure témoigne son statut de femme mariée. S’appuyant d’une main sur son bambou, symbole de la longévité et de la fertilité qu’elle déposera dans le bois sacré, elle figure dans un plan de film à hauteur d’homme. Des points focaux sur son visage pris de profil, sur les concessions et sur son bambou. Des éléments constitutifs dans son viseur pour donner une écriture à chaque élément. Lecture agréable d’une image qui raconte des vies, des valeurs dans un contexte particulier culturellement. À côté, un autre portrait d’une vieille Bédik qui, avec son piercing d’épine de porc-épic au nez, arbore ses boucles d’oreilles et ses colliers en perles qui se perpétuent de génération en génération. « Les femmes qui ont cette épine au nez sont des épouses de chasseurs qui, quelque part, ont fait un exploit », renseigne l’écrivain-photographe. La recherche, un souci qui a guidé son travail de tous les jours. En effet, l’homme aux images parlantes se détache du « goorgorlu » ou de l’amateur de la photo.

Une sensibilité culturelle qui demeure
Sa sensibilité culturelle, il va la traquer durant des années sur chacun de ses clichés, mettant variablement l’accent sur des sujets qui vont en harmonie avec sa volonté acharnée de préserver certaines valeurs culturelles rares voire en disparition. En effet, son actuel projet ethno-photographique s’articule autour des signes et symboles. « Dans nos sociétés africaines, en particulier au Sénégal, tout est signes, symboles et codes tant au niveau des coiffures, des parures que de l’accoutrement. Les couleurs, les démarches, les positions des arbres, des concessions, également », remarque-t-il. Focus à nouveau sur les Bédik, les Bassari, les Cognagui, avec des régions cibles comme Tambacounda et Kolda. Mais également sur la haute Casamance et la moyenne Casamance, la partie sud-est pour des recherches sur les différents cycles initiatiques et sur la royauté. Travaillant avec un socio-anthropologue aiguisant sa sensibilité, enfin l’onomastique, notamment la science des noms dans son objectif, fait ressortir l’effet de la colonisation islamique qui est venue remettre en question celui de la tradition. Lui même est une victime. Matar n’est-il pas son nom arabe au lieu de son Ndiaga ceddo.

A l’école de la rue, le style se veut personnel
Trente ans dans la recherche photographique, par conséquent dans le quotidien de l’homme et tout ce qui a trait à son environnement, le portraitiste diourbellois s’impose d’abord dans le domaine de la photographie industrielle, d'architecture, de la mode et du sport. Un début qui s’éclipse au profit d’une approche personnelle. Il porte ainsi son regard sur les villes de Rufisque, Gorée et Saint-Louis, ainsi que sur des pans significatifs du patrimoine culturel sénégalais, son ambition de tous les jours. Une passion de la photo qui a fini par prendre le dessus sur ses études de comptabilité. Un amour qui, pourtant, avait débuté par un malheureux concours de circonstances, notamment la mort d’un cousin photographe sur qui il avait récupéré l’appareil.

Dans l’œil de la presse étrangère
Un mort qui engendre un photographe vivant débordant de talents avec des projets qui tapent dans l’œil d’organes de presse étrangers. En collaboration avec des journaux locaux et étrangers, notamment avec Libération, Jeune Afrique, Panapress, 7 week-end, il a exposé dans pas mal de galeries et rencontres internationales telles que les 5es Rencontres de la photographie de Bamako ou le festival Breton « Les Arts dînent à l'huile ». Son livre intitulé « La lutte sénégalaise, Sunu cossan », puise dans le sport national en insistant sur la dimension très plastique.

En dehors de ses qualités de grand portraitiste, Matar Ndour est également un photojournaliste. En tant que photographe qui, avant tout, a l’art de transmettre des émotions, ses rencontres avec autrui, plus que l’image, il capte des moments de vie. C’est ainsi qu’il a promené son regard sur des villes de la banlieue de Dakar pour transposer la débrouillardise de ses habitants des zones populaires. Rufisque, l’ancienne ville coloniale où tradition et modernité s'entrecroisent sans pour autant se confronter, témoigne sur son projet « Portrait d’une ville ». Parmi les photos de ce reportage, une qui authentifie le reste des entrepôts du premier port du Sénégal. Le wharf de Rufisque, témoin du commerce bordelais et nantais, revit à travers ses œuvres, chez-lui.

Par Marame Coumba SECK

Grâce à nos chevilles, on peut marcher, courir, sauter, danser... Mais il suffit d'un faux pas pour les blesser ! Comment préserver au mieux cette articulation fragile qui supporte tout le poids de notre corps.

Je renforce mes chevilles
Pour qu'elles soient plus solides et stables, on travaille les muscles situés dans et autour de la cheville avec des exercices à pratiquer le plus le plus souvent possible.

Allongée ou assise, tendre une jambe et bien pointer le pied. Puis dessiner consciencieusement 10 cercles avec le pied en faisant partir le mouvement de la cheville qui reste immobile. Dans un sens, puis dans l'autre. D'abord 1 série de petits cercles, puis une 2ème de cercles un peu plus grand et une 3ème de grands cercles. Recommencer avec l'autre pied.

Autre exercice : monter lentement sur la pointe des pieds et tenir le plus longtemps possible avant de redescendre lentement, 10 fois. Pour aller plus loin, faire l'exercice en instabilité sur un gros coussin, un Waff (coussin gonflable)...

Je les assouplis
Afin de prévenir les blessures et pouvoir être à l'aise sur tous les terrains, il faut assouplir et étirer ses chevilles. Pour le tendon d'Achille (souvent raides chez les sportifs et avec l'âge), on se tient debout sur une marche avec les talons dans le vide.

Inspirer et à l'expiration descendre lentement les talons sous le niveau de la marche jusqu'à ressentir une légère tension à l'arrière. Tenir la position pendant 20 à 30 secondes. Recommencer 5 fois de chaque côté en essayant de descendre un peu plus à chaque expiration.
Autre exercice : facile à faire dans son lit le matin ou le soir, tendre une jambe, pointer le pied et sans bouger la cheville, fléchir lentement le pied vers soi le plus possible. Tenir la position 20 à 30 secondes et revenir au centre. Puis recommencer en fléchissant le pied dans le sens opposé, 10 fois dans chaque direction pour chaque pied.

Je protège mes chevilles
En portant des chaussures à sa taille, pas trop déformées par l'usure et adaptées à son activité : baskets pour courir, chaussures montantes pour une randonnée, souliers confortables pour marcher... Pour la vie de tous les jours, la hauteur de talon idéale est comprise entre 2 et 4 cm.

Bien sûr, on peut porter des talons de temps en temps. Dans ce cas, on peut prévoir d'emporter avec soi une paire de chaussures plates si on sait qu'on doit marcher un peu, ou pour faire une pause au cours de la journée (ou de la soirée). Après le sport ou en cas de long trajet assis (avion, train...), on met des chaussettes de compression (ou de contention) qui assurent un bon retour veineux.

Je les soulage
Vos chevilles sont enflées, chaudes ou un peu douloureuses en fin de journée ? Le premier geste à faire est de les doucher à l'eau froide pendant 2-3 minutes en partant du pied et en remontant jusqu'au genou. Puis on surélève ses jambes pendant une quinzaine de minutes.

On peut aussi leur prodiguer un massage avec une recette hyper efficace pour relancer la circulation sanguine et les faire dégonfler rapidement. Mélanger 1 cuillère à café d'huile végétale de macadamia (ou calophylle) avec 2 gouttes d'huiles essentielles de cyprès et 2 d'hélycrise et appliquer en massage circulaire.

En mai 2013, Aïchatou Mindaoudou a été nommée chef de l’une des plus importantes opérations de maintien de la paix des Nations unies : l’Onuci, en Côte d’Ivoire. Depuis, cette diplômée en droit dirige en toute discrétion plus de 6.000 Casques bleus. Il faut dire que cette Nigérienne de 55 ans maîtrise les arcanes de la diplomatie multilatérale.

Elle fut ministre des Affaires étrangères pendant dix ans (sous Mamadou Tandja), ce qui l’a amenée à présider le Conseil des ministres pour la médiation et la paix de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), avant de représenter l’Onu au Darfour de 2012 à 2013.

« Derrière son sourire quasi permanent se cache une forte personnalité et une intellectuelle d’une grande sérénité. Même quand Kadhafi convoquait des ministres pour les sermonner, elle restait de marbre », se souvenait il y a quelques mois Cheikh Tidiane Gadio, l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères.

Par Oumar BA

Développé par la start-up montpelliéraine Specktr, ce « gant connecté » permet à celui qui l’enfile de contrôler, créer ou mixer sa musique d’un simple mouvement de la main.

« Le gant fonctionne en Bluetooth sur toutes les applications tablettes et smartphones qui permettent de mixer ou de faire du son, confie Thomas Chrysochoos, fondateur du projet, qui a bénéficié d’un financement participatif, il y a quelques mois. Il permet de créer sa musique sans toucher à rien. Juste en bougeant la main et les doigts. » Volume, effet… Rien n’échappe au gant de Specktr, qui a fait sensation lors du dernier salon CES de Las Vegas, référence mondiale en matière de technologie. « Ce sont des capteurs sur les doigts et sur le dos de la main qui permettent de repérer les gestes », note l’ingénieur, passionné de musique assistée par ordinateur depuis plus de 15 ans.

Et si l’envie d’un mini-concerto vous tente à l’heure de l’apéritif, vous pouvez très bien faire fonctionner jusqu’à six gants sur un même appareil. L’entreprise, accompagnée par Cap Omega, a déjà été approchée par des distributeurs partout dans le monde… Patience. Disponibles en précommande, les premiers gants seront livrés en mars. Ils sont disponibles en version grand public (179 euros) ou professionnelle (279 euros), avec plus de fonctionnalités. « Pour les DJ, c’est un vrai plus, qui permet de ne plus avoir le nez sur les platines, et d’interargir plus facilement avec le public », note le créateur.

