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Soleil Grand Air (378)

Nneka a grandi à Warri, dans le delta du Niger. Une partie de ses racines demeurent là-bas. Mais aussi en Allemagne, le pays d’origine de sa mère, où Nneka a étudié l’ethnologie. Lorsque son père, un architecte nigérian, se remarie, Nneka est confiée à sa belle-mère qui la force à vendre des oranges dans la rue. Élevée à la dure, elle est fréquemment « corrigée » par sa belle-famille. Loin de sa mère qui a quitté le Nigeria, Nneka se sent mal aimée. Pour soigner son « spleen », elle prend l’habitude d’écrire des chansons. Ses sources d’inspiration, elle les trouve dans le reggae, l’afrobeat, la soul et le blues. Ses idoles d’hier sont restées celles d’aujourd’hui : Bob Marley, Fela Kuti et Tracy Chapman. Sa musique se nourrit toujours des styles ayant bercé ses premiers accords de guitare. Le mot « love » revient, de façon obsessionnelle, dans ses chansons. Elle avoue qu’elle a le plus grand mal à le rencontrer, cet amour. Quand elle ne compose pas, la chanteuse se penche sur le sort des plus démunis. Elle a créé Rope, une Ong destinée à défendre les enfants et les femmes victimes de mauvais traitements en Afrique, et s’investit particulièrement dans cette cause en Sierra Leone et au Nigeria. Nneka s’engage aussi contre Boko Haram. Une chanson de son nouvel album est consacrée à la secte. Cette part d’elle qu’elle essaie toujours de fuir, mais vers laquelle elle finit toujours par revenir. Au fond, c’est là que Nneka trouve ce supplément d’âme qu’elle cherche si activement de Lagos à Paris. C’est dans ce refuge musical et uniquement là que Nneka peut faire semblant de croire que sa vie tient encore et toujours du « conte de fées ».

Par Oumar BA

Ce macro-économiste togolais, ancien ministre de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques, qui a travaillé pour de nombreuses institutions internationales (Bceao, Cirad, Uemoa, Oif), est convaincu  que les Etats africains doivent sortir du franc Cfa et élaborer leur propre politique monétaire s’ils veulent pouvoir « parachever leur indépendance politique et renforcer les bases d’une transformation structurelle de leur économie ». Le franc Cfa est un frein à la compétitivité de l’Afrique et au progrès social, Kako Nubukpo en a fait son cheval de bataille. Il a publié, aux éditions La Dispute, « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le franc Cfa ? » Une attaque en règle de ce qui paraît être le pilier d’une domination néocoloniale que d’aucuns estiment être relayée également par la Francophonie.

Par Oumar BA

La Google Car est-elle morte ? Ce n’est pas vraiment clair. Mardi, le groupe Alphabet, maison mère de Google, a annoncé qu’il donnait son indépendance à sa division en charge de développer les voitures autonomes en créant l’entreprise Waymo. Alors que le site The Information affirme que Google a abandonné l’idée de construire sa propre citadine sans chauffeur, il semble que la nouvelle structure se concentrera sur la technologie et des partenariats. Selon Bloomberg, Waymo pourrait lancer un service de VTC autonome en partenariat avec Fiat-Chrysler d’ici fin 2017, venant ainsi concurrencer Uber. Pour lors d’une conférence, mardi, l’entreprise n’a rien annoncé.

« C’est un signe que la technologie est arrivée à maturité », explique John Krafick, le patron de Waymo, qui était auparavant responsable du projet de la technologie autonome développé depuis environ sept ans par Google. « On peut imaginer que notre technologie peut être utilisée dans des voitures de particuliers, l’autopartage » et dans les transports publics, a énuméré Krafick, ancien patron de Hyundai Amérique du Nord.

Par le surfeur

« La tête, le tronc et les quatre membres ». Je me suis retrouvé récemment avec un camarade de promotion que j’avais perdu de vue. Nous nous sommes bien marrés de cette vieille ritournelle juvénile de l’école élémentaire et du barbant enseignant qui la mâchait davantage qu’il ne la fredonnait. Cet « ami », bâti à chaux et à sable, n’était point une lumière. C’était plutôt le cancre assis au fond de la classe, l’hercule bourreau des fils de rupins qui lui fournissaient ses billes d’agate pour ses petites marottes de récréation. L’expression, « bête comme une bille », a fini par lui coller à la peau. Il se rendait bébête par ses niaiseries et par l’illusion d’une corpulence smart. En sourdine, nous l’affublions du sobriquet, « la tête, le tronc et les quatre membres » ; sa seule leçon sue après une élastique « carrière » au primaire.

Mais, en conversant un peu avec lui, l’autre jour, je me suis rendu compte qu’il s’était bonifié avec le temps (inutile de me dire que je suis prétentieux, je le sais). Son sens de la répartie, quand j’ai succombé à la tentation de lui rappeler son vieux surnom, m’a séduit. Il me rétorque ceci : « la tête, le tronc et les quatre membres, c’est bien ! Mais, fallait-il qu’on nous dît ce qu’il convient d’exhiber et de bien "planquer " ». L’histoire de la « plantureuse », de « l’infâme » ou de la « séduisante » bonne dame (c’est selon), danseuse montreuse de choses inspirant la volupté (et certainement de la répugnance pour nos dévots et autres auto-proclamés censeurs publics !) est passée par là.

Nous Sénégalais, êtres ambivalents, nous en sommes émus et offusqués. Nous avons regardé et apprécié, aimé et détesté la victime ou l’esprit malfaisant. Certains ont rendu grâce au Ciel de ne pas les avoir accablés d’une si grande opprobre. Car il se passe bien des choses dans l’intimité des chambres ! D’autres en ont probablement fait le remontant des soirs de solitude. Et moi, sage garçon, je n’ai pas pu regarder les images pour déterminer leur degré d’excitabilité ! En sus, je suis un très bon musulman !

Pour les martiens parmi nous, des photos et une vidéo lascives de celle qui, « paraît-il, n’en est pas à la première récidive, se sont invitées dans les chaumières, dans l’espace public friand de potins (en même temps, on ne peut pas priver les sens de leur errance) à cause -ou par la magie- d’internet, des réseaux sociaux. Ceux-ci nous montrent bien des univers et imposent à ceux qui sont, étourdiment, dans leur mouvance, de nouvelles lignes démarcatives entre les espaces public et privé. Le débat sur les réseaux sociaux est intempestif, malvenu. Ils continueront d’exister, de nourrir bien des fantasmes et d’exalter nos « moi » et nos sottises.

La réflexion devrait être portée sur la Société sénégalaise si souvent idéalisée. Nous ne sommes plus ce que nous prétendons être. Jusqu’à la preuve du contraire, à moins que l’interprète de « Thiopati » ne se soit pas encore départie d’un narcissisme primaire parfois tenace chez certains attardés sensuels, c’est une amitié bien souriante en qui elle avait une confiance naïve qui a partagé cette délectation intimiste (au sens de l’artiste peintre) avec les âmes écœurées ou jouissives de Sunugal. Et peut-être avec des libertins du monde qui s’étonnent de l’indignation des « rétrogrades » tropicaux (J’ai bien mis des guillemets hein !).

La crédulité est une déficience
Nous aimons à nous gargariser de nos petites bienséances en oubliant que les valeurs partagées ne sont pas des réalités figées. D’autant que le monopole de l’éducation parentale a été brisé depuis longtemps par des interférences quelquefois discrètes mais « destructurantes ». La pornographie cinématographique (cette histoire en est une sans toutefois un metteur en scène… érotique !) était, hier, la chose des adultes en quête de sensations fortes en attendant de « se faire doucher par l’orage ». Si elle n’est l’orage bien sûr. Aujourd’hui, le marmot, d’une salacité précoce, peut en jouir autant que ses sens le voudront. Il convient, dès lors, de reconstruire le paradigme en s’accommodant aux réalités nouvelles et en se référant, non pas à un traditionalisme qui n’inspirerait à cette jeune âme qu’un sentiment d’immobilisme, mais à son humanité. Car, à y regarder de plus près, cette affaire de membres inférieurs et d’entrecuisse interpelle notre civilisation, notre humanité. On se plait à détruire l’autre dans une pathétique jubilation. La danseuse devra apprendre de cette infortune (jusqu’à ce que les parties intimes ne soient plus si intimes sous nos cieux) que, de nos jours, la crédulité, surtout pour elle qui aspire à la réputation artistique, est une déficience. Amélie disait à sa fille Elisabeth (Les semailles et les semences, Henry Troyat) qu’« il y a certaines privautés qu’une femme ne tolère que si elle est prête à céder sur le reste ». Céder, c’est le mot. Céder aux envies du corps et du partenaire est un luxe qu’on ne doit pas toujours se permettre chère sœur.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Dans cet entretien, le Colonel des Eaux et Forêts à la retraite et écrivain, avec l’œil du Saint-Louisien, revient sur le riche patrimoine matériel et immatériel qui fait la particularité de cette ville.

En tant que natif de Saint-Louis, que représente cette ville pour vous ?
Je suis né, j’ai grandi et j’ai fréquenté l’école coranique et l’école française à Saint Louis au quartier Ndar Toute, à Ndiolofène, aux Eaux claires et à Diamaguène. J’ai habité ou fréquenté tous les quartiers de la ville. J’aime cette ville avec fureur comme le disait le Duc de Lauzun premier Gouverneur du Sénégal nommé par le Roi de France et qui écrivait en 1779. « L’île de Saint-Louis est un amas de sable qui ne produit rien de bon. Ses habitants l’aiment avec fureur, n’imaginant pas d’autre bonheur que d’y vivre, quoiqu’il soit bien rare de ne point y mourir jeune… ». Cela m’a d’ailleurs facilité l’écriture de mon livre qui a pour titre : « Itinéraire d’un Saint-Louisien, la vieille ville française à l’aube des indépendances »

Parler de Saint-Louis renvoie forcément à certains concepts comme Domou Ndar, Takassanu Ndar, Signare, Fanal. Que reste-t-il de ce patrimoine culturel immatériel ?
En réalité, seule Saint-Louis mérite le vocable de « Domou Ndar ». En effet, la tradition à Saint-Louis veut que tout natif de la ville soit l’enfant de toutes les familles de la ville qui ont le devoir de contribuer à son éducation. Ainsi, n’importe quelle personne âgée avait-elle le droit de punir ou de corriger tout enfant qui se conduisait mal dans la rue, même si elle ne le connait pas ! Le terme « takkusaanu Ndar » vient d’une certaine habitude qu’avaient les gracieuses femmes et les Saasumaan de Saint-Louis de se promener en grande toilette à l’heure où le soleil, telle une boule d’or décline à l’horizon derrière les cases de Gét-Ndar et de Santhiaba. Takkusaan est une heure de la journée où il ne fait pas chaud et le climat est doux. C’est l’heure où l’on organisait les sabar, les tannbéer, les simb et les damalice fobbin », cette ancienne danse indigène de Saint-Louis. C’est cette ambiance qui est illustrée par les belles paroles d’Ousmane Socé Diop « Saint-Louis du Sénégal, centre d’élégance et de bon goût sénégalais… » Les signares constituent l’expression humaine du métissage culturel entre Saint-Louis et la France. Elles sont des symboles historiques de la beauté et de l’élégance à Saint-Louis et à Gorée.

On parle de Domou Ndar, de Dolli Ndar, de Ndar Ndar. Ces concepts ont-ils encore un sens, selon vous ?
Je me suis toujours opposé à cette tentative de catégoriser et de diviser les Saint-Louisiens. Ainsi, certaines personnes distribuent des titres de « grand Saint-Louisien », de « non Saint-Louisien », de « vrai ou faux Saint-Louisien », de « Saint-Louisien naturel » et j’en passe. Voilà donc qu’en agissant ainsi, ces distributeurs de titres de noblesse ou de bassesse, oublient que Saint-Louis du Sénégal est une ville de métissage à tout point de vue. En effet, il est établi que tous les habitants de cette ville ne constituent pas une population spontanée. Leurs ancêtres viennent pour la plupart, de France, de Mauritanie, du Mali, du Maroc, du Liban, du Cap-Vert, du Waalo, du Fouta, du Gandiole, du Ndiambour, voire du Cayor et du Baol. Quelle que soit leur ascendance, les Saint-Louisiens ont un dénominateur commun. Ils aiment Saint-Louis avec fureur. Que nous soyons Saint-louisien d’origine, de naissance ou d’adoption, nous sommes tous des Saint-Louisiens égaux en droit, en devoir et en privilège. Nous aimons tous Saint-Louis avec fureur, avec passion. Tenter de diviser les Saint-Louisiens en différentes catégories, classes et sous-classes n’est rien d’autre qu’un acte anti démocratique, discriminatoire et contraire aux droits humains et à la traditionnelle Teranga Saint-Louisienne.

Que signifie « Domou Ndar » ? Quelles sont les caractéristiques du « Domou Ndar » et que reste-t-il de cet héritage ?
Un Domou Ndar est fondamentalement un Saint-Louisien de naissance, d’éducation et de culture. Cette notion peut être étendue aux Saint-Louisiens d’origine et d’adoption. Le doomu Ndar se distingue par son amour viscéral pour Saint-Louis, son éducation chrétienne ou islamique, sa politesse, son élégance dans le verbe et dans l’habillement. Cet héritage traditionnel est toujours présent à Saint-Louis, même si malheureusement, certains comportements déplorables venus d’ailleurs sont en train de polluer ces valeurs ancestrales qui caractérisaient la cité de Maam Kumba Bang.

