grandair

Soleil Grand Air (417)

1) Le revitalisant
Ce qu’il faut :
• Deux cuillères à soupe d’huile de noix de coco
• Une cuillère à soupe d’huile de jojoba
• Entre 3 et 5 gouttes d’une huile essentielle de votre choix (choisissez-en une qui sent bon et bonne pour les cheveux et le cuir chevelu comme la lavande, le romarin, la menthe poivrée, le géranium…)
Les étapes :
Utilisez l’huile de coco solide (mettez-la au frigo si besoin). Prélevez la matière et mélangez bien jusqu’à ce que cela devienne une texture crémeuse et lisse. Ajoutez l’huile de jojoba en remuant bien pour que le mélange soit homogène. Finissez en ajoutant les gouttes d’huile essentielle, mélangez bien à nouveau. Appliquez sur toute la chevelure en insistant sur les pointes. Couvrez avec un bonnet de bain ou du film plastique et passez un coup de sèche-cheveux pendant quelques instants pour faire mieux pénétrer la matière. Ensuite, laissez poser entre 15 et 30 minutes. Rincez et lavez vos cheveux avec vos shampoings et soins habituels.

2) Le soin démêlant
Ce qu’il faut :
• Une préparation de revitalisant (en suivant la recette ci-dessus)
• De l’eau
Un flacon pulvérisateur
Les étapes : Préparez le revitalisant puis mélangez-le avec de l’eau en suivant le ratio suivant : dix doses d’eau pour une dose de revitalisant. Pulvérisez sur vos cheveux et brossez.

Et si votre foie était encombré ?
Un foie capricieux, des repas trop lourds, une période de fatigue peuvent provoquer une halitose généralement générée par l’absorption d’aliments contenant de l’azote. C’est le cas des protéines. Généralement, cet azote est éliminé par le foie et les reins. Si le foie est défectueux, cette opération ne pourra pas se faire. L’azote remonte alors de l’estomac pour s’échapper par la voie buccale.

Quel traitement ?
Le gastroentérologue vous fera réaliser un bilan sanguin pour repérer les enzymes hépatiques dans le foie et un scanner du foie. L’halitose peut être le signe révélateur d’une insuffisance hépatique, d’une cirrhose ou d’une hépatite.
A la maison, facilitez  le travail du foie en consommant tout d’abord des aliments faciles à transformer par le foie comme les légumes et les fruits. Evitez de consommer trop de protéines. Profitez-en pour réduire aussi la consommation d’alcool et de tabac propices au dysfonctionnement du foie.

Parfois le cycle pré-menstruel en cause
Juste avant les règles, une modification hormonale se produit chez la femme, entrainant notamment une production de plaque dentaire plus importante qui favorise la prolifération des bactéries. Ce changement hormonal influence aussi la flore intestinale et charge le souffle en soufre.

Quel traitement ?
Pensez à avoir une hygiène dentaire et buccale irréprochable en vous lavant régulièrement les dents et en effectuant des bains de bouche. Cela ne traite pas la cause réelle de la mauvaise haleine mais pourra la masquer durant cette courte période chaque mois avant vos règles. 

Attention aux régimes protéinés
Ils sont très efficaces pour retrouver la ligne en un temps record mais ils ont l’inconvénient de favoriser une mauvaise haleine. Principal responsable : le principe lui-même du régime protéiné riche en viandes, poissons, laitages, œufs et quasiment nul en glucides. En l’absence de glucides, le corps va brûler des graisses et libérer dans le sang des déchets appelés corps cétoniques. Très volatiles, ils vont également se dégager dans les voies respiratoires et donner une mauvaise odeur à votre haleine.

Quel traitement ?
Mettre votre mal en patience et attendre la fin du régime car cette odeur d’acétone prouve que le régime fonctionne. Une fois terminé, la reprise de glucides en quantité raisonnable devrait rétablir votre bonne haleine. 

« Nous, entreprises technologiques, devons créer des outils pour aider à réduire le volume de fausses informations », a déclaré le PDG du géant américain de l’informatique au journal britannique, Daily Telegraph, expliquant que cela doit se faire « sans empiéter sur la liberté d’expression et la liberté de la presse ».

« Nous traversons une période dans laquelle, malheureusement, ceux qui réussissent sont ceux qui s’emploient à faire le plus de clics possible, pas ceux qui essaient de transmettre la vérité. Cela détruit le cerveau des gens », affirme Tim Cook. « Nous sommes trop nombreux à nous plaindre de cela mais à n’avoir pas encore compris quoi faire », estime-t-il encore. Le patron d’Apple ne précise pas quels pourraient être ces outils, mais appelle à une « campagne de grande envergure » menée dans les écoles notamment. Ses propos interviennent après que Facebook, qui a été accusé de faciliter la diffusion de « fake news » lors de la dernière campagne présidentielle américaine notamment, a décidé en décembre d’offrir la possibilité à ses utilisateurs de lui signaler les fausses informations diffusées sur sa plateforme.

Objectif de ce dispositif ? Passer la porte de l'entreprise ou activer leur ordinateur sans leur badge...
Huit salariés d’une entreprise belge ont accepté de recevoir une puce électronique implantée dans leur corps. De la taille d’un grain de riz, elle est placée sous la peau de leur main. Grâce au dispositif, les volontaires pourront maintenant ouvrir la porte d’entrée de l’entreprise ou activer leur ordinateur sans badge.

L’idée ne fait pas l’unanimité
C’est par souci de pragmatisme que les dirigeants de Newfusion en sont venus à proposer les implants. « L’idée a germé après que plusieurs employés ont perdu leurs badges. Ici l’identification est 'sous-cutanée', vous l’avez toujours avec vous ! », explique à la RTBF Tim Pauwels, l’un des patrons. Cette puce qui contient des données personnelles du salarié coûte 100 euros, à la charge de l’entreprise.

Si les volontaires sont satisfaits du procédé, ça n’est pas le cas du président de la ligue des Droits de l’Homme belge, Alexis Deswaef qui pointe un risque de « flicage » des individus. « On peut savoir à quelle heure l’employé commence son service, quand celui-ci a pris sa pause cigarette… », a dénoncé le responsable.

Les villes de Saint-Louis et de Louga sont situées sur l’axe nord du Sénégal. Elles sont, sous l’éclairage de nos interlocuteurs, étonnantes par la diversité d’intérêts qu’elles offrent. La première est tricentenaire. C’est là qu’est né notre légendaire « thieboudieune » à la Penda Mbaye. La deuxième connut, à partir de 1900, un afflux de populations diverses et permit un développement de toutes les formes d’expression culturelle. Sa troupe mythique, dénommée le Cercle de la Jeunesse de Louga, a donné à la danse et au théâtre sénégalais leurs lettres de noblesse.

Si Saint-Louis est baignée par l’Océan Atlantique et le fleuve Sénégal, Louga n’est, par contre, parcourue par aucun grand cours d’eau. En ce mois de février, le climat est doux dans ces deux villes où l’on peut, sous le charme ensorceleur du soleil, se balader dans l’univers du Cercle, déguster des pigeons locaux ou un « thieboudieune » à la Penda Mbaye. A Louga, communément appelée la capitale du Ndiambou, et Saint-Louis, dont le nom traditionnel est Ndar, tous les centres d’intérêts évoqués plus haut sont une savoureuse osmose d’ingrédients (culturels ou culinaires) à consommer sans modération.

Un « sabar » (séance de tam-tam) en plein air et une soirée sénégalaise, dans une boite de nuit, valent bien un détour à Louga. Ici, tous vos sens sont titillés et tout votre corps subjugué par ces danses qui y ont cours. Tous sont en goguette. Il y a, dans cette délectable ambiance de jeux de jambes et/ou de lumières, tant d’alacrité dans le milieu, tant d’allégresse, tant d’allant dans le tam-tam qu’il est quasiment impossible de rester sans bouger, de refuser de se mouvoir, de se trémousser, de trépigner.

En ces lieux si rythmés de Louga, même un novice se découvre un talent, jusqu’ici insoupçonné, de « mbandkat » (danseur). En se laissant aller au tam-tam, l’on assimile vite la leçon qui enseigne que la danse est union du rythme et du mouvement, expression de liberté, de morale et de sentiments divers parce que sachant toucher aux instincts, c’est-à-dire au plus profond de l’être. Bref, la danse est l’union de l’esprit et du corps au service de la beauté et de l’équilibre physique et psychique.

Un ensemble culturel mythique
Voilà, entre autres enseignements, ce qu’a toujours véhiculé le Cercle de la jeunesse de Louga, cet ensemble culturel mythique qui a marqué les esprits en remportant, entre 1957 et 1970, tous les prix mis en compétition dans le domaine du théâtre populaire au Sénégal. Avant de revenir sur le parcours de ce groupe qui a aussi rayonné au-delà des frontières du Sénégal, sachez que la province du Ndiambour, dont dépendait Louga, s’est formée principalement à partir du Walo et de l’émigration de populations venues du Djolof.

Enclave musulmane en milieu païen
Elevage pigeonLe nom de Ndiambour proviendrait de l’occupation de la zone par une majorité de gens libres (Diambour). Aussi, son originalité est qu’elle est une « enclave musulmane en pays païen (ceddo) » dont le peuplement très ancien fut constitué par un métissage entre Wolofs et Mandingues vers le XVIe siècle. Ces « Kholbites » (Wolofs d’origine mandingue) se sont convertis très tôt à l’Islam. Et leur connaissance du Coran amenait les rois « ceddos » à les nommer « Serigne » (marabouts) de province ou de village. Louga, la locomotive du Ndiambour, qui serait la déformation de « Loug na fi » (il s’est enlisé ici). La cité peut s’enorgueillir de ses plats de pigeons fumants. La technique de capture de ces oiseaux, transmise de père en fils, est une affaire de la famille Sow, originaire de Pété Peulh.

Bâtie sur une plaine sableuse, Louga présente l’aspect d’une cité saharienne implantée au milieu du désert avec un environnement géographique offrant une diversité de paysages végétaux. La ville doit sa prospérité d’antan et son développement économique à sa situation de carrefour et à sa position de relais de voies de communication desservant les grandes localités comme Saint-Louis à 70 kilomètres, Linguère (130 kilomètres), Thiès (130 kilomètres), Dakar (200 kilomètres). Le cadre sécuritaire qu’offrit la localité dès 1882 avec la création d’un camp militaire contribue à son développement démographique.

La chanson fétiche « Mademba »
En effet, la zone d’implantation des militaires, appelée « Artillerie », permit un afflux de populations dès sa première annexion à la colonie française en 1883 et plus tard à son érection en chef-lieu de cercle de cercle et de commune mixte en 1905. Le mouvement d’urbanisation de Louga, renforcé par la création en 1905 du « Marbath » (marché à bétail), a donné à la ville son caractère cosmopolite et à son ouverture à toutes les formes d’expression culturelle. Ville à la croisée des chemins, Louga a développé la culture du Ndiambour, fruit d’un brassage humain.

« Artistes, danseurs, troubadours, poètes se retrouvaient à Louga à la fin des travaux champêtres pour exprimer leur talent », renseigne Youssou Mbargane Mbaye, communicateur traditionnel et ancien membre du Cercle de la jeunesse. « Pour être du groupe, le talent ne suffisait pas. Il fallait aussi et surtout être rigoureux, discipliné et en quête permanente de la perfection », ajoute Mme Fatou Kassé. Cette cantatrice, rencontrée chez elle à Kébémer, est restée célèbre à travers sa chanson fétiche « Mademba », reprise aujourd’hui par plusieurs artistes.

C’est connu, le Sénégal est considéré, partout dans le monde, comme le pays de la « téranga » (hospitalité). Ici, on tend ses bras à l’autre, on lui ouvre son cœur. On le met à l’aise, quoi ! D’ailleurs, ce serait un euphémisme si on nous appelait « le pays du sourire ». Et dans ce sourire quotidien pour assurer un bel accueil, les gens de Saint-Louis jouent les premiers rôles. Leur sourire permanent n’est pas synonyme d’insouciance, mais une expression du visage aux vertus thérapeutiques énormes. Par exemple, le large sourire, chez la femme saint-louisienne, recèle la promesse de mille faveurs apaisantes pour l’homme.

Penda Mbaye, une haute toque de la gastronomie
Thiébou DieuneEt l’on comprend aisément pourquoi certains mâles couvrent, en permanence, leurs compagnes saint-louisiennes de présents, de compliments, de déclarations fougueuses et d'attentions romantiques. Cerise sur le gâteau, ces bienheureux mangent à leur faim. C’est une belle chance, pour eux, d’avoir craqué sur une « Ndar-Ndar » séduisante, talentueuse et cordon bleu. Disons-le, en matière de « thieboudieune » les Saint-Louisiennes, armées de leur « mokk pooc » (art de la séduction), battent toutes leurs concurrentes aux olympiades de Penda Mbaye. Parce qu’elles maitrisent mieux que quiconque l’enseignement de l’inventrice de notre plat national, cette grande toque de la gastronomie mondiale.

Saint-Louis occupe une place à part dans la géographie culinaire du Sénégal. C’est dans ce lieu que s’est retrouvée une génération nouvelle, la première génération de Saint-Louisiennes décidées à conserver les « thiéré », « ndambé », « dakhine », « lakh », mais déjà capables d’innover dans la cuisine et d’envisager une vie gastronomique différente de celle de leurs mères et grands-mères. Nous sommes au début des années 1900. A cette époque, Saint-Louis, capitale de l’Afrique occidentale française (Aof) est avant tout un rêve de liberté, de réussite et d’identité qui attire, de plus en plus, les talentueux et les ambitieux. La ville, divisée en une cité résidentielle blanche et en plusieurs quartiers pour Noirs, palpite au son de groupes musicaux plus ou moins renommés et de virtuoses inconnus. Beaucoup de visiteurs finissent par s’y installer. Le mouvement des « Dolli Ndar » (ceux qui s’ajoutent) s’amplifie. Les « Dommu Ndar » (autochtones) accueillent à bras ouverts ceux qui décident de venir partager, avec eux, une commune volonté de vie commune. Saint-Louis ou Ndar est La Mecque sénégalaise. Des Saints, comme Mawdo Malick Sy, Cheikh Ahmadou Bamba, Khalifa Ababacar Sy, Cheikh Ibra Fall, etc., y ont vécu ou séjourné fréquemment. Il est difficile, après son installation, d’en sortir. La ville est attrayante et fascinante.

