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Soleil Grand Air (417)

1- Voix unique, sonorités nomades
La ligne démarcative entre ce que certains appellent pompeusement, ici, « album international » -donc dans les normes d’un confort d’écoute- et le « consommer local », forme trépide d’harmonies dissonantes, est trop allongée pour permettre à la musique sénégalaise d’enchanter le monde pour prétendre le conquérir. Et pourtant, sa palette de sonorités est riche et variée. Mais, faudrait-il d’abord que nos artistes-chanteurs sussent explorer et exploiter tout cet univers de rythmes. Un album bien travaillé est forcément international car transcendant les goûts « confidentiels » sans toutefois se priver d’en tirer parti. C’est ce qu’a réussi le chanteur Ismaël Lô même si sa discographie est arrimée aux spécificités locales. Ne s’est-il pas fait connaître ailleurs grâce au morceau « Tajabone » qui, à la fois, puise dans les réalités culturelles sénégalaises et emprunte des cadences entremêlées ? Les instruments ne font pas référence, dans sa musique, à leur terre d’origine ; même ses éternels compagnons de galère et de triomphe. Son harmonica et sa guitare. Ils se croisent pour créer des mélodies qui lui donnent une qualité peu courante sous nos cieux aux résonances stéréotypées.

Ismaêl Lô, c’est une voix unique, parfois d’un exquis tremolo, et des sonorités nomades. Le natif de DongoButi au Niger excelle autant dans ce qui s’apparente, sous plusieurs traits, à la Soul music, que dans les balades au terroir pour emprunter au Mandingue, au Peul, au Wolof… ce qui fait le charme de leurs rythmes. Sa réputation méritée en Amérique, en Europe et dans bien des pays africains « exotiques » est le résultat de cet assemblage d’univers musicaux et de son écriture originale. Ses pérégrinations, son passage au mythique groupe « Super Diamono », sa double appartenance aux cultures sénégalaise et nigérienne ont certainement contribué à cette ouverture à d’autres cultures.

2- C’est un artiste…
Ceux qui se délectent de la musique d’Ismaël Lô peuvent rendre grâce au Ciel qu’il n’ait pas préféré la carrière d’artiste-peintre à celle de chanteur dont le génie est partout célébré. En effet, celui qu’on surnomme le Bob Dylan africain (Bob Dylan était aussi peintre en plus d’être un auteur, compositeur et interprète reconnu) a, pendant un moment, hésité entre ces deux sphères de créativité après son passage (deux ans) à l’Institut des arts de Dakar. C’est par le plus heureux des hasards qu’il a choisi la chanson au détriment du pinceau qu’il aime, de temps en temps, à tremper pour donner de la couleur à la vie, aux choses qu’il évoque dans son répertoire.

Ismaël Lô s’est aussi essayé au cinéma avec une aisance déconcertante. Dans le film « Tableau ferraille » du réalisateur Moussa Sène Absa, il est l’acteur principal, « Dam » qui, sous plusieurs aspects, nous rappelle l’image que nous nous faisons de lui (un homme altruiste, humain et simple). « Afrique, mon Afrique » d’Idrissa Ouédraogo avait auparavant convaincu de ses prédispositions à briller dans le septième art et, dans une moindre mesure, « Camp de Thiaroye » de Sembène Ousmane.

3- ...Et il est correct
C’est à croire que, sous nos cieux, pour porter le titre d’artiste, il faut vivre dans la marginalité, exposer son révolutionnarisme suranné, laisser ses cheveux en délire avec le temps. Ismaël Lô a réussi à exister par sa musique et son talent sans fioritures de style dans sa manière de se manifester à nous. Il ne nous est pas encore donné de le retrouver dans la rubrique des inepties, caractéristiques de beaucoup de nos célébrités, encore moins dans les petites manies pour égayer les groupies.

Sa marotte, si tant est qu’elle existe, est de distiller, dans la longue durée (le bourdonnement du « buzz » ne saurait durer parce que l’insecte devra bien se poser quelque part) des mélodies. Plusieurs années après leur sortie, on se plaît encore à écouter « Jammu Africa », « Dibidibirek » … !

Par Alassane Aliou MBAYE

De tout temps, hommes et femmes ont cherché à améliorer leur « vigueur sexuelle ». Toutes les pharmacopées traditionnelles contiennent des recettes et des plantes aux vertus aphrodisiaques, voire des « filtres d’amour ». Reste à savoir si ces vertus sont réelles. La science clinique a tenté d’évaluer l’efficacité de plusieurs de ces produits, mais elle fait face à un problème de taille : un effet aphrodisiaque est-il mesurable de façon objective?

Il est évident que, dans un contexte où la charge émotionnelle est élevée, comme dans la sexualité, départager le subjectif de l’objectif n’est pas une mince tâche. Il existe, bien entendu, des modèles animaux qui permettent de mesurer la stimulation sexuelle. Par exemple, chez le rat, on compte le nombre de saillies et d’actes sexuels après la prise d’une plante ou d’un supplément et on compare ces « performances » avec celle d’un groupe témoin, mais la sexualité humaine n’est en rien comparable à celle du rat.

Chez l’homme, la mesure du flot sanguin au pénis permet de constater un effet sur la fonction érectile. Cependant, le simple fait de mesurer une fonction aussi intime peut fausser les données. La plupart des études sur les aphrodisiaques se basent donc sur des questionnaires dans lesquels les participants qualifient l’érection, la satisfaction des rapports, la fréquence, l’intérêt (libido), etc. Toutes ces mesures, vous en conviendrez, sont très subjectives et, de plus, en l’absence d’outils d’évaluation uniformisés, elles peuvent varier d’une recherche à l’autre. Quelques études cliniques soutiennent la réalité de l’effet aphrodisiaque de certaines plantes et de certains suppléments. On peut cependant affirmer que l’efficacité de tout aphrodisiaque, qu’elle soit documentée ou pas, contient une part de données subjectives reliées à l’effet placebo. De plus, la majorité des plantes aphrodisiaques possèdent également un effet tonifiant ou adaptogène. Peut-être la simple augmentation de la vitalité et de la sensation d’énergie est-elle suffisante pour que le désir se manifeste plus facilement...

Quand la technologie essaie de combler les kilomètres qui séparent ceux qui s’aiment...

L’outil qui permettra bientôt d’embrasser à distance s’appelle Kissenger, contraction de « kiss » et de « messenger ». Cet outil, composé d’un boîtier plastique et d’un coussinet en caoutchouc, envoie le baiser en temps réel vers la personne choisie, rapporte Gizmodo.

Grâce à des capteurs, l’application enregistre la forme des lèvres et la pression du baiser pour le dupliquer à l’identique, comme si vous étiez à côté. Pas besoin de compétences particulières, juste d’un peu de second degré pour embrasser votre téléphone.

La valeur d’un baiser connecté
Pour Emma Yann Zhang, l’un des membres de l’équipe à l’origine du projet, qui a parlé à Gizmodo, « les humains vont devenir de plus en plus intimes avec les intelligences artificielles et les robots. La possibilité d’échanger un baiser pourrait être un facteur important de ce rapprochement. »

L’application n’est pas encore commercialisée et des tests sont en cours pour évaluer à quel point ce baiser ressemble à un vrai, s’il peut apporter autant qu’un vrai bisou. Les résultats ne sont pas encore publics mais sur les réseaux sociaux, les internautes sont sceptiques.

Dans un monde en mouvement, le futur des relations de couple sera-t-il connecté ? Des entreprises se sont déjà penchées sur la question, à l’image de Kiiroo.
Cette start-up hollandaise commercialise des sex-toys connectés pour les couples qui veulent faire l’amour à distance. Un dispositif qui fonctionne de la même manière que Kissenger. Une interface connectée, deux webcams et deux gadgets synchronisés sont nécessaires pour cette nouvelle expérience du couple.

Les débats vont même plus loin. Lynne Hall, chercheuse au département de sciences informatiques de l’université britannique de Sunderland, citée par l'AFP, estime que les robots eux-mêmes pourraient créer « une expérience sexuelle fantastique ». Selon elle, les avantages des robots sont nombreux, comme l’absence de maladie ou la possibilité de contrôler les choses. Demain, les intelligences artificielles ne seront peut-être plus un intermédiaire, mais une expérience à part entière.

Remis le 19 décembre, le travail de la commission d’enquête des Nations unies sur les violations des droits l’Homme en Centrafrique risque d’être abondamment commenté. Mais il en faudra plus pour déstabiliser Fatimata Mbaye, l’un de ses auteurs.

L’avocate mauritanienne de 56 ans, première personne du continent africain à avoir obtenu le prix international des droits de l’Homme de Nuremberg, en 1999, a dû s’émanciper d’un mariage forcé (elle avait 12 ans, lui 45) pour pouvoir suivre des études de droit et devenir la première femme inscrite au barreau de Nouakchott. Ses combats pour le droit des femmes et contre la discrimination dont sont victimes les Noirs mauritaniens l’ont conduite en prison en 1986.

Torturée, elle en est ressortie cinq ans plus tard, plus déterminée que jamais à poursuivre la lutte. Présidente de l’Association mauritanienne des droits de l’Homme (Amdh), elle a reçu en 2012 des mains de Hillary Clinton le prix américain Trafficking in Persons Report, qui récompense les héros de la lutte contre le trafic d’êtres humains.

Chanter, danser

23 Déc 2016
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Dans son opus « Africa Rek », Youssou Ndour célèbre la rumba congolaise dans « Ban La audio » avec le très remuant Fally Ipupa. Le roi du mbalakh reconverti à la religion de la musique urbaine y invite à « Chanter, danser… » dans un groove très entrainant. Chanter. Danser. Il faut croire que c’est ce qui se fait le mieux chez nous. C’est fou cette multiplication d’adeptes de la voltige dans notre pays. On les rencontre à tous les coins de rue, habillés de couleurs flashys et hyper moulants, légers comme des plumes d’oiseaux et si prompts à grelotter si fortement au moindre son qu’on les croirait aux prises avec ces « rab » combattus par des prêtresses du ndeup.

Les précurseurs comme Alla Seck et leurs héritiers comme « Wapyrat » de Dieuppeul savaient danser avec classe et retenue. Leurs épigones des temps modernes rivalisent d’audace dans un maelstrom de figures géométriques où la salacité la dispute à l’obscénité. « Yuri Buenaventura, chanteur colombien de salsa, a donné une belle définition de cet art si respecté par ailleurs : « Danser, c’est comme parler en silence. C’est dire plein de choses sans dire un mot ». Tout le contraire des contorsions de nos danseurs si bruyants mais si peu audibles.

Par Sidy DIOP

Combattant devant l’éternel, Mody Sy a des convictions qu’il dit être prêt à défendre au « prix de sa vie ». Cet ancien du Pds devenu responsable de l’Apr a marqué de son empreinte l’histoire politique du Sénégal.