Le Fanal fait partie intégrante du patrimoine culturel immatériel de Saint-Louis. Pouvez-vous nous raconter comment vous l’avez vécu dans votre jeunesse ?
La tradition du fanal est née à Saint Louis du Sénégal dans le quartier Sud, à l’initiative des signares qui se rendaient, la nuit de Noël, à la messe de minuit, en compagnie d’un ou de plusieurs porteurs de lampions multicolores. Un mois avant Noël, se déroulaient, dans les quartiers, les séances de répétitions des fent (chants improvisés et dédiés à un parrain ou une marraine de fanal). À cette époque-là, chaque quartier avait son fanal et la concurrence était très forte, mais elle était toujours cordiale. Le cortège des fanaux était une belle occasion pour les femmes de chanter l’itinéraire historique des autorités administratives ou politiques. Ces chants nocturnes, qui étaient de vraies leçons d’histoire, rappelaient également les hauts faits des membres de certaines familles qui se sont distinguées dans le culte de l’honneur, de la dignité et de la générosité. Je me souviens encore de la belle description du Fanal par l’honorable Fatou Niang Siga qui, de sa belle et féconde plume, nous rappelle le fanal dans toute sa splendeur : « Le grand fanal était accompagné de garçons porteurs de pantins en bois et carton gigotant au bout d’une perche dès qu’ils tiraient les ficelles qui les mettaient en action. La danse au son du tam-tam distrayait les spectateurs, le salut faisait sourire le blanc, la culbute polarisait l’attention des enfants… Élément de leur identité culturelle, les Saint-Louisiens présentent à nouveau, depuis une dizaine d’années, le fanal à leurs visiteurs pour rehausser les fêtes de fin d’année.

Cette manifestation telle que vous l’aviez connue dans le temps, garde-t-elle encore son essence ?
Notre sœur Marie Madeleine Valfroy est certes une brave dame ! Elle est toujours au front pour le progrès et la promotion de sa ville natale. Tout le monde le sait. Mais à mon avis, le Fanal de Saint-Louis ne devrait pas être l’affaire de quelques mécènes et autres bonnes volontés. La vérité est que le fanal est une identité culturelle Saint-Louisienne, que les doomu ndar de naissance, d’origine et d’adoption aiment passionnément et présentent toujours aux visiteurs avec une grande fierté. Le Fanal de Saint-Louis est une attraction touristique incontestable et très productive. À ce titre, les autorités municipales et le ministère de la Culture ne devraient pas le laisser s’effondrer et mourir de sa belle mort.

Le Bou El Mogdad est revenu à Saint-Louis depuis quelques années, qu’est-ce que ce bateau mythique représente pour les Saint-Louisiens et de manière générale pour les habitants de la vallée du fleuve ?
Je me souviens de la belle époque des Messageries du Sénégal avec le Bou El Mogdad, le Boufflers, le Soulac et le Keur Mour, d’imposants navires de commerce qui sillonnaient le Fleuve Sénégal et desservaient le Fuuta et le Waalo dans la vallée du Fleuve du Sénégal. C’était le temps où des pirogues longues et étroites appelées gaalu mboul, arrivaient à Saint-Louis remplies de pastèques et de nénuphars. On observait également, sur les différents bras du Fleuve Sénégal, ces immenses pirogues multicolores qu’on appelait  gaalu penku et qui transportaient d’importantes cargaisons de charbon et de bois de gonakié ou ngonaaké. Le gonakié est une espèce ligneuse qui pousse dans la vallée du fleuve et qui a un pouvoir calorifique très élevé. Il était particulièrement utilisé comme bois de chauffe par les ménagères Saint-Louisiennes. Il est généralement admis à tort ou à raison, que ce bois de gonakié donnait aux différents mets que mijotaient les ménagères de la ville, une saveur exquise ! Le Bou El Mogdad est véritablement un navire identitaire et un patrimoine culturel et historique de la ville de Saint-Louis. Je félicite vivement le propriétaire de ce bateau, notre ami Jean Jacques Bancal et son équipe qui exploitent et entretiennent soigneusement ce joyau de la ville de Saint-Louis.

Par El Hadj Ibrahima THIAM et Ibrahima BA

Sénégalais de nationalité espagnole, il se dit citoyen du monde et migrant à la fois. Le président d’Horizon sans frontières, une organisation non gouvernementale qui milite pour la défense, l’orientation et la réintégration des migrants, Boubacar Sèye, fait de ce combat un idéal de vie.

Fougueux. Bouillant. Réactif. Le caractère fait l’homme. Le combat de Boubacar Sèye, c’est l’intégration des migrants quelles que soient leurs appartenances ou leurs couleurs. Et il le plaide avec une lumière dans les yeux qui en dit long sur son attachement à cette cause. En cette matinée de mercredi 16 novembre 2016, il est encore dans ses œuvres. Avec la volonté prêtée à l’Allemagne de rapatrier les Sénégalais établis dans son territoire, la presse fait la queue devant sa porte pour recueillir son avis. Son téléphone n’en finit pas de sonner. Le président d’Horizon sans frontières ne veut laisser aucun détail lui échapper sur cette nouvelle qui, pour le moment, ne prend que la forme d’une rumeur.

« Le rapatriement, s’il n’est pas volontaire, est une violation de l’article 3 et 5 de la déclaration universelle des droits de l’homme », une phrase qui est revenue plusieurs fois dans ses réactions. Ses mots interpellent l’Etat qu’il met face à ses responsabilités, notamment sa mission régalienne de protection de ses citoyens partout où ils trouvent.

Passé migratoire
Son engagement pour la défense et l’intégration des immigrants n’est point le fruit d’un hasard. Depuis l’Espagne où il s’était établi durant des années, il fut un jour victime d’un rejet identitaire. « Ayant l’habitude de faire du vélo le dimanche avec ma fille sur une piste réservée aux cyclistes, une femme s’était rapprochée pour me dire de rentrer chez moi. De retour à la maison, ma fille ne cessait de demander à sa mère pourquoi papa devrait rentrer et cela avait suscité en moi une grande tristesse. Depuis ce jour, j’ai décidé de me battre. C’est ce qui a motivé, en grande partie, mon combat», raconte-il. Récit d’une vie en terre étrangère, loin de son pays natal avec des frustrations qui ont donné, par la suite, naissance à Horizon sans frontières, une Ong qui s’est dressée contre les discours populistes, sources de racisme et de rejet des immigrants.

Quelques souvenirs qui font resurgir un passé de migrant aux mouvements tumultueux dans l’espace européen. En effet, face à un système universitaire qui ne rassure point dans le années 1990, il décide d’aller poursuivre ses études en dehors du pays. Admis à l’Université Pasteur de Strasbourg, ce professeur de mathématique avait bénéficié d’une préinscription pour faire les mathématiques appliquées. Sans visa, il est aussitôt expulsé vers la Côte d’Ivoire où il est resté dix ans avant de rejoindre encore l’Europe du fait de la guerre qui a secoué le pays des éléphants en 2000. L’oiseau migrateur reprend, en effet, son envol vers d’autres destinations, à la recherche d’une meilleure vie. Sans maison d’accueil en France, il fait le tour des hôtels jusqu’à épuisement de son portefeuille. Direction le sud de l’Italie où il n’avait qu’une seule possibilité, la vente à la sauvette. Le jeune Boubacar avait décidé de remonter sur Milan, une ville cosmopolite mais très chère. Par un heureux concours de circonstance, il est admis dans une école française comme prestataire. Juste de quoi payer sa chambre d’hôtel. Face à un train de vie intenable, il migre à nouveau vers l’Espagne, un pays dans lequel il a pu s’intégrer car en un mois il obtient la nationalité. Trilingue (il parle le français, l’anglais et l’italien), il est recruté dans une station de ski comme traducteur auprès des touristes. Sauf que tout ce qu’il savait dire dans la langue de son pays d’accueil était : « stoy despuerto hacer el trabajo » (je suis disposé à faire ce travail). Des souvenirs d’une témérité passée qui lui arrachent quelques sourires. Après une immersion dans la langue espagnole, il crée ses propres entreprises de télécommunication et de transfert d’argent.

Orphelin de mère et garçon unique dans une famille modeste, il ne fallait pas rentrer bredouille. D’ailleurs, en abordant cet épisode de sa vie, on sent perler une grande émotion. Sa voix tremble et il finit par plonger dans un silence absolu. Il a suffi d’aborder à nouveau le sort des migrants mis aux bancs des accusés pour le sortir de cet inconfort émotionnel. En effet, face à une Europe qui s’érige en forteresse, avec des barricades juridico-politiques et physiques qui font de ses frontières des lieux de souffrance des migrants voire des cimetières, il appelle les Etats, en particulier africains, à réadapter leurs politiques de migration en tenant compte de la complexité, de la globalité et de la transversalité du phénomène.

Revenu depuis 2006 au Sénégal pour relancer le débat autour de ces flux qui constituent aujourd’hui l’un des plus grands défis auxquels les Etats sont confrontés, il laisse derrière lui, en Europe, une famille métissée et intégrée, à l’abri des fureurs migratoires.

Par Marame Coumba Seck

Révélé au grand public dans « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? », le comédien congolais Pascal Nzonzi jouit d’une quarantaine d’années de carrière. Les mots, Pascal Nzonzi les aime, les délecte et les choisit avec soin. Derrière cette silhouette, se dégage une fierté renouvelée d’être africain.

Il a été seul sur scène avec « Cahier d’un retour au pays natal », d’Aimé Césaire. Il note que ce travail colossal l’a fait grandir. Il s’est isolé pendant un mois. « Pour entendre l’auteur me parler, saisir sa pensée, épouser son combat ». C’était un peu dangereux car plonger dans ce texte puissant vous amène très loin. Toutes ces souffrances du peuple noir dont il parle vous traversent. Comme s’il savait que si le comédien s’astreint à ne pas trahir un texte, l’homme, lui, ne doit pas se mentir à lui-même. Alors, les formules toutes prêtes, trop peu pour lui. Chaque parole est articulée, parfois chantée, avec ce timbre grave qui sied si bien à ceux qui ont grandi au théâtre. Ce fils d’agriculteur est né et élevé en Rdc. Il a grandi en Rdc, à Lutendele, un village au bord du fleuve Congo. À 18 ans, il découvre le théâtre à Brazzaville : il assiste à une pièce et comprend que sa place était peut-être là. Mais il est loin de se douter que cette activité pouvait constituer de métier ! Tout qu’il cherche, c’est perpétuer son amour des textes. Après avoir intégré le Théâtre National Congolais, il a l’opportunité de faire une formation à la Maison de la culture du Havre et découvre d’autres auteurs, modernes, contemporains… Puis, au Festival d’Avignon, il a joué Chant général, de Pablo Neruda. La salle était comble…Il sent alors la nécessité de franchir un palier. Peu importe la longueur de nos répliques, lorsque vous entrez en scène, vous êtes au centre de l’univers, se dit-il.

Le peu de comédiens noirs sur les écrans français serait, selon lui, inhérent au regard étriqué de la société. Une vision stéréotypée, ethnocentriste. Il ne croie pas au fait de « rendre visible » une minorité invisible : c’est un slogan, ça ne veut rien dire, à ses yeux. Il pense plutôt que les auteurs manquent d’inspiration, d’ouverture pour proposer autre chose aux acteurs noirs que des rôles de balayeurs, dictateurs ou dealers. Ce qu’on voit à la télévision, par exemple, n’est pas représentatif de la mixité culturelle de la France. Il s’est certes frustré, mais pas découragé. Il faut gagner sa place, travailler constamment même pour un petit rôle.

Dans ses déplacements, il ne se rend pas tout le temps en Rdc, mais beaucoup en Afrique de l’Ouest. C’est sa façon d’être Africain. «J’observe les mentalités, si différentes d’un pays à l’autre. Je m’intéresse à l’histoire. De grands guerriers de ces pays ont combattu les injustices, les invasions étrangères, l’esclavage. Nous n’avons pas courbé la tête comme certains le pensent ! Je suis fier d’avoir de tels ancêtres», souligne t-il. Quand il voit les masques africains dans les musées français, il dit avoir mal. Pourquoi ne sont-ils pas en Afrique ? Et on entend ces discours paternalistes qui prétendent que nous n’avons rien créé ? Mettre ces masques derrière des vitrines, c’est enfermer les esprits dont ils sont les intercesseurs. Leur fonction sacrée est transgressée.

C’est un triste constat: il n’y a pas d’industrie cinématographique. Où sont les salles de projection? Notre continent est riche, il y a des investisseurs, des hommes d’affaires… Pourquoi ne misent-ils pas sur ce domaine ? Il y a des écoles de footballeurs, on les entraîne et ils rejoignent ensuite des grands clubs en Europe. Pourquoi ne serait-ce pas pareil pour les acteurs ? Il faut créer des structures, former tous les corps de métier, produire des films. S’ils n’ont pas la possibilité de pratiquer leur métier, leur talent ne peut pas s’épanouir, relève-t-il.