Savoureuse osmose
La cuisine de Saint-Louis est simple, sans artifice et métissée. Bref, c’est une savoureuse osmose de tous les peuples qui y ont fait escale. A l’Orient, Ndar a emprunté ses épices de qualité, à l’Occident quelques légumes et certains fruits pour créer, avec le disponible local, un tableau culinaire aux saveurs multiples, aux sensations fortes et aux arômes colorés. Cette cuisine, comme les femmes de cette terre de « téranga » (hospitalité), fait saliver.

Donc, Saint-Louis, c’est surtout son légendaire « thieboudieune » à la Penda Mbaye. Le nom de la vieille cité est intimement lié à ce plat qu’on y offre aux hôtes depuis de très longues années. Le « thieboudieune » demeure une des grandes spécialités de la région, consommé très couramment autant par les habitants du pays que par les étrangers qui sacrifient facilement au rite de sa dégustation. Le « thieboudieune » est l’apanage des Saint-Louisiennes qui, avec leur « mokk pooc » (art de la séduction), battraient toutes leurs concurrentes aux olympiades de Penda Mbaye. Parce qu’elles maitrisent mieux que quiconque l’enseignement de l’inventrice de notre plat national, cette grande toque de la gastronomie mondiale.

Par Cheikh Aliou AMATH, Abdoulaye DIALLO (textes) et Mbacké BA (photos)

Last modified on vendredi, 10 février 2017 12:37

« Xoulli »

10 Fév 2017
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Ibrahima Ba, (journaliste râleur sans auditoire au quotidien Le Soleil !) s’amusait à me dire, hier, que j’étais mal « nippé ». Que les couleurs n’étaient pas assorties. Et pourtant, ce jour-là, j’avais pris plus de temps que d’habitude pour me faire beau. Je m’étais dégotté un nouveau falzar. J’avais même repassé ma plus belle chemise « solennité » de mes années de grande galère (je galère toujours en effet) et ciré mes chaussures de ville. Et le bonhomme de chez Cheikh Thiam (directeur de la Sspp Le Soleil) me rendit moins convaincu de ma mise. Mais, tout cela reposait sur un simple malentendu. Un collègue avait, en effet, accroché sa veste à mon siège sans que je ne m’en rendisse compte. Et elle était bleue ; ce qui en rajoutait aux couleurs. L’interprétation anticipatoire des apparences par Ibrahima Ba (car m’imaginant avec) a fait de moi, le temps de dissiper cette incompréhension, un homme accoutré plutôt qu’habillé.

Nous butons quotidiennement contre des mésententes parce que le corps de l’être humain offre beaucoup de possibilités d’interprétations erronées et quelquefois fondées. L’individu est moins maître de son corps, de ses organes qu’il ne le prétend. Cette mécanique mène une existence qui s’affranchit très fréquemment des convenances que nous nous sommes institués. Explorons ensemble l’univers du regard. Qu’il peut être malicieux, effronté, doux, noir, figé, intimidant, incommodant, affligeant, indiscret, plein de désir, de haine, de joie, de réprobation. La « légende sensuelle », par exemple, veut que la vieille garde squattant nos rues affecte regarder les demoiselles aux formes arrondies avec concupiscence. Les épient-ils juste d’indignation, de nostalgie (des bonnes conduites ou de leur jeunesse) ou d’envie ? Peut-être même qu’ils ne les ont pas vues ! L’estime ou le mépris que l’on éprouve à leur égard dépend de l’opinion qu’on se fait de leur banal « zieutage ».

Il est une vaine entreprise que de vouloir se prémunir contre les interprétations qui peuvent être données de nos mots et de nos actes. On disait du prédécesseur du président de la République Macky Sall, Abdoulaye Wade, qu’il clignotait à droite pour bifurquer à gauche. Cette assertion tenant de la métaphore témoigne de l’étendue du champ de sens de l’œil qu’il soit bon ou mauvais pour ainsi faire référence à son acception socio-culturelle.

Un ami me raconte qu’il a été, un jour, couvert de honte quand des passagers d’un « Ndiaga Ndiaye » (dans lequel il était) l’ont foudroyé de leurs regards indignés. Il était, en effet, en train de lorgner, avec un grand intérêt, un livre que tenait une fille. Et le bouquin était « à la bonne place ». Il avait fini par oublier qu’il était en présence d’autres individus que son œillade indiscrète interloquait. Quand la jouvencelle est descendue du véhicule et qu’il est revenu à lui-même, il a été aussi surpris et décontenancé que ceux-là à qui il inspirait de la répugnance. Ainsi est né un malentendu. Les défenseurs de circonstance de la morale lui font grief de son effronterie scabreuse alors que lui, grand passionné de lettres, ne cherchait qu’à assouvir sa curiosité intellectuelle jusqu’à oublier la présence de l’œil ; cette courroie de transmission qui met en branle la machine interprétative, l’intellect.

Dans certaines situations, les limites de l’intellect font qu’il n’y a pas, dans nos petites chamailles et même dans nos dissensions les plus profondes, une once d’inconduite de part et d’autre. Existe-t-il essentiellement que des incompréhensions qu’on ne se donne pas le temps de dissiper. Les jeunes filles se plaisaient (à l’époque où « je t’aime » était encore si solennel), quand nos regards devenaient incommodants, à nous dire « xoulli » qui est une réponse vive à l’acte de regarder avidement. Et nous répondions « xaali beut » ; réplique verbale qui, quelquefois, prolonge un malentendu parce qu’il arrive que l’œil rivé sur « l’objet » ne l’ait point vu. Cela peut aussi exprimer une envie d’être vu logée dans le subconscient de celui qui s’offusque du regard perçant dont il croit être la cible. Quoi qu’il en soit, le « Xouli » et le « Xaali beut » ont déjà fini de construire une tendre ou impétueuse relation humaine.
Ps : passez-moi mes divagations !

Par Alassane Aliou Fèré Mbaye

Sollicité pour son approche originale de célébrer les mariages, l’officier d’état civil, Mamadou Diop,  a su marquer les couples passés par ses services, au fil des années. Ses cérémonies sont très courues à l’hôtel de ville de Dakar et au centre principal de l’état civil de la Sicap Amitié II.

Samedi. Il est 16h. Nous sommes  dans la salle de délibération de l’hôtel de ville de Dakar. L’endroit est rempli. Des hommes et femmes en grande toilette occupent les chaises. Ils sont venus assister à la célébration d’un mariage. Le jeune couple est là. L’officier d’état civil  prend la parole. Il rappelle aux mariés les droits et devoirs que renferme le mariage. L’assistance est silencieuse, conférant à l’évocation une solennité marquante.  

Le buste droit, Mamadou Diop,  l’officier d’état civil, assis dans un fauteuil, est en costume.  Il débute la cérémonie. La solennité du moment est étonnante et la sensation ressentie assez étrange. Mamadou Diop a ce don de capter l’attention de son public. Un discours sur mesure, simple, accessible et marquant par le choix des mots. Se basant sur le Code de la Famille, il est maître dans l’art de réunir des conjoints « pour le meilleur et pour le pire ». La mythique salle de délibération où il célèbre les unions est un lieu haut d’histoires. Là, au fil des années, est abritée la célébration des mariages que Diop a conduite avec un rare bonheur.

Il parle haut d’une voix limpide. Il capte l’attention.  Il célèbre l’idéal d’une vie tout en sacrifiant à la logique de l’émotion.  Il a cette manie de rendre le scénario émouvant, vivant, marquant et surtout inoubliable. A la suite de la célébration du mariage, l’officier d’état civil est congratulé et félicité de tout bord. Certains échangent avec lui leurs coordonnées de téléphone pour nouer une relation suivie. D’autres le félicitent avec déférence. Et pourtant, en temps normal, les éloges ne doivent point lui revenir. Pour cause, il n’a fait que son travail  qui consiste à célébrer des mariages. Toutefois, il a cette particularité de les célébrer, ce qui l’amène à capter à son honneur, une attention  toute particulière.

Assister à un mariage célébré par Mamadou Diop ne laisse personne indifférent, tant l’homme a cette capacité de rendre solennels ces moments forts  dans la vie d’un couple. Cette manière de célébrer les mariages lui a permis de nouer pas mal de relations qui ont évolué au fil des années. Et pas n’importe lesquelles. Mamadou Diop, né en 1957 à Wack Ngouna dans le Saloum, a fait ses études entre son village  et la commune de Nioro du Rip. Des études qu’il dit avoir interrompues  afin de se consacrer à sa famille. Fils unique, il était tenu d’assister sa mère dans les travaux.  Il se rappelle d’ailleurs avoir aidé sa maman dans toutes les  tâches domestiques. C’est en 1981 qu’il a commencé à travailler. Il atterrit à la Sonadis. Là, Mamadou va acquérir beaucoup de connaissances  qui lui seront, par la suite, très utiles. 

Une solennité qui marque à jamais
Après la Sonadis, il débarque au bureau d’études de la Sotrac avant d’intégrer, comme commis, l’office d’état civil de Dakar. C’est Mamadou Diop, alors maire de Dakar, qui fera appel à ses services au niveau de l’état civil. Nous sommes en 2000. A force de persévérance et de travail, il parvient à gravir les échelons pour devenir officier  d’état civil à part entière.  Sa nomination est intervenue sous le magistère de Pape Diop. C’est en 2003 qu’il hérite de la célébration des mariages.  Il trouve sur place une dame du nom de Fatoumata Dieng, c’est elle qui guide ses premiers pas, dans la célébration des mariages. Obnubilé par le travail, il assure n’avoir pas  pris de congés depuis 2001.

La solennité que revêt la célébration des mariages semble à ses yeux s’inscrire dans la norme.  « Tous les officiers d’état  civil se valent », déclare-t-il en signe de solidarité avec les membres de sa corporation.  Toutefois,  souligne-t-il, il  est tout le temps animé par l’amour dans ce qu’il fait. Ce qui l’amène à toujours chercher les mots justes pour rendre inoubliables ces moments forts dans la vie d’un couple.  « S’agissant des discours tenus, certains sont préparés d’avance, d’autres par contre sont tout simplement improvisés », note-t-il.  Quand il s’agit d’un mariage où il veut véritablement marquer la solennité, il sort un discours « fétiche ». Chose curieuse, ça marche à tous les coups. Il s’en suit des prières, un échange de numéros de téléphone, etc.  

« Le discours est longuement préparé », affirme-t-il. Mamadou Diop qui ne se lasse pas d’écrire, de réécrire dans le but de perfectionner davantage ce fameux discours.  Il avoue avoir beaucoup lu beaucoup d’ouvrages littéraires pour maitriser les techniques rédactionnelles.  Au fil des années, plusieurs célébrations de mariages l’auront marqué. Par exemple, celle de la fille de l’ambassadeur Bruno Diatta. Si lui, M. Diop, a été en pèlerinage à la Mecque, c’est en partie grâce à cette fille dont il a célébré son mariage.  Le père, Bruno Diatta, marqué par la solennité du moment, a su maintenir les liens avec l’officier d’état civil. C’est ainsi qu’en 2008, il lui a fait bénéficier d’un billet à la Mecque, lui permettant ainsi de voir se réaliser un grand rêve.

L’architecte Pierre Atepa Goudiaby, le colonel Kane des douanes sénégalaises, Me Adama Guèye, le Premier ministre Souleymane Ndené Ndiaye, l’actuel  président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse et l’ancien président de la République du Sénégal, Abdou Diouf, lui ont manifesté leur amitié. « Nos relations sont mêmes familiales. Il ne se passe rien chez lui sans qu’ils ne soient au courant », souligne Mamadou Diop qui est d’avis que « les mariés, souvent jeunes et fougueux, ont besoin d’être accompagnés par les parents, invités cependant à jamais s’immiscer dans l’intimité des époux ».  Selon lui, il faut laisser une marge de manœuvre aux deux conjoints afin que la communication prévale. « Beaucoup de mariages volent en éclats parce qu’il y a défaut de communication », regrette l’officier d’état civil.

Par Oumar BA

Souvent un problème d’acidité gastrique
Lorsque la valve entre l’estomac et l’œsophage est défectueuse, l’acide contenu dans l’estomac (et servant à la digestion), remonte en position couchée, durant la nuit, le long du tube digestif jusqu’à la bouche, dégageant souvent un gaz nauséabond.

Quel traitement ?
L’ORL va d’abord examiner les cordes vocales. Si elles sont rouges et gonflées à leur partie postérieure, c’est effectivement le signe d’un reflux gastro-œsophagien. Il prescrira alors un traitement anti-reflux ou un anti-sécrétoire acide sous forme de comprimés à prendre 15 minutes avant les repas. Bien souvent, tout rentre dans l’ordre après un mois de traitement. Si ce n’est pas le cas, le spécialiste procédera à des examens plus complets. En orientant le patient vers le gastro-entérologue pour effectuer une gastroscopie ou une pH-métrie (dosage du pH dans l’œsophage et l’estomac). Il pourra ainsi poser son diagnostic d’ulcère, de gastrite ou d’œsophagite. 

Généralement, le traitement anti-sécrétoire acide est efficace, sauf s’il existe dans l’estomac un germe appelé Helicobacter pylorii, qui nécessite alors également un traitement antibiotique.

Quand les amygdales font des leurs
Parfois, pour trouver l’origine de la mauvaise haleine, il faut aller scruter de plus près les amygdales. Chez les patients jeunes entre 20 et 30 ans, elles comportent des cryptes dans lesquels viennent se nicher des germes nauséabonds. Toutes sortes de débris alimentaires viennent s’agglutiner à cet endroit. Ils fermentent et forment une pâte blanchâtre appelé le caséum.

Quel traitement ?
Dans l’immédiat, vous pouvez, par une simple pression sur l’amygdale avec le manche d’une fourchette par exemple, vider l’amygdale de cette boule blanchâtre. Mais très vite, au fil des semaines, le caséum va se reformer. La solution radicale et définitive reste l’ablation partielle ou totale des amygdales. L’opération s’effectue soit par laser, en ambulatoire, soit par chirurgie sous anesthésie générale (avec alors une hospitalisation d’au moins deux jours). 

Allez voir du côté des sinus
Quelques corps étrangers peuvent venir se nicher au fond des sinus sans que l’on s’en rende véritablement compte. C’est le cas de la pâte dentaire qu’utilise le dentiste lors d’un soin. Il arrive parfois qu’un peu de ce résidu passe par la racine de la dent dans le sinus. Restant coincés plusieurs jours ou semaines, ils provoquent une prolifération bactérienne et dégagent à la longue une odeur malodorante. Un écoulement s’effectue aussi dans la bouche.