Il paraît que le regard ne ment pas. Celui de ceux qui reviennent de loin et droit, il vous fixe pour ne plus vous quitter. Si le regard de Mody Sy n’intimide point, force est de reconnaître qu’il sort du lot. Il a une expression unique indescriptible à la limite. Habile, l’homme parle sans hésiter. Il se tait parfois en l’espace d’une seconde, se rappelle puis continue son récit. 

Le rendez-vous a été pris de longue date. C’est que Mody Sy, président du Conseil d’administration de la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones), coordinateur de l’Alliance pour la République à Matam est un homme très sollicité. S’il ne s’affaire pas aux questions courantes de sa société, il reçoit à longueur de journée des militants ou à défaut se rend dans sa base politique à Matam. La poids de l’âge (71 ans) n’a pas pu tempérer son ardeur politique.

En ce mercredi, son habillement caractérisé par sa simplicité sort cependant de l’ordinaire, boubou traditionnel ample et suffisamment amidonné, il débarque tout sourire. Désolé de vous avoir fait attendre, c’est parce que mon calendrier est trop chargé, s’excuse-t-il.

Il commande un café à la secrétaire, avant de décliner son parcours, avec un enthousiasme ponctué toutefois de sagesse et de retenue. C’est que l’homme a connu un chemin qui sort de l’ordinaire. Ce qui l’amène d’ailleurs à ne point oublier. Un œil critique sur les faits et gestes des politiques « qui ne croient en rien », des risques, il en a pris lui, mu par le seul souci « de défendre son pays ».

L’homme trouvé dans son immense bureau, précieusement rangé et méthodiquement décoré, affiche la frimousse sereine. Les personnes âgées sont souvent pressées, a-t-on tendance à dire. Ce n’est décidément pas le cas de Mody Sy. Il parle doucement et prend la peine de bien choisir ses mots. C’est que, rappelle-t-il, certains de ses « choix », lui ont, par le passé, fait vivre des pires moments de sa vie. « Désormais, avant de faire quoi que ce soit, je réfléchis », rigole-t-il, le sourire bien en vue. Seulement, tout est écrit d’avance et nulle ne peut échapper à son destin, s’empresse-t-il de souligner. Plus sérieusement, il dit ne regretter aucun de ses choix et va jusqu’à « pleinement, les assumer tous ». Cet homme qui s’est depuis rassasié a pourtant marqué de son empreinte l’histoire politique du Sénégal. Très actif durant sa jeunesse, cette posture lui a, à bien des égards, valu autant de moments de bonheur que de déboires. «Ce sont les risques de l’engagement », relève-t-il.

Pourtant, rien ne semblait destiner à la politique ce fils de Matam, ancien ingénieur qui « gagnait bien sa vie », en France. Il a vendu son expertise dans plusieurs sociétés françaises. Il a tout d’abord travaillé à la Régie nationale des usines Renault, au service moteur. Ensuite, cap à la société Marcel Dassault au service Développement et Fabrication. Puis, l’ingénieu ratterrit à Matta, une société spécialiséedans l’armement. C’est à Sisem, une société qui confectionne des ordinateurs, qu’il boucle sa carrière. Mody Sy et la politique, c’est une longue histoire mêlée d’amour et de déceptions. Tout est parti d’un jour de 1973. Une rencontre d’avec un homme qui sera très déterminant dans son existence. Un certain Abdoulaye Wade qui venait fraîchement de créer un parti de « contribution ».

« Avant de militer au Parti démocratique Sénégalais (Pds), j’avais rencontré Abdoulaye Wade à l’aéroport Roissy Charles De Gaulle (Paris). Cette rencontre est même antérieure à la création du Pds. Je lui ai clairement signifié mon désaccord vis-à-vis du mot contribution, mais j’étais cependant dans les dispositions de m’opposer». Il milite alors dans l’opposition. Et c’est parti pour une idylle politique qui va durer des années. Mody Sy travaille dans un premier temps à massifier le Parti nouvellement créé dans la diaspora. «C’était difficile de faire de la politique à l’époque. Les gens n’avaient pas encore cette culture d’opposition, presque tout le monde était avec le parti au pouvoir », se rappelle-t-il. L’abnégation et la détermination finiront, petit à petit, à faire rallier des personnes qui adhèrent à la cause du Pds.

Les années de braises
Mody Sy est élu député en 1993 et sera arrêté avant même qu’il ait eu le temps d’aller siéger à l’Assembléenationale. Son séjour carcéral va, en tout, durer 14 mois. A l’occasion, l’homme dit avoir subi toutes sortes de tortures. Pour se tirer d’affaire, on lui demande alors de simplement « mouiller » Abdoulaye Wade, alors figure de proue et chef de file de l’opposition. Au prix de sa vie, Mody Sy refuse de porter des accusations contre son leader, «à tort» de surcroît. Il passera, pour cela, de sales moments. Arrêté dans le cadre d’une enquête, il sera, dit-il, torturé à «friser le trépas». «Si je ne l’ai pas connu, j’ai vraiment frôlé la mort et je sais ce que c’est l’agonie».

On lui fait alors passer dans un appareil Zezere, une machine qui sert à faire sauter des roches de mines. Un appareil de 5.000 volts sans aucune intensité. «Ça ne tue pas, mais ce n’est vraiment pas drôle, cela fait trop mal », relève-t-il. 3h du matin, il est menotté pour subir le supplice de l’épervier. «Ils m’ont mis un bâton sous les genoux et un bras dessous », se rappelle-t-il. Puis, il est projeté à la renverse. C’est seulement après que les décharges sont venues s’ajouter au supplice. Une autre fois, c’est près de la mer que le calvaire a lieu. «Ils ont creusé untrou pour m’y enterrer à la manière des morts, mais ils ont pris le soin de ne pas enfouir ma tête », se rappelle-t-il avec cette injonction, qui rencontrait tout le temps son refus : «accuse Abdoulaye Wade et on te relâche ».

La consécration
Aujourd’hui encore, malgré les années qui passent, c’est avec une voix teintée d’émotion qu’il se remémore de ces moments «sombres» de sa vie. Aussi curieux que cela puisse paraître, l’homme dit pourtant ne nourrir aucun regret. «Au-delà d’Abdoulaye Wade, je défendais la vérité, pour ma génération et celle qui allait suivre. J’ai accepté de subir cette violence pour sauver mon parti. J’ai subi pour un opposant qui, durant 20 ans, disait incarner les valeurs de la démocratie. J’étais prêt à mourir pour mon peuple».

Son compagnonnage d’avec le Pds, parti qu’il dit avoir défendu «corps et âme » et au péril de sa vie va pourtant s’effriter et même se rompre à la faveur d’incompréhensions. «J’ai, par la suite, subi plusieurs injustices au sein de mon parti.Avec le frère Ousmane Ngom, nous avons fini par claquer la porte», se rappelle-t-il. Le retour se fera après que Abdoulaye Wade accède au pouvoir, mais rien n’y fait, «les choses s’étaient gâtées, impossible dans ces situations, de recoller les morceaux», souligne-t-il.

C’est quand Macky Sall décide de créer son parti que Mody Sy reprend enfin goût à la politique. Il croit en l’homme et se retrouve totalement dans son programme. Il ne se fait alors guère prier pour rejoindre les rangs de l’Apr. Une nouvelle page s’ouvre avec son lot de combats. Mais l’homme n’a pas peur des défis et en bon combattant, il sait parfaitement jouer le rôle d’un « conciliateur des foules ».Même processus, il est investi coordonnateur du parti nouvellement créé à Matam et se fait l’honneur d’accompagner le futur président de la République en Europe pour une tournée dans la diaspora. Plus que jamais déterminés, les membres de l’Apr initient des tournées nationales. Il est persuadé que Macky Sall est « le meilleur président qu’a jamais connu le Sénégal ». Parole d’ancien ou de partisan ? Lui jure avoir dépassé « l’âge de raconter des salades ». Il campe : «Macky Sall a suffisamment de compétences et de vision, pour amener le Sénégal au-delà même de nos attentes», réitère-t-il. Il jette, en outre, la pierre à ceshommes politiques « qui ont manqué de courage et de vision, lorsqu’il fallait s’engager». L’homme a du mal à composer avec l’hypocrisie. Ce qu’il dit, il le puise au plus profond de lui... Sans langue de bois, il lâche cependant«sans rancune, aucune».

Par Oumar BA

Rigueur, assiduité, ponctualité. Tels sont les trois maîtres-mots de celui qui se définit comme un passionné du sport en général et le footing en particulier. De son vrai nom Mbacké Guèye, communément appelé « Mbacké » de par ses acolytes. Ce nom est bien familier pour les habitués du parcours sportif de la Corniche ouest de Dakar. Pour lui, le sport est plus qu’une passion, une religion.

Mbacké Guèye. Ce nom n’est plus à présenter aux habitués du parcours sportif de la Corniche ouest de Dakar. Depuis plus d’une trentaine d’années, ce joggeur arpente au quotidien le lieu qui longe la mythique étendue de sable de la plage « Ifan » du haut de son 1,80 m. Bien à l’aise dans sa tenue de sport, une casquette bien vissée sur la tête, Mbacké s’apprête à affronter le sable fin de la place « Ifan » pour quatre tours d’horloge de jogging au moment où sa montre attachée à la main gauche affiche 17h. Quatre heures de footing, réparties en deux étapes de deux heures chacune.

A côté de lui, un groupe de coureurs composés de garçons et filles prêts à suivre ses instructions. C’est ainsi que ça se passe du lundi au dimanche, excepté les samedis considérés comme jours de repos. A en croire Mbacké, « la course à pied produit des effets bénéfiques sur la santé. Elle garantit un corps équilibré, c’est aussi un moyen efficace pour lutter contre le stress et la dépression ». Une définition qui colle bien à son image. En effet, en côtoyant Mbacké, on a l’impression qu’il vient à peine d’atteindre le cap de la trentaine tellement il possède un corps souple qui n’a rien à envier à un plus jeune sportif. « Ceux qui ne me connaissent pas me prennent pour un jeune garçon. D’ailleurs, on me colle le sobriquet de « Boy de la Corniche. Tout cela, c’est grâce au sport », confie-t-il Pourtant, l’homme a soufflé il y a quelques semaines ses 52 bougies. Tout ça pour le bien-être physique mais aussi pour la bonne santé mentale. « Le sport doit être pratiqué par tout individu, quel que soit son âge et son sexe (…). L’homme n’est pas fait pour être sédentaire. Bouger, c’est dans la nature même de l’homme. Il y a des pathologies liées à la sédentarisation », soutient-il.

C’est au début des années 1980 que Mbacké a vu sa passion du sport connaître une autre tournure. A l’époque, il était à la tête d’un groupe de joggeurs qui lui confiait l’animation des séances quotidiennes. Les années passèrent, les choses s’accélèrent pour Mbacké Guèye qui s’orienta vers le monitoring de manière bénévole. « Je l’ai fait pendant cinq ans par amour et je ne m’attendais à aucun centime venant d’ailleurs », témoigne-t-il.

