grandair

Soleil Grand Air (378)

Alek Wek a su donner un nouveau souffle à l'univers de la mode. Défiant les préjugés, elle s'impose comme l'une des premières africaines à faire la couverture de magazines occidentaux réputés. Elle ravit les grandes maisons et marques. Elle est également investie dans de nombreuses associations humanitaires. 

Après ses premiers pas dans la musique, Alek Wek intègre le monde de la mode et est élue en 1997 « Mannequin de l'année» par MTV. Elle est le premier top africain à apparaître en couverture du magazine « Elle », la même année. Repérée par de nombreuses marques, sa carrière décolle et elle pose pour des publicités. Alek est également très sollicitée sur les podiums et elle défile pour Shiatzy Chen, John Galliano, Chanel, Donna Karan, Calvin Klein, parmi d'autres. Dès lors, elle s'investit énormément au sein d'associations humanitaires : porte-parole de Médecins sans frontières au Soudan, membre du Comité américain pour les réfugiés, elle est très attachée à son pays d'origine.

Elle vit aujourd'hui à New York avec son conjoint Riccardo Sala. Elle est la septième d'une famille de neuf enfants. Alek Wek est née au Soudan. Elle y vit un véritable drame lorsque la guerre civile éclate dans son pays. Elle assiste à des enlèvements, à la destruction de son village et fuit vers la capitale avec sa famille. Malheureusement, son père, blessé, est transporté à l'hôpital et meurt peu après. Alek Wek décide de partir rejoindre l'une de ses sœurs installée à Londres, en 1991, en compagnie de sa mère et d'une  autre sœur. Les autres membres de la famille trouveront refuge plus tard au Canada ou en Australie. En 1995, alors qu'elle se promène à Londres, Alek Wek est repérée par l'agence Models 1. Elle commence à apparaître dans des clips vidéo de Tina Turner et de Janet Jackson, nous sommes en 1997. Plus tard, elle crée une ligne de sacs baptisée « Wek 1933 », en hommage à son père né cette année-là.

Elle a été choisie pour figurer dans le juré du prix de la mode africaine, à Johannesburg.

Par Oumar BA

Ibrahima Kane est le nouveau Directeur général du Fonsis (fonds souverain d’investissements stratégiques). Il remplace Amadou Hott promu au poste de vice président chargé de l’énergie, de la croissance verte et du développement durable à la banque africaine de développement (Bad). Polytechnicien, Ingénieur civil des Ponts et Chaussées, Ibrahima Kane était précédemment Directeur exécutif du Fonsis en charge des Infrastructures, de l’Agriculture et de l’Agrobusiness. Le nouveau Directeur général du Fonsis a roulé sa bosse dans plusieurs pays en Afrique après son départ de la France où il a fait ses humanités. Le polytechnicien a monnayé son talent au Cameroun, en Côte-d’Ivoire et en Mauritanie avant de rentrer au bercail.

Au Sénégal, il s’est d’abord lancé dans l’industrie laitière. Co-fondateur et administrateur de la première unité industrielle sénégalaise opérant un rayon laitier composé d’éleveurs traditionnels, M.Kane est proche du secteur privé. Par son expérience et ses compétences, ce polytechnicien diplômé aussi de London Business School en Exécutive leadership program parviendra-t-il à faire de Fonsis un véritable acteur du développement ?

L’eau et le feu

29 Juil 2016
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Un Indien, père de 7 filles, ne s'est pas lavé depuis 35 années, afin de s'assurer la naissance d'un garçon. Dans son village, on raconte plutôt qu'un voyant lui aurait prédit qu'il aurait un enfant de sexe masculin s'il arrêtait de prendre des bains. Kailash « Kalau » Singh remplace le bain et le brossage de dents par un « bain de feu », qui, d'après lui, aide à purifier le corps des germes et des infections. Le problème, c’est qu’à force de fuir l’eau pour le feu, aucune femme ne sera dans les dispositions de se frotter à lui pour lui faire un garçon.
Son compatriote K. Vijayan, 59 ans, est entré dans le livre Guiness des records pour n'avoir pas pris de jours de congé depuis plus de trois ans. Cet employé modèle travaille de nuit dans un hôtel et a remarqué qu'il n'avait pas pris un seul jour de congé depuis 1 100 nuits. Il n'a pas manqué une seule journée de travail et a travaillé tous les jours durant ces 3 ans. Un bourreau du boulot qui confie que le travail est sa religion.
Cet homme c’est du feu ! Mais gare au bain (d’eau), ça risque de rendre paresseux.

Last modified on vendredi, 29 juillet 2016 13:54

Le département de Keur Massar est bien parti pour jouer les principaux rôles dans l’attraction économiques de la banlieue dakaroise. Cette immense forêt perdue il y a de cela quelques années, est en train de s’agrandir à un rythme effréné.
Keur Massar est l'une des 16 communes du département de Pikine avec une population estimée à 337.611 habitants (dernier recensement de l’Ansd). Créée en 1962, Keur Massar couvre une superficie de 25 km². Elle est limitée à l’Est par le département de Rufisque, à l’Ouest par les communes d’arrondissement de Yeumbeul-nord et sud, au Nord par la commune d’arrondissement de Malika et au Sud par la réserve forestière de Mbao. Le réseau routier connaît déjà un tracé, cependant, seuls trois axes ont été stabilisés. Il s’agit de l’axe bitumé Nord-Sud entre Niakoulrab et la nationale 1 (route des Niayes), l’axe Ouest-Est Malika et Rufisque Est. Le troisième axe qui est le plus fréquenté passe par le village de Boune.

On note aussi un grand carrefour à hauteur du siège de la Sedima et à partir duquel se font des départs suivants les trois axes cités plus haut. La brigade de gendarmerie de Keur Massar se situe aux Parcelles Assainies unité 3 et couvre tout le territoire communal. La zone d’intervention de la brigade d'hygiène couvre cinq communes que sont : Keur Massar, Grand Mbao, Diamaguène Sicap Mbao, Tivaouane Diacksao et Thiaroye-sur-mer.

Économie
L’économie de la commune tourne autour du commerce, de l’élevage et de l’agriculture. Selon le dernier recensement mis à notre disposition par les services de la mairie de la localité, Keur Massar compte neuf marchés, un marché hebdomadaire et un parc à bétail. Les activités avicoles sont intenses dans la commune grâce à l’implantation de l’usine de la Sedima et la centaine de poulaillers qui entourent la commune. Sa position centrale entre les départements de Rufisque, Pikine et Guédiawaye fait de la commune un important pôle d’échanges de produits d’élevage et d’agriculture. Près de cent cinquante groupements de femmes y sont représentés. Répartis dans cinq réseaux, ils s’activent dans le commerce, la transformation des fruits et légumes et les céréales locales. Keur Massar abrite des infrastructures, telles que des cases des tout-petits, des écoles maternelles privées, des écoles élémentaires et secondaires privées et publiques. Keur Massar dispose également d'un lycée, d’un très grand marché situé au centre avec un marché hebdomadaire. Le plus grand hôpital traditionnel du Sénégal se trouve dans la zone.

L'accès à Keur Massar est, aujourd'hui, facilité par l'autoroute à péage Dakar-Diamnadio. Avec cette autoroute, la localité se trouve désormais à 20 minutes du centre-ville. Il faut aussi noter que le futur aéroport international Blaise Diagne de Diass sera à 30 minutes de la zone. Aux alentours, les hôpitaux Youssou Mbargane de Rufisque et de Thiaroye sont à quelques minutes de voiture. Ainsi, l’autorité décentralisée représentée par le conseil municipal, en la personne du maire, est le premier acteur administratif impliqué dans le processus de développement. Par ailleurs, avec le transfert de compétences consacré par la politique de décentralisation, le maire occupe une place centrale dans le développement de la commune.

Il oriente et applique la politique de développement. Sur le plan de la formation et de l’éducation, la commune abrite l’Inspection de l’enseignement et de la formation (Ief) qui polarise, en plus de la commune de Keur Massar, Yeumbeul-nord et Yeumbeul-sud. Elle regroupe 28 écoles élémentaires et plus de 230 établissements privés, huit Cem (Collèges d’enseignement moyen), 2 lycées et un centre polyvalent. Sur le plan de la santé, la commune abrite le district qui polarise, en plus des communes de Malicka, Yeumbeul-nord et Yeumbeul-sud, un centre de santé, six postes de santé publics, deux postes de santé privés et quatre cases de santé.

Importante réserve foncière
Keur Massar dispose d’importantes réserves foncières comparée aux autres communes environnantes de la ville de Pikine. Les réserves actuelles sont estimées à 54 hectares. La topographie, à l’instar de celle de la région, est plate. On note deux cuvettes au Nord-est. La pédologie de la zone est constituée essentiellement de sol « dior » propice à l’agriculture et à l’habitat. Cependant, il existe une zone marécageuse  aux environs du lac de Mbeubeuss. Ainsi, la végétation est clairsemée, contrastant avec la réserve forestière de Mbao. De ce fait, la faune est presque inexistante, se résumant, pour l’essentiel, à des rongeurs et quelques reptiles.

Last modified on vendredi, 29 juillet 2016 13:09

Ava (www.avawomen.com) détecterait 5,3 jours de fertilité par mois, avec 89 % de précision en moyenne, contre deux jours pour les méthodes traditionnelles...
Détecter la fertilité des femmes pour les aider à tomber enceintes. C’est ce que promet Ava, un bracelet connecté mis au point par la startup suisse Ava Sciences.
Porté durant la nuit, il calcule plusieurs éléments comme la température de la peau, le pouls ou encore la qualité du sommeil… Les données sont ensuite recueillies dans une application (disponible uniquement sur IOS pour le moment) et présentées sous la forme d’un graphique indiquant le moment idéal pour concevoir un enfant.

89 % de précision en moyenne
Selon ses concepteurs, Ava aurait fait ses preuves lors d’une étude menée durant un an à l’hôpital universitaire de Zurich, auprès d’une quarantaine de femmes âgées de 20 à 40 ans.
L’expérience a permis de montrer que le bracelet détectait 5,3 jours de fertilité par mois, avec 89 % de précision en moyenne, contre deux jours pour les méthodes traditionnelles.
Clubic indique que le bracelet, vendu près de 200 dollars aux Etats-Unis, « attend des homologations » avant de pouvoir être commercialisé dans le reste du monde.

Le lac de Guiers est une véritable aubaine pour les populations de Keur Momar Sarr. Avec la disponibilité de l’eau, beaucoup d’entre elles s’adonnent au maraîchage pendant la saison sèche.
A la sortie du village de Keur Momar Sarr sur la route de Gnith, se trouve la localité de Mérina, située à moins d’un km. A l’entrée du village, Maly Coumba Niang, la cinquantaine entamée, prépare sa parcelle. Aidé de deux autres parents, il s’apprête à entamer la contre saison chaude. Sa parcelle de près d’un hectare, située près du lac, est divisée en plusieurs lots. Ici, le tournesol sera la principale variété.

« Avec l’aide de partenaires, je cultive du tournesol. Dans trois mois, ce sera la récolte. Je compte faire d’autres variétés comme les carottes », a expliqué M. Niang, un des notables de Mérina qui s’intéresse beaucoup à l’histoire de son terroir. Grâce à la disponibilité de l’eau, beaucoup de personnes s’activent dans le maraichage. Sur les rives du lac, de Keur Momar Sarr à Suyer sur une distance de près de 30 km, les parcelles sont visibles. Il en est de même sur la route qui mène à Gnith.

A la sortie de Keur Momar Sarr, Amadou Kâ exploite une parcelle d’un hectare et demi. Il est à la préparation des plans et espère récolter dans quatre mois. Depuis 40 ans, il s’active dans le maraichage, d’abord, à Mboro, puis Fass Boye et Lompoul. « Faute de moyens, je n’utilise qu’une partie de la parcelle qui m’a été prêtée par le conseil municipal », a confié M. Kâ. Selon lui, beaucoup de gens s’activent dans ce secteur, mais ils n’ont pas assez de moyens. Les charges liées aux intrants, engrais et carburant sont importantes. Vulcanisateur de profession, le jeune Babacar Thiam s’est lancé également dans le maraîchage. Il exploite une parcelle de moins d’un hectare prêtée par le conseil municipal. Lui aussi déplore le manque de moyens.

« Le maraîchage, a-t-il soutenu, est rentable mais les charges sont lourdes. Trouvé près de son champ de manioc en train de réparer un tuyau endommagé, il demande au gouvernement d’aider les jeunes qui veulent se lancer dans ce secteur qui peut combattre le chômage. «Il y a beaucoup de jeunes qui souhaitent s’investir dans le maraîchage, mais les moyens font défaut. C’est un secteur qui peut contribuer à la diminution du taux de chômage», a regretté M. Thiam. 

Sepam : Une exploitation agricole qui lutte contre le chômage
Une exploitation agricoleA côté du maraichage à Keur Momar Sarr, de grandes exploitations se développent également. Profitant de la disponibilité de l’eau et ayant des moyens considérables, elles exploitent de grands domaines. C’est le cas de la Société d’exportation de produits agricoles et maraichers (Sepam). A la sortie de la ville, sur la route de Gnith à environ un km, se trouve le domaine de la Sepam. Il couvre une superficie de 1.000 hectares, dont 500 sont actuellement exploités. Entièrement clôturée, elle participe activement à la lutte contre le chômage.

Situé à 1 km du lac, le domaine est irrigué grâce à un tuyau qui déverse l’eau dans un bassin de 7.500 m3. Sont cultivés dans ce domaine, des haricots verts, des tomates, des melons et des oignons qui, après la récolte, sont conditionnés à Keur Ndiaye Lô (département de Rufisque), puis exportés vers l’Europe.

Selon Abdou Niasse, directeur administratif et responsable phytosanitaire, la Sepam, qui a démarré depuis 2005, emploie 12 permanents. Pour les travaux de semis, sarclage et binage du sol, elle fait recours à 60 personnes par jour. Les besoins de main-d’œuvre augmentent lors de la récolte. « En période de récolte, nous prenons entre 300 et 400 femmes par jours », a précisé M. Niasse. Il a ajouté que chaque femme peut gagner jusqu’à 4.000 FCfa par jour. Il n’y a pas que la Sepam qui intervient à Keur Momar Sarr.

Le Dac d’une superficie de près de 5.000 hectares a démarré depuis 2015. « L’agrobusiness se développe. Il y a la Sepam qui fait travailler beaucoup de personnes, sans oublier le Dac. La Saed a également prévu d’aménager de grandes superficies dans le diéri », a confié Diomaye Sène, le chef du Centre d’appui au développement local (Cadl).

Plante aquatique : Le typha valorisé à Keur Aya
Plante aquatiqueLe typha est une plante aquatique envahissante qui occupe une bonne partie du Lac de Guiers. Il empêche la navigabilité, mais freine également les activités de pêche. Malgré ces effets sur l’environnement, le typha constitue une source de revenus pour les habitants de Keur Aya, un quartier de la commune. A l’entrée de la ville, à gauche, se trouve ce quartier habité principalement par des Maures. Ici, toutes les clôtures des maisons sont faites à base de typha. Les Maures valorisent cette plante en fabriquant des nattes. Ils en tirent leurs principales sources de revenus. Ndèye Fall, la quarantaine, s’active dans la fabrication de nattes à base de typha depuis près de 40 ans. C’est son gagne-pain et elle en est fière.

Elle fabrique deux à trois nattes par jour en plus des travaux ménagers. «Je vends une natte entre 1.500 et 2.500 FCfa », explique-t-elle. Sa voisine, Marème Fall, maitrise parfaitement aussi l’art de fabrication des nattes. « C’est un travail que je fais depuis mon enfance et qui me permet de subvenir aux besoins de la famille », raconte Mme Fall. Avec le produit de la vente des nattes, elle appuie son mari. Mais ces deux dames trouvent difficile la récolte de cette plante aquatique. « La récolte du typha n’est pas facile. C’est même risqué. Il y a beaucoup de moustiques et des insectes, mais également des serpents dangereux dans le lac», a expliqué Ndèye Fall.