Quel traitement ?
L’ORL va examiner par un examen clinique et fibroscopique l’entrée des sinus et l’arrière de la gorge. S’il constate un écoulement jaune, vert ou marron, il pourra demander un scanner ou une radio des sinus. Une opération chirurgicale sous anesthésie générale sera alors nécessaire pour enlever la pâte dentaire. La méatotomie a pour but d'ouvrir largement le sinus dans le nez, pour permettre aux sécrétions purulentes de s'évacuer dans la fosse nasale. L’opération dure environ une heure et nécessite deux jours d’hospitalisation.

Vérifiez vos médicaments
Certains traitements ont la particularité d’assécher la bouche. C’est le cas des antihistaminiques, les antidépresseurs, les antipsychotiques et les antihypertenseurs ayant une action sur le système nerveux parasympathique qui commande les glandes salivaires. La salive riche en substances antibactériennes n’irrigue plus suffisamment la bouche et les bactéries s’installent en grand nombre, accompagnées de leur odeur fétide.

Quel traitement ?
Pensez à boire de l’eau ou des infusions de menthe poivrée ou verte régulièrement afin de bien humidifier l’intérieur de la bouche et contribuer ainsi à l’élimination des bactéries. Vous pouvez aussi mâcher au cours de la journée du chewing-gum sans sucre pour favoriser la sécrétion de salive et/ou consommer des agrumes qui déclenchent la production salivaire.

A suivre

Omar Blondin Diop, est né le 18 septembre 1946 à Niamey et est décédé le 11 mai 1973 dans les geôles de l’île de Gorée. Blondin a fait ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand à Paris et a poursuivi ses études universitaires comme normalien à l’École normale supérieure de Saint-Cloud d’où il sortira diplômé. Un jeune  au potentiel énorme qui était donc promis à un brillant avenir.  Une phrase avait l’habitude d’être chantonnée un peu partout à cette époque «Omar Blondin Diop, le normalien de Saint-Cloud».  Intellectuel brillant, Blondin Diop était également membre du mouvement contestataire post-soixante-huitard.

À Dakar, il continue dans cette logique révolutionnaire, fervent militant anticolonialiste.  Pour avoir protesté contre des travaux démesurés pour une visite de Georges Pompidou à Dakar, qui ne devait pas  durer  plus de 2 heures, les frères d’Omar  auraient  le 15 janvier 1971   été  arrêtés la même semaine. Blondin depuis le Mali, décide de venir secourir ses frères, mais il sera interpellé. Le 23 mars 1972, il est inculpé pour «terrorisme» et pour espionnage comme agent étranger et condamné par un tribunal spécial à 3 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Il est emprisonné à la prison de l’île de Gorée.  L’histoire retiendra le parcours de ce grand homme malgré son jeune âge, « Omar Blondin Diop, le normalien de Saint-Cloud ».

Par Oumar BA

Deux nouvelles montres LG débarquent et une vingtaine d'anciens modèles profiteront de la mise à jour dans les prochaines semaines...

La seconde tentative sera-t-elle la bonne ? Attendue à l’automne, la mise à jour 2.0 d’Android Wear, l’OS de Google pour montres connectées, a été officiellement lancée ce mardi. Comme Apple, Google met cette fois l’accent sur le sport et le paiement mobile. L’entreprise cherche surtout à couper le cordon entre montres et smartphones, en misant sur une app store dédiée et en intégrant son Assistant. Reste à voir si cela sera suffisant pour faire décoller un marché moribond, qui a reculé de 51 % au troisième trimestre 2016, selon les estimations de l’institut IDC. Parmi les nouveautés principales d’Android Wear 2.0, on trouve :

Le paiement mobile Android Pay arrive, pour les modèles équipés d’une puce NFC. Google Fit peut mesurer des mouvements variés (abdos, squats, tractions) mais aussi le nombre de répétitions à la salle de gym avec des haltères. Pas de natation en revanche, avec des modèles qui ne sont toujours pas étanches. La version Wear de la boutique Play permet d’installer des apps directement depuis la montre. L’interface est revue et mise beaucoup sur le scrolling, qui peut s’effectuer avec une molette, comme sur l’Apple Watch.

Pas de date pour les nouvelles montres en France
Selon Google, la mise à jour sera déployée au cours des prochaines semaines, en France y compris, sur une vingtaine de modèles sortis depuis 2015 (liste complète ici). L’entreprise en a profité pour dévoiler deux nouvelles montres de LG, la Watch Style et Watch Sport. Elles seront vendues aux Etats-Unis à partir du 10 février et dans les prochaines semaines dans huit pays. Malheureusement, comme pour le Pixel et le casque de réalité virtuelle Daydream View, la France est encore absente du roadmap Google, avec des montres qui seront disponibles « ultérieurement » dans l’Hexagone.

Le hardware qui semble stagner est sans doute l’aspect le plus décevant des annonces. La Watch Sport (349 dollars) offre des fonctions avancées grâce à ses puces GPS et NFC, mais c’est un monstre de 14 mm d’épaisseur. Et selon les tests de The Verge et d’Android Central, la batterie a du mal à tenir une journée complète. La Watch Style a le problème inverse : elle est plus fine (11 mm) et bénéficie d’une meilleure autonomie mais on ne peut pas l’utiliser pour payer ou faire son footing en laissant son smartphone à la maison. Bref, il faut encore choisir entre les fonctionnalités, la performance et le design. De 2014 à 2017, rien n’a vraiment changé.

Par le surfeur

La partie Sud-est de l’île de Carabane abrite le cimetière des colons. Aujourd’hui, des autochtones reposent côte à côte avec ces derniers. La mort a effacé les divergences de la période coloniale. Mais, ce site doit sa célébrité à un capitaine téméraire, Protêt, qui veut continuer à défier l’ennemi y compris après sa mort. C’est pour cette raison, de son vivant, qu’il a demandé à ce qu’on l’enterre debout avec des ouvertures à la hauteur des yeux sur sa tombe. Le cimetière, coincé entre le rivage et une zone de balancement des marées, abrite les sépultures d’autres colons.

A Carabane, le climat s’adoucit davantage dans la soirée. L’île, ce jour, sombre dans la quiétude aux environs de 17 heures. C’est en ce moment que nous empruntons le sentier menant au cimetière. De l’hôtel Barracuda, nous longeons la rive, légèrement agitée. L’incursion révèle l’ampleur de l’avancée de la mer. Si l’hôtel Carabane est protégé par une digue, des sacs de graviers et de coques sont posés sur le rivage pour arrêter la… mer. A certains endroits, la langue de sable a disparu. « Une partie de nos champs sont dans l’eau. Nous avons planté des filaos. Malgré tout la mer continue d’avancer. Nous sommes face à l’embouchure », s’inquiète le chef de village, Moussa Guèye.

Nous décidons alors de remonter sur la terre, à hauteur de l’école primaire. Juste après, une plantation de cocotiers alignés et rangés. C’est l’héritage colonial. Les habitants l’ont bien conservé. « Nous pratiquons la plantation de cocotiers. Nous vendons des noix et des plants. Nous faisons des gâteaux », confie un jeune qui nous a offert des noix à goûter. Les feuilles des cocotiers s’entrelacent. Leurs feuilles forment une voûte assombrissant le sentier. Les autres arbres comme le Detarium Senegalensis et le Saba Senegalensis protègent les sépultures contre l’avancée de la mer. A l’entrée, une grille en fer forgé isole une stèle de forme trapézoïdale peinte en blanc. Sur une plaque en fer, il est marqué : « Capitaine Aristide Protêt de l’infanterie de la marine de 1836 ».

C’est l’un des marins français les plus connus et plus redoutés des autochtones. Son nom est lié à jamais à l’histoire de Carabane. De son vivant, il a fait parler de lui. A sa mort, en 1850, il a fait l’objet de tous les commentaires laissant planer davantage l’énigme sur la personnalité. « D’après ce que j’ai appris, le capitaine Protêt avait des relations houleuses avec les populations locales. Il a été atteint par une flèche empoisonnée lors d’une bataille », nous rapporte Lamine Sarr, un habitant rencontré sur le chemin menant au cimetière. C’est le 9 mars 1836 que le capitaine a péri dans la bataille de Hillol.

Ce n’est pas sa mort qui attire les curieux, mais sa sépulture. D’ailleurs, c’est la position de celle-ci qui a sorti ce cimetière des colons de l’anonymat. Sa pierre tombale est verticale. Selon la version la plus répandue, le capitaine est enterré debout comme s’il voulait continuer à résister encore, même après la mort. « Pour beaucoup de personnes, Protêt est enterré debout.

Mais, certains disent qu’il a été inhumé assis, d’autres avancent qu’il a été enterré accroupi », nous détaille Lamine Sarr avec un peu de recul. Ce qui est sûr, c’est l’un des morts les plus célèbres de ce cimetière coincé entre une dépression marécageuse et une dune côtière boisée. Le cimetière des colons a quelque chose de particulier. Il est une sorte de pont entre la première capitale de la Casamance et les descendants des colons.

D’autres colons enterrés à Carabane
« Les marins français venaient régulièrement commémorer la disparition du capitaine. Lorsqu’ils venaient, c’était la grande fête sur l’île. Mais, depuis quelques années, l’armée française ne vient plus. Nous ne savons pas pourquoi », se contente de dire Lamine Sarr. Le capitaine Protêt n’est pas le seul colon qui gît à Carabane. A l’île des éléphants reposent Maria Pillewizer, décédée le 27 avril 1883, Marie Besnard, décédée le 11 décembre 1893, ou encore Jean Léon Festugière, né le 25 mai 1878 et décédé le 17 octobre 1899. La liste est loin d’être exhaustive. Près des haies de mangrove et des rideaux des plantes rampantes, les croix gammées et celles incurvées, avec un bout légèrement rond, laissent apparaître la diversité des convictions religieuses de ces conquérants, de ces commerçants venus des pays d’Europe.

Ils gisent à jamais à Carabane. A y regarder de près, l’on remarque le décalage entre les plaques et l’ancienneté des murets qui délimitent les différents tombeaux. Les descendants viennent de temps à autre pour se recueillir et entretenir les sépultures. Aujourd’hui, des autochtones chrétiens sont également enterrés dans le cimetière des colons. La mort a effacé les divergences. Le cimetière n’est pas seulement un patrimoine des colons. « Nous avons deux cimetières : un pour les musulmans et un autre hérité des colons  et réservé aux chrétiens », renseigne le président des 72 heures de Carabane, Georges Diémé. Le cimetière des colons est un site touristique. Le capitaine Protêt attire des visiteurs sénégalais et étrangers. La perle posée sur l’embouchure du fleuve Casamance a connu son âge d’or de commerce. Toutes les grandes compagnies européennes surtout françaises avaient un pied à Carabane. D’autres y sont enterrés. L’île a connu beaucoup d’épidémies. C’est d’ailleurs cette difficile situation sanitaire qui a commandé la délocalisation de la capitale de Carabane à Sédhiou. Aujourd’hui, ce patrimoine historique est sous la menace de l’érosion côtière.

Par Maguette NDONG, Idrissa SANE (textes)
et Assane SOW (photos)

CARABANE : UNE ÉGLISE VIEILLE DE 124 ANS
Carabane egliseDe style breton, l’église de l’île de Carabane est en pleine rénovation. D’ici quelques mois, cet édifice, qui a joué un rôle important dans l’entrée du christianisme au Sud du Sénégal, sera réceptionné, au grand bonheur de la communauté catholique de l’île.

Aujourd’hui, c’est un jour sans bateau. Les eaux de la mer sont calmes et quelques vagues viennent mourir sur le ponton de l’île de Carabane. Ni « Aline Sitoé Diatta », « Aguene » ou « Diambogne », les trois navires qui assurent la navette entre Dakar et Ziguinchor, ne sont prévus d’accoster sur l’île. Pour les garde-côtes et les travailleurs de la compagnie Cosama, c’est presque quartier libre. Cette île, célèbre dans l’histoire de la Casamance et du transport maritime, est étrangement calme. Il faut avancer et traverser l’ancien Centre de redressement (prison-école pour certains), aujourd’hui en ruines, pour entendre des coups de marteau et le grincement des chaînes. En face de nous, l’église, de style breton, construite depuis 1892, est en pleins travaux. Une dizaine de travailleurs de l’entreprise Eiffage, vêtus de leur gilet rouge, casque sur la tête, sont à pied d’œuvre. La quasi-totalité de l’édifice religieux est décapée, donnant à cette église une seconde jeunesse. L’intérieur du bâtiment est redevenu un grand espace rectangulaire, avec au fond l’autel en forme de demi-cercle où les religieux dirigeront bientôt des messes. Depuis novembre dernier, les travailleurs s’activent à rénover cette imposante bâtisse qui est la première église construite par les colons en Casamance. « Il y a actuellement 12 ouvriers qui travaillent sur le site, mais d’autres vont venir d’ici peu pour entamer les gros œuvres. Les travaux vont durer six mois », selon Emmanuel Diatta, président de la Communauté catholique de Carabane.

Depuis plusieurs années, les catholiques de Carabane ont cessé de prier dans cette église si importante à cause, d’une part, de sa vétusté et, d’autre part, de l’envahissement du bâtiment par les eaux pendant la saison des pluies. Plusieurs pans de la toiture en zinc ont lâché.

Porte d’entrée du christianisme en Casamance
Ce qui rendit l’église impraticable et aussi très vulnérable face aux intempéries. Pour continuer à cultiver leur foi, les catholiques de Carabane ont construit une chapelle en face. Aujourd’hui, les chrétiens de l’île sont enthousiastes à l’idée de pouvoir, encore une fois, prier dans leur ancienne église. « La réhabilitation de l’édifice est bien accueillie, parce que l’église a joué un grand rôle en Casamance. Certes, elle a été abandonnée pendant plusieurs années à cause de son état, mais on attend d’y prier à nouveau », renseigne Emmanuel Diatta. Il y a quelques années, cette église était une référence dans la zone. Elle est d’ailleurs la première construite en Casamance. Elle a beaucoup contribué à l’évangélisation des populations du Sud et à la pénétration du catholicisme dans cette partie du pays.