L’énergie de la lentille est produite par le clignement de l’œil...

On savait que Samsung travaillait à la mise au point de lentilles de contact connectées. Le constructeur coréen a fait un pas de plus, en publiant un brevet au début de l’été sur le sujet. S’il ne s’agit pas d’un produit fini, le géant de l’électronique imagine au moins comment il pourrait être.

La lentille de contact décrite sera alimentée en énergie, rapporte 01net. Celle-ci sera fournie par un élément qui produira de l’électricité en convertissant l’énergie générée par le mouvement de l’œil. Samsung a même prévu un condensateur miniature, capable de stocker l’énergie en cas de besoin.

Côté utilisateur, la lentille sera munie d’un écran et d’un capteur photo. L’écran permettra de consulter des données issues d’internet. Quant au capteur photo, il permettra de prendre un cliché en un clignement d’œil ou de capturer une vidéo fidèle au regard.

D’autres constructeurs électroniques se sont placés sur la technologie des lentilles connectées. Sony a déposé un brevet pour un système d’appareil photo ayant la forme d’une lentille de contact. Google irait plus loin en préparant une lentille connectée directement greffée sur l’œil.

Née à Douala en 1973 et installée en France depuis le début des années 1990, Léonora Miano s’intéresse, dans ses romans, à la place des afro-descendants dans les sociétés occidentales. Elle nous oblige à nous  regarder en toute lucidité. L’image qui nous est renvoyée est parfois peu glorieuse et nous confronte à notre histoire dans ce qu’elle a de plus sombre. Elle nous force à prendre  conscience de nos limites et de nos préjugés. A partir d’une explication de l’invention de la race, Léonora Miano renverse les perspectives habituelles et avance que les esclavagistes ont souhaité se blanchir  des « ténèbres » qu’ils déversèrent sur le monde avec la déportation transatlantique d’hommes et de femmes Noirs.

Après le sport, l'organisme a besoin de se reposer et de restaurer ses stocks hydriques et énergétiques. Pour être optimale, la récupération doit se faire dans l'heure qui suit l'effort.

Jamais d'arrêt brutal après une séance de sport ! Le corps a besoin d'un retour au calme progressif pour maintenir le tonus artériel et assurer un meilleur retour veineux, sinon gare au malaise. Pour bien faire, il faut ralentir le rythme de l'exercice pendant 5 à 7 minutes en marchant, pédalant ou trottinant lentement. Enfin, ne pas oublier de respirer profondément en allongeant ses expirations au fur et à mesure.

Les étirements pour détendre les muscles
Le but de l'étirement n'est pas de s'assouplir mais de relâcher les muscles tendus et de diminuer les tensions nerveuses causées par l'exercice. Pour cela, étirer en douceur les zones qui ont été sollicitées environ 30 secondes chacune en respirant lentement et profondément. L'idée est de sentir une tension modérée mais jamais de douleur. Une séance d'étirements plus profonds peut aussi être réalisée les jours suivants.

Bien s'alimenter après le sport
Juste après l'entraînement, en cas de petite faim, manger un fruit frais, une poignée de fruits secs ou un yaourt agrémenté d'un peu de muesli et de miel. Au repas suivant, prévoir une portion suffisante de protéines, qui vont aider l'organisme à réparer les fibres musculaires, et de sucres lents pour reconstituer les réserves énergétiques.
Exemple de repas : une portion de 120 g de viande ou 150 g de poisson accompagnée de 250 g de sucres lents (riz, pâtes...), avec un yaourt et un fruit en dessert.

Se réhydrater
Après un effort, l'organisme a besoin de récupérer l'eau perdue via la sudation. Dès l'arrêt de l'exercice, boire beaucoup d'eau (plate ou gazeuse), même en l'absence de soif. Et durant les 2 ou 3 heures qui suivent, boire 3 ou 4 gorgées d'eau toutes les 15-20 minutes. En cas de pratique intensive ou après avoir fait plus d'une heure de sport, opter pour une boisson « spécial sportif » contenant du sodium et des glucides.

Terminer sa douche à l'eau froide pour la circulation
Une fois le corps revenu à sa température normale, se doucher à l'eau chaude, puis tiède. Et terminer par un jet d'eau froide en partant de la cheville et en remontant jusqu'aux hanches, pendant 1 minute pour chaque jambe afin de relancer la circulation. Après la douche, appliquer une huile à l’arnica en massages sur les jambes, toujours de bas en haut, en partant de la cheville et en remontant jusqu'aux fesses.

L'automassage, ça soulage !
Les automassages favorisent le relâchement musculaire, la diminution des tensions et contractures. Ils limitent la formation d'adhérences au niveau des muscles et des fascias (fines membranes qui enveloppent les muscles). Masser améliore la circulation sanguine et la qualité des tissus musculaires. Faciles à intégrer à sa routine de récupération, les massages prennent peu de temps et soulagent.La bonne méthode : Debout, faire rouler une balle de tennis sous chaque pied en insistant sur les points douloureux pendant 1 minute. Puis, avec la balle, se masser en profondeur les tibias, les cuisses, les muscles fessiers, le dos... Ne pas hésiter à s'aider du sol ou d'un mur pour les zones peu accessibles.

Source : topsante.com

Cracks du foot

25 Nov 2016
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Il fut un temps pas très loin derrière nous où nos parents veillaient sur nous avec un zèle de nouveau converti. Les jeux étaient interdits et les études passaient avant tout. Il n’était pas question pour eux que leur enfant passât son temps à taper sur un ballon, à courir sans raison, à lire des bandes dessinées ou à pousser la chansonnette. Les saltimbanques n’étaient pas désirés dans nos familles, les sportifs encore moins. Non ! Il fallait être un crack, réussir dans les études, devenir ministre, député, gouverneur ou même président de la République. Le rêve de tout parent. Et pour aider la progéniture à bien assimiler ses leçons, l’on n’hésitait pas à leur faire ingurgiter des litres de « kiiss », cette eau miraculeuse tout droit sortie des amulettes maraboutiques et destinée à fixer le savoir dans les cerveaux distraits de la marmaille. Foin de tout cela aujourd’hui. Nombre de parents rêve de donner naissance à un El Hadj Diouf. Il n’a pas été un crack sur les bancs de l’école, mais a gagné beaucoup plus que ces génies au Qi surdimensionné. L’école est toujours en vogue, mais au rythme où évolue la vie, celles de foot seront bien plus fréquentées par nos mômes.

Par Sidy DIOP

Last modified on vendredi, 25 novembre 2016 15:32

Dans une atmosphère de connectivité, il se taille un succès phénoménal. Journaliste-blogueur et entrepreneur Web, ce talentueux publisher élargit de plus en plus ses domaines de compétence en multimédia, épousant l’évolution du digital.

Dans le quartier chic de Sacré-Cœur 3, une plaque sur la devanture d’un bâtiment donne sur une petite ruelle où les véhicules se dérobent aux regards. Au service technique de « Seneweb », tout se veut digital. Dans le silence des bureaux aux portes fermées, seule la lumière des ordinateurs permet d’identifier les visages figés devant les écrans. Dans ce clair-obscur, la concentration est au maximum. On est dans l’univers de l’hyper connectivité. A chacun sa machine. Sa connexion. A la salle technique, lieu de définition de l’architecture et de la graphie du site, les deux administrateurs Web submergés de travail ne lèvent la tête que pour répondre aux salutations des gens qui s’invitent dans leur cercle restreint. Le publisher, notamment le gestionnaire de contenu, un accro d’Internet avec un style de rappeur vient leur présenter sa nouvelle portraitiste.

Dans cet environnement d’addiction à Internet, le jeune Basile Niane est intarissable sur les enjeux du Net, en particulier de la vidéo, le leadership de demain et l’avenir de la nouvelle génération. Il en est sûr, le Web est pourvoyeur d’opportunités multiples. « L’avenir, c’est la vidéo, que ce soit dans le journalisme ou sur Internet. Les gens n’ont plus envie de lire. Ils se focalisent de plus en plus sur les vidéos mobiles », alerte cet accro du digital.

Travaillant dans cette plateforme devenue, au fil du temps, un portail dont il est le gestionnaire de contenus, il essaie de satisfaire les besoins d’un public jeune plus orienté vers les informations sensationnelles, par conséquent le people. En effet, du sexe, du sang et de la drogue, tout ce qui sort de l’ordinaire, servis sur un plateau doré. Jeune comme l’est la majorité de la population sénégalaise, il n’en est pas moins sensible aux besoins des cent mille visiteurs quotidiens qui parcourent les pages de « Seneweb ». « Le Web évolue vers le buzz », soutient-il. Cent articles par jour pour satisfaire la demande des internautes, de quoi avoir le Sénégal dans le Web.

Tout se passe sur la toile
« J’ai l’habitude d’entendre de la bouche de ma femme : va rejoindre ta première épouse, ma machine elle veut dire », confie Basile Niane. Marié tout d’abord à cette dernière, tout ou presque dans sa vie se passe sur la toile. L’ordinateur et lui, c’est une histoire d’amour motivée, en partie, par la « fortune » digitale qui la dépouille de sa sociabilité. « Ma machine m’a tout donné, la voiture, là où j’habite. Si j’ai fait le tour du monde, c’est grâce à elle. Bref, tout ce que j’ai, c’est Internet », se satisfait ce citoyen de la communauté du Net. Impossible de la répudier. « Peut-être à l’autre bout de la terre », suppose-t-il. Et qui sait ? Même là-bas, tout peut être digital. Il suffit d’y penser seulement pour être branché.

Ancien coordonnateur du Réseau des blogueurs du Sénégal et membre fondateur de la plateforme « sunu2012.sn. » (Le hashtag sunu2012 qui a été utilisé sur twitter durant les élections de 2012 au Sénégal), le jeune entrepreneur vit d’Internet, par conséquent, de blogging et de youtube. Dans cet espace virtuel, son travail consiste à aider des gens à mettre du contenu. Son entreprise, « socialnetlink.org », première plateforme au Sénégal qui ne parle que des technologies, est devenue un label avec un personnel constitué principalement de jeunes, journalistes, blogueurs et de communicants. Très jeune, Basile Niane pourvoie des emplois grâce au génie du Web, Youtube, paniers des contenus comme « Dudu fait des vidéos ». Primée au concours de Word Summit Awards (Wsa) organisé par les Etats-Unis à Singapour pour encourager ses bons contenus, il s’oriente de plus en plus vers le data journalisme, autrement le journalisme de données. En effet, il a tapé dans l’œil des chefs d’entreprise, de militants d’Ong et des institutions, en l’occurrence l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) pour la simplification de leurs rapports techniques, mais également la gestion de leurs contenus.

Une vie de Tec
Sorti de l’Institut supérieur d’entreprenariat et de gestion (Iseg), il a fait un passage à la radio Océan Fm puis à la 2Stv avant de rejoindre la Rts, en particulier l’émission Kinkéliba en tant chroniqueur Tech. Après trois ans d’expérience au Triangle sud, il décide de se consacrer entièrement au digital. Meilleur blogueur du Sénégal dans la catégorie Tic en 2014 par l’incubateur Ctic Dakar aux Jambar Tech Awards, puis sélectionné en 2011, dans le top 20 des meilleurs blogueurs francophones au concours Mondoblog de Radio France Internationale (Rfi), il obtient en 2016, une certification en Communication et Marketing digitale avec Google. Une nouvelle parure pour entrer pleinement dans le monde du virtuel.

Vivre d’Internet, un objectif qu’il s’est fixé depuis qu’il a touché à l’ordinateur pour la première fois à l’âge de onze ans. L’année de son premier certificat dactylographique. Il est devenu depuis un magnat du Net. « Je n’ai jamais connu une autre activité professionnelle à part mon exercice sur le Net », renseigne ce fils très digital qui a été influencé par un père qui utilisait beaucoup Internet et des frères qui ont suivi une formation en maintenance informatique. De là, est née sa passion pour les technologies de l’information et de la communication. Une vocation certes couronnée de succès et de notoriété, mais qui le dépouille de toute sa sociabilité. Toujours derrière son écran fixe ou mobile, le Net devient son principal lieu de rencontre avec certains parents et amis. « On se capte sur facebook ou wathsapp », des mots familiers dans la bouche d’un blogueur comme lui. D’où la fragmentation de ses relations humaines avec les autres. « Parfois, on oublie même que nous sommes des humains. D’ailleurs, combien de fois levons-nous la tête pour regarder autour de nous », s’interroge M. Niane.

Par Marame Coumba SECK

Professeur d’histoire à l’université du Witwatersrand, à Johannesburg, mais aussi à Duke, à 61 ans, Achille Mbembe pense que l’Afrique aspire à la « planétarisation ». L’auteur ne cesse de le répéter : l’Europe a perdu son leadership international et dans cette reconfiguration économico-politique, c’est sur le continent que se dessine l’avenir de l’humanité. Spécialiste de la théorie postcoloniale sans pour autant s’en réclamer, ce défenseur de l’afropolitanisme, héritier de Frantz Fanon, pose un regard acéré et sans concession sur notre monde. Mais, alors que les crispations identitaires se multiplient, que la lutte de tous contre tous fait rage et que les démocraties au nom de la guerre contre le terrorisme, il est urgent, selon Achille Mbembe, de construire une Afrique tolérante, ouverte, créole. Une « Afrique-monde » où chacun, quels que soient sa religion, son apparence, son genre puisse s’y épanouir pleinement.