Par le surfeur

Les vagues d’émigrants ghanéens continuent de déferler sur Elinkine, la pointe de la terre la plus proche des îles de Carabane, de Diogué, Windaye, Kassouam, Sifoka, Eyidje, Djissor... Au fil des années, d’autres ont fait un regroupement familial dans ce havre de paix balayé en permanence par un vent fluviomaritime adoucissant les températures. Mais ce sont les eaux poissonneuses qui sont à l’origine de la ruée des pêcheurs et des mareyeurs venus de la Côte-de-l’Or, l’ancien nom du Ghana vers Elinkine après des détours dans d’autres localités pour la plupart d’entre eux.

Ses cheveux sont défrisés. Son mince visage et le fond blanc de ses yeux ne trahit pas sa jeunesse. Le jeune Abdoul Kalile est au milieu de sa bande, dans le salon de coiffure d’un de ses Elinkine 2amis sénégalais, Aliou Diallo. Pantalon jean, T-shirt blanc orné de motifs noirs et blancs, Abdoul Kalile ne laisse guère deviner qu’il est le dernier Ghanéen à débarquer à Elinkine. Sur cette rue, très fréquentée, le jeune se sent bien chez-lui. « Live is normal. Elinkine is a beautiful place », glisse Abdoul Kalile. Il n’a fait que 3 mois dans ce village. C’est grâce à sa grand-mère qu’il a découvert ce grand quai de débarquement. L’étudiant ne tarit pas d’éloges sur la beauté du site, l’ouverture des autochtones. Il est sous le charme du site fondé par la commerçante venue de la Sierre-Léone, Elène King, qui est devenu par déformation Elinkine, selon une des versions de la toponymie donnée par le chef de village Frédéric Sambou. « Je suis séduit par tout, l’ouverture d’esprit des communautés, l’ambiance dans des dancings. Ce village fait partie déjà de ma vie. Elinkine n’est pas inconnu au Ghana  », s’exclame Abdoul Kalile. Une ruelle sépare le salon de la maison louée par les femmes ghanéennes. Elles sont deux sur la véranda. L’une fait rôtir l’oignon dans une poêle. La doyenne, Adjouva Fothi, 55 ans, vient de fêter ses 25 ans de présence à Elinkine. Sa famille compte 5 membres. Sa fille, Obi Yebouh, est venue pour les fêtes de Noël. L’étudiante de teint clair, au sourire accrocheur, n’est pas à sa première visite. Elle s’y rend régulièrement pour ses vacances. « Je suis étudiante dans une université en Gambie. Je passe de façon régulière mes vacances à Elinkine. Ce n’est pas parce que ma mère y réside. Mais je sens quelque chose ici, que je ne retrouve pas ailleurs », confesse l’étudiante. Si les deux femmes sont un peu méfiantes, la doyenne, Adjouva Fothi, partage sa vie, dans sa terre d’accueil, de façon laconique en wolof. « Fi Diam rek, la gni am. Gnou ngui am sunu soutoureux », s’exprime la cinquantenaire qui veut dire en français « Nous avons la paix et nous parvenons à subvenir à nos besoins ».

De l’autre côté de la ville, sur les aires de séchage, des jeunes à la tête couverte, ou enroulée dans des foulards sont en pleine labeur. Certains soulèvent des sacs de poissons fumés qu’ils déposent sur la tête des autres. Ces derniers déploient leur force pour le projeter dans un camion immatriculé au Ghana. Un autre groupe se charge d’arranger des sacs. C’est un travail à la chaine. On se raille. L’aire de séchage est plongée dans l’effervescence. Plus d’une centaine de Ghanéens, hommes, femmes, jeunes filles et garçons est au quai. Toute la communauté s’est donnée rendez-vous au quai de débarquement pour le chargement de leurs poissons fumés. Le sage Essein Essein a bouclé ses 40 ans de présence en Casamance, entre la terre et les îles aux larges de la Casamance. « Elinkine, c’est notre terre de paix et de bonheur. Nous vivons en parfaite harmonie avec des Sénégalais. C’est l’essentiel. Chaque année, d’autres Ghanéens nous rejoignent. C’est la preuve que nous sommes bien intégrés », témoigne Essein Essein.

Une forte présence des femmes
Sous l’ombre portée d’un des hangars, une vingtaine de femmes prennent l’haleine. Elles veillent sur l’embarquement de leurs sacs. Depuis qu’elles ont débarqué à Elikine, leur agenda est dominé par la transformation des produits halieutiques. Dans cette foule, certaines ne cachent pas leur rapport avec leur terre d’accueil. « Nous sommes ici parce que nous avons notre business », dit Efou sans gêne. Comme le niveau de la mer, leurs activités sont sujettes à des fluctuations. A une période de l’année, ces dames sont dans le creux de la vague. Dans d’autres, elles s’en tirent à bon compte. Tout compte fait, l’exportation du poisson séché nourrit bien les Ghanéens. « Parfois, les recettes sont maigres. Mais il arrive qu’une personne empoche plus de 300.000 FCfa après la vente de ses poissons au pays. Plus vous exportez, plus vous gagnez de l’argent », reconnaît Badou Koffi, âgé de 35 ans dont 18 passés à Elinkine. Ce créneau porteur de richesse a entrainé la ruée vers Elinkine. La rareté des ressources halieutiques ne dégonfle pas les flux migratoires. C’est l’Eldorado pour certains. « Au Ghana, c’est connu qu’il y a une forte communauté de Ghanéens à Elinkine, à Kafountine et qui fournissent le poisson séché au marché du Ghana. C’est cela qui a déclenché la ruée vers Elinkine et Kafountine », analyse Badou Koffi.

Itinéraire non linéaire
Les flux ne sont pas linéaires au fil des années. Il y a plus de 20 ans, les premières colonies s’étaient installées d’abord en Gambie. Au gré de leur campagne de pêche, d’autres ont jeté l’ancre dans l’île de Diogué, aux larges de Carabane à quelques nœuds d’Elinkine. Ils quitteront cette île après une attaque perpétrée par des combattants du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc). « De nos jours, certains font venir directement leurs proches. Les premiers Ghanéens qui se sont établis à Elinkine ou Kafountine sont passés par la Gambie. Actuellement, ce n’est plus le cas. Ceux qui sont là, font venir directement leurs proches. D’autres sont à l’aventure, à la découverte de ces sites qui approvisionnent leurs marchés », témoigne un doyen. Les flux migratoires ne cessent de s’amplifier, augmentant la pression sur les ressources halieutiques qui se raréfient. Sur la route principale, une école ghanéenne prend en charge la scolarisation des enfants nés au Sénégal d’origine ghanéenne.

Dans ce village fondé par une émigrée, certains émigrés se posent la question légitime : leurs enfants qui ont vu le jour au Sénégal sont-ils des Sénégalais ou des Ghanéens ? « Tous mes 5 enfants sont nés à Elinkine. Moi, je suis Ghanéen, mais je ne sais pas dans quel pays ils accepteront de vivre ? », s’interroge Koffi Abam ? Les descendants de ces émigrants connaissent mieux les réalités sénégalaises que celles du pays d’origine de leurs parents. Mais les Ghanéens ne sont pas la seule communauté étrangère à Elinkine. A l’entrée, de belles villas, des campements s’intègrent harmonieusement entre les vases, et les berges de mangroves. L’excursion s’est transformée en résidence pour ces Français qui chantent et vantent la beauté du village peu connu des Sénégalais. « J’ai fini par m’installer, à Samatite parce que j’aime la vie au village. J’y pratique l’apiculture et je gère un campement qui est plein jusqu’au mois de mars. Les touristes viennent pour la pêche, les excursions dans les nombreuses îles », raconte le Français Dominique Pracherstorfer. Son compatriote, Jacques Pavageot est tombé sous le charme de la splendeur de la nature. C’est vrai, Elinkin est un écrin de beauté posé sur la pointe la plus avancée en direction de la perle d’îles sur l’embouchure du Fleuve Casamance.

Par nos Envoyés spéciaux Maguette NDONG et Idrissa SANE (textes)
et Assane Sow (photos)

Rigueur perdue

16 Jan 2017
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Imaginons un jeune élève d'aujourd'hui en adulte. On lui a tellement ressassé son appartenance musulmane, confrérique et ethnique qu'il y a non seulement cru, mais s'est évertué à la défendre aux yeux de tous ceux qui ne partagent pas ces valeurs avec lui. Il réagit exactement comme ses profs, eux aussi formatés comme lui. Et n'allez surtout pas lui dire qu'il a été aliéné par leur vision du monde. Son père l'a toujours encouragé à être respectueux de ses aînés et à éviter de mettre en doute leur parole. L'école lui a également appris que ses libertés personnelles sont si superflues qu'elles ne peuvent être que clandestines. Chômeur par intermittence, il essaie de s'en sortir. Faire du deal de hasch par-ci, de la vente de CD piratés par là…

Ça s'appelle le système D. Son initiation à ce monde parallèle qui l'aide à braver l'inégalité des chances et à gagner une petite place au soleil, il l'a reçue sur les bancs du collège. Tricheur impénitent, son voisin de table est aujourd'hui un grand fortuné. Il ne l'envie pas. Chacun son sort, se dit-il. Est-il fataliste, résigné ou tout juste fatigué ? Il n'y pense même pas. Il vaut mieux ne pas trop réfléchir, lui dit toujours cet ami qui fonctionne avec le même logiciel. Tous deux ont perdu le sens de la rigueur très tôt, à l'école. Et ils ne le savent même pas.

Par Sidy DIOP

Dakar serait dénué de charme, en l’absence de cars rapides, note un touriste aguerri qui connait bien la capitale sénégalaise. Cela fait déjà une bonne cinquantaine d’années que ces cars dits rapides desservent la banlieue dakaroise. Mais, qu’en est-il du traitement de ceux qui arpentent journellement ses marche-pieds, communément appelés « apprentis » ?

Vendredi 8h, nous sommes à bord d’un « car rapide ». Ces véhicules de transport parés de leurs couleurs emblématiques faites de jaune et bleue, symbole incontournable du transport urbain à Dakar. Ce florilège du véhicule utilitaire de la marque française, dont le stock est épuisé depuis belle lurette, continue de desservir la banlieue dakaroise.