Après la coupe, le typha est séché pendant une semaine. Les nattes sont prisées lors des cérémonies religieuses. «Lors des Gamou, nous parvenons à écouler beaucoup de nattes. Nous faisons aussi le tour des marchés hebdomadaires », a ajouté Marème Fall. Ces dernières envisagent tout de même d’abandonner ce travail qu’elles jugent harassant. «Si nous trouvons des parcelles de terre, nous allons nous investir dans l’agriculture et abandonner le tissage des nattes», note Ndèye Fall qui confie que les Peuls s’adonnent également au tissage. Chef du Centre d’appui au développement local (Cadl), Diomaye Sène souligne qu’il y a des tentatives de la part de partenaires au développement pour transformer le typha en charbon.

Reportage de Aliou KANDE et El Hadji Ibrahima THIAM (Textes) et Ndèye Seyni SAMB (Photos)

Last modified on vendredi, 29 juillet 2016 12:40

C'est sans doute l'opération la plus massive des autorités américaines contre le téléchargement illégal depuis l'action contre Kim Dotcom. Mercredi, c'est KickAss Torrents, le site BitTorrent qui avait détrôné The Pirate Bay pour devenir le plus visité au monde, qui a été visé par le département américain de la Justice. Son fondateur et propriétaire présumé, l'Ukrainien Artem Vaulin, a été arrêté en Pologne, et sept noms de domaines sont en instance d'être saisis.

A minuit, l'adresse principale, kat.cr fonctionnait encore au ralenti mais cela ne devrait pas durer. Avec des serveurs dans plusieurs pays, c'est juste une question de temps avant que les autorités US n'obtiennent gain de cause via des traité d'assistance judiciaire mutuelle.

Des contenus évalués à « plus d'un milliard de dollars»
Les autorités fédérales américaines ont inculpé Vaulin d'infraction au copyright et de blanchiement d'argent. Ce citoyen ukrainien âgé de 30 ans, est accusé d'avoir «distribué des centaines de millions d'exemplaires de films, jeux vidéo, séries télé et d'enregistrements musicaux évalués à plus d'un milliard de dollars». On rappelle que comme The Pirate Bay, KickAss Torrent n'hébergeait pas directement les contenus mais des torrents, un index contenant les adresses de toutes les personnes partageant un fichier.

Selon les autorités, KickAss Torrent avec en moyenne 50 millions de visiteurs mensuels, ce qui en fait le 69e site le plus visité au monde. Ses revenus publicitaires atteignaient entre 12,5 et 22,3 millions de dollars annuellement, selon l'estimation de la justice.

Un compte bancaire et sept noms de domaine ont été saisis, dont kickasstorrents.com, kat.ph et kat.cr. Vaulin a été arrêté mercredi en Pologne, à la demande des autorités américaines, qui demanderont bientôt son extradition.

Par le surfeur

L’envers de la politique

27 Juil 2016
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Sous nos latitudes, quand quelqu’un est nommé ministre, une expression rend bien compte de l’admiration de ses concitoyens : « arrivé na »*. Ce qui signifie qu’il a atteint le but de sa vie : la réussite sociale. Mais c’est surtout dans le monde de la politique que cette expression prend tout son sens. Le but de l’engagement politique, c’est l’exercice du pouvoir et les commodités qui vont avec. Les signes de la réussite, dit-on chez nous, c’est la belle bagnole, la belle villa, la belle femme et le compte en banque bien fourni. Toutes choses qu’un strapontin ministériel facilite grandement.
Il arrive pourtant que de longues années de militance soient aussi stériles qu’une vieille génisse. Alors, au moment du bilan, seul dans l’intimité de sa conscience, il arrive que l’homme politique se laisse aller à de sombres résolutions. Et, comme pour ce maire traîné en justice pour abus de confiance portant sur 21 bœufs non payés, la politique se révèle être le cruel cimetière des ambitions perdues.

* Il a réussi

Last modified on mercredi, 27 juillet 2016 13:08

Dans sa livraison n°597 du 09 au 15 novembre 2007, l’hebdomadaire Nouvel Horizon révèle que « l'Anoci a adoubé la Société Tse de Cheikh Amar pour la réalisation d'un projet immobilier de très grande envergure, qui sera implanté sur l'emprise de l'Aéroport international LSS de Dakar Yoff ». « Ce projet dit des villas présidentielles de l'Oci », poursuit l'hebdomadaire dakarois, « serait estimé autour de 15 milliards de FCfa. Il s'agit d'un complexe immobilier de plusieurs villas de très haut standing pour accueillir les grosses pointures politiques du prochain sommet de l'Oci, en mars 2 008 ». L'heureux bénéficiaire de ce projet qualifié de pharaonique par N.H. « a déjà obtenu des services de l'Etat toutes les autorisations requises pour la mise en valeur du vaste terrain qui lui a été attribué ».

Elu « Homme de l’année » par le jury des « Sedar » de Nouvel Horizon en 2008 et en 2010 – une première –, le patron de TSE-TRE est une belle réussite dans le monde des affaires sénégalais. Inconnu du grand public il n’y a guère longtemps, le frère d’Ameth occupe aujourd’hui une place enviable au box-office des célébrités sénégalaises. Pas un album (de mbalakh) ne sort aujourd’hui sans qu’une chanson ne lui soit dédiée. Youssou Ndour him self y est allé de sa chansonnette. Cheikh a cherché la notoriété, la célébrité et l’a obtenu. Le directeur général de Tracto Services Equipement (Tse) est donc un homme ambitieux qui doit, en grande partie, sa réussite à la première alternance sénégalaise.

Arrivé en France après le bac pour les besoins de ses études en 1991, il faisait de petits boulots pour pouvoir financer ses études commerciales. Son Bts commercial en poche, il créé une petite entreprise qui s’occupe de transit et vend aussi des voitures. En 2001, il lâche tout et rentre au pays sur demande du défunt Khalife des Mouride Serigne Saliou Mbacké, son marabout. Il se lance dans l’importation des matériels agricoles. Khelcom et quelques paysans lui servent de tremplin et l’ex-pensionnaire du lycée Delafosse en fait un filon qui lui permettra de créer en 2002 Tracto Services Equipement (Tse).

Depuis plus d’une dizaine d’années, il dirige Tracto services équipement (Tse), une société anonyme qui épaule les paysans en leur vendant des matériels agricoles importés d’Inde. Mais c’est surtout le coup de pouce de son marabout et du président Wade qui lui permet de décoller. Il fait la connaissance de Me Wade en 2003 lors d’une foire agricole. Ils se retrouveront à Touba où le marabout l’introduit auprès du Président. Wade multiplie les marchés pour son coreligionnaire en mouridisme. L’effet boomerang est positif.

Les agences de l’Etat lui font confiance aussi. L’heureux bénéficiaire du projet pharaonique des villas de l’Anoci a déjà obtenu des services de l’Etat toutes les autorisations requises pour la mise en valeur du vaste terrain qui lui a été attribué. Il revient à la charge en fournissant à l’État, plus exactement à Me Wade, les 510 tracteurs et les 800 motopompes qui avaient été réceptionnés en grande pompe au Cices (coût estimé de ces équipements : 16 milliards de FCfa). C’était le 8 février 2006.

Présent dans la riziculture, du nord au sud du Sénégal, Cheikh Amar se signale presque dans tous les secteurs touchant l’économie du pays. En 2010, il a multiplié sa présence dans certaines entreprises nationales. Récemment, il a été nommé Pca de Seniran auto après son entrée remarquable dans le capital de cette société. Lorsque le chef de l’Etat a été invité aux Usa pour rencontrer les investisseurs noirs américains, c’est Cheikh Amar qui a été désigné pour représenter le Sénégal et toute l’Afrique de l’Ouest. Après avoir lancé son entreprise TRE spécialisée dans l’immobilier, M. Amar est en train de finaliser son grand projet immobilier «Touba Almadies ».

Par Sidy DIOP

Un quart d'heure quotidien d'activité physique pour les seniors est un objectif raisonnable qui permettrait de réduire leur risque de mortalité.

15 minutes d'activité sportive quotidienne améliorerait la santé des seniors et réduirait leur risque de mortalité, selon les résultats d'une étude présentée au Congrès EuroPRevent 2016 de l'European Society of Cardiology et publiée sur le site Eurekalert. Un objectif raisonnable plus facile à atteindre que les 150 minutes de sport par semaine recommandées par les professionnels de la santé. Les chercheurs du CHU de Saint-Etienne en France, ont étudié les données médicales de deux cohortes. Pendant 12 ans, ils ont étudié 1011 sujets français âgés de 65 ans. Ils ont aussi suivi pendant 10 ans, 122 417 sujets internationaux âgés de 60 ans.

Les risques de décès associés à l'intensité de l'activité physique chez les seniors
L'activité physique a été mesurée en « MET » (Metabolic Equivalent of Task) minutes par semaine qui révèle les niveaux d'inactivité suivants :
1 MET minute = quantité d'énergie dépensée assis.
Entre 3 et 5,9 MET minutes = activité d'intensité modérée
6 MET minutes = activité d'intensité vigoureuse
Les niveaux recommandés d'exercice équivalent à 500 à 1.000 MET minutes/ semaine.
Les auteurs ont examiné le risque associé de décès pour les quatre intensités d'activité physique hebdomadaire mesurée en MET.

15 minutes d'activité sportive réduit le risque de mortalité
Les résultats de l'étude ont montré que le risque de décès diminue dès que le niveau d'exercice augmente. Par rapport à ceux qui étaient inactifs, les personnes à niveaux d'activité faible, moyen et élevé voient respectivement leur risque de décès réduit de 22%, 28% et 35%. «Nous avons constaté que le faible niveau d'activité, qui est la moitié de la quantité recommandée, a été associée à un risque réduit de décès chez les personnes âgées par rapport à ceux qui étaient inactifs de 22%», a déclaré le Dr Hupin. "Ce niveau d'activité équivaut à 15 minutes de marche rapide chaque jour." "L'âge n'est pas une excuse pour ne pas faire de l'exercice», a déclaré le Dr Hupin. «Il est bien établi que l'activité physique régulière a un meilleur effet global sur la santé que tout traitement médical. Mais moins de la moitié des personnes âgées atteignent le minimum recommandé de 150 minutes d'intensité modérée ou 75 minutes d'exercice d'intensité vigoureuse chaque semaine."

Pas assez de sport
42 % des 60 ans et plus ne pratiquent aucun sport régulièrement et un tiers d’entre eux déclarent à peine consacrer 5 heures à une activité sportive par semaine, selon un sondage réalisé pour la Fédération des Prestataires de santé à domicile. « Les seniors savent que l’activité physique est excellente pour leur santé et permet de mieux vieillir, pourtant ils sont trop nombreux à être sédentaires », explique Jean-Philippe Alosi, directeur général de Fédération des Prestataires de santé à domicile. En effet, la moitié des seniors déclarent que l’activité physique permet de lutter contre l'obésité et les troubles cardiovasculaires. Un tiers d’entre eux avouent même qu’elle  améliore le sommeil, maintient ou améliore le désir sexuel et  permet aussi de lutter contre l'isolement. Ils considèrent également qu’elle est essentielle pour réduire le risque de chute et améliorer l'équilibre. Pourtant 42 % des seniors ne pratiquent aucune activité sportive régulière et seul un tiers d’entre eux déclarent y consacrer 5 heures par semaine, selon ce sondage.

Préférences pour la randonnée pédestre
En moyenne, les seniors pratiquent 3 heures de sport par semaine. 13 % d’entre eux  plus motivés déclarent  y consacrer 5 à 7 heures et 12 % plus de 8 heures. La majorité d’entre eux est plutôt attirée par des activités d’endurance, comme la randonnée pédestre, la marche rapide, le vélo et la natation, ou les activités douces comme la gym douce ou le yoga. Ils sont moins nombreux à s’adonner à des sports plus énergiques comme le fitness, le cardio, le tennis ou le ski. Ce sondage a été réalisé pour la Fédération des Prestataires de santé à domicile par OpinionWay auprès d'un échantillon représentatif de 1.003 personnes de 60 ans et plus.

Sa capacité de mener des politiques et d’apporter des changements n’est plus à démontrer. Si d’importantes réalisations ont été notées dans le secteur de la santé, c’est bien grâce à elle. La riposte contre la maladie à virus Ebola en est une parfaite illustration.

Un seul cas importé a semé une grande panique au sein de la population sénégalaise. Au moment où les germes de la stigmatisation commençaient à naître. Au moment où les Européens pensant être à l’abri de ce danger, laissant les pays infectés à eux-mêmes, bien évidemment, celui qui ne sait pas prendre en charge son mal ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort, Awa Marie Coll Seck y a fait face avec beaucoup de lucidité et de leadership. Au moment où ces « omnipotents » n’ont pu trouver un vaccin à ce virus dévastateur qui a emporté quelques de leurs citoyens, elle mobilisa tout le personnel médical pour couper la route à ce dernier.

Pour ceux qui connaissent sa trajectoire professionnelle, cet exploit ne les surprendra point. Car, quand on parle également de l’éradication ou presque du paludisme au plan national comme international, c’est bien grâce à elle. Avec le travail remarquable qu’elle a pu effectuer avec le programme Roll Back Malaria (RBM) créé en 1998 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), l’Unicef et la Banque mondiale, elle voyage aux quatre coins du monde pour faire reculer le paludisme. Si des milliers de Sénégalais dorment sous des moustiquaires toute l’année aujourd’hui, ils le lui doivent.

Syndicaliste, militante, après vingt ans d’exercice, Eva Marie Coll Seck a diagnostiqué le premier cas de sida au Sénégal. Au service de l’être humain, elle décide, en 1996, de s’engager dans l’action internationale de lutte contre le sida en acceptant de diriger, depuis Genève, le département Politique, stratégie et recherche de l’Onu sida.

Une action au service de sa nation
Awa M Coll Seck 3Quand le pays l’a appelée parce qu’ayant besoin de son expertise, elle a fait fi de tout le conforts matériel du système des Nations Unies pour répondre présent. Ministre de la santé dans le gouvernement de Wade qui, un an après son élection à la présidence du Sénégal, a battu le rappel de l’élite du pays à l’étranger. En effet, le professeur revient au pays pour prendre les rênes du ministère de la Santé et de la Prévention. De 2001 à 2003, une courte durée à la tête de cette institution, mais assez de réalisation qui ont fait que son nom restera à jamais gravé dans l’agenda des hommes politiques au sens noble du terme. Des arguments sans illustrations n’ont point de fondement. En deux ans, elle réussit à élargir la couverture vaccinale des enfants de 30% à 70%, à améliorer la santé maternelle, à instaurer la gratuité de la césarienne, entre autres. A l’origine du siège du ministère de la Santé et de l’action sociale, elle est partie quelque temp après son inauguration. Mais, comme Dieu fait bien les choses, elle est rappelée en 2012 par le président Macky Sall. Elle y était et elle est y encore.

Un exemple de réussite féminine
Elle fait partie des femmes leaders qui ont compris très tôt que leurs noms n’étaient pas une faiblesse ni une légèreté mais plutôt une identité. Elle n’a jamais demandé quelque chose. Elle s’est toujours imposée. La parité n’est même pas de Dieu mais l’égalité si. Dotant chacun de nous d’une intelligence, il faut se battre avec des résultats pour gagner sa place dans le concert des individus d’abord et des nations ensuite. Ce qu’elle a compris.

Ancienne militante du mouvement « Yeewu Yeewi », d’Angélique Savané, elle a fait bouger les lignes de par ces résultats. Premier Secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action social (Sutsas) à sa naissance, ce pur produit de la fonction publique a choisi à une époque où il n’y avait pas beaucoup de femmes médecins de faire son parchemin dans la médecine.

Diplômée de médecine à l’université de Dakar en 1978, elle se spécialise et devient, en 1989, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital universitaire de la ville. A trente trois ans, le professeur est le premier médecin agrégé en maladies infectieuses du Sénégal.