Maître Gims n’a pas oublié d’où il vient. En décembre 2013, il est retourné dans sa ville natale, Kinshasa, pour s’y produire sur scène. Gandhi Djuna, son vrai nom à l’état civil, reste congolais, même si une procédure de naturalisation est en cours.

En 1988, son père, Djanana Djuna, musicien dans le groupe de rumba congolaise de Papa Wemba, fuyait Kinshasa et la dictature de Mobutu avec femme et enfants. Gims s’appelle encore Gandhi (du nom de l’idole de son géniteur) et n’a que deux ans. Mais, dès son arrivée en France, il est placé dans un centre social de Forges-les-Bains, dans l’Essonne, avec ses trois frères et sœurs. Leurs parents peuvent les récupérer uniquement le week-end et les emmènent où ils peuvent. Parfois chez des amis, parfois dans des squats. Pourtant, « plus Français que Gims ou Black M, c’est difficile à trouver, commente Laurent Rossi, directeur du label Jive Epic. Mais ils sont fiers de leurs racines : quand ils sont en Afrique, ils restent accessibles. Je n’ai jamais vu Gims refuser un autographe ou des photos, même après 2h30 de concert. Cela s’inscrit dans la tradition du show-business à l’ancienne, où l’on respecte énormément son public – et c’est l’une des clés de sa réussite. »

Son amour pour son continent natal n’est pas feint. En 2012, il chantait déjà dans « Sexion d’Assaut » : « Je ne suis qu’un Africain. Je veux marcher sur la lune mais l’avouer c’est m’humilier. Et tous les jours, mes frères meurent par centaines et par milliers. J’ai les cheveux crépus, je ne pourrais pas les gominer. » Gandhi grandit donc entre les coupures d’électricité, les visites de dealers, les expulsions. L’entrée au collège n’améliore pas sa situation : il dort dans la rue, dans des cages d’escalier, arrive en classe sans avoir fait ses devoirs. Mais il dessine et chante. De l’opéra, surtout. C’est un « enfant de la rue », comme il l’avouera plus tard, tout en ajoutant qu’il n’a jamais été « au mauvais endroit au mauvais moment ». Outre un bon sens qui l’empêche de tomber dans le trafic de drogue, sa persévérance et des (bonnes) rencontres l’aident à se forger un destin en or massif. C’est à l’école qu’il se lie d’amitié avec Maska, Barack Adama ou encore JR O Chrome, avec lequel il fondera Prototype 3015 puis, avec d’autres rappeurs du 19e arrondissement parisien, le collectif « Sexion d’Assaut » en 2002. Il se baptise « Le Fléau » avant de choisir à la fin des années 2000 le nom de Maître Gims – en référence aux mangas japonais qu’il affectionne. Après plusieurs mixtapes de haute qualité, le premier album officiel du groupe, L’École des points vitaux (2010) fait exploser sa carrière. Derrière ce succès, un soutien précieux : Badiri Diakité, alias Dawala. Arrivé du Mali à 11 ans sans parler un mot français, passionné de rap, ce dernier est un self-made-man qui a monté son label, Wati B. Il a veillé sur « Sexion d’Assaut » jusqu’à l’arrivée du label de Sony, Jive Epic, qui a signé en licence le groupe. Mais Dawala continue d’avoir plein pouvoir pour les décisions artistiques.

Parmi les chanteurs français les mieux payés
La tournée avec « Sexion d’Assaut » et le succès inattendu de son premier album solo, « Subliminal », vendu à 1 million d’exemplaires, le classe parmi les chanteurs français les mieux payés devant Johnny Hallyday. Gims frôle le burn-out. Il s’impose un break pour profiter de ses quatre enfants, élevés dans la religion qu’il a choisie à l’âge de 19 ans, l’Islam alors que ses parents sont chrétiens. Il recharge les batteries. « Je ne suis pas de ceux qui pensent que le rap devrait éternellement sentir le bitume, rester à jamais cloîtré dans un quartier à se plaindre », a écrit Gims sur les réseaux sociaux. Six millions d’abonnés sur Facebook, 1,67 sur Twitter, 1,1 million sur Instagram, 500 millions de streams vidéo et audio dans toute l’Europe de son dernier single (Est-ce que tu m’aimes ?), 1,2 milliard de vues sur l’ensemble de ses clips ! Maître Gims est une star. Alors que l’industrie du disque bat de l’aile, son second album, « Mon cœur avait raison », s’est vendu à 700.000 copies depuis 2015. En l’espace d’un mois, sa réédition bonus baptisée « À contre-cœur » s’est écoulée à 50.000 exemplaires. Et voilà qu’il prête sa voix au héros d’un nouveau jeu vidéo, Skylanders Imaginators. Rien que ça. Il prépare aussi une Bd et a déjà écrit ses mémoires, « Vise le soleil » (Fayard, 2015). Sa puissance vocale qui lui permet de toucher des gens qui ne seraient pas susceptibles d’aimer un rappeur. Dans ses concerts, on voit des enfants, de jeunes parents, des adolescents, des seniors… Mais il ne suscite pas la même sympathie qu’un Black M. On ne lui pardonnera pas de se laisser aller. C’est pour cette raison qu’il doit toujours avoir des titres qui surprendront le public.

Il vous reste 28 jours, 19 heures et quelques minutes pour avoir une idée lumineuse et enlever une belle épine du pied à la Nasa : le « spacepoop » ou, autrement dit, le caca de l’espace. Cela se passe sur le site Hero X, un site internet sur lequel sont lancés des challenges à l’innovation auxquelles peuvent répondre les internautes.
48 heures dans une capsule sans toilettes.

Le 11 octobre, la Nasa a lancé le sien dans l’espoir de trouver des solutions efficaces pour permettre aux astronautes pour uriner ou déféquer lorsqu’ils sont dans l’espace et qu’ils sont dans une situation de devoir porter une combinaison. Le problème a été mis en lumière jeudi dernier avec l’envol de trois astronautes dont le Français Thomas Pesquet vers la Station spatiale internationale (ISS) où ils sont arrivés le 20 novembre, raconte francetvinfo. Ils ont dû passer 48 heures dans une capsule dépourvue de toilettes. Jusqu’à présent, lorsqu’ils doivent enfiler leur combinaison spatiale, les astronautes portent tout simplement des couches. Une solution qui n’est pas idéale. Rien que pour l’hygiène, les astronautes devant porter ces couches parfois plus de 24 heures.

Dans les instructions concernant le concours, la Nasa précise alors chercher un système intégré à la combinaison spatiale et qui collecterait l’urine, la matière fécale et les pertes menstruelles des astronautes. Le tout sans que l’astronaute n’ait à utiliser ses mains. Précision de taille : la Nasa demande un système qui puisse aussi fonctionner pendant au moins 144 heures. Soit six jours.

Pas besoin d’être ingénieur
Si vous avez une idée, sachez que ce concours est ouvert jusqu’au 21 décembre. Nul besoin d’être astrophysicien ou ingénieur pour y participer. Le prix de 30.000 dollars mis en jeu devrait en motiver plus d’un. De même que la perspective de faire mieux que Howard, le petit génie de la série Big Bang Theory.

Se lever plus tôt que tôt pour mieux profiter de la vie, vous aimeriez bien... Mais problème, vous, vous êtes plutôt couche-tard et adepte de la grasse matinée... Pas de panique, on vous donne toutes les astuces pour arriver à devenir matinal sans avoir trop mal.

L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », « À qui se lève le matin, la vie aide et prête main »... Ce n'est pas nouveau : se lever de bonne heure, c'est bien !
Mais, selon une récente tendance venue des États-Unis, se lever « plus tôt que tôt » serait encore mieux... Lancé par Hal Elrod, conseiller en développement personnel et auteur de « Miracle Morning », ce mouvement est devenu un mode de vie qui s'est répandu dans de nombreux pays et a transformé des milliers de personnes en « morningophiles ». Le succès réside dans la promesse de tout mieux réussir dans sa vie, d'être plus efficace, plus riche, plus heureux...

« En laissant de côté la recherche de la performance, se lever plus tôt peut être un outil pour améliorer son bien-être », explique Isalou Beaudet-Regen, auteure et entrepreneuse. En (ré)apprenant à s'occuper de soi, on retrouve un nouvel élan, plus d'estime et de confiance en soi.

Pourquoi se lever plus tôt ?
« Le but de cette démarche est de démarrer chaque journée en s'offrant un moment de plaisir à soi avant de la commencer avec les autres », indique notre expert. Un peu comme un « rendez-vous d'amour » quotidien avec soi-même pendant lequel on pourra réaliser tout ce qui nous ferait plaisir et qu'on ne fait pas parce qu'on n'a pas le temps, qu'on ne prend pas le temps, qu'on est fatiguée , qu'on remet toujours au lendemain... Quelles que soient les activités choisies, le but est de les transformer en habitudes qu'on va suivre chaque matin. Pour notre expert, « la routine, c'est notre boîte automatique, ça roule tout seul » !

Quel impact cela a-t-il sur le reste de la journée ?
Même si on pense « ne pas être du matin », on est plus frais et dispos physiquement et mentalement après une nuit de sommeil qu'après une journée de travail. Dans le cas où on décide d'inclure du sport dans sa routine matinale, on profitera de son effet tonifiant pour continuer sa journée alors que, pratiqué le soir, il risque de retarder l'endormissement. De même, si la méditation, la lecture ou l'écriture évacuent le stress et stimulent les neurones, mieux vaut profiter de ces bienfaits tout au long de la journée, plutôt que pendant le sommeil . De plus, « le matin est un moment de calme, qui nous appartient et qu'on maîtrise complètement », précise notre expert.

Donc on dort moins ?
Non, le but n'est pas de dormir moins, mais de se réveiller plus tôt que d'habitude. Pour respecter son temps de sommeil, il faut donc se coucher plus tôt le soir. Si on avance son réveil de 30 minutes ou 1 heure, il est naturel de s'endormir 30 minutes ou 1 heure plus tôt le soir. Autre option pour ne pas manquer de sommeil : faire des siestes. En semaine, on peut faire des minisiestes de 5 à 10 minutes (ne pas dépasser 20 minutes) sur son lieu de travail, dans sa voiture...

Notre expert précise « qu'il n'est pas nécessaire de s'allonger et de s'endormir pour se reposer. La sieste consiste essentiellement en un repos du cerveau. Il suffit de fermer les yeux, de décontracter au maximum les muscles et de faire le vide dans son cerveau. » 5 à 10 minutes de sieste nous apportent 1 à 2 deux heures d'énergie supplémentaires. Et le week-end, place aux siestes un peu plus longues ou crapuleuses (de 30 minutes à 1 h 30), qui permettent d'avoir son compte de sommeil, sans oublier leurs autres bienfaits !

5 astuces pour réussir à (bien) se réveiller
Même lorsqu'on est très motivée, se réveiller plus tôt peut être plus difficile certains matins que d'autres. Surtout à l'approche de l'hiver... Pour mettre toutes les chances de son côté et se lever du bon pied, voici quelques conseils.

1. Placer son réveil à l'autre bout de la chambre, le plus loin possible de son lit. Résultat : on est obligée de se lever et de mettre son corps en mouvement pour l'éteindre !
2. Se lever dès que le réveil sonne et s'interdire d'utiliser la touche « snooze », qui fait re-sonner l'engin quelques minutes plus tard. Penser qu'on « gagne » quelques minutes de sommeil supplémentaires est une fausse idée. Ces microréveils successifs fatiguent davantage.
3. Se fixer une heure de lever et s'y tenir. Évidemment, cela sous-entend de se coucher à heure fixe également. C'est aussi valable pour le week-end, même si on peut s'autoriser une grasse matinée (mais sans dépasser deux heures de sommeil en plus).
4. S'offrir (ou se faire offrir pour Noël ou son anniversaire) un simulateur d'aube, qui aide à se réveiller en douceur et surtout au bon moment de son cycle de sommeil.
5. Dès qu'on est debout, on file se brosser les dents et/ou s'asperger le visage d'eau froide (ou tiède).

Effet stimulant immédiat garanti ! Puis sans attendre, on boit un grand verre d'eau (avec un peu de jus de citron pour un effet détox) afin de réhydrater son corps et de l'aider à se réveiller.

Les îles du Saloum regorgent d’attraits exceptionnels et de sites merveilleux. Mar Lodj (région de Fatick) fait partie de cette remarquable mosaïque qui ne laissera pas indifférent le visiteur. Enveloppé de mystère, ce village typique de Sérères tournés vers la pêche et l’agriculture liées avec l’élevage offre une splendide et fascinante retraite où l’on peut savourer les charmes d’une vie très simple. Dans ce havre de paix, musulmans et chrétiens vivent en parfaite harmonie et restent plus que jamais attachées à leurs traditions.

