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Soleil Grand Air (322)

Une exquise recette aux saveurs du Ndiambour : des pigeons bien dodus, capturés dans les environs de Louga, farcis d’oignon, d’ail et de persil, mijotés dans une sauce à la tomate. Ce plat, appelé « soosi pitakh » (sauce aux pigeons), est délicieux. En accompagnement, une purée de pomme de terre. Vous vous lécherez les babines de plaisir lorsque vous aurez terminé de le déguster. Voilà un mets dont on se souviendra. Nous vous proposons le récit d’un vol plané de pigeons à Louga : des airs à nos assiettes.

Nous n’allons pas, ici, à Louga, nous limiter seulement à déguster des pigeons. D’abord, faut-il en savoir sur le mysticisme qui lui est rattaché dans la lutte sénégalaise. Pourquoi les lutteurs libèrent-ils un pigeon lors de leur combat ? En tout cas, c’est une pratique très courante chez nos « gladiateurs ». Nombreux sont les lutteurs qui entrent dans l’arène en tenant un pigeon entre les mains. Le volatile sera libéré avant l’entame du combat. Selon les connaisseurs, un pigeon remis en liberté prie pour son bienfaiteur et s’envole, emportant avec lui le mauvais sort que l’adversaire a jeté à son libérateur.

Après le volet mystique, consacrons-nous au côté loisirs avec le pigeon voyageur. Son introduction, dans notre pays, a commencé avec la colonisation. Les militaires de l’armée française seraient les premiers à l’amener à Dakar. Plus tard, des Sénégalais, intéressés, ont commencé à en importer. Le pigeon voyageur, cette race d'oiseau de l'espèce du pigeon biset (columba livia), est spécialement sélectionné pour effectuer des concours au sein d'associations colombophiles. Aujourd’hui, dans beaucoup de grandes villes de notre pays, l’on compte de nombreux éleveurs de pigeons voyageurs et de race. Mais, ils sont peu à connaitre le sport colombophile. Ils sélectionnent, pour la plupart, les pigeons pour leur beauté, la couleur, la taille, etc. Nous avons cherché, en vain, à rencontrer des membres d’une association colombophile à Dakar. Sans risque de nous tromper, l’on peut dire que les éleveurs sénégalais sont moins actifs que leurs amis européens, notamment belges et français, qui pratiquent fréquemment la colombophilie comme activité de loisirs. A côté de ceux-là qui, au Sénégal, s’intéressent aux pigeons voyageurs et de race pour les raisons déjà invoquées, il y a d’autres qui, à la différence des Sow de Louga dont ledit volatile est un business, s’adonnent à la chasse du pigeon pour améliorer leur quotidien ou, sur des zones amodiées, pour le simple plaisir. Bref, de la famille des colombidés, le pigeon est un oiseau sauvage ou domestique granivore.

Riche en fer
Il se nourrit ainsi exclusivement de grains et se distingue des autres oiseaux par son bec grêle, courbé et renflé, ses ailes courtes et son plumage abondant. Il existe plusieurs espèces de pigeon. Toutes se mangent et toutes ont un goût apprécié des connaisseurs. La viande de pigeon est une viande rouge, serrée et maigre. Riche  en fer, elle est conseillée aux convalescents et anémiques. Le peu de gras se trouve sur la peau et autour du croupion. Dans la cuisine lougatoise, voire sénégalaise, le pigeon n'a sans doute pas la place qu'il mérite. Quelques rares restaurants le proposent à leur clientèle. Aussi faut-il en être friand pour l’avoir dans son assiette à la maison. Partout, il gagne à être mieux reconnu pour être mieux apprécié !

Ce n'est certes pas une viande que l'on consomme tous les jours, mais le pigeon présente pourtant une valeur nutritionnelle intéressante qu'il convient de remettre en lumière. Trop rares sont les occasions, au Sénégal, d'avoir du pigeon dans son assiette. Et c'est bien dommage tant cet oiseau parvient à allier harmonieusement qualités gustatives et nutritionnelles. Que ce soit un pigeon sauvage ou bien d'élevage, adulte ou jeune (pigeonneau), le volatile présente, dans tous les cas, une viande maigre avec une chair très fine et pauvre en graisses.

C'est pourquoi il convient tout à fait à un régime hypocalorique, à l'inverse d'autres viandes rouges beaucoup plus "riches". Le principal atout du pigeon réside dans sa teneur en fer, de l'ordre de 20 mg pour 100 g.

Un plat de roi
C'est d'ailleurs une viande conseillée pour les personnes souffrant d'anémie, à savoir un manque de fer dans l'organisme. Riche également en protéines, potassium, phosphore ou vitamines B3 et B6, le pigeon a toutes les qualités pour prendre une place de choix dans notre alimentation. Sa chair moelleuse, en particulier celle du pigeonneau, ne nécessite pas une cuisson très longue. Il est, de fait, assez simple et agréable à cuisiner, et de nombreuses recettes mettent le pigeon en valeur. Plats en sauce, pigeons rôtis à la broche, à l'ail, etc., il se décline au gré des envies, des saisons et des créativités culinaires. Réconcilier l'art de la gastronomie et les bienfaits nutritionnels, voilà qui n'est pas donné à toutes les viandes. Rôti, grillé, farci, le volatile se prête à toutes les cuissons et accompagnements. Ni volaille ni gibier, il est d’une saveur exquise. Quiconque s'est assis à la table d'un connaisseur peut en témoigner : le pigeon est un mets de choix. Il est très recherché par un confrère lougatois pour sa chair unique, tendre et ferme, fine et corsée à la fois. Chez lui, le pigeon est un incontournable. Sa famille raffole de cette viande rouge et subtile qui se marie aussi bien avec les petits pois qu'avec, l'ail, les légumes ou les céréales. Son épouse sait le cuire rôti, grillé, farci, en ragoût, etc. Le pigeon est un symbole de la bonne cuisine de l’épouse de notre confrère lougatois. Selon elle, il y a plusieurs façons de cuisiner le pigeon. En tout cas, des pigeons bien dodus, capturés dans les environs de Louga, farcis d’oignon, d’ail et de persil, mijotés dans une sauce à la tomate, c'est un plat de roi !

Une affaire de famille : Les Sow, ces oiseliers de père en fils
Cheikh Sow, 66 ans, habite un quartier périphérique de la commune de Louga. C’est là, assis au milieu de ses petits-fils, qu’il nous reçoit pour parler de son business : la capture et la vente d’oiseaux, principalement des pigeons.

Un vendredi de début février, dans l’après midi. L’équipe de « Grand air » se rend dans la périphérie de Louga. Là où Cheikh Sow vit paisiblement avec sa famille. Sur place, on le trouve assis sur une chaise pliable et tenant un bébé. Tout autour de lui, une dizaine d’enfants. « Comme vous pouvez le constater, je me plais en compagnie de mes petits-fils », lance Cheikh Sow, en guise de bienvenue. L’homme qui a bâti sa réputation dans la vente d’oiseaux offre de bonnes dispositions pour échanger.

Le sujet le passionne. Cela se voit et se lit sur son visage. Normal. Cheikh Sow ne connait que ça : attraper des oiseaux pour les revendre. Il le fait depuis l’âge de 17 ans, sous l’œil protecteur de son père, Pathé Sow, aujourd’hui disparu. Agé de 66 ans, notre interlocuteur ne compte arrêter ce lucratif commerce. « Je ne suis pas capable de faire autre chose. C’est Dieu qui l’a voulu ainsi. Je l’accepte », convient le chef de famille. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé d’autres secteurs. Cheikh Sow a d’abord été paysan. Ensuite, il s’est lancé dans l’élevage de gallinacées, de moutons et de chèvres. Et, enfin, dans le petit commerce.

Faire fortune en vendant des oiseaux
De multiples centres d’intérêt qui se sont tous soldés par un échec. « Je ne m’y retrouvais pas. Il fallait que je change de métier. C’est ce que j’ai fait », souligne Cheikh qui dit avoir tout abandonné pour se consacrer à la vente d’oiseaux. Ce business, dit-il, a un avantage réel. Moins de travail, plus d’argent. Et comment faisait-il ? C’est simple. Cheikh avait un piège à oiseaux qu’il mettait autour des marigots, des rivières. Et le tour était joué. Il ne rentrait jamais les mains vides. « Il m’arrivait de revenir avec 150, 200 et même 300 oiseaux », se souvient Cheikh Sow. Une fois à la maison, les oiseaux pris sont cédés à un certain Demba Diallo. Et ce dernier, à son tour, prenait le train pour Dakar. Plus précisément à Thiaroye, chez Amadou Diallo, plus connu sous le nom de « Diallo Pithie ». Parfois, Cheikh Sow recevait directement la commande de Diallo Pithie. « Cela est arrivé à plusieurs reprises. J’avais de bonnes relations avec lui ». Cheikh Sow a perdu ses forces avec l’âge. Il ne va plus en brousse, mais continue pourtant son business. Se contentant de racheter « quelques paires » de « pitakh » (pigeons de brousse) sur place. Oui, les « pitakh », c’est sa trouvaille quand Diallo Pithie a cessé de passer commande.

Une reconversion dictée donc par le marché. « Les gens ne venaient plus de Dakar pour acheter les oiseaux. Et pour continuer de vivre, je me suis rabattu sur les « pitakh » prisés par une certaine catégorie de consommateurs ». Il faut dire que Cheikh Sow a bénéficié du soutien indirect des acteurs de la santé recommandant vivement la consommation de « pitakh » pour ses vertus. Aujourd’hui, restauratrices, personnes anodines et malades souffrant d’anémie viennent se ravitailler dans son oisellerie. Et quand Cheikh ne peut plus satisfaire la demande, il fait appel à son fils aîné, Alassane.

Celui-ci bénéficie déjà du riche carnet d’adresses de son père. Rien d’étonnant. Chez les Sow, ce business se transmet de père en fils. « C’est normal. Il l’a hérité de son papa. Aujourd’hui, je suis ses traces. Et demain, mes enfants feront le même business. C’est une affaire de famille », explique Alassane Sow. Son oisellerie, érigée juste derrière sa chambre, est une merveille.

On y voit des oiseaux de tout genre, petits et grands, dont certains viennent du Maghreb. Les nouvelles commandes pleuvent. Alassane s’en félicite. Son rêve : asseoir une renommée nationale et faire fortune en vendant des oiseaux. Exactement comme l’ex patron de son Papa, Amadou Diallo dit « Diallo Pithie ».

Par Cheikh Aliou AMATH, Abdoulaye DIALLO (textes) et Mbacké BA (photos)

Radio cancan

20 Fév 2017
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Qui d’entre nous n’a pas, ne serait-ce qu’une seule fois de sa vie, été victime de racontars émanant de rumeurs parmi les plus folles. C’est sournois, une rumeur. On ne sait jamais d’où sort-elle à l’origine. Devant son emprise, on cogite, on se demande comment se crée-t-elle, sur quels fondements, pourquoi ? Comme un virus, il n’est pas aisé de retracer parfaitement son origine. Face à la rumeur, la victime est souvent désemparée.

Faut-il en parler pour démentir au risque qu’elle se propage ? Laisser courir ? Avouer, si c’est vrai, même si cela relève de la vie privée ? Le choix à adopter pour faire face est toujours compliqué. La commère, souvent à l’origine de la propagation de cette tendance faite de rumeurs, se montre menteuse et secrète, hypocrite et conspiratrice. Il devient, dès lors, difficile de la dévisager au grand jour. La commère aime répandre ces rumeurs, voire en rajouter en inventant parfois. C’est essentiellement une personne curieuse dont le plus grand plaisir consiste à rapporter les malheurs des autres.

En règle générale, il se passe très peu de choses dans la vie d’une commère. Cette dernière est surtout motivée par le besoin d’être acceptée et de se sentir importante. Mais, si elle adore tout raconter sur tout le monde, la commère ne divulgue jamais rien sur elle-même. Sa vie est le seul secret qu’elle garde. Quand vous traitez avec une commère, il faut surtout vous rappeler ceci : quiconque vous raconte des choses sur les autres en raconte sur vous également. Soyez donc sur vos gardes. La commère est extrêmement dangereuse parce qu’elle peut transformer votre vie en un véritable cauchemar.

Si elle rapporte des potins sur quelqu’un que vous connaissez ou aimez, coupez-lui la parole en lui disant: « Je n’ai pas envie d’écouter cela » ou « cela ne m’intéresse pas ». Peut-être recourir à la technique de l’humour et user d’une répartie comme : « Sais-tu quel sort on réservait aux commères au Moyen-âge ? On leur mettait un masque de fer fermé à clé. A bien y penser, un masque comme cela t’irait bien ».

Par Oumar BA

Me Assane Dioma Ndiaye est l’un des avocats les plus médiatisés du Sénégal. Connu pour son engagement dans la défense des droits humains, il n’en demeure pas moins adepte des « gros dossiers ». La notoriété du président de la Ligue sénégalaise des droits humains transcende les frontières sénégalaises. Découverte d’un homme qui dit tout le temps s’engager « pour défendre la cause des sans voix ».

C’est l’histoire d’un jeune apprenant qui s’inspire d’une référence et l’assume pleinement. Chose plutôt rare par ces temps. Souvent, les hommes cachent, en effet, leurs  « individus rois » derrière un « je n’ai besoin de personne » quand on leur demande leurs références admirées, les exemples auxquels ils s’identifient, ceux à qui ils aspirent ressembler. Ce n’est point le cas de ce jeune étudiant en Droit rencontré à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Amadou a déjà fait son choix : il veut être avocat à l’image de Me Assane Dioma Ndiaye. La précision est importante à ses yeux. Il suit l’homme depuis quelques années et a fini par prendre cause pour lui.

Pas besoin d’arpenter longtemps les couloirs du Palais de justice de Dakar pour entendre évoquer « sa capacité à prendre plusieurs dossiers à la fois ». Réfléchis par toi-même, remets en cause le point de vue dominant, il ne renferme pas toujours la vérité, voilà ce qui pourrait être le devise de Me Assane Dioma Ndiaye.

On l’observe dans l’un des rares moments de pause, un visage bien garni, couvert sur un teint d’ébène, laisse entrevoir un physique en embonpoint. Il dépasse le mètre quatre vingt. Habillé d’un costume, comme c’est souvent le cas chez lui, il ne manque pas de s’arrêter ici et là pour de brefs échanges avec ses collègues. Me Assane Dioma Ndiaye dit, entre autres, avoir voulu être avocat parce que c’est un métier où « même si on fait face aux plus puissants, on peut quand même espérer gagner à force de travail et de persévérance ». Pas d’esprit de revanchard ni d’ambitions mondaines. Non, c’est autre chose. C’est la passion du challenge plutôt que du triomphe. L’amour de la défense et du défi relevé. Une belle rage donc !

Me Assane Dioma Ndiaye est un homme occupé. C’est parce qu’il est sur plusieurs fronts à la fois. Avocat de profession, il n’en demeure pas moins très engagé pour la cause des droits humains. Il s’est plus d’une fois illustré en prenant la défense de victimes. Il s’est, par exemple, constitué partie civile dans l’affaire Hissene Habré du nom de l’ex président du Tchad. Cette affaire n’est qu’une parmi tant d’autres. Passionné du droit, déjà très jeune, Assane Dioma Ndiaye a toujours rêvé arborer un jour cette robe noire dans le but de « défendre la cause des sans voix ». A la base, c’est la fibre humaniste qui a prévalu et guidait les pas d’un rêve, lequel n’a fait que se consolider au fil des années. Enfant studieux à l’école, il s’est toujours donné les moyens pour figurer parmi les premiers de la classe. A cet égard, son curriculum vitae est très expressif : « Il obtient en 1981 son baccalauréat avec la mention « Très Bien » et est le major du centre », lit-on dessus. Une fois le baccalauréat en poche, le jeune Assane pouvait bel et bien aller poursuivre ses études en Occident, comme cela était d’usage à l’époque. Il a tout simplement préféré rester dans son pays. « Je ne voyais pas la nécessité d’aller poursuivre mes études ailleurs, d’autant plus que l’époque l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar figurait parmi les meilleures au monde », souligne-t-il. C’est là donc qu’il passe tout son cursus universitaire jusqu’à l’obtention du Diplôme d’étude approfondies (Dea) en Droit.