Par Marame Coumba Seck

Last modified on mercredi, 27 juillet 2016 12:56

La région de Kolda recèle un potentiel diversifié et richement fourni qui devrait lui conférer une place de leadership dans le développement d’un tourisme compétitif. Mais ce créneau s’apparente à un véritable filon d’or dormant. Ce riche patrimoine histoire et culturel inexploité attend toujours d’être mis sur le marché, dans les circuits touristiques. Kolda pourrait devenir un pôle touristique et culturel digne de la richesse dont elle regorge, mais, en attendant, l’existant est surtout lié à la chasse en raison de ses potentialités fauniques et forestières.

Kolda ne dispose pas de plage à perte de vue encore moins d’aires de détente ou de forêts récréatives, mais cette région, avec son passé historique très riche, peut se targuer d’être un véritable creuset de cultures et de civilisations. De Kolda à Vélingara en passant par Médina Yéro Foula, presque chaque contrée regorge de sites historiques qui sommeillent dans les méandres de l’oubli.

Des ruines du palais de Moussa Moolo au village de Hamdallaye à son tata à Ndorna en passant par son magasin de munitions au village de Djignawouling, l’emplacement du palais de la reine Sona, à Mansacounda, les vestiges du château des rois mandingues.

Sans compter l’ancienne capitale des rois Pathiana, la grotte de Kadiama, l’ancienne capitale du roi de Mandé, Faramba Tamba, dans le village de Kabendou, les ruines du château de l’ancien roi Malick dans le village de Malick-Thiangel, le puits centenaire de Kandian, le Lingué de Kaoné, arbre multiséculaire dont les feuilles et les branches sont tatouées ou encore les fromagers de Biaro, deux arbres accolés représentant deux jeunes filles frappées par une malédiction. Autant de curiosités qui, ajoutées aux cultures populaires, aux savoir-faire séculaires et coutumes anciennes, constituent une attraction à haute valeur touristique, mais ce créneau s’apparente à un véritable filon d’or dormant parce qu’inexploité. Tous ces sites qui ont défié le temps et qui ont réussi à survivre sommeillent en attendant d’hypothétiques visiteurs.

Une activité au petit trot
Aujourd’hui, force est de reconnaître que le tourisme n’est pas un secteur très dynamique à Kolda. Dans la région, les professionnels du secteur sont unanimes sur ce constat. Cette situation se perçoit à travers le nombre peu important de réceptifs.

Pour le chef de service régional du Tourisme de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, la capacité d’hébergement de cette région est relativement faible. Cela résulte, selon Tekhéye Faye, de la faiblesse des flux touristiques en direction de la destination Kolda. « La capacité d’hébergement est d’environ 320 chambres et 450 lits répartis entre les différents réceptifs touristiques dont dix à Kolda et douze à Vélingara », a expliqué M. Faye.

Alpha Diallo, un professionnel du secteur, explique cette morosité du tourisme par le fait que Kolda n’ait pas beaucoup de choses à montrer, faute de valorisation du patrimoine. De plus, ajoute M. Diallo, l’activité touristique ne peut se développer sans l’existence d’infrastructures d’accueil. « Si l’on veut que le tourisme marche, il faut que l’Etat s’investisse et crée des infrastructures », relève-t-il en invitant les pouvoirs publics à réaliser des infrastructures hôtelières de qualité à même de satisfaire les ambitions touristiques de la zone.

Avec l’ancienne route Tanaff-Ziguinchor, souligne-t-il, beaucoup de touristes passaient par Kolda parce que l’accès était plus facile pour aller à Ziguinchor. La plupart partaient visiter le parc national Niokolo Koba, allaient à Kédougou puis venaient dormir à Kolda.

C’était un circuit bien dessiné. Des gens quittaient même la Gambie, visitaient le parc, puis passaient par Kolda. A l’époque le campement de Simenti fonctionnait à merveille et recevait beaucoup de touristes qui, au retour, partaient pour Ziguinchor et étaient obligés de s’arrêter à Kolda. Aujourd’hui, le campement ne fonctionne plus. Du coup, 80% des touristes qui passaient par Kolda ne reviennent plus. Depuis quelques années, le parc a perdu de son attractivité et cela a tué le tourisme dans la zone », note M. Diallo. Les mêmes griefs sont soulevés par Mamadou Dramé, gérant de l’hôtel Moya. Selon lui, le tourisme à Kolda souffre de l’absence de touristes étrangers et reste tributaire de la clientèle nationale à travers les séminaires et autres. Pour Mamadou Dramé, il y a un travail de longue haleine qui devrait se faire dans le but d’attirer beaucoup de touristes.

Pour attirer davantage de touristes, Alpha Diallo soutient qu’avec le manque d’attractivité du parc Niokolo Koba, la région de Kolda devrait se doter d’une réserve animalière. Une telle initiative, selon le colonel Allé Seck, inspecteur des Eaux et Forêts de Kolda, nécessite beaucoup de moyens et, à son avis, l’Etat ne peut pas tout faire. « Une réserve animalière demande beaucoup de ressources financières, surtout pour faire voyager des girafes, des hippotragues et autres espèces. Il faut une initiative privée pour concrétiser ce souhait des acteurs et nous sommes prêts à les appuyer », indique-t-il.

Absence de syndicat d’initiative depuis 2000
Le chef de service régional du tourisme de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, Tékhéye Faye liste ainsi, les contraintes au développement du secteur sont nombreuses. En plus de l’insuffisance des capacités d’accueil, les principaux facteurs de blocage ont pour nom faible taux de fréquentation de la région résultant de plusieurs paramètres dont l’enclavement de la région. « Le voyage par la route est long et les vols aériens inexistants. Il y a aussi la dégradation des routes en dehors de la commune et des pistes de production, de même que la concurrence déloyale », indique M. Faye. Il s’y ajoute l’état de certains campements qui ont souffert de la situation qui a prévalu dans cette partie sud du pays et l’absence de zones à vocation touristique aménagées. L’inexistence d’un syndicat d’initiative et de tourisme a constitué un frein considérable à la promotion de la destination. En effet, Kolda s’est retrouvé sans syndicat d’initiative depuis 2000 suite au décès de son président. Selon Alpha Diallo, il était difficile de rassembler tous les acteurs qui avaient préféré aller chacun de son côté. « Depuis 2000, on a essayé de redémarrer la structure, mais elle n’arrive pas à être fonctionnelle. L’absence de syndicat d’initiative est l’un des facteurs qui ont plombé le secteur », estime-t-il.

La culture en appoint
Kolda Jrnee CulturellePour M. Faye, la redynamisation du syndicat d’initiative constitue une priorité. « Un syndicat d’initiative est une nécessité dans toute zone touristique, car permettant aux acteurs de parler d’une même voix, de bénéficier de la subvention du ministère. Une bonne occasion pour assurer une promotion adéquate de la destination au niveau national et international », indique-t-il.

Pour le directeur du Centre culturel régional, le tourisme et la culture sont les revers d’une seule médaille. L’un ne peut aller sans l’autre. Et, à son avis, le secours que la culture peut apporter, c’est un contenu culturel à ces différents sites à haute valeur touristique. « La touriste ne vient pas pour le confort, mais pour la touche culturelle. C’est pourquoi il faut leur proposer des animations culturelles, des séances d’apprentissage aux instruments de musique traditionnelle », fait savoir Abdoulaye Lamine Baldé. Selon lui, le tourisme doit s’appuyer sur la culture parce que seule la culture peut vendre une localité. Pour le maire de Kolda et non moins ministre de l’Environnement et du Développement durable, la région a d’énormes potentialités qui ne sont pas suffisamment exploitées. « Sur le plan touristique, Kolda est dans la Casamance, donc bénéficie de mesures prises par l’Etat pour relancer le tourisme. On va essayer d’accompagner tout cela pour rendre la destination plus attrayante parce que ce n’est pas une grande destination », indique Abdoulaye Bibi Baldé tout en magnifiant les nombreuses initiatives qui ont été prises jusque-là. « On peut encore franchir des pas importants parce qu’il y a un tourisme spécifique lié à la chasse, qui est un tourisme de luxe. C’est une opportunité que nous allons saisir pour rendre encore plus dynamique l’industrie touristique à Kolda », assure M. Baldé. « La culture était une fenêtre, on va en faire une porte pour l’industrie touristique ».

Malgré la situation actuelle, le chef de service régional du Tourisme estime que des perspectives favorables s’ouvrent à l’industrie touristique à Kolda. Pour M. Faye, le développement du secteur passe d’abord par une redynamisation du syndicat d’initiative pour assurer une très bonne promotion de la destination. « Il faut aussi inciter les agences de voyage et autres tours operators à s’intéresser, à programmer et à organiser des circuits en direction de la région de Kolda qui regorge d’attraits culturels et historiques parfois méconnus », indique-t-il. Le rétablissement de la ligne aérienne, après avoir satisfait à tous les aménagements aéroportuaires nécessaires au bon fonctionnement de l’aéroport, constitue également une priorité, selon M. Faye. D’autres actions pourraient également jouer en faveur du développement du secteur. Il s’agit de l’attractivité de la commune par la lutte contre l’insalubrité et la pollution, l’aménagement de zones à vocation touristique, la création d’infrastructures d’accompagnement au secteur (centre culturel, village artisanal, réserves animalières, etc.).

Le tourisme cynégétique se porte bien
Kolda Jrnee Cult Bibi BaldeLa forte présence du gibier constitue un facteur déterminant dans le développement du tourisme cynégétique à Kolda. Dans le but de développer cette activité et permettre aux touristes cynégètes venus particulièrement de France de chasser le petit gibier (francolins, lièvres, pintades, gangas, tourterelles), onze zones ont été amodiées entre Dabo, Médina Yéro Foula, Fafacoura, Pata, Salikégné et autres localités.

Selon Tékhéye Faye, Kolda recèle d’énormes potentialités axées particulièrement sur le tourisme cynégétique, avec une moyenne de 2.500 touristes qui séjournent chaque année dans la région entre décembre et février », a-t-il souligné. L’importance et la diversité des ressources fauniques, a-t-il dit, offrent des opportunités réelles au développement du tourisme cynégétique dans la région. Ce qui, à son avis, justifie l’augmentation des superficies amodiées.

Comme beaucoup d’acteurs, Alpha Diallo a développé depuis trois décennies une économie tournée vers le tourisme cynégétique.

Pour cet amodiateur, cette activité marche bien. Le seul hic, déplore-t-il, c’est le vieillissement de la clientèle. « Chaque année, ce sont les mêmes clients qui font de la chasse depuis 50 ans qui reviennent pour une à deux semaines au maximum. On est en train de faire des pertes de clientèles parce que la nouvelle génération ne suit pas », regrette-t-il. Selon Alpha Diallo, il faut vraiment aimer la chasse pour pratiquer cette activité qui demande beaucoup de moyens. Et avec la crise économique qui sévit en Europe et la retraite, ce n’est pas toujours évident, reconnaît-il.

Pour rentabiliser leurs affaires, précise M. Diallo, les amodiateurs sont obligés de faire leur propre promotion. « Dans ce contexte de rareté de la clientèle, il faut faire une très bonne promotion. Il faut dégager un budget pour aller dans les salons en France. Ce qui demande beaucoup de moyens et de sacrifices », souligne M. Diallo, qui invite l’Etat à s’impliquer davantage, surtout dans la création d’infrastructures. « Si l’on a un réceptif d’une capacité maximale de 50 chambres et qu’on reçoit un groupe de 120 chasseurs, cela pose problème ». L’autre contrainte, selon M. Diallo, est la dégradation de l’habitat sauvage, la disparition de certaines espèces. « Dans les zones de chasse à Kolda, il y a beaucoup plus d’habitations, donc moins de forêt. L’accès est devenu très facile parce qu’il y a des routes un peu partout, et avec les coupeurs d’arbre, le gibier n’a plus d’endroit où se reposer, où se cacher. Et quand la population locale se met à pratiquer la chasse, cela devient inquiétant pour les amodiateurs. Tous ces facteurs contribuent à diminuer le gibier qui se retrouve sans refuge et s’en va », fait-il savoir. Pour M. Diallo, la chasse a encore de beaux jours à Kolda, mais, précise-t-il, cela dépend en partie de la conservation de la forêt qui est aujourd’hui envahie. « La chasse va durer 20 ans environ, mais si l’on arrive à bien conserver la forêt, on va faire plus. Toutes les forêts classées sont habitées, elles ne le sont plus que de nom », avertit-il.

Potentiel sous-exploité
Kolda descente pontPour le colonel Alla Seck, la chasse est rentable. Du point de vue économique, fait-il remarquer, cette niche s’avère être une manne séduisante pour les opérateurs qui y trouvent leur compte. Elle fait aussi rentrer beaucoup d’argent dans les caisses du trésor public, entre location de la zone amodiée par hectare, la taxe d’amodiation, la licence de chasse, le permis qui varie, le timbre entre autres.

Dans cette partie du pays, affirme le colonel Seck, c’est la petite chasse qui est pratiquée et le francolin est très prisé. « Cette espèce arrive à partir de janvier parce qu’on a fait en sorte de la protéger. La chasse s’ouvre en général le 25 décembre et jusqu’en fin janvier les chasseurs n’ont pas droit au francolin, qui est très demandé », indique le colonel Seck, qui assure que l’activité de chasse menée de décembre à avril par les touristes ne menace nullement le gibier. « C’est de la chasse touristique, de l’écotourisme qu’on est en train de faire. Ces chasseurs ne sont pas venus ici pour le gibier. Ce sont des gens qui ont de l’argent et qui ont la chasse dans le sang. Ils ne tuent pas le gibier pour le manger. C’est un sport qu’ils pratiquent. Ils peuvent rester une journée sans rien tuer et ça ne se cumule pas », précise-t-il.

Malgré la bonne tenue du tourisme de chasse, le potentiel reste encore sous-exploité, selon le colonel Seck. Pour sa part, M. Tékhéye Faye estime qu’il y a nécessité à réfléchir sur la possibilité d’élaborer un plan d’aménagement de mise en valeur des ressources naturelles et culturelles pour soutenir le tourisme cynégétique dans la compétition existante par rapport aux autres destinations concurrentielles et l’exigence de plus en plus accrue de la clientèle internationale.

De nos envoyés spéciaux Samba Oumar FALL et Souleymane Diam SY (textes) et Pape SEYDI (photos)

Last modified on mercredi, 27 juillet 2016 12:52

Un monde d’éclopés

25 Juil 2016
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Répondant à la volonté affichée par l’ancienne ministre de la justice française, Michèle Alliot-Marie, d'ouvrir le débat sur la castration physique des délinquants sexuels, le Syndicat de la magistrature a ironiquement prôné l'amputation des mains des voleurs, de la langue pour les escrocs et du foie pour les conducteurs surpris en état d'ivresse, ainsi que la lapidation des casseurs.

Qualifiant cette idée d'“hommage au Moyen Age”, le syndicat propose d'élargir la réflexion. Il propose aussi “le supplice dit du 'croc de boucher' pour les auteurs de dénonciations calomnieuses”. “S'agissant des infractions économiques et financières, un simple retrait des boutons de manchette en place publique devrait suffire”, ajoute le Syndicat de la magistrature.

Mais pourquoi donc s’arrêter en si bon chemin ? Que faire des maris infidèles, des voyeurs, des pirates, des diffamateurs, des agresseurs, des corrompus et des corrupteurs, etc. S’il faut couper la main à chaque délinquant, on vivrait dans un monde d’éclopés.

Par Sidy DIOP

Last modified on lundi, 25 juillet 2016 12:16

Le Fouladou est connu par sa richesse en sites historiques et culturels, héritage du règne de Moussa Moolo Baldé. Mais aujourd’hui, voir Kolda, c’est découvrir l’autre dimension de cet ancien royaume qui souffre du dépérissement de son patrimoine, dont le tata de Ndorna, qui a subi les assauts du temps. Il urge de valoriser et de préserver ce patrimoine, témoignage vivant du passé, pour aider les populations à mieux comprendre l’ampleur des évolutions qui ont marqué leur territoire.