Le monitoring, l’autre passion
C’est au milieu des années 1980 qu’il sera approché par la municipalité de Dakar sous l’ère Mamadou Diop, « pour le travail colossal qu’il était en train d’abattre sur la Corniche », dit-il. Cerise sur le gâteau, Mbacké Guèye devient alors le moniteur du parcours sportif de la Corniche ouest.

Electricien en installation de bâtiment de formation, Mbacké va tout abandonner pour se consacrer à sa nouvelle profession de monitoring. Marié et père de quatre enfants, son nom commence à être connu sur le plan national. Ce qui lui a valu le titre de chevalier de l’Ordre du mérite par le président de la République du Sénégal, Macky Sall. Une belle récompense pour ce passionné du sport encore plus déterminé que jamais.

En effet, ce ne sont pas seulement de simples citoyens de nationalités différents qui prennent d’assaut les lieux. D’autres hautes personnalités du pays s’y invitent. Chaque jour, Mbacké reçoit d’importantes personnalités politiques du pays, des fonctionnaires qui, au retour de boulot, viennent travailler leur corps avant de rejoindre leurs domiciles respectifs.

D’autres personnalités s’y invitent
« Je reçois presque tous les jours des personnalités politiques, des artistes, des fonctionnaires. Même le président de la République, son excellence Macky Sall, passe souvent ici (Corniche) pour s’entrainer avec moi », dit-il.

Très sollicité, Mbacké Gueye se permet même de dispenser des cours de monitoring à domicile les matins avant de rallier la Corniche dans l’après-midi. Une expérience acquise auprès de l’Institut national supérieure de l’éducation populaire et du sport (Inseps) grâce à des stages de formation auxquels il a souvent pris part.

Aliou FAYE (Stagiaire)

Il détonne, l’homme n’est pas pour autant exhibitionniste. Il est plutôt un anti-conformiste en quête d’une liberté et souhaite paradoxalement s’affranchir du regard des autres. Né à Yaoundé, son arrivée en France a littéralement changé sa perception du monde… Le tout lui a permis de produire un étrange et passionnant premier roman, « Le Moabi Cinéma », écrit entre deux tournées.

Blick Bassy voulait aller plus loin dans les thèmes abordés. Son roman « Le Moabi Cinéma » parle de l’émigration, des mirages de l’Occident, de son attraction illusoire auprès des jeunes Africains. Il pensait même en faire un film au départ, et pouvoir de fait toucher un public plus large. Il dénonce cette appréhension des jeunes Africains à croire qu’il n’y a rien à faire dans leur pays, que le « paradis » et la réussite sont ailleurs. Ces jeunes, tant qu’ils n’obtiennent pas de visa, sont désœuvrés. On leur impose alors un modèle de réussite basé sur un autre environnement, un autre système de société. Le fait d’avoir migré l’a fait réaliser combien il était difficile de s’en sortir en Europe. C’est qu’il veut dire aux jeunes à travers cette fiction : l’avenir est en Afrique, regardez ce que vous avez, agissez, réveillez-vous ! Il faut revaloriser les terres, la culture. Et arrêter ces dangereux discours qui idéalisent l’Occident, à cause desquels des milliers d’Africains risquent et perdent la vie chaque année.

Son père fut à tour de rôle catholique, protestant, Nouvelle église de Dieu, baptiste… il changeait de religion à chaque fois qu’un scandale éclatait au sein de l’une d’elles. De fait, Blick Bassy a été baptisé sept fois ! Plus jeune, il a par exemple refusé à trois reprises une bourse d’études pour l’Europe et les États-Unis. Le rêve de tous les jeunes ! À l’époque, pour son père, soit il était malade mental, soit on lui avait jeté un sort ! Il avait même appelé un prêtre pour le faire exorciser.

L’auteur est persuadé que la religion est l’un des principaux maux qui minent l’Afrique. Il écrit sans rechigner que l’esclavage, la colonisation, l’apport de l’Église a remplacé l’essence des croyances fondamentales, des dogmes et du modèle de société. « L’Europe nous a imposé une religion à laquelle elle ne croit plus elle-même aujourd’hui. Les églises sont désertées en France. Au Cameroun, la religion abrutit la population, et est devenue l’excuse : les gens ne sont pas responsables de leur vie, de leurs actes, tout est remis à la volonté de Dieu ! Donc, ils ne se prennent pas en main », dénonce t-il dans son livre.

Les pasteurs s’enrichissent en promettant aux malades, aux boiteux, aux aveugles de les guérir… comme dans la Bible. Ils sont tellement puissants, ils ont des chaînes de télévision, payent des acteurs de telenovelas brésiliennes pour être à leurs côtés, renforcer leur crédibilité, s’indigne-t-il au fil des pages. Les médias européens en ont également pris leur grade. « Ils parlent toujours de nos maux : guerres, famines, maladies… À l’inverse, sur le continent, on magnifie l’Europe. La difficulté d’obtenir un visa renforce cette envie de partir : le « paradis » est difficile à atteindre », lit-on. Dans le livre, le blanchiment de peau est présenté, là encore, au manque d’estime de soi, au passé colonial, à cette idéalisation de l’Occident. Il y a une absence cruelle de modèles, que nous devons créer, aller chercher dans notre histoire. Il faudrait que Peau noire, masques blancs, de Frantz Fanon, soit enseigné à l’école, préconise-t-il. Les conséquences pour la santé sont désastreuses : peau brûlée, cicatrices, odeurs, maladies…

Par Oumar BA

Les envahisseurs

21 Déc 2016
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C’est une affaire qu’on voudrait banaliser, mais qui ne l’est point. Cette danseuse, championne du popotin en vrille, qui assume son obscénité et se répand en déclarations crétinisantes sur les plateaux de radios et de télés, est un des visages des plaies qui gangrènent notre société. Elle assume, avec un humour pince-sans-rire, que faire entrevoir son slip ne la gêne absolument pas. Que son nombril doit absolument se découvrir et se faire apprécier. Alors, elle ne se fait guère prier pour s’effeuiller comme un arbre en automne.

Danseuse talentueuse qui, sans doute, fait rêver quelques lipophiles en quête de sensations fortes, elle sait que la danse ne mène pas à la gloire. Et qu’il lui faut faire le buzz pour exister. Célèbre, elle l’est devenue depuis la publication de ses photos en tenue de chair par les réseaux sociaux. Elle a beau avoir porté plainte contre X pour repeindre son honneur terni, elle ne pourra jamais nous convaincre de son innocence. Les vraies innocentes sont dans nos maisons, nos filles, nos sœurs, nos femmes, piétinées dans leur dignité de femmes par ces écervelées en quête de célébrité. Non, cette « société du bégué » que nous vendent certaines chaines de télévision n’est pas représentative de ce Sénégal pieux, travailleur et plein de retenue qui fait notre fierté. Ses membres sont des envahisseurs.

Par Sidy DIOP

Responsable politique à Guédiawaye, adjointe au maire et présidente des femmes de l’Apr dans cette localité, elle est, depuis 2012, la présidente du conseil d’administration de la Lonase.

Jeune, le succès et la réussite n'ont pas attendu les années de maturité pour visiter Néné Fatoumata Tall. Adjointe au maire de Guédiawaye et présidente des femmes de l’Alliance pour la République (Apr) dans cette localité, à vingt neuf ans, elle dirige le conseil d’Administration de la loterie nationale sénégalaise (Lonase). D’ailleurs, elle périphrase Pierre Corneille qui fait dire à Rodrigue, dans Le Cid, « aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années ».

Belle, Fatoumata Néné Tall ne l’est pas moins. D’une grande jovialité, sans maquillage, elle parait plus jeune qu’à l’écran et ses photos. Bonne patronne, bonne voisine. A bord de son véhicule, elle fait la remarque à des messieurs arrêtés devant une porte. « Aujourd’hui, vous êtes bien garés », chahute-t-elle. Tout en s’invitant, dès sa descente de la voiture, dans la discussion du personnel de sa maison qui abordait la question de la polygamie, le sujet de prédilection de certains hommes.

En cette après midi de mercredi, elle rompt avec l’atmosphère des bureaux. Point de costumes tailleurs ni de grands boubous comme elle a l’habitude d’en mettre dans ses activités publiques. Elle se veut femme au foyer. Dans une robe de soie marron assortie de motifs bleus, elle revient du supermarché. D’ailleurs, sur le ton de la dérision, elle laisse entendre : « Responsable politique déjà, c’est très difficile, femme au foyer, plus encore, administrateur, c’est terrible. Quand on y ajoute les études, c’est mortel ». Une manière de résumer sa situation actuelle. En effet, quatre lieux qui s’imposent à elle, le bureau, Guédiawaye, sa base politique, chez elle et à l’université où elle suit une formation en business d’administration.

Success story
Dans le cercle des intellectuels de l’alternance dirigé au temps par Isma Dioum, sa carrière politique s’était dessinée grâce à son militantisme. Un mouvement au sein du parti démocratique sénégalais (Pds) qui a fait long feu. C’est grâce à Alioune Badara Cissé qu’elle avait connu son leader politique, Macky Sall. Victime de la loi Sada Ndiaye, qu’elle qualifie de « mal nécessaire », en 2008, elle était juste une militante à la quête d’un mentor politique. « Mackyste » fondamentale, elle ne tarit pas d’éloges sur son leader. Celui pour qui elle avait défié vents et marées pour la tenue des élections en 2012. Sa témérité de jeune politique l’avait poussé devant les journalistes et de la communauté internationale à brandir sa pancarte devant le président Obasanjo à qui elle signifiait qu’un report des élections ne sera pas accepté. Le destin prend encore des raccourcis inattendus pour la faire briller. 2012, enfin, Macky Sall au palais de la République.

En effet, après un passage à la Convergence des jeunes républicains (Cojer), elle avait migré vers les femmes de l’Apr de Guédiawaye, une localité à forte densité humaine où se trouve sa base politique, notamment à Golf Sud. En 2014, lors de l’assemblée générale pour y structurer l’Apr, elle est choisie pour diriger les femmes de la localité. Guédiawaye brille à l’Apr depuis l’arrivée du frère du président, maire de ce département qu’elle seconde. Un succès qu’elle met au compte d’une bonne vision politique, d’un programme adéquat et d’une proximité à la base. Sept cents bourses et demi bourses aux élèves et étudiants de Guédiawaye, cent millions de FCfa pour l’autonomisation des femmes des cinq communes de la ville à travers le ministère de la Micro-finance, de quoi séduire un électorat pour se maintenir à la mairie. « En plus, Guédiawaye en chantier. On est en train de réfectionner des écoles, de construire des mosquées et de réhabiliter des églises », résume-t-elle comme bilan.

Démocratie familiale
Un père socialiste, actif dans le Parti socialiste, et une fille « apériste », qu’est-ce que cela donne ? Une démocratie familiale au-delà du « Benno » des deux partis. Son père n’avait pas vu d’un bon œil son compagnonnage avec Macky, un produit de l’école du Pape du « Sopi » qui, pour lui, est aux antipodes des valeurs républicaines. Mais, le destin a gommé ces aspérités. N’est-ce pas Macky Sall qui a couronné la tête de sa fille qui était prédestinée à exercer le métier de son père, le journalisme. Une vocation qui était orientée par la suite vers le tourisme. Un diplôme supérieur de technicien en tourisme, puis un Master en Administration des affaires, sa carrière politique l’a propulsée à la présidence du conseil d’administration de la Lonase. L’administration et la politique, deux domaines différents bien que liés. Toutefois, elle sait les dissocier.