L’intérieur de notre « rapide » est un espace d’exposition de photos de stars du moment et de plusieurs autres centres d’intérêt du Sénégalais. Inscriptions coraniques et amulettes constituent également l’ornement des rapides où l’on découvre des photos de footballeurs, de chanteurs, de lutteurs, de chefs religieux. Bien entendu, des avertissements vains mettent en garde les passagers : « Défense de cracher », « Défense de fumer » ou « Défense de parler au chauffeur ». Sur les flancs du véhicule des messages issus du Coran, sont perceptibles «Alhamdoulilah» (Dieu merci), «Beugue Fallou» ou « Bonne Mère ». Les incantations pour se préserver contre les mauvais sorts ou le mauvais œil (« Nélen car ») ne sont pas en reste. A bord du car rapide, se dégage un syncrétisme religieux qui intègre des croyances différentes. Le car rapide propose le plus souvent une vingtaine de places assises, dont trois à côté du conducteur, dix dans la cabine intermédiaire appelée parfois « le salon » et dix autres des deux côtés de la longueur du véhicule en arrière. Au-delà des croyances religieuses, les décorations sur les «cars rapides» mettent en avant des événements historiques. On y célèbre les résistances locales Lat Dior, le roi du Cayor, Aline Sitoé, Alboury Ndiaye…

L’apprenti, chef du fil conducteur
L’apprenti, debout sur le marchepied, incarne le panneau de direction et déroule l’itinéraire souvent avec une multitude de petites étapes dans le but volontaire de faire payer le client plusieurs fois. « Passe », dit-il, à chaque étape, en claquant des doigts, exhibant sa trousse garnie de pièces. Il renferme précieusement entre ses doigts, des billets de banque soigneusement pliés. Non content de se tenir sur le marche-pied, l’apprenti fait en réalité office de maître séant. C’est lui qui, au grand dam du chauffeur, décide des différents points de déversement et d’arrêt. N’en déplaise à l’usager, il n’en a souvent cure. Une situation qui entraîne souvent d’ailleurs des spectacles d’accrochages entre usagers et apprentis. « Ce sont les aléas du métier », note Ibra Fall. Le jeune homme, tout juste âgé de 15 ans, fait office d’apprenti depuis bientôt trois ans. Les multiples tentatives de ses parents tendant à le dissuader à embrasser l’activité d’apprenti chauffeur se sont avérées toutes vaines. Son père lui-même chauffeur de rapide voulant un autre destin à son rejeton. «Papa a tout fait pour que je reste à l’école, d’autant plus que je n’étais pas un mauvais élève », relève le jeune longiligne, habillé d’un jean déchiré et d’un tee shirt rouge. Le jeune homme qui assurait se rendre à l’école se plaisait en réalité à faire le tour des gares routières des rapides, afin d’accompagner les apprentis reconnus. C’est lorsque son pater a fini par comprendre que rien n’y faisait qu’il s’est résolu à laisser son fils pleinement s’adonner à cette activité. Ibra travaille maintenant avec un des amis de son père, chauffeur de rapide. Il est tenu, à la fin de la journée, de lui verser 15.000 FCfa. Lui, l’apprenti se contente de 3.000 FCfa au quotidien. Cette somme semble suffisamment convenir au jeune homme à peine sorti de l’adolescence. « J’arrive, avec ses trois mille, à largement subvenir à mes besoins », note-t-il. Il fait vite d’énumérer le mécanisme de partage « les 1.500 FCfa reviennent à ma mère, avec les autres 1.500 FCfa, je fais ce que je veux », note-t-il. Ibra a de la chance, son patron, en reconnaissance des relations qui le lient à son père, prend entièrement en charge son alimentation journalière.

Magal, le record des affluences
Avec l’état de délabrement avancé des minibus dakarois dont certains ont plus de trente ans, la décoration soignée des « cars rapides » est devenu un « cache-misère ». Les « cars rapides » arborent une décoration soignée marquée par un esthétisme «Original», fait de couleurs vives. Par une approche de créativité dont eux seuls détiennent le secret, les mécaniciens locaux ont su en faire un pur produit de l’expertise locale. Rafistolé puis décoré, le véhicule s’estampille de nouveaux atours et prend les couleurs jaune et bleue qu’il arbore fièrement. La voiture de Samba Niang fait partie de ce lot de véhicules. L’homme âgé de 50 ans a horreur des « défaillances ». Malgré l’âge avancé de sa voiture (ces véhicules servent le trafic urbain depuis une cinquantaine d’année déjà), il tient à sauver les apparences. L’approche du « Magal » jouant, sa voiture est retournée au garage. « Le Magal est une occasion privilégiée pour faire d’énormes gains », note-t-il. Le Magal passé, par exemple, Samba avait battu le record de ses gains. « Avec un autre collègue chauffeur, nous avons gagné 100.000 FCfa chacun, et nos deux apprentis se sont retrouvés avec 30.000 FCfa chacun », se rappelle-t-il le visage radieux. Cette année, il ne se fera certainement pas prier pour, à nouveau, emprunter la route de Touba. « Costaud et endurant », il est persuadé que son véhicule, malgré l’âge avancé, fera l’affaire.

Il est très rare de voir un apprenti chauffeur âgé. Ils sont le plus souvent de simples adolescents. Cela s’explique, selon Mansour Gaye, chauffeur au garage à Fass Mbao. « L’apprentissage du métier de chauffeur passe par l’étape des marche-pieds », souligne-t-il. En réalité, tout rêve d’un apprenti ambitieux, c’est de devenir lui-même un jour chauffeur. Or, pour disposer d’un permis, la majorité d’âge est requise. A l’en croire, le marche-pied n’est qu’une étape de parcours. Il se souvient encore avec nostalgie cette étape déterminante d’apprenti qui a fait de lui un chauffeur. « Je gagnais 2.000 FCfa par jour, mais cela me suffisait largement », souligne-t-il. Et aujourd’hui, combien gagne le chauffeur ? Sourire aux lèvres, il refuse d’avancer l’exactitude de la somme. « Je gagne nettement plus, mais bien nettement, toutefois, chose curieuse, j’étais mieux organisé avec les 2.000 FCfa que maintenant ». Un paradoxe qui ne s’explique point. Symbolisant pourtant les ombres et tares de la société sénégalaise, la place des « cars rapides » risque hélas d’être de plus en plus à la fourrière, amenant avec lui son flot « d’apprentis ».

Par Oumar BA

Expert de l’éducation, il a capitalisé plus deux décennies d’expériences dans le secteur aussi bien formel que non formel. Focus sur le parcours d’un infatigable militant de l’éducation pour tous et de la promotion des langues locales.

Ayant capitalisé plusieurs années d’expérience dans l’alphabétisation depuis son Nguidjilone natal, notamment dans l’Association culturelle Fedde Pinal, au cabinet de l’alphabétisation et des langues nationales avec le projet ‘’Papa’’ d’Enda Graf, il est aujourd’hui à la tête de la coordination nationale des opérateurs en alphabétisation tout comme à la Coalition africaine pour l’alphabétisation. Fervent militant de l’éducation pour tous, il plaide pour la réintégration des exclus du système mais aussi pour la promotion des langues nationales. Un combat qu’il défend si bien dans les institutions nationales comme internationales avec un coup de pouce d’artistes comme El Hadji Baaba Maal. « C’est avec un plaidoyer fort qu’on peut influencer les décideurs pour une meilleure prise en compte des questions éducatives dans la définition et la mise en œuvre des politiques », défend Silèye Gorbal Sy. Si le sous-secteur de l’alphabétisation, en effet, est un champ ouvert à des initiatives diverses, on le doit bien à l’homme de la stratégie du « faire-faire » qui, depuis la rencontre africaine sur l’alphabétisation tenue à Bamako en 2007, tient à ce qu’on attribue 3 % du budget de l’éducation à l’alphabétisation et à l’éducation non formelle.

S’adapter aux technologies nouvelles
Au-delà de l’enseignement traditionnel consistant à acquérir des connaissances de base, ce Halpoular né d’une famille d’instituteurs prône une alphabétisation qui épouse l’évolution technique des sociétés, notamment celles de l’information et de la Communication.

Très au fait des innovations dans l’alphabétisation sur le plan sous-régional, régional et international, à la suite d’une mission au Canada, il a mis en place en partenariat avec un Canadien, une structure dénommée ‘’Boîte à innovations’’ pour mieux alphabétiser et à moindre coût, à travers les technologies de l’information et de la communication. Des moyens grâce auxquels il compte construire un monde instruit. Pour faire bien passer son message de plaidoyer, Silèye Gorbal Sy développe des partenariats avec des Institutions nationales comme l’Assemblée nationale et le Conseil économique, social et environnemental mais aussi dans les institutions internationales comme le Parlement européen où il défend farouchement l’envoi et le maintien des filles à l’école.

Par Marame Coumba Seck

Certes, la chef de la Commission de l’Union africaine (Ua) n’est pas épargnée par les critiques. Mais ce qui lui est reproché souligne, en creux, son influence. Ainsi, Nkosazana Dlamini-Zuma, 65 ans, ne s’impliquerait pas assez dans la résolution des crises (notamment en Afrique de l’Ouest et en particulier dans la lutte contre le virus Ebola) car son véritable objectif serait de succéder à son ex-mari, Jacob Zuma, à la présidence sud-africaine en 2019. La petite phrase lâchée par ce dernier en avril dernier – l’Afrique du Sud pourrait être dirigée par une femme "plus tôt qu’on le pense" – a d’ailleurs donné corps à cette hypothèse. D’autant que son mandat à l’Ua prend fin en 2016, soit juste à temps pour se lancer dans la bataille pour l’investiture du Congrès national africain (Anc), où son poids est très important (elle a été ministre sans interruption de 1994 à 2012).

À supposer que telle soit son intention, son poste actuel lui permettrait de parfaire sa stature internationale pendant de précieux mois. Au cours de cette période, les chefs d’État du continent, dont certains sont tentés de modifier la Constitution de leur pays pour se maintenir au pouvoir, pourront sans doute compter sur son soutien. En octobre, n’a-t-elle pas déclaré sur Radio France internationale (Rfi) ne voir aucun inconvénient aux changements constitutionnels consensuels ?

Par Oumar BA

La mauvaise haleine, autrement appelée halitose, n'a rien d'un phénomène mystérieux. On connaît précisément sa cause immédiate : elle est due à la présence de composés soufrés, notamment d'hydrogène sulfuré et de méthylmercaptan, qui donnent à l'haleine une odeur d'œuf pourri.