Le Fouladou recèle d’importants monuments et vestiges qui demeurent le témoignage vivant du règne d’Alpha Moolo et de son fils Moussa Moolo, figures emblématiques de ce royaume qui se situait au contact de quatre États (Gambie, Guinée-Bissau, Guinée et Sénégal). Malgré la richesse du patrimoine de l’ancien royaume, son histoire si marquante et riche est loin d’être connue par tous. La communication autour de ces lieux reste incomplète.

Aujourd’hui, on ne peut pas parler de l’histoire du Fouladou sans évoquer Ndorna, qui abrite le tata de Moussa Moolo. Ce village historique qui se trouve à 40 km environ au nord de la commune de Kolda, sur un embranchement de l’axe Kolda-Pata, vit dans l’isolement le plus total du fait de son enclavement. Pour s’y rendre, il faut emprunter une piste cahoteuse. Il n’y a aucune autre alternative. Et pendant l’hivernage, la situation s’empire. Les moyens de transport, les mieux indiqués pour parcourir ce trajet d’une trentaine de kilomètres sont les véhicules 4x4, les taxis-brousse habitués à ces trajets ou les deux roues. Et ils sont obligés de slalomer pour éviter les nids-de-poule, crevasses et autres flaques d’eau. Les véhicules particuliers qui osent emprunter cet axe se voient contraints de faire un tour chez le mécanicien à leur retour en ville.

Malgré le mauvais état de la route, ce coin perdu est bien doté par la nature. Le voyageur se laisse envahir par le charme irrésistible de cette végétation luxuriante, la vue panoramique qui ressemble à un magnifique tableau naturel s’élançant vers le ciel. A cette beauté naturelle se mêlent de charmants villages, tantôt petits, tantôt grands. Diatouma, Saré Moussa Meta, Saré Sada, Saré Dianfo, Dianbounta, Tounkoye Alette, Missira Diatta Baldé, Balkamussa défilent. Puis Ndorna se pointe à l’horizon.

Le tata de Moussa Moolo se meurt
Pour beaucoup de citoyens, Ndorna, tout comme Soulabali et Hamdallaye Moussa, deux localités situées dans le département de Médina Yéro Foula, ne leur dit pas grand-chose, alors qu’elles renferment un pan entier de l’histoire de notre pays. Ce village porte l’empreinte d’Alpha Moolo Baldé, fondateur du royaume du Fouladou, au sud du Sénégal. Ce chef peul qui a régné au XIXe siècle fonda, en 1870, le village de Ndorna, qui deviendra plus tard la capitale politique et économique du Fouladou. Son fils Moussa Moolo, né à Soulabali vers 1846, lui succéda et va parachever son œuvre. Il y construisit un tata (résidence) à l’image des fortifications en pierres héritées des grands empires du Soudan médiéval. Les ruines de ce tata ont traversé le temps et il ne reste plus que des amas de pierres rouges, des fondements qui tracent encore les pièces de ce qui fut la résidence du souverain qui disposait de deux portes d’entrée principales. Ses épouses y disposaient également d’habitations. Tout autour, il y avait des sortes de tranchées bien aménagées.

La particularité du tata de Moussa Moolo de Ndorna, selon l’historien Sadiki Sall, c’est le fait qu’il soit une bâtisse solide en pierres. « Moussa Moolo a pris des pierres et les a cimentées. C’est en Gambie qu’il allait chercher du ciment. D’habitude, les tatas étaient en banco. C’est le cas à Kansonko avec les vestiges du Tata de Karang Bounding Sané, de même qu’à Cita Diouba », explique-t-il. « Avec ce tata, il était assuré qu’aucune attaque extérieure ne pouvait le surprendre », ajoute le maire de Ndorna, Souleymane Diamanka. Moussa Moolo, sa famille et sa garde rapprochée vivaient dans le tata, selon le maire, tandis que son armée, les guerriers du Fouladou, vivait aux alentours, dans le village.

Aujourd’hui, les ruines du tata sont encore visibles sur place pour perpétuer, dans la mémoire collective, les faits importants de ce patrimoine historique qui disparaît petit à petit, faute de politiques de valorisation. Outre le fait que l’histoire du Fouladou soit mal enseignée et répertoriée dans le patrimoine, M. Sall estime qu’il y a une mauvaise gestion des politiques culturelles. « Ce patrimoine est laissé en déliquescence », poursuit l’enseignant à la retraite, membre de l’Association des professeurs d’histoire et de géographie. En 1988, dit-il, lorsque je préparais la visite de l’Enoa, nous avons trouvé « Tabayel Dikiguel » à Ndorna, c’est là où Moussa Moolo organisait l’exécution des sentences. « Quand quelqu’un est jugé et qu’il doit être condamné à mort, on l’amenait à cet endroit où il y avait une branche à l’horizontale et on le porte dessus pour lui trancher la tête. Il y avait aussi le coin où on faisait de la castration. On avait symbolisé cela par des cailloux », relève-t-il. « Dix jours après, ajoute l’historien, lorsque je suis venu avec la mission, j’ai trouvé que Tabayel Dikiguel était ravagé par le feu. Il ne restait que la branche horizontale qui était en train de se consumer ». Quant au « Sanghé » (fortification) de son père Alpha, à l’en croire, l’école élémentaire de Ndorna a été construite dessus.

Le défi de la mise en valeur
Ruines Tata Moussa Moolo 2Le professeur regrette ainsi l’absence d’une politique de sauvegarde du patrimoine national et de sa valorisation. « Notre défaut, déplore-t-il, nos espaces ne sont pas historiquement parlants ». « Vous irez à Gouye ndiouly, vous verrez l’arbre « Gouye ndiouly ». Mais le jour où l’arbre mourra, qu’est-ce qu’on va retrouver sur place ? C’est la même chose à Samba Sadio où a eu lieu l’affrontement entre Cheikh Ahmadou Bâ et la coalition des pouvoirs centraux wolofs du Sénégal. À Samba Sadio, on vous dit que c’est ici le « Soumpe Cheikh » ; mais rien ne vous l’indique », détaille l’historien. Il en est de même de « Sinkou Boye », à Guédé, un site où s’est déroulée la bataille mémorable entre les « Mahdiyankobés tidianes » et les « Lamtoro » de Guédé appuyés par le Law. Mais cette histoire et ces vestiges sont une richesse sous-exploitée. Elles pourraient être le noyau du développement du tourisme local. Mais au-delà d’un enjeu économique, c’est l’identité du peuple qui repose sur ce pan de l’histoire.

En attendant une éventuelle mise en valeur, la mairie de Ndorna s’occupe de l’entretien du site, même si la réhabilitation et la valorisation du tata ne relèvent pas de ses compétences. Le maire Souleymane Diamanka estime que le Conseil départemental doit poser les premiers jalons en attendant l’appui du pouvoir central. « Le développement du Fouladou passe par la valorisation des sites historiques de Ndorna », estime-t-il. Souleymane Diamanka est d’avis que ce site peut rapporter beaucoup de choses à la commune et à la zone d’une manière générale, car, soutient-il, Alpha et son fils Moussa Moolo Baldé se sont battus pour que le Fouladou retrouve son identité, sa dignité. « Des gens viennent visiter, prennent des photos et repartent sans que la commune n’y gagne rien. Le site n’est ni sécurisé encore moins valorisé », insiste-t-il. Sous le régime libéral, se souvient le maire, un des ministres de la Culture d’alors était annoncé sur le site. Jusqu’à présent, ce dernier n’y a pas mis ses pieds. Pour lui, le pouvoir central doit jouer un grand rôle dans la valorisation du site ne serait-ce que pour l’histoire. Mais il estime que cette valorisation doit être précédée par la réalisation de la route Kolda-Pata pour faciliter l’accès aux touristes et aux visiteurs, mais aussi le déplacement des populations vivant dans la zone.

Le directeur du centre culturel régional estime, pour sa part, qu’il faut faire prendre conscience aux populations de la valeur de ces sites qui font partie du cœur historique du Fouladou.

Pour Abdoulaye Lamine Baldé, la réhabilitation du site pourrait participer à la promotion de l’élan touristique dans la zone. Et, précise-t-il, le ministère de la Culture a bien compris les enjeux. Selon M. Baldé, des efforts seront engagés pour réhabiliter ce patrimoine ancestral, le préserver et le rendre accessible à tous.

Un patrimoine dispersé et sous-exploité
Outre le tata de Ndorna, le Fouladou regorge de vestiges historiques en ruine ou menacés. C’est du moins la remarque qui se dégage quand on fait un inventaire du patrimoine. On ne peut se rendre à Kolda sans faire un détour par l’arbre de Moussa Moolo, qui est un autre trésor historique à visiter. C’est aussi un lieu de culte qui a une histoire parfois même des légendes à raconter. Situé à quelques encablures du camp militaire Moussa Moolo Baldé, cet imposant caïlcédrat qui se dresse au milieu de la route, dans le vieux quartier de Doumassou, est témoin de plusieurs étapes de l’évolution du Fouladou. Selon beaucoup de témoignages, Moussa Moolo, en partance pour Ndorna, village fondé par son père en 1870, en avait fait son lieu de repos. Il y recevait aussi, nous dit-on, les notables du Fouladou Pakao pour discuter des questions brûlantes du royaume. Selon la légende populaire, un étranger ne devrait pas contourner l’arbre à sept reprises de crainte d’être coupé de ses origines.

Un esprit curieux pourra découvrir bien d’autres legs de l’histoire du Fouladou dispersés dans ce terroir et encore méconnus du grand public. Parmi ceux-ci, on peut citer les quatorze pierres de Soulabali  symbolisant le pacte d’engagement d’Alpha Moolo et de ses compagnons dans leur volonté de combattre les Mandingues pour libérer le Fouladou. Quatre de ces pierres témoignent de la première rencontre au cours de laquelle l’idée a été émise et les dix autres la décision d’aller libérer leur terroir. Près du village de Parumba, au sud-est de Vélingara, se trouve le tunnel de Moussa Moolo d’une longueur d’environ trois kilomètres. Aménagé dans une grotte, il a conservé une profondeur qui varie selon les niveaux. L’entrée étant très basse, il faut ramper pour y accéder. Le reste du parcours du tunnel a une hauteur normale. Selon la légende populaire, une femme du nom d’Adama y aurait mystérieusement disparu. Le tambour de Moussa Moolo appelé « tamouldé » fait également partie de ce riche patrimoine. Utilisé comme moyen de communication, il permettait de faire des annonces sur un rayon d’une cinquantaine de kilomètres. Le reste de l’instrument est conservé par le vieux Coly Baldé, au village de Parumba. Tous ces points attractifs sont susceptibles de rapporter des retombées pour les collectivités et capables de contribuer au développement de l’industrie touristique. Malheureusement, ce patrimoine n’est pas valorisé. Pis, il ne suscite aucun intérêt de la part des populations. Autant de facteurs qui font de la sauvegarde de ce patrimoine historique un défi complexe, et dont le succès nécessite la participation de tous les acteurs, notamment les populations et les pouvoirs publics.

Mythe, quand tu nous tiens !
Plus d’un siècle après la disparition de Moussa Moolo, le mystère entoure encore son tata. Les fonctionnaires n’osent pas y mettre les pieds de peur, dit-on, de perdre leur statut. Ils peuvent venir à Ndorna, mais ne franchissent pas le seuil de la forteresse. Vrai ou faux, nombreux sont ceux en tout cas qui y croient. « Nous avons amené la promotion de l’École nationale des officiers d’active (Enoa) en 1988 à Ndorna, mais nous sommes restés sur le seuil du tata, se souvient Sadiki Sall. Pour le maire de Ndorna, ces croyances populaires ne sont guère avérées. Et Souleymane Diamanka regrette que ce mythe continue d’être entretenu par une bonne frange de la population. « En ma qualité de maire de Ndorna, je suis toujours le premier à entrer dans le tata quand il y a des visites du site, et cela ne m’a rien fait. Je continue d’être le maire », fustige Souleymane Diamanka qui rappelle que ces croyances ne tiennent qu’à ceux qui y croient. « Il faut être un croyant pour briser ce mythe. Aujourd’hui, des fonctionnaires viennent et entrent dans le tata sans aucune considération », assure-t-il.

En décembre 1987, poursuit le maire, lors d’une visite de travail à Ndorna, le président de la République du Sénégal d’alors, Abdou Diouf, a voulu entrer dans le tata, mais il a été dissuadé par un de ses collaborateurs. Le président avait déjà posé un pied sur l’édifice, avant de se raviser, dit-il. Pour Souleymane Diamanka, cette croyance a impacté sur le développement économique de la zone. « Si les pouvoirs publics chargés de mener des politiques de restructuration et de réhabilitation du site n’y viennent pas, il n’y aura point de valorisation de l’édifice », déplore-t-il. La conviction du maire est que le temps de vaincre ce mythe a véritablement sonné et ce combat devrait, selon lui, passer par le pouvoir central.

De nos envoyés spéciaux Samba Oumar FALL et Souleymane Diam SY (textes)
et Pape SEYDI (photos)

L’un des premiers postes de débarquement de crevettes est en marée basse prolongée. Aussi bien dans le village qu’au rivage, les pêcheurs se laissent emportés par des flots de souvenirs des périodes fastes de la pêche de crevettes, à Adéane, situé dans l’arrondissement de Niaguiss à l’est de Ziguinchor.

La commune d’Adéane est à 32 km de Ziguinchor sur la route du sud, en pays Baïnouk. Des habitats sont répartis pêle-mêle à l’entrée. Au centre, un plan en damier est bien visible sur cette route descendante vers le quai. Les maisons modernes se concentrent au centre. Des antennes paraboliques apparaissent sur les toits comme des touffes sur la coiffure des afro-africaines. Il y a un embryon d’organisation de l’espace. A la grande place du village. Une mosquée est attenante aux habitations. Non loin de là, des personnes âgées conversent sur le mirador de la coopérative des pêcheurs d’Adéane. Les années passent. Elles ne rassemblent pas pour ces vieux usagers du fleuve. Leurs discours sentent la nostalgie des périodes fastes de la pêche. « Il serait très injuste de comparer les activités de pêche des années passées, 1980-90, à celles d’aujourd’hui. Actuellement, c’est à peine qu’un pêcheur parvient à avoir 1 kilogramme de crevettes. Dans le passé, un pêcheur peut avoir jusqu’à 15 kg à 30 kg par jour », se souvient Demba Fall. Les échanges intéressent le reste du groupe des usagers du fleuve Casamance. Djiby Sy se retourne et ajoute : « Tout dépend des périodes. Parfois un pêcheur peut avoir 5 kilogrammes de crevettes comme il peut se retrouver avec un demi-kilogramme ». Sur le mirador, le passé est un présent. Tous parlent avec enthousiasme. Le bourg n’avait pas usurpé son nom. Adéane, un dérivé du mot mandingue « Adiyata » qui signifie « c’est agréable » même si une autre version porte sur le nom de l’un des premiers habitants Baïnouk qui s’appelait Adéane Mané. « Vers les années 1974, la production de crevettes était abondante. Ceux qui étaient dans le secteur ont fait fortune dans la pêche et la vente des crevettes. L’activité était plus fleurissante. Ce n’est plus le cas, même si nous avons de quoi couvrir nos besoins », admet Birame Ndiaye.

En tout état de cause, en ce moment, l’épicentre de la pêche de crevettes avait attiré des Sénégalais des régions du nord, du centre et des Maliens. La pêche des crevettes a des incidences sur le brassage culturel, ethnique et religieux du village. « Nous avons une population cosmopolite. On y retrouve des mandingues, des toucouleurs, des diolas, des bambaras, des balantes », énumère Birame Ndiaye qui a vu le jour à Adéane.

De la place publique, on regagne le quai de débarquement. Un piroguier attend les clients. Des pirogues flottent sur le virage. Elles couvrent plus de 200 mètres des deux côtés. Une nuée de nuages adoucit les températures. Le ciel est bleu. En contrebas, Idrissa Koné répand du goudron sur la cale de sa pirogue. Lui attend que le ciel se dégage. Il a quitté la région de Matam en 1993 pour s’établir à Adéane. Depuis lors, sa vie est liée au fleuve Casamance. « Auparavant, lorsque vous effectuiez une sortie, vous pouviez revenir avec 10 kg de crevettes.