Etant une réussite féminine, elle appelle les politiques à revoir la place des femmes dans cette sphère, qui se limite le plus souvent à la mobilisation et à l’accueil, afin de les faire accéder aux postes de responsabilité pour plus d’avis.

Par Marame Coumba SECK

1. « Synthétiseur » poétique et philosophique de la vie
Wasis Diop raconta, en 2014, au journaliste Fadel Lô (Le Témoin), cette anecdote : « Une fois, je voyageais par feu notre compagnie Air Sénégal international. Et en présentant notre pays, ils ont commis une bourde. A la fin du document, j’ai remarqué qu’ils avaient mentionné le terme « Assalamoualeikoum » pour dire bonjour. J’étais choqué parce que personne ne pourra enlever au Français son bonjour ou à l’Américain son How are you. Je m’en suis plaint par écrit et évidemment, je n’ai pas reçu de réponse ». Il ne faut pas voir dans ce « détail » une toquade d’un « boy Colobane » parisianisé revendiquant, de manière chauvine, son identité comme du temps des « négrillons » de chez le général de Gaulle. Wasis Diop est de ceux qui poursuivent un engagement dans la longue durée avec sagesse, intelligence et acceptent les compromis mettant en lumière ce qu’il y a « d’essentiel » comme il aime à le dire. L’essentiel, c’est dans l’harmonie des couleurs, dans la puissance de ce qu’elles donnent à voir chacune. L’Afrique a autant à proposer qu’à recevoir de l’ailleurs. La prouesse de l’interprète de « Judubëk » est non pas de le proclamer urbi et orbi sous les ovations des publics qu’il enchante, mais de le démontrer par son œuvre artistique dont l’humain est la centralité…tout court. Elle célèbre les inclinations particulières tout en transcendant les petites appartenances obstruant les allées de la sérénité, de la béatitude. Son œuvre musicale est une synthèse poétique et philosophique du compagnonnage terrestre entre les humains et les choses, entre l’intelligible et le mystérieux. Wasis n’arrête pas de revisiter l’univers mental des « siens », de partager avec le monde leurs pratiques… et le plus souvent en Wolof. La World music dont on dit qu’il est un des maîtres en Afrique n’est pas, ici, une combinaison de sonorités de temps et d’espaces différents. C’est plus que ça avec lui. Elle est une articulation d’idées et une projection d’images dans les consciences d’ici et d’ailleurs.

2. Quête « d’exotisme »
L’Afrique a beaucoup à donner. La France, sa terre « d’accueil », où il était parti apprendre la photographie, offre beaucoup à dire. Mais, l’ancien membre de la formation West african cosmos ne s’est pas enfermé dans ses certitudes « originelles et greffées » pour s’en satisfaire. Sa carrière a été faite de rencontres et de voyages qui l’ont toujours ramené « chez lui » ; celui-là qu’il ne quitte jamais. Au Japon, il rencontre le musicien Yasuaki Shimizu dans les années 1970 pour élargir sa palette et découvrir ce qui, de loin, paraissait exotique. Ses pérégrinations le mènent en Jamaïque où il se lie d’amitié avec la mère de Bob Marley, Cedella, et Jimmy Cliff. Il y passe huit mois. Ses collaborations avec la chanteuse franco-malgache Marie-France Anglade, les chanteuses Amina et Lena Fiagbe, avec Lokua Kanza…produisent une magique alchimie. Et si tout était dans le voyage ?

3. Il chante l’image et montre le son
Le jeune frère du défunt réalisateur sénégalais Djibril Diop Mambety a joué dans certaines productions cinématographiques. Mais, c’est véritablement dans la composition de musique de film qu’il s’est beaucoup plus illustré. Son dernier album, « Séquences », dessine un univers d’images par les sonorités et les paroles. Beaucoup dans ce qui fait la particularité de Wasis Diop renvoie à l’image. La photographie et l’école « philosophique » de Mambety y sont certainement pour quelque chose. Le concept « Ciné-concert » qu’il a développé (Première partie consacrée à la projection d’un film) rend compte de l’étroitesse de la ligne démarcative entre le son et l’image qui s’interprètent.

Par Alassane Aliou MBAYE

Manque de fer, que manger ?

21 Déc 2016
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Fatigue persistante, manque d’énergie : c’est peut-être un manque de fer ! Alors, qu’est-ce que je mange si je manque de fer ?

Des abats
Le fer contenu dans les produits d’origine animale est le fer héminique. Il est absorbé plus facilement par l’organisme que le fer non-héminique, contenu dans les végétaux.
Parmi les aliments contenant de grandes quantités de fer héminique, arrivent en tête les abats.
 
Sachant qu’un homme adulte a besoin en moyenne de 8 mg de fer et une femme adulte de 18 mg, le boudin noir comblera rapidement vos besoins avec 22,8 mg de fer pour 100 g.
Vient ensuite le foie de porc avec 18 mg de fer pour 100 g, le foie de volaille (8 mg/100 g) et le de foie de bœuf (7 mg/100 g).
De la viande rouge. Si les abats ne vous font pas trop envie, il y a aussi la viande rouge qui apportera une bonne quantité de fer héminique à votre organisme.
Ainsi, 100 g de viande de bœuf vous apportera 4 mg de fer. Pour la viande de cheval, c'est 5 mg de fer pour 100 g.

Des palourdes
La palourde est une bonne source de fer, même si elle n’en contient pas autant qu’on le pensait auparavant. Une portion de 100 g de palourdes contient environ 2,8 mg, soit environ un sixième des besoins quotidiens d’une femme adulte et un tiers de ceux d’un homme adulte.
Fan de fruits de mer ? Ne vous privez pas, car de nombreux autres fruits de mer contiennent du fer.

Du poisson
Les sardines font partie des poissons les plus riches en fer, 100 g de sardines à l’huile contiennent environ 2,5 mg de fer.
Le maquereau et le thon à l’huile, quant à eux, en contiennent environ 1,2 mg.

Des épinards
Les épinards sont aussi une bonne source de fer, en particulier lorsqu’ils sont bouillis (3,6 mg/100 g).
De manière générale, retenez que les légumes verts sont les plus riches en fer : petits pois (1,9 mg/100 g), brocoli (1,4 mg/100 g), cresson (1,3 mg/100 g), choux de Bruxelles (1,1 mg/100 g).

Du soja
Les haricots de soja ou le tofu (qui est préparé à partir du soja) apportent à l’organisme de bonnes quantités de fer non-héminique.
100 g de soja ou de tofu apportent environ 5 mg de fer à l’organisme.

Des haricots blancs
Riches en fer non héminique, 100 g de haricots blancs en apportent à l’organisme environ 2 à 3 mg.
De plus, ils apportent près de 50 % de l’apport moyen conseillé en fibres alimentaires et 30 % de l’apport recommandé en protéines.

Des pommes de terre avec pelure
Lorsqu’elles sont cuites avec la peau, les pommes de terre conservent mieux leurs vitamines et leurs minéraux.
Ainsi, la pomme de terre cuite au four avec la pelure est une bonne source de fer (environ 1 mg/100 g).
Elle apporte aussi de la vitamine B6, du cuivre, du manganèse ou encore du potassium.

Qui sont les amis et les ennemis du fer ?
On peut améliorer l’assimilation du fer en combinant des aliments contenant du fer à des aliments riches en vitamine C. En effet, la vitamine C permet la transformation du fer non héminique en une forme plus absorbable par l’intestin.
En revanche, le thé et le café contiennent des tannins qui nuisent à l’absorption du fer lorsqu’on les consomme au même moment. Il est donc recommandé de ne pas en boire 30 minutes avant le repas ou dans les 2 heures qui suivent.

Nneka a grandi à Warri, dans le delta du Niger. Une partie de ses racines demeurent là-bas. Mais aussi en Allemagne, le pays d’origine de sa mère, où Nneka a étudié l’ethnologie. Lorsque son père, un architecte nigérian, se remarie, Nneka est confiée à sa belle-mère qui la force à vendre des oranges dans la rue. Élevée à la dure, elle est fréquemment « corrigée » par sa belle-famille. Loin de sa mère qui a quitté le Nigeria, Nneka se sent mal aimée. Pour soigner son « spleen », elle prend l’habitude d’écrire des chansons. Ses sources d’inspiration, elle les trouve dans le reggae, l’afrobeat, la soul et le blues. Ses idoles d’hier sont restées celles d’aujourd’hui : Bob Marley, Fela Kuti et Tracy Chapman. Sa musique se nourrit toujours des styles ayant bercé ses premiers accords de guitare. Le mot « love » revient, de façon obsessionnelle, dans ses chansons. Elle avoue qu’elle a le plus grand mal à le rencontrer, cet amour. Quand elle ne compose pas, la chanteuse se penche sur le sort des plus démunis. Elle a créé Rope, une Ong destinée à défendre les enfants et les femmes victimes de mauvais traitements en Afrique, et s’investit particulièrement dans cette cause en Sierra Leone et au Nigeria. Nneka s’engage aussi contre Boko Haram. Une chanson de son nouvel album est consacrée à la secte. Cette part d’elle qu’elle essaie toujours de fuir, mais vers laquelle elle finit toujours par revenir. Au fond, c’est là que Nneka trouve ce supplément d’âme qu’elle cherche si activement de Lagos à Paris. C’est dans ce refuge musical et uniquement là que Nneka peut faire semblant de croire que sa vie tient encore et toujours du « conte de fées ».

Par Oumar BA

Ce macro-économiste togolais, ancien ministre de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques, qui a travaillé pour de nombreuses institutions internationales (Bceao, Cirad, Uemoa, Oif), est convaincu  que les Etats africains doivent sortir du franc Cfa et élaborer leur propre politique monétaire s’ils veulent pouvoir « parachever leur indépendance politique et renforcer les bases d’une transformation structurelle de leur économie ». Le franc Cfa est un frein à la compétitivité de l’Afrique et au progrès social, Kako Nubukpo en a fait son cheval de bataille. Il a publié, aux éditions La Dispute, « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le franc Cfa ? » Une attaque en règle de ce qui paraît être le pilier d’une domination néocoloniale que d’aucuns estiment être relayée également par la Francophonie.

Par Oumar BA

La Google Car est-elle morte ? Ce n’est pas vraiment clair. Mardi, le groupe Alphabet, maison mère de Google, a annoncé qu’il donnait son indépendance à sa division en charge de développer les voitures autonomes en créant l’entreprise Waymo. Alors que le site The Information affirme que Google a abandonné l’idée de construire sa propre citadine sans chauffeur, il semble que la nouvelle structure se concentrera sur la technologie et des partenariats. Selon Bloomberg, Waymo pourrait lancer un service de VTC autonome en partenariat avec Fiat-Chrysler d’ici fin 2017, venant ainsi concurrencer Uber. Pour lors d’une conférence, mardi, l’entreprise n’a rien annoncé.