Premières responsables : des bactéries
Neuf fois sur dix, l'origine de la mauvaise haleine est buccale. On pense que des bactéries s'accumulent dans les sillons creusés par les papilles, sur la partie postérieure de la langue. Ce sont ces bactéries qui produisent des composés soufrés extrêmement volatils, qui s'échappent dans l'air expiré. La présence de ces bactéries explique également la mauvaise odeur matinale. La salive étant moins abondante durant la nuit, elles ont tendance à s'accumuler. Le simple fait de se lever, de boire ou de prendre son petit-déjeuner suffit généralement à les éliminer ainsi que l'odeur dont elles sont responsables.

Il reste à savoir pourquoi certaines personnes produisent en abondance des composés soufrés et d'autres non. Le mauvais état des gencives, la présence de grosses caries ou un traitement obturateur défectueux peuvent provoquer l'accumulation des bactéries et débris alimentaires. Ainsi si vous avez l'impression que votre haleine a changé subitement de manière désagréable, la première étape est certainement d'aller rendre visite à votre dentiste, afin de vérifier l'état de vos dents et de vos gencives et de traiter les éventuelles caries. Celui-ci pourra vous donner également des conseils d'hygiène, notamment si vous avez une parodontite, inflammation des gencives entraînant la formation de poches entre les dents et les gencives, où s'accumulent les débris alimentaires.

Se brosser la langue
Mais le plus souvent la mauvaise haleine se développe sans cause précise, même chez des personnes ayant une hygiène dentaire correcte. On ne peut plus guère que conseiller quelques règles d'hygiène. Se laver les dents après chaque repas, utiliser le fil de soie dentaire le soir, pour éliminer les débris alimentaires entre les dents, est le minimum indispensable. Mais il est recommandé également de se brosser la langue, notamment sa partie postérieure, où les papilles sont les plus marquées, pour éliminer les bactéries. Des grattoirs à langue, en vente dans les pharmacies, peuvent aussi être employés, voire une petite cuillère. Gencives, intérieur des joues et palais doivent également être brossés, de manière à chasser les bactéries.

Les bains de bouche rafraîchissants, à base d'huiles essentielles (eucalyptus, menthe..) ne font que masquer quelques minutes la mauvaise odeur. Les bains antibactériens, à base de chlorhexidine, par exemple, ne sont pas conseillés en usage régulier, en raison de leurs effets secondaires. On leur a reproché notamment d'accroître le risque de cancer de la bouche. Ces bains ne peuvent en aucun cas remplacer les soins d'hygiène dentaire.

Eviter la bouche sèche
Le chewing-gum, les pastilles et autres sprays ont également un effet masquant très éphémère. Mais les premiers ont l'intérêt de faire saliver. Or on sait qu'une bouche sèche augmente le risque de mauvaise haleine.

Certaines maladies peuvent diminuer la sécrétion de salive. C'est également le cas du tabac, qui apporte, en outre, son odeur particulière.

Odeur de poisson
D'autres causes de mauvaise haleine sont bien connues. Une particularité génétique peu fréquente, récemment identifiée, la triméthylaminurie, est responsable d'une odeur de poisson. Malheureusement il n'existe pas de remèdes réellement efficaces. Certaines maladies banales, telles que des infections ORL, sont causes de mauvaise haleine. Mais celle-ci est transitoire et disparaît avec la guérison de l'affection. Quant aux affections chroniques responsables d'halitose, telles que l'insuffisance rénale, il s'agit de situations beaucoup plus rares et bien particulières. Enfin, certaines personnes ont la hantise d'avoir une mauvaise haleine, alors que ce n'est pas le cas. L'halimètre peut, dans ces cas, les rassurer.

Dépression post partum

13 Jan 2017
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Etre descendante de Hawa (Eve) vous prédispose à la dépression. C'est en tout cas ce que disent les chiffres : les femmes sont sujettes aux troubles dépressifs deux fois plus que les hommes. Ceci, même pendant leur grossesse, quand elles devraient être aux anges. 12 à 13 % des femmes enceintes souffriraient de dépression pendant leur grossesse. Après l'accouchement, cela ne s'arrange pas. Dans 20 % des cas, les mamans souffrent de dépression post-partum six mois à un an après leur accouchement. Derrière ce mot barbare, une maladie profonde à ne pas confondre avec le baby blues qui survient après l'accouchement et disparaît assez vite. Même les indices de développement humain dépriment les femmes. Selon la Banque mondiale, la dépression est la maladie la plus fréquente chez les femmes dans le monde. La situation est aggravée dans les pays pauvres par les conditions socio-économiques et le statut des femmes. Le profil à risque selon la Banque Mondiale : femme mariée, au foyer, analphabète, de bas niveau socio-économique. Ou le portrait-robot de la majorité des Sénégalaises.

Par Sidy DIOP

Fallou Diop : Penchant mobile

13 Jan 2017
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Le téléphone portable est devenu, aujourd’hui, un véritable phénomène dans notre société. Hier, objet de toutes les convoitises, il était hors de portée du commun du Sénégalais moyen. Seule une élite de nantis, de privilégiés, pouvait posséder ou offrir des portables. Aujourd’hui, comme pour la plupart des Sénégalais, le portable appartient bien au quotidien de Fallou Diop. Ce dernier ne lésine pas sur les moyens en cas de nouvelle offre sur le marché.

Pour Fallou Diop, le téléphone portable est avant tout un phénomène de mode, il évolue continuellement en fonction des besoins du consommateur. « Les portables font appel à des technologies récentes qui évoluent très vite. Il en est de même pour les ordinateurs. Ainsi, au bout de deux ans, un téléphone va paraître complètement dépassé par ses fonctionnalités », explique ce fou du mobile scotché au volant de sa voiture. A côté de sa chaise, deux appareils de marque Samsung S5 et d’un IPhone 6. Tantôt le téléphone collé à l’oreille, en conduisant d’une main, ignorant les exigences de la prudence la plus élémentaire.

Le rendez-vous est pris en ce jour de lendemain de Noël, direction une boutique Tecno mobile de la place pour s’offrir l’un des produits phares de Tecno Telecom en mode sur le marché. Derrière les baies vitrées, des objets de tous genres installés. Face à l’embarras du choix, Fallou n’a pas mis du temps à porter son choix sur la Tecno Phantom 6 qui est le produit phare de Tecno Telecom pour l'an 2016. Un smartphone qui tourne sous Android 5.1.1 Lollipop, une caméra principale de 13 Mégapixels, une caméra secondaire de 8 Mégapixels, une Ram de 3 Go, 32 Go d'espace de stockage et une batterie en parfaite autonomie, lit-on sur la boite qui couvre l’appareil.

« C’est exactement le profil que je cherchais », dit-il. En effet, pour posséder cet appareil mobile « tant convoité », il faudra débourser une somme d’environ 140.000 FCfa. Fallou n’a pas hésité à mettre la main à la poche. Pour lui, la somme déboursée n’est pas importante, l’essentiel, c’est de posséder l’un des produits phares de Tecno mobile. La passion de ce professeur de mathématiques pour le mobile ne se limite pas là. Il fait tout pour s’offrir un appareil haut de gamme, profitant ainsi de ses avantages, notamment ses applications. « Plus sérieusement, les possibilités technologiques des téléphones portables croissent de manière exponentielle, d'où la nécessité, si l'on veut profiter des dernières avancées de téléphonie mobile, de changer régulièrement de terminal », explique Fallou, pressé de découvrir son nouveau joyau.

Au total, dix cellulaires utilisées en l’espace de cinq ans, soit un ratio d’un portable tous les six mois. Ces statistiques montrent ô combien Fallou est un véritable consommateur de téléphones portables, pour reprendre ses propres termes.

Une dizaine de marques en l’espace de cinq ans
A l’époque du Motorola au Tecno mobile actuel en passant par Nokia, Samsung entre autres, il a connu tous genres de cellulaires qui ont fait la une du marchémobile. « Je ne peux pas utiliser un téléphone portable pendant une certaine durée, maximum deux ans, puis je m’en débarrasse », affirme Fallou, la trentaine révolue. Ces téléphones, une fois utilisés en une courte durée, sont souvent revendus ou offerts. « La plupart des téléphones que j’ai eu, je les offre à un membre de ma famille. Il m’arrive, parfois, de les revendre. Et avec une petite somme ajoutée à la transaction, j’obtiens un appareil neuf », poursuit Fallou Diop. Entre lui et le mobile, c’est une histoire d’amour fondé dans l’éternité. Les avancées technologiques comme l'intégration de nouvelles fonctionnalités ou de meilleures qualités (appareil photo intégré, lecteur mp3, vidéos possibles, etc.) poussent ce professeur de mathématiques à adhérer davantage au mobile. Mais pas question de se laisser emporter par les folies du mobile au point de perdre la concentration sur les cours.

Par Aliou FAYE (stagiaire)

Cette fois, c’est la fin. Pour Yahoo ! et pour sa PDG Marissa Mayer. Lorsque la vente du cœur de métier de l’ancien géant d’Internet à l’opérateur de télécoms Verizon sera finalisée, à hauteur de 4,8 milliards de dollars, une nouvelle entreprise naîtra, Altaba, son conseil d’administration passera de onze à cinq membres, et Marissa Mayer partira.

Le dernier chapitre d’un feuilleton, débutée comme une success story pour se terminer en mission impossible. Lorsqu’en juilllet 2012, Marissa Mayer, 37 ans dont 13 chez Google, devient la numéro 1, elle est présentée comme une surdouée, une workaholic,la femme la plus puissante de la Silicon Valley. S’il existe une personne dans le world wide (web) pour sauver Yahoo !, c’est elle. Car le groupe pionnier des Internets va mal, la faute aux Google et Facebook.

Trop de rachats
En l’an 2000, Yahoo ! valait 128 milliards de dollars. Et douze ans plus tard ? A peine 20 milliards. La première mission de Marissa était donc de sortir du rouge et de retrouver la croissance. Ce qui n’arrivera jamais. Pourtant, en 2015 par exemple, le chiffre d’affaires est en hausse de 7,6 %, à presque 5 milliards de dollars, mais une fois déduits les revenus reversés à des partenaires, il se révèle en recul.