Lendemain d’Achoura. Mar Lodj s’est réveillé très tôt après une nuit arrosée par un copieux et délicieux couscous. La communauté musulmane, en habits de fête, s’est rassemblée pour sacrifier à la traditionnelle prière annuelle organisée, depuis quelques années maintenant, sur l’île. En l’espace d’une journée, la place publique du village devient le lieu de convergence des centaine de fidèles venus en quête de bénédiction, s’adonner aux prières et faire des vœux pour la prospérité et la paix. Au-delà de son aspect religieux, Achoura est une occasion privilégiée, pour des retrouvailles familiales, et aussi un moment festif propice au resserrement des liens et à un regain de solidarité. Et chaque année à Mar Lodj, cette fête constitue une occasion pour les musulmans de communier.

Selon l’imam Babacar Diène, cette séance de prières est une tradition qui est perpétuée sur l’île depuis une décennie maintenant. « Chaque lendemain d’Achoura, toute la communauté musulmane de l’île se rencontre sur la place publique pour prier, rendre grâce à Dieu. On organise une conférence pour rappeler les fidèles à Dieu et à raffermir leur foi », précise l’imam.

Ces séances de prière se déroulent sous l’œil avisé des chrétiens dont les maisons sont contiguës à la mosquée. Mar Lodj n’est pas seulement musulman. L’île est aussi chrétienne et les deux communautés vivent côte à côte et l’on ne sent pas trop la différence. Le dialogue islamo chrétien y est une réalité depuis fort longtemps. Et même les enfants, dans les rues, vous diront, sans difficultés, que chrétiens et musulmans sont unis par le lien du sang. De l’avis des anciens du village, cette coexistence pacifique a toujours existé. « Depuis toujours, les deux communautés vivent en paix, dans la fraternité, la coopération et le respect mutuel », indique l’imam.

Plus d’un siècle de cohabitation a soudé les relations entre les deux communautés. « Un étranger qui vient à Mar Lodj aura du mal à savoir qui est musulman ou chrétien grâce au climat exceptionnel de convivialité qui caractérise les relations. On ne considère pas qu’il y ait des chrétiens ou des musulmans. Car au sein d’une même famille, on peut retrouver aussi bien des chrétiens que des musulmans. », fait savoir le vieux Sékou Kane. Pour Georges Faye, chrétiens et musulmans continuent toujours de marcher ensemble pour avancer dans la même direction tracée par leurs ancêtres. « Ici, chrétiens et musulmans ont toujours vécu côte à côte et partagent tout. Les couples islamo-chrétiens se multiplient. Les chrétiens assistent aux cérémonies de mariage de leurs frères musulmans et vice-versa », explique-t-il. Le puzzle que constitue la cohabitation des deux communautés s’illustre pendant les fêtes religieuses qui sont célébrées collectivement dans le respect absolu et la communion. Bien que chaque fête religieuse soit célébrée par chaque communauté, précisent les notables, il y a une vraie participation de tous les insulaires lors de ces manifestations. Les populations s’unissent aussi dans les travaux ; que ce soit pour la construction de mosquées ou d’églises.

Une île accueillante
Quai Mar LodjSituée dans la commune de Fimela et à 150 km au Sud de Dakar, l’île de Mar Lodj qui regroupe plus de 5000 habitants est accessible par pirogue depuis le charmant village de Ndangane Sambou. Avec son embarcadère et ses piroguiers très dynamiques, ce village de pêcheurs constitue aussi le point de départ pour des excursions et balades, notamment sur les bolongs et vers les différentes îles. Les populations de Mar Lodj ne sont pas fermées aux autres. Toujours disponibles, ces insulaires accueillent volontiers l’étranger et partagent volontiers leur culture, leur savoir-faire, leurs traditions, mais aussi leur temps. Un tour sur l’île permet de s’en rendre compte et d’apprécier la générosité de la nature et de découvrir l’entrelacement de trois arbres, un fromager, un rônier et un caïlcédrat, symbolisant l’harmonie entre musulmans, chrétiens et animistes.

A Mar Lodj, le dynamisme des femmes a été fortement magnifié. Pour obtenir leur indépendance économique et améliorer leur niveau de vie, elles mènent une lutte quotidienne, développent des activités génératrices de revenus. Elles sont présentes partout. Elles s’activent dans la transformation des produits halieutiques, l’apiculture, l’aviculture, le maraîchage, l’artisanat, le commerce. L’exercice de ces activités, indispensables à l’autonomie économique et l’épanouissement personnel, leur permet de s’élever socialement et économiquement.

Cependant, note Anna Sonko, leurs capacités et moyens de production restent trop limités pour leur permettre de vivre décemment de leur activité. La cause, elles ne bénéficient ni de soutiens ni de financements. « Les femmes de Mar Lodj sont très engagées et ont besoin d’appuis pour améliorer la qualité de leurs produits pour satisfaire les exigences du marché. Elles ont aussi besoin de valoriser leur savoir-faire et leurs produits et de renforcer leurs capacités à travers l’alphabétisation et avec des cours de formation spécifique », plaide Anna Sonko.

Des traditions jalousement conservées
Au cœur de l’île, vit une population qui a su conserver quelques traditions fortement identitaires et une vie sociale solidaire. Le cycle des fêtes célébrées tout au long de l’année à Mar Lodj témoigne de l’attachement à leur culture. « Face à l’influence de la culture du monde entier, l’île est restée fidèle à ses traditions. Plusieurs rites traditionnels sont encore célébrés. Et le « ndut » est l’un des temps forts de la vie des Sérères », explique Georges Faye, président de l’association des parents d’élèves de l’île. Ce rite initiatique marque le passage de l’enfance à l’âge adulte. « Avant, le « ndut » était organisé chaque année. Les jeunes partaient pour plusieurs mois en brousse et durant cette retraite, on leur apprenait à devenir des hommes.

Maintenant, ce n’est plus possible. Pratiquement, tous les enfants vont à l’école, donc, ils n’ont que les vacances scolaires. C’est pourquoi on l’organise périodiquement maintenant, tous les trois ou cinq ans », indique-t-il.

Cette nouvelle donne, note-t-il, a donné plus d’envergure et une portée à cet évènement. « Tous les jeunes en âge d’être initiés sont recensés et leurs parents sont avertis. Ensuite, c’est le grand rassemblement à la grande place du village. Les candidats sont amenés en brousse pour une retraite d’une semaine pour subir un certain nombre d’épreuves. « On leur apprend certaines valeurs comme l’endurance, la rigueur, le courage, l’honneur, la dignité, la bravoure, mais aussi certaines valeurs mystiques », indique-t-il.

Quand ils reviennent, ils deviennent des adultes et peuvent prendre part aux décisions, auront le devoir de veiller à leur tour à la formation des jeunes générations. Chez les Sérères, explique M. Faye, le « ndut » est indispensable. Quiconque n’a pas subi le rite d’initiation n’est pas considéré comme un vrai homme. C’est pour cette raison que les femmes sérères ont aussi leur initiation. Ce rite placé sous le signe de la transmission mère-fille, constitue un passage obligé pour leur permettre d’être considérées comme des femmes matures et accomplies.

La lutte traditionnelle est une discipline très pratiquée sur l’île. Elle a pu conserver son origine très ancienne et chaque fête constitue une occasion pour organiser des séances de lutte et perpétuer cette tradition. Le Nguel aussi occupe une place importante dans l’agenda culturel de l’île.

Les mystérieux canons de Cap Margnane
Situé à quelques kilomètres au nord de Mar Lodj, Cap Margnane est un coin paradisiaque qui invite à la découverte. La présence de deux imposants canons, dont l’un est tourné vers la mer, constitue la principale attraction. De l’existence de ces canons, les villageois n’en connaissent pas grand-chose. C’est à peine même s’ils viennent dans cette partie inhabitée de l’île.

Tout ce qu’ils savent, c’est que Cap Margnane abrite un grand campement dans lequel travaillent des enfants de Mar Lodj. Rien de plus. Mais vu l’état de ces canons complètement rongés par la rouille, on serait tenté de dire qu’ils ont été installés à l’époque coloniale pour protéger l’île. Mais contre qui, contre quoi ? Mystère. Aujourd’hui, ces vestiges historiques qui mériteraient d’être valorisés, sont colonisés par le campement touristique qui les a intégrés dans son domaine de sorte que le visiteur ne pourra que les contempler de loin.

Mar Soulou, la partie la plus musulmane de l’île
Imam Mar LodjContrairement à Mar Lodj, Mar Soulou est uniquement peuplé de musulmans. Ici, la population est tournée, à la fois, vers la mer avec une activité de pêche importante et vers l’agriculture qui a toujours rythmé leur quotidien. Mamadou Thior, imam de la localité, est formel. Mar Soulou, assure-t-il, est le premier village de l’île. Même si, reconnait-il, beaucoup de gens ont quitté Mar Soulou pour fonder d’autres villages. L’agriculture, selon l’imam, a toujours constitué l’activité principale des populations. A l’époque, indique-t-il, l’autosuffisance était une réalité dans le village. Les paysans produisaient en abondance, consommaient et vendaient le surplus. « On cultivait ce qu’on mangeait et les paysans vivaient bien de leur activité. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. L’agriculture s’est modernisée et si l’on n’a pas les moyens, il est difficile de s’en sortir », indique-t-il. Selon lui, l’avenir de l’agriculture ne s’annonce guère meilleur.

Celui de la pêche non plus. Ces activités, note-t-il, sont de plus en plus délaissée par la jeunesse. « Les jeunes sont devenus paresseux. Ils veulent s’enrichir sans peiner. Rares sont ceux qui pratiquent l’agriculture et beaucoup ne veulent plus pêcher. Chacun rêve d’émigration. C’est un problème complexe », indique le vieux Thior. Mais, avoue-t-il, les populations ont réussi à sauvegarder bon nombre de traditions qui existent depuis la nuit des temps. « Malgré la modernité et l’islam, Mar Soulou continue de vivre au rythme de rites ancestraux », fait-il savoir.

Comme partout ailleurs, la naissance est un moment qui revêt une importance particulière dans la vie sociale et familiale et à Mar Soulou, un enfant qui vient au monde est soumis à un rite ancestral auquel il ne faut pas déroger. « La naissance annonce le commencement d’un nouveau cycle et il est bon de protéger le nouveau-né contre tout ce qui pourrait le nuire. C’est pourquoi, à chaque naissance, on procède à un rituel avant même que l’enfant ne soit allaité. Il est lavé et porté sur le dos. On prie pour le protéger, mais aussi conjurer le mauvais sort, entre autres. Cette tradition est scrupuleusement respectée. Tous ceux qui ne le font pas, seront exposés aux conséquences. L’enfant risque d’attraper des maladies qui forceront ses parents à l’amener ici », indique-t-il.

Le rituel est célébré sous un arbre sacré qui, selon l’imam, se trouve quelque part dans le village. Ce rite a tout son sens, assure la dame Astou Diouf. « Tous ceux qui l’ont fait ne l’ont pas regretté. Ce n’est pas pour rien que nos ancêtres nous l’ont légué et que nos parents l’ont perpétué », fait-elle savoir. Un autre rite est consacré aux personnes en proie aux difficultés, selon l’imam Thior.

A Mar Soulou, la communauté célèbre aussi la fête de la récolte de mil qui est tout aussi importante, à en croire l’imam. « Cette fête est un moment de grand regroupement. Toute la population se retrouve au tour du baobab pour sacrifier à un rituel. Chacun amène deux kilogrammes de mil. On profite de l’occasion pour demander des récoltes abondantes au Bon Dieu », indique-t-il.

Mar Fafacou et Wandié sont les autres villages de l’île qui regorge de potentialités touristiques, mais qui sont malheureusement sous exploitées. « Il y a beaucoup de campements sur l’île, mais cela ne suffit pas pour booster le tourisme. Il faut un accompagnement de l’Etat pour exploiter ce riche potentiel qu’offre l’île et permettre à la localité et à ses populations de vivre des retombées du tourisme », plaide George Faye.

Par Samba Oumar FALL (textes) et Ndèye Seyni SAMB (photos)

UNE ÎLE QUI A SOIF DE DÉVELOPPEMENT
Place Pub Mar LodjMalgré ses nombreux atouts, Mar Lodj vit avec ses contraintes. L’île qui dispose de deux postes de santé, de deux maternités, de quatre écoles dont trois publiques, de deux maternelles et d’un Collège d’enseignement moyen, fait face à de nombreux défis. Une bonne partie de ses terres restent gagnées par la salinisation. « Nous n’avons que l’agriculture comme activité et depuis quelques années, on note la remontée de la langue salée qui détériore nos terres de façon irrémédiable. Notre activité est menacée et nous avons besoin d’aide », indique l’imam, Babacar Diène. Si rien n’est fait, soutient-il, c’est l’avenir de toute l’île qui pourrait être compromise. « Nous voulons que l’État nous aide à mettre au point des stratégies appropriées pour lutter contre ce fléau », note-t-il. Le vieux Sékou Kane est du même avis. « Si rien n’est fait, le sel continuera d’endommager nos terres ; ce qui, à terme, risque de mettre en péril la sécurité alimentaire à Mar Lodj », relève-t-il. Mar Lodj n’est pas épargnée par l’érosion qui gagne du terrain sur l’île. Ce phénomène naturel empêche les populations de dormir. Les notables ne cachent pas leur inquiétude pour l’avenir de leur île. À leur avis, le risque est réel et une solution pérenne devrait être trouvée très rapidement. Ils ont invité l’État à lancer des opérations à grande échelle pour enrayer le phénomène.