Homme de défis
Me Assane Dioma Ndiaye est réputé endosser des dossiers où tout semble flou au début. Que d’improbabilités. Un adepte du risque, en d’autres termes. « C’est à l’image d’un footballeur sur un terrain de jeu. Il doit se dire que tant que le match est en cours, il est nécessaire de se donner à fond pour atteindre son objectif. Avec Assane, c’est pareil. Il a horreur de perdre, voilà pourquoi une fois engagé, il se donne tous les moyens nécessaires pour remporter un procès », témoigne un de ses confrères. « Un avocat gagne bien sa vie suivant sa carrière, ses objectifs. Selon la spécialité, on peut beaucoup voyager. Ce n'est pas monotone, car les dossiers sont divers et variés. C’est un métier passionnant, guidé par l’envie de défendre la cause des autres », dit-il.

Malgré un travail où il passe le plus clair de son temps à défendre des causes, Me Ndiaye se refuse de juger les autres. L’image lui est devenue familière : tous les jours, il voit des ombres furtives qui descendent des fourgonnettes de l’administration pénitentiaire pour rejoindre le box des accusés afin de connaitre le sort que la justice leur réserve. Certains s’engouffrent à nouveau dans ces voitures, car étant maintenus dans les liens de détention. D’autres, au contraire, recouvrent la liberté. C’est le quotidien des tribunaux.

Cette réalité est devenue une routine des habitués du barreau. Pour autant, Me Ndiaye traine cette réputation de ne jamais s’avouer vaincu d’avance. Quelque soit la complexité du dossier, il est prêt à l’endosser pour faire triompher la justice, témoigne un jeune avocat qui a eu à effectuer son stage dans le cabinet de cet avocat émérite. Il aime briser les résistances, les positions établies avec cet acharnement qui fait qu’aucune difficulté ne le décourage. Il a ce côté révolutionnaire, résume-t-il.

Me Assane Dioma Ndiaye est né le 13 Août 1961 à Kaolack. Il fait ses études primaires entre 1968-1975 à l’école régionale de Diourbel. Il passe son cycle secondaire au collège Saint Gabriel de Thiès. Comme susmentionné, il obtient son baccalauréat en 1981 et passe ses études supérieures à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ou il sort avec un Dea en Droit privé, option judiciaire. Me Ndiaye est, en 1988, lauréat au Concours d’aptitude à la profession d’avocat (Capa). Il est aussi président de l’Organisation nationale des droits de l’Homme du Sénégal (Ondh) et directeur de la Justice internationale. Depuis 2010, il est coordonnateur de la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh). En 2014, il devient membre permanent du Comité de discipline de la Cour pénale internationale.

C’est un avocat vif. Il s’engage à défendre un dossier selon qu’il juge qu’une des parties a été lésée. Il n’appartient à aucun clan, si ce n’est celui qu’il consent à défendre corps et âme. « Il sait combien la justice permet aux individus d’échapper au déterminisme, de faire face aux régimes totalitaires, de s’ériger pour rétablir l’ordre normal des choses », ajoute son confrère avocat. Assane Dioma Ndiaye fait partie des rares personnes à avoir dénoncé haut et fort la situation qui prévalait en Gambie, alors qu’un certain Yahya Jammeh en était encore le dirigeant. Après le départ du pouvoir de ce dernier, il fait encore partie de ceux qui réclament justice. Un procès en vue ? Wait and see !

Par Oumar BA

Selon deux nouvelles études, avoir un plus grand nombre d'enfants pourrait augmenter le risque de maladie cardiovasculaire non seulement pour la mère, mais aussi pour le père.

Selon Vera Regitz-Zagrosek, professeur, présidente du groupe de travail "Gestion des maladies cardiovasculaires au cours de la grossesse" de la Société européenne de cardiologie, deux études récentes suggèrent que le risque de maladie cardiovasculaire chez la femme pourrait être aggravé par le nombre d'enfants qu'elle a et, dans certains cas, pourrait être un facteur de risque cardiovasculaire également pour le père.

Dans la première de ces deux études, qui a suivi un demi-million de Chinois, l'équipe de chercheurs a découvert l'existence d'une relation statistiquement significative en "J" entre le nombre d'enfants et le risque de maladie coronarienne et d'accident vasculaire cérébral ; ce qui signifie que "le risque diminue lorsqu'on a un enfant, puis augmente avec deux enfants ou plus", explique le professeur Regitz-Zagrosek.

Elle souligne également avoir été "frappée", en lisant cette étude, par le fait que cette relation était observée pour les femmes comme pour les hommes. À noter que d'autres recherches ont, en outre, constaté que le nombre d'enfants était également lié selon une courbe en "J" au risque de diabète chez les femmes et les hommes.

Par ailleurs, une étude publiée dans la revue Circulation suggère qu'avoir connu plusieurs grossesses pourrait accroître le risque de fibrillation auriculaire (c'est-à-dire une arythmie cardiaque, augmentant le risque d'accident vasculaire) chez la femme, plus tard au cours de sa vie.

Un enfant unique, meilleur pour la santé ?
Toutefois, le professeur Regitz-Zagrosek indique que "dans cette étude, aucune courbe en "J" n'a pu être observée de façon statistiquement significative, sans doute parce qu'elle concernait environ 34.000 femmes et était relativement réduite par rapport à l'étude chinoise".

Sur les causes possibles de l'augmentation du risque cardiovasculaire avec le nombre d'enfants, le professeur Regitz-Zagrosek explique que les auteurs des deux études considèrent que des facteurs socio-économiques sont en jeu.

"Avoir un seul enfant est protecteur, car les parents bénéficient d'un soutien social dans la vieillesse", explique-t-elle, "mais dans le cas d'un grand nombre d'enfants, cet avantage disparaît, car cela augmente la pression économique et sociale subie par les parents".

Le professeur Regitz-Zagrosek ajoute : "Il est prouvé que la grossesse conduit à des altérations qui modifient la réponse du corps face à d'autres facteurs de stress cardiovasculaire. Et il est possible que cela soit à cause de mécanismes épigénétiques. Mais, les résultats concernant les hommes chinois favorisent l'explication socio-économique."

Elle ajoute que des recherches supplémentaires sont nécessaires afin d'étudier les mécanismes biologiques et socio-économiques impliqués afin de mieux comprendre le lien entre le nombre d'enfants et les risques cardiovasculaires.

AFP/Relaxnews

Adopté par 396 députés (123 ont voté contre), le rapport propose de clarifier les règles de responsabilité en cas de dommages causés par des robots, surtout par « la nouvelle génération de robots, qui peut être équipée de capacités d’adaptation et d’apprentissage qui entraînent une certaine part d’imprévu dans leur comportement ». Dans le cas d’un accident causé par une voiture autonome, une assurance obligatoire pourrait ainsi permettre de garantir un dédommagement, y compris en l’absence de couverture.

Le rapport contient également une charte éthique, des mesures sur la protection de la vie privée et des données, et invite à la création d’une Agence européenne pour la robotique. Mais deux de ses idées phare ont été complètement supprimées, et ce sont précisément celles qui avaient inspiré Benoît Hamon : la taxe robots, et le revenu universel. Le rapport proposait de « créer un impôt sur le travail réalisé par des robots », afin de compenser la destruction des emplois, et envisageait « l’introduction d’un revenu universel de base », « afin de maintenir la cohésion sociale et le bien-être social ».

Par le surfeur

En 1979, de jeunes artistes « dissidents » du Cercle de la jeunesse ont mis en place une troupe, le « Ngalam ». Ce groupe a aussi été sacré à plusieurs reprises champion du Sénégal en théâtre.

On est en 1970. Le Cercle de la jeunesse de Louga qui avait fini de se faire connaître au niveau mondial est déclaré « hors concours » par les autorités compétentes. Une décision durement ressentie à Louga. Les artistes voient leur avenir en noir. Le malaise s’installe. « Le découragement était total. Pas de répétition, aucune réunion. Le Cercle entre en crise », se souvient Youssou Mbargane. Le groupe ne participait plus aux compétitions. Cela a duré presque dix ans. Préoccupés, mais surtout soucieux de leur avenir, des jeunes de Louga décident de prendre leurs responsabilités. Ils entrent en dissidence et créent le « Ngalam » en 1979.

« En réalité, on ne voulait pas créer cette dissidence. Mais, on n’avait pas le choix. On était stressé de ne plus pouvoir exprimer nos talents », explique Youssou Mbargane. Babacar Sarr, président du Fesfop, lui, refuse le terme « dissident ». Il parle de création « normale » d’un groupe émanant de jeunes qui ont grandi et qui ont voulu s’assumer. « Quand une troupe ne se produit plus, elle s’endort. C’est ce qui est arrivé au Cercle de la jeunesse de Louga. La vérité, c’est que le « Ngalam » a été créé juste pour permettre aux jeunes artistes lougatois de participer aux concours », explique Babacar Sarr qui dit être président fondateur du « Ngalam ». « L’objectif était donc d’assurer une relève au Cercle de la jeunesse même si aujourd’hui, à la lumière du bilan, on se rend compte que les résultats escomptés ne sont pas atteints », soutient Babacar Sarr.

Youssou Mbargane relativise. « Six mois après sa création, le « Ngalam » a été champion du Sénégal. Par la suite, il a été, plusieurs fois, vainqueur des coupes mises en compétition », argue le communicateur traditionnel, ancien du Cercle de la jeunesse et membre fondateur du « Ngalam ». Et pourtant, les deux se rejoignent sur un point. Tous sont d’accord que le « gigantesque » Cercle de la jeunesse qui a fait tant rêver n’a pas eu de relève. Les raisons de cet « impair » sont multiples : les nouveaux acteurs ne sont pas suffisamment imprégnés des réalités du terroir, ne vivent pas pour l’art mais veulent vivre de l’art et, surtout, ils manquent de professionnalisme et de charisme. « Tout cela réuni, ajouté au contexte qui n’est plus le même, ne peut donner que ce que l’on voit aujourd’hui, c’est-à-dire plusieurs groupes, mais sans aucune qualité », déplore le président Babacar Sarr.

Birahim Dieng, directeur artistique du Cercle en 1953, est du même avis. Il soutient : « On ne fait plus rien par amour ou par plaisir. Tout ce qu’on fait, maintenant, c’est pour de l’argent. Et cela change tout et impacte négativement sur la qualité des prestations ». Toujours est-il que Louga peut compter sur Babacar Sarr qui a réussi une belle idée, celle de fédérer toutes les troupes de Louga en une : la troupe communale. Celle-ci regorge de talents et voyage de temps en temps. Elle est sur la bonne voie. De même que le Cercle de la jeunesse version Zaccaria Niang, le « Ngalam », le Vec (Volontaires des échanges culturels) du jeune artiste Lébou, etc. Mais, la vérité c’est que ces groupes et troupes ont encore un long chemin à faire pour mériter le titre de « digne continuateur » de l’œuvre immense réalisée par le Cercle du génie Mademba Diop et compagnie.

RENCONTRE AVEC FATOU KASSE : La voix berceuse de « Mademba »
Fatou KasséL’équipe de « Grand air » est allée à Kébémer à la rencontre de mère Fatou Kassé, la voix d’or du Ndiambour. Cette dame est restée célèbre à travers sa chanson « Mademba », reprise aujourd’hui par plusieurs artistes.

C’est une matinée pas comme les autres. On a rendez-vous avec celle que tout le Sénégal appelle fièrement « Mère Fatou ». L’enthousiaste est réelle. Tout le monde est pressé de rencontrer cette dame de renom. Dans la voiture qui nous mène à Kébémer, ville où mère Fatou vit paisiblement sa retraite, les échanges sont assez riches. Notre chance, c’est qu’un membre de l’équipe, grand Amath, connaît relativement bien la diva. On se familiarise avec certains de ses chansons. Il nous parle surtout du succès national de « Mademba », titre repris par plusieurs artistes dont Viviane Ndour et Daro Mbaye. « C’est une grande dame de la musique. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle la voix d’or du Ndiambour », conclut grand Amath. On vient juste d’arriver à Kébémer. Mbacké, le photographe avait déjà avisé sa cousine Dieynaba. Celle-ci nous attendait à la station Total. C’est elle qui nous emmène au quartier Gala des Hlm. En réalité, on pouvait y aller sans aide. Mère Fatou Kassé est une icône à Kébémer et environs. Tout le monde la connaît. Elle est accessible, sa maison ne se fermant presque jamais. Nous venons de franchir les portes de la demeure. Constat frappant : la dimension de la cour. Une vaste cour. Encore quelques pas de marche. Et nous voici devant Mère Fatou Kassé. Assise sur un petit lit, posé juste en face de la porte du salon. Elle se lève à l’aide d’une canne. Tient absolument à serrer la main à tout le monde. « Dal lene Diam (soyez les bienvenus) », dit-elle, cordialement. L’accueil est à la fois chaleureux et émouvant. Une fois le but de la visite déclinée, mère Fatou, en une femme soumise, nous demande de venir au salon. Sur place, son époux, malvoyant, est confortablement assis dans un divan. « Ce sont des journalistes du "Soleil", ce grand journal. Ils viennent m’interroger sur mon parcours », ainsi parle mère Fatou au patriarche. Celui-ci répond : « Ah ok, d’accord. C’est bien. Soyez les bienvenus ». Feu vert donné, les échanges peuvent maintenant démarrer.

Chevalier de l’Ordre national du Lion
« J’ai fait mes premiers pas au Cercle de la jeunesse de Louga en 1958 à l’âge de 16 ans », nous apprend Fatou Kassé. A l’époque, dit-elle, le contexte était difficile. Le Cercle venait de remporter son premier trophée majeur. La coupe du Conseil de la jeunesse de l’Afrique occidentale française (Aof) en 1957. Tous les jeunes artistes rêvaient d’intégrer ce groupe. « Le talent ne suffisait pas. Il fallait aussi et surtout être rigoureux, disciplinés, à la recherche permanente de la perfection », se souvient mère Fatou. Elle avait peur de ne pas convaincre. Finalement, tout s’est bien passé. « Mass me fait appeler. J’arrive, il m’écoute chanter. Il est séduit. J’en était fière », se réjouit aujourd’hui encore mère Fatou. Elle venait ainsi d’obtenir son ticket pour entrer dans le Cercle.

Sur place, elle côtoie de grands noms : Baba Diallo, Ibrahima Ndiaye et Birahim Dieng, le directeur artistique. Mais sa plus grande fierté reste d’avoir eu comme coach Mademba Diop. « Je dois tout à Mass Diop, le président du Cercle de la jeunesse », souligne mère Fatou, très reconnaissante. Avec lui, elle « apprend tout ». « J’avais la voix mais je devais être rassurée, soutenue parce que la musique, c’est d’abord et avant tout un art qu’il faut maîtriser », se plaît-elle à rappeler. Rapidement, elle obtient du plaisir s’éclate et partage son talent. Fin 1959, c’est la consécration. Le Sénégal entier découvre la belle et puissante voix de Fatou Kassé avec « Mademba ». Cette chanson également appelée « la berceuse » célèbre la naissance d’un bébé.