Il était facile pour nous d’avoir beaucoup d’argent », confesse Idrissa Koné. Ici, on connaît la cause de l’effondrement des ressources halieutiques. Ce dernier embarque tous les pêcheurs dans la même barque. Ils sont à ses yeux les premiers responsables de la chute des débarquements. « Il y a toute sorte de filets. Certains utilisent des mono filaments, des filets de petites mailles. C’est difficile d’organiser ce secteur ici », estime Idrissa Koné.

Le visage émacié, Moussa Badji supervise le remodelage d’une vieille pirogue par deux garçons. Ces derniers sectionnent des morceaux et colmatent les flancs. D’autres planches servent de traverses. Pour ce vieux pêcheur, il faut s’accrocher. La vingtaine de pirogues tanguant au large au gré du vent l’inspire. « Je suis dans la pêche depuis 30 ans. Nous avons beaucoup de Maliens.

Il y a beaucoup de pirogues. Il y a une pression extrême sur la ressource », se désole Moussa Badji. Cette version est balayée par le président de la coopérative des pêcheurs. Pour ce dernier, l’effondrement des ressources a entraîné des flux migratoires des pêcheurs. L’ancien poste de pêche est en quête d’un nouveau souffle.

Ecoulement des produits halieutiques : Les mareyeurs à la quête d’un meilleur avenir
Adeane Quai PecheIls font partie de la chaîne de l’activité halieutique à Adéane, mais les mareyeurs vivent des périodes difficiles, compte tenu de la non-disponibilité des véhicules leur permettant d’acheminer leur marchandise à Ziguinchor.

A Doumassou, un des neuf quartiers d’Adéane, les mareyeurs se rassemblent chaque jour pour trier la capture débarquée par les pêcheurs. En cette mi-journée ensoleillée, le rituel est respecté par Aïssata Kébé, Diarra Ndong et les autres femmes mareyeuses trouvées en train de sélectionner les crevettes qu’elles doivent acheminer à Ziguinchor. « Aujourd’hui, j’ai réussi à avoir 45 kilos. Il ne me reste plus qu’à prendre la route pour les revendre à Ziguinchor », souligne Aïssata Kébé, l’une des mareyeurs. Cédé entre 1.300 et 2.000 FCfa le kilogramme, le commerce des crevettes reste une spécialité des femmes d’Adéane.

Diarra Ndong, une halpulaar originaire de Fanaye Diéry dans le département de Podor, s’active dans ce commerce depuis une dizaine d’années. Aujourd’hui, cette Adéeanoise d’adoption se frotte les mains. « Avec cette activité, j’entretiens ma maison et je paie la scolarité de mes enfants », nous confie Diarra. En même temps qu’elle fait son travail de collecte des crevettes, Diarra marchande un drap de couleur rouge avec un commerçant ambulant « baol-baol » qui est venu leur proposer une panoplie de produits. Après un marchandage qui n’a duré que quelques minutes, elle tombe d’accord avec le bonhomme et met la main dans sa tirelire et lui tend un billet vert de 5.000 FCfa. Non loin de ces femmes, un camion frigorifique est stationné pour ramasser les caisses de crevettes collectionnées par les femmes mareyeuses. Comparée aux autres périodes, la capture de ce matin est maigre, voire insignifiante, selon le convoyeur Lamine Ndaw. « Si ça marche réellement, nous pouvons aller jusqu’à 150 caisses par jour », souligne Lamine.

Seulement, ce n’est pas tous les jours que les femmes mareyeuses arrivent à trouver un véhicule pour acheminer leur marchandise à Ziguinchor. Cela reste d’ailleurs la principale préoccupation de ces commerçantes. « L’autre jour, j’avais 300 kg de crevettes entre les mains, mais je suis resté longtemps au quai de débarquement à attendre un véhicule, en vain.

Comme la crevette est un produit périssable, elle a commencé à changer de couleur et j’étais obligée de les griller pour ne pas les perdre », renseigne Diarra Ndong. La dizaine de mareyeurs de cette zone de pêche de la Casamance ne dispose que de 3 à 4 camions frigorifiques pour ramasser la capture quotidienne. Il arrive souvent que ces véhicules tombent en panne ou fassent faux bond. Ce qui ne rend guère la tâche facile aux mareyeurs. Moussa Touré, le chef de village d’Adéane, rappelle l’importance de l’activité halieutique dans sa localité.

« La pêche est un pilier important de l’économie locale. Une grande partie de la population évolue dans le secteur et chaque jour, ils sont nombreux à partir à Ziguinchor où elles acheminent la capture », explique le chef de village. Seulement, aussi bien les pêcheurs que les mareyeurs, ils n’arrivent pas à disposer de suffisamment de moyens leur permettant de mener à bien leur travail. Même si la pêche demeure leur principal moyen de subsistance à l’heure actuelle.

Un réel brassage ethnique
La Casamance en miniature. On pourrait qualifier ainsi Adéane, un village traditionnel qui a le mérite d’abriter une forte concentration ethnique. Toutes les ethnies de la Casamance, ou presque, sont présentes à Adéane. On y trouve des bambaras, des peuls, mandingues, balantes, mancagnes, diolas, sérères et même des pépèles. Si certains, comme les peuls et les bambaras s’y sont installés depuis plusieurs années, en y pratiquant la pêche, d’autres comme les balantes et les mandingues sont arrivés ici à la faveur de la guerre en Guinée-Bissau.

Pour autant, toutes ces ethnies cohabitent dans les neuf quartiers de manière harmonieuse. Ici, il n’existe pas de quartier peul, diola ou mandingue. Les populations vivent dans une parfaite symbiose. Mais surtout dans le respect et la tolérance quasi-quotidienne.

De nos envoyés spéciaux Idrissa SANE, Maguette NDONG (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

La mauvaise haleine, ou halitose, concerne de nombreuses personnes. Le plus souvent, ce sont les bactéries présentes dans la bouche qui produisent ces odeurs incommodantes. Comment s’en débarrasser ?

1. Les gestes de base
Pour pouvoir traiter la mauvaise haleine, il faut d’abord en identifier la cause. Bien souvent, il s’agit de :
- Mauvaise hygiène bucco-dentaire ;
- Problèmes bucco-dentaires (carie, abcès…) ;
- Alimentation (ail, café, régime très protéiné…) ;
- Digestion difficile ;
- Prise de certains médicaments (anxiolytiques ou antihistaminiques par exemple) ;
- Certaines maladies (comme le diabète ou un reflux gastro-œsophagien) ;
- Tabagisme…

Dans la majorité des cas, la mauvaise haleine peut être évitée grâce à des gestes simples :
- Se brosser les dents après chaque repas (ou au moins deux fois par jour) sans oublier la langue, à racler avec un gratte-langue (ou une cuillère) ;
- Utiliser de temps en temps du fil dentaire ou une brossette interdentaire pour déloger la nourriture coincée entre les dents ;
- Boire beaucoup d’eau, pour garder la bouche hydratée ;
- Aller chez le dentiste une fois par an.

2. Le bicarbonate de soude
Le bicarbonate de soude est un antibactérien. Il aide à éliminer les impuretés entre les dents et combat les bactéries qui causent la mauvaise odeur. Pour utiliser le bicarbonate de soude pour votre hygiène dentaire, vous pouvez diluer une cuillère de bicarbonate de soude dans un verre d’eau tiède et faire un bain de bouche, avec gargarismes, pendant plusieurs minutes.
De plus, le bicarbonate, saupoudré sur votre brosse à dents, peut aussi être utilisé pour blanchir les dents. Mais attention à brosser doucement, et pas plus de deux fois par semaine, car il peut endommager vos gencives et l’émail de vos dents.

3. Mâcher des épices
Contre la mauvaise haleine, vous pouvez mâcher des baies de cardamome ou des clous de girofle.
La cardamome favorise la digestion et assainit la bouche.
Le clou de girofle est riche en eugénol, une huile essentielle aux propriétés antibactériennes.
Vous pouvez les mordiller puis recrachez.
Attention, n’utilisez pas l’huile essentielle de clou de girofle pure, qui est trop puissante.

4. La menthe
Mâcher des feuilles de menthe (mais aussi de persil) ou boire du thé à la menthe est efficace contre la mauvaise haleine.
De plus, vous pouvez verser une goutte d’huile essentielle de menthe poivrée sur votre dentifrice ou dans de l’huile de coco à appliquer sur votre brosse à dents.
Enfin, vous pouvez faire des gargarismes d’hydrolatde menthe poivrée.
Attention, l’huile essentielle de menthe poivrée ne doit pas être utilisée sur des femmes enceintes et allaitantes, des enfants ou des personnes épileptiques.

5. Le citron
Le citron a un pouvoir antiseptique naturel qui éliminera les bactéries responsables de la mauvaise haleine, présentes dans votre bouche.
Diluez un demi-citron dans un verre d’eau et rincez-vous la bouche avec ce mélange. Ensuite, buvez-le ou recrachez-le.
Vous pouvez aussi sucer une demi-tranche de citron.

Le gymnase mal éclairé retentit du bruit mat des corps sur les tapis d'entraînement. La lutteuse sénégalaise Isabelle Sambou s'y prépare pour les jeux Olympiques de Rio (5-21 août), rêvant de médaille pour son pays où la lutte traditionnelle et ses champions masculins écrasent la concurrence. Entre une séance technique au Centre international de lutte olympique de Thiès, à 70 km au nord-est de Dakar, et une autre plus physique, Sambou (35 ans), neuf fois championne d'Afrique de lutte féminine dans la catégorie moins de 48 kg, se repose dans sa petite chambre en compagnie d'Evelyne, sa sœur cadette, elle aussi lutteuse. Les deux sœurs suivent sur leur téléviseur cathodique un combat masculin de lutte sénégalaise, dont les champions, dans sa version avec frappe, sont des idoles dans le pays.

"Petite, je faisais de la lutte avec frappe dans le sable. Un jour, mes frères m'ont vue et m'ont dit : +Tu es forte, tu devrais faire de la lutte olympique+", raconte la jeune femme, originaire de Casamance, dans le sud du Sénégal. Elle commence par refuser, puis finit par s'essayer à cette variante de son sport, impliquant tout le corps pour faire tomber l'adversaire.

Avec son 1,52 m, elle se lance en 1999, à l'âge de 19 ans, et participe dès 2001 à sa première grande compétition. Cinq ans plus tard, elle devient championne d'Afrique pour la première fois. "La lutte traditionnelle, c'est dans les villes et les villages, alors qu'avec la lutte olympique, tu défends les couleurs de ton pays dans le monde", estime la lutteuse, les yeux brillants.

Aux Jeux de Londres en 2012, elle a ainsi obtenu la cinquième place, soit la meilleure performance africaine de tous les temps, hommes et femmes confondus. "On passe de la lutte traditionnelle à la lutte olympique pour une seule raison : se qualifier pour les Jeux. C'est pourquoi, ici, on met tout en place pour développer les structures et la préparation", explique Vincent Aka-Akesse, olympien à trois reprises en équipe de France et directeur du développement de la lutte en Afrique.

'Marche à franchir'
Depuis sa qualification en avril pour les Jeux de Rio, qui seront ses derniers, la préparation de la lutteuse s'est intensifiée. Accompagnée de lutteurs et d'entraîneurs internationaux, elle enchaîne trois séances par jour pour réaliser son rêve. Course à pied dès 07h00 du matin, entraînement technique en début d'après-midi, suivi de combats face aux meilleurs lutteuses et lutteurs du continent : le programme est exigeant. Les entraîneurs aussi. "Pour obtenir une médaille, il ne manque pas grand-chose. Il y a une toute petite marche à franchir. C'est la raison pour laquelle on a fait venir des entraîneurs d'Europe de l'Est. Ils ont une culture de la lutte et savent préparer ces grandes compétitions", ajoute Vincent Aka-Akesse.

Un entraîneur et un préparateur physique bulgares sont aux côtés de Sambou et des deux autres athlètes qualifiés pour Rio. Le premier, Nikolay Minchev, 36 ans de carrière, dont cinq à Thiès, participe aussi à ses tout derniers Jeux. "Isabelle est l'athlète la plus expérimentée du circuit. Elle a de très bons appuis, est très offensive et défend très bien. Tout est réuni pour qu'elle obtienne une médaille, peut-être en or, cet été", assure-t-il, tee-shirt aux couleurs de son pays sur le dos. Le second, Nick Stanchev, plus jeune, est arrivé mi-mai avec mannequins en mousse, cordes et poids de musculation. Un matériel de professionnel afin de préparer les meilleurs lutteurs du continent africain dans les mêmes conditions que leurs concurrents de pays plus développés.

Ambassadrice de l'Afrique
"Nous connaissons déjà ses adversaires, on a le temps de travailler stratégiquement sur chacune d'entre elles. Je leur répète toujours : vous vous entraînez pour battre les Russes, les Américaines, donc il faut voir ce qu'elles font, comment elles se préparent. C'est pour ça qu'on met les moyens", détaille Vincent Aka-Akesse.

"Les talents comme Isabelle sont présents en Afrique. Maintenant, il faut mettre en place une structure et un parcours d'excellence pour qu'ils puissent rivaliser avec les meilleurs", développe l'ancien lutteur.

Sa cinquième place à Londres a permis à la Sénégalaise de changer de dimension. En 2013, la Fédération internationale de lutte l'a nommée ambassadrice du Super 8, campagne qui promeut la participation féminine dans la lutte, puis en 2015, meilleure lutteuse africaine de la décennie.

Mais au Sénégal, être une femme dans ce sport essentiellement masculin est très mal perçu. "J'ai tout entendu : +Tu vas devenir un homme, tu ne trouveras pas de mari+", se souvient la lutteuse, qui souhaite fonder une famille après cet ultime défi. A la fin de l'entraînement, les athlètes se saluent. Haletante, Isabelle Sambou se met à l'écart pour récupérer près de la fenêtre. Sur les murs qui entourent le centre, plusieurs dessins grandeur nature symbolisent les différents sports olympiques. Le tout dernier représente la championne, remportant un combat face à une lutteuse bissau-guinéenne.

AFP

Apple veut dénicher les prochains grands développeurs...

Apple est visiblement fier de son jeu de mots. Mercredi, l’entreprise a ouvert les candidatures pour une émission de téléréalité baptisée Planet of the Apps, qui sera diffusée l’an prochaine sur ses plateformes. Reste à savoir si c’est vraiment une bonne idée. Pour sa première production originale de contenu, la firme à la pomme a choisi un domaine qu’il maîtrise bien : le monde des développeurs (et pas celui des singes, donc). L’émission, qui semble s’inspirer sur The Apprentice de Donald Trump, sera centrée sur « 100 développeurs talentueux » qui tenteront de bâtir « la grande app de demain ». Les pitches vidéo sont à envoyer avant le 26 août, et les développeurs devront avoir une bêta de prête pour le 21 octobre, pour un tournage prévu « fin 2016-début 2017 ».

Pour les résidents américains uniquement
L’aspect planétaire est un peu mensonger : pour candidater, il faut avoir 18 ans et être résident américain (avec une carte verte). Les 100 développeurs retenus bénéficieront des conseils de mentors, de financement et seront mis en avant dans l’app store à la fin de l’émission.

Pour Apple, il s’agit sans doute de prendre la température alors que la guerre des contenus fait rage. Mais à moins de dénicher une app qui va vraiment changer le monde, le concept semble quand même très nombriliste. Le résultat nous fera peut-être mentir, mais pour l’instant, on préfère regarder les bras cassés de la série de HBO Silicon Valley.

Par le surfeur

Les retraités ont des approches diverses de leur nouvelle vie. Le fait de quitter son activité professionnelle peut, en effet, réveiller des sentiments inattendus chez certains d’entre eux : nouveau calcul, nouvelle approche et parfois de nouveaux comportements sont notés.