« C’est un signe que la technologie est arrivée à maturité », explique John Krafick, le patron de Waymo, qui était auparavant responsable du projet de la technologie autonome développé depuis environ sept ans par Google. « On peut imaginer que notre technologie peut être utilisée dans des voitures de particuliers, l’autopartage » et dans les transports publics, a énuméré Krafick, ancien patron de Hyundai Amérique du Nord.

Par le surfeur

« La tête, le tronc et les quatre membres ». Je me suis retrouvé récemment avec un camarade de promotion que j’avais perdu de vue. Nous nous sommes bien marrés de cette vieille ritournelle juvénile de l’école élémentaire et du barbant enseignant qui la mâchait davantage qu’il ne la fredonnait. Cet « ami », bâti à chaux et à sable, n’était point une lumière. C’était plutôt le cancre assis au fond de la classe, l’hercule bourreau des fils de rupins qui lui fournissaient ses billes d’agate pour ses petites marottes de récréation. L’expression, « bête comme une bille », a fini par lui coller à la peau. Il se rendait bébête par ses niaiseries et par l’illusion d’une corpulence smart. En sourdine, nous l’affublions du sobriquet, « la tête, le tronc et les quatre membres » ; sa seule leçon sue après une élastique « carrière » au primaire.

Mais, en conversant un peu avec lui, l’autre jour, je me suis rendu compte qu’il s’était bonifié avec le temps (inutile de me dire que je suis prétentieux, je le sais). Son sens de la répartie, quand j’ai succombé à la tentation de lui rappeler son vieux surnom, m’a séduit. Il me rétorque ceci : « la tête, le tronc et les quatre membres, c’est bien ! Mais, fallait-il qu’on nous dît ce qu’il convient d’exhiber et de bien "planquer " ». L’histoire de la « plantureuse », de « l’infâme » ou de la « séduisante » bonne dame (c’est selon), danseuse montreuse de choses inspirant la volupté (et certainement de la répugnance pour nos dévots et autres auto-proclamés censeurs publics !) est passée par là.

Nous Sénégalais, êtres ambivalents, nous en sommes émus et offusqués. Nous avons regardé et apprécié, aimé et détesté la victime ou l’esprit malfaisant. Certains ont rendu grâce au Ciel de ne pas les avoir accablés d’une si grande opprobre. Car il se passe bien des choses dans l’intimité des chambres ! D’autres en ont probablement fait le remontant des soirs de solitude. Et moi, sage garçon, je n’ai pas pu regarder les images pour déterminer leur degré d’excitabilité ! En sus, je suis un très bon musulman !

Pour les martiens parmi nous, des photos et une vidéo lascives de celle qui, « paraît-il, n’en est pas à la première récidive, se sont invitées dans les chaumières, dans l’espace public friand de potins (en même temps, on ne peut pas priver les sens de leur errance) à cause -ou par la magie- d’internet, des réseaux sociaux. Ceux-ci nous montrent bien des univers et imposent à ceux qui sont, étourdiment, dans leur mouvance, de nouvelles lignes démarcatives entre les espaces public et privé. Le débat sur les réseaux sociaux est intempestif, malvenu. Ils continueront d’exister, de nourrir bien des fantasmes et d’exalter nos « moi » et nos sottises.

La réflexion devrait être portée sur la Société sénégalaise si souvent idéalisée. Nous ne sommes plus ce que nous prétendons être. Jusqu’à la preuve du contraire, à moins que l’interprète de « Thiopati » ne se soit pas encore départie d’un narcissisme primaire parfois tenace chez certains attardés sensuels, c’est une amitié bien souriante en qui elle avait une confiance naïve qui a partagé cette délectation intimiste (au sens de l’artiste peintre) avec les âmes écœurées ou jouissives de Sunugal. Et peut-être avec des libertins du monde qui s’étonnent de l’indignation des « rétrogrades » tropicaux (J’ai bien mis des guillemets hein !).

La crédulité est une déficience
Nous aimons à nous gargariser de nos petites bienséances en oubliant que les valeurs partagées ne sont pas des réalités figées. D’autant que le monopole de l’éducation parentale a été brisé depuis longtemps par des interférences quelquefois discrètes mais « destructurantes ». La pornographie cinématographique (cette histoire en est une sans toutefois un metteur en scène… érotique !) était, hier, la chose des adultes en quête de sensations fortes en attendant de « se faire doucher par l’orage ». Si elle n’est l’orage bien sûr. Aujourd’hui, le marmot, d’une salacité précoce, peut en jouir autant que ses sens le voudront. Il convient, dès lors, de reconstruire le paradigme en s’accommodant aux réalités nouvelles et en se référant, non pas à un traditionalisme qui n’inspirerait à cette jeune âme qu’un sentiment d’immobilisme, mais à son humanité. Car, à y regarder de plus près, cette affaire de membres inférieurs et d’entrecuisse interpelle notre civilisation, notre humanité. On se plait à détruire l’autre dans une pathétique jubilation. La danseuse devra apprendre de cette infortune (jusqu’à ce que les parties intimes ne soient plus si intimes sous nos cieux) que, de nos jours, la crédulité, surtout pour elle qui aspire à la réputation artistique, est une déficience. Amélie disait à sa fille Elisabeth (Les semailles et les semences, Henry Troyat) qu’« il y a certaines privautés qu’une femme ne tolère que si elle est prête à céder sur le reste ». Céder, c’est le mot. Céder aux envies du corps et du partenaire est un luxe qu’on ne doit pas toujours se permettre chère sœur.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Dans cet entretien, le Colonel des Eaux et Forêts à la retraite et écrivain, avec l’œil du Saint-Louisien, revient sur le riche patrimoine matériel et immatériel qui fait la particularité de cette ville.

En tant que natif de Saint-Louis, que représente cette ville pour vous ?
Je suis né, j’ai grandi et j’ai fréquenté l’école coranique et l’école française à Saint Louis au quartier Ndar Toute, à Ndiolofène, aux Eaux claires et à Diamaguène. J’ai habité ou fréquenté tous les quartiers de la ville. J’aime cette ville avec fureur comme le disait le Duc de Lauzun premier Gouverneur du Sénégal nommé par le Roi de France et qui écrivait en 1779. « L’île de Saint-Louis est un amas de sable qui ne produit rien de bon. Ses habitants l’aiment avec fureur, n’imaginant pas d’autre bonheur que d’y vivre, quoiqu’il soit bien rare de ne point y mourir jeune… ». Cela m’a d’ailleurs facilité l’écriture de mon livre qui a pour titre : « Itinéraire d’un Saint-Louisien, la vieille ville française à l’aube des indépendances »

Parler de Saint-Louis renvoie forcément à certains concepts comme Domou Ndar, Takassanu Ndar, Signare, Fanal. Que reste-t-il de ce patrimoine culturel immatériel ?
En réalité, seule Saint-Louis mérite le vocable de « Domou Ndar ». En effet, la tradition à Saint-Louis veut que tout natif de la ville soit l’enfant de toutes les familles de la ville qui ont le devoir de contribuer à son éducation. Ainsi, n’importe quelle personne âgée avait-elle le droit de punir ou de corriger tout enfant qui se conduisait mal dans la rue, même si elle ne le connait pas ! Le terme « takkusaanu Ndar » vient d’une certaine habitude qu’avaient les gracieuses femmes et les Saasumaan de Saint-Louis de se promener en grande toilette à l’heure où le soleil, telle une boule d’or décline à l’horizon derrière les cases de Gét-Ndar et de Santhiaba. Takkusaan est une heure de la journée où il ne fait pas chaud et le climat est doux. C’est l’heure où l’on organisait les sabar, les tannbéer, les simb et les damalice fobbin », cette ancienne danse indigène de Saint-Louis. C’est cette ambiance qui est illustrée par les belles paroles d’Ousmane Socé Diop « Saint-Louis du Sénégal, centre d’élégance et de bon goût sénégalais… » Les signares constituent l’expression humaine du métissage culturel entre Saint-Louis et la France. Elles sont des symboles historiques de la beauté et de l’élégance à Saint-Louis et à Gorée.

On parle de Domou Ndar, de Dolli Ndar, de Ndar Ndar. Ces concepts ont-ils encore un sens, selon vous ?
Je me suis toujours opposé à cette tentative de catégoriser et de diviser les Saint-Louisiens. Ainsi, certaines personnes distribuent des titres de « grand Saint-Louisien », de « non Saint-Louisien », de « vrai ou faux Saint-Louisien », de « Saint-Louisien naturel » et j’en passe. Voilà donc qu’en agissant ainsi, ces distributeurs de titres de noblesse ou de bassesse, oublient que Saint-Louis du Sénégal est une ville de métissage à tout point de vue. En effet, il est établi que tous les habitants de cette ville ne constituent pas une population spontanée. Leurs ancêtres viennent pour la plupart, de France, de Mauritanie, du Mali, du Maroc, du Liban, du Cap-Vert, du Waalo, du Fouta, du Gandiole, du Ndiambour, voire du Cayor et du Baol. Quelle que soit leur ascendance, les Saint-Louisiens ont un dénominateur commun. Ils aiment Saint-Louis avec fureur. Que nous soyons Saint-louisien d’origine, de naissance ou d’adoption, nous sommes tous des Saint-Louisiens égaux en droit, en devoir et en privilège. Nous aimons tous Saint-Louis avec fureur, avec passion. Tenter de diviser les Saint-Louisiens en différentes catégories, classes et sous-classes n’est rien d’autre qu’un acte anti démocratique, discriminatoire et contraire aux droits humains et à la traditionnelle Teranga Saint-Louisienne.

Que signifie « Domou Ndar » ? Quelles sont les caractéristiques du « Domou Ndar » et que reste-t-il de cet héritage ?
Un Domou Ndar est fondamentalement un Saint-Louisien de naissance, d’éducation et de culture. Cette notion peut être étendue aux Saint-Louisiens d’origine et d’adoption. Le doomu Ndar se distingue par son amour viscéral pour Saint-Louis, son éducation chrétienne ou islamique, sa politesse, son élégance dans le verbe et dans l’habillement. Cet héritage traditionnel est toujours présent à Saint-Louis, même si malheureusement, certains comportements déplorables venus d’ailleurs sont en train de polluer ces valeurs ancestrales qui caractérisaient la cité de Maam Kumba Bang.