Ces notables souhaitent également le désenclavement de leur localité avec la construction d’un pont qui va relier l’île à la rive de Ndangane. Pour l’imam et les vieux du village, il s’agit là de la meilleure option à long terme pour répondre aux besoins des populations. « La construction de pont contribuera à briser l’enclavement de l’île et facilitera la circulation des biens et des personnes ». « L’île est une terre d’agriculture. Les populations sont, pour la majorité, des paysans, des cultivateurs. Ce pont va donc faciliter l’écoulement des productions agricoles. Il en est de même pour la pêche », indique Sékou Kane.

Pour les notables de Mar Lodj, ce pont sera un indicateur de développement et va permettre aux paysans, pêcheurs, femmes transformatrices et autres commerçants de mener, avec plus de facilité, leurs activités. Toutefois, même si ce pont contribuera à la valorisation des atouts touristique de l’île et générera un gain substantiel de temps et d’argent, sa construction laisse perplexes certains jeunes. La crainte de Mamou Sarr, c’est l’envahissement de leur havre de paix, mais aussi la mort de plusieurs métiers. « Un pont risque de porter un sacré coup au caractère original de l’île. Les piroguiers risquent de se retrouver au chômage, de même que les charretiers. Avec le tourisme qui va se développer, l’agriculture et la pêche seront délaissées au profit de nouveaux métiers », indique-t-il.

Par Samba Oumar FALL (textes) et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Inhumanité

23 Nov 2016
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Vendredi dernier j'ai vu sur Facebook l'horreur à l'état pur : les photos d'un jeune garçon nigérian de 7 ans lynché puis brûlé vif par la foule pour avoir tenté de voler dans une boutique un peu de farine de manioc . J'étais saisi d'une rage impuissante et en même temps se bousculaient dans ma tête des questions qui peut-être ne trouveront pas de réponses. Comment peut-on laisser dans un pays commettre un crime aussi révoltant et odieux? Ceux qui l'ont perpétré avaient-ils une once d'âme ? Qui est le monstre qui a pris les photos de l'enfant martyrisé pour les mettre en ligne? Ce pauvre garçon sans doute tenaillé par la faim a voulu commettre ce menu larcin pour survivre dans un Nigeria frappé de plein fouet par la baisse des prix du pétrole et le désordre économique et social consécutif aux actions de Boko Haram. Une simple admonestation ou de petites claques auraient suffi pour lui faire comprendre que ce qu'il voulait faire est interdit. Mais au lieu de cela, la foule s'est acharnée sur lui avec une violence inouïe. En me remémorant le sacrifice du jeune Ikemefuma dans "Le monde s'effondre" le roman éponyme de Chinua Achebe, j'ai cru trouver une explication partielle à un acte qui avait peut-être de profondes racines sociologiques. On dit que la foule est bête car au moment où elle brûlait le corps du petit garçon à cause de quelques grammes de farine de manioc sait-elle combien de dizaines de milliards de dollars ont été volés au Nigeria par des politiciens, des officiers et des hommes d'affaires véreux ? De l'argent qui aurait pu assurer le ravitaillement du pays en farine de manioc pendant des décennies ou faire construire écoles, hôpitaux et routes à foison.

Enfin je ne peux m'empêcher de me poser une dernière question : quel est l'avenir d'une société où pour une pincée de farine on brûle vif un petit garçon dans la rue ?

Il faut également ajouter que la série de meurtres commis à Dakar et à l'intérieur du pays ces derniers jours peut être rangée dans un rayon voisin de ce qui est dénoncé plus haut.

Par Ibrahima MBODJ

Directrice nationale de la petite enfance et de la case des tout-petits, la mairesse de Diarére et coordonnatrice de le Convergence des jeunes de l’Alliance pour la République (Cojer) est présentée comme une « makyste fondamentale ». Itinéraire d’une jeune dame dont la carrière syndicale et politique a ouvert les portes de la Direction de la petite enfance.

Une carrière syndicale qui s’efface, faisant place à une aventure politique qui commence, couronnée par une nomination à la direction de la petite enfance. En trois ans, la fibre syndicale s’est épaissie, laissant la place à une corde politique plus solide. Thérèse Faye Diouf, « mackyste fondamentale » prompte à dégainer contre les contempteurs de son mentor, refuse pourtant l’étiquette de « répondeur automatique » qui lui colle à la peau.

En effet, depuis le campus universitaire où elle nourrissait l’ambition de voir la « victime » de la loi Sada Ndiaye occuper le fauteuil du Palais, ses compagnons la qualifiaient de « rêveuse ». Certains forts en thème la serinaient de certitudes sorties de leurs augures : « Macky Sall ne sera jamais président ». Elle s’accrochait alors à ses espoirs et s’engageait en faveur du futur successeur de Me Wade. Elle lance, avec des amis, le mouvement « Diom », jeunesse ouverte à Macky Sall pour la restauration de la justice. Une persévérante, cette jeune dame haute comme trois pommes.

Cette Mouskendou (femme forte en djola) est membre fondatrice de l’Alliance pour la République (Apr). Coordonnatrice de la Convergence des jeunesses républicaines (Cojer), Thérèse Faye est, ou presque, la première femme qui est à la tête d’un mouvement de jeunes. Carrefour des chocs, d’ambitions et d’alliances conjoncturelles pour accompagner les têtes couronnées.

Son père, un gendarme, n’avait pas vu d’un bon œil son entrée en politique. Mais soutenir Macky Sall, fils du terroir est un devoir pour tout Fatickois. Les lignes d’alliance entre l’ex-Premier ministre et l’ancienne présidente du mouvement des élèves et étudiants de la région de Fatick se sont dessinées lors de leur première rencontre à la primature. Un engagement politique pour Macky Sall qui s’affirme, d’abord, dans le Parti démocratique sénégalais (Pds). « Soutenir le président Macky Sall », soutient-elle, « est un sacerdoce pour moi ». Elle ajoute, des perles de lumière dans les yeux : « C’est ma référence, je n’aurai plus de leader politique à part lui car c’est lui qui m’inspire dans mes actions politiques ».

Victime de la loi Sada Ndiaye
Après un passage à la cellule de communication du Pds, elle débarque à l’Assemblée nationale le 4 novembre 2008 comme assistante administrative après l’obtention d’une licence en sociologie. Deux jours après, la loi Sada Ndiaye est votée, emportant sur son passage, amis et collaborateurs de l’ancien président de cette institution qui allait devenir le quatrième président de la République quatre années plus tard. Mais la fille de Diarère est maintenue à son poste bien qu’orpheline de son mentor.

Cependant, le destin prend les raccourcis les plus inattendus pour faire briller une personne. Malgré un bébé de six mois, elle est accusée de fomenter un coup d’Etat contre le président Wade avec d’autres amis qui s’employaient à formaliser l’installation du mouvement des élèves étudiants à l’Université de Bambey. Une accusation qui projette une vive lumière sur cette femme frêle et ambitieuse. L’arrivée au pouvoir de son parti sonne comme une victoire contre tous les coups tordus de l’ancien régime contre Macky Sall et les siens. En avril 2012, cette titulaire d’une maîtrise en Sociologie et d’un master en sciences politiques à la faculté des sciences juridiques et politiques se retrouve à la tête de la direction de la Petite enfance et de la case des tout-petits.

Par Marame Coumba Seck

Last modified on mercredi, 23 novembre 2016 16:37

Imany : La belle aux foulards

23 Nov 2016
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Répètera-t-elle le carton européen de son premier opus, The Shape of a Broken Heart, sorti en 2011 ? Son nouveau titre, dont le single « There Were Tears » a été dévoilé au public, est sensiblement plus orchestré, entre pop et variété, que les joyaux folk-soul épurés du disque précédent tels que le hit « You Will Never Know ». Son premier album, inspiré par ses peines de cœur, avait un feeling et un charme particuliers.

Ce qui lui a valu d’être disque de platine en France et en Pologne, et disque d’or en Italie, en Grèce et en Turquie. Depuis, Imany, de son vrai nom Nadia Mladjao, enchaîne les concerts, parle toujours d’amour dans ses chansons et lance aux filles des messages clairs, sur les scènes parisiennes où elle aime se produire, à la Bellevilloise, la Cigale ou le Trianon : « Si ça ne va pas, ne te change pas toi… Change de mec ! » Cette fille de militaire, née en 1979 à Martigues d’une famille d’origine comorienne, n’a jamais vraiment hésité à être elle-même. Elle a d’abord fait du saut en hauteur, pensé à des études d’histoire et au journalisme, avant de se faire repérer dans le métro parisien par une agence de mannequins. Partie à 19 ans à New York pour un contrat de trois semaines avec Calvin Klein, elle y restera sept ans, s’initiant au chant en marge des séances photo et des défilés. La bande-son de ses années new-yorkaises : Tracy Chapman, Lauryn Hill et Nina Simone. En 2008, lassée de « faire le cintre », elle quitte les podiums, et le petit studio de relooking qu’elle avait monté, pour revenir à Paris se lancer dans la chanson, avec sa sœur Fatou comme manager. Elle est vite repérée lors d’un gig dans un café parisien par Malick Ndiaye, patron du label sénégalo-parisien Think Zik!, qui produit aussi Ayo et Faada Freddy. Depuis ils ne se quittent plus – et se sont même mariés à Dakar.

Imany cultive son petit côté star inclassable et collectionne les succès tranquilles. Elle a ainsi signé, en 2013, la musique du film « Sous les jupes des filles», d’Audrey Dana, vu par 1,4 million de spectateurs en France. Une édition limitée de lunettes funky « Imany pour Alain Mikli » est sortie fin 2014. Et l’une de ses chansons, remixée en Russie, a été numéro 1 d’iTunes Russia début 2015, et sert de générique à une émission sur France 2.

La belle aux foulards comoriens régale avec ses conseils mode les pages people des magazines féminins, mais garde la tête sur les épaules. Elle a promis à ses fans de ne pas dévier de son cap folk et soul, pour céder aux tentations commerciales du R’n’B… En attendant la sortie de l’album, prévue en septembre, et les tournées qu’elle va enchaîner, Imany participe à des concerts pour récolter des fonds, en tant que marraine de l’association Endomind, pour lutter contre l’endométriose, une maladie encore mal connue qui atteint la fertilité des femmes. Et par-dessus tout, elle trace sa route. À son rythme.

Par Oumar BA

La décolonisation de l’Afrique est un mythe, la liberté du continent une illusion. Sabelo Ndlovu-Gatsheni le dit et le répète : l’indépendance des nations africaines n’a pas mis fin aux rapports de domination. En témoignent l’imposition de sanctions économiques ou les interventions militaires sur le continent au nom des droits de l’homme, de la démocratie ou de la lutte contre le terrorisme. Les relations entre l’Occident et l’Afrique se disent toujours dans un rapport colonialiste.

Aussi l’historien zimbabwéen, directeur de l’Institut de recherches Archie Mafeje de l’Université d’Afrique du Sud (Unisa), est d’avis que « postcolonial » et « néocolonial » s’entremêlent tous deux dans notre monde contemporain. Sabelo Ndlovu-Gatsheni appelle à décentrer le regard, à sortir des espaces académiques forgés par un monde européen engagé dans un projet de conquête impériale, à explorer les marges et les frontières. La violence n’est seulement physique ou psychologique. Il faut donc penser de nouveaux concepts et de nouveaux référents intellectuels ; condition sine qua non pour bâtir une humanité fondée sur l’équité, la justice sociale et la « coexistence éthique », et mettre fin aux rapports de classes et de races, plaide-t-il.

Par Oumar BA

C’est peu dire que la Silicon Valley ne voulait pas d’un Trump président. Nombreux à venir du microcosme californien unanimement pro-Clinton, les participants américains du Web Summit sont arrivés sonnés. La plupart rivés sur leur smartphone – encore plus que d’habitude- pour accuser le choc en échangeant avec leurs proches.

« Continuer à construire un monde meilleur »
C’est ainsi en sorte de thérapie de groupe que s’est momentanément transformée la scène principale de la grand-messe de la technologie. D’abord quand Paddy Cosgrave, l’organisateur irlandais du Web Summit, a invité le public à faire briller dans la salle ses smartphones « face à l’obscurité qui s’annonce », avant d’appeler les entrepreneurs à « travailler dur pour continuer à construire un monde meilleur ».

La thérapie s’est poursuivie lors d’un débat qui « devait initialement être le petit débat sympa où on allait parler de Clinton », ironisait David Patrikarakos, du Daily Beast, qui l’animait, puisqu’il devait être question de l’impact qu’aurait l’élection sur les quatre années à venir pour le monde de la tech. Sans que personne n’envisage sérieusement l’option Trump.

« Sa victoire est le résultat de la colère qui grandit depuis des années dans nos sociétés, comme l’a été le Brexit, comme l’est en France la montée de l’extrême-droite, a commenté Owen Jones du Guardian. Invitée pour son engagement politique avec la plateforme Up to Us, l’actrice Shailene Woodley (Divergente) a de son côté jugé que les « médias de masse avaient servi de porte-voix à Trump ».