Il faut dire qu’à l’origine, « Mademba » est un poème, poème qui pose la question « Pourquoi mon bébé pleure-t-il ? ». Beaucoup l’ont déclamé et chanté. Mais c’est Fatou Kassé qui l’a rendue populaire. « Quand je chantais « Mademba », les gens écoutaient religieusement. L’émotion était palpable », se souvient Fatou. Les photos qu’elle garde et qu’elle aime montrer sont le témoin vivant de ce succès. « Tout le monde parlait de moi. Ce sont des souvenirs inoubliables ». Et pourtant sa carrière a subitement ralenti. Mère Fatou, victime de son succès, va quitter le Cercle en 1962. Quatre ans seulement après l’avoir intégrée. A la demande de ses parents. « Je devais me marier et fonder un foyer », soutient la dame à la voix d’or.

Plus tard, elle fera un bref comeback dans la musique avec la troupe de Sorano. C’est que Fatou avait finalement décidé de suivre les directives de son Papa qui ne voulait pas qu’elle reste dans la musique. Un choix qu’elle dit ne pas regretter aujourd’hui. « Je vis ma retraite paisiblement. Je n’ai aucun problème. Dieu merci », laisse-t-elle entendre. L’entretien tire à sa fin. Mais mère Fatou tient à partager son plus beau souvenir. Son élévation par Abdou Diouf, en 1998, au rang de Chevalier de l’Ordre national du Lion. « Cette médaille vaut tout l’or du monde ».

Ce n’est pas tout. Mère Fatou nous fait savoir qu’elle vit mal la situation qui prévaut actuellement au Parti socialiste, son parti. « Ce que je vois à la télé et entend à la radio n’est pas le Parti socialiste », confie-t-elle, préoccupée. Son souhait : que les jeunes se retrouvent autour de Ousmane Tanor Dieng. « C’est la moindre des choses que nous devons au père fondateur Senghor ».

Par Cheikh Aliou AMATH, Abdoulaye DIALLO (textes) et Mbacké BA (photos)

Last modified on vendredi, 17 février 2017 12:32

D’ex-rupins à la retraite, en mal d’« audience » et d’exutoire, prennent plaisir à transformer  tous les petits coins de nos  exigus quartiers en  « échoppe » ; sphère d’expression de leur écœurante avidité. La mosquée, espace de dévotion, est ainsi muée en un fief où le seigneur (nous faisons ici référence à l’autorité féodale) et ses amis, exerçant un commerce avec Dieu, mènent un jeu à la fois amusant et fourbe. Le procédé est simple et tortueux.

On garnit son dressing-room de frous-frous, de grands boubous empesés. Le falzar et la chemise de l’ex-petit bureaucrate présomptueux et dédaigneux sont mis au frigo. On s’achète un chapelet, plus gros qu’un boa, dont on s’entiche subitement et curieusement. On marmonne en saluant les bonnes dames sur lesquelles étaient jadis braquées les lorgnettes. On dégotte un imam à la rhétorique savoureuse. C’est une aubaine pour lui. Il n’a jamais rien fait dans sa vie. C’est lui qui séparait les ménagères qui se crêpaient le chignon quand ses nouveaux « copains » étaient encore au boulot !

La bande des ex-coquets et coquins à la retraite le sort de son ennuyeuse existence et le met au centre des crédules dévots. Il leur faut bien un imam « compagnon » fidèle de la galère, prêt à les accompagner dans leur subite repentance et qui ne leur ressasserait pas inlassablement les paroles divines (sauf en présence d’une innocente âme à accompagner dans son élan de foi). Ce n’est d’ailleurs pas sûr que l’Imam en sache bien davantage qu’eux. Il a juste dû apprendre à mieux débiter la Sourate Fatiha et quelques petits versets (« Julli day gaaw, waruño teye mboolo mi », la prière doit être brève, on ne doit pas retenir les fidèles trop longtemps) qu’une bouche dépeuplée de ses dents ne réciterait guère moins bien que lui.
Pas de bougie et de cola !

Un peu de tintamarre ne ferait pas de mal à un nouveau « commerce » tenu par une vieille garde décidée à le rentabiliser. Il faut bien que le quartier soit tenu au courant de la nouvelle « gouvernance religieuse ». Pour commencer, des « laay laay lal-la » criés (le participe « psalmodiés » aurait été insultant pour les êtres férus de bonnes notes) à tue-tête pour avec un haut-parleur ! L’oreille du Seigneur est devenue dure ! Il faut hurler ! Les micros amplifieront « l’horreur ». Le compagnon sans grade, viveur sans le sou de la belle époque, s’emploiera à « ameuter » les fidèles. Il est le nouveau muezzin. Et passer de Peter Tosh ou Ray Charles à Abdallah Soudais… ça craint ! Ou encore de « chauffeur » de bal musette à muezzin insomniaque ! Ça sonnaille beaucoup, mal et fort. Et à envie. La transition n’est jamais évidente. Une embardée effraie toujours.

Soyons indulgents avec les nouveaux « fous de Dieu ». Désormais, le peuple de Dieu et de Satan se réveillera tôt. Les oreilles siffleront. Les « pestiférés » peu exaltés pesteront. La gérontocratie s’en moque éperdument. Elle doit bien vendre sa cabane, l’entretenir. Il y aura toujours un « machin à acheter » : une moquette, un plafonnier, un micro, « def ci jakk ji, man kaana lillahi kanal lâhu lahu ». Les patriarches stimuleront l’élan de commisération des âmes bienfaitrices à l’égard de…leurs pauvres, « dimbali neew ji doole yi ». Attention, les bougies et les colas, ils n’aiment pas trop. On ne pratique pas le misérabilisme ici ! C’est un temple de la haute société.

Les vieux copains, « accotés » au discours mystificateur de leur recrue d’imam, créent une forteresse pour défendre ce que la cupidité leur permet d’acquérir au grand dam de leur estime propre. Et comme dans toutes les histoires où l’absurde fait chemin avec l’impertinence, l’union des malfamés se dissout dans les petites ambitions éhontées des uns et des autres. L’Imam, se bonifiant avec quelques versets, se prend un peu trop au sérieux (ce n’était pas ça le but de la machination !) et commence à snober ses acolytes soucieux de préserver leur rang. Car, ils ont été bien là quand les choses se tramaient ! Quand l’imam était encore un petit oisif, amuseur des mômes et de leurs dames ! Le business de la charité est rendu lucratif par les âmes charitables. Il faut avoir l’œil sur les comptes. La mosquée « neegu Yalla » devient ainsi à la fois le lieu d’une ostentation de la vertu, de la dévotion et le réceptacle de nos compassions, de notre générosité montrée avec apprêt. Les menues monnaies récoltées çà et là ne sont, en définitive, qu’une gratification du Seigneur satisfait de la bonne tenue de sa « maison » jamais aussi bien animée ! Et cela a un coût ! Le devis estimatif est laissé à la discrétion absolue de l’Imam !

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

A soixante-dix ans, sa présence sur la scène théâtrale n’est plus à démontrer. Un après-midi de dimanche, loin des planches de Dianiel Sorano et des séances de casting, il fait ses prestations chez sa deuxième devenue première car la devancière n’est plus. Sous une couverture, pour se protéger du froid, il nous reçoit. L’odeur de l’encens embaume la chambre plongée dans un clair-obscur. « Goor », comme on l’appelle familièrement, nous invite, d’un signe de la main, à nous asseoir.

Nous l’avons connu à travers le petit écran, notamment dans les téléfilms de la célèbre troupe « Daraay Kocc » dirigée par feu Cheikh Tidiane Diop et dans l’adaptation télévisée des planches du caricaturiste T.T.Fons, un portrait ironique mais juste de la société sénégalaise, par le réalisateur Moussa Sène Absa. Dans la peau du « Goorgorlu », un débrouillard au quotidien, il a fait rire plusieurs générations. Au moment des vicissitudes qu’a connues et connaît encore le théâtre, il tient encore. Entre spots publicitaires et dramatiques de moins en moins, avec  « Baye Eli », l’adage wolof « Goorgorlu moy takha done goor » revêt de l’évidence.

Entre la réalité et le monde virtuel des fils interconnectés des images, l’homme d’humour exceptionnel, avec son argot lébou qui lui est propre, apporte autant à sa posture de comédien. Sauf que chez mère Lô, sa deuxième, son nom à l’état civil demeure. Plus connu sous le pseudonyme de « Baye Eli » qu’il arbore enfin comme un nom de scène, ce diminutif d’Elimane est né de la pièce théâtrale « Quatre vieillard dans le vent » avec la troupe « Daraay kocc ». Des surnoms, il en a beaucoup. Avec son béret de petit écolier turbulent et sautant en hauteur, il était appelé « Boy para ». « Quelle que soit la hauteur d’un mur je m’y mettais pour ensuite sauter », conte l’artiste-comédien.

Une vie de comédien
Face à la fureur et la folie du monde, le rire est un exutoire, un refus contre l’angoisse. Cela, le comédien l’a bien compris. Déjà sur les planches à l’âge de sept ans, le clown est presque né avec la fibre artistique. En effet, il a très tôt quitté les bancs de l’école pour le septième art. Sa première apparition sur le petit écran, notamment dans « Liberté I » de Sembène Ousmane comme figurant, date des années 1960. Saut générationnel, mais aussi matériel et financier. Les cachets, en pièces sonnantes de 300 ou 600 FCfa la nuit, qui lui permettaient de dispenser ses parents d’un devoir écrasant, se comptent désormais en billets. Un esprit entrepreneur qui l’a habité dès le bas âge.

« A mon retour de cinéma, je reprenais les scènes des films en y ajoutant mon « feeling ». Notre maison étant le dépotoir des filets de pêche, j’en prenais pour créer ma propre salle de théâtre avec l’aide de quelques bambous. Ce qui me permettait de collecter des pièces de cinq FCfa par individu », renseigne l’artiste. Son père, au début, s’était opposé à sa carrière d’artiste. Un manteau qui, selon ce dernier, n’allait pas bien dans la peau d’un Lébou qui devait plutôt affronter les vagues et non pas le grand public. Une hostilité qui avait demeuré jusqu’au festival de Carthage de Tunisie. Son fils enfin dans les airs dans un avion spécial. La bénédiction en main !

Intégrant en 1980 la troupe « Daraay Kocc », sortie des flancs de « Diamano Tey » de feu Abdoulaye Seck, on le retrouve dans « Quatre vieillards dans le vent », « Seybi dou am », « un Dg peut en cacher un autre », un « Baye Eli » aussi à l’aise dans la peau d’un Imam, d’un Don Juan, d’un « Goorgorlu » que dans celle de l’oncle négociateur des mariages impossibles « Apolo ». Ancien militaire, même au sein de l’armée, il avait continué d’arborer sa veste de comédien. Affecté au génie militaire de Bargny, il a joué dans les compétitions inter-corps.

Du théâtre de conscientisation, on assiste de plus en plus à des séries qui sont presque une imitation des télénovélas dans lesquels tout est permis : insultes, mots déplacés. Des comportements qui, selon le comédien, a fait que le théâtre n’a plus une forte audience. « Quand tu interpelles quelqu’un pour lui donner une partie de toi, tu ne dois point insulter car c’est comme si tu l’insultes lui-même. En effet, le théâtre est une œuvre d’homme et doit être filtrée avant d’être diffusée au risque de ne pas être consommée par le grand public », défend le septuagénaire qui soutient que certains jeunes ne font plus le théâtre par passion mais, pour être, exister, faire le buzz, avoir des fans et s’enrichir.

« Baye Ganar »
Dans un sous-vêtement, l’artiste est encore dans ses œuvres. Dans son spectacle à domicile, il nous emmène dans l’imagination d’un féru de « ganar » qui faisait trembler les gallinacés turbulents, indociles qui avaient déserté le poulailler. Une fois repérés, ils allaient finir, le week-end, dans les ventres de jeunes polissons qui bravaient les profondeurs de la nuit pour quelques bons morceaux de viande blanche. « Dans ce paysage touffu des anciens quartiers de Colobane Hock, on creusait un trou à l’intérieur duquel on mettait du bois. Le poulet était bien emballé puis introduit dans ce four circonstanciel. A l’aube, il est déterré. Pour le reste, je n’ai besoin de vous le dire», lance-t-il dans un éclat de rire.

Ce que vous ignorez, chahute le comédien, c’est que le sous-vêtement d’un vrai amoureux du poulet lui arrive à peine au nombril. Un amour d’enfance du coq qui est resté en lui et qu’il transpose dans ses pièces théâtrales. Ainsi, avec « Goorgorlu » c’est la tyrannie du rire. A son contact, il vous offre un concentré de rire et d’émotion dont on sort l’esprit léger et le sourire aux lèvres. Ancien chauffeur de la Poste à la retraite, il mène aujourd’hui une vie paisible dans sa famille.

Par Marame Coumba SECK

En 2015, on estime à plus de 380 000 le nombre de nouveaux cas de cancers et à près de 150 000 le nombre de décès en France. Les cancers les plus fréquents sont ceux de la prostate, du sein, du côlon-rectum et du poumon. Les taux d'incidence et de mortalité chez l'homme (-1,5%), et d'incidence chez la femme, ont tendance à baisser depuis quelques années.

Diagnostiquer la maladie par prise de sang
Les tests sanguins appelés Iset ("Isolation by size of tumor cells" : isolement par taille des cellules tumorales) vont sans doute révolutionner le diagnostic des cancers. Développés par la cancérologue française Patrizia Paterlini-Bréchot de la faculté de médecine Necker-Enfants malades, ils permettent par une prise de sang de déceler la présence de cellules cancéreuses (selon le principe de la biopsie liquide). Pour trouver le lieu précis de la tumeur, des examens d'imagerie médicale sont nécessaires. Dans le futur, il sera possible de pouvoir dire de quel organe elles proviennent et gagner ainsi du temps. Les premiers tests ont commencé à être commercialisés au prix de 486 euros, non remboursés par la Sécurité sociale. Pour toute information sur cette technologie et les conditions et lieu pour réaliser le test, visitez le site : http://www.isetbyrarecells.com/fr/. Le Pr Patrizia Paterlini-Bréchot est également auteure du livre "Tuer le cancer", édité chez Stock, où elle raconte son parcours et ses motivations pour arriver à vaincre le cancer.

Cancer du poumon, un diagnostic plus rapide et ciblé
Le 28 novembre dernier, l'hôpital Tenon dans le XXe arrondissement à Paris a ouvert les portes d'un nouveau centre de diagnostic rapide du cancer du poumon, première cause de décès par cancer. Chaque année, 40 000 cas sont déclarés en France. Ceux qui présentent une image suspecte de cancer après radio ou scanner sont vus en consultation d'onco-pneumologie en moins de 7 jours. Par ailleurs, une prise de sang pourrait renseigner sur la capacité des patients atteints d'un cancer du poumon à bien tolérer le traitement par chimiothérapie, selon une étude publiée dans Nature. En analysant les cellules cancéreuses, isolées dans le liquide de la biopsie, ils ont constaté que différentes anomalies génétiques mesurées avant le traitement pouvaient déterminer la manière dont le patient allait répondre au traitement.

Cancer de la peau, une approche par photo
Dans un avenir proche, il sera sans doute possible de reconnaître un cancer de la peau via un simple cliché. Des chercheurs de l'université de Stanford ont mis au point un algorithme de reconnaissance d'images de Google déjà basé sur 129 000 photos de lésions cutanées, associées à environ 2 000 maladies de peau différentes. Au fil de l'expérience, la machine a notamment réussi à discerner les mélanomes malins de ceux bénins, posant les mêmes diagnostics que ceux de 21 dermatologues diplômés sur les mêmes cas.

Cancer de la prostate, vers un diagnostic par imagerie
La biopsie actuellement pratiquée pour diagnostiquer le cancer de la prostate chez l'homme peut donner lieu à des traitements avec des effets indésirables (infections), sans aucun avantage de survie pour le patient. Un diagnostic par IRM multiparamétrique vient de se montrer concluant, selon une étude parue dans The Lancet, en fournissant des informations sur la taille du cancer, la densité de ses cellules et ses liens avec la circulation sanguine. Des éléments qui peuvent aider à distinguer les cancers agressifs nécessitant une biopsie immédiate et un traitement de ceux considérés comme a priori inoffensifs. Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme avec près de 54 000 nouveaux cas en 2011.