C’est la troisième église la plus ancienne du Sénégal. Mais, l’évangélisation de la Casamance a commencé bien avant la construction de l’Eglise. Le premier, baptisé Carabanais, date de 1863. Et c’est en 1889 que Monseigneur Picarda fonda la mission catholique de Ziguinchor. La plupart des fidèles chrétiens s’y rendaient pour faire la messe du dimanche et les prêtes y baptisaient les enfants. Aujourd’hui, à Carabane, les catholiques regrettent cette période de gloire.

200 catholiques à Carabane
Depuis que l’édifice est fermé, les fidèles ne font la messe qu’une fois sur deux à cause d’une absence de religieux. « Il n’y a que deux prêtres dans la zone. Ils sont basés à Elinkine et ils gèrent au moins six villages. C’est pourquoi l’on ne fait pas la messe tous les dimanches », explique le président de la Communauté chrétienne de Carabane. Toutefois, les chrétiens de Carabane vivent leur foi dans la paix et cohabitent avec les musulmans et les animistes. Selon le chef de village de l’île, Moussa Guèye, il existe une réelle solidarité entre les différentes religions de la localité. La mosquée des musulmans est située non loin de la chapelle. Et le plus souvent, quand les animistes font leurs cérémonies, tout le monde est convié.

Avec une population estimée à 900 âmes au dernier recensement, les chrétiens seraient une communauté de 200 membres sur l’île. Un nombre qui s’est considérablement effrité au fil des années au profit des musulmans majoritaires. Certains témoignages rapportés estiment qu’à un moment donné de son histoire, Carabane avait connu une grave épidémie qui avait fait fuir la plupart des personnes qui y vivaient. Aujourd’hui, avec la réhabilitation de cette église inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, on peut espérer voir les chrétiens de la contrée revenir à Carabane pour y prier comme avant.

Car comme le cimetière des colons, le Centre de redressement de la colonie, l’église a toujours fait partie des sites touristiques très convoités de Carabane. Sa réhabilitation incitera certainement d’autres visiteurs à venir sur cette île qui, comme Gorée, continue de jouer un grand rôle dans notre mémoire collective.

Par Maguette NDONG, Idrissa SANE (textes)
et Assane SOW (photos)

La Sénégambie des peuples

06 Fév 2017
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Le glas ayant sonné, l’ancien dictateur de la Gambie est donc parti. Désormais chassé du pouvoir, ses engueulades ne feront plus trembler le microcosme politique gambien. Yahya Jammeh est allé se cacher loin de la terre de ses ancêtres. Dans son pays formant une quasi enclave dans le Sénégal, plus personne ne subira les foudres de cet homme excentrique, de ce chef d’Etat d’un genre particulier, de ce frère sénégambien encombrant.

Des millions d’hommes, de femmes et de jeunes du Sénégal et de la Gambie sont pressés d’écrire de nouvelles pages de leur histoire commune. Les uns et les autres ont toujours cru que, malgré l’existence des deux Etats (Sénégal et Gambie), le peuple sénégambien est un et indivisible. Des Sénégalais ont choisi de faire de la Gambie leur pays de cœur. Idem pour des Gambiens avec le Sénégal. Il ne faut plus jamais, en Gambie, faire comme le dictateur déchu, qui est resté longtemps englué dans la haine de son voisin, prisonnier à l’intérieur de frontières artificielles.

Officier putschiste en 1994, Yahya Jammeh, grisé par le pouvoir, s’est dénommé « Son Excellence Cheikh Professeur Alhaji Docteur Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh Nasirul Deen Babili Mansa ». Comme le crapaud qui, surestimant ses forces, avait la folie de vouloir la grandeur de l’éléphant et avait implosé, l’ancien homme fort de Banjul, se croyant un être surnaturel, s’est finalement rendu compte qu’il n’est pas un superman. Désillusionné, il est allé se terrer loin de Kanilaï.

Par Cheikh Aliou AMATH

Quarante huit heures de coaching d’équipe devant un directeur général et son comité de direction. De manière ludique, elle les fait parler pour trouver la voie. Des niveaux élevés avec une expérience avérée, ils peuvent parler de choses dont elle ignore. Mais, les mots, il faudra les expliquer de manière à ce qu’elle les comprenne. La seule matière qui guide cet exercice est la volonté de travailler ensemble, le souci d’avancer. C’est au sortir du coaching d’équipe qu’elle nous a reçus.

En cette période d’instabilité climatique, avec une chaleur infernale la journée et un petit froid le soir, elle arbore un wax bleu assorti de quelques motifs qui lui va à merveille. Avec une belle démarche, le sourire aux lèvres, elle nous accueille chaleureusement dans son cabinet de Sacré-Cœur Montagne. Un lieu soigneusement entretenu avec un décor très sobre, sans ces ornements superflus. Un souci de simplicité qui, dans son corps, relève plus du naturel. Point de dépigmentation, ni trop de maquillage, encore moins d’extravagance dans le port vestimentaire.

Dans son corps se confondent beauté, raffinement et éloquence. De contact facile, Amy Rose Konaté séduit par sa loquacité qui est l’expression de son aptitude à parler facilement avec beaucoup d’agrément. Elle se définit comme une personne qui adore le coaching et en fait sa profession. D’abord, dans le marketing-communication, après un passage à l’Ensut (Ecole nationale supérieure de technologie) devenue Esp (Ecole supérieure polytechnique) où elle s’est imprégnée des techniques de marketing, elle fait ses débuts dans la presse privée, plus particulièrement à Dakar Soir.

Le coaching, une communication silencieuse
Du développement financier, la consultante a procédé à celui de la personne. Amoureuse de la communication, elle quitte le métier en disant « je n’y reviendrai plus ». En très bonne commerciale, elle n’avait pas apprécié d’être considérée, par les hommes, comme l’emballage du produit. Elle se rend à Montpellier pour le site d’ingénierie, puis à Paris. Elle se dessine un autre plan de carrière avec de nouvelles possibilités d’offres. Pour elle, le coaching est là pour amener la personne à des performances. Comme dans le marketing, elle découvre, à nouveau, la communication dans le coaching. Mais ici, celle-ci est silencieuse.D’ailleurs, pour situer la frontière entre la communication, son métier de départ, et le coaching, elle ironise :

« Le coaching, c’est de la communication, car étant des entretiens au cours desquels le coach amène le coaché à réfléchir sur lui. Et quand il rentre en lui-même, il réfléchit et sort ses forces. A la différence du marketing, dans cette communication, on apprend à se taire sur les difficultés des autres ». Comme la maïeutique socratique, sa technique fait accoucher les esprits qui, entenaillés entre les problèmes au quotidien, le stress, entre autres, ont du mal à mettre en valeur leur talent. En effet, son offre est destinée aux entreprises ou à leurs personnels.

Directrice de publication de « Dynamique » magazine, une tribune dont l’aventure a débuté en 2009, elle avait décidé d’accompagner l’idée du changement qu’elle a toujours prôné à travers les pages de ce périodique. Elle n’aime pas trop aborder cette expérience dans la presse.

Dissonance entre la presse et son métier
La conduite du changement étant, de même que l’information, quelque chose de permanent, de général et d’universel, elle voulait inclure l’une dans l’autre. En charge de l’édito, dans un monde en mutations perpétuelles, elle rappelait, dans chaque numéro, l’importance des hommes dans l’évolution de la société.

Consciente que la presse ne va pas avec le coaching, elle a décidé d’arrêter la publication du magazine. « Le confidentiel ne va pas avec le public. En effet, j’avais demandé à l’équipe d’aller sans moi parce que je n’étais pas en mesure d’exercer convenablement mon métier. Et c’est ce dernier qui me permettait de faire le magazine et non pas le contraire. Ce qu’on gagnait dans la presse n’étant pas significatif, j’avais décidé d’arrêter », renseigne le coach. Dualité entre confidence et mise à nu des informations, son œuvre n’a duré que huit mois (avril-décembre 2016). Selon elle, une autre personne va prendre le relais en maintenant le même titre et l’équipe.

Par Marame Coumba SECK

Vous avez l’impression de sentir mauvais de la bouche ou une âme délicate a eu le courage de vous en parler ? Au-delà de la gêne qu’elle procure, la mauvaise haleine peut aussi être le signe de maladies plus sérieuses. Environ 20  de la population serait concernée. Alors on ouvre grand la bouche et on dit "A"…

Une Gingivite ou une parodontite
La gingivite est une inflammation de la gencive due à la présence de bactéries, qui s'infiltrent dans l'os au niveau de la racine de la dent et la détruisent. Si elle n’est pas traitée, elle peut se transformer en parodontite, les gencives sont sévèrement atteintes et les dents peuvent se déchausser. Ces bactéries stagnantes et non éliminées sont à l’origine des mauvaises odeurs buccales. La grossesse, le tabac, la ménopause peuvent provoquer l’apparition d’une gingivite.

Quel traitement ?
Une bonne hygiène bucco-dentaire permet de réduire et de prévenir l’évolution de la gingivite. Rendez-vous tout d’abord chez le dentiste pour poser le diagnostic de la gingivite et vérifier son degré d’évolution en mesurant la profondeur du sillon gingivo-dentaire, l’espace entre la gencive et la dent. Le spécialiste en profitera pour effectuer un détartrage (à effectuer tous les 6 mois à un an). Enfin pensez à vous laver les dents 2 à 3 fois par jour durant au moins 2 minutes comme le recommande l’UFSBD (l’union Française de la santé Bucco-dentaire). Vous pouvez y ajouter un peu de poudre de bicarbonate de sodium qui a le pouvoir de réduire les mauvaises odeurs. Sans oublier de passer un fil dentaire entre les dents afin d’éliminer les résidus alimentaires qui peuvent aussi être à l’origine de mauvaises odeurs s’ils stagnent trop longtemps dans la bouche. Les acides aminés venant des protéines des aliments donnent effectivement une odeur soufrée à l’haleine.

Une langue chargée
Les mauvaises odeurs peuvent aussi émaner des bactéries situées sur la langue. Le dessus de la langue, mal irrigué par la salive peut effectivement entrainer une putréfaction des bactéries.

Quel traitement ?
Réaliser quelques bains de bouche que vous pouvez effectuer quotidiennement pour rafraichir la bouche à base de menthol ou de fluor. Il existe d’autres produits dont les composants (fluorure d’étain notamment) inactivent les bactéries et ralentissent le métabolisme bactérien et empêchent ainsi la formation de substances malodorantes. Ils ne s’utilisent qu’une dizaine de jours pour ne pas déséquilibrer la flore bucco-dentaire. Pensez aussi à brosser votre langue. Le brossage de la langue se fait d’arrière en avant pour éliminer les dépôts qui la recouvrent à l’aide d’un gratte-langue ou de la surface siliconée de la brosse à dents. N’utilisez jamais les poils de la brosse car ils risqueraient de créer des micros lésions sur la langue où pourraient se glisser les bactéries. 

Et si c’était un abcès et une carie dentaire ?
Une carie dentaire, un abcès tout comme le cratère laissé par une extraction de dent peuvent être un foyer à bactéries. Il est nécessaire de faire régulièrement un bilan dentaire pour détecter les dents malades ou cariées.

Quel traitement ?
Faites soigner correctement les dents cariées, et réalisez régulièrement des bains  de bouche. Si l’infection est déclarée, le médecin extraira la dent ou traitera l’abcès. Bien  souvent le chirurgien dentiste prescrit également un  antibiotique durant une dizaine de jours afin d’éradiquer l’infection.

Parler d’une mode africaine fait sourire plus d’un. Pourtant, elle est là, présente de plus en plus sur les podiums internationaux. Une des références de la haute couture africaine actuelle, en particulier sénégalaise, elle intègre, en effet, le milieu de la mode. Le monde de la créativité s’ouvre à elle. Deux ateliers de haute couture à sa possession, l’un à Milan, l’autre à Dakar, Kiné Dione n’est pas novice dans le domaine.

Se définissant comme une passionnée de la mode, la styliste sénégalaise est à la conquête des podiums de hautes coutures. Pour la première fois au Fashion week de Paris, cette créatrice de mode a séduit plus qu’un parmi les passionnés de la couture. Atelier Dione qui débarque dans la capitale française avec une collection dénommée Printemps-été : du style avec un mélange de culture d’origine sénégalaise, allongé avec la touche européenne.

Une marque africaine principalement centralisée sur l’élégance. Fruit d’une curiosité infantile d’une fille qui a vu le jour dans l’univers de la mode, son amour de la couture a porté ses fruits.

Après Paris, elle nourrit de nouvelles ambitions pour devenir une internationale.

Par Marame Coumba SECK

Le fondateur du réseau social a posté vendredi 27 janvier un long message dans lequel il révèle le parcours de ses parents... 

« Mes arrière-grands-parents étaient originaires d’Allemagne, d’Autriche et de Pologne », voilà comment le très puissant fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a commencé le message posté vendredi 27 janvier sur sa page officielle. « Les parents de Priscilla [sa femme] étaient réfugiés Chinois et Vietnamien. Les Etats-Unis sont un pays d’immigrés et nous devrions être fiers de cela. Comme beaucoup d’entre vous, je suis préoccupé par l’impact du récent décret signé par le Président Trump », poursuit l’homme d’affaires.

Dans le viseur de l’entrepreneur, la décision actée le 27 janvier, permettant aux autorités américaines d’interdire pendant trois mois, l’arrivée de ressortissants de sept pays musulmans : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. A l’exception de leurs ressortissants détenteurs de visas diplomatiques et officiels et qui travaillent pour des institutions internationales. Le président américain a également suspendu, jusqu’à nouvel ordre, l’accueil des réfugiés syriens.

Partagée 536.000 fois et commentée par des milliers de personnes ce samedi soir, la tribune de Zuckerberg est suffisamment rare pour être relevée. Son engagement avait déjà fait l’occasion d’une tribune en décembre 2015, lorsque Donald Trump a proposé pour la première fois, l’interdiction de territoire aux musulmans. Sur Twitter, depuis, les internautes s’activent depuis, pour dénoncer cette décision. Vendredi, le mot-clé #MuslimBan (« Interdiction des musulmans »), rassemblait déjà des milliers de messages de protestation et d’indignation de responsables politiques, associatifs ou membres de la société civile du monde entier. Jamais directement engagé pour un parti politique, la mobilisation récente de Zuckerberg a alimenté récemment de nombreuses rumeurs faisant état d’une candidature à la prochaine élection présidentielle américaine.