La question de la responsabilité des réseaux sociaux s’est aussi invitée dans la discussion. « Trump n’a pas seulement gagné grâce à sa stratégie sur Twitter ! a vivement réagi Bradley Tusk, le CEO de Tusk Holdings. Ce qu’il faut réaliser, c’est surtout que la moitié du pays est désabusée ».

Mais aussi « bouleversante soit la nouvelle, nous sommes une nation forte, et nous allons survivre », a-t-il ajouté.

Sur Tinder, seule la Russie votait Trump
Le dernier intervenant de la journée, le CEO de Tinder Sean Rad, qui avait passé avec son équipe « toute la nuit devant la télévision », s’en est lui remis à « la formidable démocratie dans laquelle nous vivons ». « Il va falloir désormais soutenir la décision des Américains ».

Tinder avait organisé ces dernières semaines sa propre « élection », avec l’option « Swipe the vote » (tout juste proposée en France pour les primaires) qui permettait aux utilisateurs des Etats-Unis mais également de 14 autres pays de choisir leur candidat préféré.

Par le surfeur

Pour garder vos intérieurs sains et sans risque pour les allergiques et les asthmatiques, évitez de pulvériser des huiles essentielles.

Les sprays aux huiles essentielles seraient-ils de faux amis ? Oui, selon les résultats d'une étude du Syndicat français des allergologues (Syfal) dévoilée par Le Parisien. En effet, vendus pour assainir l'air, ils seraient plutôt des machines de guerre diffusant des composés organiques volatils (COV), grands contributeurs de la pollution intérieure et ennemis numéro 1 des allergiques et asthmatiques. 

Les diffuseurs d'huiles essentielles sont vendus pour rendre l'air de nos intérieurs plus purs. Pourtant à chaque pulvérisation, ils remplissent les pièces fermées des composés organiques volatils (COV) et du limonène ou le pinène (extraits du citronnier et du pin).

Interrogé par le Parisien, le docteur Denis Charpin, chef du service de pneumologie allergologie à l'hôpital Nord de Marseille, rappelle que « l'on retrouve dans ces sprays exactement la même molécule que celle intégrée dans des produits ménagers chimiques de synthèse vendus en grande surface. La pub a réussi à nous faire croire depuis des années que pour qu'un lieu soit propre il faut que ça sente bon. Le problème est que, dès lors que ça sent justement, il y a des composés organiques volatils. »
Diffuser des huiles essentielles, un geste polluant

«En les diffusant, un aérosol met ces particules, dont certaines comme le limonène sont notoirement connues comme allergènes, en suspension. Se collant aux particules de pollen ou de pollution qui s'y trouvent déjà, cela fait un effet cocktail lorsqu'on les inhale », s'explique au quotidien la présidente du Syfal.

Elle met en avant une étude scientifique qui affirme qu' «après avoir pulvérisé un spray assainissant contenant une quarantaine d'huiles essentielles dans une chambre d'exposition confinée, les mesures y relevaient un taux de limonène trois fois supérieur à celui qui suffit à déclencher une crise chez un patient asthmatique ».

Source : topsante.com

Chef-d’œuvre éphémère confectionné au temps par les signares se rendant à la messe de minuit, le Fanal est considéré comme l’une des fêtes les plus populaires de Saint-Louis du Sénégal. Au-delà de son caractère festif, la manifestation porte l’identité d’une ville réputée pour son bouillonnement culturel.

Malgré la concurrence imposée par les grandes villes, Saint-Louis n’a pas dépéri. L’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française ne s’est toujours pas départie de ses fastes réjouissances. Ses fêtes traditionnelles comme le Fanal continuent de donner à la cité tricentenaire son ambiance chaude et subtile. Mais aussi l’image d’une ville creuset d’une civilisation colorée, un lieu portant l’empreinte d’un passé mouvementé.
Née en pleine période de domination française, la tradition du Fanal a grandi dans le sud de l’île, dans le quartier Sindoné appelé encore Kertian. Un quartier dont les maisons gardent encore tout leur charme avec leur petit balcon en fer forgé à l’allure tropicale.

De la nuit jaillit la lumière
Vers le 18ème siècle, la ville de Saint-Louis n’avait pas de lumière. Les belles Signares aux « longues robes à larges jupes garnies de volants », lorsqu’elles se rendaient à la messe de minuit, pendant la fête de la Nativité, étaient accompagnées par leurs esclaves qui portaient des lampions pour leur éclairer le passage. Ainsi, puisqu’elles allaient toutes à la messe de minuit à la même heure, on assistait à une magnifique procession au quartier Sindoné. Les esclaves qui restaient à l’entrée de l’église, explique la journaliste et comédienne Marie Madeleine Diallo, maintenaient leurs lampions allumés. « Le beau spectacle auquel assistaient les passants leur faisait penser à une « Panal », qui signifie en Français, le beau, l’extase. C’est de là qu’est venu le mot « Fanal ». Les gens ont, par la suite, pensé à faire des « mbootaye » (regroupements) qui portaient le nom d’un parrain. Ils concoctaient des chants qui n’ont toujours pas changé », révèle-t-elle.

Le parrain, une personne influente de la colonie
Toutefois, les chants de procession n’avaient rien à voir avec les chants du parrain. Dans son ouvrage «Reflets de mode et traditions saint-louisiennes », l’écrivaine Fatou Niang Siga définit le spectacle du Fanal de l’époque coloniale comme une grande manifestation qui « était accompagnée de garçons porteurs de pantins en bois et cartons gigotant au bout d’une perche dès qu’ils tiraient les ficelles qui les mettaient en action ». Selon elle, la danse « qui accompagnait le son du tam-tam distrayait les spectateurs ; le salut faisait sourire le blanc ; le culbute polarisait l’attention des enfants ».

Pour Fatima Fall, directrice du Centre de recherche et de documentation du Sénégal (Crds), le Fanal était une concession très légère qu’on fabriquait en hommage à un parrain ou à une marraine, en l’occurrence quelqu’un de très influent au niveau de la colonie. Il se déroulait pendant les soirées de Noël, de la Saint Sylvestre ou à l’occasion de la réception de certaines personnalités à Saint-Louis.

« Les gens défilaient le soir dans les rues avec des lampions accompagnés des chansons à l’endroit de la marraine, du parrain ou de l’hôte de marque qui séjournait à Saint-Louis », avance-t-elle. A l’accession du Sénégal à l’indépendance, le président Léopold Sedar Senghor n’hésitait pas à l’époque de faire organiser un Fanal à l’honneur de ses hôtes de marque. C’est ainsi qu’on a eu le Fanal de Félix Houphouët Boigny, du président Jacques Chirac plus tard. « Je me rappelle toute jeune que le président Senghor, chaque fois qu’il avait des hôtes de marque, les amenait à Saint-Louis. Il y avait à la place Faidherbe le Fanal qui portait le nom de l’hôte de marque qui séjournait dans l’île. Comme mon père était enseignant, on habitait juste à côté de la Place Faidherbe où nous allions chaque fois pour profiter du spectacle », se rappelle Mme Fall, par ailleurs présidente de l’Association « Nd’art ».

Une question d’honneur et de prestige
FanalD’autant plus que chaque quartier avait son Fanal, une véritable compétition s’ouvrait durant un mois. Les répétitions de chants à l’honneur du parrain allaient bon train. « Les femmes répétaient pendant des semaines l’arbre généalogique du parrain, l’histoire de sa famille, son cursus, son histoire personnelle, ce qu’il a apporté à la ville, etc. Elles se cachaient pour le faire car le Fanal était un concours et il ne fallait pas que le quartier concurrent soit au courant les chants concoctés par le quartier rival », renseigne le Directeur du Tourisme, de la culture et du patrimoine de la commune de Saint-Louis, Ahmadou Cissé. Pour les concurrents, c’était une question d’honneur et de prestige d’obtenir l’onction populaire. A l’image des autres fêtes de l’époque, le Fanal était aussi un marqueur identitaire. « Comme c’était le cas de certains combats de lutte traditionnelle qu’on a connus au Sénégal, pendant des semaines les gens ne parlaient que de cela, l’événement rythmait la ville, les grandes places, les causeries. Le Fanal se tenait le 31 décembre, donc durant tout le mois de décembre on ne parlait que de cela. On était fier de voir le Fanal de son quartier le jour-j », raconte M. Cissé.

Chaque équipe représentant soit Sor, Langue de Barbarie, les quartiers du Nord et du Sud, s’ingéniait à donner le meilleur de lui pour présenter le plus beau Fanal de toute la ville. Il fallait faire preuve de beaucoup d’ingéniosité et de créativité pour convaincre le jury instauré par le gouverneur en vue de primer le plus beau Fanal.

Les menuisiers rivalisaient d’ingéniosité dans la fabrication du Fanal. « Le premier grand Fanal roulant parut après la première guerre mondiale. Il fut l’œuvre du nommé Aziz Diallo, un menuisier habitant le faubourg de Sor. L’artiste avait reproduit « Lourdes », l’église de son quartier. L’ouvrage avait été décomposé en pièces à superposer au dessus d’un chariot à encadrement de bois entouré de cretonne, reposant sur quatre roues », écrit Fatou Niang Siga.

Dans sa conception, note Alioune Diagne Golbert, le Fanal devait symboliser un édifice très important de la ville. Les concurrents avaient donc le choix entre la mosquée, le gouvernorat, l’église, la gare… Le jour-j, les différents quartiers, chacun avec son Fanal qui pouvait atteindre jusqu’à cinq mètres de hauteur, convergeaient vers la Place Faidherbe sous le rythme du tam-tam. Grand moment de communion et de ferveur populaire, le Fanal était un événement auquel les Saint-Louisiens étaient fortement attachés, un symbole de solidarité entre les habitants d’un même quartier.

Le Fanal version moderne
Aujourd’hui, même si les époques ont changé, le Fanal continue de résister aux vicissitudes du temps. La célèbre journaliste et comédienne Marie Madeleine Diallo s’efforce, depuis 2000, à travers sa structure de communication et d’événementiel, Dialloré Productions, de redonner à cet événement phare de la culture saint-louisienne son lustre d’antan.

Elle a donné au Fanal un nouveau contenu avec un thème pour chaque édition. Contrairement à ce qui se faisait dans le passé, la manifestation n’est plus une affaire de quartier. Elle est organisée actuellement en « In » et « Off » avec des activités qui mettent en exergue toutes les structures culturelles de la région de Saint-Louis.

« Ce qui est intéressant aujourd’hui avec le Fanal, c’est que nous avons toutes les filières artistiques qui l’accompagnent : les compagnies de danse, les troupes de théâtre etc. », se félicite Moustapha Ndiaye, directeur du Centre culturel régional de Saint-Louis. La vieille ville garde toujours cette activité ancrée dans la programmation culturelle et touristique de la cité.
Cette manifestation continue d’attirer, de montrer les costumes historiques et les savoir-faire des « Domou Ndar ». La vision de Marie Madeleine Diallo d’en faire un produit culturel est aujourd’hui en marche eu égard à l’engouement populaire que suscite le Fanal version moderne.

Quand le président Senghor interdisait le Fanal
Après avoir fait le bonheur de plusieurs générations de Saint-Louisiens, les lampions du Fanal se sont « éteints » pendant plusieurs années sous les ordres du Président Léopold Sédar Senghor. L’ingérence des politiques dans cette réjouissance à connotation hautement culturelle lui avait fait perdre son essence. L’aspect festif, de communion, de partage et de solidarité entre habitants du même quartier avait cédé le pas à la confrontation entre militants d’obédiences politiques ou idéologiques opposées. « En un moment, les gens utilisaient le Fanal pour non seulement chanter les louanges des parrains mais aussi pour invectiver des adversaires politiques. L’utilisation de cette manifestation à des fins politiques avait poussé le président Senghor à l’interdire », soutient Fatima Fall, président de l’Association « Nd’art ». En effet, le Fanal, en changeant de parrain pour devenir un Fanal de parti, avait perdu son sens. C’est ainsi que les fanaux de la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) et du Bloc Démocratique Sénégalais (BDS) « comme ceux des dioufistes et des laministes ont été à l’origine de la discorde entre voisins, de la dislocation de certaines familles et de la rupture de plusieurs liens d’amitié. Des inconscients qui trouvaient l’occasion la meilleure pour exploiter les candidats aux postes politiques, haussèrent d’une façon excessive les dépenses d’organisation », écrit Fatou Niang Siga dans son ouvrage « Reflets de mode et traditions saint-louisiennes ».

A l’en croire, l’autorité administrative, en constatant les méfaits sur la gestion des deniers publics, interdit cette manifestation qui étaient déjà ancrée dans les mœurs des Saint-Louisiens. Jusqu’à ce que, au début des années 2000, Marie Madeleine Diallo prit l’initiative de ressusciter cette fête portant la marque d’identité de la ville tricentenaire. Depuis, le Fanal est organisé tous les ans au mois de décembre, sauf en 2015 où l’événement n’a pas eu lieu, faute de moyens financiers.