Le Fanal fait partie intégrante du patrimoine culturel immatériel de Saint-Louis. Pouvez-vous nous raconter comment vous l’avez vécu dans votre jeunesse ?
La tradition du fanal est née à Saint Louis du Sénégal dans le quartier Sud, à l’initiative des signares qui se rendaient, la nuit de Noël, à la messe de minuit, en compagnie d’un ou de plusieurs porteurs de lampions multicolores. Un mois avant Noël, se déroulaient, dans les quartiers, les séances de répétitions des fent (chants improvisés et dédiés à un parrain ou une marraine de fanal). À cette époque-là, chaque quartier avait son fanal et la concurrence était très forte, mais elle était toujours cordiale. Le cortège des fanaux était une belle occasion pour les femmes de chanter l’itinéraire historique des autorités administratives ou politiques. Ces chants nocturnes, qui étaient de vraies leçons d’histoire, rappelaient également les hauts faits des membres de certaines familles qui se sont distinguées dans le culte de l’honneur, de la dignité et de la générosité. Je me souviens encore de la belle description du Fanal par l’honorable Fatou Niang Siga qui, de sa belle et féconde plume, nous rappelle le fanal dans toute sa splendeur : « Le grand fanal était accompagné de garçons porteurs de pantins en bois et carton gigotant au bout d’une perche dès qu’ils tiraient les ficelles qui les mettaient en action. La danse au son du tam-tam distrayait les spectateurs, le salut faisait sourire le blanc, la culbute polarisait l’attention des enfants… Élément de leur identité culturelle, les Saint-Louisiens présentent à nouveau, depuis une dizaine d’années, le fanal à leurs visiteurs pour rehausser les fêtes de fin d’année.

Cette manifestation telle que vous l’aviez connue dans le temps, garde-t-elle encore son essence ?
Notre sœur Marie Madeleine Valfroy est certes une brave dame ! Elle est toujours au front pour le progrès et la promotion de sa ville natale. Tout le monde le sait. Mais à mon avis, le Fanal de Saint-Louis ne devrait pas être l’affaire de quelques mécènes et autres bonnes volontés. La vérité est que le fanal est une identité culturelle Saint-Louisienne, que les doomu ndar de naissance, d’origine et d’adoption aiment passionnément et présentent toujours aux visiteurs avec une grande fierté. Le Fanal de Saint-Louis est une attraction touristique incontestable et très productive. À ce titre, les autorités municipales et le ministère de la Culture ne devraient pas le laisser s’effondrer et mourir de sa belle mort.

Le Bou El Mogdad est revenu à Saint-Louis depuis quelques années, qu’est-ce que ce bateau mythique représente pour les Saint-Louisiens et de manière générale pour les habitants de la vallée du fleuve ?
Je me souviens de la belle époque des Messageries du Sénégal avec le Bou El Mogdad, le Boufflers, le Soulac et le Keur Mour, d’imposants navires de commerce qui sillonnaient le Fleuve Sénégal et desservaient le Fuuta et le Waalo dans la vallée du Fleuve du Sénégal. C’était le temps où des pirogues longues et étroites appelées gaalu mboul, arrivaient à Saint-Louis remplies de pastèques et de nénuphars. On observait également, sur les différents bras du Fleuve Sénégal, ces immenses pirogues multicolores qu’on appelait  gaalu penku et qui transportaient d’importantes cargaisons de charbon et de bois de gonakié ou ngonaaké. Le gonakié est une espèce ligneuse qui pousse dans la vallée du fleuve et qui a un pouvoir calorifique très élevé. Il était particulièrement utilisé comme bois de chauffe par les ménagères Saint-Louisiennes. Il est généralement admis à tort ou à raison, que ce bois de gonakié donnait aux différents mets que mijotaient les ménagères de la ville, une saveur exquise ! Le Bou El Mogdad est véritablement un navire identitaire et un patrimoine culturel et historique de la ville de Saint-Louis. Je félicite vivement le propriétaire de ce bateau, notre ami Jean Jacques Bancal et son équipe qui exploitent et entretiennent soigneusement ce joyau de la ville de Saint-Louis.

Par El Hadj Ibrahima THIAM et Ibrahima BA

Sénégalais de nationalité espagnole, il se dit citoyen du monde et migrant à la fois. Le président d’Horizon sans frontières, une organisation non gouvernementale qui milite pour la défense, l’orientation et la réintégration des migrants, Boubacar Sèye, fait de ce combat un idéal de vie.

Fougueux. Bouillant. Réactif. Le caractère fait l’homme. Le combat de Boubacar Sèye, c’est l’intégration des migrants quelles que soient leurs appartenances ou leurs couleurs. Et il le plaide avec une lumière dans les yeux qui en dit long sur son attachement à cette cause. En cette matinée de mercredi 16 novembre 2016, il est encore dans ses œuvres. Avec la volonté prêtée à l’Allemagne de rapatrier les Sénégalais établis dans son territoire, la presse fait la queue devant sa porte pour recueillir son avis. Son téléphone n’en finit pas de sonner. Le président d’Horizon sans frontières ne veut laisser aucun détail lui échapper sur cette nouvelle qui, pour le moment, ne prend que la forme d’une rumeur.

« Le rapatriement, s’il n’est pas volontaire, est une violation de l’article 3 et 5 de la déclaration universelle des droits de l’homme », une phrase qui est revenue plusieurs fois dans ses réactions. Ses mots interpellent l’Etat qu’il met face à ses responsabilités, notamment sa mission régalienne de protection de ses citoyens partout où ils trouvent.

Passé migratoire
Son engagement pour la défense et l’intégration des immigrants n’est point le fruit d’un hasard. Depuis l’Espagne où il s’était établi durant des années, il fut un jour victime d’un rejet identitaire. « Ayant l’habitude de faire du vélo le dimanche avec ma fille sur une piste réservée aux cyclistes, une femme s’était rapprochée pour me dire de rentrer chez moi. De retour à la maison, ma fille ne cessait de demander à sa mère pourquoi papa devrait rentrer et cela avait suscité en moi une grande tristesse. Depuis ce jour, j’ai décidé de me battre. C’est ce qui a motivé, en grande partie, mon combat», raconte-il. Récit d’une vie en terre étrangère, loin de son pays natal avec des frustrations qui ont donné, par la suite, naissance à Horizon sans frontières, une Ong qui s’est dressée contre les discours populistes, sources de racisme et de rejet des immigrants.

Quelques souvenirs qui font resurgir un passé de migrant aux mouvements tumultueux dans l’espace européen. En effet, face à un système universitaire qui ne rassure point dans le années 1990, il décide d’aller poursuivre ses études en dehors du pays. Admis à l’Université Pasteur de Strasbourg, ce professeur de mathématique avait bénéficié d’une préinscription pour faire les mathématiques appliquées. Sans visa, il est aussitôt expulsé vers la Côte d’Ivoire où il est resté dix ans avant de rejoindre encore l’Europe du fait de la guerre qui a secoué le pays des éléphants en 2000. L’oiseau migrateur reprend, en effet, son envol vers d’autres destinations, à la recherche d’une meilleure vie. Sans maison d’accueil en France, il fait le tour des hôtels jusqu’à épuisement de son portefeuille. Direction le sud de l’Italie où il n’avait qu’une seule possibilité, la vente à la sauvette. Le jeune Boubacar avait décidé de remonter sur Milan, une ville cosmopolite mais très chère. Par un heureux concours de circonstance, il est admis dans une école française comme prestataire. Juste de quoi payer sa chambre d’hôtel. Face à un train de vie intenable, il migre à nouveau vers l’Espagne, un pays dans lequel il a pu s’intégrer car en un mois il obtient la nationalité. Trilingue (il parle le français, l’anglais et l’italien), il est recruté dans une station de ski comme traducteur auprès des touristes. Sauf que tout ce qu’il savait dire dans la langue de son pays d’accueil était : « stoy despuerto hacer el trabajo » (je suis disposé à faire ce travail). Des souvenirs d’une témérité passée qui lui arrachent quelques sourires. Après une immersion dans la langue espagnole, il crée ses propres entreprises de télécommunication et de transfert d’argent.

Orphelin de mère et garçon unique dans une famille modeste, il ne fallait pas rentrer bredouille. D’ailleurs, en abordant cet épisode de sa vie, on sent perler une grande émotion. Sa voix tremble et il finit par plonger dans un silence absolu. Il a suffi d’aborder à nouveau le sort des migrants mis aux bancs des accusés pour le sortir de cet inconfort émotionnel. En effet, face à une Europe qui s’érige en forteresse, avec des barricades juridico-politiques et physiques qui font de ses frontières des lieux de souffrance des migrants voire des cimetières, il appelle les Etats, en particulier africains, à réadapter leurs politiques de migration en tenant compte de la complexité, de la globalité et de la transversalité du phénomène.

Revenu depuis 2006 au Sénégal pour relancer le débat autour de ces flux qui constituent aujourd’hui l’un des plus grands défis auxquels les Etats sont confrontés, il laisse derrière lui, en Europe, une famille métissée et intégrée, à l’abri des fureurs migratoires.

Par Marame Coumba Seck

Révélé au grand public dans « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? », le comédien congolais Pascal Nzonzi jouit d’une quarantaine d’années de carrière. Les mots, Pascal Nzonzi les aime, les délecte et les choisit avec soin. Derrière cette silhouette, se dégage une fierté renouvelée d’être africain.

Il a été seul sur scène avec « Cahier d’un retour au pays natal », d’Aimé Césaire. Il note que ce travail colossal l’a fait grandir. Il s’est isolé pendant un mois. « Pour entendre l’auteur me parler, saisir sa pensée, épouser son combat ». C’était un peu dangereux car plonger dans ce texte puissant vous amène très loin. Toutes ces souffrances du peuple noir dont il parle vous traversent. Comme s’il savait que si le comédien s’astreint à ne pas trahir un texte, l’homme, lui, ne doit pas se mentir à lui-même. Alors, les formules toutes prêtes, trop peu pour lui. Chaque parole est articulée, parfois chantée, avec ce timbre grave qui sied si bien à ceux qui ont grandi au théâtre. Ce fils d’agriculteur est né et élevé en Rdc. Il a grandi en Rdc, à Lutendele, un village au bord du fleuve Congo. À 18 ans, il découvre le théâtre à Brazzaville : il assiste à une pièce et comprend que sa place était peut-être là. Mais il est loin de se douter que cette activité pouvait constituer de métier ! Tout qu’il cherche, c’est perpétuer son amour des textes. Après avoir intégré le Théâtre National Congolais, il a l’opportunité de faire une formation à la Maison de la culture du Havre et découvre d’autres auteurs, modernes, contemporains… Puis, au Festival d’Avignon, il a joué Chant général, de Pablo Neruda. La salle était comble…Il sent alors la nécessité de franchir un palier. Peu importe la longueur de nos répliques, lorsque vous entrez en scène, vous êtes au centre de l’univers, se dit-il.

Le peu de comédiens noirs sur les écrans français serait, selon lui, inhérent au regard étriqué de la société. Une vision stéréotypée, ethnocentriste. Il ne croie pas au fait de « rendre visible » une minorité invisible : c’est un slogan, ça ne veut rien dire, à ses yeux. Il pense plutôt que les auteurs manquent d’inspiration, d’ouverture pour proposer autre chose aux acteurs noirs que des rôles de balayeurs, dictateurs ou dealers. Ce qu’on voit à la télévision, par exemple, n’est pas représentatif de la mixité culturelle de la France. Il s’est certes frustré, mais pas découragé. Il faut gagner sa place, travailler constamment même pour un petit rôle.