Dépenser sans compter. Trois milliards de dollars, c’est la somme que la « golden girl » a lâchée pour s’offrir une trentaine de start-ups, à même d’assurer l’avenir de Yahoo ! Aucune ne donnera le change, surtout pas Tumblr, offert pour 1,1 milliards et évalué aujourd’hui pour à peine 230 millions. En revanche, Yahoo ! n’a pas réussi à réinvestir le champ de la vidéo, une de ses priorités, avec les acquisitions avortées de Dailymotion ou Hulu. Conséquence, le groupe a été obligé de mettre en place un plan de la dernière chance, avec suppression de 15 % de ses effectifs, fermeture de nombreux bureaux à travers le monde, arrêt de certaines activités et focus sur trois de ses plateformes : Yahoo Search, Yahoo Mail et Tumblr. L’idée était d’économiser 400 millions, mais cela ne suffira pas.

Piratages monstres
Coup de grâce, Yahoo ! a vu son image de marque se dégrader au fil des années, des concurrents (Facebook, Google…) et des scandales. En septembre dernier, l’entreprise annonce qu’elle a été victime d’un pirate fin 2014. 500 millions de comptes utilisateurs sont concernés. Trois mois plus tard, rebelotte et pire : « Yahoo pense qu’une tierce partie non autorisée a volé, en août 2013, des données liées à plus d’un milliard de comptes. » Soit le plus gros vol de données utilisateurs de l’histoire.

Le bad buzz intervient en pleines négociations entre Yahoo ! et son acheteur Verizon. Ce dernier aurait demandé alors « une ristourne ». Quant à Marissa Mayer, Nicholas Carlson, auteur de Marissa Mayer and the Fight To Save Yahoo !, tempère son échec : « Sauver Yahoo ? Il n’y avait peut-être personne pour le faire. »

Omar Victor Diop est un afro-optimiste convaincu. Ce photographe sénégalais est sollicité de toutes parts. Il est né en 1980 en France. Son travail est plébiscité de Dakar à Paris, en passant par Arles. Il a 32 ans quand il annonce à sa famille que le seul objectif qui compte désormais pour lui, c’est la photographie. Conçue en 2014, la série Diaspora le place définitivement sur orbite. Pour la première fois, Omar Victor Diop se met en scène en incarnant des personnages célèbres ou oubliés de la diaspora africaine du XVe au XIXe siècle, période où les seules formes d’interaction entre l’Europe et l’Afrique semblaient se résumer à l’esclavage et la colonisation. C’est que son succès a été fulgurant. A peine deux mois après avoir commencé la photographie, il expose aux Rencontres de Bamako en 2011. Tout va très vite après : Biennale de Dakar, Rencontres d’Arles, galerie André Magnin. Depuis, il est devenu la coqueluche des collectionneurs internationaux. Au point que le groupe de spiritueux Pernod Ricard lui a demandé de réaliser les photos de ses employés basés en Afrique pour son rapport annuel 2015-2016. Il s’inspire aussi bien des portraitistes de studio africains que des superpositions d’étoffes et des photographes de mode. Sans oublier un penchant pour la culture hip-hop et le R & B. Il résulte de ses photos un mélange assez pop, empruntant l’imagerie africaine et les codes visuels de la mode. Peu d’improvisation, beaucoup de préparation, tel est d’emblée son mode opératoire.

Ce qui l’occupe en ce moment, c’est l’histoire des mouvements de revendication en Afrique et dans la diaspora, de la révolte des Tirailleurs sénégalais, en 1944, aux marches de Selma à Montgomery (Alabama) en 1965, moment marquant de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains. Sans oublier « les soulèvements actuels d’une génération qui se bat pour préserver la démocratie des ambitions des présidents éternels. » S’il séduit, aujourd’hui, un public plus vaste que les aficionados d’art africain. Il veut faire le portrait d’une génération africaine dynamique.

Par Oumar BA

Transsexuelle assumée sur un continent où l’homosexualité est parfois considérée comme un crime, l’Angolaise Titica – d’origine congolaise par son père – est bien plus qu’une star de kuduro (littéralement "cul dur" en portugais), cette musique devenue populaire dans le monde entier.

À 27 ans, Teca Miguel Garcia (de son nom d’homme) est devenue une icône pour les transgenres qui voient en elle l’espoir de vivre leur identité sexuelle au grand jour. "Je ne pense pas que mes chansons pourront complètement changer les mentalités, a-t-elle confié à Jeune Afrique. Mais au moins sensibilisent-elles le public à nos souffrances… Il n’est pas normal que les gays ne puissent vivre normalement !"

Active pour sensibiliser son public au Vih, la chanteuse de Chao Chao est depuis 2013 ambassadrice de bonne volonté de l’Onusida.

L’héroïne Aline Sitoé Diatta est une figure très connue. Son royaume, Cabrousse, lui doit sa célébrité. Mais la Cité des vieilles veuves de Cabrousse est méconnue de beaucoup de Sénégalais y compris ceux de la région de Ziguinchor. Au centre de Kabrousse, un bloc de maisons se détache de la succession de concessions : c’est la Cité des vieilles veuves. C’est une tradition typique du Kabrousse. Ici, on se garde d’appeler hospice pour ne pas entretenir la confusion. Ce ne sont pas des maisons de retraite. Au royaume d’Aline Sitoé Diatta, les hommes n’osent pas reléguer ces vieilles mères à l’arrière-plan. La Cité des vieilles veuves a ses fonctions sociales qui ne sont pas toujours très connues.

La découverte de l’espace physique est plus envoûtante que la belle rumeur. Lorsqu’on vous parle de la Cité des vieilles mères de Cabrousse, vous pensez tout naturellement à une sorte d’hospice. C’est une méprise. Comment peut-on oser mettre en quarantaine des vieilles femmes au royaume de la reine Aline Sitoé Diatta ? Ici, l’héroïne a combattu l’oppression et la domination de l’homme blanc et aujourd’hui, les femmes ne sont pas soumises à une domination sociale.

La Cité proprement dite est logée au cœur de Cabrousse. Ce sont des maisons soit couvertes en zinc soit en paille. Elles ont, toutes, une cour-arrière et une véranda. Elles sont clôturées avec piquets ou des feuilles de palmier. Les filets usés ceinturent toutes les palissades. La Cité est calme. Près de la route, à l’entrée d’une cour d’une maison, une femme tresse sa fillette.

Les demoiselles tiennent compagnie à la vieille dame. En face, une vieille courbée balaie devant sa cour. Elle a le poids de l’âge sur les épaules. A l’intérieur, de la cour de logis d’en face, une autre, mince, les pompettes creuses, a le regard perdu. Ces dernières n’ont pas le droit de rendre visite à leur fils dans leur foyer. C’est un précepte dans la tradition à Kabrousse.

« Ces vieilles n’ont pas le droit de rendre visite à leur fils qui ont une ou des époux. Par contre, leurs fils et petits-fils peuvent venir dans cette maison. Dans la société à Kabrousse, nous évitons que la mère de l’époux n’interfère dans la vie de couple de son fils », explique Assoule Diatta, un jeune passionné et spécialiste de l’histoire de Kabrousse. C’est un mécanisme de prévention des heurts au sein des unions. Cette culture prend racine à la source de la sacralisation des mariages dans les sociétés traditionnelles africaines. En suivant les explications de l’historien, ma mémoire remonte à l’idée avancée par la sociologue Fatou Bintou Dial, dans sa thèse : « Mariage et divorce à Dakar, itinéraires féminins ». Elle avait soutenu que les belles-familles avaient une grande part de responsabilité dans l’augmentation des divorces au Sénégal.

Une tradition typique du Kabrousse
Depuis l’aube des temps, la tradition se perpétue, loin des yeux indiscrets. Cette facette de la culture est méconnue de beaucoup de Sénégalais. C’est une tradition typique de Cabrousse.

« Dans cette zone, c’est seulement à Cabrousse où l’on voit une cité pareille destinée exclusivement aux vieilles mères. Ce n’est pas une tradition diola. Ce n’est pas pour mettre à l’écart ces vieilles mamans », assure le jeune garçon.

Ses explications nous figent dans cette ruelle sinueuse serpentant entre des maisons. Nous observons avec force admiration la Cité sans entrevoir un voile sur les autres fonctions sociales. Les allées et les cours sont débarrassées de tout détritus. Ces vieilles passent le plus clair de leur temps à balayer leur cour. Leur environnement respire la pureté. « Je suis fière d’être dans cette maison. Je suis entretenue par mon fils qui est en Europe », confesse Marie Diatta, une résidente de cette Cité.

A Cabrousse, on se garde de parler hospice pour ne pas entretenir la confusion. C’est certainement pour cela qu’on n’en parle pas beaucoup. Ces femmes ne sont pas en retrait de la société. Un étranger ne peut pas remarquer les délimitations physiques de la cité par rapport aux autres quartiers.

Les maisons des morts abandonnées
L’architecture des maisons ne contraste pas fondamentalement avec les anciennes et nouvelles constructions. La Cité est à quelques mètres du site rituel de la reine Aline Sitoé Diatta. Ce n’est pas fortuit. Elles sont dépositaires de sagesse.

Les femmes plus jeunes ont besoin de ces sages lors des cérémonies traditionnelles. Cette cité ne dévoile pas les rapports que les habitants de Cabrousse entretiennent avec l’habitat. Les relations transcendent l’entendement. A Cabrousse, çà et là, on peut voir des maisons en ruines. Leurs propriétaires ne sont plus de ce monde.

Dans cette commune, depuis très longtemps, la restauration des maisons fondées par des personnes décédées ne fait pas partie des us et coutumes. « A Cabrousse, lorsque vous perdez votre papa, vous ne pouvez pas restaurer sa maison. C’est pour cela, après sa mort, ses fils sont obligés d’aller construire une nouvelle maison. La tradition veut que l’on laisse la maison s’écrouler complètement et ensuite envisager sa reconstruction », dévoile ce jeune attaché à sa tradition et ouvert aux flux de la modernité que l’on peut lire à travers son port vestimentaire.

Par nos envoyés spéciaux Maguette NDONG et Idrissa SANE (texte)
et Assane SOW (photos)

L’art de l’ostentation

11 Jan 2017
49 times

Jet setteur ! C’est une nouvelle activité à la page. Paraître là où ça se passe, vivre sans jamais lever le pied, sentir la réussite et l’incarner. Ils sont nombreux à remplir les pages « people » des journaux, le visage bien lustré, confortablement installés dans un coin branché de Dakar entre des nymphes tout droit sorties des contes des « Mille et une nuits ».