Cancer du sein, une refonte du système de dépistage
Le gouvernement a redéfini fin décembre 2016 les modalités du dépistage en matière de cancer du sein. Tous les deux ans, les femmes âgées de 50 à 74 ans recevront un courrier, les invitant à se rendre chez un radiologue agréé dont les coordonnées figurent dans la liste jointe au courrier. L'examen comprend une mammographie (deux clichés par sein, face et oblique) et un examen clinique des seins, pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Si aucune anomalie n'est décelée, la mammographie est ensuite systématiquement relue par un second radiologue expert. Les radiologues assurant la deuxième lecture doivent, quant à eux, s'engager à lire au moins 1 500 mammographies supplémentaires par an (contre 500 pour les premiers lecteurs). Le cancer du sein cause encore près de 12 000 décès par an en France. Lorsqu'il est détecté tôt, il est guéri dans 9 cas sur 10, rappelle toutefois le ministère.

Le réseau social veut concurrencer YouTube, et, potentiellement, Netflix et CNN...

Facebook produira-t-il un jour ses propres séries télé, comme Netflix et Amazon? L'entreprise a fait un pas dans cette direction, mardi, avec l'annonce du lancement d'une nouvelle application pour regarder des vidéos sur un téléviseur. Par ailleurs, le réseau passe aux vidéos en autoplay avec le son sur smartphone. L'app sera disponible «bientôt» et compatible avec les boîtiers Fire TV d'Amazon et Apple TV, qui permettent de regarder des contenus en streaming sur un téléviseur, ainsi que sur les télévisions connectées de Samsung, précise le réseau social. D'autres plateformes devraient suivre prochainement. Elle permettra au départ simplement de regarder plus facilement des vidéos publiées par les contacts de l'utilisateur sur Facebook ou sur les pages qu'il suit, ainsi que les vidéos en direct les plus populaires sur le réseau, ce qui pourrait permettre à Facebook de concurrencer les chaînes d'informations.

Des contenus maison ?
Cela pourrait toutefois être un petit pas vers un plan plus ambitieux évoqué par certains médias et visant à faire à terme de Facebook un concurrent sérieux pour YouTube (la plateforme de vidéo en ligne de Google/Alphabet), voire Netflix, et d'ainsi récupérer une part du lucratif marché de la publicité télévisée. Même Apple s'est récemment lancé sur le front des productions vidéos. Facebook a beaucoup investi dans la vidéo ces dernières années, et son patron-fondateur, Mark Zuckerberg, a de nouveau insisté sur son caractère prioritaire lors de la présentation des derniers résultats trimestriels du groupe début février. Il a assuré y voir «une méga tendance du même ordre (d'importance) que le mobile», qui a servi de locomotive au groupe ces dernières années.

L'indestructible téléphone Nokia 3310 devrait bientôt faire son grand retour
Avant l’iPhone, on ne jurait que par lui : le 3310. Indestructible, simple et fiable, le célèbre téléphone de Nokia demeurera à jamais inégalable. Bonne nouvelle : le 3310 devrait ressusciter, et une nouvelle version du modèle devrait prochainement être commercialisée.
Un reboot bon marché.

Le 3310 nouvelle génération devrait être présenté à la fin du mois de février lors de l’exposition du Mobile World Congress à Barcelone, tel que l’a révélé le blogueur américain Evan Blass, repéré notamment par sputniknews.com. Vendu au prix de 59 euros, le téléphone devrait fortement ressembler à son ancêtre des années 2000. Plus efficace et plus robuste qu’un iPhone, beaucoup moins cher (de loin), pourquoi s’en priver ? Sans oublier l’atout ultime du 3310 : le Snake.

Un humoriste britannique créé une appli de rencontre sur laquelle il est le seul homme inscrit
ntitulé « Shinder », en référence à l’application Tinder, le site permet à chaque internaute de s’inscrire via Facebook. Seule différence, seule les femmes peuvent accéder à l’application, les hommes eux reçoivent un message d’accueil expliquant que Shed Simove n’est « pour l’instant » hétérosexuel. Résultat, quand les nouvelles inscrites tentent de faire défiler les profils de célibataires, elles tombent systématiquement sur le profil du Britannique âgé de 45 ans. Interviewé par le tabloïd anglais, The Mirror, Shed Simove a expliqué avoir lancé cette application après avoir constaté qu’il était « difficile de se démarquer et de se faire remarquer.

Par le surfeur

Fondé en 1951, le Cercle de la jeunesse de Louga a marqué les esprits en remportant, entre 1957 et 1970, tous les prix qui étaient mis en compétition. Retour sur le parcours de ce groupe qui a aussi rayonné au-delà des frontières du Sénégal.

Louga, quartier Santhiaba nord. Pas besoin de chercher longtemps. La première personne rencontrée vous emmène directement chez feu Samba Mbodj, l’oncle de Massamba Diop dit « Mass Diop », président fondateur du Cercle de la jeunesse. Très souvent, une gentille septuagénaire vous accueille. Comme c’est le cas, ce jour du mois courant. Son nom : Sokhna Seynabou Cissé. C’est elle qui ouvre la porte en fer forgé de la maison. Elle nous conduit et nous installe au salon. Le temps d’appeler son époux, Mame Dieumb Mbodj. « Bienvenue au quartier général du Cercle de la jeunesse de Louga », lance, enthousiaste, cet homme qui a vu passer 86 printemps. Il est arrivé titubant. « Je suis chanceux parce que, Dieu merci, je suis encore là pour vous parler de Mass », sourit Mame Dieumb.

Lui et Massamba Diop sont cousins. « Nous avons grandi ensemble. Nous avons été élevés par mon père. C’est dans ce petit bâtiment, juste en face, où nous avions notre chambre, je veux dire la chambre qu’il avait transformée en siège du Cercle », raconte, nostalgique, Mame Dieumb. A l’époque, dit-il, la maison était composée d’un seul bâtiment de trois pièces. Le reste de l’espace étant utilisé pour l’élevage de vaches, de chèvres et de moutons. Et puisque son père Samba Mbodj, aide médecin, était rarement sur place, Mass et ses amis occupaient tout le bâtiment. Ils se réunissaient ici, mangeaient, réfléchissaient et vivaient leur passion : le théâtre, la danse et la musique.

Depuis, la maison a beaucoup changé. Un étage est érigé. Le sol est carrelé et les murs revêtus de peinture orange. « Très différent de ce qu’on avait ici », tranche Mame Dieumb Mbodj. Et pourtant, contraste frappant, la chambre de Mass, sortie de terre au début des années 50, est à peu près intacte. Tout est resté presque dans le même état. Un lieu rempli d’histoire et de création de la jeunesse lougatoise. « Le Cercle a été non seulement créé ici, mais tout se faisait dans cette cour : les réunions, les répétitions, les soirées anniversaires, etc. Je peux vous dire que notre maison était le foyer des jeunes de Louga », se souvient le vieux. Pour lui, Massamba est « incontestablement » l’un des plus doués de sa génération. « Son intelligence débordait. Le cercle de la jeunesse de Louga, c’est, d’abord et avant tout, lui », fait savoir Mame Dieumb Mbodj.

Un cercle englobant
Très tôt, Massamba et ses amis Baba Diallo, Allassane Camara, Birahim Dieng, Demba Dièye, Mbol Seck, Elimane Thiam, Abiboulaye Samb, Kader Dia, Ibou Diagne et Ibrahima Ndiaye, entre autres, se sont fait distinguer. Ils avaient une envie : celle de dialoguer avec l’histoire, de créer un système de pensée, un destin digne des valeurs traditionnelles sénégalaises. Leur champ de prédilection : le théâtre populaire destiné à conscientiser les populations sur les faits de société et de politique. L’idée et la démarche, simples, étaient de rassembler tous les artistes lougatois autour d’un projet commun mais aussi de les renouveler en repérant les talents en herbe. En réalité, le Cercle était englobant. Le théâtre, la danse et le chant étaient présents, mais il y avait aussi de l’éducation populaire, du sport.

Le Cercle a également lutté pour l’indépendance du Sénégal, sous le prisme, bien évidemment, de la culture. « Le Cercle a joué un rôle extrêmement important dans l’accession du Sénégal à l’indépendance », relève Youssou Mbargane Mbaye. Le communicateur traditionnel va plus loin : « Beaucoup parlent aujourd’hui, mais ce que le Cercle a fait pour un Sénégal libre, rares sont les associations qui l’ont fait ». Il faut dire que le contexte était favorable. Louga, ville à la croisée des chemins, a vu naître une culture, celle du Ndiambour, fruit d’un bouillonnement, d’un gigantesque brassage humain. Artistes, danseurs, troubadours, poètes s’y retrouvaient à la fin des travaux champêtres pour exprimer leur talent.

Un groupe qui raflait tous les prix
Les valeurs sénégalaises. Voilà qui était la principale source d’inspiration du Cercle de la jeunesse de Louga. L’avantage était double : le message passait vite et une belle communion créée entre les artistes et les populations. « Les pièces étaient toujours tirées du rituel, des rites et croyances, des traditions populaires et des activités champêtres », souligne Youssou Mbargane. Birahim Dieng, directeur artistique du Cercle, poste qu’il occupe depuis 1953, confirme. « Tout ce que nous faisions était tiré des réalités sénégalaises », dit-il. Birahim, 79 ans, ajoute : « Dans nos pièces, on mettait beaucoup en avant l’éthique, le respect de la parole donnée, le courage et l’humilité ». Mieux, insiste-t-il, l’élément lyrique n’était pas dissocié de l’élément dramatique.

Autre particularité à la base du renom culturel du Cercle : la danse traditionnelle. « C’était un plaisir de voir nos danseurs se produire sur scène. Les spectateurs étaient émerveillés. Les danses étaient un message du cœur et de l’esprit que le corps exprimait », commente, Youssou Mbargane. Bien évidemment, le succès ne s’est pas fait attendre. D’abord au Sénégal, ensuite en Afrique (Gambie, Mauritanie, Mali, Guinée, etc.), enfin sur les prestigieuses planches d’Europe et des Amériques (France, Angleterre, Finlande et Mexique). Rarement un groupe artistique et culturel du Tiers/monde n’a séduit autant le monde.

De 1951, année de sa création à 1970, date à laquelle il a été déclaré « hors concours », le Cercle de la jeunesse de Louga était imbattable, raflant tous les prix. 1957 : coupe du Conseil de la jeunesse de l’Afrique occidentale française (Aof), 1960 et 1962 : coupes du président du Conseil, Mamadou Dia. Justement, en 1962, le Cercle et le Star jazz de Saint-Louis ont représenté le Sénégal au Festival de la jeunesse et des étudiants à Helsinki, en Finlande. En 1964, le Cercle remporte à nouveau la coupe du président Senghor. Deux ans plus tard, en 1966, il prend part au festival mondial des maisons de jeunes de Narbonne en France.

« Le Cercle gagnait tous les prix aux concours. C’était incroyable. Aucun groupe n’avait le niveau des Lougatois », précise Babacar Sarr, président du Festival international de folklore et de percussions de Louga (Fesfop). Et en 1970, ce qui devait arriver arriva. Le Cercle est déclaré « hors concours ». Il est « victime » de son génie créateur. Mais avant, il avait fini d’être ce que tout le monde reconnait aujourd’hui : une grosse machine à talents qui brillent dans d’autres groupes et sous d’autres cieux.

MADEMBA DIOP DIT « MASS DIOP » : L’homme par qui tout a commencé
Si le Cercle de la jeunesse de Louga est devenu ce qu’il est, en raflant tous les prix, c’est d’abord et avant tout parce qu’il avait à sa tête Mademba Diop (1928-2007), un homme d’une fécondité intellectuelle extraordinaire.

A Louga, tout le monde vous dit la même chose. Le rayonnement mondial du Cercle de la jeunesse, on le doit à une seule personne : Mademba Diop, son ineffable chef de file. Mass Diop, comme l’appelaient les intimes, fait l’unanimité. « Mass s’est singularisé très tôt de par ses qualités, mieux encore de par les vertus qui le caractérisaient. C’est un des rares génies parmi les hommes que j’ai fréquentés », témoigne Birahim Dieng qui a travaillé avec lui au début des années 50. « Je suis devenu directeur artistique du Cercle en 1953. Mais, ce que je peux vous dire, c’est qu’il n’y en avait pas deux comme Mademba à Louga », soutient-il.

Birahim Dieng n’est pas le seul à avoir relevé les qualités exceptionnelles de Mademba Diop, père fondateur du Cercle de la jeunesse de Louga. Mame Dieumb Mbodj, « l’ami et le cousin » est formel : « Ce n’est pas seulement le Cercle, mais c’est tout Louga qui doit énormément à Mademba ». Un point de vue que partage le communicateur traditionnel Youssou Mbargane Mbaye. « Si beaucoup d’artistes sénégalais, notamment ceux de la région de Louga, sont sortis de l’anonymat, c’est grâce à leur passage au Cercle de la jeunesse, ce temple culturel, lieu de formation, d’initiation, créé par Mademba », explique Youssou Mbargane Mbaye.

Celui-ci dit avoir été formé par Mademba, « son guide » qu’il qualifie d’homme « d’une fécondité intellectuelle extraordinaire ». Pourtant, peu de gens le savent, mais Mademba est un autodidacte. C’est en classe de 6e qu’il quitte l’école. Pour se faire recruter dans une boutique de commerce à Sakal non loin de Louga. Sakal ! C’est dans ce village qu’il s’est fait remarquer en jouant, tous les soirs, de la guitare, du saxo et de la trompette. Il se perfectionne et devient un grand chorégraphe. Chemin faisant, Mademba se voit proposer un poste dans l’administration. Il accepte mais ne renonce pas à son amour pour l’art.

Commis d’administration au début, il termine sa carrière comme inspecteur principal de la jeunesse. Toujours à la pointe des combats sociaux et progressistes. C’est lui le père du théâtre populaire. Et c’est également lui qui est à l’origine de l’édification des Centres départementaux d’éducation populaire et sportive (Cdeps). Fédérateur qui sait écouter et très sensible aux préoccupations de ses concitoyens, Mademba est, comme le dit Youssou Mbargane, « l’école de Louga » au plan culturel. Sa mort en 2007 a sonné comme la fin d’une époque, d’une belle époque. Pas seulement. Cette disparition signe aussi l’acte de décès du théâtre populaire.

Par Cheikh Aliou AMATH, Abdoulaye DIALLO (textes) et Mbacké BA (photos)

Last modified on lundi, 13 février 2017 16:09

From héro to zéro

13 Fév 2017
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Après plusieurs tergiversations qui  prenaient des relents d’hésitation, Yayah Jammeh s’est finalement résolu à quitter la Gambie. Il laisse ainsi derrière lui vingt deux ans de règne fait essentiellement de terreur. Sous la contrainte, sachant que les carottes étaient déjà cuites, celui qui, durant les premières heures, a essayé de résister à travers une série de bluffs  bien ourdie, a fini par se rendre à l’évidence.  Le dictateur a pris  peur,  quand il a  compris  et  admis que la grande artillerie déployée sur la Gambie n’avait pas fait le déplacement pour badiner.  
Celle-ci était prête à l’extirper, de gré ou de force,  d’un palais qu’il squattait, depuis quelques heures, de manière irrégulière.  Devant l’évidence et la teneur des faits, Docteur  s’est,  en un laps de temps, départi de ce qui passait, aux yeux de ses semblables,  comme un « courage légendaire ». Il s’est dévoilé à la face du monde, laissant tomber ce masque qu’il su si bien mettre deux décennies durant. Cette main de fer qu’il a toujours exercée  sur sa population s’est recluse,  à la faveur de négociations lui permettant de prendre la porte de sortie. Il y allait en réalité de sa vie. Soit l’autocrate collabore, soit son intégrité physique en pâtirait. Devant les deux options, « El professor », qui n’en est nullement un,  n’a pas mis beaucoup de temps  pour se déterminer. Sauver sa vie a primé. A-t-il, à cet instant  précis,  pensé aux nombreux pères de famille disparus sous son règne, aux hommes de medias, aux politiques qui osaient lui tenir tête, aux membres de la société civile ? A-t-il, ne serait ce qu’un seul instant, pensé aux rejetons, aux familles et aux proches qu’il a contraints à l’exil et  qui sont d’égale dignité avec lui ? Peut-être que dans ses postures les  plus grossières et ses agissements les plus inhumains aux fins de museler toute  la population, il ne pouvait croire qu’un jour viendra !