L’arrêt du travail réveille parfois certains sentiments inattendus: le manque de confiance en soi ou l'impression d’impuissance, voire le déni de la réalité. Fatoumata Sy, 60 ans, a travaillé comme juriste au sein d’une société nationale qui s’active dans le secteur de l’Hydraulique. Elle s'étonne encore des sentiments qui l'ont envahie les premières semaines, après son départ. Une retraite pourtant célébrée comme il se doit par un « pot » joyeux en compagnie de ses collaborateurs. « A force de m’ennuyer à la maison, je n’ai trouvé qu’une seule résolution. Je me suis jetée sur les livres que je n'avais pas lus et qui me faisaient envie depuis des années… Jusqu'à me demander finalement au bout d'un mois, mais quel est le sens de cette situation inutile et solitaire », affirme-t-elle.

On en viendrait presque à penser que l'adieu à une carrière, un métier, ne se règle pas simplement à coups de cotisations, plus ou moins confortables. Qu’en est-il du vécu psychologique de ceux qui, un jour, quittent leur travail, cessent de se rendre à leurs lieux habituels, de fréquenter des collègues ou des clients, et surtout endossent un nouveau statut social ? Beaucoup sont plus « remués » intérieurement qu'ils ne l'auraient pensé pendant leurs années, de pleine activité, assure Fatoumata. Elle se dit d’ailleurs victime de ce qu’on peut appeler le « bouleversement de l'agenda ». Elle s'était efforcée de remplir toutes les exigences pour éviter de penser à cette nouvelle étape de sa vie. « Puis, je me suis racontée ma carrière professionnelle », poursuit-elle. Les dossiers que j'avais bien menés, ceux que j'avais ratés… Je me suis sentie soulagée de ne plus avoir à me battre, comme je l'avais fait quand j’avais 30 ans ».

Un agenda bouleversé
Pour certains, le départ à la retraite s'accompagne de sentiments partagés entre soulagement et peur de ne plus trouver sa place dans la société, après avoir quitté son boulot, après des années de bons et loyaux service rendus.

Cet inattendu retour à la « case départ » provoqué par la mise en retraite est apparu évident au sociologue Daouda Thiam, qui a mené une enquête auprès de plus d'une dizaine de nouveaux retraités, de tous horizons et milieux socioculturels. « L'arrêt du travail, certains n'y pensaient pas, tandis que d’autres le prévoyaient », constate-t-il. Mais, cela n'empêche pas le basculement total qui arrive chez la plupart d'entre eux, avec cette étape. À l'écoute des témoins, il note ceci : « Tous avaient d'abord besoin de raconter en détail leur carrière passée. J'ai réalisé à quel point le travail avait vraiment été un pilier de l'identité ».

Autre découverte, l'image intériorisée du retraité paisible qui fréquente les « grands-places » ne veut plus rien dire à beaucoup. « D'ailleurs, ce statut de retraité inactif ne correspond plus à la réalité que beaucoup veulent maintenant vivre », poursuit le sociologue. Parmi les difficultés à dépasser : l'illusion de la retraite appréhendée au départ comme un « Eden » pour les uns, ou comme « une chute irrattrapable » pour les autres. Pour cet ancien colonel de l’armée, une culpabilité qu'il n'avait jamais ressentie s'est manifestée : « J'entendais parler du chômage des jeunes. Et moi je suis là, à bien profiter de mes jours heureux, à ne rien faire tout en percevant ma pension ! C'est très désagréable comme sensation », souligne-t-il.

Changement de rythme
« On peut certainement atténuer ces bouleversements émotionnels en anticipant », affirme Aïssatou Mbengue, psychologue qui rejoint sur ce point la plupart des retraités interrogés. « Deux ou trois ans avant l'échéance, il faut commencer à se poser les bonnes questions », explique-t-elle. « Après mon départ en retraite, où ai-je envie de vivre ? » « Quelle activité me permettrait- d'utiliser mes compétences et talents d'une manière efficace ? » ou encore « avec qui ai-je encore envie de nourrir des relations sociales ? », telles sont les questions qu’il faut, à ses yeux, se poser. Un vaste chantier selon Aïssatou Mbengue. « Il faut bien se préparer pour marquer sa liberté », résume-t-elle.

Saydou est un ingénieur informatique à la retraite. Il a quitté son poste. Mais, pour lui, pas question de stopper la vie professionnelle. Il a fait un bilan de ses compétences, puis s’est déployé pour monter une petite société de services informatiques.

Aujourd’hui, à 62 ans, il travaille encore et se dit parfaitement heureux. Il illustre le classique syndrome du retraité hyperactif qui ne parvient pas à décrocher. Il promet d’aller jusqu’au bout, à moins qu’un accident de santé ne le force à lever le pied, lui fournissant l’excuse de ne plus s’activer, souligne-t-il.

Le sociologue Thiam est catégorique, arrêter de travailler est toujours douloureux pour certains. D’abord, le changement de rythme est vécu comme un choc. « Certes l’individu se retrouve maître de son temps au lieu de s’engouffrer chaque matin dans le tunnel temporel de l’entreprise, scandé par les rendez-vous et les réunions. Son organisme n’est plus soumis au stress et à la tension qui, en quarante ans, sont devenus aussi indispensables que le café du matin. Le passage de la vie intense, que l’on mène dans l’entreprise, à une vie plus solitaire est également un facteur fréquent de déstabilisation », note le sociologue Thiam. Macoumba était conducteur dans une imprimerie. Il a pris sa retraite en 2013. « En deux ans, il est devenu un petit vieux. N’ayant aucune image à laquelle s’identifier, il est entré directement dans le troisième âge », témoigne un de ses anciens collègues. « Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? » est la question incontournable.

Le concept de « retraite active » se développe
En effet, lorsque la vie professionnelle a été totalement épuisée, la retraite s’assimile à un deuil pour certains. Ils se retournent alors contre eux-mêmes et se déclenchent des pathologies. « Pourtant, ce trésor d’énergie pourrait leur reconstruire un avenir », note Daouda Thiam, sociologue. Prendre sa retraite de salarié, mais pas de travailleur, semble à ses yeux constituer la solution.

Aujourd’hui, la représentation de la retraite active évolue. II y a une seconde vie après la retraite. Les séniors, après avoir capitalisé beaucoup d’expérience, vendent leur expertise ou investissent d’autres créneaux. Les exemples de réussite ne manquent pas. A 61 ans, Natou Diagne est une femme heureuse, pétillante d’énergie avec des projets à foison. Elle a récemment pris sa retraite « La chance de ma vie », exulte-t-elle. Cette femme vend son savoir-faire à une entreprise évoluant toujours dans le secteur des télécoms. Idem pour Ansou, la soixantaine. Après de bons et loyaux services, il s’est mis à son compte.

L’anecdote très expressive des difficultés liées à la retraite
La psychologue, Aïssatou Mbengue, témoigne d’un fait assez illustratif du sentiment de désapprobation qui anime certains retraités.

Il s’agit d’un monsieur qui est venu un jour la voir, sur recommandation de son patron, dit-elle. « Il est entré dans mon bureau. La soixantaine, élégant, costume sombre de bonne coupe, chaussures anglaises impeccables, mains soignées. Un chef qui dégage du charisme et de l’énergie », rapporte-t-elle. Je ne dis rien. Après de longues minutes, il plante son regard dans le mien et se penche légèrement vers moi. « Je m’appelle Faustin Diabang* », annonce-t-il d’une voix assurée. Je suis représentant d’un prestigieux groupe occidental ici au Sénégal. Mon Pdg a souhaité que je rencontre un spécialiste. Vous me direz ce que vous en pensez, mais à mon avis, je n’ai aucun problème, lance-t-il. Nouveau silence. « A la fin de l’année, reprend-il, je vais être en retraite. Je suis très heureux de prendre ma retraite ! ». Puis, il plonge la tête dans ses mains et se met à sangloter. « Des Faustin Diabang, il y en aurait beaucoup. Pour eux, un retraité leur rappelle d’abord leur grand-père, ensuite leur père. Un retraité, c’est donc un homme épuisé », note le spécialiste.

Faustin Diabang * (nom d’emprunt)

Last modified on mercredi, 20 juillet 2016 14:13

La salade verte, ça ne donne pas toujours envie ! Et pourtant elle possède de nombreuses vertus qui pourraient bien vous inciter à en consommer quotidiennement.

Elle contient des fibres solubles
C’est la laitue romaine qui est la plus riche en fibres solubles, suivie des épinards, de la laitue frisée, de la laitue iceberg et de la laitue Boston. Les fibres solubles diminuent l’absorption du mauvais cholestérol, des triglycérides et permettent de prévenir les maladies cardiovasculaires. De plus, elles réduisent l’absorption des glucides, ce qui freine la montée de la glycémie.

Elle est anti-cancer
Manger de la salade pourrait protéger du cancer ! C’est en tout cas ce que certaines études semblent montrer. En effet, la laitue, la mâche et les épinards contiennent des caroténoïdes, principalement le bêta-carotène et la lutéine. Ces composés posséderaient des propriétés antioxydantes et seraient liés à un risque moindre de développer certains cancers. Et bonne nouvelle, les caroténoïdes sont mieux absorbés par l’organisme lorsqu’ils sont accompagnés d’une petite quantité de gras ! De plus, la roquette contient de la quercétine, un type de flavonoïde associé à une diminution des risques de cancer en raison de ses propriétés antioxydantes.

C’est une bonne source de vitamines et de minéraux
La plupart des salades sont riches en vitamines et minéraux. En effet, la laitue frisée, la mâche et l'épinard cru sont de très bonnes sources de vitamines A. Les laitues romaines, frisée, Boston et l'épinard cru sont d’excellentes sources de vitamine K. La laitue romaine et l'épinard cru sont de bonnes sources de vitamines B9. Les laitues romaine et frisée ainsi que la mâche sont des sources de vitamine C. La laitue frisée et l'épinard cru sont des sources de manganèse. L'épinard cru est une bonne source de magnésium. Et la mâche est une source de fer, de vitamine B6, de cuivre, de manganèse et de potassium.

Elle est rassasiante
Une étude publiée en 2004 a montré que les personnes qui consomment une salade avant un repas consomment en moyenne 10 % de calories en moins durant le repas.
Mais si vous la prenez en tant que déjeuner ou diner, pour que votre salade soit suffisamment rassasiante, ajoutez-y une source de protéines, comme du poulet, des œufs ou du fromage. N’hésitez pas aussi à y ajouter une bonne huile ou encore des noix ! 

C’est une source d’oméga-3
Les oméga-3 sont des acides gras dits « essentiels », car l’organisme ne peut les synthétiser lui-même. Les besoins doivent donc être comblés par la consommation d’aliments qui en contiennent, et la salade verte en est une source intéressante. Celle qui est la plus riche en oméga-3 est la mâche, qui compte 200 à 360 mg d’oméga-3 à chaîne courte pour une portion de 100 g. La laitue est également une bonne source. Pour faire le plein d’oméga-3, ajoutez une cuillère d’huile de lin dans votre vinaigrette ou des noix !

Elle est désaltérante
La salade verte est composée à 95 % d’eau. C’est donc un aliment très désaltérant, idéal pour l’été ! En hiver aussi elle sera parfaite pour accompagner les repas trop lourds.
À déguster avec une vinaigrette ou en y incorporant d’autres bons ingrédients !

Last modified on mercredi, 20 juillet 2016 14:14

Didier Drogba demeure sans doute l’un des meilleurs footballeurs africains de sa génération. Voici un joueur au destin incroyable, qui à force de caractère, de talent et de travail a su s’élever sur le toit du football mondial. Il a su au gré d’une ascension fulgurante cheminer jusqu’à atteindre le plus haut niveau du football mondial.

Selon le magazine économique américain « People With Money » Drogba aurait amassé entre les mois de mai 2015 et mai 2016 la prodigieuse somme de 96 millions d'euros, sonnants et trébuchants. Une hausse de quasiment 60 millions par rapport à l'année précédente, de quoi lui remonter le moral. D'après les calculs, le footballeur-entrepreneur pèserait près de 275 millions d'euros.

Outre ses gains professionnels, il devrait son immense fortune à de judicieux placements boursiers, un patrimoine immobilier conséquent et le très lucratif contrat publicitaire avec les cosmétiques CoverGirl. Il possèderait également plusieurs restaurants à Abidjan (dont la chaîne « Chez l'gros Didier »), un club de Football à Abidjan, et serait également impliqué dans la mode adolescente avec une ligne de vêtements « Drogba Séduction » ainsi qu'un parfum « L'eau de Didier », autant de succès financiers.

Pourtant, rien ne semblait prédestiner à l’ivoirien à une carrière aussi éclatante. Il naquit le 11 mars 1978 à Abidjan. Il quitte la Côte d’Ivoire pour la France en 1983 à l’âge de 5 ans. Le jeune adolescent fit ses premiers pas à Vannes puis à Levallois-Perret. Il signa son premier contrat professionnel avec le Muc 72 à 19 ans. Après quatre années passées dans la Sarthe, Drogba découvre l’élite avec l’En Avant Guingamp en janvier 2002. En 2002-03, aux côtés de joueurs comme Florent Malouda, l’Ivoirien réalise une superbe saison. L’Eag alors dirigé par Guy Lacombe, termine 7e à 3 points seulement de la Ligue des Champions. Didier Drogba inscrit 17 réalisations. De quoi nourrir l’appétit de l’OM, qui le recrute à l’été 2003. Très rapidement, il devient le chouchou du public marseillais. 19 buts en championnat, dont le plus beau but de l’année, 11 en coupe de l’Uefa où Marseille s’incline en finale face à Valence, Drogba marque au total 32 buts sous le maillot olympien. Par son abnégation, sa rage et son réalisme, il a su conquérir le cœur des supporters du Vélodrome. Jamais un joueur n’avait marqué autant le club en si peu de temps. Car Drogba quitte l’OM un an après son arrivée et rejoint le nouveau riche, Chelsea, depuis peu possédé par le russe Roman Abramovitch. Le transfert est estimé à environ 38 millions d’euros.

Dans le club londonien avec un temps à sa tête son mentor, José Mourinho, Drogba va empiler les buts et les titres: 3 titres de champion d’Angleterre, 4 FA Cup, 2 coupe de la Ligue, 2 Community Shield. Sur le plan personnel, il totalise 2 ballons d’or africains, 2 titres de meilleur buteur du championnat anglais et une belle quatrième place au ballon d’or 2007. En Côte d’Ivoire, Drogba demeure un exemple. S’il n’a jamais remporté de Can avec les Eléphants, il ne compte pas moins de 84 sélections pour 55 buts.

Après Chelsea, l’Ivoirien a évolué en 2012 à Shanghai Shenhua, en 2013-2014 à Galatasaray, en 2014-2015 à Chelsea, il évolue présentement dans le club Impact de Montréal. L’Ivoirien reste l’un des joueurs africains les plus aimés, le plus acclamés de l’histoire. Doté d’une technique, d’une puissance et d’un mental à toute épreuve, il a souvent su porter sur ses épaules le poids de son équipe. Leader né, buteur régulier, Drogba a souvent su se montrer incontournable dans les grands moments.

Par Oumar BA

Adossé à un des fauteuils devant la porte de sa maison qui donne sur un balcon, il prend de l’air. Les rastas rabattus sur le visage, c’est un Awadi abattu par la fatigue que l’on retrouve cet après-midi à Sicap Amitié II. En période d’enregistrement, l’artiste n’a point de sommeil.

Une porte qui s’ouvre et se referme aussitôt. Un autre Awadi en sort cette fois avec les dreadlocks bien organisés, laissant découvrir son visage qui aussi, devient plus radieux. Du café et quelques boulets de cigarettes pour dominer cette lassitude. 

Les mêmes dominants, les mêmes dominés. Les mêmes fils de dominants dominent les fils des mêmes dominés. Ces paroles extraites de « Bourreau noir » le ramènent une vingtaine d’années ans en arrière. Leur sens est à chercher dans les événements de 1988 caractérisés essentiellement par une année scolaire invalide. 1994-2016, des années passent, la jeunesse n’y est plus, mais l’engagement politique demeure. Awadi, une vie, un destin, le rap engagé. En contact avec un autre rappeur, notamment Duggy Tee, leurs idéologies et leurs principes de vie prennent forme et donne le Positive Black Soul (Pbs), en 1989.