Interrogé par Buzzfeed, le fondateur de Facebook a répondu clairement « non ». Dans le cadre de ses bonnes résolutions pour 2017, le dirigeant de 32 ans s’est fixé un objectif qui a tout de la tournée de campagne électorale avant l’heure : visiter chacun des Etats américains pour y rencontrer un maximum de citoyens.

Par le surfeur

Une forte volonté des hautes autorités est notée dans les mesures de soutien au développement économique et social de la région de Matam. Cette démarche s’apprécie dans le domaine de l’agriculture avec le Pracas (Programme de relance et d'accélération de la cadence de l'agriculture sénégalaise). Depuis deux ans, il y a un rythme soutenu de l’Etat en aménagement hydro-agricole. Le long de la vallée, c’est-à-dire de sa limite avec Saint-Louis jusqu’à celle avec Tambacounda, Matam connait un rythme très soutenu  dans les aménagements.

Les aménagements hydro-agricoles constituent, à Matam, un élément très important dans le programme de relance et d'accélération de la cadence de l'agriculture sénégalaise (Pracas). Ici, l’accompagnement de l’Etat est aussi dans le matériel agricole mis en place, notamment des tracteurs adaptés. « Les efforts soutenus de l’État et une orientation claire ont permis à la région de Matam de disposer du nombre de tracteurs qui vont booster la production rizicole », s’est réjoui Oumar Mamadou Baldé, gouverneur de la région de Matam. En soutien, Matam sent cette volonté du chef de l’État, Macky Sall.
Depuis deux ans, a assuré le gouverneur Oumar Mamadou Baldé, les productions sont en hausse, sans compter la bonne tenue de tous les programmes que l’État a mis en œuvre et qui permettent d’avoir un espoir. « Pour la région de Matam, les signaux sont au vert », a-t-il indiqué. « À l’occasion de nos déplacements, je suis attiré par un sentiment en voyant cette verdure à perte de vue. On a l’impression de se situer dans l’Inde rizicole. Il y a des zones de très grande production et si la cadence est maintenue entre trois et cinq ans avec le même volume d’investissement de la part des pouvoirs publics, accompagné d’une ferme volonté des populations à soutenir cette politique, nous pourrons atteindre l’autosuffisance alimentaire », a souligné Oumar Mamadou Baldé.

Accompagnement de l’Etat
Le gouverneur de Matam a magnifié la forte adhésion des populations autour de la volonté des autorités d’atteindre l’autosuffisance dans des délais raisonnables. La hausse progressive des productions et des rendements permettent d’espérer que cet objectif-là sera atteint. « Dans les zones du Diéry et du Ferlo, on sent un important programme d’investissement. De plus, le Pudc a permis de faire de très grandes avancées dans le domaine de l’accès à l’eau, de l’électrification rurale, de l’aménagement de pistes de production rurales, de l’accompagnement des populations dans le domaine du maillage en postes de santé, etc. », a énuméré le gouverneur Baldé.

Le Ferlo étant une zone pastorale par essence, cette donne a été bien intégrée dans la politique d’accompagnement des populations. Ici, l’autorité se bat pour ne pas autoriser les installations, ne serait-ce que provisoire, des populations à tous les endroits de la réserve. « Dans les zones où les populations résident, il y a le même programme Pudc qui est ressenti par les gens. Des pistes ont fini d’être réalisées. Des populations qui étaient restées, pendant de longues décennies sans accès à l’eau, disposent désormais d’un forage ou point d’eau », a-t-il rassuré. De même, des efforts très importants ont été faits par le ministère de l’Élevage en termes de projet.

C’est ainsi que les interventions du Pasa Loumakaf, du Padaer dans le département de Ranérou permettent, aujourd’hui, aux éleveurs d’avoir l’encadrement et l’accompagnement nécessaires pour passer à un nouveau type d’élevage qui est très rentable. Le gouverneur Oumar Mamadou Baldé se veut optimiste. Il est d’avis que si cette dynamique est maintenue, Matam sera la région d’avenir du Sénégal. « Elle peut, du point de vue rizicole, devenir un important grenier qui permettra de nourrir les populations sur place et même, à d’autres zones du Sénégal et de l’extérieur, de disposer de cette denrée importante ».

Engagement des acteurs à la base
Gouverneur MatamD’ailleurs, a-t-il indiqué, certains opérateurs économiques, pressentant cet avenir prometteur, ont commencé à investir. C’est le cas de la rizerie de Kalidou Wagué à Boki Diawé, mais également les autres projets en cours d’installation des rizeries qui vont permettre d’accompagner les producteurs dans la phase commercialisation. « Nous ne cessons de rappeler aux producteurs qu’il y a forcément une part qui reviendra à eux. L’État va certes accompagner et réunir les conditions pour qu’ils puissent produire, mais pour le design et la commercialisation de leur production, ils sont obligés de faire preuve d’inventivité. Car si le riz est bien traité, s’il y a un bon design, il y a une possibilité de percer des marchés que d’autres opérateurs maîtrisent à l’heure actuelle », a assuré M. Baldé.

Toutefois, il ne faut pas perdre de vue, selon le gouverneur, que, quels que soient le cadre ou les conditions mises en place, il faut un engagement déterminé des acteurs à la base que sont les producteurs. Il s’est, cependant, félicité de l’engagement de plus en plus affirmé des populations à se mettre dans le programme et à s’engager pour des productions de plus en plus rentables et élevées. « Le développement est une œuvre commune. Ce n’est pas de l’État seulement que nous devons attendre le développement de la région, mais nous populations avons notre rôle à jouer. Que chacun, dans le secteur où il se trouve, se dise qu’il a une contribution à apporter pour le développement de la région de Matam et de manière plus globale pour l’épanouissement du Sénégal », a-t-il dit.

Avec la Mauritanie voisine : La coopération transfrontalière, une priorité
Aujourd’hui, l’autorité administrative de Matam, sur instruction de l’administration centrale, veille au maintien et au renforcement du climat de coexistence pacifique avec la République islamique de Mauritanie. A en croire le gouverneur Oumar Mamadou Baldé, c’est une priorité absolue.

« Au jour le jour, nous constatons le renforcement de cette coexistence. Il faut que nous confirmions cette coexistence pour mobiliser nos énergies vers les activités de développement », a indiqué le gouverneur Oumar Mamadou Baldé. Toutefois, a-t-il précisé, les petites tensions à même de desservir cette relation sont à éviter. Car, a-t-il relevé, une telle situation pourrait nous faire perdre les énergies devant aller dans nos efforts de développement. « L’État de la coopération transfrontalière entre les deux régions est à l’image des bonnes relations qu’il y a entre les deux chefs d’État », a-t-il affirmé.

La sécurité des populations fait aussi partie des priorités. Cela s’explique par le fait que Matam est une région frontalière éloignée des centres opérationnels. « Nous sommes obligés d’avoir une veille permanente qui puisse nous permettre d’anticiper d’abord et ensuite de prévenir l’administration centrale qui aura la possibilité de réaction ». Ainsi, un dispositif très fonctionnel est mis en place et permet aux différents acteurs de se retrouver régulièrement pour faire le point de la situation sécuritaire de la région en temps réel. Il s’y ajoute aussi le suivi du programme agricole du chef de l’État qui constitue l’un des nombreux projets de Macky Sall en direction de cette zone et dans son désenclavement. Depuis longtemps, la réhabilitation de la route Ndioum-Ourossogui-Bakel, longue de 335 kilomètres, est une réelle préoccupation des populations. Selon le gouverneur Oumar Mamadou Baldé, cet axe a subi l’usure du temps et le chef de l’État, a-t-il assuré, s’est personnellement impliqué pour obtenir un financement avec le soutien de la Bad (Banque africaine de développement) et de la Bid (Banque islamique de développement). « Les travaux ne vont pas tarder à démarrer. Cela va faire revivre toutes les localités que cette route va traverser de Ndioum à Bakel », a assuré le gouverneur qui n’a pas manqué de rappeler la place importante occupée par la religion à Matam où les relations entre le spirituel et le temporel sont un véritable exemple.

Selon lui, le Fouta et la région de Matam tout entière reposent sur le socle religieux. « La région a toujours eu la chance de faire émerger des figures religieuses emblématiques pour l’Islam au Sénégal et dans le monde », a-t-il soutenu. « Les marabouts jouent un rôle important, déterminant dans la paix sociale dans cette région. Ils sont souvent sur le terrain pour apaiser des divergences entre des communautés, toujours présents lorsqu’il s’agit d’aider l’État à sensibiliser ou à communiquer. Bref, ils sont des régulateurs très conscients de leur rôle dans la consolidation de la paix sociale.

Par Cheikh Aliou AMATH, Samba Oumar FALL (textes)
et Pape SEYDI (photos)

Last modified on vendredi, 03 février 2017 12:42

Il aurait pu être musicien, footballeur ou encore écrivain. Mais avec sa plume alerte et fertile, Mamadou Cissé a préféré aller étoffer la grande équipe de journalistes qui ont fait les beaux jours du quotidien national « le Soleil ». Pendant quarante longues années et quelles que soient les conditions, il s’est battu pour assumer pleinement sa mission et faire toujours briller ses rayons partout où il a servi.

Au début, il avait une réelle passion pour l’écriture. Tel un magicien des mots, ce créateur d’imaginaires se plaisait à coucher ses vers sur des bouts de papier et à créer des histoires fantasmagoriques. Mais le jeune Mamadou Cissé qui avait un véritable don pour l’écriture a atterri dans la presse, précisément au quotidien national « le Soleil ». Rien ne le prédestinait à une telle carrière, tellement il avait l’embarras du choix. Il aurait pu devenir musicien, ça n’aurait étonné personne. Il avait très tôt pris goût à la musique si bien qu’à 13 ans, il pinçait déjà sur les cordes de sa guitare. Et a été initié par son grand frère. « Je vivais dans le même appartement que Marc Keïta, un grand guitariste à Kaolack, mais j’ai eu à jouer avec Pascal Dieng qui a évolué à Africando. J’ai aussi joué au Penc de Kaolack », raconte l’artiste en herbe qui avait aussi joué avec Hilaire Chabi, Ndongo Mbaye, Éric Mbacké Ndoye. Qu’il devînt un grand footballeur n’aurait également surpris personne. Le jeune Mamadou Cissé a évolué au Real de Bamako. Le talentueux footballeur qu’il était s’est révélé au cours d’un grand tournoi et les membres du comité d’organisation lui ont proposé de l’amener au Real. « Ils m’ont laissé de l’argent pour que je les rejoigne plus tard. Sur le chemin de Bamako, j’ai fait une escale à Kayes pour voir ma tante. L’équipe locale a voulu me retenir. Mais un mois plus tard, les dirigeants du Real sont venus me récupérer. Ça a coïncidé avec le départ de Salif Keïta pour la France. Je l’ai remplacé et jouais comme avant-centre. Les Maliens m’appelaient « Gorgui », nom qu’ils donnaient aux Sénégalais. Après deux années, je suis retourné au pays ».

L’histoire s’est arrêtée là. Né à Léona, l’un des plus anciens quartiers de Kaolack, Mamadou Cissé a fait ses études au lycée Gaston Berger (Valdiodio Ndiaye) avant de travailler à l’industrie de recherche pour les huiles et oléagineux, à la station de Darou, comme agent technique de laboratoire. En 1976, il débarque à Dakar et travaille tour à tour à la Siparco, puis à la Sifav, une société de fabrique de plaques minéralogiques. Débordant d’inspiration, le jeune Cissé se met alors à écrire une pièce dramatique : « les diamants du Kilimandjaro ». Miracle, il remporte le deuxième prix d’un concours organisé par RFI. « J’ai proposé la pièce à la Rts à la suite d’une audience avec Joe Sané, mais on n’a pas pu trouver d’accord », regrette-t-il.

20 longues années de pige
C’est en février 1978, que Mamadou Cissé débarque au Soleil, notamment au bureau de Kaolack, le seul bureau régional à l’époque. Dans un milieu si souvent fermé aux débutants, il réussit à se faire une place aux côtés de Sammy Chopin qui était le chef de bureau à l’époque, et un quatuor de pigistes composé de Saliou Fatma Lo, Cheikh Diakhao, Mbaye Diop et Serigne Assane Fall. Son premier papier, il s’en souvient comme de sa première chemise. « Mon papier s’intitulait « Mama Malado, la doyenne de Léona a 116 ans » et était repris par Rfi. J’avais dressé le portrait de cette dame et avait exposé la recette de sa longévité ». Et voilà lancé le reporter qui, durant sa longue et exaltante carrière, fit des reportages vivants sur les « ndioganes » dans le Saloum, Malem Hodar, les royaumes du Saloum, à Kahone, l’île de Couyong, le Ngoyane…

Il faut aimer le métier de journaliste pour l’exercer. C’est cette philosophie qui a guidé Mamadou Cissé. Doté d’une belle plume, d’une bonne culture générale, d’une grande vivacité et d’un goût de l’enquête, il avait tout pour réussir. Même s’il a fait sa formation sur le tas. Pendant 20 ans, il a travaillé comme pigiste. « C’est à la suite d’une mission internationale en Gambie avec le coup d’État qui a marqué ce pays que j’ai été intégré et embauché par Alioune Dramé. Malheureusement, il est remplacé quelques jours après par Ibrahima Gaye qui a tout remis en cause. Il a argué que la situation financière défavorable ne plaidait pas en faveur de mon recrutement. Certains agents ont, par la suite, été repêchés, pas moi », se rappelle-t-il avec amertume. Passé cet épisode, l’espoir était revenu au galop. « Quelque temps après, Ibrahima Gaye m’a appelé et m’a assuré qu’il me recruterait une fois que la situation financière se redresserait. Mais en attendant, il m’avait confié le bureau de Kaolack en tant que pigiste. En 1997, il a tenu sa promesse et m’a recruté comme chef du bureau de Kaolack ». Travailleur dévoué, infatigable et très productif, Mamadou Cissé sera affecté en 2001 à Louga. Trois ans plus tard, il rejoint la rédaction centrale, à Dakar et intègre le service politique. Quatre mois plus tard, il est promu chef de service par intérim en remplacement de feu Abdoulaye Sèye, nommé directeur de la radio Sénégal. « Après trois ans au service politique, j’ai été nommé, en 2007, grand reporter avec comme point d’ancrage la banlieue (Pikine, Rufisque, Guédiawaye, Sangalkam). Après les élections de 2007, j’ai été affecté à Fatick comme chef de bureau, puis à Kaolack en 2008 comme coordinateur de la zone centre ».