Ce jour est arrivé et l’ex-dictateur a quitté la Gambie, sous la contrainte et les huées, à la grande satisfaction de la population qui, des années durant, a subi les foudres de l’originaire de Kanilai.  L’homme libre dit je suis. Oui, il est.  Le lâche  dit je suis. Oui, il suit !

Par Oumar BA

Abdoulaye Lam, nouvel amir de l’association Jama Atou Ibadour Rahmane (jir), est de ces âmes dont le cheminement laisse penser qu’elles étaient dans une éternelle divagation, dans de vaines espérances. Il a construit son paradigme, son univers de valeurs en faisant fi de ce que la société du paraître conçoit comme modèle de réussite et comme accès à la plénitude. Son inclination pour la connaissance, sa quête de légitimité (pas celle-là pompeuse), et par-dessus tout, son attachement à l’Islam, aiguillent son existence. Ils l’aiguillonnent, devait-on dire. Son parcours au sein de l’association, qu’il dirige aujourd’hui, est aussi la marque de son engagement pour sa communauté. Au service de l’humain. Tout court.

Une barbichette ! Et elle ne pousse presque jamais ! Et pourtant, la caricature veut que la barbe soit longue chez ceux qu’on appelle, ici, les « Ibadou » ! Son visage n’est encombré que de ses lunettes à verres correcteurs que ses mains -si elles ne manient pas ses gadgets électroniques-ajustent de temps en temps. Un bonnet bien discret, comme le boubou dont il s’est enveloppé, recouvre des cheveux poivre et sel. Abdoulaye Lam, quinquagénaire bien sur ses jambes, est un homme à la charnière de deux époques : celle qui, par les valeurs humaines, cultive la nostalgie et le tumultueux temps présent l’exhortant à œuvrer dans le cheminement collectif. Le bonhomme est ainsi. Il est sous la foi de son propre serment qui se confond avec la morale religieuse. Pouvait-il en être autrement pour cette âme nourrie, très jeune, dans les principes du Coran afin de suivre le chemin de la vertu ?

Abdoulaye Lam a été très tôt envoyé chez son grand père et parrain, Serigne Sam Ndiaye, à Koungheul pour être initié à la lecture du livre sacré musulman. Il s’éloigne ensuite du giron familial. Le village de Niassene Walo, dans le département de Nioro du Rip, fondé par le grand père du marabout Ibrahima Niass, accueille le jeune homme. Il y fait trois ans avant de retourner chez son père. C’est auprès de celui-ci qu’il a appris une très bonne partie du livre saint avant de retourner à Niassène Walo pour étudier la langue arabe. A l’Ecole Serigne Mourtada Mbacké de Kaolack, le Saloum Saloum féru de couscous décroche son certificat arabe. « Je suis de la première promotion de cet établissement », se souvient-il de sa voix bien posée. Le brevet, il l’obtient à l’établissement El Hadj Abdoulaye Niass.

Frais émoulu de l’école, le jeune garçon de 17 ans est poussé par ses ambitions à Ziguinchor moins d’un an après le premier incident du conflit casamançais. Insouciance de jeunesse ou outrancière bravade ? Décret divin sans doute pour rester fidèle à son jargon de spiritualité. Ici, c’est Dieu qui éprouve. Point barre ! L’arabisant, lui, s’affranchit de la peur ambiante et mène son commerce. Il se permet même quelques « incursions » en Gambie et en Guinée Bissau pour satisfaire sa clientèle. Son travail à la Sonacos, à la Sonar et les cours qu’il dispensait dans certains établissements du sud semblaient, de toute évidence, moins périlleux.

De la Mauritanie à la Jordanie
A Ziguinchor, Abdoulaye Lam se fabrique un destin dans le monde professionnel. Il y fait aussi des rencontres déterminantes dans son itinéraire associatif. Persuasif contradicteur, il aimait à embarrasser les membres de la Jama Atou Ibadour Rahman (Jir) lors de leurs rencontres. « A l’époque, je ne militais pas à la Jir mais ses membres me permettaient d’assister à beaucoup de leurs rencontres. Et je ne me privais pas d’apporter la contradiction parce que les discussions étaient assez ouvertes ».se rappelle-t-il, sourire presque narquois. La suite est moins railleuse. En 1988, celui qui jouait les trouble-fête entre dans les rangs des « Mbokk » (frères). « Je dis souvent, sous le ton de la boutade, que mon histoire avec la Jir, c’est 33 ans de fréquentation et 29 ans d’adhésion ». Et une régulière montée en puissance.

Passionné d’études, l’éternel apprenant se rend en Mauritanie, en 1992, et s’inscrit à l’Université saoudienne. Il y décroche une maîtrise en 1996, approfondit ses connaissances en droit islamique, en transactions financières, en sciences politiques sous l’angle islamique et explore les pratiques cultuelles… Après un passage à l’internat franco-arabe de Sebikotane, Annûr, le « baroudeur » s’engage dans une nouvelle aventure. La Jordanie est la nouvelle terre d’accueil de cette insatiable âme en perpétuelle quête de savoir. Il se spécialise dans la jurisprudence islamique et ses fondements. Il s’en est suivi quatre années de « galère » loin de sa petite famille et à se gorger de la nourriture que le Ciel a bien voulue le gratifier. « Et quelquefois, je me suffisais juste de remplir le ventre et me replongeais dans ce qui m’avait mené sous ces cieux, les études. Elles étaient le ressort de mon opiniâtreté ». Il y produit un travail de fin d’études dont l’intitulé est « les règles juridiques islamiques concernant les nantis ». Ces acquis lui permettent de mettre son expertise au service d’institutions financières et de certaines écoles supérieures islamiques.

A son retour au Sénégal, Abdoulaye Lam est reçu au concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure, en 2003, d’où il sort avec le certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire. Comme dans sa jeunesse, l’enseignant continue de « bourlinguer » au gré des affectations. Toutefois, « ces déplacements n’ont point entamé mon militantisme. Partout où je suis passé, j’ai essayé de me rapprocher des cellules locales de la Jir ». L’ancien vice-président des jeunes de la section de Ziguinchor a milité à Kaolack où il a été chargé de la prédication (en tant que vice-président), à Sebikotane et à Diamegueune. Sur le plan national, il a été membre de la commission formation et prédication. Il est élu, en 2012, premier vice-amir de la Jir chargé de la formation avant qu’il ne soit porté, en 2017, à la tête de cette association religieuse.

Le défi est énorme. Il est exaltant. Le nouvel amir décline ses ambitions en s’accotant aux textes et à l’organigramme de la Jir qui définissent les priorités et les actions à entreprendre.

Serigne Abdoul Ahad Mbacké et la Jir
Il compte inscrire les siennes autour du thème du dernier congrès : « plus de spiritualité et d’actions pour la paix et le développement ». Autrement dit, œuvrer pour le devenir collectif et soumettre les actions à l’éthique. « La Jir n’est pas un parti politique encore moins une association qui cultive une autarcie intellectuelle. Toutes les questions qui engagent la société nous interpellent », tient-il à dire, convaincu de la pertinence des options prises par la Jir. La « légende » voudrait aussi que les « barbus aux courts frocs » (encore une extrapolation de style à l’en croire) fussent les anticonformistes sous les cieux sénégalais où l’Islam confrérique est le plus répandu. Amir Lam en rit et ouvre une page d’histoire : « Avant la création de la Jir, une délégation est allée exposer l’idée à Serigne Abdoul Ahat Mbacké. Il a salué l’initiative et a été le premier à y mettre son franc. Il en a été ainsi avec Serigne Hady Touré de Fasse Touré. A Diacksao, Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh, recevant la direction, a affirmé que les objectifs de la Jir sont en parfaite cohérence avec ceux qu’il avait consignés dans un de ses poèmes. A l’occasion des fêtes religieuses aussi, nous jouons notre partition sans faire du tintamarre. Cette image négative n’est pas fidèle à la réalité et à nos statuts ». Il y est préconisé, en effet, de prêcher la tolérance ; éloquente réponse dans une période fiévreuse où la religion des musulmans est assimilée à la barbarie, est accusée de développer l’intolérance. L’imam itinérant, brillant orateur, s’attachera à dissiper les incompréhensions…avec certainement quelques versets du Coran, sa source d’inspiration. Savoir en saisir le sens est sa « plus grande fierté ».

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Last modified on lundi, 13 février 2017 15:58

1) Le revitalisant
Ce qu’il faut :
• Deux cuillères à soupe d’huile de noix de coco
• Une cuillère à soupe d’huile de jojoba
• Entre 3 et 5 gouttes d’une huile essentielle de votre choix (choisissez-en une qui sent bon et bonne pour les cheveux et le cuir chevelu comme la lavande, le romarin, la menthe poivrée, le géranium…)
Les étapes :
Utilisez l’huile de coco solide (mettez-la au frigo si besoin). Prélevez la matière et mélangez bien jusqu’à ce que cela devienne une texture crémeuse et lisse. Ajoutez l’huile de jojoba en remuant bien pour que le mélange soit homogène. Finissez en ajoutant les gouttes d’huile essentielle, mélangez bien à nouveau. Appliquez sur toute la chevelure en insistant sur les pointes. Couvrez avec un bonnet de bain ou du film plastique et passez un coup de sèche-cheveux pendant quelques instants pour faire mieux pénétrer la matière. Ensuite, laissez poser entre 15 et 30 minutes. Rincez et lavez vos cheveux avec vos shampoings et soins habituels.

2) Le soin démêlant
Ce qu’il faut :
• Une préparation de revitalisant (en suivant la recette ci-dessus)
• De l’eau
Un flacon pulvérisateur
Les étapes : Préparez le revitalisant puis mélangez-le avec de l’eau en suivant le ratio suivant : dix doses d’eau pour une dose de revitalisant. Pulvérisez sur vos cheveux et brossez.

Et si votre foie était encombré ?
Un foie capricieux, des repas trop lourds, une période de fatigue peuvent provoquer une halitose généralement générée par l’absorption d’aliments contenant de l’azote. C’est le cas des protéines. Généralement, cet azote est éliminé par le foie et les reins. Si le foie est défectueux, cette opération ne pourra pas se faire. L’azote remonte alors de l’estomac pour s’échapper par la voie buccale.

Quel traitement ?
Le gastroentérologue vous fera réaliser un bilan sanguin pour repérer les enzymes hépatiques dans le foie et un scanner du foie. L’halitose peut être le signe révélateur d’une insuffisance hépatique, d’une cirrhose ou d’une hépatite.
A la maison, facilitez  le travail du foie en consommant tout d’abord des aliments faciles à transformer par le foie comme les légumes et les fruits. Evitez de consommer trop de protéines. Profitez-en pour réduire aussi la consommation d’alcool et de tabac propices au dysfonctionnement du foie.

Parfois le cycle pré-menstruel en cause
Juste avant les règles, une modification hormonale se produit chez la femme, entrainant notamment une production de plaque dentaire plus importante qui favorise la prolifération des bactéries. Ce changement hormonal influence aussi la flore intestinale et charge le souffle en soufre.

Quel traitement ?
Pensez à avoir une hygiène dentaire et buccale irréprochable en vous lavant régulièrement les dents et en effectuant des bains de bouche. Cela ne traite pas la cause réelle de la mauvaise haleine mais pourra la masquer durant cette courte période chaque mois avant vos règles. 

Attention aux régimes protéinés
Ils sont très efficaces pour retrouver la ligne en un temps record mais ils ont l’inconvénient de favoriser une mauvaise haleine. Principal responsable : le principe lui-même du régime protéiné riche en viandes, poissons, laitages, œufs et quasiment nul en glucides. En l’absence de glucides, le corps va brûler des graisses et libérer dans le sang des déchets appelés corps cétoniques. Très volatiles, ils vont également se dégager dans les voies respiratoires et donner une mauvaise odeur à votre haleine.

Quel traitement ?
Mettre votre mal en patience et attendre la fin du régime car cette odeur d’acétone prouve que le régime fonctionne. Une fois terminé, la reprise de glucides en quantité raisonnable devrait rétablir votre bonne haleine. 

« Nous, entreprises technologiques, devons créer des outils pour aider à réduire le volume de fausses informations », a déclaré le PDG du géant américain de l’informatique au journal britannique, Daily Telegraph, expliquant que cela doit se faire « sans empiéter sur la liberté d’expression et la liberté de la presse ».

« Nous traversons une période dans laquelle, malheureusement, ceux qui réussissent sont ceux qui s’emploient à faire le plus de clics possible, pas ceux qui essaient de transmettre la vérité. Cela détruit le cerveau des gens », affirme Tim Cook. « Nous sommes trop nombreux à nous plaindre de cela mais à n’avoir pas encore compris quoi faire », estime-t-il encore. Le patron d’Apple ne précise pas quels pourraient être ces outils, mais appelle à une « campagne de grande envergure » menée dans les écoles notamment. Ses propos interviennent après que Facebook, qui a été accusé de faciliter la diffusion de « fake news » lors de la dernière campagne présidentielle américaine notamment, a décidé en décembre d’offrir la possibilité à ses utilisateurs de lui signaler les fausses informations diffusées sur sa plateforme.

Objectif de ce dispositif ? Passer la porte de l'entreprise ou activer leur ordinateur sans leur badge...
Huit salariés d’une entreprise belge ont accepté de recevoir une puce électronique implantée dans leur corps. De la taille d’un grain de riz, elle est placée sous la peau de leur main. Grâce au dispositif, les volontaires pourront maintenant ouvrir la porte d’entrée de l’entreprise ou activer leur ordinateur sans badge.

L’idée ne fait pas l’unanimité
C’est par souci de pragmatisme que les dirigeants de Newfusion en sont venus à proposer les implants. « L’idée a germé après que plusieurs employés ont perdu leurs badges. Ici l’identification est 'sous-cutanée', vous l’avez toujours avec vous ! », explique à la RTBF Tim Pauwels, l’un des patrons. Cette puce qui contient des données personnelles du salarié coûte 100 euros, à la charge de l’entreprise.

Si les volontaires sont satisfaits du procédé, ça n’est pas le cas du président de la ligue des Droits de l’Homme belge, Alexis Deswaef qui pointe un risque de « flicage » des individus. « On peut savoir à quelle heure l’employé commence son service, quand celui-ci a pris sa pause cigarette… », a dénoncé le responsable.

Les villes de Saint-Louis et de Louga sont situées sur l’axe nord du Sénégal. Elles sont, sous l’éclairage de nos interlocuteurs, étonnantes par la diversité d’intérêts qu’elles offrent. La première est tricentenaire. C’est là qu’est né notre légendaire « thieboudieune » à la Penda Mbaye. La deuxième connut, à partir de 1900, un afflux de populations diverses et permit un développement de toutes les formes d’expression culturelle. Sa troupe mythique, dénommée le Cercle de la Jeunesse de Louga, a donné à la danse et au théâtre sénégalais leurs lettres de noblesse.