Pionnier du mouvement rap au Sénégal et plus largement en Afrique de l'Ouest, son premier succès avec ce groupe sera l’album « Boul Faalé », une expression de la rue sortie en 1994. Le contenu qu’il en donnait, « prends-toi en charge ». « Dans nos principes de vie que nous nous sommes donnés, c’est de croire à soi-même. Il peut se réaliser tout seul et pousser le groupe », soutient le Didier des Sicap.

Du fun à l’engagement
« Au début, le rap était pour nous une passion. On le faisait pour s’amuser. Autrement, se faire voir, avoir des copines, être les stars du collège », renseigne l’artiste. En contact avec de grands hommes de gauche, en lisant les discours de Thomas Sankara, de Cheikh Anta Diop, est née une conscience politique. Le discours change. Pourtant, Didier Awadi estime que le rap ne rime pas forcément avec l’engagement. « Il y a ceux qui ne sont pas engagés et je respecte leur position. C’est un devoir pour moi de m’engager. Je ne peux pas avoir le grand luxe, de lire des livres, d’aller à l’école, de pouvoir avoir une télévision, une radio. Bref, de savoir l’impact de tout ce qui se passe dans le monde dans ma vie. Comment mon pays et mon continent sont pris à la gorge. Et ne pas réagir, ce serai lâche et irresponsable », juge l’auteur du « Président d’Afrique ».

Même en solo, il fait bonheur à ses idéologies nationalistes. En octobre 2005, il sort sur le marché français l’album « Un autre monde est possible » qui est un vibrant plaidoyer pour des politiques plus humaines et une plus grande considération du tiers-monde. En novembre 2012, un autre titre « Ma Révolution » paraît au Sénégal et dans le monde.

Défenseur du panafricanisme
Né d’un père Béninois et d’une mère Cap-Verdienne, il se considère comme un Africain d’origine avec un visa sénégalais car la création Sénégal est presque française. Une manière d’alimenter son rêve des Etats-Unis d’Afrique. Comme il le disait dans son titre « Président d’Afrique », dans son rêve, on annule les visas, tous les pays d’Afrique sans ces derniers. L’Afrique avec ou sans visas, lui, il a déjà fait 42 pays de ce vaste et diversifié continent.
Défenseur du panafricanisme, il s’identifie à des figures emblématiques comme Thomas Sankara. « C’est tout ce qu’il a dit, c’est tout ce qu’il a fait, qui fait qu’on l’aime. Il s’est battu pour l’Afrique. Produire africain, manger africain et s’habille africain », défend cet animateur.
La plupart de ses modèles n’étant plus de ce monde, il porte le combat à travers un discours tranché avec quelques codes culturels qui viennent bousculer les limites entrainant peut-être une incompréhension entre l’élite politique et les autres rappeurs pour ne pas dire lui seul.

L’illusion « du fils à papa »
Tout le monde pensait que c’est un fils à papa. D’autres ont ravivé des rumeurs comme l’animateur est un fils de diplomate. Pourtant, il est né de deux parents enseignants et a grandi dans le pays. Ses études, il les a faites également au Sénégal. « C’est l’image que les gens ont des Sicap. Alors que pour moi, les Sicap, c’est vraiment la classe moyenne.
A l’âge de quatorze ans, il perd son papa. Mais, comme l’échec, dit-il, ne fait pas partie de son vocabulaire, il développa très tôt un esprit d’entrepreneur. Déjà au collège Sacré- Cœur, il était dans les affaires culturelles. D’ailleurs, ces premiers spectacles commencent dans cette école. Les tickets d’entrée à 300 FCfa, de quoi assurer son argent de poche pour ne pas fatiguer sa mère qui les a accompagnés lui et ses deux sœurs dans leurs choix.

Le style de son rap, il l’ignore. Pour lui, c’est juste un cri du cœur. Il n’est ni esclave de la rime ni des figures de style. « Ce que me dicte mon cœur est plus important que la règle grammaticale », lance-t-il. Le rap pour lui, c’est un outil très démocratique car c’est une musique révolutionnaire qui est là pour bousculer les codes.

Un album mbalakh en cours
En effet, il considère qu’on peut rapper même avec le mbalakh. D’ailleurs, l’artiste annonce la prochaine sortie de son album cent pour cent mbalakh qui est en cours d’enregistrement. Une nouveauté qu’il qualifie de Kef et non pas d’un virement. « Je suis né dedans, j’ai grandi dedans et j’ai envi de le faire », conclut l’artiste-producteur.

Amoureux de ce genre musical de par sa persécution, sa syncope, il rêva de faire un jour son « tassou ». Fruit d’un délire, il ne sera pas un mbalakh révolutionnaire mais « bou saf sap », chahute ce dernier. Awadi sous le tempo mbalakh, ça va surprendre, faire rire ou même choquer. Mais, les plus réfractaires, rassure-t-il, vont danser. Un autre album reggae en studio va sortir au mois d’octobre. Ce sera un concentré de reggae et de rap. Ce style, il l’appelle reggae up. Prix Découvertes Rfi 2003, avec l’album « Un autre monde est possible », d’autres horizons s’ouvrent à lui. Propriétaire d’une maison de disque internationale, l’homme d’affaires travaille avec Universal et désormais, avec le groupe Canal.

Il va y animer des émissions qui tournent autour de la musique et de la culture. Un autre projet est en cours, un film sur la vie Doudou Ndiaye Coumba Rose, commencé de son vivant et qu’il souhaite terminer bientôt.

Par Marame Coumba SECK

Last modified on mercredi, 20 juillet 2016 14:08

Le fric, c’est chic

20 Juil 2016
690 times

Anat, une juive d’Israël, est très attachée à sa maman. Cette dernière tient plus que tout à son vieux matelas. Anat ne comprend pas cet attachement à un objet de « peu de valeur » qui, de surcroît, se remplace aisément dans les magasins de Tel Aviv. Alors, pour faire plaisir à sa chère mère, elle décide de jeter le vieux matelas et de le remplacer par un autre, tout neuf. Une surprise, qu’elle souhaite lui faire. Mais quand la femme âgée découvre le « cadeau » de sa fille, elle tombe dans les pommes. Incompréhension.

Inquiétude d’Anat qui croyait si bien faire. Sa maman finit par lui dévoiler qu’elle cache à l’intérieur de cet horrible matelas près de 715.000 euros, des shekels qu’elle a réunis au fil des ans.

La jeune femme est prise par une quête frénétique depuis. Ce matelas dont elle ne supportait pas la vue est devenu sa raison de vivre. Le problème, c’est que ses recherches dans les tonnes de déchets des décharges de Tel Aviv sont jusqu’ici infructueuses. Ce qui ne décourage guère Anat qui s’est pris de passion pour le métier d’éboueur. Le fric, c’est chic !

Par Sidy DIOP

Last modified on mercredi, 20 juillet 2016 14:08

Dernier né des royaumes au Sénégal, le Fouladou a été fondé dans la seconde moitié du XIXe siècle par Alpha Molo Baldé qui a libéré les Peuls du joug des Mandingues. Son œuvre a été parachevée par son fils, Moussa Moolo, qui mènera le royaume à son apogée. Ces deux héros remarquables et personnalités exceptionnelles qui ont écrit les plus belles pages de l’histoire du Fouladou n’ont pas l’aura des Samory, El Hadji Omar, Lat Dior ou Alboury Ndiaye, mais bénéficient aujourd’hui comme hier de la reconnaissance des populations de cette partie de la Casamance.

À Kolda, Alpha Moolo et Moussa Moolo Baldé, deux figures emblématiques du royaume du Fouladou, ont laissé des empreintes indélébiles. Ces deux personnages qui ont joué au XIXe siècle un rôle très important dans l’histoire casamançaise en général et dans l’histoire du Fouladou en particulier, font la fierté des populations. Aujourd’hui, plusieurs édifices portent leur nom : lycée, écoles, pharmacies, équipe de football, etc., en reconnaissance à ces héros qui ont libéré les Peuls du joug des Mandingues qui régnaient en maîtres absolus avant la création du Fouladou. Cette fierté des populations à l’égard de leurs héros, le professeur d’histoire et de géographie à la retraite, M. Sadiki Sall, l’explique par une appropriation d’un patrimoine par rapport à une domination. Selon M. Sall, la résistance au pouvoir mandingue et colonial et son implantation en Casamance orientale font aussi partie des éléments de cette fierté du Fouladou. « Je garde toujours une idée que j’ai prise de Cheikh Anta Diop. Il est bon de connaître l’histoire non pas pour s’en complaire, mais pour comprendre. Cette fierté nous permet de comprendre. Parce que partout, il y a des dessous qui ne sont pas très illustres, très beaux », note Sadiki Sall. À en croire l’historien, c’est pour des besoins identitaires que les Koldois se réclament du patrimoine du Fouladou, celui-ci étant gage de la quête de la liberté dans le sens où ils se sont battus pour avoir la leur vis-à-vis des Mandingues, des colonisateurs français. « Au moins, nous leur sommes redevables de cela », indique l’enseignant.

Si les hauts faits d’armes d’Alpha Moolo et de son fils, Moussa, sont encore vivaces dans les esprits, ces deux guerriers n’ont pas eu l’aura de Lat Dior, de Ndiadiane Ndiaye ou encore d’Alboury Ndiaye. Ils ne sont pas méconnus, mais ne sont pas aussi connus comme il se devait. Cela résulte du fait que l’histoire du Fouladou n’est pas, selon M. Sadiki Sall, suffisamment bien enseignée au Sénégal. « Dans les programmes scolaires, l’histoire du royaume du Fouladou n’est pas bien spécifiée. On n’étudie qu’un contexte de la résistance ; maintenant c’est aux professeurs de prendre la liberté de contextualiser selon la zone où ils servent », relève l’enseignant, estimant d’ailleurs que l’histoire du royaume du Gabou est plus étudiée que celui du Fouladou. « Le Gabou a une histoire orale assez prégnante en raison de Tourma Kansala. Les griots l’ont assez chanté. Il y a eu du populisme autour de l’histoire de ce royaume », indique-t-il. « Au Fouladou par contre, il y a un sentiment chez les populations que Moussa Moolo était un malaimé en raison de sa politique, sa rigueur, sa dureté, son autoritarisme, mais aussi des mythes sur sa personne », ajoute-t-il. Pour le professeur Sall, tout cela est à mettre dans le compte de l’adversité.

Une place très congrue dans l’histoire
Le Fouladou n’a pas eu la longévité de l’empire Songhaï ni des royaumes Mossi, du Tekrour ou encore celle du Djolof, mais a produit deux valeureux souverains qui ont marqué leur époque par leur force, leur courage et leur détermination. Alfa Moolo Baldé, son fondateur, et Moussa Moolo, son fils, ont laissé leurs traces dans l’histoire de ce royaume éphémère du Fouladou. Même s’ils reposent en terre non casamançaise : le père à Dandou, en Guinée-Bissau et le fils à Keserekunda, en Gambie. M. Sall estime que le Fouladou joue un « petit rôle » dans l’histoire de la Casamance, car il n’existait pas auparavant. « C’était un territoire sous domination mandingue, donc du royaume du Gabou qui existe depuis le XIIe siècle », précise-t-il. C’est pour cette raison, relève Sadiki Sall, que le Fouladou occupe une « place très congrue » dans l’histoire du Sénégal. « Quant à l’histoire de la Casamance, poursuit-il, elle est faite d’expansions, de colonisation ». « Il y a une sorte de liens entre tous les territoires de l’Afrique occidentale. Au XIXe, ce sont des liens fondés sur des résistances et des querelles ; c’est devenu événementiel », a laissé entendre l’historien, affirmant que sur le plan de la civilisation, « très peu de travaux existent là-dessus ».

Soulabaly, le point de départ…
On ne saurait évoquer l’histoire d’Alpha Moolo et de son fils Moussa Moolo sans prendre comme point de départ Soulabali, une localité située à 30 km de Kolda, sur la route de Pata. Selon le maire de Ndorna, Souleymane Diamanka, El Hadji Omar Foutiyou Tall, de passage à Soulabaly, a été bien reçu par Coumba Oudé, épouse de l’Alpha Moolo. Il lui a formulé des prières pour la mère de Moussa, à savoir Coumba Oudé. Le Cheikh lui aurait prédit un garçon promu à un grand avenir. La prédication du grand marabout toucouleur se confirmera avec la naissance de Moussa Moolo.

Le marabout lui aurait dit s’il voulait fonder quelque chose de durable et de pérenne, il lui fallait partir de l’est vers l’ouest. C’est ce qui explique, selon lui, que dans sa conquête du pouvoir, Moussa Molo a quitté ainsi Cita Diouba pour Yéri Koye (l’arbre blanc) avant de s’installer à Hamdallaye. Aujourd’hui, les traces du natif de Halwar sont encore visibles à Soulabaly. « Un puits a été foré à l’endroit où El Hadji Omar Tall s’acquittait de ses prières quotidiennes. On est en train d’ériger un mausolée au lieu où repose la maman de Moussa Moolo, Coumba Oudé », révèle Souleymane Diamanka, maire de Ndorna.

Alpha Moolo, le libérateur 
Arbre Moussa Molo GrandAirSelon le professeur d’histoire et de géographie à la retraite, Sadiki Sall, Alpha Moolo Baldé, Moolo Egue Baldé de son vrai nom, est originaire d’une famille bambara et captive. Son maître, Samba Egué, lui a donné sa fille, une Peule noble du nom de Coumba Oudé. « De cette union naquirent Moussa Moolo et d’autres enfants », précise-t-il. Avant de s’installer à Ndorna, village qu’il fonda, Alpha Moolo s’est rendu au Fouta Djallon pour poursuivre ses études coraniques et revint bien des années plus tard auréolé du titre de « Alpha ». Il appuya la révolte des Peuls de Alpha Yaya contre les Mandingues du Gabou lors de la bataille de Kansala. Sadiki Sall souligne que cet affrontement a donné à Alpha Moolo sa notoriété, son pouvoir.

Le guerrier peul mena avec ses troupes la bataille de la libération contre les Mandingues. Et grâce à l’appui des Almamys du Fouta Djallon et du Boundou, il parvint, à la tête d’une forte armée, à détruire Kansonko, dernier bastion de la domination mandingue très bien défendu. La généralisation de la révolte allait sonner l’ère de la libération du peuple peul.

Mais, révèle M. Sall, le fils était plus célèbre que le père. « Moussa Moolo a bénéficié d’un contexte qui l’a rendu plus célèbre, celui de la résistance coloniale, tandis qu’Alpha n’a pas affronté la résistance coloniale, mais plutôt le pouvoir mandingue. Autant l’adversaire est énorme, autant la résistance est grande », explique M. Sall. De l’avis du professeur, Moussa Moolo a émergé dans un terrain rugueux notamment face aux Français, aux Anglais, aux Portugais et aux adversaires locaux comme Fodé Kaba. « L’adversité était très énorme et c’est cela qui fait sa notoriété », soutient l’historien Sall.

L’avènement de Moussa Moolo
La mort d’Alpha Moolo, à Dandou, marqua l’avènement de Moussa Moolo, qui avait commencé à faire ses preuves avant la disparition de son père. Il fut le digne continuateur de l’œuvre entreprise par ce dernier en réussissant à bâtir un véritable État peul. Moussa Moolo a vu le jour (entre 1845 et 1847) dans ce contexte de domination de la région par le royaume du Gabou par les Mandingues. « Autant de raisons pour s’engager dans la lutte contre les Mandingues pour récupérer ses biens qu’on lui avait volés.

Il aurait dit à ses partisans que s’ils n’allaient pas au combat, ils le subiront », relève M. Sall. Son premier affrontement contre les Mandingues a eu lieu à Kansonko, à Soutéré Kougui (le petit bois de la grosse bête). « Jusqu’en 1988, les impacts du combat étaient visibles sur les arbres. Avec la sècheresse, beaucoup de ces arbres ont disparu », ajoute l’historien, membre de l’Association des professeurs d’histoire et de géographie du Sénégal.