Ils sont des livres ouverts à la curiosité du public. Ils n’ont aucun secret pour les autres. Vous voulez connaître les ressorts de leur vie familiale, leur travail, leurs amitiés et même leur intimité ? Il suffit juste de demander ! Ils ne rechignent guère à répondre aux questions les plus indélicates. Comme cette artiste qui affirme que sa généreuse poitrine est un atout pour sa carrière musicale. On les retrouve dans les recoins du « Dakar by night », distribuant des liasses de billets avec ostentation aux laudateurs.

Certains parmi eux poussent le désir de paraître jusqu’à payer pour que leur tronche apparaisse dans les journaux « people ». Un joli costume, une belle bagnole, une montre de classe ou une compagne distinguée, ce sont des trophées à exposer au regard envieux de la masse, quitte à transgresser les codes moraux. C’est le carburant qui chauffe leur moteur. Le hic, c’est que quand on expose sa « réussite », on cache difficilement ses soucis.

Plus haut est le succès, plus brutale est la chute.

Par Sidy DIOP

Dans le royaume du Mandé, ses ancêtres étaient les maîtres proclamés dans la maîtrise et l’enseignement du Coran. Dans l’univers de la photo, il se veut roi. Mandémory de son nom d’artiste, est un photodidacte qui se détache de cette pléthore de professionnels de la photographie par un style rare qui se rapproche du reportage sans trop verser dans l’institutionnel.

Fougueux, spontané, avec une forte dose de suffisance, il exprime sa pensée sans détour. D’ailleurs, à l’entendre aborder les sujets d’actualité, on a du mal à lui coller l’étiquette d’un artiste féru de photographie mais plutôt celle d’un engagé qui fait le procès de son pays. Cette audace sous son béret noir rappelant le Ché en fait, pour son interlocuteur, un révolutionnaire. Effusion de mots. Convictions cerclées. Un look qui lui va si bien pour contenir sa chevelure abondante et jamais arrangée. Il se débarrasse rarement de son couvre-chef.

Sauf en reportage où ses cheveux blancs le mettent à l’abri de l’homme de la rue à la colère incontrôlable qui ne souhaiterait pas figurer dans son objectif. Autant en apporte le droit d’aînesse dans l’exercice de son métier.

Mandémory, une vie, un champ de prédilection, la photographie. Rien que la photo. Une passion d’enfance qui avait fini par prendre une forme professionnelle. D’ailleurs, ceux qui ont connu ce grand amoureux des bandes dessinées qui fréquentait régulièrement les salles de cinéma dans sa tendre enfance lui avaient tracé une trajectoire de peintre, cinéaste ou photographe. Au lycée, il cède à l’image en s’achetant un appareil pour faire des photos qu’il allait développer dans les laboratoires professionnels. En effet, avec son premier appareil photo Instamatic Kodac, une gamme destinée au grand public, il s’improvise photographe. Sur sa pellicule, son environnement défile bien synchronisée avec la rotation des évènements qui l’entourent. A quatorze ans, son métier va consister désormais à fixer les moments dans le temps et dans l’espace avec ses appareils successifs, en particulier son Lubitel et son 6x6, entre autres. Ses photos évoquent l’environnement dans lequel il a grandi, par conséquent son enfance.

Boubacar Touré devient un photographe complet avec une sensibilité et une créativité à jamais égalées. Photodidacte, il a appris tout seul cet art visuel. En l’absence d’une académie de formation, son style s’est voulu personnel avec un genre photographique pas très courant. En effet, il n’y avait aucune perception conventionnelle de la profession. Pour dire vrai, c’était le cadet de ses soucis jusqu’à ce qu’il eût accès à des bouquins, des manuels, à des revues pour s’imprégner de ce grand monde de la photo. Son objectif se limitait à faire ce dont il avait envie, la photo. Avec son style propre qui se rapproche du reportage sans pour autant être trop institutionnel, le roi du Mandé, dans l’univers de la photo, avait décidé de reproduire son environnement immédiat. Avec sa démarche photographique dépourvue de tout artifice, il joue en harmonie avec les objets qui doivent figurer dans son 24x36, notamment son cadre photographique. Dans son Guédiawaye, il essayait d’être le témoin de ce qui se passait à travers son appareil photo. A partir du laid, il produit quelque chose de plastique. « Je suis tellement habitué à mon environnent que quand je vais à Paris ou à New york, j’ai du mal à photographier leurs paysages. C’est comme si on me sortait de l’eau pour m’exposer à l’air libre », soutient ce natif de Gueule Tapée, plus précisément à Nimzat Baye Gaïndé, actuel Hlm 5.

Le photographe si proche, si loin
Depuis longtemps, on s’est plaint du manque d'images d'Afrique en dehors de celles véhiculées par les médias occidentaux ou celles proposées dans les cartes postales. Pourtant, le continent recèle une part importante de photographes professionnels capables, de par leur sensibilité, de faire preuve de créativité dans leur prise de vue. Et Boubacar Touré en est un. A l’ère du numérique, est photographe qui veut, mais rare sont ceux qui possèdent le don de Mandémory qui se nourrit de cet art visuel et qui le pratique avec beaucoup de tact. A soixante ans, il suffit qu’il débarque dans un lieu pour concevoir un sujet clé en main. Grand portraitiste et un des précurseurs de la photographie africaine, il est un témoin privilégié de l'évolution de sa société. Dans son métier livré aux lois du secteur informel, il ne s’adapte point. Son style reste le même bien qu’il épouse l’actualité.

Ses photos correspondent plus à une norme internationale. En effet, le photographe avait exclu les journaux locaux qui ne correspondaient pas à sa démarche. Au dessus de la presse nationale, il fallait faire un travail artistique pour voir le jour. Du travail axé sur la recherche pour réussir ce challenge. Un coup de pouce de la presse culturelle dans les années 1990 pour taper dans l’œil des patrons de presse internationaux. Cette dernière l’a aussi aidé dans la campagne de revendication pour faire admettre l’appartenance de la photo aux arts visuels. Commençant par des travaux industriels, il s’était davantage concentré dans la création. Un style fait d'angles de prises de vue inhabituels dégageant des plans aux perspectives contradictoires.

Il avait ainsi commencé à taquiner les genres portraits et reportages. Désormais, il fait beaucoup dans la mise en scène et moins dans la publicité, décidant, en effet, de reproduire tout ce qui avait trait aux travaux de l’homme et son environnement. Il avait pris goût à photographier les groupes ethniques. Au Sénégal, les Bassari, les Bedik et les Diolas ont été sur son champ photographique ainsi que les Timis en Sierra Léone.

Des travaux qui ont donné naissance à de multiples expositions à Dakar, Saint-Louis, Bamako.
 
La consécration
En 1992, la publication de ses œuvres par la « Revue noire » avait permis aux gens vivant à l’étranger de voir ce qui se passe du côté de l’Afrique. Dans la classe des photodidactes, sa première exposition a lieu en 1986 à Gorée, sur le thème des "Fous de Dakar". Des œuvres qui figurent de plus en plus dans des galeries internationales, un regard qui commence à se peaufiner, des d’ambitions photographiques qui s’internationalisent. En collectif, son monde de photographes s’organise. Sur la lancée, des photographes de Dakar étaient invités, pour la première fois, à Bamako, pour montrer leurs travaux. Reconnaissance d’une entreprise longuement mûrie, il fallait s’exprimer de la manière la plus intellectuelle possible. Au lendemain de la dévaluation du FCfa, il avait décidé de traiter cette nouvelle réalité économique. Mais, comment transposer une réalité aussi abstraite dans la photographie ? Des visuels savants pour faire accepter son sujet. Le quotidien des petits travailleurs de Bamako dans son objectif. Conciliant le côté exotique au labeur du boulot, son nom avait fait la Une des journaux de la presse étrangère. Si cette mesure d’austérité économique avait réduit la valeur des monnaies, elle avait fait la fortune de l’homme. « Exposées, mes photos étaient courues par la presse présente à Bamako pour couvrir les rencontres. D’un coup, j’étais devenu millionnaire. La pige était chère dans un journal français. Par exemple, quand « Télérama » me prenait trois photos, j’avais un million de FCfa en poche, deux photos pour « le Monde », 600.000 FCfa sur un plateau. Ainsi de suite », sourit l’artiste. Ayant des sujets à faire sur l’Afrique comme la pêche artisanale, entre autres, Mandémory était devenu le Monsieur qui se trouvait dans pas mal de carnets d’adresses de chefs de rédaction.

A tout seigneur, tout honneur
Débordant de talent, il a raflé pas mal de prix sur le plan national comme international. Auteur du projet « Une ville en décrépitude », en 2006, une de ses photos reportage intitulée « Ville capitale d’Afrique », exposée à New-York, faisait partie des dix meilleures photos aux Etats-Unis. Faisant partie, en un moment, des trois meilleurs photographes du continent, son expérience photographique est très dense. Lauréat du premier prix de la catégorie magazine des fusils awards en photojournalisme, Boubacar Touré a été primé par la fondation Phillippe Boucher.

Nominé par « National géographique », il avait cependant boudé devant l’obligation d’écrire ses textes en anglais. Chef du service photo de la « Pana », il claque la porte quelques mois après. Il n’est pas à l’aise au sein des institutions. D’ailleurs, il considère que s’il est devenu un raté de la photo, c’est parce qu’il n’a pas voulu de la politique.

Par Marame Coumba Seck

Dans la catégorie « icônes », le chirurgien et gynécologue congolais Denis Mukwege, 61 ans, côtoie des célébrités mondiales comme Leonardo DiCarprio, Adele, Usain Bolt, Lewis Hamilton, Marilynne Robinson, Jordan Spieth, Karlie Kloss ou encore Nicki Minaj. « L’homme qui répare les femmes » victimes des violences sexuelles dans l’est de la Rd Congo est qualifié de « source de force et sanctuaire dans une terre de violence et de désespoir » par Jill Biden qui signe sa présentation dans Time.