Par Alassane Aliou MBAYE

Last modified on lundi, 21 novembre 2016 10:21

Papy reconversion

21 Nov 2016
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« Poussière et glace ne s’accordent guère. La glace ne s’émiette ni ne s’effrite, elle fond, elle s’évanouit alors que la poussière ne disparaît jamais. Remuante, turbulente, insolente, elle ne cesse de virevolter, de papillonner, de saupoudrer la face du monde du fin réseau de ses cendres instables ». Un de mes cousins, très jeune, curieux personnage, se passionne pour le roman de Jacques Lacarrière, « La poussière du monde », d’où est extrait ce passage. Mon cousin réinterprète le monde à sa guise à partir de mots qui ne sont pas les siens encore moins de son univers culturel, sociologique. Son aversion pour certains individus d’âge mûr -d’âge nuisible pour le reprendre- obstacles à la vie, gouverne son intellect. Cette poussière, inopportunément turbulente et remuante, qui ne se dépose que là où elle confisque des places et pollue l’atmosphère. J’ai alors compris pourquoi mon taciturne cousin s’est tant entiché de ce livre. L’auteur, sans aborder la question des « encombrants papys » sénégalais, lui permettait, en effet, d’exprimer sa répugnance par métaphore…A travers justement cette poussière asphyxiante.

On peut reprocher à mon cousin l’insolence de son ton mais il faut admettre qu’il n’a pas tort sur toute la ligne. Sous nos cieux, dans nos quartiers où se diffusent des valeurs de solidarité de classe, ceux qu’on appelle les « notables » (pas tous heureusement) sont en perpétuelle quête d’exutoire ; une parcelle d’exubérance acquise par cette seule légitimité d’être nés des lustres avant ceux qu’ils écrasent de leurs avanies. Et tous les moyens sont bons. Après des années de ripaille -et peut-être de luxure- (une fille dont je suis tombé éperdument amoureux m’a dit, hier, que de toute façon, à Sunugal, on n’a jamais rien fait), on se passionne subitement pour le pompeux froufrou. On s’achète un chapelet singulièrement long (c’est plus tape-à-l’œil). On copine avec le pauvre muezzin autrefois repoussé avec dédain en attendant de s’acoquiner avec l’Imam s’il est aussi affligeant que son « crieur » (par ailleurs collecteur des « oblations » d’une mosquée en éternelle réfection). Le muezzin est certainement, lui aussi, passé de « chauffeur » de bal musette à dévot sur le tard.

Après avoir conquis le gang au faste étourdissant dans une autre époque, on convoite le titre de « Aladji » pour rassurer la riche veuve du pauvre « Monsieur tranquille » arraché à la tortuosité de la cohorte des vieux « zieuteurs ». L’Imam à la rhétorique exquise viendra ensuite exalter, chez la bonne dame, les valeurs de son nouvel ami repenti avec les acquiescements de son volubile perroquet, insignifiant « ami » de tous. Quelques versets du Saint Coran, des Hadiths et le rappel de nos extraordinaires valeurs traditionnelles assaisonneront le discours du chef de la délégation (ou plutôt son ronronnement. Qu’est-ce qu’ils ont à tous parler comme des marmottes tirées de leur hibernation).

Et si la veuve de « Monsieur tranquille » a le don de clairvoyance, on s’attaque à sa déférente fille. « Xale yi daño wara sëy » (les jeunes doivent se marier) ! De manière sordide, la bande tortueuse indique à leur progéniture les « pistes » à privilégier : Couplé gagnant, couplé perdant, pour ainsi leur emprunter leur jargon ! Et puisqu’ils sont en même temps les censeurs du quartier, la police des mœurs, les gérants de la boutique du coin (entendez la mosquée), les époux des dames acariâtres que personne n’ose affronter (eux-mêmes ne s’y aventureraient pas, elles sont témoins de leurs « amusements »), gare aux petits gueux sans avenir qui feraient les yeux doux à la jouvencelle du défunt « Monsieur tranquille » (qui ne les blairait point). C’est la chasse gardée de leurs oisifs descendants, proie de toute une pernicieuse famille. « Remuante poussière ». Chapeau très jeune cousin, j’ai pigé !

Par Alassane Aliou MBAYE

Last modified on lundi, 21 novembre 2016 09:55

Il demeure dans l’anonymat mais abat un travail titanesque au nom de la défense de l’environnement. Ce biologiste de formation a fini de saisir l’incontournable nécessité d’ «assainir » la relation de l’homme d’avec son milieu. Dans l’espoir de faire comprendre à tout le monde cette exigence, Rito s’active.

Une terrasse, un café à deux autour d’une table et il se met à parler avec une passion déconcertante. La défense de l’environnement, c’est sa vie, son choix, son sacerdoce. Il est, comme il aime à se nommer, un citoyen «ordinaire» qui cherche à attirer l’attention sur un phénomène «extraordinaire» : le rapport de l’homme à l’environnement. Comment donc ce « boy Sicap » s’est, du jour au lendemain, retrouvé défenseur acharné de la nature ?

Rito Lopez Dias âgé aujourd’hui de 36 ans a grandi à Dakar dans les Sicap, plus précisément à Dieuppeul 4. Il obtient son bac à l’âge de 19 ans à Yallah Sourène Série S2. Une fois le baccalauréat en poche, il bénéficie d’une bourse des Iles du Cap-Vert. Il se rend alors au Maroc pour y poursuivre ses études supérieures en biologie et géologie. L’influence des études scientifiques va certainement déterminer ce choix. « Déjà au lycée, j’aimais bien tout ce qui avait trait aux sciences naturelles et à la géologie. C’était le cours qui retenait le plus mon attention », se remémore-t-il.

Ce premier périple vers le Maroc va apprendre au jeune homme à s’ouvrir. Le contact avec d’autres cultures d’autres personnes sera très déterminant. Après un cursus de deux ans, il décroche son Deug. Ces deux ans de pratique vont également permettre à Rito de comprendre la relation qu’il y a entre l’environnement et la biologie. Une fois le Deug en main, Rito postule pour une université française. C’est à Perpignan qu’il pose finalement ses valises. Là, il s’initie à la Biologie générale et à l’étude de la terre. Ensuite, il apprend les différentes sciences de l’environnement. Ce qui va lui permettre de saisir « l’interaction entre les plantes et les êtres vivants », note-t-il.

Une fois le master en biologie en poche, il décide de rentrer au bercail dans le but « d’apporter sa pierre à l’édifice ». Il avait surtout fini de comprendre qu’en Europe, il n’était pas «chez soi». Il était alors primordial de revenir au pays d’autant plus qu’ici, les enjeux environnementaux ne sont pas suffisamment compris par les populations. Avec les expériences accumulées ça et là, il finit par saisir combien l’étude de la biologie était liée à la vie de tous les jours. Il avait fini d’assimiler comment une plante s’épanouie, comment elle parvient à se reproduire. Il privilégie dès lors le savoir-faire au savoir tout court. «Je n’arrivais plus à retrouver l’équilibre en France, j’ai alors décidé de retourner au Sénégal. Comme une dette, je me devais de revenir chez moi, après tant d’années d’apprentissage et de pratique », relève-t-il.

Une fois au Sénégal, Rito décide, avec d’autres amis, de fonder une association pour la promotion de l’énergie solaire et la valorisation de l’éolienne. Avec deux autres amis, ils sont animés par les mêmes motivations. A cet effet, un programme pédagogique est en ligne de mire. L’objectif, c’est d’aller dans les écoles afin d’inculquer la mentalité citoyenne sur les enjeux de l’environnement aux enfants. «Nous voulions faire saisir aux enfants l’importance de l’acte citoyen. Il s’agit de leur parler du cadre de vie en passant par les énergies renouvelables. Des gestes de tous les jours à la limite anodins tel qu’éteindre une lampe quant on sort d’une pièce», affirme t-il. Mission : faire saisir aux enfants la réalité et les enjeux environnementaux. Tel était leur cheval de bataille.

Premier constat de l’équipe ? La réalité est qu’on n’arrivait pas à instaurer dans l’éducation la notion d’éco-citoyen. L’équipe s’acharne alors à déterminer la véritable signification et surtout les enjeux qui y sont liés. La bande d’écolos est convaincue de la nécessité de passer par l’éducation environnementale, «un préalable pour faire passer le message» ; ce qui est nécessaire pour instaurer l’éveil des consciences, souligne Rito.

L’environnement, une économienouvelle
Les grandes puissances ont compris que l’environnement constitue une économie nouvelle. Ils essayent de l’instaurer. Or, pour parler d’économie verte, il faudrait d’abord passer par la transition des consciences, amener les gens à mesurer l’impact, les enjeux et la nécessité afin d’y accorder une importance. «Pourtant, plus que les autres, c’est l’Afrique qui ressent aujourd’hui les effets directs du changement climatique », souligne Rito. Comment la population peut-elle assimiler ces enjeux si on ne lui donne pas des notions terre à terre, concrètes, se demande-t-il ? La première solution consiste à procéder à l’éducation environnementale, l’éveil des consciences. Il est primordial de ne pas faire du coq à l’âne. Il est nécessaire de mesurer les impacts, les véritables je veux dire, souligne-t-il de manière catégorique. Il préconise aux uns et aux autres de chercher à comprendre ce qui les entoure d’abord, avant même d’évoquer les ajustements à proprement dits. L’éveil des consciences avant toute chose.

Il s’agit ni plus ni moins de montrer ces gestes simples qui permettent de vivre mieux dans la gestion des déchets et avec de l’énergie renouvelable. Rito et ses amis ne sont pas contentés à se cantonner dans la théorie. Dans le cadre de la marche de leur association, ils ont déroulé un programme pédagogique environnemental. «Nous nous sommes toujours dits, point d’évolution environnementale, si les consciences ne sont pas éveillées. Il faut d’abord montrer le lien qu’il y a entre le changement climatique et le vécu quotidien des populations », relève-t-il.

Le cadre de vie inclut tout ce qui nous entoure : l’eau, les arbres, les plantes, l’utilisation de l’énergie. Ce programme environnemental a été déroulé dans dix écoles du primaire au lycée. Il faut noter cependant que ce sont les privés catholiques qui ont le plus adhéré à la cause. « Nous avons initié des visites pédagogiques avec les élèves, leur avons montré comment on mettait en place des jardins respectueux de la nature. Des clubs environnementaux ont également été mis en place. L’objectif est de montrer aux élèves comment rendre meilleur leur cadre de vie, tout en devenant des citoyens respectueux de la nature », relève t-il.

Le management des énergies renouvelables est la clef de voute. Des systèmes de fertilisation naturelle sont également mis en avant. «Nous encourageons le traitement des déchets afin de voir comment on pourrait quantifier ici au Sénégal la typologie d’ordures dont nous disposons ». Des visites vertes ont également été initiées. L’équipe sera cependant vite confrontée à un manque de logistique. «Nous comptions sur nos propres moyens. Après deux ans d’activité sans soutien, nous avons dû arrêter», se désole Rito. Parmi les catastrophes environnementales qui existent dans le monde figure en bonne place la décharge de Mbeubeuss. D’autres parts, les conduites d’eaux usées qui ne respectent toutes les normes constituent de véritables entraves pour l’environnement, affirme Rito. Il est persuadé que l’homme a un véritable problème avec son environnement, pour parer à cela, il propose des solutions locales pour ce « désordre » qu’il dit «global».

Par Oumar BA

Last modified on lundi, 21 novembre 2016 10:19

Sobel Ngom : Leader civique

21 Nov 2016
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Sobel Ngom est un jeune entrepreneur sénégalais de 25 ans qui a fait des études supérieures en communication à l’école supérieure de commerce Sup De Co à Dakar. Sobel a travaillé depuis 2010 pour une ONG internationale nommée ASHOKA en tant que responsable Afrique du programme Change Makers. A ce titre, il est chargé de bâtir et d’entretenir un réseau de plus de 2000 entrepreneurs à fort potentiel en Afrique. En 2011, il a rejoint l’équipe de People Input, la première agence digitale en Afrique Subsaharienne. Il devient le premier Community Manager à être reconnu sur le marché sénégalais, et est l’auteur du premier livre blanc faisant l’état des lieux des réseaux sociaux au Sénégal et au Cameroun. Particulièrement intéressé par les problématiques de développement et de politiques, Sobel a créé au sein de People Input, Social Marketing Agency dédié à l’accompagnement des ONG, des politiques et des acteurs de la vie publique et du développement pour lesquelles elle conçoit et elle met en œuvre des actions de marketing digital. Sobel est lui-même un entrepreneur et a lancé Social Change Factory, un centre de leadership civique pour les jeunes. Social Change Factory est le promoteur du grand show télévisé dédié à la jeunesse, la Voix des jeunes. En 2011, Sobel a été élu meilleur débatteur de l’année en remportant le concours national de débat, Débattons. Il a représenté le Sénégal au Young Africa Summit en 2012 et au forum mondial des politiques de jeunesse des Nations Unies en 2014. Son engagement en tant que leader de la jeunesse africaine a été reconnu en 2014. En effet, Sobel a été boursier de la première édition du programme Yali, Young African Leaders Initiative, du président Obama. Ses prises de position sont désormais célèbres car il s’est vu cité en référence par le président Obama à deux reprises lors d’allocutions officielles, notamment lors de la réunion de l’Union Africaine il y a quelques semaines. 

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