Si Saint-Louis est baignée par l’Océan Atlantique et le fleuve Sénégal, Louga n’est, par contre, parcourue par aucun grand cours d’eau. En ce mois de février, le climat est doux dans ces deux villes où l’on peut, sous le charme ensorceleur du soleil, se balader dans l’univers du Cercle, déguster des pigeons locaux ou un « thieboudieune » à la Penda Mbaye. A Louga, communément appelée la capitale du Ndiambou, et Saint-Louis, dont le nom traditionnel est Ndar, tous les centres d’intérêts évoqués plus haut sont une savoureuse osmose d’ingrédients (culturels ou culinaires) à consommer sans modération.

Un « sabar » (séance de tam-tam) en plein air et une soirée sénégalaise, dans une boite de nuit, valent bien un détour à Louga. Ici, tous vos sens sont titillés et tout votre corps subjugué par ces danses qui y ont cours. Tous sont en goguette. Il y a, dans cette délectable ambiance de jeux de jambes et/ou de lumières, tant d’alacrité dans le milieu, tant d’allégresse, tant d’allant dans le tam-tam qu’il est quasiment impossible de rester sans bouger, de refuser de se mouvoir, de se trémousser, de trépigner.

En ces lieux si rythmés de Louga, même un novice se découvre un talent, jusqu’ici insoupçonné, de « mbandkat » (danseur). En se laissant aller au tam-tam, l’on assimile vite la leçon qui enseigne que la danse est union du rythme et du mouvement, expression de liberté, de morale et de sentiments divers parce que sachant toucher aux instincts, c’est-à-dire au plus profond de l’être. Bref, la danse est l’union de l’esprit et du corps au service de la beauté et de l’équilibre physique et psychique.

Un ensemble culturel mythique
Voilà, entre autres enseignements, ce qu’a toujours véhiculé le Cercle de la jeunesse de Louga, cet ensemble culturel mythique qui a marqué les esprits en remportant, entre 1957 et 1970, tous les prix mis en compétition dans le domaine du théâtre populaire au Sénégal. Avant de revenir sur le parcours de ce groupe qui a aussi rayonné au-delà des frontières du Sénégal, sachez que la province du Ndiambour, dont dépendait Louga, s’est formée principalement à partir du Walo et de l’émigration de populations venues du Djolof.

Enclave musulmane en milieu païen
Elevage pigeonLe nom de Ndiambour proviendrait de l’occupation de la zone par une majorité de gens libres (Diambour). Aussi, son originalité est qu’elle est une « enclave musulmane en pays païen (ceddo) » dont le peuplement très ancien fut constitué par un métissage entre Wolofs et Mandingues vers le XVIe siècle. Ces « Kholbites » (Wolofs d’origine mandingue) se sont convertis très tôt à l’Islam. Et leur connaissance du Coran amenait les rois « ceddos » à les nommer « Serigne » (marabouts) de province ou de village. Louga, la locomotive du Ndiambour, qui serait la déformation de « Loug na fi » (il s’est enlisé ici). La cité peut s’enorgueillir de ses plats de pigeons fumants. La technique de capture de ces oiseaux, transmise de père en fils, est une affaire de la famille Sow, originaire de Pété Peulh.

Bâtie sur une plaine sableuse, Louga présente l’aspect d’une cité saharienne implantée au milieu du désert avec un environnement géographique offrant une diversité de paysages végétaux. La ville doit sa prospérité d’antan et son développement économique à sa situation de carrefour et à sa position de relais de voies de communication desservant les grandes localités comme Saint-Louis à 70 kilomètres, Linguère (130 kilomètres), Thiès (130 kilomètres), Dakar (200 kilomètres). Le cadre sécuritaire qu’offrit la localité dès 1882 avec la création d’un camp militaire contribue à son développement démographique.

La chanson fétiche « Mademba »
En effet, la zone d’implantation des militaires, appelée « Artillerie », permit un afflux de populations dès sa première annexion à la colonie française en 1883 et plus tard à son érection en chef-lieu de cercle de cercle et de commune mixte en 1905. Le mouvement d’urbanisation de Louga, renforcé par la création en 1905 du « Marbath » (marché à bétail), a donné à la ville son caractère cosmopolite et à son ouverture à toutes les formes d’expression culturelle. Ville à la croisée des chemins, Louga a développé la culture du Ndiambour, fruit d’un brassage humain.

« Artistes, danseurs, troubadours, poètes se retrouvaient à Louga à la fin des travaux champêtres pour exprimer leur talent », renseigne Youssou Mbargane Mbaye, communicateur traditionnel et ancien membre du Cercle de la jeunesse. « Pour être du groupe, le talent ne suffisait pas. Il fallait aussi et surtout être rigoureux, discipliné et en quête permanente de la perfection », ajoute Mme Fatou Kassé. Cette cantatrice, rencontrée chez elle à Kébémer, est restée célèbre à travers sa chanson fétiche « Mademba », reprise aujourd’hui par plusieurs artistes.

C’est connu, le Sénégal est considéré, partout dans le monde, comme le pays de la « téranga » (hospitalité). Ici, on tend ses bras à l’autre, on lui ouvre son cœur. On le met à l’aise, quoi ! D’ailleurs, ce serait un euphémisme si on nous appelait « le pays du sourire ». Et dans ce sourire quotidien pour assurer un bel accueil, les gens de Saint-Louis jouent les premiers rôles. Leur sourire permanent n’est pas synonyme d’insouciance, mais une expression du visage aux vertus thérapeutiques énormes. Par exemple, le large sourire, chez la femme saint-louisienne, recèle la promesse de mille faveurs apaisantes pour l’homme.

Penda Mbaye, une haute toque de la gastronomie
Thiébou DieuneEt l’on comprend aisément pourquoi certains mâles couvrent, en permanence, leurs compagnes saint-louisiennes de présents, de compliments, de déclarations fougueuses et d'attentions romantiques. Cerise sur le gâteau, ces bienheureux mangent à leur faim. C’est une belle chance, pour eux, d’avoir craqué sur une « Ndar-Ndar » séduisante, talentueuse et cordon bleu. Disons-le, en matière de « thieboudieune » les Saint-Louisiennes, armées de leur « mokk pooc » (art de la séduction), battent toutes leurs concurrentes aux olympiades de Penda Mbaye. Parce qu’elles maitrisent mieux que quiconque l’enseignement de l’inventrice de notre plat national, cette grande toque de la gastronomie mondiale.

Saint-Louis occupe une place à part dans la géographie culinaire du Sénégal. C’est dans ce lieu que s’est retrouvée une génération nouvelle, la première génération de Saint-Louisiennes décidées à conserver les « thiéré », « ndambé », « dakhine », « lakh », mais déjà capables d’innover dans la cuisine et d’envisager une vie gastronomique différente de celle de leurs mères et grands-mères. Nous sommes au début des années 1900. A cette époque, Saint-Louis, capitale de l’Afrique occidentale française (Aof) est avant tout un rêve de liberté, de réussite et d’identité qui attire, de plus en plus, les talentueux et les ambitieux. La ville, divisée en une cité résidentielle blanche et en plusieurs quartiers pour Noirs, palpite au son de groupes musicaux plus ou moins renommés et de virtuoses inconnus. Beaucoup de visiteurs finissent par s’y installer. Le mouvement des « Dolli Ndar » (ceux qui s’ajoutent) s’amplifie. Les « Dommu Ndar » (autochtones) accueillent à bras ouverts ceux qui décident de venir partager, avec eux, une commune volonté de vie commune. Saint-Louis ou Ndar est La Mecque sénégalaise. Des Saints, comme Mawdo Malick Sy, Cheikh Ahmadou Bamba, Khalifa Ababacar Sy, Cheikh Ibra Fall, etc., y ont vécu ou séjourné fréquemment. Il est difficile, après son installation, d’en sortir. La ville est attrayante et fascinante.

Savoureuse osmose
La cuisine de Saint-Louis est simple, sans artifice et métissée. Bref, c’est une savoureuse osmose de tous les peuples qui y ont fait escale. A l’Orient, Ndar a emprunté ses épices de qualité, à l’Occident quelques légumes et certains fruits pour créer, avec le disponible local, un tableau culinaire aux saveurs multiples, aux sensations fortes et aux arômes colorés. Cette cuisine, comme les femmes de cette terre de « téranga » (hospitalité), fait saliver.

Donc, Saint-Louis, c’est surtout son légendaire « thieboudieune » à la Penda Mbaye. Le nom de la vieille cité est intimement lié à ce plat qu’on y offre aux hôtes depuis de très longues années. Le « thieboudieune » demeure une des grandes spécialités de la région, consommé très couramment autant par les habitants du pays que par les étrangers qui sacrifient facilement au rite de sa dégustation. Le « thieboudieune » est l’apanage des Saint-Louisiennes qui, avec leur « mokk pooc » (art de la séduction), battraient toutes leurs concurrentes aux olympiades de Penda Mbaye. Parce qu’elles maitrisent mieux que quiconque l’enseignement de l’inventrice de notre plat national, cette grande toque de la gastronomie mondiale.

Par Cheikh Aliou AMATH, Abdoulaye DIALLO (textes) et Mbacké BA (photos)

Last modified on vendredi, 10 février 2017 12:37

« Xoulli »

10 Fév 2017
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Ibrahima Ba, (journaliste râleur sans auditoire au quotidien Le Soleil !) s’amusait à me dire, hier, que j’étais mal « nippé ». Que les couleurs n’étaient pas assorties. Et pourtant, ce jour-là, j’avais pris plus de temps que d’habitude pour me faire beau. Je m’étais dégotté un nouveau falzar. J’avais même repassé ma plus belle chemise « solennité » de mes années de grande galère (je galère toujours en effet) et ciré mes chaussures de ville. Et le bonhomme de chez Cheikh Thiam (directeur de la Sspp Le Soleil) me rendit moins convaincu de ma mise. Mais, tout cela reposait sur un simple malentendu. Un collègue avait, en effet, accroché sa veste à mon siège sans que je ne m’en rendisse compte. Et elle était bleue ; ce qui en rajoutait aux couleurs. L’interprétation anticipatoire des apparences par Ibrahima Ba (car m’imaginant avec) a fait de moi, le temps de dissiper cette incompréhension, un homme accoutré plutôt qu’habillé.

Nous butons quotidiennement contre des mésententes parce que le corps de l’être humain offre beaucoup de possibilités d’interprétations erronées et quelquefois fondées. L’individu est moins maître de son corps, de ses organes qu’il ne le prétend. Cette mécanique mène une existence qui s’affranchit très fréquemment des convenances que nous nous sommes institués. Explorons ensemble l’univers du regard. Qu’il peut être malicieux, effronté, doux, noir, figé, intimidant, incommodant, affligeant, indiscret, plein de désir, de haine, de joie, de réprobation. La « légende sensuelle », par exemple, veut que la vieille garde squattant nos rues affecte regarder les demoiselles aux formes arrondies avec concupiscence. Les épient-ils juste d’indignation, de nostalgie (des bonnes conduites ou de leur jeunesse) ou d’envie ? Peut-être même qu’ils ne les ont pas vues ! L’estime ou le mépris que l’on éprouve à leur égard dépend de l’opinion qu’on se fait de leur banal « zieutage ».

Il est une vaine entreprise que de vouloir se prémunir contre les interprétations qui peuvent être données de nos mots et de nos actes. On disait du prédécesseur du président de la République Macky Sall, Abdoulaye Wade, qu’il clignotait à droite pour bifurquer à gauche. Cette assertion tenant de la métaphore témoigne de l’étendue du champ de sens de l’œil qu’il soit bon ou mauvais pour ainsi faire référence à son acception socio-culturelle.

Un ami me raconte qu’il a été, un jour, couvert de honte quand des passagers d’un « Ndiaga Ndiaye » (dans lequel il était) l’ont foudroyé de leurs regards indignés. Il était, en effet, en train de lorgner, avec un grand intérêt, un livre que tenait une fille. Et le bouquin était « à la bonne place ». Il avait fini par oublier qu’il était en présence d’autres individus que son œillade indiscrète interloquait. Quand la jouvencelle est descendue du véhicule et qu’il est revenu à lui-même, il a été aussi surpris et décontenancé que ceux-là à qui il inspirait de la répugnance. Ainsi est né un malentendu. Les défenseurs de circonstance de la morale lui font grief de son effronterie scabreuse alors que lui, grand passionné de lettres, ne cherchait qu’à assouvir sa curiosité intellectuelle jusqu’à oublier la présence de l’œil ; cette courroie de transmission qui met en branle la machine interprétative, l’intellect.

Dans certaines situations, les limites de l’intellect font qu’il n’y a pas, dans nos petites chamailles et même dans nos dissensions les plus profondes, une once d’inconduite de part et d’autre. Existe-t-il essentiellement que des incompréhensions qu’on ne se donne pas le temps de dissiper. Les jeunes filles se plaisaient (à l’époque où « je t’aime » était encore si solennel), quand nos regards devenaient incommodants, à nous dire « xoulli » qui est une réponse vive à l’acte de regarder avidement. Et nous répondions « xaali beut » ; réplique verbale qui, quelquefois, prolonge un malentendu parce qu’il arrive que l’œil rivé sur « l’objet » ne l’ait point vu. Cela peut aussi exprimer une envie d’être vu logée dans le subconscient de celui qui s’offusque du regard perçant dont il croit être la cible. Quoi qu’il en soit, le « Xouli » et le « Xaali beut » ont déjà fini de construire une tendre ou impétueuse relation humaine.
Ps : passez-moi mes divagations !

Par Alassane Aliou Fèré Mbaye

Sollicité pour son approche originale de célébrer les mariages, l’officier d’état civil, Mamadou Diop,  a su marquer les couples passés par ses services, au fil des années. Ses cérémonies sont très courues à l’hôtel de ville de Dakar et au centre principal de l’état civil de la Sicap Amitié II.

Samedi. Il est 16h. Nous sommes  dans la salle de délibération de l’hôtel de ville de Dakar. L’endroit est rempli. Des hommes et femmes en grande toilette occupent les chaises. Ils sont venus assister à la célébration d’un mariage. Le jeune couple est là. L’officier d’état civil  prend la parole. Il rappelle aux mariés les droits et devoirs que renferme le mariage. L’assistance est silencieuse, conférant à l’évocation une solennité marquante.  

Le buste droit, Mamadou Diop,  l’officier d’état civil, assis dans un fauteuil, est en costume.  Il débute la cérémonie. La solennité du moment est étonnante et la sensation ressentie assez étrange. Mamadou Diop a ce don de capter l’attention de son public. Un discours sur mesure, simple, accessible et marquant par le choix des mots. Se basant sur le Code de la Famille, il est maître dans l’art de réunir des conjoints « pour le meilleur et pour le pire ». La mythique salle de délibération où il célèbre les unions est un lieu haut d’histoires. Là, au fil des années, est abritée la célébration des mariages que Diop a conduite avec un rare bonheur.

Il parle haut d’une voix limpide. Il capte l’attention.  Il célèbre l’idéal d’une vie tout en sacrifiant à la logique de l’émotion.  Il a cette manie de rendre le scénario émouvant, vivant, marquant et surtout inoubliable. A la suite de la célébration du mariage, l’officier d’état civil est congratulé et félicité de tout bord. Certains échangent avec lui leurs coordonnées de téléphone pour nouer une relation suivie. D’autres le félicitent avec déférence. Et pourtant, en temps normal, les éloges ne doivent point lui revenir. Pour cause, il n’a fait que son travail  qui consiste à célébrer des mariages. Toutefois, il a cette particularité de les célébrer, ce qui l’amène à capter à son honneur, une attention  toute particulière.

Assister à un mariage célébré par Mamadou Diop ne laisse personne indifférent, tant l’homme a cette capacité de rendre solennels ces moments forts  dans la vie d’un couple. Cette manière de célébrer les mariages lui a permis de nouer pas mal de relations qui ont évolué au fil des années. Et pas n’importe lesquelles. Mamadou Diop, né en 1957 à Wack Ngouna dans le Saloum, a fait ses études entre son village  et la commune de Nioro du Rip. Des études qu’il dit avoir interrompues  afin de se consacrer à sa famille. Fils unique, il était tenu d’assister sa mère dans les travaux.  Il se rappelle d’ailleurs avoir aidé sa maman dans toutes les  tâches domestiques. C’est en 1981 qu’il a commencé à travailler. Il atterrit à la Sonadis. Là, Mamadou va acquérir beaucoup de connaissances  qui lui seront, par la suite, très utiles. 