L’épouse du vice-président américain Joe Biden revient notamment sur sa première rencontre avec le médecin, plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel, à l’hôpital de Panzi à Bukavu que le docteur Mukwege a créé pour soigner les victimes de viols et autres violences sexuelles devenues une arme de guerre dans la région des Grands Lacs. Au-delà de réparer les femmes et les filles, le docteur Mugwege est [leur] espoir », souligne Jill Biden.

Par Oumar BA

Suite au décès d'un nourrisson et par mesure de précaution, la commercialisation de l'Uvestérol D est suspendue. En attendant, quelles sont les alternatives pour les parents ? Pourquoi la vitamine D est-elle prescrite aux petits ? On fait le point.

Le 21 décembre dernier, un bébé de 10 jours est décédé suite à un arrêt cardio-respiratoire à Paris. Peu de temps avant, il avait ingéré une dose d'Uvestérol D, un médicament à base de vitamine D. Par mesure de précaution, la France a suspendu la commercialisation de ce médicament.

Pourquoi prescrit-on de la vitamine D aux bébés ? L'Uvestérol D est couramment prescrit dans la prévention et le traitement de la carence en vitamine D chez les nourrissons et les enfants jusqu'à l'âge de 5 ans. La vitamine D permet en effet de favoriser l'absorption du calcium en le fixant sur les os de manière à renforcer le squelette de l'enfant en pleine croissance. D'où l'importance d'une supplémentation en vitamine D dès la naissance contre tout risque de rachitisme. De plus, les bébés ne sortent pas suffisamment pour faire le plein de vitamine D, en étant exposés au soleil, d'autant plus en hiver. La vitamine D est donc prescrite quotidiennement aux bébés jusqu'à 18 mois (et davantage pour ceux nourris au sein). Les doses évoluent ensuite durant l'enfance.

Pourquoi l'Uvestérol D est-il mis en cause ? C'est avant tout son mode d'administration, à l'aide d'une pipette doseuse, qui est pointé du doigt. S'il s'agit du premier décès depuis la mise sur le marche du médicament en 1990, l'Uvestérol D a pourtant fait l'objet de nombreux signalements depuis 2006. Des "cas de fausse route ou de malaise avec apnée du nourrisson pouvant entraîner une cyanose" chez les tout-petits ont notamment été enregistrés au cours du premier mois du nouveau-né. Pour autant, "l'intérêt de la supplémentation en vitamine D n'est pas remis en cause. Seule la spécialité Uvestérol D administrée avec une pipette est concernée", précise l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Quelles sont les autres alternatives ? Les parents sont donc invités à ne plus utiliser d'Uvestérol D, mais il ne faut pas pour autant arrêter la supplémentation en vitamine D. D'autres spécialités en contenant sont disponibles pour les nourrissons comme le Zyma D à raison de 4 gouttes par jour jusqu'à l'âge de deux ans. Les parents peuvent également utiliser du Stérogyl. Ces deux médicaments, qui s'administrent en gouttes, plutôt qu'avec une pipette, ont ainsi l'avantage de présenter moins de risque pour l'enfant d'avaler de travers. Il est préférable de mélanger ces gouttes à de l'eau ou du lait dans une petite cuillère, ou dans la tétine de bébé, placé en position assise. Enfin, n'hésitez pas à consulter votre pédiatre qui vous conseillera les bonnes doses à utiliser en fonction de l'âge de votre bébé.

Le magazine du Washington Post publie un numéro dédié aux femmes et fait une énorme erreur en Une. Le magazine gratuit du quotidien de la capitale américaine a mis en Une un article dédié à une manifestation pour les droits des femmes...

L’erreur a été repérée par une internaute qui a posté la couverture sur le réseau social Twitter. Son message et la photo de la Une ont été massivement partagés poussant le quotidien à réagir. Il faut reconnaître que la maladresse ne saute pas immédiatement aux yeux. Quelques heures après la publication et la distribution aux quatre coins de Washington D.C, l’équipe du journal a décidé de publier, toujours sur Twitter, un message d’excuse.

C’est une bien belle boulette. Vendredi 5 janvier, le quotidien gratuit Express appartenant au très prestigieux Washington Post a eu la bonne idée d’illustrer sur sa Une, un article dédié à l’organisation d’une grande manifestation en faveur des droits des femmes, avec le symbole masculin. L’erreur a été repérée par une internaute qui a posté la couverture sur le réseau social Twitter. Son message et la photo de la Une ont été massivement partagés poussant le quotidien à réagir. Il faut reconnaître que la maladresse ne saute pas immédiatement aux yeux. Quelques heures après la publication et la distribution aux quatre coins de Washington D.C, l’équipe du journal a décidé de publier, toujours sur Twitter, un message d’excuse.

« Nous avons fait une erreur sur la couverture de ce matin et nous sommes particulièrement gênés. Nous avons utilisé le symbole masculin au lieu du féminin », a reconnu le titre avant de publier une nouvelle version de la couverture, telle qu’elle aurait dû être imprimée.

Comment une telle erreur a-t-elle pu se produire dans une rédaction, fondée en 2003, et qui dispose de plusieurs chaînes ou processus de validation ? Plusieurs femmes journalistes ont évoqué l’absence ou le manque de femmes parmi les effectifs chargés de l’édition, un internaute allant jusqu'à insinuer que la rédaction ou les graphistes se seraient fait piéger par une rapide recherche Google, faisant apparaître le symbole masculin lorsque le féminin est recherché. D’autres, enfin, ont fustigé l’utilisation d’une photo d’agence, initialement réalisée sur fond blanc, transformé en rose sur la couverture du quotidien.

Par le surfeur

La première dame du Sénégal, Mariéme Sall, s’offusquait, il y a quelques temps, de l’attitude de certains individus qui se prévalent d’une proximité avec le couple présidentiel pour en tirer certains dividendes de sympathie ou d’autres encore plus vils. Cela n’est qu’une manifestation, à un certain niveau, d’une banalité quotidienne dans la société sénégalaise, sphère de fourberies, de pompes. On se vante de ses « amitiés précieuses » - très souvent inexistantes - comme de vulgaires petites conquêtes d’un autre temps. On mange avec le président, papote avec son cercle, traîne avec ses mômes…

Les nouvelles possibilités technologiques, « fards sociaux », bonnes aubaines pour ceux qui développent un égotisme encombrant, donnent plus de marge aux illusionnistes. Une petite photo et une main chaleureuse de l’être « supérieur » suffisent à dérouler un scénario des plus imaginatifs. J’ai récemment rencontré une personne d’une vile réputation dans le temps en train de quémander une pose avec une personnalité dans un milieu où les « gueux » côtoient les privilégiés. Le soir, je me suis amusé à consulter sa page facebook. Il nous racontait, en effet, une autre histoire comme celle qu’il avait servie à de crédules dames quand sa pathologie avait commencé à sévir. Le récit du bonimenteur et de ces ingénues créatures est aussi long qu’invraisemblable…

Le drame du beau menteur, du hâbleur est de vivre dans une vaine et éternelle conquête de sa propre estime ; tirer de sa mystification maladive une grandeur aux yeux des autres ou plutôt l’illusion de sa noblesse d’âme et d’esprit.

Et pourtant, on dit de lui qu’il est un homme bon et parfois même munificent dans les jours de bonne grâce mais « dafa mana fen » (c’est un menteur). Il se la raconte un peu trop pour s’auréoler un peu de prestige. Le bonhomme fabrique sa propre misère existentielle en refusant de se rendre à l’évidence ; les « benêts », à force de l’entendre mentir, éprouvent désormais une méprisante pitié à son égard. Ses impostures ne convainquent plus ceux dont ils convoitent la sympathie, ses interlocuteurs éberlués par son affligeante pathologie : ce besoin irrépressible de se fabriquer des vies, de tirer gloire de ses inventions « romanesques ». Scientifiques, devrions-nous dire. Car, la contre-vérité est un méprisable art, un comblement chez ceux qui nourrissent des complexes d’infériorité. Elle témoigne de l’étroitesse de la ligne entre la ruse et l’intelligence.

L’on peut également se désopiler de cette faculté du bonimenteur de nous raconter ses « fantastiques » aventures et rencontres. Néanmoins, lui, c’est à peine s’il se rend compte des mimiques de commisération des âmes matures et des grimaces goguenardes des mômes au moment de ses envolées. Les histoires de « Tonton », ils n’y croient plus. Tonton se sent si indigne de ce que le Ciel lui a réservé qu’il n’espère le respect que dans l’incarnation d’autres personnages ; celui qui connaît l’autre que tout le monde veut fréquenter, aime ou craint.

Il mange avec le président de la République et le voit quand il veut (Dommage pour ceux qui ne saisissent pas l’ironie) ! Et sa majesté lui confie les secrets et les grands dossiers ! Mais, lui, puisqu’il mène une existence d’ascète, il préfère encore enfiler ses vêtements tombés en loques, « squatter » la remise de sa belle-famille, se suffire d’un « café Touba » pour tromper sa faim si le Seigneur ne met sur sa trajectoire d’errance une petite fête de réjouissance pour se gaver… C’est un homme du peuple, il aime mieux le « Car rapide » que les rutilantes bagnoles de la République ! Ce n’est pas un problème pour lui. De toute façon, le soir, les masseurs de la cour retaperont sa carcasse ambulante ! Mieux, son excellence le chef de l’Etat, lui-même, lui débarbouillera affectueusement la tronche et écoutera religieusement ses conseils ! C’est un stratège politique en période électorale. En 2019, « Sall Ngary les écrase tous au premier tour » ! Il est aussi un tacticien militaire. Il sait où crèche en ce moment Yaya, le Gambien aux amusantes et périlleuses loufoqueries !

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Difficile d’y échapper. Le Gagnylah est devenu, pour le Mali, ce qu’est le kiwi pour la France, l’horlogerie pour la Suisse ou la gamme cosmétique Nivea pour l’Allemagne. Ce bazin, teint aux couleurs de l’arc-en-ciel, est, à lui tout seul, un art de vivre dans ce pays qui partage notre devise : un peuple, un but, une foi.

C’est le produit le plus vendu au marché central de Bamako, où les boutiques exposent fièrement et soigneusement ces bouts d’étoffe. Couleurs de feu. Tons doux. Mélanges bigarrés. Le goût commande le choix dans cet univers qui célèbre l’apparence.