Une carrière bien remplie
En 2015, Mamadou Cissé est promu rédacteur en chef délégué. Il a eu la chance, au cours de sa carrière, de connaître des générations de journalistes : Ibrahima Mansour Mboup, Edouard Diatta, Amadou Fall, Abdallah Faye, Sammy Chopin, Abdoulaye Ba, Djib Diédhiou, Badara Diouf, Saliou Fatma Lo, El Bachir Sow, Babacar Khalifa Ndiaye, Habib Demba Fall et tant d’autres encore qui ont fait la gloire du quotidien national.

Marqué par la noblesse du métier, Mamadou Cissé a aussi noué beaucoup de relations avec les plus hautes personnalités de l’État, mais aussi les paysans les plus pauvres. « Quand on occupe un poste aussi important que le service politique du Soleil, on rencontre beaucoup de personnalités. J’ai beaucoup voyagé avec le président Abdoulaye Wade et Macky Sall avant qu’il n’accède à la Magistrature suprême. J’ai aussi rencontré beaucoup d’anciens chefs d’État », laisse-t-il entendre. Toute sa carrière durant, Mamadou Cissé a essayé de se démarquer par son professionnalisme, son humanisme et son sens du devoir bien fait. « J’ai surtout évité de faire du tort à nos interlocuteurs parce que le journaliste dispose d’une arme redoutable et quand il l’utilise d’une mauvaise manière, il peut nuire. J’ai toujours fait attention à ne pas blesser les gens parce que je disposais d’un outil que les autres n’avaient pas », confesse-t-il.

40 ans au service du Soleil
De l’idylle entre le Soleil et Mamadou Cissé, on peut retenir une fidélité et une loyauté à toute épreuve. Amadou Fall, ancien Directeur des rédactions en témoigne : « Mamadou Cissé est un bourreau de travail. Il l’a été avec talent, sérieux, rigueur et abnégation, partout où il a été amené à exercer son métier de journaliste, jusqu’à son départ à la retraite. Au siège du journal, mais surtout en régions, dans de difficiles conditions vécues et transcendées sans désemparer, il s’est investi, avec courage et détermination. Il a fait montre d’un franc patriotisme d’entreprise, en des temps de très fortes turbulences… ».

Mamadou Cissé qui a consacré 40 ans de sa vie au service de l’astre national y a laissé des empreintes indélébiles. Malgré la précarité du travail dans les régions et l’énormité de la tâche, il s’est tué pour toujours être au rendez-vous et faire briller encore et toujours le soleil. Aujourd’hui, son nom est gravé en lettres d’or dans le registre de l’histoire du Soleil. « De février 1978 à novembre 2016, j’ai toujours essayé d’être correct avec nos interlocuteurs, juste avec les confrères qui nous vouent un très grand respect et une très grande considération. Ils me considéraient comme leur doyen », soutient Cissé qui se réjouit de n’avoir jamais été démenti ni rectifié durant sa carrière.

Aujourd’hui, Mamadou Cissé qui a travaillé sous les ordres de Bara Diouf, Alioune Dramé, Ibrahima Gaye, El Hadji Kassé, Mamadou Sèye et Cheikh Thiam a le sentiment d’avoir bien accompli sa mission. … « Cheikh Thiam a beaucoup fait sur le plan de la gestion. Les journalistes ont beaucoup gagné avec la stabilité de la boite. Il l’a rendu crédible sur le plan financier et logistique ».

Journaliste chevronné, Mamadou Cissé a consacré toute sa vie au service du Soleil. Et novembre 2016 a marqué la fin de cette longue aventure. Pour l’enfant de Léona, il n’y a rien de plus terrible qu’une vie sans le « Soleil ». « C’est difficile de travailler, mais c’est réconfortant quand on mesure tout le travail accompli et qu’on juge satisfaisant ».

Pour Amadou Fall, Mamadou Cissé a été et demeure un être entier, altruiste et reconnaissant. « Il a toujours été remarquable par sa sincérité et sa loyauté dans ses rapports avec l’autre. Son comportement à mon égard, et à celui de nombreux autres proches, conforte les mots de Tahar Ben Gelloum faisant « L’Éloge de l’amitié » : « Penser à l’autre, savoir être présent quand il le faut, avoir les mots et les gestes qu’il faut, faire preuve de constance dans la fidélité, c’est cela l’amitié, et c’est rare », soutient M. Fall qui classe Mamadou Cissé dans le lot de « ces précieux amis qui ne font plus légion ».

Pour l’heure, Cissé ne songe pas encore à sa reconversion. « Beaucoup de gens me sollicitent, mais on ne peut pas quitter le soleil et faire autre chose. Le journalisme de terrain n’est pas fait pour une personne âgée, car c’est un métier très contraignant », indique-t-il. Selon lui, il y a un temps pour travailler et un autre pour se reposer. Et il compte bien se reposer dans son cher quartier de Dialégne, entouré de sa famille et de ses proches qui l’ont soutenu dans sa longue et exaltante mission de journaliste.

Par Samba Oumar FALL

Usine d’angoisses

03 Fév 2017
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Les délires de Yaya Jammeh, hôte encombrant (peut-être pas) de Teodoro Obiang Nguema, avaient suscité, chez certains, beaucoup d’espoirs quand il a solennellement dit, et avec beaucoup d’assurance, que le Ciel l’a comblé de dons pour guérir le Sida. Les incrédules n’y ont vu que des niaiseries cycliques d’un dictateur que l’entière soumission des godillots et du peuple avait fini par ennuyer. Il aurait ainsi agi par appétence de discordance. Les innocentes âmes, par contre, accablées de leur mal ou de celui d’un proche (Et certainement aussi ceux-là qui ont grandi avec les contes de Coumba bu amul ndey), s’appuyèrent sur cet accotoir pour ranimer leurs espérances de guérison. Nous avons, -parce que nous sommes des créatures vulnérables-, envie de nous accrocher à ce que nous concevons comme un comblement de nos déficiences, un remède à nos maux par-delà celui que la raison prescrit.

Le dictateur déchu a fait beaucoup rire. Il a aussi suscité des attentes. Mais, cette exaltation de l’irrationalité, vestige de notre aventure collective qui la légitime comme pratique convenable, traduit notre rapport au destin, notre acception du bonheur et nos appréhensions embrouillées ; brèche dans laquelle s’engouffrent des oiseaux de bons et de mauvais augures, marchands d’illusions et accusateurs inconsidérés de torts. « Dañ la ligëy » (on t’a jeté un mauvais sort). Cette affirmation lourde de conséquences est, sous nos tropiques, aussi banale que pernicieuse. Il n’est nullement question, ici, de nier l’existence du savoir ésotérique et des pratiques occultes qui ne sont point l’apanage des Africains et de la misère du monde. De valeureux hommes en ont été affectés.

Il y a, parmi nous, pauvres mortels, des êtres d’une intelligence si épaisse que le tout puissant Seigneur des terres et des cieux, des hommes et des créatures invisibles, de l’essentiel et de l’insignifiance, convie au banquet de la peine et de la veine à distribuer aux gens d’ici-bas. Et eux, détenteurs d’une légitimité conférée par la pénombre de notre crédulité et de nos espoirs résidant dans notre « fléchissement mental » et par « quelque chose » qu’ils savent débiter ou gribouiller, décident de nos destins. Ils les prennent en main. Ils dessinent les visages malfaisants (la coépouse, le collègue, le voisin envieux, l’ami intime, peut-être même l’époux qui trahira) et nous bercent de douces illusions. L’espoir, le désespoir, les violentes angoisses et les ambitions dévorantes fondées sur un « moi à être » (comme celui, par exemple, d’un politicien imbu de sa personne et obnubilé par « sa mission d’intérêt national ») agissent sur notre faculté de discernement sans laquelle toute proposition est admise comme une évidence ; même si elle est émise par la bouche du charlatan qui trouve, sous nos cieux, un cadre propice d’expression de sa sordidité.

Vivre d’abord
Nous développons une psychose chronique, souffrons de paranoïa et nous engageons dans une lutte intestine et oublions de vivre parce que nous voyons « noon yi » (les ennemis) partout. Le jeune garçon, brillant élève, doit se prémunir contre le « Thiat » (mauvais œil) ! Il grandira et trouvera un travail. On lui dira que ses collègues sont un obstacle à la carrière que lui a promise le devin ! Il faut aussi qu’il se « blinde » contre ses demi-frères, ses sœurs et ses voisins jaloux de le voir conduire une rutilante bagnole et d’avoir à ses côtés une aguichante dame que l’oracle avait choisie pour lui au détriment de l’autre qui lui aurait porté la poisse.

La fraîche épouse, elle, se démène avec sa paranoïa avant même de consommer son mariage. On lui a dit quelque part que son mari a la tête d’un lapin flingueur, d’un futur polygame ! Que la secrétaire de son mari serait une menace pour son mariage car le devin lui a indiqué qu’une « belle femme claire » lui fait les yeux doux. Et alors commencent la galère psychologique et la chasse aux sorcières envoûtantes ! Cette créature traumatisée en arrive à oublier de jouir de son présent enviable. Elle se précipite dans un gouffre comme quelqu’un qui s’adonne au masochisme. Elle s’enferme dans un cercle infernal qui se rétrécit pour asphyxier ceux qui, troublés par leurs vagues craintes, s’y tournoient. Ils espèrent trouver un bonheur serein dans une fabrique d’angoisses. Et le charlatan vit de nos anxiétés sans lesquelles son vil commerce ne fleurit point. N’attendons donc pas de lui qu’il nous dise que tout va bien ! Que les hommes justes m’en excusent.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Déclaré vainqueur à l'issue de l'élection présidentielle du 1er décembre, le candidat désigné de l'opposition, après l'arrestation de son leader historique Ousainou Darboe, a su mettre un terme aux vingt deux ans de règne de Yahya Jammeh.

Adama Barrow, actuel président de la République de la Gambie, est né en 1965 à Mankamang Kunda, un petit village situé à quelques kilomètres de Basse Santu, à l’extrême ouest de la Gambie. En 1996, il rejoint les rangs du Parti démocrate unifié (Udp). Au début des années 2000, il s’installe à Londres pour suivre une formation en immobilier. Après l’obtention de son diplôme et de retour dans son pays natal, il crée sa propre agence immobilière en 2006, grâce à laquelle il fera fortune.

Adama Barrow a promis de garantir l’indépendance du système judiciaire, dans un pays longtemps miné par la corruption. Il a également promis une plus grande liberté des médias et de la société civile. La désignation d’Adama Barrow en tant que candidat à la présidentielle relève pourtant d'un hasardeux concours de circonstances. En temps normal, Yahya Jammeh aurait dû faire face à Ousainu Darboe, l’opposant qui, à trois reprises, n’a pas réussi à le battre par les urnes.

Mais, l'opposant purgeait, avec d'autres camarades, une peine de 3 ans de prison pour avoir participé à une manifestation non autorisée réclamant la dépouille d’Ebrima Solo Krummah, cadre de l'Udp décédé dans les geôles gambiennes. En l'absence de ce leader charismatique, Adama Barrow s'est porté candidat à la primaire de la coalition d'opposition qui a décidé d'organiser un congrès pour désigner un candidat unique pour la présidentielle de 2016.

Oumar BA

Quelque 120 réseaux de caméras ont été infectées sur les 187 que compte la capitale américaine...

La majorité des caméras de vidéosurveillance utilisées par la police de Washington (Etats-Unis) ont été paralysées entre les 12 et 15 janvier dernier. Les responsables de ce chaos ? Deux logiciels malveillants de type ransomwares (ou « rançongiciels ») qui ont rendu impossible l’enregistrement des images pendant ces quatre jours.

Vite avertir les services informatiques de la capitale
L’attaque a été détectée après que les policiers se sont aperçus que les caméras disposées sur quatre sites différents ne fonctionnaient pas. Ils ont illico averti les services informatiques de la capitale américaine. En analysant le circuit défaillant, la société en charge de la maintenance a vite remarqué la présence des deux malwares. Au bout du compte, ce sont 123 réseaux de caméras (jusqu’à quatre caméras par site) qui ont été touchés, sur les 187 que compte la ville. L’intrusion qui s’est déroulée à une semaine de l’investiture de Donald Trump s’est limitée au système de la vidéosurveillance, en circuit fermé. Si le blocage a été accompagné d’une demande de rançon, la ville a assuré au Washington Post n’avoir rien eu à payer. Pour se débarrasser du logiciel malveillant, les informaticiens se sont contentés de réinitialiser le réseau. Alors qui était derrière cette demande de rançon ? La source de l’attaque fait encore l’objet d’investigations de la part des autorités.

Montpellier : Des tables connectées pour commander son café sans appeler le serveur
A l’Agora, on met les pieds sous de drôles de tables depuis une quinzaine de jours. Le café et restaurant, situé sous la nef de la gare Saint-Roch à Montpellier (Hérault), propose désormais à ses clients de passer commande sans faire appel à aucun serveur : seize écrans tactiles permettent de consulter les menus, de prendre connaissance des caractéristiques des plats proposés et de choisir son repas… Mise en place par la start-up montpelliéraine Awadac, la technologie permet aussi d’évaluer la qualité de son service et de passer le temps en s’adonnant à un jeu de cartes. On peut même indiquer quand on est particulièrement pressé…

Faire gagner du temps aux clients et aux serveurs
« Nous sommes partis du constat que l’on trouve bien souvent le temps long dans les cafés ou les restaurants, notamment lorsqu’on se trouve dans un environnement stressant, comme une gare ou un aéroport, souligne Jérémy Cazalas d’Awadac. L’objectif est de faire gagner du temps au client, mais également au serveur, afin qu’il puisse se consacrer plus facilement à un travail de conseil… » Mais pour Awadac, il n’est pas question que ces tables tactiles remplacent à terme l’humain : « Au contraire, note Jérémy Cazalas. Nous nous apercevons, dans certains cas, que le dispositif entraîne des ventes additionnelles, ce qui pourrait créer de l’emploi. » La technologie est également testée dans un fast-food à Pérols, où elle propose de s’adonner à des jeux ou de lire la presse et au bar les Trois-Grâces sur la place de la Comédie, à Montpellier, où elle permet de consulter les cartes. Prochainement, d’autres fonctionnalités devraient compléter l’offre, comme la réservation de son taxi, souligne la start-up montpelliéraine, incubée au Business innovation center.