Dans ses déplacements, il ne se rend pas tout le temps en Rdc, mais beaucoup en Afrique de l’Ouest. C’est sa façon d’être Africain. «J’observe les mentalités, si différentes d’un pays à l’autre. Je m’intéresse à l’histoire. De grands guerriers de ces pays ont combattu les injustices, les invasions étrangères, l’esclavage. Nous n’avons pas courbé la tête comme certains le pensent ! Je suis fier d’avoir de tels ancêtres», souligne t-il. Quand il voit les masques africains dans les musées français, il dit avoir mal. Pourquoi ne sont-ils pas en Afrique ? Et on entend ces discours paternalistes qui prétendent que nous n’avons rien créé ? Mettre ces masques derrière des vitrines, c’est enfermer les esprits dont ils sont les intercesseurs. Leur fonction sacrée est transgressée.

C’est un triste constat: il n’y a pas d’industrie cinématographique. Où sont les salles de projection? Notre continent est riche, il y a des investisseurs, des hommes d’affaires… Pourquoi ne misent-ils pas sur ce domaine ? Il y a des écoles de footballeurs, on les entraîne et ils rejoignent ensuite des grands clubs en Europe. Pourquoi ne serait-ce pas pareil pour les acteurs ? Il faut créer des structures, former tous les corps de métier, produire des films. S’ils n’ont pas la possibilité de pratiquer leur métier, leur talent ne peut pas s’épanouir, relève-t-il.

L’énergie de la lentille est produite par le clignement de l’œil...

On savait que Samsung travaillait à la mise au point de lentilles de contact connectées. Le constructeur coréen a fait un pas de plus, en publiant un brevet au début de l’été sur le sujet. S’il ne s’agit pas d’un produit fini, le géant de l’électronique imagine au moins comment il pourrait être.

La lentille de contact décrite sera alimentée en énergie, rapporte 01net. Celle-ci sera fournie par un élément qui produira de l’électricité en convertissant l’énergie générée par le mouvement de l’œil. Samsung a même prévu un condensateur miniature, capable de stocker l’énergie en cas de besoin.

Côté utilisateur, la lentille sera munie d’un écran et d’un capteur photo. L’écran permettra de consulter des données issues d’internet. Quant au capteur photo, il permettra de prendre un cliché en un clignement d’œil ou de capturer une vidéo fidèle au regard.

D’autres constructeurs électroniques se sont placés sur la technologie des lentilles connectées. Sony a déposé un brevet pour un système d’appareil photo ayant la forme d’une lentille de contact. Google irait plus loin en préparant une lentille connectée directement greffée sur l’œil.

Née à Douala en 1973 et installée en France depuis le début des années 1990, Léonora Miano s’intéresse, dans ses romans, à la place des afro-descendants dans les sociétés occidentales. Elle nous oblige à nous  regarder en toute lucidité. L’image qui nous est renvoyée est parfois peu glorieuse et nous confronte à notre histoire dans ce qu’elle a de plus sombre. Elle nous force à prendre  conscience de nos limites et de nos préjugés. A partir d’une explication de l’invention de la race, Léonora Miano renverse les perspectives habituelles et avance que les esclavagistes ont souhaité se blanchir  des « ténèbres » qu’ils déversèrent sur le monde avec la déportation transatlantique d’hommes et de femmes Noirs.

Après le sport, l'organisme a besoin de se reposer et de restaurer ses stocks hydriques et énergétiques. Pour être optimale, la récupération doit se faire dans l'heure qui suit l'effort.

Jamais d'arrêt brutal après une séance de sport ! Le corps a besoin d'un retour au calme progressif pour maintenir le tonus artériel et assurer un meilleur retour veineux, sinon gare au malaise. Pour bien faire, il faut ralentir le rythme de l'exercice pendant 5 à 7 minutes en marchant, pédalant ou trottinant lentement. Enfin, ne pas oublier de respirer profondément en allongeant ses expirations au fur et à mesure.

Les étirements pour détendre les muscles
Le but de l'étirement n'est pas de s'assouplir mais de relâcher les muscles tendus et de diminuer les tensions nerveuses causées par l'exercice. Pour cela, étirer en douceur les zones qui ont été sollicitées environ 30 secondes chacune en respirant lentement et profondément. L'idée est de sentir une tension modérée mais jamais de douleur. Une séance d'étirements plus profonds peut aussi être réalisée les jours suivants.

Bien s'alimenter après le sport
Juste après l'entraînement, en cas de petite faim, manger un fruit frais, une poignée de fruits secs ou un yaourt agrémenté d'un peu de muesli et de miel. Au repas suivant, prévoir une portion suffisante de protéines, qui vont aider l'organisme à réparer les fibres musculaires, et de sucres lents pour reconstituer les réserves énergétiques.
Exemple de repas : une portion de 120 g de viande ou 150 g de poisson accompagnée de 250 g de sucres lents (riz, pâtes...), avec un yaourt et un fruit en dessert.

Se réhydrater
Après un effort, l'organisme a besoin de récupérer l'eau perdue via la sudation. Dès l'arrêt de l'exercice, boire beaucoup d'eau (plate ou gazeuse), même en l'absence de soif. Et durant les 2 ou 3 heures qui suivent, boire 3 ou 4 gorgées d'eau toutes les 15-20 minutes. En cas de pratique intensive ou après avoir fait plus d'une heure de sport, opter pour une boisson « spécial sportif » contenant du sodium et des glucides.

Terminer sa douche à l'eau froide pour la circulation
Une fois le corps revenu à sa température normale, se doucher à l'eau chaude, puis tiède. Et terminer par un jet d'eau froide en partant de la cheville et en remontant jusqu'aux hanches, pendant 1 minute pour chaque jambe afin de relancer la circulation. Après la douche, appliquer une huile à l’arnica en massages sur les jambes, toujours de bas en haut, en partant de la cheville et en remontant jusqu'aux fesses.

L'automassage, ça soulage !
Les automassages favorisent le relâchement musculaire, la diminution des tensions et contractures. Ils limitent la formation d'adhérences au niveau des muscles et des fascias (fines membranes qui enveloppent les muscles). Masser améliore la circulation sanguine et la qualité des tissus musculaires. Faciles à intégrer à sa routine de récupération, les massages prennent peu de temps et soulagent.La bonne méthode : Debout, faire rouler une balle de tennis sous chaque pied en insistant sur les points douloureux pendant 1 minute. Puis, avec la balle, se masser en profondeur les tibias, les cuisses, les muscles fessiers, le dos... Ne pas hésiter à s'aider du sol ou d'un mur pour les zones peu accessibles.

Source : topsante.com

Cracks du foot

25 Nov 2016
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Il fut un temps pas très loin derrière nous où nos parents veillaient sur nous avec un zèle de nouveau converti. Les jeux étaient interdits et les études passaient avant tout. Il n’était pas question pour eux que leur enfant passât son temps à taper sur un ballon, à courir sans raison, à lire des bandes dessinées ou à pousser la chansonnette. Les saltimbanques n’étaient pas désirés dans nos familles, les sportifs encore moins. Non ! Il fallait être un crack, réussir dans les études, devenir ministre, député, gouverneur ou même président de la République. Le rêve de tout parent. Et pour aider la progéniture à bien assimiler ses leçons, l’on n’hésitait pas à leur faire ingurgiter des litres de « kiiss », cette eau miraculeuse tout droit sortie des amulettes maraboutiques et destinée à fixer le savoir dans les cerveaux distraits de la marmaille. Foin de tout cela aujourd’hui. Nombre de parents rêve de donner naissance à un El Hadj Diouf. Il n’a pas été un crack sur les bancs de l’école, mais a gagné beaucoup plus que ces génies au Qi surdimensionné. L’école est toujours en vogue, mais au rythme où évolue la vie, celles de foot seront bien plus fréquentées par nos mômes.

Par Sidy DIOP

Last modified on vendredi, 25 novembre 2016 15:32

Dans une atmosphère de connectivité, il se taille un succès phénoménal. Journaliste-blogueur et entrepreneur Web, ce talentueux publisher élargit de plus en plus ses domaines de compétence en multimédia, épousant l’évolution du digital.

Dans le quartier chic de Sacré-Cœur 3, une plaque sur la devanture d’un bâtiment donne sur une petite ruelle où les véhicules se dérobent aux regards. Au service technique de « Seneweb », tout se veut digital. Dans le silence des bureaux aux portes fermées, seule la lumière des ordinateurs permet d’identifier les visages figés devant les écrans. Dans ce clair-obscur, la concentration est au maximum. On est dans l’univers de l’hyper connectivité. A chacun sa machine. Sa connexion. A la salle technique, lieu de définition de l’architecture et de la graphie du site, les deux administrateurs Web submergés de travail ne lèvent la tête que pour répondre aux salutations des gens qui s’invitent dans leur cercle restreint. Le publisher, notamment le gestionnaire de contenu, un accro d’Internet avec un style de rappeur vient leur présenter sa nouvelle portraitiste.

Dans cet environnement d’addiction à Internet, le jeune Basile Niane est intarissable sur les enjeux du Net, en particulier de la vidéo, le leadership de demain et l’avenir de la nouvelle génération. Il en est sûr, le Web est pourvoyeur d’opportunités multiples. « L’avenir, c’est la vidéo, que ce soit dans le journalisme ou sur Internet. Les gens n’ont plus envie de lire. Ils se focalisent de plus en plus sur les vidéos mobiles », alerte cet accro du digital.

Travaillant dans cette plateforme devenue, au fil du temps, un portail dont il est le gestionnaire de contenus, il essaie de satisfaire les besoins d’un public jeune plus orienté vers les informations sensationnelles, par conséquent le people. En effet, du sexe, du sang et de la drogue, tout ce qui sort de l’ordinaire, servis sur un plateau doré. Jeune comme l’est la majorité de la population sénégalaise, il n’en est pas moins sensible aux besoins des cent mille visiteurs quotidiens qui parcourent les pages de « Seneweb ». « Le Web évolue vers le buzz », soutient-il. Cent articles par jour pour satisfaire la demande des internautes, de quoi avoir le Sénégal dans le Web.

Tout se passe sur la toile
« J’ai l’habitude d’entendre de la bouche de ma femme : va rejoindre ta première épouse, ma machine elle veut dire », confie Basile Niane. Marié tout d’abord à cette dernière, tout ou presque dans sa vie se passe sur la toile. L’ordinateur et lui, c’est une histoire d’amour motivée, en partie, par la « fortune » digitale qui la dépouille de sa sociabilité. « Ma machine m’a tout donné, la voiture, là où j’habite. Si j’ai fait le tour du monde, c’est grâce à elle. Bref, tout ce que j’ai, c’est Internet », se satisfait ce citoyen de la communauté du Net. Impossible de la répudier. « Peut-être à l’autre bout de la terre », suppose-t-il. Et qui sait ? Même là-bas, tout peut être digital. Il suffit d’y penser seulement pour être branché.