Une solennité qui marque à jamais
Après la Sonadis, il débarque au bureau d’études de la Sotrac avant d’intégrer, comme commis, l’office d’état civil de Dakar. C’est Mamadou Diop, alors maire de Dakar, qui fera appel à ses services au niveau de l’état civil. Nous sommes en 2000. A force de persévérance et de travail, il parvient à gravir les échelons pour devenir officier  d’état civil à part entière.  Sa nomination est intervenue sous le magistère de Pape Diop. C’est en 2003 qu’il hérite de la célébration des mariages.  Il trouve sur place une dame du nom de Fatoumata Dieng, c’est elle qui guide ses premiers pas, dans la célébration des mariages. Obnubilé par le travail, il assure n’avoir pas  pris de congés depuis 2001.

La solennité que revêt la célébration des mariages semble à ses yeux s’inscrire dans la norme.  « Tous les officiers d’état  civil se valent », déclare-t-il en signe de solidarité avec les membres de sa corporation.  Toutefois,  souligne-t-il, il  est tout le temps animé par l’amour dans ce qu’il fait. Ce qui l’amène à toujours chercher les mots justes pour rendre inoubliables ces moments forts dans la vie d’un couple.  « S’agissant des discours tenus, certains sont préparés d’avance, d’autres par contre sont tout simplement improvisés », note-t-il.  Quand il s’agit d’un mariage où il veut véritablement marquer la solennité, il sort un discours « fétiche ». Chose curieuse, ça marche à tous les coups. Il s’en suit des prières, un échange de numéros de téléphone, etc.  

« Le discours est longuement préparé », affirme-t-il. Mamadou Diop qui ne se lasse pas d’écrire, de réécrire dans le but de perfectionner davantage ce fameux discours.  Il avoue avoir beaucoup lu beaucoup d’ouvrages littéraires pour maitriser les techniques rédactionnelles.  Au fil des années, plusieurs célébrations de mariages l’auront marqué. Par exemple, celle de la fille de l’ambassadeur Bruno Diatta. Si lui, M. Diop, a été en pèlerinage à la Mecque, c’est en partie grâce à cette fille dont il a célébré son mariage.  Le père, Bruno Diatta, marqué par la solennité du moment, a su maintenir les liens avec l’officier d’état civil. C’est ainsi qu’en 2008, il lui a fait bénéficier d’un billet à la Mecque, lui permettant ainsi de voir se réaliser un grand rêve.

L’architecte Pierre Atepa Goudiaby, le colonel Kane des douanes sénégalaises, Me Adama Guèye, le Premier ministre Souleymane Ndené Ndiaye, l’actuel  président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse et l’ancien président de la République du Sénégal, Abdou Diouf, lui ont manifesté leur amitié. « Nos relations sont mêmes familiales. Il ne se passe rien chez lui sans qu’ils ne soient au courant », souligne Mamadou Diop qui est d’avis que « les mariés, souvent jeunes et fougueux, ont besoin d’être accompagnés par les parents, invités cependant à jamais s’immiscer dans l’intimité des époux ».  Selon lui, il faut laisser une marge de manœuvre aux deux conjoints afin que la communication prévale. « Beaucoup de mariages volent en éclats parce qu’il y a défaut de communication », regrette l’officier d’état civil.

Par Oumar BA

Souvent un problème d’acidité gastrique
Lorsque la valve entre l’estomac et l’œsophage est défectueuse, l’acide contenu dans l’estomac (et servant à la digestion), remonte en position couchée, durant la nuit, le long du tube digestif jusqu’à la bouche, dégageant souvent un gaz nauséabond.

Quel traitement ?
L’ORL va d’abord examiner les cordes vocales. Si elles sont rouges et gonflées à leur partie postérieure, c’est effectivement le signe d’un reflux gastro-œsophagien. Il prescrira alors un traitement anti-reflux ou un anti-sécrétoire acide sous forme de comprimés à prendre 15 minutes avant les repas. Bien souvent, tout rentre dans l’ordre après un mois de traitement. Si ce n’est pas le cas, le spécialiste procédera à des examens plus complets. En orientant le patient vers le gastro-entérologue pour effectuer une gastroscopie ou une pH-métrie (dosage du pH dans l’œsophage et l’estomac). Il pourra ainsi poser son diagnostic d’ulcère, de gastrite ou d’œsophagite. 

Généralement, le traitement anti-sécrétoire acide est efficace, sauf s’il existe dans l’estomac un germe appelé Helicobacter pylorii, qui nécessite alors également un traitement antibiotique.

Quand les amygdales font des leurs
Parfois, pour trouver l’origine de la mauvaise haleine, il faut aller scruter de plus près les amygdales. Chez les patients jeunes entre 20 et 30 ans, elles comportent des cryptes dans lesquels viennent se nicher des germes nauséabonds. Toutes sortes de débris alimentaires viennent s’agglutiner à cet endroit. Ils fermentent et forment une pâte blanchâtre appelé le caséum.

Quel traitement ?
Dans l’immédiat, vous pouvez, par une simple pression sur l’amygdale avec le manche d’une fourchette par exemple, vider l’amygdale de cette boule blanchâtre. Mais très vite, au fil des semaines, le caséum va se reformer. La solution radicale et définitive reste l’ablation partielle ou totale des amygdales. L’opération s’effectue soit par laser, en ambulatoire, soit par chirurgie sous anesthésie générale (avec alors une hospitalisation d’au moins deux jours). 

Allez voir du côté des sinus
Quelques corps étrangers peuvent venir se nicher au fond des sinus sans que l’on s’en rende véritablement compte. C’est le cas de la pâte dentaire qu’utilise le dentiste lors d’un soin. Il arrive parfois qu’un peu de ce résidu passe par la racine de la dent dans le sinus. Restant coincés plusieurs jours ou semaines, ils provoquent une prolifération bactérienne et dégagent à la longue une odeur malodorante. Un écoulement s’effectue aussi dans la bouche.

Quel traitement ?
L’ORL va examiner par un examen clinique et fibroscopique l’entrée des sinus et l’arrière de la gorge. S’il constate un écoulement jaune, vert ou marron, il pourra demander un scanner ou une radio des sinus. Une opération chirurgicale sous anesthésie générale sera alors nécessaire pour enlever la pâte dentaire. La méatotomie a pour but d'ouvrir largement le sinus dans le nez, pour permettre aux sécrétions purulentes de s'évacuer dans la fosse nasale. L’opération dure environ une heure et nécessite deux jours d’hospitalisation.

Vérifiez vos médicaments
Certains traitements ont la particularité d’assécher la bouche. C’est le cas des antihistaminiques, les antidépresseurs, les antipsychotiques et les antihypertenseurs ayant une action sur le système nerveux parasympathique qui commande les glandes salivaires. La salive riche en substances antibactériennes n’irrigue plus suffisamment la bouche et les bactéries s’installent en grand nombre, accompagnées de leur odeur fétide.

Quel traitement ?
Pensez à boire de l’eau ou des infusions de menthe poivrée ou verte régulièrement afin de bien humidifier l’intérieur de la bouche et contribuer ainsi à l’élimination des bactéries. Vous pouvez aussi mâcher au cours de la journée du chewing-gum sans sucre pour favoriser la sécrétion de salive et/ou consommer des agrumes qui déclenchent la production salivaire.

A suivre

Omar Blondin Diop, est né le 18 septembre 1946 à Niamey et est décédé le 11 mai 1973 dans les geôles de l’île de Gorée. Blondin a fait ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand à Paris et a poursuivi ses études universitaires comme normalien à l’École normale supérieure de Saint-Cloud d’où il sortira diplômé. Un jeune  au potentiel énorme qui était donc promis à un brillant avenir.  Une phrase avait l’habitude d’être chantonnée un peu partout à cette époque «Omar Blondin Diop, le normalien de Saint-Cloud».  Intellectuel brillant, Blondin Diop était également membre du mouvement contestataire post-soixante-huitard.

À Dakar, il continue dans cette logique révolutionnaire, fervent militant anticolonialiste.  Pour avoir protesté contre des travaux démesurés pour une visite de Georges Pompidou à Dakar, qui ne devait pas  durer  plus de 2 heures, les frères d’Omar  auraient  le 15 janvier 1971   été  arrêtés la même semaine. Blondin depuis le Mali, décide de venir secourir ses frères, mais il sera interpellé. Le 23 mars 1972, il est inculpé pour «terrorisme» et pour espionnage comme agent étranger et condamné par un tribunal spécial à 3 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Il est emprisonné à la prison de l’île de Gorée.  L’histoire retiendra le parcours de ce grand homme malgré son jeune âge, « Omar Blondin Diop, le normalien de Saint-Cloud ».

Par Oumar BA

Deux nouvelles montres LG débarquent et une vingtaine d'anciens modèles profiteront de la mise à jour dans les prochaines semaines...

La seconde tentative sera-t-elle la bonne ? Attendue à l’automne, la mise à jour 2.0 d’Android Wear, l’OS de Google pour montres connectées, a été officiellement lancée ce mardi. Comme Apple, Google met cette fois l’accent sur le sport et le paiement mobile. L’entreprise cherche surtout à couper le cordon entre montres et smartphones, en misant sur une app store dédiée et en intégrant son Assistant. Reste à voir si cela sera suffisant pour faire décoller un marché moribond, qui a reculé de 51 % au troisième trimestre 2016, selon les estimations de l’institut IDC. Parmi les nouveautés principales d’Android Wear 2.0, on trouve :

Le paiement mobile Android Pay arrive, pour les modèles équipés d’une puce NFC. Google Fit peut mesurer des mouvements variés (abdos, squats, tractions) mais aussi le nombre de répétitions à la salle de gym avec des haltères. Pas de natation en revanche, avec des modèles qui ne sont toujours pas étanches. La version Wear de la boutique Play permet d’installer des apps directement depuis la montre. L’interface est revue et mise beaucoup sur le scrolling, qui peut s’effectuer avec une molette, comme sur l’Apple Watch.

Pas de date pour les nouvelles montres en France
Selon Google, la mise à jour sera déployée au cours des prochaines semaines, en France y compris, sur une vingtaine de modèles sortis depuis 2015 (liste complète ici). L’entreprise en a profité pour dévoiler deux nouvelles montres de LG, la Watch Style et Watch Sport. Elles seront vendues aux Etats-Unis à partir du 10 février et dans les prochaines semaines dans huit pays. Malheureusement, comme pour le Pixel et le casque de réalité virtuelle Daydream View, la France est encore absente du roadmap Google, avec des montres qui seront disponibles « ultérieurement » dans l’Hexagone.

Le hardware qui semble stagner est sans doute l’aspect le plus décevant des annonces. La Watch Sport (349 dollars) offre des fonctions avancées grâce à ses puces GPS et NFC, mais c’est un monstre de 14 mm d’épaisseur. Et selon les tests de The Verge et d’Android Central, la batterie a du mal à tenir une journée complète. La Watch Style a le problème inverse : elle est plus fine (11 mm) et bénéficie d’une meilleure autonomie mais on ne peut pas l’utiliser pour payer ou faire son footing en laissant son smartphone à la maison. Bref, il faut encore choisir entre les fonctionnalités, la performance et le design. De 2014 à 2017, rien n’a vraiment changé.

Par le surfeur

La partie Sud-est de l’île de Carabane abrite le cimetière des colons. Aujourd’hui, des autochtones reposent côte à côte avec ces derniers. La mort a effacé les divergences de la période coloniale. Mais, ce site doit sa célébrité à un capitaine téméraire, Protêt, qui veut continuer à défier l’ennemi y compris après sa mort. C’est pour cette raison, de son vivant, qu’il a demandé à ce qu’on l’enterre debout avec des ouvertures à la hauteur des yeux sur sa tombe. Le cimetière, coincé entre le rivage et une zone de balancement des marées, abrite les sépultures d’autres colons.

A Carabane, le climat s’adoucit davantage dans la soirée. L’île, ce jour, sombre dans la quiétude aux environs de 17 heures. C’est en ce moment que nous empruntons le sentier menant au cimetière. De l’hôtel Barracuda, nous longeons la rive, légèrement agitée. L’incursion révèle l’ampleur de l’avancée de la mer. Si l’hôtel Carabane est protégé par une digue, des sacs de graviers et de coques sont posés sur le rivage pour arrêter la… mer. A certains endroits, la langue de sable a disparu. « Une partie de nos champs sont dans l’eau. Nous avons planté des filaos. Malgré tout la mer continue d’avancer. Nous sommes face à l’embouchure », s’inquiète le chef de village, Moussa Guèye.

Nous décidons alors de remonter sur la terre, à hauteur de l’école primaire. Juste après, une plantation de cocotiers alignés et rangés. C’est l’héritage colonial. Les habitants l’ont bien conservé. « Nous pratiquons la plantation de cocotiers. Nous vendons des noix et des plants. Nous faisons des gâteaux », confie un jeune qui nous a offert des noix à goûter. Les feuilles des cocotiers s’entrelacent. Leurs feuilles forment une voûte assombrissant le sentier. Les autres arbres comme le Detarium Senegalensis et le Saba Senegalensis protègent les sépultures contre l’avancée de la mer. A l’entrée, une grille en fer forgé isole une stèle de forme trapézoïdale peinte en blanc. Sur une plaque en fer, il est marqué : « Capitaine Aristide Protêt de l’infanterie de la marine de 1836 ».

C’est l’un des marins français les plus connus et plus redoutés des autochtones. Son nom est lié à jamais à l’histoire de Carabane. De son vivant, il a fait parler de lui. A sa mort, en 1850, il a fait l’objet de tous les commentaires laissant planer davantage l’énigme sur la personnalité. « D’après ce que j’ai appris, le capitaine Protêt avait des relations houleuses avec les populations locales. Il a été atteint par une flèche empoisonnée lors d’une bataille », nous rapporte Lamine Sarr, un habitant rencontré sur le chemin menant au cimetière. C’est le 9 mars 1836 que le capitaine a péri dans la bataille de Hillol.

Ce n’est pas sa mort qui attire les curieux, mais sa sépulture. D’ailleurs, c’est la position de celle-ci qui a sorti ce cimetière des colons de l’anonymat. Sa pierre tombale est verticale. Selon la version la plus répandue, le capitaine est enterré debout comme s’il voulait continuer à résister encore, même après la mort. « Pour beaucoup de personnes, Protêt est enterré debout.

Mais, certains disent qu’il a été inhumé assis, d’autres avancent qu’il a été enterré accroupi », nous détaille Lamine Sarr avec un peu de recul. Ce qui est sûr, c’est l’un des morts les plus célèbres de ce cimetière coincé entre une dépression marécageuse et une dune côtière boisée. Le cimetière des colons a quelque chose de particulier. Il est une sorte de pont entre la première capitale de la Casamance et les descendants des colons.

D’autres colons enterrés à Carabane
« Les marins français venaient régulièrement commémorer la disparition du capitaine. Lorsqu’ils venaient, c’était la grande fête sur l’île. Mais, depuis quelques années, l’armée française ne vient plus. Nous ne savons pas pourquoi », se contente de dire Lamine Sarr. Le capitaine Protêt n’est pas le seul colon qui gît à Carabane. A l’île des éléphants reposent Maria Pillewizer, décédée le 27 avril 1883, Marie Besnard, décédée le 11 décembre 1893, ou encore Jean Léon Festugière, né le 25 mai 1878 et décédé le 17 octobre 1899. La liste est loin d’être exhaustive. Près des haies de mangrove et des rideaux des plantes rampantes, les croix gammées et celles incurvées, avec un bout légèrement rond, laissent apparaître la diversité des convictions religieuses de ces conquérants, de ces commerçants venus des pays d’Europe.