Par le surfeur

Après la ville de Oussouye, sur la route d’Elinkine, le gros village de Mlomp sort à peine des espèces végétales emblématiques en cette matinée du 24 décembre 2016. Ses cases à étage, construites par les vétérans de la Seconde guerre mondiale, sont à l’ombre des fromagers. Elles ont sorti Mlomp de l’anonymat. Comme les pyramides en Egypte, ces bâtisses ont été bâties avec de la terre cuite mélangée avec l’argile et la paille. Les dalles et les escaliers sont un assemblage de planches de rônier et de lattes de palétuvier couvertes de terre crue. La structure est une adaptation de l’architecture occidentale qui a fasciné les anciens combattants de la Seconde guerre mondiale. C’est un passage obligé pour beaucoup de visiteurs et des touristes étrangers en quête d’ataraxie en Basse Casamance.

A l’ombre des fromagers tricentenaires s’élèvent des cases à étage. Celles-ci ne sont pas construites avec du ciment. C’est une superposition de strates de terre cuite. Au rez-de-chaussée, à l’angle, un livre d’or est posé sur une table. Elle renferme le nombre de visiteurs, leur origine, leur impression et leur date de passage. A partir du salon, on peut se rendre dans des chambres qui donnent d’abord sur une véranda, ensuite sur une cour-arrière. Une pénombre flotte dans une chambre où une maman échange avec ses petits-fils en français.

Oussouye 2Les murs ne sont pas construits d’un trait. « Toute cette maison est en terre cuite. Ceux qui l’ont construite posent une couche. Ils attendent que celle-ci sèche pour en faire une autre.

C’est ainsi qu’ils avaient procédé », explique Gilbert Sambou. C’est un travail de fourmi. Une œuvre gigantesque. Une chimère pour beaucoup d’habitants de Mlomp lorsque les vétérans de la Seconde guerre mondiale avaient décidé de reproduire l’architecture qui les a fascinés en France. « Lorsque Basile Diédhiou et les anciens combattants sont revenus de la Seconde guerre mondiale et qu’ils avaient décidé de construire des cases à étage, leurs parents qui n’étaient pas partis en Europe ironisaient en disant que nos frères sont devenus fous à cause des coups de canon. Ils disent qu’ils veulent construire des maisons à étage », raconte ce jeune qui fait office de conservateur.

En face de l’entrée, les photos du bâtisseur Basile Diédhiou, décédé le 32 octobre 1989, et de son épouse, Martine, décédée elle aussi le 10 septembre 2016, après plus de 100 ans d’une vie remplie, sont accrochées. Les deux personnes semblent veiller encore sur les entrées et les sorties.

A l’aide des planches de rônier avec un angle d’inclinaison, les anciens combattants ont élevé un escalier. Au premier étage, un balcon de plus de 8 mètres de hauteur et d’un mètre de largeur est un endroit fouetté par l’air pur brassé par une végétation dense juste derrière la bâtisse. Au bout du balcon, une ouverture donne accès à une aire de séchage séparée d’un mètre de la toiture en zinc. « C’est un endroit utilisé pour le séchage du riz et des produits agricoles », nous informe Gilbert Sambou.

Par un petit couloir, nous traversons une chambre et nous voici sur un balconnet. Les pieux cylindriques en banco rappellent l’architecture nubienne. Le faux-plafond est un assemblage de planches de rônier couvertes de terre moite et des lattes imputrescibles. L’architecture est occidentale, mais la technique de construction est locale. L’ensemble de la structure n’est pas tenu par un coffrage. « C’est ici que l’on retrouve une maison à étage sans aucune barre de fer. Elles sont construites en 1947 et elles tiennent encore. Dès fois, nous retirons des lattes attaquées par les termites pour les remplacer par d’autres. Pour les planches de rônier, elles résistent à l’attaque des termites et des insectes », relève M. Sambou tout en pinçant les cordes de sa guitare.

Un patrimoine bien préservé
Les bâtisseurs n’ont pas utilisé de truelle. Le façonnage des murs est fait à l’aide des mains. C’est pour cela que les visiteurs refusent de s’arrêter à l’interprétation de la réalité lorsqu’ils admirent l’architecture des cases à étage. Si elles n’étaient pas habitées, elles seraient tombées dans le domaine public. Mais, les héritières des bâtisseurs veulent encore en faire une affaire de famille. « Nous venons régulièrement en vacances au mois de décembre ou en juillet et août. Nous nous occupons de la restauration avec l’argent collecté. Mais, ce n’est pas sûr que si nous laissons l’entretien entre les mains de l’Etat, il en fera autant. Nous risquons de les perdre », craint Mme Diédhiou née Florence Corréa, l’épouse du fils aîné de la famille.

Au bas de côté de la route où se trouve cette concession, deux maisons en banco font partie du patrimoine local. C’est aussi la carte postale de Mlomp qui est à une dizaine de kilomètres d’Oussouye, sur la route d’Elinkine. Avant notre départ, ce samedi 24 décembre 2016, une jeune française accompagnée par un guide touristique s’engouffre dans le bâtiment pendant que nous attendions notre photographe qui épiait la sortie des touristes du Musée de la civilisation diola de Mlomp. C’est un site touristique.

Honneur aux rescapés de la Seconde guerre mondiale
Ces cases à étage n’existent qu’à Mlomp, un village plus peuplé que son chef-lieu de département. La localité a été le bastion pourvoyeur de tirailleurs. Comme par enchantement, beaucoup de combattants ressortissants de ce village ont survécu sur les différents fronts durant la Seconde guerre mondiale. A leur retour, la plupart d’entre eux ont vécu au moins 100 ans. « Nous avions beaucoup d’anciens combattants qui ont participé à la Seconde guerre mondiale. La plupart d’entre eux ont vécu plus de 100 ans. Ils aiment raconter les périodes de guerre. Parce que beaucoup sont revenus sains et saufs », rapporte le jeune conservateur. Lorsque ces anciens combattants sont rappelés à Dieu, des funérailles dignes de leur rang sont organisées comme s’ils étaient morts au front.

Par nos envoyés spéciaux Maguette NDONG et Idrissa SANE (Textes)
et Assane SOW (Photos)

Emersion spirituelle

30 Jan 2017
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Aladji avait fait vœu de chasteté l’an dernier, à la veille du pèlerinage à La Mecque. Une piété subite l’avait prise une semaine avant son départ, et il avait prié Dieu de le préserver dorénavant des plaisirs futiles de la terre dont ceux de la chair, pour désormais le maintenir dans une constante posture d’élévation spirituelle. Vœu réaffirmé aux lieux saints. Aladji était pris par ce même vertige qui a fait chanceler nombre de vies au contact de la Kaaba. Beaucoup de saints ont connu une seconde naissance à La Mecque.

Après la ripaille du retour, Aladji voulut se replonger dans les délices de la chambre nuptiale de sa jeune « ñaarel » qui s’est dépensée comme jamais en ingrédients de toutes sortes pour célébrer dignement l’émersion spirituelle de son « plus fort ». Mais Dieu, quand il exauce un vœu, c’est pour la vie. Cette nuit-là, Aladji eut une insuffisance de flux sanguin là où il faut, au grand dam de sa belle qui, dans cette fraîcheur vespérale, multiplia les « tchiip » et les « tcham ». Depuis, Aladji cherche à retourner sur ses pas pour faire vœu de… licence.

Par Sidy DIOP

Il a un esprit alerte, percevant, avec acuité, les diverses facettes d’un problème. Il est à l’aise autant sur les questions purement juridiques que celles essentiellement politiques. Les deux se complètent, dirait-on. Mais, c’est parce que le Pr Ousmane Khouma est à la fois juriste et politiste.

Il a appris la science politique et le droit et les restituent avec une égale aisance. Ses étudiants ne le démentiront point. Les citoyens qui ont également eu la chance d’écouter ses analyses, saluent « un esprit avisé, serein et objectif dans l’analyse ». Ousmane Khouma est Maître de conférences à la Faculté des sciences politiques et juridiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ce qui lui confère, peut-être, cette tendance à se réduire à son intellectualité, du moins, c’est un constat presqu’unanime venant de ses amis. Toutefois, à l’image de tout un chacun, Khouma n’est pas né juriste. Il a naturellement un parcours, une trajectoire et une histoire. Ousmane Khouma a vu le jour en 1971 à Pikine, dans la banlieue dakaroise. Ce qui, souligne t-il, surprend énormément quand il le dit. Cela montre à souhait l’évolution des réalités et des préjugés. Il se rappelle d’ailleurs que Pikine était très tranquille à l’époque. Il a fait son cycle primaire dans ce patelin situé à quelques jets du centre ville, précisément à l’Ecole 4 de Pikine. Là, il trouve des instituteurs qui vont le marquer, le fasciner et lui font aimer la langue française. Une enfance tranquille entourée de ses oncles et amis. Il se rappelle alors de cet enseignant, Monsieur Ndiaye, qui faisait venir ses élèves à sept heures pour deux séances de dictée. L’objectif était d’augmenter les chances de réussite au Concours de l’entrée en sixième. A l’époque, cinq fautes étaient synonymes d’élimination. Dans un brin de sourire, il assure que les étudiants d’aujourd’hui en auraient facilement faits plus. C’est dire que le niveau a tout de même baissé.

Elève, ses enseignants l’aimaient bien. Il se rappelle de l’une de ses institutrices, Mme Gaye en l’occurrence, qui demandait à la mère du jeune élève Ousmane Khouma de lui permettre de s’occuper de lui. Une fois les cours bouclés, la dame se faisait un plaisir de l’amener chez elle et de l’encadrer au même titre que ses enfants. Il faisait alors ses devoirs chez son enseignante.

Il se rappelle avoir toujours été fasciné par la quête de connaissances et surtout avoir évolué dans un cadre qui facilitait cette acquisition. Il se souvient aussi de ces enseignants qui ne gagnaient pas beaucoup d’argent, mais qui étaient animés par un amour inconditionnel. A l’époque, se souvient-il, ceux qui optaient pour l’école privée, c’est parce qu’ils n’étaient pas parvenus à réussir dans le public. « Tout le contraire d’aujourd’hui où les rôles se sont inversés », se désole-t-il.

Après l’entrée en sixième, Ousmane Khouma est allé au collège Cheikh Anta Mbacké communément appelé Canada, parce que construit par la coopération canadienne. Ensuite, il fait son cycle de lycée à Seydina Limamoulaye, qui était alors le meilleur lycée public du Sénégal. Au Concours général, les élèves issus de cet établissement parvenaient toujours à se tirer du lot, se rappelle-t-il. Il obtient un baccalauréat scientifique. Surprenant pour un juriste de sa carrure ? Et pour cause, Ousmane dit avoir grandi dans une famille essentiellement composée de scientifiques : des ingénieurs, des médecins… Il n’était donc pas question, pour lui, d’aller faire une série littéraire. Pourtant, c’est ce qu’il désirait. Il va tout de même se plier à la volonté de ses oncles. Une fois le baccalauréat en poche, il fallait cocher trois cases en ce qui concerne les orientations. Le jeune passionné de droit avoue avoir, dans la plus grande discrétion, cochée trois fois droit. Une fois les orientations sorties, c’est naturellement qu’il est orienté à la Faculté des sciences juridiques au regret de ses oncles qui voulaient véritablement en faire un médecin.

Une déception en demi-teinte ?
A l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, le cadre n’est pas des meilleurs. Le jeune étudiant était habitué à des classes où le nombre était réduit ; ce qui permettait une meilleure transmission du savoir. Là, il trouve de très grandes salles, autrement dit, des amphithéâtres, avec des effectifs pléthoriques. Certains étudiants sont obligés de se tenir debout durant tout le cours. Dans le même temps, le bonheur remplissait le jeune étudiant à l’idée d’avoir le privilège d’entendre des professeurs comme Serigne Diop, Paul Ngom, Amsatou Sow Sidibé, Isaac Yankoba Ndiaye, etc. C’était fascinant, se souvient-il. Ces enseignants capables de parler des heures et des heures, tout en expliquant très clairement des concepts pas tout le temps évidents. Ce qui d’ailleurs le conforte dans son idée d’avoir choisi sa filière. Là-dessus, il n’y avait pas le moindre doute. Malgré tout, les conditions ne sont pas réunies. Le jeune étudiant décide alors de chercher une préinscription. Il choisit une petite université dans le Sud de la France, à Perpignan. Il y passe trois années et y décroche sa Licence. Sans fausse modestie, il souligne avoir été « un très brillant étudiant ». Il se rappelle avoir une fois eu la note de 20/20 à l’orale de la philosophie politique. Puis, il poursuit son double cursus à Toulouse en Droit et en Sciences politiques.  Il décrit alors un emploi du temps particulièrement chargé, mais cela valait le coup, relève-t-il. Après l’obtention du Master II, il devient enseignant chercheur sous l’œil vigilant de ses maitres. Parmi ceux-ci, il se rappelle d’Abdoulaye Coulibaly. Ousmane Khouma restera quinze années d’affilée en Europe. Il en a profité pour voyager et faire de nouvelles découvertes.

Bien qu’au début l’objectif était de faire des études et de rentrer au pays, les opportunités professionnelles et le destin feront qu’il reste en Occident des années durant. En 2011, il décide tout bonnement de rentrer au Sénégal pour enseigner à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Au Sénégal, il avoue avoir trouvé un environnement très différent. Il est frappé par la « pagaille ». Il s’en ouvre alors à son doyen de Faculté, lequel lui explique clairement que l’université était devenue « le reflet de la société ». L’effet de masse n’aidant pas forcément, le tout réunit est d’ordre à perturber. Une sorte de fourmilière bruyante. Des conditions très difficiles donc. Malgré tout, il tient à rester. Pas question de retourner en arrière. L’autre aspect, c’est l’agenda. C’est le « désordre » pour un esprit qui, des années durant, est « formé à travailler dans des calendriers bien déterminés ». Mais, très vite, on est tellement fasciné que cela fonctionne, malgré les nombreux obstacles, confie-t-il.