Ancien coordonnateur du Réseau des blogueurs du Sénégal et membre fondateur de la plateforme « sunu2012.sn. » (Le hashtag sunu2012 qui a été utilisé sur twitter durant les élections de 2012 au Sénégal), le jeune entrepreneur vit d’Internet, par conséquent, de blogging et de youtube. Dans cet espace virtuel, son travail consiste à aider des gens à mettre du contenu. Son entreprise, « socialnetlink.org », première plateforme au Sénégal qui ne parle que des technologies, est devenue un label avec un personnel constitué principalement de jeunes, journalistes, blogueurs et de communicants. Très jeune, Basile Niane pourvoie des emplois grâce au génie du Web, Youtube, paniers des contenus comme « Dudu fait des vidéos ». Primée au concours de Word Summit Awards (Wsa) organisé par les Etats-Unis à Singapour pour encourager ses bons contenus, il s’oriente de plus en plus vers le data journalisme, autrement le journalisme de données. En effet, il a tapé dans l’œil des chefs d’entreprise, de militants d’Ong et des institutions, en l’occurrence l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) pour la simplification de leurs rapports techniques, mais également la gestion de leurs contenus.

Une vie de Tec
Sorti de l’Institut supérieur d’entreprenariat et de gestion (Iseg), il a fait un passage à la radio Océan Fm puis à la 2Stv avant de rejoindre la Rts, en particulier l’émission Kinkéliba en tant chroniqueur Tech. Après trois ans d’expérience au Triangle sud, il décide de se consacrer entièrement au digital. Meilleur blogueur du Sénégal dans la catégorie Tic en 2014 par l’incubateur Ctic Dakar aux Jambar Tech Awards, puis sélectionné en 2011, dans le top 20 des meilleurs blogueurs francophones au concours Mondoblog de Radio France Internationale (Rfi), il obtient en 2016, une certification en Communication et Marketing digitale avec Google. Une nouvelle parure pour entrer pleinement dans le monde du virtuel.

Vivre d’Internet, un objectif qu’il s’est fixé depuis qu’il a touché à l’ordinateur pour la première fois à l’âge de onze ans. L’année de son premier certificat dactylographique. Il est devenu depuis un magnat du Net. « Je n’ai jamais connu une autre activité professionnelle à part mon exercice sur le Net », renseigne ce fils très digital qui a été influencé par un père qui utilisait beaucoup Internet et des frères qui ont suivi une formation en maintenance informatique. De là, est née sa passion pour les technologies de l’information et de la communication. Une vocation certes couronnée de succès et de notoriété, mais qui le dépouille de toute sa sociabilité. Toujours derrière son écran fixe ou mobile, le Net devient son principal lieu de rencontre avec certains parents et amis. « On se capte sur facebook ou wathsapp », des mots familiers dans la bouche d’un blogueur comme lui. D’où la fragmentation de ses relations humaines avec les autres. « Parfois, on oublie même que nous sommes des humains. D’ailleurs, combien de fois levons-nous la tête pour regarder autour de nous », s’interroge M. Niane.

Par Marame Coumba SECK

Professeur d’histoire à l’université du Witwatersrand, à Johannesburg, mais aussi à Duke, à 61 ans, Achille Mbembe pense que l’Afrique aspire à la « planétarisation ». L’auteur ne cesse de le répéter : l’Europe a perdu son leadership international et dans cette reconfiguration économico-politique, c’est sur le continent que se dessine l’avenir de l’humanité. Spécialiste de la théorie postcoloniale sans pour autant s’en réclamer, ce défenseur de l’afropolitanisme, héritier de Frantz Fanon, pose un regard acéré et sans concession sur notre monde. Mais, alors que les crispations identitaires se multiplient, que la lutte de tous contre tous fait rage et que les démocraties au nom de la guerre contre le terrorisme, il est urgent, selon Achille Mbembe, de construire une Afrique tolérante, ouverte, créole. Une « Afrique-monde » où chacun, quels que soient sa religion, son apparence, son genre puisse s’y épanouir pleinement.

Maître Gims n’a pas oublié d’où il vient. En décembre 2013, il est retourné dans sa ville natale, Kinshasa, pour s’y produire sur scène. Gandhi Djuna, son vrai nom à l’état civil, reste congolais, même si une procédure de naturalisation est en cours.

En 1988, son père, Djanana Djuna, musicien dans le groupe de rumba congolaise de Papa Wemba, fuyait Kinshasa et la dictature de Mobutu avec femme et enfants. Gims s’appelle encore Gandhi (du nom de l’idole de son géniteur) et n’a que deux ans. Mais, dès son arrivée en France, il est placé dans un centre social de Forges-les-Bains, dans l’Essonne, avec ses trois frères et sœurs. Leurs parents peuvent les récupérer uniquement le week-end et les emmènent où ils peuvent. Parfois chez des amis, parfois dans des squats. Pourtant, « plus Français que Gims ou Black M, c’est difficile à trouver, commente Laurent Rossi, directeur du label Jive Epic. Mais ils sont fiers de leurs racines : quand ils sont en Afrique, ils restent accessibles. Je n’ai jamais vu Gims refuser un autographe ou des photos, même après 2h30 de concert. Cela s’inscrit dans la tradition du show-business à l’ancienne, où l’on respecte énormément son public – et c’est l’une des clés de sa réussite. »

Son amour pour son continent natal n’est pas feint. En 2012, il chantait déjà dans « Sexion d’Assaut » : « Je ne suis qu’un Africain. Je veux marcher sur la lune mais l’avouer c’est m’humilier. Et tous les jours, mes frères meurent par centaines et par milliers. J’ai les cheveux crépus, je ne pourrais pas les gominer. » Gandhi grandit donc entre les coupures d’électricité, les visites de dealers, les expulsions. L’entrée au collège n’améliore pas sa situation : il dort dans la rue, dans des cages d’escalier, arrive en classe sans avoir fait ses devoirs. Mais il dessine et chante. De l’opéra, surtout. C’est un « enfant de la rue », comme il l’avouera plus tard, tout en ajoutant qu’il n’a jamais été « au mauvais endroit au mauvais moment ». Outre un bon sens qui l’empêche de tomber dans le trafic de drogue, sa persévérance et des (bonnes) rencontres l’aident à se forger un destin en or massif. C’est à l’école qu’il se lie d’amitié avec Maska, Barack Adama ou encore JR O Chrome, avec lequel il fondera Prototype 3015 puis, avec d’autres rappeurs du 19e arrondissement parisien, le collectif « Sexion d’Assaut » en 2002. Il se baptise « Le Fléau » avant de choisir à la fin des années 2000 le nom de Maître Gims – en référence aux mangas japonais qu’il affectionne. Après plusieurs mixtapes de haute qualité, le premier album officiel du groupe, L’École des points vitaux (2010) fait exploser sa carrière. Derrière ce succès, un soutien précieux : Badiri Diakité, alias Dawala. Arrivé du Mali à 11 ans sans parler un mot français, passionné de rap, ce dernier est un self-made-man qui a monté son label, Wati B. Il a veillé sur « Sexion d’Assaut » jusqu’à l’arrivée du label de Sony, Jive Epic, qui a signé en licence le groupe. Mais Dawala continue d’avoir plein pouvoir pour les décisions artistiques.

Parmi les chanteurs français les mieux payés
La tournée avec « Sexion d’Assaut » et le succès inattendu de son premier album solo, « Subliminal », vendu à 1 million d’exemplaires, le classe parmi les chanteurs français les mieux payés devant Johnny Hallyday. Gims frôle le burn-out. Il s’impose un break pour profiter de ses quatre enfants, élevés dans la religion qu’il a choisie à l’âge de 19 ans, l’Islam alors que ses parents sont chrétiens. Il recharge les batteries. « Je ne suis pas de ceux qui pensent que le rap devrait éternellement sentir le bitume, rester à jamais cloîtré dans un quartier à se plaindre », a écrit Gims sur les réseaux sociaux. Six millions d’abonnés sur Facebook, 1,67 sur Twitter, 1,1 million sur Instagram, 500 millions de streams vidéo et audio dans toute l’Europe de son dernier single (Est-ce que tu m’aimes ?), 1,2 milliard de vues sur l’ensemble de ses clips ! Maître Gims est une star. Alors que l’industrie du disque bat de l’aile, son second album, « Mon cœur avait raison », s’est vendu à 700.000 copies depuis 2015. En l’espace d’un mois, sa réédition bonus baptisée « À contre-cœur » s’est écoulée à 50.000 exemplaires. Et voilà qu’il prête sa voix au héros d’un nouveau jeu vidéo, Skylanders Imaginators. Rien que ça. Il prépare aussi une Bd et a déjà écrit ses mémoires, « Vise le soleil » (Fayard, 2015). Sa puissance vocale qui lui permet de toucher des gens qui ne seraient pas susceptibles d’aimer un rappeur. Dans ses concerts, on voit des enfants, de jeunes parents, des adolescents, des seniors… Mais il ne suscite pas la même sympathie qu’un Black M. On ne lui pardonnera pas de se laisser aller. C’est pour cette raison qu’il doit toujours avoir des titres qui surprendront le public.

Il vous reste 28 jours, 19 heures et quelques minutes pour avoir une idée lumineuse et enlever une belle épine du pied à la Nasa : le « spacepoop » ou, autrement dit, le caca de l’espace. Cela se passe sur le site Hero X, un site internet sur lequel sont lancés des challenges à l’innovation auxquelles peuvent répondre les internautes.
48 heures dans une capsule sans toilettes.

Le 11 octobre, la Nasa a lancé le sien dans l’espoir de trouver des solutions efficaces pour permettre aux astronautes pour uriner ou déféquer lorsqu’ils sont dans l’espace et qu’ils sont dans une situation de devoir porter une combinaison. Le problème a été mis en lumière jeudi dernier avec l’envol de trois astronautes dont le Français Thomas Pesquet vers la Station spatiale internationale (ISS) où ils sont arrivés le 20 novembre, raconte francetvinfo. Ils ont dû passer 48 heures dans une capsule dépourvue de toilettes. Jusqu’à présent, lorsqu’ils doivent enfiler leur combinaison spatiale, les astronautes portent tout simplement des couches. Une solution qui n’est pas idéale. Rien que pour l’hygiène, les astronautes devant porter ces couches parfois plus de 24 heures.

Dans les instructions concernant le concours, la Nasa précise alors chercher un système intégré à la combinaison spatiale et qui collecterait l’urine, la matière fécale et les pertes menstruelles des astronautes. Le tout sans que l’astronaute n’ait à utiliser ses mains. Précision de taille : la Nasa demande un système qui puisse aussi fonctionner pendant au moins 144 heures. Soit six jours.

Pas besoin d’être ingénieur
Si vous avez une idée, sachez que ce concours est ouvert jusqu’au 21 décembre. Nul besoin d’être astrophysicien ou ingénieur pour y participer. Le prix de 30.000 dollars mis en jeu devrait en motiver plus d’un. De même que la perspective de faire mieux que Howard, le petit génie de la série Big Bang Theory.

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