Ils gisent à jamais à Carabane. A y regarder de près, l’on remarque le décalage entre les plaques et l’ancienneté des murets qui délimitent les différents tombeaux. Les descendants viennent de temps à autre pour se recueillir et entretenir les sépultures. Aujourd’hui, des autochtones chrétiens sont également enterrés dans le cimetière des colons. La mort a effacé les divergences. Le cimetière n’est pas seulement un patrimoine des colons. « Nous avons deux cimetières : un pour les musulmans et un autre hérité des colons  et réservé aux chrétiens », renseigne le président des 72 heures de Carabane, Georges Diémé. Le cimetière des colons est un site touristique. Le capitaine Protêt attire des visiteurs sénégalais et étrangers. La perle posée sur l’embouchure du fleuve Casamance a connu son âge d’or de commerce. Toutes les grandes compagnies européennes surtout françaises avaient un pied à Carabane. D’autres y sont enterrés. L’île a connu beaucoup d’épidémies. C’est d’ailleurs cette difficile situation sanitaire qui a commandé la délocalisation de la capitale de Carabane à Sédhiou. Aujourd’hui, ce patrimoine historique est sous la menace de l’érosion côtière.

Par Maguette NDONG, Idrissa SANE (textes)
et Assane SOW (photos)

CARABANE : UNE ÉGLISE VIEILLE DE 124 ANS
Carabane egliseDe style breton, l’église de l’île de Carabane est en pleine rénovation. D’ici quelques mois, cet édifice, qui a joué un rôle important dans l’entrée du christianisme au Sud du Sénégal, sera réceptionné, au grand bonheur de la communauté catholique de l’île.

Aujourd’hui, c’est un jour sans bateau. Les eaux de la mer sont calmes et quelques vagues viennent mourir sur le ponton de l’île de Carabane. Ni « Aline Sitoé Diatta », « Aguene » ou « Diambogne », les trois navires qui assurent la navette entre Dakar et Ziguinchor, ne sont prévus d’accoster sur l’île. Pour les garde-côtes et les travailleurs de la compagnie Cosama, c’est presque quartier libre. Cette île, célèbre dans l’histoire de la Casamance et du transport maritime, est étrangement calme. Il faut avancer et traverser l’ancien Centre de redressement (prison-école pour certains), aujourd’hui en ruines, pour entendre des coups de marteau et le grincement des chaînes. En face de nous, l’église, de style breton, construite depuis 1892, est en pleins travaux. Une dizaine de travailleurs de l’entreprise Eiffage, vêtus de leur gilet rouge, casque sur la tête, sont à pied d’œuvre. La quasi-totalité de l’édifice religieux est décapée, donnant à cette église une seconde jeunesse. L’intérieur du bâtiment est redevenu un grand espace rectangulaire, avec au fond l’autel en forme de demi-cercle où les religieux dirigeront bientôt des messes. Depuis novembre dernier, les travailleurs s’activent à rénover cette imposante bâtisse qui est la première église construite par les colons en Casamance. « Il y a actuellement 12 ouvriers qui travaillent sur le site, mais d’autres vont venir d’ici peu pour entamer les gros œuvres. Les travaux vont durer six mois », selon Emmanuel Diatta, président de la Communauté catholique de Carabane.

Depuis plusieurs années, les catholiques de Carabane ont cessé de prier dans cette église si importante à cause, d’une part, de sa vétusté et, d’autre part, de l’envahissement du bâtiment par les eaux pendant la saison des pluies. Plusieurs pans de la toiture en zinc ont lâché.

Porte d’entrée du christianisme en Casamance
Ce qui rendit l’église impraticable et aussi très vulnérable face aux intempéries. Pour continuer à cultiver leur foi, les catholiques de Carabane ont construit une chapelle en face. Aujourd’hui, les chrétiens de l’île sont enthousiastes à l’idée de pouvoir, encore une fois, prier dans leur ancienne église. « La réhabilitation de l’édifice est bien accueillie, parce que l’église a joué un grand rôle en Casamance. Certes, elle a été abandonnée pendant plusieurs années à cause de son état, mais on attend d’y prier à nouveau », renseigne Emmanuel Diatta. Il y a quelques années, cette église était une référence dans la zone. Elle est d’ailleurs la première construite en Casamance. Elle a beaucoup contribué à l’évangélisation des populations du Sud et à la pénétration du catholicisme dans cette partie du pays.

C’est la troisième église la plus ancienne du Sénégal. Mais, l’évangélisation de la Casamance a commencé bien avant la construction de l’Eglise. Le premier, baptisé Carabanais, date de 1863. Et c’est en 1889 que Monseigneur Picarda fonda la mission catholique de Ziguinchor. La plupart des fidèles chrétiens s’y rendaient pour faire la messe du dimanche et les prêtes y baptisaient les enfants. Aujourd’hui, à Carabane, les catholiques regrettent cette période de gloire.

200 catholiques à Carabane
Depuis que l’édifice est fermé, les fidèles ne font la messe qu’une fois sur deux à cause d’une absence de religieux. « Il n’y a que deux prêtres dans la zone. Ils sont basés à Elinkine et ils gèrent au moins six villages. C’est pourquoi l’on ne fait pas la messe tous les dimanches », explique le président de la Communauté chrétienne de Carabane. Toutefois, les chrétiens de Carabane vivent leur foi dans la paix et cohabitent avec les musulmans et les animistes. Selon le chef de village de l’île, Moussa Guèye, il existe une réelle solidarité entre les différentes religions de la localité. La mosquée des musulmans est située non loin de la chapelle. Et le plus souvent, quand les animistes font leurs cérémonies, tout le monde est convié.

Avec une population estimée à 900 âmes au dernier recensement, les chrétiens seraient une communauté de 200 membres sur l’île. Un nombre qui s’est considérablement effrité au fil des années au profit des musulmans majoritaires. Certains témoignages rapportés estiment qu’à un moment donné de son histoire, Carabane avait connu une grave épidémie qui avait fait fuir la plupart des personnes qui y vivaient. Aujourd’hui, avec la réhabilitation de cette église inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, on peut espérer voir les chrétiens de la contrée revenir à Carabane pour y prier comme avant.

Car comme le cimetière des colons, le Centre de redressement de la colonie, l’église a toujours fait partie des sites touristiques très convoités de Carabane. Sa réhabilitation incitera certainement d’autres visiteurs à venir sur cette île qui, comme Gorée, continue de jouer un grand rôle dans notre mémoire collective.

Par Maguette NDONG, Idrissa SANE (textes)
et Assane SOW (photos)

La Sénégambie des peuples

06 Fév 2017
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Le glas ayant sonné, l’ancien dictateur de la Gambie est donc parti. Désormais chassé du pouvoir, ses engueulades ne feront plus trembler le microcosme politique gambien. Yahya Jammeh est allé se cacher loin de la terre de ses ancêtres. Dans son pays formant une quasi enclave dans le Sénégal, plus personne ne subira les foudres de cet homme excentrique, de ce chef d’Etat d’un genre particulier, de ce frère sénégambien encombrant.

Des millions d’hommes, de femmes et de jeunes du Sénégal et de la Gambie sont pressés d’écrire de nouvelles pages de leur histoire commune. Les uns et les autres ont toujours cru que, malgré l’existence des deux Etats (Sénégal et Gambie), le peuple sénégambien est un et indivisible. Des Sénégalais ont choisi de faire de la Gambie leur pays de cœur. Idem pour des Gambiens avec le Sénégal. Il ne faut plus jamais, en Gambie, faire comme le dictateur déchu, qui est resté longtemps englué dans la haine de son voisin, prisonnier à l’intérieur de frontières artificielles.

Officier putschiste en 1994, Yahya Jammeh, grisé par le pouvoir, s’est dénommé « Son Excellence Cheikh Professeur Alhaji Docteur Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Nasirul Deen Babili Mansa ». Comme le crapaud qui, surestimant ses forces, avait la folie de vouloir la grandeur de l’éléphant et avait implosé, l’ancien homme fort de Banjul, se croyant un être surnaturel, s’est finalement rendu compte qu’il n’est pas un superman. Désillusionné, il est allé se terrer loin de Kanilaï.

Par Cheikh Aliou AMATH

Quarante huit heures de coaching d’équipe devant un directeur général et son comité de direction. De manière ludique, elle les fait parler pour trouver la voie. Des niveaux élevés avec une expérience avérée, ils peuvent parler de choses dont elle ignore. Mais, les mots, il faudra les expliquer de manière à ce qu’elle les comprenne. La seule matière qui guide cet exercice est la volonté de travailler ensemble, le souci d’avancer. C’est au sortir du coaching d’équipe qu’elle nous a reçus.

En cette période d’instabilité climatique, avec une chaleur infernale la journée et un petit froid le soir, elle arbore un wax bleu assorti de quelques motifs qui lui va à merveille. Avec une belle démarche, le sourire aux lèvres, elle nous accueille chaleureusement dans son cabinet de Sacré-Cœur Montagne. Un lieu soigneusement entretenu avec un décor très sobre, sans ces ornements superflus. Un souci de simplicité qui, dans son corps, relève plus du naturel. Point de dépigmentation, ni trop de maquillage, encore moins d’extravagance dans le port vestimentaire.

Dans son corps se confondent beauté, raffinement et éloquence. De contact facile, Amy Rose Konaté séduit par sa loquacité qui est l’expression de son aptitude à parler facilement avec beaucoup d’agrément. Elle se définit comme une personne qui adore le coaching et en fait sa profession. D’abord, dans le marketing-communication, après un passage à l’Ensut (Ecole nationale supérieure de technologie) devenue Esp (Ecole supérieure polytechnique) où elle s’est imprégnée des techniques de marketing, elle fait ses débuts dans la presse privée, plus particulièrement à Dakar Soir.

Le coaching, une communication silencieuse
Du développement financier, la consultante a procédé à celui de la personne. Amoureuse de la communication, elle quitte le métier en disant « je n’y reviendrai plus ». En très bonne commerciale, elle n’avait pas apprécié d’être considérée, par les hommes, comme l’emballage du produit. Elle se rend à Montpellier pour le site d’ingénierie, puis à Paris. Elle se dessine un autre plan de carrière avec de nouvelles possibilités d’offres. Pour elle, le coaching est là pour amener la personne à des performances. Comme dans le marketing, elle découvre, à nouveau, la communication dans le coaching. Mais ici, celle-ci est silencieuse.D’ailleurs, pour situer la frontière entre la communication, son métier de départ, et le coaching, elle ironise :

« Le coaching, c’est de la communication, car étant des entretiens au cours desquels le coach amène le coaché à réfléchir sur lui. Et quand il rentre en lui-même, il réfléchit et sort ses forces. A la différence du marketing, dans cette communication, on apprend à se taire sur les difficultés des autres ». Comme la maïeutique socratique, sa technique fait accoucher les esprits qui, entenaillés entre les problèmes au quotidien, le stress, entre autres, ont du mal à mettre en valeur leur talent. En effet, son offre est destinée aux entreprises ou à leurs personnels.

Directrice de publication de « Dynamique » magazine, une tribune dont l’aventure a débuté en 2009, elle avait décidé d’accompagner l’idée du changement qu’elle a toujours prôné à travers les pages de ce périodique. Elle n’aime pas trop aborder cette expérience dans la presse.

Dissonance entre la presse et son métier
La conduite du changement étant, de même que l’information, quelque chose de permanent, de général et d’universel, elle voulait inclure l’une dans l’autre. En charge de l’édito, dans un monde en mutations perpétuelles, elle rappelait, dans chaque numéro, l’importance des hommes dans l’évolution de la société.

Consciente que la presse ne va pas avec le coaching, elle a décidé d’arrêter la publication du magazine. « Le confidentiel ne va pas avec le public. En effet, j’avais demandé à l’équipe d’aller sans moi parce que je n’étais pas en mesure d’exercer convenablement mon métier. Et c’est ce dernier qui me permettait de faire le magazine et non pas le contraire. Ce qu’on gagnait dans la presse n’étant pas significatif, j’avais décidé d’arrêter », renseigne le coach. Dualité entre confidence et mise à nu des informations, son œuvre n’a duré que huit mois (avril-décembre 2016). Selon elle, une autre personne va prendre le relais en maintenant le même titre et l’équipe.

Par Marame Coumba SECK

Vous avez l’impression de sentir mauvais de la bouche ou une âme délicate a eu le courage de vous en parler ? Au-delà de la gêne qu’elle procure, la mauvaise haleine peut aussi être le signe de maladies plus sérieuses. Environ 20  de la population serait concernée. Alors on ouvre grand la bouche et on dit "A"…

Une Gingivite ou une parodontite
La gingivite est une inflammation de la gencive due à la présence de bactéries, qui s'infiltrent dans l'os au niveau de la racine de la dent et la détruisent. Si elle n’est pas traitée, elle peut se transformer en parodontite, les gencives sont sévèrement atteintes et les dents peuvent se déchausser. Ces bactéries stagnantes et non éliminées sont à l’origine des mauvaises odeurs buccales. La grossesse, le tabac, la ménopause peuvent provoquer l’apparition d’une gingivite.

Quel traitement ?
Une bonne hygiène bucco-dentaire permet de réduire et de prévenir l’évolution de la gingivite. Rendez-vous tout d’abord chez le dentiste pour poser le diagnostic de la gingivite et vérifier son degré d’évolution en mesurant la profondeur du sillon gingivo-dentaire, l’espace entre la gencive et la dent. Le spécialiste en profitera pour effectuer un détartrage (à effectuer tous les 6 mois à un an). Enfin pensez à vous laver les dents 2 à 3 fois par jour durant au moins 2 minutes comme le recommande l’UFSBD (l’union Française de la santé Bucco-dentaire). Vous pouvez y ajouter un peu de poudre de bicarbonate de sodium qui a le pouvoir de réduire les mauvaises odeurs. Sans oublier de passer un fil dentaire entre les dents afin d’éliminer les résidus alimentaires qui peuvent aussi être à l’origine de mauvaises odeurs s’ils stagnent trop longtemps dans la bouche. Les acides aminés venant des protéines des aliments donnent effectivement une odeur soufrée à l’haleine.

Une langue chargée
Les mauvaises odeurs peuvent aussi émaner des bactéries situées sur la langue. Le dessus de la langue, mal irrigué par la salive peut effectivement entrainer une putréfaction des bactéries.

Quel traitement ?
Réaliser quelques bains de bouche que vous pouvez effectuer quotidiennement pour rafraichir la bouche à base de menthol ou de fluor. Il existe d’autres produits dont les composants (fluorure d’étain notamment) inactivent les bactéries et ralentissent le métabolisme bactérien et empêchent ainsi la formation de substances malodorantes. Ils ne s’utilisent qu’une dizaine de jours pour ne pas déséquilibrer la flore bucco-dentaire. Pensez aussi à brosser votre langue. Le brossage de la langue se fait d’arrière en avant pour éliminer les dépôts qui la recouvrent à l’aide d’un gratte-langue ou de la surface siliconée de la brosse à dents. N’utilisez jamais les poils de la brosse car ils risqueraient de créer des micros lésions sur la langue où pourraient se glisser les bactéries. 

Et si c’était un abcès et une carie dentaire ?
Une carie dentaire, un abcès tout comme le cratère laissé par une extraction de dent peuvent être un foyer à bactéries. Il est nécessaire de faire régulièrement un bilan dentaire pour détecter les dents malades ou cariées.

Quel traitement ?
Faites soigner correctement les dents cariées, et réalisez régulièrement des bains  de bouche. Si l’infection est déclarée, le médecin extraira la dent ou traitera l’abcès. Bien  souvent le chirurgien dentiste prescrit également un  antibiotique durant une dizaine de jours afin d’éradiquer l’infection.

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