De beaux esprits
L’universitaire qui commence à véritablement prendre ses marques décide un jour de former les étudiants à la culture du débat démocratique. Il s’en ouvre à Osiwa, fait venir un avocat champion du monde du Concours débat démocratique et appelle également, en plus des étudiants de Dakar, quelques-uns de Saint-Louis. Les résultats vont dépasser ses espérances. « Au sein de quatre universités, les meilleurs ont été sélectionnés. Les deux plus brillants sont allés représenter le Sénégal à Paris. Ils tombent en demi-finale contre la Suisse sur un sujet qu’ils n’espéraient pas », explique-t-il, tout fier. Ses collègues universitaires, venus assister aux échanges, avouent que les étudiants choisis n’ont rien à envier ceux de Science Po ou Paris Sorbonne et autres. Cela démontre à ses yeux que le talent, c’est le travail. Il se demande alors : « Si on s’était organisé, comment ce serait ? »

Malgré les nombreuses sollicitations, le Pr Khouma entretient une certaine discrétion. Il est cependant d’usage qu’il sorte quand le débat est flou, les concepts pas clairs. Il justifie cette posture par le fait qu’il est avant tout un pédagogue, donc censé « recadrer les controverses » en cas de besoin. Le juriste dit avoir horreur de l’arnaque intellectuelle. Quand le débat touche des points fondamentaux, les citoyens ont le droit de savoir. Il s’agit donc de transmettre la bonne information. De surcroît, quand il s’agit de choix décisifs. Les intellectuels et les universitaires sont tenus alors d’occuper l’espace public. Ils doivent poser la bonne information sur la table. Il reviendra après aux citoyens de faire leur choix, plaide-t-il.

L’homme se dit fasciné par la politique pour avoir fait un institut qui en articule. Toutefois, la politique reste pour lui un objet d’études, d’analyse. « Si nous étions dans une société plus policée, il ne serait pas impossible que je m’engage en politique ». Il note pour s’en désoler que présentement, la politique pratiquée au Sénégal est parfois caractéristique d’une violence verbale inouïe.

A ses heures perdues, le constitutionaliste travaille à la Cedeao à la Direction des alertes précoces sur les questions de paix et de sécurité. Il travaille également au Pnud et avec l’Union européenne, dans la résolution des crises. Ousmane Khouma rappelle que l’un de ses premiers défis est de former des jeunes. Le reste de son temps, il est disponible pour être utile à son pays et son continent. Aux jeunes, il demande de ne pas rêver leur vie, mais plutôt de se donner les moyens de la réussir. Le talent, c’est le travail, souligne t-il encore.

Par Oumar BA

Un livre intitulé  « Fixing Africa », signé Tidiane Tall  gratuitement disponible sur le Net, a bénéficié de plus de 300.000 téléchargements et 3.000 mails de réactions. Derrière ce livre, s’assume un panafricaniste patenté.

Après avoir surfé sur la vague de la nouvelle économite des années 2000 avec une start-up, E-spirituality.com, emportée avec tant d’autres par la chute du Nasdaq, Tidiane Tall opère un retour au « B to C », entendu dans le jargon américain comme « back to consulting ». Il passe un temps chez Roland Berger comme consultant en stratégie, puis s’établit sur l’axe Addis Abeba–Dubaï, l’axe Afrique-Moyen-Orient-Asie, l’axe du futur. Parmi ses nouveaux clients, le premier gestionnaire privé de terminaux dans la région. Tidiane est chargé de « reprofiler » le marketing du groupe dans ses orientations internationales. Il s’agit aussi de refonder la stratégie commerciale pour un autre groupe de renommée. Même mission avec le Somalien Dahab Shiil, leader du transfert d’argent dans la Corne de l’Afrique, devant Western Union. Au passage, cette société vient d’obtenir une licence pour une banque islamique à Djibouti qui ouvrira au mois de novembre prochain.

De toutes ses expériences de consulting et d’entreprenariat, Tidiane Tall tire une conclusion. Que valent donc les 53 plans de promotion des 53 pays africains à l’échelle monde ? Mais, il va plus loin que l’interrogation et émet une proposition dans son livre intitulé  « Fixing Africa » (réparer l’Afrique), qui tranche par l’audace et son parti pris panafricain. Le Malien propose, avec la force de l’argument, de passer de 53 Etats africains malades et fatigués à quatre super-Etats qui compteront chacun dans les vingt premiers Pib du monde.

Panafricaniste, M. Tall explique l’échec du développement par la fragmentation de l’unité africaine. Certains lecteurs, adeptes de la théorie du complot, ont douté du caractère « gratuit » de l’ouvrage.  Parmi les nombreuses réactions, il y a effectivement beaucoup de détracteurs qui lui prêtent des intentions cachées. La gratuité a été confondue avec l’altruisme ou l’affairisme.

On l’a suspecté de chercher à s’attirer la sympathie du guide libyen, héraut du panafricanisme. Les réactions les plus encourageantes viennent des moins de vingt-cinq ans, sans doute plus optimistes et nés avec les nouvelles possibilités offertes par les révolutions technologiques et numériques.

Loin de se décourager, Tidiane Tall a mis en branle son association Africa 2030 sur le même mode de l’internet et du marketing viral. Sans se décourager et avec le même optimisme qui anima son arrière grand-père, El Haj Omar Tall, parti du Fouta Toro et qui a réussi à refonder l’empire du Mali à partir des roitelets faibles et corrompus, Tidiane Tall espère un jour voir l’Africain se déplacer de Bamako à Mogadiscio et du Cap au Caire avec la même facilité qu’un américain en Amérique.

Par Oumar BA

La prise de poids peut être liée à de nombreux facteurs classiques alimentaires, psychologiques ou physiologiques (ménopause). Mais, elle peut aussi être d'origine médicamenteuse.

Explications
La prise de poids peut refléter une stimulation de l'appétit, une augmentation de la masse grasse, une augmentation de la masse maigre (muscle), une rétention d'eau et de sel. La stimulation de l'appétit (on parle d'orexigènes par opposition aux anorexigènes) peut être causée par l'arrêt du tabac, la consommation de cannabis ou encore par la prise de médicaments, notamment des psychotropes comme le lithium ou la dépakine®, par modulation de la sécrétion de leptine, l'hormone de la faim et la satiété.

Antidépresseurs, insuline et corticoïdes pointés du doigt
On parle souvent des antidépresseurs comme induisant une prise de poids. De nombreuses substances (tricycliques, fluoxetine, paroxétine…) peuvent induire une prise de poids de plus de 10 % de la masse corporelle en stimulant l'appétit, mais aussi en diminuant l'activité physique, donc la consommation de calories. Le problème est le risque induit d'inobservance.

L'autre grand mécanisme de prise de poids est la stimulation de l'accumulation de graisses, notamment certains antidiabétiques comme l'insuline ou ceux qui stimulent la sécrétion d'insuline comme les sulfamides hypoglycémiants. Cela est problématique, car les patients diabétiques de type II (diabète dit gras) sont déjà en surpoids. L'association de metformine semble limiter ce problème. Certains bêtabloquants, utilisés comme antihypertenseurs, stimulent aussi l'accumulation de graisses. Cela renforce le problème de prise de poids chez beaucoup de patients qui sont diabétiques et hypertendus.

Les corticoïdes, eux, provoquent une rétention hydrosodée (syndrome dit cushingoïde). Beaucoup de médicaments, notamment les antidépresseurs ou des anticholinergiques, stimulent la soif, et si on y ajoute des boissons sucrées, le surpoids hydrique se complique d'un surpoids gras. Pour la masse maigre (muscle), ce sont les anabolisants qui jouent un rôle.

Prise de poids et risque d'inobservance thérapeutique
La prise de poids est une contrepartie de certains médicaments, et cette perspective ne doit pas induire une inobservance. Pour éviter ce risque, il faut :

• expliquer au patient la problématique
• conseiller un régime alimentaire plus équilibré
• préconiser l'exercice physique
• éviter les produits amaigrissants, les compléments alimentaires d'efficacité douteuse mais de toxicité certaine.

Naguère, Elinkine était cette zone de pêche courue par bon nombre de pêcheurs sénégalais et étrangers. Aujourd’hui, l’activité a beaucoup ralenti à cause de la rareté du poisson et de bien d’autres facteurs qui impactent négativement sur le travail des hommes de mer.

Comme la plupart de ses collègues pêcheurs, Ibra Lô est sur terre. Il n’est pas allé en mer. A l’ombre des cocotiers bercés par la brise marine, cet homme maigrichon, coiffé d’un bonnet blanc aux rayures noires, est assis à même le sol. Il profite de cette journée de répit pour raccommoder ses différents filets de pêche et en tisser d’autres. Epingle à la main, il manie avec dextérité les fils. Ce Baol-Baol d’une soixantaine d’années s’est installé à Elinkine, une zone de pêche célèbre en Casamance, depuis plus d’une quinzaine d’années. A son arrivée sur le site à maintenant, la pratique de la pêche a beaucoup changé. A cette heure de la journée, il est impossible de voir un pêcheur débarquer avec des poissons à bord de son embarcation.

Aujourd’hui, il faut aller jusqu’en Guinée-Bissau pour chercher du poisson. « Il n’y a presque plus de poissons dans les eaux sénégalaises et les bateaux européens nous causent de sérieuses difficultés en haute mer. C’est pourquoi il nous faut aller jusqu’en Guinée-Bissau pour avoir du poisson », souligne l’homme de mer. Certes Elinkine est plus proche de la Guinée-Bissau que les autres sites de la Casamance comme Kafountine, mais il leur faut débourser chaque année 900.000 FCfa pour pouvoir disposer d’une licence de pêche dans ce pays frontalier.

A cette période de l’année, mi-décembre, les pêcheurs d’Elinkine sont inquiets à cause de l’expiration du permis pour la plupart d’entre eux. « Cette licence en Guinée-Bissau est valable pour douze mois et à la fin de ce mois, il faut attendre un bon bout de temps pour en disposer encore », signale Ibrahima Kaling. Outre ce problème de licence, les pêcheurs doivent faire face à d’autres facteurs dans leur travail. Parmi ces facteurs, il y a la cherté du carburant.

Pour effectuer un séjour d’une vingtaine de jours, il leur faut débourser 500.000 FCfa pour disposer d’assez de carburant en haute mer. « Avec 497 FCfa le litre, l’essence coûte encore cher et il faut au moins 1.000 litres avant de quitter », rappelle Ibra Lô. Compte tenu de sa rareté et de son interdiction par le service des Eaux et Forêts, le bois reste une matière de luxe qui ne facilite guère la tâche aux pêcheurs. Le charpentier Pape Ibra Diène est victime de cette situation. Depuis un an, il dit n’avoir pas construit une nouvelle pirogue à cause de la rareté du bois. « La plupart des charpentiers d’ici sont allés en Gambie où ils peuvent trouver assez de bois pour faire leur travail. Actuellement, je me limite à réparer les pirogues avec mes six employés », renseigne ce bonhomme de 45 ans.

La conservation, un gros problème
Elinkine 3La pratique de la pêche à Elinkine reste aussi handicapée par le manque d’électricité dans le village. Même si l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) a commencé à poser les premiers poteaux dans le village, le courant n’est pas encore disponible dans les ménages. Ce qui constitue un réel frein pour la conservation des produits halieutiques. « La conservation reste un gros problème ici, parce que les femmes qui font de la transformation ne parviennent pas toujours à bien conserver leurs produits », renseigne Mamadou Thiam dit « Douday ». Cette situation constitue un réel manque à gagner pour les femmes transformatrices. Toutefois, les mareyeurs présents sur le site se débrouillent pour convoyer le poisson dans les grandes villes telles que Ziguinchor, Kolda, Kaolack et Dakar.

Seulement, ce blues des pêcheurs d’Elinkine contraste bien avec la période où le site vivait ses heures de gloire. Les eaux d’Elinkine étaient réputées pour leur richesse en poissons. « De 1980 à 2000, Elinkine était un coin où il faisait bon vivre. Les pirogues faisaient rarement plus d’une semaine en mer et rentraient avec de grosses captures. Les petites embarcations allaient seulement dans les bolongs et ramenaient assez de poissons pour nourrir tout le monde », signale Pape Ibra Diène. Natif d’Elinkine, cet originaire de Dionwar, dans la région de Fatick, rapporte que ses parents pêcheurs ont débarqué à Elinkine il y a une cinquantaine d’années.

A cette époque, Elinkine était cette zone de pêche très convoitée par les pêcheurs sénégalais et aussi d’autres venant d’ailleurs. C’est le cas des Bissau-guinéens, des Sierra-Léonais, des Maliens et surtout des Ghanéens. Il n’est pas rare de voir ici des pirogues portant étendard ghanéen ou bissau-guinéen. A eux seuls, les Ghanéens sont estimés à environ 800 personnes à Elinkine, selon le chef de village, Fréderic Sambou. Cette forte communauté ghanéenne fait aujourd’hui partie intégrante de la population d’Elinkine. La quarantaine sonnée, Joe Ndiaye est un Ghanéen établi à Elinkine depuis une vingtaine d’années. Le bonhomme s’exprime couramment en wolof. Il a suivi les pas de ses grands-parents qui l’ont mené jusque dans ce site.

Aujourd’hui, comme bon nombre de ses compatriotes, il contribue au développement de l’économie locale en achetant une grande quantité de la production de poisson fumé qu’il achemine au Ghana. Chaque année, il effectue deux fois la navette entre le Sénégal et le Ghana.

Par Maguette NDONG et Idrissa SANE (textes)
et Assane SOW (photos)

FREEMAN, HARRYS ET LAÏT : CES NOMS DE FAMILLE SÉNÉGALAIS QU’ON NE RETROUVE QU’À ELINKINE
Au fil du temps, Elinkine est devenue une localité cosmopolite. Elle regroupe de nombreuses ethnies sénégalaises, mais aussi plusieurs nationalités ouest-africaines. Outre les Maliens, Bissau-Guinéens et autres Ghanéens, les Sierra-Léonais y séjournent aussi. C’est pourquoi, selon Frédéric Sambou, le chef de village d’Elinkine, il est facile de trouver dans le site des personnes qui portent des noms qu’on ne pourrait trouver nulle part ailleurs au Sénégal. « Vous pouvez trouver ici des noms comme Harris, Laït ou encore Freeman qui sont des noms sierra-léonais », selon le chef de village. D’autres Sénégalais originaires de l’intérieur du pays sont nés et ont grandi à Elinkine. Ils ne connaissent que la localité. C’est le cas du charpentier Pape Ibra Diène dont le père, originaire de Dionwar, dans le Sine, est venu dans la localité pour travailler. « Je suis né ici, j’ai grandi ici et j’ai aujourd’hui 45 ans. Je ne connais que Elinkine », renseigne le charpentier. Marié et père de plusieurs enfants, Pape Ibra Diène vit paisiblement à Elinkine où il exerce son métier.

Par Maguette NDONG et Idrissa SANE (textes)
et Assane SOW (photos)

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