La guerre de succession mina encore le royaume. Elle opposa d’abord son fils Moussa Moolo à son oncle (paternel) Bakary Demba.

Mais, la succession de père en fils n’est pas prévue dans le système de dévolution du pouvoir royal au Fouladou. Ce que le Conseil des notables a respecté en confiant le pouvoir à Bakary Demba, fait constater l’historien Sall, même si, par ailleurs, Alpha Moolo avait émis le souhait de voir son fils Moussa Moolo lui succéder. Ce dernier dut affronter son oncle paternel, Bakary Demba, lors de la fameuse bataille de Boguel. Face à la forte adversité de sa famille, il trouva une alternative. Il s’installa à Cita Diouba (baobab au grand tronc). De Cita Diouba, un de ses marabouts lui aurait dit, selon la tradition, s’il veut un pouvoir fort et pérenne, il faudra implanter une capitale dans un mouvement qui l’amène de l’est vers l’ouest. Il quitte ainsi Cita Diouba pour aller à Yéri Koye (l’arbre blanc). De Yéri Koye, il s’est installé à Hamdallaye Moussa. À 200 m de sa résidence, sur le côté ouest, les colons français y avaient érigé une demeure pour être à ses côtés et bien négocier avec lui.

Éternelle reconnaissance
Ndorna Grandair 2À l’époque, rapporte l’historien, les colons lui payaient les coutumes. Sa politique, ajoute-t-il, était particulière. En bon stratège et fin politicien, il profitait des rivalités franco-anglaises pour nouer des alliances en fonction de ses intérêts. Par exemple, explique Sadiki Sall, il négocie avec les Français et si ces derniers lui donnaient une bonne coutume, il reste en territoire français. Il fait la même chose avec les Anglais. S’ils proposent mieux, il va en territoire anglais. Idem avec les Portugais, si ces derniers font mieux, il descend au sud en Guinée-Bissau. « Il louvoyait les rivalités coloniales et les Français le prenaient comme quelqu’un qui n’était pas fiable bien qu’il leur ait servi », affirme l’historien.

L’histoire retiendra que Moussa Molo fut le guerrier peul qui a arrêté le marabout sarakholé, Mamadou Lamine Dramé, en Gambie, pour ramener sa tête dans un sac à Sédhiou, auprès du commandant Maclou.

« Moussa était un conquérant qui faisait peur à l’administration coloniale parce qu’il était difficile à maîtriser. Il avait une intelligence politique consistant à jouer sur les rivalités ; et les Français ne parvenaient pas à le gérer », souligne-t-il. Selon une version orale qui nous a été relatée par le griot Dialy Sana Seydi, Moussa Moolo a vengé son père Alpha Molo qui a été contraint à l’exil par Fodé Kaba du Fogny, une puissance religieuse mandingue.

Mais selon l’historien Sadiki Sall, Moussa Moolo n’a jamais réussi à prendre le dessus sur Fodé Kaba. La raison ? « Les Français ont réussi à le contenir à Hamdallaye pour éviter une collision avec les autres. Encore à Boguel, il n’était pas bien aimé. Il lui était donc impossible d’atteindre le Fogny où vivait Fodé Kaba. Il ne pouvait pas non plus passer par la Gambie parce qu’il n’était en bons termes avec les Anglais », explique-t-il.

Alpha Moolo et Moussa Moolo, héros remarquables et personnalités exceptionnelles, ont écrit les plus belles pages de l’histoire du Fouladou. Le père, décédé en 1881, à Dandou, près de Bofata, en Guinée portugaise (actuelle Guinée-Bissau), et le fils, exilé à Keserekunda, en territoire gambien où il mourut vers 1931, continuent encore de marquer les esprits dans cette partie du pays.

Pour le maire de Ndorna, Souleymane Diamanka, le camp militaire de Kolda qui porte le nom de Moussa Moolo est une forme de reconnaissance à l’héroïsme incarné par le fils du chef peul face au royaume du Gabou et aux colons. Mais pour Sadiki Sall, il s’agit là d’un besoin identitaire des populations du Fouladou.

De nos envoyés spéciaux Samba Oumar FALL et Souleymane Diam SY (textes)
et Pape SEYDI (photos)
Last modified on mercredi, 20 juillet 2016 14:13

Va-t-on l’appeler confrère ou autre chose ? Car il s’est autoproclamé journaliste qui use de l’humour pour rendre digeste l’information, aussi dramatique qu’elle soit. Le journalisme peut-être mène à tout. Mais tout mène-t-il au journalisme ? En tout cas Samba Sine alias Kouthia est devenu par la force des choses incontournable dans le paysage audiovisuel. Sacré lauréat aux « Sédars » puis au « micro d’or », il se définit comme le Roi de l’Humour au Sénégal.

Il est, de 18 heures à 19 heures, dans ses déguisements qui varient suivant les personnes et l’actualité. Aussi à l’aise dans une toge, dans une « marinière » que dans un costume « politique », il gesticule, danse, moque ses cibles du jour. L’objectif, informer les gens en les faisant rire.

Il n’est pas de l’époque classique où Molière se moque de tout pour corriger tout. Mais, il comprend le sens du rire aussi bien que celui-ci. La différence entre les deux, c’est que le premier use de la dérision pour corriger les mœurs, l’autre pour informer. D’ailleurs, on peut le nommer le journaliste-humoriste. En effet, il passe en revue l’actualité nationale en la dépouillant de son aspect sérieux pour lui donner une autre valeur, la subtilité.

Hommes politiques, acteurs sociaux, musiciens, lutteurs, juristes sont passés à la moulinette de son one-man-show télévisuel. Même les chefs religieux ne sont pas épargnés. Abbé Jean ne nous démentira pas. Pareil pour l’ex-Premier ministre Aminata Touré avec sa fameuse : « On accélère, on recule pas ». Le comédien se lance dans une danse frénétique, faite de petits pas rapides, en cercle, inspirée du slogan choc.

Mobilité ou instabilité : le combat pour le rire
Autres personnes qu’il tourne en dérision, la famille de l’ex-président Abdoulaye Wade. S’humectant du talc sur la peau, il reproduit le teint clair de Viviane Wade avec son fameux « lahou », todial, Karim depuis sa petite cellule de la prison de Reubeuss, Sindiély, le petit cœur à conquérir. Animant depuis 2011, l’émission « Kouthia Show », « le phénomène » des temps nouveaux est devenu une icône de la télévision sénégalaise.

L’humoriste a fait ses premiers pas dans les années 1990 à la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS). Dans l’émission « Le Petit Théâtre », il caricature des célébrités locales. Dans sa conquête du public, il se lance dans des aventures caractérisées par une mobilité professionnelle qu’on peut qualifier d’instable.
En effet, en 2002, une autre aventure resurgit, cette fois-ci, à la chaine de télévision Walfadjri. De la matière pour Samba Sine qui, depuis, a lancé « le concept du show ». Après neuf années d’exercices dans celle-ci, en 2011, il signe un contrat avec la Télévision Futurs Médias (TFM).
Le nom d’Abou Bilal, dit-il, m’a été attribué lors de mon voyage en Arabie Saoudite pour le pèlerinage à la Mecque.

L’oiseau baptiseur
« Ce jour-là, à Médine, je marchais sur le chemin où tous les grands soufis musulmans sont enterrés, j’ai ensuite entendu un oiseau qui m’a soufflé à l’oreille une directive : Quand tu retournes au Sénégal, il faut tout faire pour qu’on t’appelle par le nom d’Abou Bilal », avait-il confié à un journal de la place.

2014-2015 ont été des années de succès pour Samba Sine alias Kouthia. Ce qui lui a permis d’être une vedette incontestable à la Tfm. Hélas ! Satan est venu mettre du sable dans le couscous en pleine période de ramadan. A-t-il desserré l’étau divin qui l’empêche d’agiter les relations interindividuelles ?

En conflit avec son directeur de programme, il s’en va emportant toute la saveur du soir avec lui. Qui des téléspectateurs de cette chaîne n’a pas regretté les soirées animées par ce fils du Fouta où le rire est toujours sur les lèvres ? Ils le réclament et lui dénonce son traitement.

Last modified on lundi, 18 juillet 2016 14:35

L’habit du foot

18 Juil 2016
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Des filles voilées qui tapent sur un ballon. Des hommes enturbannés qui jouent à la baballe. Un public tout étonné qui se demande s’il ne s’est pas trompé de stade. Rassurez-vous, ce n’est pas de la science fiction, c’est l’avenir du foot. La Fifa, en effet, a autorisé le port du voile ou du turban lors des matches de foot. Dorénavant, on ne portera plus seulement les couleurs ou l’emblème de son club, le logo de son sponsor. Non, c’est la préhistoire du football. Le soccer, comme l’appelle les Américains, entre en religion.

C’est à croire que les officiels de l'International Football Association Board (Ifab), l'organe garant des lois du ballon rond, ont décidé de mettre plus de piquant dans un sport où en dehors de CR7 et de Messi, il n’y a que des figurants qui peinent, décidément, à en assurer l’intérêt. Imaginons nos terrains de foot avec des joueurs en kippa, des ombres en burqa, des gardiens de but en soutane ou encore des arbitres qui arborent fièrement le shamtab des moines tibétains. Il ne manquerait qu’un public en Izâr (l’habit du pèlerin musulman) pour faire exploser les audiences des chaînes de télévision sportives.

De Djibélor, les Sénégalais ne retiennent que le village de reclassement des lépreux créé avant les indépendances. Toutefois, ce village est en train de changer de visage avec les nouveaux habitants qui s’y sont installés et d’autres personnes nanties qui sont tombées sous le charme de la zone. Aujourd’hui, elles y ont acheté des vergers.

Sur la route qui mène vers Oussouye, une fois sorti de Ziguinchor, Djibélor est niché au beau milieu des caïlcédrats, des technona grandis, des fromagers. Les espèces végétales colonisent les élévations et dénivellations. Des espèces exotiques sont nombreuses.

En face, nous avons l’école des Eaux et forêts de Djibélor. La formation des forestiers peut contribuer à l’introduction des espèces étrangères, comme ce jaquier se dressant dans une famille.

La voie qui mène directement dans ce village de reclassement pour les lépreux est constituée d’une pente latéritique bordée de manguiers. De part et d’autre, les maisons en dur recouvertes de taule sont toutes identiques. Elles sont construites sous forme d’appartements, permettant de regrouper les différentes familles. L’endroit est calme. A la place publique, des enfants poussent des cris stridents perturbant la quiétude. A quelques pas de là, un groupe d’hommes et de femmes sont sagement assis autour de Moussa Faye, le chef de village qui distribue des vivres aux populations.

En cette période de ramadan, les habitants ont reçu un don d’une Ong musulmane en guise d’appui. Mais le partage ne fera pas de distinction entre musulmans et catholiques. « Il y a des musulmans et des catholiques ici et même si ces vivres proviennent d’une structure musulmane, nous en donnons à toutes les familles », explique le chef de village.

Au fur et à mesure qu’il appelle les noms, les femmes ou les jeunes filles viennent enlever soit du sucre, de l’huile, du riz ou encore du lait pour leur famille. Ces familles vivent dans une parfaite harmonie depuis qu’elles ont été contraintes de venir dans cette partie de la Casamance, avec la création des villages de reclassement au Sénégal par la Fondation Raoul Follereau. Depuis lors, le village s’est agrandi et beaucoup d’enfants sont nés des différentes unions. Car, il existe ici différentes ethnies telles que les Diolas, les Sérères, les Mandingues, les Balantes, les Mancagnes etc. « L’image d’un village de lépreux n’est pas une entrave pour les unions. Les hommes viennent ici pour prendre femmes comme d’autres filles d’ailleurs sont venues se marier à Djibélor. C’est mon cas », a attesté Sira Seydi. Les enfants nés de ces mariages n’ont guère attrapé la lèpre comme leurs parents. Ce qui a le mérite de transformer radicalement la physionomie de ce village.

Nouvelle génération
moussa faye chef de villageAdossé à un tronc d’arbre, Nicolas Diatta, un vieux de près de 80 ans, torse nu, est l’une des rares personnes âgées qui vivent encore dans ce village. Par contre, il y a comme un renouvellement de la génération qui est en train de s’opérer dans ce village, avec plus de jeunes et moins de vieilles personnes. Djibélor tend à perdre son statut de village des lépreux. « On ne veut plus qu’on nous appelle village de reclassement, parce que la population s’est beaucoup transformée ces dernières années. On est devenu un village à part entière », rappelle Moussa Faye, le chef de village. En effet, même si Djibélor continue de renvoyer au village de reclassement, plusieurs autres familles sont venues habiter ce village. Après ces petites maisons avec de petits perrons, l’excroissance du village s’étale de part et d’autre de la route de brin. A côté des maisons modestes et de belles villas, des étages commence à éclore au milieu des bougainvilliers, des filaos et des espèces végétales sauvages. Ces nouveaux foyers, originaires de Ziguinchor ou des autres localités, se sont installés à quelques mètres du village des lépreux. Ce village a son chef différent de Moussa Faye. C’est un village qui a deux chefs. Aux environs de 18 heures, alors que le ciel est la déclinaison du couchant, les jeunes et les adultes trottent sur les trottoirs dans les deux sens. L’air est chargé d’effluve des plantes. Dans les rues, on croiser les Occidentaux dans la rue ou apercevoir au milieu de leur jardin. Djibélor attire.

Une retraite paisible
nicola diattaLa spéculation foncière est une réalité. « Il y a une fréquence des problèmes de terre. Même moi, je suis victime de cela. Il y en aura davantage dans les années à venir », prédit Joseph Diatta. Djibélor s’agrandit avec la césure sociale : d’un côté, des personnes pauvres, de l’autre, côté des nanties. Les nouveaux habitants ne viennent pas uniquement de Ziguinchor qui est à moins deux kilomètres. Mariama Diallo a vécu 23 ans entre les Parcelles Assainies et Rufisque. Elle s’est installée à Djibélor depuis que son mari a fait valoir ses droits à la retraite. Ses garçons se sont vite adaptés à leur nouvel environnement. La dame est sous le charme de son nouvel cadre de vie. « C’est un village qui me plaît. Il y a une cohabitation harmonieuse entre les ethnies. C’est paisible. Nous avons des fruits en abondance selon différentes périodes de l’année », admire Mariama Diallo. Caroline Mendy, une jeune fille d’une vingtaine d’années dont les parents vivent en Guinée-Bissau, habite, elle aussi, à Djibélor avec sa sœur Anta et son frère Louis. Leur oncle Jon Mendy les a hébergés chez lui. Ramatoulaye Mbow et sa sœur Ivonne sont venues rendre visite à leurs cousines à Djibélor. Mais les deux sœurs habitent à Rufisque depuis que leur père y a acheté une maison. « Ma maman est originaire de Djibélor, moi-même j’ai grandi ici parce que mon père était le directeur général de l’Isra de Ziguinchor plusieurs années durant », confie Ramatoulaye. La jeune fille n’oubliera jamais la date du 11 juin 1998, lorsque des troupes rebelles sont entrées dans le verger de son père et procédé à la destruction de leurs biens. Son père s’en est sorti avec des blessures. Il était alors obligé de vendre son verger et d’aller à Rufisque.

C’est avec le cœur lourd que son papa va se séparer des 7 hectares de son verger pour des raisons de sécurité. Seulement, les habitants de Djibélor sont tous unanimes à parler de la bonne atmosphère qui règne dans ce village. D’ailleurs, la plupart des vergers à Djibélor ont été achetés par des Occidentaux qui y vivent en toute quiétude. Ici également tout le monde connaît la maison de l’écologiste Aly Haïdar qui y détient une célèbre propriété sur la route.

Haïdar comme beaucoup d’autres « toubab » qui y ont acheté des maisons font désormais partie des populations de Djibélor. Quant au village de reclassement, ses populations réclament un nouveau statut, celui d’un village à part entière et non leur maintien dans l’isolement.

De nos envoyés spéciaux Idrissa SANE, Maguette NDONG (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Last modified on lundi, 18 juillet 2016 14:45

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