Le Gagnylah est devenu une idéologie. « Beaucoup de personnes pensent que le Gagnylah est le plus riche des bazins, mais ils ont tout faux », renseigne Mamadou Niangadou, fils d’un grand exportateur de bazin du Mali et gérant de plusieurs boutiques au marché central de Bamako. En vérité, Gagny Lah est le nom d’un commerçant malien qui, très tôt, s’est lancé dans le commerce de tissus de luxe. Au début, il avait opté pour l’importation du tissu « Tergal » car la plupart des Maliens n’avaient pas les moyens de se payer le bazin riche. Il réussit à se faire une surface financière assez importante pour commander lui-même son bazin, floqué de la marque Gagnylah. Une griffe devenue une entreprise familiale gérée par les enfants de Gagny Lah. Mais c’est une marque parmi d’autres au Mali, car il existe d’autres importateurs qui ont pu aussi labellisé leur marque comme Amadou Niangadou, importateur bazins « Super Alliance » et « Néma » ou encore Bocar Yara, spécialiste du « Getzner ». Les tissus sont généralement importés d’Autriche, d’Allemagne et de la République tchèque. « Les gens ont tendance à croire que tous les bazins teints sont du gagnylah, or, c’est une marque parmi d’autres qui sont de la même qualité. A l’origine, les tissus commandés sont blancs. C’est ici au Mali qu’ils sont teints pour arborer leur couleur finale », explique un tailleur sénégalais installé à Bamako. « C’est comme les cars Ndiaga Ndiaye. On ne peut dire, au Sénégal, que tout car peint en blanc appartient à Ndiaga Ndiaye », poursuit notre interlocuteur.

Chez Mme Sylla, une teinturière du quartier Lafiabougou, plusieurs femmes s’affairent autour de fourneaux et de grands récipients dans lesquels différents tissus sont trempés avec art dans un liquide bouillant. L’odeur de la teinture est très âcre. Elles portent des gants et plongent leurs mains dans les récipients pour bien retourner le tissu, afin de s’assurer que la répartition de la teinture est égale sur toute sa surface. « Un bon tissu teint, c’est celui qui présente la même densité de couleur sur toute sa surface », explique la teinturière.

Mme Sylla dissout un bloc de soude caustique dans de l’eau, puis ajoute une certaine quantité de mordant qui va faciliter la fixation de la teinture sur le tissu. Les colorants, synthétiques, sont mélangés à des doses variables en fonction de la couleur désirée. Le mélange est ensuite filtré. Le tissu, humidifié, est ensuite plongé dans le bain de teinture à plusieurs reprises, afin qu’il soit coloré uniformément. Quand la teinturière juge que la couleur a suffisamment imprégné le tissu, elle le rince soigneusement pour enlever l’excédent de teinture. Le tissu est ensuite séché au soleil pour révéler sa couleur définitive.

L’art de la teinture
Après la teinture, le bazin, pour pouvoir resplendir de tout son éclat, se doit d’être correctement préparé. Les services d’un « tapeur » professionnel sont requis. Le terme « tapeur » est complètement adapté au travail demandé, puisqu’il va taper, plus ou moins fort et plus ou moins longtemps, sur le tissu, en vue de lui donner cet aspect rigide et chatoyant, qui fait toute la beauté du bazin.

Après avoir préparé son billot, le tapeur enduit le tissu de bougie sur toute sa surface. Puis le « tapage » commence. Il martèle consciencieusement, à un rythme régulier, connu de lui seul, le tissu de son maillet qui peut peser jusqu’à quatre kilos. Au bout d’un certain temps, le tissu est replié sur lui-même et ré-enduit. Et le travail recommence. Jusqu’à ce que le tissu ne forme plus qu’un tout petit carré ! Selon la qualité du tissu et selon ses honoraires, le tapeur utilise une frappe différente. L’éclat final dépend ainsi de la somme payée par le client.

Au Mali, le bazin est teint à 1.000 FCfa le mètre. Pour celles qui préfèrent les motifs, il faut compter 15 à 20.000 FCfa, rien que pour le prix de la teinture. Le choix des couleurs des motifs varie d’une saison à l’autre. « Ce sont les griottes qui déterminent la mode du moment », assure Niangadou. Les spectacles et les soirées traditionnelles sont, en effet, toujours guettés par les femmes pour suivre les tendances du moment. Selon Mme Sylla, « c’est le modèle que la chanteuse Mah Kouyaté n°1 a porté lors d'une émission de "Top étoiles", qui est en vogue en cette veille de Tabaski ».

Par Sidy DIOP

Grand producteur à ses heures perdues, l’honorable député Cheikh Tidiane Ndiaye, est affectueusement surnommé : « Monsieur Agriculture » à l’Assemblée nationale. Le représentant du peuple est formel : « le Sénégal ne se développera qu’avec l'agriculture, la pêche et l'élevage ».

Rencontré à Mboro, il a bien voulu nous promener dans l’une de ses exploitations de la zone.  Le champ que nous visitons se situe dans le village de Kheur Allé Gueye à un (1) kilomètre dés que vous bifurquez à gauche venant de Mboro, pour prendre la direction de Diogo-Fass Boye. Déjà sur les lieux au petit matin du dimanche 25 septembre 2016, Le député Cheikh Tidiane Ndiaye nous accueille avec enthousiasme. « C’est l’une de mes exploitations dans la zone et elle est seulement de 3ha mais que j’ai hérité des champs de mon père ». Le champ ne regorge que d’arbres fruitiers. Des corossols, manguiers, citronniers, des cocotiers nés à gogo, des anacardiers, entre autres qui contrastent avec d’autres cultures maraichères puisque selon l’honorable député, « le maraichage fait aussi partie de mon domaine d’activité et pour ce faire, j’ambitionne de produire cette année beaucoup de pommes de terre, d'oignons et même de l'arachide de contre saison. Nous avons de l'eau pour du riz, mais notre problème dans la zone c'est la prolifération du Tipha et dans certaines zone le sel fait ses effets sur le développement de cultures. Dans mes autres champs c’est presque le même paysage mais, il ya dans un champ où le citronnier est plus exploité avec plus de 450 pieds, l’arachide et le manioc. Je fais aussi de l'élevage et vous avez vu les vaches et l'herbe fourragère ».  

Mais aujourd’hui, le souhait du député Cheikh Tidiane Ndiaye est de voir « éradiquée cette plante du Typha avec l'appui du ministre de l'Agriculture. Par ailleurs, nous demandons un encadrement du ministère de la Pêche pour la production de poissons dans nos vallées ce qui nous permettra d’exploiter de manière optimale les nombreuses potentialités que regorge la zone des Niayes ».

En tout cas, l’honorable député estampillé « Monsieur agriculture de l’Assemblée nationale », a bien suivi la ligne tracée par feu son père Ngalgou Ndiaye, qui fut selon lui, « le premier acheteur d'arachide dans le département de Tivaouane ». Il fut aussi un ancien député, et Président du conseil rural de Darou. Ce qui lui fait dire que, comme vous le constatez, je ne fais que suivre les pas de feu mon père. Je saisis cette occasion pour remercier le ministre de l'Agriculture, Papa Abdoulaye Seck pour son soutien au monde rural qui en a tant besoin. Car, le Sénégal se développera qu’avec l'agriculture, la pêche et l'élevage ».

 

En un an, elle est passée du statut de sage étudiante de la prestigieuse école d’art dramatique de Yale à celui de star mondiale. Après avoir crevé l’écran fin 2013 dans 12 Years a Slave, du réalisateur britannique Steve McQueen, Lupita Nyong’o, 31 ans, a vécu une année 2014 digne d’un film hollywoodien : près de 25 récompenses, dont l’oscar du meilleur second rôle féminin, des dizaines de tapis rouges, plusieurs contrats d’égérie de grande marque (Lancôme, Miu Miu…)…

Elle a même été élue plus belle femme du monde par le magazine américain People. Rarement une actrice noire n’aura été aussi encensée. Née au Mexique, la jeune femme a grandi au Kenya, le pays d’origine de ses parents – un sénateur et une communicante -, avant de poursuivre ses études aux États-Unis. Afropolitaine par excellence, elle arbore des cheveux crépus et un style vestimentaire aux influences multiples. "Je me souviens d’un temps où moi aussi je ne me sentais pas belle. J’allumais la télévision et je ne voyais que des femmes au teint clair. Je me couchais chaque soir en priant Dieu de m’éclaircir la peau pendant la nuit… Jusqu’au jour où j’ai découvert Alek Wek [mannequin sud-soudanais]. En la regardant, j’ai senti un bourgeon naître en moi", a-t-elle déclaré. De quoi inspirer toute une génération de femmes noires, en Afrique ou ailleurs, notamment via les réseaux sociaux (1,9 million de fans sur Facebook, 1,3 million sur Instagram…). La belle, qui enchaîne désormais les projets, sera à l’affiche du prochain Star Wars.

Poches trouées

06 Jan 2017
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C’est une terrible maladie aussi vieille que l’humanité. Des fournées de guérisseurs de tout acabit s’y sont penchées depuis des lustres, mais aucun remède n’est encore sorti de leurs officines. Les symptômes sont bien connus et le responsable du mal identifié depuis des temps immémoriaux, pas besoin de diagnostic compliqué. Paradoxalement, le virus qui cause cette souffrance est un bon compagnon. Ce n’est que lorsqu’il s’éloigne de vous que la douleur vous prend et vous rend la vie impossible.

Lorsque la maladie vous frappe, vous ne mangez plus à votre faim, vous n’avez plus d’amis, plus de flatteurs, plus de « bureaux clandestins ». Vous n’avez même plus accès aux denrées de première nécessité. Le bonheur vous fuit parce que ce mal ne supporte pas le moindre confort. Chaque fois que vous verrez un homme au bord du précipice, abandonné par les siens et mis au banc de la société, un homme aux poches trouées qui ne survit qu’en s’accrochant aux promesses des diseurs de bonne aventure, c’est qu’il est durement frappé par la maladie de la dèche. Les chances de rémission sont infimes, mais tant qu’il y a la vie, espoir de remède il y a. L’argent fera absolument son bonheur. Encore faut-il le trouver.

Par Sidy DIOP

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